« LE SUJET N’EST PLUS TABOU ! », par Vincent Migeat

Billet invité

Depuis quelques mois, j’observe qu’une expression revient assez souvent dans les commentaires journalistiques. C’est : « Le sujet n’est plus tabou ». J’ai des raisons de penser qu’il s’agit là d’une phraséologie moderne au sens premier du terme. Pour s’en convaincre, il suffit d’examiner dans quels contextes cette expression est utilisée.

Les exemples sont légion : qu’il s’agisse du report du calendrier socialiste (le sujet n’est plus tabou chez DSK ou Martine Aubry), des réunions européennes sur la crise des dettes publiques (le sujet n’est plus tabou : il va falloir restructurer la dette grecque), des discussions autour des vagues migratoires et de l’espace Shengen (le sujet n’est plus tabou : il va falloir procéder à des aménagements du traité de Shengen), des buts de guerre en Libye (le sujet n’est plus tabou : il va falloir faire tomber le régime libyen), ou encore à propos du président de la République (parmi les députés UMP, le sujet n’est plus tabou, et la question sur toutes les lèvres : qui pour remplacer Nicolas Sarkozy comme candidat à la présidentielle ?)

En fait, tout se passe comme si cette expression commode représentait à un moment précis du débat un « élément de langage » dont l’utilité (un peu magique) permettait de faire sauter en douceur les verrous pour permettre à des idées autrement plus abruptes d’émerger et de parader sans scrupules dans le débat. Une sorte de pastille menthol du langage, légèrement analgésique qui préparerait le terrain, le rendant plus meuble.

Si cette expression me semble moderne, au delà du fait qu’elle fleurit un peu partout en ce printemps, c’est aussi parce que je pense que nous assistons subrepticement à un certain nombre de renoncements qui en disent long sur les mutations actuelles de notre société. Et cela se retrouve également dans ces expressions en vogue.

La mise en orbite médiatique d’une Marine Le Pen, pour ne prendre que cet exemple, me semble assez caractéristique du phénomène. Tout doucement, d’articles en dossiers, d’interviews en invitations télévisées, de sondages en sondages, la charismatique leader du Front National, qui est un parti d’obédience fasciste, faut-il le rappeler, est en passe d’être naturalisée dans le paysage politique hexagonal. Il ne serait ainsi pas surprenant que d’ici peu un certain nombre de ses idées s’enracinent dans l’opinion et que certains journalistes soient amenés à écrire : « Le sujet n’est désormais plus tabou, l’islam en France pose un certain nombre de problèmes » ou bien « Le sujet n’est plus tabou : les étrangers sont trop nombreux en France » ou encore : « Le sujet n’est plus tabou : Marine le Pen sera présente au second tour de l’élection présidentielle », ou bien encore : « Dans les rangs de l’UMP, le sujet n’est plus tabou : il faut faire alliance avec le Front National »…

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141 réflexions sur « « LE SUJET N’EST PLUS TABOU ! », par Vincent Migeat »

  1. bonjour
    Bref, tous les « mots » qui sortent du chapeau des illusionnistes qui sont aux manettes, sont l’oeuvre de spécialistes es communication, compétents et payés pour la plus grande gloire de la ploutocratie qui nous dirige vers l’abattoir!!!
    Et votre dernière phrase est plus que pleine de réalisme….. » Cette pensée unique, savamment entretenue par ses thuriféraires, par ses grands prêtres est absolument terrible pour la créativité politique. Dans un monde en mouvement, elle est le plus sur moyen de faire du sur-place. Et donc, relativement, de régresser… »
    Moi j’avais envoyé ce qui suit…
    « ….les membres de la société sont unis par un commun accord sur l’organisation et les buts sociaux ; les relations individuelles et  politiques sont stables et acceptées, la  disposition du pouvoir révèle diverses possibilités de contribuer au bien-être de la société. Par opposition les périodes « critiques » sont marquées par l’écroulement du consensus et par la désintégration de la société en fragments dissidents et hostiles les uns vis à vis des autres. Le statut est remis en question, les relations s’enveniment et, dans la lutte qui s’ensuit pour le pouvoir, les qualités respectives des classes en conflit et des individus sont oubliés…….une civilisation qui se désintègre est le théâtre de deux intrigues différentes qui se jouent côte à côte.  Tandis que la minorité dominante répète sans changement et inlassablement sa propre défaite, de nouveaux défis appellent inlassablement de nouvelles réponses créatrices de la part des minorités …. » A. TOYNBEE « a study of History »
    La méthode a changé mais le comportement fondamental de base reste le même!!!
    Chris

    1. @Francisco,,
      En parlant de civilisation qui se désintègre, voici ce que Bernanos disait : »Les civilisations sont mortelles, les civilisations meurent comme les hommes, et cependant elles ne meurent pas à la manière des hommes. La décomposition, chez elles, précède leur mort, au lieu qu?elle suit la nôtre ».

      Parlant de là, il y a deux solutions: soit se résigner, soit participer à cette décomposition en travaillant d’arrache-pied à composer la civilisation suivante. Le besoin de changement de paradigme s’exprime en effet dans tous les compartiments du (si tant est qu’il s’agisse d’un jeu) Dans les glauques dérives de notre vie politique (de moins en moins légitime au vu des taux d’abstention); dans les fumées occultantes de Fukushima-daichi, dans les « dark-pools » de la haute finance, dans l’abrutissement généralisé de certains médias, dans la bouffe, dans l’agriculture etc.

      Mais parallèlement à cette situation qu’on pourrait se laisser aller à qualifier de critique, quantités d’énergies et d’initiatives, certes encore titmides, s’élèvent dans la société civile. Ce blog le démontre tous les jours. Il faut s’accrocher à l’espoir et retrouver le chemin de l’espérance.

  2. @lisztfr dans commentaire 1
    le Parti de Gauche, et partant le front de gauche, propose une demondialisation avec une base théorique autrement plus développée que le FN. informez-vous avant d’assener de telles contre- vérités décourageantes
    concernant le « gène egoïste », il existe une grande différence entre le stimuler et définir des stratégies coopératives qui le rendent inutile. sur ces deux sujets vous véhiculez le principe régressif du « on y peut rien ».

    1. @avionnette :

      J’avoue que je ne me suis pas renseigné, donc je prends acte de vos critiques 🙂

    1. Merci Piotr, magnifique ce film…Plein bons sens et surtout non violent…Une mort douce finalement.

  3. Le tabou majeur c’est la production ,l’abbattoir,l’usune,la centrale nucleaire,le chantier de construction.L’accident nucleaire ou sanitaire ou de travail sont les lapsus de la production
    Alienee.

    1. Je n’arrive pas à être d’accord avec ce que vous dites …. « Le tabou majeur c’est la production ,l’abattoir… ».

      Pourtant, « c’est vrai », comme rappelé dans un fort passage de Michel Onfray décrivant la peau de ses mains, décollée par lambeaux, sous l’effet de la présure et de l’humidité ambiante d’une fromagerie dans laquelle il fut contraint de travailler. L’atrocité des situations dans lesquelles le capitalisme place les corps est plutôt entretenue pour dériver l’attention ( je parle pour l’usine occidentale) d’un tabou bien plus grand : le vide de nos vies quotidiennes -absence – dont la pérennité, lui est plus essentielle, puisqu’il s’agit toujours de nous définir dans notre être par les choses que nous achetons ( Jorion, le pouvoir des choses sur les hommes, le Capitalisme à l’Agonie , p. 283-299 ). En écrivant , «

      Nous enfermons nos finalités sans limite dans la matérialité monétaire qui peut tout recouvrir. Comme l’argent ne fait pas le bonheur, il est tout simplement devenu le bonheur. »

      Pierre Sarton du Jonchay retrouvait, ici même, le style des Debord et des Vaneigem.

      Lorsque la classe moyenne – elle, qui n’est absolument rien d’autre que son adhésion au rêve consumériste- imagine de renverser l’ordre des choses démesurées, en rêvant d’un kit de survie nécessaire à la production mesurée des choses, elle renonce de fait, et pour tous, aux finalités de jouissance qu’elle se sait, à jamais, incapable d’atteindre.

  4. Je suis interloqué par des remarques lues à propos du Front National, qui confondent un virulent discours contre les banques assorti d’un repli xénophobe sur les frontières (avec ce qui l’accompagne) avec une réelle mise en cause du système financier, c’est à dire recherchant une alternative sociale.

    Le Tea Party aux Etats-Unis ne procède pas autrement, pour ne pas remonter plus avant dans l’histoire.

    Je ne vois pas, la vitupération mise à part, en quoi ce programme est intéressant et porteur de quoi que ce soit. Même si je comprends qu’il puisse constituer un point de ralliement pour ceux qui n’ont pas d’autre repères. Faut-il par exemple rappeler l’audience de l’OAS parmi les anciens électeurs communistes de Bab-El-Oued ?

    La responsabilité de ceux qui laissent le champ en friche est immense, en raison de leur conformisme et de leur pusillanimité intellectuelle.

    1. @François

      Moi je suis pas interloqué. Je suis écœuré. La droitisation décomplexée touche sacrément les commentaires du blog Jorion et ça s’aggrave chaque jour. Je dépose les armes. Mes pieds de vigne sont peut-être à droite, mais, au moins, ils ferment leur gueule. M’en vais donc les maltraiter un peu et laisse les bonnes volontés pisser dans les girafes et peigner les violons. Suis fatigué de cette merde. Je me sens sali par « certains », par trop de « certains », par une majorité de « certans », ici comme ailleurs, quelquefois plus qu’ailleurs.Désolé, mais il est trop tard, François, Paul, Julien ou Vincent, il est trop tard. Moi je démissionne. La partie est perdue. Les tabous comme les chiens sont lachés. Ils deviendront loups comme les tabous deviendront idoles. Plus la peine de parler avec les chiens fous, inutile. Payer l’addition… Il faut et il faudra agir et penser à l’après. C’est fini pour le présent. La guerre a commencé. C’est plus l’heure des « no pasaran ! », ils sont passés, en nombre depuis 10 ans, en foule aujourd’hui. C’est « viva la muerte ! » dorénavant.
      (Premier jet, non relu, dernière contribution, bon courage, merci quand même, mais ce lieu est mort.)

      1. Vigneron ,cette fois ci, je n’ai pas raté la cérémonie des adieux,et donc, je ne serai pas obligé de remonter le fil pour savoir ce qui nous vaut ta capitulation en rase campagne(un vigneron ça n’habite pas la ville).Le sujet était éminemment scabreux et certaines langues se délient pas forcément dans le sens espéré.Est ce une raison suffisante pour nous sevrer de ta prose décapante?Le ver est dans le fruit,ce n’est pas à un Vigneron que je vais apprendre qu’il faut traiter.
        Vive la bouillie bordelaise!

      2. Cher Vigneron,
        Si cela doit être « viva la muerte ! », vous ne serez pas seul au combat alors ne renoncez pas! Personnellement ma peau sera très cher vendue, j’espère qu’il en sera de même pour vous. 😉

      3. « Celui qui boit du mauvais vin finit par perdre les pédales »

        Vieux proverbe aquitain.

      4. Vigneron je vous l’ai déjà dis j’aime bien vous lire, l’éthique y prend du corps, des attributs, des coups parfois, et l’énergie au blog que vous donnez vous épuise j’imagine… un blog on peut se demander ce que c’est, communauté aux contours imprécis d’autant qu’elle est virtuelle, évanescente, improbable, laboratoire dit-on (mais c’est quoi alors la gueule d’une communauté là-dedans?) fenêtres et portes aux vents où se mêlent des plages de temps différents, des espaces morts, exutoire et surface d’inscription, on en oublierait de lire les œuvres, les fruits mûrs, et de se rappeler à la question « comment ça fonctionne un blog? »… Deleuze qque part, à propos du mouvement ;

        ruisseau sans début ni fin, qui ronge ses deux rives et prend de la vitesse au milieu.

        ….. et le temps d’une nuit se réveiller Hjaltalín; http://vimeo.com/13008486
        la vie est ailleurs… et j’attends de votre retour, votre rumination, votre billet invité, il est temps que vous preniez votre temps, à bientôt!

        Armand Robin lu par Jean-Luc Godard
        http://vimeo.com/17926590

        « On supprimera le foi
        au nom de la lumière
        puis on supprimera
        la lumière

        on supprimera l’âme
        au nom de la raison
        puis on supprimera
        la raison

        on supprimera le charité
        au nom de la justice
        puis on supprimera
        la justice

        on supprimera l’amour
        au nom de la fraternité
        puis on supprimera
        la fraternité

        on suprimera l’esprit de vérité
        au nom de l’esprit critique
        puis on supprimera
        l’esprit critique

        on supprimera le sens du Mot
        au nom du sens des mots
        puis on supprimera
        le sens des mots

        on supprimera le sublime
        au nom de l’art
        puis on supprimera l’art

        on supprimera les écrits
        au nom des commentaires
        puis on supprimera
        les commentaires

        on supprimera le saint
        au nom du génie
        puis on supprimera le génie

        on supprimera le prophète
        au nom du poète
        puis on supprimera
        le poète

        on supprimera l’esprit
        au nom de la matière
        puis on supprimera
        la matière

        au nom de rien
        on supprimera l’Homme
        on supprimera le Nom de l’Homme
        Il n’y aura plus de nom
        Nous y sommes »

      5. vigneron,

        Je n’ai pas fait attention aux commentaires qui marquent la « droitisation décomplexée ». Ce n’est pas le « lieu » qui est mort, bougre, mais ceux qui le visitent. C’est la France pantoufles, la France des rebelles en pantoufles, la France télécommande ne pantoufles, prête à changer le monde (sic) à condition de garder et la télécommande et les pantoufles.

        Exemples :

        Pas de réponse

        http://www.pauljorion.com/blog/?p=24286#comment-182875

        – La plupart des commentateurs ne proposent rien. Au mieux ils critiquent : « Vas-y Paul, fais leur mal à ces salauds de spéculateurs ! … Mais fais en sorte qu’on me laisse ma bagnole, ma télé et l’tiercé, mon salaire et consommer, sinon j’sais pas quoi faire, j’risque de m’emmerder, parce que tu sais, c’est les autres qui sont cons : moi ça me gênerait pas de sortir de la société de consommation, mais les autres, ces cons, oui ! Alors j’vais pas en baver (sic) pour le monde entier, je vais pas récupérer à moi tout seul toute la misère du monde ! »

        – Le commentateur n’est pas habitué à verbaliser sa vie, à cosmogoniser : c’est la société capitaliste historique qui s’est appliquée à le formater ainsi, par nécessité vitale pour elle : chacun à sa place, chacun suit le groupe bien gentiment : c’est de l’a-démocratie, la soumission a priori à une croyance. Il suffit juste de changer la croyance de temps à autre.

        Enfin, rien de bien neuf sous le soleil…

        PS : Allez une fois, ressaisissez-vous ! Il en reste quand même des vaillants (certes ils ne sont pas tous sur ce blog…) : http://www.dailymotion.com/video/x9opiu_no-pasaran-bandeannonce-vf_shortfilms

        PPS : j’fais (un peu) dans l’mouton. Et bien vous savez : il y a plus d’humanité retrouvée dans l’oeil du mouton qui voit le couteau et qui prend conscience de la légèreté (toujours rester poli) d’avoir cru ; la légèreté d’avoir cru que le groupe s’occupait de lui, le protégeait, au lieu que ce soit lui qui aurait pu (dû) (Q hiii bêêêê !) participer à sa construction (la ferme des animaux), à sa démocratisation, …, que dans la queue de *** qui fait de l’oeil.

        PPPS : ne pas confondre un pied de vigne et…

      1. A pouvoir choisir « librement » entre très mauvais, mauvais, moins mauvais.

        C’est l’empire du moindre mal (titre d’un livre très éclairant de J.C. Michéa)

    2. La responsabilité de ceux qui laissent le champ en friche est immense, en raison de leur conformisme et de leur pusillanimité intellectuelle.

      La responsabilité de la gauche caviar n’est pas mince non plus, avez-vous lu le rapport de terra nova
      http://www.tnova.fr/essai/gauche-quelle-majorit-lectorale-pour-2012
      La stratégie de ce Think Tank qui roule pour DSK est claire, en dehors du néo libéralisme c’est le TINA de Thatcher (There is no Alternative). Derrière la stratégie faisandée, où le concept de valeurs culturelles est étalé comme on étale de la confiture quand on n’en a pas beaucoup, on voit le projet de société.
      Et après on s’étonne que le FN ait le vent en poupe.

  5. @ Vincent :
    « Il ne serait ainsi pas surprenant que d’ici peu un certain nombre de ses idées s’enracinent dans l’opinion »
    Ouais, ben réveil quand même, parce que cela ne date pas d’hier en France.
    L’enracinement est plus qu’implanté au plus haut niveau du pouvoir depuis quelques années, avant même le président actuel.
    Disons, depuis, au moins, que celui-ci était sinistre de l’intérieur.
    Il est vrai qu’il n’a eu à suivre que le sillon tracé par Chevènement, l’homme qui confond ‘nation’ avec ‘nationalisme’ … et qui repart pour un tour en 2012.
    Avec des amis comme ça, la gôche n’a pas besoin d’ennemis.

    1. La ‘lepénisation des esprits’, ça fait quand même 25 ans qu’on la pratique, depuis que Mitterrand en avait perçu tout le ‘bénéfice’ politique que d’instrumentaliser ce phénomène pour mieux lutter contre la droite …
      D’ailleurs, son auteur, était un membre (illustre) de la grande tribu (qui continue de nous hanter : Aubry, DSK, Hollande, Royal, …) ce machiavel moderne :
      http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/politique/20110417.AFP9112/badinter-la-lepenisation-des-esprits-est-toujours-d-actualite.html
      Et n’en explique toujours pas les causes. Préférant parler de ‘populisme’.

      Cécité de la gôche …

      1. Le FN a fait allégeance aux financiers, c’est pour cela qu’ils ne remettent pas en cause le libéralisme, le reste du programme idéologique est conçu pour attirer les électeurs frustrés et ceux qui n’ont rien à perdre en orientant les griefs sur d’autres boucs émissaires (ils ne parlent plus du complot judéo-maçonnique, mais uniquement des immigrés), et représenter un réservoir de voix suffisant.
        Sa stratégie est de pouvoir un jour gouverner en alliance avec la droite traditionaliste et réactionnaire dont une partie se trouve à l’Ump qui est en pleine déliquescence. L’austérité risque de favoriser la propagation de ces idées malsaines avec encore moins de tabous, et de « normaliser » ce nationalisme comme politiquement correct. La poussée vers la sortie de Gollnish et la vieille garde de papa trop visibles, en est la traduction.

        Le devenir de cette stratégie dépend en grande partie des conséquences sociales directes que cette crise va occasionner aux populations. Autant dire qu’elle a des chances de prospérer avec
        l’ austérité promise!

  6. Parlant Tabou, il y en a un, toujours en vigueur au PS : la remise en cause des politiques libérales mises en oeuvre (notamment par l’Union européenne), depuis presque 30 ans.
    Tant il est vrai que le Traité de Maastricht fut défendu par Mitterrand (et le PS) en 1992 : bientôt 20 ans, dîtes donc …

    1. Oui entièrement d’accord! Il serait temps que le PS soit clair sur ce à quoi il s’engage, ce qu’il peut faire ou ne pas faire, les électeurs auront moins le sentiment d’être pris des c…!

      Jospin s’est fait sortir au 1er tour, en grande partie pour ces raisons, j’espère qu’ils s’en rappellent.

    2. Le Parti dit socialiste a vendu son âme au libéralisme.
      Quand on mange la soupe avec le diable, il n’existe pas de manche de cuillère assez long pour se protéger.
      C’est beaucoup trop tard.
      Jaurès est mort et ses idées oubliées.

  7. Il faut se demander si cette nouvelle phraséologie n’est pas le résultat d’une overdose en terme de politiquement correct. Il ne faut pas se leurrer: la France est, malgré l’existence d’un PS et d’une gauche dèsorganisée, un pays profondément conservateur et, par endroits, fascistoide; le succès du FN ne m’étonne pas du tout. De plus, il y a un fossé énorme entre le discours politique d’une part, et la réalité de la vie quotidienne d’autre part.

    L’autre aspect serait l’incapacité de l’ensemble de la classe politique de résoudre les problèmes de notre époque. Elle donne le spectacle d’une institution dèsorientée et dèsarmée. Par conséquent, les discours se radicalisent, deviennent tranchants. Ce phénomène se produit à chaque fois dans l’histoire quand la tension monte sans qu’il y ait des solutions en vue, sauf peut-être des « solutions » radicales, avec un homme (ou femme) fort(e) au sommet.

  8. Bonjour à tous

    Tabou renvoyant à des interdits dans des sociétés archaïques, parler de la modernité de l’expression en dit long sur notre évolution….
    Ceci dit les interdits de questionnements modernes résultent plutôt de pression de propagande assenée par les commissaires politiques en usage…

    A propos du FN, pourquoi serait il le seul parti a ne pas avoir le droit d’utiliser la tactique électorale habituelle (celle révélée par Georges Frêche) ?

    Qu’il y a t ‘il d’étonnant dans notre société marchande, à ce qu’un entrepreneur politique s’adapte à l’évolution du marché et ajuste son offre à l’évolution du cheptel des électeurs?
    Je sais cheptel est choquant dans ce contexte mais je l’ai trouvé dans les pages roses saumon du figaro il y a quelques années ( personne n’avait protesté!)

    Sur ce je vous quitte cet vais en face boire un café sans marcher sur les raies blanches du passage clouté et en contournant les réverbères par la gauche: autrement c’est tabou!

    Cordialement!

  9. Sur le site d’Alternatives Economiques, le blog de M. Chavagneux comporte un billet intéressant sur ce que j’appelle le national-populisme. Est-il un énième avatar du libéral-totalitarisme?
    L’art est de remplacer les vrais problèmes par des dérivatifs. Plutôt que de remettre en cause le consumérisme et ses conséquences… on réutilise des mots de manière orwellienne pour capter les voix d’électeurs zombifiés par …. certains médias …

  10. Bonjour,

    Le sujet du billet, c’est quoi?
    Cette expression passe partout, la main mise des médias sur les sujets à mettre en débat (et leur influence sur les politiques), ou l’instrumentalisation d’un parti extrême(que l’immense majorité rejette)?

    à faire l’historique des grands médias, on en revient à mitterrand pour la libéralisation, celui là même qui les a utilisé pour faire mousser le fn à l’époque (miraculeusement passé de 0.18% à 10.95% http://fr.wikipedia.org/wiki/Front_national_%28parti_fran%C3%A7ais%29#R.C3.A9sultats_.C3.A9lectoraux ).

    Pierre-Yves D. a raison de préférer pointer le terreau plutôt qu’une des plantes.

    bien à vous

  11. Bientôt il n’est plus tabou de dire et de penser que le FN est Vert et Altermondialiste à la mode hexagonale. Les chars à cons vont ouvrir la route.

  12. En effet, quand un économiste comme Jorion, disait que de toute façon la dette grecque serait restructurée, nos bons européistes déclaraient: « C’est impensable! ».
    J’ai entendu ce matin sur France Culture à propos de la sortie de l’euro de la Grece: »C’est impensable! Jamais! ».
    La suppression du « tabou » laisse penser qu’ils nous mentaient pour d’obscures raisons, et que désormais quand l’évidence n’est plus niable, soudain, « ils brisent un tabou »…
    Tiens donc? Excuse facile, surtout qu’ils nous avouent ainsi la faiblesse de leur pensée bornée ou qu’ils sont simplement des incompetents ou des menteurs.
    « Le sujet n’est plus tabou »= »On s’est completement gourré »= »On vous a eu, et vous l’aviez cru? »
    S’allier au FN serait plus tabou= Aprés s’etre planté on persiste dans le délire, puisque celui-ci n’est plus tabou!
    Je remarque surtout un corps politique à coté de la plaque et dépassé par les événements…
    « Le sujet n’est plus tabou »= »Nous sommes toujours en retard d’un train. »
    En effet, c’est très actuel et très moderne!

  13. Tabou! tabou toi même
    tabou, vous avez dit tabou , comme c’est tabou
    tabou, vous en êtes un autre
    tabou or not tabou
    tabou de père en fils
    de boutabou
    tabou , c’est huit points , c’est pas permis
    Je vous laisse la suite
    bien cordialement

  14. Bonsoir,

    lorsque le sujet « n’est plus tabou » la premiere question à se poser sur le sujet c’est pourquoi il l’a été et aussi pourquoi il ne l’est plus, comme bien souvent le « sujet » est une forme de problématique auquel il faudrait donner une solution plus tabou du tout elle aussi donc … mais sera-ce la bonne réponse ou bien déjà la vraie réponse est « tabou » et le débat biaisé par trop de non-dit, le débat sera alors « tabouté ».
    cordilement

  15. « Il y a un problème avec l’Islam en france »… Si c’était vrai, on s’en rendrait compte, le pays comptant quelques millions de Musulmans. C’est la bonne vieille réthorique de la peur, toujours aussi nauséabonde, toujours aussi dangereuse…

    1. Pas « quelques », tout juste 2 millions selon la seule statistique officielle. Ce qui est loin des 6 à 10 millions, chiffre fantaisiste brandi par Madame Le Pen et… l’actuel ministre de l’intérieur.

      1. Quand bien même il y aurait 6 à 10 millions de Musulmans…. Ce territoire qu’on appel « La France » n’a pas toujours été Chrétien, le temps passe, les choses changent.

      2. Encore faut t’il faire la différence entre les musulmans pratiquants et les autres, comme c’est le cas pour les chrétiens et les juifs.

        Bien des Français font un amalgame grossier entre Arabes, musulmans, islamistes, maghrébins ou d’origine maghrébine qui profite à l’extreme droite.

        J’ai pu constater chez nos jeunes  » Beurs » une ignorance étonnante du Coran.

        Les généralisations sont toujours aveugles.

      3. ils ne sont pas tous pratiquants certes et l’algérie non plus n’a pas toujours été musulmane.

        bien des gens ont oublié qu’avant la colonisation française, les turcs ottomans, peuple métissé s’il en est, la dominaient. et avant eux les arabes dominaient berbères et anciens romains.

        ces lignes de fractures se retrouvent jusque dans nos banlieues aujourd’hui encore, la france en débarquant là-bas a évidemment défait un ordre… qui ne devaient sûrement pas contenter tous le monde si l’on en juge par ce qu’il se passe actuellement au moyen-orient.

        que penser des politiques d’arabisation menées en algérie dans ce cas?

    2. À ce compte-là on peut aussi dire qu’il y a un problème avec le christianisme en France : http://www.youtube.com/watch?v=fq8t9ab6cvQ

      Les types, si tu réussis à leur faire comprendre (houla !) que leur histoire c’est un peu comme le père Noël ou la poupée qui tousse, ils se transforment en parfaits salariés, et tu risques de les retrouver dans les manifs à défendre le(ur) pouvoir d’achat ! Ô grand danger alors : il n’y a qu’à voir ce que sont devenus les moins fous de Dieu qui ont changé plus tôt de croyance pour passer à l’Échange Monétisé, et la manière dont ils le défendent en refusant – comme l’ont fait et le font encore les intégristes religieux « classiques » – de remettre en cause leur croyance…et d’en parler !

      Amen. Ou plutôt économie.

      Bonne journée (j’ai longtemps cru (qu’y faire ?) que c’était une chanson paillarde ou de katmandouistes sur le départ !)

    3. L’Islam a, fort logiquement, des règles de vie et de comportement social.
      Ne pensez vous pas que certaines de ses règles sont contradictoires avec les nouvelles règles du capitalisme avancé ?

      1. à Marlowe : toutes les grandes religions (nbre de croyants) vitupèrent l’accumulation matérielle (sauf pour assurer leur pouvoir : la tentation finit par l’emporter) ; l’islam comme le christianisme ou le judaïsme condamne l’intérêt (le taux) et la monopolisation de biens qd ils sont inutiles au propriétaire et utiles (pas seulement nécessaires) à d’autres (en d’autres termes, le droit de propriété (ou son usage suivant le type de bien) est subordonné à un autre droit (celui d’exister), tous deux soumis au devoir de servir la communauté (ces règles sont là pour son bon fonctionnement)).
        Bon…çà c’est la théorie, la « bonne parole »…parce que la tentation du pouvoir est très grande.
        De toute façon, tout corpus moral est intrinsèquement en contradiction « avec les nouvelles règles du capitalisme avancé », puisque celui ci se veut amoral (« scientifique! »).

        à fab

        un groupe de hard rock ET traditionaliste, nationaliste ET européiste (« de l’atlantique à l’oural »)! belle trouvaille!
        et sacré fourre tout.
        ah bah oui, ils sont chrétiens, sans distinction qui plus est, ET va t en guerre : ils ne sont plus à un paradoxe près.

        cdt

      2. fab :
        l’accumulation matérielle fait partie des signes de l’élection divine chez les protestants, l’avantage de la réforme protestante est de court circuiter les pouvoirs (l’un basé sur l’unicité de l’église, faisait du pape (médicis…) le chef spirituel, l’autre sur la loi salique (hérédité des biens et des fonctions à l’ainé : visés : les nobles)) de l’époque.
        La question n’était pas individus contre société, mais individus (protestants) contre absolutisme (catholiques, depuis. en même temps, nbre de seigneurs adoptèrent la mode protestante, pour conserver ou accroître leur pouvoir).

        Cette « tendance » peut se trouver dévoyée, notamment lorsque cette accumulation prive d’autres personnes de moyens d’existence, ce qui est surtout possible lorsqu’un protestant ne l’est qu’à moitié (par exemple, en ne travaillant pas la terre, ou plus généralement en se transformant en rentier). C’est aussi fortement aggravé par la transmission de patrimoine à travers l’héritage.*

        Comme vous le rappelez, bcp prennent dans la religion ce qui les intéressent et laissent le reste…un peu comme le libéralisme lu par les libéraux modernes.

        d’ailleurs, un des liens entre la réforme et le libéralisme (l’un est né de l’autre), c’est, comme le développe Locke, qu’ un capital est intimement lié à l’exercice de l’autonomie (pour paraphraser du Jonchay, moi je dirais liberté réelle) : pas de sujet souverain sans une indépendance matérielle minimum. Politiquement ou économiquement, un sujet est autonome qd il peut accepter OU refuser (sans mettre son existence en danger, sinon c’est une liberté pour rire) ce qui lui est proposé, soit par l’état, soit par un autre individu.
        La négociation est de fait rééquilibrée, et l’échange nécessairement poli (pas de rapport de force, puisque celui ci n’a pas de prise : nul n’est obligé). Le contrat, accepté en conscience, est mieux respecté. etc…

        C’est aussi dans ce contexte d’autonomie que normalement doit se dérouler le libéralisme, ce qui rendrait le capitalisme parfaitement vivable.

        [* aux usa, la déclaration des droits de l’homme commence par « tous les hommes ont été créés libre et égaux », par chez nous, c’est « …naissent… ».
        Clairement :
        aux us, ce point est de religion, et fait référence à un acte passé unique, à une volonté manifeste ;
        « naissent » fait plutôt appel à un constat qui se veut objectif.
        Dans le « ont été créés », il n’est pas impossible de défendre l’idée que les inégalités d’aujourd’hui sont le résultat de l’Histoire, et donc de la fameuse élection : l’égalité est originelle, passée, non actuelle.
        Dans la perspective du « naissent », cette origine est proche, et donc il y est moins aisé de défendre la croissance des inégalités.]

        Sinon, votre question « qui peut m’aider? »…
        l’humain est d’emblée culture : son monde est d’emblée tissé de croyances. Leur première efficience est de permettre une société là où il ne devrait y avoir qu’une collection d’individus, c’est à dire du droit là où régnait la force.
        Même les sciences dures, surtout lorsqu’elles sortent de la pratique, reconstruisent la réalité.
        En fait, à notre époque, les discours auto-estampillés « science » sont légions. Dont certains sont issus de travers religieux : contrairement à vous, je ne pense pas que la religion soit en cause, mais plutôt les amalgames faits entre les règles de société(et leurs principes, dt la religion parle) et les lois de la nature, amalgame pratiqué par la religion quand elle prend le pouvoir (la nature est interprétée à travers la loi morale), ou de nos jours,par la science subventionnée (public ou privé (parfois, la distinction est floue)). Dans les deux cas, le tyran mélange les cartes pour asseoir sa position, car lorsque son droit a en apparence la force de la nécessité, il ne craint nul révolte spontanée.
        Donc pour reprendre votre mise en scène : « l’échange monétisé est ce qui motive ma vie, c’est à lui que je dois la consacrer, je dois le vénérer en acceptant sans question (dégâts humains et (environne)mentaux) le salariat, et je dois aider les pauvres infidèles à se convertir, par la misère et la force s’il le faut ? »
        N.B. : Il est aussi très intéressant de noter que ceci, à l’échelle d’une société a en plus qq propriétés auto réalisateur : une fois le flou intégré à la culture, voire continuellement propagé, comme disait Rousseau, l’esclave perd tout avec ses chaînes, y compris le souvenir de celles ci.

      3. sylla,

        « … contrairement à vous, je ne pense pas que la religion soit en cause … » : non, pas contrairement à moi : la religion est là, à disposition. Ce sont les églises, ces écoles de lecture de la religion, qui sont en cause.

        Sources :

        http://www.pauljorion.com/blog/?p=21729#comment-155090
        http://www.pauljorion.com/blog/?p=21729#comment-155494
        http://www.pauljorion.com/blog/?p=21729#comment-155322
        http://www.pauljorion.com/blog/?p=21973#comment-158317
        http://www.pauljorion.com/blog/?p=22353#comment-161161
        http://www.pauljorion.com/blog/?p=22665#comment-164026
        http://www.pauljorion.com/blog/?p=23012#comment-167659
        http://www.pauljorion.com/blog/?p=23721#comment-176995
        http://www.pauljorion.com/blog/?p=23766#comment-178037
        http://www.pauljorion.com/blog/?p=23822#comment-179075
        http://www.pauljorion.com/blog/?p=23815#comment-179250
        http://www.pauljorion.com/blog/?p=22415#comment-179939
        http://www.pauljorion.com/blog/?p=23815#comment-180281

        Bonne lecture ! Ca vous a plu ? Vous en voulez encore ? Alors écoutez l’histoire selon Bob Marley :

        Emancipate yourself from mental slavery, none but ourselves can free our mind…
        La politique et l’église, c’est la même chose. Elles maintiennent les gens dans l’ignorance. Ces prêtres sont des imposteurs. La seule bonne chose qu’ils vous annoncent, c’est la mort. Parce que, après tant de souffrances, tout ce qu’ils ont à proposer, c’est de mourir et d’aller au paradis.

        A+

  16. Bonjour à tous

    Traiter d’un sujet en extirpant de la masse, non structurée , de données déversées en continu par les media un élément de statistique, un chiffre ou un mot orphelin de son contexte pour manipuler les esprits est devenu une tactique ordinaire.
    Nous n’avons pas toujours conscience que cette forme d’escroquerie morale et intellectuelle est pensée et fabriquée par des professionnels disposant de moyens considérables.

    On relira donc avec profit: le « Petit cours d’autodéfense intellectuelle » de Normand Baillargeon
    A l’approche de 2012 cela va devenir de plus en plus nécessaire!

    Cordialement!

  17. Il n’y a pas que les sujets qui puissent être « tabou »; les objets aussi… en tant que représentations symboliques du non dit et même les gestes en tant que signifiants de ce non dit.
    Esprit, es-tu là?
    Pas toujours…

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