TRANSFORMER LE CAPITALISME AVEC L’ACCORD DE TOUS

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

On a financé le spéculateur plutôt que l’entrepreneur. On a laissé sans aucun contrôle les agences de notation et les fonds spéculatifs. On a obligé les entreprises, les banques, les compagnies d’assurance à inscrire leurs actifs dans leurs comptes aux prix du marché qui montent et qui descendent au gré de la spéculation. On a soumis les banques à des règles comptables qui ne fournissent aucune garantie sur la bonne gestion des risques mais qui, en cas de crise, contribuent à aggraver la situation au lieu d’amortir le choc. C’était une folie dont le prix se paie aujourd’hui ! […]

L’idée de la toute-puissance du marché qui ne devait être contrarié par aucune règle, par aucune intervention politique, cette idée de la toute-puissance du marché était une idée folle. L’idée que les marchés ont toujours raison est une idée folle. […]

Et qui pourrait admettre que tant d’opérateurs financiers s’en tirent à bon compte alors que pendant des années ils se sont enrichis en menant tout le système financier dans la situation dont il se trouve aujourd’hui ? Les responsabilités doivent être recherchées et les responsables de ce naufrage doivent être sanctionnés au moins financièrement. L’impunité serait immorale. […]

… ne rien faire, ne rien changer, se contenter de mettre toutes les pertes à la charge du contribuable et faire comme s’il ne s’était rien passé serait également une erreur historique. […]

En ces circonstances exceptionnelles où la nécessité d’agir s’impose à tous, j’appelle l’Europe à réfléchir sur sa capacité à faire face à l’urgence, à repenser ses règles, ses principes, en tirant les leçons de ce qui se passe dans le monde. L’Europe doit se donner les moyens d’agir quand la situation l’exige et non se condamner à subir. […]

Nicolas Sarkozy, Président de la République française, Discours de Toulon, le 25 septembre 2008.

Ce qui m’a rappelé le Discours de Toulon, c’est l’information hier dans un sondage d’opinion de l’agence de presse américaine Bloomberg, que 71 % des répondants pensent que les bonus importants devraient être interdits dans les entreprises qui ont bénéficié de l’aide publique durant la crise, et 17 % pensent que les bonus d’un montant supérieur à 400 000 $ devraient être imposés à 50 %.

Quelles sont les mesures qui ont été prises dans ce domaine-là aux États-Unis ? Le Président Obama a nommé M. Feinberg pour qu’il examine la paie des dirigeants des cent compagnies les plus importantes ayant reçu une aide de l’État. Les bonus ont été réduits à Bank of America, Citigroup, AIG, General Motors et Chrysler ; les trois dernières étaient en faillite et continuaient d’attribuer des bonus avec l’aide généreuse du contribuable américain. L’imposition à 50 % des bonus élevés avait été proposée par deux sénateurs américains, la proposition fut rejetée sans même avoir été soumise à un vote.

Il existe donc aux États-Unis comme en Europe (en France en tout cas), des mesures proposées par des personnalités politiques (parfois dans une position suprême d’autorité dans leur pays) et soutenues par une vaste majorité de la population, qui ne reçoivent même pas un début d’application.

Je me propose de faire la chose suivante dans les jours qui viennent : extraire des différents discours de Mr. Sarkozy (en sus du Discours de Toulon, il y a aussi Colloque « Nouveau monde, nouveau capitalisme » 2009 et Colloque « Nouveau monde, nouveau capitalisme » 2010) appartenant tous à ce que Le Figaro a appelé « une croisade pour en finir avec les ‘spéculateurs’ et tourner la page des ‘dérives du capitalisme financier’ », les propositions radicales qui, si l’on en croit les sondages, bénéficient aujourd’hui d’une approbation d’au moins 80 % de la population française.

Je soumettrai cela à votre lecture dans un prochain billet. Nous en discuterons alors et tenterons de mettre au point à partir de là, un texte court mais percutant. Une possibilité alors, sachant que l’UMP souscrira pour des raisons évidentes à ces mesures, serait de proposer à l’ensemble des autres partis de les mettre également à leur programme (si j’en crois leurs déclarations respectives, il semblerait bien que tous en réalité puissent le faire). D’autres types d’actions sont également envisageables.

(… à suivre)

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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368 réflexions sur « TRANSFORMER LE CAPITALISME AVEC L’ACCORD DE TOUS »

  1. Si j’ai bien compris, « la protection du président » a soulevé une question légale… de « droits de propriété »… on a rien a dire ?

  2. Nul n’est parfait, bien évidemment, mais autant savoir en quoi. Sur le fond, le capitalisme se transforme très bien tout seul. Pourquoi y contribuer ? D’où cette adresse :

    Monsieur Jorion, cette initiative me contraint à répéter ce que j’avais déjà dit à un autre propos d’autre chose

    Comment pouvez-vous donc attendre quoi que ce soit du pouvoir ? Quelques phrases contre les usuriers vous suffisent-elles pour vous laisser abuser quant à la distribution des pouvoirs entre ledit « économique » et ledit « politique », ce dernier faisant mine de réparer l’immoralité de l’autre tout en dépendant ?
    Un tel degré de naïveté n’est plus de la naïveté. Et n’allez pas nous dire, monsieur Jorion, hypocritement, « c’est pour faire réagir ».

    Vous connaissant mieux, je ne change de ce paragraphe, aujourd’hui, que la dernière phrase par :

    « vous nous direz, « c’est pour faire réagir », comme si votre abyssale candeur politique vous persuadait que les consciences déterminaient les réalités des conditionnements sociaux plutôt que l’inverse. »

    Là où j’y voyais de la malice, j’y vois aujourd’hui de l’idiotie. Cette motivation est plus sympathique, certes, mais cela ne change rien à l’affaire. Peut-être même cela rend-il vos efforts plus récupérables encore, puisque vous montrez votre faiblesse… En matière de politique, voire d’économie politique, Milton était moins aveugle que Dostoïevski , et meilleur joueur.

    Je sais bien que le ton condescendant que je prends ici est déplaisant – j’ai aussi mes faiblesses –, mais je n’ai pas trouvé de meilleur moyen pour vous inviter à jouer au jeu où vous êtes le meilleur : celui qui consiste à pallier la division des savoirs, en tentant de faire dialoguer certaines sciences les unes avec les autres. Or ce dialogue est utile pour désacraliser la religion qui nous est contemporaine : l’économie, voire l’économie politique. Dommage de tout raturer en allant directement aux consciences passives – seulement morales et par là versatiles et possiblement hypocrites –, qui sont celles qui opinent ; plutôt que de travailler leur conditionnement philosophique de manière qualitativement critique en le creusant au détour de ses sources. Cette critique qualitative étant la condition langagière et vivante de leur autonomie, et ce par quoi ces consciences deviennent actives.

    1. pour ma part , je suis très étonné que Paul Jorion prenne une telle initiative ..mais , bon …

      @Schizosophie
      « ..Sur le fond, le capitalisme se transforme très bien tout seul.. »
      Certes ,mais là où il faudrait creuser un peu ( et c’est là que la jonction des champs de connaissance est particulièrement utile , et que le cloisonnement actuel de « l’hyper-spécialisation » est « instrumentalisée » (le règne des « experts ») pour « bloquer » la réflexion) , c’est de bien comprendre ce qui se cache derrière ce terme générique de « capitalisme »…terme qui devient tellement polysémique qu’il en devient a-sémique (si j’ose le néologisme).

      intuitivement , l’on perçoit tous que quelque chose de fondamental (dans la perception que nous avons tous de la façon dont doivent s’organiser les échanges humains (et leur économie,écologie,polis..)) est en train de changer….

      il s’agit , néanmoins,à mon avis ,de mettre en place une maïeutique qui puisse permettre un accouchement le moins « dystocique » (problématique) que possible…..
      je pense que c’est là que réside l’initiative de PJ. ?

      par contre , elle plonge dès le titre de l’article dans l’aporie (« ..avec l’accord de tous… »)

      cordialement à Tous

    2. @schizosophie: je ne serai pas aussi catégorique sur la stratégie de Paul. Je le crois très malin. Mais il faut bien avouer que j’ai un doute depuis quelque temps sur la radicalité de ses propositions (hormis l’interdiction des paris).
      D’un autre côté, il fait ce qu’il lui est possible de faire avec les moyens dont il dispose. Faire la révolution sur le papier, c’est facile. Essayer de changer les choses réellement en est une autre. Et agir naïvement (du moins apparemment) est sans doute plus efficace que de penser de manière réaliste.

    3. sentier198 30 décembre 2010 à 10:51

      mais là où il faudrait creuser un peu

      On ne peut pas tout dire en une formule, mais derrière ce que vous appelez « le terme générique » voila schématiquement ce qui se trouve :
      – enclosures, passage des métiers à la fabrique, de la fabrique à l’industrie, taylorisme, toyotisme (sophistication de l’appareil de production) ;
      – tendance universelle à la valorisation, celle des États tout récemment ;
      – contradiction monopolistique de la mondialisation ;
      – création progressive de nouveaux besoins tendanciellement moins dépendant de leurs usagers ou utilisateurs (révolution des choses plutôt que révolution des humains) ;
      – polarisation de l’humanité en deux classes dont l’une, constituant l’immense majorité, est socialement dépendante de celle qui s’est approprié les moyens de production via l’universalisation de la valeur.

      Rien de nouveau dans ces thèmes, mais plus ils apparaissent liés les uns aux autres et plus chacun apparaît précisément, plus il sera possible d’inverser le sens du changement. Au contraire, poser la critique comme derrière l’observation, et espérer ce changement, ou s’en désespérer, du point de vue de cet arrière-monde ; cela condamne la portée du discours aux fonctions limitées de l’exhortation. Il est nécessaire que la critique quitte cette position si elle veut être pourvue d’une certaine efficience. Lorsqu’elle n’est pas assez mûre, elle devrait s’abstenir, sauf à se donner pour proie aux sophistes et aux hypocrites.

      La théorie doit savoir attendre le moment où telle pratique lui est possible, et elle doit l’attendre d’elle-même.

    4. Écoutez donc Schyzosophie, Jorion ! Ne faites pas l’idiot, pas même dostoïevskien ! C’est déja trop. Stoppez là, SVP !
      Ne quittez pas votre perchoir, et notre promontoire bloguesque. Restez avec les oiseaux de haute volée et de bon aloi. Ne vous dessaisissez pas de vos semelles de vent pour quelques sabots crottés ! Continuez de vous hâter lentement dans votre œuvre rectifiante et édifiante de l’azur idéelidéal dominant les  »consciences passives, seulement morales et par là versatiles et possiblement hypocrites » des quelques homminicules qui nous tiennent lieu de  »concitoyens » ou, pire ! , de  »représentants ».
      Persistez dans votre effort réunificateur des nues éthérées de nos sciences disjointes, contentez vous de rimelliser sous un jour nouveau ces cieux en désordre. Quelques gouttes s’échappant de vos néo-cumulus recomposés comme les quelques rayons de lumière qu’ils laisseront filtrer suffiront au bonheur de l’humaine zoo-sphère qu’ils recouvriront alors. Nul besoin pour vous d’aller patauger si bas, dans cette fange. Votre place est ailleurs. Grand soleil et grand vent !

      Ressaisissez vous que diable ! Oubliez ce caprice enfantin, oublieux de vos mérites (et des nôtres), ingrat que vous êtes ! Nous oublierons alors quant à nous, magnanimes, cet écart, allons ! cette vétille, cette dérisoire et malheureuse velléité régressive.

      Ecoutez Schyzosophie, Jorion….

    5. @ vigneron 30 décembre 20010 à 13 h 25

      Entendu. Mais le rimmel ni le bonheur ne viennent d’aucune hauteur. Au contraire, il s’agirait de s’élever de l’abstrait au concret. Quant aux consciences, sachez que de mon point de vue, qui n’est pas perché, sinon gare aux houris, il arrive à toutes, à la mienne itou, d’opiner plutôt que de comprendre. Je voulais dire simplement qu’elles doivent se taire (en public sinon parmi ses propres cons) quand elles opinent, parce qu’alors elles ne disent rien et n’ont rien à dire.

      Votre chant tient plus du Milton que de la harangue. J’y boirai un coup ce soir, sous ces cieux trop ordonnés à mon goût.

    6. @Schyzosophie

      « Mieux vaut régner en enfer que servir au paradis… » Milton ? Adam ? Ah ! Non, Dark Vador ! 😉

  3.  » Quand on veut éviter d’être charlatan, il faut fuir les tréteaux; car, si l’on y monte, on est bien forcé d’être charlatant (…) » CHAMFORT, Maximes, Philosophie et morale, XIV.

    1. Charlatan : « Personne qui exploite la crédulité publique ou qui recherche la notoriété en se faisant valoir par des promesses, de grands discours. »
      Escroc, hâbleur, imposteur, menteur.
      Le Grand Robert.

    2. charlatan :  » économiste qui se gausse d’être un scientifique parce qu’il utilise des mathématiques pour calculer des prédictions qui jamais ne se réalise.  »
      source : moi lol

  4. Toute idée simple peut facilement être traduite en simpliste et donner cours à toutes sortes de moqueries. Ces comportements foisonnent et se multiplieront sur ce blog.

    Parfois les idées simples sont bonnes. Je trouve celle-ci excellente parce qu’elle « capitalise » sur le minimum consensuel qui n’est déjà pas mince.

    1. Une autre qualité de la proposition: elle est réalisable hinc et nunc (je trouve que ça fait moins banal qu’ici et maintenant). Pas besoin d’attendre une élection, la révolution, le grand soir ou les matins qui chantent. On (je veux dire Paul Jorion) propose ça à la prochaine apparition télé, si possible avec présence d’un(e) UMP et d’un(e) PS, et on relaie par un buzz…

      Qui va encore critiquer cela?

  5. Avec le respect que je vous dois Mr Jorion cette initiative me fait rire, surtout en y associant l’UMP et l’oligarchie de Mr Sarkozy.Je vous conseille simplement de lire « LE PRESIDENT DES RICHES »aux éditions Zones.Ce livre qui n’a rien d’un pamphlet, est très bien documenté par une bibliographie conséquente.Il commence comme ceci « il y a une guerre des classes,mais c’est ma classe,la classe des riches,qui mène cette guerre et nous sommes en train de la gagner » signé Warren Buffet.
    Le capitalisme n’a pas besoin de nous pour le sauver….mais c’est à nous de reprendre la main

    1. Traduction pour les non anglophones:
      Depuis l’été dernier, la nature de la crise des marchés financiers a changé. « Le problème est maintenant non plus la liquidité dans le système mais plutôt une question d’insolvabilité systémique » a indiqué Mervyn King, gouverneur de la banque d’Angleterre lors d’un repas avec le secrétaire adjoint au trésor Robert Kimmitt et l’ambassadeur Tuttle.

      King a parlé de deux impératifs.
      • Premièrement trouver une solution afin que les banques évitent le stigmate de vendre du [papier non voulu] à prix cassé ou soient obligées de demander l’assistance des banques centrales.
      • Secondement s’assurer d’un effort coordonne pour pouvoir recapitaliser le système bancaire global.
      Pour le premier impératif, King a suggéré la mise en place d’un processus de regroupement et d’enchères afin de débloquer l’important volume d’investissements financiers pour lesquels il n’y a pas de marché à l’heure actuelle. Pour le second point, King a suggéré que les États-Unis, le Royaume-Unis, la Suisse et peut-être le Japon forment un nouveau groupe temporaire afin de développer de manière conjointe un effort pour apporter ensemble les sources de capital pour recapitaliser les principales banques.

      Une bombe. « ils » savaient.

    2. « Since last summer, the nature of the crisis in financial markets has changed. The problem is now not liquidity in the system but rather a question of systemic solvency, Bank of England (BOE) Governor Mervyn King said at a lunch meeting with Treasury Deputy Secretary Robert Kimmitt and Ambassador Tuttle. »

      C’est daté 17 mars 2008, et ça renvoie à l’été 2007. Donc : pas de stupidité, simplement du mensonge, ils connaissent la gravité de la situation. On ne dira pas aux gosses que Grand-père est mort, on leur dira qu’il est parti pour un très long voyage en Chine.

      Encore quelques câbles comme celui-là rendus publics, mon cher Schizosophie, et vous allez voir que le Discours de Toulon va redevenir d’une actualité brûlante.

    3. Houlala, c’est du chaud ce câble. On le savait qu’ils nous entubaient avec préméditation, mais là, de voir une preuve noir sur blanc, ça me fait tout chose.

    4. Vincent dit :
      1 janvier 2011 à 18:19

      Que voulez-vous : il y a des Vieux – quel beau mot, en ce cas – qui sont jeunes jusqu’au bout de leur âge …

      Et des jeunes, qui auront beau se faire lifter dès la première atteinte de l’âge, qui sont vieux, petitement …

      La différence aussi, entre le fond et la forme .

      Pas homme providentiel, non ! Mais exemple, digne de respect !

    5. M dit :
      Votre commentaire est en attente de modération
      1 janvier 2011 à 19:42

      me suis trompée de place : en fait, fil billet 72

  6. Et c’est reparti pour un autre Yes, we can. On ne sait pas encore qui reprendra le flambeau des promesses enflammées, mais une chose est certaine, c’est que l’appareil qui l’amènera au pouvoir aura su inspirer la confiance requise du capitalisme financier. Notre système politique autorise les élus à mener une politique contraire à celle espérée par les électeurs, quitte à repasser la patate chaude aux menteurs suivants comme c’est devenu l’habitude.
    Nos concitoyens protestent mais s’en accommodent, parce que la remise en cause radicale du système impérial leur fait craindre la disparition de leur illusoire statut d’êtres supérieurs. Les galériens ne seront pas libérés par les garde-chiourmes. Les « occidentaux » ont eu leur chance de peser sur la destinée du monde, mais ce n’est plus ici que se prépare l’avenir.

    1. Occidentaux…bon, mais je ne confonds pas Europe et USA …

      Et, un monde multipolaire, ça vous irait ?

      Moi, je trouverais cela plus équilibré .

      Le gouvernement ( pardon, la gouvernance) mondiale, c’est pas mon « verre de vin » [ Pessac Leognan 1996 ] …

  7. Votre idée me semble excellente. Avant tout parce qu’elle ne vise pas à faire disparaître le capitalisme qui, selon moi, est à la base du développement de l’humanité. S’il devait disparaître, l’homme disparaîtrait avec lui.

    Le capital doit être vénéré et sauvegardé parce qu’il sert de base à la préparation du futur. Il permet aux humains de s’adapter aux conséquences de leur évolution et ce faisant d’assurer leur survie.
    Ce qui apparaît aujourd’hui nécessaire, c’est de réconcilier le capitalisme et l’anticapitalisme qui, l’un comme l’autre sont condamnables du fait de leurs excès.

    L’un, le capitalisme, par ses excès d’accumulations individuelles et ses dérives financières, se rend condamnable en donnant l’image d’égoïsmes exacerbés et ce faisant inhumains.
    Le fait d’accumuler au lieu de tout consommer dans l’instant présent est très louable en soi car il témoigne d’une prise en compte du futur et de la nécessité de disposer de ressources pour faire face aux besoins à venir, identifiés ou non.
    Mais l’excès de précautions finit par paralyser l’action en étouffant la marche en avant et l’exploration du futur. En période d’incertitude, les replis sur soi et sur leurs valeurs matérielles ou morales favorisent les divisons et les oppositions alors qu’il convient de rechercher les conjugaisons d’efforts.

    L’autre, l’anticapitalisme est également excessif car, au motif de vouloir satisfaire les envies du plus grand nombre, en le focalisant sur la consommation immédiate, sans se soucier du lendemain, il s’en prend à ce qui a permis à l’homme de se différentier de l’animal à savoir à son aptitude à capitaliser les expériences et les richesses et à accroître ses rendements de captage de ce qui alimente la vie, à savoir, l’énergie.
    C’est en prônant la lutte des classes que l’anticapitalisme voit une possibilité d’étancher la soif de consommation du plus grand nombre, sans en mesurer les conséquences sur le futur.

    C’est là une très grave erreur.

    D’une part, parce qu’au stade où nous en sommes de la consommation des énergies non renouvelables, il ne faut certainement pas laisser croire au plus grand nombre, qu’un maintien ou qu’un accroissement de la consommation nous placerait sur la voie d’une solution durable. Même si la consommation des grands capitalistes est importante, prise individuellement, elle ne représente qu’une très faible part de ce que consomment ou voudraient consommer le plus grand nombre de ceux qui aspirent à consommer davantage.

    D’autre part, parce que prôner la lutte des classes, c’est s’engager dans la voie des déperditions d’énergie qu’engendrent les frictions, les oppositions stériles, les destructions partisanes alors que les meilleurs rendements ne peuvent être obtenus que par la mise en accord d’efforts concertés et unis. Eviter les gaspillages est certainement aujourd’hui, le premier devoir de l’humanité, ce qui justifie de tout mettre en œuvre pour éviter les conflits nationaux, régionaux et mondiaux.

    Paul Jorion a un jour évoqué l’intérêt d’un gouvernement d’union nationale, peut-être est-ce sa première pierre pour construire l’édifice.

    Alors de grâce, les plus radicaux des intervenants sur le blog, mettez de l’eau dans votre vin, à l’image de ce que se propose de faire celui qui voyait la fin du capitalisme et que la raison et la sagesse me semblent amener à envisager de le faire vivre en le modifiant.

    Je salue son courage sans même connaître la proposition qu’il nous promet. Je crois en une démarche pragmatique à l’image de celles qu’ont pu adopter les dirigeants de très grands pays qui, après avoir conduits leurs peuples vers la lutte des classes, ont admis l’utilité d’une recherche d’équilibre, gage d’efficacité et de progrès.

    Il faut certainement de tout pour faire un monde, c’est pourquoi il me semble primordial d’exterminer d’abord et avant tout la haine des autres en favorisant la fraternité entre tous les hommes.
    Pour cela, il faut aussi s’employer à se constituer un capital unifié de morale universelle. Il faut fusionner ce que les différents courants philosophiques et religieux ont trop souvent développé en opposition les uns avec les autres. Voila un champ d’activité immense quand on pense qu’il devrait concerner 7 milliards d’individus.

    Il y a quelques décennies encore, il aurait fallu y consacrer beaucoup de temps et d’énergie, mais avec internet et les blogs, il est possible de progresser très vite. Mais il faut s’y employer sans relâche, comme cela se fait grâce au blog de Paul Jorion, à son équipe, et à tous ceux qui y interviennent, quelles que soient leurs opinions de base. Cela donne espoir d’atteindre l’équilibre, puis l’harmonie dans la diversité.

    1. Il faut certainement de tout pour faire un monde, c’est pourquoi il me semble primordial d’exterminer d’abord et avant tout la haine des autres en favorisant la fraternité entre tous les hommes

      ben justement je ne crois pas que l’on a besoin d’un tas de parasites ( bine utile actuellement ) tels la finance, le marketing, la propagande ( autrement nommée la publicité depuis les années 30 ), bref beaucoup de « professions » intermediaires entre le producteur et le consommateur.

      je ne pense pas que beaucoup d’anti-capitaliste souhaite leur extermination mais leur disparition économique oui !

      je remarque que, quand vous mettez dos à dos capitalistes et anti-capitaliste vous êtes nettement plus dur envers ces derniers ; en fait vous avez du mal à assumer votre soutien au système économique d’extorsion de richesses du peuple vers les possédants et leurs larbins ( enfin les miettes qu’on veut bien leur laisser ) : le système capitaliste.

      il est vrai que la crise venant, il devient plus difficile de défendre l’indéfendable ( quel dommage que l’URSS ne soit plus là pour servir d’épouventail )

      vous l’avez compris, je ne cherche aucune harmonie avec des gens qui , comme Séguela, pensent que si on ne possède pas de rolex à 50 ans , c’est qu’on a loupé sa vie !

      socialisme ou barbarie

    2. Jducac.
      Il y a un léger malaise…

      Car je vois mal des milliardaires ainsi que leurs bras armés financiers faire la moindre concession à la plèbe…

      N’oublions pas que nous sommes revenus au Moyen-Age…

    3. Il faut certainement de tout pour faire un monde, c’est pourquoi il me semble primordial d’exterminer d’abord et avant tout la haine des autres en favorisant la fraternité entre tous les hommes.
      Pour cela, il faut aussi s’employer à se constituer un capital unifié de morale universelle.

      Moi quand je vois « exterminer», «haine» et «fraternité» dans la même sentence définitive, j’ai mal aux yeux.
      Et quand derrière je lis une injonction à «s’employer à se constituer un capital (encore !) unifié (ah tiens !! ) de morale universelle» (ah bon, okayyyy…), l’ai mal au ventre. De rire.

      Dans le genre réac, j’préfère Cioran à Jducac, plus franc du collier et infiniment mieux dit, pour tout dire incomparable :

      Dès qu’on sort dans la rue, à la vue des gens, « extermination » est le premier mot qui vient à l’esprit .

      Ou bien, plus présentable :

      La tolérance n’est, en dernier ressort, qu’une coquetterie d’agonisants.

      Z’êtes pas rendu, comme on dit par chez moi… Hein !? Jducac…

    4. @jducac: « Alors de grâce, les plus radicaux des intervenants sur le blog, mettez de l’eau dans votre vin »

      Lorsque vous mettrez un peu de vin dans votre eau.

    5. Oui…
      En même temps, mettre de l’eau dans son vin est une provocation grave envers Vigneron.

      Le vin se respecte, lorsqu’il est bon. Mets-je un glaçon dans mon malt : NON! Ce serait détruire une partie de ses arômes. Sacrilège.

      Et plus sérieusement, le « business as usual » semble en fin de course et vous avez raison de vous affoler aussi.
      95% de la populace ne s’affole pas. Elle va juste se révolter.

    6. Merci Vigneron d’avoir relevé, quand je vois exterminer et fraternité dans un même phrasé , les bornes de la  »morale universelle » sont caduques du cac, le  »z’ête pas rendu » gentil de Vigneron, je le transformerai en z’ête pas parti. Fraternellement, ma bonté me perdra.

    7. L’autre, l’anticapitalisme est également excessif car, au motif de vouloir satisfaire les envies du plus grand nombre, en le focalisant sur la consommation immédiate, sans se soucier du lendemain, il s’en prend à ce qui a permis à l’homme de se différentier de l’animal à savoir à son aptitude à capitaliser les expériences et les richesses et à accroître ses rendements de captage de ce qui alimente la vie, à savoir, l’énergie.

      Non. Désolé. Me considérant anticapitaliste (tendance anarchiquécolobouddhiste) je ne me reconnais pas du tout dans votre description. Il y a anticapitalisme car il y a capitalisme, un système qui ne fonctionne pas.

      Quand au reste de votre communication, je ne commente pas plus car il y aurait tellement à contredire.

    8. @ Yvan
      « N’oublions pas que nous sommes revenus au Moyen-Age… »

      Diable… c’est bien ce que je pensais mais… y aurait-il un quelconque mode d’emploi ou guide de voyage pour me faciliter la tâche ? Je sais que, contrairement à ce que l’on pense d’ordinaire, le moyen-âge fut riche de beaucoup de choses mais je sais aussi que bien peu en profitèrent alors. Comprenez, j’ai peur de rester sur le carreau (d’arbalète).

    9. Kolagêne…
      Ce n’est pas la première fois que je vous engueule. Méfiez-vous que cela devienne une habitude.

      Faut évoluer, mon vieux.
      Le pire dans l’histoire est que j’ai radicalement évolué en écoutant des vieux qui avaient souffert largement plus que nous.
      Comme quoi, apprendre est une bonne ET une mauvaise chose : cela permet de moins se faire rêver.

    10. @ Yvan
      Je consulte ce blog quotidiennement avec un intérêt toujours grandissant. Je me réjouis de lire les interventions de tous et plus particulièrement de certains (dont les vôtres, j’avoue !). C’est grâce à P. Jorion et à vous tous que je me suis rendu compte dans quel merdier je m’étais fourré il n’y a pas si longtemps (endetté sur 30 ans pour un appart’ minuscule) même si je ne suis pas un des plus à plaindre (boulot stable et bien payé). Si je devais résumer mon sentiment ici, je dirai qu’il y a une chose que j’ai désapprise : c’est tirer des plans sur la comète. Comment, après toutes ces lectures dont je m’abreuve depuis une année désormais, pourrais-je utiliser le futur simple dans mes phrases sans douter au fond de moi-même de la réalisation de ce futur ? Le contraire ne serait pas raisonnable. Pour le reste, vous avez parfaitement raison, Yvan : c’est le retour au Moyen-âge qui s’annonce. Et pour moi, le Moyen-âge signifie vivre au jour le jour. Ce que je n’ai jamais appris à faire. D’où une irrépressible trouille montante.

    11. Les pauvres vivent au jour le jour …
      Les gens ayant vécu un traumatisme vivent au jour le jour …
      Ceux qui ont tout perdu (guerre, famine …) vivent au jour le jour.

      Nous sommes dans une période traumatisante, suivant nos critères, mais ….

      Vivre au jour le jour, hors misère, est souvent une chance. On y apprend à goûter chaque petit moment de petit bonheur .On sait que l’accumulation est absurde. La vie, même quand elle n’a l’air de rien sur un plan « social », est plus intense. Enfin, cela ne va pas de soi …c’est tout un chantier, et il faut y revenir souvent !

    12. @ J.Gorban dit : 30 décembre 2010 à 15:24

      je ne crois pas que l’on a besoin d’un tas de parasites

      Quand l’intolérance pointe son nez, quand on en arrive au 21ème siècle à voir des parasites chez nos semblables qui exercent des professions tout à fait autorisées, quand on n’est pas capable de prendre un peu plus de hauteur pour porter des jugements, alors oui la barbarie est proche.

      Que proposez-vous de faire avec ces parasites ? Les mettre au chômage ? Les envoyer au goulag ?

      Beaucoup de professions modernes existent parce que notre niveau de vie permet de les payer grâce à l’énergie bon marché qu’on transforme en travail et qui libère du temps pour une foule d’activités qui n’existait pas antérieurement. C’est ce qui fait notre niveau de vie, notre niveau de confort et d’agrément nous, pays développés qui, depuis 150 ans, puisons sans gêne dans le capital commun des terriens.

      Ces temps heureux seront bientôt révolus si nous ne savons pas développer une nouvelle énergie tant qu’il nous reste encore quelques ressources.

      C’est pour cela qu’il me semble sage de chercher à nous entendre intelligemment pour corriger notre trajectoire commune comme le propose Paul Jorion, au lieu de partir dans la désunion, les solutions radicales et violentes qui ne pourraient qu’accélérer notre marche vers le chaos, vers la barbarie.

      Pour cela il faut cultiver l’union et la fraternité, là où beaucoup ne cherchent que la division en armant des haines.

    13. @ jducac,

      Vous demandez à J. Gorban que faire avec ces « professions modernes tout à fait autorisées » qui sont devenues parasites.
      (j’ai aimé votre référence au « Goulag », comme une validation plaisante du texte amusant que LEROY avait trouvé, et que nous rappelait Charles A. plus haut)

      Que faire avec ces professions parasites ?
      Déjà ne plus les autoriser en l’état. Après tout, on a vu, dans nos systèmes économiques libéralisés, des professions autorisées sans contraintes à un moment donné, se retrouver encadrées à une autre époque. Comme la production du bouilleur de cru, celle du financier pourrait être à modérer, sous la contrainte de lourdes taxes.
      Ensuite, pour « corriger notre trajectoire commune, au lieu de partir dans la désunion », on pourrait, en cultivant « l’union et la fraternité » avec nos financiers, marketeurs et communicants, inventer d’autres professions honnêtes où ils pourraient déployer leurs talents. Ce n’est pas parce que ces derniers n’ont aucune pitié pour les autres professions (textile, sidérurgie, agriculture, pêche, sylviculture, etc. – voir aussi le sort actuel des familles d’ouvriers de chez Lipton-Unilever à Géménos, victimes de la finance sans âme) qu’il faut se comporter de façon aussi inhumaine avec eux. C’est bien la profession de financier qui est devenue parasite. Ceux qui l’exercent sont des hommes et des femmes comme les autres, qui cherchent un honnête gagne-pain. Aidons-les. Amen.
      Vous verrez, jducac, nous finirons bien par « atteindre l’équilibre, puis l’harmonie dans la diversité ».

    14. OK, Kolagêne, je comprends mieux. Mais il fallait m’expliquer.

      Déjà, je reconnais l’effort de lire mes commentaires, ça ne doit pas être évident 😉

      SI vous avez fait un prêt à taux constant et que vous avez un boulot, déjà, c’est votre banque qui payera votre logement (par l’inflation), puis, c’est votre employeur qui sera obligé de vous augmenter pour que vous PUISSIEZ continuer à vous nourrir pour bosser.
      Donc, bien d’autres que vous seront dans une situation critique bien avant vous.

      Ce qui n’empêche que votre entreprise pourra s’arrêter si l’économie nous refait un mégabug ou qu’une révolution éclate.
      Et là, votre trouille passera d’elle-même car, tout comme m’ont expliqué mes grand-parents de leur période d’occupation : « il a bien fallu se débrouiller ». Certes, ils en ont bavé, mais…

      Ce que je prône est que l’humain en général ignore ses capacités face à des situations extrêmes mais s’en sortira toujours mieux sans des banques prédatrices qu’avec elles.
      D’où le bénéfice énorme que nous aurons d’un écroulement du système.
      Que je ne souhaite ni ne redoute, il faudra bien faire quelque chose dans les deux cas.

    15. @ jean-luc

      voir aussi le sort actuel des familles d’ouvriers de chez Lipton-Unilever à Géménos

      En leader du blog de l’appel au boycott lancé par les ouvriers d’unilever, je verrais bien pablo. Pas sûr qu’il consomme du Black Ceylan BOP de chez Lipton à 7,50 euros les 200 g, mais bon…
      Moi je boycotte, d’office ! Pas dur, je bois jamais d’eau chaude autre que du café (beaucoup et pas de chez unilever…).

    16. @ yvan dit : 30 décembre 2010 à 15:25

      je vois mal des milliardaires ainsi que leurs bras armés financiers faire la moindre concession à la plèbe…

      C’est effectivement une difficulté.

      Mais à quoi ont servi les luttes fratricides menées jusqu’alors dans les grands pays qui ont misé, au siècle dernier, sur la lutte des classes pour renverser le cours des choses ?
      Aux massacres, aux totalitarismes, aux exterminations sommaires, aux remplacements d’anciennes oligarchies par de nouvelles, à la condamnation du capitalisme et son remplacement par le communisme et autres noms en ismes, pour, qu’en final, ceux-là mêmes qui le condamnaient réintroduisent ses mécanismes en reconnaissant ainsi implicitement son efficacité bien supérieure à celle du collectivisme ?

      N’est-il pas plus sage d’admettre qu’il y aura probablement toujours des forts et des faibles, des riches et des pauvres et que ce qu’il faut viser c’est la réduction des écarts bien plus que l’impossible égalité des situations.

      Pour y parvenir, n’est-il pas plus digne et humainement responsable de faire appel aux sentiments de respect mutuel des gens afin que chacun se sente reconnu pour ce qu’il apporte à la communauté, quelle que soit sa place dans la hiérarchie des situations ? Unissons donc nos efforts et partons du principe que les valeurs morales qui doivent nous unir n’ont aucune raison d’être l’apanage des uns plus que les autres. En conséquence il ne faut pas, à mon avis, stigmatiser les uns plus que les autres. D’où mon intervention ci-dessus, que j’ai voulu équilibrée.

      Il n’y a pas si longtemps encore, avant que l’influence religieuse se soit amoindrie, et que l’esprit du chacun pour soi qui touche toute les couches de la société depuis 40 ans ne se soit autant développé, la vie de notre communauté était bien plus harmonieuse sans pour autant être égalitaire. Etant probablement un des plus âgé à intervenir sur ce blog, j’en ai témoigné à plusieurs occasions et en particulier ici.
      http://www.pauljorion.com/blog/?p=3382#comment-29158 Etait-ce prémonitoire ?

      Non, nous ne sommes plus au 19ème siècle, ni au moyen âge, il nous appartient donc d’agir avec les moyens civilisés à notre disposition aujourd’hui !

    17. @ vigneron dit : 30 décembre 2010 à 15:35

      il me semble primordial d’exterminer d’abord et avant tout la haine des autres

      Tel est mon message.
      Vigneron, vous ne vous grandissez pas en voulant rabaisser votre interlocuteur. Tenter de dénaturer un message qui se comprend aisément quand on n’est pas mal attentionné est souvent tout ce que peuvent faire ceux qui n’ont pas d’arguments à opposer.

      ai mal au ventre. De rire.

      J’ai plutôt envie de pleurer. Surtout quand je constate qu’un tel billet émane d’une personne qui s’était spontanément déclarée être mon frère, sans préciser qu’elle se voulait avant tout ennemie, quoi qu’il advienne.

      Inutile de perdre son temps, laissons parler Victor Hugo. Il écrit presqu’aussi bien que vous.
      http://www.victor-hugo.info/poemes/407.html

      En cette période de vœux, je vous souhaite tout simplement d’être bon, ou au moins meilleur, pour vivre ainsi plus heureux. C’est une carence qui se soigne, si on a du cœur et du respect pour son prochain.

    18. Jducac.

      Je discute d’égal à égal avec des sociétés multinationales par le pouvoir qui m’a été conféré par une multinationale.
      Le respect est une des valeurs qui m’a toujours été le plus reconnu et qui me permet d’obtenir les accords les plus équilibrés que ma société n’ait jamais eu.

      Mais sans cette délégation, je ne serais RIEN.
      Allez à votre banque et essayez à titre personnel d’obtenir une réduction de ses frais… Vous m’en direz des nouvelles.

      Arrêtez votre baratin, il ne convainc personne.

    19. @Jducac

      pas mal attentionné

      Attention, Jduc ! Pas de procès d’intention à mon égard, SVP !
      J’suis pas mal attentionné vis à vis de vous, je me trouve, bien au contraire, plein d’une louable, patiente et tendre attention.
      Par contre je vous confirme être, aussi et nez en moins, plein des plus mauvaises intentions à l’égard de vos écartssans égaux mais pleins d’égo et sans échos bienveillants ici, nuance.

    20. @ Moi dit : 30 décembre 2010 à 15:39

      Merci ! J’accepte votre proposition très positive. Toutefois, pour que notre cocktail soit de qualité, je me permettrai d’utiliser de l’eau de vie.

      Mes vœux les plus cordiaux pour la nouvelle année et cette future collaboration.

      @ ric dit : 30 décembre 2010 à 16:36

      Il y a anticapitalisme car il y a capitalisme, un système qui ne fonctionne pas.

      En répondant à Yvan, j’ai en grande partie apporté un contre argument à votre déclaration.

      Mais si, le capitalisme est un système qui fonctionne.

      Il est aussi vieux que l’homme, c’est ce qui a permis à cet animal de se distinguer des autres. C’est à la base un mécanisme simple exposé ici :
      http://www.pauljorion.com/blog/?p=13534#comment-95198

      Expliquez-moi pourquoi l’URSS , la Chine et même Fidel Castro à Cuba, ont décidé d’abandonner le collectivisme (communisme) pour mettre en place les mécanismes du capitalisme ?

      C’est à mon avis par simple pragmatisme. Parce qu’ils ont constaté, expérience malheureuse à l’appui, que le capitalisme est plus performant au vu du retard qu’ils accumulé avec le communisme.

    21. @Jducac

      Expliquez-moi pourquoi l’URSS , la Chine et même Fidel Castro à Cuba, ont décidé d’abandonner le collectivisme (communisme) pour mettre en place les mécanismes du capitalisme ?

      Pt’êt ben parce qu’il est ardu et dangereux d’avoir raison trop tôt mais plus encore d’avoir tort trop tard, Jducac…

    22. Pas seulement une question de temps, Vigneron.

      Regardes les mesures de rétorsion dont Cuba a fait les frais. Les Ricains, dans leur domination, n’ont jamais accepté un état dont le système fonctionnerait mieux que le leur car cela construirait une idéologie inverse à leurs intérêts.
      La diabolisation du communisme ainsi que les attaques contre les états d’Amérique latine passés à gauche n’en sont que de multiples preuves.

      Ne pas résister contre les doctrines du capitalisme nous a donné la crise actuelle. Chouette, non?

    23. @ yvan

      Ne pas résister contre les doctrines du capitalisme nous a donné la crise actuelle. Chouette, non?

      Oui, Yvan, c’est bien ce que j’appelle « tort trop tard« …
      Et « rétorsion dont Cuba a fait les frais » = « dangereux d’avoir raison trop tôt »
      Et « résister contre les doctrines du capitalisme » = « ardu d’avoir raison trop tôt »

      Tout le monde sait bien, au plus profond de son être, qu’un collectivisme (sous quelque forme que ce soit) est inéluctable ici-bas, seule solution viable à terme, d’où ces résistances pathétiques et mortifères, comme celles d’une tique dont le le reste du corps dévitalisé, ou même arraché, séparé, autoriserait encore sa tête à poursuivre sa succion dans la chair, à susciter l’infection, dans un rêve absurde et vain de régénerescence. Quant elle ne tend, en fait, qu’à entrainer son hôte vers la mort avec elle…
      Et l’horloge fait : Tique Tac, Tique Tac, Tique Tac, Tique Tac, Tique Tac, Tique Tac…
      🙂

    24. @ Vigneron
      En vous lisant je pense tout de suite à un beau poème de Léon FELIPE.

      Vigneron : comme celles d’une tique dont le le reste du corps dévitalisé, ou même arraché, séparé, autoriserait encore sa tête à poursuivre sa succion dans la chair, à susciter l’infection, dans un rêve absurde et vain de régénerescence. Quant elle ne tend, en fait, qu’à entrainer son hôte vers la mort avec elle…

      Léon Felipe :
      el hombre es un insecto
      que vive en las partes pestilentes y rojas del mono y del camello?

      Vigneron : Et l’horloge fait : Tique Tac, Tique Tac, Tique Tac, Tique Tac, Tique Tac, Tique Tac…

      Léon Felipe :
      ¡Qué bien marcha el reloj! ¡Qué bien marcha el cerebro!
      Este reloj …, este cerebro, tic-tac, tic-tac, tic-tac, es un reloj perfecto …,
      perfecto, ¡perfecto!

    25. @ Vigneron

      « En leader du blog de l’appel au boycott lancé par les ouvriers d’unilever, je verrais bien pablo. Pas sûr qu’il consomme du Black Ceylan BOP de chez Lipton à 7,50 euros les 200 g, mais bon… »

      Moi je paye les 500 gr d’excellent Black Ceylan BOP 3 € 95 dans les boutiques arabes de Belleville (et le Darjeeling FTGFOP dans les boutiques hindoues du Xe à 3,50 € les 125 gr. Et le très bon thé vert chinois Lung Ching à 5 € 50 les 200 gr chez les Chinois de Belleville ou du XIIIe).

      Ceux qui achètent de la poussière de thé en sachets de Lipton ou une autre grosse marque dans les supermarchés ne connaissent rien au thé. Et ceux qui payent cher les bons thés en feuilles de ces marques que parfois vendent les supermarchés, se font avoir de façon scandaleuse (au kg ils sont plus chers que les thés vendus chez Mariage ou le Palais des Thés).

      En bon lecteur de Que Choisir depuis 25 ans je boycotte depuis toujours tous les escrocs de la Grande Distribution en privilégiant les circuits parallèles. Et je trouve que l’une des actions les plus efficaces que chacun peut faire pour lutter contre le capitalisme c’est de regarder bien ce qu’on consomme et où on l’achète. Les révolutionnaires en pantoufles donneurs de leçons qui abondent sur ce blog (les Marlowe et autres Eninel) feraient mieux d’arrêter de faire n’importe quoi à ce niveau, comme 90 % des gens en Occident.

      Moi, qui ne donne pas de leçons de révolte à personne, je n’ai pas de voiture ni de tél. portable, je n’achète jamais les produits vantés dans les pubs, je ne vais jamais dans les super et hypermarchés, j’ai une carte bleue de la Poste uniquement pour les achats Internet, j’ai le moins de relations possibles avec ma banque dans laquelle je n’ai qu’un compte courant (je ne réponds jamais à ses offres, à ses demandes de rendez-vous et je les envoie balader systématiquement au tél), je ne suis propriétaire de rien (à part de mes 20 000 livres et mes milliers de disques), je ne regarde jamais les pubs de ma boîte à lettres, je suis presque végétarien, je n’achète jamais de la nourriture industrielle, je fais mon pain et mes pizzas moi-même en achetant de la farine complète dans les magasins des coopératives bio, j’ai une vieille TV d’il y a 17 ans que je ne regarde jamais, une machine à laver le linge qui a 25 ans et marche parfaitement, un frigo de marque allemande qui a 15 ans et ne m’a jamais posé de problèmes, une très bonne chaîne hi-fi qui a 12 ans et que j’utilise 13 h par jour sans avoir jamais eu la moindre panne (avant d’acheter les gros appareils je regarde bien les tests des revues de consommateurs, en privilégiant la qualité qui dure quitte à les payer bien plus cher au départ).

      Bref, je trempe le moins possible dans la société de consommation qui m’écoeure depuis longtemps.

      Et je trouve que si tout le monde faisait comme moi le Capitalisme ne serait pas ce qu’il est devenu.

    26. @ Vigneron

      « je bois jamais d’eau chaude autre que du café (beaucoup…) »

      Voilà l’origine de tous tes problèmes… 😉

      L’effet du café se produit très vite mais ne dure que 1h30-2 h. Celui du thé monte lentement mais dure plus de 5 h. D’où le fait que les grands buveurs de café en prennent beaucoup par jour alors que ceux de thé ne prennent que 3 ou 4.

      Le thé concentre de façon très efficace (moi j’aurais du mal à travailler sans thé), il rend lucide (et ce n’est pas une blague: travailler sur un texte difficile, par exemple, sous l’effet du thé est plus facile que sans avoir rien pris). Il défatigue aussi de façon étonnante (après avoir marché 3 ou 4h s’assoir 30 minutes en buvant un thé vert permet de continuer à marcher 2 ou 3 h encore).

      Évidemment je parle du bon thé (en feuilles), pur (les parfums et les mélanges sont utilisés pour masquer sa mauvaise qualité), pris sans y ajouter rien (c’est aussi aberrant d’y ajouter du lait, du sucre ou du citron – crime absolu – que de le faire avec le vin), et fait selon les règles (strictes). Parce qu’un très bon thé mal fait aura un mauvais goût et ne servira à rien. Le seul avantage du café par rapport au thé c’est la vitesse de préparation. Faire un bon thé, contrairement à ce que les gens croient, n’est pas facile du tout (ou plutôt faire sortir à chaque thé toute ses qualités): l’eau doit être peu minéralisée et surtout à la bonne température (donc on doit avoir un thermomètre ou une bouilloire à thermostat), la relation entre la quantité de thé et l’eau doit être exacte (donc on doit avoir une balance à thé – ou à bijoux, ou de précision utilisée dans l’industrie) et le temps d’infusion doit être très bien bien mesuré – sans parler des problèmes de théière, de refroidissement, de rappels… Pour couronner le tout toutes ces variables dépendent de chaque thé.

      Mais le résultat de tout ce rituel vaut vraiment la peine.

      (À propos de rituel: il y a quelques années, dans un Salon international du Thé, j’ai vu l’une des choses les plus « hors du monde » que j’ai jamais vu: la cérémonie coréenne du thé. Une heure pile pour faire un thé vert !! – et pas terrible du tout…).

      « On boit le thé pour oublier le bruit du monde. »
      (Proverbe chinois)

    27. @ Yvan

      Mais qui oserait ne pas te lire?

      Non, c’est une blague. À mon avis presque tout le monde te lit, pour une simple raison: tu n’es jamais trivial, chose très rare par ici (ni tordu ou bêtement méchant).

      Et je parie qu’il y a même des gens fans, comme moi, de certaines de tes sorties inimitables, genre: « Je t’explique, veau ».

    28. Coucou,

      J’ai du mal lire quand j’ai decouvert le blog, ou il evolue d’une certaine façon. De la culture qui s’etale comme de la confiture, des citations à la copier-coller, du wikipédia qui n’apporte rien, des « moi je » à la queue leu -leu, des saint-just poetes qui boivent de l’eau ou du pinard.

      Bon je suis largué. Je vais revenir aux billets invités qui me passionnent puis basta.

      Bonne et heureuse années aux hommes de bonne volonté.

      Stéphane

    29. Inutile de perdre son temps, laissons parler Victor Hugo. Il écrit presqu’aussi bien que vous.
      http://www.victor-hugo.info/poemes/407.html

      Quelle bonne idée ! laissons le parler ! laissons parler son oeuvre toute entière ! et sa vie !
      UN BON BOURGEOIS DANS SA MAISON ( ceux qui ont voté pour Badinguet )
      … » C’est le pire gredin qui soit sur cette terre;
      Mais puisque j’ai voté pour lui, l’ on doit se taire.
      Ecrire contre lui, c’est me blâmer au fond;
      C’est me dire : voilà comme les braves font;
      Et c’est une façon, à nous qui restons neutres,
      De nous faire sentir que nous sommes des pleutres.
      J’en conviens, nous avons une corde au poignet.
      Que voulez-vous? la bourse allait mal; on craignait
      La république rouge et même un peu la rose;
      Il fallait bien finir par faire quelque chose;
      On trouve ce coquin, on le fait empereur;
      C’est tout simple. — On voulait éviter la terreur,
      Le spectre de monsieur Romieu, la jacquerie;
      On s’est réfugié dans cette escroquerie.
      Or, quand on dit du mal de ce gouvernement,
      Je me sens chatouillé désagréablement.
      Qu’on fouaille avec raison cet homme, c’est possible;
      Mais c’est m’insinuer à moi, bourgeois paisible
      Qui fis ce scélérat empereur ou consul,
      Que j’ai dit oui par peur et vivat par calcul.
      Je trouve impertinent, parbleu, qu’on me le dise.
      M’étant enseveli dans cette couardise,
      Il me déplaît qu’on soit intrépide aujourd’hui,
      Et je tiens pour affront le courage d’autrui. — »
      Victor Hugo. » Les châtiments »

    30. @M

      T’as sorti l’arsenal nucléaire là… La bombe vH !

      Pour soutenir Jduc et paraphraser André Biduletrucmuche, il serait bien avisé de répondre « Hugo ! Hélas…« 

    31. @ Jean-Luc dit : 31 décembre 2010 à 11:33

      Bonjour et bonne année Jean-Luc, heureux de vous retrouver.

      C’est bien la profession de financier qui est devenue parasite. Ceux qui l’exercent sont des hommes et des femmes comme les autres, qui cherchent un honnête gagne-pain. Aidons-les

      En signalant le cas de l’entreprise Fralib/Unilever à Gémenos, vous nous donnez l’occasion d’aborder un sujet de première importance auquel l’occident est confronté. Il s’agit du manque de compétitivité de nos entreprises, et de l’ignorance dramatique dans laquelle se trouvent la plupart des gens en matière d’économie. Les deux aspects étant d’ailleurs étroitement liés.

      Sans rien connaître du cas Fralib, on a tout lieu de penser que les gestionnaires/financiers qui ont été amenés à provoquer la fermeture de cette entreprise, n’ont fait qu’exercer correctement leur profession. Laquelle n’est pas parasite puisque chacun de nous, dans la conduite de ses affaires personnelles est amené, en bon gestionnaire, à faire des choix conduisant à l’abandon d’une option ancienne au profit d’une nouvelle, plus performante.

      Ainsi, les agriculteurs de l’après guerre qui ont fait le choix d’abandonner la traction animale au profit de l’emploi de tracteurs se sont conduits de façon similaire. Pour survivre dans un monde en marche, ils ont misé sur des moyens plus performants en sacrifiant ceux qu’ils utilisaient précédemment. C’est ainsi que la profession de maréchal ferrant et d’élevage de chevaux de trait, par exemple, ont pratiquement disparu.

      Pour le propriétaire de cette entreprise, soumis comme les autres aux dures lois de la concurrence, il lui apparaît judicieux de devoir changer de « mode de traction » pour survivre. L’ensachage du thé peut probablement être réalisé de manière plus compétitive ailleurs, même s’il se faisait dans la région depuis 1896.

      Cette marche inexorable vers l’efficacité et la compétitivité, devrait certainement faire l’objet d’une sensibilisation dès l’enseignement primaire afin que, ultérieurement, les plus modestes des employés prennent conscience de la nécessité de progresser toujours, dès l’école, et durant toute la vie, car rien n’est jamais définitivement acquis.

      Malheureusement, les enseignants, les dirigeants syndicaux, et certains courants politiques, qui vivent en général dans des milieux qu’ils croient protégés, tiennent des discours qui vont à l’opposé de ceux qu’ils devraient tenir.

      S’ils sortaient de leurs visions idéalisées, pour regarder comment se fait concrètement l’évolution du monde, ils devraient se rendre à l’évidence, tirer profit de l’expérience des faits, et dégager les lois fondamentales qui règlent la marche des humains. La compétitivité devrait certainement se situer en bonne place.

      Globalement, plus un pays est compétitif, plus en conséquence il peut être en mesure d’aider ceux qui ont besoin de se reconvertir pour retrouver un emploi. Cela oblige à rechercher une grande efficacité dans tous les secteurs, y compris ceux ne sont pas directement en concurrence internationale, notamment les administrations nationales et locales.

    32. Jduac
      Imaginez que nous soyons en 2111, dans un siècle, ou le communisme et le capitalisme auraient disparus et ne seraient plus que souvenirs dans les bibliothèques numériques de l’humanité, ne me demandez pas par quoi ces systémes auraient été remplacés, imaginons simplement un autre monde.
      Je me pose la question suivante: que restera t’il de significatif à mettre au bilan de ces systèmes, que l’on pourrait encenser ou accrocher dans un musée ?
      Que restera t’il que nous puissions regretter d’un capitalisme disparu dans le vent de l’humanité ?
      Aidez moi a trouver un embryon de réponse s’il vous plait.

    33. @ jducac,

      Merci. Je vous adresse également très sincèrement mes meilleurs voeux pour l’année qui s’ouvre.

      Jducac, je tiens à vous faire part de mon amitié, sur la foi de certains commentaires que j’ai lu de vous, ou sur la base de certains de nos échanges passés, tout en affirmant directement que tout ce que vous venez d’écrire est à mille lieues de ma conception du monde tel que je l’espère plus juste à l’homme.

      Je n’ai hélas que peu de temps ce soir pour détailler la chose.
      Disons, pour faire au plus simple, que les termes de compétitivité, de performance, de dure loi de la concurrence, d’efficacité et de nécessité de progresser (je fais la liste des mots que vous venez d’écrire), ne définissent pas le cadre dans lequel je souhaite que l’humanité se développe.
      A vous lire régulièrement, j’ai compris que ce cadre est selon vous un creuset dont on ne peut pas s’extraire, une sorte de donnée de base que l’homme doit accepter, pour – libéré de cette angoisse idiote du cadre – s’occuper ensuite véritablement d’humanisme.

      Ce qui nous oppose ici est que, selon moi, ce cadre – de compétitivité, de performance, d’efficacité et de nécessaire progrès – n’est pas un environnement donné à l’homme (qu’il devrait alors, je vous l’accorde, accepter, comme il doit accepter de n’être pas poisson ou oiseau). C’est un cadre fabriqué par l’homme, peut-être par désir de ne pas être seulement le jouet d’un ordre naturel, et par l’angoisse qui le prend à l’idée de n’être pas plus utile à l’univers qu’un buisson de myrtille.

      Pardon de vous laisser avec si peu d’éléments (de plus, j’ai l’impression que je viens d’écrire quelques bons lieux communs, dignes d’une mauvaise dissertation de collégien). Je ne crois pas me tromper cependant en considérant que l’humanisme que appelons vous et moi de nos voeux, ne pourra jamais pousser dans ce cadre fabriqué. Ma conviction est même que ce cadre de compétitivité est la négation de l’idée d’humanisme, un leurre moderne pour l’ajourner encore. L’humanisme n’a rien a faire avec la compétitivité et la performance. Laissons cela aux gagne-petit. En 2011, cherchons enfin ailleurs jducac.

    34. @ Jean-Luc dit : 1 janvier 2011 à 23:52

      A vous lire régulièrement, j’ai compris que ce cadre est selon vous un creuset dont on ne peut pas s’extraire, une sorte de donnée de base que l’homme doit accepter, pour – libéré de cette angoisse idiote du cadre – s’occuper ensuite véritablement d’humanisme

      Oui, je pense que vous m’avez compris, et c’est très réconfortant.

      Devant un problème à résoudre, il est à mon avis primordial d’identifier les difficultés à surmonter, de les hiérarchiser et de les classer selon leur urgence.

      Je pense que vous reconnaîtrez comme moi que pour porter une idée et se donner les meilleures chances de la faire aboutir, il vaut mieux être fort et puissant que l’inverse. Une telle situation vous permet plus facilement de traiter d’égal à égal avec ceux qui ne partage pas les mêmes idées et qui de ce fait peuvent être tentés de s’opposer aux vôtres. Ils le font d’autant plus qu’ils se sentent forts et vous voient faibles. Bien sûr la force peut être acquise par le nombre de ceux qui partagent les mêmes idées à condition qu’ils ne soient pas éliminés physiquement et qu’ils survivent aux assauts des autres.

      La voie traditionnelle d’élimination a surtout été physique au moyen de la guerre, mais on voit bien aujourd’hui que l’arme économique est celle qui, pour être moins sanguinaire, n’en est pas moins efficace. On peut mettre un peuple à genoux et l’asphyxier par l’économie, même s’il porte les plus nobles idées humanistes. Parce qu’en fin de compte les besoins primordiaux de l’existence sont plus physiques, et physiologiques qu’idéologiques pour l’individu amené au dernier de ses retranchements, surtout s’il a été habitué à vivre dans le confort et la facilité.

      Atteindre un bon niveau de puissance économique est donc la première des difficultés à surmonter, qu’on soit un individu, un pays, une réunion ou une alliance de pays. Or, pour cela, surtout si l’on ne dispose pas de richesses initiales héritées du fait des hasards de l’existence, il n’y a qu’une solution pour y parvenir : travailler beaucoup et consommer peu. C’est ce que j’ai vu faire chez les gens de conditions modestes qui s’en sont sortis autour de moi ; c’est ce que je vois faire au niveau des pays émergents, notamment par la Chine.

      A quoi bon vous parer des plus belles idées humanistes, si vous n’êtes pas en mesure de prouver que vous avez été capable de vous imposer aux autres pour ce qui conditionne votre existence, votre subsistance, votre survie dans les difficultés. C’est pour cela que par expérience, il m’est apparu bon de se hisser d’abord au niveau de ceux qui vous dominent initialement afin qu’ils sentent l’intérêt de faire alliance avec vous. Puis, une fois l’alliance constituée et rendue plus forte, il devient alors possible de faire valoir ses idées comme étant celles qui émanent de l’alliance et ainsi d’arriver à ses fins en les faisant finalement adopter comme étant celles de l’alliance.

      C’est pour cela que je me range à votre idée de cadre. Mais ça n’est pas pour moi une idée idiote, c’est au contraire une condition essentielle d’accès à la finalité de l’action qui, espérons le sera humaniste, si le moment venu, les plus puissants au niveau global sont suffisamment humanistes pour en décider ainsi.

    35. @ jducac,

      Je ne sais plus qui, aujourd’hui, a cité Marc Bloch sur le blog de Paul Jorion.
      Le capitaine Marc Bloch, l’auteur de « L’étrange défaite ». Je suis allé immédiatement relire la partie du livre intitulée « Examen de conscience d’un français », écrite entre juillet et septembre 1940. J’ai découvert que j’avais, à l’époque de ma première lecture, bourré les pages d’annotations. Certaines pages de l’historien, supplicié par la Gestapo et fusillé le 16 juin 1944, ont une telle actualité qu’elles pourraient avoir été écrites de nos jours par un esprit libre.
      (entre parenthèse, je n’ai pas pu m’empêcher de comparer – toutes choses égales par ailleurs – le livre-testament de Marc Bloch avec le petit livre « Indignez-vous ! », de Stéphane Hessel, que l’on m’a offert à Noël. Combien plus utile encore est le texte de Bloch !)

      Pourquoi je parle de cela ?
      En vous lisant ce soir, une connexion se fait dans mon esprit, et j’ai décidé de suivre cette correspondance.
      Oui, Marc Bloch évoque dans son livre la force qu’il faut toujours trouver à opposer à la force, lorsque celle-ci veut nous contraindre. Il y a des pages qui peuvent ressembler à vos appels répétés au courage personnel et national, et à une forme de positivisme économique qu’on vous connaît maintenant (notamment page 182, dans mon édition Folio – trop long à citer ici, mais où Bloch évoque la résignation française à n’être plus qu’un « musée d’antiquailles » face au train d’enfer mené par une Allemagne aux ruches bourdonnantes.). Comme vous le dites, jducac, il faut avoir le courage d’être fort pour se donner les meilleures chance d’aboutir. Mais le capitaine s’opposerait immédiatement à votre idée de la primauté de la puissance économique, ainsi qu’à celle selon laquelle on peut mettre un peuple à genou par l’économie. Avec Marc Bloch (si je l’ai bien lu), on a tout de suite envie de vous proposer de faire le compte de TOUTES les forces dont nous disposons, pour mieux découvrir que la force économique n’est plus sûrement qu’une chimère qui ne doit sa puissance qu’au culte bien rodé dont elle est la déesse. D’autres forces que celles du capital sont à réunir et à opposer à ceux, que j’ai appelé les gagne-petit, qui ont décidé de nous vaincre sur le terrain miné par leur soin qu’est l’économie (en nous faisant croire notamment – idée moderne – que l’économie fait partie des lois fondamentales qui règlent la marche des humains).
      Bloch termine, citant Montesquieu, sur le ressort que doit demeurer la vertu, et il ajoute : « qu’importe si la tâche est ainsi rendue plus difficile ! ». Le capitalisme me paraissant la cristallisation de bien des vices travestis en vertus économiques (ou une somme de vertus captées par le vice) il ne me comptera jamais, quant à moi, parmi ses serviteurs. A moins qu’un jour, le capitalisme, « transformé avec l’accord de tous » (comme le suggère le titre du billet qui entraîne ici nos commentaires), ne se mette à rémunérer la vertu ; mais nous sentons bien que ce jour-là, les poules auront enfin des rages de dents.

    36. @Jean-Luc: joli. J’approuve le moindre mot. Et même le style mesuré, de conciliation, qui me manque souvent.

    37. @ Bernard Laget dit : 1 janvier 2011 à 22:05

      Que restera t’il que nous puissions regretter d’un capitalisme disparu dans le vent de l’humanité ?

      Pardonnez-moi d’avoir autant tardé à vous répondre.

      En fait, j’ai donné ma réponse depuis longtemps sur ce blog. Pour moi, il ne s’agit pas de savoir si le capitalisme est juste ou non, cruel ou pas, regrettable ou pas. Comme l’homme, il est ce qu’il est et il faut faire avec, en veillant à réduire, autant qu’il est possible, ses effets indésirables sur les plus faibles d’entre nous.

      Selon moi, il est né avec l’homme car c’est en utilisant à l’infini son mécanisme de base, que l’animal dont nous sommes issus, s’est fait homme. Ainsi, plus que les autres êtres vivants, nous avons pu utiliser son effet de levier pour multiplier notre capacité à modifier nos conditions d’existence et notre environnement jusqu’aux limites de notre système terre, au sein duquel nous sommes actuellement confinés. C’est lui qui est à la base de notre évolution et qui nous permet donc de nous modifier pour nous adapter nous-mêmes aux modifications que nous provoquons autour de nous.

      Le capitalisme et l’homme me semblent consubstantiels. Si un jour il disparait, c’est que nous aurons disparu ou serons en voie de disparaître plus ou moins rapidement.

      Sa règle d’or est l’efficacité. Elle se mesure comparativement sur l’échelle de la compétitivité pour conduire à l’abandon des options devenues obsolètes du fait de l’évolution. La sélection, comme dans toutes les épreuves de compétition, s’opère par l’élimination des moins performants.

      Dans la compétition entre capitalisme et communisme, il me semble qu’à ce stade de notre évolution, le communisme a de lui-même reconnu la supériorité de son concurrent puisqu’il en est arrivé à adopter les modes de fonctionnement économique de son adversaire, pour combler les retards accumulés. L’ex URSS, la Chine, même Cuba et tous les autres émergeants ont adopté le système capitaliste et se confrontent au reste du monde en ayant choisi ce type d’arme.
      La compétition du siècle est donc maintenant lancée. Le vainqueur de l’étape sera nécessairement le capitalisme puisque c’est le jeu adopté par tous, hormis la Corée du nord.

      Mais, à l’issue de l’étape, s’il se sent suffisamment fort pour imposer sa loi aux autres, ou s’il le juge bon pour l’humanité, le pays ou le groupe de pays vainqueurs, pourrait décider de figer l’évolution du monde.

      Dans ce cas, il serait tout à fait possible d’étouffer la fertilité des idées, des motivations et des profits individuels, au sein d’un système anti capitaliste, d’inspiration communiste.
      Cela permettrait de répondre à l’aspiration du plus grand nombre de vivre à égalité de condition, quitte à ce qu’elle aille en régressant en termes de niveau de vie et surtout de liberté. Peu importe s’il y avait régression, puisque dans un monde unifié, il n’y aurait plus de différences pour comparer.

      Bien évidemment, les gouvernants et leur garde rapprochée auraient quand même un statut privilégié, quel que soit le mode de gouvernance affiché.

      Mais ce qu’on regretterait probablement le plus de la période capitaliste, c’est la liberté. C’est à cause d’elle, qu’il y a des différences sur lesquelles ont peut agir pour évoluer. Sans elle, il n’y a qu’à subir celles qu’on nous impose.

    38. @ Jean-Luc dit : 4 janvier 2011 à 21:51

      Le capitalisme me paraissant la cristallisation de bien des vices travestis en vertus économiques (ou une somme de vertus captées par le vice) il ne me comptera jamais, quant à moi, parmi ses serviteurs

      Vous m’aviez probablement mal compris, contrairement à ce que je croyais. Certainement parce que je ne me suis pas assez bien exprimé jusqu’alors, notamment dans mon post du 4 janvier 2011 à 17:25 .
      J’en arrive à cette conclusion quand je vous entends dire, comme ci-dessus, que vous ne voulez pas être « un serviteur du capitalisme »

      Quelle grave erreur de voir ainsi le capitalisme.

      Le capitalisme n’est pas un maître que l’on doit servir comme un larbin, comme un esclave volontaire ou non. Il faut le voir, tout au contraire, comme un moyen dont l’homme, ou un groupement d’hommes se sert depuis toujours pour progresser vers le futur. C’est un outil universel, voire même, une arme suprême à la disposition de ceux qui savent s’en servir pour passer d’un stade obsolète à un nouvel état plus performant, éliminateur du précédent.
      Certes, je sais qu’on peut aussi dire que l’utilisateur d’une arme en est le servant, mais j’ai toujours trouvé bon d’essayer de prendre de la hauteur, et ne pas craindre de se placer par la pensée au plus près du cap, de la tête, pour avoir de meilleures chances de voir comment évoluent les forces sur le champ de bataille.

      Or, il faut bien voir que nous sommes en guerre économique mondiale et que l’armement motorisé rapide, qui faisait tant défaut à la France en 1940, du temps de Marc Bloch, se trouve être l’équivalent aujourd’hui de l’outil économique capitalistique que chaque pays est en mesure d’aligner sur le champ de bataille mondial pour se défendre et survivre.

      Que vous souhaitiez ou non le servir, votre condition de demain dépend de lui.

      Suite à votre suggestion, j’ai lu cet historien ici : http://classiques.uqac.ca/classiques/bloch_marc/etrange_defaite/bloch_defaite.pdf
      Je vous en remercie.

      Je me suis limité au chapitre que vos m’avez signalé et trouve, comme vous, que ce texte, très bien écrit, est tout à fait d’actualité. La situation de la France n’est pas changée. L’insuffisance de la préparation en termes de connaissances et d’état d’esprit me semble similaire. Le manque de confiance des uns envers les autres s’est peut-être même aggravé. Ce doit être un trait de notre identité. Peut-on encore dire nationale ?

      Encore une fois, l’Allemagne est mieux préparée que nous. Cette fois nous ne l’aurons pas comme ennemie.
      Encore que peut-être sera-telle d’un côté de la ligne de partage et nous de l’autre. Je suis personnellement troublé par les têtes de ponts de soutien économique (financier) que la Chine établit au sud de l’Europe et par le fait que Hu Jintao ait demandé à visiter la Côte d’Azur, lors de la visite d’Etat qu’il nous a faite.

      La guerre est là et nous ne la voyons pas. En transposant, nous en sommes peut-être au lendemain de la première défaite, en 1940. Si c’est le cas, les batailles les plus terribles resteraient à venir.

      En partant de cette hypothèse, si je comprends bien, vous ne vous joignez pas à la tentative de percée opportuniste proposée depuis Vannes par Paul Jorion et à laquelle j’apporte mon soutien.
      Attendez-vous juin, le temps des appels ? Quoi qu’il en soit, appel ou non, cela ne changera pas grand-chose.

      Dernier point, où pensez vous qu’il faille mettre à l’abri nos valeurs humanistes ? Dans une réserve à munition de la ligne Maginot ? Dans un coffre de la BCE ? Où ?

    39. jducac

      vous dites :

      Malheureusement, les enseignants, les dirigeants syndicaux, et certains courants politiques, qui vivent en général dans des milieux qu’ils croient protégés, tiennent des discours qui vont à l’opposé de ceux qu’ils devraient tenir.

      S’ils sortaient de leurs visions idéalisées, pour regarder comment se fait concrètement l’évolution du monde, ils devraient se rendre à l’évidence, tirer profit de l’expérience des faits, et dégager les lois fondamentales qui règlent la marche des humains. La compétitivité devrait certainement se situer en bonne place.

      Franchement, là, j’ai envie de faire du Vigneron, le talent en moins car n’est pas Vigneron qui veut. 😉

      Des syndicats qui tiendraient des discours opposés à ceux qu’ils tiennent ne seraient plus de vrais syndicats, mais des syndicats patronaux, des syndicats corporatistes de dictatures droitières ou des pseudo syndicats de dictatures communistes. Autant nous dire qu’un bon syndicat est un syndicat mort. Un syndicat qui renie la nature sociale de son existence, pour s’en remettre à la seule loi qui vaille, celle de l’économie, qui gratifie les plus forts, et devant laquelle tous nous devrions courber l’échine ! Non merci.

      Deuxièmement. Notre pays ne souffre pas de trop de syndicalisme, mais de pas assez de syndicalisme. Et je sais de quoi je parle. Il se trouve que je travaille dans un grand aéroport parisien avec ses 85 000 travailleurs. Ses 700 entreprises. Combien croyez-vous qu’il y a d’inspecteurs du travail ? Ils sont trois. Combien de fois ai-vu eu la visite d’un inspecteur dans la PME pour laquelle je travaille pour autre chose qu’une inspection relative à l’hygiène ? Zéro. Autant dire que sur le site les inspecteurs ne font pas particulièrement preuve de zèle.
      Un syndicalisme CGT avait résumé la situation : « Roissy est une zone sensible .. » autant dire une zone où le droit s’applique moins également qu’ailleurs. Inutile alors de vous faire un dessin pour vous dire que les patrons de PME se sentent pousser des ailes, ce qui nuit aux conditions de travail des salariés, et ne peut manquer aussi de rejaillir sur le bon fonctionnement de l’aéroport.
      Voilà ce qui peut être fait et est fait au nom de la compétitivité au nom d’une prétendue loi qui règle la marche des humains.

    40. @ jducac,

      Dites-moi, vous êtes dur en affaire, vous ! Ce que vous lâchez d’une main, vous le reprenez de l’autre. Vous avez décidé de nous user l’un après l’autre sur le blog de Paul Jorion ?!
      (je blague ; voyez ça comme un hommage à votre pugnacité ; cependant, il est vrai que votre position antithétique sur le blog est d’une fermeté rare, et – vous allez me trouver mauvais joueur, tant pis – je trouve que c’est parfois épuisant pour mes petites capacités de rhéteur d’occasion)

      Voilà donc que vous me proposez presque au final de m’engager dans cette guerre économique. Mais, comprenez-moi, jducac, cette guerre économique je souhaite la voir cesser faute de combattants volontaires. Ne lançons pas nos forces dans cette stupidité qui – selon moi – ne désignera jamais de vainqueur, mais qui multipliera à l’infini les vaincus.
      J’aime bien votre image : attendre juin, le temps des appels. Non, ce n’est pas non plus mon intention, ni de prendre un quelconque maquis.
      Les problèmes économiques n’ont pas pour moi vocation à se résoudre dans des guerres économiques. Le péril économique existe bien, tant que des apprentis sorciers resteront sans contrôle, mais ce péril ne justifie aucune guerre économique. Ce péril nécessite des personnes de sang froid prenant des décisions fermes au nom de la communauté des hommes (cela c’est fait par le passé). Une guerre économique ne fait qu’ajouter du péril au péril.

      Je crois que j’arrive à vous comprendre, jducac, si je fais l’effort de me maintenir dans votre champ de pensée. Dans ce cas, vos argumentations se tiennent.
      Pourtant, si je ne me range pas à votre avis cette fois-ci, c’est pour la simple raison que mon cadre de réflexion est, il me semble, différent du vôtre et que je ne trouve toujours pas les passerelles possibles, malgré mes tentatives, et les vôtres.
      Voilà que, pour me faire comprendre, je pense à un poème d’Aragon :
      « Celui qui croyait au ciel
      Celui qui n’y croyait pas
      Quand les blés sont sous la grêle
      Fou qui fait le délicat
      Fou qui songe à ses querelles
      Au coeur du commun combat »
      Vous rappelez souvent que nous avons choisi ici une forme de « commun combat », et vous avez raison (encore cette fois-ci, en évoquant la « percée opportuniste proposée par Paul Jorion » – que j’approuve comme vous, contrairement à ce que vous comprenez de ma position).
      Peut-être, pour avancer, devrions-nous mettre de côté nos croyances.

      Celui qui croyait au capitalisme
      Celui qui n’y croyait pas…

      (PS : Le lien vers le texte de « L’étrange défaite » de Marc Bloch me sera utile. Je ne savais pas qu’on pouvait le consulter « en ligne », et je suis content que vous me l’ayez transmis.)

    41. @ Pierre-Yves D. dit : 6 janvier 2011 à 23:14

      Des syndicats qui tiendraient des discours opposés à ceux qu’ils tiennent ne seraient plus de vrais syndicats, mais des syndicats patronaux, des syndicats corporatistes de dictatures droitières ou des pseudo syndicats de dictatures communistes

      Bonjour Pierre-Yves D . Heureux de vous retrouver, surtout si mes déclarations vous font réagir, sans que cela altère votre santé. Une fois reposé, Vigneron nous reviendra.

      Même si, dans toute ma carrière d’ouvrier et de cadre, je n’ai jamais été syndiqué, notamment parce qu’on ne m’a jamais sollicité pour adhérer, je considère que les syndicats sont nécessaires et utiles, à condition d’être bien plus positifs qu’ils ne le sont.

      Si je n’ai jamais été syndiqué, c’est probablement aussi parce que je me suis toujours senti en devoir de trouver par moi-même les moyens de faire apparaître l’intérêt de prendre en considération les unités opérationnelles qui m’ont été confiées et en premier les salariés y oeuvrant. Les revendications ne s’imposent que si les besoins n’ont pas été anticipés et si la situation générale de l’entreprise est mal expliquée, donc non prise en compte.

      Les syndicats seraient bien plus efficaces, s’ils étaient plus éclairés sur le fonctionnement de l’économie qui règle et conditionne la vie dans nos sociétés. Le plus gênant vient du fait qu’ils n’abordent bien souvent leurs relations avec leurs interlocuteurs, qu’en termes de rapport de force et de lutte des classes. C’est une attitude dépassée qui les rabaisse car elle témoigne d’un manque de hauteur de vue et d’un certain archaïsme. Cela ramène au milieu du 19ème siècle. Ce faisant, ils se placent souvent en situation de « gagne petit », d’adversaires bornés, incapables de comprendre les enjeux d’intérêt général qui priment nécessairement sur les intérêts particuliers de ceux qu’ils représentent.

      Ils ont beau être des « partenaires » sociaux , ils donnent souvent l’occasion d’être considérés d’abord comme des opposants sociaux alors qu’il serait préférable de les voir agir comme des coopérants, des associés, conscients de la nécessité de sauvegarder l’essentiel, ce qui est pour eux aussi capital que pour le capital, c’est à dire l’entreprise et sa clientèle sans lesquelles, même la raison d’être syndicale disparaît.

      Une bonne part du problème en France vient certainement aussi de la division syndicale qui affaiblit, pousse à la démagogie, à la surenchère, au radicalisme et contribue à une moindre efficacité économique nationale. En final, il n’y a pas autant de grain à moudre qu’il pourrait y en avoir car une importante quantité d’énergie est dissipée, gaspillée, perdue, autant pour l’actionnaire, le dirigeant, que pour le salarié du fait des frictions internes et des engagements à minima. Il est probable que la situation changerait de tout au tout si au lieu d’épouser les pensées de Marx et d’opposer systématiquement capital et travail on visait à faire se fusionner leurs intérêts. Le meilleur moyen serait peut-être de faire en sorte que le travailleur soit aussi détenteur de capital. Vincent Wallon y réfléchit et a ouvert une file à ce sujet.

      Depuis l’origine, c’est-à-dire depuis que j’ai eu un rapport avec le travail, en apprentissage et même avant, lors des travaux dans le potager familial, placé sous l’autorité de mon père, (Juan Nessy, c’est pour vous) j’ai fondé la prise en compte de mon existence sur les preuves. Apporter spontanément la preuve d’un engagement généreux dans une œuvre collective est très gratifiant moralement, et très payant au sens propre. En appliquant et en suscitant autour de moi l’application d’un tel procédé, je n’ai jamais eu besoin de revendiquer, ni pour moi, ni pour ceux que j’ai encadré, une augmentation ou une promotion. Soit que j’avais le pouvoir de le faire à mon niveau, soit que mes supérieurs se sentaient obligés ou le plus souvent avaient un intérêt moral ou économique à le faire spontanément. Mais, pour que cela fonctionne, il faut mentalement se mettre à la place de celui qui détient le pouvoir au plus haut qu’il vous est possible d’imaginer et ne pas manquer de mettre en valeur les résultats obtenus au regard des objectifs de l’entreprise et de ses clients.

      En disant cela, je ne fais que témoigner d’une expérience positive qui m’amène à recevoir encore, 20 ans après, les vœux de personnes qui me disent regretter le temps où nous travaillions ensemble sur les bases de ce que je viens de vous rapporter. Voyez, c’est encore une preuve.

      Il est évident que mon discours est en opposition avec la vision de ceux qui diffusent le pamphlet sur le larbin. Mais ils n’ont pas pour objectif de rendre les gens heureux et efficaces au travail, bien au contraire, ils visent plutôt à faire s’effondrer la société.

    42. @ Jean-Luc dit : 7 janvier 2011 à 01:18

      Mais, comprenez-moi, jducac, cette guerre économique je souhaite la voir cesser faute de combattants volontaires

      Décidément, c’est difficile de se faire comprendre, même de la part de ceux qui ne me semblent pas fermés, a priori.

      Refuser le combat, c’est refuser de travailler.

      Donc c’est accepter que d’autres travaillent pour vous permettre de disposer de ce dont vous avez besoin, pour vous alimenter, vous vêtir, vous abriter, vous chauffer, vous maintenir en bonne santé, vous permettre d’échanger sur internet, vous permettre tout simplement de vivre.

      Voyez-vous où une telle attitude peut conduire ? Expliquez-moi s’il vous plait comment vous voyez la suite des choses ?

      N’êtes –vous pas en train de refuser de voir la situation en face ?

    43. @ jducac,

      Je crois vous comprendre, jducac, et je voudrais que vous essayiez de faire de même pour moi.

      Je vous ai lu : le combat économique inhérent au capitalisme étant pour vous « un moyen pour l’homme de progresser vers le futur », vous considérez qu’il faut savoir prendre sa place dans ce rapport de force, et avoir le courage de ne pas refuser ce combat-là – qui vous semble non seulement inéluctable, mais consubstantiel à l’être humain.

      Je ne refuse pas de travailler. Je désire faire ma part pour obtenir les moyens de subvenir à mes besoins et aux besoins de ceux dont j’ai pris la charge, et payer la quote-part d’impôts qu’exige mon statut de citoyen. Je refuse par contre d’aller au delà. Je ne veux pas être un petit soldat de « l’économisme ». Je refuse que le Marché vienne me voler en prélevant une dîme injuste. Car c’est bien de cela qu’il s’agit, d’un vol du produit de mon travail par un système économique dé-régulé. Un vol de ce que j’ai acquis en travaillant, de ces moyens que j’ai obtenu pour m’alimenter, me vêtir, m’abriter, me chauffer, me maintenir en bonne santé, me permettre d’échanger sur Internet. Je refuse que le Marché s’accapare mes moyens de vivre pour mieux me faire son fidèle obligé, attendant sa solde. Je ne suis pas un soldat du culte capitaliste, soldat naïf rêvant de prendre du galon.

      Je vous explique donc comment je vois la suite des choses.
      Il faut refuser d’être de la chair à capitalisme. Refuser les « réunions Tupperware » de tous les marchands de produits financiers. Ce sont toujours les marchands de canon qui gagnent les guerres, pas ceux à qui sont destinés les obus. Refuser le combat économique, c’est pour moi ne pas accepter de se voir coller une vareuse à galons pour être précipité dans une guerre économique inutile. Je redis inutile. Inutile cette guerre économique dont vous parlez, car elle est sans fin, et parce qu’elle affame les populations. Elle n’a jamais eu et n’aura jamais de vainqueur. Il faut la faire cesser.
      Le progrès pour le progrès avec le Bien en point de mire, en matière économique, est pour moi le chemin d’une impasse.
      La sagesse populaire dit bien qu’on a jamais vu un coffre-fort suivre un corbillard. Pour les civilisations, de la même manière, on peut constater qu’aucune richesses accumulées n’a jamais empêché aucune d’elles de disparaître.

      Je le répète, selon moi, les problèmes économiques n’ont pas vocation à se résoudre par la guerre économique, mais par des décisions sages d’hommes avisés et courageux.
      L’économie est un outil pour aider les hommes à gérer leurs échanges. Le reste n’est qu’entourloupe de boutiquier, baratin de marchand de produit financier, boniment de sergent recruteur. Voilà la situation qu’il faut regarder en face. Ne soyons pas dupes.
      Je suis d’ailleurs toujours surpris qu’un type comme vous, qui en a vu d’autres, puisse défendre à ce point le système moderne du capitalisme avancé, comme le premier bleu sortant tout frais d’une école de commerce. Vous êtes peut-être finalement le plus moderne d’entre nous.

    44. @ Jean-Luc dit : 7 janvier 2011 à 20:25

      Une bousculade, une provocation, un coup de pique et voila que l’armure bien lisse, bien brillante, bien polie, sans aspérité, se brise. L’homme qui l’habite, l’être qui la porte, apparait alors en vrai combattant. S’il expose ce qu’il a sur le cœur, c’est pour montrer qu’il est prêt à se battre avec ses tripes. Bravo Jean Luc !

      Subitement, l’image que je me faisais de vous a changé. Peut-être est-ce parce que votre texte comporte plus de 15 « je » et d’avantage encore de « moi, me ou ma ». (Si Vigneron nous surveille, il va m’inviter à me regarder dans la glace). Vous m’êtes apparu plus réel, moins virtuel, plus vrai, bien vivant.

      Alors, j’ai cherché sur le blog le premier post que vous m’avez adressé pour comparer les deux images, et je ne l’ai pas retrouvé. Par contre je suis tombé sur billet de Paul Jorion : http://www.pauljorion.com/blog/?p=5348
      Plus d’un an après, je maintiens toujours les propos tenus lors des deux interventions que j’y avais faites. Ils rejoignent en grande partie le sujet du présent échange.

      Je crois maintenant vous avoir bien compris.

      Même si vous n’envisagez pas d’entrer dans un maquis, vous êtes prêt à faire de la résistance passive à entrer en opposition, vous ne voulez pas collaborer, être un petit engrenage, ne serait-ce que très faiblement moteur dans un système économique qui vous indigne, vous révulse, vous révolte à cause de la trop grande disparité dans la redistribution des richesses qu’il contrôle.

      Tout comme vous, je désapprouve le très grand écart dans la redistribution des richesses crées. Je pense qu’il faut veiller à ce que les plus faibles disposent du minimum nécessaire pour vivre dignement en travaillant. Mais au lieu de me focaliser sur les hautes redistributions, pensant qu’il y en aura toujours comme il y en a toujours eu, et qu’une meilleure redistribution ne changerait pas grand-chose, répartie sur la très grosse masse des autres, je crois de mon devoir, de mon intérêt et de l’intérêt de mes successeurs de faire en sorte que le système auquel j’appartiens, (tous sont actuellement capitalistes) ne soit pas un de ceux qui génèrent globalement le moins de richesse, comparativement aux autres.

      Si vous avez entrevu la théorie qui se dessine progressivement quand on cherche à comprendre comment s’opère la sélection naturelle qui règle l’évolution de l’humanité, vous devriez me comprendre.

      Alors, cela doit vous amener à réfléchir au risque introduit par le rétropédalage de certains, et des conséquences sur la progression de notre bateau capitaliste commun, lui-même en compétition avec d’autres, au sein de plusieurs escadres qui, avant de n’en faire plus qu’une, seront amenées à se regrouper en plusieurs blocs qui entreront en compétition entre eux ect…

      Votre attitude pourrait à la limite se comprendre si, le processus de sélection-regroupement en était arrivé au dernier stade, et si pour tenter de faire durer un peu plus l’aventure dans notre boîte de Piétri, nous en arrivions à devoir imposer un ultime rationnement égalitaire, mais vain.

      Je ne crois pas que nous en soyons au stade d’un ultime regroupement égalitaire, tel qu’envisagé ci-dessus dans ma réponse à Bernard Laget.

      Alors, par expérience, je pense qu’il vaut mieux être positif et pédaler dans le bon sens avec un bon engagement. Cela vaut mieux pour le destin du bateau dans lequel nous sommes, même si ceux du carré des officiers en profiteront toujours plus que le mousse ou le simple matelot.

      C’est aussi la même loi naturelle qui a conduit à la hiérarchie que certains abhorrent. Pourtant elle est vielle comme le monde, elle s’est imposée parce qu’elle est la plus efficace, faute d’être égalitaire. Elle a donné capitaine et probablement capital et capitalisme.

    45. @ Fab,

      :-)) :-)) :-))

      —————

      @ jducac,

      😉
      Merci de votre réponse. Je crois avoir découvert depuis longtemps chez vous le goût du dialogue. Je devrais écrire le goût des duels oratoires. Je vous vois comme un esthète qui, plutôt qu’un duel au pistolet à vingt pas (beaucoup de bruit pour rien, une spécialité de certains de nos amis commentateurs), préfère l’élégant et patient travail de l’escrime, fait de feinte, de fente et de botte franche. Duel au premier sang, jamais à mort, et c’est ce qui me plaît chez vous. Un côté gentilhomme dont nous avons perdu l’habitude.
      Bien sûr, derrière l’élégance de la forme il y a le fond, votre part de vérité que vous ne comptez pas brader au premier venu. Nous voyons que vous n’avez cependant pas peur d’exposer vos arguments à tous les risques, sûr que vous êtes de leur validité. Vous tenez à votre credo. Il y a une part évidente de courage derrière cette attitude. Il y a aussi parfois de la raideur. Une raideur qui vous vaut toujours de nouveaux adversaires, désireux de l’assouplir, si ce n’est de la rompre.

      Impossible de se refaire, tâche infinie que de se changer ; je connais quelques uns de mes défauts. Ils sont évidents pour beaucoup de personnes qui me lisent. J’ai celui d’être plus spectateur qu’acteur. D’où votre étonnement à me voir fendre l’armure. Certains diront jésuite (ou pire) pour qualifier cette attitude, mais ce n’est pas ça. Il s’agit d’une excessive précaution, né d’un fond mal digéré de mauvaise timidité (beuah !). Il arrive que je vienne placer dans le fil des commentaires une contribution aux débats, mais c’est essentiellement pour relayer un texte que j’ai lu ou évoquer une expérience personnelle. Dans certains domaines, et notamment l’économie – par manque d’instruction – affirmer n’est pas mon fort. D’où la difficulté que j’ai à m’entretenir avec vous, qui n’avez pas de ces prudences.

      (Trêve d’introspection.)

      Suite à mon précédent commentaire, et en vous lisant aujourd’hui, je découvre mon erreur de jugement. Je vous voyais relayer le prêche que nos petits étudiants d’école de commerce apprennent à réciter ; je me suis trompé. Le missel de ces étudiants, futurs soldats de la Foi, n’a rien à voir avec votre vision des choses.

      Je vous ai lu attentivement. Je désire vous répondre de façon très générale.
      Voici l’idée qui me vient :
      Ne pensez-vous pas que la vision de l’économie dont vous nous faites part – une vision enrichie d’expériences personnelles – est mise à mal précisément par les tenants du capitalisme avancé ? Je veux dire que les pires opposants à l’organisation humaine que vous nous détaillez seraient peut-être à chercher, non pas chez les anticapitalistes, mais chez les capitalistes modernes ? Les entrepreneurs seraient devenu les idiots utiles d’un système fou qui se masque encore des valeurs d’un capitalisme « ancien » pour mieux se diffuser (ne discutons pas ces valeurs ici).
      Voilà d’où viendrait l’antagonisme irréductible avec certains de vos interlocuteurs. Certains d’entre nous veulent aider à stopper et à changer le système fou issu d’un capitalisme dévoyé (le fameux « La machine est cassée » de Paul Jorion). Face à ceux-là, vous opposez la nécessité de sauver une certaine idée du capitalisme d’avant le dévoiement.
      L’incompréhension viendrait de ce que vous ne voulez pas que l’on jette le bébé avec l’eau du bain. Vous voulez sauvez le bébé-capitalisme, alors que la plupart de vos opposants vous répètent que le bébé-capitalisme se noie dans son propre liquide amniotique, et qu’il faut en tout cas d’abord vider l’eau boueuse de la spéculation financière, avant même de savoir si le bébé est viable.
      J’espère n’être pas trop confus.

      Accordons-nous pour dire qu’il y a eu dévoiement, ou pourissement, et partons ensemble de ce constat (même si les anticapitalistes affirmeront toujours que le ver était depuis l’origine dans le fruit, et que vous leur répéterez jusqu’au bout que le fruit était sain à l’origine).
      Ni aurait-il pas quelque chose à creuser derrière cela, pour avancer ?

    46. @ Jean-Luc dit : 8 janvier 2011 à 18:08

      Accordons-nous pour dire qu’il y a eu dévoiement, ou pourrissement, et partons ensemble de ce constat (même si les anticapitalistes affirmeront toujours que le ver était depuis l’origine dans le fruit, et que vous leur répéterez jusqu’au bout que le fruit était sain à l’origine).
      Ni aurait-il pas quelque chose à creuser derrière cela, pour avancer ?

      Vous avez fourni un beau travail en décryptant ma pensée et en la synthétisant pour en arriver à cette conclusion. Cela récompense votre grande aptitude à l’empathie et témoigne d’une attitude positive que j’apprécie. Merci de l’avoir mis au service de nos échanges.

      Oui, le capitalisme de base est sain, selon moi, puisque c’est en appliquant son processus à l’infini, depuis toujours, que la civilisation humaine s’est développée.

      Malheureusement, pour conduire plus loin cette évolution, les hommes ont été conduits à créer le concept d’argent virtuel qui n’a pas d’existence et de valeur autre que l’idée que l’on s’en fait. Toutes les idées peuvent être trompeuses et ce d’autant plus qu’elles sont par essence, immatérielles, d’ordre métaphysique, insaisissables et partant, formidablement manipulables. Les grands manipulateurs jonglent avec leurs abstractions, leurs images virtuelles très parlantes, mais qui ne représentent que des chimères auxquelles tout le monde finit par croire, y compris ceux qui les ont fait naître peut-être pour mieux tromper les autres.

      Cette activité relève de l’industrie financière. Quoi de plus parlant et concret qu’une industrie avec des ateliers spécialisés transformant des matières, des richesses en d’autres richesses, en créant ainsi de la valeur ? Quoi de plus fumeux qu’un atelier d’alchimiste qui prétend transformer de l’argent métal, en argent papier, puis de l’argent papier, en argent numérique, lequel parcourt en tous sens la planète à la vitesse de la lumière et, par un processus de transformation inverse, vous présente à l’arrivée un papier, ou un nombre sur un compte, sensé représenter du métal, mais avec une différence de cours dans un sens favorable aux magiciens professionnels.

      C’est un travail de spécialiste à n’y rien comprendre. C’est ce que produit l’ingénierie financière au service des financiers qui gagnent de l’argent en brassant de l’illusion. C’est ce qu’on appelle, le capitalisme financier, le faut frère du vrai capitalisme qui lui, crée de l’évolution, de l’accroissement de niveau de vie.

      Bien évidemment, le commun des mortels, surtout s’il est à un niveau élevé de responsabilité dans les instances de gouvernances locales, ou nationales, ne va pas avouer qu’il n’y comprend rien ou pas grand chose. C’est comme cela que des municipalités, des régions, des pays se font berner et de ce fait se sont rendus complices de manipulations pénalisantes à l’égard de ceux qu’ils sont sensés servir.

      Alors, oui Jean-Luc, vous avez raison de vouloir vous battre en y mettant toutes vos tripes, pour que cesse cette sorte d’arnaque organisée, tolérée et mortifère. En partant des propositions de Nicolas Sarkosy, j’ai compris que c’était ce à quoi Paul Jorion voulait œuvrer. Je suis à ses côtés, et aux vôtres, car en faisant cela on ne porte pas atteinte au capitalisme de base qui me semble sain et bénéfique à l’humanité, lui.

      Qu’est-ce qui nous sépare encore ?

    47. Alors là , comme dans un western à la John Ford , le suspense est à son comble au terme provisoire de la plus longue file de commentaires sur un commentaire ( parti de Jducac et revenu à Jducac ) .

      Les herbes de la prairie roulent en boules épineuses sous la bourrasque d’une lointaine tornade . Seul le sifflement du vent trouble le silence et Paul Jorion , pull rouge et oeil triste , rejoint Jducac au mileu de la rue du village . Ils se regardent .

      Et Paul Jorion répond à la question de Jducac :

      qu’est ce qui sépare Jducac de Jean-Luc ?

    48. @ juan nessy,

      Non, juan, Paul Jorion est resté peinard au saloon ! (des duels de pieds-tendres, il en a trop vu pour que ça l’intéresse encore)
      C’est moi qui suis dans la rue face à jducac (gulp !). Je lui ai laissé le choix des armes, et il m’a imposé le fleuret (c’est pas très réglementaire mais, de toutes manières, je suis pas meilleur au six-coups). Déjà que j’en mène pas large et que j’ai le soleil dans les yeux, si en plus vous me faites rigoler j’ai plus aucune chance !!!

      —————

      @ jducac,

      (parlons plus bas, nous sommes observés !)
      On se comprend. Une chose nous sépare encore cependant. Je ne sais pas si je devrais dire qu’elle nous sépare, finalement.
      Je me demande si, ayant en commun le même souhait de voir l’ingénierie financière perdre définitivement son pouvoir de nuisance sur la vie des hommes, cette chose qui nous sépare n’est pas à tenir en l’état.

      (Vous vous souvenez sûrement que j’ai raconté en mars dernier – trop longuement, je m’en veux – combien les différences de points de vues me plaisent. J’ai une passion pour cette diversité, car elle rend plus précieux les points de convergence. Vous ne serez pas étonné d’apprendre que le roman Uranus de Marcel Aymé a été pour moi une belle découverte.)

      Cette différence entre nous vient de ce que j’ai pu appeler votre positivisme économique, un positivisme qui se confronte à mes doutes. Ce n’est peut-être pas chez vous un positivisme pur et dur, mais vous ne devez pas être ennemi des pensées de Comte et Renan. Vous avez cette foi dans le progrès que je n’ai pas.
      Quoi faire de ça ?
      C’est pour cela que je parlais plus haut de nos croyances. Celui qui croyait que le capitalisme peut faire progresser l’humanité ; Celui qui ne croyait pas au progrès de l’humanité, et bien moins par le capitalisme.
      On peut bien sûr étayer l’un et l’autre nos croyances, mais ne pensez-vous pas que si nous nous chiffonnions là-dessus, cela ressemblerait aux bagarres humoristiques entre Don Camillo et Peppone (en plus, comble de rigolade, j’aurais sûrement, moi l’agnostique, le rôle du curé fataliste, et vous le rôle du maire communiste 😉 ).

    49. @ Jean-Luc dit : 10 janvier 2011 à 00:29

      Merci d’avoir retrouvé le post que je recherchais. En le relisant, je me dis que vous aviez déjà discrètement fendu l’armure.

      @ juan nessy dit : 9 janvier 2011 à 22:13

      Et Paul Jorion répond à la question de Jducac

      Sa réponse est la suivante : « Sur la forme, tout les sépare. Pour le fond, c’est plus délicat. Mais Juan Nessy qui est un fin observateur devrait savoir répondre »

      Jducac à cet instant lui dit : «Si Juan Nessy est rapide pour flinguer, il est lent pour répondre. La preuve est là :
      http://www.pauljorion.com/blog/?p=19274#comment-133399 »

    50. @Jducac:

      Ce n’est pas sans raison que je demandais au shériff d’intervenir et tirer … un bilan , avant que ne s’inscrive  » The end  » sur l’écran . Mais Jean – Luc , en bon adjoint , l’a devancé en préjugeant de sa pensée (Il a trop le sens du sacrifice ).

      C’est une erreur que vous partagez avec lui , puisque vous faîtes parler Paul Jorion à sa place en étendant la réponse à une question qui n’était pas posée . Première erreur et premier aveu de faiblesse , qui consiste à viser la cible qui n’est pas la bonne et qui me fait penser à  » c’est à vous ma soeur que ce discours s’adresse » dans une comédie bien connue de Molière .

      Votre réponse par procuration abusive me donne un premier indice sur ce qui vous sépare de Jean Luc : vous avancez que ce n’est pas le fond mais la forme .

      Or , je suis profondément convaincu que selon la formule classique  » la forme , ( surtout quand elle est persistante ) , c’est le fond qui remonte à la surface « .

      Je ne sais donc pas si c’est « tout » qui vous sépare de Jean-Luc mais j’ai la certitude que vous ne venez pas de , et que vous n’allez pas au , même endroit .

      Pour ce qui serait de mes  » non réponses » , il n’y a pas de raison que vous ne vous y fassiez pas aussi bien que mon épouse .En quarante ans , elle a appris à les traduire .

      On en reparlera donc dans 40 ans , et d’ailleurs la réponse sera dans tous les journaux et esprits à ce moment là , sans que j’ai besoin de ressortir de .. ( de quoi ,au juste , car mon rêve personnel donne aux chiens errants les restes de mon cadavre à se partager sur les hauteurs basaltiques des Monts du Forez ) , pour donner cette foutue réponse .

      Mais tout le monde aura oublier la question . Enfin , j’espère ….

      PS : avouez que j’ai fait ce que j’ai pu pour garder un souffle épique et spectaculaire à cette fin de la première bobine du film .

    1. @Argeles 39

      Merci de ce lien, à propos de S.Hessel, il faut avoir à l’esprit dans une Europe dévastée, sortant de l’abomination totalitaire ; ce qu’a pu étre l’optimisme à construire un monde meilleur de justice et de partage. La charte du conseil de la résistance traite point par point les maux dont nous somment victimes aujourd’hui; et les dirigeants qui évoquent l’héritage de De Gaulle et de ses proches seraient bien inspirer de s’y ressourcer, car entre le Capitalisme et le collectivisme existent des alternatives, par exemple les organisations ou structures coopératives.

      Il en existe quelques traces dans notre Europe bouffée par l’ultra libéralisme financier. Je pense en Espagne, pour citer un exemple, à l’existence du groupe Mondragon crée dans les Asturies sous Franco par un prétre aux idées avancées. Il s’agit d’un groupe industriel qui appartient à tous ceux qui y travaillent, et géré sous une forme coopérative laquelle détient sa propre Banque et garanti à ses membres des emplois pérennes dans les unités de production Asturiennes. Ce groupe est plus connu du grand public par l’électroménager « Fagor » et les bus « Ibizcar »mais il a été fondé à l’origine sur de la fonderie lourde. L’idéologie créatrice de cette structure se fonde sur l’idée que l’outil de production peut appartenir à ceux qui y travaillent, sans étre kolkhosienne.ni patronnale..
      Il ne faut pas avoir beaucoup d’imagination pour penser que d’autres organisations puissent supplanter dans l’avenir celle d’un patronnat qui serait plus compétant pour diriger une entreprise (au regard des risques encourrus) que des directoires de cadres compétants.

    2. J’ajoute que les voeux de Stéphane Hesserl ont eux un accent Gaullien, dont on ne peut mettre en doute la sincérité.

    3. @Bernard Laget

      Attention à ne pas faire de Hessel une icône du gaullisme, ni du CNR une pure émanation du gaullisme. Le CNR dans ses revendications comme dans ses principes devait tout autant à l’influence de la résistance communiste qu’à de Gaulle, qui les a autorisés, tout au plus. Et c’est bien de Gaulle qui a appelé, ou en tout cas n’a pu éviter, Pompidou et la clique qu’il a apporté sous son aile à la France (Giscard, Balladur, Chirac, Delors, Frey, Juillet, …). Hessel était d’ailleurs proche de Mendès sous la IVème et a définitivement coupé les ponts avec les gaullistes ou de Gaulle après 58. Comme gaulliste pratiquant, vous avouerez qu’on fait mieux…
      Et après alors ? Wiki ! :

      En 1985, Michel Rocard choisit Stéphane Hessel, qu’il a rencontré quelques semaines auparavant alors que l’un et l’autre donnaient des conférences à Harvard, pour présider son réseau de soutien de sa candidature à l’élection présidentielle.

      En 1986, il prend sa carte au Parti Socialiste mais son engagement sans faille pour l’Europe l’en éloigne quand ce parti cherche une conciliation avec les anti-Maastricht : ainsi, en 2003, il signe, avec d’autres anciens résistants, la pétition « Pour un traité de l’Europe sociale

      Pas facile d’enfermer un homme libre -et vivant ! – dans un moule ad-hoc à ses opinions…

      PS : pour l’anecdote, assez merveilleuse, je trouve, merci Wiki encore :

      Sa mère(de Stéphane Hessel), Helen Grund-Hessel, qui dessine et peint, est l’héroïne (« Catherine ») de Jules et Jim, le fameux roman autobiographique d’Henri-Pierre Roché (qui est « Jim »), à la fois l’ami de Franz Hessel (qui est « Jules ») et son rival dans le coeur d’Helen. L’histoire du trio impossible voulant briser les conventions sociales a été popularisée par le film de François Truffaut, où le rôle féminin est interprété par l’actrice Jeanne Moreau

      Hessel comme le fils de la Jeanne Moreau de Jules et Jim ! Que demande le peuple ?
      25 ans de moins et qu’il se présente en 2012…

    4. @ Vigneron

      Attention à ne pas faire de Hessel une icône du gaullisme, ni du CNR une pure émanation du gaullisme. Le CNR dans ses revendications comme dans ses principes devait tout autant à l’influence de la résistance communiste qu’à de Gaulle, qui les a autorisés, tout au plus.

      On peut même penser que le programme du CNR doit plus aux communistes qu’à De Gaulle, car rédigé en très grande partie par jacques DUCLOS.
      Stéphane Hessel se réclame de la social-démocratie, curieusement il défend le bilan de DSK au FMI :
      http://www.rue89.com/entretien/2010/12/30/stephane-hessel-12-aubry-serait-ma-candidate-preferee-182841

      Mais je crois, eu égard à son âge, qu’on peut lui faire crédit de sa sincérité quand il dénonce la ploutocratie et qu’il fait référence au programme du CNR.

    5. Vigneron.

      Tu as presque raison, comme d’habitude de la part de pas mal de monde ici.
      Maintenant, j’ai une envie de te faire phosphorer et ne vais pas m’en priver. Ca me changera d’apostropher Jorion envers qui je suis exigent comme quelques-uns et unes ici.

      De Gaulle a été catalogué à droite en créant la participation. Ou l’intéressement, mais les deux sont du même tonneau.
      Crois-tu que ce soit de droite de redistribuer les bénéfices du fruit de son travail et penses-tu que le Général ne pensait pas AUSSI à son pays en envoyant balader les Ricains..???
      Nous étions à l’époque de l’après-guerre et le contexte était différent, D’ACCORD.

      MAIS.
      Cela me fait TOUJOURS drôle lorsque l’on critique un homme qui, ayant la DIRECTION d’un pays, se fait descendre sur des choses particulières SANS considérer l’ensemble des ACTIONS.
      D’autant plus lorsque chacun essaie politiquement de capter son héritage, preuve qu’il n’était pas si maigre que cela.

      Le jour où les humains se rendront compte que faire le bien de la communauté est AUSSI faire son propre bien, envoies-moi un fax, qu’on fête ça.
      (mais pas aujourd’hui, j’ai encore la tête lourde d’hier…)

    6. Donc, car jai oublié la conclusion : oui, je suis d’accord avec toi.

      Mais il faut bien que quelqu’un reprenne le flambeau de la Démocratie.
      Et si c’est pas Hessel, lances-toi.
      C’est pas interdit pour l’instant par le pouvoir en place.

    7. Oui, notes, conclusion 2 :
      C’est interdit par le système politique en place.

      Bon, on se fait une révolution et on en rediscute après.

    8. Sauf son respect on sort les presque momifiés de la IIWW maintenant voir les totalement cadavériques ?

      Je ne sais plus quand ici, Paul Jorion, celui qui travail sous sa douche, a écrit un billet ou une vidéo sur ce désir montant de l’homme providentiel ou un truc approchant. Bref, on sort ce brave Hessel du placard, on le dépoussière, on place le logo CNR et hop un tour de piste. Pauvre de nous j’ai envie de dire, réduit à réveiller les morts.

    9. @vigneron

      Je n’ai évoqué De Gaulle qu’à cause des voeux d’Hesserl et ceux de notre président qui fait référence au Gaullisme, et il y a loin de lui au Gaullisme; autrement dit si Hesserl est de Gauche, mendeciste pour faire court, De Gaulle un chrétien rebelle disons d’un centre Gauche, ou est notre actuel président ?
      Il est inaudible car populiste de droite, ça vous va ?

    10. Yvan. Sur de Gaulle juste une question. Qui a été le premier chef d’État au monde à mettre aux commandes de l’économie nationale (bien planqué derrière Pinay) un économiste ultra-libéral, Rueff, ami, en tout cas proche, de von Mises ou de Hayek, fondateur de la société du mont pèlerin en 47 avec ces deux rats d’Autriche, plus le brave Môôrice Allais (plus 33 autres dont Milton Friedman, Bertrand de Jouvenel, Karl Popper et Michael Polanyi – l’âme damnée de son frère Karl...) ?
      Qui était président du conseil en 1958 quand ce mec tellement glorifié, Rueff, auquel tant de tristes ou sombres abrutis vouent un véritable culte aujourd’hui – culte qu’il doit, pour les plus « innocents » de ses partisans, au prestige dont le dote dans les mémoires obscurcies son bienfaiteur politique idolâtré et, pour le moins, très conciliant avec ses thèses – pris les affaires en main en France ? Qui, Yvan ?

      Et , quand même – « détail » sans doute, quel Général se fit une joie, à peine délivré du pouvoir, d’où les français l’avaient enfin lourdé en 69, d’aller faire des mamours à un autre général de l’autre coté des Pyrénées, par pure « courtoisie » – pardine ! – déclarant regretter ne pas avoir pu le rencontrer plus tôt du fait des circonstances internationales ? Quel général, Yvan ?

    11. La france a eu les chefs d’état qu’elle ne mérite pas !
      Surtout pour ceux qui font un bilan de leur action pendant leur retraite, et qui de plus ont le droit de vote.

  8. http://www.lemonde.fr/europe/article/2010/12/30/espagne-hausse-du-salaire-minimum-et-des-retraites_1459256_3214.html
    //Il a toutefois confirmé, lors d’une conférence de presse à l’issue du conseil des ministres, que la réforme des retraites « fixera l’âge légal [du départ] à 67 ans », mais « avec flexibilité ». « Toutes les pensions [de retraite] seront majorées en 2011 de 1,3% », a-t-il annoncé. Les pensions minimales seront elles augmentées de 2,3%.

    Quant au salaire minimum, « le gouvernement a décidé de l’augmenter de 1,3 % », a indiqué José Luis Rodriguez Zapatero. Il passera donc de 633,30 euros à 641,56 euros.//

    Quelle générosité.

    1. Pendant ce temps, la fourniture d’électricité prendra 9,68% d’augmentation le 1er janvier…
      Au total : augmentation de 48% depuis l’été 2007
      Ils veulent vraiment tous nous avoir la peau, les fumiers… Mais ils vont avoir du boulot !!
      Viva la revolución !!

  9. Excellente initiative sans doute mais qui me rappelle le pacte que Nicolas Hulot avait fait signer aux principaux candidats lors de la dernière élection présidentielle. Tous s’étaient alors empressés devant les caméras d’affirmer leur engagement à introduire la dimension écologique dans leurs analyses, leur réflexion et leur action. On a vu depuis le Grenelle de l’environnement et son abandon en rase campagne. Que cela serve dans la rédaction de votre texte c’est le vœu que je formule pour la nouvelle année !
    PS : Paul Jorion, vous aussi n’oubliez pas d’intégrer plus que vous ne le faites, dans vos analyses, cette idée que nous connaissons comme jamais hommes avant nous une prodigieuse crise écologique, une véritable crise de la vie. Cela ne se résume pas pour peu que l’on cherche un peu, aux bouleversements climatiques – incontestables – ni à la déplétion de quelques matières premières.

  10. Préparons nous au retour féodal. (Site de documents anciens historiques)

    Extrait concernant le servage et l’Affranchissement (1735)
    une personne est de « serve condition » c’est à dire corvéable, taillable et mainmortable, elle ne peut devenir de « franche condition » que si elle réunit deux éléments de base :
    1/ Il faut avoir une terre franche !
    2/ Il faut être riche ou pour le moins aisé.

    On trouve des cas de paysans qui préfèrent revenir à leur anciennent condition parce qu’ils ne trouvent pas de terres franches libres.

    Les condition de l’affranchissement sont draconniennes : Le mainmortable abandonne tout ce qu’il possède en immeuble et les deux tiers en meubles à son seigneur (Voie du désaveu). Cet abandon de biens pouvant se négocier sous forme d’une somme correspondante versée.

    http://olddoc.chez.com/pontar/historic/poinhi/poinhi1.htm
    Sélectionner « Affranchissement »

    1. …OUI…bien sûr …Mais c’était le temps des saigneurs de saigner…Aujourd’hui c’est devenu le temps des voleurs…Donc le procès est possible…Et les prévenues nous les connaissons…Que le tribunal de la république fasse son travail…Devenons le procureur général et mettont le paquet.

  11. @jducac

    Le capital doit être vénéré et sauvegardé parce qu’il sert de base à la préparation du futur. Il permet aux humains de s’adapter aux conséquences de leur évolution et ce faisant d’assurer leur survie.

    Vénéré? le mot n’est-il pas trop fort? Le capital n’est qu’un outil, pas un dieu!

    …le capitalisme, par ses excès d’accumulations individuelles et ses dérives financières, se rend condamnable en donnant l’image d’égoïsmes exacerbés…

    Juste une image? ou plutôt est-ce sa nature intrinsèque?

    L’autre, l’anticapitalisme est également excessif car, au motif de vouloir satisfaire les envies du plus grand nombre, en le focalisant sur la consommation immédiate, sans se soucier du lendemain…

    Ah! vous surabondez vous aussi sur la plèbe jouisseuse et parasite? Allez donc soutenir ce discours dans les banlieues ou dans les pays sous-développés et même les émergents….

    C’est en prônant la lutte des classes que l’anticapitalisme voit une possibilité d’étancher la soif de consommation du plus grand nombre, sans en mesurer les conséquences sur le futur.

    Comme si la lutte des classes était une idéologie… Plusieurs ont pourtant rappelé ici la célèbre phrase de Warren Buffett. Il faut y faire. C’est juste la réalité qui n’est pas une tactique de des anticapitalistes: juste un constat apparemment partagé dans les 2 camps.

    …il ne faut certainement pas laisser croire au plus grand nombre, qu’un maintien ou qu’un accroissement de la consommation nous placerait sur la voie d’une solution durable. Même si la consommation des grands capitalistes est importante, prise individuellement, elle ne représente qu’une très faible part …

    Comment pouvez-vous rester aussi aveugle? Etes-vous à ce point captif du discours officiel? Lisez:
    …(aux USA) en 1970, ces 1% les plus riches détenaient 8% de la richesse nationale, en 1980, 14%, en 1990 18% et en 2010 : 23.5% et le premier millième détient 12% de la richesse nationale. Autre façon de poser le problème, de 1980 à 2005, 80% des nouvelles richesses crées aux US ont été captées par ces 1% les plus riches.
    Faudrait-il taxer tellement les plus riches (qui ne savent même plus comment flamber leurs billets)- -mais bien sûr si on pouvait les localiser dans les paradis fiscaux, pour redistribuer un peu de bien-être à ceux qui produisent les richesses? et diminuer les impôts payés par les producteurs effectifs des richesses?

    Je suis cependant d’accord avec vous: vive la fraternité! Mais nier que le rapport de force auquel nous devons faire face relève de l’idéologie et non de la réalité humaine est une farce. Sinon, pourquoi aurions-nous besoin d’une constitution sur l’économie?

    1. @ François (tout court) dit : 30 décembre 2010 à 15:50

      Vénéré? le mot n’est-il pas trop fort? Le capital n’est qu’un outil, pas un dieu!

      Pas du tout. Je vénère aussi le travail et ne suis pas le seul. Demandez donc à ceux qui redoutent de perdre le leur ou qui souhaitent en trouver un.
      Voyez : http://www.linternaute.com/dictionnaire/fr/definition/venerer/

      Ah! vous surabondez vous aussi sur la plèbe jouisseuse

      J’ai volontairement omis de reprendre le terme parasite que vous avez abusivement introduit en parasitant ainsi ma déclaration.
      Concernant la recherche de jouissance immédiate, je confirme et signe en tant que représentant de la plèbe. J’ ai pu m’en extraire en m’obligeant à travailler plus que certains de mes camarades, bien plus doués et plus intelligents que moi. Ils ont préféré profiter tout de suite de ce que leur offrait une paie d’ouvrier et conserver ce même statut toute leur vie. Sur une promotion de 40 apprentis ajusteurs ou tourneurs il y en avait au moins trois ou quatre qui auraient pu décrocher un diplôme d’ingénieur, tous frais d’études payés.
      Or, un seul l’a fait. Il a préféré travailler plus pour capitaliser des connaissances plutôt que de jouir immédiatement de ce qu’il avait acquis. C’est également vrai dans d’autres filières.

      comment pouvez-vous rester aussi aveugle?

      Vous parlez des différences de richesses, donc des gains accumulés. Si vous avez compris le mécanisme que j’ai exposé ci-dessus dans ma réponse à « ric » vous devez comparer la production d’un pêcheur avec un filet à celui qui n’en a pas alors que l’un et l’autre consomment (dépensent en énergie) à peu près la même chose. Il n’est pas anormal que celui qui s’est donné la peine d’épargner pour se « payer » un filet en ait les bénéfices y compris quand il le loue à un nouveau venu dans la pêche.

      Je suis cependant d’accord avec vous: vive la fraternité! Mais nier que le rapport de force auquel nous devons faire face relève de l’idéologie et non de la réalité humaine est une farce

      Heureux de nous savoir en phase sur la fraternité.
      Quant aux rapports de force, selon mon humble expérience, la première lutte qui me semble devoir être menée est la lutte contre soi-même. Elle impose de faire un effort sur soi pour se doter du meilleur potentiel d’action afin de surmonter les difficultés à venir. Pour ce qui est de la lutte que devrait mener « le travail contre le capital » je considère qu’il y a mieux à obtenir, pour chacune des parties, en recherchant la mise en commun des objectifs

    2. L’argent amassé par ces minorités ultra possédantes est t’il seulement une richesse redistribuable par la loi ?

      Je ne le crois pas, dans un cycle de vie humaine, il faut non seulement prendre en compte le temps, mais donner un sens au binome travail/rémunération et à la réinjection par la consommation de ce qui a été gagné. L’idée de Paul Jorion d’augmenter les salaires pour relancer la consommation par le pouvoir d’achat me parait une idée pertinente, c’est ce qui c’est produit pendant les 30 glorieuses; mais il y faut une condition. C’est la confiance du peuple dans ses dirigeants, ou plus encore dans l’avenir.
      Le fait que les Français aient une épargne importante me semble symptomatique d’une crainte dans leur avenir et participe d’une économie frileuse, cela ne signifie pas non plus que l’endettement outrancier soit une vertue, mais vivre un peu au dessus de ses moyens est un signe de bonne santé .

    3. @ jducac Oh là! J’ai eu tort de ne pas suivre ce fil de conversation!

      Vous vénérez le travail? Je vénère le plaisir au travail et son utilité à la communauté. Pas l’accumulation personnelle.

      Vous êtes heureux d’être sorti de la plèbe par vos propres moyens comparativement à d’autres jouisseurs plébéiens? Grâce vous en soit rendue. Mais ensuite:

      Vous achetez un filet dont vous n’avez rien à faire sauf le louer à d’autres qui savent pêcher (et pas vous!) sauf qu’ils n’ont pas les moyens d’acheter ce filet: voir Marx et l’appropriation des moyens de production. Ici vous êtes déjà dans l’exploitation avec la fausse bonne conscience d’être utile à la société, bien sûr!

      Merci au représentant de la plèbe! Vous la représentez encore beaucoup moins que Staline, ma parole!

  12. @ JORION

    Partir des discours de Toulon de Sarko 1er, des discours des autres politiques pour les mettre devant leurs contradictions, et leur montrer leur inaction depuis 3 ans: d’accord.
    Mais ce serait si simple.

    J’ai un doute.

    Sachant que nos politiques n’écrivent plus leurs discours, y croient-ils vraiment?
    D’ailleurs sont-ils encore conscients de ce qu’ils racontent? Le cromprennent-ils?
    Pas sûr…

    Nous sommes entrés dans l’aire**(voir infra) des communicants, des discours entièrement écrits et pensés pour les politiques.
    C’est du pré-mâché avec cette invention subtile des « éléments de langage ».
    AH! Les cons! Pour ne pas dire « phrases toutes faites », on dit pompeusement « éléments de langage ».
    Vous verrez, ils nous sortiront bientôt « les fragments de vocabulaire » et les « pièces de grammaire ».

    Même sur le fond, ils se répètent. Il suffit de chercher un peu sur des sites comme le Post.fr ou d’autres pour voir par exemple l’équipe du petit journal de Canal+ , enfoncer Zébulon 1er lors d’un discours sur l’agriculture. A quelques mois d’intervalle, on peut faire du copier-coller! C’est du mot-à-mot ou presque et avec les mêmes intonations!

    Franchement l’idée est belle. Mais j’ai peur que les matériaux de départ ne soient pas déjà corrompus.
    Je vous souhaite bonne chance.

     » Le peuple! Le peuple! Ils ne savent pas ce que c’est. Ils n’entendront la voix du peuple que quand ils seront au pied de l’échafaud! » (DANTON)

    ** J’ai mis « aire » à dessein au lieu d’ère, mais en fait la communication, ce n’est rien d’autre que du traitement de surface.

    1. » Le peuple! Le peuple! Ils ne savent pas ce que c’est. Ils n’entendront la voix du peuple que quand ils seront au pied de l’échafaud! » (DANTON)

      ma fois, s’il faut le rappeler !

  13. Une autre alerte au feu…
    (une de plus, on est plus à un signe près)

    Le pape se désolidarise des magouilles habituelles :
    http://www.lepoint.fr/economie/finances-du-vatican-benoit-xvi-cree-une-autorite-de-lutte-contre-le-blanchiment-30-12-2010-125386_28.php
    « Pour le Vatican, il s’agit de faire preuve de « transparence », d' »honnêteté » et de « responsabilité », a expliqué à la presse son porte-parole, le père Federico Lombardi. »

    Honne… Pardon..???
    Déjà, rien que le mot transparence est risible.

    1. Yvan
      « tu seras honnête » n’est pas dans les dix commandements.
      « tu ne convoiteras pas le fils de ton ami » non plus alors hein?
      Il y a aussi la transparente alitée…alors.

    2. Et pourtant!
      Si les voies du Seigneur qui sont impénétrables, la construction mathématique des produits dérivés, des dérivés de dérivés, ETF, CDS et autres MBO l’est tout autant.

    3. Tartar, je n’ai pas compris le sens de tes deux dernières phrases…
      Excuses-moi mon esprit pas très agile dans l’humour…

      Tano.
      Tout est « compréhensible ». Mais tout est complexifié de façon volontaire.

      Pour ceux qui ont fait des petites simulations à base de SEUILS (le taux change à partir d’un élément parallèle), l’esprit humain est incapable d’obtenir le résultat d’une équation contenant DEUX niveaux et TROIS effets de seuil.
      Là, ne reste plus que les simulations sur un tableur en utilisant la dichotomie.
      D’où mon adresse mail.

      Et pour la partie « juridique », si une clause n’est pas écrite dans un langage compréhensible, on la raye en notant le nombre de mots supprimés en fin de contrat avant d’éventuellement signer.
      Beaucoup de commerciaux n’aiment pas ça…
      Bizarrement 🙂

    4. @ Yvan

      Pour les maths, c’est vrai qu’ils complexifient à plaisir et avec un but: que ceux qui sont chargés de les contrôler n’y comprennent rien. (enfin quand ils les contrôlent, donc tous les 200 ans! )

      Et puis les maths c’est pas mon truc.

  14. Initiative inutile voire contre-productive. « Extraire (des discours de Sarkozy) les propositions les plus radicales ». Si radicales que Nicolas Sarkozy s’est bien gardé de les appliquer. Cette démarche est optimiste: on pourrait attendre du pouvoir politico-financier une capacité-volonté à se réformer (« réforme »; « rupture »: ça ne vous rappelle rien?). « Savent pas, peuvent pas, veulent pas » énonçait Paul Jorion dans son « Le Temps qu’il fait » du 24 décembre. Tout cela en même temps, en effet, et c’est bien ce qui est grave. « Inconscients (comme moi!) de leurs déterminismes socio-culturels », aurait dit Henri Laborit. Qu’il ne faille pas « se fier au capitalisme pour réparer les dégâts dont il est responsable: il en est incapable. Il n’est pas équipé pour cela » (Isabelle Stengers) passe encore. « Assez pensé! » lançait Christine Lagarde-que-le-monde-entier-nous-envie devant un parterre du Medef quelques semaines après son accession au ministère de l’économie. Que la capitalisme « ne soit pas équipé pour penser » (Stengers, toujours), soit, donc. Mais, quand bien même le péril hyper-libéral serait éloigné, et un avatar social-démocrate ayant pris le relais, la question des limites resterait dans toute son ampleur: matière, énergie, vivant. Nous n’avons qu’une planète; cela va bien finir -aussi- par se voir. Un exemple, très récent: aux inquiétudes -fondées- sur l’accès aux ressources en métaux rares -97% en Chine-, essentiels à la prétendue « croissance verte », les indécrottables optimistes répondent en substance: « Ouvrons des mines en Australie, en Afrique! ». Ni le Pacte de Nicolas Hulot, (mauvais) clown de l’écologie, ni le Grenelle de l’environnement, n’ont fait avancer d’un iota dans ce domaine. Pour revenir à la crise financière objet de l’initiative de Paul Jorion:
    nous en sommes conscients (et ce blog y contribue grandement);
    « nous » (pas moi, ceux qui ont quelque compétence pour cela, dont Paul Jorion) proposons des solutions;
    nous ne savons pas comment faire pour qu’elles deviennent réalité (sinon elles le seraient déjà);
    elles sont d’une telle ampleur qu’elles changeront radicalement « le système »;
    nous ne savons pas ce qui le remplacera (par quoi le remplacer).
    La proposition de Paul Jorion s’inscrit dans la troisième étape. J’espère me tromper dans mon jugement énoncé au début. Tous les jours, les faits prouvent pourtant que l’oligarchie politico-financière -pardon, je caricature: c’est juste pour rappeler à quel point « ils » ne sont vraiment pas nombreux-, consciemment, volontairement ou non, maintient voire accroît sa domination. Je ne vois toujours pas ce qui pourrait l’ébranler. Le seul espoir que j’entrevois serait européen. Mais la Hongrie va prendre la présidence de l’Union au 1er janvier. Allez voir ce qui s’y passe actuellement en matière de libertés… Merci néanmoins, encore une fois, à Paul Jorion et à tous ceux qui font vivre ce blog, et à l’année prochaine!

    1. L’info (si info, car introuvable) vient de quelqu’un dont la seule solution consiste à baisser les prélèvements obligatoires – lesquels ne font que baisser depuis 20 ans, preuve qu’il lit visiblement les statistiques de l’INSEE dans le sens qui l’intéresse seulement.

    2. Je n’arrive pas à voir où il le dit. Ou bien voulez-vous simplement dire qu’il qualifierait sûrement mon approche d’« inspiration marxiste », si jamais il en parlait ?

      J’ai déjà expliqué de manière assez détaillée en quoi mon analyse se distingue sur ce plan-là de celle de Marx, dans mon billet intitulé : Où se situent les salariés ? ; tout cela sera d’ailleurs repris systémiquement dans Le capitalisme à l’agonie (Fayard 2011).

    3. Il le dit au tout début de l’article non pas directement en vous citant, mais plutôt en citant ceux qui emettent l’idée que la cause de la crise viendrait de la diminution de la part de revenu des salariés:
      « On entend depuis longtemps, et ce discours revient à la une à l’occasion de la crise, que le partage de la valeur ajoutée a évolué au détriment des salariés et en faveur des actionnaires. Le partage travail/capital se ferait de plus en plus en faveur du second. Et tous les discours d’inspiration marxiste, avouée ou non, de surenchérir sur l’exploitation des travailleurs par les méchants patrons qui s’en mettent plein les poches…  »

      ce n’est d’ailleurs pas une critique, Marx ayant écrit certaines vérités (toujours vraislongtemps après).
      Même ce monsieur dit des vérités : mes amis fonctionnaires sont désespérés du gachis des administrations (il faut utiliser tout le budget, sinon on nous le baissera l’année prochaine, etc…), même si ces situations se retrouvent dans le privé de façon moins vivace.
      Pour moi les économies à réaliser sont d’ordres organisationnelles & gain de productivité.

  15. Je soumettrai cela à votre lecture dans un prochain billet. Nous en discuterons alors et tenterons de mettre au point à partir de là, un texte court mais percutant.

    Paul, n’en démordez pas, votre théorie elle est au point, je dirais même « à point », votre initiative ne peut être comparée à celle de Nicolas Hulot comme l’ont fait certains commentateurs.
    Hulot a déçu, non pas parce que son combat n’était pas honorable, ni que les constats qu’ils établissaient étaient foncièrement faux, mais parce que son pacte proposait des objectifs quantitatifs. Il y manquait une théorie consistante, laquelle est justement votre point fort.
    Votre mesure phare, l’interdiction des paris sur les fluctuations de prix, ce n’est pas plus ou moins de ceci ou cela. C’est une position tranchée, tranchante, qui répond d’une véritable analyse, analyse dont la conclusion logique est que le capitalisme est à l’agonie.

    Le pacte de Nicolas Hulot n’était portée par aucune analyse sociale et politique. Il s’agissait seulement dans un grand élan volontariste de repousser les forces du mal carbonique. Vous postulez à l’inverse l’agonie d’un monde, et non pas du monde, même si la fin de l’espèce est une éventualité que vous mentionnez. En pointillés dans vos divers billets et interventions il ressort que diverses options de sortie du capitalisme sont envisageables. De la reconstitution d’une nouvelle aristocratie selon un modèle qui ne serait plus à proprement parler du capitalisme, jusqu’à l’émergence d’un nouveau modèle, plus humain.
    Aussi, je ne dirais pas comme Schizosophie que le capitalisme se transformant tout seul, il suffirait au moment opportun de cueillir d’un coup, tel un fruit mûr, sa mutation, car en ce cas cela supposerait que sa mutation évoluerait dans un sens prédéterminé, comme si l’avenir était déjà tracé.
    De deux choses l’une. Soit votre théorie est pertinente, et alors dans ce cas tout doit être fait pour la diffuser autant qu’il soit possible, et le plus tôt est alors le mieux, en utilisant toutes les ressources dont nous disposons, sans craindre parfois les demi-échecs. Soit elle est incertaine et alors à quoi bon passer à l’action. Bref une théorie pertinente ne doit pas attendre pour son application pratique, aussi mince (apparemment) soit-elle dans un premier temps. Dans le cas contraire nous sommes reconduits au schéma révolutionnaire classique qui a déjà fait son temps.

    1. « Soit elle est incertaine et alors à quoi bon passer à l’action. »

      Pierre-Yves, si on ne passe à l’action qu’en étant sûr de son coup, on ne passe presque jamais à l’action. 🙂

    2. Moi,

      Il ne s’agit pas ici du résultat de l’action mais de sa motivation.
      Je voulais dire simplement qu’on est d’autant plus disposé à passer à l’action et d’y mettre toutes ses forces intellectuelles et morales que l’on est convaincu de la pertinence d’une théorie et de la justesse des mesures qui peuvent en découler.

    3. D’accord avec toi. Ceci dit et ce n’est pas en contradiction, parfois, lorsqu’on touche le fond, convaincu de la justesse d’une action ou pas, on passe à l’action pour l’action. Juste pour détendre la pression et pour pas continuer à rester passif à se faire prendre pour une bille. Ou encore parce qu’il n’y a de toutes façons rien d’autre de plus convaincant à suivre. L’action (et ce qui la motive) est un phénomène mystérieux je trouve.

    4. je ne dirais pas comme Schizosophie que le capitalisme se transformant tout seul, il suffirait au moment opportun de cueillir d’un coup, tel un fruit mûr, sa mutation,

      Pop, poppop ! Je n’ai pas dit ça du tout !

    1. Je la connaissais.. Et tellement réaliste que des pompiers, aux US, ont provoqué un scandale en laissant bruler la maison d’un gars qui n’avait pas payer la taxe pompier.
      Ils ont commencé à éteindre lorsque le feu a menacé les voisins qui… avaient payé.

  16. Si l’on considère qu’il y a guerre sociale , il serait honorable de livrer bataille ouvertement.
    Il existe des précédents tout à fait prestigieux.
    le Manifeste des 121 en 1960, affirmant le doit à la soumission, contre la ‘guerre’ en Algérie.
    La déclaration du MLAC en 1971 dans laquelle des femmes, célèbres ou non, affirmaient publiquement avoir pratiqué ou aidé à faire pratiquer l’avortement illégalement et avoir enfreint une loi datant de 1810.
    Dans ces deux cas, le risque pris par les signataires était autrement plus important que de faire son coming out en réclamé une transformation du capitalisme (transformation , pass abolition si j’ai bien compris). Une exigence éthique, minimale, qui consiste à réduire les opérations financières qui parasitent et amoindrissent l’économie réelle.
    Nous ne risquerons pas l’échafaud, à peine quelques euros (si cette monnaie a encore cours au moment voulu) chacun pour faire passer le manifeste le plus largement dans la presse.

    1. le doit à la soumission

      pardonnez- moi : le droit à l’insoumission ! tout le monde aura corrigé, mais c’est un si beau mot, dans certains cas !

  17. Un esprit sain dans un corps sain. Une société qui ne favorise pas l’esprit sain ne mérite pas le nom de démocratie. Ce n’est pas facile*, mais c’est là tout l’intérêt.

    *

    Les princes d’autrefois, qui connaissaient le Tao ne l’enseignaient pas au peuple. Car un peuple est difficile à gouverner s’il a trop de savoir. Celui qui utilise le savoir pour gouverner ruine son pays. C’est pour cela qu’il faut garder le peuple dans son heureuse ignorance. Celui qui le gouverne dans la simplicité le rend prospère et tranquille. Ces deux principes sont à la base de tout gouvernement. Les connaître, c’est posséder la vertu suprême, c’est avoir devant les yeux le modèle des modèles. La vertu suprême est illimitée, insondable, mystérieuse. Elle ramène tous les êtres à la sublime harmonie, vers où tout s’achemine.

    Extrait du TAO TÖ KING, LE LIVRE DE LA VOIE ET DE LA VERTU par LAO TSEU.

    1. ???!!!!
      Obscurantisme :
      Du latin obscurus, obscur, sombre.
      L’obscurantisme désigne une attitude, une opinion ou une doctrine opposée à la diffusion des connaissances et au progrès de la science et la raison.
      L’obscurantisme a été combattu par les Lumières, mouvement des penseurs et philosophes de XVIIIe siècle, qui prônaient le progrès général dans le comportement humain, y compris dans le domaine politique, par la diffusion la plus large possible de toutes les connaissances. Ils s’opposaient ainsi aux superstitions et aux croyances perpétuées par la domination de l’Eglise.
      Le terme obscurantisme sert par exemple à caractériser les idées des adversaires de l’esprit des Lumières qui, au XIXe siècle, s’opposaient à la diffusion de l’instruction parmi le peuple.

      Désolé, mais là j’appelle à l’aide quelques maîtres-nageurs, ça sent par trop la noyade l’affaire…

      « Les religions sont comme les vers luisants: pour briller, il leur faut de l’obscurité. »

      (Arthur Schopenhauer / 1788-1860 / Parerga)

      « Avec l’idole de la certitude (qui inclut celle de la certitude imparfaite ou probabilité) tombe l’une des défenses de l’obscurantisme, lequel met un obstacle sur la voie du progrès scientifique.
      Car l’hommage rendu à cette idole non seulement réprime l’audace de nos questions, mais en outre compromet la rigueur et l’honnêteté de nos tests. La conception erronée de la science se révèle dans la soif d’exactitude. Car ce qui fait l’homme de science, ce n’est pas la possession de connaissances, d’irréfutables vérités, mais la quête obstinée et audacieusement critique de la vérité. »

      (Karl Popper / 1902-1994 / Logique de la découverte scientifique)

      « En réalité, il n’existe pas ni parenté, ni amitié, ni même hostilité entre la religion et la vraie science : elles vivent sur des planètes différentes. Toute philosophie qui laisse une queue de comète religieuse s’allumer dans l’obscurité de ses perspectives ultimes donne à suspecter toute la part d’elle-même qu’elle présente comme science : tout cela aussi, on s’en doute, est de la religion, quoique parée des pompes de la science… »

      (Friedrich Nietzsche / 1844-1900 / Humain, trop humain)

      « […] la nuit faite dans les esprits par l’ombre des soutanes, et les génies matés par les bedeaux. »

      (Victor Hugo / 1802-1885 / Discours à l’Assemblée du 15 janvier 1850 / projet de loi Faloux)

      « Ce n’est pas la science qui se détourne de la métapsychie, mais la métapsychie qui fuit la science, comme elle fuit le grand jour. »

      (Jean Rostand / 1894-1977 / L’homme)

      « J’en ai ma part : veau d’or, sphinx, chimères, griffons,
      Les princes des démons et les princes des prêtres,
      Synodes, sanhédrins, vils muphtis, scribes traîtres,
      Ceux qui des empereurs bénissaient les soldats,
      Ceux que payait Tibère et qui payaient Judas,
      Ceux qui tendraient encore à Socrate le verre,
      Ceux qui redonneraient à Jésus le calvaire,
      Tous ces sadducéens, tous ces pharisiens,
      Ces anges, que Satan reconnaît pour les siens,
      Tout cela, c’est partout. C’est la puissance obscure. »

      (Victor Hugo / 1802-1885 / Religions et religion / 1880)

      Mais à scruter les lois de la nature humaine,
      à chercher la lumière et la réalité,
      ma foi s’est dissipée, ainsi que l’ombre vaine
      des fantômes des nuits, fils de l’obscurité. »

      (Paul Broca, chirurgien /1824-1880 / poème)

      « Les dieux, je ne puis dire qu’ils sont, ni qu’ils ne sont pas, ni de quelle nature ils sont. Beaucoup de choses empêchent qu’on le sache: et l’obscurité de la question et la brièveté de la vie humaine »

      (Protagoras / 485-410 avant JC / Platon, Théétète)

    2. Au fait…

      On a pas vu Jérémie depuis un bout de temps…

      Quoique.. j’imagine Fab et lui nous faire une guerre de religion sur le blog… On ne serait pas sorti de l’auberge.

      Bonne réincarnation, Fab 😉

    3. Vigneron,
      Il te faudra préparer quelques en-cas d’avance parce que la religion c’est increvable.
      Dès que j’entends ce mens sana in corpore sano, j’ai une double association : d’abord l’hésitation sur le « t » final ou pas, puis une pensée pour Daniel Gottlieb Moritz Schreber le papa du mieux connu Daniel Paul Schreber, que personne n’a oublié grâce à Freud qui en a fait un des ses cinq cas de psychanalyse à vrai dire il a « analysé » le bouquin de Daniel Paul « mémoires d’un névropathe ». Le papa Daniel Gottlieb Moritz était un fan de gymnastique auteur du Das Pangymnastikon réédité en avril 2010 toujours un best seller. Tu devrais aussi préparer quelques en-cas d’avance à propos de Jung, qui ne manque pas d’admirateurs sur ce blog voir l’autre fil, mais peine perdue le sentiment religieux est mutant Mutatis mutandis.

    4. peine perdue le sentiment religieux est mutant

      Z’inquiètez pas, Rosebud1664, depuis Pasteur on a appris à renouveler la Vaccine… Pas les terribles mutants type H1N1 qui vont nous abattre…

    5. Vigneron, Entre la Budweiser et la 1664 me vlà mis en bière. C’est bien vu par télépathie puisque je sirote une chimay bleue, et pour la raison funèbre merci de tes bons vœux.

    6. vigneron,

      Vous savez moi, les citations…elles sont là pour illustrer…si l’une ne convient pas j’en prends une autre…mais en aucun cas elles ne me dictent mes sentiments…et j’essaie de faire le plus attention possible pour qu’elles ne dirigent pas ma réflexion… Cela dit je trouve que vous accordez beaucoup de confiance soit aux grands textes (faites-vous de même avec les textes ésotériques ?), soit à votre jugement.

      Premier soit : c’est votre problème.

      Deuxième soit : une autre lecture :

      « Ces deux principes sont à la base de tout gouvernement. Les connaître, c’est posséder la vertu suprême, c’est avoir devant les yeux le modèle des modèles. La vertu suprême est illimitée, insondable, mystérieuse. Elle ramène tous les êtres à la sublime harmonie, vers où tout s’achemine. »

      Les connaître est-il écrit. Et pas les appliquer. La vertu suprême est de les connaître : pensez-y, ça sert pour aller vers « la sublime harmonie, vers où tout s’achemine ».

      Rosebud1871,

      Prenez la peine de lire en vous disant que l’autre cherche le bien, ça fait du bien aux deux : si vous voyez le lien avec la citation c’est que vous n’en êtes pas loin… Cela dit : pensez-vous que le corps et l’esprit de la société soient sains ? Ou saints ?

    7. @ Fab

      Sur les textes, j’ai pas d’état d’âme, juste des armes, plus ou moins dangereuses, plus ou moins adaptées, plus ou moins rouillées, point.
      Sur le tri, j’me prends pas le chou non plus, à la moindre odeur suspecte de prétention de Loi révélée et absolue, de chemin lumineux vers le Savoir ultime, de chemin de Lumières, patin couffin, je coupe court, je guillotine, au panier.

      (Je ne parle pas là bien sûr de textes purement littéraires.)

    8. @ Rosebud1871

      « la religion c’est increvable »

      Tu as raison, ça dure depuis 5 000 ans au moins. La connerie aussi, d’ailleurs (encore plus, même).

      « Jung, qui ne manque pas d’admirateurs sur ce blog voir l’autre fil, mais peine perdue le sentiment religieux est mutant Mutatis mutandis »

      Quant tu écris « religion » tu parles de quoi? Des religions? Des spiritualités? Des ésotérismes? De tout à la fois? Ou de rien de tout ça parce que tu ne sais pas très bien de quoi il s’agit?

      Mais peut-être tu parles de tout ce qui dépasse la hauteur de tes neurones et que tu n’arrives pas à comprendre quand tu es debout sur le tabouret auquel tu montes pour regarder le monde…

      Quant à Jung, tu en as lu quoi? La quatrième de couverture de son Que-sais-je? Et tu en as compris combien de lignes?

    9. @pablo

      Tu devrais lâcher un peu le morceau, Pablo, j’ai peur que sur le coup, avec Rosebud, ce soit mal engagé ton affaire. C’est plus que limite même. Moi, c’que j’en dis…

    10. Si l’on part du principe que tout système d’organisation sociale est l’aservissement du plus grand nombre pour que tout à chacun est un sentiment de liberté dans sa capacité d’action, et donc un sentiment d’épanouissement personnel, que la connaissance vienne lui montrer que c’est foutaise, ça n’a rien de bon pour l’ensemble.

      Il est hypocrite de penser que la connaissance, même si elle doit être de libre diffusion, est forcément la panacée pour tous. Puisqu’on en est au citation, Nietsche (encore lui…) aurait dit « Lorsque tu regardes l’abime, l’abime de regarde. » Et cet homme, selon la légende, aurait fini à genou devant un cheval pour lui demander pardon.
      La connaissance est multiforme, pas forcément tournée vers le sens commun (j’ai toujours été intrigué de la représentation du monde d’un autiste, qui doit bien valoir celui d’un Einstein) et force est de constater que celle qui donne le pouvoir est bien la plus dangereuse pour la stabilité de toute organisation sociale.
      En outre, l’intelligence peut servir à loger la bêtise. Moi, je travaille au quotidien avec quelqu’un de brillant, mais qui est pour le reste détestable et détesté.

      Obscurantisme, quand il s’agit de protéger, sans pour autant cacher, je n’ai rien contre.
      De toute façon, l’obscurantisme règne même en la maison du savoir, puisque par une « sélection » pratiquée savamment par les professeurs, seuls une minorité d’élus,les bienheureux qui ont eu une white card pour faire des étude générales et aller au delà du bac (pour y apprendre bien souvent des foutaises sans aucune utilité) savent toiser de haut le pauv plouc d’ouvrier,l’infirmière (qui passe déjà pour être moins bête), ou la technicienne… Rien de plus naturel pour eux de penser que certains sont fait pour les travaux pénibles, et la digne tâche des les organiser leur revient.

      Elitisme? Probablement, mais l’orgueil en moins, car conscience de n’être rien entre ses mains.

    11. @Antoine

      Si l’on part du principe que tout système d’organisation sociale est asservissement du plus grand nombre, (…)que la connaissance vienne lui montrer que c’est foutaise, ça n’a rien de bon pour l’ensemble .

      OK, alors vous le situez où le bon niveau de connaissance « minimum » et « maximum » du plus grand nombre, puisqu’évidemment vous considérez que les autres, du dessus du panier, ne sont pas limités, puisqu’il ont tout intérêt à savoir ce qui est « foutaise » ou pas, puisque de cela dépendraient leur privilège et, selon vous, le « bon » équilibre de l’ensemble ?
      Lire, écrire, compter, niveau certificat d’études primaires (du bon vieux comme on en fait pu mais ric-rac ka même), on va dire ? Ah ben non, c’est déjà trop, pensez donc ! nos bons p’tits autistes seraient capables de venir lire des choses dangereuses sur le blog Jorion ! écrites par des Antoine par exemple…Vont s’faire du mal à la cabeza les pôv choux ! Ça va être la fin des haricots et la mort du petit cheval, dans un grand éclair blanc ! Va pas faire un pli ! Non non, juste compter. Pour pas faire de découvertes malencontreuses… ni de découverts, malheureux !
      …Quoique, même compter…
      Bon beeeen yaka dire apprendre à travailler kômyfô tet pi c’est marre… Et pi à faire de beaux rêves et de beaux enfants aussi… Pasqui faut bien dormir kan t’y fait noir et pasque la famille, ka même ! c’est important, surtout les enfants.
      Bonne nuit… et faites de beaux rêves…

    12. Fab 31 décembre 2010 à 18:00

      Prenez la peine de lire en vous disant que l’autre cherche le bien, ça fait du bien aux deux

      Ben si vous avez un viatique sous le bras de ce qu’est le bien, le vôtre ou celui de l’autre, je vous trouve bien malin au sens de diabolique. Sur ce blog il y a consensus majoritaire pour une autre répartition des biens, c’est bien puisque que c’est pour le bien de presque tous plus et même ceux qui pétés de biens n’ont le souci de leur bien qu’à l’aune de leurs biens. Eh bien « croire » que le presque tous pourrait être un tous et leur expliquer pour leur bien que ce serait aussi pour leur bien bien compris, c’est déjà risquer de les persécuter puisque leurs biens, bien entendu et biens entendus, c’est une prothèse de leur corps personnifié. Je ne suis pas ici missionné pour faire le bien, juste pour causer de la répartition des biens, et ça l’histoire a montré que ça pouvait faire très mal et être mal pris.

    13. VIGNERON,

      Je ne le situe nul part, le niveau de connaissance, car ce n’est pas selon moi la source du bonheur, qui est certainement plus dans « la simplicité », vue par LAO TSEU.

      Comme j’essayais de l’indiquer précédemment, ce n’est pas parce qu’on est la plus grosse tête qu’on détient forcément les moyens d’être heureux et de transmettre ce bonheur.

      Après, préserver ce bonheur appartient à ceux qui ont « le privilège » de le discerner.

      Mais le discerner, ça ne rend pas plus heureux, au contraire, ou alors, selon moi, ils sont dans l’erreur. Le discerner, cela peut être même un abime dans lequel mieux vaut ne pas sombrer.

      Celui qui ne sait pas lire, l’autiste ou même celui qui apportera un grain supplémentaire à la théorie de la relativité goûte à la même joie de vivre, qui se nourrit de choses plus simple qu’un verre d’eau. Le reconnaître, ça ne me paraît pas seulement à la portée d’un grand penseur.

      Par contre préserver cette joie de vivre pour le bonheur de tous, c’est un devoir qui n’est pas forcément à la portée de tout le monde.
      Qu’on le veuille ou non, pour qu »il y ait organisation sociale, il faut des organisateurs.
      Qui,me direz vous? …Pourquoi pas vous?

      Je ne prétends pas qu’il faut renier le plaisir de raisonner, mais simplement le remettre à sa place, avec d’autres plaisirs tout aussi intense.

  18. Cher M. Jorion,

    Ne connaissez-vous pas déjà la réponse de nos « dirigeants » ?

    ILS SERONT D’ACCORD SUR TOUT ! Mais …

    ON NE PEUT PAS PRENDRE DE TELLES DECISIONS TOUS SEULS !

    Déjà utilisé pour stopper la taxe carbone : COM-PE-TI-TI-VI-TE, l’impératif implacable qui empêche de faire ce qu’on veut…

    La liberté ne s’arrête plus où commence celle des autres. Elle s’arrête où commence la baisse de la compétitivité !

    Une grosse bête dans le bestiaire des monstres aliénants, n’est-ce-pas ? Mériterait sûrement une étude zoologique serrée …

    Bonne santé pour vous et votre famille en 2011. Pour le boulot, pas de souci, vous ne saurez où donner de la souris.

  19. Reprendre et revenir sur les discours des gouvernants pour leur rappeler leurs dires ne me semble pas faisable. L’évitement est plus que probable et l’on peut être assuré de devoir courir longtemps pour avoir un début de réponse. Je ne vois pas comment les mettre en demeure d’y répondre. Cette question ne risque pas d’effrayer le bonimenteur et ses affidés. M’est avis que pour eux, l’affaire est déjà classée.
    Mais surtout, permettez de saisir ce jour pour tirer mon chapeau à Paul, François et les autres tout les autres, pour cet étendard que vous tenez à bout de bras et vous remercier de mettre à notre disposition ce lieu d’apprentissage et d’échanges. Grand Merci à vous.

  20. Bonjour et meilleurs voeux à tous.

    Pourquoi, au lieu de soumettre un texte aux partis politiques, ne pas écrire un « cahier de doléances populaire », soit une liste de voeux formulés par le peuple lui-même.
    Ce cahier serait alors remis aux députés de l’Assemblée Nationale avec le soutien physique et pacifique de tous ceux qui voudraient bien se rendre à ce rassemblement.

    La tâche est immense. Elle renvoie à la proposition de Paul Jorion dans ce billet et aux idées exprimées par Stéphane Hessel dans son petit ouvrage « Indignez-vous ! » : opposer une résistance pacifique et créer, imaginer, donc s’engager pour une autre société et pas uniquement tenter de se défendre contre les attaques de nos libertés fondamentales.

    La constitution française affirme encore la souveraineté du peuple dans le choix des orientations politiques et sociales du pays. Le Parlement est le lieu où s’exprime l’expression de la majorité populaire. Je ne suis pas naïf, l’Elysée et le parti politique majoritaire (plus les alliés objectifs, banques, Medef, etc.) mènent à leur guise les orientations économiques.

    Mais nous pourrions essayer de changer ce rapport de force grâce à l’action d’une partie de nos concitoyens.
    Des outils démocratiques existent (pétition, rassemblement, organisation) dès l’instant qu’ils sont utilisés dans le cadre de la loi.
    L’Internet permet à moindre coût de rassembler, trier et organiser les idées de toute sorte.

    J’insiste toutefois sur le fait que ce projet n’a de sens que s’il recueille l’adhésion d’une grande partie des électeurs. Autant pour la participation aux idées (soumissions modérées comme les commentaires de ce blog, toujours favorables à l’intérêt général) et au rassemblement devant l’Assemblée Nationale.

    Qu’en pensez-vous ?

    1. Ce cahier de doléances populaires présenterait l’avantage de rappeler à ces messieurs-dames qu’ils sont à notre service et pas l’inverse, dans un système républicain où le peuple est souverain .

      D’autre part, il faut imaginer des mesures légales de rétorsion se retournant directement contre les finances des membres du gouvernement si nos doléances ne sont pas prises en compte .

    2. @ Monsieur Jorion,

      L’initiative est en rapport avec la vôtre, je dirais même qu’elle est complémentaire. Elle n’a pas pour but de se substituer à votre proposition, mais tenter d’aller plus loin si c’est possible.
      Elle a toutefois l’avantage de se soustraire à un programme de promesses de parti, quel qu’il soit.
      Elle pourrait recueillir l’assentiment populaire car construite par les gens eux-mêmes.
      Vous avez très bien exprimé le ras-le-bol de la plupart des citoyens lors d’une émission télévisée il y a quelques semaines en défendant le sens de l’appel de l’ex-footballeur Cantona à retirer l’argent des banques.
      La méfiance envers les institutions n’a jamais été aussi forte.

  21. @jducac,
    Décider de repousser sa première paie pour faire des études d’ingénieur, c’est préférable . Mais tout le monde, dans l’urgence de la survie , n’a pas eu l’opportunité de pouvoir choisir un emploi évolutif et de se passer un certain temps d’une modeste paie . Pour repousser cette paie à l’époque de votre jeunesse, il ne fallait pas que l’existence d’autres personnes en dépende directement si la vie (ou la mort) avait fait de vous un soutien de famille, Au bout d’un certain temps, on pouvait reprendre des études par correspondance après la journée de travail,mais que de sacrifices pour un résultat incertain !

    1. @ Mianne dit : 1 janvier 2011 à 18:38

      C’est bien pire que cela Mianne, car ils n’avaient même pas à sacrifier une paie d’ouvrier, puisqu’ils l’auraient conservée pendant leurs études d’ingénieur. Cela exigeait seulement d’eux qu’ils souscrivent un engagement de 10 ans au service de l’Etat et surtout qu’ils ne ménagent pas leurs efforts.
      Le parcours était bien évidemment sélectif par concours successifs. Le processus à suivre est décrit ici :
      http://www.pauljorion.com/blog/?p=2486#comment-21164

      Mon meilleur camarade d’apprentissage, qui avait un grand potentiel, ne s’y est même pas essayé, parce qu’il a fait le choix de jouir au plus vite d’une vie moins contraignante que celle exigée par un cycle d’études nécessitant courage et persévérance. Cela ne l’a pas empêché de connaître une vie heureuse, mais de moindre ampleur.

      Oui, j’affirme et je confirme que la plèbe (pour reprendre la terminologie de François tout court) a tendance à vouloir jouir tout de suite du peu qu’elle a acquis plutôt que de capitaliser, ce qui lui permettrait d’aborder le reste de son existence dans des conditions à la fois moins fragiles et plus confortables. C’est ce qui me fait dire qu’à la base, le capitaliste est un homme (une femme) comme les autres, sauf qu’il a su cultiver une qualité essentielle qui le distingue de l’animal, consistant à savoir résister à ses désirs immédiats. Cela lui permet de capitaliser et de multiplier ses capacités initiales par une sorte d’effet de levier qui accroît son rendement.

      Bien évidemment, une bonne part de ceux qui n’ont pas su faire preuve de cette qualité première, de cette force de caractère qui fait triompher la volonté et la raison sur les pulsions, décrivent les capitalistes, comme des êtres abjects et méprisables, à ne surtout pas imiter.

      Certains vont même, j’en ai rencontré sur ce blog, jusqu’à prôner l’endettement pour consommer, comme moyen de lutte suprême contre le capitalisme, sans voir qu’ils accélèrent ainsi l’affaiblissement de leur pays, de leur culture, et au-delà, l’extinction de leur espèce.

      Condamner l’épargne, la capitalisation, la préparation du futur, au détriment de la jouissance présente, leur permet surtout de se donner bonne conscience, et de masquer leur propre faiblesse.
      Le penchant naturel de recherche du moindre effort et de recherche du plaisir immédiat a été d’autant plus stimulé que le message religieux qui condamnait le fait de ne pas savoir résister à ses désirs, s’est trouvé notablement affaibli et est devenu pratiquement inaudible face à ceux délivrés par les médias et la publicité depuis une quarantaine d’années.

      Cette faiblesse de base, loin d’être combattue et mise à l’indexe par les organes encore influents sur les gens de condition modeste, leur a été présentée au contraire comme un besoin fondamental à satisfaire. Les courants dits progressistes bien implantés dans les milieux artistiques, intellectuels, enseignants, syndicaux et politiques associés, n’ont eu de cesse de revendiquer davantage de pouvoir d’achat, donc de pouvoir consommer et ce, le plus tôt possible, quitte à faire éclore une jeunesse plus préparée à la rébellion, à la revendication, qu’à l’effort sur soi.

      Quelle grave erreur.

      Pas étonnant qu’on entende parler de revenu de base inconditionnel à octroyer depuis la naissance jusqu’à la mort, quoi qu’on fasse. C’est du délire à l’heure où l’épuisement des ressources naturelles non renouvelables devrait au contraire inviter chacun à fournir les efforts nécessaires pour tenter de compenser ces richesses perdues. Il faudrait au contraire inciter tout le monde à travailler plus et à consommer moins afin de lui éviter les désillusions douloureuses, voire-même suicidaires.

      Mais cette faiblesse, qui nous ramène au pêché originel, a de tout temps été exploitée par des profiteurs de toute sorte.

      J’en veux pour preuve, le nombre faramineux de cafés et autres estaminets qui, dans ma jeunesse, lorsque les paies des ouvriers n’étaient pas encore virées en banque, s’implantaient aux portes des entreprisses employant beaucoup de personnel de petite condition. Ces établissements, parfois présentés comme des entreprises à caractère social, s’installaient au plus près de la source de leurs revenus en exploitant la faiblesse de leurs congénères.

      Ils exploitaient l’effet de tentation et vivaient de la faiblesse d’une clientèle pavlovienne d’autant moins capable de résister à ses désirs qu’une sorte de comportement de classe intégrait cette tendance pour en faire un mode de vie, un standard vers lequel les jeunes se trouvaient naturellement guidés.
      J’ai personnellement failli m’y laisser entraîner en suivant les camarades les plus influents de mon atelier, alors que j’étais un jeune ouvrier de 18 ans (la majorité était à 21) mais autonome financièrement. Je dois à mon père d’avoir su, par son intervention ferme et convaincante, me détourner de cette façon stupide de vivre. Je lui en ai toujours été très reconnaissant. En le signalant ici, je lui rends hommage et réponds aussi au souhait de Juan Nessy de mieux le connaître.

      Mais maintenant les paies sont virées en banque lesquelles n’ont pas manqué d’exploiter la faiblesse congénitale de leurs victimes, à savoir, la consommation plus que la capitalisation. C’est bien pour cela que la banque offre des autorisations de découvert pour mieux plumer les clients bien trop faibles pour refuser de se faire plaisir.

      La base de l’éducation devrait être d’apprendre à résister à la tentation. Il y a de gros progrès à réaliser chez la plupart des parents qui, aujourd’hui, ne savent plus rien refuser à leurs enfants.

    2. @ Jducac

      …le capitaliste est un homme (une femme) comme les autres, sauf qu’il a su cultiver une qualité essentielle qui le distingue de l’animal, consistant à savoir résister à ses désirs immédiats.

      Bravo, il fallait oser la faire celle là !

    3. @jducac,

      bien que je ne soit pas un anti-capitaliste et plutôt en accord avec votre ligne de pensée et l’importance d’éduquer les enfants a savoir résister aux tentations de dépenses inutiles et épargner pour les mauvais jours, je pense qu’il faudrait quand même emmètre deux bémols importants :

      . d’une part l’héritage est un problème moral fondamental du capitalisme puisqu’il permet à certains de disposer d’un capital sans avoir jamais travaillé ou, comme vous le dites, résisté à la tentation et épargné. Amha, le capitalisme ne peut fonctionner tant que l’on autorise l’héritage.

      . d’autre part, et d’autant plus important, ils sont quand même nombreux ceux qui dans le monde ne disposent même pas d’assez pour subvenir à leurs besoins de survie minimum et ne peuvent donc pas avoir le luxe de résister à la tentation et d’épargner.

    4. @ chris06 dit : 4 janvier 2011 à 18:14

      il faudrait quand même émettre deux bémols importants

      D’une part, concernant l’héritage. Au risque de vous décevoir, je suis favorable à son maintien. Selon moi, transmettre un héritage, même très petit, témoigne d’une prise en compte du futur et de la mission première qui devrait animer chaque être humain, à savoir, favoriser la survie de l’espèce. Laisser un héritage peut aider ses successeurs à assurer à leur tour cette même mission s’ils se trouvent confrontés à des conditions économiques plus difficiles, par exemple en cas d’épuisement et/ou du renchérissement des énergies. Cela semble à mon avis bien plus moral que de tout consommer de son vivant en faisant des dépenses de jouissance et de consommation, comme des voyages aux longs cours, prendre des vacances coûteuses, réaliser des achats de futilités pour se faire plaisir, consommer des mets, des boissons, des spectacles et des jeux coûteux etc… histoire de se dire « j’en profite tant que je peux, après moi le déluge, les autres qui me suivent (enfants, et petits enfants) n’auront qu’à se débrouiller ».
      Une telle attitude n’est ni morale ni responsable. Elle vise à une surconsommation égoïste et inutile de ressources car, une fois le plaisir de la consommation achevé, la destruction de valeur et des ressources qu’elles ont nécessité a eu lieu et il ne reste plus rien à transmettre aux suivants. On n’a fait que consommer les ressources sans restituer de capital. Il en est tout autrement lorsque l’on vise à préserver un capital matériel qui constitue une ressource pour le futur, disponible pour faire face aux besoins des vieux jours et, au-delà, être un témoignage concret d’une conduite vertueuse qu’il est toujours bon de transmettre à titre d’exemple.

      D’autre part, le fait qu’il y ait beaucoup de gens sur la planète qui manquent de l’essentiel ne doit pas, à mon avis, conduire à s’interdire de capitaliser, au contraire. C’est précisément parce que, dans certaines régions et certains milieux, on n’a pas su entrer dans le schéma multiplicateur de richesse en adoptant la démarche : travail plus que le strict nécessaireaccumulationconstruction d’outils performantsproduction compétitive, que les moyens manquent à beaucoup. Pour amorcer le processus, il convient de l’enseigner et cela demande des ressources pour le faire. A ceux qui sont jeunes et en mesure de travailler, il est impératif de leur apprendre à pêcher au lieu de leur donner du poisson. C’est un peu ce qu’a fait le Robinson dont j’ai raconté l’histoire ici : http://www.pauljorion.com/blog/?p=13534#comment-95198

      C’est ainsi que s’opère le développement, par imitation et mise en application des processus efficaces conçus et mis au point par des prédécesseurs imaginatifs et qui ont fait ainsi la preuve de leur réussite. Ces personnes, ces groupes de personnes, ces pays entiers, doivent être respectés. Ils font honneur à l’humanité et ne doivent pas être dénigrés comme tentent de le faire, dans cette file même, ceux qui aspirent manifestement à voir s’effondrer notre civilisation. Loin d’aider les plus faibles à améliorer leur condition, ils veulent les dissuader d’imiter ceux qui ont réussi, en leur faisant croire qu’ils en deviendraient les larbins.

      C’est une entreprise de destruction de l’humanité que je condamne. Elle vise à faire tendre notre société vers la médiocrité, le chaos, la barbarie. Elle s’apparente aux actions menées, au sein des écoles, par des groupes malintentionnés visant à discréditer les bons élèves, à dissuader les autres de devenir de bons élèves et à tout faire pour rendre les enseignants inefficaces. Diffuser cet état d’esprit, c’est diffuser une drogue destructrice de l’humanité.

      Malheureusement, ici comme ailleurs, je constate que peu osent le déplorer et s’y opposer.

    5. @jducac,

      a mon avis, léguer son capital a sa mort à la société ou des organisations caritatives non gouvernementales favoriserait beaucoup mieux la survie de l’espèce que le système particulièrement injuste de l’héritage actuel.

      Comme vous, je pense qu’il faut éduquer les enfants a cultiver le goût de l’épargne et leur expliquer la sécurité et l’affranchissement que cela leur procurera de leur vivant. Pourquoi voulez vous en plus que les parents leur procure ce matelas de sécurité sous forme d’héritage? C’est paradoxal.

      Je ne comprends pas votre lien entre surconsommation égoïste et suppression de l’héritage. Il me semble que notre société démontre que la surconsommation égoïste peut très bien coexister avec l’héritage.

      D’autre part, le fait qu’il y ait beaucoup de gens sur la planète qui manquent de l’essentiel ne doit pas, à mon avis, conduire à s’interdire de capitaliser, au contraire.

      Tout à fait d’accord, mais encore faut il donner à ceux qui manquent de l’essentiel l’éducation, les outils, l’infrastructure nécessaire et suffisante qui leur permettront de développer leur aspirations et la possibilité d’épargner.
      Je pense que le leg universel dont j’ai parlé auparavant peut jouer ce rôle. Et certainement de manière beaucoup plus efficace que les abérations et la misère qui résulte de notre système actuel.

      Je pense, comme vous, que le capitalisme a favorisé l’amélioration des conditions de vie et la réduction des inégalités pendant prés de 2 siècles. Mais depuis 30 ans, je constate que c’est l’inverse qui se produit, et à vitesse accélérée. D’une part il y a un problème grandissant de répartition et de concentration des richesses, et d’autre part il y a un problème grandissant de gaspillage des ressources essentielles dont les réserves s’amenuisent à une vitesse époustouflante.

      Ma conclusion est que si l’on veut, comme vous, sauver notre civilisation de la barbarie il faut mettre à plat cette version particulièrement abjecte du capitalisme qu’est le capitalisme financier neo liberal qui domine le monde économique depuis 30 ans et mettre en place les réformes structurelles profondes qui permettront à l’humanité de faire face aux grands défis du XXI e siècle. Et il n’y a pas de temps à perdre.

  22. a jducac…votre apostrophe m’inspite ces reflexions en me faisant penser à POLANYI

    Expliquez-moi pourquoi l’URSS , la Chine et même Fidel Castro à Cuba, ont décidé d’abandonner le collectivisme (communisme) pour mettre en place les mécanismes du capitalisme ?

    Pour les mêmes raisons que décrit Polanyi à propos de la loi de Speenhamland loi que certains decrivent comme l’ancêtre du « welfare state » sinon même d’un salaire universel. Cette loi a permit aux pauvres anglais expropriès de digérer l’établissement d’un marché libre et bien qu’elle ait eu des conséquences déplorables sur le moral des travailleurs anglais – beaucoup préfèraient gagner moins et se reposer – ses effets permirent à la société anglaise de supporter l’introduction du capitalisme.
    Il en est certainement de même pour les sociétés russes , chinoise ou cubaine qui décrétèrent pour réagir contre l’impérialisme capitaliste anglo saxon un système de protection des plus pauvres ou la plupart étaient assurés d’un minimun vital à condition qu’ils acceptent de voir leurs libertés drastiquement amputées.
    Les souffrances infligées au peuple russe pour supporter ce passage étaient motivées par le fait que ces pays résistaient ainsi pour défendre leur dignité nationale. Le peuple russe par exemple combattit avec acharnement , il ne faut pas l’oublier l’ agression fasciste – pour laquelle il avait de la sympathie – non pas pour défendre Roosevelt et Churchill mais essentiellement parce que les nazis en les envahissant remettaient en cause les avantages égalitaires acquis par leur révolution .
    Tout les peuples ne sont pas prêts à se faire acheter , les russes, les chinois et les cubains certainement apprivoisent dans la douleur et aux prix de mille injustices, mais d’égal à égal un ennemi redoutable qui a déjà soumis, comme on le voit ces derniers temps , l’occident.

    1. Speenhamland…

      Non seulement les causes et les effets des mesures concernant « les pauvres » décidées à Speenhamland (ainsi que celles qui ont précédé et suivi) ont donné lieu à des interprétations très différentes, mais les faits eux-mêmes (les mesures décidées dans chacune des paroisses étant différentes les une des autres, etc) ne sont pas clairement établis.

      Pendant au moins deux siècles les « non-pauvres » anglais ont procédé à des expérimentations en vraie grandeur concernant « les pauvres » et comme l’explique le texte (pdf) ci-dessous ces expériences ont servi et servent toujours de justification aux choix politiques actuels dans les pays anglo-saxon donc partout ailleurs dans le monde.

      Bien que peu connue, cette phase de l’histoire du monde occidental me semble indispensable pour comprendre ce qui se passe actuellement! et il ne faut pas hésiter à le dire même si ça provoque peu d’intérêt chez la plupart des interlocuteurs qui perçoivent qu’il y a à cette occasion de quoi remettre en cause pas mal de leurs croyances…

      http://bev.berkeley.edu/ipe/readings/Fred%20Block%20Shadow%20of%20Speenhamland.pdf

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