L’OFFENSIVE PERSISTANTE CONTRE LE PROGRAMME DU CONSEIL NATIONAL DE LA RESISTANCE, par Claude Roddier

Billet invité. Claude Roddier m’a demandé de présenter son billet. Il me semble que la meilleure façon de le faire, c’est sans doute de rappeler ce que j’ai déjà eu l’occasion de dire à ce sujet.

L’OFFENSIVE PERSISTANTE CONTRE LE PROGRAMME DU CONSEIL NATIONAL DE LA RESISTANCE

Voyant remettre en question une bonne partie des valeurs ayant motivé leur combat, un nombre croissant d’anciens Résistants manifestent aujourd’hui leur inquiétude et leur réprobation.

Une partie de ces Résistants se trouve regroupée dans l’Association Nationale des Anciens Combattants et amis de la Résistance (ANACR). L’article 2 de ses statuts en précise la nature. Il commence ainsi « Perpétuer l’esprit de la Résistance, faire partager et transmettre aux générations présentes et futures les idéaux communs aux résistants, exprimés en premier lieu par le Programme du Conseil National de la Résistance ».

Les voix des Résistants s’élèvent de toutes parts contre les atteintes de plus en plus violentes portées aux acquis sociaux de ce programme. Est-ce pour cette raison que le gouvernement reste obstinément sourd à la demande, sans cesse réitérée, d’ériger le 27 mai (date anniversaire de la première réunion clandestine du CNR, en 1943, à Paris, sous la présidence de Jean Moulin) en Journée nationale de la Résistance ?

À l’instar des autres comités, nous avons dans le Var écrit au Président de la République et au ministre des Anciens Combattants pour leur demander l’instauration d’une telle journée qui, de toute façon, donne lieu à de multiples initiatives. Nous avons ainsi, l’an dernier, commémoré le 27 mai par des dépôts de gerbes, des discours devant les stèles et une conférence à Toulon intitulée « De la naissance du CNR à la mise au point de son programme » donnée par le professeur Jean Marie Guillon.

Jusqu’à ces derniers mois, les comités départementaux de l’ANACR limitaient leur action à ces lettres et conférences. Mais l’offensive persistante contre la Sécurité Sociale, le système de retraites par répartition et le statut de la Fonction publique (récente initiative de Christian Jacob, président du groupe parlementaire UMP) conduit une proportion grandissante de ces comités à manifester plus fortement leur rejet de cette politique, celle-ci apparaissant pour ce qu’elle est : contraire aux idéaux de la Résistance.

C’est le cas du comité du Var. Ses membres, résistants et amis de la Résistance, m’ont élue en septembre 2009 avec pour mission explicite de « défendre les idéaux de la Résistance ». C’est ce que j’ai fait à l’occasion de la commémoration du massacre de 9 résistants, près de la ferme de Limatte, près de Signes, le 2 janvier 1944. Ces martyrs, auxquels s’ajoutent les trois personnes venues les enterrer, appartenaient au maquis du camp Faita, le premier formé dans le Var, en février 43, alors qu’il n’existait encore que très peu de maquis. Malgré les terribles risques encourus, 2000 personnes allaient faire à ces patriotes d’imposantes funérailles. Or, une commémoration, c’est aussi la suite d’un enterrement.

Nous avons rendu public mon discours précédé d’une explication sur le site de Mediapart, explication et discours repris par plusieurs blogs et en particulier celui-ci, dans un commentaire de Paul Jorion d’un « billet invité » de Jean-Luc D.

J’aimerais vous tenir au courant de la suite de cette « affaire ». L’un des résistants présents à Signes, Pierre-Yves Canu, a écrit une lettre au préfet du Var, datée du 4 janvier. Il l’a rendue publique le 12 janvier lors d’une réunion de notre comité départemental. Celui-ci nous a assurés, Pierre-Yves et moi, de son soutien unanime. Je l’ai postée sur le site de Mediapart et envoyée aux divers blogs qui nous avaient soutenus. La voici :

Pierre-Yves CANU

Toulon le 4 janvier 2011

Monsieur le Préfet du Var
Préfecture
83 000 Toulon

Monsieur le Préfet

J’ai l’honneur de vous faire part de l’émotion ressentie le 2 janvier 2011, à Signes au cours de la réunion commémorative des fusillés de La Limatte. La Présidente de l’ANACR, association dont je fais partie en qualité d’ancien résistant, a tenté d’exprimer la déception des résistants en raison de la non application par nos différents gouvernements du programme du CNR préconisé au moment de la Libération.

Les observations formulées sur l’abandon de ce programme ne pouvaient laisser indifférent votre représentant. Or celui-ci, au lieu de rester à l’écoute de l’opinion exprimée par ceux et celles qui avaient participé à la Libération du Territoire au mépris des dangers, n’a pas cru devoir écouter leur voix, alors que l’on venait de commémorer la mort de 11 d’entre eux, résistants et maquisards. Il a préféré quitter la tribune officielle.

Je me permets, Monsieur le Préfet, de m’étonner de ce départ. Votre Honoré Prédécesseur dans l’Histoire, Jean Moulin, a toujours fait face.

Je regrette surtout qu’un dialogue ne se soit pas instauré entre vous, représentant de l’Etat et nous, représentants d’une partie des citoyens qui ne désirions qu’honorer nos morts et être fidèles à leurs engagements.

Je vous prie d’être assuré, Monsieur le Préfet, de mes sentiments de civilité républicaine.

Pierre-Yves Canu
Croix de guerre pour fait de Résistance
membre de Libération Nord
membre du réseau COHORS (Cavaillès)

Il est clair que cette lettre est en elle même tout un programme de Résistance, ferme et non violente à la fois. C’est à ce genre de Résistance que les autorités répondent par la violence d’un départ précipité et « indigné » ou la non réponse d’un représentant de l’Etat en la personne d’un préfet.

Dans la présentation qu’il a faite sur Mediapart, Bernard Oustrières pose très exactement notre problème : « Jusqu’à ces deux dernières années, les élus, tous les élus, pouvaient en toute légitimité s’incliner sur la tombe des martyrs sans se déjuger car les gouvernements successifs de la IV° et de la V° République, quels que fussent leurs choix idéologiques, respectaient globalement les options du CNR auxquelles les Français doivent aujourd’hui les lois sociales les plus protectrices et les plus émancipatrices. Mais les temps ont brutalement changé. Depuis 2009, la majorité législative et l’exécutif multiplient les attaques contre les droits sociaux et démocratiques hérités de la Résistance. C’est à partir de là donc (et non pas à Signes !) que l’unité du pays autour de ses valeurs, a commencé de se déliter. »

C’est à nous tous, amis de la Résistance et simples citoyens, de montrer aux Résistants que nous entendons leur appel.

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92 réflexions sur « L’OFFENSIVE PERSISTANTE CONTRE LE PROGRAMME DU CONSEIL NATIONAL DE LA RESISTANCE, par Claude Roddier »

  1. ..Pierre-Yves Canu, a écrit une lettre au préfet du Var, datée du 4 janvier. Il l’a rendue publique le 12 janvier lors d’une réunion de notre comité départemental. Celui-ci nous a assurés, Pierre-Yves et moi, de son soutien unanime. Je l’ai postée

    C’est le comité départemental qui vous soutient unanimement. (La phrase peut être lue hâtivement et faire croire que le préfet aurait approuvé quelque chose. !)

    Merci pour faire vivre l’élan républicain du CNR. De tout cœur.

    1. Pour ceux, en particulier les plus jeunes, qui veulent se remémorrer le (les) contenu des propositions du CNR, une série de billets qui fait le point sur ce qui subsiste et ce qui a soigneusement été « détricoté » des propositions du CNR par mon ami Dominique :

      ICI

  2. Honte à eux et c’est avec morgue et dédain que ces accapareurs, vont décrier en l’aboyant que la socialisation de nos humanités ne sont que ringardise, conservatisme, des idées du passé.

    Et c’est là qu’il faut s’indigner et proclamer haut et fort que les attendus du Conseil de la Résistance sont la MODERNITE MÊME.

    Ils avaient compris nos résistants, que la monnaie de rien (oeuf poule), venant donc de rien pour en finalité être tout (essentielle), qu’il falllait donc la détourner, en passant par la case Sécurité Sociale Répartition, pour en donner l’usufruit au bon peuple, qui ne fait que la consommer pour améliorer son ordinaire, en la restituant à la chaine monnétaire, chaine qui ne devrait en aucun s’arreter en tésaurisation.

    Merci à eux de l’avoir compris, à nous de reprendre ce combat, rien ne se pert tout s’égare, problème d’aiguillage, foi de Résistant.

    Fils de Déporté Résistant (Falkensé)

  3. Bonsoir,

    Et l’homme qui vous dit de ne point être pessimiste est bon pour le tribunal …

    Il est certain, nous ne pensons le même monde.

  4. Je ne peux m’empêcher de rapprocher votre billet de l’embarras des médias anglo-saxons sur la révolution tunisienne. Il semble que ce n’est pas seulement du côté des gouvernements arabes qu’on a peur d’un peuple qui revendique sa place dans la politique. Les interviews de la BBC sont toutes défaitistes, demandant « mais en quoi ces gens qui vont participer au gouvernement d’union nationale ne sont-ils pas eux-mêmes l’ancien système » (ils n’ont jamais vu les images des manifestations où des avocates tunisiennes étaient frappées et jetées à terre par la police ou quoi ?); autre thème « qui va remplir ce vide politique alors qu’il n’y a pas de PERSONNALITE assez forte, assez connue, assez fédératrice. » Bienvenue à Hollywood… En gros la politique est une affaire de pro, de charismatiques. Heureusement ils ont fini par être obligé de mentionner que l’armée se bat contre des sbires fidèles à Ben Ali mais après plusieurs jours à parler de bandes et de pillages pour là encore terroriser le citoyen lambda. Longue vie au programme de la résistance, à l’éducation pour tous (la Tunisie était un des rares pays arabes où l’éducation est obligatoire jusqu’à 16 ans… ca a payé on dirait !!) et au droit à la santé. Mais il faudra aussi un jour redonner sa place à la société civile, aux citoyens en somme.

  5. A chaque fois que la République est en ruines, il faut la rebâtir sur des fondations solides. Si des Républicains arrivent au pouvoir en 2012, ils devront prendre les mesures d’urgence contenues dans le programme du CNR.

    Et dans le camp d’en face ?

    Dans le camp d’en face, il y a Denis Kessler, l’ex-numéro 2 du MEDEF. Dans un texte ahurissant de cynisme, Denis Kessler explique la politique du gouvernement Fillon :

    Adieu 1945, raccrochons notre pays au monde !

    Le modèle social français est le pur produit du Conseil national de la Résistance. Un compromis entre gaullistes et communistes. Il est grand temps de le réformer, et le gouvernement s’y emploie.

    Les annonces successives des différentes réformes par le gouvernement peuvent donner une impression de patchwork, tant elles paraissent variées, d »importance inégale, et de portées diverses : statut de la fonction publique, régimes spéciaux de retraite, refonte de la Sécurité sociale, paritarisme…

    A y regarder de plus près, on constate qu »il y a une profonde unité à ce programme ambitieux. La liste des réformes ? C »est simple, prenez tout ce qui a été mis en place entre 1944 et 1952, sans exception. Elle est là. Il s »agit aujourd »hui de sortir de 1945, et de défaire méthodiquement le programme du Conseil national de la Résistance !

    A l »époque se forge un pacte politique entre les gaullistes et les communistes. Ce programme est un compromis qui a permis aux premiers que la France ne devienne pas une démocratie populaire, et aux seconds d »obtenir des avancées – toujours qualifiées d »«historiques» – et de cristalliser dans des codes ou des statuts des positions politiques acquises.

    Ce compromis, forgé aune période très chaude et particulière de notre histoire contemporaine (où les chars russes étaient à deux étapes du Tour de France, comme aurait dit le Général), se traduit par la création des caisses de Sécurité sociale, le statut de la fonction publique, l »importance du secteur public productif et la consécration des grandes entreprises françaises qui viennent d »être nationalisées, le conventionnement du marché du travail, la représentativité syndicale, les régimes complémentaires de retraite, etc.

    Cette «architecture» singulière a tenu tant bien que mal pendant plus d »un demi-siècle. Elle a même été renforcée en 1981, à contresens de l »histoire, par le programme commun. Pourtant, elle est à l »énce complètement dépassée, inefficace, datée. Elle ne permet plus à notre pays de s »adapter aux nouvelles exigences économiques, sociales, internationales. Elle se traduit par un décrochage de notre nation par rapport à pratiquement tous ses partenaires.

    Le problème de notre pays est qu »il sanctifie ses institutions, qu »il leur donne une vocation éternelle, qu »il les «tabouise» en quelque sorte. Si bien que lorsqu »elles existent, quiconque essaie de les réformer apparaît comme animé d »une intention diabolique. Et nombreux sont ceux qui s »érigent en gardien des temples sacrés, qui en tirent leur légitimité et leur position économique, sociale et politique. Et ceux qui s »attaquent à ces institutions d »après guerre apparaissent sacrilèges.

    Il aura fallu attendre la chute du mur de Berlin, la quasi-disparition du parti communiste, la relégation de la CGT dans quelques places fortes, l »essoufflement asthmatique du Parti socialiste comme conditions nécessaires pour que l »on puisse envisager l »aggiornamento qui s »annonce. Mais cela ne suffisait pas. Il fallait aussi que le débat interne au sein du monde gaulliste soit tranché, et que ceux qui croyaient pouvoir continuer à rafistoler sans cesse un modèle usé, devenu inadapté, laissent place à une nouvelle génération d »entrepreneurs politiques et sociaux. Désavouer les pères fondateurs n »est pas un problème qu »en psychanalyse.

    Denis Kessler, 4 octobre 2007.

    Challenges

    1. Oui, c’est incroyable ce discours, mais c’est bien celui de l’Oligarchie dominante si bien décrite par les sociologues Pinçon et Pinçon-Charlot; cette Oligarchie qui gère l’économie financiarisée, c’est cette Oligarchie qu’il faut mettre à bas en nationalisant les banques, toutes les banques, et en fermant les bourses

    2. http://fr.finance.yahoo.com/actualites/La-France-n-fait-assez-reuters_molt-3976794370.html?x=0

      La France, comme les autres pays de la zone euro, n’a pas fait assez de réformes structurelles, a déclaré dimanche le président de la Banque centrale européenne, Jean-Claude Trichet.

      Il a ajouté que le pays pourrait relever sa croissance potentielle comme tous ses partenaires de la zone euro.

      « Naturellement, la France n’a pas fait assez de réformes structurelles. Elle a un potentiel de croissance qui pourrait être largement supérieur, c’est le cas d’ailleurs dans notre analyse de tous les pays de la zone euro », a-t-il dit lors du Grand Jury RTL-LCI-Le Figaro.

      Aux journalistes qui le relançait, il a répondu : « J’ai dit la France comme tous les autres pays. »

      Il a ensuite cité une plus grande ouverture à la concurrence internationale et une plus grande flexibilité du marché du travail associée à un meilleur soutien des travailleurs perdant leur emploi.

      « La France se distingue très souvent parce qu’elle est très réticente vis-à-vis de l’ouverture la plus grande possible à la compétition dans le domaine des services par exemple », a dit Jean-Claude Trichet.

      Evoquant le marché du travail, il a cité l’exemple du Danemark, « un pays dans lequel il y a une beaucoup plus grande flexibilité du marché du travail que chez nous, et en même temps une politique extrêmement efficace, extrêmement active de soutien à ceux qui sont dans la difficulté parce qu’ils ont perdu leur emploi ».

      (…)

      Jean-Baptiste Vey

      ======================

      La réthorique des libéraux contient toujours un volet « social » ou devrais-je dire; infirmerie pour les victimes, c’est la nouveauté par rapport au 19è siècle….

    3. @ BA
      merci, mille fois merci d’avoir retrouvé ce texte scélérat. Je n’avais eu connaissance que de citations. Il faut le faire connaître partout afin que chaque citoyen puisse bien mesurer le défi posé au peuple français aujourd’hui. Je vais m’employer à le faire circuler.
      bonne journée.
      @ Paul Jorion
      Merci

    4. c’est la raison pour laquelle tant d’entreprises étrangères continuent d’investir ou de s’installer en France…n’est-ce-pas Monsieur Kessler..!
      et si vous délocalisez la vôtre, délocalisez-vous donc par la même occasion..!

    5. Ne critiquez pas Denis Kessler, c’est un vieil ami de Dominique Strauss-Kahn du temps où ils étaient tous les deux professeurs à l’université.

      Ils ont même co-écrit un livre: « l’épargne et la retraite ». Autant dire qu’il est donc inattaquable…

      Si Strauss-Kahn est élu, nous verrons bien si Kessler reviendra aux affaires.

  6. Le gouvernement s’est engagé dans la création d’une branche dépendance de la sécurité sociale. La plupart des personnes croient naïvement que c’est un progrès social mais en fait cela cache le fait que les personnes vont être obligées de vendre leur patrimoine en cas de dépendance ce qui concerne la plupart des gens en fin de vie ce qui est bien libéral et en fait permet de récupérer voire réquisitionner les héritages des personnes qui avait accumulé du capital en pensant naïvement que les libéraux leur permettraient de le transmettre à leurs enfants là où réellement le système libéral n’est évidemment pas en fait un système qui ferait des cadeaux.

    1. Non, Jean-Baptiste.
      Ce n’est qu’une fausse piste. Car il est évident que le recours à la succession passerait tellement mal auprès de la population et des personnes âgées, réserve à préserver de l’UMP (seule la classe d’âge des + 65 ans était majoritairement favorable à la réforme des retraites passée) que ce genre ‘d’option’ n’en est de fait pas une.
      On fait ‘croire’ aux français que tout est sur la table, y compris le pire. Pour que quand on proposera la solution du financement privé et ‘volontaire’, on puisse pousser un ‘ouf!’.
      C’est écrit d’avance.
      Ne pas tomber dans le piège. La ‘réforme’ de la dépendance n’a qu’un objectif, comme celle des retraites : livrer aux fonds ‘assurantiels’ et aux banques le pactole que cela représente.
      Mettre en place des ‘retraites’ et des ‘assurances’ par capitalisation.
      Mais sans le dire.
      Je vous fiche mon billet qu’on arrivera à ce genre de solution. Ou alors, c’est que la pression médiatique et surtout populaire aura été tellement grande que le risque politique (2012) aura été analysé comme trop important et que l’UMP fera machine arrière.
      Il est encore temps.
      Cordialement.

    2. Zébu, entièrement d’accord avec vos propos, de l’assurantiel OBLIGATOIRE de surcroit. Tout ce qui est d’ordre et de gestion paritaire doit disparaitre, l’avenir du capital est dans la ponction obligatoire de notre qualité de vie eau, électricité, sécu petit risque ( seul le gros risque maladie grave et dernière année de vie seront encore sociabilisés car non rentable) etc..d’ou rente éternelle pour le capital sans véritablement de concurrence.

      Pour l’aide personnalisée des personnes agées, c’est déjà le cas dans nombre de départements ( se rembourse sur les biens sucessoraux ).

      Ils se servent à l’insu de notre plein gré. Et on les laisse faire!!!!!!!!!!!!!!!

    3. En France, comme sensiblement de la même façon en Europe, à l’exclusion de la GB, du Danemark et des Pays-Bas, la solidarité familiale prime sur l’aide sociale au nom de l’obligation alimentaire envers les ascendants. Je vois mal ce qu’il y a à redire sur ce point… Nulle spoliation, simplement solidarité instituée légalement entre descendants et ascendants.
      Allez voir pour une comparaison des différentes législations à l’égard de l’obligation alimentaire en UE et leurs conséquences sur les lois régissant l’action sociale envers les anciens par le service des études juridiques du Sénat :
      Extrats :

      L’article L. 132-6 du code de l’action sociale et des familles énonce en effet le caractère subsidiaire de l’aide sociale : « Les personnes tenues à l’obligation alimentaire instituée par les articles 205 et suivants du code civil sont, à l’occasion de toute demande d’aide sociale, invitées à indiquer l’aide qu’elles peuvent allouer aux postulants et à apporter, le cas échéant, la preuve de leur impossibilité de couvrir la totalité des frais. »(…)
      Bien que le champ d’application de l’obligation alimentaire s’étende en principe à toutes les prestations de l’aide sociale, il s’est réduit au fil du temps avec la mise en place de prestations à la personne, de sorte qu’il se limite désormais essentiellement à la prise en charge des frais d’hébergement dans les établissements pour les personnes âgées.

  7. Alain Badiou a discerné un certain trait dès l’élection de Sarkozy (cf. son pamphlet, De quoi Sarkozy est-il le nom ?)

    Quels sont les axes fondamentaux du pétainisme ?

    1) la faiblesse et la soumission à l’égard des puissances dominantes (l’Allemagne en 40, les USA et peut-être à nouveau aujourd’hui ?)

    2) la mise à bas des valeurs fondamentales de la république (laïcité, démocratie, idéal de l’intérêt général, égalité des citoyens, universalité de la citoyenneté), le viol des institutions

    3) L’utilisation du racisme et de la division pour asseoir son pouvoir

    4) l’utilisation sans limite et totalement décomplexée de la démagogie, du mensonge, de la manipulation et du cynisme

    5) Le recours à la force pour briser la résistance

    Chacun peut faire le bilan de l’évolution de la situation !

    1. Attention, il faut mettre à jour la nouvelle ligne de conduite de l’UMP annoncée en septembre par la nouvelle star NKM, ouï chez Taddeï : « Vérité, Responsabilité, Justice » C’est beau, divin, en tous cas accrocheur & révolutionnaire.
      http://www.dialogue-initiative.com/2010/11/08/nathalie-kosciusko-morizet-recoit-latelier-jeune-de-dialogue-initiative/
      Comme on avait enfin commencé à comprendre, pied de nez ou « métamorphose », on verra après la réélection.
      Preuve par 9, Xavier Bertrand interviewé récemment sur F. Inter je crois, au sujet du Médiator, a prononcé plusieurs fois le mot transparence et autres adjecifs de cette veine, qu’on se le dise.

  8. Votre passage à l’ìle d’Houat a renforcé en vous le sentiment océanique. La simplicité se partage mieux que la richesse.

  9. C’est amusant de revoir le Woerth « d’avant l’affaire Betancourt » nous dire que l’ultra libéralisme çà ne veut rien dire……..
    A Jacques DUCLOS (architecte et rédacteur du programme du CNR):
    – Réveille-toi, ils sont devenus fous

  10. Excellent article qui permet de mieux appréhender la situation générale. Ce régime pour arriver a ces fins diabolise beaucoup tout ceux qui ne sont pas d’ accord avec les idées dominantes et manipule les foules grace aux médias, comme d autre régimes avant lui……
    Osera t il s attaquer aux anciens résistants ?

    1. Malheureusement, les anciens résistants qui avaient 20 ans en 1940 ou 1945, ont maintenant entre 90 et 85 ans, il suffit d’attendre un peu……Nous avons un devoir de mémoire

    2. « Osera t il s attaquer aux anciens résistants ? »

      1.Les anciens résistants ne sont plus si nombreux.
      2.Les c… osent tout… c’est même à ça qu’on les reconnait.
      3.C’est aux nouveaux résistants qu’ils devraient s’attaquer, mais ils sont malheureusement trop rares.

  11. Je pose la question directement à Claude Roddier : y a-t-il une chance, une seule chance pour que les multiples associations de résistants et de déportés puissent signer un seul texte commun, dénonçant l’atteinte à l’héritage du CNR et de son programme ?
    Et de rappeler que celui-ci représenta toutes les formations politiques (et syndicales) que ne s’étaient pas compromises avec l’occupant et le régime de Vichy, de gauche comme de droite ?

    1. Je pense à un texte où les différents mouvements issus de la résistance et de la déportation rappelleraient que seul le peuple français a la légitimité pour définir les politiques que la République au travers de ces différents institutions représentatives peut mener mais que les dits mouvements ont cependant le devoir de rappeler aux français ce que fut la résistance et le programme du CNR, afin que les français puissent juger en conséquences les politiques qui sont actuellement menées au nom du peuple français.
      Libre à lui ensuite de choisir. C’est son droit irréfragable.
      Comme celui des mouvements issus de la résistance et de la déportation de rappeler ce que fut le passé et l’Histoire des français concernant la résistance, le CNR et l’application de son programme.

  12. Sur ce blog, http://www.jerpel.fr/spip.php?article173, on trouve cela:

    par Jérôme P.

    « Défaire méthodiquement le programme du Conseil National de la Résistance »

    C’est sous ce titre que Denis Kessler, ancien n°2 et idéologue du MEDEF (au côté d’Ernest-Antoine Seillières) de 1994 à 1998, écrivait il y a quelques jours dans un éditorial du journal Challenge (04/10/2007) :

    « Le modèle social français est le pur produit du Conseil national de la Résistance. […] Il est grand temps de le réformer, et le gouvernement s’y emploie.

    Les annonces successives des différentes réformes par le gouvernement peuvent donner une impression de patchwork, tant elles paraissent variées, d’importance inégale, et de portées diverses : statut de la fonction publique, régimes spéciaux de retraite, refonte de la Sécurité sociale, paritarisme…
    A y regarder de plus près, on constate qu’il y a une profonde unité à ce programme ambitieux.
    La liste des réformes ? C’est simple, prenez tout ce qui a été mis en place entre 1944 et 1952, sans exception. Elle est là. Il s’agit aujourd’hui de sortir de 1945, et de défaire méthodiquement le programme du Conseil national de la Résistance !
    [Lequel] est à l’évidence complètement dépassé, inefficace, daté. […] »

    Mais que dit donc ce programme si calamiteux, si dépassé, qu’il faut impérativement défaire méthodiquement ?

    Ce programme du CNR (le Conseil National de la Resistance, installé par De Gaulle en 1943, était l’organe de direction politique de l’ensemble des mouvements de résistance luttant contre l’occupant. Outre la résistance armée, il rassemblait les principaux partis politiques, de la SFIO aux Démocrates Chrétiens, des Communistes à la Droite Républicaine), que contient-il qu’il faille ainsi rapidement détruire :

    Quelques extraits (le programme complet est en ligne ici) :

    « […] les représentants des mouvements, groupements, partis ou tendances politiques groupés au sein du C.N.R proclament qu’ils sont décidés à rester unis après la libération :
    […]
    4) Afin d’assurer :
    l’établissement de la démocratie la plus large en rendant la parole au peuple français par le rétablissement du suffrage universel ;
    la pleine liberté de pensée, de conscience et d’expression ;
    la liberté d’association, de réunion et de manifestation ;
    l’inviolabilité du domicile et le secret de la correspondance ;
    le respect de la personne humaine ;
    l’égalité absolue de tous les citoyens devant la loi ;
    […]

    5) Afin de promouvoir les réformes indispensables :
    […]
    b) Sur le plan social :
    le droit au travail et le droit au repos, notamment par le rétablissement et l’amélioration du régime contractuel du travail ;
    un rajustement important des salaires et la garantie d’un niveau de salaire et de traitement qui assure à chaque travailleur et à sa famille la sécurité, la dignité et la possibilité d’une vie pleinement humaine ;
    un plan complet de sécurité sociale, visant à assurer à tous les citoyens des moyens d’existence, dans tous les cas où ils sont incapables de se le procurer par le travail, avec gestion appartenant aux représentants des intéressés et de l’État ;
    la sécurité de l’emploi, la réglementation des conditions d’embauchage et de licenciement, le rétablissement des délégués d’atelier ;
    l’élévation et la sécurité du niveau de vie des travailleurs de la terre… ;
    une retraite permettant aux vieux travailleurs de finir dignement leurs jours ; […]

    d) La possibilité effective pour tous les enfants français de bénéficier de l’instruction et d’accéder à la culture la plus développée, quelle que soit la situation de fortune de leurs parents, afin que les fonctions les plus hautes soient réellement accessibles à tous ceux qui auront les capacités requises pour les exercer et que soit ainsi promue une élite véritable, non de naissance mais de mérite, et constamment renouvelée par les apports populaires. »

    **

    Voilà, en effet, on le comprendra, des volontés politiques archaïques, démodées, dépassées.

    Insupportable pour Monsieur Kessler et ses amis.

    Lesquels n’ignorent pas qu’en plus, dans ce programme, on trouve des volontés politiques tel que :
    « […]
    Afin d’assurer :
    […] la liberté de la presse, son honneur et son indépendance à l’égard de l’Etat, des puissances d’argent… ;
    l’instauration d’une véritable démocratie économique et sociale, impliquant l’éviction des grandes féodalités économiques et financières de la direction de l’économie ;
    une organisation rationnelle de l’économie assurant la subordination des intérêts particuliers à l’intérêt général… ; »

    On comprend mieux pourquoi c’est l’ensemble de ce programme qui révulse l’esprit de tous ceux qui ne cessent de réaliser et/ou de fantasmer la subordination de l’intérêt général à leurs intérêts particuliers.

    Et dire que c’est justement une partie de la presse, de cette presse que les Résistants voulaient libre, qui relaie quotidiennement la manipulation mentale destinée à faire passer ce programme du CNR, simplement, sobrement, humaniste, comme un programme archaïque, inadapté, dépassé, etc. A faire passer des démocrates résistants pour des terroristes d’extrême gauche. A faire passer des ultra-réactionnaires libéraux (années 1830) pour des progressistes. Vessies et lanternes, en permanence. Schizophrénie érigée en mode de gouvernement. Qui a dit : « la politique sera psychiatrique ou ne sera plus » ?

    *

    L’objectif de Kessler et consorts est un fantasme d’amnésique. Une politique de terre brûlée. Un individualisme sauvage qui se fait passer pour un « libéralisme progressiste ».

    Là, l’Histoire ne sert à rien. Déni de la leçon. Déni du fait que les Résistants du C.N.R. avaient établi un tel programme parce qu’ils avaient vu.
    Vu que tout phénomène, tout système qui organise (moralement, économiquement…) la méfiance, la suspicion, la guerre de tous contre tous et de chacun contre chacun, est fondamentalement a-social et a-humaniste.
    Vu qu’il n’y a de société que tissée de nos interdépendances, qu’il n’y a de société que solidaire, et qu’il n’y a d’humanité que s’il y a société.
    Vu que le libéralisme économique est fondamentalement un anti-humanisme – qu’il ne peut qu’aboutir à le rupture des liens et, ce faisant, à des formes de déshumanisation.
    Il faut du reste, pour une société, être déjà bien avancé dans cette voie-là pour qualifier, comme d’un stigmate, de « personnes âgées dépendantes » les plus vulnérables d’entre nous.

    *

    Au point où en sont Kessler et consorts, ils devraient aller plus loin – avoir un peu le courage d’aller vraiment où mènent leurs opinions.

    Car « défaire méthodiquement le programme du Conseil National de la Résistance » n’est qu’un premier pas.

    Défaire le droit à la sécurité sociale, le droit au repos, le droit à la sécurité de l’emploi, à une retraite, etc., ça ne suffit pas.

    Tous ces Résistants archaïques qui se sont battus pour établir ce programme, ont ainsi freiné, contrecarré, détruit certaines pratiques qu’il est grand temps de réhabiliter.

    Quelques voix isolées, ces dernières années, ont du reste préparé les esprits.

    Je pense par exemple
    à Hugues de Jouvenel, le directeur de Futuribles :
    « Force est de constater que la consommation médicale augmente avec l’âge. Or, notre masse financière est limitée. Nous ne pouvons pas à la fois faire des prothèses osseuses sur des personnes âgées et, en même temps, développer des services pour des enfants en bas âge, faire des opérations sur les actifs. Nous sommes obligés de choisir. »

    à Richard Liscia, rédacteur en chef du Quotidien du médecin :
     » Même les gens âgés doivent participer à la production nationale (…). Si nous étions extrêmement cyniques, nous dirions que le moment arrive où, du point de vue de la dépense publique, il vaudrait mieux que meurent les gens qui veulent rester oisifs. »

    ou encore à l’économiste Alain Cotta, qui « compte tenu de l’augmentation abrupte du coût de maintien en vie de [la] population du 4e âge », songe à « une sorte d’autorégulation organisée par la société qui [créerait] une fonction sociale : donner la mort ».

    Oui, il est temps de se défaire de tous ces tabous qui nous conduisent à laisser vivre tous ces inutiles, ces superflus, ces surnuméraires improductifs, coûteux, que sont les personnes handicapées, malades chroniques, âgées, au chômage de longue durée, etc.

    Oui, il est temps, grand temps, Monsieur Kessler, de dire adieu au programme du C.N.R. et de reprendre quelques aspects bêtement décriés du programme du Nationalsozialistische Deutsche Arbeiterpartei.

  13. Merci à tous de vos commentaires et je réponds plus précisément à zébu.
    Non, pour vous dire la vérité, je ne crois pas qu’il y ait la moindre chance pour que les associations de résistants et déportés arrivent à s’entendre sur ce que signifie « défendre les valeurs de la Résistance ». Mais, je suppose que vous savez que « point n’est besoin d’espérer pour entreprendre ».

    Certains des résistants ont compris que le monde a changé et que le consensus qui a permis l’union des différentes associations dans l’esprit du « pas de politique » pendant près de 50 ans a été brisé. De nos jours le « pas de politique » signifie « pas de politique de gauche », « pas de politique qui remette en cause quoi que ce soit de la politique du pouvoir en place ». Beaucoup de résistants et déportés refusent d’admettre ce que j’écris là. Mais, même sans y croire, je me prends à espérer que ceux qui lisent ce blog et les nombreux blogs et sites qui ont repris notre histoire, qui lisent surtout les nombreux commentaires, commencent à réaliser que Denis Kessler a raison en disant qu’il faut raccrocher notre pays au monde. Le monde est maintenant très différent de celui de 1945 où l’écart des revenus entre riches et pauvres n’était pas comparable à ce qu’il est devenu. Nous vivons malheureusement à nouveau dans un monde où nous devons choisir, chose contraire au « pas de politique » . Quand ils seront convaincus qu’ils ne peuvent pas ne pas choisir il ne fait aucun doute pour moi que leur choix sera celui du monde que rejette Denis Kessler. Mais pour l’instant beaucoup de résistants s’accrochent au mythe qu’ils peuvent rester fidèles à leur combat ancien sans être obligés de « rentrer en résistance » aujourd’hui.

    1. Merci de votre réponse. Et de votre franchise. Cela confirme ce que je pressentais.
      Néanmoins, si les organisations sont réticentes, il est aussi possible de faire en sorte que les individus se positionnent, comme d’ailleurs ce dû être le cas aux débuts de la résistance …

      Une pétition a-t-elle plus de chances de réussir dès lors (ce qui permettrait d’éviter les inerties, inévitables, liées aux positionnements des institutions), laissant la porte ouverte à des positionnements individuels, que chaque institution, en leur nom, peuvent réprouver, mais sont forcer de laisser faire ?

      Merci par avance de votre réponse.

    2. Addendum :
      J’ai bien pris conscience néanmoins de ce que vous décrivez et des raisons des ‘réticences’ (légitimes, jusqu’à maintenant) des résistants et des déportés. Je pose comme hypothèse dans le post au-dessus que la voix de l’institution doit compter dans la décision, qui reste toujours, sur ce type de positionnement, une décision individuelle, jusqu’à ce qu’un mouvement ne s’enclenche. Je ne sais si cette hypothèse est viable : à vous de me dire.
      Mais si c’est le cas, alors une pétition pourrait ‘libérer’ la parole de chaque résistant, face aux institutions auxquelles ils ‘appartiennent’ (‘sont membres’, serait plus exact). Entrer en résistance à nouveau est un poids bien lourd pour ces personnes, surtout quand ce geste ou cette parole se fait ‘contre’ ou du moins sans l’aval de l’institution à laquelle on appartient et on a partagé et on partage les choix.
      Car il me semble qu’il y ait urgence. Non pas pour nous (nous avons tout l’avenir de la crise devant nous 🙂 ) mais bien pour les résistants qui demeurent : ceux qui avaient 20 ans en 1942 en auront 90 en 2012 …
      Est-ce que cela peut entrer en ligne de compte … ou pas ?

    3. « Défendre les valeurs de la Résistance » avait tout son sens pour les résistants qui ont pu, dans, et juste après, l’action contre les Nazis et les collaborateurs de tout poil, donner une direction plus humaine à une organisation sociale fondée sur l’appropriation privative et la lutte des classes.
      On peut expliquer le régime nazi, et aussi les staliniens, comme des réponses contrerévolutionnaires aux mouvements d’émancipation qui avaient traversé plusieurs pays d’Europe entre les deux guerres et déjà avant la fin du siècle précédent.
      L’alliance extraordinaire et somme toute peu durable entre des personnalités, qui, à l’époque, pouvaient encore être dites de droite ou de gauche, n’avait pas grand avenir.
      Les acquis étaient donc condamnés par avance, mais personne, ou presque, ne voulait le voir.
      L’effondrement du parti dit communisye, totalement aux ordres de Moscou, mais en même temps réellement implanté dans ce qui était encore la classe ouvrière, a été réellement contemporain du développement irrésistible des politiques libérales et de la mise en place de ce que je nomme la société spectaculaire/mafieuse, phase terminale de la société industrielle/marchande.
      On ne mesure pas suffisamment combien l’échec de la Révolution en mai 68 en France et de la reprise en main de l’Etat en Italie et au Portugal dans les années suivantes ont ouvert la porte à l’assassinat programmé de l’Etat protecteur.
      Avec la disparition programmée des pseudo luttes entre l’Ouest et l’Est et le ralliement de tous les dirigeants, y compris d’une part importante de la »gauche » au capitalisme marchand et à l’idéologie démocratique (la liberté dictatoriale des marchés), l’esprit de la Résistance s’est petit à petit effondré.
      Les deux changements de génération successifs ont permis au libéralisme débridé de mettre à mal la notion d’intérêt commun incarnée dans le service public.
      Le retour en arrière vers un Etat protecteur paraît impossible.
      Les regrets sont vains.
      Il faudra un mouvement social d’une grande ampleur, tel que celui qui se dessinait dans le début du XXe siècle en Europe mais aussi aux USA avant d’être anéanti par la contrerévolution.

    4. Depuis que j’ai posté le premier article sur Mediapart le 6 janvier vous êtes le premier à poser la question fondamentale: que pensent les résistants et comment serait-il possible qu’ils mettent ensemble toute leur force morale pour empêcher la destruction de leur œuvre, tant qu’ils sont encore là?
      Je crois qu’il faut poser la question à l’envers. Pourquoi ne le font-ils pas? et là je peux vous donner une réponse. C’est parce que leurs organisations disparaissent avec eux et qu’ils ont perdu l’espoir de pouvoir encore jouer un rôle. La fédération des déportés FNDIRP se demande s’il elle ne va pas se saborder. L’amicale des FFL (Force Françaises Libres) n’existe plus dans beaucoup de régions. Dans le Var elle n’existe plus. L’ANACR survit parce que les résistants ont invité ceux qui partagent leurs valeurs à les rejoindre. Ce sont les « amis ». Personnellement je suis une « amie » et, vous le voyez, je ne me conduis pas comme si j’étais une résistante.
      Et si vous vous inscriviez à un comité de l’ANACR de chez vous? Vous persuaderiez ses membres qu’ils se doivent d’être fidèles à ce qu’ils pensaient quand ils étaient jeunes et qu’ils ne doivent pas être défaitistes. Et voilà un comité de plus qui penche dans le bon sens!

    5. De nouveau.
      Votre réponse me laisse accroire que la thèse proposée est en partie vérifiée. Loin d’invoquer le poids des ans, réponse des plus logiques, et en dehors du fait que vous nous rappelez que les institutions disparaissent parfois avec ceux qui les animent, vous répondez surtout qu’ils ont perdu l’espoir de pouvoir jouer un rôle quelconque et en particulier quant à être en capacité à défendre l’héritage qu’ils souhaitent transmettre.
      Il me semble que si le rôle des amis des organisations issues de la résistance peuvent jouer ce rôle aussi, il reste qu’aux yeux des français les résistants incarnent la résistance : ils s’habillent de sa légitimité et lui donne forme humaine, costume parfois trop grand pour les héritiers, quels qu’ils soient. Vous parlez d’un engagement individuel, qui permettrait de faire ‘basculer’ un comité. Nonobstant le fait que je crois très peu dans mes faibles capacités de persuasion, il me semble surtout que ce mode opératoire s’affronte à la réalité que d’aucun souhaiterait qu’elle advienne plus tôt encore : les anciens résistants résistent contre le temps cette fois.
      Poser la question ‘à l’envers’ me met dans l’embarras car personne ne peut les obliger à empêcher la destruction de leur oeuvre : elle ne leur appartient plus, elle appartient à tous. Car outre le fait que leurs engagements passés les en dispense, il reste que les héritiers que nous sommes sont les premiers concernés par cette question.

      Qu’en pensent les résistants ?

      Nous n’en savons rien.
      En premier lieu parce vous dites justement que les organisations issues du mouvement de la résistance se sont toujours positionnées hors du champ politique, compris comme le champ de la politique politicienne. Car une fois la France libérée, il relevait du peuple français de définir les politiques à suivre, ce qu’il fit et de manière très diverses, ce qui conforta ce mouvement dans le choix qu’il fit après guerre.
      En second lieu parce que ces organisations ont ‘phagocyté’ la parole vivante de la résistance, à savoir celles des femmes et des hommes qui constituent ces organisations, à tel point que vous rappelez précisément que lorsque ces résistants viennent à disparaître, les organisations en viennent aussi à disparaître. Le terme de ‘phagocyté’ est impropre : parler de ‘représenté’ serait certainement plus juste. Mais à force de représentations, la parole vivante disparaît elle-aussi.
      En cela, nous rejoignons le problème de la démocratie : la parole d’un peuple ne peut pas n’être ‘que’ représentée par ses institutions. Pour vivre, il lui faut de temps à autres reprendre la parole.

      C’est pourquoi je repose la question : qu’en savons-nous, de ce que ces femmes et ces hommes pensent, en tant qu’individu, hors de leurs ‘représentations’ ?
      Il me semble que la résistance fut une affaire de femmes et d’hommes, en premier lieu. A tel point que De Gaulle et Jean Moulin organisèrent justement le CNR pour structurer la très grande diversité d’initiatives et de mouvements conduits par des femmes et des hommes.
      C’est sur ce blog que j’ai ainsi appris l’histoire des pêcheurs de l’Île de Sein, dont De Gaulle dira : « Mais l’île de Sein, c’est donc le quart de France ! »
      http://www.ina.fr/fresques/ouest-en-memoire/notice/Region00205/hommage-du-general-de-gaulle-a-l-ile-de-sein

      Pourquoi ne pas leur poser la question ?

      ‘Comment’, me répondrez-vous.
      Pour répondre à votre seconde question, il me semble que la seule manière pour mettre leur force morale réunie, tout en laissant à chacune et à chacun la liberté de reprendre la parole est la pétition.
      La pétition, sous forme de Manifeste ou d’appel, permet les deux.
      Et parce qu’elle proviendra de chacune et de chacun de ces résistants signataires d’une même pétition, elle aura la force morale nécessaire pour redonner espoir à ses signataires dans le rôle qu’ils peuvent incarner :
      « Nous, résistants, déportés, internés, à l’aube de nos hivers, nous entrons en résistance contre les politiques menées actuellement, qui sapent les fondations des réalisations du programme du Comité National de la Résistance et en appelons aux français afin qu’ils prennent conscience que l’héritage que nous leur avons léguer a été dispersé.
      Nous ne verrons probablement pas le temps des moissons mais nous semons à nouveau ces graines de résistances, que d’autres auront à récolter, tandis que les sillons continueront à être tracés.
      A chaque saison ses laboureurs et ses raisons.
      Aujourd’hui, comme hier, nous disont ‘Non’.
      Demain, ce sera aux français de définir ce qu’ils souhaiteront.
      Demain, ce sera aux nouvelles générations de dire ‘Oui’.
      « Le modèle social français est le pur produit du Conseil national de la Résistance. Un compromis entre gaullistes et communistes. Il est grand temps de le réformer, et le gouvernement s’y emploie. »
      Adieu 1945, raccrochons notre pays au monde !Denis Kessler, 04 octobre 2007, Challenges.

      Il pourrait être pertinent que d’anciens résistants aillant appartenu aux différents mouvements du CNR (16, je crois), figures connus des mouvements de la résistance (en premier lieu), signent un texte commun, reproduisant ainsi l’acte du 27 mai 1943. Des noms connus du grand public (Stéphane Hessel, Raymond Aubrac) pourraient y figurer, sans pour autant qu’ils ne ‘masquent’ ce que fut justement le CNR : un rassemblement par delà les divergences, rassemblement qui sera reconnu comme tel par tous les résistants, au-delà des organisations multiples et parfois disparaissant, au travers de cette pétition.
      On approche d’ailleurs de cette date, dans quelques mois …

      Mais ce ne sont que des hypothèses car je connais bien mal le ‘monde’ de la résistance.

      Cordialement.

    6. Un exemple de reprise du flambeau :

      A l’initiative du parti pirate, une mémoire des votes à main levée (aucune trace), de qui a voté quoi ainsi qu’une pétition citoyenne.

      Ils ont mis en place une petite page où, lors de la saisie de son code postal, on peut voir ce qu’a voté le député :

      Pétition et qui a voté quoi

      Cette page ne concerne pour l’instant que la loi LOPPSI2.

      Ce projet est dans la continuité de la philosophie Kessler, pour résumer :
      – Fichage des citoyens, Vidéo surveillance
      – Peine Plancher
      – Création de nouvelles infractions
      – Modification de l’ordonnance de 1945 pour les mineurs
      – Contournement du juge

      Nul besoin de préciser qu’une propagation de cette page est des plus nécessaires 😉

    7. Je suis une ancienne résistante. Il en reste encore ! Je suis entièrement d’accord avec Claude Roddier qui, à la commémoration de Signes, a eu le courage de dire devant les « officiels » ce qu’elle pensait, ce que nous pensons, à savoir la vérité sur la démolition en cours du programme du CNR.
      Les associations de résistants et de déportés qui existent encore peuvent nous étonner par leur absence de réaction et de prise de position; mais il faut savoir que, compte-tenu de la diversité politique de leurs membres, elles ont toujours tenu à préserver leur unité et donc évité « tout ce qui fâche ». Mais 65 ans après la libération de la France, le contexte a changé.
      Face à la situation politique que nous connaissons, c’est très bien que le débat s’engage sur les droits sociaux et les nationalisations de 1945 et qu’ainsi le programme novateur du CNR soit largement connu par le plus grand nombre et serve de modèle pour les revendications
      d’aujourd’hui. « Résistance n’est qu’espérance » (René Char).

    8. @ Dumont Thérèse :
      Pensez-vous dès lors que solliciter la parole des résistants par-delà des organisations est :
      1/ opportun (répondrons-t-ils ? n’est-ce pas remettre en cause les organisations ?)
      2/ réalisable sous forme de pétition ?

  14. Ce n’est qu’un début : les petits ruisseaux font les grandes rivières et d’ici peu ce sera un fleuve dévastateur qui emportera l’homme qui se vantait d’être celui  » d’Ensemble tout est possible !  »
    Et bien chiche « Ensemble tout est possible » cette fois ni Guy Môquet, ni ceux des Glières ou de Signes n’auront à hurler du fond de leurs tombeaux à la récupération honteuse !

  15. c’est marrant de revoir cette vidéo.

    il serait utile de reposer cette question au nouveau ministre, en ayant bien pris soin de montrer en préambule cette vidéo prémonitoire (sur la perte des acquis sociaux)

  16. J’ai écouté ¨KRACH¨ sur les ondes de Radio-Canada vendredi dernier.
    Qu’est-ce qu’on y apprend? Rien de plus que ce que Paul Jorion nous avait déjà décrit jusque dans leurs moindres détails; il ne manquait que quelques visages.
    On entre dans le monde de la finance, lieu de mysticité, arcanes du vrai pouvoir. Difficile pour quelqu’un qui ne croit pas en Dieu de ne pas croire en Satan parce que l’enfer dans laquelle plonge l’humanité est de sa facture. Les acquis sociaux, il en fera du bois de chauffage, rien de moins.

  17. J’apporte une note dissonante.

    Pas sur le fond. Le programme de Kessler est un concentré de poison. Et le programme du CNR est plus qu’un programme, c’est une oeuvre, magnifique par elle-même, et magnifiée dans son contexte.

    Mais sur la forme, ce texte est une référence des valeurs, mais pas des faits. Toute une notion du service de l’état et du bien public est en érosion rapide et cela dépasse le texte, non son esprit, mais ses mots.

    L’opposer aujourd’hui, c’est peut-être minimiser la critique à faire, et c’est en termes pragmatiques un manque d’efficacité. Les solutions de demain ne se trouvent pas dans le passé. Le courage et le cœur, par contre, ça, oui. Que vienne une génération qui écrive son texte – et il faut souhaiter qu’elle n’ait pas à verser tant de sang que ses ainés.

  18. On ne peut pas rester à 44(commentaires) en parlant de résistance…
    Quarante cinq , c’est une bon chiffre, un chiffre qui libère…

    Disons le tout net : lorsque les lobbies infiltrent le pouvoir, l’intérêt de quelques uns est privilégié au détriment de tous, et ce jusqu’à la folie .
    A qui profite le crime des prestations sociales ?
    Au puissant lobby des assurances .

    1. Vous avez raison 46
      Commentaire de votre lien de l’article du figaro un peu plus haut:

      Guy Martin 1« Surtout, quelles qu’aient pu être les fautes des chefs, il y avait, dans cet élan des masses vers l’espoir d’un monde plus juste, une honnêteté touchante, à laquelle on s’étonne qu’aucun coeur bien placé ait pu rester insensible (…). Il est deux catégories de Français qui ne comprendront jamais l’histoire de France, ceux qui refusent de vibrer au souvenir du sacre de Reims, ceux qui lisent sans émotion le récit de la fête de la Fédération. Peu importe l’orientation présente de leurs préférences. Leur imperméabilité aux plus beaux jaillissements de l’enthousiasme collectif suffit à les condamner. Dans le Front populaire – le vrai, celui es foules, non des politiciens – il revivait quelque chose de l’atmosphère du Champ de Mars, au grand soleil du 14 juillet 1790. Malheureusement, les hommes dont les ancêtres prêtèrent serment sur l’autel de la patrie, avaient perdu contact avec ces sources profondes. Ce n’est pas par hasard si notre régime, censément démocratique, n’a jamais su donner à la nation des fêtes qui fussent véritablement celles de tout le monde. » Marc Bloch. L’étrange défaite. Guéret-Fougères (Creuse) : juillet-septembre 1940.

  19. Ne jamais oublier que le chantre de cette politique fût et reste le bravache DENIS KESSLER, éminent personnage du patronat français.
    Lorsque le « grand soir » sera arrivé, il conviendra de s’en souvenir.

  20. L’oligarchie a plus d’un tour dans son sac pour conserver le pouvoir et continuer son programme consistant à défaire le résultat des politiques qu’avait inspiré le CNR. Actuellement conscients du mécontentement populaire qui monte, ils nous préparent à un « remake » d’avril 2002.
    Avec un deuxième tour Nicolas Sarkozy-Marine Le Pen ou Dominique Strauss-Khan-Marine Lepen.
    Dans le premier cas ce sera encore plus psychédélique qu’en 2002: lorsque les hiérarques du PS appeleront à voter pour Nicolas Sarkozy. Comment expliquer autrement tout le « buzz » médiatique fait autour du « New FN ».

    1. Bien d’accord. On agite le Front National comme un épouvantail alors que ses idées se retrouvent largement dans le discours et aussi certaines actions du parti majoritaire (UMP) au pouvoir.

      Quelle différence entre Brice Hortefeux et Marine Lepen ?

      Entre le Sarkozy qui lance la campagne sur l’identité nationale en disant à ses « amis » qu’il faut du « gros rouge qui tâche » et la rhétorique provocatrice du Front National ?

  21. Je réponds ici et non dans le commentaire où nous discutons en privé zébu et moi car je pense que, grâce aux media non-informatifs, beaucoup d’entre vous ne connaissent pas ce texte

    http://www.acrimed.org/article2323.html
    Un appel de résistants

    Publié le 3 avril 2006

    Nous publions ci-dessous un « Appel de résistants », lancé en 2004, en raison de son actualité. Un triple appel en vérité : à la célébration de l’anniversaire du programme du Conseil National de la Résistance adopté en 1944 ; un appel à définir un nouveau « Programme de Résistance » ; un appel à « une véritable insurrection pacifique contre les moyens de communication de masse ». Cette insurrection-là nous concerne directement (Acrimed)

    Au moment où nous voyons remis en cause le socle des conquêtes sociales de la Libération, nous, vétérans des mouvements de Résistance et des forces combattantes de la France Libre (1940-1945), appelons les jeunes générations à faire vivre et retransmettre l’héritage de la Résistance et ses idéaux toujours actuels de démocratie économique, sociale et culturelle. Soixante ans plus tard, le nazisme est vaincu, grâce au sacrifice de nos frères et sœurs de la Résistance et des nations unies contre la barbarie fasciste. Mais cette menace n’a pas totalement disparu et notre colère contre l’injustice est toujours intacte.

    Nous appelons, en conscience, à célébrer l’actualité de la Résistance, non pas au profit de causes partisanes ou instrumentalisées par un quelconque enjeu de pouvoir, mais pour proposer aux générations qui nous succéderont d’accomplir trois gestes humanistes et profondément politiques au sens vrai du terme, pour que la flamme de la Résistance ne s’éteigne jamais :

    Nous appelons d’abord les éducateurs, les mouvements sociaux, les collectivités publiques, les créateurs, les citoyens, les exploités, les humiliés, à célébrer ensemble l’anniversaire du programme du Conseil national de la Résistance (C.N.R.) adopté dans la clandestinité le 15 mars 1944 : Sécurité sociale et retraites généralisées, contrôle des « féodalités économiques », droit à la culture et à l’éducation pour tous, une presse délivrée de l’argent et de la corruption, des lois sociales ouvrières et agricoles, etc. Comment peut-il manquer aujourd’hui de l’argent pour maintenir et prolonger ces conquêtes sociales, alors que la production de richesses a considérablement augmenté depuis la Libération, période où l’Europe était ruinée ? Les responsables politiques, économiques, intellectuels et l’ensemble de la société ne doivent pas démissionner, ni se laisser impressionner par l’actuelle dictature internationale des marchés financiers qui menace la paix et la démocratie.

    Nous appelons ensuite les mouvements, partis, associations, institutions et syndicats héritiers de la Résistance à dépasser les enjeux sectoriels, et à se consacrer en priorité aux causes politiques des injustices et des conflits sociaux, et non plus seulement à leurs conséquences, à définir ensemble un nouveau « Programme de Résistance » pour notre siècle, sachant que le fascisme se nourrit toujours du racisme, de l’intolérance et de la guerre, qui eux-mêmes se nourrissent des injustices sociales.

    Nous appelons enfin les enfants, les jeunes, les parents, les anciens et les grands-parents, les éducateurs, les autorités publiques, à une véritable insurrection pacifique contre les moyens de communication de masse qui ne proposent comme horizon pour notre jeunesse que la consommation marchande, le mépris des plus faibles et de la culture, l’amnésie généralisée et la compétition à outrance de tous contre tous. Nous n’acceptons pas que les principaux médias soient désormais contrôlés par des intérêts privés, contrairement au programme du Conseil national de la Résistance et aux ordonnances sur la presse de 1944.

    Plus que jamais, à ceux et celles qui feront le siècle qui commence, nous voulons dire avec notre affection : « Créer, c’est résister. Résister, c’est créer ».

    Signataires :

    Lucie Aubrac, Raymond Aubrac, Henri Bartoli, Daniel Cordier, Philippe Dechartre, Georges Guingouin (décédé le 27 octobre 2005), Stéphane Hessel, Maurice Kriegel-Valrimont, Lise London, Georges Séguy, Germaine Tillion, Jean-Pierre Vernant, Maurice Voutey.

    – Voir la version vidéo sur le site alternatives-images.net (des images tournées, précise-t-on sur le site, « en réaction au refus de la publication de ce texte par les médias dominants »).

    ********

    C’est ce texte qui donne leur légitimité à ceux qui défendent les idéaux de la Résistance, même s’ils ne sont pas résistants eux-mêmes

    1. Soyons honnêtes, ce texte magnifique avait été assez largement repris ou cité en partie, pas seulement chez Mermet ou au Diplo, anticipant d’ailleurs en cela la mise à nu dans Challenges, en octobre 2007, du programme contre-révolutionnaire du Medef par Kessler – ancien militant CFDT – qui, lui, a attendu le pouvoir sarkozien – et d’avoir vu sa cause gagner quelques batailles d’importance ! – pour se montrer au grand jour. Mais on aura remarqué aussi que le pamphlet anti-programme du CNR que constitue cette profession de foi du patron de SCOR fut peu relayé par les trompettes des grands médias de l’époque. Il est vrai qu’on avait alors d’autres chats à fouetter (la veille : affaire EADS et affaire UIMM – le nouveau patronat, Kessler et Parisot, chasse l’ancien, les maîtres de forge, Gautier-Sauvagnac, de Wavrin, etc, et surtout Nico et Cécilia divorcent bientôt ! )

      PS : Demain 7 h 30, Hessel et Morin (Edgar) pas Hervé, ni Christian, ni Michel – quoique, un peu quand même…) en duo aux matins de France-Q…

    2. ‘lut Vigneron !!

      @ Claude Roddier :
      Oui, malgré mon inculture, je connais ce texte.
      Il me semble qu’il a une autre ‘fonction’ que celle que j’évoquais car il s’adresse à tous, même s’il s’adresse, aussi, évidemment, aux mouvements de la résistance :
      « Nous appelons ensuite les mouvements, partis, associations, institutions et syndicats héritiers de la Résistance à dépasser les enjeux sectoriels, et à se consacrer en priorité aux causes politiques des injustices et des conflits sociaux, et non plus seulement à leurs conséquences, à définir ensemble un nouveau « Programme de Résistance » pour notre siècle, sachant que le fascisme se nourrit toujours du racisme, de l’intolérance et de la guerre, qui eux-mêmes se nourrissent des injustices sociales. »

      En clair, s’adresser directement non plus aux mouvements mais bien aux résistants eux-mêmes a-t-il une chance de fonctionner, sur la base d’une dénonciation directe de la politique menée actuellement et d’un fonctionnement trans-partisan ?

    3. Edgar Morin : « Ce qui est remarquable est que les Etats ne se préoccupent nullement de maîtriser ou au moins contrôler « le marché », c’est-à-dire la spéculation et le capitalisme financier, mais par contre s’efforcent de juguler les forces démocratisantes et libertaires qui font la vertu d’Internet. »

    4. En parlant d’Edgar Morin, il me souvient qu’avant la crise il était de bon ton dans certains milieux intellectuels de railler sa pensée complexe, sa transdisciplinarité. Sa pensée passait pour absconse, fumeuse, sans objet.

      Le fait est qu’aujourd’hui Edgar Morin est un des rares intellectuels qui parvienne avec des mots simples à cerner la crise, ses enjeux, ses perspectives. Le même homme dont on décriait la pensée absconse, voire fumeuse, se révèle aujourd’hui être le plus limpide. Nous avons changé d’époque.

    5. @Pierre-Yves D.

      J’entendais l’autre soir Edgar Morin chez Franz-Olivier Giesbert dire le fond de sa pensée à l’horripilante Elisabeth Lévy qui défendait, on s’en serait douté, le non moins exaspérant Eric Zemmour. Il était évidemment question pour elle de défendre la liberté d’expression et plus encore peut-être que la liberté d’expression des journalistes, la liberté l’expression de l’opinion populaire qui n’ignore pas, dans sa grande sagesse, que les statistiques sont parlantes en soi…
      Tandis qu’Elisabeth Levy continuait méchamment à tordre sa grosse tête carrée pour exprimer sa désapprobation avec le sort scandaleusement injuste réservé à son confrère, Edgar Morin à qui F-O G avait rendu la parole, étant entendu qu’il était l’invité prestigieux… d’autant prestigieux qu’âgé… (?), Edgar Morin donc s’est indigné, terminant sa sortie par un très simple et très sobre : « cette sigmatisation, je ne peux pas la supporter ». Ce qui était parfait comme phrase. En même temps la question que je me pose c’est : est-ce que toute cette légitimité de l’indignation par l’âge (Hessel/Morin/le CNR) ne cache pas la puissante interdiction à s’indigner avec ce qui caractérise une jeunesse, c’est à dire une possibilité de durer ?

    6. @ Martine :
      Tout à fait. Tant que la jeunesse continue à la lutte des places (chômage oblige), le pouvoir est tranquille. La seule fois où il fut déstabilisé, ce fut pendant les manif contre les retraites, où les jeunes descendirent dans la rue. Ils furent vite réprimés et/ou leurs actions violentes (parfois) retournées contre eux.
      Tant que ce ne seront que les ‘vieux’ qui s’indigneront, la répartition des rôles sera pile-poil.
      Et à un moment donné, la transmission ne s’effectuera plus.
      On aura une jeunesse devenu ‘vieille’ mais sans indignations.
      Le rêve de tous libéral qui se respecte et de tout pouvoir établi.

    7. @zébu

      Nous entrerons dans la carrière quand nos aînés n’y seront plus…… nous y trouverons leur poussière et la trace de leurs vertus

    8. @ Vigneron :
      C’est possible. Ce devait l’être en tout cas pendant la révolution.
      Sauf que l’objectif actuel est même d’effacer jusqu’aux traces des ainés.
      Car effacer les réalisations du programme du CNR, n’est-ce pas, aussi, effacer les traces de ces ainés bien encombrants ?
      Et n’en laisser qu’une trace ‘mémorielle’, ripolinée, ajustée, façonnée, standardisée : que n’en reste (tout le programme sarkoziste) qu’une ‘émotion’ à transmettre ?

    9. Concernant l’interdiction de la conférence de Stéphane Hessel.
      La matinale de F. Culture recevait ce matin une paire détonante : Stéphane Hessel et Edgar Morin.
      En fin d’émission Raphaël Enthoven est venu croiser le fer avec ces 2 figures mémorables au sujet de l’interdiction inopinée de la conférence de Stéphane Hessel. En fin de matinale :
      http://www.franceculture.com/emission-les-matins-donner-de-la-voix-indignez-vous-2011-01-19.html

      En tous cas le livre d’Edgar Morin me semble incontournable et nous ouvre des voies pour une métamorphose effective : « La voie Pour l’avenir de l’humanité ».

    10. @zébu

      Devine…, ou demande à la directrice de l’ENS, la très béhachèlienne et sarkozo-compatible Canto-Sperber, ou à l’ex de Carlita, Monsieur « Quatre consonnes et trois voyelles« , Raphaël…

      Libération, 18 janvier :

      Le 8 janvier, le site Mediapart annonçait une conférence-débat de Stéphane Hessel, aujourd’hui, à l’ENS, autour de l’appel remis au ministre de la Justice, Michel Mercier, défendant la légalité du boycott des produits israéliens. Le 13 janvier, Richard Prasquier, président du Crif (Conseil représentatif des institutions juives de France) saluait la décision de Monique Canto-Sperber, directrice de l’ENS, d’annuler la conférence (texte mis en ligne sur crif.org). A l’appel d’un collectif de normaliens, un rassemblement «contre la censure et pour la défense de la liberté d’expression» est prévu ce soir à 18 h 30, place du Panthéon.

      Nous apprenons avec stupeur et indignation par un communiqué du Conseil représentatif des institutions juives de France que la rencontre prévue le 18 janvier à l’Ecole normale supérieure avec Stéphane Hessel a été annulée à la demande du Crif. Un homme qui a dédié toute sa vie au combat pour la liberté se voit ainsi interdit de parole pour avoir rappelé les droits du peuple palestinien.

      Cette intervention n’est pas un fait isolé. Il y a longtemps déjà que le Crif et des personnalités qui lui sont liées exercent la calomnie et l’intimidation à l’égard des militants, artistes ou universitaires juifs et israéliens coupables de s’opposer aux violations du droit international perpétrées par l’Etat israélien. Ils ont notamment réussi à faire partir de France un cinéaste israélien dont les films ne leur plaisaient pas. Aujourd’hui cette institution affirme sans ambages son droit de décider qui a, en France, le droit ou non de parler d’Israël et de la Palestine. Elle n’a pas sans intention choisi de le faire en un lieu symboliquement associé à l’idée de la libre recherche. Si la directrice de l’Ecole normale supérieure a accepté son diktat, elle a déshonoré sa fonction. Il en va de même pour la ministre de l’Enseignement supérieur s’il est avéré qu’elle est personnellement intervenue pour faire annuler la rencontre prévue.

      Ces faits sont inadmissibles. Le droit de critiquer les actes du gouvernement israélien comme de tout autre gouvernement doit être respecté sur notre territoire. Aucune institution n’a le droit de nous prescrire, en fonction des intérêts particuliers qu’elle représente, ce que nous devons dire, écrire, voir et entendre.

      Signataires : Alain Badiou (ENS 1956, professeur émérite à l’Ecole normale supérieure), Etienne Balibar (ENS 1960, professeur émérite à l’université de Paris-ouest), Ivar Ekeland (ENS 1963, professeur à l’University of British Columbia, Vancouver), Jean-Marc Lévy-Leblond (ENS 1958, professeur émérite à l’université de Nice), Marie-José Mondzain (ENS 1962, directrice de recherches au CNRS), Jacques Rancière (ENS 1960, professeur émérite à l’université Paris-VIII) et Emmanuel Terray (ENS 1956, directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales).

    11. @ Martine Mounier

      Il a tellement été dit et répété que les « vieux » ne se sentaient pas concernés par les problèmes d’aujourd’hui, préoccupés qu’ils seraient de leur sécurité personnelle.
      Cette sortie médiatique d’un ancien résistant est donc une excellente chose. Elle montre que c’est tout le corps social avec tout ce qu’il comporte de mémoires qui est travaillé par la crise qui nous occupe. Ce serait une erreur, que vous ne faites pas, que d’opposer l’indignation des anciens à celle des jeunes. Canu, Morin et Hessel disent des choses qu’eux seuls peuvent dire et de la façon dont ils le disent parce qu’ils ont vécu une période historique que les jeunes n’ont pas vécue.
      Une période historique dans laquelle notre époque peut trouver des raisons d’espérer et surtout des ressources nouvelles pour de nouveaux combats. Seuls des anciens pouvaient faire remonter à la surface une mémoire politique et sociale enfouie, niée par des décennies de néo-libéralisme et qu’un beaucoup plus grand nombre de personnes vont pouvoir désormais s’approprier.

      Cela n’enlève rien de la pertinence des propos que des jeunes peuvent tenir sur leurs difficultés présentes. Le problème que vous soulevez, celui de l’insuffisante médiatisation du point de vue des jeunes et son corollaire le peu de légitimité qui lui est accordé, est réel, mais il ne doit pas occulter un problème plus important encore, qui est celui de l’exclusion de la vie sociale de toutes les personnes qui se trouvent démunies du point de vue des ressources matérielles, or ce problème touche aussi bien des jeunes que des vieux. Qu’un ancien qui ne se trouve pas dans le besoin éprouve la nécessité de s’indigner à propos de questions qui touchent au bien public est quelque chose de très encourageant.

    12. @ Vigneron :
      Pour en savoir plus quant aux ‘personnalités’, j’ai voulu aller voir la déclaration du CRIF sur son site.
      Voici ce que j’y ai vu :

      500 – Internal Server Error

      Etonnant, non ?
      (Réponse du berger à la bergère ?)

    13. @ Pierre-Yves D.

      Ce que vous dites n’est pas totalement faux.
      Cependant, je n’arrive absolument pas à lire cet engouement autour de « l’indignation des vieux » comme un bon signe. Précisément parce qu’on nous souligne à loisir qu’ils sont vieux. Autrement dit, en filigrane, qu’ils ont une certaine légitimité pour le faire. Qu’ils peuvent, eux. Parce que, comme vous le dites vous-même, ils ne défendent pas leur bout de gras. Mais franchement, Pierre-Yves, qu’est-ce que c’est qu’un droit à s’indigner qu’on vous donne charitablement (Merci, monsieur est trop bon…) ou vous retire, selon que vous fussiez digne ou non d’objectivité ? Qu’est-ce que c’est que ce droit à l’indignation accepté à condition qu’il ne parle pas d’une colère personnelle, d’un désespoir subjectif, d’un besoin vital pour vous que les choses changent ? J’ai parfois l’impression, contrairement à vous, que la fracture entre l’indignation d’Edgar Morion et une colère tout âge confondu, n’a jamais été aussi grande. Au sens où la jonction entre deux formes d’écœurement est maintenue impossible. Et puis il y a toujours cette condescendance suave des médias dans l’acceptation de la charge des nonagénaires qui me gène. Nous ne sommes même plus au niveau de l’intervention irritante pour le système d’un Daniel Balavoine interpellant François Mitterrand et qui fit grave serrer les fesses aux journalistes du plateau télé. Non, maintenant ça n’irrite même plus, ça déroule même le tapis à l’indignation du vieux, ça pactise avec l’éloge future du grand l’intellectuel méconnu et ça digère calmement la critique féroce. Bref ça ne risque rien et ça le sait. Peut-être parce qu’il y a quelque chose dans cette indignation qui fleure la nostalgie d’un temps où l’indignation était encore possible et que ce qui pourrait s’exprimer aujourd’hui de virulence, certes pas nouvelle (l’indignation c’est l’indignation) mais spécifique n’est toujours pas… manifeste. Je ne sais pas.

    14. Martine,

      L’indignation seule ne fait pas un programme politique, ni une pensée. Quand je dis que cette parole des anciens résistants est un signe encourageant, cela veut juste dire ce que ça dit. Cela donne du courage. A une époque où règne le sentiment d’impuissance et la résignation aucune parole porteuse d’un sens collectif n’est de trop. Pour le reste je ne peux que vous donner raison., excepté en ce qui concerne les jeunes indignés d’il y a une vingtaine d’années en arrière.

      Vous citez Balavoine, auquel j’ai immédiatement pensé en lisant votre premier commentaire, car lui, s’indignait aussi, et était jeune. D’autres jeunes à l’époque s’indignaient aussi, Je pense par exemple au chanteur Renaud. Il me semble que ce que vous dites aujourd’hui du traitement de faveur qui est accordé aux anciens, à ceux qu’on considère en quelque sorte comme des sages, s’applique aux jeunes qui s’indignaient sur les plateaux télévisés. Leurs propos étaient virulents, mais constituaient-ils une réelle menace pour le pouvoir d’alors ? Dans mon souvenir il s’agit plus d’une indignation de nature catégorielle, les difficultés des jeunes n’étaient pas pensés dans la perspective d’une transformation sociale globale. Rappelez-vous, les années Mitterrand, nous étions en pleine phase ascendante du néo-libéralisme. C’était le tandem Tapie Montand dans l’émission « Vive la crise » … etc … Peu de gens alors avaient une analyse lucide de ce qui était en train de se passer. L’effet de ces indignations médiatiques fut quasi nul. Et puis dois-je vous rappeler que Daniel Balavoine c’était le Paris-Dakar (avant son terrible accident.), pas vraiment un modèle de contestation sociale ! Balavoine était sans doute un être généreux, mais de bons sentiments ne font pas nécessairement de bonnes politiques.

    15. @Pierre-Yves D.

      Ce que vous dites, je pourrais le dire : sur l’exotisme du désert, les années Tapie, les bons sentiments, Lang, la Culture, la réussite et la petite cour du Président. Sur le fait que les coups de gueule d’un Coluche ou d’un Daniel Balavoine n’aient finalement rien changé. Mais voilà, le fait qu’en 2011 ce soit exclusivement des séniors qui nous offrent des leçons d’indignation, tandis que les jeunes carburent dans les bars, bien loin de Hessel et de Morin, au cocktail explosif déconne-anxiolytiques+alcool presque six soirs sur sept dans notre douce France profonde, me parait pour le moins le signe d’un drôle de retournement.

    16. Martine,

      +1

      Ça fait partie également de ce que j’appelle l’Économie, la manière dont est organisé le vivre-ensemble. L’éducation en fait partie, et elle subit le poids de l’habitude (« Disons donc que, si toutes choses deviennent naturelles à l’homme lorsqu’il s’y habitue, seul reste dans sa nature celui qui ne désire que les choses simples et non altérées. Ainsi la première raison de la servitude volontaire, c’est l’habitude. »). Et ce n’est malheureusement qu’après avoir expérimenté le modèle imposé que certains (pas tous !) s’aperçoivent de l’enfumage (au sens enculerie). Ils réalisent qu’ils ont suivi le seul chemin que leur proposait la société et qu’il n’ont pas exploré les chemins dont ils auraient dû rêver. Ils réalisent qu’ils ont confondu but et chemin. Difficile constat : pas tout le monde ne peut le faire. Ne veut le faire.

      Bonne journée

  22. « Le peuple français, convaincu que l’oubli et le mépris des droits naturels de l’homme, sont les seules causes des malheurs du monde, a résolu d’exposer dans une déclaration solennelle, ces droits sacrés et inaliénables, afin que tous les citoyens pouvant comparer sans cesse les actes du gouvernement avec le but de toute institution sociale, ne se laissent jamais opprimer, avilir par la tyrannie ; afin que le peuple ait toujours devant les yeux les bases de sa liberté et de son bonheur; le magistrat la règle de ses devoirs; le législateur l’objet de sa mission.  » (…)

    « Article 35. Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs. »

    Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen 1793.

  23. « Le peuple français, convaincu que l’oubli et le mépris des droits naturels de l’homme »
    Il va falloir qu’il remballe sa morgue universaliste, le peuple français, parce que d’autres civilisations ne lui feront plus très longtemps crédit (au hasard: Chine, Inde).
    Confondre les droits des citoyens et les droits de l’homme… Epic Fail, comme on dit.

    En dehors de ça le reste du paragraphe est absolument génial.

    1. @AntoineY: « Confondre les droits des citoyens et les droits de l’homme… Epic Fail, comme on dit. »

      D’accord avec vous. Mais sans cela, il aurait été difficile de parler peu après de « droits sacrés et inaliénables ».

  24. J’ai recopié l’appel des résistants tout à l’heure simplement parce qu’il m’a paru très beau et parfaitement adapté à la situation d’aujourd’hui même s’il a plus de 6 ans maintenant. Je ne voudrais surtout pas avoir blessé qui que ce soit.

    Je remercie Thérèse de son soutien. Thérèse trouve les associations trop « molles ». Elle a donc créé l’association « Basses Alpes 39-45, une mémoire vivante » qui a de multiples activités, publie une revue et possède un site internet http://basses-alpes39-45.fr . Comme vous le voyez elle lit les blogs et n’hésite pas à mettre un commentaire. Dans cette petite « affaire » de Signes elle est la troisième résistante dont vous voyez le nom (alors qu’elle n’a rien à voir avec l’ANACR du Var). Il y a eu Armand Conan (90 ans) qui a tenu son panneau à bout de bras le 23 octobre pendant au moins deux heures (voir l’article de mediapart). Il lui a fallu près d’une semaine pour s’en remettre. Et Pierre Yves Canu dont vous avez pu lire la lettre au préfet si forte, si personnelle.
    Vous pouvez faire confiance aux résistants. Il y en a beaucoup qui sont « rentrés » en résistance comme Walter Bassam, le résistant déporté des Glières. Ils disent tous la même chose. Ils s’inquiètent à cause de l’attaque contre le programme du CNR mais peut-être encore plus contre l’attaque à la liberté d’expression. Ce n’est pas parce que le programme du CNR est attaqué que Paul Jorion m’a offert d’écrire un billet dans son blog, ce dont je le remercie encore. C’est parce que quand j’ai parlé de cette attaque lors d’une commémoration les autorités ont voulu me faire taire, me faire croire que j’avais dépassé toutes les bornes et devais me sentir coupable. C’est ceci l’atteinte à la liberté d’expression. D’ailleurs aujourd’hui même je suppose que vous connaissez le scandale de l’annulation d’une conférence à l’ENS de Stéphane Hessel et plusieurs autres orateurs par la directrice de l’école. C’est justement quand je prononçais le nom de Stéphane Hessel et de son petit livre « indignez vous » que la députée s’est levée et a quitté la salle. C’est une seule et même histoire. La censure guette depuis longtemps. Si nous ne sommes pas très vigilants que va-t-il se passer?

    1. Indignez-vous :

      Le motif de la résistance, c’est l’indignation.

      La pire des attitudes est l’indifférence, dire « je n’y peux rien, je me débrouille ». En vous comportant ainsi, vous perdez l’une des composantes essentielles de ce qui fait l’humain. Une des composantes indispensables : la faculté d’indignation et l’engagement qui en est la conséquence.

      La faculté de rêver sa vie.

      La non-violence, le chemin que nous devons apprendre à suivre.

      Bonne journée

    2. « Je ne voudrais surtout pas avoir blessé qui que ce soit. »
      Si c’est par rapport à ce que j’ai dis, pas de soucis, rassurez-vous : quand je dis ‘malgré mon inculture’, c’est un fait objectif.
      🙂
      Merci en tout cas pour votre apport.
      Bien cordialement.

  25. La dernière phrase de Stéphane Hessel………

    « La Tunisie, une Réforme pas une révolution. »

    Un exemple à suivre en effet….

    1. oui, les derniers mots aussi sont très importants, lau : « c’est une réforme de la démocratie en pays d’Islam »

      Cette petite phrase est une pierre (une grosse) contre tous ceux qui pensent qu’en pays d’Islam, il ne peut y avoir de démocratie : qu’en gros, l’Islam est incompatible d’avec la démocratie.
      Qui plus est, il part du principe que la démocratie est (très) partiellement mise en oeuvre en pays d’Islam mais que les principes y sont connus, ce qui induit son terme de ‘réforme’ et non de ‘révolution’.

      Ainsi, la ‘révolution’ tunisienne vient heurter de plein fouet les tenants non seulement du choc des civilisations mais aussi les islamophobes, ce qui est le font de commerce du front national.
      Enfin, c’est aussi un gros pavé dans la marre à tous ceux (et ils étaient nombreux, y compris à gauche) qui soutenaient des dictatures afin d’éviter le péril islamique : où sont les barbus en Tunisie ? Sans généralisation excessive et toujours dans la vigilance de suivre les évolutions en cours, ce type de positionnement typiquement importé de la ‘pensée’ néo-conservatrice américaine (depuis Reagan) est complètement remis en cause.

      Bref, pour le coup, une révolution mais de la pensée politique cette fois.
      A suivre.

  26. Je voudrais revenir sur l’indignation et , comme les pieds dans les plats, apporter une petite note dissonante.
    Quelqu’un a pris la conférence en video et l’a mise sur youtube http://www.youtube.com/watch?v=7ZUsCBAwRvc . Je n’avais pas donné l’adresse parce qu’on n’entend quasiment rien. Mais regardez la fin, à partir de la dixième minute environ. Tous les élus ayant quitté la salle se retrouvent dans le petit jardin et discutent ensemble. Ils sont absolument indignés. Il y a une dame en particulier. Elle était juste devant moi, son indignation était si forte pendant que je parlais que si je n’avais pas été sûre de moi parce que j’avais beaucoup réfléchi à l’avance, elle m’aurait déstabilisée. Alors l’indignation? Il faut être plus précis et parler de vérité aussi. Si à chacun sa vérité, alors à chacun son indignation. Ce qui revient à dire qu’il faut reconnaitre qu’il peut exister « une » vérité. Ceci n’est pas tellement dans la pensée actuelle.
    Dans le cas qui nous occupe quelqu’un dit à un moment « quelle honte! elle fait parler les morts ». Il est clair qu’il aurait eu raison si j’avais fait ce discours lors d’une autre commémoration, celle d’un massacre de 10 maquisards survenus en juin à environ 20 km de Signes. Les maquisards de juin attendaient le second débarquement qui n’a pas eu lieu à ce moment là, ils n’ont dit à personne ce qu’ils pensaient ni quelles étaient leurs raisons fondamentales pour être là. Ceux de février étaient quasiment tous des militants communistes bien connus en tant que militants, en plus de maquisards. Ceux qui se sont indignés n’avaient simplement pas pris cette information fondamentale en compte. « Leur » vérité est fausse. Mais ils ne le savent pas. Leur indignation est vraie.

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