232 réflexions sur « Le temps qu’il fait, le 20 août 2010 »

  1. Je les aime bien vos « idées en l’air pas bien organisées »,ça donne a ce rendez-vous du vendredi un petit côté, entre soi. C’est bien aussi.

    Pour ce qui est de la propriété, on peut la penser et la formuler comme un espace vital. Certains souffrent de « folie des grandeurs » et pour la satisfaire grignotent et réduisent l’espace vital des autres. C’est un équilibre à trouver entre trop et pas assez. Pas simple.

    La « culture » et l’expérience modifient les gènes, cela permet l’évolution. C’est une question de réécriture. Cela nous renvoie à une certaine conception de l’être humain et de ses relations avec ses semblables, une certaine façon de vivre cette humanité en soi même et avec les autres. Les »autres nôtres »,les « autres vôtres », les « autres leurs ». « Nous » est une poupée gigogne.

    Le petit d’homme s’inscrit dans la communauté des Humains, qui s’inscrit dans la communauté du Vivant, qui s’inscrit dans la communauté des Etres et des Choses.

    La vie respire entre l’espace temps privé et l’espace temps commun. Ma véritable propriété c’est moi, elle est partout ou je vais, notre bien commun l’accompagne, cette humanité que nous avons en partage. Ou il y à un sont tous les autres .

    La question serait dans notre capacité à transmettre une certaine conception du petit d’homme. La première des conquêtes avant toutes les autres, notre dignité humaine.

    « S’il te plait raconte moi une histoire »

    gueule d’atmosphère dit:

    « Casser l’Alexandrin, rouler du bout du pied jusqu’au vers suivant le petit caillou qui nous ramène à nous-mêmes sur le chemin buissonnier de notre Humanité. »

    Joli, comme on peut faire de la musique avec des mots.

  2. enlever la possibilité à l’homme de pouvoir s’enrichir sans travailler est le moyen le plus moral et le plus évident pour notre société, on commencerait par supprimerl’intéret bancaire, juste pour mettre au travail les paresseux.

    1. « Comment faire pour ne rien faire ? Je ne sais rien de plus difficile. C’est un travail d’Hercule, un travail de tous les instants. » Paul Valéry

      Sinon vous avez celui qui s’agite sans savoir pourquoi si ce n’est que ça le libère d’avoir à se retrouver seul face à lui-même. Et c’est de ce genre de personnages que viennent les guerres, le capitalisme et tout.

      « Le travail, n’est-ce pas le sel qui conserve les âmes momies ? » Baudelaire

  3. Est-il possible de poser que dans d’autres civilisations, la notion de propriété est trés secondaire?
    Que c’est justement caractéristique de notre civilisation occidentale ou d’autres, de se poser la question de son importance?
    Par exemple on peut admetre que pour la survie du groupe, la redistribution équitable est plus importante que la propriété.
    Les conditions de vie faciles favoriseraient la propriété, et l’inverse la solidarité.
    Mais une fois la notion de propriété affirmée, il semblerait trés difficile de retourner à la redistribution.
    Ainsi la richesse et la propriété destructurent les peuples et les vouent à leur perte quand la bise fut venue…

  4. Tu cherches du sang
    de nouvelles sources
    les mêmes toujours
    où t’abreuver
    où trouver
    une nouvelle
    vitalité

    Tu la cherches
    dans les veines
    de celle
    ou de celui
    qui répondra

    Continue
    persévère
    petit soldat

    Espère
    massacre
    et abats

    Vide
    tes chargeurs
    tu n’auras jamais
    assez de balles
    de bombes
    de stratagèmes

    Tu es cuit
    camarade
    le monde
    est contre toi

  5. Pour un occidental, c’est dans les gênes de faire des réserves pour l’hiver. Ce sont des gênes culturels mais ils sont communs à absolument tous les occidentaux, et à la quasi-totalité des sociétés/cultures vivant une succession de saisons différentes. Dans les régions inter-tropicales les saisons sont moins ou peu marquées, les ressources plus constantes, il y a moins le souci « génétique » d’amasser pour garantir la sécurité alimentaire.

    On peut opposer gênes ou instinct, comprendre capitalisme ou individualisme, à intelligence ou compréhension du point de vue sociétal ou communisme, je me permet de les nommer sentiments, ou empathie, par opposition à concurrence pour les ressources.
    On ne peut pas être empathique avec la totalité des humains voire des êtres vivants, il y a nécessairement une préférence liée à la distance selon divers critères, un classement : on préfère favoriser ses enfants face à ses neveux, ses neuveux face aux gamins du voisins, les gamins du voisins à ceux d’une autre rue, etc. Joue aussi la langue, l’apparence (donc la proximité des gênes), la religion, la culture, le mode de vie, etc. C’est le principe de la peau d’oignon, en principe valable pour tous les êtres vivants.
    Les journalistes savent bien qu’une nouvelle sera plus lue si elle ne touche qu’une personne locale mais connue qu’une centaine de morts inconnus à l’autre bout du monde.

    Chacun a son propre réglage entre empathie et concurrence, il tend vers la droite (parlementaire) avec la sécurité des ressources, repart à gauche quand il devient avantageux d’être coopératif et de partager, ou qu’une position prise en force n’est pas tenable.
    Pyramide des besoins de Maslow : http://fr.wikipedia.org/wiki/Pyramide_des_besoins_de_Maslow
    Jeu du prisonnier : http://fr.wikipedia.org/wiki/Dilemme_du_prisonnier

    ce n’est pas du blabla philosophique, c’est la base meme du capitalisme, du financiarisme ou de toute forme de société confrontée au partage des ressources. Les ressources étant abondantes (en occident, et l’ayant toujours été), la position la plus avantageuse est conservatrice et exclusive, obéissant à l’instinct de s’approprier un maximum de ressources pour favoriser ses gênes face à ceux de la concurrence ; la nécessité de coopérer est faible.
    Toutefois on ne peut pas chercher à éliminer la concurrence humaine physiquement, car elle est trop proche génétiquement, il faut la dominer.
    Le capitalisme de société ou le financiarisme n’est qu’une forme particulière de domination des uns sur les autres, selon des règles du jeu communément acceptées. Règles susceptibles d’être balayée par un retour du mode de domination plus primitif : la guerre et les gens d’arme, un fois le consensus brisé, ce qui est train d’être le cas.

    Le meilleur des joueurs de monopoly perdra tout s’il se prend un bon coup de gourdin sur la tête, et celui qui porte le coup n’a pas besoin d’être intelligent. On peut craindre que ce soit ce qui va se passer, si on n’arrive pas à mettre en place un consensus de secours, ou au moins une transition vers autre chose. S’il n’y a pas de transition il y aura révolution, c’est simple, révolution dont le résultat n’est pas souvent beau à voir.
    Le gourdin pouvant être selon le cas la puissance de l’état ou de la démocratie sur le pouvoir des castes supérieures ou la puissance que procure l’argent aux castes supérieures sur les plus faibles. Au choix de celui qui tirera le premier…
    Mais un gourdin ne sert pas qu’à défoncer un crane, il permet de menacer, c’est moins rapide mais moins brutal, et permet souvent d’obtenir un meilleur résultat.

    1. C’est pourquoi les communautés en Europe et dans le monde où les enfants sont élevés en commun sans se préoccuper de savoir qui sont leurs parents biologiques, n’ont pas ce problème de préférences . Les enfants sont les enfants de tous, tous les adultes en sont responsables. Le « principe de la peau d’oignon  » dont vous parlez ne s’applique pas.

      Cela m’agaçait profondément d’entendre Le Pen appuyer le principe de préférence nationale sur le fait qu’il préférait ses enfants à leurs cousins etc …, alors que j’accueillais sans cesse les enfants du quartier, y compris ceux des caravanes du terrain vague, sans donner la préférence aux miens : tous des enfants, donc partage du peu que nous avions entre tous, à égalité, y compris les réprimandes . C’est un principe acquis dans les communautés post 68.

  6. Petite remarque en passant : la vie de la cité et la vie de la famille, c’est un peu pareil.
    A Athènes, Le passage de la royauté Athénienne (les Eupatrides: ‘ceux qui ont de bons pères’) à la démocratie Athénienne s’est fait par l’intermédiaire des groupements d’intérêts familiaux, les HETAIRIES, ces hétairies sont devenues peu à peu des partis politiques.
    Les 3 plus célèbres étaient celles de Léogoras, Teucros, Alcibiade.
    Le sens ô combien essentiel du mot Hétairie est traité par le livre « Les groupes d’Alcibiade, de Leogoras, et de Teucros : remarques sur la vie politique athenienne en 415 avant J.C. par Olivier Aurenche »

  7.  » On peut opposer gênes ou instinct, comprendre capitalisme ou individualisme, à intelligence ou compréhension du point de vue sociétal ou communisme, je me permet de les nommer sentiments, ou empathie, par opposition à concurrence pour les ressources.  »

    Je suis pas d’accord avec ça parceque l’empathie est une notion purement affective, emotionnelle définition trop réductrice du communisme ; de chacun selon ses capacités et à chacun selon ses besoins implique que pour un résultat optimum, c’est à dire sans crise réccurente, l’individu doit s’occuper à la fois de lui même et du groupe. Avec cette définition, votre  » préférence liée à la distance selon divers critères, au classement  » devient inconsistante.

  8. @ Paul Jorion

    Par rapport à votre lien sur « Demain chez les Verts », y aura -t-il un compte rendu vidéo ou textuel prévu de la conférence-débat que vous y ferez?

    Par rapport à vos réflexions sur Robespierre et sur Saint-Just, je me demande si l’on peut faire un comparatif avec ceux qui ont en partie conspiré à leur chute.
    Je pense à Barras ou Fouché.
    Ou même ceux qui plus tard ceux se sont rendus indispensables comme ce diable boîteux de Talleyrand, … et qui ont survécu.

    Quand je parle de comparatif je veux dire une comparaison, non pas forcément dans les idées ou leurs intérêts, quoique, mais dans les moyens de les faire aboutir et de les mettre en application.

    Il y aurait une bonne biographie de Fouché par Stephan Zweig chez Grasset.

    Pour illustration, 5 citations de ces hommes:

    « J’ai réussi avec mon intelligence, c’est-à-dire presque rien. » (Fouché)

    « Le seul capital qui ne coûte rien et qui rapporte beaucoup, c’est la flatterie. » (Talleyrand)

    « On peut violer les lois sans qu’elles crient. » (Talleyrand)

    « Pourtant, il n’est que trop vrai, elles sont incurables les plaies de l’ambition. » (Fouché)

    « Les financiers ne font bien leurs affaires que lorsque l’État les fait mal. » (Talleyrand)

    Je trouve la dernière terriblement d’actualité.

  9.  » Le prix Nobel d’économie 2008, l’Américain Paul Krugman, a dénoncé vendredi le culte de «dieux invisibles» dans les appels à réduire les dépenses budgétaires pour contrer la hausse de la dette publique dans les pays occidentaux.

    «L’élite des responsables politiques (les banquiers centraux, les ministres des Finances, les élus qui se dressent en défenseurs de la vertu budgétaire) agissent comme les prêtres d’un culte antique, exigeant que nous nous livrions à des sacrifices humains pour apaiser la colère de dieux invisibles», a-t-il écrit dans sa colonne quotidienne du New York Times. »

    http://www.liberation.fr/economie/0101653126-le-nobel-paul-krugman-denonce-le-culte-des-dieux-invisibles-forcant-aux-coupes-budgetaires

  10. Une question contextuelle « simple » : Si on reconnaissait à chacun un droit positif à la survie, comment justifier une propriété privée sur les biens se rapportant à l’exercice de ce droit?

    (Comprendre « survie » comme étant : « ne pas mourir avant son heure, sauf cas de force majeure non imputable à l’espèce humaine »)

  11. Paul, il me semble que le vocabulaire que vous employiez soit inapproprié selon au moins deux axes différents:

    1/ L’espèce: Comme je l’ai déjà fait remarquer lorsque vous avez évoqué la pensée de Hegel sur le sujet, la notion de propriété n’est pas l’apanage de l’humanité mais une « méthode défensive » observable un peu partout dans le règne animal. A l’heure d’un fort besoin écologique, l’anthropo-centrisme me semble être à ce titre un travers qu’il serait souhaitable d’éviter. Connait-on ne serait-ce qu’une espèce dans laquelle un individu ne se montre pas hostile quand ce qu’il considère comme « son » territoire est violé?

    2/Les gènes: Mettre en avant la dimension génétique des êtres et ainsi réduire leur comportement à une simple question biologique, pour ne pas dire purement mécanique, me paraît également inadéquat car réducteur. Je préfèrerais les termes d’hérédité ou même d’héritage, qui englobent à mon sens beaucoup mieux l’idée d’une combinaison entre l’inné et l’acquis, entre ce que la physique (étymologie: « science de la nature ») nous impose d’être et ce que la culture fait de nous.

    Or il me semble également que les facteurs purement biologiques soient encore, à l’échelle d’un individu, les plus simples à « réfréner », puisqu’à leur contraire, les facteurs culturels sont par définition l’apanage d’une multitude d’autres individus auxquels il faut alors faire reconsidérer leurs acquis.

  12. Réflexion abrupte de fin de nuit.

    Parler de la question de la propriété évite de se demander ce qui fait le « Nous » ce qui permets l’échange et le partage, indispensable à la formation de l’humain.
    L’établissement de la membrane frontière, qui permet l’osmose, la circulation conditionnée entre l’extérieur et l’intérieur.

    Il me semble que l’on se croit savant sans réaliser que ce qui nous conditionne est avant tout : ce qui « va de soi », ce qui est impensé.
    Dès que nous avons besoin de penser, d’imaginer des modèles c’est que les choses justement ne vont plus d’elles-même, je crains alors qu’aucun modèle ne puisse nous permettre de comprendre et d’agir efficacement dans un monde hyper-complexe, tout au plus nous rassurer pour un temps.

    Ce qui fait le « Nous » c’est la souffrance ensemble pour les mâles, l’amour en commun pour les femelles. (entendu comme une sorte de yin-yang présent en chacun quel que soit son genre)
    Ce qui fait le « Nous » c’est l’expérience, la pratique du partage, c’est la pratique qui construit le modèle sur lequel nous sommes bâtis.
    La propriété nait de l’absence de confiance, condition historique et non absolu platonicien.
    Penser que nous pourrons résoudre le problème en établissant un beau modèle scientifique complet est irréaliste. Tout au plus penser les conditions nécessaires à l’établissement de la confiance.
    Amour inconditionnel, justice, attention.

  13. qu’est ce qui pourrait décentrer suffisamemt l’humanité du pognon et de la possession ?

    des extraterrestres venant acheter les t-bonds et les actions eurotunnel ?

    la suprression de la ceinture de Van Halen c’est à dire l’inversion des pôles magnétiques qui grillera pcs et satellites comme hamsters dans four microonde ?

    une grippe « morvide » d’une grande morvidité où même les ministres se mouchent ?

    si la propriété privée doit etre abolie alors les héritages doivent l’être aussi !

    et aussi les droits d’auteurs ,les brevets logiciels , les brevets sur les génes etc …

    c’est juste pas possible …

    1. Bien d’accord avec vous.
      Supprimer la propriété privée, intellectuelle, et même la notion de propriété, est une utopie dangereuse.

      D’ailleurs passer d’une propriété privée à une collectivisation n’est rien d’autre qu’un transfert de possession.

      Paul Jorion s’intéresse à la période de la Révolution française. Justement!

      En 1789 et après, on est passé d’un système où quelques-uns ont la propriété, les nobles et le clergé, à un système où la propriété privée est étendue à tous.
      C’est ça l’esprit de la nuit du 4 août 1789: le fait d’être propriétaire, d’une terre, d’un bien, d’un pigeonnier, d’un droit de chasse ou d’autre chose, ne devait plus être un privilège mais un droit accessible à tous.

      Le profit de tous passait par la propriété de chacun.

      L’Histoire de la Révolution française démontre donc que la propriété collective n’est pas une panacée car à l’époque, personne n’en voulait.
      Lors de la Révolution de 1789 ni les bourgeois, ni surtout les paysans (à peu près 90% de la population!) ne voulaient plus en entendre parler.

      Le souvenir des corvées collectives et du servage au nom d’un intérêt soit-disant collectif ou supérieur, administré par un seigneur, au nom de lui-même, au nom de l’Eglise ou au nom du Roi quand ce noble était un fermier général, c’est-à-dire de l’Etat, voilà ce qui les avaient dégoûtés à mort d’un système semblable.

      N’être propriétaire de rien en étant tributaire de tout, ce n’est pas la solution.

    2. @tano

      L’Histoire de la Révolution française démontre donc que la propriété collective n’est pas une panacée car à l’époque, personne n’en voulait.
      Lors de la Révolution de 1789 ni les bourgeois, ni surtout les paysans (à peu près 90% de la population!) ne voulaient plus en entendre parler.

      Comparer le collectivisme avec le servage ou les privilèges aristocratiques et cléricaux, ça s’appelle un raccourci « révolutionnaire » (à 380 degrés…). Vous êtes sur une fausse piste. Très fausse.
      J’ai peur que ce soit pour vous plus grave qu’un simple anachronisme.

    3. @steffen o’keens

      « c’est juste pas possible … »

      Fermez le ban!
      J’applaudis l’argumentation définitive, constituée par l’alignement majestueux et de la plus haute valeur rhétorique comme logique, des trois points de suspension!

    4. @Vigneron

      Oh! Qui a fait fausse route?

      C’est bien connu, kolkhoze et sovkhoze ont été les deux grandes réussites du soviétisme!

      Arrêtez-donc de cracher votre venin sur n’importe quel commentaire et lisez:

      – Robert Conquest, Sanglantes Moissons. La collectivisation des terres en URSS, Éd.Robert Laffont, Paris, 1995 ((en) The Harvest of Sorrow: Soviet Collectivization and the Terror-Famine, New-York, 1986), p. 331.

      – Andrea Graziosi, Les famines soviétiques de 1931-1933 et le Holodomor ukrainien, Cahiers du monde russe, n° 46/3, 2005.

      – RIA NOVOSTI, L’Holodomor de 1932-1933, une tragédie partagée
      15:04 25/11/2008 Par Viktor Kondrachine, docteur en histoire

      Etc, etc …

      En prime un extrait de ce qu’on peut trouver, même sur des sites comme hérodote.net:

       » Le 7 août 1932, l’URSS promulgue une loi qui punit de dix ans de déportation, voire de la peine de mort, «tout vol ou dilapidation de la propriété socialiste», y compris le simple vol de quelques épis dans un champ.
      (…)
      A la fin des années 1920, l’URSS commençait à retrouver le sourire grâce à la NEP (Nouvelle Politique Économique) et à un début de libéralisation économique. Sa production agricole et industrielle retrouve en 1927 les niveaux d’avant la Grande Guerre et la Révolution.

      Mais Staline craint que la NEP ne favorise dans les villes et les campagnes l’avènement d’une nouvelle bourgeoisie qui pourrait un jour triompher du communisme ! Il met fin à la NEP et lance un premier plan quinquennal en vue d’industrialiser le pays.

      Pour acheter des machines à l’étranger, il a besoin d’exporter un maximum de céréales et pour cela multiplie les réquisitions forcées chez les paysans. Ces derniers résistent en réduisant leur production et les livraisons à l’État.

      Staline accuse les paysans aisés, surnommés «koulaks» (d’un mot russe qui désigne un prêteur sur gages), de faire obstruction à sa politique au nom de leurs intérêts particuliers. Il décide «l’élimination des koulaks en tant que classe» et l’intégration de tous les autres paysans dans de grandes fermes collectives (kolkhozes) ou fermes d’État (sovkhozes). Au prix de grandes violences, 70% des terres sont collectivisées et la «dékoulakisation» est considérée comme achevée. C’est alors qu’apparaissent les premières victimes de la faim. L’ensemble du pays est affecté mais c’est au Kazakhstan que l’on compte le plus grand nombre de morts : 1 à 1,5 million, victimes des réquisitions du gouvernement.
      De fortes résistances à la collectivisation subsistent en Ukraine où la paysannerie a développé au fil de l’Histoire des structures comparables à celles que l’on rencontre en Occident : beaucoup de petits propriétaires attachés à leur terre, à leur pope (le curé orthodoxe) et à leur église.
      (…)
      C’est ainsi qu’en 1932, le pouvoir soviétique resserre la pression sur les paysans d’Ukraine, coupables de n’en faire qu’à leur tête et suspects de nationalisme. Les représentants du Parti multiplient les réquisitions forcées, y compris dans les fermes collectives.

      Chacun tente de survivre. C’est alors que survient la sinistre «loi des épis» du 7 août. Elle va occasionner la déportation ou la mort de milliers de citoyens pour le vol de quelques grains ou d’une pomme de terre et permettre à l’État de s’approprier la quasi-totalité de la moisson !

      Avec l’arrivée de l’hiver, sans surprise, survient la famine. De longues files de malheureux errent le long des routes en quête de subsistance et gagnent les villes en quête de travail et secours. Mais le gouvernement communiste ne reste pas sans réagir : à la fin décembre 1932, il institue un passeport unique pour tout le pays, avec interdiction pour quiconque de quitter son village de résidence sans autorisation du Parti !

      Affaiblis, les gens meurent de froid et de faim dans leurs cabanes, le long des routes ou sur les trottoirs des grandes villes d’Ukraine, quand ils ne sont pas déportés sur un ordre arbitraire du Parti.

    5. @tano

      L’Histoire de la Révolution française démontre donc que la propriété collective n’est pas une panacée car à l’époque, personne n’en voulait.
      Lors de la Révolution de 1789 ni les bourgeois, ni surtout les paysans (à peu près 90% de la population!) ne voulaient plus en entendre parler.

      Le souvenir des corvées collectives et du servage au nom d’un intérêt soit-disant collectif ou supérieur, administré par un seigneur, au nom de lui-même, au nom de l’Eglise ou au nom du Roi quand ce noble était un fermier général, c’est-à-dire de l’Etat, voilà ce qui les avaient dégoûtés à mort d’un système semblable.</blockquote

      Je vous accuse de comparer le collectivisme soviétique régressif stalinien et le servage ou pseudo-servage pré-révolutionnaire dans un raccourci intenable qui dénote une vision purement idéologique, simpliste et partiale de l'histoire et particulièrement de l'échec révolutionnaire de 1793/94, et vous me répondez en brandissant l'Holodomor ukrainien! Bref vous persistez dans l'erreur fautive et la confusion historique.
      Vous devriez par ailleurs élargir vos références historiques et ne pas vous limiter à des auteurs tels Robert Conquest, ex-communiste britannique époque stalinienne, précisément adhérant au PC en 1937 pendant les grandes purges, et ex-membres de l'IRD, « Département de recherche de renseignements » créé clandestinement pour contrer la propagande et l'infiltration soviétiques en Occident et "inspiré" longtemps par Koestler. Il fut, accessoirement, également conseiller de Thatcher lorsqu'elle était dans l'opposition…
      Je ne défendrai jamais le "collectivisme" sous sa forme stalinienne, mais vous ne vous gênez pas pour persister à en faire un repoussoir définitif contre toute tentative de mise en cause, ne serait-ce que conceptuelle, de la toute puissance "surnaturelle" du droit de propriété, quitte à produire pour ce faire des amalgames proprement outrancier qui sembleraient démontrer l'impasse de votre position purement idéologique ou, à tout le moins, la problèmatique vacuité de votre armement de combat idéologique.

    6. @ Vigneron

      Bien, je précise ma pensée.

      « La démocratie est un mauvais système, mais elle est le moins mauvais de tous les systèmes. »
      (Winston Churchill)

      Remplacez le mot démocratie par propriété privée et vous saurez ce que je pense.

      Du reste, je voulais montrer que le contexte de la Révolution française dans les esprits de l’époque impliquait, à l’époque, un rejet de toute forme de collectivisation.
      S’ils n’en avaient pas voulu, il y avait bien des raisons.

      Une des raisons, somme toute très plausible, à l’époque, pouvait être le rejet d’un système pouvant ressembler de près ou de loin, soit au servage, soit au système féodal basé sur un assujettissement économique, juridique, ou social donnant l’effet suivant:
      – aliéner toute liberté de ceux qui travaillaient la terre.

      Un assujettissement par l’Etat ordonnant la collectivisation quelque soit sa forme, est-ce autre chose qu’un manque de liberté?
      Les hommes de 1793 le ressentaient probablement comme tel. C’était aller à l’encontre des thèses développées pendant le siècle des Lumières.

      Mais il y eu tant d’autres raisons: la Convention en 1793/1794 avait d’autres chats à fouetter que de se mettre sur le dos une collectivisation des terres.

      En contextualisant, il y avait, et sans être exhaustif:
      – les conventionnels qui se déchiraient (accusés de « tiédeur » par Robespierre, Danton et Desmoulins sont guillotinés en 1794)
      – la Grande Terreur avec les lois de Prairial
      – une guerre extérieure contre la première Coalition
      – une guerre intérieure avaec le soulèvement de la Chouannerie
      – un hiver 1793 où la famine règne à Paris avec le prix du pain multiplié par 5, les pommes de terre par 10, la mortalité par 2
      – une crise de la monnaie; par exemple à la chute de Robespierre il fallait 75 livres en assignats pour un Louis d’or, en novembre 1795, il en faudra 4000.
      – etc…

      Avec tout ça, vous auriez voulu que la Constitution de l’an I résiste au déferlement des événements?
      Et vous m’accusez d’anachronismes!

      Pour la collectivisation, fallait-il étouffer le lecteur?
      C’est vrai, je n’ai donné que 3 références sur une cinquantaine possibles rien que sur Wikipédia.
      Vous cassez la première réf, OK! Elle n’est pas impartiale, OK!
      Vous vous gardez bien d’en donner ou de contester mes autres références.

      Quant à la collectivisation soviétique, elle n’est qu’un exemple parmi d’autres dans l’Histoire, que la collectivisation marche moins bien que d’autres systèmes.
      Jusqu’à présent toutes les tentatives se sont soldées à plus ou moins long terme par des échecs.

      Quant à la toute puissance « surnaturelle » du droit de propriété, ça reste pour l’instant de la théorie.

      En pratique, confisquez le sac de billes d’un gamin de 6 ans, (au-delà de 10 ans son portable) et répartissez ses billes à tous les autres. Vous verrez sa réaction, tout ce qu’il y a de plus naturelle.

      A moins que pour vous un gamin puisse être un dangereux réactionnaire petit bourgeois qui, n’étant pas content du vilain tour qu’on vient de lui faire, exprime par sa colère, ce que vous appelez sans doute la toute puissance surnaturelle du droit de propriété.

  14. Monsieur Jorion, j’attends avec impatience votre livre sur le capitalisme, peut-être qu’il éclairera certaines ambiguïtés qui me gênent dans votre discours, quand par exemple vous parlez des « différentes expériences qui ont été faites de modifier la question de la propriété et ça n’a pas marché; mais dans les choses qui fonctionnent en ce moment il y a aussi des choses qui ne marchent pas ». Parce que si vous mettez en parallèle les défauts du capitalisme et ceux des dictatures communistes, il est évident pour moi que la balance n’est pas égale. J’espère qu’elle ne l’est pas pour vous non plus.

    1. Je suppose que vous n’oubliez pas de compter avec des Pinochets, et co en Amérique latine, sans dire de quelques autres en Afrique, et même voire encore par là du côté de l’Inde ….
      pour équilibrer votre balance …

    2. Cécile, je ne suis pas un défenseur du capitalisme, toute la question est de savoir par quoi on veut le remplacer, et franchement je n’ai pas de réponse, mais je ne crois pas que le communisme qui a déposé son bilan en 1989-91 puisse être une alternative. Or le communisme fut le seul régime concurrent du capitalisme et qui a tenté l’expérience de « modifier la question de la propriété ».

      On ne peut pas réduire le capitalisme à Pinochet puisqu’on a eu dans les pays occidentaux des régimes capitalistes qui ont su, du moins durant un certain temps (les 30 glorieuses), concilier le capitalisme, la démocratie et le progrès social. Que je sache, il n’y a pas un seul exemple positif de régime communiste qui ait réussi à « modifier la question de la propriété » sans porter atteinte à la liberté et à la démocratie. Alors ne jouons pas aux apprentis sorciers.

    3. Relisez Dickens sur le « bel âge » du capitalisme triomphant, et Dorgeles ou Remarque ou Céline pour ses effets pervers et guerriers, en l’absence de l’aiguillon communiste modérateur et bienfaiteur. Et même ce qu’en dit ce vieux réac nationaliste de Soljenitsyne pour avoir les deux faces de la médaille.
      Moins de 20 ans ont suffi au capitalisme sans contrepoids massif pour montrer à nouveau sa nature fondamentalement perverse et réellement totalitaire et heureusement tout aussi mortelle que celle de son ennemi héréditaire, et tout aussi fruste, communiste.

  15. La propriété me fait penser au dessin d’enfant d’une maison (mais cela reste la leur) carré et toit pentu avec un peu de fumé qui sort de la cheminé, quelques fleurs et un grand soleil et une pelouse verte et c’est aussi le rêve d’adulte en lotissement (en temps que paysan, je suis pour qu’on maintienne un maximum de terres agricoles, car demain….. et ma soeur trouve que 1000 mètres carrés c’est juste pour leurs pavillons).
    je sais pas si on veut revenir sur quelques choses d’aussi fort que la possession d’un logis, va peut-être falloir obligé les marmots à dessiner des tours?

    1. Cela fait déjà longtemps que les marmots dessinent des tours quand on leur demande de dessiner une maison !

    2. excusez moi, pour en avoir discuter avec des instits autour, c’était l’inverse mais on est en campagne, les mômes qui habitent dans les tours souhaitent des maisons, mais je vous crois, ça va être intéressant, pour l’avenir

  16. cupidité
    cupidité

    Le prix du sucre et des oeufs flambe en Thaïlande
    22/07/2010

    BANGKOK (AP) – Des hausses au goût amer: le prix du sucre et des oeufs s’envole en Thaïlande en raison de problèmes d’approvisionnements pour ces denrées de base. Les vendeurs de rue qui nourrissent des millions de personnes à Bangkok n’ont pas encore répercuté ces augmentations sur leurs clients mais pourraient commencer prochainement.
    Deuxième exportateur mondial de sucre, la Thaïlande en produit 7 millions de tonnes par an, dont deux millions sont habituellement réservés à la consommation intérieure. Mais cette année les stocks se sont taris après que le cours du sucre eut atteint en janvier son plus haut niveau en 30 ans, à 750 dollars la tonne. Il a depuis baissé mais reste plus élevé qu’il y a un an.
    La pénurie a contraint le pays à importer du sucre pour la première fois depuis 30 ans. Le gouvernement en a acheté 74.350 tonnes la semaine dernière pour un prix oscillant entre 705 et 720 dollars la tonne.
    Les vendeurs de rue, qui utilisent abondamment cette denrée, n’ont toutefois pas constaté de retour à la normale. « Il n’y a rien que je puisse faire, je dois vendre mes fruits tous les jours », explique Charoen Saengsilp, 51 ans, qui vend goyaves et mangues accompagnées notamment de sucre, à Kamphaengphet, dans le nord du pays. Il paie aujourd’hui 28 bahts (68 centimes d’euro) le kilo de sucre, au lieu de 10 bahts (24 centimes d’euro) l’an dernier.
    Pour l’instant, il n’a pas répercuté la hausse sur ses clients mais explique qu’il sera peut-être contraint de le faire si les prix continuent de flamber. D’autres vendeurs, nombreux, assurent que ce n’est qu’une question de temps avant que les clients ne paient plus cher pour des spécialités sucrés, le khai jiaao (l’omelette thaïlandaise) et d’autres plats populaires.
    M. Charoen souligne que le sucre est plus difficile à trouver en magasin. Une pancarte dans un supermarché de Kamphaengphet prie les clients de limiter leurs achats à trois kilos par famille.
    Certains attribuent la responsabilité de la pénurie à des grossistes cupides exportant du sucre destiné au marché intérieur afin de profiter de cours mondiaux élevés. « Le gouvernement a tenté de dire aux producteurs: vous êtes censés satisfaire la demande intérieure en premier avant d’exporter », déclare Thanawat Polvichai, directeur du Centre pour les prévisions économiques et commerciales à l’Université de la chambre de commerce thaï. Mais « les prix mondiaux étaient élevés et les négociants voulaient augmenter leurs profits ».
    De son côté, Prasert Tapaneeyangkul, un responsable du ministère de l’Industrie, pointe du doigt la hausse de la demande intérieure, qui a augmenté d’un quart en rythme annuel au premier semestre 2010 et a notamment été observée chez les producteurs de boissons.
    La hausse du prix des oeufs aggrave également la situation pour certains vendeurs de rue. Lek Saetang, 58 ans, propose omelettes et oeufs durs dans le centre de Bangkok. Les quatre douzaines d’oeufs qu’elle achète chaque jour lui coûtent aujourd’hui 4 bahts pièce (9 centimes d’euro), soit deux fois plus qu’il y a quelques mois.
    Cette fois, ce n’est pas les cours mondiaux, mais une collusion entre producteurs qui est à l’origine du problème, admet Korbsak Sabhavasu, secrétaire général du Premier ministre Abhisit Vejjajiva.
    Les neuf entreprises autorisées à importer des poules pondeuses ont choisi d’en faire venir moins que le nombre de 400.000 convenu de manière informelle avec les autorités. Pendant deux ans d’affilée, elles n’en ont importé que 360.000 dans le but de faire monter les prix, précise M. Korbsak, qui a mené une enquête à la demande du Premier ministre.
    « C’est un gros marché. » Au prix de 3 bahts (7 centimes d’euro) l’oeuf, cela représente « 90 millions de bahts (2,18 millions d’euros) par jour et 30 milliards de bahts (729 millions d’euros) par an », souligne M. Korbsak. En réponse à la hausse des prix des oeufs, le gouvernement a notamment supprimé le quota sur l’importation des poules et étendu l’autorisation d’importer ces volatiles à d’autres sociétés. AP
    http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/social/20100722.FAP5865/le-prix-du-sucre-et-des-oeufs-flambe-en-thailande.html

    1. Ahurissant! Le niveau d’impéritie, mais surtout de corruption de ces gouvernements est proprement hallucinant!
      Que le troisième exportateur mondial de sucre se retrouve avec de telles « difficultés » d’approvisionnement intérieur est suffisant pour provoquer ou légitimer une révolution violente.
      Même si la politique de Lula au Brésil, récemment encore premier producteur et exportateur mondial, a amené ce géant agricole à se retirer du marché sucrier pour consacrer près de 60% de sa production à sa scandaleuse saloperie de méthanol, et que l’Inde a décidé de privilégier les produits vivriers, si bien que les produits de rente comme le sucre ont baissé, la responsabilité d’un gouvernement reste d’assurer la sécurité alimentaire de ses citoyens, avant de favoriser les spéculateurs ou les exportations. Et l’Inde aujourd’hui importe le sucre. De même, l’Union européenne qui exportait également le sucre, n’en exporte plus, sauf que ces derniers temps, ayant constaté qu’il y a une crise du sucre, elle a décidé d’injecter près de 400 000 tonnes dans le circuit commercial mondial.
      Le marché du sucre, déjà hautement spéculatif du fait, entre autres, de son aptitude au stockage n’avait pas besoin de ces pénuries réelles ou artificielles…
      La demande en douceurs saccharosées ne risquant pas de s’étioler en ces temps rudes d’amertume…

    2. « la responsabilité d’un gouvernement reste d’assurer la sécurité alimentaire de ses citoyens, avant de favoriser les spéculateurs ou les exportations. »

      Ha bon…???

      Welcome on the earth, Vigneron 😉

      Tu vois bien là, comme moi, le jeu de dupe (nous) dans lequel nous sommes.

  17. Les dictatures communistes furent essentiellement une réaction à l’impérialisme capitalistes anglo-saxon sans ces « expériences  » la Russie et la Chine ressembleraient à l’Afrique…où à la France devenu un vrai frankistan.
    Le capitalisme d’état est un capitalisme sous surveillance nationale c’est pourquoi il est si critiqué ici par de nombreux perroquets médiatiques. Les impérialisme grecs ou romains étaient des impérialismes civilisateurs, l’impérialisme bourgeois est un impérialisme décivilisateur ( voir ce concept sur le bon site « dedefensa »). Le pognon est sa seule raison d’être et la raison d’être du pognon est l’Argent comme seule communauté, c’est à dire que celui qui n’ a pas de capital n’est rien.

    1. Comment pouvez-vous savoir ce que seraient la Russie et la Chine sans le communisme ? De nombreux pays émergents (l’Inde par exemple) n’ont pas connu le communisme et se développent tout aussi bien voire mieux. Vous allez me sortir que le bilan du communisme fut « globalement positif  » ?

    2. Et allez !
      Pendant qu’on discute du sexe des anges, Sarkozy et sa bande du Fouquet’s préparent la rentrée au rabot, comme ils disent. Rabot qui va passer sur nos porte-monnaies, évidemment, pas les leurs.
      Démocratie et justice sociale, c’est simple et facile à comprendre !

    3. L’aventure de ce pauvre petit Nicolas s’approche de sa fin miteuse. Elle sera proche de celle d’une sorte de général Boulanger, miraculeusement parvenu au pouvoir grâce à l’adéquation insensée d’un environnement délétère et dérélictant d’une société citoyennement morte.
      Il fallait sans doute en passer par là.
      Je suis très optimiste aujourd’hui…

    4. En 1917, je ne sais pas bien, mais la russie tsariste n’était-elle pas encore assez féodale …
      (et donc quel rapport entre la révolution soviétique et une réaction contre l’impérialisme anglo-saxon, ????
      peut-être effectivement que plus tard .. )
      Ce que je vois, c’est que ces deux systèmes se maintenaient, que la faillite de l’un ne pouvait qu’ouvrir sur la faillite de l’autre
      (cela d’autant plus, évidemment, que l’implosion de la Yougoslavie, …. dont nous serions bien avisés de nous demander …)

    5. Le rôle du FMI et des dirigeants yougoslaves
      http://www.wsws.org/francais/corresp/1999/mai1999/10mai_nickyougo.shtml

      « Dans son livre Balkan Tragedy (Tragédie dans les Balkans), Susan Woodward explique l’attitude de Milosevic envers le programme du FMI de la façon suivante :

      « La victoire de Milosevic sur la Ligue communiste serbe est souvent citée, à cause de la guerre et de la politique occidentale en 1991-94, comme le début de la fin pour la Yougoslavie. Mais ce point de vue n’était pas partagé par les banques et les gouvernements occidentaux, or par d’autres départements du gouvernement américain. Ils l’ont appuyé parce qu’il semblait être un libéral en matière économique (avec un excellent anglais), qui pourrait jouir d’une plus grande autorité pour imposer la réforme. Bien que les gouvernements occidentaux aient été plus tard accusés de complicité, ou de stupidité, Milosevic était un libéral en économie (et un conservateur en politique). Il avait été directeur d’une grande banque à Belgrade de 1978 à 1982 et un réformateur économique même en tant que chef du parti à Belgrade de 1984 à 1986. Les propositions mises de l’avant par la ‘Commission Milosevic’ en mai 1988 ont été écrites par des économistes libéraux et auraient pu être une page tirée directement du livre du FMI. C’était chose courante à l’époque (et même jusque dans les années 90) pour les occidentaux et les banques de choisir &laqno; un ferme engagement à l’endroit des réformes économiques » comme leur critère principal lorsqu’il s’agissait d’octroyer leur soutien à des dirigeants est-européens ou soviétiques (et d’autres pays en voie de développement), tout en fermant les yeux sur les conséquences que leur conception de la réforme économique pourrait avoir sur l’évolution de la démocratie. Celui qui a remplacé Janos Kadar en tant que dirigeant de la Hongrie en mai 1988, Karoly Grosz, a été accueilli de la même façon parce qu’il répondait au même profil de libéralisme économique et de conservatisme politique ce qui était qualifié à l’époque dans le milieu local de modèle Pinochet. » (Susan Woodward, The Balkan Tragedy, pp. 106-107, notre traduction). »

      article source correspondance : « La « thérapie de choc » du FMI et la recolonisation des Balkans par Nick Beams, 17 avril 1999 »
      http://www.wsws.org/francais/News/1999/avril99/17avril_nickkoso.shtml

      autre: Yougoslavie, une guerre évitable. Un documentaire à contre-courant
      http://www.dailymotion.com/video/xg9fy_yougoslavie-une-guerre-evitable_news

    6. De nombreux pays émergents (l’Inde par exemple) n’ont pas connu le communisme et se développent tout aussi bien voire mieux.

      L’Inde parle anglais…Aimeriez-vous parler anglais dans votre propre pays?…Quant à ce que vous appellez le développement ce pays n’a rien de l’importance de la Chine et de la Russie et pourtant il est presque aussi peuplé que la Chine. N’importe qui connait la Chine ou la Russie ( même Georges Frêche…)… personne ne parle de l’Inde.
      Effectivement elle peut être citée comme exemple dans tous les médias occidentaux puisqu’avec presque le même nombre d’habitant que la Chine elle est d’une remarquable discrétion. Pour les democrates bourgeois un grand pays qui l’a ferme c’est bien le signe d’une colonisation globalement positive.
      Ce qu’il y a de globalement positif dans le communisme c’est qu’en France il permis de retarder l’avènement du libéralisme en donnant au peuple une morale héritière de celle du christianisme et aux grands peuples hors occident les armes pour maintenir leur indépendance et contenir le déferlement impérialiste essentiellment anglo saxon.

      A Cécile qui pense que la Russie était un pays féodal …. Si Tolstoi, Dostoievski, Tchekhov ou Pouckine sont les écrivains d’un pays féodal alors Balzac ou Flaubert le sont tout autant puisque notre chère démocratie règnait sur 1OO millions d’africains soumis au fouet civilisateur. L’oublions nous la France de la révolution française et de la démocratie ne peut se comprendre sans référence aux millions de colonisés c’est à dire la prospérité capitaliste française et les congés payés reposait sur une exploitation de type féodale du monde.

    7. TRES bien vu, Kabouli. Vous voyez plus que clair.

      L’Inde est le pays le plus féodal de la planète. Le système de castes est tellement efficace que même ceux qui ont vu leurs proches mourir grâce à Bhopal ont vu leur chagrin augmenté par l’injustice flagrante de cette affaire.

      Colonialisme en toute impunité est le slogan qui marche.

  18. J’ai déjà dit tout le bien que je pensais de la philosophe Marie-José Mondzain.
    Les recherches qu’elle mène sur l’image (et le visible) avec les textes qui parlent des images sont aussi passionnantes que les questions qu’on se pose sur le langage.

    → Je joints les trois courtes vidéos où sa réflexion tourne autour du thème : Une société sans art et sans culture ?
    Les propos sont évidemment graves, puisque nous pouvons basculer dans la barbarie d’une société purement fonctionnelle et animale.

    « Les signes de la colère et du malheur comme les signes de l’espoir ne sont pas monnayables. »

    http://www.youtube.com/watch?v=yON3t5otyb4

    http://www.youtube.com/watch?v=S0UzyNZBXh0

    http://www.youtube.com/watch?v=JGUile3euzo

    1. J’allais oublier Bernard Stiegler, très offensif, ce qui n’est pas fait pour me déplaire.

      « La figure du consommateur est morte, c’est certain, beaucoup de gens sont encore dans la dénégation par rapport à cela, mais c’est un fait avéré. Le consommateur est devenu addict et auto destructeur. Le consommateur est malheureux… »

      http://www.horschamps.org/

    2. « La figure du consommateur est morte, c’est certain, beaucoup de gens sont encore dans la dénégation par rapport à cela, mais c’est un fait avéré. »

      Hypothèse purement et pieusement performative. Ca fait trente ans que j’entends ça. Un peu plus fort en période de crise éclatante. Beaucoup moins en période de crise latente…

    3. vigneron,

      Hypothèse ?
      Pour ma part c’est plutôt les faits qui retiennent mon attention.
      Voyez le ressent commentaire de liervol (2ème §). Son cas n’est pas isolé.
      Vu le contenu, je reconnais que le caractère typographique -gras- employé se prêtait mal à la citation. Le moindre détail compte, àmha.

    4. si elle n’a eu aucun effet cela tendrait à prouver que la formule ne l’est pas, performative.
      contrairement à « je jure que je viendrai demain », qui, une fois prononcée, a accompli l’action de jurer (pas de venir, évidemment).

    5. Quand je parle « d’hypothèse purement et pieusement performative », c’est bien sûr dans un sens ironique puisque celui qui prononce ces phrases voudrait surtout persuader chacun qu’il en est bien ainsi alors qu’il ne s’agit bien en fait que d’une hypothèse, plausible et souhaitable sans doute, mais bien encore conjecturale. Le seul fait qu’elle soit répétée comme un tantra depuis des décennies appuie ma thèse. La phrase performative pure, c’est celle du maire qui dit à deux conjoints -consentants!- « Je vous déclare mari et femme. »
      Que liervol prétende avoir vu sa consommation baisser, sur un mode qui tient d’ailleurs plus de la plainte que de la revendication anti-consumériste, ne démontre rien sur la performativité avérée de la proposition de Stiegler, bien au contraire.
      Si le mythe consumériste s’était effondré, nous n’affronterions pas, me semble, t-il de telles difficultés, de telles impasses pour sortir de cette crise, en Occident comme ailleurs… J’ai bien peur que ce soit la dure réalité des faits économiques qui fassent de nécessité vertu, nullement le renversement métaphysique de l’idole consumériste. Hélas… Et je conviens absolument qu’il faille, comme le fait Stiegler, continuer plus que jamais le combat. Mais ne pas vendre la peau de l’ours…

    6. C’est fou, Vigneron, le nombre de gens qui veulent « sortir de la crise »…

      Alors que le pouvoir en place souhaite plus que jamais le business as usual, cela donne une impression de rebouchage de mer avec le sable de la plage.
      Fataliste, NON, bien au contraire.
      Evolution potentiellement violente avec réalité de la situation devant les yeux, je le sens mieux.

      Mais il restera toujours quelques couples d’humains qui pourront se nourrir de racines. Donc, où est le problème..???

  19. Dans le domaine de la propriété, il y a un type d’entité qui nous pose un souci majeur :
    Celui qui s’exerce au travers de la personne morale.
    En tant « qu’entité », la personnalité juridique et plus encore, la capacité juridique ( variable) de ce type de personne, à travers cet aspect de propriété, est faussée, biaisée.
    Notamment la capacité d’acquérir des biens mobiliers et immobiliers…
    Quelle soit de droit privé ou public, en fonction de ces différentes catégories, la personnnalité morale, confère à la personne morale, un certain nombre d’attibuts: celui concernant le patrimoine , retient particulièrement notre attention…De part la législation en vigueur, elle nous apparait comme au dessus de celle de la personne physique…. Et là , il y a une forme de non sens , une incohérence !!

    1. Je me pose aussi cette question, ….
      donc de là en passant par la famille, …. puis m’égarant de la nationnalité fondée d’abord du droit du sang avant de l’être du droit du sol …
      j’en suis à m’interroger d’un concept de propriété réfléchi sur cette notion de droit du sol, (et non plus pour ce qu’il semble en être inspiré, soit plus en référence du droit du sang …)

    2. Bonjour Cecile !!

      Nous avons, il ya 8 jours, eu un débat animé, passionné et sincère, sur le sujet que vous décrivez!!!
      Ou placeriez vous le(s) curseur(s) de vos réflexions ????

  20. @Paul

    Il y a dans le capitalisme, une exaltation de la propriété privée, qui sonne comme une flatterie d’un bas instinct, c’est certain. Avoir plus qu’Être …

    Simultanément, il peut y avoir une légitimité émanant du marché : celui qui présente à la communauté quelque chose que cette communauté recherche s’en voit rétribué … cela paraît juste.

    Cette justesse est corrompue dès lors que le marketing n’est plus que flatterie des bas instincts (encore eux) des populations potentiellement consommatrices (les cibles et les segments de marché …).

    Je pense donc que dans le fondement de l’économie sur la propriété privée, il y a à la fois quelque chose de juste et de raisonnable, et quelque chose de profondément et gravement dégénéré.

    Plus fondamentalement encore, je crois qu’il y a un aspect qui relie la propriété privée au plus profond de nos tripes. C’est que nous avons tous le sentiment d’être propriétaire de nous-mêmes, de notre corps, de nos pensées (peut-être plus encore …), et de notre vie, en tant que temps qui passe et que nous remplissons de choses selon notre libre arbitre.
    Si nous sommes libres, et cultivés, et conscients, alors nous sommes propriétaires de nous-mêmes.
    La société consacre universellement cette propriété en condamnant le meurtre, et toutes les atteintes à l’intégrité physique. Mais les agressions portées à l’intégrité morale le seront aussi : insultes, diffamation, etc.

    Si donc nous sommes libres, cultivés, et conscients, nous sommes propriétaires de notre temps. Comment alors ne pas être propriétaire de ce que nous faisons de notre temps ?
    Si je suis compagnon et que je passe trois ou cinq ans de ma vie à faire mon chef-d’oeuvre. Celui qui détruirait en une seconde ce travail ne commettrait-il pas un crime ?
    Cet objet représente une partie de ma vie, peut-être sa meilleure part … ; j’y aurai mis tant de passion … Cet objet m’appartient …

    La question de l’attachement à ses enfants participe de cet investissement personnel, mais se charge d’encore bien plus : ce sentiment animal de perpétuation de nos gènes, et celui de la responsabilité de l’éducation. Ceux qui ont des enfants savent à quel point on est plus qu’attentif, totalement pris, happé, par tout ce qui émane de ce petit être, ses gazouillis, ses progrès. Dans lesquels de surcroit, la génétique oeuvrant, on se reconnait. Sans parler de sa santé …
    Et encore, à cela s’ajoute le fait que cette naissance est le fruit d’une relation construite avec une femme ou un homme qu’on aime, que l’on connaît depuis plusieurs années, et dont cet enfant représente un accroissement phénoménal des liens. Nous avons fait un nouveau petit être humain ensemble : nous sommes éternellement liés par ce miracle.
    Alors oui, cet enfant est le NÔTRE, autant d’ailleurs que nous sommes SES parents.
    Tant d’investissements personnels, tant de liens animaux, tant d’émotions, font qu’il me paraît tout à fait naturel, sain, et sainement instinctif, autant d’instinctivement sain, de placer ses enfants avant les autres membres de l’humanité.
    Si deux personnes se noient devant moi dont un de mes enfants, je n’hésiterai pas un centième de seconde, j’irai vers mon enfant : par instinct, mais aussi par devoir : par ce que j’aime plus mon enfant, mais aussi parce que c’est une honte inimaginable de ne pas choisir de sauver son enfant dans une telle situation.

    Adolescent et jusqu’à être père pour la première fois, j’étais bouddhiste, et j’étais convaincu que l’attachement est un poison de l’esprit qui l’empêche d’atteindre la Connaissance.
    Le vécu de jeune père m’a montré l’imbécilité totale et la déconnexion absolue d’avec la réalité de ce genre de philosophie.

    Alors oui, Paul, je fais partie de ceux qui croient qu’il y a une nécessité logique et une composante instinctive forte dans le fait de hiérarchiser ses liens humains.

    Ce qui fait que le socialisme radical me paraît totalement contre nature et aussi dégénéré que le capitalisme. La solution est certainement un moyen terme beaucoup plus difficile à trouver : comme on dit dans le bouddhisme : la Voie du milieu …

    Sans oublier Héraclite : « Tout naît de la lutte et de la nécessité »

    Bien à vous, Paul.

  21. Bonjour M. Jorion,

    Rentrée aux Pays-Bas depuis quelques jours, j’avais pris la résolution de ne plus trop approcher de cet ordinateur tentaculaire… Enfin, je viens quand même de vous écouter, et, aprés avoir passé de bonnes vacances, et ce, malgré l’évènement cataclysmique qui nous a touchés le 15 juin dans le Var, je ne peux m’empêcher d’ajouter ce modeste commentaire pour souligner de nouveau que cette crise n’aurait pas pris une telle ampleur si nous avions un peu mieux pris soin de… justement… la famille. Je l’ai déjà écrit, là où je pourrai je poserai les mots qui défendent la famille, et leur coeur en particulier, les mères et les enfants. Là où tout commence…

    Dans ce débat sur l’avenir, « pour être prêt à des alternatives », comme vous dites, nous n’avancerons pas tant que nous refusons de nous pencher sur la notion de sacralité, qui ne peut être ignorée sous peine de mauvaise foi lorsque l’on aborde les thèmes de la famille, de la société humaine, de la vie, et de l’avenir de l’humanité.

    Nous devons avoir le courage de renoncer à la modernité des Lumières et oser re-penser le sacré. C’est en niant le sacré que nous nous sommes perdus.

    Bien cordialement

    1. Bonjour Anne,

      Pourquoi faire du monde de l’enfance, un temps et un lieu comme un sanctuaire ? Une citadelle, où la mère serait la seule grande ordonnatrice. De quoi avez-vous peur ?
      Ne découragez pas les autres âmes bienveillantes qui ne demandent qu’à servir humblement, humainement. Beaucoup trop d’individus sont mis de côté à cause de l’esprit capitaliste. Alors pourquoi de nouveau un autre esprit pour trier ?
      Offrir généreusement une École de l’Amitié aux enfants (càd à l’opposée d’une école où les éducateurs comptent leurs points retraite). Où ces enfants puissent s’exprimer le plus librement possible : Goûter, lire, chanter, toucher, observer, écouter, compter, peindre, parler, jouer, apprendre, regarder, sortir… imaginez ! La Vie doit être le fil conducteur. Rire du sacré, sans perdre pied. Ne pas cesser d’inventer mais avec la résonance intérieure, et surtout beaucoup d’enthousiasme. S’ouvrir au monde, et comme par enchantement, en se frottant les yeux, voir que tout est là ! devant nos yeux d’adulte ou d’enfant. Cette (nouvelle) société doit garder confiance vis-à-vis de tous les membres qui la compose.

  22. Pour redonner à nos société un sens du sacré, en accord avec la dimension symbolique de l’être humain, il faudrait rembobiner la bande, probablement jusqu’à l’apparition du moteur.
    En ethnologie on distingue bien le tournant de la motorisation ; l’irruption de ce décuplement de la force et des possibilités mécaniques au sein d’une société la bouleverse totalement et, grossièrement, la transforme, de société de la « traditio » qu’elle était, en société de la « novatio ».

    Je crois que c’est lorsque l’homme est en contact avec la nature, au même niveau qu’elle, et qu’il ne dispose pas de moyens lui laissant à penser qu’il est dans une situation de supériorité et de toute puissance, alors l’humilité, le sentiment contemplatif et le sens du sacré peuvent émerger.

    Le contact avec les choses saines, naturelles, et loin des moyens modernes, effectivement Anne, il faudrait s’en donner la discipline.
    Mais comment concilier çà avec cette marche forcée du progrès technologique et ce combat économique permanent ? Cà parait très difficile …

    Peut-être qu’un grand cataclysme à l’échelle de l’humanité, et absolument inoubliable, comme une guerre nucléaire mondiale avec des centaines de millions, voire des milliards de morts, est en définitive le passage obligé pour faire passer cette humanité à un autre niveau de conscience.

    L’humanité a bien montré par son histoire que tant qu’elle ne s’en prend pas plein la gueule, elle ne bouge pas. D’autant qu’aucune société occidentale n’est contrôlée par un comité de vieux sages, comme c’est le cas dans certaines ethnies traditionnelles … justement … (quelle coïncidence …)

  23. Je vous remercie pour vos réactions (@tomate, octobre, Olivier_h). Une des questions qui se pose donc et qui est fondamentale: Où sont donc les sages (masculins comme féminins), courageux, désintéressés, bienveillants pour l’humanité? Où sont-ils? Où se cachent-ils? Une question,pourquoi par exemple notre société, par l’intermédiaire des médias, tient-elle à donner plus la parole aux acteurs de cinéma qu’aux sages, aux vrais sages, à ceux qui sont dans le vrai de la simplicité, dans la vérité? (Si quelqu’un pouvait m’éclairer?)

    Notre société est à un tournant, une nouvelle conscience doit en effet émergée, notre évolution et notre histoire nous empêchent dorénavant de passer par la barbarie, une nouvelle force doit apparaître. Je suis de ceux et de celles qui pensent qu’il faut peut-être chercher du côté de ceux dont on n’a plus parlé, que l’on a voulu ignoré, dont on a cherché à oublier l’existence, à humilier peut-être, à renier. Il ne faut pas aller chercher trop loin, tout près de chez nous, il y a des signes, des choses, des gens, il suffit de vouloir les voir… et surtout de passer d’abord par la case « désintoxication médiatique »…

    Une fois que certaines choses seront comprises, tout peut aller très vite…Pour cela, je suis optimiste. En plus de l’exemple que l’on peut donner, en étant, sans vouloir faire ou avoir à tout pris, refuser dans la mesure du possible toutes les compétitions, concurrences et luttes en tout genre, tous les combats et mensonges que la société moderne nous a imposés pour nous épuiser, nous éparpiller, nous dé-solidariser, nous atomiser, nous dé-concentrer, nous désunir, etc…

    De belles paroles, je sais, mais je crois qu’il faut commencer par là: réveiller les consciences.

    1. « Il ne faut pas aller chercher trop loin, tout près de chez nous, il y a des signes, des choses, des gens, il suffit de vouloir les voir… et surtout de passer d’abord par la case « désintoxication médiatique »… »

      Ma remarque est la suivante : Ne croyez-vous pas qu’il faille regarder autre chose que la figure du sage, puis le doigt du sage qui pointe la lune, et finalement la lune elle-même ?
      Cdt.

  24. Boris Cyrulnik part très souvent d’observations faites sur les comportements animaux afin d’élaborer des hypothèses de travail sur les humains. Il fait cela parce que c’est une manière de décaler son regard, de trouver de nouyveaux angles de vues, de changer de point de vue.
    Dans le cas de la propriété et de son caractère génétique ou non, il me semble qu’on peut faire comme Boris Cyrulnik a partir du comportement des chiens. Comme les humains, les chiens sont des animaux sociaux. Plutôt que de propriété on parlera de territorialité, de sens du territopire à défendre. La plupart des chiens savent d’instinct le territoire qu’ils devront défendre, espace de terrain, maison, automobile… Ils savent aussi quels sont les êtres qu’ils devront défendre, leurs proches. Pourtant, parmi les chiens, il existe des espèces qui n’ont pas du tout ce sens. Le Huski en est un exemple frappant. Si vous comptez sur lui pour défendre votre propriété, vous ne serez pas déçu! Il sera content de voir les voleurs et il ne leur fera aucun mal. D’ailleurs il ne sait pratiquement pas aboyer. Il est très difficile de le dresser et il fait les choses par amitié pour vous. Paul Jorion, vous me semblez bien proche du Huski si on veut pousser un peu la comparaison.

    On peut poursuivre avec les chiens qui peuvent d’adapter à diverses situations. Dans le cas où ils vivent en meute, ils ne défendent plus aucun territoire, mais la meute leur sert de repère identitaire et elle se structure, se hiérarchise fortement. Les hommes aussi savent créer des groupes nomades qui leur sert de repère, ces groupes sont aussi assez hiérarchisés.

    Y aurait-il une alternative (propriété individuelle)/(groupe nomade) pour les humains qui sont si proches de nos amis les chiens?

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