Le temps qu’il fait, le 7 mai 2010

Le « mystère » de la bourse de New York
L’ère du semblant
Un vent de panique
Les avantages sociaux et les retraites en France
Les politiques et la crise

Un article publié samedi (8 mai) dans le Wall Street Journal confirme l’analyse du plongeon de la Bourse de New York jeudi, que j’offre dans la vidéo : Computer Trading is Eyed. Il n’y a pas eu erreur humaine mais krach.

NB : Je dis à un moment : « Les banques fédérales… », au lieu de « Les banques centrales… »

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224 réflexions sur « Le temps qu’il fait, le 7 mai 2010 »

  1. Les dirigeants continuaient leurs discussions vers 23h sur les moyens de freiner la contagion de la crise grecque, que le président de la Banque centrale européenne, Jean-Claude Trichet, a qualifiée de « crise systémique », c’est-à-dire menaçant toute la zone euro, selon une source européenne.

    Ils envisagent de mettre un place un Fonds de soutien face à la crise pour aide les pays menacés, qui pourrait être alimenté par la Commission européenne et la BCE, selon des sources diplomatiques.

    Ce n’est pas sérieux Ce n’est pas avec une déclaration lénifiante que la spéculation va s’arrêter. Si renforcer le pacte de stabilité et la discipline budgétaire cela fonctionne, bonjour les dégâts et la déflation

  2. @ Paul Jorion, @François Leclerc, @ tous :

    Je met ça là, pour ceux que le Glass Steagall Act intéresse :
    http://cantwell.senate.gov/news/record.cfm?id=324753

    En résumé, un amendement, soutenu de manière bipartisane (donc ‘l’étonnant’ John McCain et surtout Maria Cantwell, pugnace sénatrice démocrate de la commission bancaire du sénat, ayant notamment audité Blankstein), réintroduit le Glass Steagall Act dans la réforme de Wall Street voulue par Obama, et ce d’une manière bien différente du ‘Plan Volcker’ (que tout le monde ou presque a oublié : le plan Volcker introduisait surtout la notion de la taille des établissements et l’interdiction de trading pour compte propre), car rétabli quasi intégralement (séparation stricte entre banque d’affaire et banque de dépôt).
    Ce qui signifie potentiellement, bien plus que la ‘simple’ séparation des banques d’affaire des banques d’investissement, que tout ce qui est détenu, en créance ou en débit par une banque d’affaire sur une banque de dépôt et inversement devrait être effacé des livres de comptes de ces deux banques les concernant. Sans compter l’absence de la garantie de la FDIC …

    Ce qui est significatif surtout, et ce qui donne la dimension politique de cet amendement, ce sont les réactions qu’il a suscité.
    Ainsi Mark Warner, sénateur Démocrate, membre du comité bancaire du sénat ayant participé avec le sénateur Dodd des négociations avec les républicains sur la réforme de Wall Street (c’est dire, étant donné le résultat, s’il est ‘violent’), ne cache pas son opposition à cet amendement.
    http://thehill.com/blogs/blog-briefing-room/news/95427-warner-senate-could-vote-to-reinstate-glass-steagall
    Néanmoins, comme il le dit, beaucoup de sénateurs regrettent leurs votes en 1999 pour l’abrogation (à l’instigation de larry Summers sous Bill Clinton) de cette loi :
    « A lot of senators wish they had their votes back in 1999 when they basically did away with the walls and the barriers between investment banking and banking that Glass-Steagall had in place, » Warner said. »
    Les amendements devraient être votés la semaine prochaine et la loi en fin de mois.

    De même, la Maison Blanche, La FED et le Trésor via Timothy Geithner se sont opposés à cet amendement, préférant soutenir le Plan Volcker.
    A l’inverse, 78% des américains seraient favorables au retour de cette loi (lire aussi certains commentaires en bas de l’article en lien).

    Bref, d’un côté les monétaristes et l’exécutif contre les américains et une large majorité de sénateurs (selon Warner).
    Rien que cela permet d’indiquer que cela doit être important …

    Tout ceci vient à confirmer que de l’autre côté de l’atlantique, ‘on’ commence à se réveiller alors même qu’à un jour d’intervalle, en Europe, on se réunit pour évoquer la crise …
    Si le 07 mai 2010 est le jour de ‘La croisée des chemins’ dixit F. Lordon, celui du 06 mai 2010 pourrait aussi l’être pour les US. Mais pas dans le même sens.
    Quien sabe ?

    NB.
    Et ça aussi, c’est passé hier, sur un contrôle plus important du marché des dérivés et des futures :
    http://cantwell.senate.gov/news/record.cfm?id=324761
    Et d’autres amendements aussi risquent de passer, notamment un sur l’audit de la FED du sénateur indépendant Bernie Sanders.

  3. C’est bien vrai, on n’est pas aidé par les politiques. Aujourd’hui, nos grands dirigeants européens se réunissaient à la hâte à Münich… euh non à Bruxelles… pour, disaient-ils, prendre des mesures pour parer à la menace des spéculateurs. On allait voir ce qu’on allait voir, crénondidju. Résultat: un fonds de garantie de 70 milliards (Soros doit pouffer, rien que la Grèce a coûté 120 milliards) et plus de rigueur budgétaire (là Soros est content, il n’y a même pas une menace, au contraire on lui dit qu’on le craint et qu’on va obéir pour pas qu’il se fâche).
    Nos courageux politiques ont donc décidé de donner leurs peuples en pâture en espérant ne pas se faire bouffer par les fauves. Je vous laisse deviner si ça va les calmer…

  4. Je constate que ça me « terrorise » ces histoires de bourse, alors que je n’y ai aucun titre ! C’est un peu comme si le monde pouvait s’arrêter d’un instant à l’autre. D’un jour à l’autre les marchés peuvent dire : « On n’y croit plus, c’est fini, on range les cartons … advienne que pourra. »

    Et qu’est-ce qui va se passer ? Fillon déclare que la france ne peut plus emprunter et que le commerce extérieur est mort, etc moi je ne sais pas ce qui peut se passer, j’ai l’impression de vivre sur un volcan. Je crois qu’il va me falloir des anxiolytiques… il y a ça plus le fait que la vie est trop courte; A partir d’un certain âge on n’écrit plus que des testaments. Et l’été n’arrive pas…

    1. Soyez certain qu’ils ne pourront pas bloquer la rotation terrestre.
      Les chiffres bêtes et méchants qui passent au dessus de nos têtes ont le pouvoir de nous transformer en petites souris aux abois. Mais il y a aussi des météores pour illuminer notre ciel de désespérés.
      En voici un exemple : « Pour moi la poésie c’est d’abord une façon d’être. Et une façon d’être liée à la révolte devant l’immensité des désirs que chacun porte en soi et le peu que la vie lui permet de vivre. » Annie Le Brun

    2. Je viens de lire tous les commentaires. Je suis surtout frappé par l’évocation de Paul et de son fils, Théodore … et puis « octobre » dit : 8 mai 2010 à 02:31 « Soyez certain qu’ils ne pourront pas bloquer la rotation terrestre. » et « Mais il y a aussi des météores pour illuminer notre ciel de désespérés. »

      Cela me fait penser, soudainement, à ce qui est connu sous le nom de « précession » http://fr.wikipedia.org/wiki/Pr%C3%A9cession ….

      Le Temps, expression et maitre de tout ce qui existe, n’est pas que quantifiable et mesurable. Il est des périodes temporelles qui sont de toute évidence particulièrement qualifiées et denses, comme délimitées par une présence transcendante. On pensera aux fins de cycles historiques. Au mouvement fractal des astres. A notre univers tissé d’une infinité croisement d’univers à nous imperceptibles « en temps ordinaires ». A l’inexplicable des « Nombres Premiers », de « Pi » et de « Raçine carrée de -1 ».

      Notre univers est ainsi tissé d’une infinité de « respirations » qui s’étirent dans toutes les dimensions, au delà de notre conception du du temps et de l’espace.

      Le mouvement global du Temps est hélicoïdal. Il n’est certainement pas linéaire, ce qui explique l’échec patent, l’effondrement aucquel nous assistons « en prise directe » de la pensée dite « moderne » essentiellement fondée sur la toute puissance et le caractère absolu de de la causalité.
      Le Temps n’est pas tout simplement cyclique non plus.
      Le concept de précession nous conduit à l’image de l’hélice décrivant une succession de cycles en translation autour et au long d’un axe central.
      La fin d’un cycle ne se superpose aucunement à son début.
      La fin d’un cycle est toujours l’analogie de son début, son reflet, son image transformée, énergétiquement amenuisée.

    3. Si vous pensez qu’un testament est important , c’est que vous avez encore des oripeaux et des conseils à perdre .

    4. @Lisztfr

      Je ne peux pas croire ça de vous, il y a tant de belles choses que vous connaissez et que vous faites partager, j’en profite pour vous remercier de cette découverte que vous m’avez fait faire il y a qq tremps.

      http://www.youtube.com/watch?v=5C_l3nSQ_lc

      @la menuise

      « et la lumière fut »

      ce lien là « sorcellerie du capitalisme » vaut 100, 1000 ou bien plus , merci infiniment

  5. Bonjour,
    Je découvre votre blog.
    Merci pour vos analyses intelligibles.
    Je trouve en effet que la nécessité de rédiger un projet type « CNR » est flagrante.
    Alors pourquoi, comme vous le dites à plusieurs reprises, voulez-vous empêcher ce système dépourvu de vergogne de s’effondrer ?
    Je pose cette question, car en écoutant vos arguments et diagnostiques, on en viendrait presque à abréger les souffrance de ce gros malade (le « marché ») qui, quoiqu’on fasse pour lui, va rechuter.

  6. « Dans le monde de l’esprit, c’est en faisant faillite qu’on fait fortune.
    [Christian Bobin]  » Extrait de Le Très-Bas

    1. « HEUREUX LES PAUVRES CAR LE ROYAUME DES CIEUX EST A EUX. »
      Je crains la bousculade au Paradis…

  7. @ peak-oil

    Effectivement le libre échange exacerbé -possible par une énergie fossile bon marché- à contribué à une construction européenne qui s’est vite écarté du projet initial des pères fondateurs. Ces quinze dernières années elle a même accéléré sa perte par un élargissement qui ne répondait qu’aux critères d’un marché voulu par les ultra-libéraux marchands.
    Le nationalisme est bien naturel dans nos sociétés.
    Qui n’est pas attaché à son terroir, sa région ?
    C’est un sentiment Sapiens-Sapiens, c’est pourquoi l’Europe politique doit être fédéral et régional.

    1. D’accord pour une Europe fédérale mais encore faudrait-il que les européens assument leur part de responsabilité individuelle et qu’ils soient capables de privilégier l’intérêt général au sein de l’Europe voire même à l’échelle du monde.

      Je partage l’idée que l’élargissement fuite en avant a été des plus inconséquents, il partait du principe que nous avions atteint une maturité démocratique et que la croissance serait toujours à notre portée, mais c’était du baratin. La démocratie telle que nous la connaissons est hélàs un leurre car elle ne fonctionne qu’en période de croissance. Quand l’économie triomphe, peu importe que les citoyens votent en fonction de l’intérêt particulier car le plus grand nombre est gagnant. Quand l’économie rétrécit, le fait que les citoyens privilégient leur attachement à un niveau de vie qu’ils considèrent comme acquis réduit par là même la capacité de la démocratie à fonctionner tout simplement. Le vrai visage du citoyen apparaît alors au grand jour, celui d’un enfant gâté irresponsable qui ne se rend pas compte de la valeur de la démocratie et de ce qu’elle exige de sa part.

      L’homme a toujours courru après le pouvoir (d’achat), rien de nouveau sous le soleil, mais il y a des contextes que le mettent plus en évidence que d’autres. D’un point de vue démocratique, on peut aller jusqu’à dire que le catastrophisme éclairé et l’autoflagellation rédemptrice ne sont pas des fléaux mais l’occasion d’assumer notre part de responsabilité pour se donner les moyens d’avancer, l’occasion de remettre à sa place le pouvoir qui ne cesse de nous fasciner. Il n’y a qu’à voir la répulsion que l’autocritique provoque chez la plupart pour constater l’hypocrisie des soi-disants démocrates et leur incapacité à vivre ensemble.

      Soit on se donne les moyens d’un vraie démocratie à l’échelle européenne et à l’échelle des nations en confrontant chacun à ses responsabilités, et cela passe certainement par de la pédagogie, soit on laisse l’union de façade se révélée telle qu’elle est, ce qui ne peut mener dans notre cas qu’à une perte de contrôle généralisée. Tant que la notion de responsabilité ne sera pas assumée par les citoyens et les Etats, la loi du plus fort restera la loi des hommes malgré toutes les belles histoires que certains sont prêts à raconter.

      Le lit d’une révolution de type anarchique se creuse un peu plus chaque jour sur la planète décroissance, et cela condamne la démocratie à rester un mirage. Nous nous mettons en situation où il ne nous restera plus d’autres alternatives que la dictature qui dans notre cas n’est même plus sûr de fonctionner. Il y a pourtant une infinité de solutions à notre portée si nous voulons vraiment être des démocrates.

      Taxez-moi pardi ! Pour essayer d’atteindre l’a-croissance.

    2. @ Peak.Oil.2008
      Je suis entièrement d’accord avec votre analyse, mais il faut du temps pour construire sa pédagogie pour ensuite convaincre ses concitoyens.
      Dans le même temps, il me semble qu’il faudra aussi passer d’une démocratie représentative à une démocratie participative, la seule qui à mes yeux à même de responsabiliser le citoyen.
      Je pense qu’il nous faudra encore des tas de réunions à tous les niveaux afin de concrétiser des décisions capables d’orienter le développement vers une décroissance énergétique librement acceptée.
      Le rôle de tous ceux qui comme nous ont pris conscience de la limite de la planète est de prendre notre baton de pélerin (ou plutôt notre rétroprojecteur) et d’aller expliquer cela dans le plus possible d’endroits.
      Si cela est expliqué clairement avec rigueur, froidement et méthodiquement comme un technicen devant sa machine en panne, sans culpabilisation, je pense qu’il y a moyen d’éviter le pire.
      Je reste persuader que faute de pouvoir le réformer, on pourra contourner le capitalisme, mais ceci est un préalable.
      Certes, il y aura du chaos et il y en a déjà.
      De toutes façon, la relance industrielle avec une croissance pétrolière à zéro n’est que pure illusion.
      Nous assistons à la fin de la civilisation industrielle et nous devons participer à l’élaboration de la suivante.
      Et si ensemble nous mettions au point un power point expliquant tout cela et qui soit lisible et compréhensible pour la plupart des gens!!!!
      J’y pense depuis quelques temps.

    3. La base de la pédagogie est d’expliquer et d’expliquer, c’est la seule voie avant la pente raide !

    4. @michel

      – Comme vous, je vote pour une démocratie participative mais à condition qu’elle ne tombe plus dans les travers de la particratie.

      On devrait soutenir la construction des myriades Forums et de Méta Forum, des espaces publiques et des espaces virtuels accessibles à tous les citoyens. Mettons à disposition des espaces où le savoir collectif pourrait être mis à l’épreuve en permanence, les forums internet jouent déjà un peu ce rôle (donc merci Paul). Il y a des choses factuels et certaines qui ne le sont pas. La circonférence de la terre est plus importante que celle de la lune, c’est un fait même si il faut toujours rajouter un ‘jusqu’à preuve du contraire’. Le concept des limites physiques de la terre est factuel même si le dogme économique et politique contemporain voudrait nous faire croire l’inverse.

      Reconstruisons une démocratie en donnant à ceux qui le désirent la chance de débattre de tout et n’importe quoi à n’importe quel moment. On verrait des non-actifs, et pas seulement, redonner un sens à leur vie. Ils pourraient se lancer dans la dialectique et essayer de mieux comprendre le monde dans lequel ils vivent. On devrait donner la chance aux citoyens qui le désirent de jouer pleinement leur rôle de citoyen à tout moment. Rendons ce droit-devoir au citoyen pour le confronter à sa responsabilité citoyenne, pour le confronter à son désir de démocratie et pour donner de la consistance à notre chère démocratie. Remettons le divertissement à sa place, enterrons l’infotainement, ce ne sont rien que des fuites du réel (sans doute liée à notre incapacité à assumer notre condition humaine et notre incapacité à assumer les actes que nos posons).

      – J’habite près du Conseil de l’Europe à Schuman (Bxl). Savez-vous que le Samedi-Dimanche, on ne trouve aucune Librairie d’ouverte. Un espace de débat, n’en parlons même pas. Mais qu’espèrent-ils ?

      – Pour le powerpoint, je crois que cela serait en effet une très bonne idée de travailler sur un document qui permettrait à tout le monde d’avoir une vision macro mais aussi profonde du monde dans lequel nous vivons.

    5. Une démocratie participative ne risque pas de retomber dans une particratie, je fais partie d’un jardin communautaire et je peux vous dire que les comptes d’apothicaire ne font pas partie de notre jargon.
      Ce qui compte, c’est l’objectif et l’échange de données, d’informations.
      Bientôt je vais participé à une série de conférences débat à un jet de pierre de la célèbre tour de ma localité, je veux parler de Jupiller.
      Ces conférences débat ont trait à l’environnement: pesticide et santé, mobilité, changements climatiques, pub, agrocarburants, nucléaire, santé, accroissance, alimentation durable, biodiversité.
      Tiens, il ne parle pas de Peak Oil 2008, et bien pourqui pas l’y ajouter!!!

  8. Nous savons très bien ce qui se passe.
    Seul ou en famille, on se sent abandonné.

    « L’ouverture des frontières c’est uniquement pour la spéculation, c’est pas pour les humains. » Claire Denis

  9. Un article de zerohedge sur « l’accident de vendredi » (en anglais sorry).

    http://www.zerohedge.com/article/day-market-almost-died-courtesy-high-frequency-trading

    En résumé, grâce à une « pichenette » dans le système de HFT ‘high-frequency-trading), une montagne de ventes a été générée sans aucun achat en face, du fait du peu de liquidités mises en jeu, comme vous le dites (et le mimez) si bien.

    Cette mécanique avait été anticipée, mais écartée, voire raillée par de brillants experts (les mêmes que d’habitude).

    Pour paraphraser Monsieur François Leclerc, « demain sera un autre jour », j’ajoute « toutes choses égales par ailleurs ».

    1. Oui : « Tyler Durden » de Zerohedge et moi-même étions arrivés aux mêmes conclusions sur l’« incident » (le krach ignoré) de jeudi. Zerohedge n’est pas invisible – c’est le moins qu’on puisse dire –, ni ce blog-ci non plus, soit dit en toute modestie. Et pourtant, quand vous regardez où s’orientent les enquêtes de la SEC et de la CFTC aux États-Unis, ils sont à fouiner à des années-lumière, se demandant si ce n’est pas par hasard, un ordre sur le marché à terme de l’indice S&P qui aurait allumé la mèche ! L’opinion publique – que Zerohedge et moi représentons – et les autorités financières, vivons apparemment dans des mondes complètement étanches l’un à l’autre, sans la moindre communication entre eux.

  10. Il n’y a guère que les condamnés à mort qui se réjouissent sans réserve que  » demain soit un autre jour » …

  11. Je partage votre analyse.
    Droit rime avec devoir, démocratie avec responsabilité individuelle et collective.

    Malgré la pédagogie des meilleurs, notre civilisation occidentale semble pencher pour la pente raide de la transition post-pétrole.
    L’Histoire des hommes nous apprend aussi que toutes les mauvaises solutions sont essayées avant de choisir la bonne.
    Taxez- moi pour faire une Europe intelligente 🙂

  12. Aux Peuples Européens !

    Nous vous remercions de nous avoir soutenu dans la réforme du secteur financier.

    Nous vous remercions de nous avoir soutenu pour l’adoption du traité Berlin-Paris portant création d’un fond européen garant de notre indépendance financière.

    Nous savions qu’une taxe carbone généralisée -adoptée à l’été 2010-en Europe était très mal venue en ces temps de contraction économique mais la pédagogie des meilleurs d’entre nous a permit que vous compreniez qu’il fallait mieux se serrer la ceinture maintenant pour investir dans notre avenir, plutôt que de se serrer la ceinture pour sauver un système qui était dans l’impasse.
    Les premières années ont été dur mais nous offrent aujourd’hui des perspectives d’une société unie-par la fédération régionale de l’Europe- et apaisée de ses contraintes énergétiques.
    Il semble que le Monde qui a « singé » notre développement au XX siècle, nous regarde à nouveau avec admiration et intérêt après le choc que fut le traité Berlin-Paris pour les chancelleries mondiales.

    Nous remarquons que d’avoir taxer l’énergie dont nous dépendions à 95% hors de la zone Euro nous a permit de taxer moins le travail et de financer massivement notre nouvelle économie qui fait l’admiration des non-Européens.
    Tout ces changements bénéfiques pour notre présent et l’avenir des générations futures a été possible grâce à vos changements de comportement individuel et collectif, et à votre sens de la responsabilité nécessaire à la démocratie.

    Peuple Européen, tu peux être fier de Toi.

    Le staff politique Européen -et certains de ses conseillers-

    1. C’est génial mon cher PAD, je suis d’accord à 100% pour autant que les taxes sur l’énergie soient exclusivement versées pour augmenter l’efficacité énergétique .
      Si ce n’était le cas, une partie des taxes seraient capitalisées ce qui est inaceptable évidemment.
      D’autre part, ne pourrait on pas créer un (ou des) organisme (s) dans lequel les gens déposeraient leur épargne sans intérêts en échange de facilités concernant des réalisations exclusivement basées sur cette efficacité énergétique????
      On transformerait par là l’intérêt financier en intérêt énergétique.
      Expliquer, expliquer et expliquer encore, avec l’exemplarité , c’est la seule voie acceptable pour les « peakistes »

    2. @PAD

      à mon sens, à rediffuser quelquepart dans un billet du jour, pour augmenter l’audition.

      Cordialement

    3. Bien joué, c’est une approche très positive car elle nous confronte à nos incohérences sans tomber dans le travers du ton moralisateur. A rediffuser.

  13. Allons, allons, ne vous faites pas trop de soucis, vous y tenez tant que ça au système tel qu’il est ? Il prend l’eau de tous bords : qu’il coule ! Donc : le temps est au beau fixe aujourd’hui. Mieux : le temps est à la reconstruction. Aujourd’hui ?

    Votre vision du monde et de l’actualité est pour moi de plus en plus un mystère. Sans parler de la position depuis laquelle vous observez et critiquez notre organisation sociale, dirigeants compris. Inclus disons. Quel autre mode d’organisation (politique, sociale, économique…nous parlons bien de la même chose) vous conviendrait ? A quoi pourrions-nous occuper nos vies : occupation individuelle permettant au collectif de fonctionner ? Et pour reprendre des termes à la mode, comment établir une (thermo)dynamique sans extrêmes, sans déséquilibres ?

    Les dirigeants ne sont pas à la hauteur ??? Si, bien sûr que si, ils sont à notre hauteur : ils maintiennent l’asservissement au travail. Que demande le peuple ? Vous les prenez pour des messies ou bien ?

    Essayez d’imaginer ce que serait la civilisation Shadok si l’un de ses membres inventait la machine à pomper…automatique et perpétuelle !

    1. Fab,

      Pour se débarrasser de l’ancien système, encore faut-il avoir au préalable examiné la possibilité de son existence. Cette possibilité ou impossibilité résultent aussi bien de l’analyse que de la prise de conscience collective. Or c’est tout le propos de ce blog que de mener et conjuguer ces deux exigences, l’une intellectuelle, l’autre d’ordre pragmatique. Il me semble que vous prêtez des intentions et une courte vue que Paul n’a pas du tout. Sauf ironie de votre part, bien entendu ! Que je ne peux exclure 😉

      Quand Paul dit que les dirigeants ne sont pas à la hauteur on pourrait y lire que Paul souhaite un prompt amendement du système pour sauver le soldat euro. Résultat qui serait d’une bien médiocre ambition. Pensez-vous réellement qu’il s’agisse de cela, à la lumière de tout ce que vous avez pu lire de ses billets, pour ne parler que d’eux ?

      Non, il s’agit, de toute évidence, de morigéner des décideurs qui restent le nez sur le guidon, chipotent sur des points de détail — même s’ils se comptent en milliard d’euros –, d’un hypothétique plan de sauvetage de la Grèce et de l’euro, alors qu’il faudrait d’abord poser un diagnostic global sur la crise, et pour se faire, prendre les peuples à témoin. Tracer publiquement et avec un réel aplomb des perspectives sociales, ce qui ici, pour le coup, rejoindrait votre souci de rupture d’avec le monde d’aujourd’hui, et de même définir une stratégie globale de sortie du système.

      Paul s’adresse aux politiques car il ne désespère jamais du genre humain, comme vous d’ailleurs qui pensez possible une évolution individuelle pour chacun. Ce temps qu’il fait je l’ai vu et entendu surtout comme cri intelligible et audible, en lequel beaucoup d’entre nous peuvent s’identifier et trouver matière à réelle détermination.

      Les êtres humains ont une histoire, de même que l’humanité et les civilisations. Ce serait folie que de construire un ancien monde sans avoir fait le deuil de l’ancien. Vivre le temps présent, comme vous l’appelez de vos voeux, suppose une capacité d’ouverture, de disponibilité à la vie et à autrui à nous présents à chacun instant de nos vies. Mais peut-on exploiter cette capacité si l’on fait abstraction de son époque, des conditions objectives de son existence. N’est-ce pas une conception du présent minimaliste que celle qui consiste à se le représenter comme pure instant libre de toute contingence ?

      Tout présent est toujours cerné par le passé et les futurs possibles entrevus. Pour faire le deuil de l’ancien il faut bien commercer par réaliser son ancienneté. Bâtir un nouveau monde sur la seule bonne volonté et le désir de faire table rase du passé risque de reconduire aux erreurs du passé.

      Avez-vous pensé une seconde que si Paul ne disait pas ce qu’il dit et de la manière dont il le dit, il n’y aurait tout simplement pas de blog avec son succès, sa portée, et vous, et moi, pour y écrire, y contribuer ?

      Vous prêtez à Paul l’idée de prendre le peuple pour le messie, mais vous-mêmes, ne manifestez-vous quelque peu en réalité le souhait que Paul adopte une posture de messie, il assénerait alors quelques considérations d’ordre spiritualiste, qu’il s’agisse d’appeler à changer tel ou tel comportement ou à de dessiner précisément le monde de demain tel un leader politique ou spirituel ?
      Ce n’est pas ainsi que je vois la meilleur façon que nous évoluions, vous, moi, les politiques et les peuples.

      Je conçois bien, comme vous, qu’au niveau individuel il faille que chacun se penche sur son cas personnel, sur ce qu’il fait ou ne fait pas effectivement pour changer la vie et la société. En somme que les initiatives individuelles comptent. Mais nous ne sommes pas des êtres de pure volonté, ce que voudrait faire accroire les tenants de l’individualisme méthodologique, école de pensée qui a contribué à créer la situation dans laquelle nous sommes.

      Ce sont les liens, de toutes nature, qui nous lient, relient les uns aux autres qui font ce que nous avons été, ce que nous sommes aujourd’hui, et ce que nous serons demain. C’est donc sur le lien qu’il nous faut travailler pour reconstruire sur des bases solides. Or les tenants et aboutissants des conditions matérielles d’existence que sont l’économie, sont un aspect de ces liens. Il se trouve que Paul a tout particulièrement, de par son travail intellectuel et professionnel, examiné en profondeur les conditions techniques, intellectuelles qui sous-tendent le système. Pourquoi devrait-il parler d’autre chose que ce qu’il connaît le mieux, qui plus est avec sa vision d’anthropologue, et de philosophe des sciences ? Son intérêt pour la psychanalyse, que vous dédaignez si je vous ai bien lu par ailleurs lorsque vous opposez le temps long de la durée de l’analyse à celui du présent, s’inscrit également dans cette perspective historique, cette fois versant individuel.

      Autrement dit, penser ces liens, c’est déjà penser le monde de demain, que l’on commence déjà à construire, ici.

      IL faut donc partir de l’existant. Pourquoi auriez-vous le monopole d’une certaine radicalité ?
      Paul, et d’autres en maintes occasions ici, de par leur propos, ont exprimé le peu de considération qu’il avaient pour l’ordre du monde actuel. L’alternative qui est proposée n’est donc pas ou bien la mutation de l’ancien système et la conservation de l’ancienne conception du temps social et donc du travail, ou bien un modèle de société radicalement nouveau, celui qui vous est cher. Un système muté induira forcément des transformations sociales, y compris sur le plan du rapport au travail et au temps. Les caractéristiques essentielles du système actuels désignent un temps court et réactif, a-historique, qui broient les individus et les peuples, et bientôt accélère l’auto destruction du système.

      Personne ne peut prédire avec certitude de quelle ampleur et de quelle nature seront ces transformations. Mais, de même le monde nouveau selon votre conception rien n’en garantit non plus la durabilité et même la possibilité. La première option ayant l’avantage d’associer approche globale radicale et approche évolutive par phases successives tandis que la votre compte d’abord sur la transformation des dispositions et comportements individuels pour aboutir à un monde transformé sans préciser quels seraient les règles efficientes régissant le nouveau modèle socio-économique.
      .
      Votre différend résulte en partie d’une question de méthode. Vous pensez qu’en cernant au plus près la société du futur on aura plus de chances de s’en approcher. L’autre approche consiste elle à partir du principe qu’il s’agit d’abord de dégager les règles positives qui permettront de sortir de l’ornière et d’installer durablement un autre monde possible. Peut-être parce que je suis assez familier de la pensée chinoise, ma préférence va nettement pour la seconde approche, qui recoupe en certains points la philosophie hégélienne de l’histoire. Cette approche, m’apparaît plus conforme à la logique de transformation des choses, et ainsi, à ce titre, permet de faire aboutir plus sûrement nos idéaux communs.

    2. Pierre-Yves,

      Merci pour vos commentaires et critiques. Je pense que nous sommes actuellement sur la même longueur d’onde : pourquoi alors ne pas sortir les sciences humaines, sociales, de leur tabou, de leur élitisme, pourquoi ne pas en faire un sujet de société banal, pourquoi persister à les « scientifiser » ?

      Le développement n’est probablement pas nécessaire, mais ça me fait plaisir ! Vous parlez de méthodes, je vous réponds points de vue. Nous sommes à un moment historique où les approches sont à ce point proches qu’elles en deviennent observables… Un exemple ? La question de Lisztfr : pertinente et à ce stade inévitable. Et là il ne s’agit plus de méthode mais simplement de point de vue, il faut prendre la peine de se tourner, de regarder derrière soi : « leur » (les guillemets pour le « ils » de Lisztfr) méthode est historiquement proche, historiquement visible.

      Plutarque : « Le déséquilibre entre riches et pauvres est la plus ancienne et plus fatale maladie de toutes les républiques. »

      Non ! : Le déséquilibre entre riches et pauvres est la plus ancienne et plus sûre garantie de bon fonctionnement de toutes les républiques.

      Voire même : Le déséquilibre entre riches et pauvres est la plus ancienne et plus sûre garantie de toutes les républiques.

      Faute de mieux.

      « Autre » chose, je tronque à dessein, ici : « La réalité, c’est […] de savoir comment occuper les gens […] sans remettre en question le temps de travail, la création de richesse et le partage de la valeur ajoutée. »

      L’asservissement, c’est la manière de gérer un système. Ni plus ni moins. Ni complot non plus. C’est la recherche, ô tempora ! ô mores !, de l’harmonie sociale.

      Revenons à la méthode. Exposer lisiblement et publiquement les mécanismes de la société, les relations entre individu et groupe, est une méthode. Qui demande de faire confiance à l’intelligence de chacun.

      Le reste…vous savez ce que j’en pense.

      Merci.

    3. @Fab

      « Le déséquilibre entre riches et pauvres est la plus ancienne et plus sûre garantie de bon fonctionnement de toutes les républiques. »

      L’ancienneté ne fait pas loi éternelle !
      C’est du reste la raison pour laquelle la seule force vraiment révolutionnaire c’est celle du Nouveau.
      Evidemment, cela demande un peu de foi.

    4. @ Fab
      « Le déséquilibre entre riches et pauvres est la plus ancienne et plus sûre garantie de bon fonctionnement de toutes les républiques. »

      Dans tout système il faut un déséquilibre entre l’entée et la sortie pour un bon fonctionnement.
      Sans cela, c’est la stagnation.
      D’autre part comme le dit bien Pierre-Yves D. , nous devons connaître notre passé et ne pas le sous estimer.
      C’est comme pour l’itinéraire d’un voyage, nous devons savoir où nous voulons aller mais nous devons savoir aussi d’où nous venons ou oû nous sommes.

    5. @ Martine Mounier,

      Après le commentaire que je viens de vous faire, cette histoire d’inégalité de richesse m’a encore travaillé les neurones.
      En fouillant sur Internet, je tombe à l’instant sur un truc que beaucoup doivent connaître ici mais que je découvre: Le coefficient de Gini
      ( http://fr.wikipedia.org/wiki/Coefficient_de_Gini )
      C’est une mesure destinée à calculer les inégalités de revenus dans une société donnée.
      On trouve ensuite différentes informations liées à cela, et notamment une liste de pays, du plus égalitaire au plus inégalitaire:
      http://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_pays_par_égalité_de_revenus

      La chose me paraît intéressante.

    6. Martine,

      Merci pour votre message (j’ai eu peur que notre dernier échange vous soit resté en travers de la gorge !).

      Le Nouveau, la foi dont vous parlez, ne pourrait-ce être cela : « Exposer lisiblement et publiquement les mécanismes de la société, les relations entre individu et groupe » ? Non pas comme fin, mais comme moyen : « le chemin c’est le but ».

      Nous sommes dotés d’un télencéphale hyper développé, qu’en faisons-nous ? Que ne nous donnons-nous la peine de le programmer nous-mêmes, plutôt que de laisser cette tâche à la société ? Qui elle fera nécessairement une programmation minimaliste, le nombre d’individus, de liens et d’interconnexions –tant physiques qu’organisationnels- ne lui autorisant pas d’augmenter la complexité.

      Et c’est précisément là le paradoxe, et accessoirement le mal qui nous ronge : avoir les capacités de et se restreindre à une organisation de type fourmis ou amibes.

      Qu’il est aisé en ce sens de concentrer son attention, de consacrer son énergie, sa vie, à un lien immatériel : dieu ou argent, même combat.

      Oui le passé est un socle. Mais l’avenir, c’est le futur ( ?) ! Les sociétés du futur à la Orwell ne sont pas une fatalité. Nous sommes prisonniers (pour l’instant) de cette petite boule en fusion : la découverte de nouveaux territoires, le vrai moteur de la vie, est ailleurs (« Que faire d’une âme s’il n’y a ni Dieu, ni Christ? »).

      Non à la servitude volontaire, à l’acceptation d’un mode de vie clé en main !

  14. Peak.Oil.2008 a écrit: « encore faudrait-il que les européens assument leur part de responsabilité individuelle et qu’ils soient capables de privilégier l’intérêt général au sein de l’Europe voire même à l’échelle du monde. »
    Je suis tout à fait d’accord (qui ne le serait pas, au moins en paroles). Le problème, c’est que passer de la priorité donnée à l’intérêt individuel, comme c’est le cas dans l’essence même du système actuel, vers une perspective plus altruiste ne peut pas se faire par la réforme comme on voudrait nous le faire croire. Tout simplement parce qu’il n’y a pas de solution de continuité entre la position de départ et celle d’arrivée. On ne peut pas passer « peu à peu » d’un paradigme égoïste à un paradigme altruiste. Et là il faut lâcher le mot qui fait peur: Révolution. Et là tout de suite ressort le spectre du bolchevik au couteau entre les dents. Parce que ça fait aussi partie du conditionnement mis en place par notre société: si je vous dis un mot, vous devez, au lieu de réfléchir, lui associer une image, et si je fais tinter une cloche vous êtes tenus de saliver.
    Pour en revenir à la révolution nécessaire pour échapper à l’individualisme forcené, on peut revenir à une illustration simple: le dilemme du prisonnier (voir Wikipedia si nécessaire). La situation d’équilibre de ce problème, où chacun agit individuellement selon son propre intérêt, n’est pas la meilleure solution pour chacun, n’en déplaise à Adam Smith, et il est impossible de passer par continuité de cette situation à celle où les acteurs se concertant obtiennent les meilleurs résultats. On ne peut passer que radicalement d’une solution à l’autre.
    Cette révolution pourra être pacifique (ou pas), mais en tout cas elle devra être un saut quantique; c’est pourquoi les socialistes ou les écolos avec leur volonté réformiste, leur croissance verte et tutti quanti sont déjà out pour le futur.
    Pour finir avec une petite analogie, on ne peut pas être « un peu croyant » ou « un peu athée », il faut choisir son camp.

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