Un nouvel ordre mondial de vérité financière, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité

Une crise absolument systémique

Le rétablissement de la stabilité financière mondiale s’inscrit dans quatre axes de recherche : les normes de solvabilité financière à long terme, la politique de liquidité des acteurs financiers, la régulation de la création monétaire par la croissance économique réelle et l’équilibre des échanges monétaires et financiers internationaux. La crise des subprimes s’est déclenchée dans le champ de la liquidité. Elle a dévoilé une insuffisante solvabilité du système financier face à des retournements de conjoncture. Les États occidentaux ont du s’endetter pour limiter les développements de la crise dans l’économie réelle. Le sauvetage du système financier débouche sur des déséquilibres profonds de solvabilité publique et de stabilité monétaire.

Les réformes en chantier visent à prévenir par la réglementation la sur-exposition au risque. D’un côté, des fonds propres davantage calculés sur la possibilité de catastrophe, de l’autre des réserves de trésorerie absolument liquides pour encaisser les chocs totalement imprévisibles. L’hypothèse de travail est contradictoire avec l’expérience. La crise est venue d’acteurs imparfaitement couverts par les règles. Ils avaient un intérêt non localisable mais néanmoins objectif à réaliser des bénéfices d’arbitrage réglementaire. C’est la preuve administrée par les faits qu’une réglementation non totalitaire qui ne supprime pas la raison de l’arbitrage offre nécessairement des opportunités contraires à la finalité réglementaire de garantir la liquidité des engagements financiers. L’effort de réglementation est dans une impasse sémantique tant que la plus-value du risque n’est pas objectivement différentiable du crédit actuellement engagé.

Impasse de régulation

L’obligation de couvrir le risque se rattache à un statut d’établissement de crédit et non à des opérations explicitement et indubitablement financières. La source du crédit dans le risque résulte seulement de la définition réglementaire et pas de l’observation possible par les épargnants ou les emprunteurs d’une réalité objective. Quelles que soient les réglementations, il demeure un intérêt financier permanent à vendre du crédit au-dessus de son prix réel à l’intérieur des périmètres réglementés et à l’acheter en-dessous de son prix réel à l’extérieur des périmètres. La mécanique spéculative n’est pas régulable en réalité, grâce aux dérivés de crédit qui déterminent un crédit à terme invisible à tout tiers mais réel entre ses parties engagées.

Dans un contexte de régulation morcelée entre réglementations et autorités distinctes, des opérateurs de crédit internationaux affichent nécessairement les couvertures en capital requises par leurs engagements visibles de crédit. Ils gardent toute liberté de construire des portefeuilles de risques invisibles contenant les résultats à court terme attendus par un marché aux limites indéfinies. Un gérant de risque non indéfiniment responsable de ses pertes n’a pas de raison d’en limiter la potentialité quand il peut les cacher hors de ses limites personnelles et de sa durée personnelle de responsabilité. La liberté pratique de qualifier par soi-même la nature risquée de ses opérations en choisissant leur domiciliation selon des lois et des autorités de contrôle différentes crée un potentiel permanent immédiat de soustraire à ses créanciers le coût de son propre risque.

Système à découvert

La politique actuelle de renflouement du système financier par le prix administré de la liquidité est un stimulant systémique de l’arbitrage réglementaire. Les banques centrales occidentales garanties par les États et les contribuables offrent massivement des primes de risque gratuites au système bancaire. Ces primes reconstituent les fonds propres bancaires dans les pays occidentaux réglementés. Pour afficher la rentabilité qui justifie leur portage, les mêmes capitaux financent les crédits dans les espaces réglementés et des risques dans les espaces non-réglementés. Acheter du risque consiste indifféremment à investir dans des objets bien réels d’anticipation ou à acheter leur seule mesure comptabilisable en crédit dans un compte bancaire. Le morcellement de la régulation financière mondiale laisse une totale liberté d’adossement de n’importe quelle mesure en crédit à n’importe quel objet réel de valeur à terme. Le bénéfice spéculatif exploite les asymétries d’information qui permettent d’acheter une réalité à terme en dessous du crédit réel qu’elle représente et de la vendre au-dessus de son crédit réel.

La libre circulation des monnaies dans des espaces hétérogènes de régulation fabrique la spéculation systémique. Un dépôt dans une monnaie de réserve reconnue suscite a priori la confiance d’un vendeur d’actif réel. Par la nécessité de vendre contre un paiement sûr, un opérateur réel non informé des équilibres de marché renonce facilement à sa marge qui rémunère le risque de son entreprise. Inversement par la nécessité d’acheter contre un paiement sûr, un consommateur réel non financièrement informé ne mesure pas le prix réel de son risque de crédit. L’erreur de jugement est institutionnalisée par le concept de liberté de commerce dans un État de droit minimal. Le droit minimal est l’interdiction de ce qui nuit actuellement à autrui. Il autorise l’échange de ce qui pourrait nuire à autrui mais dont la preuve matérielle n’existe pas au présent. La Loi n’interdit pas de voler un objet futur puis de le rendre avant que le propriétaire légitime ne s’en rende compte. Ainsi est-il possible de capter la variation favorable du prix de l’expropriation de la réalité future.

Déséquilibre intrinsèque

La civilisation occidentale émet les monnaies de réserve et de paiement internationales. Mais elle ne fait pas vraiment la différence entre la réalité, le crédit de la réalité et le risque de la réalité, qui se trouvent dans le futur. Or la monnaie est justement l’outil de la mesure du présent relié au futur dans la réalité, la mesure moralement certaine de la réalité et l’incertitude de la mesure de la réalité. Les spéculateurs à découvert de la réalité vendent et achètent le futur avec du pouvoir d’achat présent dans des prix futurs qu’ils maîtrisent aux dépens de leurs contreparties. Entre des États nationaux qui ne parviennent pas à une qualification financière commune de la réalité future, la régulation financière est impossible. Le pillage financier de la réalité future n’a pas de raison de se modérer. Il provoquera la rupture des échanges internationaux par l’impossibilité croissante de garantir des crédits internationaux entre systèmes juridiques non coordonnés.

Il existe une issue simple à l’impasse financière actuelle : l’instauration d’un marché international unifié d’options financières pour coter la stabilité des actifs financiers y compris les monnaies et les dettes publiques nationales. Il suffit de créer une autorité transnationale de régulation de la symétrie d’information des transactions financières. Elle implique que les États nationaux reconnaissent que la souveraineté financière non partagée est impossible, que la Loi ne détermine pas toute la réalité économique, que son application contient de l’incertitude qui est la seule cause acceptable du risque de crédit. L’universalité du modèle financier de l’option fait que l’Union Européenne peut à elle seule, par son unité politique imparfaite, en fonder le marché international transparent.

La solution du bancor

En redevenant aiguillon de la civilisation mondiale, l’Europe peut retrouver une dynamique profonde de croissance économique fondée sur la démocratie. La monnaie est la mesure économique de la responsabilité politique. Le calcul économique perd son sens en dehors d’un ordre public de responsabilité financière dont le monde est privé. Un marché d’options ouvert à l’égalité transnationale des droits financiers sous la protection d’États de droit nationaux est le cadre universel de la garantie du crédit par la mesure du risque. Tout sujet de droit emprunteur ou prêteur du nominal d’une option, bénéficie de la garantie de réalité de l’objet de la valeur à terme. Le marché fournit par l’équilibre de l’offre et de la demande de garanties la mesure certaine en crédit de tout objet réel de valeur à terme. Il n’est aucun crédit dont le portage de la prime de risque ne soit garanti par le marché. L’acheteur d’une prime de risque est propriétaire de la plus-value à terme à la condition de combler toute défaillance en crédit de l’emprunteur sous-jacent.

L’option transforme la mesure monétaire promise par tout emprunteur d’un objet futur en objet de valeur certaine à l’échéance et en plus-value objective de réalité future, incertaine à l’origine. Keynes avait proposé le bancor comme nominal d’une option de régulation internationale dont seuls les États adhérents auraient acheté la prime en nature par le risque de déséquilibre des parités de change. Le développement des marchés de dérivés rend aujourd’hui possible le rachat de tous les risques de change et de tous les risques de crédit sous-jacents aux monnaies. C’est-à-dire le portage organisé par le marché de tout risque d’anticipation financière. Mais aucun marché ne peut acheter le risque de ne pas obéir à la même loi de valorisation des échanges entre ses membres. L’Union Européenne est la plus ancienne communauté multinationale de mise en commun de la démocratie. Elle dispose de tous les outils institutionnels et réglementaires d’une monnaie transnationale issue d’un marché transnational commun délimité comme tel. Un bancor initié par l’Union Européenne ouvert à toute démocratie réconcilierait le calcul économique avec la responsabilité politique et la liberté personnelle. Il éviterait les graves dommages humains que vont entraîner les dérèglements économiques actuels.

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85 réflexions sur « Un nouvel ordre mondial de vérité financière, par Pierre Sarton du Jonchay »

  1. Monsieur Pierre Sarton du Jonchay,

    Jolie cette idée d’un achat et vente du futur avec du pouvoir d’achat présent. Vous introduisez le temps dans les calculs économiques. C’est la première fois que je vois formuler cette relation. Elle est pratiquée dans le fameux « High Frequency Trading » et naturellement dans les opérations à découvert. Elle vous permet de conclure à un vol d’un objet futur pour le rendre avant qu’il soit présent.

    Que l’opération soit au mieux amorale, je suis d’accord. J’ai de la peine à suivre votre idée qu’il s’agit d’un vol. L’asymétrie d’information entre les domaines régulés et non régulés permet des opérations douteuses. Le délit d’initié rôde dans ce secteur. L’argent quasi gratuit de la BCE fournit les munitions. Tout cela est, dans le meilleur des cas, pas reluisant. Mais voler un objet dans le futur n’est pas clair.

    Il est vrai que votre ligne d’approche du problème implique le temps. Dans les opérations boursières, c’est pour moi une nouveauté. Prendre un objet dans le futur est pour moi vraiment bizarre. L’idée d’échapper aux conséquences de ses actes parce qu’elles tombent après son temps de responsabilité est claire. C’est pourquoi j’accepte votre idée. je ne la comprends quand même pas.

    Je crois qu’il y a là quelque chose de très gros à creuser.

    1. Monsieur,

      J’ai été voir votre blog et ai tenté d’y laisser un commentaire. Votre site refuse mon adresse email.

    2. L’argent est un moyen commode d’échange, le temps a une valeur d’échange …
      mais la valeur de notre temps n’est pas celle de la valeur de l’argent …
      De là, de mon point de vue, dans ma petite logique à moi, je déduis que l’argent a trop, beaucoup trop, vraiment trop de valeur …..
      Alors que cependant, on ne badine pas le temps, il est flèché, il s’écoule du passé vers le futur, -soit du sens de la vie- et la flèche du temps est un impératif chronologique ..
      Est-ce que donc, le bancor est un signe à la mesure et à la hauteur pour traduire ce passage ???

    3. Cécile,

      Je suis catholique romain. À ce titre, j’adhère au principe énoncé par un certain Jésus Christ : « L’argent est un mauvais maître et un bon serviteur. »

      En un mot, je suis d’accord avec vous.

    4. Cher DidierF,
      Prenons un exemple pour illustrer ce que serait le « vol financier » c’est à dire la vente-rachat à découvert. Vous projeter de planter un pommier dans votre jardin et prévoyez de récolter 100 kg dans deux ans. Vous savez quelle catégorie de pommier vous allez cultiver et comment vous allez vous y prendre. Vous vous dites que vous vendrez vos pommes 100 euros dans deux ans. Vous êtes propriétaire de 100 euros dans deux ans en culture de pommes.
      Imaginez que vous n’êtes plus cultivateur de pommes mais seulement investisseur dans le risque de cette culture. Vous vous adressez à un intermédiaire financier qui vous déclare que pour acheter la vente à terme de 100 euros de pommes dans deux ans : il faut régler immédiatement 90 euros. Cela vous semble raisonnable et vous investissez 90 euros dans la culture de pomme. La vérité d’une telle opération est que l’intermédiaire financier investisse immédiatement les 90 euros chez un cultivateur de pomme. Si ce que vous avez négocié avec l’intermédiaire est un risque véritable, vous n’avez pas acheté que des mots mais l’engagement d’investir 90 euros dans la culture réelle de pommes.
      Vous aurez compris que ce qui se passe sur les marchés financiers n’est pas vraiment cela. Les intermédiaires financiers travaillant de gré à gré ne remplissent pas systématiquement leurs engagements réels d’investissement. Les promesses s’adossent aux promesses et ils n’est nullement certain que votre versement de 90 euros soit effectivement investi dans la culture de pommes. C’est là où est le vol temporaire non pas d’un objet réel concret mais de sa mesure. On vous a vendu un certain prix de quelque chose à terme ; mais l’intermédiaire s’approprie la contre-réalité à terme de cet objet pour spéculer à votre place sur la réalité.
      La négociation financière à découvert est possible par l’absence réelle de marché qui est l’absence d’arbitre impartial de la réalité. Si personne ne vérifie que le prix d’une anticipation financière se rattache effectivement à un objet de réalité, alors on peut vendre et acheter n’importe quelle mesure de quelque chose qu’y n’existe que verbalement dans le futur. Ainsi un opérateur financier par le crédit qu’il inspire dans les masses financières qu’il transforme peut négocier des prix qui ne renvoient à aucune réalité humaine et physique. La pomme-papier se confond avec la pomme réelle dans le futur.
      S’il existe un vrai marché, aucune anticipation financière ne peut être vendue ou achetée sans qu’elle ne soit confrontée à une réalité engagée, c’est à dire couverte au sens financier du terme. Un investissement de 90 dans 100 euros de pommes dans deux ans est couvert si votre versement de 90 va effectivement à un producteur de pommes. Le producteur de pomme est alors acheteur du crédit nominal de 90 emprunté pour produire 100 de pommes dans deux ans. L’intermédiaire financier est vendeur de la prime de risque de crédit à hauteur de 10 et vous êtes prêteur de 90 euros et propriétaire d’une prime d’option de pomme à terme de 10 euros. Bien sûr, l’intermédiaire financier vendeur de la prime est tenu par la réalité : au terme des deux ans, il paie 10 au producteur de pomme qui n’aura pu vendre ses pommes que pour 80 euros de manière à ce que les 90 euros soient effectivement remboursés selon la mesure anticipée du crédit. Une option est bien plus que la mesure d’un nominal de crédit et d’une prime de risque : c’est un engagement humain entre trois personnes pour produire deux mesures financières et une réalité à terme. Sans un marché de réalité à terme pour cadrer la négociation d’option, la négociation financière se centre sur elle-même au mépris de toute réalité et donc de toute vérité.

    5. Oui, mes d’ici là, les financiers de Guillaume Tell auront peut-être ouvert un centre d’entrainement au milieu du verger, à moins qu’un « serment du jeux de pomme » ne soit passé par là….
      Et là les contrats d’assurance ne couvrent en général pas ces risques.

  2. Fin des temps = N.O.M.
    NO FUTUR disait les keupons dés 1976. Les vérités du futur sont à l’image de celles du passé.
    Et si nos « matheux » se calmaient un peu ?

    1. Que signifie N.O.M ? Est ce que c’est le Nouvel Ordre Mondial ? Que vient-il faire ici ?

      Les punks disaient « No Future ». Qu’est ce que ce slogan vient faire ici ? Il faisait référence à l’absence de perspectives d’avenir de la jeunesse de l’époque et du désespoir qui l’habitait.

      Ici, le futur est vu par des financiers. Il est virtuel et il se manipule selon l’auteur. Mettre un terme à ces manipulations me semble être ce que l’auteur demande. Paul Jorion le souhaite aussi ou je n’ai vraiment rien compris. Ces manipulations témoignent de la stabilité des vérités et vous avez raison., les mathématiques y jouent un rôle. Mais c’est un cadre financier.

      Je le vois donc défini par des humains. Alors d’autres humains peuvent le modifier. Ce truc est aussi entre nos mains. Nous le créons. Alors nous avons le droit de le réguler et de ne pas le laisser aux seuls « experts » ou aux forces aveugles du Marché, ce qui revient à nous abandonner au bon plaisir des riches et des puissants.

    2. Le « no future » ne faisait il pas plutôt référence au refus du futur (celui que l’on nous prépare à l’insu de notre plein gré) ?

    3. @Didier
      NOM signifie bien Nouvel Ordre Mondial, comme dans le titre du billet de Monsieur Pierre Sarton du Jonchay, « Un nouvel ordre mondial de vérité financière », ou comme promu par Bush père ou le chanoine de Latran devant l’ONU, ou Saint Jean dans sa « fin des temps », le tout suivant votre sensibilité et le sens et l’échelle que vous donnez à votre lecture.

      Dans ma dimension personnel le futur n’est pas virtuel, il est latent et potentiel, et même présent puisque certain y sont déjà pour nous y aménager des structures d' »accueil », de « formations » ou de « contention », là encore s’est selon ce que vous voulez y voir par « instinct » ou « projections »mathématiques…..

      Quand aux « Financiers », ils sont plutôt rares à s’exprimer sur le blog de Paul Jorion. Vous n’avez pas remarqué?
      Merci à ceux qui s’y aventurent car leur point de vu de décideurs est central.

    4. « no futur » : ça signifiait l’inutilité d’un futur puisque tout ce qu’on avait besoin était présent.

    5. Pierre,

      Merci pour votre réponse. Je pense avoir compris votre réaction. Les financiers nous organisent un nouvel ordre mondial. Installé, il signifie la fin des temps ou comme écrivait Fukuyama « la fin de l’histoire ». Alors le cri de guerre des Sex Pistols, « No Future », devient un refus radical de ce futur. Ce cri était prophétique.

  3. Je ne maîtrise pas les concepts que vous déployez, mais je crains d’avoir compris le sens général : limiter la spéculation.
    Ce qui est pour moi un objectif impossible à atteindre tant qu’on ne supprime pas son support « lesmarchés » !

    Nous n’avons, comme le dit Bernard Friot, aucun besoin des « investisseurs » et donc de « lesmarchés ».
    Nous pouvons financer tous nos investissements et faire bien mieux qu’actuellement, sans intérêts, si nous acceptons de prendre la part des investissements sur le résultat du travail et la distribuer là où c’est nécessaire pour une production saine et tournée vers une véritable satisfaction des véritables besoins humains.

    Je crois que nous sommes engagés si loin dans une bulle financière qui ne correspond à plus aucune réalité (semble-t-il 10 fois le produit brut mondial annuel…) qu’il est impossible d’en sortir par une solution simple ou complexe de gentlemen agreement.

    Si nous ne coupons pas brutalement la branche pourrie, nous disparaîtrons dans une dévaluation-récession-dépression dont seuls quelques uns (les mêmes profiteurs actuels) pourront se sortir… Quant aux autres, les voiture-logements des années 30 aux USA en donnent une assez bonne idée.

    1. « aucun besoin des « investisseurs » et donc de « lesmarchés ». » : vrai ou faux ? On en a besoin dans la mesure où, dans l’immédiat, on ne sait pas faire autrement. L’argent n’est pas dans les mains de ceux qui en ont besoin, (producteurs et consommateurs), donc on a besoin des marchés pour faire les transferts idoines.

    2. Bernard Friot (sociologue le point sur les retraites) était chez Mermet cet après-midi, j’ai écouté, son intervention, scotché pendant toute l’heure, passionnant, il y a matière à réflexion, ils nous ont berné avec leurs arguments fallacieux. A écouter de toute urgence et manifester demain.

    3. Les voitures logements ont réapparu aux USA en 2009. On n’en parle pas mais elles existent surement encore et peut-être pour longtemps.

    4. A écouter et diffuser sur les retraites, la crise et pas seulement…
      http://www.la-bas.org/article.php3?id_article=1965

      Bernard Friot et JeanNimes ont raison: l’investissement est nécessaire, mais son appropriation privée est dépassée. Cette appropriation ne pouvait être que privée, et subversive, lors de la naissance du capitalisme.

      Aujourd’hui, la fantastique accumulation et concentration du capital en fait la menace même de notre survie économique et écologique.

      Coluche le disait autrement: « Le salarié sait comment produire, le patron sait pourquoi »…

      La grande terreur des propriétaires des grands moyens de production, qui fait que cette classe sacrifie tous les budgets, sauf l’armement de ses sbires galonnés, c’est que nous pouvons produire sans eux, alors qu’eux ne peuvent rien seuls…

    5. Alain, en France aussi les voitures logement sont bien présentes, malheureusement, pas besoin d’aller au USA.( bon nombre ont du travail, petits boulots,revenu trop faible pour se loger)

  4. çà me fait penser à des mathematiciens qui se prennent pour des physiciens!
    ah,ce sont des phycisiens???
    ben,je comprends maintenant pourquoi on est dans la merde!

  5. Monsieur Sarton du Jonchay,
    Les informations relatives au bancor sur google ne sont pas tres explicites.
    Moyennant quelques schémas (car cet article m’a filé un bon mal de crâne) ne serait il pas utile de combler les lacunes de wikipedia notamment.
    La vulgarisation des ces concepts n’est elle pas un élément clé pour l’instauration d’un tel système, vu le déséquilibre des forces en présences (lobby financier contre le peuple)? surtout pour que ça aboutisse dans les medias généralistes?
    Il me manque l’intelligence et la compétence pour le faire sinon c’eut été avec plaisir (dans 10 ans j’aurais peut être compris mais il sera trop tard)!

    1. « La vulgarisation des ces concepts n’est elle pas un élément clé pour l’instauration d’un tel système » ? Si, assurément ! Le bancor ne va pas magiquement résoudre tous les problèmes de l’humanité, mais il n’en sera pas moins un progrès significatif. Quoique insuffisant pour « humaniser » l’économie. Je me demande d’ailleurs à ce propos s’il ne serait pas aussi judicieux qu’elle devienne sauvage au sens propre du mot car, dans ce sens, celui de la nature de Darwin, la sauvagerie est toujours auto-limitée. Le prédateur tue sans pitié mais s’arrête aussitôt son besoin satisfait. L’être humain tue avec pitié, (c’est-à-dire au nom de causes « supérieures » qu’il prétend faire advenir par amour de son prochain), mais sans limite.

  6. Vraiment trapu comme article… Je note seulement que la notion de règlementation y joue un rôle aussi important qu’inattendu. Intuitivement, on dirait que, aux yeux des acteurs financiers et des spéculateurs en particulier, cette réglementation est en fait la réalité-même, celle qui sert de référence aux calculs, donc un terrain naturel pour la spéculation. Ce n’est donc pas tant la notion de risque qui est à revoir de fond en comble, mais son contexte, de type sémantique, que constitue la réglementation. La « vraie » réalité, celle du « crédit engagé », s’en trouve comme masquée, et expulsée des calculs spéculatifs.

    Il est fort possible que j’ai mal compris, mais il me semble qu’il y a là-dessous une idée originale et forte, parce que la réglementation, au départ, est censée rappeler les acteurs à la réalité.

    1. Crapaud Rouge,

      Je suis d’accord. Cet article est trapu. Je n’ai pas non plus tout compris. Vous me faites remarquer que dans cet article la règlementation est la réalité des financiers. C’est une idée fort séduisante.

      Elle rejoint ce que je comprends de l’article. Il y a la partie règlementée de la finance et une partie non règlementée. Cela produit deux réalités entre lesquelles il est possible de jouer. La partie règlementée sous estime le prix de l’actif et permet de vendre avec un paiement sûr. La partie non règlementée surestime ce même prix et permet de s’imaginer gagner beaucoup plus que ce qui est possible si on l’achète. Ensuite par besoin d’argent, il faut vendre et là la partie règlementée entre en jeu. La différence est fournie par la planche à billets US ou les prêts quasi-gratuits de la BCE. Elle disparaît dans les poches des opérateurs financiers jouant sur les deux tableaux. Nous, on paie.

      Par la rigueur, par l’accusation que nous vivons au dessus de nos moyens, par l’optimisation des systèmes sociaux, par le chômage, etc… Beurk

      J’ignore si cette image correspond à la réalité. Mais elle est très plausible et utilise votre idée de la réalité des marchés définies par la régulation. Vous m’ouvrez la porte d’univers virtuels distincts entre lesquels des financiers effectuent des échanges. Nous sommes les gisements de matières premières pour ces échanges. Nous payons.

      Cela m’ouvre des perspectives de jeux financiers infinis par créations d’univers virtuels.

    2. @DidierF et Crapaud Rouge,

      C’est exact : la réglementation est la réalité des financiers. L’anticipation des prix du futur ne se fait pas sur des réalités physiques tangibles mais sur des définitions de réalité. La définition d’objet financier renvoit à quelque chose qui doit pouvoir exister à un prix qui s’approche de celui anticipé. L’anticipation financière porte autant sur le prix que sur l’objet sous-jacent au prix. Et la matière du risque n’est pas l’incertitude du prix mais bien la pluralité d’interprétation d’une même définition d’un objet d’investissement et la possibilité que la réalité future n’existe pas dans la forme ou elle a été mesurée. Il y a une troisième cause matérielle de risque, celle qui créé l’aléa moral : l’absence d’intention d’anticiper des réalités et de les mesurer à leur vraie valeur à terme entre les mains de leur acheteur final. La mesure du risque résulte de ses trois causes matérielles dont l’une tient strictement à l’éthique du financier.

      Comme toute activité économique est faite d’anticipation, la finance crée sa propre réglementation pour tout objet de valeur à terme non défini par la collectivité. Un objet de négociation financière défini par la collectivité constitue un vrai marché : tout échangiste sait ce qu’il négocie et le négocie en lui attribuant une valeur collectivement reconnue. Un objet défini par un intermédiaire financier hors de toute régulation publique échappe facilement à une compréhension collective qui garantisse la réalité de sa valeur.

      Quand plusieurs nationalités et plusieurs sources de réglementation publiques ou privées se confrontent dans l’espace économique mondial hors la présence d’une autorité commune de définition de la valeur, toutes les mystifications sont possibles et financièrement rentables.

    3. @ Pierre Sarton du Jonchay,

      « attribuer une valeur collectivement reconnue » : toute la problématique me semble, finalement, être celle de la détermination du « juste prix », ce qui est, pour le moins, un exercice difficile dans le temps et dans l’espace.
      La détermination du prix répond plus à un rapport de force qu’à l’équité. Le juste prix n’existe pas, la notion de prix me semble être éminemment subjective, ce qui explique que certains estiment un prix pendant que d’autres en estiment un autre, sur le même produit à un même moment.
      On est, ici, ce me semble, au confins de la monnaie et de la nécessité d’évaluer monétairement les biens afin de les échanger.
      Cette problématique mériterait une véritable réflexion collective, ni superficielle ni à la va vite, car est ici en cause l’utilité sociale (collective) de la monnaie.

      Cordialement,

    4. @ Pierre Sarton du Jonchay,

      Oui, un début de réponse mais un début seulement car même si l’objet est bien défini (ce que vous appelez réglementairement défini), une personne pourra avoir en tête d’en faire un usage tandis qu’une autre un autre (de la spéculation ou de l’accaparament par exemple) ; or, outre que l’utilisation qui est faite d’un bien peut influer sur ce bien, la valeur initiale pourra être différente en fonction de ce que le vendeur et l’acquéreur attendent de la transaction en question.

      Par ailleurs, j’ai un peu de mal à bien vous comprendre, vous utilisez un vocabulaire redondant qui obscurci votre pensée =>
      ex. : »qu’une négociation financière étant nécessairement une pure confrontation de subjectivités sans objet physique, la seule présomption objective d’objectivité entre des parties est l’intervention d’une troisième partie responsable de l’équité. » => une « présomption objective d’objectivité » tend à prouver que l’objectivité n’existe pas.
      La négociation, qu’elle porte sur un bien financier ou autre, est un rapport de force et le prix qui en découle ne sera jamais le juste prix, il pourra par contre être considéré comme « le prix de marché » mais seulement après avoir pris tout un ensemble de négociations intervenues sur le même objet à un même moment et après en avoir fait des statistiques.
      Et de fait, en matière de prix, pas d’objectivité ; la seule objectivité qu’il pourrait y avoir est un prix fixé par le pouvoir politique, mais il s’agit alors d’un prix autoritaire ou arbitraire, et non d’un prix objectif.
      Si par « 3ème partie responsable de l’équité » vous voulez parler de l’État (ou la puissance réglementaire), permettez moi de vous répondre que l’équité ne saurait être définie une fois pour toute (l’équité dépend évidemment des contingences de la cause) sous peine de se transformer en iniquité, voire en totalitarisme.

      Et puis, j’ai le sentiment, en vous lisant que vous confondez droit et réglementation ; or, l’excès de réglementation nuit au droit. Mais peut-être que simplement je vous comprends mal.
      En terme strictement juridique, « une réglementation financière totalitaire » n’a pas de sens ; je peux tenter de comprendre ce que vous voulez dire mais à vrai dire l’ensemble reste parfaitement obscur.
      Je comprends que vous voudriez « donner corps » aux transactions à terme en les définissant (est-ce que je comprends bien ?) => « l’échange financier porte sur le futur, ses objets ne sont pas mesurables physiquement mais dans leur définition verbale » => mais sincèrement les définir une bonne fois pour toutes ne garantira ni le juste prix de ces transactions, ni ne définira l’utilité par rapport à la nuisance de ce type de transaction.
      Or précisément, puisque vous prêchez pour une réglementation de ces transactions, est-ce que ce n’est pas le rapport entre leur utilité sociale et leur nuisance qui devrait être déterminé ? Ce qui ne résoudra pas le problème du prix.

      Voilà les quelques remarques inspirées de la réponse que vous avez faite à pvin. Je n’exclue toutefois pas n’avoir pas compris du tout votre démonstration.

      Cordialement,

  7. Jolie de belles idées, mais je penses qu’il manque malheureusement un petit quelque chose, la durabilité.

    Combien de temps votre système doit il tenir?

    Si la réponse est « longtemps »: il faut rajouter la pression écologique ( ressource / écosystème) et une autre sociale (pression démographique) et comme tout à une valeur financière cela doit pouvoir se calculer.

    En fait la mise en équation de votre solution comporte de multiples variables, certaine sont connues d’autres non.

    Mais l’idée est jolie, merci pour ce travail, pertinent 🙂 .

  8. Une remarque peut-être hors sujet : Croyez-vous queJ érôme Kerviel pourrait saisir la finesse de votre raisonnement, pour ne pas parler de ses supérieurs hiérarchiques (n +++++++++)?

    1. Sans doute, .. mais en fin de compte, en ont-ils le choix ???
      (choisir, …. c’est légiférer, ….
      -de cette charge, certes les lobbies ont visiblement bien compris, ils en spéculent, ils achètent….
      -mais sur le fond, si j’entends bien, ils n’ont plus, ni pas d’assurance ..
      le grand verbe, toute cette doxa de l’autorégulation financière est tombé de son piedestal, si bas qu’il ne s’en prétend plus, ni n’ose même plus se dire ….

  9. http://www.zerohedge.com/article/whats-ben-gonna-do

    Every day the deflation story gets stronger. Almost all of the numbers in the US are pointing in that direction. A slowdown in the EU is a sure thing. Japan is going nowhere. China is a question mark, but even if they do continue growing it will not result in enough Eco. Juice to offset the global deflationary forces.

  10. Le droit est la plus puissante des écoles de l’imagination. Jamais poète n’a interprété la nature aussi librement qu’un juriste la réalité.
    [Jean Giraudoux]

    le droit financier est la négation de toute transcendance ,c’est le néocortex au service du cerveau reptilien .le materialisme sans spiritualité vampirisant l’humanité au profit de mémes parasitant les sociétés : l’esprit humain est vérolé par des pans entiers de civilisation qui se comportent comme d’autant de virus recombinants . ce qui est fascinant c’est que non seulement certains sont infectés mais d’autres deviennent volontairement des agents propagateurs .

    on dirait qu’il n’y a pas plus choix et de libre arbitre chez ces personnes que chez les araignées sociales ou les fourmis ,qu’un algorythme détermine de façon tellement caricaturale leur vie :

    qui est mr kerviel ? qui est jean marie messier ? qui est jean marc sylvestre ? savent ils vraiment pourquoi ils creusent dans le même sens ?

    sont ce des mutants ? une nouvelle espèce dépourvue de sens moral ? ou est ce que précisement le droit capitaliste déjoue toute défense sociale ? un bout de code tellement efficace qu’il se répliquera jusqu’à paralyser completement le fonctionnement du cerveau humain ?

  11. ///La politique actuelle de renflouement du système financier par le prix administré de la liquidité est un stimulant systémique de l’arbitrage réglementaire. Les banques centrales occidentales garanties par les États et les contribuables offrent massivement des primes de risque gratuites au système bancaire.///

    On a toujours dit que celui qui prend des risques doit les assumer.
    De plus cela créer une disparité entre les acteurs en charge d’identifier le modèle de prévision.
    Le modèle, au lieu d’un jeu à somme nulle et où tout le monde connaitrait les règles mais les assumerait car fondé sur le risque et sur l’aléatoire devient déterminé et donc à somme non nulle pour les initiés.
    La martingale n’en est pas une, elle est une tricherie.
    La solution est de fermer le casino qui a une roulette qui le fait gagner à tous les coups.
    C’est ce qui est en passe d’être réaliser car si les joueurs n’ont plus d’argent pour couvrir les gains du casino le jeu s’arrête.

  12. Beaucoup de mots qui sonnent creux pour le commun des mortels !
    Par exemple, mais est-ce trivial, je ne vois pas associées les 2 notions fondamentales en finance et en spéculation:
    – la rentabilité, le profit, la plus-value, la marge
    – la probabilité

    Parler d’éventualité du vol d’un objet futur revient à envisager le cas d’un homme par exemple pas encore né (un fétus génétiquement délinquant) accaparant un objet n’existant pas encore, par exemple budgeté dans un labo . Cela relève de la littérature fiction.

    Par contre, associer un profit futur estimé à sa probabilité de réalisation, cela s’appelle de la spéculation. Et même si vous prenez une probabilité de 0,000000 ……1 % cela n’est pas du vol mais la spéculation d’un pur rentier qui exigera son dû capital plus intérêt.

    Si on élimine la notion de profit futur et de probabilité associé, comment comptez-vous faire le choix dans des projets d’investissements concurrents face à des ressources comptées ?

    La vraie question est dans la définition de la mesure du profit, donc on revient à la théorie de la valeur. Quelle est le vrai prix aujourd’hui ? De la vie humaine, de la paix sociale, de la santé etc…?

    La politique de la planche à billets conduit à neutraliser la dimension temporelle. Donc à détruire le désir par la satisfaction immédiate, donc à « tuer le bonheur » humain qui n’est pas dans le plaisir mais dans le désir et surtout dans l’effort de la conquête.
    La planche à billets US met en quelque sorte les hommes en cage….comme des animaux de zoo qui reçoivent chaque jour leur ration de nourriture sans effort. Comme le cas des réfugiés dans les camps sous perfusion d’aide humanitaire, qui n’ont pas la carte mais le menu unique juste bon à survivre.

  13. Magistral

    Ils gardent toute liberté de construire des portefeuilles de risques invisibles contenant les résultats à court terme attendus par un marché aux limites indéfinies.
    Cela répond de façon compacte à la question que je me posais depuis le Krach de 1987 : « comment l’économie virtuelle devient si grosse devant l’économie réelle ?  »

    Sinon, presque sans rire, cette explication permet de reprendre tout autrement la fonction d’amortisseur qu’on souhaite voir exercée par la taxe Tobin: il faut « distordre l’espace temps des spéculateurs », que le temps caché leur coute beaucoup plus que le temps régulé.
    Car même ce qui est dans les portefeuilles de risque invisible doit un jour être rematérialisé sur certaines contreparties pour être consommé, il y a bien perméabilité entre les masses régulées et non régulées, c’est sur cela qu’on joue.
    A défaut d’un « grand tout » comme celui hardiment proposé, et supposant qu’il n’y a pas de paradis fiscaux (hem), il me semble qu’un tel amortisseur décourageant les échanges excessifs entre accords de gré à gré (options, dérivés avec contreparties), et valeurs plus liquides (titres bona fide) ne serait autre qu’une « TVA », qui pourrait être établi mensuellement, au vue des comptes du sas/chambre de compensation/ etc entre les deux mondes.
    Le taux prélevé réajusté mensuellement serait déterminé par un principe simple : les masses virtuelles ne doivent pas dépasser 100% des masses réelles. Deux réalités ça va, trois bonjour les dégâts.
    Autrement dit, comme il y a deux référentiels (le(s) régulé(s) et le virtuel), il faut un principe de relativité pour que les passages de l’un à l’autre conservent liquidité, intérêt public, et intérêt particulier. Donc distordre l’esapce (financier) en fonction du temps (la dilatation du gain dans le référentiel virtuel).

    1. timiota,

      C’est vrai qu’une taxe Tobin généralisée à toutes les opérations financières tuerait le HFT de façon radicale. Elle serait indolore pour les investisseurs et mortelle pour ces spéculateurs. Le temps des premiers me semble être de l’ordre de l’année. Le temps des seconds serait de l’ordre de la nanoseconde. Les bénéfices de ces derniers serait plus que mangé par cette taxe Tobin généralisée.

      Cette taxe deviendrait une très forte motivation pour se réfugier dans les paradis fiscaux. Ces gens ne renonceront pas sans combat au HFT. La perméabilité entre le virtuel invisible et sa contrepartie régulée me semble être une piste pour surmonter cet obstacle. Le contrôleur devra être sacrément puissant et totalement indépendant pour réussir dans sa mission. Le bancor (si j’y comprends quelque chose) devient un très gros atout pour réaliser cette idée de taxe.

  14. Cet article semble intéressant, mais il écrit de façon terriblement jargonnesque. Serait-il possible de le traduire en français? (je précise que sans être spécialiste je lis beaucoup d’articles concernant l’économie et la finance, y compris en anglais, et que généralement je comprends).

    Ironie mise à part, l’idée d’une monnaie internationale de référence (bancor ou autre) libérée de la tutelle étatsunienne n’est pas complètement nouvelle. On murmure même que certains y travaillent très discrètement du coté de Moscou, Ryad, Berlin, Beijing… Le problème c’est la réalisation. Beaucoup d’obstacles et beaucoup d’intérêts contraires.

    1. C’est abstrait et c’est du jargon de métier, mais ce n’est pas « jargonnesque » : car ce mot, péjoratif, laisse entendre que l’auteur de sait pas au juste de quoi il parle. Or, ici, l’on sent bien que les mots ont un sens très précis, même si l’on ne voit pas bien lequel.

    2. Quand je trouve un tel article sur le blog de Paul Jorion, je me pose la question: ‘ »Mais pourquoi Paul a-t-il mis ce galimatias jagonesco-diafoirien en billet invité ? » J’essaie d’y répondre en sortant du cadre.

      M. Sartron semble faire partie de ceux qui croient encore possible de réparer un système financier en déroute. Or, ici, on souhaite plutôt sortir de ce système, interdire les paris sur les évolutions de prix et remettre la finance et toute l’économie au service des Hommes et plus le contraire. Paul ne nous offrirait-il pas une démonstration par l’absurde de l’impossibilité de réguler ce qui ne sont plus que des paris sur les mouvements désordonné d’une troupe de lemmings décervelés.

      Quand on lit sous la plume de Sartron « La source du crédit dans le risque résulte seulement de la définition réglementaire et pas de l’observation possible par les épargnants ou les emprunteurs d’une réalité objective. » moi je lis « Les paris risqués des spéculateurs ne peuvent se baser sur aucune réalité objective et ne sont que la tentative désespérée de dénicher la 2.528ème martingale foireuse qui permettrait de gagner au casino boursico-planétaire.

      Le champ de bataille boursico-casinolesque est jonchay (d’accord, c’est mauvais mais je ne suis pas encore bien réveillé) des cadavres des Sartron qui ont cru qu’ils pouvaient gagner contre la banque. Et malgré tout certains y croient encore (je viens de recevoir un mail m’annonçant une hausse de 40% sur …le sucre… Le sucre! Revoyez le film et vous aurez peut-être compris). Même l’ours blanc tropical de Loïc commence à avoir le tournis…

  15. J’ai arrêté de lire pour noter ceci:
    vous associez surprime à crise de liquidité.
    C’est un point de vue incomplet, stérile et finalement erroné.

    La cause est une crise de solvabilité.
    Il suffit de se rappeler ce que désigne le terme « subprime »:
    des gens non solvables, parce que sous-payés au nom
    de théories absconses ( qui ont encore cours), ont été
    incité à contracter un crédit immobilier supérieur à leur capacité
    de remboursement. En corolaire,il était admis,au nom
    d’une théorie ( qui apparamment s’est effondrée) que le
    marché de l’immobilier étant croissant, la valeur à la revente
    serait supérieure au crédit contracté.
    Là est l’origine des « subprimes »; le reste n’est que littérature
    de banquiers, car pour eux et eux seuls, le crise
    est une crise de liquidité.

    Adaptez le revenu des accédants à la propriété
    au niveau d’un immobilier raisonnable, vous n’avez plus
    de crise systémique. C’ était la situation prévalant
    avant les théories absconses.

    Pensez aux épicycles de Ptolémé.

    1. Je suis d’accord avec vous Daniel, mais ce n’est pas ce qu’il a voulu dire, parce qu’il se place uniquement du point de vue bancaire, il a voulu dire que la crise des subprimes c’est déclenchée dans le champs de la liquidité car il ne regarde que les effets et non la cause, les effets c’est la même chose aujourd’hui un crédit interbancaire en panne et une liquidité pour les opérations uniquement au travers des banques centrales qui fournissent elles seule la liquidité aux banques pour leurs opérations, crise de liquidité car ne sachant pas la teneur de leur bilan elle refusaient de se prêter entre elles.
      Pour le reste, c’est du jargon bancaire pour nous, je pense qu’il possible de traduire ce texte de manière plus simple à condition bien sur de le vouloir.
      Je ne sais pas si Monsieur Pierre Sarton du Jonchay est sur ce blog, mais s’il l’est je lui demanderais de réécrire ce dernier tout en sachant que la recherche de la simplicité est le plus difficile.

      En attendant, j’aimerai faire une parenthèse, tout ceci est bien joli, mais ce que je constate malheureusement c’est que nos banques ne prennent pas de risques avec les entreprises mais par contre n’ont aucun complexe à acheter n’importe quoi à coup de milliard.
      Combien de PME aurait pu se développer et créer des emplois si ces milliards avaient été prêté aux entreprises plutôt qu’investit à acheter n’importe quoi.
      Ne venez pas me parler de risque avec les PME, venez plutôt me dire que la rémunération des actifs aujourd’hui pourris semblait bien plus intéressante aux banques que la rémunération d’un crédit fait à l’entreprise.

      Ne venez pas me dire qu’il y avait plus de croissance aux USA qu’en Europe, la croissance en Europe vous les banques vous n’avez rien fait pour.
      Essayez donc de créer une entreprise aujourd’hui et de trouver un concours bancaire, il n’y en a pas.
      Ceci est la triste réalité,

      Combien de PME et d’emplois aurions nous pu créer avec tous ces milliards en cantonnement pour cause de mauvais choix de nos banques ???

    2. Monde du virtuel où il suffirait de prêter de l’argent aux PME pour créer de la croissance, quelque soit la force de la finance, la croissance n’existe que par la croissance du marché mais aussi à condition que les clients soient solvables.

      En d’autres termes, la crise des subprimes est un problème de marché solvable et non un pb de crise financière, les clients étaient présents mais il n’avait pas les moyens de payer, maintenant qu’elle est la raison de cette insolvabilité, cela est un autre problème.

      Nous avons le même type de crise en Espagne, des appartements neufs et prêts à être occupés mais le marché n’existe pas, on a construit sans savoir si on vendrait…

      Bref pour qu’il y ait croissance, il faut un client capable de payer ou un client qui a un besoin à assouvir…

      Les financiers devant ce déficit de marché solvable on créé une bulle virtuelle où on peut inventer un marché imaginaire, le hic en l’espèce n’est pas tant qu’ils prennent des risques, c’est que ce risque est automatiquement reporté sur autrui, c’est cette relation qu’il faut reconstruire, faire supporter la perte potentielle au spéculateur.

      La force de la finance est d’avoir fait croire qu’elle pouvait inventer de la croissance, qu’elle inventait les marchés, qu’il suffisait de mettre de l’argent sur le champ du monde pour qu’il se reproduise, la question est celle-ci, la finance a-t-elle raison, si oui nous allons dans le mur et il n’y a aucune solution, si c’est non alors il suffit pour résoudre le problème de scinder la banque de détail et la banque d’investissement des spéculateurs, isolant ainsi le risque et les spéculateurs, l’abrogation du Glass-steagall Act étant donc la cause principale de la crise actuelle de la finance.

      Reste le problème du marché lui, cela explique que le marché continue de se développer dans les pays émergents malgré la finance moderne.

      Le problème de nos pays occidentaux étant alors une crise de croissance de la société développée, en d’autres termes ce n’est pas la régulation de la finance qui pose problème mais trouver une autre évolution de notre société développée.

      Bien évidemment on pourra toujours dire que si la rentabilité des entreprises était mieux répartie le marché redeviendrait solvable, nous allons alors vers une société plus égalitaire, mais reste qu’à un certain moment nous avons tous maison, voiture, frigo, TV et phone comment alors recréer de la croissance et quid de la capacité de notre planète à assouvir la soif de consommation de 7 voir 9 milliards d’individus.

      En disant cela et je me mets à la place des spéculateurs, ne reste alors plus qu’à rêver et à faire comme les ados, se mettre devant un jeu vidéo coupé de la réalité et jouer, jouer, jouer…. en virtuel bien évidemment car d’issue possible et réalisable, regardons les choses en face, pas beaucoup d’espoir, réinventer et redonner une vision d’avenir à notre planète, nous remettre à réfléchir sur une autre manière de faire évoluer l’être humain, là c’est hard car il nous faut oublier le présent, encore une fois se couper du présent pour envisager l’avenir, un peu l’idée de l’article présent, et s’il ne restait que le virtuel pour imaginer un avenir différent du présent !!!!

    3. @daniel,

      Vous êtes au coeur du problème en discutant du lien entre liquidité et solvabilité. La solvabilité, c’est la permanence anticipée de la liquidité future : est solvable celui dont on ne peut pas douter qu’il sera liquide sur tous ses engagements à échéance future. Pour être solvable, il faut être actuellement liquide. Ne pas être mis en faillite signifie acter à tout instant présent la possibilité de régler ses engagements à terme.

      L’impasse actuelle du débat sur la liquidité et la solvabilité est dans l’absence de la réalité sous-jacente à la mesure de la liquidité et de la solvabilité. Pour que la liquidité présente et à venir soit réelle, il faut que la contrevaleur des prix financiers soit réelle et vérifiable. Vous avez absolument raison : si les prix de l’immobilier américain n’avaient pas été artificiellement stimulés par des crédits réellement illiquides, il n’y aurait pas eu de crise des subprimes.

      Le problème de la liquidité est donc celui de la réalité qui doit être mesurable indépendamment des anticipations financières. Est liquide un prix qui reflète l’équilibre actuel de l’offre et de la demande de son objet sous-jacent réel. Est potentiellement illiquide un prix qui contient les équilibres futurs de marché avant que l’offre et la demande réelles ne soit encore exprimées.

      Et qu’est-ce que sont l’offre et la demande réelles ? L’échange de la satisfaction réelle de détenir un objet réel contre un crédit de monnaie liquide dont la valeur réelle correspond exactement au prix de l’objet échangé. La réalité est donc celle de sujets librement engagés dans leur décision d’échanger un objet réel contre monnaie dont la valeur est définie et certaine.
      La crise systémique est bien la possibilité de pouvoir produire le signe de la liquidité en dehors de sa réalité.

    4. Si on appelait un chat, un chat, la finance aujourd’hui c’est uniquement la Cavalerie et rien d’autre.

      Et pour ne pas s’en tenir aux subprimes Us, comment définir l’allongement de la durée des prêts qui alimenté notre belle bulle immobilière en France faisant ainsi passer un appartement de 600 000 francs à 300 000 euros en moins de 10 ans ? Résultat : qui est encore solvable pour penser se loger s’il n’a pas eu la chance d’acheter avant et de revendre à temps pour acheter plus grand ?
      Ceci d’autant plus que les revenus mobilisés pour répondre au crédit sur 25 ans ne participeront plus à la consommation…ni à l’emploi.

    5. Absolument d’accord pour considérer que toute la problématique entre liquidité et solvabilité exposée dès l’intro du billet est centrale.
      Que l’illiquidité d’un acteur économique soit l’expression immédiate d’une insolvabilité sous-jacente préalable ou que l’illiquidité de l’environnement financier ou économique entraîne l’insolvabilité brutale d’un acteur ou de tous par effet systémique, le problème reste fondamentalement l’insolvabilité non apparente dans les bilans et non anticipée. Ne parlons même pas des stress-tests bidons…

      Si je présente un bilan à mon banquier avec une trésorerie pimpante, mais des stocks réduits à zéro ou menacés de dévalorisation rapide pour cause de marché déprimé ou autre, il va me demander gentiment mais instamment de m’assurer béton contre la grêle pour sauvegarder ma trésorerie à court terme ET ma solvabilité à moyen terme. Simple mesure prudentielle.
      Dans nos métiers, comparables à l’industrie lourde en terme de masse de capitaux investis et de long termisme, la permanence de liquidité est bien sûr importante, mais secondaire par rapport à la consolidation progressive et prudente de la solvabilité à long terme. On doit pouvoir encaisser jusqu’à deux ou trois années sans récolte ou ventes suffisantes.
      Et attendre le retour des vaches grasses…

      Et le bilan de CASA ou de sa caisse régionale Aquitaine, pourtant une des plus dodues avec celle de Marne-Champagne, qui me donne des leçons de gestion, je suis pas sûr que son bilan soit aussi « sincère, franc, loyal et marchand » que le vin sur lequel il m’octroie ses warrants à 3,3% (correct…).

      Par ailleurs, et pour sortir de cette manière effectivement passablement jargonesque, si l’on s’amusait à rapprocher les vertus d’une « bonne finance » à construire des vertus cardinales?

      JUSTICE
      PRUDENCE
      TEMPÉRANCE
      FORCE (courage)

      Oulala! C’est pas un boulot pour les jésuites, il y faudrait des jansénistes…et encore!

  16. La finance aurait créé un pont entre deux mondes : le paradis et l’enfer sans doute.

    Cette découverte donne un jour nouveau à l’idée que la Terre serait l’enfer d’une autre planète.

    Beaucoup de remarques intéressantes dans les commentaires et des pistes à suivre pour la refondation inévitable :

    1. Les banquiers qui ont titrisé des créances dangereuses (qualificatif mesuré) sont des gangsters.

    2. Le problème de la propriété des moyens de production reste posé.

    3. Certains individus qui ont une apparence humaine ne sont pas des humains véritables mais des robots dotés d’une apparence humaine mais dépourvus des qualités qui rendent la vie sociale possible.

    Il faut les déprogrammer.
    Les objets ne saignent pas.

    marlowe@orange.fr

  17. En effet, vous résumez bien le problème.
    Et, il est évident que jouer sur les différentiels est devenu un sport qui mettra la planète à genoux.
    (entre parenthèses, le vol dans le futur est assez similaire à l’endettement des états : les futurs contribuables ne sont pas encore nés…)

    Bon, et vu la quasi-impossibilité de mettre tous les pays d’accord, comme vous le disiez, l’Europe pourrait déjà montrer l’exemple.
    En reprenant l’idée de Monsieur Généreux d’interdire, dans le secteur financier, ce qui n’est pas autorisé par la loi, par exemple.
    Mais tant d’intérêts divergeants sont en jeu…

    1. @yvan : « jouer sur les différentiels » n’est pas le propre de la finance, c’est aussi ce que fait l’industrie soumise à la concurrence, laquelle ne se prive pas de redéfinir la réalité comme bon lui semble. Pour ne citer qu’un exemple entre mille, le poulet c’est pour elle « toujours du poulet », qu’il soit élevé en liberté, fabriqué en série dans une usine, ou vendu en blocs congelés. On a bien un différentiel de définition, donc de valeur, et finalement de prix.

    2. Mais tout à fait, Batracien Toxique.

      Cela fait bien longtemps que je sais quelque part que je spécule lorsque j’achète pour remplir mon stock lorsque le cours est bas.
      Même chose pour mes trois niveaux de pouvoir en achats internationaux :
      – le swap de devises
      – l’achat à terme, et…
      – la spéculation.

      Et coté truandage face à l’impôt, là, je vous jure que j’ai vu des manips qui sont dignes de la Mafia.

  18. @ Pierre Sarton du Jonchay
    Je suis un peu long, désolé, la grève m’offre du temps.
    Votre article fera sans doute plaisir à P. Jorion, puisque dans sa conclusion il propose la mise en place du bancor. Néophyte en ces matières, votre article reste pour moi abscons.
    Denis Guedj avait dit « Une affirmation mathématique n’est pas vraie parce que c’est un « chef » qui le dit, mais parce que tout un chacun peut en vérifier la justesse ! ».
    C’est le pari de la raison, encore faut-il que le « tout un chacun » ait acquis le savoir qui permet d’être dans le coup de la vérifiabilité. Entre 2 avis opposés dans un domaine où j’entrave que pouic, je penche vers l’expert qui a les mêmes penchants politiques que moi, ça ne garantit rien pour autant.

    Vous présentez sur votre blog le coup de gueule du regretté Guedj,
    http://pierresartondujonchay.over-blog.com/ext/http://www.liberation.fr/sciences/0101304426-ces-mathematiques-vendues-aux-financiers

    Merci, c’est une excellente lecture plus accessible au commun.

    Je crois comprendre que ce bancor malgré son inconvénient de cumuler dans sa sonorité la banque et l’or, serait un nouvel étalon universel offrant une gamme de convertibilité à toutes les monnaies en usage, or inclus dans une chambre de compensation avec une exception notable pour l’or qui serait convertible en bancor et pas l’inverse. Bref une sorte de mètre, référent ultime pour des monnaies ayant entre elles des rapports schtroumpfés via ce bancor qui devient un équivalent général.
    Pourquoi pas !
    Néanmoins à lire P. Jorion (note sur le bancor) la proposition de Keynes vise à « assurer la pacification des relations économiques entre les nations » et Keynes pense « Il n’y a en réalité que deux [idéologies] : les états totalitaires… et les états libéraux ».
    Sous réserve des changements de « valeur » linguistique des mots utilisés dans le passage d’une langue à l’autre, je note que Keynes use du terme « Nation » et de celui d’ « État ». Le troisième larron de la sainte trinité fictionnelle « Peuple » n’est pas explicite et sa volonté chère à Mirabeau pas plus. On ne trouvera jamais de présence de l’un et de l’autre que biaisée par un système complexe de représentation quel qu’il soit et pas neutre du tout quant au « faire valoir » des intérêts divergeants en jeu.
    En dépassement de la Nation et ses impasses fut proposé au 19ème la notion d’internationalisme qui subvertit les calculs égoïstes des représentants de la Nation qui s’avèrent pour la plupart les représentants des privilégiés de la Nation comme les fils de ce blog ne cessent de le montrer.
    On sait que l’élan de cet internationalisme fut cassé par les ambitions nationalistes en jeu dans la dite première guerre mondiale. (Cf Jaurès).
    Un évènement contingent s’en produisit en 1917 qui tout en déplaçant le sens d’internationalisme, ordonna par la suite autrement qu’au 19ème l’ordre du monde et son désordre pendant tout le 20ème et jusqu’à ce jour puisque malgré les paradoxes sensibles de la République Populaire de Chine, elle reste un effet de l’évènement contingent.
    Si Keynes dans les 30’ usait déjà de l’opposition totalitaire/libéral c’était déjà comme aujourd’hui encore, sans distinguer que le fascisme n’a jamais été qu’une forme violente de réaction du pouvoir des possédants à la violence du projet socialiste de leur couper les bourses.
    La loi Monory de 1978 était aussi une réponse politique plus soft au PCG, et favorisa fiscalement la création d’un capitalisme populaire (dans tous les sens du terme !) et l’identification idéo-logique aux possédants. Cette identification suscite plus « d’envie » que la théorie des ensembles version 2 classes définissant les appartenances (même croisées de fait).

    Vous employez l’expression de « réglementation non totalitaire ».

    Le réel par définition échappe à toute tentative de réglementation si on entend par là une tentative symbolique de la tentation imaginaire de l’incarcérer. Par hypothèse toute règle suppose la possibilité de sa transgression. La sanction est le témoin de cette potentialité en puissance.
    Donc une règlementation est par essence totalitaire bien que trouée. Qu’il s’agisse de la notion de vide juridique ou des cohortes de juristes qui se précipitent aux services d’intérêts qui les rémunèrent jusqu’à satiété pour trouver les failles des limites imposées par l’État de droit, la fuite est toujours déjà là.

    Aussi pourriez-vous m’éclairer sur votre syntagme de « réglementation non totalitaire » qui suppose alors une réglementation qui soit totalitaire. Une réponse là-dessus m’importe.

    Votre billet/analyse semble proposer une solution technique comme remède à une situation économique issue de choix politiques.
    Je crois lire que toute l’affaire que vous articulez tient à la décorrélation entre un signe et son référent. Là où Magritte propose son « ceci n’est pas une pipe » les MAF achètent et vendent la pipe, avec le bénéfice virtuel du rapport de cette féelation réelle promise à quelques fortunes.
    Ce serait donc une sorte de bulle de la valeur de la signification comme telle (un délire initié par quelques « économistes » embarquant le monde entier ? – on en a connu d’autres ; le petit dernier, Kerviel « Donc, si j’ai continué, ce n’était pas pour l’argent, mais j’étais complètement déconnecté de la réalité »).
    Cette valeur de la signification (la fameuse réalité) est toujours en discussion à la bourse des échanges langagiers quotidiens qu’on appelle pourparlers.

    Personnellement je ne pourparle plus sur l’opportunité de mettre fin à la propriété privée des grands moyens de production, ni sur la fin du secret bancaire. Après ça peut pourparler sur « un programme partagé » incluant le bancor, qu’ensuite viennent s’en mêler la dite extrême gauche jusqu’aux villepinistes, l’important me parait d’isoler les terroristes et les totalitaristes du capital et de « desseiner » une alternative, mondiale bien sûr.

    1. Cher pvin,

      Permettez-moi d’avoir pris le temps de réfléchir avant de vous répondre. Mon expression de réglementation (non) totalitaire est effectivement à éclairer. J’entends par totalitaire le fait de couvrir par un discours tout un champ du réel de sorte qu’il ne reste aucune incertitude sur la description complète de ce réel. S’agissant du domaine financier, la réglementation n’est pas totalitaire puisque la partie du champ non couverte est beaucoup plus importante que la partie couverte. J’affirme que ce fait pose problème parce que générateur de risque non mesurable donc illimité.

      Comme l’échange financier porte sur le futur, ses objets ne sont pas mesurables physiquement mais dans leur définition verbale. La réglementation est un moyen indispensable de l’activité financière en figeant des définitions d’objet financier. Sans une définition commune entre les contreparties de l’objet qu’elles négocient, le risque est total qu’elles ne négocient pas la même chose. L’absence de réglementation financière d’origine publique dans le champ international laisse aux acteurs le soin d’annoncer par eux-mêmes la réglementation qu’ils s’appliquent entre eux. Ils le font à l’intérieur de leurs contrats sans lesquels il n’y a pas d’objet financier.

      La réglementation publique plus les contrats privés constituent donc globalement et nécessairement une description totale de la réalité des engagements financiers. Mais c’est une totalité invisible à la collectivité du fait des contrats de gré à gré qui ne laissent aucune trace extérieure aux parties. Entre les parties-mêmes, rien ne prouve ni ne garantit l’interprétation commune des engagements échangés. Il en résulte que les prix ne sont pas l’expression d’un équilibre entre une offre et d’une demande. Ni à l’échelle de la collectivité financière à cause des contrats inconnus ; ni à l’échelle individuelle où l’offre d’un contrat n’est pas objectivement ce qui est demandé par la contrepartie.

      Précisons à ce stade qu’une négociation financière étant nécessairement une pure confrontation de subjectivités sans objet physique, la seule présomption objective d’objectivité entre des parties est l’intervention d’une troisième partie responsable de l’équité. Elle n’a pas d’intérêt dans l’objet négocié mais seulement à l’équilibre d’information entre les parties sur la réalité de leurs engagements réciproques. On découvre que ce tiers ne peut venir que du marché ; pas le lieu où l’on négocie mais l’intermédiaire par lequel on négocie. L’intermédiaire de marché incarne littéralement la communauté des objets de négociation financière entre toute partie négociante.

      La réglementation financière devient donc réellement totalitaire par l’intermédiation humaine entre sujets humains d’anticipation financière. Pour qu’une réglementation soit totale, elle ne doit pas tout dire mais permettre que tout soit dit sur le plan des engagements humains. Le seul moyen d’y parvenir est l’instauration d’un marché d’intermédiation parfaitement délimitée et identifiable. Identifiable par une monnaie de transaction qui signale l’efficience absolue de l’intermédiation de marché. Délimitée par le fait que sans utiliser la monnaie, on négocie en dehors du marché et de la régulation qu’il contient. Une réglementation financière totalitaire est un marché transparent d’anticipations dont les sujets sont dedans ou dehors selon la monnaie qu’ils utilisent.

      Vous affirmez à juste titre que nous sommes dans un problème de tri. Quelle totalité choisissons-nous ? Le bancor est la proposition d’une réglementation de marché distincte de tout autre qui accueille la totalité de l’engagement humain. Le bancor est international car aucune interprétation nationale du droit ne peut y prévaloir ; seulement l’égalité d’information entre des parties engagées garantie par un arbitre commun. Arbitre commun évidemment délégué par les Etats, peuples et nations démocratiques convaincus que la liberté la plus fondamentale est de comprendre à quoi la vie engage.

      Qu’en dites-vous ?

    2. Symboliquement, Edgard Faure, qui avait autant d’humour que Magritte, a créé, pour luter contre l’internationalisme, une niche fiscale pour les tailleurs de pipes de Saint-claude dans le Jura……
      Pvin, vos fées m’ont bien fait rire.

  19. Si tout cela ne sous parait pas pervers, c’est que vous vivez dans un monde virtuel et que vous n’avez pas subi de pertes ou que vous ne les comptez pas (les joueurs ne comptent que les bénéfices et non les pertes) ou qu’on ne vous demande pas de rembourser les dettes d’autrui. Je comprends maintenant pourquoi on a interdit le jeu du bonneteau : c’était une tromperie à la portée de petites gens. Actuellement, on a institutionnalisé la tromperie complexe pour une certaine catégorie de gens qui se mettent à l’abri du policier de ville par une cloison de fumée appelée : l’intelligence financière. Sinon quelle différence ? Le but reste le même : tromper et voler, même vous persistez à appeler cela en des termes plus élégants (plus hypocrites).

    1. Heu.. Senec.
      Vous n’êtes obligé de déclarer sur la place publique que je suis pervers. Merci.

      Bon, j’avoue que j’ai un peu provoqué la réponse de Monsieur Jorion pour obtenir une réponse face à la réaction de Vigneron. Mais sans plus.
      Oui.. admettons que j’ai aussi un peu incité Vigneron à revenir et à avoir des avis plus tranchés voire mordants. D’accord…
      Je ne vous avouerais tout de même pas ma prochaine manoeuvre qui consistera à forcer Monsieur Jorion à se poser en rassembleur de son audience derrière lui, je lui reserve la surprise 😉

  20. À Pierre Sarton du Jonchay,
    Je ne connais pas d’autre règlement sur ce blog que celui, implicite et lisible, définissant des catégories de savoirs, des tags, et l’engagement des modérateurs.
    J’ignore si c’est à votre demande ou à celle de P. Jorion et François Leclerc que l’article de votre blog s’est trouvé une place ici, pas forcément déplacée puisque enjeu de débats.
    Je vous ai posé une question plus haut où j’indique bien qu’une réponse m’importe.
    Rien ne vous oblige à y répondre sous quelque forme de réponse que ce soit et le silence en est une, mais plutôt inusitée sur ce blog à la pratique réglementaire consensuelle.

    1. Cher pvin,

      Permettez-moi d’avoir pris le temps de réfléchir avant de vous répondre. Mon expression de réglementation (non) totalitaire est effectivement à éclairer. J’entends par totalitaire le fait de couvrir par un discours tout un champ du réel de sorte qu’il ne reste aucune incertitude sur la description complète de ce réel. S’agissant du domaine financier, la réglementation n’est pas totalitaire puisque la partie du champ non couverte est beaucoup plus importante que la partie couverte. J’affirme que ce fait pose problème parce que générateur de risque non mesurable donc illimité.

      Comme l’échange financier porte sur le futur, ses objets ne sont pas mesurables physiquement mais dans leur définition verbale. La réglementation est un moyen indispensable de l’activité financière en figeant des définitions d’objet financier. Sans une définition commune entre les contreparties de l’objet qu’elles négocient, le risque est total qu’elles ne négocient pas la même chose. L’absence de réglementation financière d’origine publique dans le champ international laisse aux acteurs le soin d’annoncer par eux-mêmes la réglementation qu’ils s’appliquent entre eux. Ils le font à l’intérieur de leurs contrats sans lesquels il n’y a pas d’objet financier.

      La réglementation publique plus les contrats privés constituent donc globalement et nécessairement une description totale de la réalité des engagements financiers. Mais c’est une totalité invisible à la collectivité du fait des contrats de gré à gré qui ne laissent aucune trace extérieure aux parties. Entre les parties-mêmes, rien ne prouve ni ne garantit l’interprétation commune des engagements échangés. Il en résulte que les prix ne sont pas l’expression d’un équilibre entre une offre et d’une demande. Ni à l’échelle de la collectivité financière à cause des contrats inconnus ; ni à l’échelle individuelle où l’offre d’un contrat n’est pas objectivement ce qui est demandé par la contrepartie.

      Précisons à ce stade qu’une négociation financière étant nécessairement une pure confrontation de subjectivités sans objet physique, la seule présomption objective d’objectivité entre des parties est l’intervention d’une troisième partie responsable de l’équité. Elle n’a pas d’intérêt dans l’objet négocié mais seulement à l’équilibre d’information entre les parties sur la réalité de leurs engagements réciproques. On découvre que ce tiers ne peut venir que du marché ; pas le lieu où l’on négocie mais l’intermédiaire par lequel on négocie. L’intermédiaire de marché incarne littéralement la communauté des objets de négociation financière entre toute partie négociante.

      La réglementation financière devient donc réellement totalitaire par l’intermédiation humaine entre sujets humains d’anticipation financière. Pour qu’une réglementation soit totale, elle ne doit pas tout dire mais permettre que tout soit dit sur le plan des engagements humains. Le seul moyen d’y parvenir est l’instauration d’un marché d’intermédiation parfaitement délimitée et identifiable. Identifiable par une monnaie de transaction qui signale l’efficience absolue de l’intermédiation de marché. Délimitée par le fait que sans utiliser la monnaie, on négocie en dehors du marché et de la régulation qu’il contient. Une réglementation financière totalitaire est un marché transparent d’anticipations dont les sujets sont dedans ou dehors selon la monnaie qu’ils utilisent.

      Vous affirmez à juste titre que nous sommes dans un problème de tri. Quelle totalité choisissons-nous ? Le bancor est la proposition d’une réglementation de marché distincte de tout autre qui accueille la totalité de l’engagement humain. Le bancor est international car aucune interprétation nationale du droit ne peut y prévaloir ; seulement l’égalité d’information entre des parties engagées garantie par un arbitre commun. Arbitre commun évidemment délégué par les Etats, peuples et nations démocratiques convaincus que la liberté la plus fondamentale est de comprendre à quoi la vie engage.

    2. Je ne vous dis par « cher » (querido/costoso) puisque j’ignore ce que va me coûter la prochaine réponse…
      C’est ma façon de vous introduire à la mienne.

      « J’entends par totalitaire le fait de couvrir par un discours tout un champ du réel de sorte qu’il ne reste aucune incertitude sur la description complète de ce réel ».

      Il y a beaucoup d’incertitudes sur la signification de votre phrase. Des siècles de débats !
      Votre conception du réel fabrique une langue qui en ferait la nomenclature totalisante.
      Ce n’est jamais le cas, pour aucune langue.
      La langue est matière vivante dans un rapport élastique à un réel énigmatique dont elle n’est que la grimace sous cette forme instable, discutable dénommée réalité.
      La réglementation qu’elle soit financière ou autre ne saurait être totalitaire. Ça tient entre autre à la langue même.
      Même le droit canon tient compte du malentendu inhérent à la langue même « Can. 17 – Les lois ecclésiastiques doivent être comprises selon le sens propre des mots dans le texte et le contexte ; si le sens demeure douteux et obscur, il faut recourir aux lieux parallèles s’il y en a, à la fin et aux circonstances de la loi, et à l’esprit du législateur. »
      À la façon des joutes oratoires tibétaines, des discussions rabbiniques, de la disputatio ou malgré la pyramide kelsenienne les juristes n’échappent pas aux ambigüités, d’où leur tradition de lecture et leur jargon de sauvegarde.
      C’est vous dire si j’entends bien votre souci d’une « définition verbale » et de « négocier la même chose ».
      Pire, je me souviens avoir entendu que des chinois venus signer à Paris des accords liés à l’OMC sur les droits d’auteurs avaient eu beaucoup de mal à entendre ce qu’était un auteur. C’est déjà sujet de débat en occident, y compris dans le sens restreint d’une définition de la propriété juridique. Notre histoire occidentale philosophique, juridique etc. nos catégories de savoir ne font impérialistement que s’imposer au reste du monde via la mondialisation au pas de course.

      Toutes ces réserves n’empêchent pas d’essayer de s’entendre mais l’expérience conjugale, si vous l’avez, a du vous enseigner qu’en cas de désaccord plus on s’explique moins on s’entend !
      Sachant qu’au niveau de l’Europe une armée de juriste peaufine déjà l’harmonisation – pas sans enjeux politiques – alors pour 194 nations, il faudra quelques générations…

      J’entends donc bien l’impasse « d’une confrontation de subjectivité ». J’ignore comment ça se traite sur un plan financier, mais j’ai déjà remarqué sur un autre plan les difficultés de Durban 2 !

      « L’intervention d’une tierce partie responsable de l’équité ». Là vous « comprendre » devient complexe.
      Disons pour faire court que tout ce qui est de l’ordre contractuel et qui suppose effectivement un tiers pour régler les désaccords, ne me paraît que quitter une subjectivité pour relever d’une autre. Il y a toujours rapports de forces sous-jacent et le droit lui-même est nécessairement une forme visible de ce rapport de forces à un moment figé.
      Vous ne confirmez pas que le Bancor serait un nouvel étalon ?

      Quand à « comprendre à quoi la vie engage ? »
      Je vous laisse sur quelques lignes de David Halperin :
      […] « La vie est gaspillée. Elle est nécessairement gaspillée. Elle est gaspillée non pas parce qu’on aurait fait n’importe quoi ou qu’on aurait raté sa vie, mais parce qu’elle ne peut pas être thésaurisée ni monnayée contre quelque chose d’autre, ni fixée à tout jamais dans la plénitude su sens. […] Nous n’avons pas le choix de gâcher ou non notre vie. Le choix qu’il nous reste, c’est savoir si nous voulons la gâcher pour quelque chose ou la gâcher pour rien […].

    3. @pvin : je vous trouve un peu dur envers Sarton du Jonchay. A vous suivre, il ferait fausse route dans sa manière de théoriser la finance, alors qu’il me semble taper en plein dans le mille.

      Vous écrivez : « J’entends donc bien l’impasse « d’une confrontation de subjectivité ». » alors que l’auteur a seulement dit : « Précisons à ce stade qu’une négociation financière étant nécessairement une pure confrontation de subjectivités sans objet physique…« . Cette « confrontation de subjectivités » étant la réalité incontournable des échanges financiers, (et non une « impasse ») n’est-il pas légitime d’en tenir compte à la base de l’analyse ?

      Vous dites aussi que « La réglementation qu’elle soit financière ou autre ne saurait être totalitaire. » : je pense qu’on peut en douter pour ce qui est de la finance. Peut-être faut-il, pour la rendre plus juste, qu’elle soit « totalitaire », justement, je me posais la question depuis longtemps. C’est sûrement possible, mais à condition de sacrifier l’innovation financière privée, toute innovation devant intégrer la réglementation publique ou ne pas être.

      Sachant que l’on a pu mettre sur le marché ces affreux contrats du type « subprime », devinant que les autres produits, destinés à une clientèle avertie, n’en sont pas moins des pièges à c… car leurs effets délétères n’apparaissent qu’après un retournement de conjoncture, il est assez manifeste que les problèmes viennent de la subjectivité des acteurs. Il faut donc : 1) des théories qui la prennent en compte ; 2) des solutions de type bancor qui permettent de faire avec. Le « totalitarisme » recherché ne saurait être universel : ne pouvant éliminer les « différentiels de subjectivité », il prétend seulement, d’après ce que j’ai compris, à « faire coller » un système homogène de subjectivité (une règlementation publique) avec une monnaie, les différents systèmes communiquant entre eux de façon objective par le bancor.

      Si j’ai fait des erreurs, j’espère que monsieur Sarton du Jonchay les corrigera.

    4. @pvin et Crapaud Rouge

      Merci Crapaud Rouge pour votre réponse à pvin. Nous sommes bien en phase. Un simple contrat signé entre l’acheteur et le vendeur d’une anticipation ne suffit pas à garantir que ce qui est acheté est bien ce qui est vendu. Quand des courtiers ont vendu à des banques des crédits subprimes pour qu’ils soient ensuite titrisés et revendus à des investisseurs, les premiers vendaient une négociation ponctuelle avec un emprunteur, les seconds transformaient un risque de crédit en panier de statistiques. Les investisseurs portaient un modèle de risques vendu pour se comporter d’une certaine manière quels que soient les événements réels affectant les débiteurs d’origine.

      Les contrats financiers se décomposent et se recomposent sans difficulté car l’objet futur qu’ils engagent n’existe que dans la subjectivité des contractants et non dans la réalité physique objective. Ainsi l’objet futur sous-jacent que les acheteurs de titre subprime ont vendu n’est pas du tout la possession à terme d’un bien immobilier que les emprunteurs subprime croyaient acheter. Les premiers ont perdu la valeur de leur titre pendant que les seconds ont du abandonner leur maison pour rembourser leurs dettes.

      En l’absence de réglementation commune applicable à toute la chaine de transformation financière, il n’y a pas d’équilibre de l’offre et de la demande. Un objet de réalité à terme se transforme en prime de risque du crédit d’un objet abstrait de la réalité par sa mesure mathématique qui ne dit rien de la volonté et de la capacité des contreparties aux extrémités de la chaine. Le prix est capté par l’intermédiaire financier qui transforme le sous-jacent hors du contrôle de l’emprunteur et de l’investisseur final.

      Une réglementation de la garantie systématique de tout crédit matérialisée par une monnaie qui ne peut pas être utilisée hors du marché instaure par construction l’équité des jugements financiers subjectifs ; c’est à dire l’égalité dans l’intellection du risque. Le contrôle de la réalité à terme par la subjectivité des investisseurs est intrinsèque au marché matérialisé par des primes de risque négociables en permanence d’un même objet sous-jacent. Il me semble que vous l’admettez pvin même restez dubitatif devant la simplicité d’un tel dispositif.

    5. @Crapaud Rouge,
      Je n’ai rien contre le bancor, du mal à comprendre surtout, je suis surtout favorable à ce que n’importe quoi prenne la relève de la dollarisation du monde. Ce que j’écris à Pierre Sartron du Jonchay c’est que Lois, décrets, réglements, tout ça c’est de la langue, et que le sens ça fuit.
      F. Leclerc dit pareil ce soir :
      « Les méandres de la loi en gestation vont être suivis et chacun de ses mots soupesé ; car c’est en jouant sur ceux-ci que vont être mis à profit les trous béants qui y ont été ménagés, aux détours des innombrables amendements intégrés au texte initial. C’est ainsi que les lobbies ont procédé, avec comme objectif – accompli – d’obtenir un texte de loi suffisamment lâche pour permettre de la bafouer. Cela va être au tour des juristes d’intervenir ».
      Sauf que je crois que le juridique est toujours déjà là …mais peu importe.

      Le sens fuit et d’autant plus quand on passe d’une langue à une autre. Donc l’idée même de quelque chose de totalitaire, rencontre les mêmes apories que la tôle la mieux conçue : il y aura toujours un type occupé 24/24 à trouver la faille du sens de l’incarcération.
      Ça va aussi dans le sens de ce que disait Attali à Melenchon sur les années lumières d’avance de la finance sur les réglementations des États.
      Le même Attali s’inquiète de la « vie privée de vie » sur son blog. Ce qui se passe dans un lit est très public de nos jours, par contre ce qui se passe dans les cabinets…
      Pour vous distraire, une petite histoire. Un ami, avec qui nous avons passé hier une soirée arrosée sur la Krise, m’informe ce matin d’un cauchemar dans la nuit. Il est dans une ville US, NYC probable, une rue vide entourée de murs (WS ?) il est encombré et cherche à se soulager. Il arrive dans la rue principale grouillante de monde (MS ?) et de bars mais toutes les toilettes sont fermées partout. Il finit par se décharger en public mais il n’a plus de papier. Entre l’affaire Bettencourt, les soucis d’ im-pot, de banque de dé-pot, de PQle, le devenir du cacapital lui donne bien de l’angoisse.
      Le mark des années 20 valait bien le papier journal au fond du jardin ? Gainsbourg s’est permit de bruler 500 frs à la télé, mais de s’essuyer avec… la censure serait tombée. Si tous les asshole pouvaient se donner la main !

      Ce sur quoi j’interrogeais Pierre Sarton du Jonchay c’était uniquement cette notion de totalitaire.
      Déjà en théorie des ensembles celui qui comprend tous les autres en se comprenant lui-même, c’est pas simple à comprendre.
      Mais même plus que blindé… un règlement sans faille ?
      Vous écrivez d’ailleurs :
      « Le « totalitarisme » recherché ne saurait être universel : ne pouvant éliminer les « différentiels de subjectivité », il prétend seulement, d’après ce que j’ai compris, à « faire coller » un système homogène de subjectivité (une règlementation publique) avec une monnaie, les différents systèmes communiquant entre eux de façon objective par le bancor. »
      Dans le genre universel je ne vois pas mieux que la déclaration de 1948. Mais elle n’est pas totalitaire.
      Dans la même approche voyez sur le fil le temps qu’il fait 27 juin 2010 à 23:58

    6. @pvin

      Votre réponse à Crapaud Rouge m’éclaire sur votre position. Je suis tout à fait d’accord avec vous. Le sens des réglementations exprimées en mots est fuyant ; sujet à une infinité d’interprétations.
      La proposition du bancor consiste à disposer d’une monnaie qui matérialise en soi une réglementation simple et fondamentale : toute mesure du crédit doit avoir une contre-réalité à l’échéance identique à sa négociation d’origine.

      Au lieu de supposer objective et intangible a priori la définition réglementaire ou contractuelle de l’objet d’anticipation financière, on crée l’identité de valeur entre l’origine et l’échéance par un marché et un garant. Le marché fournit le prix de tout objet par confrontation de l’offre et de la demande. Et le garant achète la variation de prix entre l’origine et l’échéance. Le prix garanti est la preuve du crédit, valeur stable dans la durée entre le prêteur et l’emprunteur ; ainsi l’objectivité de la mesure du crédit naît-elle de l’acheteur de la prime de crédit. La prime de crédit est la variation potentielle réelle du prix de l’objet entre l’origine et l’échéance.

      Pour que la règle de la couverture effective du crédit par la réalité soit effectivement appliquée, il est nécessaire que les crédits soient originés dans un marché où règne la concurrence entre les emprunteurs vendeurs de risque et les investisseurs acheteurs de risque indépendamment des épargnants monétaires qui veulent conserver leur capital à sa valeur nominale. La monnaie utilisée indique de l’origine à l’échéance la règle appliquée au crédit : à tout crédit en bancor se rattache un acheteur identifiable et solvable de son risque.

      Si la garantie d’un crédit est introuvable dans le marché du bancor, cela signifie que l’emprunteur n’est pas couvert et que le crédit n’est pas adossé à un prêt en bancor mais tout au plus à un capital dont la valeur n’est pas garantie. Il n’y a pas en bancor de spéculation juridique du fait de l’objectivité du prix d’équilibre entre l’offre et la demande. La monnaie s’adosse au crédit qui n’est que crédit. Le crédit est crédit par l’achat systématique de son risque. Le risque est le risque par l’obligation de combler à l’échéance l’écart entre le prix négocié à l’origine et le prix de marché à l’échéance. L’obligation est réelle par un sujet engagé identifiable par le marché.

    7. Que je regrette le temps où certain produits étaient brevetés « SGDG »….
      Ce temps où le gouvernement garantissait la dépendance des « forces de l’ordre » et l’indépendance de la « justice ».

    8. @ Pierre Sarton du Jonchay

      « toute mesure du crédit doit avoir une contre-réalité à l’échéance identique à sa négociation d’origine ».
      J’entends : une description langagière de l’objet dans toutes ses qualités voire quantités mais aussi pas de métamorphose du dit objet.

      « La prime de crédit est la variation potentielle réelle du prix de l’objet entre l’origine et l’échéance. »
      J’entends qu’il s’agit de cette pratique qui consiste à acheter à l’avance une qualité et une quantité à un prix P au jour d’aujourd’hui qui ne sera plus le même au moment de la livraison et de prendre une sorte d’assurance pour couvrir l’écart.

      « La monnaie utilisée indique de l’origine à l’échéance la règle appliquée au crédit : à tout crédit en bancor se rattache un acheteur identifiable et solvable de son risque ».
      J’entends que l’assureur sur l’écart des prix, est lui-même assuré de sa possible défaillance. Cette mise en abîme du risque me renvoie à la formule qu’il n’y a jamais de garantie d’une garantie.

      « Le crédit est crédit par l’achat systématique de son risque. Le risque est le risque par l’obligation de combler à l’échéance l’écart entre le prix négocié à l’origine et le prix de marché à l’échéance. L’obligation est réelle par un sujet engagé identifiable par le marché ».
      Ça confirme ce que j’entends des paragraphes précédents.

    9. @ pierre,
      Je me souviens d’un temps où j’avais du rechercher si SGDG était :
      Sous garantie du gouvernement
      Sans garantie du gouvernement

    10. Monsieur Pierre Sarton du Jonchay, ne comptant pas mes point d’interrogations sans réponse, je fais comme vous, je me défausse….

    11. @ Pierre Sarton du Jonchay 30 juin 2010 à 10:55

      « Je crois que nous nous sommes compris ».
      Banco alors ! Un juriste de ma connaissance a repris sur son blog la phrase de Bernanke : « si vous avez compris ce que je veux dire, c’est que je me suis mal exprimé ». Vous êtes le maître.

      « Cela ne signifie pas que vous soyez d’accord. Seriez-vous seulement sceptique ? »
      Septique en général oui, donc en particulier logiquement aussi. Il m’arrive d’être septique sur mon scepticisme et je me sens mieux. Pour l’assurance du risque de l’assurance du risque etc. : je ne suis pas rassuré.
      Ça tient au fond de manques, plus qu’au manque de fonds et d’assurer la perte en place d’être assuré de sa perte. Morale du casse quête quoi…
      D’accord pour le bancor. On verra…

  21. « Et qu’est-ce que sont l’offre et la demande réelles ? L’échange de la satisfaction réelle de détenir un objet réel contre un crédit de monnaie liquide dont la valeur réelle correspond exactement au prix de l’objet échangé. »

    La justice? La santé? L’éducation? La culture? L’armée?
    Etes vous bien réellement réaliste?

    1. @VB 26 juin 2010,

      Nous sommes apparemment d’accord sur le fait qu’une négociation de prix mobilise la subjectivité. Ce qui fait la différence entre une négociation financière et un troc, c’est l’introduction du futur dans l’échange. Dans un troc non financier, l’objectivité de l’échange vient de l’existence physique sous une forme ou une autre de ce qui s’échange. Cette objectivité associe les sujets par la matière physique. Dans un échange contenant de la monnaie ou n’importe quel actif financier, les objets physiques disparaissent. Un paiement en monnaie d’une baguette de pain implique le transfert au boulanger d’un titre de créance sur une banque. Si le tiers bancaire n’existe pas, la monnaie ne vaut rien car il n’y a pas de débiteur dans le titre de créance. Une transaction financiarisée implique nécessairement un tiers dans l’échange bilatéral.

      C’est la nécessité logique du tiers non nécessairement présent qui introduit la possibilité de spéculation, c’est à dire la manipulation de la subjectivité. Le tiers peut certifier ou non le moyen de paiement, la réalité de l’objet échangé et l’égale compréhension que les échangistes en ont. Les limites que tout sujet connaît sont la réalité physique et la présence d’autres sujets exprimant des vues différentes. Un prix peut résulter d’un rapport de force en l’absence d’arbitre si les parties le conçoivent comme tel. Elles peuvent aussi choisir de se respecter même quand l’une des parties est faible par rapport à l’autre. L’arbitrage sert à garantir la volonté des parties à se respecter. Il crée de l’objectivité entre les parties qui ne perçoivent pas leurs limites réciproques surtout quand l’objet de négociation n’est pas physiquement matérialisé au présent.

      Vous citez justement l’État comme tiers arbitre dont c’est la raison d’être. L’État est l’expression d’une société qui réglemente l’égalité de droit entre ses membres. La projection des États de droit nationaux dans une autorité multinationale commune de régulation est la seule possibilité d’un marché international réel qui mette les négociateurs à égalité de droit. Sinon la spéculation est libre sur la réalité de l’équilibre des prix.

    2. @ PSJ,

      « Nous sommes apparemment d’accord sur le fait qu’une négociation de prix mobilise la subjectivité. Ce qui fait la différence entre une négociation financière et un troc, c’est l’introduction du futur dans l’échange. Dans un troc non financier, l’objectivité de l’échange vient de l’existence physique sous une forme ou une autre de ce qui s’échange. Cette objectivité associe les sujets par la matière physique. Dans un échange contenant de la monnaie ou n’importe quel actif financier, les objets physiques disparaissent. Un paiement en monnaie d’une baguette de pain implique le transfert au boulanger d’un titre de créance sur une banque. Si le tiers bancaire n’existe pas, la monnaie ne vaut rien car il n’y a pas de débiteur dans le titre de créance. Une transaction financiarisée implique nécessairement un tiers dans l’échange bilatéral. »
      ->
      J’ai bien peur que nous ne soyons au contraire pas d’accord du tout sur rien.
      1) La monnaie n’a remplacé le troc que par mesure pratique, en raison de sa fongibilité absolue, elle permet d’échanger tout contre tout ou n’importe quoi contre n’importe quoi. La monnaie reste un moyen, en l’occurence de paiement du prix, elle n’est en aucun cas un nouveau bien. Le prix des biens échangés ne dépend pas de la monnaie mais de la valeur que les parties veulent bien leur conférer ; le prix d’un bien dépend aussi bien évidemment de sa rareté, c’est d’ailleurs la raison pour laquelle certains organisent la pénurie en accaparent et retenant certains biens…
      Le prix est dépendant du bien et a de subjectif la valeur que chaque partie accorde au bien en question, là dessus se greffe la valeur « de marché » qui est le prix qu’un panel de personnes accorde à un bien particulier à un moment donné.
      La monnaie a aujourd’hui la valeur d’un titre de créance sur une banque mais ça n’a pas toujours été le cas, en particulier ce n’était pas le cas lorsque la monnaie était étalonnée sur l’or (on pourrait imaginer n’importe quel étalonnage matériel) : la pièce de monnaie avait la valeur de son étalonnage or, je suppose que cela n’aurait jamais dû changer.
      Qu’appelez-vous une « transaction financiarisée » ? je ne comprends pas l’assemblage de mots ; ça ne veut rien dire du tout. Une transaction est une transaction. Ajouter le qualificatif financiarisée signifie que vous étalonnez la transaction sur la « finance » ? Bref, encore du charabia.

      « C’est la nécessité logique du tiers non nécessairement présent qui introduit la possibilité de spéculation, c’est à dire la manipulation de la subjectivité. Le tiers peut certifier ou non le moyen de paiement, la réalité de l’objet échangé et l’égale compréhension que les échangistes en ont. Les limites que tout sujet connaît sont la réalité physique et la présence d’autres sujets exprimant des vues différentes. »
      ->
      2) la logique de spéculation provient de la volonté de s’enrichir à tous prix sur le dos de tout le monde. La spéculation est une grave dérive dans une société. La spéculation n’a rien à voir avec la réalité de l’objet échangé, elle peut s’appliquer à tout bien, tout objet… sans aucune restriction.

      « Un prix peut résulter d’un rapport de force en l’absence d’arbitre si les parties le conçoivent comme tel. Elles peuvent aussi choisir de se respecter même quand l’une des parties est faible par rapport à l’autre. L’arbitrage sert à garantir la volonté des parties à se respecter. »
      ->
      3) L’arbitrage n’a rien à voir avec le prix. Si vous instituez un arbitrage dans le prix, celui-ci ne peut qu’être étatique et on se retrouve dans une situation de prix contrôlés, qui est une situation politique par excellence. Prix contrôlés par qui, dans quel objectif, et qui est suffisamment fort pour imposer ce contrôle ?

      « Il crée de l’objectivité entre les parties qui ne perçoivent pas leurs limites réciproques surtout quand l’objet de négociation n’est pas physiquement matérialisé au présent. »
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      4) L’arbitrage cré l’objectivité entre des parties qui ne perçoivent pas leurs limites réciproques ? Qu’est-ce que ça veut dire des parties qui ne perçoivent pas leurs limites réciproques en matière de prix ? Vous prêchez pour la mise en place d’un super censeur qui dirait aux parties à une transactions : « attention, vous ne pourrez pas vous situer ailleurs que dans telle et telle fourchette de prix » : ça s’appelle les prix administrés et il me semble que cette situation est difficilement concevable à l’international avec des Etats souverains qui défendent leurs propres intérêts (lesquels fluctuent en fonction de l’état économique et social de la société qu’ils administrent).

      « Vous citez justement l’État comme tiers arbitre dont c’est la raison d’être. L’État est l’expression d’une société qui réglemente l’égalité de droit entre ses membres. La projection des États de droit nationaux dans une autorité multinationale commune de régulation est la seule possibilité d’un marché international réel qui mette les négociateurs à égalité de droit. »
      ->
      L’Etat comme expression d’une société qui réglemente l’égalité des droits entre ses membres : c’est de moins en moins vrai. Et que dire de l’égalité de devoirs…
      Une autorité multinationale est par essence politique, elle reste une utopie tant que personne n’y a intérêt ou tant que seuls les plus faibles y ont intérêt. J’ai la faiblesse de penser que nous nous éloignons à la vitesse de la lumière de votre idéal, sans compter que l’on n’en a jamais été vraiment proche.

      A vous lire

  22. VB, Je pense que je n’ai pas fini de la ressortir celle là :
    « La force et la violence sont des facteurs économiques essentiels » Karl Marx
    Je me demande parfois si le silence tient de l’or ou de la violence pure……

    1. @ Pierre,
      Allez sur son blog, vous serez peut-être mieux considéré.
      Mon texte s’y trouve déporté à mon insu, et si ce n’était sous mon pseudo d’ici, j’aurais pesté rouge.
      Le 27 juin je lis :
      « Tout crédit consenti en Europe au profit de quiconque et spécialement des États doit être garanti par les autres États. Tout emprunteur doit payer une prime de crédit à celui qui accepte de le garantir. Tout crédit non garanti par l’achat du CDS de l’emprunteur (Credit Default Swap, prime de caution d’un emprunteur) doit être interdit. »
      Comme quoi le bancor et les cds peuvent faire des enfants.
      Le bancor pourquoi pas, le cds c’est niet.
      Voyez Labica Théorie de la violence, acheté mais pas encore lu !
      P. J. aurait du se méfier : deux lames du capitalisme, c’est le titre du blog. S’cuser mon or-taux-graphe, mais ça peut finir à couteaux tirés.

    2. … voir une marchandise quelconque comme un produit particulier, c’est se faire une illusion. Parce ce produit, que produit la dépense de travail humain, ce n’est pas un produit particulier présentant une valeur d’usage, c’est un produit général, c’est de la valeur qui se présente dans un produit particulier comme la valeur d’échange de ce produit particulier. En fait, la réalité de la marchandise c’est ce qu’on ne voit pas : c’est la cristallisation du travail humain en valeur. Et ce qu’on voit de la marchandise, c’est une illusion.

      J’ai égaré le nom de l’auteur..j’aime bien cette formule éclairante sur la valeur travail dans l’échange,
      pardon si hors sujet..

  23. Paul Jorion

    En fait, c’est un texte qui essayait de rend compte du cercle vicieux dans lequel le marxisme traditionnel reste enfermé, à savoir la lutte des classe dont il explique que ce n’était pas du tout le propos essentiel de K.M
    … Car pour Marx, ce n’est pas l’opposition de classe qui fonde le monde de la marchandise, c’est au contraire le monde de la marchandise qui fonde l’opposition de classe. Encore une fois, bourgeois et prolétaires ne sont que des agents de fonction du cycle de la valorisation. Et on touche là à l’équivoque de la critique situationniste de la marchandise et de la notion de spectacle. Une équivoque que l’Internationale partage d’ailleurs avec l’ensemble du marxisme traditionnel, y compris dans ses courants hétérodoxes

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