L’actualité de la crise, des « cost-killers » à l’européenne, par François Leclerc

Billet invité.

DES « COST-KILLERS » A L’EUROPEENNE

Dans l’attente du sommet européen qui débutera demain jeudi, et qui sera éventuellement précédé par une réunion des 16 (l’eurozone) convoquée à la toute dernière minute à la demande des Espagnols et des Français, les négociations se poursuivent dans les couloirs à propos de l’aide financière à apporter à la Grèce.

Alors que la note du Portugal vient d’être abaissée par l’agence Fitch – signe précurseur d’une extension à d’autres pays de la crise européenne, que tout le monde craint en courbant les épaules – et que le chancelier Alistair Darling vient de rendre public un projet de budget britannique repoussant à 2011 les mesures de rigueur budgétaire, qui risque d’être plus mal accueilli par les marchés que par les électeurs. Dans le contexte d’un euro qui continue de s’enfoncer par rapport au dollar et d’une livre toujours malmenée.

Le sujet officiel initial de ce sommet – les perspectives économiques de l’Europe – est déjà totalement oublié, car une seule question est désormais présente dans tous les esprits : jusqu’où est prêt à aller le gouvernement allemand en manifestant une telle intransigeance vis à vis des Grecs ? Celle-ci est-elle principalement le reflet de ses préoccupantes échéances électorales immédiates ? Ou bien exprime-t-elle une vision construite de l’avenir ? Amenant à de plus en plus prêter à l’Allemagne, en dépit de ses dénégations, l’intention de vouloir faire cavalier seul afin de tirer son épingle du jeu, en vertu d’une sombre analyse des perspectives globales de l’économie occidentale.

De la discussion sur l’opportunité d’une aide financière à la Grèce, on est donc vite passé à une autre – longtemps sous-jacente et feutrée – à propos du rééquilibrage de l’économie européenne et de la nécessité d’engager une réflexion, non seulement sur sa gouvernance économique, mais aussi sur la politique générale à suivre. Mettant en avant la crainte que les pays de l’eurozone ne s’engagent dans une récession économique, si les mesures de rigueur préconisées par les Allemands devaient être suivies sans plus de souplesse. Proposant, au contraire, que ceux-ci réorientent leur stratégie de croissance afin de l’appuyer davantage sur leur marché intérieur et de jouer ainsi l’Europe.

Devant la réaction de Berlin, on a compris que les réserves que les Allemands avaient initialement manifestées à propos d’un approfondissement de la gouvernance économique européenne masquaient en réalité un désaccord profond sur la politique à suivre. Il est progressivement apparu qu’ils étaient sans doute prêts à tailler dans le vif, en vue si nécessaire d’aboutir à une reconfiguration restreinte de la zone euro, sous leur leadership et afin d’appliquer leurs orientations. Qu’ils n’envisageaient pas d’appuyer la croissance par des mesures en faveur de la demande, en Allemagne comme en dans la zone euro, mais qu’ils voyaient leur salut dans la reprise de leurs exportations assortie de la rigueur budgétaire pour tous.

Un compromis sera peut être in fine négocié en cette fin de semaine, ou bien dans quelques jours, mais il ne fera au mieux que masquer une fêlure qui a toutes les chances de s’approfondir rapidement. Car, dès demain, il risque d’être nécessaire d’apporter à nouveau un soutien financier à d’autres pays de la zone euro, à leur tour fortement malmenés par les marchés, et la question de la mise au point d’un dispositif financier général sera à nouveau posée, avec le risque qu’il soit alors constaté que celui-ci est définitivement hors de portée. Le résultat sera alors que les gouvernements des pays les plus faibles devront se refinancer dans des conditions de plus en plus onéreuses, rendant la perspective d’un retour dans les clous – le respect des critères de Maastricht – encore plus incertaine et douloureuse socialement. Car, ainsi que l’a fait remarquer à juste titre le premier ministre Grec, ce sont les marchés qui vont dans ces conditions se servir en premier et bénéficier des plans de rigueur budgétaire destinés à résorber le déficit et la dette. Ces pays n’auront d’autre choix que de sortir de la zone euro, afin de pratiquer une dévaluation compétitive, dont les effets seront ce qu’ils seront, en retrouvant l’usage de leur monnaie dans des conditions acrobatiques.

Après avoir engagé le mécanisme de la crise grecque, en annonçant qu’elle n’accepterait plus prochainement en garantie des obligations notées en dessous de ses critères d’acceptation habituels, la BCE vient de faire machine arrière en évoquant la possibilité que cette mesure soit modulée suivant les pays. Poursuivre dans ses intentions aurait en effet inévitablement amené l’effondrement du système bancaire grec, qui n’aurait plus eu la possibilité de se financer auprès de la BCE en lui apportant des obligations d’Etat, avec des conséquences en domino pour les banques Allemandes et Françaises. Cela n’augure nécessairement rien de bon du point de vue du sauvetage de l’Etat.

L’Europe a eu le privilège d’être en première ligne par rapport à la crise de la dette publique. Mais nous ne sommes qu’au tout début de la partie. Ayant abdiqué de toute velléité de régulation financière, et se préparant à continuer de le faire, les gouvernements occidentaux ne savent plus comment se dépêtrer de la situation dans laquelle ils se sont eux-mêmes fourrés en voulant sauver un système financier qui ne leur renvoie pas l’ascenseur et se révèle incapable de redonner un moteur à la croissance qu’ils attendaient. Pour ne donner qu’un seul exemple de la situation inextricable dans laquelle se trouve la première puissance mondiale (et la plus endettée), Tim Geithner, le secrétaire d’Etat au Trésor américain a déclaré hier que la réforme de Fannie Mae et Freddie Mac, qui tiennent à bout de bras le marché secondaire des titres hypothécaires (ils financent les organismes prêteurs) attendrait des jours meilleurs et qu’en attendant le gouvernement continuerait de les financer sans aucune limite. Ce qui augure mal, entre autre, de la réduction future du déficit américain.

On apprenait au sujet du financement de la dette publique, cette semaine, qu’une grande réunion avait été organisée entre les banques centrales et les fonds souverains, afin d’inciter ces derniers à acheter davantage d’obligations d’Etat et de soulager d’autant la pression sur les taux que les marchés exercent. Les rendements des T-bonds américains venant en ce début de semaine de faire des bonds remarqués, passant pour les bons à dix ans à 3,829% contre 3,680% et à 30 ans à 4,721% contre 4,598%. Les résultats de cette réunion n’ont pas été rendus publics, mais ils ne peuvent être qu’un maigre pis-aller, illustrant par contre la nécessité devant laquelle sont les gouvernements occidentaux de faire feu de tout bois afin se financer sur les marchés.

Telle qu’elle est désormais assez bien engagée sur ses rails, après que le vote de la commission bancaire du Sénat est enfin intervenu, la loi de régulation financière américaine – qui va faire internationalement largement autorité – ne laisse pas des trous dans la réglementation à venir, mais de véritables gouffres. En l’occurrence à propos de ces instruments magiques, mais qui devraient être maudits, que sont les produits dérivés quant ils sont détournés de leur objectif premiers et dédiés au seul service de la spéculation. Les autres grands dossiers étant soit ignorés (les paradis fiscaux) soit laissés encore de côté, car source de discordes (les hedge funds).

Plus que jamais, les projets de régulation s’inscrivent dans une perspective curative, après avoir abandonné, de fait, l’essentiel des mesures qui auraient du s’inscrire dans une logique préventive. L’idée est, à l’instar en leur temps et avec le succès que l’on sait de la ligne Maginot et du Mur de l’Atlantique, d’élever des obstacles à la nouvelle crise que l’on accepte déjà comme inévitable, ou de prévoir des réserves pour y faire face. Une perspective d’autant plus effarante que l’on est loin d’être sorti de la crise actuelle.

Le sujet du jour, en attendant le lent accouchement des nouvelles normes de capitalisation des établissements financiers par le Comité de Bâle (à propos desquelles les mégabanques bataillent ferme en coulisse afin d’en limiter les volumes et les contraintes), c’est la taxation de ces mêmes établissements par les Etats. Suite à la commande passée au FMI par le G20, qui doit en avril prochain faire à ce sujet des propositions. Les Allemands ont tiré les premiers, ils se préparent à adopter un projet de loi qui reste encore très flou. Car l’enjeu, au-delà d’un principe dont l’impact politique est recherché, est de déterminer l’ampleur de la taxation qui va être mise en pratique. Ainsi que son destinataire. Va-t-il s’agir d’une sorte de fonds d’assurance, dont les critiques font valoir qu’il va être un véritable appel au meurtre et inciter les banques à fauter puisqu’elles seront financièrement couvertes, ou bien d’un fonds géré par le gouvernement et dont l’utilisation sera laissé à sa discrétion, pénalités pour les actionnaires des banques fautives à l’appui ? Combien d’année va-t-il falloir pour que soient réunies, une fois décidés les taux et assiettes de cette taxe, les sommes qui, demain, permettront de faire face à des défaillances majeures d’établissements financiers too big too fail? Une véritable course de vitesse va être engagée à ce propos, un fonds va être abondé d’un côté, les banques vont continuer de jouer au casino de l’autre…

Les Britanniques – travaillistes et conservateurs – ont annoncé vouloir s’engager dans la même voie, les Américains ont en suspens un projet de même nature, les Français ne disent rien de très clair à ce propos (comme d’habitude) et ne sont pas à l’initiative. Mais on peut déjà remarquer que ce projet est en soi un formidable aveu d’impuissance, l’expression d’une parfaite soumission au fatum. Il va pourtant être présenté comme le nec le plus ultra de la régulation financière, au prétexte que les banques fourniront cette fois-ci les financements et que les contribuables n’auront pas à contribuer au prochain sauvetage. Cela tombe bien, car ils n’en auraient de toute façon plus les moyens, le sauvetage en cours les laissant, et avec eux les gouvernements, exsangues. C’est cependant ne pas compter avec la réaction des mégabanques, qui ne l’entendent pas ainsi, et ne sont prêtes à accepter une taxe que si celle-ci est avant tout politique, et donc symbolique.

Deux discussions parallèles sont donc engagées par leurs représentants, à propos de leur future taxation comme des nouvelles exigences en matière de fonds propres auxquels ils vont être assujétis. Dans les deux cas, ceux-ci font valoir avec force que de trop fortes ponctions ou exigences auraient comme effet de les empêcher d’apporter leur contribution au fonctionnement de l’économie…

En attendant le sommet européen de demain jeudi va illustrer l’incapacité des gouvernements à faire face à la crise. Présageant qu’ils ne vont être capables que de se conduire que comme ces cost-killers qui se font dans les entreprises des réputations d’excellent manager en licenciant à tour de bras.

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88 réflexions sur « L’actualité de la crise, des « cost-killers » à l’européenne, par François Leclerc »

  1. @ Charles : (en réponse à http://www.pauljorion.com/blog/?p=9445#comment-67485)
    http://bruxelles.blogs.liberation.fr/coulisses/2010/03/jeanclaude-trichet-vole-au-secours-de-la-gr%C3%A8ce.html
    A priori, la réponse vient de tomber : M. Trichet continue à faire tourner le roue (de l’infortune).
    Le jeu continue donc.
    Perso, j’ai un peu de mal avec le ‘vole au secours de la Grèce’, quand même …
    Car M. Trichet a longtemps laissé planer le doute sur l’acceptation de ces obligations BBB-, et même de déclarer qu’après une certaine date, il ne les prendrait plus !
    Bref, à mon sens, il navigue comme les autres : en eaux troubles ou à vue.
    Qu’en pensez-vous ?
    Cordialement.

    PS : de même, cela me fait aussi un peu mal au fondement de devoir la ‘vie européenne sauve’ grâce à une BCE qui a toujours préférée son indépendance à la récession. Car petite question : et si le FMI n’était intervenu, que serait alors advenu ce secours ? On peut se poser des questions sur l’origine exacte de la mission du sauveur : sauver l’Europe en danger ou sauver son pouvoir et sa réputation en Europe ? Ah évidemment, vu comme ça …
    Et non élue qui plus est !!
    Mais tant il est vrai, comme l’écrit Jean Quatremer, que tout est relatif : en comparaison des niveaux européens (et même des niveaux tout court) de nos dirigeants, Trichet est un géant !!
    ça fout les jetons quand même, de dire ça (dîtes le d’abord mentalement, puis à voix basse puis ensuite à voix haute) : ‘Trichet, mon sauveur’, ‘Trichet, mon ….

    1. Trop d’institutions, parlant toute au nom de leur interet propre, surtout la BCE et la commission…

      Il n’y a d’exercice democratique que sur la base d’une opinion publique nationale, elle meme basee sur une langue commune.

      On est pas a la veille au niveau de l’UE….

      Certainement, un jour, il y auras, et c’est aussi vrai qu’a l’echelle de l’histoire la construction de l’UE avance en fait tres vite…

      Bref, on vas peut etre mourrir gueri, d’autant que j’ai lu un sondage au niveau de l’UE sur les priorites et en toute logique, dans un monde confus et instable, les peuples se croient a l’abri dans l’UE et sont pret a jter la defense avec l’eau du bain…

      On ne seras jamais une puissance car nous renoncons collectivement aux instruments de la puissance…

      Ho on m’objecteras le soft power, mais j’y crois quand il repose aussi sur le hard power.

  2. @Astrorock

    Pour exporter il faut vendre donc mettre nos cochonneries à la portée des porte monnaies chinois, indien, etc..

    En ce qui concerne Louis Vuitton, Loreal, etc…
    Y’a du boulot…
    Chaque fois que je vois les prix qu’ils pratiquent, je me demande dans quel monde ils vivent.

    1. Je reviens, encore et toujours, a cette autre crise dont personne ne parle, ou presque, la crise de l’offre.

      On recycle a l’infini des vieilles recettes, que les marketeux essayent de nous faire prendre pour des nouveautes….

      Meme Apple avec son ipad nous prend pour des cons avec son iphone geant sans fonction telephone. C’est presente comme nouveau alors que le but de la manoeuvre est de faire acheter, de maniere bloque, sur le istore.

      Pour le moment ca marche encore, bien que de moins en moins…

  3. Grèce : l’Allemagne impose son plan.

    La pilule qui s’annonce est amère pour le premier ministre Papandréou. Il attendait de l’Europe qu’elle l’aide à se refinancer à moindre coût. Athènes doit trouver 15 milliards d’euros d’ici début mai et 50 milliards avant la fin de l’année. Les conditions posées par Angela Merkel font du soutien conjoint de l’Union Européenne et du FMI un recours très dissuasif.

    La Grèce ne pourra y faire appel qu’en dernier ressort, en clair seulement si les seize pays de l’euro constatent – à l’unanimité selon Berlin – qu’elle ne peut pas se refinancer sur le marché.
    Les crédits européens se feront «sans élement de subvention» d’après Paris.

    Côté FMI, les taux paraissent plus attrayants. Mais ils relèguent la Grèce au rang de pays assisté. Ils passent aussi par une cure d’austérité supplémentaire qu’Athènes aurait du mal à faire passer face à la colère sociale.

    Sur le fond, Angela Merkel semblait hier soir sur le point de dicter sa loi au reste de l’Union Européenne. A priori isolée dans son orthodoxie, l’Allemagne a démontré que rien ne peut se faire sans elle dans une Europe en crise. Inflexible, la chancelière a imposé son prix.

    Nicolas Sarkozy, le patron de la BCE Jean-Claude Trichet, le président de l’Eurogroupe Jean-Claude Juncker, le chef de l’exécutif européen José Manuel Barroso, tous auraient préféré une solution européenne. Tous voyaient dans le recours au FMI une atteinte à la fierté européenne. Hier soir, la menace d’une débâcle sur l’euro ne leur a pas laissé le choix.

    Le Figaro

  4. Je pense qu’il ne faut pas attendre de l’Allemagne qu’elle paye. Payer pour un pays qui s’est consciemment manoeuvré dans cette situation, avec la complicité des eurocrates et des profiteurs? La solution « FMI » est probablement la meilleure, compte tenu du contexte. Mais cela est aussi un aveu que l’idée conductrice des « états unis d’europe » n’est plus un projet, elle est dèsormais une pièce de musée. La crise mondiale a l’avantage de mettre les problèmes à nu, de corriger certaines illusions et faux raisonnements.

  5. « Mettant en avant la crainte que les pays de l’eurozone ne s’engagent dans une récession économique, si les mesures de rigueur préconisées par les Allemands devaient être suivies sans plus de souplesse »

    La rigueur, il faudra pourtant bien y venir, et le plus tôt sera le mieux.

    Vous faites un lien de cause à effet entre une éventuelle rigueur et une récession. Ce lien n’est pas automatique. On peut avoir une politique de rigueur et une forte croissance. Deux exemples : la réduction du déficit américain par Clinton et la rigueur de De Gaule qui n’a pas affecté le rythme de croissance des 30 glorieuses. Le lien entre creusement de la dette et croissance est lui non automatique, les exemples de relances budgétaires ratées ne manquant pas.

    Une rigueur basée sur des augmentation d’impôts (ou des réductions de niches fiscales) pour les ménages consommant peu ne générera pas de récession. Ces ménages en France ont de l’épargne et l’utiliseront plutôt que de se serrer la ceinture.
    Enfin repousser l’équilibrage des comptes publics, c’est augmenter considérablement l’effort qu’il faudra faire.

    1. Nous jugerons sur pièce ! Je connais une excellente manière de ne pas pénaliser la consommation et de réduire le déficit public: fiscaliser les revenus financiers au niveau de ceux du travail et surveiller à la loupe les prix de transfert des grandes entreprises.

  6. @ François Leclerc

    Merci pour votre réponse.

    D’accord pour fiscaliser les revenus de la finance non pas autant, mais plus que ceux du travail. Une question toutefois sur la faisabilité : si les avantages fiscaux sur l’assurance-vie sont supprimés, croyiez-vous que cela aura des conséquences sur l’appétit des épargnants français pour la dette française? Comment cette mesure peut-elle est mise en place sans remous sur les taux d’intérêt?

    Idem pour les niches fiscales très coûteuses (et complètement idiotes économiquement) concernant l’immobilier. Comment faire disparaître les formules Borloo et Robien sans remous excessifs sur le secteur du bâtiment? C’est qu’en France aussi le bâtiment est largement subventionné par l’Etat.

    1. Est-il impossible de se poser la question de la place du bâtiment dans l’économie française et d’envisager de partiellement substituer à la construction d’autres activités telles que les économies d’énergie et l’extension et l’amélioration de l’habitat à loyer modéré ? De suivre à la trace les transferts des compagnies multinationales qui leur permettent d’échapper à l’impôt sur les sociétés ? De plafonner les avantages fiscaux de l’assurance-vie ? Etc….Je ne suis pas un fiscaliste, mais j’ai la ferme conviction que tout cela ne serait pas un cataclysme.

    2. Bonsoir,

      @ François Leclerc :

      « Je connais une excellente manière de ne pas pénaliser la consommation et de réduire le déficit public: fiscaliser les revenus financiers au niveau de ceux du travail et surveiller à la loupe les prix de transfert des grandes entreprises. »

      J’ajoute, comme autre excellente manière de réduire les déficits : interdire les délocalisations… coûteuses en terme de politique sociale et génératrices de pertes sèches en terme de budget, sans compter les dommages collatéraux du style : délitement social.
      Les prix de transfert se traduisent certes par des pertes sèches pour l’Etat français (en l’occurence) mais, en terme de pénalisation du budget de l’Etat, ces opérations ne jouent pas dans la même cour que les délocalisations. Par contre, l’évasion fiscale vers les paradis fiscaux par le truchement de montages juridico-financiers (avec l’aide précieuse et créative de l’ingéniosité bancaire) : là on tient un gros poisson… La lutte contre les paradis fiscaux va d’ailleurs de paire avec la lutte contre le blanchiment d’argent et les activités dangereuses à l’humanité (trafic en tous genre). Le point commun à toutes ces pratiques sont : les banques, au centre et bénéficiaires de toutes ces activités « intéressantes ».

      Mais, en écrivant cela, j’ai en même temps le sentiment très net que le peuple (sans connotations péjoratives) veut maintenant passer à un autre type de « contrat social » que l’organisation résultant de la révolution industrielle ; dans ce contexte, l’interdiction des délocalisations arriverait maintenant trop tard et ne serait plus qu’une mesure très partielle et loin d’être à même de répondre aux nouveaux besoins et aux nouvelles attentes de la société.

      Des mesures fiscales (qui sont des mesures que j’appellerai ciblées) ne suffiront pas à la tâche…
      Il faut maintenant penser large : comment réorganiser les relations sociales, quelles sont les règles élémentaires sur lesquelles tout le monde est d’accord et qui permettront de bâtir un cadre loyal grâce auquel on pourrait à nouveau envisager un avenir.

      Cordialement,

    3. Ajout à mon précédent commentaire :

      En fait, les prix de transfert sont liés aux délocalisation car les restructurations d’entreprises à des fins d’optimisation des coûts sont des problématiques de prix de transfert et se traduisent par des délocalisations : d’où il résulte que vous avez raison de dire qu’il faut lutter contre les prix de transfert mais pour des raisons de « mentalité » (toujours plus) des actionnaires principaux des entreprises multinationales.
      Mais voyez-vous, tout se tient, et on en arrive toujours aux problèmes générés par la mondialisation à tout crin : car les très grosses boîtes (multinationales) tendent, comme les banques, à être des entités intégrées au niveau supranational, elles tendent à devenir apatrides et donc non soumises aux contingences fiscales de leur Etat d’origine. D’où il résulte qu’il faut revoir les mécanismes de fonctionnement qui relient ce que jusqu’à aujourd’hui on nommait Etat souverain avec le peuple qui vit sur un territoire donné.

      Cordialement,

  7. @François Leclerc

    Les solutions simples et de bon sens que vous proposez m’aménent à me lancer…

    Ou est le dificit « structurel » de la France ?
    Avant la crise l’endettement de l’Etat Français devait représenter +/- 1200 Mds d’€
    Si nous mettons en parralléle les réductions de charges sur les salaires accordées aux entreprises depuis 1990 soit +/- 40Mds/an , les Niches fiscales qui atteignent +/- 70 Mds/an , la fraude fiscale estimée à + de 50 Mds /an , nous arrivons à une perte de recettes pour l’état de 160 Mds d’€ , chiffre sans doute bien inférieur à la réalité compte tenu des faveurs accordées aux plus riches et moins connues du public .Sans ces faveurs accordés au patronat et aux plus riches depuis 30ans,le déficit public serait inexistant et des réserves auraient pu etre constituées pour amortir les effets de la crise actuelles et des crises à venir.
    Le déficit public n’est que la conséquence du clientélisme de nos politiques.

    Oui il faut « fiscaliser les revenus financiers au moins autant que les revenus du Travail »

    Oui il faut réorienter les avantages fiscaux destinés à soutenir le batiment afin de favoriser « les économies d’énergie et l’extension et l’amélioration de l’habitat à loyer modéré »,voir à l’accession à la propriété des Jeunes n’ayant pas les capacités de financement.Si le montant des avantages fiscaux liés à la loi Scellier avait été utilisés à financer de telles mesures,l’effet de levier pour la relance du Batiment aurait été beaucoup plus fort,bcp plus de personnes en aurait bénéficié et l’impact sur l’environnement aurait été positif.

    Oui il faut supprimer le bouclier fiscal

    Des solutions simples existent pour réduire les déficits public sans asphixier l’économie.

    Du courage, du bon sens terrien, de l’humilité …mais ce n’est pas le propre des politiques

    Un grand bravo pour votre contribution

  8. L’aléa moral n’est-il pas en fait une mystification et Lehman Brothers une exception ? Comme la faillite d’une grande banque est un danger systémique pour une économie, ces multinationales savent que l’Etat ou la banque central interviendra toujours en dernier ressort.

    Alors faire croire que faire cotiser les banques pour qu’elles paient leur prochaine crise est un appel au meurtre est hypocrite car en se plaçant à tous les carrefours de l’économie pour prélever des péages moyenâgeux en toute irresponsabilité, ces banques assassinent en fait quotidiennement.

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