… SE CONTENTER DES RESTES, par Alain Monod-Broca

Billet invité

Frédéric Lordon souligne l’incroyable discours adressé simultanément aux financiers internationaux et à la population française.

En fait, tout se résume à un partage du gâteau : notre pays (comme bien d’autres) ne pourra pas payer les retraites et ses emprunts ; il faudra choisir.

J’avais trouvé sur le web – j’ai perdu la référence, merci à celui qui me la retrouvera – un rapport issu d’un « Think Tank » qui le disait tout ingénument : puisque dans bien des pays occidentaux la charge des retraites ajoutée à celle des emprunts publics dépasse la capacité de paiement des gouvernements, il faut réduire ces retraites. Puis pays par pays, il calculait le montant de la diminution nécessaire pour sauvegarder le service de l’emprunt. L’Allemagne, dont la population vieillit à toute vitesse, y était particulièrement visée. En bref, un État qui a deux lots de créanciers (obligataires d’une part et pensionnés présents ou à venir d’autre part) se doit de servir en priorité les premiers et de demander aux seconds de se contenter des restes.

Légalement, c’est logique : les contrats d’émission d’emprunts précisent en détail les conditions de paiement des intérêts et du capital. Les régimes de pension, fréquemment révisés, n’ont pas pris formellement d’engagement sur le montant des pensions promises. On peut donc minorer celles-ci sans enfreindre la loi.

Moralement, c’est différent : les salariés ont été contraints de contribuer au système qu’on leur imposait sans en connaître ni le mécanisme ni le risque. Ils avaient la promesse d’une retraite décente et l’exemple du niveau de vie des retraités qui vivaient de leurs cotisations. Les investisseurs, eux, ont acheté récemment des titres de l’État en étant conscients de sa situation financière et en incluant une prime de risque dans le taux offert. Ils devaient connaître l’endettement excessif de leur emprunteur et évaluer le risque de non remboursement. Ils n’auraient pas à se plaindre si on leur annonçait demain une « restructuration de la dette ». D’ailleurs, nolens volens, cette restructuration finira par avoir lieu.

Clairement, le choix entre le paiement des engagement de retraite et celui de la dette résulte uniquement d’un rapport de force. Tant que le gouvernement craindra plus « les marchés » que son peuple il maintiendra sa ligne. Les grèves de ces dernières semaines ont du le faire sérieusement réfléchir. Les prochaines pourront le faire basculer. Encore un effort !

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64 réflexions sur « … SE CONTENTER DES RESTES, par Alain Monod-Broca »

    1. Oui et non.
      C’est la fameuse ligne de crête ou ligne de partage des eaux.

      Si un état, soit des politiques influencés, créent de la monnaie à tour de bras, c’est l’inflation assurée.
      Ce que, en Europe, ne veut surtout pas l’Allemagne pour cause de mauvais souvenirs.
      On ne peut complètement leur donner tort.

      Tout ça me fait penser à la chèvre et au choux, non..???

    2. @ Yvan, c’était vrai ds le cadre de la banque de France, mais avec la BCE, la contrainte serait plus sévère, limitons qu’à de l’investissement. Les comptes sociaux s’appuyant sur des recettes en adéquation des dépenses (interdiction des déficits).

  1. Mais voyons, avec quoi croyez-vous que nos retraites seront payées si ce n’est par de la dette nouvelle…
    Le sujet ce n’est pas celui de la retraite contre le paiement de la dette mais celui de la répartition de la croissance qui vient justement de la dette.
    Avez-vous seulement calculé ce que nous couterait ne serait-ce qu’un point de spread de plus sur les intérêts de notre dette ?

    1. Faux.

      Il suffit d’une hausse modérée de la cotisation des entreprises ainsi que d’une répartition plus juste pour avoir un système de retraite par répartition parfaitement équilibré économiquement.

      Ceci est un discours orienté tout comme le « déficit » de la sécu coté maladie alors que les taxes instaurées sur l’alcool et le tabac ne vont pas alimenter ses caisses.

      Ceci est purement politique, donc biaisé. Sachant que la politique est maintenant aux ordres de fonds vautours et de la finance.

    2. Bien d’accord avec Yvan,
      Il faut arrêter de nous enfumer avec cette histoire de paiement des retraites grâce à la dette, commençons par supprimer l’accès aux paradis fiscaux, Suisse et Luxembourg compris, aux entreprises du CAC40 et nous y verrons plus clair, ce sont des milliards d’euros qui sont défiscalisés tous les ans.

  2. Y a t-il un paramètre qui permet de faire baisser le montant des pensions, montant calculé sur la base des 25 meilleures années ? Illustration de ma question avec une hypothèse d’école : deux personnes ayant eu exactement la même carrière à 10 ans d’intervalle ont elles un vrai risque d’avoir des montants de pension très différents ? Je pose la question car il me semble que la répartition garantit un niveau, qu’il y a un engagement contraignant contrairement à ce que vous dites.

    1. Je suis allé un pont trop loin.
      L’effritement du niveau de pension est l’autre paramètre auquel on touchera dans l’état actuel des choses si on ne veut plus relever l’âge limite, ni le nombre d’annuités (ce dernier pas mal au taquet).

      (Ce qu’on fera dépend … du rapport de force, je ne vois pas de contrainte légale, ni de promesse, si on rajoute l’outil législatif dans son usage actuel [ = UMP]. Tel président ayant il y a 3 ans promis de ne pas toucher aux 60 ans)

      Face à quoi, la seule réponse, celle que je donnais, est la compensation par la cotisation patronale.

    2. @ Didier dit : 1 novembre 2010 à 19:00

      Y a t-il un paramètre qui permet de faire baisser le montant des pensions, montant calculé sur la base des 25 meilleures années ?

      Les retraites sont indexées sur le coût de la vie. Si, on entrait dans une longue et puissante récession avec la baisse des prix qui pourrait aller avec, y compris le niveau des salaires, les retraites pourraient baisser également.

    3. @ Didier

      Je crois que la réponse à votre question est non. A un moment donné le calcul des droits à retraite est le même pour tout le monde. SI les modes de calcul ne changent pas, dans 10 ans les retraités, à carrières égales, percevront la même retraite que ceux d’aujourd’hui.

      Mais regardez ce qui s’est passé depuis quelques années : prise en compte des 25 et non des 10 meilleures années (1993), report de l’âge de la retraite à 62 ans (2010 n’est-ce pas), et j’oublie peut-être d’autres mesures. Les retraités d’aujourd’hui sont moins bien traités que ceux de 1992. Tout porte à croire que ceux de 2020 seront moins bien traités que ceux de 2010. Car d’autres mesures seront surement proposées dans les années à venir qui, si l’on ne change pas de politique seront encore des mesures de diminution des nouvelles retraites.

      C’est cette possibilité de changer le mode de calcul utilisé lors de la liquidation que je dénonce : que dirait les emprunteurs si on leur proposait une obligation dont le taux, voire le capital remboursé « in fine », pouvait être révisé arbitrairement par l’emprunteur ? Imaginez vous une obligation d’État (OAT) à 40 ans assorti d’un coupon de 5% et dont le contrat d’émission stipulerait : si l’émetteur éprouve des difficultés il pourra modifier (baisser bien sûr) le taux, diminuer le montant du capital remboursé voire prolonger de plusieurs années la durée du prêt.

      Personne n’y souscrirait. Pourtant tous les français -et je crois tous les travailleurs des pays occidentaux- ont cotisé à des systèmes de pension dont les règles sont aussi modifiables que celles de l’emprunt imaginaire que je viens d’évoquer : passer des 10 aux 25 meilleurs années revient à modifier le coupon, repousser l’âge de la retraite revient à repousser la date d’échéance. (un bémol toutefois : en 1982 le passage de 65 à 60 ans de l’âge de la retraite fut un cadeau fait aux assurés sociaux comme jamais un prêteur n’en a vu; on le paye cher aujourd’hui).

      N’est-on pas aussi C… qu’un chef de gare ?

  3. Bonne synthèse concernant les retraites mais transposable plus largement à l’ensemble des éléments de l’État providence.

  4. L’État peut être créancier à l’infini, mais il ne peut être débiteur qu’à un certain degré ; et, quand on est parvenu à passer ce degré, le titre de créancier s’évanouit, MONTESQ., Esp. XXII, 18
    Citation trouvée dans le Littré.

  5. Bonjour

    Je n’ai pas cherché le lien souhaité, mais il me semble significatif que Krugman lui-même
    Sex And Drugs And Markets’ Role
    ajoute foi et souligne le fait que la population que les gouvernements essayent de convaincre est une bande de jeunes traders cocains et sans une once de morale, des mercenaires désublimés du capitalisme financier, des passagers de la « bétaillère post-moderne » qui sert de missi dominici objectif aux rentiers et aux hedge funds.
    Flore Vasseur, si vous lisez ce blog, merci de nous avoir éclairé en anticipation avec « Comment j’ai Liquidé le Siècle » sur ce monde.
    Dissy, vous qui retransmettez régulièrement des news du site « zerohedge » & consorts, vous ne devez pas être surpris là-dessus.
    Nous sommes la chiourme (sens etymologique : les esclaves condamnés à ramer en soute du navire) , et l’ambiance dans la cabine de poupe pourrait nous soulever le coeur.

  6. Je souhaiterais poser une question : Les dominants de nos sociétés occidentales ont-ils besoin de la masse de citoyens (déjà ceux qui ont manifesté ou fait grève) en général ou pourraient-ils les ignorer et les abandonner à leur triste sort ? Car quelle pourra être la motivation au travail de gens qui sont en train de tout perdre sans même parler de la retraite ? Merci de vos réponses.

    1. Le sort des citoyens, qu’ils aient individuellement, manifesté, fait grève, travaillé ou citoyenné à leur diverses occupations sont lié par leur individualité massive et contradictoire.

    2. Tous les milliardaires de la planète ont déjà prévu leur porte de sortie, soit une fuite de leur pays au cas où ça sentirait le roussi.
      bill gates le philantrope, par exemple, a une île qu’il a construit comme une arche et a des stocks de graines qu’il espère replanter sur une planète dévastée.
      Ou les revendre, tout simplement. Y’a pas de petits bénéfices…

      Oui, ces possédants-puissants savent que la situation va tourner à la catastrophe. Et veulent impérativement s’en sortir.
      C’est d’ailleurs en suivant leurs mouvements que l’on découvre le plus de choses sur la situation réelle.

    3. La réponse est dans la question, les dominants sont persuadés qu’il y a du surplus et ne semblent pas disposés à vouloir entretenir ce surplus . On est donc priés d’aller se faire f …et si possible dans le calme et la résignation .
      Les dominants sont très préoccupés par l’augmentation de la population mondiale, ils commencent donc par mettre en concurrence « libre et non faussée » tout ce petit monde, puis suppriment les services publics, les aides sociales, les emplois et l’accès aux soins avec les conséquences que nous ne tarderons pas à observer .
      Et puis les dominants ont probablement encore plus d’imagination, nous serions peut-être bien inspirés en essayant d’anticiper !

    4. @ Hema

      Il s’agît d’un site raciste et antisémite qui colporte volontiers toutes les absurdités complotistes du web.

      Le projet existe, mais il n’a rien de secret et certainement pas les visées que ce tissu de bêtises lui prête.

    1. à Hema et Julien Alexandre:  » l’arche de Noé végétale », c’est à dire le stockage sur l’ile de Svalbard de semences venues du monde entier n’est plus un projet mais une réalité. Sans complotisme on peut trouver à redire à cette entreprise: sachant que les graines, puisque non renouvelées parce que non replantées, vont y mourir en moins de deux décennies, ce n’est pas la préservation des semences agricoles du monde qui est visée. On peut en déduire que le but est de sauvegarder non pas les graines mais leur patrimoine génétique. Pour en faire des semences nouvelles, biotechnologie oblige. Et bien sûr, les breveter. Sachant comme les biotechnologies végétales sont le moyen pour ces multinationales de s’approprier les ressources génétiques des plantes alimentaires , via le système des brevets, et toujours au détriment de la diversité génétique et de la viabilité des producteurs locaux, on peut légitimement s’inquiéter.

  7. @ L’auteur : je ne suis pas sûr de bien comprendre : pourquoi opposer fondamentalement la dette avec le système des retraites qu’il faudrait « sauver ». Est-ce que se poser cette question ce n’est pas comme dit Paul « se trouver piéger dans un cadre de réponse imposé ? ».

    Quand je vois les gaspillages de l’état faits de toutes parts : villes qui vivent au dessus de leurs moyens, logiciels payés à grand renfort de licences coûteuses qu’il faudra tôt ou tard renouveler et maintenir… Routes à Clichy qui coutent de l’ordre de cent millions d’€ au kilomètre…

    Eh bien quand je vois tout cela, je me dis qu’une réflexion qu’on peut avoir également est qu’il y a de la ressource et de la richesse en France à redistribuer et/ou mieux utiliser.

    Bien sûr ce n’est pas contradictoire avec une meilleure répartition mondiale des richesses, notamment entre les créanciers qui s’enrichissent et les pauvres…qui restent pauvres par pérennisation de ce rapport de force dont vous parlez. Voir à ce sujet Alternatives économiques de Mai 2010.

    Quelle gouvernance peut nous conduire à prendre les bonnes décisions collectives pour éviter de continuer à aller dans le mur ? C’est une question récurrente pour moi en ce moment, je suis preneur de lectures à ce sujet si vous avez des idées, j’ai commencé par Jared Diamond et « Effondrement » : ce livre est un coup de force anthropologiste !

    1. Jacques Ellul, Ivan Illich, E.E Schumacher, Nietzsche, Hanna Arendt, Thomas a Kempis, Hans Achterhuis, Jean-Claude Guillebaud, il y en a d’autres, sans oublier La Bible …

    2. Face à la crise actuelle je crois qu’on doit choisir des réponse dans le système, si on espère le sauver, soit hors système, mais il faut alors proposer une nouvelle organisation économique et sociale.

      Mon billet se plaçait dans le système pour montrer que ceux qui raisonnent pour le sauver en arrivent à dire des énormités et prouvent par là qu’il est condamné.

      Les gaspillages d’État et de autres collectivités existent, mais plus personne ne croit que l’on puisse rétablir les comptes publics en les faisant disparaître. L’exemple de la Grèce, du Portugal et de l’Irlande montrent que des efforts inouïs dans cette direction ne donnent pas le résultat escompté.

      Quand on connait les chiffre et les rétroactions propres à nos économies (si je diminue les dépenses je ralentis l’économie et je diminue donc aussi les rentrées) on en arrive à la conclusion que tôt ou tard certains États renonceront à payer toutes leurs dette. Un ministre grec vient de dire que « restructuration de la dette » n’est pas un gros mot; or cette expression codée, typique des financiers signifie : négocier avec ses créanciers pour obtenir d’eux de ne pas payer la totalité de ce qu’on doit. C’est plus poli que de « faire défaut », comme l’Argentine il y a 10 ans qui apurement et simplement suspendu tout paiement de sa dette. Elle l’a payé cher politiquement.

      Bref, si on reste dans le système économique actuel, nos gouvernements n’ont que deux issues :
      – léser les retraités en rabotant les retraites
      – léser les prêteurs en « restructurant » la dette publique.

      Les extrémistes qui exigent le remboursement total des emprunts d’États, quitte à dévaloriser considérablement les retraites jouent avec le feu. Ils risquent de déclencher des mouvements si violents qu’une solution « hors système » s’imposera.

      Par exemple : annulation de toutes les dettes d’États; ce sera le début de la fin du capitalisme.

  8. Depuis la loi Pompidou-Giscard du 3 janvier 1973 l’état français n’a plus le droit de création monétaire et doit emprunter aux banques privées (Pompidou ancien directeur de Rothschild France = conflits d’intérêt !). Depuis nous avons une dette. Depuis nous avons remboursé en intérêts autant que la dette. Si nous avions encore le pouvoir de création monétaire nous n’aurions pratiquement pas de dette !
    Loi retranscrite dans les lois européennes par Giscard un des rédacteurs (article 104 de Maastricht et 123 de Lisbonne). La BCE ne peut prêter sans intérêt aux Etats, mais prête aux banques qui prêtent avec intérêts aux Etats !
    Pour les retraites, si toutes les multinationales payaient normalement leurs impôts en France plutôt que de cacher les bénéfices dans les paradis fiscaux le budget français serait au vert !
    On fait tout pour les favoriser, donc on joue contre l’intérêt du pays !

    1. Je suis d’accord avec vous.

      Mais revenir à une Banque centrale coopérant avec l’État, supprimer toute fuite vers les paradis fiscaux est ce que j’appelle une « solution hors système ».

      En dépit de leurs déclarations, nos dirigeants ne se donnent pas les moyens de mettre en œuvre ces mesures. Ils les considèrent eux-même comme « hors système », c’est à dire hors de leur portée.

      Quand on parle de modifier les traité nul ne suggère de modifier les articles que vous mentionnez. Je le déplore. Quelle pression populaire faudra-t-il appliquer pour qu’ils écoutent plus leur peuple que les intérêts des financiers, leurs amis ?

  9. Ce qui nous attend, c’est la dictature, la nomenclatura et la misère pour les exclus du système politique totalitaire à la mode soviétique qui s’installera en occident.

    Lire cet article bien écrit et assez angoissant.

    1. Ne sous-estimez pas nos amis capitalistes et leur plus grande vertu, l’avidité.
      Quoiqu’il arrive, il y en aura toujours quelques uns pour vous vendre la corde pour les pendre.

  10. Absolument,lorsque l’on sait que le deuxième plus gros budget de l’Etat après l’Armement reste le remboursement des seuls taux d’intérêt de la Dette,quelle Arnaque !!!!

  11. Bonsoir Alain,
    ‘’ Les grèves de ces dernières semaines ont du le faire sérieusement réfléchir. Les prochaines pourront le faire basculer. Encore un effort !’’

    Ce dernier paragraphe m’a fait littéralement bondir de mon siège et m’amène à vous répondre d’une manière parfois ‘‘acide’’.
    Cette réponse n’est pas dirigée contre vous bien sûr mais contre l’idée généralement répandue que les prochaines grèves pourraient être les bonnes.

    Permettez un retour en arrière : 1995
    Conflit social majeur provoqué par la simultanéité de deux réformes. La réforme des retraites des fonctionnaires et régimes spéciaux couplée à la création de la CRDS.
    Jacques Chirac s’étant fait élire sur le thème de la fracture sociale, la population refuse la cure d’austérité en cours qui s’amplifie. Cette grève bénéficie d’un large soutien populaire, on parle de grève par procuration. Le trafic est quasi nul durant trois semaines sur les réseaux ferroviaires SNCF et RATP : Syndicats dépassés par la base, recul du gouvernement.

    2007 : Nicolas Sarkosy est élu.
    Son programme est clairement défini. Mr Denis Kessler le détaille : il s’agit ni plus ni moins que de démonter ce que le CNR a mis en place.
    Cela ne se fera pas sans difficulté, ils le savent.
    Préalablement, il convient de neutraliser les secteurs les plus combatifs, les secteurs pouvant paralyser le pays et faire échouer les réformes.
    La loi sur le service minimum est rapidement votée conformément à ce qu’il avait été annoncé lors de la campagne présidentielle … selon le souhait des français.
    Elle est mise en place le 21 Août 2007.
    La réforme des régimes spéciaux est engagée dans la foulée à l’automne 2007.
    Test grandeur nature : Le remake de 1995 n’a pas eu lieu, les transports ne sont pas paralysés.
    Succès sur toute la ligne : Maintenant lorsqu’il y a une grève, cela ne se voit plus disait avec un sourire entendu …

    2010 : Sous la pression opportune des marchés financiers, le gouvernement entreprend contrairement à ce qu’il avait été annoncé quelques mois plus tôt à une énième réforme des retraites qui, de l’avis de quasiment tous les connaisseurs du dossier, est particulièrement injuste, est basée sur des hypothèses de croissance fantaisistes, ne résoud donc pas le problème et devra être modifiée à court terme .
    Un large mouvement de protestation s’engage, soutenu par près de 70% de l’opinion qui souhaite une réédition de 1995.

    Belle utopie voire naïveté que de rêver d’un mouvement similaire à 1995, l’instauration d’un service minimum rendant cette option caduque.
    Les français soutiennent la grève mais combien font grève ?
    La fonction publique en général, quelques entreprises privées. Cependant, excepté les salariés des industries pétrolières, les éboueurs, les dockers il n’y a pas grand monde pour s’investir dans un mouvement reconductible de grande ampleur.
    D’ailleurs, à quoi bon, la CGT et la CFDT s’étant clairement exprimés contre l’organisation d’une grève générale. Par complicité par naïveté vis à vis du pouvoir, espérant renouveler le dialogue avec les autorités ?

    Quant aux manifestants, on peut les estimer à 2 millions maximum avec un nombre relativement faible de salariés du secteur privé comparé au potentiel qu’ils représentent.
    Si le mécontentement est certain, les actes ne suivent pas.
    Alors que les grévistes sont exsangues, (les journées de grève coûtent cher), les français sont persuadés que les grèves vont continuer … et partent tranquillement en vacances.
    La grève ‘’OUI’’, la plus dure possible ‘’OUI’’ mais à la condition de ne pas être gêné dans MON quotidien.
    Le souci majeur n’est pas de savoir quelle retraite nous auront mais où trouver du carburant.

    Insulte suprême ressentie par les grévistes qui se sont sentis abandonnés par le reste de la population et qui ont repris le travail progressivement.

    Alors Alain, vous terminez votre billet par ‘’encore un effort’’.
    Excusez-moi pour la véhémence de mon propos mais, sérieusement, vous ne vous foutez pas ainsi de ceux qui ont fait grève durant plusieurs semaines ?
    De tels propos couramment entendus ci et là, lus sur différents sites sont tout simplement révoltants pour un gréviste.
    Ne ressentez vous pas une certaine gêne à ainsi souhaiter des grèves qui seront là encore menées par une minorité alors que la majorité de nos concitoyens ne s’est pas associée aux précédentes ?

    Que pensez-vous du spectacle lamentable offert le dernier samedi de manifestations par 2 voire 3 millions de personnes alors que la majorité de nos concitoyens étaient occupés à faire leurs courses ?
    Ne pensez-vous pas que, face à une réforme historique, leur place était à côté des grévistes-manifestants de la première heure ?
    Alors, oui, ce genre de propos pousse à la colère. De nombreux grévistes sont en colère contre le gouvernement mais plus encore contre leurs concitoyens qui n’ont pas bougé, qui n’ont pas daigné descendre dans la rue alors que cela ne leur coûtait rien financièrement. Ceux là même qui à 70% souhaitaient que le mouvement s’installe dans la durée et qui le samedi vaquaient paisiblement à leurs occupations.

    Où étaient les 4 millions de chômeurs qui seront impactés par cette réforme ? N’étaient-ils pas disponibles pour manifester ?
    Où étaient les 5 millions de salariés travaillant en 3×8 pour lesquels aucune pénibilité n’est reconnue ? Travaillaient-ils tous aux heures des manifestations ?
    Où étaient les millions de salariés travaillant à temps partiel ? N’étaient-ils pas disponibles ?
    Où étaient les millions de retraités appauvris par la cascade de hausse de tarifs divers et baisse de remboursement subis ? Tous en croisière sur de splendides paquebots ?
    Où étaient …., où étiez vous ?

    Alors, Alain, ne prenez pas ce coup de sang contre vous personnellement mais contre l’idée véhiculée lorsque vous écrivez  »encore un effort ».
    La société française est confrontée à un vaste plan de démantèlement de son système social.
    Elle n’a pas eu – à mon sens – la dignité de se lever pour imposer d’autres choix.
    Nous avons perdu toute dignité en refusant de dire NON. Un Non massif.
    Je crains que nous ne soyons que  »des lavettes ».

    La société française a – à mon sens – préféré déléguer la grève à d’autres, continuant à vaquer au quotidien, son train train routinier.
    L’échec était assuré, elle va en payer le prix fort.
    A moins que la jeunesse ne se lève.

    Vos appelez de vos vœux un mouvement social conséquent marqué par des grèves importantes, condition nécessaire afin de faire reculer le gouvernement.
    Il vous faudra mouiller la chemise, manger des pâtes et patates plusieurs jours de suite comme beaucoup l’ont fait parmi les salariés les moins rémunérés d’entre nous. Annuler vos congés probablement … et peut-être paralèlement voir votre voisin partir en villégiature

    Car le prochain mouvement social, s’il a lieu ne devra pas se faire d’illusions. La bataille à livrer le sera contre les marchés financiers soutenus par les gouvernements européens. Il ne faudra pas une semaine ni deux ni trois pour les faire plier. Mais beaucoup plus avec éventuellement un mouvement élargi à l’ensemble de l’Europe.
     »Tous ensembles » tel était de cri de raliement scandé par les manifestants en 1995.
    Idem en 2010 mais il n’y avait pas grand monde au regard des enjeux.

    Souhaiter un mouvement conséquent signifie qu’à la prochaine grève, comme tant d’autres qui n’y ont pas récemment participé, il vous faudra en être, être acteur et pas spectateur passif.
    Les dividendes d’une grève se gagnent en y participant.

    Mais sachez que la prochaine grève, si elle a lieu, je n’en serai pas.
    Car trop écoeuré par l’hypocrisie de mes contemporains.

    1. Je comprend votre sentiment . J’ai aussi été révolté par les opérations de désinformation via la presse locale dans mon petit coin de privilégié, avec de gros titres en rouge  » Ils en ont marre de la grève » , marre de quoi ? il n’y a eu aucun désagrément et pas de pénurie de carburant !

      Je crois que le principe de la grève « frontale » est dépassé, la contestation, la résistance devraient être beaucoup moins prévisibles . Je pense qu’il serait nécessaire de convaincre de la « toxicité » des médias et de l’impérieuse nécessité de ne plus s’y soumettre .

    2. Ne soyez pas écoeuré, de tout coeur avec vous, c’est vrai le combat est inégal mais que voulez-vous, quand les gens ne causent que de liberté de moyens financiers et de brillances.

      Je suis du privé, j’ai soutenu moraleemnt et financièrement grandpuits, je participe à des blocages mais comme vous le faite remarquer, nous ne sommes pas soutenu en nombre. Mais il faut quand même remarquer qu’il n’y a presque plus d’opposition des automobilistes lors des restrictions de circulation.

      Mais oui non de dieu de bordel, samedi prochain tous dans la rue sinon je vous prédis la suite:

      Les accords AGFF retraite complémentaire doivent être renouvellés ARRCO et + avant la fin de l’annèe, les retraites complémentaires étaient payés par dérogations avant 65 ans avec une retraite liquidée à taux plein.

      Avec la nouvelle loi, cet accord ne sera pas reconduit, pour ne pas faire de vagues maintenant l’échéance va être repoussée de quelques mois.(syndicats patronat)

      Vous pourrez prendre votre retraite à 62ans, éventuellement à taux plein SSociale, pour la complémentaire qui représente 30% du montant total vous devrez attendre 65 ou 67 ans.

      Vous perdrez dons 30%, qu’il vous faudra allez retrouver soit avec un petit boulot ou alors par capitalisation pour un complément sur ce laps de temps, Médéric Malakoff frère de Sarko.

      Merci qui, a bon entendeur salut, Jeanpaulmichel de grace, restez combatif sans grève.

    3. Je reviens, ma fille au lycèe, fait grève, lettre du proviseur aux parents. je reprends les mots essentiels:
      <des troubles agitent les établissements……blocage total destiné à interdire l'accés au lycèe…….j'ai dû suspendre pour des raisons de sécurité les cours………..la semaine prochaine nous ferons bien entendu ce qui est en notre pouvoir pour assurer la LIBERTE de travailler et d'enseigner….. de rappeler quelques principes intangibles; DEMOCRATIE= respect des opinions de chacun……condanner fermement des pratiques illégales de groupes…par la force……
      Victimes ou auteurs……seule leur responsabilité ou la votre serait engagé……..
      Violences ou dégradations ……….de légitimes poursuites disciplinaires ou pénales.

      Dans le vif espoir de votre soutien dans cette période difficile,recevez……….l'assurance de notre attachement aux principes républicains de liberté et de démocratie.

      Tout est fait pour intimider les parents, qui demandes à leurs enfants d'arreter la grève des Lycéens.

    4. C’est vrai, on ne comprend pas qu’il y ait eu si peu de gens dans la rue alors que la majorité des citoyens est concernée. N’est-ce pas à cause d’une terrible résignation et sentiment d’impuissance, l’impression qu’il faudra se débrouiller chacun dans son coin et qu’on ne peut rien faire, impression de fatalité comme une catastrophe naturelle !

    5.  » La bataille à livrer le sera contre les marchés financiers soutenus par les gouvernements européens. Il ne faudra pas une semaine ni deux ni trois pour les faire plier. Mais beaucoup plus avec éventuellement un mouvement élargi à l’ensemble de l’Europe »
      à l’Europe seulement?
      Dans le camp d’en face, ça marche à l’international de plus en plus.
      Dans le « notre » ça marche à l’Internationale de moins en moins.
      Merci pour votre acide !

    6. @ Vivanco dit : 2 novembre 2010 à 16:04
      qu’on ne peut rien faire, impression de fatalité comme une catastrophe naturelle !

      c’est pas une impression, c’est une réalité.

      l’aventure stalinienne a tué l’idée même qu’un autre monde est possible ( souhaitable, une majorité en est convaincu )

      la convalescence sera longue et pourtant même si nous ne sommes qu’un parmi cent, le combat continuera.

      car l’idée de l’émancipation individuelle et collective , l’idée d’une vie digne reste au moins en potentiel.

      alors , en dehors des périodes de luttes, construisons des alternatives concrètes, images de rapports sociaux profondement différents des rapports marchands.

      avançons sur nos deux jambes : la lutte sociale d’un côté pour se défendre puis attaquer, et de l’autre la construction de ce qui remplacera ce monde mortifère.

      n’oublions jamais que la bourgeoisie a mis 700 ans à se construire au coeur de la féodalité avant d’être sur le devant de la scène.

      l’émancipation sociale est au coeur des peuples ; faisons nous confiance, 100 fois nous chuterons, 100 fois nous nous relèverons car la vie est plus forte que tout !

      Socialisme ou barbarie

    7. @ JeanpaulMichel et Alain Monod Broca :

      Cette vidéo devrait vous rappeler certaines facettes de la problémtique.
      Pour ce qui est du  » encore un effort » par rapport aux mouvements grévistes, je vous invite à regarder les 5 dernières minutes de ce documentaire .
      PS : Pour ce qui me concerne, j’affirme que ce que Noami KLEIN est largement insuffisant. D’autres actions complémentaires, cumulatives, sont obligatoires en plus du rappel effectué durant ces 5 dernières minutes.
      Il faut penser comme le nuisible . Il faut devenir le nuisible. Il faut agir, en partie , comme lui …. mais en intégrant les paramètres qu’ils n’ont pas intégré dans leurs modélisations, méthodes.

      Bonne soirée!

      PS: documentaire en 5 parties

      http://www.dailymotion.com/video/xff7be_la-strategie-du-choc-1-5_webcam#from=embed

    8. Je comprends votre révolte et je reconnais la maladresse de ma conclusion. D’ailleurs, (mea culpa) j’ai plusieurs fois prévu de me joindre aux manifestants (retraité, je ne fais pas grève) et chaque fois j’ai annulé ayant une occupation « plus urgente « .

      J’aurais du terminer par un appel à tous les tièdes. Quelque chose comme :

      Vous qui souhaitez ces changements, ne croyez pas qu’ils se feront sans vous. La prochaine fois allons y tous et le résultat sera obtenu. Il l’a été en 1995 comme en 1984 (retrait de la loi Savary). quand TOUS les français se lèvent le pouvoir recule.

      Merci pour votre réaction.

    1. les écologistes qui, au parlement européen fin 2009, ont approuvé l’utilisation du nucléaire face au rechauffement climatique ?

      ou des écologistes, pour des raisons bassement politiques de places, soutiennent en Pays de la Loire une majorité PS favorable à l’Ayrault-porc de Notre Dame des Landes ?

  12. @ Yannt

    Croisons nos sources d’information, lisons et pensons par nous même autant que faire se peut …

    Tentons de ne pas croire aux sornettes de certains qui hurlent quotidiennement  » au soviétisme  » tandis que ce sont eux les apparatchiks qui ont tant croqués les mamelles de l’Etat , …américain ou canadien ou autre et qu’ils veulent tellement continer à pouvoir le faire et encore en profiter – eux – des prébendes de  » l’Etat- providence- pour- les -riches  » qu’ils appellent à sacrifier des vies purement et simplement en supprimant les miettes données aux peuples.

    il n’ y a pas de petites économies pour les filous.

    Ne croyez pas tous les sites qui vous somment de vous sacrifier pour les multinationales, ni ceux qui vous enjoignent le sourire aux lèvres de vous annuler au profit des pontes haineux et plein de ressentiment des parti libertarien, républicain ou  » The partite « .

    Ils profitent comme vous l’explique parfaitement ici Alain Monod-Broca des largesses de l’ État même si tout ne se voit pas au grand jour et face à la crise, ils savent bien qu’il n’ y en aura pas pour tout le monde. Vous comprenez ?

    Ce sera vous ou eux. Vous sentez mieux le truc là ?

    Entre les citoyens et les capitalistes il va falloir choisir. Vous comprenez ?

    Eux ils ont choisit. A votre place et contre vous.
    Oui, il va falloir être très fort sur ce coup là.
    Il va falloir faire nombre.
    Grand nombre d’or.

  13. Moralement, c’est différent : les salariés ont été contraints de contribuer au système qu’on leur imposait sans en connaître ni le mécanisme ni le risque.

    Contraints par qui ? Par quoi ? Comment ? Qui est ce « on » qui impose un système ?

    Pourquoi n’en connaissent-ils « ni le mécanisme ni le risque » ?

    Merci.

    1. La contrainte que j’évoque est celle de la loi: les cotisations sociales sont obligatoires.

      Le risque est celui de voir modifier le mode de calcul de la retraite.

      Le mécanisme lui n’est pas officiellement caché, mais il est suffisamment complexe pour que la plupart des salariés renoncent à le comprendre. D’autant plus que (cf ci-dessus) il ne sera sans doute plus en vigueur lorsqu’ils atteindront l’âge de la retraite.

      Le « ON » vous le savez très bien c’est le gouvernement démocratiquement élu……..

  14. Est-ce dire que l’on peut envisager une diminution des pensions actuellement servies ? Si quelqu’un a une boule de cristal ou de infos …

    PS : Désolé pour ce commentaire personnel au premier abord, mais je suis en retraite depuis 1 an environ (j’aurai volontier continué à travailler, mais j’ai bien été obligé de tenir compte du dispositif AGFF et sa prolongation de plus en plus aléatoire).

    1. François, regardez votre pension de base + complémentaire, si vous n’aviez pas votre complémentaire, votre baisse de la pension totale serait de X %? (en moyenne 30%) part que vous ne pourriez toucher qu’à 65 ou 67 ans, la dérogation AGFF était logique, l’age de la retraite ayant été abaissèe à 60 Ans, si la loi remonte le curseur à 62 ans, 65, 67 suivant les cas s’appliquera d’ou un décalage de 3 à 5 ans avant de percevoir votre complémentaire. Ce ne sera peut-être pas vrai ds tous les cas au départ, mais il faut leur faire confiance, a l’insu de notre plein gré nous l’aurons mérité, DANS LA RUE!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

    2. Merci Jeannot.

      Pour ma part, les jeux sont faits et je béneficie du dispositif/accord AGFF, c’est uniquement pour cà que je suis parti un peu plus tôt que souhaité. Sans cet accord AGFF je perdais 22 % sur mes complémentaires.

      Pour mon épouse, on est en pleine interrogation. Elle est au chômage (fermeture de boîte – design automolbile) et pourra partir en Février 2011 soit après l’échéance de l’actuel accord, le 31 décembre 2010.

    3. J’ai un élément de réponse à votre question. Parmi les retraités il y a les hauts fonctionnaire en retraite. Ils perçoivent une pension confortable et devraient être visés si on décidait de revenir sur les montants des pensions déjà liquidées.

      MAIS ! Ces pensions sont inscrites dans le Grand Livre de la Dette Publique.

      Ce document, fondamental dans la gestion de notre trésor public regroupe TOUS les créanciers de l’État, quelle que soit l’origine de leur créance. Il s’agit d’un document quasiment sacré pour les fonctionnaires qui le gèrent, et on les comprend quand on sait qu’il a été institué par Cambon, il y a 2 siècles, sous le Directoire et que c’était la première fois que la France connaissait la totalité de ses engagements financiers.

      Un principe absolu veut que tous les créanciers inscrits dans le Grand livre aient des droits égaux : pas question de payer de préférence certains et pas d’autres.

      Or on trouve dans ce livre les engagements de pension à l’égard des fonctionnaires retraités ET les engagements à l’égard des détenteurs d’obligation du Trésor. Ce qui signifie que toucher à une retraite de fonctionnaire est juridiquement aussi grave que de faire défaut sur une partie de la dette publique.

      Juridiquement et symboliquement ces retraités sont donc bien protégés.

      Selon moi cette protection s’étend à tous les retraités. Dans le contexte actuel une réforme diminuant les prestations servies aux retraités du privé sans modifier celle du public parait totalement inimaginable, ou suicidaire pour le gouvernement qui l’envisagerait. Ce serait sans doute l’étincelle capable de mettre le feu au poudre et de faire exploser le système.

      Je pense donc que la réduction des retraites déjà liquidée est exclue;

      Mais les taux annuels de revalorisation, et ceux des prélèvements sociaux (CSG, CRDS) peuvent parfaitement augmenter…..

  15. @ Fab

    Lisez cet article et vous aurez votre réponse à votre question ; le fameux  » on  » –

    Le  » on  » est pluriel & multiple mais ceux qui composent ce  » on  » sont unis pour contraindre les peuples à dégringoler vers la misère et le déclassement – En gros oui ce sont les
     » capitalistes « , les lobbies puissants qui influencent les gouvernants élus pour casser les solidarités diverses et variées qui permettaient un équilibre et une meilleure répartition des richesses au sein des sociétés. Ce qui n’était que justice leur est devenu insoutenable et tous ces gens à la tête de bataillons économiques ont décidé dans les années 80 via l’idéologie de Milton Friedman de revenir à un empire hiérarchique avec une  » upper classe  » en haut et des pauvres grouillant en bas, en masse – un article à ce propos sur Marianne2.fr à lire ci – dessous.
    Quand vous le lirez, n’oubliez pas que l’empire chancelant influencé par les lobbys du pétrole a détruit deux pays souverains, continue ses crimes & ses éradications ainsi que la spoliation des champs pétrolifères et miniers appartenant aux Irakiens et aux Afghans.

     » Comment l’Amérique rejoint le tiers-monde « :
    http://www.marianne2.fr/Comment-l-Amerique-rejoint-le-tiers-monde_a199237.html

    1.  » …

      Et pour la classe moyenne, la route vers le succès ! Mais des études montrent que parmi 30 pays développés, les Etats-Unis se situent au 25e rang pour les maths, au 21e pour les sciences. Des résultats lamentables. 30 % des lycéens quittent l’école sans diplôme. Or on ne cesse de licencier des professeurs, de réduire le nombre d’heures de cours, voire de jours d’école. Des bourses sont supprimées alors que les frais pédagogiques augmentent. Pendant ce temps-là, des prisons ont essaimé un peu partout à une vitesse que même McDonald’s pourrait envier. Trop d’écoles américaines préparent plus à la prison qu’à l’université. Quel échec ! ».

      Voilà pourquoi notre sous-vers-rien et sa fine équipe de pieds-nickelés nous concoctent une belle réforme de l’éducation ….=) la baisse des niveaux est programmée, comme aux USA, même si le système n’est pas le même =) il faudrait que quelqu’un retrouve le topo sur les « politiques d’ajustement » / l’OCDE/ 1996 …cela concernait les « pays pauvres », mais nous aussi, c’est clair, car tout ce qui est noté dans cet opus est en cours de réalisation ici …Il fallait affaiblir le public et privatiser au maximum : en cours, pour ce qui est de notre bien commun le plus précieux : santé et éducation, afin de faire passer aisément les injonctions du FMI …baisses salariales …acquis sociaux « out » …et prise en tenaille du Peuple par l’oligarchie …
      N’oublions pas : ils sont beaucoup moins nombreux que nous ! c’est nous qui avons le pouvoir …de refuser,et de faire au moins de la résistance passive …
      Les Peuples du monde ne supporteront pas cela : commençons par l’Europe …pour cela, il nous faut continuer ici …montrer l’exemple …
      … » Mais ce qui est certain, c’est que le tyran ne croit jamais sa puissance assurée s’il n’est pas parvenu au point de n’avoir pour sujets que des hommes sans valeur. »/ La Boétie.
      Je ne pense pas que nous soyons des hommes sans valeur ! Prouvons-le…
      Les ouvriers, comme toujours, nous montrent leur courage …Je ne peux imaginer que parmi les intellectuels rigoureux et de haute tenue que nous avons encore dans ce Pays – mis sous le boisseau, écartés des premières lignes, hors pipolisation – bref, la fine fleur de la Pensée –
      puissent s’abâtardir, courber l’échine, se soumettre, devenir lâches donc sans valeur !

    2. M,

      Je vous renvoie la question : que pensez-vous de ma réponse à Jean-Luce Morlie ?

      Cela dit, je pense comprendre ce que vous exprimez. Mais s’il est une chose – à mon sens – que les intellectuels devraient faire pour se mettre au niveau du ras-le-bol général, ce serait de pointer du doigt notre « non prise de conscience » qui nous permet d’accepter notre servitude et tous les dégâts qu’elle crée pour l’humanité, les autres espèces vivantes et la planète…et qu’ils s’assurent que nous ne regardions pas le doigt !

      Certes ils prendraient le risque de perdre de la hauteur…mais ceci doit être une autre histoire !

    3. Fab,
      Je pense que la réponse est dans l’homme, au sens humain ; nous sommes faits de la même pâte. Pourtant, tout le monde, face à un événement, un choix à faire …ne choisit pas de la même manière.
      Une personne trés axée sur une position statutaire – pouvoir, et, ou argent – sur une apparence, sur l’envie de se sentir au dessus de …ne réagira pas de la même façon, face à quelqu’un qui, transgressant ( ça peut être « piquer dans la caisse », au hasard )- cela peut toucher tous les domaines – pourra l’aider dans son « ascension » …=)
      refus ou soumission …
      On peut être courageux un jour et lâche, le lendemain …( le tout, c’est d’en être conscient …il faut avancer dans une certaine lucidité )
      Je pense que le système incriminé était le système social public ...
      En fait, tout système peut déraper .
      Mais,dans nos systèmes verticaux descendants ( trés prisés, hélas par l’oligarchie internationale qui n’arrête pas de parler de Liberté, mais c’est juste pour les pécettes volantes), tout part du haut ..et cela fait boule de neige …
      =) la description de la Boétie est toujours d’actualité …
      Cela part du haut …mais le tyran sans complices ne peut rien …[ nous avons devant les yeux un cas d’école : il y a les courtisans qui n’ont fait leur carrière que sur le cirage de pompes : je tiens à rester polie ; mais, aussi d’autres personnes, qui jusqu’ici – bien que de droite (!) avait fait honorable carrière : que leur est-il donc arrivé ? Je les laisse en débattre avec eux-même…
      il est probable qu’ils préfèrent s’étourdir …pour ne pas s’entendre ]
      Et, cela a gagné plusieurs échelons ( pour faire chic, dans le privé, on dit N-1 : tout un programme !)
      C’est là que, à mon avis , nous devons revenir à la responsabilité individuelle .( pas celle distillée par le marketing-com° entreprise, qui est tout-à-fait pervers ), mais la sienne propre, en tant qu’être humain, en tête à tête avec soi-même …
      Ex : dans une Entreprise – privée en l’occurence: le système actionnaires-dividendes a complétement abîmé le milieu du travail …
      Frédéric Lordon avait fort bien décrit le mécanisme : Là-bas.org les 23 et 24 septembre 2009…
      La pression s’exerçant, à partir des actionnaires, qui réclament toujours plus de dividendes, sur le Patron, lequel veut absolument exister et subsister dans son être patronal, qui va renvoyer la pression à l’échelon dit inférieur, et ainsi de suite , les cadres servant de courroie de transmission,les salariés se soumettant souvent, la pression continuant de plus belle =) au petit dernier, qui pourra être de toute sorte de métier, y compris ingénieur, et lui sera « contraint » sans pouvoir renvoyer son anxiété sur un autre ( =) parfois retournement de violence contre soi,entrainant grave maladie, ou suicide ….[ tant la violence symbolique délivrée par l’Entreprise est terrible ].
      Pour que cela marche, il faut beaucoup de manipulations diverses, de discours contradictoires, de discours paradoxal …une politique de la Peur …( ça peut aller trés loin )
      exemple concret : sur un  » open space », le cadre fait comprendre- entretien d’évaluation et,ou réunion – qu’il y a une personne en trop dans l’équipe, et que cette personne , au choix, disfonctionne, n’est pas « corporate », ne joue pas le jeu ,retarde l’équipe ….
      a) Le reste de l’équipe « entend le message » =) cette personne est isolée, on ne lui transmet plus les documents dont elle a besoin pour travailler, on ne va plus au restaurant d’entreprise avec elle, on ne prend plus le café avec elle [ histoire vraie, et trop souvent réitérée un peu partout ]….bref, on l’isole, comme les lépreux au Moyen-âge …
      =) craquage, maladie, suicide, démission …+ salariés mouillés jusqu’au coup dans l’histoire, et donc complices [ tout cela pour que des fonds de pension s’en mettent plein les poches, sans oublier les **parachutes dorsaux et ventraux, paravents, parasols, paratonnerres, ceintures de sécurité, tout cela faisant package bien doré, avant même la signature du contrat du Patron en question – pas du tout pour améliorer la qualité du travail …]/ grandes entreprises multinationales évidemment… [ ces dividendes pèsent leur poids de sueur, de sang, de larmes , et même de chair ]
      ** pour des gens qui nous bombardent d’injonctions sur les prises de risques, laissez-moi me gausser !!
      b) Si une personne de l’équipe prend ses collègues à part, sans le boss, et dit: je refuse de me conduire ainsi …et continue, comme si de rien n’était, des relations de travail normales, il y a de fortes chances pour que d’autres personnes calent …et celui qui a voulu « briser » [ c’était fixé dans ses objectifs : il n’aura pas son bonus] en sera pour ses frais …
      Donc: responsabilité personnelle humaine, et solidarité :.voilà les solutions.
      Or, ce sytème dividendes excessifs-actionnariat a accéléré ces processus délétères …
      Voilà aussi pourquoi il doit être combattu sans faille .
      Donc tout système de pouvoir est possiblement pervers : le Public comme le privé ….
      Néanmoins, le système concurrentiel effréné actuel en rajoute une couche .
      Dans l’ex-système Public, où il n’y avait pas concurrence entre les individus, il y avait certes des abus, mais les personnes pouvaient oeuvrer, çàd faire du bon travail, et en avoir conscience, être utile à la Société …et refuser en leur âme et conscience de transgresser certaines valeurs …[ un milieu idéal n’existant pas …et, heureusement ]

      Je ne sais pas si j’ai effleuré une réponse …

  16. Je reviendrai plus tard …ce texte est prometteur …

    Encore un effort, oui !!

    Pour se redonner la pêche, et voir ce qui est essentiel : les idées, et ce qu’on en fait :
    l’émission de Zoé Varier, du vendredi 29 octobre à 20 h. sur France Inter :
    « Résister » …avec de trés belles interventions, pleines de dignité, de personnes modestes et combien importantes : on voit où est la Classe !
    Et le dernier quart d’heure, une conclusion du merveilleux Stéphane Hessel ….
    Chaque mot est important …
    http://sites.radiofrance.fr/franceinter/em/nousautres/

  17. Une augmentation générale des salaires et du smic augmenterait l’assiette des cotisations et rempliraient les caisses des retraites publiques, non?

    Ah oui j’oubliais il ne faut pas parler de cette méthode si simple.

    La seule façon pour le MEDEF et les PNR européens pour rendre le travail plus « attractif », c’est l’intéressement, les stock options..Etc. On demande aux salariés de se tirer à plus ou moins terme une balle dans le pied.

    Lire le PNR français 2008/2010 sur le site du Secrétariat des Affaires Européennes : comme ça on sait tout ce qui nous pend au nez.

  18. Bonsoir,
    merci pour votre excellent billet.
    Il me semble que l’analyse du Think thank que vous citez nééglige un point:
    Les créanciers obligataires sont souvent extérieurs au pays alors que les retraités sont par définitions internes.
    Rembourser les emprunts n’a donc pas le même effet que de payer les retraites.
    -Le premier cas engendre des sorties de capitaux tandis que le second n’en engendre qu’à proportion de la part importée de la consommation.
    Donc, rembourser les emprunts peut mettre l’économie nationale en situation de déflation et donc contribuer à détruire la structure économique du pays tandis que le second permet un maintient de la croissance et des recettes de l’état et du système social.
    Le risque en remboursant les emprunts est alors de faire à la fois défaut sur les dettes et sur les retraites.

    1. Vous avez je crois raison.

      Dans les années 1990 j’étais proche du Trésor et j’ai assisté à ses efforts pour vendre ses OAT à des investisseurs étrangers : plus le nombre d’acheteurs est élevé, meilleures sont les conditions pour le vendeur disait-on alors. J’étais semble-t-il le seul à envisager, comme vous le faites aujourd’hui d’éventuels déséquilibres des changes lorsqu’il faudrait rembourser. Nous y voilà.

  19. ok ok , on s’en doute un peu vu ce que nous raconte même à demi-mot le gouvernement

    par contre, comme dans la majorité de ce qui put être écrit , RIEN SUR LES DIVIDENDES !

    cette omerta sur les dividendes s’expliquerait elle par le fait que c’est le coeur du système capitaliste ?

    Socialisme ou barbarie

  20. L’analyse que je présente est purement comptable.

    Selon moi les dividendes sont inclus dans ce que les financiers appellent « le service de la Dette ». Ils comparent 3 chiffres : le montant des ressources annuelles de l’État, ses dépenses inévitables pour payer les créanciers (intérêt et principal exigible cette année là) et ses engagements à l’égard des pensionnés. Et ils tentent de sortir de l’impasse puisque les sorties dépassent les rentrées.

    On peut évidement regarder la chose de plus haut et dire : les intérêts sont excessifs et c’est de là que vient tout le mal.

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