27 réflexions sur « RFI, Carrefour de l’Europe, dimanche 16 mai 2010 »

  1. Je suis vraiment en accord avec vos propositions (et je les réécris ici afin qu’elles soient plus lisibles) :

    – Interdire les paris sur les fluctuations de prix

    – En finir avec les paradis fiscaux en disant à des organismes de compensation comme Clearstream que les ordres vers tel et tel pays et les ordres qui viennent de tel pays, c’est terminé.

    Merci Paul Jorion pour tout votre travail et vos réflexions.

  2. Un article dans le New York Times sur la notion de BIP (GDP) : The Rise and Fall of the G.D.P., par Jon Gertner, dresse un portrait cocasse de Mr. Haut-BIP et Mr. Bas-BIP. On y trouve ceci :

    Consider, for example, the lives of two people — let’s call them High-G.D.P. Man and Low-G.D.P. Man. High-G.D.P. Man has a long commute to work and drives an automobile that gets poor gas mileage, forcing him to spend a lot on fuel. The morning traffic and its stresses aren’t too good for his car (which he replaces every few years) or his cardiovascular health (which he treats with expensive pharmaceuticals and medical procedures). High-G.D.P. Man works hard, spends hard. He loves going to bars and restaurants, likes his flat-screen televisions and adores his big house, which he keeps at 71 degrees year round and protects with a state-of-the-art security system. High-G.D.P. Man and his wife pay for a sitter (for their kids) and a nursing home (for their aging parents). They don’t have time for housework, so they employ a full-time housekeeper. They don’t have time to cook much, so they usually order in. They’re too busy to take long vacations.

    As it happens, all those things — cooking, cleaning, home care, three-week vacations and so forth — are the kind of activity that keep Low-G.D.P. Man and his wife busy. High-G.D.P. Man likes his washer and dryer; Low-G.D.P. Man doesn’t mind hanging his laundry on the clothesline. High-G.D.P. Man buys bags of prewashed salad at the grocery store; Low-G.D.P. Man grows vegetables in his garden. When High-G.D.P. Man wants a book, he buys it; Low-G.D.P. Man checks it out of the library. When High-G.D.P. Man wants to get in shape, he joins a gym; Low-G.D.P. Man digs out an old pair of Nikes and runs through the neighborhood. On his morning commute, High-G.D.P. Man drives past Low-G.D.P. Man, who is walking to work in wrinkled khakis.

    (Traducteur bénévole souhaité).

    1. Oui, mais le PIB n’a jamais servi à estimer le niveau de vie d’une personne dans un pays…je ne sais pas d’où vient cette légende…l’exemple le plus frappant était l’URSS, gros PIB, mais où il y avait plus de bombes thermonucléaires que de chaussures taille 42…la première bonne approche pour estimer le niveau de vie est l’IDH (prenez des pays comme Cuba en perpétuelle crise économique du fait de l’embargo mais avec un IDH pas très loin de 0,9 donc des pays très développés) donc c’est celui-ci qu’il faut étoffer pour le rendre peut-être plus sensible aux conjonctures économiques, sociales, écologiques, sociétales : ainsi, la crise n’aura que peu de conséquences sur l’idh des pays occidentaux, tout simplement, parce que le taux d’alphabétisation et l’espérance de vie au pire stagneront…le PIB/hab ppa (moyen déjà plus honnête de connaître la richesse d’un citoyen lambda d’un pays X) peut chuter mais 10 % de chute n’aura que des conséquences en terme de plusieurs millièmes, au pire d’un ou deux centièmes…et évidemment faire des « groupes de niveau » c’est-à-dire comparer les pays comparables selon divers paramètres que l’on pourrait croiser à souhait pour rendre les données plus cohérentes…

      Le plus dur est de quantifier ces données : c’est ainsi bien plus simple de construire un indicateur sur la facilité d’accès aux bibliothèques que sur la qualité de la cuisine (savoir si on cuit des plats préparés ou pas) mais on pourrait contourner le problème et ainsi prendre en compte le taux d’obésité dans un pays mais le PIB (la variation des stocks ne renseigne en rien notre bien être ni même la consommation des ménages dans l’absolu) n’est pas un indicateur de bien-être et en ce sens, ne peut pas être utilisé comme base à une telle entreprise…par ailleurs c’est un indicateur macro-économique donc agrégeant des données et puis est-ce que c’est arrivé à quelqu’un de se sentir heureux et épanoui quand une journaliste a pu par le passé annoncé que le PIB s’est accru de 1 % sur le trimestre dernier ?????…

    2. Considérez, par exemple, les vies de deux personnes – appelons les Homme Haut-PIB. et Homme Bas-PIB.. L’homme-haut-PIB a un long trajet pour aller travailler et conduit une automobile qui consomme beaucoup d’essence, le forçant à dépenser beaucoup sur le poste carburant. Le trafic du matin et son stress ne sont pas trop bons pour sa voiture (qu’il remplace tous les deux ou trois ans) ou sa santé cardiovasculaire (qu’il traite avec des produits pharmaceutiques chers et des actes médicaux). L’homme-Haut-PIB bosse dur , dépense dur. Il aime fréquenter les bars et les restaurants, aime ses télévisions à écran plat et adore sa grande maison, qu’il garde à une température de 22° degrés à l’année et protège avec un système de sécurité de pointe. L’Homme-Haut-PIB et sa femme payent pour une baby-sitter pour leurs enfants et une maison de retraite pour leurs parents vieillissants. Ils n’ont pas de temps pour le ménage, donc ils emploient une gouvernante à plein temps. Ils n’ont pas beaucoup de temps pour cuisiner , donc ils se font livrer d’habitude. Ils sont trop occupés pour prendre de longues vacances.

      Pendant ce temps, toutes ces choses – la cuisine, le nettoyage, le soin à domicile, des vacances de trois semaines et ainsi de suite – sont des activités qui maintiennent l’Homme-Bas-PIB. et sa femme occupée. L’homme-Haut-PIB. aime sa machine à laver et son séche-linge; L’homme-bas-PIB. n’est pas ennuyé d’accrocher sa lessive sur la corde à linge. L’homme-Haut-PIB. achète les sacs de salade prélavée au magasin d’alimentation; L’homme-bas-PIB. cultive des légumes dans son jardin. Quand l’homme-Haut-PIB. veut un livre, il l’achète; bas-PIB. le consulte à la bibliothèque. Quand Haut-PIB. veut arriver en forme, il rejoint sa salle de gymnastique; bas-PIB sort une vieille paire de Nikes et passe en courant dans le voisinage. Sur son trajet matinal, Haut-PIB roule devant Bas-PIB. qui marche pour aller travailler dans des khakis ridés.

      Je ne sais pas ce que sont de khakis ridés….

    3. merci au traducteur

      autre question: et les enfants en bas âge de la famille bas-PIB ? (-une des solutions seraient de rassembler les enfants des deux familles sur une même place mais …. , -une autre serait que la mère, le beau-père, le voisin, le cousin, la tante de la famille basPIB s’occupe gracieusement et bénévolement des enfants de la famille bas-PIB …. -….. )

      sinon, autrefois, ce n’est pas si vieux, les familles bas-PIB plaçaient leurs enfants dans les familles haut-PIB,
      par exemple : les filles des familles bas-PIB « apprenaient » (je dis « apprenaient » pour essayer de rester un peu dans le registre bien-gentil… ) à faire la vaisselle, la lessive, le ménage, la cuisine, la couture,…. et en sus elles bénéficiaient de surcroit gratuitement du gite et du couvert (n’était-ce pas merveilleux !!!)
      malgré tout, quelques fois, pas toujours, ce n’était vraiment pas idylique, ….. (dans les familles haut-PIB, il y avait, -parfois, pas toujours- ce que les fillettes des familles bas-PIB disaient être de mauvais maîtres et qui effectivement l’étaient ….)

    4. Malgré mon intérêt pour le beau fruit orange et automnal du plaqueminier, je penche pour un pantalon « mili » insalissable, le pantalon sport « jogging blanc » étant pour les « traders » d’un autre genre, en général en BMW dans nos « zones défavorisées ».

      Sur le fond, vous en revenez aux propositions alternatives de mesures du bien (bien être) d’un pays.
      Alter Eco a beaucoup écrit là-dessus, ainsi que Amartya Sen et Stiglitz…

      Il me semble que le biais négatif de tout indicateur (cf Maya Beauvallet, « les stratégies absurdes ») c’est de dérouter/forcer les attentes « singulières » des gens vers un machin collectif prédigéré par les médias ou les têtes pensantes qui rajoutent leur discours sur cet instriment (au hasard, « les attentes des marchés », mais aussi les indicateurs de CA dans les boites, de publications pour les scientifiques, etc.).

      « L’individuation psychique et collective » (Simondon/Stiegler), qui fait de nous des locuteurs singuliers de la même langue, des « non inhumains », requiert encore quelques efforts, semble-t-il, pour devenir un ingrédient des politiques économiques au sens général de ce terme (incluant l’économie des « désirs », les « protentions », nos investissements plus mentaux) .
      Déja, un indicateur « 2D » (comme les « radars » des évaluations de produits de la FNAC) serait sans doute un moindre mal.

      On aurait des dynamiques des PIBs analogues aux vortes eds perturbations météos sur une carte. Les tendances baissières ou haussières seraient interprétées non avec un grain de sel, mais avec une force de Coriolis, qui transforme ce qui choit en ce qui tournoie… (ce qui poudroie en ce qui rougeoie..)

    5. On est incapable de saisir qui sont ces deux personnages : ils ressemblent à des coquilles vident, des pantins. Quels sont leurs désirs, leurs rêves, leurs passions. Comment aiment-ils leur femme et leurs enfants. Quel avenir espèrent-ils pour eux ? Je dois comprendre que ce texte est très superficiel, voire une fameuse caricature de l’homme occidental. J’ai un peu honte lorsque je pense que beaucoup d’individus s’y retrouveront dans les deux cas ( haut PIB et bas PIB : quel dégoût d’écrire ça ) ; c’est à dire dans un personnage très dans la moyenne avec une vie moyenne et probablement avec un avenir moyen. Puisqu’il nous parle de livres, justement, que lisent ces gens? Un écrivain, un livre, une musique, un tableau peuvent bouleverser en profondeur une âme humaine et le projeter en dehors d’un quelconque système. Méditation-contemplation-intériorité.
      Nous sommes beaucoup dans ce cas-là et c’est heureux, certes nous cultivons un jardin pour nous-même et pas pour les statistiques.
      Je suis heureux d’apprendre que je ne fais partie de leur combine.

  3. « Seule question : que vaudront les dollars après la fermeture définitive ? Les euros, on le sait déjà. »

    Monsieur Jorion (et les autres), excusez une question aussi terre à terre mais tout le monde ne peut pas nécessairement jongler avec les sous-entendus: pour le petit épargnant, à présent retraité, que risque-t-il d’avenir de ses économies sagement et peut-être innocemment placée sur un simple compte épargne et que lui conseillez-vous ?

    1. moi, je lui conseille déjà de ne pas trop se casser la tête, (à quoi bon se faire de la bile, s’esquinter le tempérament ….)

  4. @ Paul Jorion :
    J’ai bien aimé votre répartie quant au fait, avancé de manière insidieuse par la journaliste, que les gouvernements en place avaient été élu par ces mêmes peuples auxquels ‘on’ fait appel dorénavant pour payer ‘la note’ : le choix politique (qui a été) offert n’est certes pas en faveur ni d’une prise de conscience des peuples et des gouvernants quant aux crises financières et aux solutions à y apporter, ni d’une possibilité de choisir pour les citoyens entre plusieurs alternatives politiques sur ces sujets, de première importance.
    A l’inverse de ce que la ‘classe’ médiatique et politique déclare sans ambages d’un risque existant de ‘populisme’ (au sens évidemment de connotation morale négative et non pas au sens politique) qu’une telle déclaration présagerait, il est très important comme vous le faîtes de souligner l’absence d’offre politique digne de ce nom ou pour le moins conséquente pour faire face à la crise actuelle. En qu’en cette absence, se pose la question du choix démocratique. En regard, on (op)pose toujours et encore l’irréductible légitimité du suffrage universel d’élections qui se sont le plus souvent déroulées … avant l’émergence de la crise.
    Et bien qu’en de multiples occasions, les peuples se soient exprimés pour faire connaître leurs mécontentements (récemment cette année, pour de nombreux pays européens, que ce soit sur les politiques fiscales, sociales et économiques ou sur les politiques étrangères, en Afghanistan notamment), en sanctionnant systématiquement les gouvernements européens en place (et même américain, avec l’élection du sénateur remplaçant Ted Kennedy), il reste que ces gouvernements sont élus et légitimes. Et que si de nouvelles élections devaient arriver demain, l’absence de choix politique réel serait toujours aussi patent pour les citoyens. Sur ce sujet, on n’a toujours pas avancé d’un pouce.

    Sinon, il semblerait que votre vision ‘judiciaire’ des évènements sur le combat que mène un certains nombre d’acteurs aux USA contre le système financier, utilisant les ressources, toujours indépendantes en ce pays de la justice et des procès, pour faire avancer une régulation de ce système se confirme :
    « Mais, aux Etats-Unis, pour ce qui est de la réforme financière, la justice semble désormais dicter au législateur le rythme de ses travaux. »
    http://www.lemonde.fr/economie/article/2010/05/15/le-senat-americain-veut-encadrer-les-agences-de-notation_1352142_3234.html

    « Quelques heures plus tard, le Sénat, dans le cadre des débats sur le projet de loi de régulation financière, votait massivement (64 voix, dont 10 républicains, contre 35) un amendement spécifique sur les agences de notation beaucoup plus contraignant pour elles que ce que le texte initial prévoyait. »
    « L’exemple », s’il en est, de la Commission Pecora, semble avoir été retenu par les partisans du combat actuel contre le système financier : il ne sert à rien de se battre contre les puissants sans que le ‘public’ n’ait été :
    1/ convié à un procès en bonne et due forme (car le ‘public’ américain n’aime rien tant qu’admirer la toute puissance de ‘sa’ justice en oeuvre) ;
    2/ pour y être informé, le plus souvent en ‘live’, des ‘méfaits’ qu’ont pu commettre ces acteurs du système financier ;
    3/ afin de faire basculer les citoyens américains qui jusque là, malgré les ‘Tea Party’, restent encore réticents à remettre en cause les dogmes du ‘marché libre et efficient’ vers un appui incontestable à une réforme financière d’envergure.
    Ensuite, avec l’appui de ‘Mainstreet’ ainsi acquis, faire pression sur les institutions politiques concernées (Chambre et Sénat) pour ‘durcir’ des textes de lois ou permettre de les faire passer, y compris en étant ‘officiellement’ opposé à ce que certains amendements y soient adjoints …
    Que les procès donnent lieu ou non à des verdicts, qui par ailleurs risquent de tomber dans plusieurs années, condamnant effectivement ou non les acteurs du système financier (et le système lui-même), est la dernière chose dont se soucient, in fine, les acteurs du combat en cours aux USA : l’essentiel est que les américains, EUX, les aient jugé, en ‘live’.
    C’est exactement ce qui est en train de se passer aux USA : sous une forme différente, et sans doute sans que cela n’ait été explicitement exprimé ni même pensé, une architecture ‘post-New Deal’ pourrait être en cours de montage actuellement. Avec des réminiscences qui ne trompent pas : un amendement, bi-partisan, d’un Glass Steagall Act ‘moderne’ a été intégré dans le projet de loi et sera voté (ou non) lundi ou mardi par le sénat. Dans le cas d’un vote positif, on devrait avoir un début de réponse sur la réponse en cours au système financier que les institutions américaines sont en train de lui donner.

    Ce qui m’amène à une question, M. Jorion :
    Ne serait-ce pas, in fine, plutôt ce début de réponse là qui a créé la panique ‘boursière’ de ces derniers temps ?
    Je ne dis pas que la crise en Grèce et surtout la crise de la dette publique européenne et la chute de l’euro n’y soit pas pour quelque chose mais, si on intègre le fait que là encore, les réponses en cours sont aussi du domaine judiciaire, on peut obtenir un début d’esquisse :
    http://www.express.be/business/fr/economy/0e252c5f58ff2bc8652b7df608f45dbb-1d1/126342.htm
    Papandreou a fait toutes ses études aux USA …

    De même, la chute des bourses vendredi dernier n’a eu comme angle d’analyse que la chute de l’euro ou de la crise de la dette publique européenne.
    On peut aussi y voir, pour Wall Street surtout, les inquiétudes des acteurs quant à la réforme financière en cours :
    « Les valeurs bancaires ont particulièrement souffert, pour plusieurs raisons : inquiétudes sur leur exposition à la Grèce, enquêtes dont elles font l’objet aux Etats-Unis pour leur rôle joué dans l’établissement de certains produits pendant la crise financière, réforme financière aux Etats-Unis.
    Le Sénat américain a ainsi adopté plusieurs amendements dans le cadre de la réforme financière en cours de discussion au Congrès dont un limitant les commissions sur les cartes de crédit et de débit. Les grands émetteurs de cartes bancaires ont vu leurs cours plonger, Visa ayant terminé en baisse de 9,88% à 77,26 dollars et Mastercard en recul de 8,55% à 212,45 dollars, l’indice S&P du secteur financier ayant cédé 2,72%. »
    http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/economie/20100514.REU8969/wall-street-succombe-a-son-tour-aux-craintes-sur-l-europe.html

    « Dans ce contexte, les nouveaux signes de reprise économique aux Etats-Unis annoncés vendredi avec une hausse des ventes au détail, de l’activité industrielle, des stocks des entreprises et du moral des ménages ont été ignorés. »
    Cela n’est guère étonnant.
    Une reprise de l’activité n’est pas la priorité des acteurs du système financier.
    La priorité pourrait être ailleurs : dans l’actuelle réforme financière en cours ?

    Qu’en pensez-vous ?

    PS : si l’amendement sur la Glass Steagall Act est voté demain et qu’une chute boursière très forte à Wall Street se fait jour, on aura un début de réponse. Demain. Ou au pire la semaine prochaine.

    1. On y parle de ‘remake’, entre la Commission Pecora de 1933 et celle de la Commission du Sénat menée par le sénateur Levin actuellement :
      http://www.columbiatribune.com/news/2010/may/16/wall-streets-latest-crisis-is-a-bad-remake/

      On y parle aussi de Brooksley Born : ex-présidente de la CFTC, elle a opposé sa vision des marchés d’avec celles des Summers, Rubin et Greenspan pendant les années Clinton (dont on n’a toujours pas fini de payer les saloperies).
      Mais ce n’est pas sa vision qui a gagné …

    1. Comme au 421, le coup décisif sera sec, pour qui ?, seul dieu le sait, faut-il encore l’avoir rencontré.

      Demain sera un autre jour, merci à tous.

    2. Nouveau concept créé par LEAP 2020 : la mort de ‘mon’ ennemi ‘me’ vaut une bonne santé (précisions : ‘mon’ et ‘me’ sont utiles à comprendre LEAP, dans le sens où ils se définissent comme ‘système européen’ VS ‘système anglo-saxon’).
      Ou l’état de santé de ‘mon’ ennemi (ou l’aggravation de l’état de santé de celui-ci) en comparaison à ‘mon’ état de santé est jugé inférieur à celle-ci et cette différence même renforce ‘mon’ état de santé. Dans un (fausse) version thermodynamique (lol), l’entropie (négative) du système anglo-saxon (différence entre deux états) est ‘transférée’ au système européen, qui en ‘bénéficie’.

      Cette analyse du LEAP me semble fausse car elle postule que la ‘défaillance’ du système anglo-saxon est une ‘énergie’ dont bénéficierait le système européen : théorie ‘concurrentielle’ s’il en est (en système fermé).
      Nonobstant le fait que cela nécessite que le système européen soit moins défaillant que le système anglo-saxon (ce qui reste encore aujourd’hui à prouver), cela ne résout pas le fait qu’une défaillance d’un système ne ‘bénéficie’ pas à un autre système : ce n’est pas parce que tu es plus malade que moi que je le suis moins, et à fortiori que je suis en bonne santé.
      Surtout, l’analyse est fondée sur l’existence de deux systèmes ‘opposés’ ou ‘en concurrence’ : un système anglo-saxon et un système européen. Outre le fait que cette analyse ‘zappe’ tous les autres ‘systèmes’ existants dans le monde, il me semble que ceci n’est qu’une projection idéologique de ‘distinction existentielle’, afin de prouver l’existence d’un autre système, le système européen. De fait, je ne vois guère encore qu’un seul système à l’oeuvre : le système financier globalisé.
      non ?

    3. Même chose en ce qui me concerne. j’ai lu le bulletin du LEAP et je ne comprenais plus rien ! J’ai même envoyé un mail à Paul Jorion pour qu’il dise ce qu’il en pense. Le LEAP approuve l’adoption du plan européen du 8 mai et pense que cela va sauver l’europe. Le RU serait alors totalement isolé et se prendrait la crise de plein fouet sans aucune possibilité de soutien de l’europe. Ils disent que c’est une bonne chose mais … si le RU s’écroul les états-unis derrière ne vont pas tenir longtemps et l’europe du coup va s’effondrer aussi non ? bref, c’est contradictoire et pourtant ils ont fait des prévisions qui se sont jusqu’ici révélées assez exactes. Qu’est-ce que vous en pensez ?

    4. Comme d’habitude avec LEAP, hors de l’Euro point de salut.

      On peut dire à leur décharge qu’au moins ils ont une ligne claire et imperturbable.

      Mais je comprends l’incompréhension exprimée ci-dessus et m’y ajoute d’ailleurs largement. Au début de cette crise, je pense à 2007, 2008 et un bout de 2009 on pouvait encore comprendre les tenants de celle-ci, entre autres grâce à des personnes comme Paul ou François Leclerc. Maintenant, j’ai l’impression que cela part en vrille de tout les côtés et qu’il devient de plus en plus difficile d’y comprendre quoi que ce soit avec un minimum de rigueur. Bonjour l’incertitude !

    5. je dirais que le point de vue n’est pas le même ( est-ce que ce n’est pas LEAP qui parle dune guerre civile à venir en Europe ….. ???)
      sur le RU , sur France-culture dans l’économie en question, le sujet traité est « Royaume-Uni /Sommet social à l’Elysée  »
      http://www.franceculture.com/emission-l-economie-en-questions-royaume-uni-sommet-social-%C3%A0-l-elys%C3%A9e-2010-05-15.html

      il y est donc bavardé de la situation économique des anglais comme étant tristounette, fragile, hasardeuse
      (mais il est dit aussi que les fonctionnaires grecques partent très top en retraite, c’est possible avec leur 37 ans et demi de cotisations, à condition d’avoir commencé à travailler à 16 ans, soit avec des diplomes à minima, ce qui n’est à priori pas le lot de tous les fonctionnaires …. )

  5. Nicolas Demorand (France Inter – Interactiv – ce matin) – « Une question parce qu’il y a un point que je ne comprends pas, on a dit il y a une semaine, que les marchés étaient inquiets, que les marchés réclamaient de plans de rigueur parce qu’ils avaient de très fortes inquiétudes sur les dettes et les déficits des différents états. Voilà les plans de rigueur. Une semaine après les mêmes marchés se disent inquiets de la présence de plans de rigueur qui pourraient nuire à la relance de l’économie. Alors, qu’est-ce que qui se passe pour que l’on dise tout et le contraire de tout. »

    > La réponse un peu langue de bois sur France Inter: Les marchés veulent de la lisibilité. 2010-2020 sera une décennie d’ajustement. Ce sera 10 ans de « vache maigre ».

    > Mon analyse : Les marchés sont en train de découvrir ce que veulent dire les limites à la croissance et cela les rend schizophrènes.

    NB. Trouvez un Ghawar et la crise systémique est derrière nous (pour un temps).

  6. Bonjour,

    1) En effet, monsieur Jorion a tout à fait raison : les mesures susceptibles de faire changer les choses en profondeur sont d’une simplicité confondante. Si la simplicité et la lisibilité n’est pas au goût du jour (depuis environ 40 ans), c’est sans doute pour une bonne raison. Cette remarque a aujourd’hui valeur universelle : elle vaut autant pour l’économie que pour la loi.

    2) Aucune mesure d’austérité, voire même de rigueur, ne remplira le rôle qu’on veut lui faire jouer si elle ne touche pas les bonnes personnes : c’est-à-dire si elles touchent les peuples au lieu et place des avoirs (alimentés par de multiples personnes physiques et morales) qui dorment tranquillement au sein des paradis fiscaux.

    3) Quelqu’un s’est-il posé la question de savoir si tous les prophètes de l’austérité, ceux-là même qui prétendent réguler et assainir les finances dites publiques, payaient eux-mêmes leur obole fiscale ? Alors même que cela semblerait la moindre des choses, j’ai bien peur que le personnel européen bureaucratique ne soit lui même exempté de la contribution aux charges publiques ; cela ne vous semble-t-il pas comique à vous contribuable soumis à leur dures lois ?

    4) Si l’idée de banques publiques (non privées) est intellectuellement tentante, l’expérience nous a appris (voir les heurs et malheurs du Crédit Lyonnais) que la seule appartenance publique des capitaux n’était, dans un contexte de privatisation de l’Etat, pas de nature à rassurer le contribuable, ni d’ailleurs le citoyen : il y faudrait, en plus et surtout, une moralisation du personnel (plus haut niveau hiérarchique) associé à un retour des valeurs républicaines et du « bien public », au sens d’intérêt collectif. Nous arrivons ici aux problématiques de formation et de formatage des « zélites » déjà évoquées sur ce blog.

    5) Enfin et surtout : dans un État Républicain et démocratique qui se respecte, le pouvoir judiciaire ne saurait en aucun cas suppléer aux carences du pouvoir exécutif ou à celles du pouvoir législatif. Il faut maintenant d’avantage viser un rééquilibrage des pouvoirs institutionnels qu’un tout judiciaire ! Le juge doit appliquer des lois votées par le pouvoir législatif tandis que le pouvoir exécutif a la charge du bon fonctionnement de l’État. Il est à craindre qu’aucune monarchie, aussi absolue ait-elle été, n’ait eu aussi peu de comptes à rendre aux corps constitués que nos actuels bureaucrates et financiers. A bon entendeur salut.

    Cordialement,

  7. Paul Jorion nous dit que les USA (leur gouvernance) sont en train d’essayer de faire un sort aux « parasites » de la finance comme jadis on le fit à Al Capone coincé sur un délit mineur ;

    faut-il en déduire

    que ça pourrait marcher, que par cette manière assez triviale, on pourrait éliminer le grand banditisme dans la finance et retourner rapidement à une vie normale, « l’après-crise » tant espérée, ce qui rendrait caduques des propositions autrement plus intéressantes comme l’interdiction des paris sur les prix ?

    que tout pourrait être réglé « de l’intérieur du système », sans changement conceptuel majeur (de type conseil de la Résistance, relocalisation, primauté aux biens publics, écologie, retour de la démocratie, que sais-je ?)

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