127 réflexions sur « Le temps qu’il fait, le 26 février 2010 »

  1. Bonsoir Paul,

    Si la pilule “Paul Jorion” est prête à l’emploi, le plus difficile est de la faire avaler. La plupart des gens ont tendance à mettre la tête dans le trou et à l’y laisser quoiqu’il arrive. C’est, vous l’avez dit, moins préoccupant mais cela n’en écarte pas moins le danger.

    En tout cas, du côté des politiques, ils n’en ont pas besoin puisqu’ils connaissent la réalité de l’état de l’économie mondiale et plus particulièrement le danger de la spéculation sur la faillite de la Grèce, le mot d’ordre étant de ne surtout pas affoler les populations sur les conséquences désastreuses que cela entraînerait.

    S’ils ne connaissaient pas cette réalité, ils ne seraient pas en ce moment même en train de mettre au point un plan d’aide pour écouler les emprunts d’Etat de la Grèce dont plus personne ne voudra très bientôt. Déjà, des banques allemandes ont déclaré qu’elles n’achèteraient plus d’obligations grecques, on imagine ce que ce genre de nouvelle peut provoquer dans les milieux financiers.
    Et puis, un ministre luxembourgeois n’a t-il pas déclaré que les pays de l’UE n’avaient pas d’autre choix que celui de venir en aide à la Grèce ?

  2. Cela ne m’étonne pas que certains ne se rendent pas compte de la gravité de la crise. Les inégalités augmentent, il suffit d’être du bon côté et hop ce qui est une crise paraît une période d’abondance.

    1. Jusqu’au jour où évidemment vous vous retrouvez avec des gens armés de fourches à votre fenêtre et où vous passez à l’histoire parce que vous pensez qu’ils font les difficiles et préfèrent le pain aux brioches.

  3. Franchement qui peut imaginer une seule seconde que les grecs vont appliquer le quart du cinquième des mesures d’austérité qu’ils annoncent ou vont annoncer…c’est vraiment la méthode coué….

  4. @ frederic,

    je vous rejoins !!

    Peut-être pouvons nous envisager les choses , non comme un groupe qui va perdurer mais comme un ‘truc’ destiné à donner un coup de projecteur à un moment donné de cette ‘navrante aventure des dérives du capitalisme néo libéral’ sur des choses importantes que l’on ‘cache’ au grand public?
    Je ne sais pas si je suis claire…

    L’époque manque cruellement de fraîcheur…

    SOYONS CETTE FRAICHEUR.

    Abordons les choses autrement…

    Faisons un sitting devant la Bourses de Paris, un truc simple…

    Ne perdons pas notre enjouement à cause des ‘méchants’, ce serait leur faire trop d’honneur… Pouêt!!

    MERCI à ceux qui ont mis en ligne les extraits du film l’An 01 ‘On arr^te tout et on réfléchit’.

    C’et génial !

    1. Salut Laurence

      D’accord avec toi, on s’en fout des catégories et on a d’abord confiance les uns dans les autres ICI : alors, un parti, un mouvement, une manif, un think tank (oups), Attac, LCR, Bayrou ou autres, bof…pour le moment nos soucis sont ailleurs

      Si on est là sur ce blog, si on y déverse avec tant de constance notre colère nos réflexions nos rêves et (trop souvent) nos résignations, c’est qu’on se sent bien ici et ensemble pour faire ça ici et ensemble -et pas ailleurs-. Le taulier est un incorrigible humaniste & optimiste, mais il ne peut pas tout faire. Comme le dit Jean Luc, ça devient une ruche et on s’y perd.

      Et comme le dit Marc (Aurèle), ce qui n’est pas utile à la ruche ne l’est pas non plus à l’abeille…

      Je suis parvenu à rassembler 2 personnes via msn. Pas facile la fédération des énergies mais je sis convaincu que c’est la seule manière de faire, la dispersion des bonnes volontés c’est ce qu’il y a de pire.

      Alors, je recommence, dans les pas de Laurence : Hé Ho, on le fait ce truc? Cette amicale, association? Faut un secrétaire, et des PROPOSITIONS à réaliser ENSEMBLE.

      A minima, je propose aux parigots kamikazes un challenge surhumain : un rendez vous prochain pour prendre un café (désolé les provinciaux, promis, si on y arrive on vous fera un compte rendu). Je popose de centraliser ici

      ange.naif@hotmail.fr

      Amicalement,

      Frédéric

    2. Manifestation pour la Croissance et la marchandisation du monde.
      Initiative du Club des Citoyens pour la Croissance.
      Bruxelles, le 10 novembre 2007.
      http://www.dailymotion.com/video/x3k05g_manif-procroissance-clip-money-mone_fun
      http://www.cemab.be/news/2007/11/4789.php
      Malheureusement, le site procroissance.com semble fermé (SVP PAS de théorie de la conspiration)

      Au nom du Pèze, du Fric et du Saint Crédit.
      Église de la Très Sainte Consommation

  5. C’est amusant, depuis quelque temps on a l’impression que c’est la Grèce qui a déclenché la crise mondiale, que les fonctionnaires grecs vont se mettre au régime et que ça va sauver la planète. Mais quelle rigolade. Comment a-t-on pu tomber si bas ? Comment les américains peuvent-ils nous faire avaler que leur croissance a repris, est durable etc ?

    Ici la façon dont Mr Woerth s’en tire sur les paradis fiscaux, plus que lamentable :

    http://tv.lepost.fr/2010/02/21/1952260_eric-woerth-les-paradis-fiscaux-n-existent-plus.html

  6. @ frédéric,
    😉

    @ jean-luc,
    navrée de vous répondre ici (prob technique : 336 commentaires, pour mon ordi : c’est trop).

    L’Homme est frappé d’une tare : il a besoin, pour pouvoir apréhender le réel,de recourir à des instances qui le décortiquent, l’analyse et lui donne sens.
    Il lui est difficile (impossible) de s’en tenir, et de faire confiance, à son propre regard, sa propre analyse, sa critique personnelle.Tout cela l’empêche de saisir dans l’immédiateté l’allégresse que lui offre le monde, sans cesse.
    (Et j’ai presqu’envie de dire, et plus on est ‘civilisé’, plus c”est pire’).
    C’est de cette façon que j’ai perçu, moi, le propos de C. Rosset.

    Et voyez-vous, le plus ‘amusant’, c’est que c’est bien à cela que nous assistons souvent sur ce blog.
    Au lieu de considérer cette Crise comme une opportunité sans pareille de modifier les choses dont nous avons appris, à nos dépends, qu’elles sont nuisibles, de nous lever joyeusement tous pour dire ‘c’est génial, on va pouvoir faire autre chose’, nous n’en finissons plus de constater, d’ appeler à notre secours tous les théoriciens de la Création … Au lieu de nous lever et de dire STOP, ca suffit.
    Nous avons ce pouvoir. Et nous l’abandonnons.
    Nous préférons appeler au secours et le plus drôle, c’est que nous appellons à notre secours…nos bourreaux. Ou un autre messie auquel nous raccrocher…
    Ah oui, ce fameux paradoxe que personne ne comprend : le rapport de la victime avec celui qui la maltraîte. Passionnant ne trouvez-vous pas ??!
    A nous de travailler sur nous mêmes afin de ne pas nous sentir dépendant d’un système qui nous broie.
    ‘Pourquoi la femme battue reste t’elle auprès de celui qui la bat? Très vite elle est condamnée n’est-ce pas? Pourtant ce couple est exactement comme nous, dans une dynamique mortifère, mais que l’on peut enrayer avec de la volonté ET du soutien. Et pour autant que l’on ait encore un peu de considération pour soi-même.
    Sommes-nous des victimes afaiblies au point de ne plus revendiquer ni loyauté, ni respect ??
    Nous sommes conditionnés, nous avons peur de l’inconnu et nous sommes lâches et , transcender tout cela, qui est inhérent à la condition humaine, demande un travail de chaque instant, une vigiance perpétuelle. Fatiguante pour tout dire. Mais la Liberté est à ce prix.
    Or il suffit de changer de regard sur ce qui, nous le CROYONS (car c’est une simple croyance) nous domine.
    Et nous reprenons le pouvoir.
    Ps: je ne suis pas un résevoir de joie, juste quelqu’un de vivant.

    1. Laurence, votre bon sens au fil de vos commentaires devrait servir d’horizon à Tous.

      Vos dernières lignes, “sommes-nous… nous domine” sont l’exact reflet à 80% de notre société liberticide. Pour les 80%, la liberté ne doit pas avoir de prix, l’acquiescement ou le laisser faire est de régle. Le NON est porteur de liberté, le oui de contrainte subie.

      La vigilance perpétuelle ne doit pas être fatiguante mais énergisante, quand à votre CROYONS, il ne devrait pas trouver d’écho dans une république laïque non dominatrice.

      Le pouvoir est au Peuple, suffit de le vouloir. Mais chacun le veut-il réellement, je doute.

      Et un clin d’oeil, la femme battue c’est quelle doit y trouver son compte, comme le fou qui se tape sur la tête ” çà fait du bien quand je m’arrete”

      Bon dimanche pluvieux à tous, il faut de l’eau pour mettre dans l’anis!!!!!!!!!!!!

    2. @ Laurence
      (réponse tardive. J’espère que vous reviendrez par ici)

      Cette tare que vous dites Laurence, ce besoin de “penser” ou d'”analyser” le réel pour l’appréhender, n’est pas propre à tous les hommes paraît-il. Il y a un certain nombre d’humains qui ont cette capacité d’atteindre directement le coeur des choses (et d’y trouver plus rapidement l’allégresse sans aucune médiation).
      Dans sa nécessité d’expliquer le Monde, la religion chrétienne en a fait des “bienheureux”. Devant l’impossibilité de comprendre ce qui pouvait bien agir chez ces gens-là, qui n’ont besoin d’aucune médiation, la Bible a conclu qu’ils étaient en prise direct avec les cieux.
      Si nous avons pris l’habitude de nous moquer de ces bienheureux, ça doit être par jalousie. Nous savons que chez eux se trouve la véritable sagesse, celle dont nous prive l’analyse, par un étrange retournement logique. On parle à leur égard de bon sens, ou de sagesse populaire, avec un peu de commisération. Pourtant, certains intellectuels reviennent parfois vers eux, lassés de s’en moquer, et bredouilles d’être allés chasser ailleurs l’explication aux choses.
      Ce sont ces bienheureux que l’imagerie populaire a symbolisé par le “ravi”, le petit santon souriant et les bras levés qui se trouve dans les crèches provençales. Pour le ravi, pas question d'”Immaculée Conception”, de “Sainte Trinité” ou de “Sauveur”; il est simplement content de la naissance d’un petit bébé, et ça suffit à son bonheur (si ce n’est pas de la sagesse, alors où est-elle?).
      “Bienheureux les simples d’esprit car le monde des cieux leur appartient” dit la Bible.
      “Bienheureux les fêlés car ils laisseront passer la lumière” à traduit Michel Audiard.

      C’est donc une tare sûrement, pour ceux qui n’ont pas la chance d’être de ces personnes en prise direct avec la vie. Et c’est aussi un cadeau de la nature. Cette possibilité de saisir le monde par l’analyse est en quelque sorte une seconde chance, donnée à tous ceux qui n’ont pas eu celle de recevoir la sagesse.
      C’est hélas mon cas. J’envie quelques amis que j’ai, qui n’ont pas besoin de décortiquer le réel pour lui donner sens. Je les envie car souvent je finis par les rejoindre, moi épuisé d’analyse, et eux simplement vivants. Je peste contre le chemin, le labyrinthe, que j’ai dû prendre pour les rejoindre. Oui, c’est un cadeau de la nature que de pouvoir quand même se rattraper grâce à la pensée, pour dépasser ce handicap. Beaucoup d’amis m’ont dit que ce handicap venait de la pensée-même, de la volonté d’analyse (“lâche-toi”, “respire”, “pète un coup”, “va faire un tour en Inde”, me disent mes sages copains). J’en suis persuadé, mais autant répéter “la vie est belle” à un suicidaire (j’ai parlé ailleurs à Frédéric de mon sens du tragique. Vous avez vu Laurence, comme il est beau?). Les cerveaux qui nous sont distribués sur un coup de dé du destin à la naissance sont de drôles de machines. Le mien est un gros diesel friand de psychodrames (qui a eu le malheur de croiser Stendhal et Dostoïevski trop jeune), et auquel il manque quelques fonctions qui permettraient d’alléger la carburation lente.
      Vous savez Laurence, j’ai décidé à l’adolescence d’être agnostique. Ce n’était pas pour faire le malin ou refuser la transcendance, mais j’ai compris que, compte tenu de cette carburation poussive, j’aurai assez de ma vie pour faire le tour de ce qui se passe ici-bas, pour ne pas me charger de ce qui se passe là-Haut (… Pardon? “Il y a -aussi- les réponses là-Haut”?… pitié les gars! parlez donc à mon coeur, ma tête est malade.)

      Bref! je suis d’accord avec ce que vous écrivez Laurence.
      C’est vrai: il y a ce que nous croyons …et il y a le regard simple que nous devons porter sur les choses, en n’ayant pas peur que celui-ci soit contraire à nos croyances. Quant à votre Post Scriptum, pardon pour le “réservoir” mais, au moment où j’expliquais à Frédéric, c’est le mot qui m’est venu et qui semblait convenir.

  7. ” Perdre la vie pour sauver son honneur, perdre son honneur pour sauver son âme” ( Devise d’ une grande famille espagnole).

    ” Il faut commencer par le commencement et le commencement de tout est le courage”
    ( Jankelevitch)

    Il est peut être temps…

    1. Dans l’article de Mme Morgenson dans le New York Times, à propos des CDS :

      The biggest players in this world are JPMorgan Chase, Citibank, Bank of America and Goldman Sachs.

      All of those firms fall squarely into the category of institutions that are too politically connected to fail.

      JPMorgan Chase, Citibank, Bank of America et Goldman Sachs. Toutes ces firmes font clairement partie du type d’institutions qui sont « trop bien connectées politiquement pour faire défaut ».

      Après le « Too Big To Fail », voici le « Too Politically Connected To Fail ».

    2. Et ces firmes trop grosses et tellement bien connectées pour faillir
      rassemblent-elles toutes ces vertus en vue de garantir qu’elles
      le sont d’autant plus (grosses et politiquement connectées)
      qu’elles ne puissent non plus être suspectées de la moindre fraude ?

      Et vice versa s’agissant des gouvernements et politiques, étant eux-mêmes,
      cela va sans dire : trop démocratiques pour tromper (TDPT).

    3. “Trop connectées politiquement” ? Ce n’est pas le “trop” qui me gêne, mais l’hypocrisie de ces “connexions” qui avancent masquées, comme si une entreprise privée pouvait grossir indéfiniment sans jamais toucher à une dimension publique. C’est pourquoi interdire les paris c’est “jouer petit bras”, (excusez-moi, monsieur Jorion, car je sais bien qu’il s’agit malgré tout d’une grande idée), il faut viser beaucoup plus haut: imposer les principes de la démocratie dans toute entreprise de plus de N personnes. A commencer par la BNP, évidemment.

  8. @ jeannot14,
    merci;)
    une certaine forme de complaisance dans la soumission ne cesse pas de m’étonner en effet…

    ps: l’affaire de la femme battue est + complexe : elle a INTERIORISE les raisons qu’on lui a dit justifier ce traîtement et est enfermée dans cette croyance.
    Elle a besoin d’aide, une aide extérieure qui lui permettra de sortir du duo destructeur , de reprendre contact avec sa propre valeur et ses qualités, de restaurer l’image qu’elle a d’elle- même et d’abandonner des croyances qui la conditionnaient.
    Un travail que nous pouvons tous faire ici, et très bien entourés.

  9. @ jeannot14, suite,

    En effet , la vigilance perpétuelle APPARAIT comme fatiguant tant qu’elle n’a pas été expérimentée et s’être ainsi révélée super-énergisante !!
    Cette ‘précision’ est vraiment importante!!

  10. Un commentaire de gvillagran3 d’un article de Newsweek que je trouve intéressant de vous faire passer:

    ‘The derivatives market is worth by conservative estimates 600 Trillion U.S. Dollars. Now given the fact that the entire world’s out put is only 60 trillion U.S. Dollars , it does not take a genius to understand that some one is holding a hell of a lot of overvalued , and in some cases worthless commercial paper.

    That some one is World’s central banks. No bank can hide the amounts of money we are talking about, if not with the full cooperation of their central banks, and government.

    The scheme is not that complicated, although the derivatives themselves are. On one hand we have a “derivative” a commercial investment instrument not traded on public markets, subject to no regulations, not transparent at all (as in no one knows the contents of the instrument, who valuated the instrument, on what basis, who bought it , who sold it, etc) . And on the other we have governments desperate to find a way to “hide” deficits.

    The result is the incredible discrepancy between world output , and the derivatives market. For all of those that wander why the 540 trillion U.S. Dollar difference (conservatively) difference between the derivatives market , and the world’s economy… The answer is simple….. Is unaccounted for deficit spending by the world’s central banks (governments). If these amounts were accounted for, that is to say put on the balance sheet at true valuations , our Capitalist system would collapse. Thin of the derivatives market as the mother of all Ponzi schemes. As long as no one questions the valuations of the derivatives , the system stays in place. That is why we will not see any government intervention to regulate, and open up to the light the derivatives industry any time soon. Secrecy is the only thing keeping Capitalism alive . The secrecy of what & who is truly behind the 540 trillion Dollar Accounting gap that exists.’

    Greece is far from the EU’s only joker “

  11. Bonjour Paul,

    Merci pour cette belle vidéo, ou toutes les phrases ont résonné. Depuis 1 an déjà, j’emploie souvent la métaphore du film “Matrix”… Nous vivons en effet actuellement dans une forme d’illusion et sous perfusion.

    Une question, une idée : comment concrétiser la traduction en anglais de vos textes ? De quoi auriez vous/ aurions nous besoin pour celle-ci ? J’ai laissé mon mail si vous voulez en discuter.

    Je vous fait un petit don de ce pas.
    Xavier.

  12. @ Jean-Luc,

    ‘résevoir’ ne me gênait pas. C’est ‘de joie’ qui ne me convenait pas.
    Etre vivant c’est souffrir, avoir peur, manquer, rayonner, toucher le fond de la piscine, être heureux, souffrant, être révolté…. TOUT TOUT TOUT.

    Et c’est faire avec.
    Comme vous le dites, ce sont les simples d’esprit, les personnes handicapées mentales auprès desquelles je travaille depuis 15 ans, qui m’ont appris que la plus belle chose que nous puissions offrir au monde, c’est d’être nous mêmes.
    Sans honte. … La honte… il y aurait beaucoup à dire sur ce sujet…

  13. ” Mais là où je vois que les gens comme nous comprennent mieux la situation que les prétendus experts, ce n’est pas par leur talent de prédire des événements spécifiques, mais bien par leur capacité de saisir dans quelle sorte de monde nous vivons. ”
    George ORWELL

  14. Je reproduit ici le commentaire posté sur le site “arrêt sur image” concernant l’émission à laquelle Monsieur Jorion a participé :

    “Bonjour,

    En premier lieu, je salue ici la qualité de cette émission qui, personne n’en doute, aurait sa place sur le service public.

    J’ai pu découvrir Paul Jorion et suis devenu lecteur assidu de son blog. Nous vivons dans une société qui connait un phénomène de paupérisation idéologique dramatique. Merci à lui de réfléchir autrement et de proposer une alternative à la fuite en avant des cercles économiques.

    Ceux-ci même qui ont plongé le monde dans la crise continuent aujourd’hui, sans sourciller, de nous expliquer que finalement ils avaient et ont toujours raison. Ils sont confortés en cela par une impunité et une irresponsabilité totale. Seuls les faibles paient les pots cassés, encore une fois.

    Forcément, ils ne connaissent pas le chômage, la précarité, l’insécurité, l’exclusion. Leur tour d’ivoire est en outre bien gardée par un pouvoir politique asservi, vassalisé, impuissant et qui, notamment en France, semble les regarder avec envie.

    J’ai pensé, à tort, que cela allait enfin cesser, que “le capitalisme économique” prendrait au moins quelques précautions de forme,

    Quelqu’un a dit que le capitalisme financier n’est ni moral, ni immoral, mais amoral. C’est l’une des idée les plus censée que j’ai entendu ces derniers mois et je partage finalement cette analyse.

    Il faut cesser de lâcher la bride des empires financiers, sans quoi, “le meilleur des Monde” arrivera et il sera trop tard.

    La bataille se joue aujourd’hui, dans les urnes pour l’instant, dans la rue demain.

    Prenant acte de ces deux dernières années, Mathieu Laine, président d’Altermind, Augustin Landier, professeur d’économie à la Toulouse School of Economics et David Thesmar, professeur de finance à l’Ecole des hautes études commerciales (HEC) ont publié le 2 mars 2010 une tribune dans le journal Monde : “Les marchés prédictifs, une innovation intelligente” ==> http://www.lemonde.fr/opinions/article/2010/03/02/les-marches-predictifs-une-innovation-intelligente_1313330_3232.html

    Je vous laisse le lien, n’en perdez pas une miette.

    C’est l’illustration parfaite du nihilisme cynique des chantres du capitalisme financier : le marché peut tout prévoir, et va aider le genre humain à connaître des jours meilleurs en anticipant efficacement les événements. Nous en avons vu une magnifique démonstration et, je pense, la décennie à venir n’aura de cesse de confirmer la vacuité de ces élites économiques que j’assume de qualifier de criminelles. Combien de drames humains derrière cette crise, de suicides, de violences, de maladies professionnelles, de chute dans la dépendances au divers produits qui procure un sentiment d’évasion. Et la boucle tourne, encore plus de détresse, de maladies, de violences, de problèmes sociaux.

    Mettons des caméras, durcissons la politique pénale par la répression, construisons des prison en PPP, mais jamais, ô grand jamais, ne remettons en cause le système global qui nous poussent inexorablement, de jours en jours, vers les abîmes.

    En d’autres temps, j’aurais pu être septique et vaguement agacé par le côté présomptueux de telles affirmations.

    Aujourd’hui, je pense que nous allons plonger dans les ténèbres. L’être humain semble avoir oublié les socles de sa civilisation, le concept de sagesse est passé de mode, la tempérance n’est plus.

    Depuis la nuit des temps, l’Homme apprend de ses erreurs et doit en partie sa survie à une culture basée avant tout sur l’empirisme.

    Messieurs, revenons aux fondamentaux, les valeurs des lumières et de la Grèce antique ne sont pas “titrisables”, mais leurs enseignements représentent à mon sens la seul vrai richesse en ce bas monde. Et elle est la seule équitablement répartie.”

    1. “Quelqu’un a dit que le capitalisme financier n’est ni moral, ni immoral, mais amoral. ”

      “L’être humain semble avoir oublié les socles de sa civilisation, le concept de sagesse est passé de mode, la tempérance n’est plus.”

      Si le système dans lequel nous vivons est amoral, quelle est la cause de cette perte de repères, de cette disparition des valeurs de sagesse et de tempérance ? Quelle contrainte existant par le passé à disparu ? C’est qui me vient à l’esprit et qui est certainement simpliste, c’est l’incroyable capacité de gaspillage que nous a donné la découverte de sources d’énergie abondantes et quasi gratuites. Pourquoi se restreindre, pourquoi être sage, si nos actes les plus insensés ne sont pas sanctionnés par une perte ?

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