La démesure magnifique

Le très beau commentaire de Jean-Pierre Voyer sur le « bricoleur américain » m’a renvoyé à mes propres souvenirs et à ma propre ambivalence envers les « iouessofé » et mes douze ans d’Amérique (« les États-Unis » pour les puristes), comme ayant toujours été le pire de l’Europe multiplié par cent, et le meilleur aussi multiplié par cent également : l’environnement volé, combiné à l’esprit « pionnier » (mort en Europe : englué dans le train-train minable) produisant la démesure magnifique. Le pire est haïssable bien sûr, le meilleur, admirable.

Pour ceux qui l’auraient raté : le commentaire de Voyer :

Ce que vous appelez le bricolage prend chez les Américains du nord une dimension inconnue en France (nous sommes loin de la tondeuse à gazon). Ainsi, un ouvrier soudeur (à 9$ de l’heure ce qui à l’époque – il y a trente ans – était sans comparaison avec les salaires européens) possédant un grand terrain sur lequel il avait édifié sa maison, fut pris soudain par l’envie de pêcher ; il achète un vieux Caterpillar, le retape, se creuse un immense étang, l’alevine, puis pêche. Quand les bricoleurs français en seront là… Ce qui caractérise l’Amérique du nord, c’est la puissance et le « ne douter de rien ». J’espère qu’ils nous étonneront encore.

L’un de ses fils, ouvrier lui aussi, avait un avion. Son autre fils jouait de la guitare et était scientologue. Une de ses filles était folle de négritude, se coiffait afro et avait épousé un noir. Son autre fille est celle que j’ai connue et qui avait du sang indien comme ses frères et soeur. La bourgade où elle naquit avait pour nom M’pah pah.

Bonne chance à eux de toute manière, ils en auront bien besoin.

Nous aussi d’ailleurs.

Eddie Cochran

Gene Vincent

Bill Haley

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107 réflexions sur « La démesure magnifique »

  1. Questin subsidiaire: pourrait-il le faire encore aujourd’hui? Le pourrait-il en France? Serait-il autorisé à acheter un tel véhicule, le conduire, creuser un tel trou, y mettre de l’eau, l’aleviner, et y pêcher?

    1. Oui, sans aucun problème, ilsuffit d’avoir le terrain et ne pas barrer un cours d’eau. L’alimentation par cours d’eau est soumise à (facile)autorisation.

      Si on alimente la pièce d’eau par pompage grâce à un forage, pas de problème. Il faut de l’électricité.

      Bref, au moins par ici, on trouve tojours une solution pour ce genre de truc. Près de Villedieu les Poelles, il y a mêmeun copain qui en a fait une (petite base) de loisir qu’il exploite.

  2. Salut Paul,

    Dans l’est de la France, j’ai rencontré un électricien auto qui bricole des motos. A la place du moteur d’origine, il installe un moteur de motoculteur de petite cylindrée type kubota diesel (désolé pour la pub). Ce moteur tourne au ralenti, son unique fonction étant d’entraîne trois alternateus montés en parallèle. C’est l’électricité produite par le montage en question qui entraîne la roue arrière : performances, 80 km/h mesurés, 1 (un) litre de gasoil au cent kilomètres. Pas légal tout ça, bien sûr! Mais peut être que ça illustre la façon de faire « à la française ». Pas forcément aussi spectaculaire que nos amis des US, mais finalement chacun vit et crée en fonction des contraintes légales…ou de leur absence 😉

    Amicalement,

    Frédéric

  3. On délire ! Là où je vis (Meuse), bien des étangs privés existent.

    En face de chez moi, juste devant ma fenêtre, il y a une pelleteuse et un camion qu’un particulier a achetés en récup et retapés pour faire ses propres travaux d’auto-construction.

    De mon point de vue de maçon à la retraite, ce n’est pas particulièrement judicieux (si ce n’est sur le plan didactique), au vu de la balance travail / coût: En gros, l’autarcie complète n’est pas raisonnable et si bien des choses peuvent être auto-construites, avec un gain énorme, par rapport aux autres solutions, d’autres sont à oublier.

    Les citadins natifs peuvent vivre sur des mythes. Pas les bouseux natifs.

  4. Dans le débat sur « arrêt sur image », j’ai été surpris de l’insistance avec laquelle ceux qui étaient présent sur le plateau reposaient la question « ..mais vous n’êtes pas économiste ? » sur le thème de la prédiction de la crise : c’est très évocateur d’une mentalité bien Française qui veut qu’un spécialiste des sciences humaines soit nul en math ou en eco, et inversement, voire même qu’il soit compétent uniquement dans son domaine précis.
    Aux USA, on ne se serait pas attardé sur cet aspect, dans un pays où l’individu n’est jamais compartimenté, et où il n’est pas exceptionnel que des pilotes d’avions se reconvertissent dans la peinture, des avocats dans la construction d’articles de pêche, des historiens dans le secteur de la prothèse dentaire etc…Ce n’est pas qu’ils sont plus intelligent que nous, c’est surtout que nous on s’est attaché des boulets.

    1. Je me demande si ce n’est pas lié à l’importance du statut. Toujours est il que ça nous tue à petit feu ce genre de mentalité. Le pire est bien sûr quand on cherche un emploi ou qu’on souhaite se reconvertir. Coté politique, on préfère dire que c’est un problème d’inadéquation entre la formation et le « marché » du travail, plutôt que se demander si ce ne sont pas les exigences du dit marché qui posent problème.

  5. Notre manière de ne douter de rien, c’est raccourcir le roi, c’est la commune Paris, c’est 36, c’est la Résistance, c’est 68, c’est la Sécu, les retraites et les congés payés, …. événements dont la portée n’est pas moindre qu’un étang creusé au fond d’un jardin (d’ailleurs on commence à voir trop d’étangs de ce genre en France).

  6. Il y a quelques années j’ai failli partir aux Amériques, et cela afin de pouvoir mieux ressusciter l’esprit de Jéronimo sous un Tipi, mais je me suis vite rétracté une petite voix me disait mais comment feras-tu demain pour ta retraite, ta santé, avoir par exemple moins de soucis et de tracas dans la vie comme par exemple avec la plupart des citoyens Européens ou en France.

    Non n’y va pas, car de toutes façons les Américains ne courent qu’après les seules valeurs de l’argent ce n’est bien sur pas comme nous autres en France ou en Europe, oui pense d’abord à
    ta santé, à ton équilibre. Non moi je ne veux plus du tout partir aux Amériques c’est beaucoup trop risqué et dangereux maintenant, à force de prier plus souvent le changement à plusieurs cela intervient certainement plus automatiquement dans nos vies.

    Il est certain que si je devais partir aux Amériques, je me ferais davantage de soucis pour le manger et le boire, comme pour un travail ou bien comme pourrais-je m’habiller ? Ma sécurité ne vaut-elle pas plus que la vie et ma protection sociale bien plus que mon Âme ? Que nous ne soyons plus alors soumis à la grande tentation du capitalisme dans nos esprits o grand bureaucrate Européen protège et délivre-nous du mal tout de suite, sans tarder cela fait si mal.

    Regardons aussi nos élites Europénnes : ils font souvent semailles et moisson, font beaucoup de réserves aux greniers et la bureaucratie les nourrit constamment les premiers aussi. Ne valent-ils donc pas plus alors que les autres ? Ce qui me fascine chez les Européens aussi c’est notre réelle capacité collective à vouloir continuellement nous laisser conduire et marquer comme du bétail.

    Quand les Ames pieuses Européennes ressassent continuellement les péchés sociaux des autres ont commis en Amérique on soupçonne que le fait de ressasser continuellement les méfaits sociaux du capitalisme leur apporte plus de plaisir idéologique et d’illusion de changement que le péché de l’argent lui même n’en apporte au pécheur.

    Bref vive la bureaucratie supplémentaire en Europe comme le contrôle social de plus envers l’homme sans travail comme sans argent.

    1. La démesure dans la bêtise il y a des choses que j’ai vécu aussi en France que je ne pourrais mieux vous décrire sans y repenser avec beaucoup de douleur, mais ça il faut encore l’avoir vécu, pire même en période de crise.

    2. @ Jérémie

      Il manquait ici ce que vous dites dans votre texte. Voilà pourquoi j’ai plaisir à venir sur ce blog; pour y lire, en autre, des choses comme vous seul savez les écrire.

  7. Pas de quartier pour Caroline (dès que la chronique est en ligne je mettrai le lien !) ou la stratégie de France Inter pour la défense d’un système qui prend l’eau de toutes parts ?

    Édifiant !

  8. Eddie Cochrane…Gene Vincent…Bill Haley and the Comets…
    Merci pour ce saisissant revival  » préhistorique.
    C’est bien de là-bas qu’est venue « toute la musique qu’on aime »…
    Si loin, si près…

    Ultra-modernes et déjà des incunables…

  9. Sur le Chronique Agora, Dan Denning a écrit quelque chose qui donne a réfléchir.

    http://www.la-chronique-agora.com/articles/20100222-2520.html

    Il dit:

    « Un vrai marché libre punit l’échec financier à coups de faillites et d’insolvabilité. En ne laissant pas la crise suivre son cours naturel, les politiques monétaires et fiscales empêchent la phase de croissance d’arriver. »

    Tout ça me semble exact, à première lecture, mais je tique sur le mot « naturel ». Que le marché libre soit dans l’état de nature n’a jamais fait l’objet d’aucun doute de ma part. La violence physique, la dominance, la prédation… sont également des éléments naturels. Mais c’est justement le point sensible de l’humanisme que de s’extraire de la nature.

    A seconde lecture, ressort « … empêchent la phase de croissance d’arriver ». On y est. Il s’agit bien de développer une pensée orientée, basée sur des pré-construits. Contrairement à bien des thèmes actuels, je n’ai jamais pensé qu’on soit proche des limites de la planète, mais une chose échappe aux fin-du-mondistes: C’est le fait que chaque technique a un seuil qui est, simplement, « la maturité ». L’ordinateur, par exemple, est aujourd’hui, à peu près mature. Cette technologie n’a donc plus beaucoup de raisons de « croître ». Par contre, le prix d’achat d’un ordinateur, comme le marché l’indique dans les faits, a toutes les raisons de… baisser. C’est-à-dire de… décroître.

    Plus que les « politiques monétaires et fiscales » (supposées), c’est la maturité, qui, heureusement, empêchera sans doute la phase de croissance d’arriver, et permettra peut-être d’échapper à ce que j’appelle « la théorie du bocal de paramécies » (« île de Pacques », si vous voulez…).

    En attendant, c’est bien la dialectique « productivité / dominance sociale » qui suit « son cours naturel », sans que rien n’indique une voie de sortie politique qui serait susceptible de considérer l’accroissement de la productivité (et donc le non-emploi) comme une bénédiction et la dominance sociale comme le seul problème réel.

    1. Ah Betov, vous tombez bien: je vous cherchais!

      Je pense moi aussi que le plaisir de dominer est à la base des déconvenues de l’humanité.

      Quelles sont vos propositions pour y remédier ?

      – Limitations du pouvoir de nuisance par la limitation des revenus ?

      – Instauration d’un revenu minimum d’existence ? (qui permet de garantir le deuxième des droits fondamentaux de l’homme selon Baudelaire: celui de s’en aller – le premier étant celui de se contredire, que j’aime tout autant 🙂 )

      – Mandats politiques non renouvelables, pour éviter les dépendances et limiter le nombre de cadavres dans les placards.

      – Glorification d’une certaine frugalité, initiation à d’autres buts que la possession d’une Rolex à quarante ans ?

      – Remplacement des structures de dominances « pyramidales » par des structures d’échanges d’informations « horizontales » ?

      Il me semble que c’est sur l’approfondissement de la conscience de chacun, ainsi que sur les moyens de réfréner nos instincts prédateurs, que peut émerger une société plus équitable.

      Merci à tous de me faire partager vos idées sur ce sujet qui me semble d’une importance majeure.

      Amicalementao

    2. @ Betov :
      Il me semble que ‘naturel’ renvoie plus ici non pas à l’état de ‘nature’ (et encore moins au droit naturel) mais bien à l’idée que cette décapilotade est freinée dans son cours normal, logique, dans es conséquences. C’est l’idéologie libéral ‘pure’ : le marché est une main invisible et rien ne doit interférer dans le marché, sans quoi, tout part en … vrille. C’est la position ‘classique’ des libertariens, notamment américains. A la limite, si on suit leur raisonnement, ce serait presque la faute des états d’avoir intervenu dans les affaires du marché, quand bien même celui-ci serait en pleine déconfiture car ce dernier DOIT s’auto-corriger. Qu’il y ait des millions de chômeurs ou des guerres n’est pas, en soit, une raison suffisante pour freiner le cours ‘naturel’ du marché.
      Cette ‘position’, qui utilise certains des arguments d’un raisonnement libéral, est cette fois utilisée à ‘contre-effet’, pour lutter justement contre les spéculations des investisseurs sur la pierre. C’est intéressant de voir les armes utilisées par ces libéraux contre eux …
      Ce n’est par contre pas la position des ultra-libéraux, qui ont reformaté justement la doctrine libérale dans les années 70 en utilisant la puissance de l’Etat pour justement ‘freiner’ les effets ‘négatifs’ pour les investisseurs et les spéculateurs, en évitant que des effets ‘correctifs’ ne viennent poursuivre la marche ‘naturelle’ de ce marché. Ce qui a donné la socialisation des pertes et la privatisation des bénéfices … Si nos gouvernants étaient réellement libéraux au sens classique du terme, certains auraient ‘pris chaud’ (mais nous avec aussi veugra).
      C’est aussi la position de certains, quant au marché de l’immobilier en France, qui déplorent que l’Etat soit intervenu pour freiner la chûte des prix de l’immobilier, en faisant la promotion notamment de la loi Scellier et en renouvellant les aides à l’individu (y compris à l’investisseur) :
      http://www.lesechos.fr/info/analyses/020354131479-laissons-les-prix%20-immobiliers-s-effondrer.htm
      C’est clair, la loi Scellier est un abus qui nuit gravement à la santé de nos finances (de contribuables) et qui profite uniquement ‘aux investisseurs’, provoquant une rétraction de l’offre adaptée aux véritables besoins de logement en France, à savoir le logement social.
      Bref, une privatisation des profits et une sociabilisation des pertes.
      Car le logement et l’accession à la propriété est véritablement la pierre d’achoppement des inégalités dans le patrimoine possédé par les français, bien plus que l’épargne, étant donné les prix délirants de l’immobilier (hors rentiers de la rente financière). Les exonérations fiscales sur la transmission du patrimoine votée par Sarkozy n’a fait qu’accélérer ce processus, qui profite essentiellement à ceux qui possèdent un patrimoine (en France, moins de 50% des français sont propriétaires d’un bien immobilier ou foncier) et surtout à ceux qui ont un GROS patrimoine, contrairement à ce que l’on croit (bouclier fiscal).
      Du moins, de ceux qui ont ‘la chance’ de posséder quoique ce soit …
      Cordialement.

    3. @Zébu. Je comprend ça à peu près comme toi, à ceci près que je ne penser pas qu’on puisse parler « d’idéologie libérale ». Que ça nous plaise ou non, la prédation des requins, des tigres, ou des financiers, sont dans la nature. Parler d’idéologie libérale, ce serait comme parler de « politique de droite ». L’expression même est un non-sens, puisque faire de la politique, c’est définir dans quel monde nous voulons vivre. Emmanuel Todd disait, récemment, que la politique de Sarkozy, c’est la politique du vide (ou le vide politique). Une évidence. Détruire les acquis sociaux, libérer la prédation patronale et financière, détruire l’industrie, etc… ne peut en aucun cas constituer une politique et encore moins une idéologie.

      @taotaquin. Vu la M**** dans laquelle on est, peut-être faudrait-il se limiter à un seul mot pour commencer: Limiter.

      Pas limiter ceci ou cela, mais limiter… tout. Salaires, bien sûr, mais d’abord plafonner les fortunes personnelles, les marges bénéficiaires… tout ce qui met un individu en position de nuire à autrui, de la même façon qu’on interdit à un particulier de circuler armé, pour la même raison.

      (Désolé pour le retard à l’allumage…).

  10. Bon, je déploie mon parapluie en titane enrichi et j’émets des doutes.

    La puissance liée à l’absence de doutes, voilà ce qui nous a conduit là où nous sommes.

    Si tous les terriens s’étaient développés en même temps et avec le même caterpillar à étangs, le monde serait tout à fait détruit.

    L’amérique du nord a vitrifié son environnement naturel (un garage, une maison, une allée de graviers) tout en développant quelques espaces « protégés » avec wagons à touristes et sentiers de promenades balisés (au niveau mondial, nous avançons aussi, tout sera agencé méthodiquement mais nous pourrons encore admirer quelques animaux « sauvages » dans des réserves ressemblant à cette arche dont le nom m’échappe, et qui contenait chaque spécimen d’espèce animale en nombre égal).

    Un musée, ou un cimetière, voilà ce qu’est devenue l’amérique du nord, et notre bonne vieille europe est engluée elle aussi.

    La puissance alliée à l’absence de doutes construit pour l’instant en amérique du nord des usines à viandes dans lesquelles l’horreur est consommée (.)

    En résumé, j’ai une préférence pour ceux qui doutent et j’émets des doutes envers ceux qui admirent la « démesure magnifique ».

    Vous allez me répondre: Artaud, Fellini, Baudelaire, etc. Nous sommes d’accord.

    Par ailleurs je me rends bien compte que tout est lié, et que pour cette raison tout sera poussé jusqu’au bout…

    C’est par nature… humain… même trop, …

    … peut-être…

    Amicalementao

    1. @ taotaquin
      pardon collègue, je ne fais que passer. J’avais un message à faire passer à Phil, qui usine du braquet sur la pente un peu plus haut. Tu permets? Merci tao.

      @ Phil de Saint Naz
      Hé! Phil! En remontant les bidons de l’arrière, je viens de croiser taotaquin à la manoeuvre.
      Lis donc un peu ce qu’il écrit.
      C’est pas un gros relais de forgeron ça! Belle équipe qu’on fait ici. On est pas des tricoteuses, je te le dis!

    2. @ Phil de Saint Naz (désolé tao, mais là y a urgence, y a un des gars qui est en train de bâcher)

      Un suceur de roue mon Phil?! ça va pas non?
      C’est pas parce qu’il t’es arrivé d’être pris dans une bordure, une fois ou deux, sur le plat en plein vent, que t’es un livreur de pizza!
      Je t’ai déjà vu tenir tête aux cadors dans les « classiques » de début de saison (ah! les « Jorion-San-Rémo », les « Liège-Leclerc-Liège », ça c’est des courses!). On est peut-être pas des épées, des mobylettes, des TGV, on a pas la pancarte dans le dos tous les deux, mais ça nous empêche pas d’avoir les chaussettes en titane quand il faut!

      Tiens, rien que ton blase, ça signe son homme. Là je suis sérieux, franc comme le Tourmalet. Ton pseudo m’fais penser à un autre bon grimpeur: Nabe, Marc-Edouard. En voilà un qui a pas besoin qu’on lui tamponne un bon de sortie pour attaquer les cols! Tu savais que le fils Zanini avait choisi son nom parce qu’à l’école ces copains l’appelaient « nabot », rapport à sa taille? Reprendre le nom pour signer des victoires; c’est pas beau ça?!

      Allez viens, on continue (tu veux un bidon?). T’as vu les « Just-Do-It »? On se rapproche, velours velours. Gardons-les au bout de la laisse. On pourra bientôt lire la petite étiquette collée en bas de leurs maillots à paillettes: « Pur synthétique. Laver à froid. Made in China ».

  11. Et j’ajoute pour Piotr (que je trouve concis, drôle et pertinent) que les américains auraient dû s’inspirer de cette sentence amérindienne pour se développer: « Sois sage et sauvage ».

    Plutôt que de réduire à néant un peuple qui était autrement créatif, capable lui de pêcher dans des lacs existants plutôt que d’en creuser d’autres au Caterpillar…

    1. Bonjour Tao Taquin,

      Oui … Au « sois sage et en harmonie avec ce qui t’a été donné » (la nature en fait partie …)

      Le refoulé des conquérants du nouveau monde .. c’est là que ça se passe …

      Les refoulés du monde civilisé du 18ème siècle … partis faire fortune … pour racheter leur dettes envers une société qui les avait rejetés … les hors la loi du vieux continent … devenus les héros de la grande guerre … de vieux comptes à régler … une dette qui n’en finit plus … à quand le pardon … de qui et de quoi ?

      En attendant ça se bat … ça se de-honte-au-logique … ça se mesure et ça se compare … quantitativement surtout …

    2. Bonjour Paul*

      vous êtes bien Paul, l’ancien Paul devenu Paul* ?

      Celui qui nous invite prochainement sur son blog dédié aux vieux chinois ?

      Quoiqu’il en soit, je vous rejoins sur le quantitatif.

      Depuis tout ce temps ! Et comme il roule plus vite!, et comme elle est plus puissante!, … « un avion pour deux, et nous serons heureux ! »

      En fin de compte, nous sommes de plus en plus nombreux à nous demander si nous ne faisons pas fausse route…

      Ce serait peut-être l’amorce d’une bonne nouvelle, que de s’asseoir et réfléchir à quoi faire plutôt que foncer tête baissée.

      Anecdote vécue:

      Une institutrice nerveuse conduit un groupe d’enfants dans les couloirs d’un musée. A l’un d’entre eux qui s’attarde sur un objet, elle dit cette réplique: « Allons Cédric, avancez, avancez! Qu’est ce que ça veut dire « avancer » ? Avancer, c’est marcher sans regarder! »

      Amicalementakin Paul

  12. Bonjour,

    est-ce que dans cet état d’esprit « pionnier » il n’y aurait pas un élément dont on ne parle pas mais qui me parait important : je veux dire l’espace, la disponibilité de l’espace, la faible densité de population…? cette disponibilité de l’espace étant couplée à une énorme disponibilité de machinisme surpuissant.

    Je pense à ça parce que ces histoires de bricoleur me fait penser à se qui se passe aujourd’hui dans les campagnes françaises, largement désertifiées, les agriculteurs restant se retrouvent à la fois riches en revenus ( si, si…), en espace et en temps, mais surtout suréquipés en machinisme surdimensionné. Je pense la même chose des artisans ruraux notamment dans le secteur du batiment.

    Cette histoire de creusement d’étangs de pêche on la vit dans chaque communes rurales, sous pretexte de micro centrale électrique, de barrage collinaires et autres, des débauches de tracto pelle permettent de faire mumuse dans des espaces vides d’habitants (jeunes) ou presque.

    Je suis un petit peu étonné ceci dit de trouver ce genre d’apologie ici…je ne comprends l’objectif si il y en a un…

  13. A propos de la démesure et de ce qu’elle nous raconte, particulièrement sur la vie en Amérique, vous devez impérativement lire ce recueil de nouvelles de CHUCK PALAHNIUK, « Le festival de la couille et autres histoires vraies » collection « folio » paru chez DENOÊL.
    Le titre français correspond à la première nouvelle, « Testy Festy », plutôt leste, on s’en doute, et sans intérêt. Il faut dire qu’en matière pornographique, l’actualité financière nous comble déjà au delà du raisonnable.
    Les autre nouvelles, méritent largement le détour: elles mettent en scène des bâtisseurs de châteaux médiévaux, des « tarés fracassés par la vie » qui se livrent fraternellement des combats de lutte gréco-romaine, des affrontements de moissonneuses batteuses, au milieu de nulle part, dans des déluges de collisions et de tôles tordues…
    Comme la première elles concernent des personnages et des histoires réelles. Le vrai n’étant pas, encore une fois, toujours vraisemblable.
    Le fil commun à toutes ces histoires est celui de solitaires qui se rapprochent d’autres solitaires, sous la pression inconsciente d’une humanité qui les relie entre eux.
    D’une certaine façon, comme l’écrit l’auteur, c’est l’exact contraire du rêve américain.

    Paul, quand vous parlez du  » train-train minable » qui nous englue , je ne vous suis, par contre, absolument pas.
    J’en connais en France et en Europe des bâtisseurs de maisons aux architectures épurées, d’autres qui restaurent des locomotives à vapeur, d’autres encore qui construisent des thoniers ou font revivre des 12 mètres carrés du Havre en les extirpant des vasières dans lesquels ils s’enfouissaient.
    Rien de minable, rien de train-train dans cet inventaire.
    Sauf bien sûr, je vous l’accorde, pour les locomotives à vapeur.

  14. @ Christophe de Bordeaux

    Vous mettez là le doigt sur la chose essentielle !

    Avons-nous l’AUTORISATION en France de faire les choses ?
    Dans un livre « arrêtez d’emmerder les français » Thierry Desjardins était parti en guerre contre le fatras de lois, ordonnances, circulaires et autres décrets qui limitent notablement notre capacité à trouver les moyens de nous en sortir.

    L’exemple de frédéric et de son bricoleur de motos est typique : « est-ce bien légal tout çà ? »

    On se demande tout d’un coup si pour respirer nous n’avons pas oublié de solliciter une autorisation à l’organisme compétent !

  15. Mes dames, messieurs,

    La Grèce n’est pas la seule à « maquiller » sa dette

    Source: http://www.lemonde.fr/economie/article/2010/02/19/la-grece-n-est-pas-la-seule-a-maquiller-sa-dette_1308455_3234.html

    A ce niveau là, se n’est plus un complot, une arnaque…, mais une complicité.

    Il n’y aura pas de changement dans la douceur, il n’ en résultera inévitablement qu’une révolte.

    Avec tout le respecté que je vous doit Mr. Jorion, vos propositions resteront lettre morte.

    Pour la simple raison du rapport de force/puissance de tout cette puissante financier.

    Bonne chance et courage a toutis.

    No pasara

  16. « To and fro in shadow from inner to outer shadow. » « Aller et venir dans l’ombre, de l’ombre du dedans au dehors. » (Beckett, Neither). « Personne n’a de demeure fixe ; nous habitons dans les bois sacrés opaques. » Virgile dans L’Énéide (VI, 673). Sorte d’empirisme sensitif, indifférence à l’origine, attention portée au plus près. Latence de la mémoire. 100 fois + 100 fois -, mais toujours ce rien natif, écoutez Morton Feldman, Le voyage ? la vitesse, le moment et la durée, la première fois, l’énergie, la beauté… c’est la traversée, ni début ni fin, ouvrir laver yeux et oreilles: http://vimeo.com/2576782
    « L’une de mes histoires préférées est celle d’un jeune homme qui va voir un maître Zen ; il doit rester auprès de lui sept ans, je crois. Le maître Zen lui donne un balai et, pendant sept ans, on lui dit de balayer la maison. Il balaye donc la maison ; il est là, à un endroit, et le maître est à un autre endroit avec un sabre. Le gars est là avec son balai et le maître arrive par derrière en poussant un cri perçant, en hurlant, et le jeune homme soulève son balai. Après un certain temps, le jeune homme écoute et il entend le maître se déplacer là-bas ; il se retourne alors et attend. Ou bien, il le laisse passer et se tient dans un coin ; la faculté de se mettre à l’écoute lui vient lentement. Il s’en imprègne, vous voyez. Il passe ainsi maître dans toutes les nuances de l’écoute, de la préparation et du positionnement naturel du corps, et au bout des sept années, il monte en grade. On lui reprend son balai et on lui remet un sabre », racontait Morton Feldman (in « The future of local music »). le balai peut-être le maître, et le sabre n’en pas avoir.

  17. A mon sens, la ‘démesure’ américaine n’est qu’un point de vue européen.

    Nous vivons depuis des siècles dans des espaces ‘étroits’ tant du point de vue des langues, de la géographie, des coutumes, des lois, de l’histoire, etc ; je veux dire par là que notre horizon mental et physique est compartimenté par des obstacles proches et récalcitrants, ce qui nous oblige depuis longtemps à tenir compte de l’existence de l’étrange étranger, pour trouver un compromis de cohabitation ou pour le dominer ou l’exterminer.

    Cette inconscient collectif se retrouve au niveau individuel, avec une tension séculaire entre l’horizon communautaire, «Bien que chacun de nous soit une personne séparée des autres et dont, par conséquent, les intérêts sont en quelque façon distinctes de ceux du reste du monde, on doit toujours penser qu’on ne saurait substituer seul et qu’on est, en effet, l’une des parties de l’univers, et plus particulièrement encore, l’une des parties de cette terre, l’une des parties de cet Etat, de cette Société, de cette famille à laquelle on est joint par sa demeure, par son serment, par sa naissance. Il faut toujours préférer les intérêts du tout dont est partie, à ceux de sa personne en particulier.» (Descartes 1645, Correspondances),
    et l’horizon nucléaire, «Face à l’état autoritaire, face à la société avilissante, un certain libéralisme, anarchique et libertaire, au nom de l’individu et de ses droits, continue sa carrière occidentale.» (Braudel, Grammaire des civilisations 1993, 450). Tout bien pesé, l’horizon communautaire domine en Europe.

    La colonisation européenne en Amérique a amené avec elle cette tension mais en renversant largement le rapport de force. C’est la vitalité nucléaire qui est dominante. La vision américaine s’est construite dés l’origine sur la notion d’espace sans limite physique et mentale.
    Cette idée est tout à fait intuitive et ne s’appuie sur aucune expérience personnelle ou démonstration scientifique. Voyageur immobile, je me fonde uniquement sur des lectures ou des conversations avec des parents proches de nationalité américaine.

    Ceci posé, quel comportement basique induit cette croyance dans un espace sans limite ? Elle se traduit par la croyance qu’il y a toujours un territoire vierge au-delà de l’horizon qui permet de créer un paradis personnel à partir de zéro avec le minimum de contraintes sociales quand l’espace actuellement occupé est épuisé, saturé (pollution, économie, démographie ou toute autre raison). Ce que synthétise le slogan ‘go west young man’.

    Mais ce slogan est à l’origine d’une confusion. L’histoire hagiographique américaine a fondé comme archétype le pionnier qui défriche les terres vierges. J’ai tendance à penser que c’est un contresens et que l’archétype américain c’est le nomade, ce qui est très différent quant à l’état d’esprit.

    Le pionnier soumet la nature vierge pour recréer, dans une nature ‘civilisée’, une excroissance de la société sédentaire dont il s’est expulsé. Son objectif est de transformer la nature pour en faire un objet de rente pérenne, par l’exploitation directe ou par l’exercice du droit de propriété. Son horizon est borné par la mise en valeur de l’espace qu’il occupe. Sa vocation est de se sédentariser.

    Le nomade pour sa part est un prédateur plus ou moins sophistiqué de l’espace local, qui consomme ses ressources jusqu’à ce qu’elles soient épuisées, puis s’en va un peu plus loin recommencer ses prélèvements. Et si au cours de ses pérégrinations il repasse au même endroit, si la nature n’a pas naturellement reconstitué ses ressources, il hausse les épaules avec fatalité et repart ailleurs. Tant que l’espace et les ressources disponibles n’exercent pas de contrainte sur lui en se raréfiant, il n’a aucune raison de changer ses pratiques. Voilà pourquoi je ne vois pas de démesure dans le comportement américain mais l’expression de la croyance qu’il n’y a pas de limite à l’optimisme et à la vitalité.

    Depuis trois siècles, par l’heureuse combinaison de son commerce, de sa finance et de ses armes, l’Amérique a pu vivre en nomade sans se poser la question de la finitude de l’espace. Elle a commencé par un espace ‘infini’, le continent américain, puis comme l’Angleterre en son temps, elle a étendu ses prélèvements à d’autres espaces ‘infinis’, le reste du monde. Mais en passant au stade supérieur, l’Amérique se trouve en ce début de XXIe siècle confrontée à une situation inattendue pour sa mentalité, qui est la finitude du monde et la limite des ressources consommables.

    N’étant pas plus bêtes que nous, les américains s’adapteront ; ce sera peut-être un peu plus compliqué que pour nous européens qui avons, si on peut dire, l’habitude depuis longtemps de vivre sous forte contrainte dans nos espaces ‘étroits’.
    Toutefois je ne pense pas qu’ils abandonneront cette mentalité nomade parce que, même en se repliant sur eux-mêmes, ils bénéficient d’un territoire immense et relativement vide rapporté à sa population. Vu à ras de terre, l’espace physique américain reste encore ‘infini’.

    1. Bonjour,

      vous me paraissez oublier le véritable « nomade » de l’affaire, l’indien…Pas vraiment nomade en fait puisque l’indien que rencontrent les premiers colons est tout simplement… agriculteur, particulièrement à l’est.

      Le nomade est un suiveur de troupeaux, son espace n’est pas infini même s’il vit le plus souvent dans de grands paturages naturels temporaires, et surtout ses itinéraires sont les mêmes infininiment et sans cesse recommencés (transhumances).

      Le nomadisme est un élevage, il ne se produit que lorsqu’il y a des animaux domesticables et ce n’est pas le cas en Amérique du Nord, on ne connait pas d’élevage de grands animaux chez les indiens. Tout les animaux d’élevage seront importés d’europe, le premier nomade américains sera donc…le Cow Boy.

      Mais pour qu’apparaisse le cow boy et le colon européen ( la nomadisme transhumant ne va pas sans agriculture) il faudra débarrasser le paysage de l’agriculteur pré-colombien. C’est la grande affaire de l’Amérique blanche, son péché originel.

      C’est la grande affaire de tous les colons, il en sera de même en Algérie après la conquête française, il faudra débarrasser la campagne de son fellah qui y est bel est bien présent, il sera spolié et relégué dans le djebel. Pour le plus grand bien du dynamisme pied-noir, qui est une réalité en bien des points similaire à mon avis.

    2. bonjour Krym,
      vous avez raison pour cet aspect là.

      J’ai utilisé le terme de nomade alors que j’aurai pû aussi utiliser le terme chasseur-cueilleur, l’idée étant d’opposer les mentalités simplifiées qu’on associe spontanément au sédentaire et au nomade.
      Je me suis situé principalement sur le terrain des mentalités, qui sont bien plus persistantes que les comportements quand la pression du milieu oblige à s’adapter.

  18. Bonjour à tous.
    Des produits pour pauvres: je connais,par nécessité, ce sont des produits d’excellente qualité et durables! Ne pas lésiner là dessus!
    Tiens! c’est en conjonction avec la nécessité du « développement » durable! Le tout à jeter pas cher est une façon d’appauvrir les gens en transférant au plus vite l’argent vers les actionnaires: on aboutit à des millions de tonnes de déchets polluants ingérables et à 400 familles ayant gagné 185 milliards de dollars en 2007….
    Il m’est arrivé de gagner de l’argent, de monter des entreprises, de me planter, de presque mourir de faim, de remonter …. ici, dans mon pays, la France avec ses qualités et ses défauts. C’est bien mon nom que j’utilise ici. j’ai de vieilles racines ici et des lignées d’ailleurs…. tous des pionniers, ici ou ailleurs!
    C’est l’assistance à outrance qui tue lentement l’esprit d’entreprise: cette volonté permanente de vous épargner tout risque qui est le propre de l’administration qui agit comme une mère castratrice,douce tyrannie, mère poule qui empêche son enfant de se développer en le surprotégeant.
    Mohammed Ali était un boxeur surdoué, il n’est devenu un grand champion que lorsqu’il a tenu, enduré et vaincu face à Georges Frazier.
    Il faut se planter et en assumer les conséquences pour pouvoir grandir!
    Pour Omar: vous avez raison: prendre un caterpillar pour creuser son étang c’est de l’enflure de l’ego; la manière juste c’est avec sa pelle, son coeur et les amis…. L’humain n’est pas une machine et il ne devrait donc pas s’apprécier en termes de rendement ou d’efficacité ou de coût!
    Les facteurs des vitraux des cathédrales ne se situaient pas dans ce référentiel, c’est pourtant leur oeuvre que des millions de gens admirent encore chaque jour. Ou la mosquée bleue, ou les temples shinto….
    Bo Diddley, Vincent, Cochrane , oui … il y a aussi Bach, Mozart, les gamelans de bali, le shaku hachi, Salif Keita et tant d’autres, partout sur notre petite orange bleue…

    Cordialement.

  19. Nos grands-parents et arrière-grands-parents ne connaissaient pas encore le trop, la consommation. Quand on ne peut acheter, on imagine, on invente, on devient créatif. De la confection des bas à la construction des maisons, tout était autrefois synonyme d’art populaire, de beauté, d’identité. Il suffit de visiter un musée d’ethnologie pour se rendre compte de la perte de sens, de beauté et de culture intervenue dans nos sociétés.

    Le  » do-it-yourself  » est une incitation à la créativité. Faire soi-même est un jeu créatif. C’est satisfaire son imagination et s’entourer d’objets ayant une valeur sentimentale, liée à un souvenir. Faire soi-même, c’est donner à l’objet une dimension personnelle, un peu de soi. Le produit de consommation est anonyme ; c’est une masse sans identité. Un objet qu’on a fait soi-même est un objet individuel, qu’on connaît bien et qui nous est familier ; c’est une trace de vie, porteuse de beauté et d’intimité.

    Gottfried Honegger

  20. Ma remarque à trois « cents » sur le mythe de l’Amérique.
    Ne pas oublier que si beaucoup de choses sont possibles dans ce pays de cocagne c’est entre autre par l’autonomie énergétique pétrolière totale qu’ils ont connu jusqu’au début des années 70 (le premier pic pétrolier remarquable dans l’histoire du pétrole, décrit quelques années plus tôt par un certain Hubbert…). Autonomie qu’ils ont ensuite organisée en brisant unilatéralement les accords de Bretton Woods (parité Or/Dollar) en 1971, ce qui leur à permis de vivre à crédit sur le dos de la planète entière à moindre frais… pour eux. Alors dans ces conditions (plus celles décrites plus haut concernant le peu de cas fait durant les trois siècles précédents des « natives » chassés de leurs terres ou tout simplement massacrés), il est facile d’être un « bricoleur » au bulldozer et à la dynamite sur 500 ha !
    Comme l’écrivent certains (Howard Kunstler – La fin du Pétrole) le nouveau choc pétrolier qui s’annonce risque d’être un tantinet difficile à passer pour ces « bricoleurs » énergivores.

    (Je m’avance beaucoup en liant le pic pétrolier étasunien, Nixon et le désengagement des accords de Bretton Woods et peut-être la crise pétrolière qui suivit… mais qui sait ?)

  21. Cher Paul et chers tous, voici deux vidéos incroyables par deux groupes américains qui ont poussé la démesure magnifique du rock ‘n’ roll jusque dans ses derniers retranchements :

    The Stooges, en 1970 au Cincinnati Pop Festival. C’est la célèbre séquence dans laquelle Iggy Pop marche sur la foule et balance du beurre de cacahuète alentours. Ce n’est pas pour rien qu’il a été surnommé le grand-père du punk :

    http://www.dailymotion.com/video/x1fj6c_iggy-pop-the-stooges_music

    The Cramps ensuite, et leur horror rock, mélange de rockabilly, de punk et d’une imagerie inspirée par les films d’horreur à petit budget des années 50. Ces images datent de 1981 si ma mémoire est bonne. Le chanteur avaleur de micros, Lux Interior, s’est malheureusement éteint l’an dernier. La guitariste à crinière rousse, Ivy Rorschach, était sa partenaire à la ville comme à la scène :

    http://www.dailymotion.com/video/x50cl3_the-cramps-tear-it-up_music

    Je vous conseille vivement ces vidéos, je trouve qu’elles illustrent bien mieux votre titre que le pauvre Bill Haley. Merci pour Eddie Cochran et Gene Vincent. Long live rock ‘n’ roll!

    1. Je précise que je respecte Bill Haley pour son apport historique au rock ‘n’ roll, mais il n’a jamais fait dans la démesure.
      Cette dernière s’est exprimée de façon beaucoup plus convaincante dans les œuvres de Little Richard, Jerry Lee Lewis, Gene Vincent, Eddie Cochran ou chez le tristement méconnu Hasil Adkins.

    2. Hello sweet candy,

      mais bien sûr! la démesure Rock viendra après les années 50!
      Et la démesure black ? Les Isaac Hayes, Jimmy Hendrix, le funk ? Le Hard, Heavy tout ça je connais moins, c’est peut-être plus international qu’américain, non?

    3. La démesure black… Magnifique elle aussi. Plus encore. On oublie trop souvent que le rock et tous ses dérivés, toute cette musique dominée de façon écrasante par des petits blancs en pleine rupture sociale, est issue de la musique noire.

      Presque tous les courants majeurs de la musique populaire du XXe siècle et au-delà proviennent des ghettos noirs américains : jazz, blues, rhythm ‘n’ blues, rock, soul, funk, hip-hop, house, techno, j’en passe…
      L’histoire des musiques populaires depuis les années 1950 est passionnante à suivre : elle raconte l’irruption de la transe africaine dans la culture occidentale, tout comme Picasso et les expressionnistes avaient imposé l’incroyable expressivité de l’art africain dans la peinture. Même les compositeurs minimaliste (Terry Riley, Steve Reich,…) se sont inspirés de l’Afrique pour lancer un coup de pied salutaire dans la fourmilière élitiste de la musique contemporaine perdue dans le sérialisme.

      Voir les choses sous cet angle relativise très fortement l’apport culturel de l’Amérique, en vérité. L’Amérique a imposé cette démesure musicale au monde entier par la force de son hégémonie économique et de son industrie de la communication, mais tout ce que j’admire le plus dans cette culture provient, de manière plus ou moins détournée, de l’Afrique.

  22. Aucun empire n’a fait dans la démesure. Mieux que les lions massacrés dans le colisée, on écoute du rock’n roll parce qu’ils ont gagné la guerre avec la bombe A. Sinon nous aurions des chansons en allemand sans une note de blues jouées à la radio, et l’opéra Japonais à la télévision.

  23. @ Bertrand
    Pas loin de vous rejoindre (toujours ce problème de curseur; où placer la mesure?).

    L’Empire s’est-il installé avec quelques chewing-gums, des paquets de cigarettes et des disques de jazz? A la libération, les fourriers en donnaient aux GI’s à foison. Tellement, que les disques de jazz déformaient leurs paquetage et que les cigarettes collaient avec les chewing-gums! Alors les pioupious de l’oncle Sam refilaient tout ça à la population.
    Mes parents, paysans bretons du bout du Finistère, m’ont parlé des chewing-gums et des cigarettes Camel. Pour les disques de jazz, ils n’en ont pas vu la queue d’un, mais il paraît que les rondelles de vinyle, en quantité industrielle, ont fini par se retrouver sur le marché, revendues dans toutes les officines de musique et les bazars.
    Ce que quelqu’un a appelé « l’accompagnement musical du capitalisme » pouvait commencer…

    Le rock a suivi tout de suite derrière, avec cette fois-ci les « juke box » pour servir de distributeur (le Général avait mis les GI’s à la porte -« OTAN, suspend ton vol »). Il fallait un « fond sonore », un peu plus viril que le jazz, pour entraîner les populations à s’enivrer, à se saouler de consommation.
    Le phénomène du groupe, de la bande en rupture de société, est arrivée en même temps (« West Side Story » et les blousons noirs). Le nouveau capitalisme savait inconsciemment que pour avancer, il faudrait détruire l’ancienne société morale. La moralité risquait de faire capoter le projet; les blousons noirs, les « djeun’s » allaient faire le boulot.
    Dans ces anciennes valeurs morales qui structuraient les sociétés du capitalisme industriel « à la papa » (que le capitalisme financier a-moral se devait de renverser), il y avait le rapport ancestral homme-femme. La différence des sexes. Le pantalon « Jean », revenu des USA après une lointaine naissance nîmoise, allait faire la première partie du travail (pour la deuxième partie, c’est long à expliquer sans être politiquement incorrect).

    L’histoire de l’installation du capitalisme financier « libéral-libertaire » est passionnante à étudier. De nombreux sociologues, historiens et philosophes se sont penchés sur le sujet. Tous observent que cette histoire, en forme d’arbre généalogique, arrive à des observations qui rendent beaucoup plus lisible notre époque. Des surprises se font jour et, partant, des réponses arrivent à nos questions hallucinées d’aujourd’hui.
    Parmi ces « surprises » il y a bien sûr la découverte pour certains que c’est bien la « philosophie des Lumières » qui a été le moteur de ce qui s’est passé.
    Une autre surprise est de suivre les errances de la branche « libertaire » du capitalisme. Notamment son passage à « gauche » au début du XXe siècle, et son retour à « droite » au début des années 80′ (« Vive la crise » en 1984, quand Alain Minc, Serge July, Laurent Joffrin et Yves Montand nous expliquaient, prenant notamment la réussite de Philippe de Villiers en exemple, qu’il faudrait à présent « moins d’état » pour des lendemains radieux).
    Et puis la moindre des surprises n’est pas de s’apercevoir que Nicolas Sarkozy, en tant que fils adoptif des GI’s du début, est le prototype-même du soixante-huitard (« jouissons sans entraves », « le bonheur est une idée neuve », « changer la vie, donc son mode d’emploi », « à bas le réalisme socialiste; vive le surréalisme », etc.) et qu’un de ses plus proches « frères » se nomme Daniel Cohn-Bendit.

    De là à y trouver les raisons pour lesquelles Nicolas Sarkozy tenait tant à combattre la « pensée 68′, …de là à y trouver l’explication de la haine irrationnelle que génère notre président chez cette « gauche » libérale-libertaire, cette « gauche » liturgique a-moralisante dont le bulletin paroissial se nomme Libération, …il n’y a qu’un ou deux pas, que seul un bon psychanalyste pourra franchir.

    (Le rideau se lève)
    SGANARELLE: Est-ce là la malade?
    GERONTE: Oui, je n’ai qu’une fille, et c’est là sa maladie: elle est devenue muette.
    SGANARELLE: Dites-moi un peu, ce mal l’oppresse-t-il beaucoup?
    GERONTE: Oui, monsieur.
    SGANARELLE: Sent-elle de grandes douleurs?
    GERONTE: Fort grandes.
    SGANARELLE: Va-t-elle où vous savez?
    GERONTE: Oui.
    SGANARELLE: Copieusement?
    GERONTE: Je n’entends rien à cela.
    SGANARELLE: (se tournant vers la malade) Donnez-moi votre bras. Voilà un pouls qui marque que votre fille est muette.
    GERONTE: Fort bien; mais la cause, s’il vous plaît, qui fait qu’elle a perdu la parole?
    SGANARELLE: L’histoire du capitalisme libéral-libertaire.
    GERONTE: Pardon? Mais encore…
    SGANARELLE: Votre fille ne sait plus comment voter à gauche. Voilà justement ce qui fait que votre fille est muette.
    (d’après « Le médecin malgré lui ». Merci à Molière)

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