La dernière verticalité?, par Betov

Billet invité

Du passage à la ville à celui de la tour la plus haute du monde, du passage de la division des tâches à la si ridicule tentative de « société du savoir », nous savons tous ce qu’est la notion de verticalité. Face à des limites, que ce soit les limites naturelles purement quantitatives auxquelles ont eu à faire face les chasseurs-cueilleurs, ou aux limites des concentrations modernes qui vont jusqu’à l’absurde de la virtualité du pouvoir, l’humanité s’est toujours échappée des murs des contradictions par le haut, inventant une solution inusitée, jusque là tout à fait pensable, mais pas encore pensée.

Nous sommes, semble-t-il, à ce stade où les murs se referment, puisque, où que se tourne le regard, on ne voit que contradictions insolubles.

* La virtualité montre sa limite. Celle où une virtualité de niveau x ne se différencie plus vraiment d’une virtualité de niveau x+1. Perte du sens, dans laquelle le nombre de zéros stockés dans des ordinateurs n’a plus grande importance.

* La dominance sociale devient pratiquement indépendante du citoyen massivement désinformé par les médias, dans des choses politiques portant péniblement le qualificatif de « représentatives », ou dans des assemblées dont nul ne saurait dire par qui ni vers quoi elles sont dirigées.

* Comme l’ont signalé les décroissants, le mouvement mondialiste butte sur les limites physiques, ce qui n’est, à l’évidence, qu’une resucée de la problématique mésolithique-néolithique, mais à l’échelle planétaire.

* On voit pointer à l’horizon le stade final de l’entropie sociale. Par fusions d’entreprises, de nations, puis de continents, le mercure sociétal ne formera bientôt plus qu’une masse au creux du tissu des pouvoirs, délaissant à la périphérie le paysan, le pêcheur et le maçon.

* Le bouclier social bute sur la problématique incontournable de la productivité, qui conduira de façon certaine la solidarité des travailleurs à suivre la même voie que celle de la disparition du travail.

L’heure est venue pour une nouvelle verticalité. Les tentatives de verticalités, l’histoire le montre, peuvent échouer ou réussir, et celles qui réussissent possèdent toujours un caractère d’évidence, pour ne pas dire de trivialité.

Dans une situation de blocage comme la nôtre, les portes de sorties sont connues : la guerre, l’abaissement massif du niveau de vie des pays développés, le fascisme unitaire d’un gouvernement mondial… Pourquoi pas les trois à la fois… Parmi ces options, il en est une qui retient l’attention. On a entendu Paul Ariès proposer la mise en place d’un revenu minimal universel et inconditionnel, et partant de cette idée, il a dit : « Il faut un revenu minimum, donc il faut un revenu maximum ».

Cette formule est, à mon avis, très maladroite. Elle laisse supposer que c’est parce qu’il y a des pauvres qu’il y a des riches, alors que – tout le monde le sait – c’est bien parce qu’il y a des riches qu’il y a des pauvres. Ce n’est pas l’existence des paraplégiques, des idiots ou des incompétents, qui crée l’idéologie du mérite, même en creux.

La nouvelle verticalité qui se présente sera donc, bien plus probablement qu’une société des morlocks et des elois, une société qui se résoudra à criminaliser la richesse. La formule complète étant: criminalisons l’excès de richesse relative. Le plafonnement des richesses personnelles, automatiquement, provoquera une hausse des bas salaires, et il sera toujours temps, à ce moment là, de fixer un plancher.

En quoi tout cela constitue-t-il une verticalité, demanderez-vous. Pour la première fois de l’histoire de l’humanité, les artifices de la dominance sociale (comprise en tant qu’extension irraisonnée de la dominance naturelle) trouvent leurs limites. La criminalisation de l’excès de richesse n’a jamais été pensé pour la simple raison que, passant d’une société de pénurie à une société de sur-abondance, la chose était impensable. Il s’agit donc d’une chose triviale, facilement faisable, mais impensable, qui est de nature à bouleverser profondément les psychologies, reléguant la rapacité financière au niveau de la dominance tribale : une chose du passé dont plus personne n’a besoin.

« … ne nous contentons pas de briser les sceptres, pulvérisons à jamais les idoles »

« Français, encore un effort si vous voulez être républicains ! » -Donatien-Alphonse-François de Sade- 1795

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188 réflexions sur « La dernière verticalité?, par Betov »

    1. Non, non, c’est juste que vous êtes couché par terre.
      En fait vous êtes déjà tombé ! 😉

  1. Et que faire si une richesse « excessive » est tirée d’une accumulation de patrimoine sur plusieurs générations sans que cette richesse ne produise de « revenu » (au sens fiscal du terme) ? Il ne faudrait pas oublier que de richissimes personnes (grands propriétaires, le plus souvent) ne déclarent aucun « revenu » car ils en sont dispensés par la loi fiscale ! Moralité : dans votre système, le travailleur qui s’enrichit par sa seule force de travail (qui lui procure un revenu) sera plus exposé à la tornade redistributrice que le possesseur de biens (de patrimoine) qui ne gagne « rien ».

    1. @kohaagen : on parle du patrimoine, pas des revenus. C’est d’un patrimoine maximum qu’il est question.

  2. – Si on me demande de faire la guerre contre les riches, je réponds: NON !
    – Si on me demande de faire la guerre contre les pauvres, je réponds: NON !
    – Personne ne pose la question de faire la guerre contre la médiocrité ?
    Je réponds : OUI ! – il faut faire cette guerre !

    1. Si la médiocrité était le produit du couple infernal pauvre/riche, vous seriez dans une situation délicate.

    2. Le souci étant que l’argent est le nerf de la guerre (voir chapitre du dictionnaire d’économie : « l’économie de guerre ») et qu’on voit, de ce fait-là, qui tient les rênes…
      A priori, comme ça, un paquet de nos actions ne dépendent pas de nos réflexions, ou préjugés, ou propagande assimilée.
      Mais des circonstances.
      Le coup de sortir un élément de son contexte en est un très bon exemple.

  3. Tiens tiens, cela me rappelle l’idée que je défend systématiquement que l’impot en pourcentage ou en valeur brute n’a aucun sens (tout dépend appliqué à quel montant). Ce qui doit être garanti selon moi dans une société c’est un « restant pour vivre » qui permet au plus oisif de vivre et au plus travailleur de vivre aisément. Ce même montant internationalement reconnu pondéré par le coup de la vie locale,évidemment. Dans tous les cas un montant maximum de ce restant pour vivre doit être défini et tout ce qui se situerait au dessus, redistribué ou investit dans la chose publique. Pour moi le dernier palier de l’impot doit être de 100% au delà d’un certain restant pour vivre.

    Pour l’aspect du « patrimoine », Le seul bien transmissible devrait être la résidence principale (la encore plafonnée en valeur / cout de la vie). Le reste (résidence secondaire….) doit être récupéré par l’état et être remis en vente immédiatement avec comme priorité de devenir résidence principale de l’acheteur (pan la bulle immobilière). Pour les placements immatériels (actions/placements) un montant plafonné se transmet et le reste va à l’action sociale en fonction des démunis.

    Comment ça reve toujours ?

    1. L’impôt, quand il n’est pas du racket pur, prétends redistribuer du bénéfice, c’est à dire du salaire non payé.

    2. du bénéfice ? sur le dos de qui ? car il y a toujours un dos sur lequel le bénéfice se prélève. Que ce dos soit humain ou écologique. Je ne m’occupe pas de la définition de l’impôt de ce qu’il pourrait être ou de ce qu’il est. Je donne ma définition d’une vie simple et honnête. Vivre, pouvoir se loger, pouvoir rêver et aimer. Le reste est superflu et doit être traité comme tel. Un vrai projet de redistribution capable d’inverser ce processus de concentration des richesses qui nous dépouillera tous. Oui c’est radical… et ?

  4. Il y a erreur dans les deux propositions : « Il y a des pauvres parce qu’il y a des riches, alors que – tout le monde le sait – c’est bien parce qu’il y a des riches qu’il y a des pauvres. »

    Connaissez-vous Nagarjuna ? C’est un philosophe bouddhiste du 3ème siècle (-1700 BPO) qui s’est intéressé à la vacuité (thème bouddhiste par excellence) et à la production co-dépendante (ou coémergence). Il s’est intéressé à la dualité au sein des concepts.

    Ce n’est ni parce qu’il y a des pauvres qu’il y a des riches, ni parce qu’il y a des riches qu’il y a des pauvres, c’est parce qu’il y a des riches et des pauvres qu’il y a des riches et des pauvres. Le point à comprendre est que vous ne pouvez pas avoir l’un sans l’autre et qu’à partir du moment où le concept « avoir » existe les individus peuvent se comparer entre eux et cette distinction riche / pauvre (avoir / pas avoir) coémerge (émerge simultanément). Le concept « Riche » est relatif et codépendant du concept « Pauvre ».

    Il y a quelque chose de fascinant ici, l’approche de la dualité selon Nagarjuna anéantit toute idée de paradis ou d’enfer, car il met en évidence que tout est soumis au relatif, que ceci ne peut exister sans cela. La souffrance ou le plaisir infini est un non-sens ! Et ainsi de suite ; être un être conscient sans connaître la souffrance est un non-sens …

    J’aime prendre un exemple fictif pour expliquer la dualité de toute chose. En Belgique le temps est souvent maussade (grisâtre et frisquet). Imaginons de façon un peu surréaliste que le temps se fige en Belgique et qu’à partir de ce moment tous les jours il fasse exactement le même temps ensoleillé et agréable, et soyons fou, avec une petit pluie pour ce rafraichir la nuit. Un français du nord fait remarquer alors à un belge que le temps est formidable ici, ce que le belge reconnaît volontiers. Imaginons que les années passent et que les belges s’habituent à ce soleil généreux au point d’en oublier sous quelle chape de plomb ils vivaient dans le passé. Un jour un français du nord débarque et fait remarquer à un jeune garçon : Qu’est ce qu’il fait beau dans ton pays ? L’enfant ne comprend pas, il n’a jamais entendu parler ni de beau temps ni de mauvais temps. Le beau temps ne veut rien dire pour lui.

    1. Le blabla mystique a cessé d’avoir une signification dès lors qu’il est devenu religieux. La nullation des dualités, dans la mystique, n’a rien à voir avec quelque religion que ce soit. Au contraire. Revaloriserait-on une mystique de nos jours, que ce serait l’explosion, de l’intérieur, de toute religiosité.

    2. Oui, les paysans que je connais disent que le mauvais temps c’est le même temps qui dure tout le temps !

    3. Pour autant la question de la dualité est le cœur même de la pensée religieuse. Les contraires se confrontent ou se dissolvent dans leur complémentarité. Dans cette vision, seule la question du centre devient déterminante car là se situe le « moteur immobile », le moyeu qui fait émerger puis reprend l’énergie: celle qui ne se manifeste pas et qui porte celle qui se manifeste. Quand à la verticalité, la montagne en est le symbole du jour. Sans aller jusqu’au Bouddhisme, cette figuration du centre ou s’évanouissent les dualités est illustrée dans notre culture par la pratique du pèlerinage vers un centre spirituel. La complémentarité et la danse des opposés est également bien exprimée dans la tradition hindoue, toujours vivante:
      http://www.youtube.com/watch?v=tKjkm90xLOQ

    4. J’aime ce que vous dites sur la dualité. Et je retourne souvent vers Khalil Gibran dans le Prophète. Il parle beaucoup de cette dualité sur crime/châtiment, Bien/Mal, Manger/Boire etc…
      je cite : « Parlez-nous de la Joie et de la Tristesse. Et il répondit :Votre joie est votre tristesse sans masque. Plus profondément le chagrin creusera votre être, plus vous pourrez contenir de joie.
      Lorsque vous êtes joyeux, regardez profondément en votre coeur et vous trouverez que ce qui vous apporte de la joie n’est autre que ce qui vous a donné de la tristesse ». Et quand on a barbouillé avec quelques tubes de peinture il nous faut de l’ombre pour faire ressortir la lumière si on n’est pas Picasso. Nous sommes tous interconnectés et quitte à me faire délapidée, je pense que nous portons en nous la responsabilité ( quel est le pourcentage de cette responsabilité, disons 10% qui dit mieux)
      de nous être laissés enchaîner et avoir avalés bien des couleuvres pour notre propre confort. L’égo est puissant et chez certains il recouvre des pans entiers de l’économie.

  5. A perceval78

    Outre que vous ne commentez pas mon propos, je vous signale que j’ai choisi mon pseudonyme en référence au détective privé Philippe Marlowe, personnage principal des romans de Chandler.

    Il paraît qu’il a existé aussi, bien avant, un poéte contemporain et rival de Shakespeare, qui « est mort le couteau à la main en discutant une note trop élevée dans un bouge de bas étage » et qui se nommait Marlowe, sans doute l’inspirateur de Chandler…

    1. Chandler qui lui-même marque un « virage » dans la vision de la société au sein du roman noir…

  6. « délaissant à la périphérie le paysan, le pêcheur et le maçon » : c’est là tout le problème. Nous devons chacun à notre petit niveau et en toute humilité, reprendre le chemin des relations humaines de proximité, DELAISSANT la productivité compétitive, les pieuvres multinationales et le chacun pour soi. Moins de compétition et plus de coopération feraient le plus grand bien à notre planète perdue dans l’espace, si insignifiante à l’échelle de l’univers, et pourtant si précieuse !

    1. Oui les grandes villes sont devenus des prisons ou plus personne ne se parle autrement, que fais-tu dans la vie, combien gagne-tu dans ta vie ? Toi mon frère d’infortune as-tu bien pensé à prendre une bonne assurance vie pour demain et si par exemple une plus grande dépression mondiale devait tôt ou tard s’installer froidement et bien fatalement dans le monde ? Et la belle mère de plus en plus apeuré et aux abois posant pareillement la même question à sa fille où as-tu acheter ta nouvelle voiture à telle ou telle marque ? Et je pourrais continuer comme ça et vous citer un bon nombre d’exemples de la vie courante sans même que cela puisse guère mieux changer le cours des choses et des évènements.

  7. @mathieu
    A propos de votre référence bibliographique…

    Je serais critique tout d’abord sur la méthode utilisée, qui consiste à comparer des population à la fois diachroniques et subsistant sur des environnements très différents. Il y a un fil conducteur qui utilise des données multiples mais qui ne couvrent pas les mêmes réalités, lorsque les arguments sélectionnés ne méritent pas intrinsèquement d’être nuancés.

    L’utilisation des études anthropologiques par exemple. La question du recrutement des populations doit être posée. Dans les nécropoles des populations passées (méso/néo qui nous intéressent), il n’existe pas de population « intégrale ». Un filtre préside (statut social ? économique ? religieux ?) à ce recrutement. Ce dernier évolue aussi dans la pratique funéraire (inhumations/crémations), dans le temps (parfois au sein d’une même population), et entre chaque groupe humain. De plus, cette appartenance d’origine du sujet (macchabée) a du jouer sur son mode de vie donc sur ces données « métriques ». A moins qu’il ne s’agisse de recrutement accidentel (éléments externes comme des épidémies, des conflits etc…) qui rompt les coutumes jusque là établies. Alors proposer de juxtaposer ces données, sans les discriminer, c’est au mieux du grand écart. Je n’aborde pas non plus son argument démographique qu’il devient très hasardeux d’utiliser.

    Les contraintes environnementales, dont on s’est en grande partie affranchie avec la révolution industrielle, conditionne bien sur chaque population. Les biotopes proposent des ressources spécifiques et leur exploitation des impacts anthropiques tout autant différents.

    L’auteur gomme aussi la spécificité de certaines populations, car si certaines se sont orientées vers l’agriculture ET l’élevage, d’autres n’ont privilégiés qu’une des deux économies.

    La vision progressiste ou non de l’agriculture qu’il propose est un faux problème. Il n’existe pas de paradigme, pour les chasseurs-cueilleurs comme pour les agriculteurs/éleveurs.

    Je pense qu’il est préférable de penser en terme de groupes humains ayant des évolutions propres, avec en parallèle des grandes apports technologiques qui, acquis de proche en proche ou plus rarement par foyers spontanés, deviennent alors transversaux (la métallurgie par exemple). Dans certains cas, ces innovations sont rejetées.
    Tout dépend alors des règles collectives que l’on se fixe, comme des règles entre différents groupes. Avec des curseurs équilibrés, toutes les formes peuvent cohabiter.

    Transposer la donnée archéologique avec l’actuel est pour moi une erreur car les imbrications entre les groupes (un groupe ?) et les ratios en question n’ont strictement aucune correspondance. Les enjeux sont bien plus colossaux. C’est comme prétendre que les changements climatiques – qui se sont déjà produits et à plus grande échelle, au dryas III par exemple – on connait et on s’est adapté… Oui, mais entre des populations de quelques 100 de milliers en europe occ. et les 500 millions maintenant, il faut être stupide pour ne pas voir que les dégâts collatéraux sont incomparables. Nous avons le terme de génocide entre les deux…

    1. Toutes ces investigations nous donneront-elles jamais la possibilité d’embrasser la totalité de l’histoire mondiale ? La fugacité de la vie, la naissance et la déchéance de tout ce qui est, de la voie lactée à l’atome le plus infime, de l’individu à la société, toute création est vouée à la dissolution, toute découverte ou toute action à l’oubli. Création, destruction, ainsi respire le monde et l’Homme a le privilège d’être le spectateur du monde auquel il participe.

  8. Bonjour,
    Je prêche depuis longtemps pour l’horizontalité des processus.
    Pourquoi? Par simple logique. D’abord, il y a plus dans deux têtes que dans une et pour le fait que la base, comme son nom le dit, connait les fondements de l’évolution en prenant par entière.
    Les excès, comme en tout, nuisent. In medio stat virtus, disait les Romains.
    Vous parlez des idoles et c’est vrai, c’est l’idolatrie qui permet ces excès.
    Nous sommes les clients, les consommateurs et les patrons de ces excès.
    Au lieu de payer pour du nouveaux espoirs, on continue à payer pour les idôles.
    Un exemple? Dans le sport et le showbiz. Johnny vous connaissez, je suppose?
    Au bureau, ce sont les patrons qui restent à être écouté.
    En politique, on délègue nos pouvoirs sans rechigner en ne pensant qu’à sauter les élections pour ne pas se sentir responsable et pouvoir huer ce qui est fait ou pas fait.
    La technique du courage fuyons, est adoptée et les cons seraient-ils ceux qui en profitent?
    Non, c’est nous pour cause de laxisme.
    La vie est si belle, chic et pas chère.
    On ne se demande pas comment on y arrive.
    Alors, on ne sait pas où on va, mais on y va.
    N’en déplaise à un des intervenants sur cette antenne (Boson, pour ne pas le nommer), qui cherchait chez l’autre, les problèmes qu’il avait dans son horizon.

  9. Si nous ne pouvons plus continuer dans un futur à l’éternelle croissance se nourrissant d’ individualités sans cesse exarcerbées. Il serait temps de s’arrêter, de ne plus chercher dans le futur mais de se retourner sur le passé. Alors que nos ancêtres ont traversé les siècles dans la frugalité, nous, nous nous retrouvons bloqués dans l’abondance, figés dans l’excés, quel paradoxe! Nous devrions en tirer une leçon. La voie dans laquelle nous nous sommes engagés est sans issue. C’est clair. Il ne tient qu’à nous, ceux qui ne manquent de rien, de nous auto-limiter. Fait sans doute inédit dans l’histoire de l’humanité, s’auto-limiter pour ne pas sombrer…

    Seulement, pour s’auto-limiter, choisir la modération, la sobriété, pour inverser le cours des choses, pour infléchir cette course de la modernité, du progrès et du profit, il nous faut quelque chose, quelque chose qui nous manque aujourd’hui dans notre société, ce quelque chose commencerait, comme l’écrit Jacques Ellul dans son livre « L’homme et l’argent » (3eme ed. 1979), par le DON :

    « Et les hommes, ainsi que les autorités, savent très bien que le don s’attaque à quelque chose de sacré. Ils savent très bien que c’est un acte de profanation, de destruction d’une valeur qu’ils adorent. »(p. 145)

    La verticalité commencerait donc par le DON.

    1. Entièrement d’accord Anne

      (pas seulement parce que vous avez passé votre bac en 1980 un peu comme moi).

      On peut supposer que l’humain a inné la notion de partage « juste », un peu de morale innée en somme, du fait de ses neurones miroirs, à mon avis, et en simplifiant.
      Dans les sociétés qui se sont structurées a commencé à exister la notion de propriété de façon de plus en plus explicite, jusqu’à être inscrite sur des supports de mémoire vers -4000.
      Le don a été sans doute l’élément d’agrégation sociale pour contrebalancer l’unilatéralisme « évident » de l’appropriation.

      Aujourd’hui, c’est la grande mise en chiffre de tout qui nous rattrape,
      les produits dérivés ont inventés une méta-propriété , bien loin de l' »uchau » qu’était l’action originelle (part dans des moulins au XIIe, peut êtr eun peu une légende), action d’investissement pour des équipements productifs « lourds », dépassant l’artisanat d’un seul homme. Avec aussi une dimension d’émancipation de l’état ou du clergé dans un monde du moyen âge qui a connu d’heureux soubresauts technique et de civilisation (du temps d’Abélard, relire Jean Gimpel aussi).

      Très concrètement, quand vous vous retrouvez devant des problèmes de la vie moderne où les échelles de temps se téléscope (les retraites), seule la logique du don peut servir. Je l’ai expérimenté pour un cas d’employé dont la retraite avec été en partie impayée par une copropriété : il était impossible, sans l’idée de don, de réparer cette dette sur d’anciens propriétaires disparus sans fâcher les nouveaux venus qui n’y étaient pour rien.

      Idem si la méta-propriété vient téléscoper la dignité des simples citoyens : le don devrait avoir une place cruciale. Et inclure le don d’information, alors même que la transmission d’information dans la structure sociale de la France de 2010 reproduit les élites en raison de cet absence de don d’information à d’autres que sa descendance.

      Les citoyens de 2010 peuvent aussi prendre les acquis du CNR de 1944 comme un don, cela permettrait de comprendre quel fil invisible circule entre générations.

  10. Je vais profiter rapidement de la présence sur ce site de gens intelligents et instruits pour me dire s’il est vrai que c’est une chance, en fait, que la durée de vie s’allonge !
    Pourquoi pas, ce serait un autre son de cloche pas totalement bête, je crois !
    Qui a son avis ?
    Je pense que cela peut être vrai au même titre qu’on dit que l’argent distribué aux pauvres est plus utile au pays et à l’économie que celui laissé aux riches !

    1. Senec,

      « une chance, en fait, que la durée de vie s’allonge  »
      A question intelligente, réponse idiote.
      Cela dépend, s’il y a du vent, si l’eau est bonne, si…
      En quelques mots, cela de ce qu’on en fait ou peut en faire.
      Comme disait Jacques Brel « Mourir cela n’est rien, mais vieillir ».
      Il n’a pas eu la chance de le faire.
      Il a vécu plusieurs vies en beaucoup moins de temps que la plupart de ses compatriotes.
      Ses chansons ont souvent été entachée de mort autour de lui.
      Les vieux, notre civilisation occidental, on n’aime pas. Ils coutent chers et son non rentables.
      Pas assez « agile » et devenu trop « fragile ».
      L’expérience, vu les changements rapides, sont moins prisés.
      Alors, une chance, oui, pour la médecine, ça c’est sûr.

    2. Senec, je vais profiter de votre présence intelligente sur le blog pour vous répondre.
      Vous mêlez deux choses absolument sans rapport.

      L’allongement de la durée de vie a été constaté depuis longtemps. Sans que le système de retraite par répartition n’ait été modifié par le gouvernement.
      Volonté de privatisation, sans doute. Une de plus. Et prise de pouvoir des entreprises sur les décisions du gouvernement, bien sûr… Il y avait toujours « trop » de charges. Et les gentils actionnaires sont là…
      Passons.

      Vous avez raison au moins sur le deuxième point. Mais ce n’est pas le but de la manœuvre du système actuel.

      Bien à vous.

    3. Mais un système de retraite privatisé favoriserait la capitalisation ! Ne pourrait-on dès lors pas imaginer que l’allongement de l’espérance de vie entraine une réforme des retraites où la pension publique, de base, capitalisée elle aussi, se combinerait à une rente payée par des sociétés privées (qui auraient obligation de ne pas « jouer » les cotisations en bourse ou, en tout cas, de gérer en bon père de famille) ? Serait-ce tellement imbuvable ? Le système de transferts actifs –> passifs actuel va droit dans le mur.

    4. Fort « heureusement » du fait de la dette qui limite la qualité des soins gériatriques la durée de vie est en train de régresser.
      La pyramide des âges en lent retournement va résoudre le problème des retraites par répartition.
      Cetautomatic.

    5. Senec,

      Le cheminement des idées : durée de vie…travail…retraite…

      Le lien : économie.

      L’éternité : c’est surtout vers la fin que c’est long.

      C’est donc une chance que la durée de vie s’allonge au pied de son arbre et qu’elle y vive heureuse.

      De rien. A vous maintenant : la retraite, considérée comme un progrès social, peut-elle être considérée comme l’acceptation par l’homme de sa servitude, ou – dit autrement pour les plus anxieux, ceux qui ont le plus peur d’accepter l’idée qu’ils auraient pu se faire dicter leur vie- : la retraite peut-elle être considérée comme une récompense suffisante aux yeux de chacun pour pouvoir se permettre d’effacer de son champ de vision, de sa conscience sans remords, l’idée d’un autre possible ?

  11. à kabouli,

    Je comprends que vous n’êtes ni communiste, ni anarchiste, ni même écologiste.

    Cela ne vous donne pas le pouvoir de vous tromper, ou de mentir, à propos de la définition du Spectacle.

    Dans la critique du Spectacle, de la société du Spectacle (au sens de Guy Debord) les rapports économiques ne sont pas une apparence, mais une réalité qui a fini par envahir la totalité de la vie sociale.

    1. Tout a fait d’accord avec vous … Où pourtant avez vous lu que Debord soutenait ce que vous me faites dire. J’ai simplement suggérer que c’était ce que l’on pouvait comprendre en lisant Jorion….mais ce n’est pas l’opinion de Jorion. Vous êtes bien importun en insinuant que je pourrais mentir…. la définition du spectacle de Debord bien qu’elle consiste en une transubstantation de l’économie n’en reste pas moins confuse. Il ne fut pas le seul à employer ce terme on le trouve aussi chez Gunther Anders – son Maître – et en plus précis.
      Je pense ,moi , que c’est l’économie elle-même qui est un Spectacle ce qui est une définition très précise. On peut même affirmer que cette économie est devenue un spectacle avec le développement des médias .N’entend-t-on pas couramment dans le poste « l’economie implique que… » et des tas d’autres phrases du même type qui pose l’économie comme une instance aux désirs si impératifs qu’ils excluent toute discussion. et tout nos braves athés ou rebelles de courber la tête devant une idole à la si triste philosophie ne reconnaissant à l’homme que des instincts de bête..manger..dormir…Copuler même est dorénavant un besoin.
      Je ne suis ni anarchiste , ni communiste, ni écologiste vous avez encore une fois raison car je pense que ces gens à des degrés divers veulent nous passionner avec ce qu’Anders appelllait des fantômes … devrai-je vous faire remarquer que les situationnistes eux-mêmes ne furent ni anarchistes , ni communistes, ni écologistes.

  12. Brassage d’idées trés intéressantes.

    A ce niveau, l’unanimité est quasi générale.
    Je pense qu’ on pourrait le dépasser et
    donner de la substance à quelques idées.
    Les belles déclarations non chiffrées
    sont justement trop belles.

    Ce qui suit n’est qu’une réflexion pratique.

    Niveau de vie:
    Combien le revenu maximal (du patrimoine) ?
    30 fois le smic me semble laisser
    une bonne marge.

    Combien revenu inconditionnel d’existence ?
    2 smic, à prix constants, modulés
    par la taille de la famille.

    limitation et consommation:
    suppression
    – gadget électronique : téléphone portable etc…
    – transport aérien.
    – publicité, exploitant sexe, violence et enfants.
    – toutes activités commerciales favorisant
    l’ égoisme, la violence, l’individualisme
    prédateur, ou établisant une dominance etc…
    ( je vise particulièrement le commerce
    de détail des armes, les agences de
    voyage et les « stations » en montagne
    dites de « sport d’hiver ».)
    – nombre, taille et consommation
    véhicule privé.
    – Consommation électrique contingentée
    ou limitée à partir d’un seuil à très bas prix.
    – Taille de propriété, ou accaparemment
    illégal.
    – Industrie non automatisée, faiblement
    mécanisée sauf travaux lourds.
    -….

    « On » admettra sans peine que toutes
    les mesures coercitives – coercitives par
    rapport au laisser-faire actuel, mais
    en réalité simplement incitatives –
    sont fixées par la Loi, dans un cadre
    démocratique. Et si il le faut
    les axes de fuite hors des frontières
    peuvent être élargis.

    Bien entendu, les activitées de toute
    nature à résultantes sociales, techniques,
    artistiques sont symétriquement favorisés.
    ( Un exemple: les agences organisant
    des découvertes ethnographiques
    géologiques,…, à pieds, à vélo. ou à la voile)

  13. @ Betov,
    Vous dites,

    La nouvelle verticalité qui se présente sera donc, bien plus probablement qu’une société des morlocks et des elois, une société qui se résoudra à criminaliser la richesse. La formule complète étant: criminalisons l’excès de richesse relative. Le plafonnement des richesses personnelles, automatiquement, provoquera une hausse des bas salaires, et il sera toujours temps, à ce moment là, de fixer un plancher.

    Croyez vous sincèrement que l’on puisse « criminaliser la richesse »
    Je considère que prendre l’argent aux riches pour le donner aux pauvres est une utopie.
    Comme l’a dit Peak. Oil.2008

    c’est parce qu’il y a des riches et des pauvres qu’il y a des riches et des pauvres.

    C’est évident, c’est le système qui fabrique les riches et les pauvres et tant que le système restera dans cet état, il en sera toujours ainsi.
    Si nous voulons rendre les riches moins riche et les pauvres un peu plus riche, alors il faut changer les règles.
    Alors, comment changer ces règles?
    Par un changement de paradigme en passant par exemple d’un capitalisme financier à un capitalisme énergétique.
    Dernièrement, j’ai lu le livre de Paul Ariès « La simplicité volontaire », je suis assez d’accord avec ses idées.
    Un revenu minimum! Certes, oui mais pourquoi faire ?
    Si c’est juste pour survivre sans aucun avenir, c’est peine perdue.
    A côté de cela, il faut des projets qui peuvent être financés.
    Ceux ci doivent répondre à la simplicité volontaire qui n’est pas seulement la décroissance.
    La décroissance c’est simplement consommer moins dans le même système.
    La simplicité volontaire, c’est changer de système.
    La limitation des ressources planétaires nous place devant l’urgence de l’acte de capitaliser ces ressources.
    On peut les capitaliser de différentes manières, par la diminution de notre impact sur ces ressources , isolation, relocalisation afin de diminuner les déplacements.
    En développant de nouvelles ressources renouvelables en matière énergétique.
    C’est un gisement illimité qui ne dépend que de l’imagination et de la créativité.
    A mes yeux, il me semble que c’est cela la nouvelle verticalité.

  14. @ Betov: Vous seriez intéressés par la réflexion de Peter Sloterdijk dans son dernier livre; Du muBt dein Leben ändern ( 2009 Suhrkamp ), en traduction francáise donc j’imagine, qui dresse entre autres, un ‘panoramique’ de ce concept à travers les siècles

  15. C’est le système qui fabrique les riches ?
    Quels riches et quel système ?
    Tous les systèmes fabriquent des riches, sauf dans certaines communautés dont on dit, alors, qu’elles sont riches ! Et pendant combien de temps cela dure-t-il ?

    1. Celui qui reçois plus d’intérêt que ce qui n’en paye est riche et sera toujours plus riche sauf erreur de sa part.
      Celui qui paye plus d’intérêts qu’il n’en reçois peut être cataloguer de pauvre surtout s’il se trouve enfermé dans la spirale de la dette infinie.
      Néanmoins, par la croissance, il est toujours possible de sortir de cette spirale pour autant que le créneau soit porteur, ce qui est de moins en moins le cas du fait de l’abscence de croissance.
      Cette abscence est surtout due à l’abscence de croissance pétrolière, je persiste et signe.
      Il faut penser autrement, nous n’avons pas d’autre choix que de sortir par le haut du système capitalisme. Encore faut-il définir ce que cela signifie.
      Ne serait-ce pas là l’objet de ce blog, sinon comme vous le dites on parle pour ne rien dire.

  16. à kabouli,

    Je n’ai aucune envie de discuter à l’infini de ce qu’à dit Debord.
    Il suffit de le lire.

    Quand vous dites que vous n’êtes ni communiste, ni anarchiste, ni écologiste, vous m’accordez le fait de l’avoir remarqué.

    Je pense qu’il faut être communiste et anarchiste et écologiste (et décroissant, et critique de l’industrie…) pour critiquer notre fin de civilisation et trouver des pistes pour sortir de la survie.

    1. Ne faites pas votre important, on ne vous demande rien et surtout pas l’infini . Vous m’avez accusé de mensonge, j’ai prouvé que vous ne saviez pas lire .Vous faites un drole de Marlowe réputé lui pour son intégrité et sa révolte.

  17. Et puisque cet ordinateur m’attire comme un aimant, avant de retourner à des occupations plus terre à terre, je lis dans le « Manière de voir » du Monde diplomatique consacré à l' »Internet – révolution culturelle », ce qui pourrait d’ailleurs intéresser Mme Kosciusko-Morizet (voir Le Monde du 5/6), le passage suivant:

    Alors que la démocratie formelle et guindée est fondamentalement en crise, que les citoyens ne croient plus dans leurs institutions démocratiques, ce qui se déroule sous nos yeux avec cette explosion des communications de masse individuelles ressemble à la construction de nouvelles formes politiques. Il est encore malaisé de dire où elle aboutiront.

    Mais on peut être certain d’une chose: le sort de la bataille se jouera dans le champ de la communication et tiendra compte de la diversité nouvelle des moyens technologiques. En définitive, cette bataille est la plus ancienne de l’histoire humaine. Depuis toujours, elle a pour enjeu la libération de nos esprits. Manuel Castells ds « Naissance des « médias de masse individuels » », p.45.

    En rapport avec la verticalité, ce don (entre autres…) de la pensée libre pour un ré-enchantement du monde. « Verticalité », un beau mot en somme!

  18. Je me sens plutôt sur le reculoir par rapport à ce pidgin mettant en bouche des « dominance » à tous les coins de lignes. Sa signification fleure les maîtres outre-atlantique et les concepts qu’elle alimente sont sérieusement flous…De toute façon, la langue française n’est-elle pas belle et bonne à manier, qu’on veuille l’habiller peuple ou en costume de faiseur ?…

    La « verticalité » évoquée m’apparaît nébuleuse, les analyses des décroissants balayées d’un revers de plume. Une figure générale semble vouloir être tracée. Un bout de croyon usé ne suffit pas à la faire émerger.

    1. La domination symbolique est un concept de Bourdieu, qui n’a donc rien à voir avec l’outre-atlantique, qu’il a élaboré a propos de ce qu’il nomme l’arbitraire culturel. En tout cas il s’agit de domination symbolique, dans un champs donc symbolique, que l’on entende par ce terme ce que l’on voudra : prestige, supériorité reconnu, charisme… etc.

      Le mot symbolique est la définition sociologique de ce que j’ai écrit plus haut.

      L’arbitraire culturel consiste à hiérarchiser les cultures, la culture populaire étant moins valorisée y compris par ceux qui la partagent que la culture « bourgeoise »

      1) il n’y a rien à redire à tout ceci, qui me parais toujours pertinent.
      2) ça n’a rien à voir avec l’outre atlantique.

      Ca fleure peut-être bon les USA mais c’est totalement erroné de votre part.

      Pour terminer sur la verticalité, Obaldia :

      L’homme, cette insolence verticale…

  19. Pourquoi criminaliser ?

    Avoir une attirance irrésistible est davantage une maladie mentale qu’un crime, les indiens hopi l’avaient déjà compris, de même que les vieux paysans percherons rencontrés dans ma jeunesse. La cupidité est, sous une autre forme, ou plus exactement avec un autre objet, la même chose que la pédophilie ou la boulimie. Il ne faut pas punir, il faut aider.

    En attendant, et puisque la cupidité semble être une valeur positive de la société, il paraît préférable de ne pas limiter les très hauts revenus. Au lieu de cela, je pencherais plutôt pour un rappel du sens matériel du mot solidarité. Dans un train, lorsque la locomotive accélère, le dernier des wagons accélère dans la même proportion, parce que les wagons sont solidaires. Instaurons donc deux revenus minimum: l’actuel SMIC en tant que plancher indépassable, complété pour chaque entreprise (ou groupe d’entreprises en situation de dépendance économique) d’une revalorisation fonction du revenu annuel le plus élevé. Une telle disposition pourrait parfaitement être générale car dans les faits peu d’entreprises sont concernées. Quant à la proportion, elle pourrait soit être définie annuellement par une loi de finances, soit être de principe, par exemple une vie de travail au sens de la durée légale nécessaire pour bénéficier d’une retraite à taux plein. Ainsi, libre au dirigeant de percevoir toujours plus, voire même tant mieux, puisque les salaires les plus bas devront être revalorisés.

    Autre sujet, l’emploi. Le partage des richesses ne peut se faire sans que l’on y associe le partage du travail. Le passage à la semaine de quatre jours, qui parait-il est tellement profitable aux élèves, est une urgence absolue dans les entreprises. Le dispositif est en place depuis des années, plus de 400 entreprises françaises de toutes tailles l’appliquent et n’en meurent pas, bien au contraire. Toutes les études de solutions fondées sur ce changement ont été validées par les spécialistes de l’OCDE, il ne manque que le courage politique. Le pays qui le premier l’appliquera en le revendiquant haut et fort sera un exemple que beaucoup auront envie de suivre.

  20. @ Contempteur

    « domination » : Autorité qui, acceptée ou non des subordonnés, s’exerce pleinement.

    Personnellement, j’utilise « dominance » au sens développé par Laborit dans « biologie et structures » et » l’inhibition de l’action ». Soit l’utilisation du circuit de la récompense (boucle striato-pallido-thalamo-corticale) par un comportement d’évitement de la douleur, lequel conduit à rechercher l’acquisition d’une position dominante dans un ordre hiérarchique.

    Remarque, dans sa critique -gentille- de Laborit, notre ami Jean Zin me semble passer à côté d’un point essentiel. A la rubrique « domination / hiérarchie », Jean Zin ne souligne pas la réserve « généralement ». Laborit ouvre ainsi la possibilité de sociétés construites sur d’autres formes de stimulation du circuit de la récompense, ce qui écarte sa pensée de tout biologisme. Ce point est largement développé ailleurs dans l’oeuvre de Laborit.

    …Mais comme nous verrons qu’en situation sociale ces besoins ne pourront généralement s’assouvir que par la dominance, la motivation fondamentale dans toutes les espèces s’exprimera par la recherche de cette dernière. D’où l’apparition des hiérarchies. 61 …

    donne

    Pensée pour le métro du matin 🙂

    Lors des premiers essais de sa chlorpromazine, à Diên Biên Phu, Laborit a du diminuer les doses – les gars qui avaient les tripes à l’air s’en fichaient complètement et en oubliaient d’appeler  » au secours ».

  21. Concernant les retraites, il suffirait de créer une banque et une monnaie avec obligation de l’accepter pour rétribuer toutes les personnes qui ne sont plus en âge de travailler et de supprimer tous les fonds de pension et toutes les cotisations. Une monnaie sur laquelle il serait interdit de spéculer et dont la valeur serait assise simplement sur toutes les valeurs au monde.
    ça vous pourrait fou, mais non il suffit simplement de penser autrement.
    Et d’arrêter de croire à ce qu’on nous à formater dans nos têtes : qu’il faut épargner soit en cotisant soit en plaçant toute sa vie pour avoir un revenu plus tard.
    Le revenu de retraite devrait couler de source chez un peuple civilisé et évolué.

  22. La verticalité me fait un peu peur. Me retrouver perdu dans les nuages tel un romantique… avec ses vues à vous donner le vertige. J’ai connu un peintre qui disait être un rêveur éveillé et pas un rêveur endormi. Si j’avais le choix, je prendrais la verticalité en phase descendante, en allant vers la profondeur. Là, est mon dôme, ma maison. Je suis un homme du sous-terrain. Un courant de matière en ébullition avant qu’elle ne se fige en montagnes.

  23. Un entretien passionnant, admirable de synthèse et de vision prospective, trouvé sur médiapart, avec François Plassard, fondateur du SEL de Cocagne, initiateur du projet EcoHameau, auto constructeur, ancien agent de développement territorial, ingénieur en agriculture (ESAP Purpan) et docteur en économie, auteur, conteur…

    Auteur de « Crise écologique et crise sociale : Titanic ou métamorphose » et « Pour une métamorphose de la société ».

    http://www.mediapart.fr/club/blog/vincent-verschoore/160310/titanic-ou-metamorphose-rencontre-avec-francois-plassard

    1. En effet très intéressant!!!
      Notamment ceci:

      Ce type d’économie fabriquerait par exemple des biens d’usage plutôt que de propriété, rallongeant la durée de vie des produits. Elle permettrait de reconquérir l’autonomie alimentaire, encouragerait les circuits courts. Elle impliquerait également une formation à la pratique non violente et une transformation de la devise française liberté-égalité-fraternité en autonomie-solidarité-responsabilité.

      Et une proposition à creuser:

      Il s’agit de dé-droguer les accros du travail en leur proposant de passer à mi-temps, et d’utiliser l’autre mi-temps – rémunéré au même tarif pour tous – pour créer une activité choisie, hors entreprise et hors famille.

      Avec le temps choisi, on ne demande plus ce que l’on fait dans sa vie, mais ce que l’on fait de sa vie.

  24. @ Abiram:

    Enfin quelqu’un qui prend la défense de la proposition de Paul Ariès.

    Le problème est que bien des points montrent que ça n’a aucune chance de se passer ainsi. Le plafond sera quasi impossible à mettre en place, alors que le plancher sera très facilement accepté par tous, aussi bien au niveau de l’état, qui dépense déjà des sommes non négligeables en solidarité, qui pourraient être transférées vers un RMU, qu’au niveau des citoyens qui ne demanderons pas mieux qu’une petite dose d’humanité.

    Le danger mortel dont je bassine tout le monde, c’est le fait que, lorsque le RMU sera en place, le citoyen ne contestera plus la haute noblesse, ce qui pacifiera à une société à deux vitesses.

    D’autre part, la mise en place du plancher ne changera pas significativement les mentalités, alors que le plafonnement des fortunes personnelles serait de nature à provoquer de tels bouleversements, que c’est vraiment la grosse affaire. Non seulement la mesure ferait fuir les trop riches, ce qui n’est un problème pour personne, mais elle induira de nouveaux besoins, non seulement en jeunes « monsieur le directeur »s qui se satisferont du plafond, mais en structures d’entreprises, en modes de distributions, en adaptations du service des impôts, etc… jusqu’au problème, jamais abordé, des coûts de productions, pour lequel aucun gouvernement et aucun chef d’entreprise n’a jamais songé à produire dans aucun autre cadre que celui du rapport de force.

    Le seul critère réellement influant, actuellement, dans la fixation des prix, est « ce que les gens peuvent payer ». Jamais il n’a été question de vendre pour prélever le moins possible. Devant une telle montagne de changements induits par un plafonnement des richesses, on se dit que les exclus qui attendent depuis la nuit des temps, pourront bien attendre encore un peu.

    1. Votre raisonnement est à la fois plein d’espoir et de confiance en l’humanité et plein de contradictions:

      On aimerait vraiment que le plancher puisse facilement se mettre en place, personnellement j’en ai vraiment marre de voir des petits enfants au gros ventre. Et pourtant il y a des millénaires que ça dure. Je crois au contraire que la mise en place du plancher bougerait les mentalités (ou serait le signe qu’elles ont bougées).

      Vous parlez du danger d’une société pacifiée!! Surprenant et qui donne à réfléchir. D’un coté on a le danger d’une société non pacifiée que l’on connait trop bien et on se dit que vous dites n’importe quoi, puis on prends une minute de réflexion, et on se rappelle Huxley avec son meilleur des mondes et on constate que dans la paix aussi on peut trouver l’horreur.

      Vient alors une contradiction plus difficile à excuser: « les trop riches fuiront » vous parlez d’un RMU alors où vont ils donc fuir??? sur mars?? c’est terminé le monde infini, les riches lutterons car ils n’auront nulle part ou aller et des armes à volonté largement suffisantes à balancer leur petit nombre et ce sera un bain de sang comme jamais. C’est pour cela que les guerres de conquêtes
      sont vouées à l’échec, le conquis ne fuit pas car il n’a nulle part ou aller et il luttera jusqu’à la mort tout acculé qu’il est.

      Ce que je crois personnellement c’est que le seul plafond qui est en train de ce mettre en place c’est celui des ressources et la oui il va s’appliquer à tout le monde. Et hélas il vas devenir un facteur belliqueux de plus en plus lourd et incontournable dans toutes les équations socio-diplomatiques imaginables. Son seul avantage sera peut être de nous tenir à l’écart d’une guerre nucléaire car elle rendrait vain l’espoir de s’approprier les ressources adverses (on a cependant déja vu des « terre brûlée » alors rien n’est gagné face au facteur humain).

      Bonne soirée

      PS :
      A propos d’une de vos réponses à un commentaire ci dessus, je crois que le « blabla mystique » n’existe pas, le blabla par essence est religieux (en premier le logos, St Jean). C’est par la mystique que le religieux prend du sens et seulement par elle. Bien d’accord cependant sur le fait que les religions imploseraient aujourd’hui si on y réintroduisait la mystique.

  25. Je persiste à dire que la pédanterie ne fait aucunement avancer le débat. Jusqu’à preuve du contraire, il me semble plutôt qu’elle ne sert qu’à se mettre en avant de manière totalement inutile pour la communauté. À moins que la communauté ne choisisse délibérément de se contenter de cette manière de pérorer dans le vide. Il est vrai qu’il y a des amateurs du genre ! Des inutiles, en fait, qui cherchent une justification à leur inutilité !
    C’est mon avis ! Parler pour ne rien dire sert-il à quelque chose ? Sûrement, mais à quoi, en fait !

    1. C’est la récréation, Senec. Bon, tu n’aimes pas ça, mais patiente un peu: Monsieur Jorion est en vacances en suisse.

      Pour te rassurer un peu, je dois dire que cet article sans intérêt de surface, dérive d’une demande que Paul m’avais faite, il y a un certain temps, au sujet de la fixation des prix dans le bâtiment (je suis un maçon en retraite), et que, après avoir dit « non merci », j’ai trouvé amusant de lui proposer celui-là, qui répondait à de toutes autres préoccupations (quoique…). Paul a fait preuve d’autant de sens de l’humour que moi, en le publiant.

      Si tout cela t’irrite,… je te déconseille d’acheter du BNP sur sell-off. :))

    2. Betov,

      Du fait que vous nous dites être un maçon (à la retraite), je comprends mieux maintenant votre désir de verticalité.

    3. @ Sennec : je ne suis pas de votre avis, mais je defendrai
      votre droit à le dire (voltaire).
      @betov: nul besoin de vous justifier. Votre idée de dominance
      n ‘est pas quelconque.
      C ‘est une voie à explorer.
      Au point où nous en sommes, elle mérite examen.
      L ‘intérêt serait de pouvoir saboter massivement
      un système de hiérarchie basé sur la consommation.
      Ne pas coopérer avec la bête, le montrer par une
      abstention générale, c’est un rêve.

      Votre idée devrait avoir comme prolongement naturel
      un examen pratique. Je regrette que le débat en reste
      à l’abstraction et aux bonnes intentions.
      La mise en oeuvre, ou « application », est certainement
      aussi riche en idées que celles agitées jusque là.

    4. « Parler pour ne rien dire sert-il à quelque chose ? Sûrement, mais à quoi, en fait ! »

      La poésie mon cher, la poésie.

      J’ai déja répondu ci dessus à un de vos commentaires qui disait à peu prés la même chose (parler pour ne rien dire certes, mais se répéter…de la poésie ça devient de la chanson) que pour moi ce blog a aussi pour but d’exprimer l’air du temps et que cet article en est un bon reflet.

      Il y a ici des commentaires qui ouvrent la porte à la réflexion sur des sujets fondamentaux. Certes la forme est peut être moins léchée que d’habitude mais les imperfections et la simplicité des idées mises en oeuvres permet à des gens comme moi de s’exprimer. En effet je suis plus a l’aise sur ce sujet que sur un autre où il faut avoir assimilé les rouages complexes de la machine financière pour seulement arriver à se construire une opinion.

      Enfin, si vous voulez bien participer à ce forum en tant que moteur et apporter des commentaires bien conçus et enrichissants, nous nous ferons une joie de vous lire. Il y a ici, effleurés certes, quelques sujets ouvrant de vastes perspectives : l’arbitraire (++ à Martine et Didier), le dualisme et la mystique, l’égalitarisme etc…

      Cordialement.

      PS les inutiles sont ceux qui ne servent (à) personne, vive les inutiles!!!

  26. @Senec (Séneque?, Sceznec?)

    Si les chiffres valent mieux qu’un long discours, pourquoi la « Martine » ne nous parle pas simplement de ça (plutôt que du « Care »):

    Statistiques[impôts;gouv;fr] de l’Impôt sur le Revenu portant sur le revenu net imposables

    Année foyers fiscaux foyers imposables Revenu fiscal total Impôt net (total)

    2008 36 036 127 19 716 966 818 291 303 523 € 49 104 870 774 €
    2007 35 633 851 19 094 327 781 464 814 714 € 45 870 103 356 €
    2006 35 105 806 18 889 473 602 599 462 220 € 49 926 615 133 €
    2005 34 813 337 18 142 580 585 820 844 716 € 48 449 418 447 €
    2004 34 419 885 17 790 012 565 906 411 559 € 46 523 454 540 €
    2003 33 756 860 17 516 166 539 451 140 359 € 44 112 138 031 €
    2002 33 364 223 17 310 679 518 417 737 428 € 44 473 759 390 €

    CONCLUSION :En 6ans de « gouvernance » fiscale UMP:

    – le revenu fiscal déclaré a augmenté de près de 60%,

    – l’impôt (IRPP) collecté a augmenté de moins de 10%,

    – le taux d’imposition moyen est passé de 8,5% à 6%, soit une baisse de près de 30%,

    RÉSULTAT DES COURSES: Plus de 20 MILLIARDS évaporés du budget de l’État!

    A voir par ailleurs, la déclaration d’impôts 2009 de la totalité des foyers déclarant:
    http://www2.impots.gouv.fr/documentation/statistiques/2042_nat/2009/2042_anonym_montant.pdf

    1. Et ces 20 milliards, ce sont les riches qui ne les ont pas payés. Les autres payent idem qu’avant. Quand je pense qu’il y a des pauvres qui votent encore UMP…

  27. @Dup:

    * Quand je parle de plafonnement, ce n’est pas à l’international. Rien n’est possible, à mon avis, à l’international. Besoin d’exemples ?

    * Oui, j’ai cité les Morlocks, dans l’article…

    * « Les trop riches fuiront »… aux USA si on a besoin de plus de prédateurs, la-bas.

    * La guerre (qui est le plus probable) n’a pas grand chose à voir avec la rationalité.

    * « C’est par la mystique que le religieux prend du sens ».

    Je renverserais plutôt la formule en: C’est par la religion que la mystique perd son sens. La mystique est une expérience personnelle quasi impossible à communiquer à autrui. L’expérience mystique, comme la mort, est quelque chose qu’on accomplit seul, dans sa chambre. Dès lors, elle est totalement incompatible avec une organisation sociale. Dans les religions, le mystique s’est toujours tu, ou, quand il a parlé, il s’est fait immédiatement mettre à mort pour parjure. De leur point de vue, le religieux ont eu raison de le faire.

    @ Daniel:

    Quand on voit des propositions du genre « 1 à 25 », on se dit qu’il vaut mieux rester dans le flou. 🙂

    Le plancher est déterminé par la richesse globale. Rien qu’en faisant le relevé des diverse aides existantes, on arrive à plus de 700 euros/mois.

    Le plafond que je suggérerais, correspondrait à la somme maximum qu’on puisse imaginer qu’un homme seul, compétent, travailleur et avare, pourrait accumuler en toute une vie. Je tablerais sur 5 millions d’euros. Mais, en réalité, peu importe le curseur, si au moins, il y avait curseur…

    1. Comment ça rien à l’International , m’enfin—-ha le petit joueur!! 😉

      Pour la mystique c’est un peu qui de la poule ou de l’oeuf. Si pour avoir du sens il vous faut des mots vous avez raison ;Perso, je suis plutot partisant du ressenti qui a du sens au dela de toute représentation « egoiste » (dans le sens qui se fait à travers l’ego); pour moi les animaux sont de grands mystiques, lorsqu’ils se mettent à parler ça devient des religieux (des animaux avec quelque chose en moins lol). Il faudrait ouvrir un autre sujet pour lancer le débat tellement c’est vaste et sujet à contrverse.

      Bonne journée.

  28. Ce qui compte, c’est qu’il y ait des gens qui paient. Alors, parlez donc puisque vous avez payé pour cela. Moi, j’attends le retour de Paul Jorion.
    Bien entendu, je m’attendais à cette volée de bois vert. Qu’y a-t-il de plus impertinent que d’interrompre un discours ?

    Laurent K dit :
    5 juin 2010 à 01:44
    Senec,
    oui, tout à fait d’accord. autant j’apprécie les analyses de François Leclerc ou Paul Jorion, autant ce genre d’articles me parait creux. C’est peut-etre moi qui ait raté quelque chose.

    Didier dit :
    4 juin 2010 à 11:29
    Senec : je reconnais être un peu de votre avis

    Lisztfr dit :
    4 juin 2010 à 11:48
    Non, se « gobergent », se gobergent de phrases creuses, et non pas se gobent.
    Ma foi , si vous songez à nourrir votre esprit,
    C’est de viande bien creuse, à ce que chacun dit ;
    Et vous n’avez nul soin, nulle sollicitude…
    Il y a effectivement un danger au sein du blog, à savoir que l’attitude scolastique, l’habitus scolastique dont parle Bourdieu finisse par d’abord orienter notre pensée puis nous écarter de l’action.

    Freud parlerait de régression de l’action à la pensée.
    Est-ce qu’on forme de bons révolutionnaires ainsi, ce n’est pas sûr.

    C’est bien ça : LA REGRESSION DE L’ACTION A LA PENSEE ! Enfin pour moi, une pensée doit être en rapport avec l’action. Penser pour penser ? Ou pour s’épancher ?
    Oui, mais alors ne s’agit-il pas d’un autre sujet ?

    J’avais posé la question de savoir si l’augmentation de personnes âgées était nécessairement une catastrophe pour le budget !
    C’est ça la question ! Et certains (pas ici, je crois) y apportent une réponse qui n’est pas négative, au contraire !

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