VALEUR ET CAPITAL : COMMENTAIRE SUR LE BILLET DE PAUL JORION, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité

Si l’on pose la valeur comme phénomène (je commence à répondre à votre billet que je viens de lire) de sensibilité humaine par lequel l’homme se retrouve en harmonie ou en division avec lui-même dans sa vie sociale d’échange, alors le contexte présent produit de la non-valeur faute de reconnaissance de l’effet dans une vision platonicienne de la valeur où la causalité de matière, de forme et de fin n’a pas besoin d’être reçue et approuvée par chaque personne.

Si la valeur n’est qu’un phénomène, ce qu’elle est effectivement, qui n’a pas besoin d’être explicitement approuvée comme cause d’elle-même, alors les sujets de la valeur que sont tous les individus humains se soustraient ou se laissent exclure de leur responsabilité à endosser ce qui leur est présenté comme valeur par quelques-uns d’entre eux. C’est ce qui s’est passé avec la captation des marchés par les opérateurs financiers par les moyens d’un droit formel et de mathématiques inaccessibles au commun des mortels. La conséquence est que le travail qui devrait être à la fois la transformation des formes et de la matière pour fabriquer une valeur probable acceptable, donc réellement achetée par le consommateur final, n’est plus qu’un facteur de production sans être conception de la valeur.

La conception de la valeur devient le monopole d’élites restreintes qui ne travaillent pas au sens où elles ne s’interrogent pas et ne se soumettent pas à une demande du destinataire final de la valeur, celui qui accepte cette valeur en l’achetant par le prix de son propre travail. Le travail n’est plus la source de la valeur ni pour l’offre qui ne fait que concevoir ni pour la demande qui ne fait que recevoir. La rupture est infranchissable entre la métaphysique de la valeur portée par les élites éclairées et la physique de la valeur produites par les masses qui travaillent. La métaphysique d’Aristote ajoute la réalité de l’effet à la métaphysique de Platon qu’elle reprend et résume (au sens étymologique).

Je comprends la causalité d’effectivité d’Aristote comme une phénoménologie ajoutée à l’analyse platonicienne. Grâce à l’effet, il ne suffit que les plus brillantes intelligences produisent une analyse juste par les causalités matérielles, formelles et finales, il faut pour qu’apparaisse la valeur (oui la valeur est bien une apparence) que ses sujets que sont toutes les personnes humaines fassent acte d’approbation du résultat d’une analyse qui n’est que proposée. Par l’analyse, la valeur devient objective en puissance et par l’affect de la personne éclairée par l’analyse elle devient dans sa subjectivité individuelle valeur en acte (je ne suis ici plus avec Aristote mais avec Thomas d’Aquin).

J’adhère tout à fait à l’analyse que vous faites de mes billets mais n’en partage pas l’opinion conclusive. Quand j’emploie le mot « courant » je ne me place pas du coté de celui qui réfléchit et explique mais du coté de celui qui vit sans chercher à analyser tout ce qu’il vit (c’est très souvent mon cas en dépit de l’image partiale que je donne de moi-même à travers des écrits ; et je commence à être assez vieux pour voir à quel point il y a des choses qui échappent complètement à mes facultés d’analyse ; je crois notamment que l’altérité des personnes les unes par rapport aux autres les rend irrémédiablement mystérieuses à notre intelligence spéculative). Effectivement, je laisse place dans mon langage à une sorte de théorie spontanée, c’est-à-dire une théorie qui ne vient pas de moi-même mais qui vient de l’histoire, de mon milieu d’origine, des gens qui me parlent. Cette théorie est spontanée au sens où elle m’est immédiatement donnée et où il me faut du temps pour l’assimiler en tant que théorie, c’est-à-dire forme d’explication de ce qui fait valeur pour moi. Je crois effectivement que la vie en société produit la théorie que notre intelligence reçoit spontanément avant de la développer.

C’est ce phénomène de la théorie et de la matière initiées à l’extérieur de nous-mêmes qui vous donne peut-être l’impression que je crois à l’auto-développement du capital. Cette théorie ne me paraît acceptable que si capital renvoie à une réalité à la fois finale, formelle et matérielle, c’est-à-dire si le capital est l’effet de l’intelligence humaine volontairement investie dans le service des fins de l’autre. Je suis d’accord que ce sens que je retiens du phénomène-concept de capital n’est plus du tout courant. Cette acception du capital (si tant est que le mot ait été historiquement employé comme je l’entends) ne peut être qu’antérieur à l’époque moderne et au coup de force que vous avez signalé dans comment la vérité et la réalité furent inventées qui a consisté à faire croire que le donné-empirique se confondait avec la réalité conceptualisée.

Le capitalisme ayant surgi après le coup de force a imposé une conception nominaliste et matérialiste du capital qui est toujours en vigueur aujourd’hui. Cette conception est bien à l’origine d’une escroquerie parce que dans le capitalisme platonicien que nous connaissons, la fin du capital n’est pas négociable dans ses effets. Le marché platonique est effectivement possédé par des statuts non discutables issus de rapports de force qui empêchent la discussion libre des fins allouées par les capitalistes au capital. Le capital est réduit à un phénomène de statut qui capte toute finalité de la transformation de la matière économique. La plus grosse masse de capitaux affichée entre les mêmes mains détermine par elle-même la fin de la transformation et le prix de la transformation. L’effet de la transformation du capital qui devrait être la valeur approuvée par le consommateur final n’est qu’un prix totalement déterminé par des statuts sociaux.

Quand j’arriverai à l’explication du risque dans Le prix, j’adhérerai à sa présentation comme phénomène. Il faut en effet que le risque soit un phénomène avant en logique d’être une cause. Je vois effectivement le risque comme l’écart réel permanent et imprévisible entre le prix anticipé par la parole et le prix réalisé par l’échange loyal et transparent. Je vais certainement adhérer à votre définition du risque comme mesure du danger quand les classes sociales interagissent entre elles (chapitres 6 et 11), et la mesure du danger existant entre membres d’une même classe sociale quand ils interagissent entre eux (chapitre 9). Au point où j’en suis de ma lecture du prix et après avoir lu Comment la vérité et la réalité furent inventées, le risque n’est pas un effet du donné empirique mais bien un effet du langage que nous appliquons à la réalité que nous concevons. L’erreur cognitive magistrale de la finance contemporaine est de confondre aléa et risque.

L’aléa est la conséquence d’un donné empirique certain mais non mesurable en particulier (on calcule une probabilité d’avoir le cancer parce que le cancer existe mais on ne peut attribuer l’occurrence de la probabilité à des individus exactement identifiés). Le risque est la conséquence d’une réalité librement conceptualisée mais non advenue dans ses effets matériels concrets. Le risque ne peut pas se concrétiser hors du temps du fait que son origine réelle est future et humaine. Le risque vient de ce qu’un prix peut être attribué à un objet dont la définition est imprécise et la décision qui lui donne un prix, réversible par le sujet lui-même. En confondant le risque et l’aléa, les opérateurs financiers peuvent dissimuler leurs revirements et l’irréalité de leurs engagements dans un donné empirique qui ne dépend pas d’eux.

Le risque et le capital, quatrième plan de la réalité de la valeur, sont donc bien des phénomènes dans l’univers financier actuel mais peuvent devenir des causes analytiques d’une valeur analysée par l’intelligence consciente de ses limites par soumission à l’effet de l’altérité. Le risque est l’effet de la liberté de l’intelligence à élaborer (travailler) l’analyse de la valeur (prix reconnu et approuvé de l’autre en moi). Dans mon esprit (c’est-à-dire dans mon choix personnel que je souhaite partager) une telle définition du risque devient capital à la condition d’une reconnaissance irrévocable de l’autre dans sa liberté et son intégrité physique et métaphysique. Si nous demeurons dans une analyse platonicienne de ce qui est, l’effet du capital sur la personne qui travaille à la valeur de l’autre est dévastateur.

Ma présentation du capital n’a de valeur que dans le système aristotélicien de l’effet mesurable par le marché régulé par la liberté, l’égalité et la fraternité. Là encore le marché est un phénomène pour chaque individu. Il ne prend de valeur analytique qu’avec le langage de la transparence au service de l’autre. Il faut donc que le marché soit l’effet de la démocratie qui doit être l’effet de la liberté qui doit être l’effet de l’intelligence qui doit être l’effet de la demande de l’autre. Il n’y a ni marché, ni démocratie, ni loi effective sans vertu. Et pas de vertu qui ne soit le libre choix de l’effet d’elle-même.

Paul, est-ce que je lève votre interpellation ?

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51 réflexions sur « VALEUR ET CAPITAL : COMMENTAIRE SUR LE BILLET DE PAUL JORION, par Pierre Sarton du Jonchay »

  1. Bonsoir Pierre,

    Vous écrivez :  »et je commence à être assez vieux pour voir à quel point il y a des choses qui échappent complètement à mes facultés d’analyse ».

    A vous lire, je constate que mes capacités de compréhension de la langue française sont … plus que limitées. Je ne peux donc pas avoir une analyse critique de vos écrits car je n’y comprends pas grand chose.

    Le traité de Maastricht ainsi que le raité constitutionnel européen était plus faciles à comprendre !!

    Votre dernier billet était accessible mais celui-ci … chapeau !
    Je reprendrai demain matin. Peut-être qu’avec la lumière du jour …

    Bien amicalement.

    1. @JeanPaulMichel et à tous,
      J’ai répondu par mèl vendredi après-midi à Paul Jorion. Pour mettre sans délai à votre disposition les éléments de notre discussion, nous sommes convenus de publier mon mèl en l’état. J’espère que vous me pardonnerez la forme pas tout à fait convenable à un billet.

    2. J’éprouve tellement de difficultés à comprendre ou PSDJ veut nous conduire que j’y renonce depuis un moment;
      Paul pouuriez vous aider ceux qui comme moi voudraient bien avoir un fil synthétique conducteur, car nous supposons que les billets invités de PSDJ ont leur interet conceptuel chez leur hote.

    3. Pierre,
      Pourrais-je vous rappeler qu’il faut écrire « mail », « email » mais pas du tout mèl.
      C’est de l’anglais.
      Courriel, si vous voulez traduire à la française.
      Cela me hérisse souvent de lire avec cette orthographe.
      Un Français est très à cheval sur l’orthographe. Permettez-moi de l’être ici aussi.

  2. Les mots, c’est évident, sont la plus puissante drogue utilisée par l’humanité. Rudyard Kipling, lors d’un discours en février 1923

    Ma doué : on pourrait extirper plusieurs extraits de ce charabia, (volapuk aurait dit l’autre). De quoi faire rire semaine après semaine les lecteurs du Canard Enchainé. Par exemple

  3. Pour parler l’aristotélicien, jeanpaulmichel, il suffit de se restreindre à la grille matière/forme/fin/effet (je simplifie une construction à 4x N termes de ce genre à 4 termes).

    C’est vrai que moi aussi, ça m’intéresserait plus de voir dans un texte (1) l’intérêt de coller la grille aristotélicienne, au-delà d’une autosatisfaction toujours déjà en attente de l’étape suivante et (2) le lien de phrases comme celle-ci

    L’erreur cognitive magistrale de la finance contemporaine est de confondre aléa et risque.

    …avec ce qui s’est dit de ci de là, depuis le Cygne noir de N Taleb jusqu’à Paul Jorion (oui oui, pas sur le même plan, ces deux là) en passant par Aglietta ou autre.
    Sans tout revoir, les critiques de la notion de risques doivent pouvoir se catégoriser suivant quelques options que les béotiens comme moi qui n’ont pas lu Ricardo et Keynes ont du mal à se représenter.
    Mais je me demande si ce que nos contributeurs aristotéliciens éprouvent en partie ne serait pas un peu la même chose que des matheux , une sorte de jouissance inconsciente de savoir que tout arrivant qui voudra partager mon langage passera par la même dose d’effort d’assimilation que celle que j’ai endurée.
    Je comprends dans ce contexte que la parenthèse sur l’étrangeté vous ait frappé, car elle pointe la présence de l’irréductible et l’incalculable dès qu’on dépasse cette connivence.
    Je me demande si Gilbert Simondon a, dans cette veine, étendu son discours sur le milieu technique (comment les humains se « co-individuent » autour d’une technique, ce qui est une relation d’inclusion et d’exclusion en même temps…) s’i l’a étendu, donc, à certains aspects comme la scolastique… ?

  4. … »Et pas de vertu qui ne soit le libre choix de l’effet d’elle-même. »…En effet, le libre abrite (même si celui-ci reste de 0,000nchiffre)…N’en reste pas moins existant…Aussi, parmi les vertus à requérir ou développer…La volonté au-induite et auto-déterminée se montre moins par des décrets que par une foi constante en soi-même et un regard franc à chaque pas…

  5. @ Pierre,

    Tu écrit:

    Ma présentation du capital n’a de valeur que dans le système aristotélicien de l’effet mesurable par le marché régulé par la liberté, l’égalité et la fraternité.

    Qu’est que c’est le but dans cette marche de liberté, ‘égalité et la fraternite?

    Et comment optimaliser la communication économique sur cette marché?

    Et encore qu’est que c’est la but de la communication économique sur cette marché?

    1. @Peter Hoopman,
      Je propose que le marché soit un lieu d’échange des fins que nous choisissons et des formes que nous comprenons avant d’être une place d’échange de marchandises. Ainsi n’échange-t-on pas que des prix mais la valeur humaine sous-jacente au prix. L’échange de valeur humaine est alors l’expression de la fraternité acceptée et désirée.
      Nous expérimentons tous la fraternité comme un phénomène : nous constatons que nous partageons notre origine (des parents communs) et notre espace de vie (des marchandises à partager). Notre liberté nous met trois choix entre les mains :
      1) capter toute la marchandise et nier toute conséquence à la fraternité
      2) répartir les marchandises en parts égales selon un critère superficiellemment juste (même nombre pour chacun)
      3) entrer en discussion pour s’enquérir des fins de l’autre et former pour chacun la valeur des marchandises disponibles
      Par l’un de ces choix, nous transformons le marché en trois réalités possibles bien différentes. Le troisième choix met clairement la liberté et l’égalité au service de la fraternité. Moyennant le marché, la fraternité produit de la valeur (réalité universellement voulue et acceptée) avec la liberté et l’égalité.
      L’économie est comme le marché. Son sens est libre. Mais avec Liberté-Egalité-Fraternité, le sens est donné par le choix de la république. L’économie de marché réalise la devise républicaine à condition de lui être soumise en chaque agent économique. Si le marché est soustrait à la devise républicaine et si des agents économiques peuvent sans obstacle se soustraire à la régulation démocratique du marché, on s’installe dans le choix 1. Les élites spéculent sur la fraternité des humbles qui les fait exister.

  6. …Libre arbitre…Bien entendu…Si mal écrit-ci-dessus…Les mots ont un sens…Si toutefois, on écrit bien…Désolé, j’ai souvent des problèmes de clavier…rien de grave…parfaitement corrigible…
    Les vertus sont en elles-mêmes le résultat du libre arbitre de chacun…Enfin, c’est se que je sais et observé de l’expérience de mon petit chemin parcouru.

  7. La conception de la valeur devient le monopole d’élites restreintes qui ne travaillent pas au sens où elles ne s’interrogent pas et ne se soumettent pas à une demande du destinataire final de la valeur
    La rupture est infranchissable entre la métaphysique de la valeur portée par les élites éclairées et la physique de la valeur produites par les masses qui travaillent

    PSJ, merci, votre lecture devient lumineuse, dès lors que, dans le noir, je trouve, à tâtons….l’interrupteur!

  8. Cher Monsieur,

    Lorsque je lis vos billets, je m’aperçois que les mots utilisés renvoient à des concepts que je ne connais pas. J’assume…

    D’où mes questions :
    – Comment connaître et comprendre ces concepts ?
    – Comment les intégrer à ce que je crois avoir compris du thème de ce blog, c’est-à-dire l’analyse et la compréhension du capitalisme financier ?
    – Puis-je mieux comprendre la lecture des autres billets à l’aide de ces concepts ?

    Cordialement,

    Xerox

    1. Vos questions sont vraiment sympathiques. Elles montrent qu’en lisant ce blog et en vous fiant à votre bon sens vous avez compris beaucoup plus de choses que vous ne l’avouez. Avec le temps, vous allez nous étonner.

  9. J’ai lu votre réponse. J’apprécie vos tentatives de clarification et je soutiens toujours votre effort d’intégrer la dimension temps dans notre compréhension des mécanismes économiques mais il me semble que ce que vous intégrez dans cette dimension temps reste inanalysé – ou reprend simplement ce qu’en dit la « science » économique (= idéologie de la classe financière), ce qui pour moi revient au même. Il me semble que ce que Schizosophie, Pierre-Yves D. et moi-même vous disons – chacun à sa façon – est que vous êtes parvenu à cantonner la « soupe refroidie » de la « science » économique dans une partie circonscrite de votre modèle mais qu’elle y est toujours, infectant l’ensemble. Il s’agit maintenant de l’en faire sortir une fois pour toutes.

    1. Je trouve merveilleusemnt étonnante la faculté qu’a Peter Hoopman de comprendre et traduire la pensée de Pierre Sarton du Jonchay . Non moins stupéfiante cette même faculté dans le sens retour .

      ça me rappelle, lors d’une période de travail au Gabon , un copain provençal que j’appelais toujours en renfort quand je butais sur le dialecte des Bapounous que j’employais comme terrassiers .

      Ils se parlaient sans difficulté et j’en restais comme deux ronds de flancs ( flans ?).

      Mais en fait je n’ai jamais bien su s’ils parlaient vraiment de la même chose , ou si c’était pour se foutre de moi .

      En tous cas on a fini le boulot .

    2. Nous sommes confrontés au minimum aux limites du langage. Notre langage est à la fois la conséquence (l’effet dans le temps humain) de notre histoire collective et de notre histoire individuelle. Comme nous employons tous les mêmes mots de la même langue pour échanger, c’est vraiment compliqué de voir dans chaque propos ce qui vient de l’individu et ce qui vient de la collectivité. Je crois notre vie plus importante que les mots que nous employons pour la communiquer et la comprendre. En même temps notre vie est communication et ne peut pas se passer du langage des mots. L’utilité du modèle aristotélicien du langage est pour moi de représenter le plus simplement possible cette part de la vie humaine qui échappe à la détermination nécessaire mais non suffisante du langage. A la matière, à la forme et à la fin qui expriment des vérités hors du temps et des individus qui doivent les assumer, l’effet ajoute une explication non analytique de ce qui est simplement donné à notre observation.

      L’effet sépare la réalité du langage pour que la formation de la réalité reste ouverte. Ouverte à chaque personne, à chaque individu vivant en relation avec d’autres vivants qui évoluent dans le temps qui n’est pas fini. Sans l’effet, l’individu se fige dans les déterminations de son langage ou du langage des autres. Sans l’effet, l’individu est totalement analysé et n’a plus de liberté à exercer, de fin à choisir, de réalité à comprendre. L’effet conceptualise la valeur qui vient de la matière, de la forme et de la fin, en offrant à chaque individu le temps et la liberté d’en choisir le sens. L’effet est rassurant parce qu’il permet une liberté non analysée mais inquiétant parce qu’il livre la liberté à l’analyse.

      En supposant acquise l’existence de l’effet pour nos interlocuteurs sur ce blog, je prends les mécanismes économiques tels qu’ils nous font effet actuellement pour en déconstruire l’analyse actuelle, c’est à dire l’analyse qu’en produisent ce qui en parlent actuellement pour une quelconque raison. En le faisant sur ce blog je suggère que je partage des fins identiques aux vôtres et à celle de la communauté du Blog de Paul Jorion. Il en résulte que nous confrontons les fins et les formes que nous n’avons pas en commun qui nous révèlent réciproquement dans nos différences. Pour moi, l’expérience est formatrice. Mon intelligence et mon langage s’enrichissent de nouvelles formes qui me donnent valeur à moi-même qui soient valeur pour d’autres. L’existence de l’effet fait qu’il n’y a pas de nécessité à ce que mon jugement s’impose à qui que ce soit et réciproquement.

      Les fins que nous partageons sur le Blog sont de sortir du mal être où nous plongent l’expérience et le spectacle de la vie politique, sociale et économique actuelle. Nous supposons que nous ne sommes pas seuls à éprouver ce mal être ce qui nous pousse à l’analyser ensemble pour en proposer des solutions. Des solutions que nous pressentons collectives puisque le problème posé est la destruction du lien social par la disparition de la valeur commune. Ma proposition est bien d’analyser le problème par la conceptualisation de la valeur et du capital dans la causalité d’Aristote. Cet exercice est motivé par la fin à atteindre que nous partageons et non par les formes, capital et valeur, que justement nous ne partageons pas par l’effet de la « science économique » et de sa pratique financière.

      J’enferme la soupe froide de la science économique et financière actuelles dans un effet qui s’impose comme fait que nous sommes nombreux à ne pas approuver ; c’est à dire à lui dénier de la valeur. Ce qui ne me conviens pas dans la science économique actuellement appliquée c’est l’absence de considération des effets. C’est une religion (mise en relation) de la matière qui exclut la religion des fins. Nous sommes des individus et pas des personnes. Nous sommes déterminés par les objets qu’on nous vend et qu’on nous force à produire à un prix dont les arguments ne nous sont pas lisibles car sans alternative. Ce système s’impose par l’idée que la liberté, la valeur et le capital sont des fictions non discutables maîtrisées par quelques experts qui connaissent le secret de la main invisible. Pour que ces fictions redeviennent des réalités que nous sachions maîtriser, je ne vois pas d’autre moyen que de les axiomatiser selon des finalités que nous discutons et choisissons.

      Je reste enthousiasmé par Comment la réalité et la vérité furent inventées : l’invention de la réalité est toujours en cours par le langage qui est formé dans les fins que nous envisageons. La science économique et financière qui est en train de s’effondrer est celle qui se refuse à considérer les fins humaines pour capter les réalités au profit de quelques privilégiés. Si ce système dont les vices ont été analysés par Marx et bien d’autres a perduré jusqu’à nous, c’est qu’il doit aussi avoir des vertus. S’il s’effondre aujourd’hui comme jamais, c’est que certaines de ces vertus ont été récemment escamotées et certains vices promus par la finance moderne. Parmi ces vices, il y a les paris sur le fluctuations de prix ; des prix qui ne sont plus liés à aucune réalité par la fragmentation des marchés et des lois applicables. Le crédit de l’économie réelle est capté pour générer des gains fictifs prélevés sur ceux qui travaillent effectivement.

      La soupe refroidie est-elle la science économique qui ne contient aucune fin humaine ? Elle explique le chômage et la baisse des revenus salariaux par l’inutilité des hommes à la production d’équilibres économiques et financiers qui ne les concernent pas. La neutralisation des fins humaines par la négation de la valeur des effets n’est-elle pas une axiomatique qu’on ne peut combattre que par une autre axiomatique ? Aristote doit subvertir Platon non pas parce que Platon est méchant mais parce qu’il ampute le langage de la réalité humaine de sa liberté et de sa capacité à grandir. Si la fin donne un sens à la liberté humaine dans le temps, si les fins individuelles sont identifiables qui prélèvent la valeur dans la réalité au lieu d’en produire, n’est-il pas possible que la monnaie, le crédit et le capital soient des outils de valeur par la responsabilité des effets ?

      L’outil financier de responsabilité de la certitude et de l’incertitude de la valeur ne pourrait-il exister dans l’option négociée dans un marché de transparence des engagements ? C’est l’option qui relie dans un système un nominal contrôlable par la démocratie, un prix déposé dans le marché, un dirigeant responsable de la réalité à terme du nominal et une prime. La prime ne donne-t-elle pas le prix de l’incertitude du prix nominal à l’origine de l’option ? N’est-elle pas la reconnaissance des limites d’une analyse et la valeur possible d’une réalité humaine qui peut dépasser ses limites ? La prime devient à l’échéance la plus-value sur le prix réalisé à la condition de la vérification marchande par le client final de la compétence de l’entrepreneur à anticiper le prix de la valeur. Le capital défini par la prime d’un prix stable engagée en réalité devient ainsi la garantie de la mesure du crédit et l’anticipation de la plus-value du travail à transformer le temps par l’intelligence de la réalité. La plus-value identifiée comme résultat de la réalisation effective d’un engagement revient au travail qui produit la valeur.

      Le concept d’option désinfecte-t-il l’argumentation économique du phénomène de la valeur ?

    3. On va demander aux autres quel effet ça leur fait , mais pour moi , au doigt mouillé et après avoir consulter mon dictionnaire préféré au sujet d’option , je crains qu’on ne soit reparti pour un tour , avec dérapage potentiel sur les stock-options .

      Je vous rejoins par contre sur l’importance des attendus et conséquences du langage , et sur les incompréhensions fréquentes .C’est pour ça que j’aime et tente de protéger ma langue maternelle de ce qui peut lui faire perdre sa rigueur et son fil du rasoir , aussi affûté que Schizosophie .

      Avec ma femme j’ai une technique prudente pour m’assurer qu’elle me comprend bien sur les choses importantes . Je les lui dis d’abord . Et je les lui écrits un peu plus tard .

      Parfois il faut que je les lui dessine : c’est souvent la technique qui donne les meilleurs … »effets » . Pour compte personnel je reconnais d’ailleurs que je ne  » pénètre » bien que ce que je peux dessiner .

      J’attends la suite des échos des plus professionnels que moi , mais je regarde avec le même plaisir vos tentatives de nous faire partager des …concepts plus ou moins nouveaux et hors des sentiers battus , que j’avais apprécié la joute entre Serge Gainsbourg et Guy Béard , et qui parlant de l’art musical en chaanson défendait pour l’un le clacissisme de l’art initié et pour l’autre la liberté folle de la guitare .

      Deux hommes et deux théories qui me sont également sympathiques .

    4. @ Jean Nessy,

      Nos contextes à partir laquelle nous parlons est différents et on cherche dans le meilleurs cas de se comprendre, de se rencontrer.

      Paul, comme je interprête continue de croire dans la gérance d’en haut, encore c’est ma interprétation. Il n’a pas tort, mais aujourd’hui ça ne suffit pas pour sortir de la crise.

      On a besoin façon parler un intégration entre le haut et la bas de la société.

      Si le bas se sent pas vraiment concerne par les soi disant solutions d’en haut le fossée van continuer de s’enlargir. C’est encore façon parler le mur de Berlin qui se situe dans notre psyche et qui est surtout nourit par l’idée et pratique de la concurrence mutuelle.

      Un challenge/problematique/mur social qui par poser des nouveau questions on peut rendre visible: http://lafindelapartheideconomique.midiblogs.com/archive/2010/11/12/quelques-questions-visant-a-approfondir-le-debat-economico-j.html

    5. Un petit ps Jean,

      Deux hommes et deux théories qui me sont également sympathiques .

      On a besoin ‘toutes les idées’ et si on trouve un base commun dans tous ces idées on va commencer à vivre à nouveau. Les idées isolées, même les meilleurs sont mortes. 😉

      Le système politico-économique actuel n’en courage pas cette rencontre, on a trop à perdre dans une système basée sur la divise et contrôle. C’est la peur de perdre qui règne aujourd’hui et pas l’envie de vivre, de partager.

    6. Pierre (Sarton du Jonchay),

      Ce message m’a apporté la confirmation que j’attendais (par fainéantise) : votre approche est le levier le plus performant possible pour faire sortir l’homme (et le Paul Jorion, c’est pas rien ça !) de sa coquille une fois pour toutes. Il saura ensuite très bien s’occuper de sa soupe froide tout seul, en tant que personne.

      Peter Hoopman,

      Si le bas se sent pas vraiment concerne par les soi disant solutions d’en haut le fossée van continuer de s’enlargir.

      Nous parlons de la même chose de la même manière : c’est rassurant.

    7. @ Fab et Peter Hoopman,
      J’ai grand plaisir à comprendre que nous nous comprenons. Cela nous permet d’envisager l’étape suivante de faire comprendre à d’autres ce qui fait que nous nous comprenons. En partant du bas, nous remonterons jusqu’à la tête.

    8. @ Pierre,

      En partant du bas, nous remonterons jusqu’à la tête.

      Oui, un société, démocratie et état de droit se contruit d’en bas. Pour la politique et pouvoir c’est façon parler l’anarchie.

      Comment intégrer l’anarchisme qui ne fait pas peur au conservatisme peureux?

      Conservatisme

      Socialisme + Libéralisme

      Anarchisme

      L’intégration des ces quatres courants? Le carrefour politique de la société?

  10. Intéressant la distinction entre aléas et risque. On ne fait pas figurer un aléa dans une formule mathématique ou il change de nature et n’est plus un aléa, on ne le modélise pas. Si pour des raisons que je ne maîtrise pas, bonnes ou mauvaises, on n’a pas pu se passer d’essayer d »intégrer des aléas sous forme de risques, la moindre des choses aurait été de s’en souvenir pour ne limiter les effrest néfastes éventuels ou changer de mode si besoin.
    De même que si la vérité et la réalité fûrent inventées il est utile de savoir comment et pourquoi et de s’en souvenir. Pour autant, faut-il se débarrasser de ce qui est utilisable, voire utile. Sinon quoi à la place? Je me garde de trancher si tôt mais vais plutôt continuer de lire Paul au cas où cela mènerait quelque part.

  11. Une porte de sortie pour ceux qui souhatent en sortir ?

    …… Il suffit de donner A CHAQUE CITOYEN le pouvoir d’investir l’argent PUBLIC comme l’argent privé,dans des biens collectifs,le commun (entreprises socialisées, associations, cooperatives municipales etc), dans l’utilité publique,dans le sans but lucratif au service de l’interet general, ce droit ne doit plus etre le privilege exclusif des elus comme des banquiers philantropes.

    Un euro par jour – à investir réellement – apprendra à chaque ENFANT où PLACER son argent PUBLIC ou/et de poche, dans quel projet, pour quel plan de financement qu’il aura pu lire sur Internet,avec l’affichage et la notation sociale des conditions salariales et de travail de chaque entreprise ainsi finançée,etc.

    A partir de 14 ans, 300 euros (ou en monnaies fondantes alternatives) d’argent PUBLIC ,par mois à INVESTIR où bon vous semble (vous et la totalité des citoyens de la Terre)

    – nouvelle usine

    – nouvelle chaîne de production,vehicule et velo a energie solaire,eolienne a condensation permettant de receuillir l’eau ,etc

    -pepiniere de cooperatives alternatives innovantes

    -un restaurant

    – un film

    – un disque dont il faut financer le studio

    – fertiliser le Sahara

    – dans la recherche pour le … paludisme ou le SIDA

    – dans l’envoi de fusée extra-solaires, extra-galactiques….

    etc etc…

    Chaque citoyen, sans dividende de bourricots, sans profit, sans retour matériel (il est surveillé par la publicité de son investissement sur le Web),devient cogestionnaire reel de l’argent PUBLIC et des BIENS COMMUNS.

    Pendant ce temps, les politiciens ne TOUCHENT PLUS A LA CLÉ du coffre.

    Les subventions politicardes sont finies, les comportements de LAQUAIS serviles (et MUETS sur ce qui fâche) envers des nouveaux oligarques seront dépourvus de sens (de fonctionnalité)….

    Voilà le défi,

    et cette demarche devra trouver sa voie pour s’inscrire a terme et a son rythme dans la recherche de la gratuité (de l’energie comme des biens culturels etc)

  12. Prix, aléas risque et j’ajouterai biais, les biaisez comptez-vous, voir lien, niche et prix.
    http://www.agoravox.fr/actualites/economie/article/niches-fiscales-quelques-goinfres-84264

    les bulles explosent, mais avant ce temps de l’explosion, la monnaie circule. L’écrèmeuse centrifugeuse a rejetée l’insignifiant consommateur impécunieux à la périphérie du système sans dommage collatéral pour la sacro sainte augmentation du PIB.

    L’indicateur de croissance du PIB, ne devrait-il pas être pondéré par la croissance démographique, dans ce cas, l’Allemagne devrait voir le sien progresser et le notre régresser. Avec 7 millions de pauvres, ne consommant que l’essentiel en France, la rupture devrait se ressentir sur ce foutu PIB, exploité abusivement par Mne Lagarde.

    1. Heureux !

      "Il a pas eu de chance lui dans la vie, il a pas pu être cantonnier parce qu'il a réussi à tous ses examens."

      "T'as déjà vu toi des cantonniers qui faisaient grève ?"

      La grève c’est la rage que crie l’homme contre lui-même, quand il est en crise et qu’il se rend compte que cette crise vient de son comportement, son conditionnement, duquel il n’arrive pas à se détacher, alors il crie, il crie sa rage, il crie son aveu d’impuissance…et ça marche (c’est un exercice de yoga, c’est dire !), ça le calme…jusqu’à la prochaine crise. C’est de la psychothérapie de groupe dans la rue : on n’avance pas d’un chouïa mais ça ouvre la soupape.

    2. Je précise , pour rendre à la vie toute sa complexité , moi qui ai réussi tous mes examens , que les cantonniers ont parfois fait grève ( rarement ,c’est vrai ) et que je faisais grève avec eux .

      Mais cette « race » là n’a plus de raison de faire grève ,: elle a disparu dans l’indifférence générale , privatisée à 75 % .

  13. PSJ explique fort bien que sa reflexion est basée sur la doxa. Dans son systeme de pensée elle est donc dialectique. Avec de la rhétorique qd il donne des sens voisins voir différents aux mots dans le fil de sa reflexion. Elle n’est donc pas analytique. Les incompréhensions, malentendus et disputes sont donc inévitables. Même Paul s’y est mis, c’est dire. De fait toute discussion devient inutile. Du temps perdu. Ne faudrait-il pas que PSJ se retire? A moins que le maitre de ces lieux n’y voit un intérêt que je n’y vois pas?

    1. @ Scaringella

      Cette confrontation éclaire les points clés du travail de Paul Jorion.
      Par exemple, en ce qui me concerne, j’ai bien du mal à savoir si la conception selon laquelle Le risque comme mesure du danger quand les classes sociales interagissent entre elles est antagoniste à celle du risque comme responsabilité en tant que valeur relative. Autrement dit, la conception de Paul était-elle révolutionnaire au point que l’on puisse se passer de la seconde ou même qu’il faille se défaire de la seconde ? No sé.

    2. scaringella,
      Expliquez-moi comment chez moi la doxa cohabite avec la rhétorique ? Pour moi, si vous avez raison, il y a contradiction soit dans ma doxa, soit dans ma rhétorique. Dites-moi où je gis ?
      Expliquez-moi aussi s’il vous plait pourquoi la discussion devient inutile si des incompréhensions, malentendus et disputes sont inévitables ? Me trompé-je en espérant que le temps de la discussion soit l’apprentissage de l’évitement des incompréhensions, malentendus et disputes ?
      Votre temps, celui de Paul, le mien et celui de tous les lecteurs de ce Blog sont trop précieux : il ne faut pas que nous le gaspillions ! 😉

  14. Mon pierrot,

    faut que je te cause,

    franchement,

    j’y panne que dalle à ce que tu dis. J’essaye hein, note bien, mais rien. Que dalle. Enfin si en fait. Des bouts. Mais comment dire… Comme si on mélangeait le manuel d’utilisation d’un micro-onde et d’un tractopelle. Je sais pas comment dire autrement…

    Mais bon. Je me retape encore une fois ton billet du début pour être vraiment sûr d’être idiot….

  15. Dites -moi si je me trompe.Pour Platon ,l’argent est une convention d’échange . Pour Aristote, l’argent a une valeur fondée sur son cout de production,le travail.

    1. Qui peut encore donner une valeur attachée à la production/travail, les terre à terre, pour les financiers seuls la convention d’échange a de la valeur.

      Le noeud du problème est là, il nous faut changer ce couple infernal travail valeur rémunération, les machines ayant grandement réduit le travail dans sa force inertielle.

      Pour l’instant l’accumulation des forces nous projette dans le mur, l’impression sera concave.

  16. je n’ai pas d’avis sur le sujet mais j’ai trouvé ça, qui est assez joli :

    Comme l’a finement observé Douglas Adams4 : « les gens sont un problème ». En temps et en heure, ils apprendront à contrecarrer n’importe quel système, aussi bien conçu soit-il, qu’il soit capitaliste, socialiste, anarchiste, randien5, ou basé sur une interprétation strictement littérale de l’Apocalypse6. Ici cependant, une distinction peut être faite : les systèmes qui tentent de bien faire semblent bien plus corruptibles que ceux qui n’ont pas de telles prétentions. Par conséquent, un système socialiste, inspiré par les plus nobles impulsions à assister son prochain, développe rapidement les inégalités sociales qu’il était conçu pour éradiquer, engendrant du cynisme, tandis qu’un système capitaliste, inspiré par l’impulsion de se servir soi-même à travers l’avidité et la peur, commence dans la position du parfait cynisme, et se trouve par conséquent immunisé contre de tels effets, le rendant plus robuste, aussi longtemps qu’il ne se trouve pas limité en ressources. Cela semble un système supérieur si votre but est de faire intensément brûler la planète, mais quand le carburant commence à s’épuiser, il est rapidement mis en pièce par les impulsions mêmes qui motivaient son précédent succès : l’avidité devient accaparement, drainant le sang vital de l’économie, tandis que la peur fait rechercher au capital des havres sûrs, immobilisant les roues du commerce.

    4. Douglas Noel Adams est l’auteur du célèbre, loufoque et très britannique Guide du voyageur galactique (The Hitchhiker’s Guide to the Galaxy).

    5. Alissa Zinovievna Rosenbaum — Ayn Rand de son nom de plume — fut une romancière américaine à l’origine de l’objectivisme, un système philosophique visant à élever l’égoïsme au rang de valeur morale suprême.
    http://www.orbite.info/traductions/dmitry_orlov/ce_bastion_du_socialisme_americain.html

  17. Bonjour,

    Beaucoup d’idées, ici, très élitistes se référant à des philosophes grecs et autres. Croyez-vous vraiment que « hors élites », ce qui est souvent le cas, il n’y ai pas de lois personnelles qui viennent bouleverser toutes ces lois du passé? J’ai aussi quelques piges derrière moi, comme Paul, pour situer.
    Qu’ai-je constater sur le terrain des opérations?
    Les « valeurs » sont des représentations d’un esprit et du moment où elles ont été nécessaires pour son propre usage.
    Se « gargariser » de valeurs, c’est bien beau, mais l’instinct de conservation reste un guide. Pas tellement de héros, non? Si les valeurs étaient constantes et transmises dans les gènes, il n’y aurait peut-être pas de loi ni de justice nécessaire. La justice a été créée par qui?
    Qui cherche à analyser ce qu’il vit? Peu de monde en définitive.
    L’histoire elle-même ne sert que comme garde fou, mais à postériori.
    La peine de mort n’a jamais éradiqué le crime.
    Les Droits de l’Homme sont une fiction pour certains pays. Pas de doute. Pour les 80% de Chinois c’est un leurre.
    L’histoire s’apprend à l’école, mais qui en tire une morale, une philosophie de vie?
    L’auto-développement du capital est assez récent. Il vient en réaction au chacun pour soi, à la compétition apprise à l’école. Celle-ci nous apprend les règles pour réussir dans la vie. Ce qui veut dire, peut-être, éliminer un concurrent, quelqu’un qui n’aurait pas pigé ou qui n’a pas les moyens intellectuels pour arriver à niveau.
    Alors, il y a le calcul des risques. Ce sont les statistiques que l’on adapte avec des paramètres et auxquels on fait dire n’importe quoi. Volontairement ou non.
    Beaucoup de Prix Nobel d’économie ont eu le jeu comme moyen d’éclaircissement des risques.
    Mandelbrote, lui, avec ses fractales, a compris que passer par le numérique ne tenait pas compte de l’analogique qui crée des secousses inattendues.
    Aujourd’hui, c’est vive les robots. Au moins, eux, ne tombent pas malade et ne vont pas en grève.
    Alors, les valeurs… bof…
    Désolé, mais c’est une vue de l’esprit quand Mad Max est à bord.

    1. L’enfoiré (désolé),

      Qui cherche à analyser ce qu’il vit? Peu de monde en définitive.
      L’histoire elle-même ne sert que comme garde fou, mais à postériori.
      La peine de mort n’a jamais éradiqué le crime.
      Les Droits de l’Homme sont une fiction pour certains pays. Pas de doute. Pour les 80% de Chinois c’est un leurre.
      L’histoire s’apprend à l’école, mais qui en tire une morale, une philosophie de vie?
      L’auto-développement du capital est assez récent. Il vient en réaction au chacun pour soi, à la compétition apprise à l’école. Celle-ci nous apprend les règles pour réussir dans la vie. Ce qui veut dire, peut-être, éliminer un concurrent, quelqu’un qui n’aurait pas pigé ou qui n’a pas les moyens intellectuels pour arriver à niveau.

      On dirait du PSdJ vous ne trouvez pas ? :

      Nous sommes des individus et pas des personnes. Nous sommes déterminés par les objets qu’on nous vend et qu’on nous force à produire à un prix dont les arguments ne nous sont pas lisibles car sans alternative. Ce système s’impose par l’idée que la liberté, la valeur et le capital sont des fictions non discutables maîtrisées par quelques experts qui connaissent le secret de la main invisible. Pour que ces fictions redeviennent des réalités que nous sachions maîtriser, je ne vois pas d’autre moyen que de les axiomatiser selon des finalités que nous discutons et choisissons. (PSdJ)

    2. « personnaliser les valeurs plutôt que d’en faire des abstractions pour imposer sont point de vue aux autres »

      Bien d’accord, mais le mot « valeur » est tellement disparate et dépendant de la personnalité, de l’environnement dans lequel elle vit, qu’un commentaire n’y suffirait pas.
      Hier sur France2, en début d’après-midi, il y avait Arditi qui venait présenter son émission de mercredi sur la crise. On y rappelait une vieille séquence d’il y a plus de 20 ans, de la Crise que présentait alors, Yves Montant.
      En fin, celui-ci disait que c’était nous qui étions responsables de notre avenir.
      Ce qu’Arditi dénigrait en disant que ce n’était pas ou plus exact.
      Alors, « valeur », cela perd beaucoup de sa … valeur.
      🙂

    3. Fab,

      Ne vous inquiétez pas pour mon pseudo 🙂
      J’assume.

      « … sans alternative. »
      Absolument. Sans alternative crédible en fonction d’une époque. Plusieurs jeunes crachent à la figure des plus âgés en disant que c’est nous qui avons apporté la m… et laissé faire la construction du monde comme il est aujourd’hui.
      Les erreurs nous en sommes responsables mais pas coupables.
      Nous avons dû nous battre comme maintenant mais avec quelque chose de différent, c’est qu’on savait, ou du moins on le pensait que demain allait être meilleure que la veille.
      Qu’il y ait eu des extras, des jusqu’au-boutistes, des jouisseurs du « système », c’est évident, mais c’est loin de la majorité.

      « …la liberté, la valeur et le capital…
      Ne sont pas des fictions. Les mains invisibles sont parfois très visibles, par leur idiotie, et leur mauvaise compréhension du but à atteindre.

      « … les axiomatiser selon des finalités que nous discutons et choisissons.  »
      C’est certains, mais il faudra en permanence les ajuster, les amender.
      Sans cesse remettre le métier sur la table.

  18. à Mr du Jonchay :

    je ne peux qu’applaudir à la lecture de cette remise à l’endroit du problème.
    et des deux mains quand à votre conclusion!^^
    les marchés ne doivent pas être « tout-puissants »

    j’y ajouterais que la vertu nous vient de l’esprit et de sa volonté propre
    (pas du grand manitou^^). sa représentation dans les têtes (de nos têtes pensantes ou
    dirigeantes, au moins^^)et dans le droit (sans devenir psychorigide sur un dogme…)
    est primordiale.

    ayant lu seulement les commentaires de mr jorion (dont le « billet » que vous citez),
    mais pas « le prix », je ne devrais pas…mais. 🙂

    la qualification de « phénomène », même si comme lui on parle d’intersubjectivité (« entres
    groupes sociaux…et au sein de ces groupes » Habermas pas exemple) peut s’appliquer à
    la notion d’individu, à celles de groupe social, à celle d’intersubjectivité,
    à celle de causalité (Hume), etc…
    pourquoi réserver l’acide à certains et non à d’autres?

    si les pensées ou tout événement perçu sont des phénomènes, alors tout devient phénomène,
    réduisant ainsi la capacité analytique et donc explicative de ce concept.
    ou à la limite il faut préciser : phénomène psychotruc et phéno matériel. et le lien
    d’avec le réel du phéno psychotruc : sa pertinence (illusion partagée et efficience à
    rendre compte de la réalité).
    dans un cadre matérialiste, l’échange de stimuli entre les membres du groupe et
    leur façon de réagir à ceux ci (y compris les « valeurs » ou le « prix »)est plus pertinent.
    et puisque ces stimuli sont finis (matière), ils doivent avoir une régulation et une
    utilisation optimales permettant le développement (croissance ou évolution…dans l’ordre
    de la matière ou des connaissances techniques au mieux) harmonieux du groupe concerné.

    pour Kant dans sa structure de la connaissance :
    connaissance <=esprit (entendement, raison, foi, imagination)<=sensations<=phénomènes<=être
    en soi pour soi (la chose transcendantale)
    la "confusion" entre apparition (réel) et apparence (illusion) de paul jorion
    me laisse songeur…du moins utilisée comme argument d'autorité…

    quant à la notion de capital que mr jorion laisse apparaître dans le billet auquel vous
    répondez…
    au delà de l'argutie mathématique (x est bien de même nature ou partie que y^^),
    il est vrai que la présentation comme phénomène du capital est problématique :
    il y a ce qui apparaît du capital (argent équipement matériel, éventuellement la production
    les corps…et le produit)
    et ce qui n'apparaît pas ou pas vraiment (les idées et actions, les temps et les espaces de
    liberté…)

    car comme pour les phénomènes, tout est capital et rien n'est capital (de fait),
    que ce soit de la matière ou de l'esprit (connaissances pour les "suiveurs"),
    c'est notre représentation du monde qui fait la(les) valeur(s). et donc le capital.
    liberté et fardeau de hommes. car ces représentations travaillent le monde et les
    représentations que nous en avons en retour.

    de fait, si l'on ne peut qu'être d'accord avec l'idée qu'il ne faut pas
    confondre le capital, celui qui servira à produire, d'avec la production et le produit,
    celui ci peut néammoins être justement considéré comme du capital, si le propriétaire
    du produit excède déjà ces propres besoins ou capacités.
    la confusion est donc valable pour le rentier traditionnel($$), et celui des capitaux de
    connaissances ou de savoirs dans une moindre mesure.

    pour le travailleur physique (celui qui réalise la transformation, intellectuel et/ou
    manuel), son temps et ses efforts sont bien réels : son corps et sa volonté sont bien
    apportés, ce qui me semble être une contrainte supérieure à celle de celui
    qui n'apporte que l'argent, voire les idées. ces derniers sont plus libres :
    d'accepter, de partir, sans contraintes réelles dans l'espace, voire dans le temps pour
    le préteur. quelque part, seule une volonté momentanée et partielle est investie de
    la part de ce dernier.

    et seul ces degrés de liberté et l'investissement personnel corrélé différencie le travail
    effectif des capitaux. si l'on considère que notre avoir est une partie de notre être, et
    comme dans une usine, la comparaison avec un automate n'est que peu exagérée…
    la confusion me semble à peine abusive pour 95% des gens…^^
    pas vraiment de confusion donc…si ce n'est pour le principe même si des termes
    distincts pour ses différentes propriétés rendent l'expression plus claire.

    la liberté :

    pour suivre Locke, le capital est le fondement matériel de la liberté…car sans lui,
    comment dire non? ou oui en toute liberté?
    sans lui, seule la nécessité matérielle lie le contrat (les contraintes corporelles de
    l'exécution de la justice, l'intêret matériel des contractants).
    la redistribution claire des richesses matérielles et spirituelles (connaissances pour les
    gnostiques^^) ou la propriété d'un minimum pour l'individu est un préalable au jeu
    capitaliste (redistribuées à chaque passage de génération, sinon l'accumulation reprend^^)

    le risque ne concerne que les valeurs que l'on a voulues. certaines sont un besoin,
    d'autres un désir. de même le prix. tout cela procède de l'immanence, de la volonté
    de chacun.

    d'où la proposition de Locke…: permettre la libre volonté en l'ancrant dans le réel
    matériel dans le droit.
    car au final, seule la volonté individuelle fixe une valeur puis un prix à ce qui est
    superflu.
    (même si les émotions et les sentiments jouent leur partition (peur et amour notamment)^^).

    l'égalité :

    en l'absence de propriété privée suffisante, ou de volonté de redistribution,
    l'état de droit devrait permettre au moins l'équilibrage des rapports de négociations,
    individuels et sociaux (un revenu minimum et une assistance pour le blablah techno inutile
    (combien pour combien de temps (horaires…)pour quelle gymnastique, et à quels effets,
    pour employés comme dirigeants (les gros ont déjà leurs staffs^^)).

    ces négociations ne devant jamais toucher au minimum décent qui fonde la liberté de choix
    (dignité décidée par votes avisés).

    et chaque citoyen devrait être actionnaire à part égale de la banque centrale qui émet
    "sa" monnaie.

    car les rentiers et les pauvres sont bien là.
    les jetons, comme les outils de productions et les matières premières sont déjà distribués.
    et les actionnaires des fabricants de jetons bien installés aux sommets, rêvant d'un seul
    sommet, sous leur contrôle bien sûr^^.

    et la fraternité :

    …au moins celle républicaine et démocrate peut respirer se reconnaître et agir :
    à elle d'investir sa volonté dans ce qui lui importe par exemple les valeurs précitées :
    liberté et égalité. voire plus.
    car c'est la souveraineté réelle des peuples et des individus qui doit être à
    la racine du droit, pas un dogme philosophique
    (surtout le matérialisme : celui ci me rend plus compréhensibles les tortures pratiquées
    depuis l'irak, ou l'existence de "taux de suicide acceptable" dans les grandes entreprises^^)

    {
    la constitution de 58 le permettait, amputée de la monnaie par la loi "pompidou-giscard"
    de 73 (loi transposée tel quel à la BCE) 15 ans d'à peu près pleine souveraineté pour un
    peuple. insupportable de l'avis de certains…^^
    (l'éducation nationale n'a pas à être dogmatique non plus. et la laïcité être un prétexte
    pour chasser les valeurs de l'esprit, pour se plaindre d'une perte de morale et
    d'autorité ensuite. l'exemple est un puissant moteur pour la jeunesse.)

    la "constitution" européenne imposée ne le permet pas (à part la "liberté" de travailler,
    et celle de faire circuler les capitaux (argent, "matière", outils, cerveaux et corps) et
    une police pour appliquer ces "droits" réels
    (les autres "valeurs"tenants debout…jusqu'à la première confrontation (le renoncement de
    mitterrand, et les surprises naïves de Merkel ne sont que des illustrations de la
    solidité de leurs paravents dans un univers de droit matérialiste)).
    toute modification étant extrêmement difficile (27 calendriers électoraux et de fortes
    divergences (à part le parapluie américain^^) concernant justement l'organisation matérielle
    et ses lois…cette direction de fait (loi des marchés, matérialisme) de l'attelage
    européen fait les délices de beaucoup.

    et l'onu…la souveraineté des peuples étant qq peu domptées par le matérialisme (surtout
    ceux qui financent l'onu^^), la notion de souveraineté perd de sa substance (combien
    d'effort pour sauver le système économique matérialiste? à force le dindon
    n'aura plus de plumes (à ce sujet, B Franklin avait choisit le dindon plutôt que l'aigle
    chapardeur.^^)).
    un fmi/banque mondiale sous des allures secourables les lient un peu plus.
    de l'argent papier contre des pouvoirs et qq hommes à des postes clés, c'est une
    négociation qu'un état en manque de devises ne peut pas vraiment refuser,
    si le gouvernement tient à sa réélection…ou seulement à l'ordre civil.
    L'argentine est un cas intéressant de refus de tutelle de ce point de vue.
    enfin, l'onu, c'est mieux que rien (quand on voit l'omc!^^)
    si la monnaie de réserve n'est pas entre quelques mains.
    sinon reste la croix ou autre machin rouge ou vert et sans frontières^^
    }

    P.S.
    une vie n'a pas vraiment de prix…une valeur peut être.
    vivre nécessite le travail, qui lui doit pouvoir se négocier librement.

    cordialement

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