L’actualité de la crise: première carte forcée, par François Leclerc

Billet invité.

PREMIERE CARTE FORCEE

Hier critiquée de toute part, aujourd’hui très courtisée, la BCE peut ne pas être totalement mécontente : elle a été installée au centre du dispositif de sauvetage permanent que les dirigeants européens ont décidé de mettre sur pied lors de leur sommet de vendredi soir.

Jean-Claude Trichet, son président, n’avait rien voulu lâcher à Lisbonne jeudi, accentuant la crise faute d’un geste attendu par les marchés. Affirmant qu’une implication de la BCE dans l’achat de la dette souveraine européenne, dont la perspective était envisagée par les analystes, n’avait pas été discutée. Une manière de reconnaître qu’il n’en serait pas nécessairement toujours ainsi, avait-il été remarqué.

N’ayant pas le choix, la BCE est donc sortie dès le lendemain de son Aventin, en acceptant d’envisager, d’après Silvio Berlusconi, l’achat direct de la dette souveraine des Etats membres de la zone euro, en raison des circonstances exceptionnelles actuelles. La BCE s’est dans l’immédiat formellement déclarée prête à participer à un « mécanisme de stabilisation » européen, et va vouloir très strictement encadrer ses interventions. La Commission pourrait pour sa part procéder par emprunt, déchargeant d’autant les Etats.

A ce double titre, c’est l’amorce d’un tournant pour la zone euro.

Le sommet a donné mandat à la Commission de définir le projet, une clause de style puisqu’une réunion des ministres des finances européens a été convoquée dimanche, avec obligation de résultat avant l’ouverture des marchés de lundi matin. La BCE devrait de son côté clarifier ses intentions.

« Compte tenu des circonstances exceptionnelles, toutes les institutions de la zone euro, le Conseil (l’organe des Etats de l’UE), la Commission européenne, la Banque centrale européenne et tous les pays membres se sont mis d’accord pour utiliser toute la gamme des instruments disponibles pour garantir la stabilité de la zone euro » explique le communiqué final du sommet.

Cette décision n’est pas sans contrepartie concédée au gouvernement allemand, qui s’obstine à rester – pour toute politique économique – à l’idée qu’il faut revenir dans les clous du pacte de stabilité, et même agrémenter celui-ci de sanctions pour les rétifs ou les incapables, qui ne manqueront pas. L’exigence de la rigueur va sortir renforcée de la décision de ce sommet de créer ce plan de sauvetage permanent. Ce qui augure d’une campagne d’opinion dans toute l’Europe sur le thème « Il faut serrer les boulons pour sauver l’euro » – assortie de batteries de mesures qui vont être progressivement dévoilées – rejoignant les campagnes menées depuis deux jours contre les banques, la spéculation et les faiseurs de rumeurs. Voilà les nouveaux éléments de langage.

Rien n’a filtré, pour le moment, de la téléconférence des « 7 » de cet après-midi (heures européennes). A défaut, les propos tenus par Jean-Claude Trichet dans un autre contexte et rapportés par des diplomates peuvent l’éclairer. Il a caractérisé la crise actuelle de systémique, équivalent pour les financiers de l’alerte rouge des météorologistes (dont les prévisions sont de bien meilleure qualité). Il ne serait donc pas surprenant de penser qu’il a été instamment demandé aux membres européens du G7 (Allemagne, France, Italie et Royaume-Uni, qui siègent aux côtés du Canada, des Etats-Unis et du Japon) d’éteindre au plus vite le feu chez eux. Eux aussi ont été soumis à une obligation de résultats.

Durant cette dernière journée, Olli Rehn, le commissaire européen aux Affaires économiques n’avait pas hésité à comparer la situation de la Grèce à la banqueroute de Lehman Brothers. De son côté, Silvio Berlusconi décrétait « l’état d’urgence » et Nicolas Sarkozy la « mobilisation générale », tandis que Barack Obama parlait de la nécessité d’une « réponse forte ». L’un des dirigeants de la Fed, Charles Plosser (Fed de Philadelphia), avertissait enfin que « la reprise économique des Etats-Unis pourrait être retardée par une nouvelle agitation sur les marchés financiers ».

Les rumeurs allaient par ailleurs bon train, tandis que les Bourses continuaient de dévisser sous la pression de valeurs financières en forte chute (certains titres, dont celui de la Société Générale, s’effondrant), et que les taux obligataires des pays menacés ne cessaient de se tendre. Des déclarations apaisantes ayant été faites par Standard & Poor’s à propos de la notation du Royaume-Uni, les regards se tournaient vers l’Italie, dont on se souvenait qu’elle avait le privilège d’être, après les Etats-Unis et le Japon, la troisième sur la liste des pays les plus endettés. Avec pour conséquence une très forte sensibilité à l’accroissement du taux auquel elle doit refinancer sa dette. Le gouvernement venant d’ailleurs de revoir ses prévisions d’augmentation de la dette, en raison selon son propre aveu du poids accru de la charge des intérêts.

Du côté des banques, les tensions sur le marché interbancaire se poursuivaient, pénalisant y compris les banques dont l’exposition au risque grec, ou bien portugais et espagnol, est faible voire nulle. Les crises systémiques, cela se vérifiait, s’infiltrent partout, comme l’eau lors des inondations.

Une page faite de profondes incertitudes sur la capacité des gouvernements européens à défendre de concert la zone euro est donc tournée, le dos au mur. Cela laisse pendantes les autres inconnues.

« Il doit être possible que les banques fassent faillite sans engendrer des risques systémiques pour le secteur financier dans son ensemble » ont ainsi écrit jeudi dernier Angela Merkel et Nicolas Sarkozy aux présidents du Conseil européen et de la Commission, Herman Van Rompuy et José Manuel Barroso. On aimerait savoir comment. Des éclaircissements ne seraient pas davantage superflus lorsque les deux signataires se prononcent en faveur de « l’élargissement de la surveillance aux questions structurelles et de compétitivité et aux déséquilibres, et le renforcement de l’efficacité des recommandations de politique économique de l’Union européenne ».

Que reste-t-il de concret dans leur lettre, une fois les grandes phrases écartées? Même pas qu’ils sont prêts à envisager «un renforcement de la surveillance budgétaire dans la zone euro », incluant « des sanctions plus efficaces pour les procédures de déficit public excessif et renforçant la cohérence entre les procédures budgétaires nationales et le pacte de stabilité et de croissance », car chacun reste avec ses arrière-pensées sur ce terrain.

Ce seul maigre viatique ne mènerait de toute façon pas loin, tout au plus à la dépression économique prolongée.

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78 réflexions sur « L’actualité de la crise: première carte forcée, par François Leclerc »

  1. La zone euro traverse une «crise systémique», selon Nicolas Sarkozy.

    Eviter l’effet domino. Le président français Nicolas Sarkozy a estimé vendredi que la zone euro traversait une «crise systémique» et que cela nécessitait une «mobilisation générale» à l’issue d’un sommet des dirigeants de la zone euro à Bruxelles.
    «Cette crise est systémique, la réponse doit être systémique», a estimé Nicolas Sarkozy à l’issue d’un sommet consacré intialement à la crise grecque mais qui s’est transformé en conclave pour défendre toute la zone euro contre les attaques des marchés.
    «Nous sommes maintenant dans des mécanismes communautaires, c’est toute la zone euro qui a décidé de se défendre » et il s’agit donc « d’une mobilisation absolument générale», a déclaré le président français.
    Selon lui, «il faut doter la zone euro d’une véritable gouvernance économique». Car «la zone euro traverse sans doute la crise la plus grave depuis sa création» et «désormais les spéculateurs doivent savoir qu’ils en seront pour leurs frais», a-t-il ajouté.
    Auparavant, les dirigeants ont annoncé la mise en place prochaine d’«un mécanisme de stabilisation», un fonds pour aider leurs pays qui seraient confrontés à des difficultés financières et validé le plan d’aide à la Grèce.

    20minutes.fr

    Il y a donc deux questions qui se posent :

    1- Première question : avec quel argent les pays européens vont-ils créer ce fonds ?

    Avec quel argent ?

    Est-ce que chaque Etat européen va devoir verser plusieurs milliards d’euros pour abonder ce fonds ?

    2- Seconde question : est-ce que la Banque Centrale Européenne va faire tourner la planche à billets à plein régime ?

    Concrètement : est-ce que la Banque Centrale Européenne va faire tourner la planche à billets pour acheter les dettes publiques des Etats européens ?

    1. Que la BCE fasse de l’assouplissement quantitatif pour calmer le jeu en achetant provisoirement la dette des états c’est peut être une bonne idée à condition que lorsque la situation se sera calmée celle ci puisse la revendre au même prix pour détruire la monnaie créée pour l‘occasion.

    2. Ça fait un bail qu’elle tourne la planche à billet.
      Avec quel argent croit-tu que les banques françaises ont acheté de la dette grecque, portugaise, espagnole etc, etc … Avec leurs économies ?

    3. RonRon,
      La BCE n’a pas le droit de faire de monétisation contrairement à ce que La FED, la BoE et la Banque du Japon font couramment depuis le début de la crise.

      La BCE et les Banques Française ont toutes de actionnaires privés (sauf quelques coopérative comme la NEF), donc leurs fonds n’appartiennent pas à l’état (sauf pour sa part en tant qu’actionnaire quand c’est le cas).

      Les prêts à la Grèce sont des crédits, et donc de la dette supplémentaire pour les états. amha.

    4. Combien la BCE a-t-elle prêté aux banques ?
      Quelle chance a-t-elle d’être remboursé un jour ?
      A la première question, je n’ai pas la réponse mais je dirais plus de 2 000 Md€.
      Par contre, j’ai la réponse à la deuxième : Jamais (et on s’en fout).

    5. mise à jour :
      500, 600, 700 Md€, alors, elle tourne pas à fond la planche à billet ?
      Pas de déflation, ni inflation, la planche à billet va direct dans les puits sans fond que les super-riches ont aménagé dans leurs jardins.

  2. Cher Monsieur,
    merci pour votre article
    Votre dernier paragraphe :
    « Même pas qu’ils sont prêts à envisager «un renforcement de la surveillance budgétaire dans la zone euro », incluant « des sanctions plus efficaces pour les procédures de déficit public excessif et renforçant la cohérence entre les procédures budgétaires nationales et le pacte de stabilité et de croissance », car chacun reste avec ses arrière-pensées sur ce terrain. »

    ne m’offre pas une clarté parfaite, car je ne sais d’où sortent les phrases entre guillemets.
    cordialement
    th M

  3. 1) « …Il a caractérisé la crise actuelle de systémique, équivalent pour les financiers de l’alerte rouge des météorologistes (dont les prévisions sont de bien meilleure qualité)… »

    Effectivement. A ce sujet, savez-vous pourquoi Dieu a inventé les Economistes? (après tout, il n’était pas obligé….)

    Réponse : pour faire croire que les météorologistes ne se trompaient pas souvent…

    2) Dans un registre un peu différent : l’une des mesures préconisées par Mme Merkel, pour chasser le vice et propager la vertu, serait de priver les pêcheurs (i.e. les pays sortant du pacte de stabilité) de droits de vote. Au cas où seule l’Allemagne y parviendrait, elle détiendrait seule l’ensemble des droits. Cela ressemble à un putsch?

    1. Je dirais plutôt une ploutocratie (système de gouvernement basé sur la richesse et l’argent) ou une oligarchie censitaire, où le ‘cens’ dans ce cas ne serait directement par lié au niveau de revenu mais bien la quantité d’écart entre la règle commune (niveau d’endettement moyen ou défini collectivement) et l’endettement effectif du pays.
      Si l’endettement est inférieur ou égal ou très proche de la règle, le pays peut être membre de cette oligarchie européenne. Sinon, non.
      En quelque sorte, Mme Merkel réinvente le ‘gouvernement des justes’ : justes endettés, juste à temps, juste ce qu’il faut, … (‘juste ciel mon banquier’ est totalement prohibé).

      Car en ces temps eschatologiques financiers, la parousie serait bien venue …

  4. En dehors d’une politique de  » rigueur  » précédant une forte dévaluation de l’euro qui  » effacerait  » la dette de tous les pays européens endettés et qui serait susceptible de refaire partir la machine économique , je ne vois pas comment on peut arrêter la spéculation qui va s’attaquer aux pays les uns après les autres ,avec un phénomène de chaises musicales qui autorisera chaque pays à regarder de travers le voisin « fautif » entendez par la celui qui aurait « fraudé « ou ne saurait pas tenir ses finances , je ne vois pas….

    La mondialisation de l’économie , et ses déséquilibres , a permis la création d’une telle quantité de capitaux flottants ,et certains pays ayant fait de la financiarisation de leur économie un substitut de l’économie réelle , je ne vois pas comment il est concrètement possible d’arrêter la spéculation…Les banques étant elles-mêmes au coeur du système…

    Quand aux déclarations de Sarkozy qui déclare la guerre à la spéculation avec A. Merkel , j’aimerais comprendre comment la BCE pourrait se substituer actuellement , vu l’état des finances de chaque pays , aux organismes financiers prêteurs…

    Il est évident , que c’est une bonne solution , mais pourquoi la proposer si tard , et avec quels moyens ?

    J’ai le sentiment qu’au delà d’une politique de rigueur qui homogénéiserait l’organisation sociale des pays (salaires ,retraites et accélération de la libéralisation ) la seule mesure possible ,dans le cas d’une nouvelle « crise grecque » s’abattant sur un plus grand pays , serait la sortie (provisoire ?) de l’euro…

    1. Mondialisation, Tartar, mondialisation…

      Ainsi, même l’Islande sera forcée de payer les « investisseurs »… Par l’intermédiaire du FMI.
      Mais bon, coté démocratie, quand un peuple ne vote pas comme il faut, on le fait revoter.
      Et quand un peuple vote non clairement, on en arrive à ne pas respecter son vote…

      Heureusement qu’en Chine, ils ne votent pas…

    2. Super, on est riche, tout le monde nous doit de l’argent, à ce rythme là, on n’a plus de dette, au contraire on est créditeur !
      Faudrait pas confondre la dette et les avoirs de la France, avec les dettes et avoirs des banques françaises. In fine, toutes ces dettes présentées à tort d’état vers état, appartiennent à la BCE. Et la BCE, elle peux se prendre 100 000 Md€ d’impayé, elle ne coulera pas !

  5. Quand on découvre, ici, que l’ordolibéralisme inclut dans sa constitution un principe de conformité, on ne s’étonne pas que Merkel et les Allemands soient aussi réticents à faire comme les US et le Japon. On ne s’étonne pas non plus qu’en Allemagne, 1 actif sur 5 serait un travailleur pauvre.

    Pour toutes ces interventions économiques et sociales s’applique le principe constituant de conformité au système visant à assurer la cohérence interne et l’efficacité durable, en évitant des effets secondaires pervers ou le déclenchement de spirales d’interventions
    compensatoires. En particulier, il est important de toujours soigneusement vérifier, en raison de l’interdépendance étroite entre l’ordre économique et l’ordre social, que des mesures économiques n’affectent pas négativement les objectifs sociaux et qu’à l’inverse, des mesures sociales ne faussent pas les mécanismes du marché et n’affaiblissent pas ainsi le dynamisme économique. Si l’ordre social a la primauté sur le système économique au plan des finalités, celui-ci est à son tour prioritaire par rapport à la politique sociale au plan des moyens.

    C’est pourquoi l’Allemagne est le seul pays au monde où des millions de travailleurs ont accepté d’être très pauvres pour que, à l’autre bout du monde, des gens qu’ils ne connaissent même pas puissent faire leur bonheur en achetant des machines-outils allemandes. C’est pas de la générosité, ça ?

    1. Effectivement, belle preuve d’altruisme néolibéral…

      http://www.lefigaro.fr/international/2010/02/19/01003-20100219ARTFIG00522-la-pauvrete-gagne-du-terrain-outre-rhin-.php

      La belle façade comptable de l’Allemagne a été obtenue par une moins disance sociale que révèle l’explosion des minijobs et (second effet kiss cool) un véritable détournement de l’argent destiné à l’Etat social, via la TVA sociale, dont la majeure partie a été utilisée pour réduire les comptes publics. Moralité le budget est correctement tenu, les travailleurs sont pauvres et les banques – à l’image de la Deutsche B. ou des banques régionales – sont en ruine… Belle image d’une réussite européenne…

  6. LA GRECE NE FERA PAS DEFAUT.
    Pour une seule raison : La BCE prendra en pension la dette grecque quelle que soit sa note.
    Comment ça marche : La BCE dispose d’euros en quantité illimité car elle crée la monnaie. Les banques empruntent à la BCE à 1% et elle prête à la Grèce à 3 à 5% sur une certaine période. A l’issu de cette période, la Grèce doit rembourser, mais elle n’a pas l’argent. Elle re-fait un emprunt d’un montant supérieur pour pouvoir non seulement rembourser sa dette mais également combler son déficit. Les banques sont trop contentes de faire un nouveau prêt où elles vont de nouveau se goinfrer quelques %, de toutes façons, elles n’ont pas le choix, si elles laissent tomber la Grèce, elles se suicident. MAIS c’est un système pyramidal (Ponzi, Madoff) ! Euh, oui et alors ? Un système pyramidal alimenté par un générateur éternel n’a pas de fin. Ok mais les ratios des banques vont exploser ? Oui mais sans risque, les ratios prudentielles des banques servent à couvrir d’éventuel impayé mais concernant les emprunts d’état, il n’y a pas de risque d’impayé.
    Il y a tout de même un problème à ce système, c’est l’inflation. Si le système s’emballe trop, la création monétaire peut tuer la monnaie. Voilà pourquoi la seul risque pour la BCE, c’est l’inflation, son seul objectif sera donc de combattre l’inflation.
    Lorsque le système s’emballe un peu trop comme en Grèce, il faut stresser artificiellement le système pour réduit les déficits des états. Le stress du système fait baisser l’euro et s’envoler le taux de la dette. Pas grave, l’euro était trop haut. En ce qui concerne le taux, ceux qui croient à la banqueroute d’un état se débarrassent de leur dette grecque à bas prix, ceux qui savent l’achètent à bon compte. Pour ceux, comme JPChevallier, qui ne comprenne pas pourquoi le taux de l’emprunt grec à 2 ans est à 18,4% et celui à 10 ans à 12.65% ne comprennent rien au marché. Un comble pour un économiste libérale. Pourtant tout est simple comme disait Milton Friedman. Si le taux est supérieur à 2 ans, c’est qu’il y a plus de vendeur. Et s’il y a plus de vendeur, c’est que ceux qui détiennent des emprunts à 2 ans sont des amateurs craintifs et qui s’en débarrasse à n’importe quel prix. Les détenteurs d’emprunt à 10 ans sont en majorité des professionnels et savent très bien que l’emprunt sera remboursé.
    Note concernant l’inflation : quand l’euro passe de 1.5 $ à 1.27 $, vous croyez que c’est quoi ? Pourtant ça n’apparaîtra pas sur le site de l’Insee car les vendeurs de la zone Dollar vont baisser les prix, et oui, ils ont aussi besoin de vendre leurs excédents.

    1. erreur fondamentale habituelle …. la BCE ne crée pas des euros illimités, elle accorde des prêts qui, éventuellement, mais ça n’a pas encore été le cas, peuvent tendre vers l’infini … les bénéficiaires de ces prêts, institutions bancaires essentiellement donc, peuvent tout à fait faire faillite. quand ces mêmes institutions bancaires et assimiliées rechignent à accepter davantage de dettes souveraines, les états font faillite … Argentine, Russie, Thailande, Singapour …. les exemples sont légions …

      amha, les banques grecques puis la Grèce elle même fera faillite. La question étant de savoir si c’est de façon ordonnée ou pas.

    2. @ Value break :
      +1.
      Ce serait valable uniquement si les états pouvaient se financer auprès de la BCE directement, ce qui n’est pas le cas, ni à la BCE ni ailleurs. Les banques sont et resteront les intermédiaires.
      Les banques font faillite. Les états, eux, font … défaut.
      Petite différence, grande conséquence.
      Cordialement.

    3. @Zebu
      Mais j’ai compris que la BCE s’apprêterait à faire crédit directement aux états. Alors la création monétaire devient possible sans limite, puisque l’État rembourse toujours…….en théorie.

  7. allez, quel sera le tiercé des 3 premières faillites bancaires de la zone euro !
    danger dans la zone…

  8. François,

    Je voudrais vous dire toute l’admiration que j’éprouve à la lecture de vos billets quasi quotidiens. Vous êtes un pourfendeur de mythes, un anéantisseur de billevesées, comme aurait dit Pérec, et vous mettez à cette tâche une rare ténacité, à l’opposé de ces chroniqueurs de la grande presse, qui abandonnent le plus souvent les sujets brûlants après les avoir traités une fois, car ils ne supportent pas le contact prolongé avec la grosse chaleur du réel. Votre compétence — dont l’origine doit être ancienne — et votre constance sont exemplaires. A l’audace et à l’originalité de Paul, vous ajoutez la persévérance du détricoteur. Ce n’est pas une mince contribution!

    1. J’approuve aussi.
      Si le François n’avait pas existé, il aurait fallu…
      Et ce n’est pas de l’invention, mais de l’analyse avec recul et une pointe d’humour (ce qui ne gâche en rien la gravité de la situation).

      J’aurais juste tendance à dire qu’il manque un peu de chiffres, mais comme ils sont tous truqués, pourquoi les considérer…

  9. L’analyse hier de Simon Johson qui peut surprendre-mais la chancellière a téléphoné au président américain jeudi

    ‘The Agenda For Emergency Economic Strategy Discussions This Weekend: L’agenda des discussions d’urgence en matière de stratégie économique ce week-end’

    « L’ Europe a besoin d’un plan de retour à la croissance, plus grand et plus ambitieux que tout ce
    ce qui a été assemblé jusqu`à ce jour. Ce week-end est le moment parfait pour mettre ce plan au point. Mais soyez prudents de ne pas affecter des ressources trop tot face à cette chute des marchés-les plus malins des leaders politiques devraient calmement attendre la chute des marchés, afin de bénéficier d’un rebond potentiel.
    Dans les derniers jours, les marchés obligataires ont décidé que les ajustements déflationnistes-les coupes dans les salaires et les prix-requis dans de grandes parties de l’eurozone n étaient pas politiquement faisables.La spirale de la déflation qui accompagnera les coupes fiscales provoque des tempetes politiques et réduit les revenus-ce qui, à son tour, rend plus difficile, d’honorer le service de la dette, regardez la Grèce cette semaine. Les pays de l’Eurozone avec de grands déficits de finances publiques avec une dette publique importante réalisent qu’ils sont coupés dans leur accès aux marchés de capitaux. Ceci est un problème de solvabilité, non de liquidité.
    Mais ne vous précipitez pas dans cette brèche. Si la BCE commençait à acheter des obligations
    espagnoles aujourd’hui par exemple, elle se trouverait confrontée à une abondance de vendeurs
    parce que ces obligations sont fondamentalement surévaluées.

    Il y a une bonne règle de l’intervention sur les marchés des changes: vous intervenez pour acheter
    une devise quand vous pensez que vous pouvez renverser une tendance,i.e quand le taux de change est tombé à un niveau plus bas que ce que commanderait le bon sens et shorter la devise devenu une pratique à la mode. De cette façon, vous provoquez les pertes des traders avec des positions shorts et vous attirez de vrais acheteurs qui veulent posséder les actifs parce qu’ils ne sont pas chers et qu’ils peuvent entrevoir voir la fin du déclin. Nous n’en sommes pas encore à ce point pour les économies les plus faibles de l’ eurozone ou sur les marchés des changes pour l’euro.

    Commencons avec les obligations: la Grèce doit restructurer sa dette. Le programme du FMI rend
    cette restucturation à terme inévitable-comment la Grèce peut-elle effectuer une coupe dans ses dépenses équivalentes à 19 % du PIB, pour finir avec un ratio de dette équivalent à 149% du PIB
    et une facture perpétuelle à payer aux porteurs allemands, francais et étrangers, environ 10 % de son P.I.B par an juste pour payer les interets ?

    Ceci est un désastre politique pour tous ceux qui sont impliqués et devrait etre nettoyé maintenant
    plutot que d’etre laissé en fermentation. Les marchés, avec leurs taux d’interet élevés sur la dette grecque, montrent qu’ils croient que cela sera le résultat. Le marché anticipe 29% de chances que
    la Grèce fasse défaut d’ici douze mois, et 35% la possibilité sur deux ans ( assumant un rétablissement de 40 % sur les obligations grecques après le défaut et la restructuration )

    Le Portugal devrait opter préemptivement pour une restucturation-ils ont un important déficit budgétaire et déficit externe et auront les memes problèmes pour réduire leur déficit budgétaire.
    Quand le gouvernement prendra les mesures d’austérité fiscale, le chomage augmentera encore, l’économie se ralentira, les revenus baisseront, et ceci signifiera qu’ils auront fait trop peu de progrès dans leur lutte pour la réduction de leur déficit.

    L’Espagne est aussi dans une situation très difficile. Il semble improbable qu’ils puissent éviter une restructuration pour les memes raisons que la Grèce et le Portugal, mais ils sont dans une position
    avec une dette publique moindre. Cependant, les banques espagnoles possèdent une grande partie
    de la dette portugaise, donc si le Portugal opte pour une restruturation, cela représente un fardeau
    additionnel pour l’Espagne. L’Italie et l’Irlande sont aussi en danger, dépendant de combien les
    perspectives de croissance pour l’Europe sont revues à la baisse. Etant donné que toutes ces nations ont probablement besoin de restructurer leur dette, ou faire l’objet de paquet de sauvetage qui pourraient ne pas etre des succès, nous ne pouvons pas espérer des marchés obligataires qu’ils retournent à la normale en ce moment. Les investisseurs institutionnels ont finalement pris conscience des problèmes du marché et ont maintenant peur de détenir ces obligations Les détenteurs traditionnels de ces obligations comme Axa ou la Commerzbank révèlent actuellement aux investisseurs leur exposition au risque au Portugal, en Grèce, en Irlande, en italie et en Espagne. Le message explicite est: “Nous promettons que nous n’acheterons plus de ces pays” Sans les investisseurs institutionnels traditionnels, qui va financer les déficits de finances publiques de l’Espagne, de l’irlande, de l’Italie et du Portugal ?

    Et voici le prochain problème: cette semaine la Commission Européenne a publié ses prévisions de déficits budgétaires pour 2010 et 2011. Un ensemble de chiffres déprimants. Ils prévoient que la croissance européenne sera de moins d’un pour cent cette année, et seulement 1,5% en 2011. Pendant ce temps là, les déficits changent à peine: l’ Irlande en tete avec un déficit de 11,7% en 2010 et 12,1% en 2011. La Grèce, le Portugal et l’Espagne sont tous autour de ce niveau-d’importants déficits de finances publiques et peu d’améliorations à l’horizon.Des plans irrealistes compte tenu de l’absence d’acheteurs pour leurs obligations. Une étude détaillée ne ferait qu’exacerber les soucis sur leur solvabilité fiscale.

    Que doivent faire les décideurs-en Europe, aux Etats-Unis et ailleurs- de tout cela, comme ils se réunissent en urgence en Europe par exemple? Premièrement, le problème central est que l’eurozone , telle qu’elle est actuellement conçue- est un échec. Ce fut une erreur rétrospective de fédérer des nations aux économies si disparates en une monnaie unique, et ensuite gérer cette monnaie en fonction de la relative orthodoxie des préférences allemandes.

    L’élite politique de l’eurozone y perd la face malheureusement, mais ils doivent dépasser cela et aller de l’avant. L’eurozone dans sa forme actuelle doit etre démantelée, le plus vraisemblablement réduite à un groupe de pays aux caractéristiques relativement similaires, et sans l’assomption que d’autres puissent y etre admis. Les pays les faibles ont vraiment besoin d’une devise reflétant leurs fondamentaux nationaux.. L’Allemagne n’a pas besoin d’une monnaie faible, mais la Grèce, le Portugal, l’Irlande et l’Espagne, si. Une dévaluation de l’euro face au dollar et aux autres principales devises pourrait aider.. Mais ces nations font plus de commerce entre elles qu’avec des pays en dehors de l’euro, donc ils ont besoin de changer leur compétitive relative l’une à l’autre. Meme si par miracle, les pires résultats sont évités, qu’est ce qui empechera des problèmes comme celui-ci de survenir de nouveau si l’eurozone reste en place ?

    Les autorités de l’euro ont démontré de façon répétée qu’elles étaient incapables de réguler les banques que ce soit au niveau de l’eurozone ou au niveau de l’UE-il est inimaginable que les 16 pays de l’eurozone puissent s’asseoir autour d’une table et déclarer que l’un de leurs régulateurs ait été sérieusement inapte.

    Les réformes budgétaires envisagées au niveau de l’UE tendront vers plus de discipline, mais vous
    avez besoin d’une structure incitative pour parvenir à ce résultat et le procesus de prise de décision
    par consensus ne sert évidemment pas cette ambition. Si ce week-end n’aboutit qu`à réaffirmer des platitudes, la semaine suivante sera très mauvaise.

    Par delà, les chocs sur les performances économiques qui sont différentes selon les pays persisteront. Partager une monnaie entre des pays très différents et insuffisamment convergents n’a simplement aucun sens. Deuxièmement, il y a besoin d’un mécanisme pour une restructuration ordonnée de la dette à traver s de l’eurozone. Ceci a besoin d étre accompli rapidement ( ce week-end, mais réalistement cela demandera plusieurs semaines ) alors que la sortie vers une nouvelle monnaie prendrait beaucoup plus de temps. Comme la plupart des obligations des nations membres de l’eurozone sont émises sous le régime de leurs lois nationales, de telles restructuration s devraient pouvoir etre capables d’avancer rapidement ( dans les marchés émergents, la plupart des bons sont souvent sous la juridiction de la loi américaine ou anglaise, ce qui compliquue d’autant la restructuration )

    Mais n’allez pas penser que la Grèce puisse restrcuturer ses dettes sans que cela ait des répercussions plus larges. Tous les pays les plus faibles de l’eurozone doivent avancer ensemble sur ce front ou il y aura encore plus de chaos.

    Troisièmement, le G20 a besoin d’aider le project de la restructuration de la dette. Cette autorité peut permettre au FMI à aider chaque nation affectée à déclarer un moratoire sur sa dette, et ensuite concevoir un plan pour restructurer la dette. Le FMI doit jouer un role clé en aidant à décider quels pays devraient restructurer leurs dettes et ensuite accompagner le processus-non parce qu’il soit particulièrement bon ou adapté à cette tache, mais simplement parce qu’il n’y a aucune autre institution disponible. Pendant les prochaines années, chaque nation en péril de l’eurozone aura besoin d’une aide de liqudité de la part de la BCE, et ils auront besoin de financements du FMI et de la part des nations majeures de l’UE. Ces programmes peuvent etre conçus rapidement, et ils devraient etre inclure une transition vers une nouvelle monnaie quand cela semble approprié

    Il n’a pas de leadership réel dans l’UE, combiné avec une complète absence de volonté d’admetttre
    les erreurs de conception de l’eurozone elle-meme. Les Allemands sont heureux de voir les autres nations souffrir pour les erreurs passées, donc ils ne feront rien sans une crise plus complète.

    La BCE, selon le sens de la conférence de presse de jeudi, a décidé qu’elle jouerait au faucon, et ainsi n’offrirait aucune forme de support aux nations de la périphérie de l’eurozone. Pendant ce temps-là, les marchés obligataires sont fermés pour les pays de la periphérie. Ceci peut simplement mener à l’augmentation des taux des obligations, il y auraitt des ‘bankruns’ dans différents pays, et ensuite des effondrements économiques. Ceci est malheureusement le chemin de la moindre résistance pour toutes les parties.

    Donc, quelqu’un doit prendre le leadership ? Qui peut faire cela ? Pas le FMI tout seul-il est trop faible et en conflit avec la position de Mr Stauss-Kahn de garder son poste de directeur ( face à des pressions de la part des Etats-Unis ). De fait, Mr Stauss-Kahn devrait quitter le FMI de façon à ce qu’il puisse lancer sa campagne pour la présidence française- cela serait complètement ironique si il devait gagner, qu’en tant qu’architecte de l’eurozone, il soit la personne parfaite pour la démanteler.Une personne plus indépendante avec une stautre internationale devrait le remplacer.

    Le président Obama devrait s’impliquer personnellement pour aider le processus à s’ accomplir.
    Le président peut, avec raison, affirmer qu’il s’agit d’une question internationale, puisque’elle impacte et le commerce et la stabilité financière internationale. Toutes les grandes banques du monde sont étroitement interconnectées via la dette, les contracts de dérivés et autres produits de la finance.

    Il serait irresponsable de présumer que les banques américaines traversont tranquilement l’effondrement financier imminent dans l éurozone.Si cela est laissé aux seuls Européens, comme nous l’avons vu cette semaine sur les marchés, il y a un clair danger que les problèmes de l’Europe entrainent le monde dans une nouvelle récession et un autre épioso d’instabilité financière cette année. Quelqu’un a besoin d’apporte la clareté et de rétablir la confiance. Si ce n’est pas le président Obama, qui ?

    1. Si obama doit sauver l’Europe…

      C’est franchement lamentable. Nous sommes vraiment une colonie américaine.

      Prêtez-moi un De Gaulle pendant quelques années, qu’on fasse un bon : « US, go home »

    2. Désolé, cher monsieur, plus de De Gaulle en stock.
      Et le plus grave, c’est qu’apparemment à la fabrique, il aurait cassé le moule …
      Mais on peut vous en commander un : seulement quelques dizaines d’années à élaborer. Un peu de patience donc. L’usine brûle, mais les ouvriers (chinois) (y) travaillent.

      Cordialement,
      Goldman Sachs.

    3. oui mais sait-on jamais, en attendant apprenons à reconnaitre les signe de La Prophétie!

      notre futur De Gaulle devra donc avoir un langage clair pour parer à la mythomanie assumé de nos experts patentés:

      – il utilisera des mots comme referendum et dira les appliquer
      – il parlera politique étrangère et désignera les ennemis de notres souveraieneté par leur nom
      – il parlera frontière fiscalité et immigration
      – il parlera système social clairement
      – il parlera des voies possibles pour notre nation
      – il parlera otan bric et osce
      – il parlera de la Grande-Bretagne dans l’UE avec sa dissuasion intégrée à celle des USA
      – il parlera d’UE et lui dictera sa feuille de route, les allemands devant s’y plier

  10. Dans cette formidable chaîne le citoyen est le dernier maillon.
    Et ce maillon est le plus faible.
    Si les états ne sont pas capables de se protéger, et donc de protéger leurs citoyens, contre la finance, ils en arriveront à déposséder leur population de tous ses biens.
    Càd que les citoyens, qu’ils soient fourmis ayant mis des avoirs dans les banques ou cigales ayant emprunté aux banques, devront payer la dette jusqu’à se retrouver « à poil » (je l’ai déjà dit).
    Les premiers en perdant tous leurs avoirs au fil des crises financières à répétition, les seconds en ne pouvant rembourser leurs dettes.
    Ce que les fourmis se refusent à voir pour l’instant, accrochées comme elles le sont à l’idée qu’ayant été « vertueuses » il ne peut rien leur arriver !
    Or, par le fait de la dépréciation des monnaies, par le fait des pertes boursières, par le fait que les états ayant besoin d’argent pour rembourser leurs dettes n’hésiteront pas à taper dans le bas de laine des épargnants elles se retrouveront aussi démunies que les cigales !
    A terme ce seront des millions de gens qui ne pourront plus soit payer leurs impôts soit rembourser leur crédit soit les deux.
    Donc saisie des biens, que feront les états si une partie de plus en plus importante de la population se retrouve SDF ?
    Que feront les états lorsqu’ils se rendront compte qu’une partie de plus en plus importante de leur territoire, de leur surface se retrouve la propriété de la finance ?
    Imaginez que de saisies en saisies un département entier se retrouve être possédé par une banque !
    Remarquez que là aussi à plus long terme on peut laisser les banques devenir propriétaires de toute la surface de l’état, celui-ci pourrait alors imposer très lourdement le foncier pour recueillir des fonds.
    Mais si les banques devenaient propriétaire du sol, elles auraient vite fait de virer les états càd les gouvernements qui ne sont à l’heure actuelle qu’un rouage inutile dans leur gestion.

  11. La seule bonne niouvelle c’est l’éventualité que la BCE achete des bons du Trésors émis au taux de l’Euribor.
    C’est bien sur l’unique solution viable pour viabiliser la zone euro.
    L’euro va baisser? Et alors?
    Ca va provoquer un début d’inflation? Et alors?
    Les spéculateurs détestent l’inflation car elle est capable de fiche tous leurs beaux calculs en l’air. L’inflation pour eux c’est pire que la taxe Tobin. Idem pour les rentiers et les retraites par capitalisation, ils détestent ça. Et pourtant c’est du libéralisme!
    Il est ahurissant que la BCE soit autorisée seulement a acheter des actifs toxiques pour soutenir les banques privées, et se refuse cela pour les Etats, qui l’ont crée!
    C’est absolument incroyable et completement délirant. Aucune théorie économique ne me fera changer d’avis.
    Cette crise de l’euro est parfaitement imbécile et évitable. L’économie européenne à d’autre chat à fouetter que de « soutenir l’euro ». L’euro dans son histoire a chuté sous le dollar.
    Et alors? Ou est le probléme messieurs les ultralibéraux? Vous avez peur de votre propre libéralisme?
    Non messieurs Clerc et Jorion, ces gens sont des voyous, leur position sur l’euro « stable et fort » est totalement indéfendable, c’est de l’extorsion de fond mafieuse sur les peuples pris en otage.
    Le probleme est dans leur crane borné de droite libérale, par ailleurs et surtout pas chez les peuples, qu’ils soient américains ou européens.
    Un euro betement surévalué, betement stable est completement contre productif.
    Soyons clair: L’interet des entreprises et des peuples sur la monaie est contradictoire avec les désirs de la finance spéculative. C’est cela l’enjeu.
    La finance spéculative est incapable de relancer l’économie réelle, c’est ça la réalité. Il est archi faux de dire désormais que sauver ces banques la, c’est sauver l’économie. Ce blabla ultra libéral a assez duré, il est temps de retourner à une politique rooseveltienne.
    Il n’est plus utile de polémiquer avec ces gens au pouvoir: Il faudrait les virer, ils sont dangereux.

    1. Vous avez raison.
      La racine du « complot » est là.
      La BCE ne peut prêter qu’à des banques privées.
      Qui a voulu ceci?
      Sans doute de gros banquiers qui comptent emprunter pas cher et prêter cher aux états.
      Toujours le même schéma depuis la FED 1913.
      Il faut plus de 10 ans pour croire à la conspiration des ploutocrates.
      Et dire que ce type de discours m’a fait horreur jadis…

  12. Je me permets de faire un hors-sujet court sur la chute de 10% de wall street jeudi 6/05/10.

    C’est de l’hypocrisie maximale.

    C’est donc effectivement le HFT qui, constatant les cours ainsi que les variations de change de monnaies, a parfaitement fait ce pour quoi il avait été programmé :
    Soit, tout vendre.

    Ainsi, la rapidité des opérations faites par les machines a permis aux cours de chuter de 10% avant qu’un humain est la bonne idée de débrancher la prise.
    La suspension de séance a ensuite permis de revenir en arrière à un critère plus acceptable par les « porteurs » et il a été décidé que seulement 3,65% de chute était crédible.
    Ou, en tout cas, permettait de garder une certaine crédibilité dans le système.

    Affaire classée.

  13. J’aimerais voir les choses un peu différemment des esprits étriqués qui nous gouvernent:
    Les « marchés » se sont fondamentalement fourvoyés pendant des années en cherchant ce graal de l’argent facile en prêtant à de états et des ménages dont ils ne pouvaient pourtant ignorer en toute logique qu’ils ne pourraient jamais payer à la fin !

    Je vois donc deux moralités à cette histoire:

    1/ les marchés se font avoir à terme dans cette histoire puisqu’ils ne reverront jamais la couleur de leur si précieuse épargne.

    2/ mais les états dits « rigoureux » tels que l’Allemagne sont vraiment les dindons absolus de cette farce puisque incapables de profiter de l’aubaine d’un marché « débile » tout en subissant à double titre au moins le résultat de leur pauvreté totale d’imagination et d’esprit d’opportunisme.

    Dans un monde immoral (et pourquoi pas ? ie humain ?), il n’y a aucune place pour les culs bénis et les esprits chagrins.
    Ce n’est pourtant pas nouveau ! Plusieurs milliers d’années que ça dure.

    D’une certaine façon, je trouve même ça assez moral en fait.

  14. @Charles
    Il serait parfaitement abérrant que la BCE rachete les obligations vendues aux banques!
    Il s’agirait pour la BCE d’acheter DIRECTEMENT les bons du Trésor émis par les Etats.
    Surtout pas par les banques! Ce serait du n’importe quoi total.
    Ce la ne servirait à) rien, que continuer l’attaque des marchés sur les pays endettés.
    Completement absurde. C’est jouer le jeux de cet ultralibéralisme.
    Décidement il ya des gens qui ne sortent pas de ça, c’est incroyable, isl voient leur monde s’écrouler et ils continue.
    Non messieurs, votre monde est terminé. TERMINATOR!

    1. @Izarn: effectivement, vous avez parfaitement raison. Ceci-dit, de la rumorologie, ou de la presse
      financi1ere, émergent deux possibilités: ou la BCE s’engagerait à acheter un montant estimé à 600 mds d’euros ( information en provenance d’El Pais, particulièrement mieux renseigné puisque l’Espagne occupe la présidence tournante de l’UE, chiffre mentionné aussi dans le Financial Times ) d’obligations des pays de l’eurozone, ce qui lui est théoriquement interdit, sauf sur le marché secondaire ou une autre version selon laquelle la BCE se porte aussi au secours des banques européennes qui éprouvent des sérieux problèmes de liquidité, qui ont été constatés, comme le billet de Francois en témoigne. mEt trichet et le président de la République parlent de ‘crise systémique’, comme l’un et l’autre n’ont certainement pas la meme definition de ce ‘concept’, nous devrons donc attendre demain le(s) fruit (s ) des réflexions

  15. … l’Europe.
    Trouvé dans la tribune (organe du parti communiste) : « Sarkosy donne de la voix »…

    « Vous allez devoir payer, mais comme c’est dans votre habitude, je ne vous en porterai pas grief » a-t’il déclaré solennellement.

  16. Les « pères-la vertu » ne gagneront jamais cet éternel combat.
    Pourquoi ? Mais parce que l’homme est un être mortel. La vie est intrinsèquement immorale ! Les luthériens et les monétaristes ne comprendront jamais cela, je crois que c’est hors de leur portée intellectuelle. Et pourtant basique.

  17. Au tout début de ce fil de discussion, C.B a écrit : « Que la BCE fasse de l’assouplissement quantitatif pour calmer le jeu en achetant provisoirement la dette des états c’est peut être une bonne idée à condition que lorsque la situation se sera calmée celle ci puisse la revendre au même prix pour détruire la monnaie créée pour l‘occasion. »

    Le problème, c’est que cette solution est interdite par tous les traités européens.

    Je recopie l’article 123 du traité de Lisbonne :

    « Il est interdit à la Banque centrale européenne et aux banques centrales des États membres, ciaprès dénommées «banques centrales nationales», d’accorder des découverts ou tout autre type de crédit aux institutions, organes ou organismes de l’Union, aux administrations centrales, aux autorités régionales ou locales, aux autres autorités publiques, aux autres organismes ou entreprises publics des États membres ; l’acquisition directe, auprès d’eux, par la Banque centrale européenne ou les banques centrales nationales, des instruments de leur dette est également interdite. »

    Conclusion : il n’y a que 3 possibilités :

    1- Première possibilité : la Banque Centrale Européenne respecte l’article 123 du traité de Lisbonne, et il n’y aura pas d’assouplissement quantitatif ;

    2- Deuxième possibilité : la Banque Centrale Européenne viole le traité de Lisbonne. La Banque Centrale Européenne se lance dans l’assouplissement quantitatif, comme ses consoeurs la Fed et la Bank of England. A ce moment-là, le traité de Lisbonne devient DE FACTO caduc, nul et non avenu.

    3- Troisième possibilité : les Etats européens suppriment l’article 123 du traité de Lisbonne. Ils ré-écrivent un nouveau traité, qui tient compte de l’évolution de la situation. Ensuite, grâce à cette suppression, la Banque Centrale Européenne pourra faire de l’assouplissement quantitatif.

    1. Les économistes ne sont pas les seuls à faire preuve de créativité. Faites confiance aux juristes qui s’en sont fait depuis toujours une spécialité. Il n’est d’obstacle juridique qui ne pourrait être levé, une décision politique prise.

      Voir cette étude juridique

    2. Il suffirait que les dirigeants européens décident une dérogation PROVISOIRE à l’article 123 du traité de Lisbonne,validée en urgence par les parlements nationaux et européen. Simultanément ils devraient mettre en place un dispositif commun de surveillance des gestions budgétaires des différents Etats de la zone Euro.

  18. @ François Leclerc :
    Un autre ‘trophée’ (et pas le moins drôle celui-là) de ceux qui commencent à être nombreux (rapport à un de vos billets récents) :
    http://www.latribune.fr/opinions/20100507trib000506800/la-bce-a-commence-a-transformer-l-euro-en-drachme.html

    « Faute de pouvoir transformer à bref délai les Grecs en Allemands, il restera toujours la possibilité de transformer l’euro en drachme ! ». C’est plutôt bien vu. Il décris d’ailleurs bien le ‘système à la Madoff’ (Ponzi) actuel et l’échec des politiques de déflation. Mais se rattrape évidemment (bon sang libéral ne saurait mentir) est proposant plutôt que des évaluations la … flexibilité des salaires et des prix. Ouch !

    Autre sujet (quoique), je voudrais vous poser une question :
    le refus de la BCE d’entrer sur la même politique que les autres BC (anglaise, US et japonaise), à savoir le Quantitative Easing n’est-il pas en lien avec le refus d’entrer dans la même fuite en avant des autres pays qui ne résoud rien, sauf à court terme ?
    En clair, le refus de la BCE n’est-il pas à lier avec le refus d’accepter les mêmes règles du jeu que les US, sachant que l’UE n’a pas les mêmes avantages (notamment le dollar), afin justement de ne pas être soumise aux ‘lois’ de la FED (et donc des majors bancaires anglo-saxonnes) ?
    N’est-ce pas à contrario un signe plutôt positif pour l’UE ?

    1. En effet, utiliser l’arme de la création monétaire pour résorber la dette publique – une grande tradition – est d’un certain point de vue une manière de balayer les miettes sous le tapis. Cela ne fait pas de la Fed et de ses consoeurs qui l’utilisent des anges de la vertu. Cela ne permet pas non plus de considérer que la BCE en est un.

      Sauf pour apurer le passé, on ne peut pas régler un tel dysfonctionnement majeur – la croissance fulgurante de la dette publique en l’espace de quelques années, sans qu’une guerre ne soit intervenue comme précédemment – sans s’interroger sur ses origines réelles.

      « Vivre au dessus de ses moyens » peut-il être invoqué comme en étant la raison ? Pour le moins, cela voudrait dire que certains ont vécu très exagérément au dessus de leurs moyens…

      Peut-on faire l’impasse sur une réflexion à propos de la machine à faire des dettes, que l’on a vu à l’oeuvre tant vis à vis des particuliers que des Etats ? Cela parait difficile.

      Elargir la question de la dette à d’autres domaines est donc nécessaire si l’on veut désormais la traiter. Il y a plusieurs approches. Cela sera le thème de mon prochain billet, sauf actualité galopante !

    2. oula !!!!
      Certes non. La BCE n’est pas un ange. D’ailleurs, en ce bas monde (financier), il n’y en a pas.
      Merci pour votre réponse.
      J’attends avec impatience votre futur billet.
      Cordialement.

    3. La « machine à faire des dettes » s’appelle » libre concurrence entre pays dont les normes sociales et environnementales sont radicalement différentes ».Il faut donc revoir cette « machine »-la.

  19. @Charles

    merci de vous être tapé la traduc. Mais vous savez que je trouve des sous-entendus ambigus aux préconisations de Johnson.
    On a l’impression d’entendre un de ces économistes de l’administration américaine de 1944 qui prenaient de Gaulle pour un fou dangereux, voulaient nous interdire le franc et nous imposer un dollar « d’occupation ».
    Mais j’avoue ne pas être d’une grande compétence.

    1. Certes, Simon Johnson est américain mais d’origine britannique, ce qui lui donne un avantage vis à vis d’autres de ses coreligionnaires pour lesquels l’Europe n’est pas chose familière et qui le font parfois sentir.

      Dans plusieurs domaines – la description du pouvoir oligarchique américain, la nécessité de redimensionner les mégabanques – il a imprimé sa marque. Il fait depuis campagne aux Etats-Unis, après avoir co-rédigé un ouvrage intitulé « 13 bankers » et sous-titré : « Le changement selon Wall Street – prochain effondrement financier ».

      Sans doute, son assez courte expérience de chef économiste au FMI lui a-t-elle servi à mieux connaître les ressorts cachés du fonctionnement des gouvernements et de leurs points d’appui économiques. Peut-être en a-t-il également gardé certains réflexes !

  20. Quand j’essaie d’analyser ce qui se passe, avec mes petits moyens « d’homme du peuple » (cad la presse + internet »), je reste toujours tiraillé entre deux approches.
    Soit on peut se dire que le croisement des intérêts est bcp trop profond, et que le système va perdurer, raccomodé, parce qu’aucun des principaux dirigeants du monde ne peut le laisser s’écrouler, parce que le marché lui même n’y a pas intérêt.
    Soit on peut se dire que cette crise leur échappe, parce qu’ils ont tous refusé de la regarder telle qu’elle était, et qu’ils ont préféré la virtualiser.
    Aucune des deux hypothèse n’a ma préférence : la première me désespère (penser que de tels déséquilibres, de telles injustices pourraient perdurer) et la seconde me fait peur (la peur de l’inconnu…).
    Il me semble qu’on est là à un carrefour, et que je ne vais pas tarder à savoir laquelle des deux va s’imposer.

    1. Si une chose est évidente, c’est qu’ils improvisent ! L’hypothèse qu’ils vont être conduits, leur corps défendant, à aller plus loin qu’ils l’auraient pensé n’est pas improbable. La machine reste à ce stade infernale et les mesures qui sont actuellement envisagées, dans leur imprécision, ne présagent que de nouveaux effondrements. Les bulles immobilières ne sont pas dégonflées, le système bancaire reste très fragile, la crise de la dette publique est depuis survenue et va enfler. Ils n’ont pas de réponse à y apporter, sauf gagner du temps.

  21. On parle beaucoup de l’endettement. Mais l’endettement n’est pas de l’argent qui a été perdu, c’est de l’argent qui a été investi et qui doit donc rapporter à plus ou moins long terme.

    Ce qui est important c’est la valeur des investissements effectués pour que les bénéfices qu’ils dégagent permettent de rembourser la dette.

    Je me trompe?

    1. Il y a une grosse différence entre dette et investissement:
      – si vous investissez, vous avez habituellement un titre de propriété de qqch (immobilier, société, etc…) Vous espérez probablement un retour d’argent dans le futur lié à l’activité de ce que vous détenez. Ce retour est évidemment incertain: il peut être plus élevé ou plus faible que prévu, voire nul.
      – prêter à qqn est différent: c’est un contrat qui stipule le montant à rembourser (le taux). Ce n’est plus du tout incertain: le taux est fixé. Le seul risque est que la personne/entité qui vous doit l’argent ne le rembourse pas, en tout ou en partie (il meurt, il n’est en pas capable, il disparaît dans la nature, il fait faillite).
      Mais la grosse différence est celle-ci: les titres de propriétés sont finis: il ne peuvent porter que sur des pans de la réalité (terrains, bâtiments, machines, etc…). Par contre la quantité de dettes peuvent être infinie. Par exemple, sur une île où la quantité des actifs est de 1 millions d’euros, rien n’empêche ses habitants de signer des contrats de dette réciproque pour un montant de 1000 milliards d’euros. Notez que même dans ce cas, il est possible que chacun soit capable d’honorer sa dette (tout le monde est solvable), même si c’est improbable pour des raisons de liquidité (la quantité de choses à échanger est trop faible: honorer les dettes demanderait une vitesse de circulation des actifs impossible à réaliser).

      Cordialement

    2. Ce que vous dites est vrai en théorie, mais il est aujourd’hui manifeste que depuis des années tout le monde emprunte pour financer ses dépenses courantes et non pour investir : les États, les particuliers américains qui en toute légalité financent avec leurs crédits, hypothécaires destinés à acheter leurs maisons financent en plus leurs achats courants, les particuliers grecs (entre autres) qui se sont endettés pour consommer etc…

      Ajouter les Espagnols qui ont « sagement » investi dans l’immobilier et qui se retrouvent avec des millions d’appartements vides in-louables et vous comprendrez que les intérêts de toutes ces dettes ne peuvent pas être payés. Quand au capital…

    3. J’ajouterais que malheureusement tous les investissements ne sont pas « rentables »,surtout lorsqu’il s’agit d’investissements publics(exemple:un nouvel Hôtel de Région ou de Département.

  22. A Dublin, les prix de l’immo remontent alors que les salaires ont baissé entre 5 et 25 pct voire plus selon les compétences..la presse est deja en plein délire ‘bullaire’….ce n’est bien entendu pas soutenable…comment vont ils payer leurs loyers ou hypothèques (non diminués)avec moins de ‘salaire’ poche??Second boulot?Encore faut il en trouver un….à Londres les prix de l’immo ont aussi très peu diminué et sont toujours strastophériques même en banlieue à 45 minutes du centre…idem les salaires ont aussi été diminués de 5 à 15 pct…..
    Quid ??
    Je ne parle que des bas et moyens salaires…j’imagine que les haut salaires ont été peu touchés?

  23. Et tout cela parce que les banques centrales peuvent bien actionner la planche à billets en cas de crise systémique, mais, nous le voyons, cela ne déclenche même plus d’hyperinflations (à part des bulles spéculatives), car cette monnaie supplémentaire ne circule quasiment pas dans l’économie!
    Faire en sorte qu’elle circule?
    Seul un SMT serait en mesure de le faire – et la crise systémique aurait disparu « en une nuit »!
    Cela réaliserait le voeu de merkel et de sarkozy:
    dès lors, les banques (ou une banque) pourraient bien faire faillite sans déclencher de crise systémique, comme je l’ai souvent exposé!
    Alors, à quand le SMT?

  24. Des surprises sont toujours possibles, mais le mécanisme du fonds de « stabilisation » européen qui a été décidé dans ses grandes lignes vendredi dans la nuit circule désormais.

    Il doit être rendu public demain dimanche, après avoir été successivement examiné et adopté par la Commission, puis par les ministres des finances.

    Le schéma prévoit que Commission pourrait aller sur les marchés, en émettant des obligations pourvue de la garantie explicite des Etats et implicite de la BCE. C’est sur ce dernier aspect que, selon la presse espagnole, la décision aurait été la plus difficile à prendre, en raison du refus Allemand. Il faudra voir comment cela sera formulé.

    On en arrive finalement à une mutualisation de la dette des pays qui pourraient être attaqués après la Grèce, et qu’il faudrait isoler du marché en empruntant collectivement pour eux.

    1. oui, en fait, la BCE court après l’événement, contrainte et forcée d’agir poue différer la crise systémique… jusqu’à quand? (refus allemand ou non, on s’en fiche totallement, même les allemands!)

    2. Nous allons donc cumuler le remboursement de notre dette nationale avec celles des PIGS (même si elles s »en trouvent mutualisées). Dois-je comprendre que notre faible croissance déjà artificielle s’en trouvera doublement pénalisée par ce double fardeau …

      On se mort la queue tout en creusant méthodiquement et mécaniquement notre tombe ! Une chute sans fin.

    3. @ reveil 8 mai 2010 à 20:19
      Votre remarque est de bon sens
      et à première vue je la partagerais volontiers.
      Mais elle est fausse: nous ne sommes pas seuls.
      Nul besoin de s’enferrer dans la dénégation comme
      les officiels allemands.
      Il s’agit de faire la part du feu, de limiter les dégats.
      Si nous ne montrons pas un minimum de solidarité,
      la situation pourrait devenir très difficile,
      vraiment difficile.
      Aussi bien, tout cela devra être revu
      de fond en comble. (Se libérer de cette maudite dette)
      Du reste, le reproche à faire à ce fond
      est sa modicité ridicule. ll montre que
      ses supporteurs se placent dans la logique
      des soit-disants marchés. Les soit-disants
      marchés sont un assemblage disparate
      de spéculateurs irrationnels;
      ils ne sont pas rassurables.
      A partir d’un certain point, l’ espérance du gain
      et la peur de pertes les excitent d’une façon
      incontrolable et donc suicidaire.

      Rq:
      Le mot pour désigner les pays
      victimes les plus frappés par cette crise
      est désobligeant. Il ya le camp des bourreaux
      et, en face, des victimes.

      Le principe de la mutualisation de la dette
      avait été préconisé par Guy Verhofstadt,
      si j’ai compris ses explications entendues à la radio.
      Les politiques allemands portent la responsabilité
      d’une déformation peu honnête des faits
      en laissant propager les élucubrations
      des tabloids , par ex. retraites
      à 67 ans en Allemagne pour payer des retraites
      à 50 ans en Grèce. Lamentables politicards allemands.
      3 mois gaspillés.

  25. Questions naïves.

    Pourquoi vouloir rassurer les marchés quand il s’agit de les dompter?
    Pourquoi emprunter de l’argent quand on peut battre monnaie ?

  26. Concernant l’achat des dettes souveraines par la Banque Centrale Européenne, je rappelais plus haut que le traité de Lisbonne l’interdit dans son article 123. A ce rappel de l’article 123 du traité de Lisbonne, François Leclerc écrit :

    « Les économistes ne sont pas les seuls à faire preuve de créativité. Faites confiance aux juristes qui s’en sont fait depuis toujours une spécialité. Il n’est d’obstacle juridique qui ne pourrait être levé, une décision politique prise. »

    Ah bon ?

    Un traité européen peut être violé si une décision POLITIQUE le souhaite ?

    Ah bon ?

    Un traité européen n’est valable que tant qu’une décision POLITIQUE ne l’a pas violé ?

    Ah bon ?

    C’est comme ça que ça marche, l’Union Européenne ?

    Dans ce cas, je considère tous les traités européens nuls et non avenus.

    J’appelle tous les citoyens français à ne plus respecter aucun traité européen.

    1. Un traité, ça peut se dénoncer, s’amender, se renégocier,etc. Et oui, François Leclerc a raison : c’est le politique qui en prend la décision.

    2. Je vous suggère de vous intéresser à l’article 122-2. On va en parler.

      Et de vous rappeler que de nombreux Belges, Suisses et Québécois fréquentent ce blog (sans parler des francophones d’autres pays). Dieu merci, nous ne sommes pas entre seuls Français et on ne passe pas son temps, ici, à fermer des frontières.

    3. Mais je suis contre la fermeture des frontières !

      Il ne s’agit pas de ça !

      Il s’agit de l’article 123 du traité de Lisbonne :

      “Il est interdit à la Banque centrale européenne et aux banques centrales des États membres, ciaprès dénommées «banques centrales nationales», d’accorder des découverts ou tout autre type de crédit aux institutions, organes ou organismes de l’Union, aux administrations centrales, aux autorités régionales ou locales, aux autres autorités publiques, aux autres organismes ou entreprises publics des États membres ; l’acquisition directe, auprès d’eux, par la Banque centrale européenne ou les banques centrales nationales, des instruments de leur dette est également interdite.”

      On respecte le traité de Lisbonne ?

      Ou alors on ne le respecte pas ?

    4. Voici l’article 122-2 du traité de Lisbonne :

      Lorsqu’un État membre connaît des difficultés ou une menace sérieuse de graves difficultés, en raison de catastrophes naturelles ou d’événements exceptionnels échappant à son contrôle, le Conseil, sur proposition de la Commission, peut accorder, sous certaines conditions, une assistance financière de l’Union à l’État membre concerné. Le président du Conseil informe le Parlement européen de la décision prise.

  27. eh bien oui, l’histoire foisonne de traités déchirés!
    Il n’ya qu’à penser à nixon et à bretton woods!
    heureusement, parfois!

  28. Johannes, depuis 20 ans, on nous a fait voter deux fois par referendum sur des traités européens :

    1- Premier referendum en 1992 : referendum sur le traité de Maastricht. Johannes, je ne sais pas si vous avez lu le livre FONDAMENTAL concernant le traité de Maastricht :

    « Le bêtisier de Maastricht », édition Arléa.

    Ce livre recopie pendant 145 pages des promesses d’hommes politiques et d’économistes qui nous expliquaient qu’il fallait voter « oui » à la monnaie unique car la monnaie unique, c’était le progrès économique, le progrès social, la baisse du chômage, la croissance économique, etc, etc, etc.

    18 ans après, nous pouvons comparer toutes ces belles promesses : c’est exactement le contraire qui s’est produit dans le monde réel.

    2- Second referendum en 2005 : le peuple français, puis le peuple néerlandais votent « non » à la Constitution européenne.

    Que croyez-vous qu’il arriva ? Les partisans du « oui » firent passer 95 % de cette Constitution européenne sous un autre nom : ce fut le traité de Lisbonne.

    Le pire, c’est que ce passage fut un passage en force, un véritable viol du peuple : le traité de Lisbonne ne fut pas soumis au referendum, mais il fut ratifié par les parlements des Etats membres de l’Union Européenne.

    Tu m’étonnes ! Nicolas Sarkozy a confié à un groupe de parlementaires PPE au Parlement européen que si le traité de Lisbonne avait été soumis au referendum, tous les peuples auraient voté « non », dans tous les pays.

    Pour une fois, je suis d’accord avec Sarkozy.

    Dernier scandale, peut-être le plus abject : seul le peuple irlandais a voté par referendum concernant le traité de Lisbonne car la constitution irlandaise imposait un referendum. Le peuple irlandais a voté « non ».

    Que croyez-vous qu’il arriva ? Encore un passage en force ! Encore un viol du peuple ! Les partisans du « oui » firent re-voter le peuple irlandais !

    Et aujourd’hui, que nous dit-on ?

    On nous dit que, ENCORE UNE FOIS, les partisans du « oui » vont faire ce qu’ils veulent, comme ils veulent, quand ils veulent, en violant l’article 123 du traité de Lisbonne !

    Les partisans du « oui » ont fait passer le traité de Lisbonne en bafouant la volonté des peuples, et aujourd’hui, ils violent l’article 123 de ce traité car cela n’a pas d’importance : les juristes trouveront un truc pour justifier ce viol !

    Est-ce que vous comprenez que l’Union Européenne est en train de se suicider, en ce moment, sous nos yeux ?

  29. A quel taux la BCE prêtera-t-elle aux États ? Théoriquement un taux représente le prix que l’emprunteur demande pour se priver temporairement de son argent + une prime de risque. Dans le cas d’un prêt de la BCE à un État de la zone euro cela ne veut plus rien dire : la BCE crée l’argent qu’elle prête (elle ne s’en « prive » pas) et elle ne peut pas avouer qu’elle court un risque.

    Il est question de choisir EONIA, le taux auquel les banques se prêtent entre elles à 24h. Cela n’a pas grand sens : que signifie EONIA dans la tempête actuelle ?

    Cependant le taux a un autre intérêt (sans jeu de mots). Il incite l’emprunteur à limiter le montant de sa dette. On peut donc réguler autrement ce flux de prêts : leur taux sera de 0% et la négociation portera directement sur leurs montants.

  30. François Leclerc rappelle l’article 122-2 du traité de Lisbonne :

    « Lorsqu’un État membre connaît des difficultés ou une menace sérieuse de graves difficultés, en raison de catastrophes naturelles ou d’événements exceptionnels échappant à son contrôle, le Conseil, sur proposition de la Commission, peut accorder, sous certaines conditions, une assistance financière de l’Union à l’État membre concerné. Le président du Conseil informe le Parlement européen de la décision prise. »

    Et alors ?

    Quel rapport avec la Grèce ?

    Aujourd’hui, le problème de la Grèce n’est pas une catastrophe naturelle.

    Aujourd’hui, le problème de la Grèce n’est pas un événement exceptionnel échappant au contrôle de la Grèce.

    Mais en revanche, le problème de la Grèce est la dérive de ses finances publiques (déficit budgétaire de 13,6 % du PIB, dette publique de 125 % du PIB), sanctionnée par une hausse des taux d’intérêt pour les emprunts de l’Etat grec.

    Le problème de la Grèce n’a donc aucun rapport avec l’article 122-2 du traité de Lisbonne.

    1. A mon avis, les politiques n’auront même pas besoin de faire appel à de brillants juristes pour qualifier ce qui arrive à la Grèce « d’événement exceptionnel échappant à son contrôle ».

    2. Là est le problème.
      Nous aurons beau envisager de multiples solutions logiques, la décision prise par les responsables (et coupables) en dernier ressort est susceptible de nous prendre à contrepied.
      En effet leur logique est aussi très « politique » en raison de leurs situations respectives à l’intérieur des pays.
      Le communiqué final de la réunon de ce dimanche sera donc un compromis dans lequel l’économie et l’intérêt des Peuples seront probablement discrètement relativisés.
      Les dirigeants principaux sont sur des sièges éjectables, vont-ils raisonner sainement?

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