L’EXPANSION, « Spéculation sur les matières premières : Sarkozy a-t-il raison ? », LE 25 JANVIER 2011

Spéculation sur les matières premières : Sarkozy a-t-il raison ?

Entretien avec Laura Raim

Le président de la République a vivement critiqué une étude de Bruxelles mettant en doute l’impact de la spéculation sur la hausse des prix agricoles. Qu’en est-il vraiment ? L’avis du sociologue et anthropologue Paul Jorion.

« L’étude montrant que la spéculation ne conduit pas à l’augmentation du prix des matières premières au niveau mondial, je recommanderais une date pour la publier, le 1er avril », s’est emporté Nicolas Sarkozy lors d’une conférence de presse lundi. C’est sûr que le rapport de Bruxelles tombe mal alors que le chef d’Etat fait de la lutte contre la spéculation sur les matières premières agricoles l’un de ses chevaux de bataille pour sa présidence du G20. Encore faut-il s’entendre sur la définition de la spéculation et en comprendre les mécanismes. Les explications de Paul Jorion, sociologue et anthropologue.

Comment spécule-t-on sur les produits agricoles ?

La spéculation se déroule sur les marchés « futures » ou à terme, c’est-à-dire où les intervenants fixent un prix aujourd’hui pour une transaction qui interviendra dans quelques mois. A l’origine, cela devait permettre aux négociants de se couvrir contre les variations de prix. Mais aujourd’hui, entre deux tiers et 90% des transactions émanent de spéculateurs. Il faut distinguer deux approches spéculatives : les investisseurs « longs » et les traders opportunistes. Les premiers achètent en général des parts dans des « fonds longs » constitués de « paniers » de matières premières, comprenant en particulier des produits agricoles et misent sur une hausse à long terme des prix, comptant sur des facteurs structurels comme l’accroissement de la demande chinoise. Ces investisseurs peuvent notamment venir sur le marché des matières premières pour se couvrir contre une baisse du dollar. Cette stratégie de long systématique génère une tendance à la hausse des cours.

La deuxième catégorie est celle des traders opportunistes qui entrent et sortent en permanence du marché pour profiter des changements de prix. Ils alternent ainsi positions acheteuses (long) et vendeuses (short) selon que les prix montent ou baissent.

Nicolas Sarkozy a évoqué lundi un opérateur qui avait acheté 15% des stocks mondiaux de cacao…

Oui : Anthony « Chocfinger » Ward ! Là il ne s’agit pas à proprement parler de spéculation mais d’accaparement. Le « négociant », comme on appelle celui qui dispose véritablement du produit ou est capable d’en prendre livraison ne fait pas un pari en achetant ou en vendant des contrats sur le marché à terme mais intervient directement sur le marché physique. S’il y a par exemple un problème climatique qui va peser sur l’offre du cacao, le négociant a intérêt à acheter et stocker un gros volume pour réduire encore plus l’offre et faire monter les prix avant de revendre. Aujourd’hui, certains fonds d’investissements font aussi bien de l’accaparement que de la spéculation. On sait maintenant que la banque d’investissement américaine Bear Stearns par exemple faisait les deux sur le marché de l’argent en 2008.

Un rapport de Bruxelles affirme qu’il n’y pas de lien probant entre l’activité des marchés de produits dérivés et l’augmentation des prix.

En théorie les prix à terme n’ont pas d’impact sur les prix comptant, mais dans la pratique, les prix comptant ou « spot » s’alignent de facto sur les prix à terme : si la spéculation fait monter les prix à terme, cette hausse se répercute immédiatement sur le prix comptant. Ceci s’explique par une croyance dans le fait que les marchés à terme seraient rationnels, omniscients et qu’ils sauraient anticiper ce qui va se passer. Pour caricaturer : si le prix à terme est élevé, cela veut dire que le marché à terme sait qu’il y aura pénurie, et alors le prix comptant monte lui aussi pour refléter cette donne. Or on voit bien que parfois les prix ne reflètent pas du tout l’offre et la demande. Quand en 2008, le pétrole est passé en six mois de 84 à 145 dollars le baril, cela n’avait aucun rapport avec les fondamentaux puisque la récession avait fait chuter la demande.

Les défenseurs de la spéculation arguent qu’elle a le mérite de favoriser la liquidité…

C’est l’éternel argument des partisans de la dérégulation. Et c’est vrai ! Mais quel intérêt si cette liquidité existe à un prix spéculatif qui n’a rien à voir avec l’offre et la demande ? De toute façon, la liquidité accrue offerte par la présence d’un spéculateur sert surtout à un autre spéculateur. S’il y a moins d’acteurs sur le marché, cela prendra effectivement un peu plus de temps pour qu’acheteurs et vendeurs s’accordent sur un prix, et alors ?

Parmi ses pistes de régulation, Sarkozy veut accroître la transparence sur le marché physique et obliger les acheteurs à avancer une plus grosse somme.

Améliorer la transparence c’est bien mais cela n’empêchera pas la spéculation. Exiger des garanties financières plus importantes aurait le mérite de réduire le nombre de gens qui ont les moyens de participer. Les partisans de la libéralisation à outrance soutiendront que c’est antidémocratique, mais ce serait une première étape positive parce que cela découragerait de participer à ces marchés ceux qui ne sont pas d’authentiques « négociants », capables de livrer ou de prendre livraison du produit.

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282 réflexions sur « L’EXPANSION, « Spéculation sur les matières premières : Sarkozy a-t-il raison ? », LE 25 JANVIER 2011 »

  1. L’énorme matraquage médiatique sur la fin de crise continue, – les patrons ont le moral en hausse, d’après une nouvelle étude et envisagent d’embaucher pour 2011.

    Je ne comprends pas comment la consommation se maintient d’ailleurs….

    1. Je ne comprends pas comment la consommation se maintient d’ailleurs….

      elle ne se maintient pas si bien que ça aux US, trouvé sur Boursorama ce jour :

      Sur le front des indicateurs aux Etats-Unis, les nouvelles inscriptions au chômage ont augmenté plus que prévu la semaine dernière, tandis que les commandes de biens durables ont connu une chute plus forte que prévu en décembre.

  2. Bien entendu que Sarkozy a raison, mais une fois de plus c’est un effet d’annonce.
    Il a déjà supprimé les bonus et les paradis fiscaux, alors la spéculation sur les matières premières, vous pensez bien que ça ne posera aucun problème, c’est comme si c’était fait.
    Il va nous pondre 2 mesures facilement contournables et puis fin.

    Pour donner l’illusion du changement, rien de tel que changer la peinture ou la tapisserie et puis hop, on remet tous les meubles à leur place.

    1. @ Quidam
      Sarkozy n’a jamais suoprimé les Paradis fiscaux » et n’a fait que limiter les Bonus. Le G20, le G8 et Davos ne sount que les plateaux internationaux pour ses « effets d »‘annonce »

  3. extrait de l’article cité par papimam :
    Bové/ gaz de schistes
    ..« Pour l’instant, les éléments d’étude proviennent des Etats-Unis, mais aussi du Canada. Aux Etats-Unis, notamment dans la région de Pennsylvanie, où ces gaz ont été exploités, et dans d’autres régions, on a vu à la fois des pollutions de nappes phréatiques par la technique de la fracturation, puisque les tuyaux de fracturation se sont lézardés, et l’eau sous très haute pression, chargée de produits chimiques et de gaz, s’est répandue dans les nappes phréatiques. Il y a aujourd’hui, dans certaines communes des Etats-Unis, des milliers de personnes qui n’ont plus accès à l’eau potable.

    Un des problèmes majeurs liés à cette pollution des nappes, c’est que les firmes pétrolières ont refusé de donner la liste des produits chimiques utilisés pour la fracturation au ministère de l’environnement des Etats-Unis, sous prétexte de brevet industriel. Ce qui pose évidemment des problèmes pour pouvoir évaluer les pollutions et les conséquences sur la santé publique.

    D’autres problèmes existent aussi, en surface : il faut stocker l’eau qui a servi à la fracturation et qui est chargée de produits chimiques (chaque fracturation consomme entre 15 et 20 millions de litres d’eau, et il faut répéter cela plusieurs fois avant d’exploiter). Cette eau polluée, il faut ensuite l’évacuer et la stocker dans des bassins grands comme des terrains de football, car cette eau ne peut pas revenir dans le circuit de traitement des eaux usées.

    Autre pollution importante, au niveau des territoires, car il faut forer de manière rapprochée, il faut des routes très larges pour les camions qui doivent accéder à chaque puits pour amener les produits chimiques et l’eau, et pour évacuer les produits chimiques. Pour cela, il faut des routes d’au moins 15 mètres de large, et le problème posé en termes d’infrastructures sera très important, d’autant plus que l’exploitation des puits ne dure pas plus de cinq à six ans.

    de plus, les forages, en France, ne sont-ils pas prévu sur une zone de fracture de la croûte terrestre ? J’ai un vague et vieux souvenir de Haroun Tazieff …
    « un ingénieur agronome, géologue, volcanologue, naturalisé successivement belge puis français. Personnage médiatique, il a été un pionnier de la communication entre les volcanologues et le grand public et de la recherche sur le rôle des gaz dans les dynamismes éruptifs. » (mais, il est possible que je fasse erreur).

  4. Les choses n’avanceront réellement que lorsque les regna francorum de Neustrie et d’Austrasie seront à nouveau réunis. Si le roi de Neustrie n’est toujours pas à la hauteur, et le roi dAustrasie inexistant, je ne vois pas pour autant de Pépin émerger du paysage politique actuel et le Magister Palatium Austrasiae n’a, de toute façon, pas de descendance…

    1. @ Toi

      Les rois dits « fainéants » au 19 ème siècle précisément parce qu’ils avaient l’intelligence de déléguer les « affaires », les confiaient à des commis érudits et gestionnaires qu’ils savaient plus capables qu’eux-mêmes… (;)). Tout le monde n’a pas leur modestie…

    2. @ Arkao

      Ni nostalgie ni sehnsucht dans mon mode de fonctionnement…
      Juste la certitude qu’il n’y a pas eu de redistribution du jeu en Europe depuis plus de quinze siècles et que nos pensées et comportements politiques se sont plus ou moins figés à l’époque où s’est produit l’amalgame entre les cultures gallo-romaine et germanique.
      Depuis, nous vivons une alternance récurrente entre l’unification mythique des regna francorum et leur parcelisation en royaumes et duchés restreints plus identitaires (Neustrie, Austrasie, Burgondie, Aquitaine, Provence, Alémanie, Bavière, etc. puis Lombardie, Frise, Catalogne, Saxe, etc.
      Je ne sais pas si nous sommes mûrs aujourd’hui pour une phase unificatrice ou si nous avons la capacité à accomplir un saut conceptuel et sociétal vers une nouvelle « Carolingie ».

      Vous auriez raison de voir dans la propagande carolingienne afin de justifier le « coup d’état » de 751 (déposition des rois mérovingiens par le majorum palatium) la première mouture sur la « fainéantise » des déposés…

    3. @EOLE: « Tout le monde n’a pas leur modestie… »

      Je doute très fort qu’ils aient laissé le pouvoir à leurs commis par modestie.

  5. @yoananda

    « Tabou sur le peak oil oui.
    La spéculation n’est pas un tabou puisque le président en parle.
    Mais parlez de peak oil a presque n’importe qui (y compris vous apparemment) et vous verrez vite a quel point ca, c’est un vrai tabou. »

    Excellent résumé !

    Sinon pour un résumé sur le colloque pic pétrolier qui a eu lieu à l’Assemblée Nationale (pas salle principale) avant hier soir :

    http://oleocenebackup.forumactif.com/t206-colloque-sur-le-pic-petrolier-a-l-assemblee-nationale-le-25-janvier#4823

    1. Merci pour ce compte-rendu qui montre à quel point l’heure est grave.

      Cela me donne vraiment l’impression de vivre dans une société qui a complètement perdu la raison et ceci bien qu’elle voue un culte à la raison, une société qui soit croit hors du religieux alors qu’elle en a tous les attributs, une société qui a perdu pied avec la réalité, une société qui préfère se raconter des histoires plutôt que de parler de son histoire, une société tellement inondée dans les concepts qu’elle crée qu’elle n’arrive tout simplement plus à s’observer, une société qui préfère vouer des cultes aux icônes de la bien pensanse plutôt que de donner un écho au bons sens, une société qui excelle dans l’art de la décadence.

    1. Y’a du boulot ! Personne n’a envisagé d’inverser les tuyaux de gaz et d’eau ? Et à coup sûr ils doivent dépenser des fortunes en dons pour aider les animaux qui crèvent du pétrole aux pôles ! Y sont fous ces américains…

  6. Je suis producteur de céréales et utilisateur du MATIF.

    Juste qq précisions: Bruxelles a supprimé le mécanisme d’intervention sur le blé (rachat de blé puis stokage afin d’éviter un effondrement du prix) car cela coutait trop cher.
    Ce mécanisme a été maintenu pour l’orge (céréale destinée à l’alimentation animale).
    Concretement: en 2009 les cours des céréales se sont effondrées, rachat (intervention) de l’orge au prix de 85 €/t (départ producteur), revente 1 an + tard par Bruxelles des stocks à 210 €/t…

    Aussi un petit graphique pour que vous compreniez mieux l’intéret de la couverture des marchés à terme: http://futuresource.quote.com/quotes/chart.action?chartDensity=medium&compareTo=&chartStyle=CANDLE&chartAggregation=W&userStudies=&chartSize=800×550&symbol=EBM-ENC

    Enfin, une derniere réalité: pour un céréalier ayant apporté l’ensemble de sa moisson à sa coopérative lors de la récolte (les 2/3 des producteurs), les prix payés ont été de 105€ pour l’orge et 149 € pour le blé.
    Je tiens ces documents à disposition.

    1. Il est clair qu’il y a des aléas climatiques.
      Mon bon copain agriculteur du Sud-Ouest s’est fait ravagé par la grèle.

      Mais lorsque je vois que cet été, le pays ENTIER a pratiqué la BI-culture : maïs et colza… il y a de quoi se poser des questions, non…???

      Ceci confirmé par mon pote (chef de la délégation fumier devant les préfectures à la FNSEA) que le calcul était fait en fonction des aides européennes…
      Il le sait d’autant plus qu’il sert de conseil financier aux collègues…

    2. @Yvan
      « J’ai vu du maïs dans le 40 »
      Vous voulez dire dans les Landes ?
      Y en a depuis les années 60 au moins !

  7. Si je peux me permettre d’apporter une précision sur le paragraphe :

    « Ceci s’explique par une croyance dans le fait que les marchés à terme seraient rationnels, omniscients et qu’ils sauraient anticiper ce qui va se passer. Pour caricaturer : si le prix à terme est élevé, cela veut dire que le marché à terme sait qu’il y aura pénurie, et alors le prix comptant monte lui aussi pour refléter cette donne. »

    Je pense que l’explication est autre,

    en effet:
    d’un point de vue économique cela s’explique par le fait que la vente d’un contrat forward provoque souvent l’achat spot de sous-jacents pour des soucis de couvertures.

    du point de vue de la théorie de pricing cela s’explique par le fait qu’en absence d’opportunité d’arbitrage il y a la relation suivante entre prix spot et forward qui implique une corrélation de 1

    Fo=So+I-R

    avec
    Fo est le prix forward a la signature du contrat
    So le prix spot a la signature du contrat
    R le cout de portgage du sous jacent (taux d’interet, cout de stockage..)
    I les revenu du sous jacent (dividendes)

    Démonstration de corr(So,Fo)=1:
    Le calcul de la corrélation entre So et Fo donne

    corr(So,Fo)=cov(So,Fo)/(sig(So)*sig(Fo))

    or cov(So,Fo)=cov(So,Fo)=cov(So,So+I-R)=cov(So,So)=var(So,So)
    et sig(So)*sig(Fo)=sig(So)*sig(So+I-R)=sig(So)*sig(So)=var(So,So)

    donc corr(So,Fo)=1

    1. C’est clair.

      Et vous le soulignez plus haut : « en absence d’opportunité d’arbitrage »…

      Non pas qu’il faille s’immiscer dans tout contrat privé, mais là, c’est la jungle générale.

      Et comme chacun sait, les extrêmes sont mauvais en tout.

  8. Yvan, faudrait que vous sortiez un peu de chez vous: le département des Landes (40) est le premier producteur de maïs en France (et surement d’Europe) en raison de la chaleur (le maïs est une plante originaire d’amérique du sud) et de l’eau facilement accessible (nappe des Landes).
    Le maïs peut toutefois etre cultivé jusque dans le Nord de la France mais ne présente pas d’interet économique (le rendement est trés decevant).
    Il ne peut y avoir bi-culture, surtout maïs – colza dans la mesure ou les cultures se succedent sur une même parcelle, on devrait alors semer le colza (en aout) dans des parcelles de maïs encore en pleine pousse ! D’autre part, si la monoculture de maïs est possible, celle de colza est impossible.
    Les aides européennes sont identiques quelques soit les cultures dans un même département, l’arbitrage de l’assolement (cultures différentes la même année sur la même exploitation) ne se fait pas sur ce point mais à 90% sur des criteres agronomiques et de bon sens…

    Le probléme dans la production agricole (blé mais soja) c’est qu’il n’y a que 2 récoltes par an (hémisphere sud = australie – argentine – brésil et hémisphere nord = US – UE – Russie – ukraine – kazakhstan – chine).
    LA production n’est pas continue (comme pour les minerais par ex) donc la notion de stock et de capacité de stockage est trés importante.

    Au fait: la spéculation peut se faire à la baisse… voir se qui s’est passé sur les cours des MP agricoles en 2008… (revoir le lien affiché dans mon message + haut). Bien sur, comme ça baisse et que nous sommes les principales victimes, plus personne ne touve ça anormal.

    1. « D’autre part, si la monoculture de maïs est possible, celle de colza est impossible. »
      Ce qui n’est pas SI impossible que ça est que j’ai vu la France recouverte de colza du nord au sud pendant un été…
      Impossible devient français avec des aides « économiques »…

      Pour le maïs, je reconnais que les plantations qui réclament un arrosage par rampe régulier sont une hérésie grave. Mais vous devez certainement avoir l’eau gratuite, je comprends.

      N.B. : je connais bien les « arcanes » de la FNSEA ainsi que celles des aides européennes…
      Tous des truands.

    2. N.B. : ça me démange de trouver et d’analyser des VRAIS chiffres de productions agricoles françaises.
      Mais il vaut mieux les cacher ou les « modifier pour cause de variations saisonnières », je pense.

    3. Pfffffffff….. L’eau n’est pas gratuite (présence de compteur et redevance à l’agence de bassin, cout en electricité et en forage, etc…) et quantité prélevable limitée. Tout cela est normal et n’est pas contestable.
      Le colza est une crucifere qui fleurit jaune en avrl-mai puis est récolté en juillet. Vous n’avez pu en voir en été…
      Il faut toujours se méfier de la perception des choses que l’on ignore…

      Je viens d’acheter le livre de Paul ‘le prix’ pour comprendre ou se trouve le ‘juste prix’ de ma production dans ce graphique:
      http://futuresource.quote.com/quotes/chart.action?chartDensity=medium&compareTo=&chartStyle=CANDLE&chartAggregation=W&userStudies=&chartSize=800×550&symbol=EBM-ENC

      Si vous pouviez, à l’instart de notre Président et de notre Ministre de l’Agriculture, me dire ce que je dois faire…

    4. @ jean

      « Au fait: la spéculation peut se faire à la baisse… voir se qui s’est passé sur les cours des MP agricoles en 2008… (revoir le lien affiché dans mon message + haut). Bien sur, comme ça baisse et que nous sommes les principales victimes, plus personne ne touve ça anormal. »

      Actuellement le blé est aux environs de 260 euros/Tonne, vous êtes donc allé manifesté votre mécontentement de voir le peuple payer sont pain trop cher, n’est-ce pas ?

    5. @Jean :

      Il serait intéressant que vous nous présentiez ce que vous savez de l’architecture des acteurs pouvant intervenir ,au delà du producteur , sur le marché céréalier : producteur , institutions , courtiers , acheteurs vendeurs , stockages intermédiaires de régulation et /ou de spéculation , utilisateurs industriels en bout de chaine , consommateurs avec leurs lieux de confrontations ,grands groupes ou consortiums , leurs outils d’échange , leurs contraintes …..

      C’est un exercice sans doute ardu ( et peut être naif de ma part )¨, mais je n’ai pas encore trouvé de présentation synthétique stratègique dans les revues syndicales paysannes que je connais ( FNSEA et confédération paysanne ).

    6. Jean.
      Tout d’abord, un grand merci pour ces infos « de l’intérieur ». (c’est tellement rare de nos jours…)

      Juste une petite chose, néanmoins.
      Je me méfie ENORMEMENT de mes perceptions, contrairement à ce qui peut être perçu dans mes écrits.
      Je pratique ainsi couramment la remise en question et le doute. Même si cela demande une énergie non négligeable.
      Ainsi, lorsque je parle de cultures majoritaires, et même si je ne suis pas un spécialiste, j’ai tout de même la possibilité de les reconnaître mais aussi de repérer de façon un statistique lorsque je vois un « peu » trop souvent une plante en traversant la France.

      Donc, je vais me débrouiller pour trouver des statistiques détaillées sur les productions des deux-trois dernières années histoire de voir déjà si certaines sont majoritaires et pourquoi.

      Encore une fois, merci des infos sur un secteur trop peu connu.

  9. C’est une façon de voir, mais où donc sont passés les 10% de CO2 économisées?
    Ce sont les tonnes de CO2 que les pauvres qui habittent dans des tentes qui ne les consomment plus.
    Il y a peut-être une manière plus intenlligente à inventer.

    1. @ michel lambotte dit : 27 janvier 2011 à 21:36

      On peut voir les choses autrement.

      Tout ce qui se crée sous forme de valeur immatérielle, contribue de fait à dévaluer la monnaie et à renchérir le coût de l’énergie, laquelle est à la base de la vie. L’expression coût de la vie est, à cet égard, très judicieuse.

      Ceux qui se font avoir sont ceux dont la richesse est constituée de valeurs énergétiques exprimées en dollars : énergies fossiles, métaux, surfaces de terres agricoles, surfaces au soleil etc…Selon moi, il serait judicieux d’adopter une unité monétaire universelle en rapport avec la matière. L’or a joué ce rôle pendant longtemps.

      Cela pourrait être le Kwh, comme je l’ai suggéré ici : http://www.pauljorion.com/blog/?p=19497#comment-135005

      Malheureusement, mes neurones deviennent trop embrumés pour me permettre d’affiner et de justifier cette intuition. Je suis surpris que personne ne se soit emparé de ce sujet pour conforter ou démolir cette idée, sauf Crapaud qui, comme souvent, fait tout pour positiver nos échanges : http://www.pauljorion.com/blog/?p=18119#comment-121714

    2. C’est une idée à creuser, mais je ne pense pas que le problème soit là.
      Ce qui pose problème à mes yeux est l’intérêt financier qui entraîne une croissance matériel pour être remboursé, et forcément à long terme la destruction de la planète.
      Pour ne pas en arriver à cette tragédie, il me semble que le remplacement de l’intérêt financier par l’intérêt énergétique est indispensable.
      Investir massivement le résutat de l’épargne et des fortunes dans les économies d’énergie et de matières premières me parrait indispensable.
      Les économies d’énergie réalisées étant l’intérêt de l’opération, elles devront de nouveau être investies pour réaliser de nouvelles économies d’énergie et ainsi de suite.
      Mais bon, ce n’est pas exponentiel mais asymptotique.
      Si on y ajoute les énergies renouvelables, on peut espérer que la civilisation devienne l’authentique civilisation encore valable dans mille ans.
      L’argent peut encore exister sous sa forme actuelle mais remise à sa place en monnaie d’échange sans intérêt sinon les frais banquaire.
      Ce n’est qu’une proposition dans laquelle on pourra travailler beaucoup et consommer peu si on le veut.
      Travailler comment? Certainement pas par le salariat qui est trop dispensieux en énergie.
      Là on rejoint le débat de notre ami Fab: il faut dépasser le salariat.

    3. @ michel lambotte dit : 28 janvier 2011 à 22:32

      Vous ouvrez plusieurs sujets de réflexion, donc de discussion, de confrontation d’idées, et d’arguments.

      Vous ramenez l’échange sur le sujet du travail salarié, que vous condamnez tout comme Fab. Vous considérez qu’il conduit à trop de dépense d’énergie. Ça mérite d’être analysé et je suis prêt à y contribuer en tant qu’ancien salarié.

      Je ne vois pas en quoi être salarié conduit à une plus grande dépense d’énergie. Pouvez-vous donner la liste des principales dépenses spécifiques au travail salarié ?

  10. Jancovici se mélangent un peu les pinceaux il me semble, le fric gagné par les financiers se retrouvent aussi en CO2 (grosses baraques, voyages multiples, yachts, constuctions des grosses baraques et yachts etc, bon ok pas mal reste aussi en capital et apparait donc ds le PIB sans se traduire en biens matériels), mais là où la crise fait que moins de CO2 est émis (et de pétrole consommé), c’est du côté du peuple bien évidemment (et PIB associé).
    (mais aussi ce qu’il dit en fait)

  11. Si le profit de la spéculation sur le matière premier est important, c’est bien la preuve qu’il a parasitage sur les produits agricole.
    Si ce n’est pas le cas, l’interdiction de spéculer sur le matière premier ne devrait pas gêner grand monde.

    N’ayant pas de chiffre, je peux cependant constater l’étonnante opiniâtreté des financiers à vouloir garder et agrandir leur champs de jeux.

    Ceci dis, c’est bien dommage que l’Europe ce désengage dans son aide au travers de contrats avec les coopératives agricoles rémunérant le stockage.
    Moyen, qui par essence, a un effet de régulateur sur le prix et dans le temps.
    Moyen le plus simple et rationnel de garantir des prix stable, bon pour le producteur comme pour le consommateur.
    Une fois des stock fait on pourrais alors travailler de manière a respecter au mieux l’environnement.

    Mais la finance n’est pas intéresser par la stabilité des marché, ce n’est pas leur intérêt.
    Sans compte que quand ont tiens des vie entre ses mains, il y a du monde qui est pret a payer
    –> gros bénef en perspective..

    Pourrais on s’autoriser à penser que ce sont les lobbies des financiers pourrais être à l’origine du démantèlement de la politique de stockage européenne ?
    A moins que ce soit les lobbies de fabricant de semences et d’engrais qui ont aussi intérêt à faire monter la pression !

  12. Sorry, j’ai fait une erreur de clavier
    @ Peakoil à 14h02
    Le quantitatif aurait selon vous engendré le qualitatif? Et vous en appelez à l’Histoire pour nous convaincre; mais l’Histoire ne raconte pas du tout cela, bien au contraire. L’histoire des hommes jusqu’à une époque récente a été plutôt faite de pénuries.
    Les premiers hominidés ont vécu, et surtout survécu, dans des conditions d’existence précaires et même extrêmes.
    L’agriculture naît en Mésopotamie dans un environnement aride par l’acclimatation des graines sauvages.
    Aux temps historiques, les disettes sont récurrentes, aux quelles s’ajoutent les épidémies et les conflits.
    Et pendant tout ce temps l’homme a cherché et trouvé.

  13. @Zadig
    En fait les études anthropologiques montrent que les chasseurs cueilleurs travaillaient moins et étaient en meilleur santé que les premiers agriculteurs, et la plupart des agriculteurs sur l’époque agricole (en particulier du fait que souvent orienté monoculture)
    En toute rigueur c’est bien plutôt l’agriculture qui a commencé à nous foutre dans la merde, merde puissance 10 aujourd’hui avec la dépendance en énergie et matériaux fossiles.

    1. En tant que paysan, j’ai envie de dire qu’est-ce que vous attendez pour aller pécher et cueillir et à quel point êtes vous dépendant de votre confort

  14. @Jean Valjean,

    Actuellement le blé est aux environs de 260 euros/Tonne, vous êtes donc allé manifesté votre mécontentement de voir le peuple payer sont pain trop cher, n’est-ce pas ?

    … Et quand le blé était à 90 €/t (en 2008 et 2009) vous n’etes pas allé crier votre mécontentement auprés des boulangers qui n’avaient pas répercuté la baisse du prix de la farine ! (qui avait augmenté aprés la premiere flambée des cours en 2007). Voir encore une fois le graphique du prix du blé de 2006 à aujourd’hui. Pour info, le prix du blé représente 7 % du prix de la baguette…

    Hélas, si le blé est à 260 € c’est qu’il n’en reste que trés peu qui n’a pas été vendu … Et en lisant ma réponse à Juan Nessy vous comprendre pourquoi…

    @ Juan Nessy: en préambule, sachez qu’un producteur de blé ne peut vendre son blé a un autre agriculteur ou directement à un éleveur… Mais bon, on s’arrange 😉
    Le producteur peut écouler sa récolte de 3 manieres :
    – via une coopérative qui sera chargée de vendre sa récolte au meilleur prix
    – via un négociant, qui paye la récolte à un prix donné
    – directement au consommateur final (fabricant d’aliment – meunier) via un courtier qui met en relation l’cheteur et le vendeur.
    La coopérative d’aujourd’hui, sorte de conglomérat sovietisant qui va de la ferme Ukrainiene à la boulangerie de quartier en passant par des participations dans des usines d’éthanol ou des brasseries en Chine, a qu’une hantise: avoir des stocks…
    Le négociant, achete se qu’il a déja vendu.
    Bruxelles achetait ce qui n’était pas vendu…
    A savoir: 1/3 du blé en consommation France, 2/3 exporté dons 50% UE et 50 % reste du monde.

    Comme vous le savez, le prix du blé varie beaucoup, avant ou aprés la récolte, c’est pourquoi les vendeurs et les acheteurs passent des contrats avant et aprés la moisson. Cette année est un bon exemple ou on est parti d’un prix de vente MATIF de 120 € en mars à 264 € aujourd’hui… Un certain nombre de contrats ont été conclus sur des niveaux de prix de l’ordre de 150 €.

    La particularité des MP agricoles, c’est qu’il y a qu’une récolte par an et il faut s’arranger pour qu’elle suffise à combler la consommation des 11 prochains mois… Exercice ardu qui necessite des STOCKS (oh ! un gros mot) et des statistiques trés affinées !
    Or, la loi de King (je suis d’ailleurs étonné qu’aucun d’entre vous ne l’ai encore mentionnée..) veut que 1/10 de récolte manquante provoque l’augmentation des prix de 1.3.
    Cela est vrai aussi à l’inverse…

    1. @ Jean,

      Le problème c’est que vous ne bougez (le monde agricole, le monde de la pêche etc…) que quand vos intérêts propres sont en jeux, jamais autrement. J’ai vu un reportage très récent dans un journal télévisé dans lequel un de vos confrère disait qu’il stockait sa récolte, en vendait une partie et attendait pour vendre le reste que les cours montent. Il disait lui-même ce qu’il pensait de ce système, ses propres termes étant : « …il ne faut pas se voiler la face, ça rapporte beaucoup plus de procéder comme cela…mais ce n’est pas mon métier… ». Il semble que vous (de façon collective) vous accommodiez très bien de cette situation tant qu’elle vous arrange.

      Je sais pertinemment que beaucoup de monde dans le milieu paysan ne s’en sort pas, il y a beaucoup de suicides, alors il serait peut être temps de se lever et de demander la casse du système en place, si vous (de façon collective) ne le faites pas, c’est qu’il y a parmi vous des gens qui en profitent très bien et ne veulent pas que ça change, mais c’est une situation généralisée. N’oubliez pas non plus que vous aurez une responsabilité devant l’Histoire en ce qui concerne le lessivage et la stérilisation des sols, la pollution phréatique et autres résultats hasardeux de l’agriculture intensive.

      Je connais un peu le monde de la pêche parce que je vis en Bretagne depuis toujours, c’est pareil, tant que ça rentre pas un mot… le problème c’est que je me souviens très bien avoir ramassé du homard dans la grève quand j’étais enfant, depuis, tout a été lessivé au point que la seule pêche qui semble rentable aujourd’hui (pour pas longtemps) soit celle de ces monstrueuses usines à poisson qui est en train de vider les océans de plus en plus loin vers le nord. Pêche intensive, agriculture intensive, même combat, même résultat : quelques-uns y gagnent, l’Humanité tout entière y perd !

    2. @Jean :

      Merci de vos éléments de réponse qui semblent bien situer au moins au niveau français ( auriez vous des éléments sur le plan international mondial ? ) trois « filières » de constitution du prix . Il serait intéressant d’analyser de plus près comment se constituie  » le prix  » dans ces trois cas là .

      Je vous rejoins par ailleurs sur les effets de cliquets à la hausse , qui ne sont « engrangés » que par le vendeur final du produit transformé et un certain nombre de métiers intermédiaires , indépendamment d’une action spéculative externe ( par des gens qui n’ont rien à faire là ) telle que l’évoque Paul Jorion .

      Par exemple la brique de lait UHT a vu son prix dans les rayons , augmenter de 17 % en 10 ans , alors que sur la même période le même litre de lait payé au producteur a lui progressé de 0,7 %.

      Autement dit les marges brutes des industriels et de la grande distribution augmentent dans une large proportion sans raison autre que le fait que le prix final de vente augmente quand le prix d’achat à la production augmente ( ce qui est assez rare , et dans ce cas ,on comprend ), mais qu’on  » oublie » sytématiquement de le rebaisser quand le prix de la  » matière première  » diminue . Et l’exemple de la brique de lait est très illustratif du résultat final .

      Je connais moins ce qu’il en est de ce point de vue quant aux céréales .

    3. @ jean

      La particularité des MP agricoles, c’est qu’il y a qu’une récolte par an…
      (…) Or, la loi de King (je suis d’ailleurs étonné qu’aucun d’entre vous ne l’ai encore mentionnée..) veut que 1/10 de récolte manquante provoque l’augmentation des prix de 1.3.

      D’abord il y a deux saisons de récolte par an dans le monde comme vous le dites plus haut. Ensuite vous faites bien de citer la « loi » de King quant on voit cette année une récolte mondiale globalement correcte ou à peine déficitaire sur le blé tendre (647 Millions de T estimation 2010/2011 International Grain Council contre 678 en 2009/2010 et seulement 14 M de T manquantes pour couvrir la demande de 661 M toujours sur 2010/2011) avec des stocks normaux et même élevés (190 M de T en stock fin de campagne 2009/2010 contre 170 lors de la campagne précédente) aient conduit non pas à une augmentation de 1,3 des prix production mais de 120%…
      Tout en sachant, vous mieux que moi, que la production mondiale d’une année est conditionnée bien plus par les surfaces emblavées, elles même dépendantes des prix obtenus sur l »année précédente, que des aléas climatiques à peu près insensibles au niveau mondial, nino ou nina compris, d’une campagne à l’autre et au niveau planétaire. Bref, c’est vieux comme l’agriculture, la pénurie produit l’excédent, la hausse la baisse et lycée de Versailles. Plus que les calamités climatiques, les incendies en Russie ou les décisions plus ou moins opportunes de Poutine, juste bons à fournir du grain à moudre aux spéculateurs et entretenir la panique rémunératrice.
      Et tout ça avec des DPU qui vont être de combien à l’Ha ? 40 euros de moins que l’an dernier ? Les salauds…En plus d’une marge brute de 1000 euros/Ha pour 80 Qtx en sec à seulement 180 euros la Tonne de blé en moyenne, cela dit, on peut pas descendre dans la rue, même avec les éleveurs, ce serait pas correct. Non on vient juste se défendre sur le blog Jorion…
      Té j’va leur doubler le prix de la bouteille à mes clients céréaliers du pays drouais… Ben ouais j’ai gelé ya deux ans; demi récolte et les prix qu’ont baissé kamême. Ah, la solidarité paysanne, que serions nous sans elle !

    4. @Jean Valjean, tu trouves que d’autres catégories sociaux professionnelles sont différentes, prend Michel Laroque elle demande de donner aux restos du cœur mais attend que son compagnon soit ministre du budget pour payer des impôts Français, combien de syndiqués ont acceptés les caisses noires du medef, etc… on même temps on a inventé les coops mais ces dernières ce retournent contre nous (on est pas compétitif, on doit être les seuls actionnaires a qui on reproche leurs compétitivités), l’individualisme est partout et on est pas armé face à la misère humaine, alors on essaye de faire avec et on attend qu’elle nous tombe dessus, mais au dessus de nous ils savent y jouer on est fier si on nous dit qu’on est meilleur que le voisin on y croit (je correspond pas tout à fait à cela) c’est le premier pas pour diviser (et c’est une arme du nationalisme).

  15. Enfin, et pour finir quelques vérités:
    – quand le blé était à 120 – 150 € (de janvier à juillet 2010) rien n’empéchait les acheteurs (qui aujourd’hui pleurent !) de prendre position sur le MATIF (marché à terme)
    – quand on sait que les principales coopératives (représentant 60 % de la collecte) offrent des prix de blés inférieur à 150 € et 110 € pour l’orge aux producteurs, C’EST QU’ELLES ONT CONCLUENT DES CONTRATS AVEC LES CONSOMMATEURS A CES NIVEAUX PRIX (+ marge).
    – aujourd’hui j’ai du blé en stock vendu à un meunier à 120 € /t …

    Les prix actuels NE JUSTIFIENT PAS UNE QUELCONQUE HAUSSE DES TARIFS DES PRODUITS DE DETAIL !

    1. Si, parce que ton meunier va anticiper la prochaine récolte et plutôt que de faire une hausse en 100% en juillet il en fera 3 de trente pour cent (un truc comme ça), on lisse le prix à la consommation, c’est pour cela que personne voit les baisses, car tout le monde a peur et si une fois 300 € le blé redescend à 150 l’hiver prochain, ton meunier devra vendre avec des remises pour être au même prix que les autres (qui ne sont pas couverts)

    2. ajoute que le cheptel (ou les produits transformer va consommer plus de sous produit maraichage (patate carotte), pour diminuer la hausse, les sous-produits vont être plus cher que les produits, tout va augmenter de façon directe (pain, farine huile, viande blanche, œuf), un peu plus indirecte (viande rouge, maraichage).
      Il faut bien payer la liquidité, en 2009 c’est la production en 2011 c’est le consommateur.

  16. @zadig et Pierre-Yves D.

    Quanti Quali … je sais pas si je m’enlise, mais bon …

    J’ai été un peu vite en besogne en disant simplement que l’un engendre l’autre. En fin de compte je pense que l’un et l’autre conditionnent l’un et l’autre. Il serait donc plus juste de dire que ‘quantitatif’ et ‘qualitatif’ sont en interaction l’un avec l’autre et qu’il y a une dépendance mutuelle entre eux.

    – Si par la qualité et la quantité du qualitatif l’Homme a su certainement développer du quantitatif, c’est aussi par la qualité et la quantité du quantitatif que l’Homme a su développer du qualitatif.
    – Si par la qualité de son savoir (démarche scientifique) et la quantité de son savoir (connaissance) l’Homme a su exploiter-développer l’abondance c’est aussi par la qualité de l’abondance (ressource exploitable) et la quantité de l’abondance (fruits de la croissance) que l’Homme a su exploiter-développer son savoir.

    En outre il faut faire attention à l’aspect relatif et subjectif des concepts ‘quantitatif’ et ‘qualitatif’. On peut en permanence coller une étiquette ‘quantitatif’ (positif ou négatif) ainsi qu’une étiquette ‘qualitatif’ (positif ou négatif) sur tout en fonction du point de vue. Certains diront que la crise a du bon à tel niveau et pas à tel autre, certains diront que le verre est à moitié plein et d’autres que le verre est à moitié vide, certains diront que le verre à moitié vide est une bonne chose, d’autre diront que le verre à moité vide est une mauvaise chose, etc.

    Si la pénurie a ponctué l’Histoire des Hommes, le fait que nous nous en soyons extrait depuis la révolution industrielle (la bulle hydrocarbure) montre pour moi que quand l’homme se défait des contraintes matérielles qui le renvoient à sa condition animale, il a alors facile à investir dans son intelect pour défricher la réalité dans laquelle il se déploie. Cela indique pourquoi la logique de croissance économique est un contexte idéal pour qu’une certaine forme de qualité de vie et de savoir se développe (mais encore une fois certains y verront une amélioration de la qualité de vie quand d’autres y verront l’opposé).

    Après 2 siècles de relative abondance et 50 ans d’abondance folle et inégale, nous découvrons maintenant que le potentiel d’abondance se réduit à vue d’oeil alors que nous n’avons jamais atteint un tel degré de savoir. Nous avons un potentiel qualitatif exceptionnel mais malheureusement le potentiel quantitatif s’effondre. En fait nous subissons de plein fouet les conséquences de notre succès phénoménal car si nous avons su exploiter le quantité avec qualité (efficatité et techno) nous l’avons aussi fait sans qualité (pillage et inégalité).

    Mon problème par rapport à tout cela est que sans un minimum de l’un et de l’autre, l’un et l’autre risquent de ne plus être.

    Sinon je veux bien être idéaliste et croire en un Homme relativement affranchi des contraintes matérielles par la force de son esprit (le moine qui hiberne) mais je n’y crois pas en terme de masse car pour moi la masse a tendance à redevenir animale quand elle est soumise à des contraintes physiques trop forte.

  17. @ Jean Valjean: le stokage coute cher et il faut avoir de la trésorerie pour le faire (n’oubliez pas: 1 récolte par an) et en attendant il faut financer la récolte à venir…
    Encore une fois, on est dans une situation trés exeptionnelle ou les cours montent… Stocker et ne pas vendre sa récolte au risque de devoir la brader au bout 10 mois est un risque que des gens responsables ne prennent pas !
    Oui, ça nous ‘arrange’ que les cours montent, spéculation ou pas. Vendre sa récolte à perte (comme vendre sa péche coute que coute) n’est pas une solution durable.

    MAis ne vous méprenez pas sur la pseudo représentativité des syndicats agricole: ils sont en nette perte d’influence et une petite révolution verte commence à voir le jour avec des nouveaux agriculteurs bien mieux formés, donc bien moins influencables et qui ont compris que la course au rendement était terminée et qu’il fallait mieux produire avec moins d’intrants (donc – d’impact environnemental).

  18. Paul : « On peut parler de Malthus mais c’est un ennemi. »

    Bien entendu, Malthus est un ennemi. Mais la problématique du Peak Oil, et généralement la déplétion de ressources non renouvelables nous demande de faire attention à une possible rupture de civilisation. Et il est aujourd’hui inconscient de sous-estimer l’impact du Pic de production pétrolier sur notre civilisation pétro dépendante. En d’autres termes, c’est faire le jeu de Malthus d’ignorer la problématique, notamment lorsque l’Ile de France n’a que quelques jours d’autonomie alimentaire.

    chris06 : « Mais ce que vous ne semblez pas vouloir comprendre, c’est que ce problème était tout aussi grave il y a deux ans, quand le prix du pétrole est passé de 84$/bbl début 2008 à 147$/bbl mi 2008 puis à 38 $/bbl début 2009. »

    Je suis assez d’accord avec cela. Le haut de l’iceberg est bien la spéculation. Le prix du pétrole peut être fixé, avec un taux d’inflation. Mais cela n’éliminera pas le problème du gâteau qui diminuera d’années en années, avec l’accaparation d’une minorité d’Etats des réserves ultimes de pétrole.
    Ce qui veut dire que la spéculation est un amplificateur d’un problème structurel, mais seulement un amplificateur. Le problème structurel n’en est pas moins dangereux pour notre civilisation. Car cette dernière n’est pas prête à subir un ultime choc pétrolier.

    Paul : « l’énorme tabou que le peak oil sert à masquer, c’est la spéculation ! »

    Paul, je me vois inquiet de lire cela de vous, si brillant à analyser les crises économiques. J’espère que vous n’êtes pas de économiques que l’on appelle terraplatiste. Ce qui veut dire dans le langage peakiste une économiste qui pense que la terre est plate, sorte de religion où les ressources seraient infinies. La science ne nous sauvera pas des ressources finies, à moins de devenir néocolonialiste en allant chercher sur d’autres planètes les ressources qui seront épuisées sur Terre. Sachant que le Peak Oil est passé, je suis très sceptique sur le fait de pouvoir avoir assez d’énergie pour gérer ce type de projets.

    1. @Alter Egaux: « J’espère que vous n’êtes pas de économiques que l’on appelle terraplatiste. »

      Non, il est cornucopien. 🙂

    2. @Moi
      Ce qui revient au même : passé le peak or, cuivre et autres, l’eau chaude va avoir du mal à arriver sur notre tête le matin. Notamment parce qu’une éolienne, c’est un coffre fort en cuivre pur.
      Avis aux futurs cambrioleurs, amateurs de MadMax.

  19. VIVE la hausse des prix des matieres premieres agricoles: c’est elle qui a fait tomber Ben Ali et qui fera parti Moubarak !
    C’est encore des prix élevé qui détournera les paysans Africains de la monoculture de coton vers le développement de cultures vivrieres !

    1. Très mauvais esprit. Et totalement faux. Les hausses spéculatives irrationnelles et l’hyper volatilité ne sont profitables que pour des spéculateurs avisés ou à même de manipuler les marchés ou pour des producteurs UE ou US par ailleurs grassement soutenus par les contribuables pendant les années de vaches maigres (comme de vaches grasses d’ailleurs). Comme vous.
      Ou alors une hausse comme ça, comme en Chine, ok.
      Et pas comme ça

    2. D’accord avec Vigneron, enfin bon on va quand même le vivre (c’est parti pour du blé à 300€), là 1/3 de la récolte 2011 à venir a été pré-vendu à 170€ pour les céréaliers (bon ils vont ce rattraper), mais ces 300€ sont une augmentation par trois sur 9 mois (pris de revient autour de 150€), ça va coincer cet été.
      @Jean et si une certaine Marine s’en sortait mieux que Mélenchon, Tu en veux toujours de la révolution ? (c’est le principe on ne sait pas où on va)

    3. @jean excuse le premier paragraphe de mon commentaire, j’ai pas lu ceux du dessus (bon c’est cool, 3% de la population peut-être mais…) )

    4. @Jean :

      Le raccourci est facile et peu digne du réalisme et de la mesure de l’âme paysanne .

      Il est vrai que des paysans , il n’y en a plus depuis la fin des années 60 .

      Pour l’abandon de la monoculture à outrance ( un céréalier n’est pas forcément le plus naturellement fondé à la regretter ) , c’est bien évidemment la trace physique d’une organisation capitaliste de l’agriculture .

      Les dictatures qui provoquent la disparition des agriculteurs , du tissu social qui peut se construire autour de la ressource alimentaire , des paysages , du sol vivant même , sont nombreuses . Celle qui se concrétise dans les prix à la source ou sur les produits transformés à disposition du consommateur final , est assez largement sous tendue par le système financier qui est en discussion ici .

      La dictature institutionnelle ( quand il ne s’agit pas du cas rare d’une monarchie plus ou moins éclairée ) est toujours dans le sens du vent de la dictature financère ( à laquelle elle confie d’ailleurs le trésor de ses pillages ) .

      Il ne suffit donc pas de la chute des potentats pour accèder aux temps meilleurs .

      Mais c’est nécessaire .

      Jusqu’à la chute du potentat final .

    5. Jean a raison sur les paysans du tiersmonde.
      On pense souvent, comme valjean, que les aliments de base, chers, c’est à 100% mauvais pour les pays pauvres parce qu’ils en importent. Mais le paradoxe, c’est que ce sont des pays qui sont agraires à plus de moitié. Les céréales qui viennent du nord concurrencent les paysans du sud, les empechent de vivre correctement de leur travail, les poussent vers des productions de vente( dixit Jean avec le coton), amplifient l’exode rural, gonflent les bidonvilles.
      Des ONG comme OXFAM l’ont assez dénoncé.
      En somme si les prix (trop) hauts provoquent des émeutes de la faim c en grande partie que les salaires sont anormalement bas dans ces pays, car ils correspondent à des couts alimentaires anormalement bas.
      Qui peut produire du blé à 100E/t (ou équivalent nutritif) sans perdre de l’argent? Les pays du sud? Non. Les pays du nord? Pas sans subventions! Memes les mieux placés(argentine russie brésil…)n’y arriveront plus. Ce prix de 100E/t est une abération. C’est le résultat de la PAC 1992 et de la politiqueamericaine de la meme époque: des subventions pour faire chuter les cours, certes dans un contexte à l’époque de surproduction. Au final, un dumping planétaire, dont les gagnants ( et les commanditaires) ont été l’industrie alimentaire et les intermédiaires. Les plus grands perdants ont été les paysans du tiers-monde.
      Il est difficile de cracher son venin sur les paysans du nord sans promouvoir un système qui crache le sien sur les paysans du sud.

  20. @ Vigneron, vos liens ne marchent pas ….
    C’est bien les prix élevés du pain et de la semoule qui conduit le peuple à se révolter. Le prix du blé dur, non coté au marché à terme donc non soumis à la spécultation, a augmenté de 30 % dés le début de la révolution en Tunisie suite aux achats d’urgence des pays du Maghreb pour calmer les tensions. (tapez ‘cotation blé dur’ sur google)
    L’Egypte est le premier importateur de blé au monde…
    D’autre part, vous mélangez tout: sur un marché à terme vous avez un acheteur et un vendeur et vous suivez ce blog vous comprendrez qu’a ce moment vous avez un gagnant et un perdant selon l’évolution des cours. Quant à manipuler les cours du blé… inutile d’insister !

    Concernant la voatilité des cours, cela est tout simplement du aux conditions météo qui influent trés fortement la production, la spéculation peut en effet amplifier ce mouvement.

    Rendez vous compte que pour une matiere aussi indispensable que les céréales, on ignore les 3 composantes de son prix:
    – la production (elle a lieu que 2 fois pas an dans le monde et peut fluctuer dans de large proportion selon la météo)
    – la consommation (on sait qu’elle augmente mais de maniere non homogéne d’un point de vue géographique
    – les stocks (souvent concentrés dans les pays producteurs et soumis à une intense pression politique)

    LA seule solution est la constitution de stocks, équitablement répartis parmis les pays consommateurs et financé par les pays producteurs.
    Aujourd’hui, au niveau mondial, le ration stock/conso est de 4 semaines de conso …

  21. Je suis d’accord avec vous Jean.Pour lutter contre les fluctuations de prix des céréales, c’est l’organisation du marché la solution, et dans le cas des céréales ce la passera par plus de stockage d’intervention.

    Actuellement l’Europe stocke des céréales en achetant à 100E/t: pas plus.C’est le « prix d’intervention ». Résultat lorsque les prix étaient bas il y un an, l’Europe a trés peu acheté: seule l’orge était descendu aussi bas, et alors que ses silos étaient complètement vides elle n’a acheté que 5Mt d’orge… et 0 de blé. Maintenant que les prix ont remonté (à la grande joie des spéculateurs) elle n’a que ces 5Mt d’ orge à remettre sur le marché, pour calmer la hausse. Et après les stocks seront à nouveau à zéro.

    Il faudrait donc intervenir plus! et commencer à remplir les stocks en achetant à 150E/t par exemple puis acheter moins cher au fur et à mesure que les stocks se remplissent.
    Et qu’on ne me dise pas que l’intervention, ça coute cher! En ce moment, l’Europe vend ses stocks d’orge 200E/t au moins, alors qu’elle les a acheté 100E ! En luttant, contre l’instabilité abjecte des marchés, l’Europe se fait de l’argent! Comme en 2007/2008 d’ailleurs, avant la crise.

    Mais je sais bien que la commission ainsi que les états membres sont incapables d’aller dans ce sens: l’heure est à la fin des quotas laitiers(ça promet), par exemple.Les lobbies veillent,la mode reste à l’ultra-libéralisme, au « moins possible d’intervention sur les marchés ». Les leçons n’ont pas été encore tirées.

  22. Mais la spéculation a surement aussi son effet à la hausse, comme à la baisse, comme l’a dit valjean . L’article de Paul est explicite. D’ailleurs, si les stocks de maïs sont trés faibles, les sctocks de blé sont, me semble-t-il, encore assez élevés. Pourtant les prix se sont affolés et c le prix du blé qui a donné la tendance?C’est bizarre!
    Meme si l’accaparement,la rétention(honteuse) de vente de certains producteurs et d’organismes stockeurs quand les prix sont hauts, les problèmes de gestion des stocks, l’obligation qu’a le paysan de brader sa récolte quand les prix sont bas, parce qu’il lui faut bien rentrer de la trésorerie pour faire tourner sa ferme, tout ça me semble expliquer de manière prépondérante cette instabilité des cours, dont se nourissent les spéculateurs à court et moyen terme
    Que faut il faire contre la spéculation?Taxer les transactions? Pas sur que ça serve à quelquechose; en tout cas ça ne serait pas volé! Faire payer des sortes de frais de garde rédibitoires à ceux comme l’explique Paul qui vont sur les marchés des céréales pour acheter et garder leur positions à long terme? Est ce pertinant? est ce possible?Je ne sais pas: je suis agriculteur, là ce n’est plus ma partie.

  23. compte tenu du cout d achat de la terre agricole et des facteurs de production indispensables à son exploitation ( materiel , intrants ,aleas climatiques ) , un rapide calcul etabli le point d equilibre pour assurer la perennité de l activité cerealiere autour de 250 euros /t en blé . les cours actuels n ont rien de scandaleux . si nous avons pu survivre depuis 20 ans avec des prix bien inferieurs ce n est que parce que le capital ( la terre ) nous a été mis à disposition à des prix derisoires par la generation qui nous a précédé …. on ne peut pas acheter un hectare de terre à 8 000 euros pour en tirer 150 de benefice aprés un an de travail …..; c est pourtant ce que l on a connu depuis 92 ….!!!

  24. Pour vous donner une idée de l’ampleur concrète de cette spéculation,
    j’ai rencontré un agriculteur qui vendait son blé 60 cens d’€ la tonne il y a deux ans, il vient de le négocier à 310€ la tonne.
    Même si il sourit, il reste inquiet parce que sachant ce prix complètement déconnecté d’une quelconque réalité. (je précise avant quelques retours que je pressens, qu’il s’agit d’agriculture du Sud Ouest et d’un petit agriculteur dont la surface en blé est faible (maîsiculteur, arboriculteur et maraîcher).
    l’ensemble des denrées alimentaires liées à cette céréales vont flamber aussi, et « oublieront » de redescendre quand la spéculation partira à la baisse, comme toujours, comme le carburant avec le pétrole……………

    1. Non c pas possible. Pas 60c d’E la tonne, le prix du blé il y a 2 ans . maisplutot 60E la tonne. Et encore ça me parait beaucoup trop bas. Quant à 310E/T aujourd’huis, je dirais plutot 250E/T maxi. meme dans le sud-ouest. A moins que son blé soit du blé dur (celui qui sert à faire les pates ou la semoule), il s’en fait beaucoup dans le suo-ouest. En ce cas c’est possible car il est plus cher que le blé tendre, qui est la réference..

    2. Oui, Jeanbaba a raison le prix de 310 €/t c’est sans doute du blé dur (son prix est passé de 185 en 2009 à 310 en ce moment). Les prinipaux pays importateurs sont l’Algérie et la Tunisie.
      Les 60 € la tonne ne peuvent correpondre qu’à un prix de blé déclassé. Les prix les plus bas pour du blé aux normes sont rarement en dessous de 85 €.

  25. bien sur 60 € la tonne
    pardon pour cette erreur
    mais oui 310€ la tonne il y a quelques jours pour du Blé dur!
    c’est 500% d’augmentation

    1. de 60 à 310 c’est quand meme abusé! Ou meme classiquement, de 90 à 250, voir plus, c trop de fluctuations! Et les marchés à teme permettent aussi à des spéculateurs affutés de se faire de l’argent , grace à ces grosses fluctuations. Si les spéculateurs ne provoquent pas à eux seuls les spéculations, au moins, ils s’en nourissent.

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