36 réflexions sur « FRANCE CULTURE, « DU GRAIN A MOUDRE », mercredi 3 novembre, de 18h20 à 19h00 »

    1. Comme vous y allez! ça va plutôt bien pour les 1% les plus riches, qui sont bénis par Dieu. Les 99% restants ce sont des fainéants qui sont punis par le tout-puissant. C’est pour cela que les américains n’aiment pas la sécurité sociale: être pauvre c’est un châtiment divin. Alors que chez nous être pauvre c’est (encore ?) être victime de l’injustice des puissants et être riche c’est avoir sûrement piétiné les plus faibles. Décidément nous et les états-uniens sommes très différents. Enfin nous sommes encore différents car depuis que Sarkozy est Président, la promotion des valeurs américaines est à la mode. Quant à la gauche elle rêve d’avoir son Obama libéral (au sens US) à elle. Le rêve de nos élites c’est de devenir tous des américains, surtout qu’ils se comptent à priori dans les 1% bénis de Dieu. Pour les autres passez votre cilice et faites pénitence, c’est d’ailleurs le but des plans de rigueur. Que la globalisation est douce et agréable quand l’on est dans les 1%. Pour que ce pays soit entièrement normalisé, il reste du travail, car il y a encore des millions de gens qui manifestent dans les rues pour défendre des systèmes sociaux qui ne profitent qu’aux fainéants, qui défient la loi divine!
      Heureusement que notre président aidé par quelques événements bienvenus,TF1, et une opposition de gauche ectoplasmique, sera réélu en 2012 et finira de faire de nous des américains.

  1. Yves Roucaute est un néo-conservateur : « Le néo-conservatisme est un humanisme » …

    Bon courage Paul …

  2. ave

    qui sont ces gens ?
    je veux bien écouter , si je connais un peu leur  » pedigree  »
    passé, poste et responsabilité actuelles , niveau d études etc…

    merci
    fred 78

  3. In an interview with Dow Jones, William White, who previously was an economic adviser to the Bank of International Settlements, and prior to that spent 22 years at the Bank of Canada, warned that the « massive infusion of credit » accompanying the sudden and dramatic ramp up in the printing of new money as a policy response to all problems, both within the developed and developing worlds, is now « manifesting itself in the sharp rise of asset prices in large developing economies, which could potentially become another bubble that will burst with disastrous consequences for the global economy. »

    http://www.zerohedge.com/article/former-bis-advisor-and-central-banker-warns-entire-world-verge-another-bubble-could-burst-di

  4. Monsieur,
    D’entre toutes vos compétences c’est l’anthropologie que vous avez le mieux servie ce soir. Avec concision vous avez restitué la parole de tous ceux qui ne l’ont pas, qui ne sont pas représentés dans les institutions dites démocratiques.
    Peut-être ce phénomène que sont les Tea Parties, qui s’emparent des nouvelles technologies comme voie d’expression du désaccord avec l’establishment et la finance surpuissante, offrira-t’-il un exemple inédit et des perspectives ici en Europe?

    1. Alors si vous prenez les tea-party comme modèle, on est définitivement entré dans les années 30.

      Va falloir songer à se préparer au maquis les gars… Le fascisme revient en force.

    2. Oui des fanatiques fascistes et racistes qui font du populisme de caniveau, un espoir pour l’humanité ! Leur seule qualité est de ne pas être du moule dont on fait les dirigeants américains depuis 50 ans. Mais franchement, j’aurai préféré qu’ils ne sortent pas ce moule nauséabond là.

  5. Tout un symbole surtout en ce lendemain d’élection US

    Metro-Goldwyn-Mayer en faillite

    Le légendaire studio de cinéma américain Metro-Goldwyn-Mayer (MGM) s’est déclaré en faillite mercredi. Le studio, qui a notamment offert au monde « Ben-Hur », « James Bond » et « Tom & Jerry », était fortement endetté. MGM a refusé une offre de reprise de son concurrent Lions Gate. MGM a bien l’intention de s’en sortir. Sous la protection de la législation américaine sur les faillites, l’entreprise veut apurer sa dette de 4 milliards de dollars. Les films les plus célèbres de MGM sont le 23e épisode de la série « James Bond » et « The Hobbit », le héros des films de la série « Le Seigneur des anneaux » au succès retentissant.

    (KWO) (MPK) (AUM)

    BELGA

  6. @ Paul,

    Bonsoir,

    Quel regard « à chaud » portez vous sur le « rapprochement » franco-britannique annoncé par les deux têtes respectives de l’exécutif?

    Concernant les retraites,
    1/ http://www.lemonde.fr/economie/article/2007/02/23/l-hostilite-des-francais-aux-profits-est-recente-selon-david-thesmar_875560_3234.html
    2/ commentaire version carmin?
    http://lucky.blog.lemonde.fr/2010/10/28/fonds-de-pension-on-a-enfin-retrouve-le-gourou-ideologique-de-guillaume-sarkozy-qui-avait-dailleurs-vendu-la-meche-des-fevrier-2007/

    Sous « l’indirecte » impulsion de la main invisible, les Etats apprirent enfin à fusionner comme des entreprises « raisonnables »?

    virtualité nord américaine versus matérialité orientale, l’éléphant vert rit bas et le sino tonne haut, danaïdes comptines sur un marchéde l’argent truqué, une once de bon sens, le réseau humain n’est pas encore à température…terme aux stats 8, 20 jours de cuisson monétaire, avant trêve des confiseurs? Le marché du lingot de riz s’enfante en fa mineur?

    Heureusement, le monde est magnifique comme la vie.

    doux délire des mots amis, en choeur des maux admis, bonne nuit

    1. mon avis direct ? y a plus de sous pour la défense et encore moins chez les rosbifs !! Sinon je peux vous garantir que eux ne l’auraient pas fait, cet accord !

  7. Bonne comparaison avec 1788,
    Aux US, je suis d’accord que ce qui a du jouer est l’impossibilité de s’exprimer pour les gens qui voulaient mettre la finance au pas, et qui ont vu que l’après Paulson n’était pas très différent de l’avant.

    Du coup, émergence de modalités nouvelles de rencontres/co-actions,
    -en 1788 par les clubs politiques, qui permettront au Serment du Jeu de paume d’être un roc solide et un relais vers la Constituante.
    – Aux US en 2009 2010, par les Tea Parties

    Enfin, je ne suis qu’assez partiellement convaincu que le New York Times (les « bobos libéraux de NY) » déforme beaucoup la vision qu’un français peu avoir des US. Peut être pour le fond sociologique, mais pas tant que ça pour l’économie.

    Enfin, je ne suis pas fier de Brice Couturier un peu fébrile à la fin, et qui ne sait pas que « Le prix » est déjà sorti. Mais l’ensemble de l’émission était assez réussi, avec les uns interloqués (quand leurs sources semblaient fausses) et les autres s’envoyant des balles pas évidentes , avec quelquefois reprise de volée…

  8. En train d’écouter Rocard sur France Q.
    Direct au foie. Swing au temporal. Ko technique. Couru d’avance.
    Désolé. Ce mec est toujours un concentré d’intelligence, un rêve de justesse et de clarté. Un modèle d’intégrité intellectuelle, de cohérence.
    Une question. Dois-je lui en vouloir de sauver aujourd’hui encore, et ce comme depuis plus de quarante ans tout le discours politique en France el au delà, ou bien lui en rendre grâce par delà ses impuissances et ses errements politiciens ?
    Je ne puis me résoudre en tout cas à toute condescendance ou au moindre sacrifice vis à vis du pur plaisir intellectuel, de la jubilation simple que m’offre, encore et toujours la poursuite de sa pensée.

    1. Je ne ferais que deux reproches à Michel Rocard:
      1- de carburer dans le système actuel (sans faire un pas de côté) même si c’est avec une fulgurance morale qui fait honneur aux protestants.
      2- de ne pas lire le blog de Paul Jorion.
      Ce faisant, il nous prive de ses commentaires, voire de ses billets invités.
      C’est peut être réparable.

    2. vigneron,

      Rocard ce ne sont pas seulement ses impuissances, mais souvent aussi un discours qui théorise l’impuissance. Ce qui est plus embêtant. Très brillant dans l’analyse du fait accompli et des contraintes, mais a beaucoup de difficultés pour sortir du cadre. Jospin est du même acabit.

    3. @La menuise

      1- J’ai vaguement l’impression que nous en sommes tous réduits à « carburer » dans le système, au quelconque niveau de visibilitéoù nous nous y trouvions, et que toute prétention de « pas de coté » relèverait plus de la pause vaniteuse ou de la posture présomptueuse que d’une quelconque extra-localisation effectivement identifiable.
      Je comprends toutefois votre observation, ne manquant pas moi même de m’irriter de certaines occurrences du personnage dans l’actualité. Mais, au-delà de ses rapports compliqués avec les grands média- rapports sur lesquels ils a pourtant rarement manqué une occasion de s’exprimer sur tous les modes, de l’humour au pleurnichement, je crois que sa différence initiale dans l’aréopage des animalcules politiques, comme l’universalité et l’ouverture de sa pensée auto-régénérante et de ses méthodes le prédestinaient à susciter ce genre de désagréments chez ceux, fatalement nombreux, qu’il séduisit à tel ou tel moment.
      Fallait-il qu’il se retirât de l’action publique, drapé de son orgueil et de son vain magistère moral préservé, tout plein de ses défaites, de ses amertumes remâchées, comme un Mendes ?
      2- Je suppose que les multiples concordances entre son discours et celui du maître de ces lieux ne vous auront pas échappé, et il me semble bien m’être laissé lire ici même que certaines accointances lointaines entre Jorion et Rocard n’étaient pas le seul produit de mon imagination.
      Cela dit, j’aimerais assez, comme vous, que l’ex « PSUiste » s’avise de venir donner quelques leçons de clairvoyance sur le blog Jorion, ou que la demande lui en soit faite par qui de droit… 😉

    4. Rocard …. sa bombe a malheureusement toujours fait Pffffffffuit.
      Lumineux théoricien de la désintégration … sur 3m50.
      Excellant programmateur d’horaire qui a toujours plus ou moins volontairement loupé le train de l’histoire.
      Au milieu du naufrage, la vieillesse clignote des transcendances en forme de confessions.
      « Déblogueur » parfois, mais non blogueur à ma connaissance.

    5. Puisque nous en sommes réduits à rêver.
      Je propose un débat contradictoire ici-même,
      entre Rocard et la future candidate à l’élection présidentielle Eva Joly.
      Puis un autre débat entre l’ex candidat Chevenement et Cohn- Bendit.
      And last but not least, un débat Jorion/ Madelin,
      puisque Woerth est trés occupé en ce moment … et Madelin, pas du tout.

    6. Paul Jorion est un créatif ( hors du temps , stimulateur , fouineur ,stimulation , humour , joueur , curiosité , écoute ) , Michel Rocard est -était ? un excellent mécanicien manager-collaborateur ( optimisation ,organisation ,dévouement , confiance , réalisme , analyste et en prise du temps présent ) .

      Pour complèter mon quatuor de référence , il faudrait un ou une empathique (lien plutôt vers le passé , conciliateur , coopérant ,deviner , accueillir , soutenir, rassembler , partager ,coopérer ) et ….un ou une leader ou cow boy ( orienté futur , prise de risque , courage , innovation , décider vite ,originalité , évaluer ,commander ).

      Seuls quelques « grand-e-s » parviennent à jouer sans manipulation des quatre touches de ce clavier temporel .

      Rocard n’est pas de ceux là et c’est pour ça que Mitterrand a pu le mettre sur le rayon d’une étagère .

    7. @ Pierre-Yves D

      J’aime bien Filoche, mais dans son rôle. Et lire de vous des propos à la Filoche me confirme que l’on n’agit pas invariablement à la hauteur de qui l’on est, tant la moindre nécessité subalterne de commodité suffit à nous faire déroger à une illusoire éthique intime de concordance de ton.
      Utile rappel. J’eusse aimé que la piqure en eût été d’un autre que vous. Mais rumination faite, l’exemple n’en est que plus probant – et décomplexant, finalement. 😉

      Quant à Jospin, hormis le protestantisme, j’ai le plus grand mal à discerner les correspondances entre le discours, l’action, le parcours, la personnalité de l’ex taupe lambertiste, futur larbin de Mitterrand (et donc soutien objectif de ce parangon de conservatisme) et ceux du leader PSU, qui fut le seul à tenir tête et la dragée haute au Sphinx(ter) gris-rosâtre, au PS en tout cas, pendant vingt ans.

      Mais accordez lui, avec moi, que le combat perdu de ce rejeton de grand scientifique fourvoyé en politique (son père Yves est le père des bombes A et bombes H françaises, et il est père d’un astrophysicien), avec le mac-qui-avait-lien avec des astrologues comme Élisabeth Teissier et des agents troubles du genre Bousquet ou (en beaucoup plus prosaïque !) Tapie avait largement de quoi lui faire ingurgiter toutes les leçons imaginables sur les impuissances de la Raison. Sans ménagement, en long, en large,en travers et sur le long terme ! Mais, néant moins, il bouge encore. 🙂

    8. @ vigneron dit … et que toute prétention de « pas de coté » relèverait plus de la pause vaniteuse ou de la posture présomptueuse…

      Perso, je lis ce blog pour m’aider à marcher opportunement comme un crabe et accéder de ce fait, à un point de vue qui permette une autre perspective… et ça marche.

      Je met sur le compte d’une mélancolie passagère votre désabusement,
      car je ne suis pas prêt d’oublier votre « grand écart » salutaire et non « pas de côté »
      losque vous avez écrit à propos de l’esprit de propriété que c’était le plus vieil impensé.

    9. Content d’apprendre que l’on pense du bien de Michel Rocard sur ce blog. A la différence de Vigneron, je le trouve parfois moins clair que Paul Jorion, mais aussi passionnant.

    10. Vigneron,

      Je me disais la même chose. 😉

      J’admets avoir été un peu sévère avec Michel Rocard, homme intègre s’il en est.
A travers mon ton quelque peu discordant et péremptoire s’exprimait surtout
le sentiment que tout les ténors du parti socialiste depuis trois décennies, tous courants confondus, ont emboité le pas au néo-libéralisme cela se traduisant par des politiques qui se contentèrent de faire du traitement social des méfaits de la mondialisation au lieu d’en faire la critique conséquente.

      Nous sommes je crois à peu de choses près tous deux de la même génération. Le mouvement de dérégulation qui a saisi le monde ne date pas de la crise de 2008, depuis longtemps déjà des intellectuels, certains politiques marginaux, ont crié casse-cou. D’ailleurs à ce propos, en voyant Paul et son pull rouge chez les Verts j’ai repensé à René Dumont, ingénieur agronome, accessoirement belge, mais surtout premier candidat écologiste aux élections présidentielles (1974) qui n’apparaissait jamais sans un pull … rouge et nous annonçait des lendemains difficiles.

      Les socialistes après le fameux tournant de la rigueur de 1983 ne sont plus jamais redevenus socialistes alors qu’année après année, décennie après décennie, il apparaissait de plus en plus évident que la mondialisation, l’Union, créaient plus d’injustices que de richesses.

      J’avais 20 ans lorsque la gauche en 1981 est revenu au pouvoir. J’ai ressenti à l’époque une immense ferveur populaire, d’immenses espoirs. Hélas la suite fut une suite ininterrompue de désillusions, de leçons de réalismes assénées, de nécessaires modernisations qu’il fallait accomplir, bref toujours la voix du fatalisme. Raymond Barre qu’on qualifiait à la fin des années 70 de meilleur économiste de France avait annoncé lorsqu’il fut premier ministre de Giscard d’Estaing que la crise — celle de l’époque ! — n’allait pas durer, que l’on allait sortir rapidement du tunnel. En réalité on ne faisait qu’entamer un long processus qui nous mène aujourd’hui où nous sommes.
Jospin après la mort de Mitterrand avait réclamé un inventaire des mandats du président socialiste. On en resta à des considérations éthiques, qu’il était nécessaire de rappeler, car l’éthique c’est la base du politique, mais c’était très insuffisant. A quoi sert-il ne mettre l’accent sur l’éthique si elle n’est pas au service d’une vraie politique ?

      Jusqu’à ce jour aucun grand responsable socialiste de ces quelques décennies de régression sociale n’a vraiment établi pour son compte ou pour l’ensemble du PS un bilan digne de ce nom.
Si c’était le cas, le PS ne se trouverait pas dans la position qui est la sienne actuellement. Un parti d’opposition, mais une coquille idéologiquement vide.

      Le parcours de Rocard n’en est que plus représentatif. Du PSU (parti socialiste unifié) qui se réclamait de l’autogestion, c’est à dire la démocratie dans l’entreprise à l’économie sociale de marché qui en est l’antithèse, quel renoncement !

      Pour ce qui est de son père, je savais qu’il était le « père » de la bombe atomique française.
Mais saviez-vous qu’il s’intéressait aussi beaucoup à la radiesthésie ?

      PS Pour moi Rocard en tant qu’homme de gouvernement c’est surtout l’artisan des accords d’Houvéa (Nouvelle calédonie), ce qui fut une excellente chose. Et c’est aussi celui qui permit la création du Dysneyland Paris, il fallait bien créer des emplois !! C’est un raccourci bien entendu mais tout de même assez symptomatique.

    11. Mon cher Eddie,

      Je partage totalement…

      Je faisais partie il ya quelques semaines d’un séminaire organisé par un Think-Tank dont je tairais pudiquement le nom et Rocard concluait la journée.
      Il est passé après Peillon qui nous a fait le « philosophe inspiré » (Alain Deloin) : triste
      J’étais assis à coté de lui : il a griffoné quelques lignes sur un pauvre papier et a parlé pendant une heure. De tout : de la crise financière à la retraite, de la géopolitique en passant par sa mission dans le grand nord, de son age canonique (80 ans), de ses petits enfants et de la planète qu’on leur laisse, des américains, des chinois, du dollard, de Sarkozy, du PS…J’en passe et des meilleures.
      Bluffant de lucidité, d’idées claires, pas démagogiques : un moment rare qui m’a fait regretter de ne pas avoir été socialiste plus tôt.
      Dommage qu’il ai 15 ans de trop et quelques séquelles se son AVC : il est l’incarnation du meilleur de la gauche !
      Il a conclu sur une note désespérée en regrettant de laisser le monde dans un plus mauvais état que celui qu’il avait trouvé..
      ICI le compte-rendu d’un copain qui y était aussi.

    12. Alors mon cher Buddy, terre nouvelle à l’horizon ? Ou non ?

      Blague à part, j’aime bien sa dénonciation de la nouvelle hiérarchie des droits fondamentaux, écrasée par l’omnipotence, de fait et « über alles », de ce qu’il nomme le « droit à faire fortune ».

  9. L’émission était vraiment très intéressante … les intervenants se plaçant sur le plan de l’analyse (même Y. Roucaute) au contraire des journalistes qui ont été jusqu’à exprimer le regret que le débat ne dégénère pas en combat idéologique droite américaine / gauche européenne.

    Bravo aux intervenants et tout particulièrement Paul.

  10. Où j’apprends qu’un « mouvement de la société civil » , »se réclamant de la constitution », n’ est pas un « parti à part entière », mais une « nébuleuse » « radicale » que « nous avons vu par exemple dernièrement défiler dans les rues de France ».
    Vaste monde et vaste programme pour un sociologue, Monsieur Jorion !

    Etonnante et bienvenue modération dans les propos et les éclairages des intervenants face au déferlement médiatique dominant!
    Pour les questions de style, nage avec le courant ; sur les questions de principe, sois solide comme un roc. [Thomas Jefferson)

    L’affrontement « Jeffersonien » contre « Hamiltonien qui s’ignorent  » au centre de la « légende urbaine » qui surf sur le net citoyen, en inquiète plus d’un.
    Il va en falloir de la pédagogie sur Fox et TF1…..
     » Les partis passent, les chaînes (et les Ferrari ) restent « , sonne comme un avertissement sans fard en ces temps de fracture sociétale entre moineaux et perruches.
    Quand la  » démocratie médiatique » a peur du peuple, elle le marginalise, elle le  » poujadise « , elle le  » populise « , elle le méprise.

    Et pourtant

    > Le peuple est le seul sur lequel nous puissions compter pour préserver notre liberté. [Thomas Jefferson]

    > Si tu es prêt à sacrifier un peu de liberté pour te sentir en sécurité, tu ne mérites ni l’une ni l’autre. [Thomas Jefferson]

    > Un homme qui ne lit jamais est plus cultivé qu’un homme qui ne lit que les journaux. [Thomas Jefferson]

    > Le prix de la liberté c’est la vigilance éternelle. [Thomas Jefferson]

    > Celui qui apprend quelque chose de moi enrichit son savoir sans réduire le mien, tout comme celui qui allume sa chandelle à la mienne se donne de la lumière sans me plonger dans l’obscurité. [Thomas Jefferson]

    Alexander Hamilton, lui, fut le premier et plus influent Secrétaire au Trésor. Il avait beaucoup d’influence sur le reste du gouvernement et la formation de sa politique, y compris la politique étrangère. Avançant l’utilisation de la puissance fédérale pour moderniser la nation, il convainquit le Congrès d’interpréter » largement » la Constitution pour passer des lois audacieuses. Elles comprirent la création d’une dette nationale, la garantie fédérale des dettes des États, la création d’une banque nationale et un système de taxes à travers des tarifs sur les importations et une taxe sur le whisky qui paierait le tout. En affaires étrangères, il favorisa les Anglais; il donna les instructions à Jay pour le traité de Londres signé en 1794. Il s’opposa vigoureusement à la Révolution française.
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Alexander_Hamilton

    Robespierre et Saint-Just, face à  » l’Empire de la finance « , nous y revoilà.
    A chaque peuple, ou du moins ses meneurs, son devoir de mémoire de  » l’esprit révolutionnaire »…… Choisi ton camp camarade, et cours le vieux monde est derrière toi!

  11. Mais oui, elle était intéressante dans le sens où elle donnait envie d’aller voir plus loin, de réviser ses connaissances en histoire, de s’inquiéter d’être bombardé d’informations si caricaturales qu’elles en deviennent mensongères, d’exiger des émissions-débat de qualité.
    (Je suis « de la rue » comme on dit, mais il me semble avoir droit au bien, au beau, au difficile même, pourquoi pas ?)
    Merci Monsieur Jorion.
    Quant aux journalistes, vous savez bien qu’il leur faut un soupçon de zizanie, une grosse graine de discorde, afin que l’émission « décolle », enfin quoi !

    Pour finir sur Monsieur Rocard .. et bien qu’il parle sans modération, on pense !

    NB : J’aimerais que Pierre m’explique ce qu’est « un excellent programmateur d’horaire » et le reste aussi d’ailleurs.
    Pourvu qu’à 80 ans je clignote comme ça !

    1. Marie,
      Michel Rocard, c’est Jefferson qui constate tristement que l’empire financier multinational d’ Hamilton est indépassable trois siècles après Colbert…. Sauf catastrophe atomique automatique.

      J’avais eu en 1975 la grande chance de passer des vacances avec ce brillant esprit et ses copains. J’avais dix-huit ans, eux piaffaient d’impatience…… La conversation avait roulée pendant tout le séjour sur les multinationales et l’avenir du financement des retraites pour ma génération. C’est parce que toutes ses projections se sont révélées exactes que je le qualifie ainsi « d’excellent programmateur d’horaire ».
      J’entrais dans la vie professionnelle du cotisant en toutes connaissances de cause!
      Clignoté, ce n’est qu’être éteint une foi sur deux, … mais allumé sur la durée.

  12. Je suis toujours extrêmement gêné lorsque j’entends les libertariens et apparentés se récrier contre l’Etat, ainsi les tea party, une certaine culture américaine : On pense que l’on pourra se débrouiller seul, sans rien devoir à personne, etc. Outre l’aspect sociologique de pareil discours, il est fondé sur une distorsion de la réalité :

    Mon professeur d’éthologie, en parlant d’un tigre dans la jungle disait qu’il pourrait s’agir là d’une image de la vie selon la liberté, sauf ajoutait-il, que c’était faux car le tigre dépend entièrement de son environnement : si l’on coupe les arbres, chasse les animaux, le tigre disparait.

    Il en va de même pour les libertariens. Depuis Durkheim au moins nous savons que le travail humain est segmenté et que chacun dépend de tous. Prétendre s’exempter du contexte est irréaliste, tout est interdépendant. Cet individualisme est prétentieux, vain, orgueilleux et mensongé, grossier. Seuls des arriérés à moités sauvage de l’Ouest pouvaient y croire. Lorsqu’on est civilisé on sait que les grecs déjà se sont posé le problème des exigences contradictoires entre Etat et réalisation personnelle. Stirner également. Ceci fait parti de la condition humaine.

    1. Franklin Delano Roosevelt citait souvent Jefferson comme étant sa tasse de thé…….
      Roosevelt était un « homme d’état » et son Glass-steagall, tant sa politique économique qu’étrangère l’idée qu’il se faisait de l’utilité et de la place de l’état, .
      Roosevelt est souvent une référence pour les Tea-party…..

    2. @ Lisztfr:

      Stirner me fait immédiatement penser à cette phrase d’Elisée Reclus:

      « Celui qui commande se déprave, celui qui obéit se rapetisse. La morale qui naît de la hiérarchie sociale est forcément corrompue. »

      Jean-Didier Vincent a récemment publié « Elisée Reclus géographe, anarchiste, écologiste. »

      L’idée même de hiérarchie, de compétition sociale me sidère.

      Merci!

    3. @ taotaquin

      Bonne idée de citer ce bon vieil Elisée qui se qualifiait volontiers lui-même de « géographe mais anarchiste » ! Parcours de vie magnifique dont un cinéaste inspiré – et généreusement financé ! – pourrait faire l’argument d’une belle fresque.
      Un des glorieux natifs de la petite bastide parpaillote de Sainte Foy la Grande aux confins périgourdins de la Gironde avec ses frères Élie et Onésime, Elie Faure, son neveu (lisez ou relisez son histoire de l’Art ! ); et Paul Broca.Tous très engagés à gauche ou anarchistes et toujours libres penseurs.

      Sinon votre sort à venir est horrible, car nous sommes dans un âge de science et de méthode et nos gouvernants, servis par l’armée des chimistes et des professeurs, vous préparent une organisation sociale dans laquelle tout sera réglé comme dans une usine, où la machine dirigera tout, même les hommes, où ceux-ci seront de simples rouages que l’on changera comme de vieux fer quand ils se mêleront de raisonner et de vouloir.

      À mon frère le paysan (1899), Élisée Reclus

      L’homme est la nature prenant conscience d’elle-même.

      L’homme & la terre (1908), Élisée Reclus

      PS : pour l’anecdote j’ai été lycéen au Lycée Élisée Reclus de Sainte Foy (mais point du tout si brillant ni même rebelle…).

      Un beau texte d’Élisée de 1898, « L’évolution, la révolution et l’idéal anarchique », dont voici les derniers paragraphes. Pas trop anachroniques, ni déplacés derrière ces évocations des Tea Parties…

      « On peut dire que jusqu’à maintenant aucune révolution n’a été absolument raisonnée, et c’est pour cela qu’aucune n’a complètement triomphé. Tous ces grands mouvements furent sans exception des actes presque inconscients de la part des foules qui s’y trouvaient entraînées, et tous, ayant été plus ou moins dirigés, n’ont réussi que pour les meneurs habiles à garder leur sang-froid. C’est une classe qui a fait la Réforme et qui en a recueilli les avantages; c’est une classe qui a fait la Révolution française et qui en exploite les profits, mettant en coupe réglée les malheureux qui l’ont servie pour lui procurer la victoire. Et, de nos jours encore, le « Quatrième État », oubliant les paysans, les prisonniers, les vagabonds, les sans-travail, les déclassés de toute espèce, ne court-il pas le risque de se considérer comme une classe distincte et de travailler non pour l’humanité mais pour ses intérêts particuliers?

      La faillite des révolutions du passé

      Aussi chaque révolution eut-elle son lendemain. La veille on poussait le populaire au combat, le lendemain on l’exhortait à la sagesse; la veille on l’assurait que l’insurrection est le plus sacré des devoirs, et le lendemain on lui prêchait que « le roi est la meilleure des républiques », ou que le parfait dévouement consiste à « mettre trois mois de misère au service de la société », ou bien encore que nulle arme ne peut remplacer le bulletin de vote. De révolution en révolution le cours de l’histoire ressemble à celui d’un fleuve arrêté de distance en distance par des écluses. Chaque gouvernement, chaque parti vainqueur essaie à son tour d’endiguer le courant pour l’utiliser à droite et à gauche dans ses prairies ou dans ses moulins. L’espoir des réactionnaires est qu’il en sera toujours ainsi et que le peuple moutonnier se laissera de siècle en siècle dévoyer de sa route, duper par d’habiles soldats, ou des avocats beaux parleurs.

      Cet éternel va-et-vient qui nous montre dans le passé la série des révolutions partiellement avortées, le labeur infini des générations qui se succèdent à la peine, roulant sans cesse le rocher qui les écrase, cette ironie du destin qui montre des captifs brisant leurs chaînes pour se laisser ferrer à nouveau, tout cela est la cause d’un grand trouble moral, et parmi les nôtres nous en avons vu qui, perdant l’espoir et fatigués avant d’avoir combattu, se croisaient les bras, et se livraient au destin, abandonnant leurs frères. C’est qu’ils ne savaient pas ou ne savaient qu’à demi: ils ne voyaient pas encore nettement le chemin qu’ils avaient à suivre, ou bien ils espéraient s’y faire transporter par le sort comme un navire dont un vent favorable gonfle les voiles: ils essayaient de réussir, non par la connaissance des lois naturelles ou de l’histoire, non de par leur tenace volonté, mais de par la chance ou de vagues désirs, semblables aux mystiques qui, tout en marchant sur la terre, s’imaginent être guidés par une étoile brillant au ciel.

      Des écrivains qui se complaisent dans le sentiment de leur supériorité et que les agitations de la multitude emplissent d’un parfait mépris condamnent l’humanité à se mouvoir ainsi en un cercle sans issue et sans fin. D’après eux, la foule, à jamais incapable de réfléchir, appartient d’avance aux démagogues, et ceux-ci, suivant leur intérêt, dirigeront les masses d’action en réaction, puis de nouveau en sens inverse. En effet, de la multitude des individus pressés les uns sur les autres se dégage facilement une âme commune entièrement subjuguée par une même passion, se laissant aller aux mêmes cris d’enthousiasme ou aux mêmes vociférations, ne formant plus qu’un seul être aux mille voix frénétiques d’amour ou de haine. En quelques jours, en quelques heures, le remous des événements entraîne la même foule aux manifestations les plus contraires d’apothéose ou de malédiction. Ceux d’entre nous qui ont combattu pour la Commune connaissent ces effrayants ressacs de la houle humaine. Au départ pour les avant-postes, on nous suivait de salutations touchantes, des larmes d’admiration brillaient dans les yeux de ceux qui nous acclamaient, les femmes agitaient leurs mouchoirs tendrement. Mais quel accueil fut celui des héros de la veille qui, après avoir échappé au massacre, revinrent comme prisonniers entre deux haies de soldats! En maint quartier, le populaire se composait des mêmes individus; mais quel contraste absolu dans ses sentiments et son attitude! Quel ensemble de cris et de malédictions! Quelle férocité dans les paroles de haine. « À mort! À mort! À la mitrailleuse! À la guillotine! »

      L’espoir dans le futur

      Toutefois il y a foule et foule, et suivant les impulsions reçues, la conscience collective, qui se compose des mille consciences individuelles, reconnaît plus ou moins clairement, à la nature de son émotion, si l’œuvre accomplie a été vraiment bonne. D’ailleurs, il est certain que le nombre des hommes qui gardent leur individualité fière et qui restent eux-mêmes, avec leurs convictions personnelles, leur ligne de conduite propre, augmente en proportion du progrès humain. Parfois ces hommes, dont les pensées concordent ou du moins se rapprochent les unes des autres, sont assez nombreux pour constituer à eux seuls des assemblées où les paroles, où les volontés se trouvent d’accord; sans doute, les instincts spontanés, les coutumes irréfléchies peuvent encore s’y faire jour, mais ce n’est que pour un temps et la dignité personnelle reprend le dessus. On a vu de ces réunions respectueuses d’elles-mêmes, bien différentes des masses hurlantes qui s’avilissent jusqu’à la bestialité. Par le nombre elles ont l’apparence de la foule, mais par la tenue, elles sont des groupements d’individus, qui restent bien eux-mêmes par la conviction personnelle, tout en constituant dans l’ensemble un être supérieur, conscient de sa volonté, résolu dans son œuvre. On a souvent comparé les foules à des armées, qui, suivant les circonstances, sont portées par la folie collective de l’héroïsme ou dispersées par la terreur panique, mais il ne manque pas d’exemples dans l’histoire, de batailles dans lesquelles des hommes résolus, convaincus, luttèrent jusqu’à la fin en toute conscience et fermeté de vouloir.

      Certainement les oscillations des foules continuent de se produire, mais dans quelle mesure: c’est aux événements à nous le dire. Pour constater le progrès, il faudrait connaître de combien la proportion des hommes qui pensent et se tracent une ligne de conduite, sans se soucier des applaudissements ni des huées, s’est accrue pendant le cours de l’histoire. Pareille statistique est d’autant plus impossible que, même parmi les novateurs, il en est beaucoup qui le sont en paroles seulement et se laissent aller à l’entraînement des compagnons jeunes de pensée qui les entourent. D’autre part, le nombre est grand de ceux qui, par attitude, par vanité, feignent de se dresser comme des rocs en travers du courant des siècles et qui pourtant perdent pied, changeant sans le vouloir de penser et de langage. Quel est aujourd’hui l’homme qui, dans une conversation sincère, n’est pas obligé de s’avouer plus ou moins socialiste? Par cela seul qu’il cherche à se rendre compte des arguments de l’adversaire, il est en toute probité obligé de les comprendre, de les partager dans une certaine mesure, de les classer dans la conception générale de la société, qui répond à son idéal de perfection. La logique même l’oblige à sertir les idées d’autrui dans les siennes.

      Chez nous révolutionnaires, un phénomène analogue doit s’accomplir; nous aussi, nous devons arriver à saisir en parfaite droiture et sincérité toutes les idées de ceux que nous combattons; nous avons à les faire nôtres, mais pour leur donner leur véritable sens. Tous les raisonnements de nos interlocuteurs attardés aux théories surannées se classent naturellement à leur vraie place, dans le passé, non dans l’avenir. Ils appartiennent à la philosophie de l’histoire. »

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