L’actualité de la crise : un mort qui ne le sait toujours pas, par François Leclerc

Billet invité.

UN MORT QUI NE LE SAIT TOUJOURS PAS

Les dirigeants européens affichent leur détermination, mais va-t-elle tenir jusqu’au bout ? Ils affirment la nécessité de renouer sans tarder avec des déficits publics conformes aux normes datant de la création de l’euro, et à en faire de même pour le montant de la dette. Le tout au prix d’importantes restrictions budgétaires et d’augmentations de la fiscalité. Mais sont-ils réellement d’accord sur les rythmes et les modalités ? Quel est l’avenir de cette politique, au-delà des divergences supposées ?

Une première interrogation porte sur le danger de création de la spirale descendante qui en résulterait. Ces mesures pesant sur la croissance, accentuant les tendances récessives globales dans un contexte régional et mondial déjà peu favorable, les pays les plus éprouvés étant plus immédiatement menacés. Si cela devait se produire, les recettes des Etats s’amoindrissant et les taux auxquels ils empruntent sur les marchés montant, un effet ciseau interviendrait. Il ferait obstacle à la poursuite de cette aventure. Une première restructuration de dette aurait un effet domino, le caractère opérationnel du fonds de stabilité restant à démontrer, comme on va le voir plus loin.

La seconde interrogation s’appuie sur l’ampleur à venir du mouvement de protestation aux mesures gouvernementales, dans un climat social qui ne laisse pas nécessairement paraître au grand jour de profondes inquiétudes, et dont la traduction est incertaine. Résignation et rejet sont les deux faces de cette même médaille, et l’on ne sait pas à l’avance de quel côté elle tombera. L’expérience en la matière tend à prouver que plus les mouvements d’opinion sont souterrains, plus ils peuvent être massifs lorsqu’ils font finalement surface. C’est un gros pari que de vouloir jouer au plus fin avec cela.

Une maturation est en cours, qui va permettre de préciser la réponse à ces deux questions, au fur et à mesure des rebondissements à venir. En attendant, le camp des pays entrés dans la zone des tempêtes s’agrandit, la Grèce y ayant été rejointe par l’Irlande, le Portugal n’en n’étant plus éloigné. Le sort que vont pouvoir connaître ces deux premiers pays ne laisse pas de place au doute chez les observateurs avertis : une restructuration de leur dette sera nécessaire à terme, ils ne pourront pas aller au bout de ce qu’ils ont engagé.

Ce camp va-t-il s’élargir à l’Espagne ? C’est la grande question, car toutes les conditions ou presque sont réunies pour que ce soit le cas. Si la dette publique reste relativement contenue, la dette privée est gigantesque, en raison d’une bulle immobilière qui n’a rien à envier à celle de l’Irlande. A l’image de la bulle américaine, elle est rétive à toute résorption et va produire de nouveaux dégâts financiers. Toujours d’une grande fragilité en dépit des restructurations engagées, le système bancaire sera alors en première ligne.

La situation sociale, quant à elle, se tend fortement comme on vient de le constater. Enfin, le gouvernement a basé son plan de marche sur des prévisions de croissance irréalistes et devra soit le revoir, soit prendre de nouvelles mesures d’austérité. Le taux obligataire espagnol ne connaît pas l’envolée de celui des pays de la zone des tempêtes, mais cela ne le prémunit en rien d’une même évolution, alors que le gouvernement va devoir lever l’année prochaine 192 milliards d’euros sur le marché obligataire.

L’analyse du contexte européen doit prendre également en compte d’étonnantes révélations. Le fonds de stabilité financière (EFSF) tout juste mis en place, il se confirme que le gouvernement allemand est catégoriquement opposé à ce que soit envisagé sa prorogation, sa durée ayant été fixée à trois ans, alors même que Jacques Delors et Mario Monti, anciens présidents de la Commission, viennent de le suggérer. Cette échéance est rapprochée et laissera la Grèce au milieu du gué, sans parapluie de protection financière, au moment où son plan spécifique de soutien sera arrêté et ses besoins de financement de la dette publique augmenteront.

Ce calendrier n’est donc pas en phase avec celui de la crise européenne, qui ne sera pas réglée quand son terme arrivera. La raison en est qu’il est calqué sur celui de la réduction des déficits que les Allemands veulent imposer, par rapport auquel ils ne veulent pas d’échappatoire.

La crise irlandaise a dévoilé une singulière caractéristique de l’EFSF qui n’avait pas été rendue publique : il n’est pas véritablement destiné à être activé ! Car comment expliquer que sa mise en œuvre soit tout aussi catégoriquement refusée à l’Irlande, alors que le taux auquel le gouvernement va devoir emprunter sur les marchés sera très élevé, en dépit de sa détente actuelle ? Pesant davantage – comme si le fardeau n’était pas déjà suffisamment imposant – sur les finances publiques et les Irlandais, obérant les chances de remplir à l’arrivée le contrat imposé.

Incidemment, refuser de soutenir financièrement un Etat devant consentir des taux obligataires si élevés – en prenant les devants au lieu de n’intervenir qu’au bord du précipice – vaudra le moment venu transfert financier en faveur des investisseurs – les banques européennes dans une large mesure. Les vases communiquent, mais toujours dans le même sens.

Des calculs ont montré que le complexe et laborieux montage qui a abouti à la création de l’EFSF aurait comme conséquence d’assortir ses éventuels prêts de taux rédhibitoires de l’ordre de 7 à 8% ! Comment dissimuler cette inconséquence si ce n’est en ne l’activant pas ? A quoi sert-il alors, sauf à chercher à faire croire que l’on est prêt à intervenir, sans toutefois le faire ? Combien de temps une telle fiction dissuasive va-t-elle pouvoir tenir ?

Comme s’il s’agissait de renforcer la crédibilité de cette histoire, un autre bébé de la même famille est annoncé. Fort du succès des précédents tests d’effort de certaines banques européennes – qui n’ont réussi qu’à susciter des critiques, quand ce n’était pas des sarcasmes, chez les observateurs attentifs qui sont de plus en plus nombreux – il est dorénavant question de pratiquer régulièrement cet exercice de propagande. Pratiquant l’humour involontaire, la Commission a promis de les améliorer… en ne rendant pas publics leurs résultats un vendredi soir, comme les premiers. Elle aurait mieux fait d’expliquer, par exemple, pourquoi l’Anglo Irish Bank – qui fait sérieusement causer d’elle ces derniers jours – ne figurait pas sur la liste des banques testées. Manque de place sur le papier, sans doute ?

Au chapitre des fortes mesures prises par les plus hautes autorités, il serait injuste de ne pas évoquer l’arsenal des pénalités destinées aux pays qui ne respecteront pas les nombres d’or du déficit et de la dette publics. Tous leurs puissants efforts convergent – non sans quelques fortes nuances – vers un unique objectif : forcer à tout prix les pays européens à revenir puis à rester dans le rang, alignés sur les normes de déficit, tournant superbement le dos à toute relance économique. L’histoire jugera…

De nombreux écueils se présentent sur la route choisie. Sera-t-il possible à l’arrivée de faire l’économie d’une restructuration de la dette publique, puisque l’optique des Américains, Britanniques et Japonais – jouer la relance en faisant tourner la planche à billet – est exclue par construction dans la zone euro ? Les modalités d’une telle restructuration ne manquent pourtant pas, mais seulement voilà… elle secouerait sévèrement le système bancaire européen.

Il est vivement recommandé d’adopter une conduite vertueuse afin de ne pas peser sur les générations futures, mais un train peut en cacher un autre : ce sont en réalité les banques européennes qu’il faut protéger, encore une fois, car elles risqueraient de ne pas tenir le choc. Puis, alors qu’elles seraient dans l’obligation de renforcer leurs fonds propres, afin de respecter les futurs ratios de Bâle III, elles auraient alors à enregistrer des dépréciations de leurs actifs obligataires, qui feraient grimper leurs besoins financiers. Les vases communiqueraient alors dans l’autre sens, ce n’est pas envisageable.

C’est toujours sur le même obstacle que l’on bute. D’autant que le débat monte – bien que dans des cénacles restreints et même très réservés – à propos des obligations supplémentaires de renforcement des fonds propres des banques et de leurs modalités. Et qu’il inquiète particulièrement les banquiers de la zone euro. Trois problématiques distinctes sont étudiées.

La première à propos des exigences supplémentaires de fonds propres à l’encontre des banques présentant un fort risque systémique, celles que l’on dénomme TFBT (too big too fail ou trop obèses pour plonger). Une conjonction d’intérêts et de préoccupations pousse fortement en ce sens, notamment aux Etats-Unis et au Royaume-Uni. La seconde, plus technique, porte sur la définition des actifs éligibles au rang des fonds propres, à propos de laquelle le Comité de Bâle a laissé subsister un grand flou. La dernière sur le contenu de la notion de « bail-in », sauvetage des banques ne faisant pas appel aux fonds publics par opposition à « bailout ». Car les régulateurs partent du principe que les Etats n’auront plus les moyens de renflouer les banques la prochaine fois (!) et qu’il faut anticiper en mettant en place un autre dispositif.

Américains et Européens divergent cependant – comme chaque fois qu’il s’agit de réglementation bancaire – sur la manière de procéder à ces « bail-ins ». Les premiers s’inspirant de la pratique de la FDIC et de leur loi sur les faillites (chapitre 11), les seconds privilégiant l’utilisation d’obligations hybrides d’un nouveau genre, les Cocos (Contingent Convertibles bonds). Dans les deux cas, les créanciers seraient à priori mis à contribution pour restructurer le bilan d’une banque en difficulté, mais le schéma européen a le défaut d’être théorique, susceptible de biais cachés, les Cocos n’existant pas et la réaction des investisseurs à ce nouvel instrument financier étant inconnue. Sous ses apparences techniques, ces débats sont essentiels, car ils portent sur les modalités de renforcement des fonds propres des banques, l’adoption d’un calendrier particulièrement favorable à leur cause n’étant qu’un des aspects du problème. Le prochain G20 des 11 et 12 novembre va être appelé à en discuter.

On en revient toujours à la même lancinante question : l’addition des besoins financiers des Etats et du système bancaire et la capacité des marchés à y répondre à des coûts abordables, dans un contexte déjà marqué par une baisse très substantielle du retour sur investissement (ROI) des établissements financiers. ROI qui pourrait encore être détérioré au passage.

« Le système financier est mort », vient de déclarer Paul Volcker, ancien président de la Fed et l’un des conseillers économiques de Barack Obama, à l’occasion d’une allocution devant l’assemblée de la Federal Reserve de Chicago.

Le problème est qu’il ne s’en est pas encore rendu compte.

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144 réflexions sur « L’actualité de la crise : un mort qui ne le sait toujours pas, par François Leclerc »

  1. Si nous sommes d’accord avec l’affirmation que le monde financier est mort, mais qu’il ne le sait pas encore, il est urgent de savoir ce qu’est le monde financier par rapport avec notre civilisation, pour savoir si elle aussi est morte ou sinon quelles sont ses chances de survivre.
    Ne serions nous pas des « morts-vivants » ?

    1. « Ne serions nous pas des « morts-vivants » ? »

      Toute mort étant porteuse de vie nouvelle, toute vie contenant sa propre mort.

      Un jour j’ai vu un « revenant », un triste individu qui a semé la chienlit partout ou ses ripatons l’on porté. Nous avions croisé sa route, nous étions sa dernière chance, il fût une épreuve. Ce monsieur s’est pointé un beau matin chez nous, sur notre lieux de travail, nous réclamer son dû. Je lui ai répondu que si par malheur nous réclamions le nôtre il ne serait plus que poussière, là sur le champ.

      Je lui ai dit de retourner parmi les siens et d’y rester…. au tombeau!

      En y repensant j’aurais peut être du tenter  » lève toi et marche! ». Si j’avais pu, si j’avais su……. je crois que dans l’état de décomposition où il était ça l’aurait achevé.

      Les morts n’ont pas de conscience, rien ne leur apprend, ils craignent la mort tout en ignorant la vie. La seule chose qu’ils distinguent c’est un rapport primaire gain/perte.Trop pressés voulant abolir le temps c’est la vie qu’ils réduisent.

      Vous semblez bien vivant.

    2. à octobre,

      Le chemin ? l’ironie noire, avec plus ou moins de bonheur, sans doute moins, à en juger par votre commentaire.

      Prendre un chemin recèle toujours quelque danger, rester immobile ne protège de rien.

    3. Ceux qui ont trop de pouvoir sont des morts-vivants, et ne le savent pas : trop d’orgueil ! …robotisation et sclérose de leur propre regard au monde …

      Pas les autres, pas encore, puisqu’il se dit ici mélancolie, évocation de la mort, poésie, philosophie, colère, tatonnement de la pensée, décryptage de la propagande …enfin la vie même .

  2. bonjour
    Pourquoi au lieu de sauver les Banques ils ne sauvent pas ceux qui en souffrent ?
    Il n’y a pas si longtemps il existait une Banque gérée par l’état,ici ,en Belgique ,cella s’appelait CCP.
    Vous aviez toute les facilités de gérer vos paiements etc et sans aucuns risques.
    Je suis certain que si les politiques décident d’une Banque publique au service des gens ,hors spéculations ,ce service nous serait bien plus profitable.
    rego

    1. C’est pas encore mûr, mais ça va viendre .

      « ceux qui en souffrent « , vont l’expliquer plus où moins gentillement aux politiques. Ils sont un peu tenus par les »bourses, d’un côté la finance, de l’autre nous. Normal qu’ils hésitent.

      Ca doit faire mal?! Chacun son tour…..et toc!

      Pour l’instant nous sommes dans les pourparlers par l’intermédiaire de monsieur Jorion et quelques autres. Nous ne somme qu’armés d’une carte d’électeur et tout plein d’une volonté de travailler ensemble, pour bâtir. Faudrait pas que messieurs les politiques et les financiers nous mettant des bâtons dans les roues, le climat se gâte.

      Nos politiques savent que quelque soient leur choix, ils auront un petit quelque chose à perdre. Sauf que si ils font le mauvais choix se sera un gros quelque chose à perdre pour tout le monde.

      Cela dit ,moi je dis ça comme je dirais autre chose….. pour causer.

      Vous aimez les puzzles?

    2. Quoi, Saule, « éparpillés façon puzzle « ! ….
      du calme, on va encore dire que nous sommes des sauvages !

  3. A ceux qui doutent de la réalité des arguments avancés dans ce Blog.
    Il existe une petite arithémétique de la dette qui permet de comprendre les inexactitudes données par les grands décideurs. Pour qu’un Etat cesse d’aggraver sa situation, il faut que son endettement (ce qu’on appelle la dette des administrations publiques et qui s’exprime en points de PIB; par exemple 80% dans le cas de la France) multiplié par la différence entre le taux de croissance du pays et le taux de l’intérêt moyen, corresponde à une valeur qui est aussi le solde budgétaire de l’année:
    Plus simplement , sI: Dette X (Taux de croissance- taux de l’intérêt) = solde budgétaire , l’Etat cesse d’aggraver son risque d’insolvabilité.
    Amusez vous avec les chiffres que vous connaissez et vous aurez une idée (parmi d’autres) de l’ampleur du problème.
    Par exemple pour la France en 2011 si l’on prend les chiffres suivants: dette 80% du PIB; croissance 1,5%; taux moyen 3%, nous avons le résultat suivant: 0,80(1,5-3)= -1,20 point de PIB. C’est dire- le PIB de la france étant d’environ 2000milliards d’euros- qu’il faudrait un excédent budgétaire de 1,2X2000= 24milliards d’euros pour que la situation de l’Etat ne s’aggrave pas.
    Le budget en discussion pour 2011 prévoit 90 milliards de déficit pour le seul Etat. La situation n’est pas grave: elle est catastrophique. Je vous invite a faire le même calcul, pour l’Irlande la grèce etc.
    Je puis vous donner les chiffres , mais il est facile de les trouver.
    Bon week-end à tous.

    1. Aucune raison de s’inquiéter, la Chine semble vouloir aider la Grèce lors de ses prochains appels d’offre.
      Puis elle aidera la France, l’Italie, L’irlande, ….

      Il ne me reste plus qu’à inscrire mes enfants dans des cours intensifs de mandarin.

    2. Amusant, Jean-Claude, comme cette réflexion ne détruit PAS la propagande des libertariens.
      Je m’explique.
      Pour un ménage ou une personne physique, l’équilibre du budget est simple :
      La banque accorde un prêt lorsque vos perspectives de salaires lui permettent de pouvoir la rembourser. (en théorie, bien sûr, vu les mœurs actuelles légèrement contraires)

      Pour une entreprise, si la capacité d’autofinancement n’est plus suffisante pour garantir une augmentation subite d’activité ou un potentiel de recherche et développement, vous n’avez plus qu’à convaincre votre banquier de lui promettre une rentabilité exceptionnelle.

      Pour un état, si la capacité à développer sa population par une éducation de haut niveau et à soigner les maladies les plus fréquentes et graves n’est plus possible par manque de moyens financiers, cet état périclite car la rentabilité argentifère est le but du courtermisme qui est une politique de terre brulée.

      L’imbrication des étages qui n’ont pas le même but et n’ont pas à l’avoir constitue une différenciation qui devient une opportunité extraordinaire pour les personnes qui pensent bêtement que le « diviser pour mieux régner » leur rapporte…
      Alors que tuer les autres s’est souvent révélé quelque peu risqué au cours des derniers millénaires.
      Mais bon… laissons-les risquer leur vie. Après tout.

      Preuve aussi que l’humanité commence à refuser le crime et j’en profite pour déclarer que j’aime Cécile pour sa réflexion par rapport à la religion.

    3. Le raisonnement a une faille : le budget de l’état comprend le service de la dette (remboursement de la dette échue et de l’intégralité des intérêts). Donc à solde de budget nul vous remboursez une partie de votre dette. Ceci dit quelqu’un a calculé que pour rembourser aux conditions actuelles il faudrait se limiter aux strictes dépenses régaliennes de l’état (police, justice, armée, affaires étrangères).

    4. Non Bernique.
      Lorsque les richesses crées par une population sont suffisantes (soit avec une imposition non trafiquée), toutes les structures communes peuvent être crées et entretenues par l’état sans avoir besoin d’endettement.
      C’est ce qu’a calculé l’Allemagne début 2009 par la simple imposition de la part de PIB (10% au niveau mondial) qui disparaissait dans les paradis fiscaux.
      Sans cette disparition, ses comptes seraient à l’équilibre 2 à 3 années plus tard.

      Alors, en effet, la privatisation de tout service commun est le rêve de tout capitaliste : en tant que services obligés, cela les met en position de monopole et vous savez que c’est ce qui rapporte LE PLUS.

    5. J’ai dit dans les « conditions actuelles ». Cela ne veut pas dire que je les juge acceptables. Je dirais même plus que cela prouve qu’il n’y a pas de solution passant par un remboursement effectif et total de la dette à moins d’aller chercher l’argent où il se trouve.

  4. Les médias vont barguigner sur un chiffre: la participation aux manifestations.

    Mais l’info du jour, que dis je du jour de l’année jusqu’à ce jour, c’est ça:
    Dans la tourmente financière la Grèce soutenue par la Chine

    De deux choses l’une, ou cet évènement s’est produit en « concertation » avec les gouvernements Européens en retour d’une diminution des sièges européens au FMI au profit futur de la Chine. Et c’est donc une alliance objective pour un sauvetage européen piteux et une refondation du SMI, dans une alliance Chine-Europe.
    Ou c’est un cavalier seul de la Chine et nous Européens pouvons fermer le ban et demander l’accrochage du Yuan à l’Euro et définitivement jeter nos ambitions à la poubelle.

    La Chine sauvant la mère des démocraties!

    Nous pouvons pleurer et les américains trembler.

    1. Pourquoi pleurer…??
      L’argent vous manque déjà…???

      Nous avons bien plus. Mais vous êtes encore obscurci.

    2. @Piotr et Julien,
      Merci pour la vigilance et la correction.

      @Yvan

      Le riz cette année est long à murir
      On voit déjà venir le gel et le vent
      Givre Gel Vent Grêle Pluie
      Le manche des outils est moisi
      La lame de la faucille est rouillée
      La paysanne n’a plus de larmes…

      Su Dongpo (1036-1101)

    3. C’est plein de bon sens :

      Les chinois se débarrassent de dollars en échange d’euros.
      Il complètent leur compétences et présence auprès d’un gros acteur de l’affrètement international.
      Ils trouvent un débouché captif pour leurs bateaux.
      Ils se créent un nouvel « obligé ».
      Au pire des bateaux c’est plus facile à saisir que des musées ou des iles même ioniène.
      C’est la technique des petits pas.

      Pour les grecs, c’est de l’argent frais, de la diversification des prêteurs, des relation avec le premier exportateur mondial qui forcément envoi plein de choses par la mer….

    4. Sachant que la Grèce est le 3ème pays en Europe pour le nombre de navires mais le premier en tonnage, on comprend mieux l’intérêt des chinois …
      Ainsi que le 7ème pavillon mondial en jauge brute.
      http://www.marine-marchande.net/Monde/flotte-mondiale.htm
      Autre élément : 67% des armateurs naviguent sous pavillon de complaisance.
      Concernant la Grèce, cela représente 72,3% du registre de Chypre, le plus fort taux au monde.
      http://scaphinfo.free.fr/contestation/convenience_flags.html (très bon article au demeurant sur les pavillons de complaisance et la transport maritime).
      Chypre, au 11ème rang des pavillons, autant que les USA …
      Enfin, 90% du transport de marchandise s’effectue par voie maritime.
      C’est dire si la Grèce est un bon investissement pour les chinois, en Europe ou ailleurs, via ou non le pavillon chypriote (lui-même intégré dans l’UE).

  5. « La seconde interrogation s’appuie sur l’ampleur à venir du mouvement de protestation aux mesures gouvernementales, dans un climat social qui ne laisse pas nécessairement paraître au grand jour de profondes inquiétudes, et dont la traduction est incertaine. Résignation et rejet sont les deux faces de cette même médaille, et l’on ne sait pas à l’avance de quel côté elle tombera. L’expérience en la matière tend à prouver que plus les mouvements d’opinion sont souterrains, plus ils peuvent être massifs lorsqu’ils font finalement surface. C’est un gros pari que de vouloir jouer au plus fin avec cela. »

    Ainsi que vous le démontrez au fur et à mesure de vos analyses, le système financier actuel n’est plus qu’une coquille vide, qui ne va pas tarder à se désintégrer.
    Nul doute que les citoyens de nombreux pays qui ont acquis le « bon sens populaire » au fur et à mesure des générations, le savent depuis longtemps.
    Ils savent aussi, à travers leur vie de tous les jours qu’ils vont être entraînés dans cette chute, bon gré mal gré.

    On se demande souvent pourquoi ils ne se révoltent pas plus …. mais parce qu’ils savent que cela ne sert à rien … pour l’instant.
    Sans doute attendent ils que le système soit suffisamment moribond pour lui asséner le coup de grâce.
    Et ce jour là, ils seront présents.

    (votre style a le don de rendre vivant ce qui est …. mort 😉 j’apprécie toujours autant vous lire)

  6. Vendredi 1er octobre 2010 :

    Draghi : attention aux « banques zombies ».

    Le gros problème des banques qui sont devenues trop dépendantes des liquidités fournies par la Banque centrale européenne (BCE) doit être résolu par les autorités financières nationales et non par la BCE, a déclaré vendredi 1er octobre un membre du Conseil des gouverneurs de la BCE.

    Au cours d’une conférence donnée à Rome, Mario Draghi a affirmé que beaucoup de banques de la zone euro étaient bien plus fragiles que ne le laissaient paraître leur bilan, car le niveau très bas des taux d’intérêt minimisait la dégradation de leur situation financière.

    Si ce problème n’est pas résolu, « nous aurons ces banques zombies dans la zone euro pendant un certain temps ».

    Le Figaro

    1. La machine à faire baisser l’euro par rapport au dollar se remettrait elle en route? Ou bien déception de ne pas avoir eu la place de JC (Trichet) ? Vous en pensez quoi Mr Leclerc ?

    2. Mario Draghi veut signifier que le gouvernement grec, par exemple, doit renflouer les banques de son pays, comme les irlandais essayent de le faire. En plus de ce qu’ils doivent déjà accomplir !

      Sinon, craint-il, les liquidités injectées par les banques centrales font finir par créer une nouvelle bulle.

      Quand certains crient à l’inflation, aux Etats-Unis, et demandent que la Fed augmente ses taux directeurs, c’est l’inflation des actifs qu’ils ont en tête ! Ils ne le disent pas explicitement car ce n’est traditionnellement pas celle-là que l’on combat.

      On reste toujours dans le schéma des vases qui ne communiquent que dans un seul sens.

  7. Ca commence vraiment à sentir la fin des haricots pour les Etats Unis, je parle de cette intervention de la Chine pour la Gréce, on c’est tous très bien que la Chine le fait pas par bonté d’âme. L’Empire est vraiment sur le déclin!

  8. Too big to fall…Les puissances nucleaires peuvent elles veritablement faire defaut ? Prendra t on le risque de voir un gouvernement d extreme droite prendre le pouvoir en France ? Pas besoin de de repondre a la question. Donc on peut encore tirer sur la corde…Contrairement a l`espagne…
    Nouvelle course aux armements en perspective ? Rappelons par ailleurs la decouverte de la premiere planete habitable de la voie lactee par des astronomes americains…C est un peu moins loin que le paradis

    http://www.lemonde.fr/planete/article/2010/10/01/gliese-581-g-premiere-exoplanete-peut-etre-habitable_1418859_3244.html

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