Claude Chabrol (1930 – 2010)

Merci M. Chabrol, pour des grands moments de cinéma. Et ces films glauques comme vous seul saviez les faire : Le boucher, Landru, Madame Bovary, Que la bête meure, Les fantômes du chapelier. La liste est longue. On les reverra tous. Sinon avec plaisir – en raison du goût de cendres qu’ils vous laissent dans la bouche – du moins avec recueillement, pour leur regard de connaisseur sur la condition humaine.

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20 réflexions sur « Claude Chabrol (1930 – 2010) »

  1. Mais mon ami, vous avez oublié « Merci Pour le Chocolat », un de ses meilleurs films avec Isabelle Hupper, bouleversante, et avec Liszt.

    On devrait faire un moratoire sur la mort car cette année c’est une vraie hécatombe.

    1. On a rien vu encore, Liszt! Qu’est-ce que ce sera dans 10/15 ans, quant arriveront en masse nos papy-boomers fauchés par une inéluctable baisse de l’espérance de vie à venir…
      La rubrique nécro-people bouffera chaque jour la moitié de la page d’accueil de nos écrans d’ordi solaires et recyclés! 🙂
      Rédacteur de rubrique nécro. Un métier d’avenir!

      Tiens! M’en va me fumer un bon cigare avec un vieil armagnac en hommage au bon Jean-Claude!

  2. Sans vouloir être méchant, il y a parfois des artistes qui laissent un meilleur souvenir en mourant jeune ou en produisant moins.
    Je garde le souvenir du Beau Serge et de quelques autres, mais vraiment il y en a eu trop !

    1. oui, pleins de films, de bonnes idées, plein de tralala la la, 80 piges…tout le monde ne peut pas en dire autant !
      La terre tourne.

    2. je ne connais pas les films de m.chabrol, pour moi il est le représentant d’une culture cinématographique un peu élitiste, un peu parisienne, un peu mourante. à l’heure de matrix et de taxi 3, que dire? je ne sais trop.

    3. @ methode,

      Méthode singulière pour se faire un avis sur Claude Chabrol : ne pas voir ses films. On s’étonne moins que vous ne sachiez pas quoi dire au moment de conclure.

      Confidence pour confidence, je ne peux rien dire non plus sur Chabrol car je n’ai vu qu’un seul de ses films et – pas de bol – je suis tombé sur un de ses nombreux nanars : « Madame Bovary ».
      Contrairement à Jean Renoir en 1933 et Vincente Minnelli en 1949, il avait voulu rester fidèle au roman de Flaubert. Je n’ai pas vu les deux autres adaptations, mais le Bovary de Chabrol démontre qu’une adaptation d’un grand roman au cinéma doit absolument trahir l’original pour avoir des chances de s’en sortir. Un grand roman ne peut se copier sur pellicule mot à mot, tout simplement parce qu’un grand romancier n’est pas un scénariste. A chacun son métier.

    4. (Avant qu’on s’interroge sur la méthode qui permet de parler des « nombreux nanars » de Claude Chabrol en ayant vu qu’un film de lui.)

      J’avais lu des interviews (genre Télérama) où le cinéaste utilisait lui-même le terme de nanars pour qualifier plusieurs de ces films. Il avouait avoir honte de certains d’entre-eux et assumait être un « bâcleur ». En fouillant aujourd’hui sur Internet, je découvre cet entretien qui confirme la chose. Le réalisateur y passe rapidement en revue toute sa production, et juge chacun de ses films de façon lapidaire.

      Mais, finalement, réussir un film sur cinq ou sur dix n’est pas donné à tous les cinéastes. Je regrette simplement de ne pas être tombé sur celui-là.

  3. Corneau, Chabrol, oui, c’est l’hécatombe…
    On perd un homme de culture, à l’humour cinglant, qui ne jouait pas avec la facilité, et qui avait cette jovialité si rare aujourd’hui… bon buveur, bon mangeur, fumeur, et esthète, bref, homme agréable et convivial. Ses analyses, bien souvent correctes, sur le monde tel qu’il est nous manqueront.
    Adieu Claude Chabrol… et merci pour votre oeuvre.

    Que d’autres Chabrol se lèvent…

  4. Encore un qui part, comme nous partirons tous un jour…
    Le monde du cinéma, le monde de l’argent, tout un monde… ont-ils rendu nos vies meilleures? Je me le demande… Un peu moins de tout ça ne nous aurait en fait pas fait tant de mal… Au bout du compte, à qui et à quoi ont-ils servi? En ce début de XXIème siècle, peuvent-ils encore servir à autre chose qu’à faire de l’argent, à nous distraire? Je me le demande…

  5. Bonjours
    Le fantôme du chapelier absolument génial quand le petit couturier étranger de surplus comprend les crimes de ce bourgeois pour des raison inique. Le petit couturier en devient malade et meurs. Le bourgeois sur de son fait en prend du plaisir et fait des crime de trop comme c’est un film se fait coincé. Sa résume notre situation d’aujourd’hui je ne sait pas si le bourgeois se fera coincer mais il commis des crimes de trop.

  6. On continuera à faire chabrol* après Chabrol. C’est la fin d’un homme, mais ce n’est pas la fin de l’histoire. Il y a beaucoup à faire pour s’attaquer aux « soupes au lait » (1er ext. vidéo) ainsi qu’aux soupes tièdes. Car, malheureusement, le bête, le méchant, et l’obscène fumet bourgeois empuantit le monde.

    * L’expression faire chabrot ou faire chabrol, signifiant qu’on achève sa soupe en y ajoutant du vin.

  7. Sacré Claude Chabrol ! Ce dilettante passionné fut avant tout un humaniste qui nous laisse une analyse des milieux petit et grand bourgeois pas piquée des vers.

    Il reconnaissait volontiers ses « nanars », commis sous l’emprise de quelques flemmardises passagères, dues peut-être à la trop grande proximité des bonnes tables où il aimait convier l’équipe de tournage.

    Bien que faisant partie de la « nouvelle vague », il avait privilégié la mise en scène et la photo réglées au cordeau ainsi qu’une direction d’acteurs plutôt cool.

    Il avait sans doute un peu de l’anthropologue puisqu’il aimait regarder les émissions de télé très con, tant çà le faisait rire.

    Cet homme libre aura rempli sa vie comme il l’a voulu… combien sommes-nous à pouvoir en dire autant ?

  8. Je n’ai pas réussi à retrouver l’émission de Drucker dans laquelle il disait à peu près ceci (dans le souvenir qu’il m’en reste):
    Un égoïste, qu’est-ce qu’un égoïste? C’est quelqu’un qui dit: 50/50, 50% pour moi, et 50% pour moi et les autres.

    Si vous retrouvez la phrase exacte…

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