« LE SUJET N’EST PLUS TABOU ! », par Vincent Migeat

Billet invité

Depuis quelques mois, j’observe qu’une expression revient assez souvent dans les commentaires journalistiques. C’est : « Le sujet n’est plus tabou ». J’ai des raisons de penser qu’il s’agit là d’une phraséologie moderne au sens premier du terme. Pour s’en convaincre, il suffit d’examiner dans quels contextes cette expression est utilisée.

Les exemples sont légion : qu’il s’agisse du report du calendrier socialiste (le sujet n’est plus tabou chez DSK ou Martine Aubry), des réunions européennes sur la crise des dettes publiques (le sujet n’est plus tabou : il va falloir restructurer la dette grecque), des discussions autour des vagues migratoires et de l’espace Shengen (le sujet n’est plus tabou : il va falloir procéder à des aménagements du traité de Shengen), des buts de guerre en Libye (le sujet n’est plus tabou : il va falloir faire tomber le régime libyen), ou encore à propos du président de la République (parmi les députés UMP, le sujet n’est plus tabou, et la question sur toutes les lèvres : qui pour remplacer Nicolas Sarkozy comme candidat à la présidentielle ?)

En fait, tout se passe comme si cette expression commode représentait à un moment précis du débat un « élément de langage » dont l’utilité (un peu magique) permettait de faire sauter en douceur les verrous pour permettre à des idées autrement plus abruptes d’émerger et de parader sans scrupules dans le débat. Une sorte de pastille menthol du langage, légèrement analgésique qui préparerait le terrain, le rendant plus meuble.

Si cette expression me semble moderne, au delà du fait qu’elle fleurit un peu partout en ce printemps, c’est aussi parce que je pense que nous assistons subrepticement à un certain nombre de renoncements qui en disent long sur les mutations actuelles de notre société. Et cela se retrouve également dans ces expressions en vogue.

La mise en orbite médiatique d’une Marine Le Pen, pour ne prendre que cet exemple, me semble assez caractéristique du phénomène. Tout doucement, d’articles en dossiers, d’interviews en invitations télévisées, de sondages en sondages, la charismatique leader du Front National, qui est un parti d’obédience fasciste, faut-il le rappeler, est en passe d’être naturalisée dans le paysage politique hexagonal. Il ne serait ainsi pas surprenant que d’ici peu un certain nombre de ses idées s’enracinent dans l’opinion et que certains journalistes soient amenés à écrire : « Le sujet n’est désormais plus tabou, l’islam en France pose un certain nombre de problèmes » ou bien « Le sujet n’est plus tabou : les étrangers sont trop nombreux en France » ou encore : « Le sujet n’est plus tabou : Marine le Pen sera présente au second tour de l’élection présidentielle », ou bien encore : « Dans les rangs de l’UMP, le sujet n’est plus tabou : il faut faire alliance avec le Front National »…

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141 réflexions sur « « LE SUJET N’EST PLUS TABOU ! », par Vincent Migeat »

  1. le FN est un parti d’obédience fasciste dites-vous ?
    sans doute.
    c’est aussi un parti national comme son nom l’indique. et c’est aussi un parti qui a donné récemment un sérieux coup de barre à gauche, en défendant un programme socialiste. si les tabous dont vous parlez venaient à tomber, il serait du devoir de tout démocratie de nommer sans tabou le nouveau FN, le parti « national socialiste » français, en rappelant pour les nuls en histoire que « nazi » en est l’acronyme en allemand.

    1. le FN n’a donné aucun ‘coup de barre’ à gauche, il s’est contenté de plagier le programme économique des socialistes, par manque d’idées et par calcul électoral.
      Le sujet n’est plus tabou

      1. Si l’on veut bien se reporter à ce que dit le FN, je pense que P. Jorion a trouvé la formule exacte qui résume très bien l’ensemble : C’est le seul parti qui propose autre chose (que la mondialisation, etc) mais dans un cadre incohérent. Tout est dit !

        Par rapport à la mondialisation en gros, à mon avis il est de gauche, puisqu’il n’est pas libéral. Il veut règlementer, flétrir les puissances de l’argent, etc. Le reste est incohérent, le capitalisme est combattu lorsqu’il s’agit de la mondialisation mais érigé en norme à l’intérieur, c’est pourquoi je pense que c’est le parti des petits artisans et commerçants, nostalgiques d’un monde révolu, celui de 1950…

        L’incohérence est là…

      2. @ Bob
        C’est drôle de parler de manque d’idée au FN d’autres parlent de manque d’idées au PS et d’autres encore a l’UMP en fait je pense qu’ils ont tous raison alors plagier le manque d’idée des autres c’est génial ca permet au Fn de devenir un parti comme les autres avec lequel L’UMP pourra enfin fusionner, personnellement pourquoi pas un gouvernement d’union nationale pour regrouper toutes ces idées!! 🙂
        Pour ceux qui ne sont pas encore au courrant un parti politique n’est pas la pour rassembler des idées et trouver des solutions aux problèmes de la société c’est juste un appareil qui a pour but de faire élire son représentant par tous les moyens essayez de proposer une idée innovante dans un parti dominant une idée qui ne soit pas déja dans le programme vous verrez a quel point on cherche des idées, a part les idées pour se faire élire, le reste on s’en fout un peu.

    2. À la fin de votre 4ème ligne j’étais inquiet, la suite m’a rassuré. À défaut d’Internationalisme, si vous connaissez un vaccin contre le nationalisme, mais sans colle, dites moi le labo. La famille Renault va-t-elle récupérer les 15,1 % du Capital de l’État, en attendant le second procès pour le reste ? Vont p’tet même donner une prime de 1000 € aux descendants de deux générations d’O.S. On va enfin appliquer l’art 16 de « La déclaration universelle des droits de l’homme » pardon le 17 « Nul ne peut être arbitrairement privé de sa propriété » p’tet inspiré par le 17 de 1789. « La propriété étant un droit inviolable et sacré, nul ne peut en être privé, si ce n’est lorsque la nécessité publique, légalement constatée, l’exige évidemment, et sous la condition d’une juste et préalable indemnité ». Y en a des qu’ont oubliés les préalables, p’tet les préliminaires aussi et v’la la chirurgie réparatrice. Qu’est-ce que ça a dû leur faire mal.
      Le sujet n’est plus tabou ! Il était temps de réparer l’injustice.
      Que ceux qui ont peur du sang s’éloignent de l’écran, ça va p’tet finir par gicler.

    3. « De sérieur coups de barre à gauche ». Vaut mieux lire ça que d’etre sourd…
      Un parti qui a défendu le sinistre Hortefeux, alors que même les gens de sa phalange le critiquaient pour sa gestion des Roms, et qui a refusé de le condamner plus tard pour ses propos racistes, sans parler de ses appels constants à l’expulsion de l’étranger, ses provocs permanentes sur l’islam et les juifs, même s’il y a une facade plus proprette, ce parti est le frère de celui de l’infect Fini, et autres Hollandais bruns. Sans parler de son anti-communisme viscéral et violent qui le caractérise également comme un parti fasciste grand teint.
      Pour se laisser abuser par un ripolinage grossier, auquel les crétins et les aveugles vont se laisser prendre en masse, – comme ils le firent par la « rupture », par un cheval de retour gavé et autocratique -, il faudrait d’abord voir le FN dans une des manifs contre les retraites ou autre, ou le voir cesser sa rhétorique anti-syndicale obssessionnelle digne du MEDEF, ou encore ignorer ses positions sur l’UE qu’il se proposait allègrement de financer sans moufter, comme l’UMP, avant que son « programme » éco ne soit retiré, soi-disant pour être actualisé.

    4. allez hop, tout est dit dit et redit et expédié, passons à autre chose comme une quatrième défaite successive à la présidentielle.

      nb: ne pas analyser ce qui fait recette.

      (+1 point ‘godwin’ pour avionnette)

    5. Nazisme : Le nazisme ou national-socialisme est l’idéologie politique du NSDAP, parti politique fondé en Allemagne en 1920. Cette vision du monde divisait hiérarchiquement l’espèce humaine en races, hiérarchie au sommet de laquelle se situait la « race aryenne ».

      source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Nazisme

      Si vous voulez lutter contre la xénophobie du FN il faudrait mieux éviter de se tromper dans ce qui le caractérise…

      En 2012 nous aurons le choix entre un parti xénophobe qui retient des propositions économique intéressante même si son cadre d’application n’est pas pertinent et le statu quo.

      Tant qu’une troisième voie n’apparaît pas, on est dans la m…

      1. A AAA+++ avant qu’il y ait une 3ème voix, il faudrait déjà – question de bon sens – qu’il en existe une
        2ème.

    6. Le FN n’est pas un PARTI…
      La haine n’est pas un PARTI

      La maladie brune n’est PAS UN PARTI

      Faire avec une idée aussi dégradante vous dévalorise et c’est dommage ..

      Mare de cette bonne femme obsédée par le mal quelle déguise en bien..

    1. Je l’ai visionné pas plus tard qu’hier soir. Effectivement, c’est un très long, mais extrêmement intéressant discours, qui déborde de culture politique et qui est épais dans le bon sens du terme.
      C’est à ma connaissance le plus bel hommage, car en demi-teintes, ni Mitterrandolâtre ni Mitterrandophobe du président socialiste. A visionner sans modération.

    2. Ah oui ce Melanchon qui hier sur RMC nous expliquait qu’il était scandaleux que les créanciers raquettent les grecs avec des taux d’intérêt supérieur à 20%..grosse ânerie.. ce type ne sait même pas comment fonctionne la finance à son niveau le plus basique!!

      1. @CHR
        ce type ne sait même pas comment fonctionne la finance à son niveau le plus basique!!

        je ne sais pas ce qui vous permet d’affirmer ça ,
        par contre je pense qu’il en voit bien les effets
        sur les peuples grec , irlandais et portugais .
        et si je peu me permettre , écoutez le parler finance et vous verrez
        qu’il en connais assez pour avoir envie de la mettre au pas .
        l’ émission d’arrêt sur image avec attali ou celle avec moatti
        vous situerons vraiment ce qu’il en pense

  2. Le sujet n’est plus tabou : le renoncement est plus simple que la lutte

    Pour moi « Le sujet n’est plus tabou » signifie ce renoncement, le choiz de la acilité, du fatalisme comme de bien entendu.

    1. c’est un peu vite dit non? la lutte peut mener droit vers la folie (collective), vers des nid de mitrailleuses en position ou des moulins à vent . reculez d’un pas est parfois prudent pour ensuite avancer en bon ordre, c’est dans tous les manuels militaires. perso, les débâcles sociales récentes sur tous les fronts m’ont bien refroidi.

  3. « Le sujet n’est plus tabou » : je comprends cette expression moderne comme : « ce que je vous dis ce jour est le contraire de ce que je vous ai dit hier et de ce que je vous dirai demain; et alors ? »

      1. Les mots travaillent pour la domination, c’est un fait.
        Ceux qui combattent la domination peuvent , et doivent, se réapproprier le langage et refuser la langue de l’ennemi, donner un peu de fraîcheur à certains mots en les précisant.
        Je parle donc des anarchistes, de ceux qui aiment la liberté sans le capitalisme, des communistes comme étant ceux qui veulent mettre en commun ressources et talents sans un parti totalitaire, des socialistes, de la marchandise, etc.
        Nous qui prétendons nous opposer au capitalisme et au marché libéralisé, nous devons mener une guerre sur les mots et redonner vie aux concepts critiques.
        La critique du langage de l’ennemi est un préalable à toute critique.

      2. Ce dont il faudrait parler, il me semble, en premier, c’est que ce parti socialiste n’est plus qu’un appareil…

        Attali, sur son blog, évoquait récemment l’attitude des élus locaux et des dirigeants devant la perspective de la présidentielle 2012 :

        « ..les dirigeants socialistes sont sur un petit nuage, semblant assurés de leur victoire aux prochaines élections présidentielles et aux législatives qui suivront. Ils en sont même déjà à se partager les postes : qui sera Président ? Ministres ? Directeurs de cabinet ? Présidents d’entreprises ? Patrons de médias? Directeurs d’institutions culturelles? Bénéficiaires de marchés publics ? Et tant d’autres avantages à venir, après un si long temps de pénitence. »

        « …Aussi parce les dirigeants socialistes des collectivités territoriales ne se battront pas pour que l’un d’entre eux soit élu à la magistrature suprême, parce qu’ils savent que cela rendrait plus difficile leur réélection deux ans plus tard, dans leurs territoires. »

        Sans la nommer, Attali constate l’insincérité du soutien apporté aux ténors nationaux par les élus locaux. Chacun y pense à soi, selon son rang ; les Princes « parisiens » spéculent la redistribution des « postes » autant que les « affaires à faire », de leur côté, les Maires cherchent à se distancier des Princes afin de ne pas prendre de risque de perdre les leurs. Julien Remy, souligne que ces deux niveaux de la hiérarchie de l’appareil ne se conçoivent sans une base complice d’encartés alimentaires (apportant aux Maire le soutien de leur proches).

        « Ceux que certains militants appellent « les alimentaires » pèsent d’un grand poids dans le fonctionnement et les décisions du parti. Entrés grâce à leur adhésion dans l’administration à des postes de hiérarchie peu élevée, ils n’y progressent que par avancement et par la bienveillance des chefs de service socialistes, dont ils cherchent à s’attirer les faveurs. Ne pouvant aspirer à des positions électives, comme la loi l’interdit, leur promotion ne peut être qu’interne à la mairie. Les rétributions du militantisme deviennent avant tout municipales. »

        Le symétrique « à droite » de ce dispositif décrit « à gauche » va de soi, de plus l’affairisme politique ne se limite pas au sommet, il irrigue tout l’éventail des positions.

        À propos du bâtiment de la médiatèque, Rohmer résume d’un mot : « politicaille », mais sa colère tient pour sans intérêt la dénonciation du « tous pourris et nous avec», elle vise l’architecte, et plus précisément le masque de l’architecte : son langage et plus précisément encore l’usage du mot « respectueux », déjà, tout comme Martine Aubry en « appelle à une société du respect« . Les rapports sociaux entre l’appareil et les électeurs de gauche sont médiatisés par des images absolument fausses, ne croyez-vous pas ?

      3. @ Jean-Luce :
        La féodalité socialiste, contre la tentation de la royauté présidentielle …
        Les termes, mêmes : on utilise le mot ‘baron’ pour désigner les suzerains locaux. Sauf que les barons avait tenure directe du Roi.
        Rien à voir en l’espèce, tout le contraire.
        Ce qui est intéressant, c’est de constater que même la royauté de droit divin à la Louis XIV ne parvint pas à supprimer totalement cette féodalité : elle ne put que la contrôler.
        Ce n’est qu’en coupant la tête que cette féodalité fut mise à bas.
        Pour la féodalité socialiste, je dirais l’inverse : en couper les racines. Soit, que les barons règnent sur le néant du militantisme.
        C’est en bonne voie, sauf que les fonctionnaires territoriaux sont suffisamment nombreux pour former encore de vastes bataillons …

  4. « Le sujet n’est plus tabou » signifie que nous devons nous serrer la ceinture, que tout ce que nous pensions acquis depuis la deuxième guerre mondiale est remis en question (comme la retraite, par exemple). En clair, ce qui n’est plus tabou c’est le démantèlement de l’Etat social parce que, vous comprenez, quand y a plus y a plus !

    A part cela, des tabous il en reste un certain nombre et pas des moindres et ceux là, nos élites n’ont pas encore décidé de s’y attaquer sans tabou.

    1. Le sujet n’est plus tabou = je peux enfin me libérer de la chape de plomb de la pensée officielle (entendez par là les paradigmes dominants du microcosme dans lequel j’évolue)

  5. Déjà, en 1984, Pierre Juquin, alors membre du PCF, en révolte contre l’appareil, assurait vouloir discuter avec Georges Marchais « sans tabou »…
    A la suite de quoi ledit G.Marchais avait ridiculisé ce brave Juquin en l’affublant du surnom de « Camarade-Tabou »…
    Souvenirs….

  6. « Le sujet n’est plus tabou » est de la même famille que le célèbre « je dis tout haut ce que les autres pensent tout bas: un formule pour nous faire accepter l’innaceptable et nous y préparer. Leur champ sémantique de connation permet de nous faire avaler ( et valider) tout et n’importe quoi. Toxiques et dangereuses ces expressions à mon sens.
    Néanmoins je reconnais que je suis heureux que le dogme nucléaire ne soit plus tabou, mais à quel prix??

  7. Si tu savais ce que je sais
    On te montrerait du doigt dans la rue
    Alors il vaut mieux que tu ne saches rien
    Comme ça, au moins, tu es peinard, anonyme, Citoyen!

    Tu as droit, Citoyen, au minimum décent
    A la publicité des enzymes et du charme
    Au trafic des dollars et aux traficants d’armes
    Qui traînent les journaux dans la boue et le sang

    Leo Ferré ‘Il n’y a plus rien’ 1973

    ça va faire 40 ans qu’on vous le dit!
    Le sujet n’est plus de tabou
    Il n’y a plus de tabou, puisqu’il n’y a plus rien!

  8. C’est qu’à défaut d’une croyance forte (genre « le progrès ») qui pouvait s’autoentretenir après ses premiers succès, nous sommes dans un régime de butinage, de « stratégie du (p’tit ou grand) choc » , de circulation entre les « attracteurs d’opinions » (au sens mathématique des attracteurs et des modèles de Serge Galam par exemple).

    Nous sommes dans un régime d’interaction entre réseaux sociaux (FBook) et réseaux de pouvoir (Pays arabes).

    Dans ce régime, le journaliste est nolens volens un haruspice, même sans voir le foie d’un oiseau, il prophétise ce qu’il est bon de prophétiser (pour l’audience).
    Comme le spéculateur qui cherche à trier profit de la volatilité, il tire parti de ce qu’il voit comme chocs « en formation » et les poussent jusqu’au point qui (lui) rapporte médiatiquement.
    Ce point qui rapport, c’est forcément défini par une phrase de »rupture » : « le sujet n’est plus tabou ».
    Après on a la logique (cf Bruno Latour) de comment être post(post) moderne, comment être décalé de décalé, et autres tourniquet dont la solution est dans l’interaction de deux réseaux (c’est du méta kercoz !), pas dans le dépassement unidimensionnel d’une (faussement unique) tendance.
    (Ariane ma soeur) de quelle plume vidée, Vous courûtes à la pige où vous fûtes payée.

  9. Justement le sujet devrait peut-être rester tabou. On avait dit qu’on ne ferait pas de politique sur ce blog, et c’était une sage décision. Mais avec l’entrée en scène du FN comme sujet… cette règle est rompue, au risque de la zizanie. Nous risquons de nous entre-déchirer. la politique se termine toujours en carnage.

    Ce sont des lignes de fractures qui traversent même les familles… Je suis d’une famille socialiste; et pourtant ma mère a voté FN, elle qui a milité au MLF dans les années 70. Je ne plaisante pas.

    En ce qui me concerne j’ai toujours voté socialiste… mais je suis contre l’immigration. Pourquoi ? Parce que tout le monde est pour, donc je suis contre ! juste pour embêter autrui. Parce que cela me donne l’impression d’avoir une opinion libre…

    Je ne serai jamais d’aucun consensus.

    Le Fn est une machine à perdre pour la gauche et utilisé à des fins électoralistes par l’UMP, mais… il est aussi la cristallisation des angoisses d’une part de la société.

    1. « …Justement le sujet devrait peut-être rester tabou…. »
      Tout à fait d accord, pour les raisons que vous évoquez!

  10. Et encore, il y en a d’autres des phrases toutes faites.

    Surtout chez les politiques.
    Quelques exemples:
    – nous sommes en sortie de crise (où ça? où ça?)
    – la crise est derrière nous (nous, ce n’est pas forcément vous, mais c’est sûrement eux)
    – je le dis en toute transparence (je lance un fumigène)
    – je n’utilserai pas la langue de bois ( oups ! attention copeaux devant ! )
    – vous utilsez la langue de bois ( votre « sciure » est trop bonne!)
    – nous sommes pour le changement (de personnes, c’est-à-dire moi à sa place)
    – les chiffres ne mentent pas (2+2 fait entre 1,5 et 12 selon ce qui m’arrange)
    – je vais sur le terrain (terrain = contrée mythologique où vivent les « vrais gens »)
    – la croissance repart ( nous, on veut qu’elle reste ! )
    – je suis profondément choqué (de la profondeur d’une flaque, pas plus)
    – nous allons créer un groupe de travail ( que font les autres groupes? )
    – selon le haut observatoire… ( haut mais pas himalayain)
    – je n’ai pas de tabous (sauf mes TOC, mes phobies, mes angoisses….)
    – etc, etc…

    1. @Tano,

      Je me permettrai de rajouter non pas deux expressions, mais deux mots:

      Le premier: « Réforme ». S’il y a un terme qu’il faut je crois manier avec d’infinies précautions, c’est bien celui-ci. En effet, dans la bouche des responsables de droite (mais parfois également de certains à gauche il faut bien l’avouer), réforme rime le plus souvent avec réduction drastique de l’état, crypto-projet d’abandon du principe de retraite par répartition (pour ne prendre qu’un exemple) bref, avec régression sociale. Ce mot a été tellement utilisé par eux qu’il est aujourd’hui vidé de son sens premier. Réforme, signifie: « modifier dans le but d’améliorer ». Réformer, personne n’est contre, car chacun mesure bien que la vie est mouvement. Il n’en reste pas moins vrai que les réformes, toutes nécessaires qu’elles soient ne doivent pas blesser la collectivité en obérant ses chances de développement, en réduisant les acquis sociaux, en faisant payer l’addition de la crise aux plus faibles. Une réforme digne de ce nom, devrait au contraire s’employer à moderniser la vie démocratique, à la rapprocher du citoyen, à la rendre plus intelligible.

      Le second, c’est le mot « crédible ». Etre crédible, tenir des propos crédibles, c’est les situer implicitement à l’intérieur du périmètre du « cercle de la raison » cher au « grand » Alain Minc. Cela signifie que pour que des propositions soient jugées crédibles, elles doivent correspondre aux critères définis par un ensemble de gens ( ceux-là même qui ont provoqué la crise ou qui l’ont laissée advenir). Dés lors, le mot « crédible », ou « pas crédible » décide en un instant du sort d’une idée, ou d’un ensemble d’idées. Etre « crédible » c’est proposer des choses compatibles avec le système actuel. Cette pensée unique, savamment entretenue par ses thuriféraires, par ses grands prêtres est absolument terrible pour la créativité politique. Dans un monde en mouvement, elle est le plus sur moyen de faire du sur-place. Et donc, relativement, de régresser. Cherchez l’erreur…

  11. Je me rappelle d’une autre phrase qui était il y a peu à la mode :

    « Contre toute attente… »

  12. Allez plus de tabou…F.Miterrand a vendu l’espace audio-visuel français en 1983-84 a son meilleur ami friqué, qui l’a lui-même revendu à l’Italie…N.Sarko a déglingué la sécurité sociale au bénéfice des mutuelles obligatoires orchestré par son Frère qui espère se faire des boules en or et J.Chirac m’aura convaincu que la paresse est un droit éternel…Quand à Marine, il semblerait qu’elle arrive au moment où tous ces prédécesseurs ont tout mis en place pour que son ascension ne pause plus de problème…Merci la politique nous n’en attendions pas moins de votre part.

  13. Le sujet n’est plus tabou (c’est la preuve par édition) : l’homme, à gagner sa vie qu’il a, la perd-il ?

    Rêve de printemps.

    Et puisque le sujet n’est plus tabou, parlons zan : http://leweb2zero.tv/video/abe_634857fafc14659

    (démago : Du grec ancien δημαγωγός, demagós, composé de δῆμος, démos (« peuple ») et ἀγωγός, ágogós (« guide »), littéralement « celui qui guide le peuple ». Latéralement : peuple à gogo.)

  14. discours de george marchais alors président du front national en 1981?
    reproduite dans le journal minute ?

    « Je vous le déclare nettement : oui, la vérité des faits me conduit à approuver, sans réserve, la riposte de mon ami Paul Mercieca. (…) Plus généralement, j’approuve son refus de laisser s’accroître dans sa commune le nombre, déjà élevé, de travailleurs immigrés » ; – En raison de
    « la présence en France de près de quatre millions et demi de travailleurs immigrés et de membres de leur familles, la poursuite de l’immigration pose aujourd’hui de graves problèmes. Il faut les regarder en face et prendre rapidement les mesures indispensables. » – « La cote d’alerte est atteinte. (…) C’est pourquoi nous disons : il faut arrêter l’immigration, sous peine de jeter de nouveaux travailleurs au chômage. » – « Je précise bien : il faut stopper l’immigration officielle et clandestine. » – « Il faut résoudre l’important problème posé dans la vie locale française par l’immigration ». – « Se trouvent entassés dans ce qu’il faut bien appeler des ghettos, des travailleurs et des familles aux traditions, aux langues, aux façons de vivre différentes. Cela crée des tensions, et parfois des heurts entre immigrés des divers pays. Cela rend difficiles leurs relations avec les Français. » – « Quand la concentration devient très importante (…), la crise du logement s’aggrave ; les HLM font cruellement défaut et de nombreuses familles françaises ne peuvent y accéder. Les charges d’aide sociale nécessaires pour les familles immigrés plongées dans la misère deviennent insupportables pour les budgets des communes »

    http://militant.over-blog.net/article-lettre-de-georges-marchais-alors-secretaire-general-du-pc-49602926.html

    Alors ce qui me déprime c’est qu’a la télé on nous envoie à longueur de journée des films ultra-violent, des affaires de meurtres, de viols, de violences aux enfants, de prostitutions, de peuples qui crèvent la faim etc……

    et quant un homme politique ose dire deux mots: « immigration, bienfait ? »…….
    OUUUUUUUUUUUUUHHHHHHH!!!!!!! là là là là là….
    les bienpensants sont horrifiés………
    « on ne peut supporter ce discours, ces mots obscènes, c’est monstrueux…… »

    vraiment, je me demande dans quel monde on vit.
    mais attention
    ne me méprenez pas…
    je ne dis pas que le FN est une solution à nos problèmes…
    tout comme le npa,
    non… surement pas…
    mais la voie du milieu comme on nous la propose, certainement pas non plus.
    (on voit le résultat)

    il n’y a pas d’espoir…
    tout continuera comme avant
    les riches s’enrichiront
    les pauvres s’appauvriront
    et les bienpensants continueront de nous dire ce qu’il faut penser, comment il faut penser….

  15. Si les pissenlits étaient difficiles à cultiver, ils seraient les bienvenus sur toutes les pelouses.
    Andrew V. Mason

  16. Mohamed Prend ta valise,
    Et va nous chercher des devises.
    Refrain d’une chanson de Kateb Yacine se moquant des families algeriennes envoyant
    Leur fils en France pour vivre mieux eux au pays.
    Tout le monde etait content ,et les families et le patronat francais.
    Et Mohamed 15 Ans apres sera remplace par la robotique.

  17. L’origine fasciste du FN ne fait aucun doute. Cependant la naturalisation de ce parti ne doit pas faire perdre de vue que ses idées, elles, se sont répandues depuis belle lurette dans la société politique française. Ce n’est pas le FN et son action qui peuvent expliquer à eux seuls le virage à droite de tout un pan de cette société politique française bien au delà de ce qu’il est convenu d’appeler l’extrême droite. Le FN n’est pas un virus très dangereux qu’il suffirait d’isoler pour empêcher toute contamination des esprits par son idéologie. L’extrême droitisation de la société française n’est pas l’avenir mais déjà notre présent. Les propagandistes de la « lépénisation » ont tout aussi bien été les leaders du FN que ceux à droite comme à gauche par leurs discours manipulaient les peurs sociales. A toutes fins utiles je rappelle les : « la France ne peut accueillir toute la misère du monde » de Michel Rocard, » ; « l’invasion » évoquée à propos de l’immigration par Giscard d’Estaing, « Les odeurs et le bruit » évoqués par Chirac. Sarkozy est la cerise sur ce gâteau infect, dans la continuité d’un processus amorcé il y a plusieurs décennies qui aboutit à la création d’un ministère de l’immigration et de l’intégration. Je renvoie aux fines analyses de Jacques Rancières, notamment celles lumineuses qu’il développe dans Aux bords du politique (Gallimard, Folio essais, 1998)

    Ce processus s’est aussi traduit par l’application de politiques anti-sociales et anti-humanistes depuis de nombreuses années, y compris dans la courte période où la gauche gouverna en France. Ces politiques ont coïncidé avec l’introduction du néo-libéralisme, Idéologie et politique économique par nature anti-sociale, anti-humaniste et anti-démocratique. Plus grave que le tabou, est le double langage. On en trouve un très bon exemple dans Démocratie française, le livre à succès que rédigea l’ancien président Giscard d’Estaing sous sons septennat. Ce livre commençait, je cite en substance, en disant, il existe une nouvelle pensée : le néo-libéralisme et c’est la voie d’avenir qu’il nous faut suivre. C’est une erreur intellectuelle que de se focaliser sur le FN sans voir que ces politiques régressives constituent le milieu dans lequel celui-ci a pu prospérer électoralement.
    Conclusion, on ne combat jamais mieux le FN qu’en faisant la critique sociale du vide politique et en proposant de véritables alternatives à même de combler ce vide.

    1. Le libéralisme absolu dans le capitalisme achevé n’a absolument plus besoin de la démocratie

    2. Sujets extrêmement sensible, je ne sais pas s’il est possible d’en discuter sans s’énerver… étant donner le lourd passé qu’il évoque.

      Alors, je ne sais pas si je vais oser poser la question, – de savoir s’il n’y aurait pas un fond anthropologique au racisme… ? C’est à dire un programme « génétique » de refus de l’autre. Après tout, vu le comportement de l’espèce humaine, cette question n’est pas illégitime. Et si l’on n’ose pas poser certaines questions, ne tombe-t-on pas hors du domaine scientifique pour rejoindre celui de la doctrine ? Le racisme est-il entièrement culturel ou bien aurait-il un soubassement éthologique pour le coup, serait-il donc un comportement « utile » à je ne sais quoi ? Il peut exister des comportements que nous condamnons moralement et qui pourtant ne sont pas inutiles à l’individu qui les produits….Par exemple la maxime, « en amour tout est permis », illustre cela. Tous les subterfuges, les mensonges, l’égoisme, etc. Beaucoup de stratégies « gagnantes » peuvent paraitre moralement déplaisantes…

      Sujet extrêmement délicat. Enfin… l’homme n’est pas un animal de compagnie. Nous appartenons au règne de la nature, à celui des lions qui égorgent les petits de leurs rivaux… celui des hordes de singes qui entrent en guerre aussi. Le comportement décide de qui sera là à la prochaine génération, et qui n’y sera pas. Ceci est quand-même de l’ordre de l’inéluctable. Donc certains comportements, que nous réprouvons moralement, peuvent en théorie avoir une utilité au niveau de la machine génétique à laquelle nous ressortons…

      « Le gène égoiste » : ce livre reproduisait la thématique de la sélection naturelle au niveau de chaque gène, à savoir que chaque fragment d’ADN donc devait lutter pour sa transmission.

      Nous sommes le résultat de millions d’années de sélection… nous avons des programmes de comportements. Par ex pour chaque homme, aimer une femme ne lui vient pas de la culture. Il est « programmé » pour ça. Cela n’est pas de l’ordre de la volonté, de l’esthétique, de l’acquis, de l’intuition, Ah tiens… etc.

      Je précise que je n’ai pas les réponses, je ne veux rien suggérer ni prouver quoique ce soit.

      1. Nous, habitants de la terre, nous avons en commun d’être des humains, avec des histoires religieuses et philosophiques différentes.
        N’oublions que c’est le modèle européen américanisé qui s’est imposé au reste du monde et que c’est maintenant le marché mondialisé qui veut faire de nous des égaux, mais non pas des égaux libres, mais des égaux dominés.

      2. On sait de quoi on a peur : la peur est objective. L’anxiété née de la frustration est diffuse : elle ne connaît pas sa cause. Du coup, la moindre aspérité – et la différence en est une – lui fournira un support où aller se fixer.

        Le remède est connu : la prise de conscience. Savoir d’où vient la frustration, nommer sa source et ensuite la combattre. Exemple : Orange ; la frustration vient des pressions liées à l’exigence d’une rentabilité inadaptée aux questions à résoudre.

        Illustration intéressante dans l’actualité, la fondation Terra Nova qui se désintéresse des ouvriers : on les laissera à leur anxiété qui a commencé d’aller se déposer sur la différence. Ce que cela révèle : le nom de la source de la frustration des ouvriers est devenu tabou. On se recentre sur les « classes moyennes » – la nouvelle étiquette « chic » pour parler des prolétaires qui ne travaillent pas en usine. Mais comment décrira-t-on la source de frustration des classes moyennes ? Si on ne la nomme pas, ils iront rejoindre les ouvriers déjà abandonnés au FN.

      3. Quand Giscard évoque l’invasion des étrangers ce n’est pas son programme génétique qui lui impose de le dire. Ou alors on tombe dans le travers de la socio-biologie.
        Le rejet de l’autre, si toutefois l’on veut bien éviter de traiter la question du point de vue des généralités a-historiques, s’inscrit d’emblée dans un discours fait de distinctions catégorielles opérantes sur un plan politique et social et qui correspond à une prise de position sur un échiquier politique. La peur de l’autre s’enracine dans un substrat biologique, mais celui-ci a toute latitude pour s’exprimer ou pas, et quand il s’exprime selon des modalités et des degrés très divers selon les lieux et les époques. Cela va du refus de serrer une main tendue à l’élimination d’un groupe social. Autant dire que la peur de l’autre est un concept bien trop général pour avoir une quelconque signification philosophique et politique. La génétique n’éclaire pas le débat car précisément les humains se distinguent du règne animal par leurs capacités de réflexion qui leur permettent d’assigner des fins à leurs actions.

      4. Paul Jorion
        C’est le cas, les classes moyennes, du moins une partie, sympathise avec le FN. Jusqu’à présent, les électeurs du FN se recrutaient essentiellement parmi les ouvrier et les chômeurs. C’était le cas (selon les statistiques) en 2002 et en 2012. Le vent a changé.
        De plus, le mépris que le PS et le nouveau mouvement « Terra nova » réservent aux deux classes citées pourrait se révéler néfaste pour la Gauche: les abstentionnistes, nombreux, seront peut-être cette fois-ci au rendez-vous, en 2012.

    3. @Pierre-Yves

      Et allons-y ! Rajoute-s-en une couche ! Comparer le Rocard avec Le Giscard ou le Chirac en omettant le principal de la phrase de Rocard soit , de mémoire, « blablablabla, mais elle doit en prendre toute sa part. »
      Alors Monsieur ? C’est pareil ? Ça fait quoi de bêler avec les moutons ?
      Quand je pense que pendant ce temps là Obama vient de déclarer que les 14 millions de clandestins aux US étaient une chance pour l’Amérique et qu’il voulait tous les régulariser… Mais c’est un pantin à la solde de Wall Street, pas un homme de gauche authentique, un ectoplasme… La France elle les aime ses Vrais hommes de gauche ! Elle les respecte ! Elle les traite comme des hommes de droite, elle les dissout dans la droite (Rocard, Delors…), les vire (Mendes) ou les assassine (Jaures).
      L’avenir est toujours de l’autre coté de l’atlantique. C’est fini pour l’Europe et la France, et bon débarras ! Jorion ! Repars là-bas !

      1. Rocard, c’est bien celui qui a récemment déclaré à un colloque du medef que les états étaient entrés dans leur phase de nuisance, et que puisque ce sont les entreprises qui sont face au réel, que celles ci devaient prendre les rênes.
        ou Delors, inénarrable chantre du dieu marché…
        « Vrais hommes de gauche » aux manières à droites. En tout cas, technocrates quand tout va bien, ploutocrates qd (non pas si, mais qd) çà tourne mal. démocrates qd çà les arrangent. limite tyrans d’eau douce.

        14 millions de pauvres (5% de la population us!)du fait de wall street et consorts, c’est une chance?!
        énorme!!

        La france a assassiné Jaurès?!
        gigantissime.
        C’est pas lui qui a dit que la nation est le seul bien de ceux qui n’ont rien, ou dans ce goût…?

        PY dit que l’ultralibéralisme fait le lit du fn (en fait c’est le film des médias : ds les urnes, c’est tout petit le fn), et vous volez sauver rocard…
        chevaleresque, mais drôle de cheval de bataille…

        Sinon, en aparté, vous êtes un adepte de la fuite? çà fait trois fois… geste théâtral aussi?

      2. Vigneron

        La citation complète est : « La france ne peut accueillir toute la misère du monde mais elle doit en prendre fidèlement sa part. » (1990). Je m’attendais un peu à ta réaction au sujet de mon commentaire citant Rocard. Je t’objecte que la production de la citation entière n’enlève rien à la critique de sa première partie, sur le fond. En l’occurrence, même si c’est à son corps défendant, qu’il s’agit d’une maladresse, est proposée une certaine catégorisation du monde qui fait écho avec un discours certes plus radical mais dont les prémisses sont les mêmes sur le plan de l’ontologie. Ce qui revient à combattre ceux auxquels on s’oppose politiquement en allant sur leur terrain au lieu de proposer une vraie analyse contradictoire. Je précise que Rocard n’était pas pour l’immigration zéro et qu’ il montra sa désapprobation à propos de la façon dont furent traités les occupants de l’Eglise saint Bernard.

        Rancière fait cette analyse dans un passage du livre précité, dans un paragraphe intitulé Le multiple excessif :

        : de Michel Rocard à Charles Pasqua :… « Qu’est-ce qu’on ne peut pas accueillir ? « Toute la misère du monde »? On pourrait, sans doute, se contenter de renvoyer cette phrase dans l’enfer logique des jugements indépendants. Simplement on manquerait ainsi le cœur de l’affaire : la force d’exclusion attachée à cette « mauvaise partie » de la misère que désigne le « pas toute ». Nul ne sait, bien sûr, qu’elle est cette « partie de la misère » que nous ne pouvons pas accueillir , quelles sont les propriétés qui distinguent la bonne de la mauvaise partie du tout. Le problème est ainsi inverse de celui qui nous occupait précédemment. L’analyse de Searle arguait d’une absence de propriétés objectives, là même où les propriétés distinctives se manifestaient avec assez d’évidence. Ici, à l’inverse, il s’agit d’établir ces propriétés inapparentes qui distinguent la partie de misère ou cette misère faisant totalité que nous ne pouvons accueillir. Qu’est-ce qui fait cette opération ? C’est la loi, l’instance de l’universel qui commande au particulier. Mais elle le fait d’une manière bien spécifique, non point en discriminant des propriétés mais en élaborant une catégorie spécifique du multiple comme catégorie de l’Autre qui ne peut être accueilli.
        Nous pouvons partir, pour entendre ceci, des jugements généralement portés sur l’arsenal législatif des lois Pasqua-Méhaignerie sur l’immigration et la sécurité ne faisait que mettre en harmonie des dispositions dispersées déjà existantes et les soumettre à l’universel de la loi.
        Mais il s’agissait d’abord d’autre chose : non pas tant donner le sceau de la volonté collective aux mesures empiriques imposées par la réalité mais proprement constituer l’objet de la loi et redéfinir son sujet. Les dispositions de la loi Pasqua et du code de la nationalité ont eu d’abord pour objet de constituer l’objet même auquel la loi s’appliquait : cet indéfinissable « pas tout » de la misère qui ne peut être accueilli, cet Autre dont les propriétés diffèrent des nôtres et ne peuvent en conséquence être accueillies dans le concept de notre identité. C’est d’abord à cette élaboration qu’a servi l' »universel » de la loi. C’est d’ailleurs un usage assez fréquent de la loi aujourd’hui : prendre en charge ce qui n’est pas pensable, faire de l’ontologie sauvage…. »( Aux bords du politique,pp. 183-184)

        Je t’accorde que Rocard n’est pas Giscard. Il n’empêche que toute la gauche dite de gouvernement, Rocard compris, a emboîté le pas à la vague néo-libérale au tournant des années 80 et ce jusqu’à Jospin qui déclara que l’Etat ne peut pas tout et qu’il n’était pas socialiste. Et pourtant le même Jospin était resté le coeur très à gauche, puisque c’est comme lambertiste qu’il était entré au PS. De même quel grand écart entre la vision démocratique de l’économie incarnée par l’autogestion prônée au PSU et la politique du moindre mal appliquée quand il fut ministre.

        La différence entre la gauche et la droite est que la gauche a appliqué avec une certaine mauvaise conscience et surtout fatalisme des politiques économiques régressives au nom d’un réalisme économique qui s’accordait avec la vision naturaliste de l’économie des idéologues et économistes libéraux. Pour la droite libérale, c’est évidemment sans états d’âme, que ces politiques furent menées, car le programme d’inspiration hayékienne coulait de source. Von Hayek, interrogé au soir de sa vie sur le degré d’application de ses théories se montra d’ailleurs fort satisfait.

      3. @Vigneron

        Vous seriez pas un peu centriste ? 🙂

        @Pierre-Yves D

        Très bonne analyse. Cela dit, si je suis entièrement d’accord pour souligner la responsabilité de la social-démocratie dans la progression des idées néolib et in fine, dans la situation actuelle, il ne faut pas oublier la complicité d’une grande partie de la population, complicité passive ou non, partielle ou non, consciente ou non. Il ne sera pas facile d’expliquer aux gens que la rente c’est fini (pour tout le monde) et que pour retrouver un contexte moins explosif, il va falloir pour beaucoup accepter la perte d’une partie de leur épargne.

        Mais là encore, le rôle de la deuxième gauche est accablant. En légitimant le corpus individualiste néolib, elle a décrédibilisé jusqu’au principe même de solidarité structurée, c’est à dire institutionnelle, et partant, finalement, tout projet de gauche. Il n’est pas étonnant de constater aujourd’hui la difficulté de progression d’une gauche assumée, comme le PG ou Die Linke par exemple, le transfert s’opérant sur la droite populiste et xénophobe, qui elle n’est pas marquée par le sceau « essayé et non approuvé » . Il faudra du temps et de la souffrance, probablement, pour reconstruire cette idée de solidarité…

      4. @ Nicks

        il ne faut pas oublier la complicité d’une grande partie de la population, complicité passive ou non, partielle ou non, consciente ou non. Il ne sera pas facile d’expliquer aux gens que la rente c’est fini (pour tout le monde) et que pour retrouver un contexte moins explosif, il va falloir pour beaucoup accepter la perte d’une partie de leur épargne.

        Je suis bien d’accord. Je regrette d’autant plus le départ (que j’espère transitoire !) de Vigneron qu’il n’a pas son pareil pour appuyer là où cela fait mal, du coté de l’épargne. Vigneron participe avec le talent qu’on lui connaît à la nécessaire prise de conscience générale s’agissant de faire le deuil de l’économie de la rente.
        Chacun sur le blog exprime des sentiments, des idées, en apportant sa petite touche personnelle, qui par définition n’est pas celle du voisin. Ce n’est pas parce que nous ne jouons pas tous les mêmes notes ni ne jouons tous du même instrument, ni n’avons tous les mêmes amours ou les mêmes détestations, que ne se fait pas entendre sur le blog une petite musique en quelque sorte point de repère et de ralliement pour les combats décisifs, présents et à venir.

        La déception j’ose espérer passagère de vigneron est à la mesure de l’intérêt qu’il porte au blog. Raison de plus pour que le dit Vigneron regagne son poste au plus vite ! 🙂

      5. Vigneron je vous l’ai déjà dis j’aime bien vous lire, l’éthique y prend du corps, des attributs, des coups parfois, et l’énergie au blog que vous donnez vous épuise j’imagine… un blog on peut se demander ce que c’est, communauté aux contours imprécis d’autant qu’elle est virtuelle, évanescente, improbable, laboratoire dit-on (mais c’est quoi alors la gueule d’une communauté là-dedans?) fenêtres et portes aux vents où se mêlent des plages de temps différents, des espaces morts, exutoire et surface d’inscription, on en oublierait de lire les œuvres, les fruits mûrs, et de se rappeler à la question « comment ça fonctionne un blog? »… Deleuze qque part, à propos du mouvement ; « ruisseau sans début ni fin, qui ronge ses deux rives et prend de la vitesse au milieu. » ….. et le temps d’une nuit se réveiller Hjaltalín; http://vimeo.com/13008486
        la vie est ailleurs… et j’attends de votre retour, votre rumination, votre billet invité, il est temps que vous preniez votre temps, à bientôt!

        Armand Robin lu par Jean-Luc Godard
        http://vimeo.com/17926590

        « On supprimera le foi
        au nom de la lumière
        puis on supprimera
        la lumière

        on supprimera l’âme
        au nom de la raison
        puis on supprimera
        la raison

        on supprimera le charité
        au nom de la justice
        puis on supprimera
        la justice

        on supprimera l’amour
        au nom de la fraternité
        puis on supprimera
        la fraternité

        on suprimera l’esprit de vérité
        au nom de l’esprit critique
        puis on supprimera
        l’esprit critique

        on supprimera le sens du Mot
        au nom du sens des mots
        puis on supprimera
        le sens des mots

        on supprimera le sublime
        au nom de l’art
        puis on supprimera l’art

        on supprimera les écrits
        au nom des commentaires
        puis on supprimera
        les commentaires

        on supprimera le saint
        au nom du génie
        puis on supprimera le génie

        on supprimera le prophète
        au nom du poète
        puis on supprimera
        le poète

        on supprimera l’esprit
        au nom de la matière
        puis on supprimera
        la matière

        au nom de rien
        on supprimera l’Homme
        on supprimera le Nom de l’Homme
        Il n’y aura plus de nom
        Nous y sommes »

      6. Au lieu d’en prendre dévotement sa part elle ferait mieux de l’éradiquer ! C’est sûr qu’en considérant que la vraie, la seule, l’unique histoire, est celle qui est justifiée par ses propres croyances (c’est le capitalisme historique, les seigneuries et autre Seigneurie, les tyrannies, les guéguerres pour la Patrie ou pour son Seigneur, les théocraties, l’échange monétisé, etc.), on se trouve dans l’obligation d’accepter la misère, et même de la considérer comme le signe d’un manque ou d’une absence de foi en sa propre croyance. Et on colonise, et on ne parle que de ça pour être sûr qu’on ne parle pas d’autres choses…

        AU SECOURS ! Qui peut m’aider ? Qui peut m’aider à comprendre pourquoi et comment l’espèce qui se considère comme le summum de ce que la nature a pu produire continue de croire à des futilités (il faut rester poli en toutes circonstances) du genre : l’échange monétisé est ce qui motive ma vie, c’est à lui que je dois la consacrer, je dois le vénérer en acceptant sans question (dégâts humains et (environne)mentaux) le salariat, et je dois aider les pauvres infidèles à se convertir, par la misère et la force s’il le faut ?

        Merci d’avance..!

    4. Pierre-Yves D. : « c’est la voie d’avenir qu’il nous faut suivre.  »

      oui. c’est même une autoroute sans sortie…jusqu’à l’automne dernier.
      giscard est un type passionnant. il aurait du titrer son livre « comment, par la faillite, pousser les états à se soumettre enfin au marché ». avec des annexes pour les collectivités locales.tirage plus limité, mais public de connaisseur.

      « proposant de véritables alternatives à même de combler ce vide. »
      Ce qu’on veut…il y a pléthore de propositions (mr Jorion à l’immense mérite de se focaliser sur un point)…
      Mais ce que l’on peut est assez restreint : une autoroute sans sortie. Parce que « vide » en fait, c’est l’ultralibéralisme qui est appliqué.
      Vous parlez de « politiques régressives »…les directives européennes qui soumettent tout au marché (« libre et non faussé », complété d’accords de libre échange avec à peu près toute la planète) unique? c’est dans les traités européens en fait ex : http://www.marianne2.fr/Le-Conseil-europeen-fait-il-plonger-le-Portugal_a206056.html

  18. les tabous pour la pensée c’est un peu comme les roulettes pour la bicyclette: grandir c’est trouver son équilibre.

    ras le bol des bien-pensants et des soumis ramollis.

    « La politique, c’est comme l’andouillette, ça doit sentir un peu la merde mais pas trop. » e. herriot

  19. le sujet n’est plus tabou
    les gens sont à bout
    de l’histoire il ne reste qu’un bout

    le sujet n’est plus tabou
    et les restes mis bout à bout
    pourrait bien donner du goût
    de l’histoire il ne reste qu’un bout…

    si l’important vient de vous
    les gens ne sont pourtant fous
    la « rolls royce » est bien à vous
    et les restes sont pour nous
    le sujet n’est plus tabou

    restez bien au chaud chez vous
    vous avez le tout-à-l’égout
    si en vous monte le dégoût
    le bureau des plaintes est à vous

    pour finir ma sérénade
    j’aimerais qu’on écrivent une aubade
    où les gens mis bout-à-bout
    ne serait plus des sujets tabous

  20. En ce qui concerne le FN, comme des autres maladies, il faut bien considérer les causes et les symptômes, et la relation dialectique entre les deux.

  21. Si l’on suppose que la théorie de la Relativité s’est trompée, n’était pas généralisable et a détournée les unités pour faire correspondre les calculs avec les données, est-ce encore tabou ?

    Si on dit que la réussite sociale n’est pas forcément liée avec le niveau d’études ni avec le niveau de connaissances sera-ce donc toujours tabou ?

    Il est possible de lever le tabou en montrant que de telles personnes ont des originalités, comme un handicap ou des facultés extraordinaires au détriment de leur personnalité ou de leur équilibre personnel. Mais si c’est quelqu’un d’ordinaire c’est toujours tabou ! Comme si l’humanité cherchait par tous les moyens à maitriser ce qu’elle ne peut pas maitriser puisque c’est toujours par définition imprévu.

    L’imprévu est-il tabou ? Trouver la vérité est-ce tabou ? A-t-on tord d’être tabou si on est normal ? Etre normal : est-ce tabou ? etc….

  22. Vu le niveau du blog de M. Jorion, je suppose que la plupart de ses lecteurs ont fait des études supérieures et ont actuellement une situation sociale qui leur permet de disserter (de loin) sur l’immigration et le FN. Ce n’est pas mon cas : je viens d’un milieu ouvrier, j’ai vécu parmi les immigrés (essentiellement Européens au début), j’ai travaillé dans un milieu laborieux (les chantiers du bâtiment et les triages de la SNCF) et j’ai commencé des études supérieures vers l’âge de 35 ans, en plus de mon boulot. Maintenant, je pense avoir la situation sociale de la plupart d’entre vous : milieu protégé à la campagne, voisinage cadre supérieur, enseignant ou bobo, cultivant l’entre soi et très ouvert à la « diversité » qu’il ne fréquente pas.
    Il y a des choses qu’on ne peut comprendre si l’on n’en a pas eu l’expérience. Je me souviens que mon père me disait souvent quand j’étais gamin : « travaille à l’école si tu veux avoir une bonne situation ». Intellectuellement je comprenais ce que disait mon père, mais je ne l’ai vraiment compris que lorsque je suis entré dans le monde de travail. Il en est de même pour l’immigration : on ne peut comprendre ses effets sur les gens que si on la subit soi-même, pas occasionnellement mais tous les jours comme un problème qui se pose et se repose et empoisonne votre existence. C’est mon ex belle sœur qui quitte sa Cité parce que sa fille devenue ado se fait constamment harceler, parce qu’elle ne peut faire ses courses sans que les « jeunes » lui ouvrent son sac pour voir si elle a acheté du jambon ; c’est mon collègue de boulot qui avec ses enfants va vivre dans un mobil home parce que dans son immeuble il est « le Français » et qu’on jette les couches sales des gamins sur son balcon ; c’est la guerre dans le triage parce que les poêles ne doivent pas servir à faire cuire du porc, et qu’il n’est plus possible de casser la croûte ensemble ; C’est le fils d’un ami qui se fait traiter de « sale blond » et qui en raison de ses cheveux trop clairs doit se faire recoudre à l’hôpital ; c’est le smicard mort de trouille qui prend sa voiture plutôt que le tramway qui dessert une Cité…
    Ce ne sont que quelques exemples anecdotiques mais vécus. Il ne faut certes pas les généraliser, c’est vrai. Ceux qui doutent de leur réalité devraient échanger leur vie contre celle de ces gens qui souffrent et qui votent FN pour changer leur existence (pas parce qu’ils son fascistes ou plus bêtes que vous). Car l’immigration est pour ceux qui la subissent une grande souffrance, un calvaire, une humiliation. Moi j’ai pu la fuir (mais elle va me rattraper comme elle va vous rattraper, question de temps n’en doutez pas) mais je reste solidaire de ceux qui la vivent encore.
    Une précision pour finir : je ne vote pas FN, parce que la FN n’est que la soupape de sécûrité du système politique. Il n’est là que pour évacuer une partie de la haine et du ressentiment qui grossissent à cause de notre aveuglement, pour donner de l’espoir. Il permet au système de durer et aux souffrances de s’accumuler…

    1. Je ne retiendrai de votre commentaire que la dernière phrase. Le reste me donne envie de gerber. Je suis ouvrier en chantier naval et mon statut d’ouvrier , j’en suis fier et n’en conçoit pas de frustrations particulières. Pour rien au monde je ne voudrais la place d’un de ces cadres qui appliquent consciensieusement les consignes patronales sans le moindre état d’âme .
      Quotidiennement , j’ai honte pour ces gens qui expriment leur racisme ordinaire toujours plus librement. Ces gros beaufs qui se donnent de l’importance et évacuent leurs frustration en créant une hierarchie supplémentaire entre les  » de souche » et les « d’origine ». Marre de leurs blagues pourries , de leur étalage de faits divers qu’ils assènent pour étayer leur philosophie d’abrutis. C’est facile d’énoncer des cas particuliers , mes collègues  » d’origine » pourraient vous en écrire des kilomètres pour vous dire ce qu’ils vivent et vous donner raison sur ce point : le FN va permettre au système de durer et aux souffrances de s’accumuler.

    2. @ Yves :
      Bon, puisque personne ne vous répond, je m’y colle.
      C’est un peu casse-gueule comme exercice mais c’est vous qui avez commencé … 🙂
      Les vieux réac, les tordus de la haine raciale et les fondus de la nation, on les voit venir de loin, ce qui ne semble pas être votre cas. De sorte que, je l’espère, on pourra causer sur le fond.
      Si vous acceptez bien entendu de parler avec quelqu’un dont la situation sociale est protégée (en campagne, of course de paté), cadre supérieur, cultivant l’entre soit et très ouvert à la diversité qu’il ne côtoie pour ainsi dire jamais. J’en rigole déjà.
      Maintenant que les présentations sont faites (les civilités sont des outils sociaux pratiques mais peu digestes à la longue), je dois vous avouer que je partage, pour des raisons qui me regardent, le fait que la diversité culturelle, c’est parfois très pénible, mortifiant, écoeurant et j’en passe.
      Mais que que pour ces mêmes raisons, je pourrais tout aussi bien vous dresser le tableau inverse, partant de l’immigré. Tableau, qui, vous en conviendrez, serait tout aussi justifié.
      Car vécu, bien que vraisemblablement difficilement généralisable.
      Tout comme le tableau, tout aussi justifié, que vous avez brossé.
      Je ne dirais pas que vous vous trompez de colère car j’ai moi aussi ma colère aveugle : quand on est en colère, on n’en a qu’une et on sait d’où elle vient. Des tripes et pas des boyaux de la tête. De sorte que le type qui me dirait cela ne ferait que renforcer celle-ci : comment voulez-vous que l’on se trompe de colère si on n’en a qu’une ?
      Mais ne pas utiliser les boyaux de la tête condamne aussi à ne pas y voir clair.
      Ce que vous dites est vrai (je pars du postulat que vous ne mentez pas). De la même manière, Marine Le Pen peut très bien dire un truc vrai (si si), du style : « Les africains ont la peau noir ».
      Ce qui est vrai, dans la grande majorité des cas. Puis, d’asséner : « Ils ne sont pas comme nous » (sous entendu, ils n’ont pas la même couleur de peau, ce qui est vrai dans la majorité des cas, bien que de très nombreux français ou résidant en France aient la peau noir, aussi).
      « Donc, puisqu’ils ne sont pas comme nous, renvoyons les chez eux » (sous entendu, là-bas, en Afrique, noire, si possible car nous sommes humanistes : comprenez, nous sommes particulièrement attentifs à ne pas blesser les races, aucune race, quelle qu’elle soit, quant à un éventuel mélange des races, que nous réprouvons par ailleurs, soyez en sûr).
      Que la diversité culturelle, issue en grande partie de l’immigration, créée des tensions, n’est pas chose nouvelle. Les italiens et les polonais s’en rappellent encore, depuis le 19ème siècle. Et pourtant, ils étaient eux aussi ‘inassimilables’, avant que les fils ou petits-fils ne viennent occuper durablement nos terrains de foot, talentueusement, par ailleurs.
      Idem pour les juifs, que même la République mis quelques temps à accepter en son sein : leur religion, à ces apatrides, entravait le sentiment national …
      Rien de nouveau sous le soleil donc.
      Reste à savoir alors pourquoi.
      Pourquoi un tel sentiment d’abandon, comme un champ en friche (dixit François Leclerc), que la République a laissé pourrir sur pied et qui aurait pu moissonner ses fruits, oh pas pire pas mieux que ceux d’avant ! mais une récolte, assurément. Des fruits qui auraient pu enraciner des arbres, quand, en lieu et place d’abattre des chênes, on piétine des arbustes.
      De la marche des beurs en 1983, transformée en SOS Racisme, téléguidée par l’Elysée en 1984, en passant par le premier ministère de la ville avec Delebarre, d’abord, puisTapie, ensuite, jusqu’à Fadela Amara, Ministre du ‘Plan Marshall pour les banlieues’, on aurait de quoi dire sur les origines d’une telle jachère. Un jachère de l’action politique, englobant tous leurs habitants, mais notamment les immigrés, qui y sont sur-représentés parce qu’assignés, pour de multiples raisons, à résidence et que les ‘blancs’ en sont partis, dès qu’ils pouvaient, fin des années 70.
      Un ‘espace’ laissé pour aride politiquement par les politiques libérales menées, peu ou prou, depuis 25 ans : quand on arrête de cultiver un champ, il serait miraculeux que les mauvaises herbes n’y poussent pas à foison. Dès lors, quoi de plus évident que d’incriminer les mauvaises herbes de leur prolifération ?
      Rappeler aussi que ce fut Giscard qui, en pleine crise économique, octroya le regroupement familial aux immigrés (que l’on était aller chercher au fin fond du bled, faut-il le rappeler, aussi, pour participer à l’essor de la France glorieuse pour encore quelques années), sans intégrer le moins du monde ce que cela induisait en termes de politiques à mener.
      Rappeler enfin que la politique ‘ultra-sécuritaire’ à la Sarkozy n’a jamais fait évolué un iota de la situation actuelle, bien au contraire (les émeutes de 2005 l’ont bien servi).
      Bref, vous pourriez voter FN et ce serait votre droit : à ce que je saches, ce parti n’est pas interdit. Vous seriez en colère et ce serait toujours votre droit. Vous décririez l’absence patente actuelle de solution alternative politique que vient combler le FN, comme un monstrueux coucou difforme, que ce serait toujours votre droit, malgré tout conscient que ce coucou pondra dans ce nid un oeuf de vipère.
      Je partage l’avis d’Emmanuel Todd, qui doit résonner en vous, certainement, disant que le FN est le seul parti en France a innover politiquement en prônant certes des solutions abracadabrantesques comme dirait Jacques mais qui ‘résonnent’ dans les oreilles des français.
      Ce n’est pas la vieille antienne maurassienne de la nation, bien que ceci revienne ‘à la mode’, ces temps-ci d’européanité troublée.
      Ni même le racisme banalisé, vieux fond de commerce d’une extrême-droite toujours en quête de respectabilité, pour la partie ‘notable’ de celle-ci.
      Mais bien la technocratie européenne pilotant les politiques libérales depuis 20 ans (Maastricht) et même avant et la monnaie unique, dont le FN préconise, seul, la sortie.
      Que ce soit incohérent au regard de son fond de programme économique, les français en sont conscient, pour ceux qui comme vous, semblent lucides (les autres sont hagards de l’ouest).
      Que ceci soit jugé ‘infaisable’ ne fait que renforcer le ressenti d’un bon nombre que le FN a ‘visé juste’, comme lorsque tous les partis ‘de gouvernement’, les médias main stream s’emportait sur la nécessaire ratification du traité européen en 2005.

      C’est parce que la gôche a, depuis presque 30 ans, abandonné le terrain de l’innovation sur l’immigration à la droite, qui l’a lui-même abandonné à l’extrême droite, que l’on en récolte les résultats. C’est parce que depuis le même nombre d’années que progressivement le PS désertait le milieu ouvrier que ceux-ci désertaient les sections, le virage libéral nécessitant un recentrage politique et sociologique.
      De sorte que vous seriez bien en peine de trouver dans n’importe quel programme politique la mise en valeur d’un plan d’actions prioritaire pour les zones (et les citoyens) laissées en déshérence républicaine : elles rapportent bien moins de voix qu’un potentiel recentrage.
      Le FN l’a compris. Il y prospère.

      Vous ne vous trompez pas de colère.
      Vous vous trompez d’outil : on n’éradique pas les mauvaises herbes avec un lance-flamme. Cela fait illusion, un temps. Puis les mauvaises herbes repoussent, car on n’a rien labouré ni semé.
      C’est une bêche qu’il vous faut.
      Seulement, cet outil n’est plus en stock auprès de nos politiques …

      Il vous faudra leur tordre le bras, leur imposer un rapport de force. Le moment y est propice.
      Ils auront besoin de vous écouter.
      Si demain vous leur dites : arrachez les racines de nos maux ou récoltez ce que vous sèmerez.
      « C’est ça ou l’abstention ». Ce qui pourrait fort bien être le FN, in fine. Mais vous n’auriez pas au moins les mains sales, et la nausée, d’avoir utilisé un tel outil pour se faire.
      Les racines, toujours les racines : qui a eu besoin de faire venir les immigrés en France ?
      Le patronat, pour peser sur les salariés français, notamment, dans le rapport de force social qu’ils entretenaient avec ceux-ci (qui était en leur défaveur fin des années 60).
      Qui a permis le regroupement familial sans en tirer immédiatement les conséquences ?
      La droite.

      Que le PS se donne comme ‘sauveur’ celui de la Grèce et de l’Irlande (et bientôt du Portugal et sans doute de l’Espagne) et que le ‘Think Tank’ Terra Nova se jette dans les eaux troubles de l’endogamie sociologique dans l’espoir vain d’y repêcher son propre reflet soit pathétique, c’est un fait.
      Mais cela ne doit pas vous obliger, en lieu et place de leur placer un couteau sous la gorge, de vous la trancher, de gorge.

      1. « Travailler les coopérations avec les peuples et les pays, en refusant l’actuelle dictature internationale des marchés financiers qui menace la paix et la démocratie. »

    3. On confond trop facilement « immigré » et « lumpen prolétaire », comme Yves. Et donc le débat part en couille sur des questions culturelles, raciales, etc.
      Ce qui fait le terreau du FN, c’est le combat entre prolétaires:
      -entre prolétaires et lumpen prolétaires. (les premiers quittent la Cité pour ne plus fréquenter les seconds, qui sont certes malpolis)
      -entre lumpen prolétaires (les uns gaulois, les autres d’ailleurs mais de toutes façons il n’y aurait que des lumpen prolétaires gaulois qu’ils se castagneraient quand même entre eux).

      C’est juste le signe que le gâteau à se partager pour les gens d’en bas devient très mince. En période d’abondance, l’immigration ne fait pas problème. Dans les beaux quartiers non plus, l’immigration aisée ne fait pas problème.

      Signé: un ex-lumpen prolétaire immigré.

  23. bonjour
    Bref, tous les « mots » qui sortent du chapeau des illusionnistes qui sont aux manettes, sont l’oeuvre de spécialistes es communication, compétents et payés pour la plus grande gloire de la ploutocratie qui nous dirige vers l’abattoir!!!
    Et votre dernière phrase est plus que pleine de réalisme….. » Cette pensée unique, savamment entretenue par ses thuriféraires, par ses grands prêtres est absolument terrible pour la créativité politique. Dans un monde en mouvement, elle est le plus sur moyen de faire du sur-place. Et donc, relativement, de régresser… »
    Moi j’avais envoyé ce qui suit…
    « ….les membres de la société sont unis par un commun accord sur l’organisation et les buts sociaux ; les relations individuelles et  politiques sont stables et acceptées, la  disposition du pouvoir révèle diverses possibilités de contribuer au bien-être de la société. Par opposition les périodes « critiques » sont marquées par l’écroulement du consensus et par la désintégration de la société en fragments dissidents et hostiles les uns vis à vis des autres. Le statut est remis en question, les relations s’enveniment et, dans la lutte qui s’ensuit pour le pouvoir, les qualités respectives des classes en conflit et des individus sont oubliés…….une civilisation qui se désintègre est le théâtre de deux intrigues différentes qui se jouent côte à côte.  Tandis que la minorité dominante répète sans changement et inlassablement sa propre défaite, de nouveaux défis appellent inlassablement de nouvelles réponses créatrices de la part des minorités …. » A. TOYNBEE « a study of History »
    La méthode a changé mais le comportement fondamental de base reste le même!!!
    Chris

    1. @Francisco,,
      En parlant de civilisation qui se désintègre, voici ce que Bernanos disait : »Les civilisations sont mortelles, les civilisations meurent comme les hommes, et cependant elles ne meurent pas à la manière des hommes. La décomposition, chez elles, précède leur mort, au lieu qu?elle suit la nôtre ».

      Parlant de là, il y a deux solutions: soit se résigner, soit participer à cette décomposition en travaillant d’arrache-pied à composer la civilisation suivante. Le besoin de changement de paradigme s’exprime en effet dans tous les compartiments du (si tant est qu’il s’agisse d’un jeu) Dans les glauques dérives de notre vie politique (de moins en moins légitime au vu des taux d’abstention); dans les fumées occultantes de Fukushima-daichi, dans les « dark-pools » de la haute finance, dans l’abrutissement généralisé de certains médias, dans la bouffe, dans l’agriculture etc.

      Mais parallèlement à cette situation qu’on pourrait se laisser aller à qualifier de critique, quantités d’énergies et d’initiatives, certes encore titmides, s’élèvent dans la société civile. Ce blog le démontre tous les jours. Il faut s’accrocher à l’espoir et retrouver le chemin de l’espérance.

  24. @lisztfr dans commentaire 1
    le Parti de Gauche, et partant le front de gauche, propose une demondialisation avec une base théorique autrement plus développée que le FN. informez-vous avant d’assener de telles contre- vérités décourageantes
    concernant le « gène egoïste », il existe une grande différence entre le stimuler et définir des stratégies coopératives qui le rendent inutile. sur ces deux sujets vous véhiculez le principe régressif du « on y peut rien ».

    1. @avionnette :

      J’avoue que je ne me suis pas renseigné, donc je prends acte de vos critiques 🙂

    1. Merci Piotr, magnifique ce film…Plein bons sens et surtout non violent…Une mort douce finalement.

  25. Le tabou majeur c’est la production ,l’abbattoir,l’usune,la centrale nucleaire,le chantier de construction.L’accident nucleaire ou sanitaire ou de travail sont les lapsus de la production
    Alienee.

    1. Je n’arrive pas à être d’accord avec ce que vous dites …. « Le tabou majeur c’est la production ,l’abattoir… ».

      Pourtant, « c’est vrai », comme rappelé dans un fort passage de Michel Onfray décrivant la peau de ses mains, décollée par lambeaux, sous l’effet de la présure et de l’humidité ambiante d’une fromagerie dans laquelle il fut contraint de travailler. L’atrocité des situations dans lesquelles le capitalisme place les corps est plutôt entretenue pour dériver l’attention ( je parle pour l’usine occidentale) d’un tabou bien plus grand : le vide de nos vies quotidiennes -absence – dont la pérennité, lui est plus essentielle, puisqu’il s’agit toujours de nous définir dans notre être par les choses que nous achetons ( Jorion, le pouvoir des choses sur les hommes, le Capitalisme à l’Agonie , p. 283-299 ). En écrivant , «

      Nous enfermons nos finalités sans limite dans la matérialité monétaire qui peut tout recouvrir. Comme l’argent ne fait pas le bonheur, il est tout simplement devenu le bonheur. »

      Pierre Sarton du Jonchay retrouvait, ici même, le style des Debord et des Vaneigem.

      Lorsque la classe moyenne – elle, qui n’est absolument rien d’autre que son adhésion au rêve consumériste- imagine de renverser l’ordre des choses démesurées, en rêvant d’un kit de survie nécessaire à la production mesurée des choses, elle renonce de fait, et pour tous, aux finalités de jouissance qu’elle se sait, à jamais, incapable d’atteindre.

  26. Je suis interloqué par des remarques lues à propos du Front National, qui confondent un virulent discours contre les banques assorti d’un repli xénophobe sur les frontières (avec ce qui l’accompagne) avec une réelle mise en cause du système financier, c’est à dire recherchant une alternative sociale.

    Le Tea Party aux Etats-Unis ne procède pas autrement, pour ne pas remonter plus avant dans l’histoire.

    Je ne vois pas, la vitupération mise à part, en quoi ce programme est intéressant et porteur de quoi que ce soit. Même si je comprends qu’il puisse constituer un point de ralliement pour ceux qui n’ont pas d’autre repères. Faut-il par exemple rappeler l’audience de l’OAS parmi les anciens électeurs communistes de Bab-El-Oued ?

    La responsabilité de ceux qui laissent le champ en friche est immense, en raison de leur conformisme et de leur pusillanimité intellectuelle.

    1. @François

      Moi je suis pas interloqué. Je suis écœuré. La droitisation décomplexée touche sacrément les commentaires du blog Jorion et ça s’aggrave chaque jour. Je dépose les armes. Mes pieds de vigne sont peut-être à droite, mais, au moins, ils ferment leur gueule. M’en vais donc les maltraiter un peu et laisse les bonnes volontés pisser dans les girafes et peigner les violons. Suis fatigué de cette merde. Je me sens sali par « certains », par trop de « certains », par une majorité de « certans », ici comme ailleurs, quelquefois plus qu’ailleurs.Désolé, mais il est trop tard, François, Paul, Julien ou Vincent, il est trop tard. Moi je démissionne. La partie est perdue. Les tabous comme les chiens sont lachés. Ils deviendront loups comme les tabous deviendront idoles. Plus la peine de parler avec les chiens fous, inutile. Payer l’addition… Il faut et il faudra agir et penser à l’après. C’est fini pour le présent. La guerre a commencé. C’est plus l’heure des « no pasaran ! », ils sont passés, en nombre depuis 10 ans, en foule aujourd’hui. C’est « viva la muerte ! » dorénavant.
      (Premier jet, non relu, dernière contribution, bon courage, merci quand même, mais ce lieu est mort.)

      1. Vigneron ,cette fois ci, je n’ai pas raté la cérémonie des adieux,et donc, je ne serai pas obligé de remonter le fil pour savoir ce qui nous vaut ta capitulation en rase campagne(un vigneron ça n’habite pas la ville).Le sujet était éminemment scabreux et certaines langues se délient pas forcément dans le sens espéré.Est ce une raison suffisante pour nous sevrer de ta prose décapante?Le ver est dans le fruit,ce n’est pas à un Vigneron que je vais apprendre qu’il faut traiter.
        Vive la bouillie bordelaise!

      2. Cher Vigneron,
        Si cela doit être « viva la muerte ! », vous ne serez pas seul au combat alors ne renoncez pas! Personnellement ma peau sera très cher vendue, j’espère qu’il en sera de même pour vous. 😉

      3. « Celui qui boit du mauvais vin finit par perdre les pédales »

        Vieux proverbe aquitain.

      4. Vigneron je vous l’ai déjà dis j’aime bien vous lire, l’éthique y prend du corps, des attributs, des coups parfois, et l’énergie au blog que vous donnez vous épuise j’imagine… un blog on peut se demander ce que c’est, communauté aux contours imprécis d’autant qu’elle est virtuelle, évanescente, improbable, laboratoire dit-on (mais c’est quoi alors la gueule d’une communauté là-dedans?) fenêtres et portes aux vents où se mêlent des plages de temps différents, des espaces morts, exutoire et surface d’inscription, on en oublierait de lire les œuvres, les fruits mûrs, et de se rappeler à la question « comment ça fonctionne un blog? »… Deleuze qque part, à propos du mouvement ;

        ruisseau sans début ni fin, qui ronge ses deux rives et prend de la vitesse au milieu.

        ….. et le temps d’une nuit se réveiller Hjaltalín; http://vimeo.com/13008486
        la vie est ailleurs… et j’attends de votre retour, votre rumination, votre billet invité, il est temps que vous preniez votre temps, à bientôt!

        Armand Robin lu par Jean-Luc Godard
        http://vimeo.com/17926590

        « On supprimera le foi
        au nom de la lumière
        puis on supprimera
        la lumière

        on supprimera l’âme
        au nom de la raison
        puis on supprimera
        la raison

        on supprimera le charité
        au nom de la justice
        puis on supprimera
        la justice

        on supprimera l’amour
        au nom de la fraternité
        puis on supprimera
        la fraternité

        on suprimera l’esprit de vérité
        au nom de l’esprit critique
        puis on supprimera
        l’esprit critique

        on supprimera le sens du Mot
        au nom du sens des mots
        puis on supprimera
        le sens des mots

        on supprimera le sublime
        au nom de l’art
        puis on supprimera l’art

        on supprimera les écrits
        au nom des commentaires
        puis on supprimera
        les commentaires

        on supprimera le saint
        au nom du génie
        puis on supprimera le génie

        on supprimera le prophète
        au nom du poète
        puis on supprimera
        le poète

        on supprimera l’esprit
        au nom de la matière
        puis on supprimera
        la matière

        au nom de rien
        on supprimera l’Homme
        on supprimera le Nom de l’Homme
        Il n’y aura plus de nom
        Nous y sommes »

      5. vigneron,

        Je n’ai pas fait attention aux commentaires qui marquent la « droitisation décomplexée ». Ce n’est pas le « lieu » qui est mort, bougre, mais ceux qui le visitent. C’est la France pantoufles, la France des rebelles en pantoufles, la France télécommande ne pantoufles, prête à changer le monde (sic) à condition de garder et la télécommande et les pantoufles.

        Exemples :

        Pas de réponse

        http://www.pauljorion.com/blog/?p=24286#comment-182875

        – La plupart des commentateurs ne proposent rien. Au mieux ils critiquent : « Vas-y Paul, fais leur mal à ces salauds de spéculateurs ! … Mais fais en sorte qu’on me laisse ma bagnole, ma télé et l’tiercé, mon salaire et consommer, sinon j’sais pas quoi faire, j’risque de m’emmerder, parce que tu sais, c’est les autres qui sont cons : moi ça me gênerait pas de sortir de la société de consommation, mais les autres, ces cons, oui ! Alors j’vais pas en baver (sic) pour le monde entier, je vais pas récupérer à moi tout seul toute la misère du monde ! »

        – Le commentateur n’est pas habitué à verbaliser sa vie, à cosmogoniser : c’est la société capitaliste historique qui s’est appliquée à le formater ainsi, par nécessité vitale pour elle : chacun à sa place, chacun suit le groupe bien gentiment : c’est de l’a-démocratie, la soumission a priori à une croyance. Il suffit juste de changer la croyance de temps à autre.

        Enfin, rien de bien neuf sous le soleil…

        PS : Allez une fois, ressaisissez-vous ! Il en reste quand même des vaillants (certes ils ne sont pas tous sur ce blog…) : http://www.dailymotion.com/video/x9opiu_no-pasaran-bandeannonce-vf_shortfilms

        PPS : j’fais (un peu) dans l’mouton. Et bien vous savez : il y a plus d’humanité retrouvée dans l’oeil du mouton qui voit le couteau et qui prend conscience de la légèreté (toujours rester poli) d’avoir cru ; la légèreté d’avoir cru que le groupe s’occupait de lui, le protégeait, au lieu que ce soit lui qui aurait pu (dû) (Q hiii bêêêê !) participer à sa construction (la ferme des animaux), à sa démocratisation, …, que dans la queue de *** qui fait de l’oeil.

        PPPS : ne pas confondre un pied de vigne et…

      1. A pouvoir choisir « librement » entre très mauvais, mauvais, moins mauvais.

        C’est l’empire du moindre mal (titre d’un livre très éclairant de J.C. Michéa)

    2. La responsabilité de ceux qui laissent le champ en friche est immense, en raison de leur conformisme et de leur pusillanimité intellectuelle.

      La responsabilité de la gauche caviar n’est pas mince non plus, avez-vous lu le rapport de terra nova
      http://www.tnova.fr/essai/gauche-quelle-majorit-lectorale-pour-2012
      La stratégie de ce Think Tank qui roule pour DSK est claire, en dehors du néo libéralisme c’est le TINA de Thatcher (There is no Alternative). Derrière la stratégie faisandée, où le concept de valeurs culturelles est étalé comme on étale de la confiture quand on n’en a pas beaucoup, on voit le projet de société.
      Et après on s’étonne que le FN ait le vent en poupe.

  27. @ Vincent :
    « Il ne serait ainsi pas surprenant que d’ici peu un certain nombre de ses idées s’enracinent dans l’opinion »
    Ouais, ben réveil quand même, parce que cela ne date pas d’hier en France.
    L’enracinement est plus qu’implanté au plus haut niveau du pouvoir depuis quelques années, avant même le président actuel.
    Disons, depuis, au moins, que celui-ci était sinistre de l’intérieur.
    Il est vrai qu’il n’a eu à suivre que le sillon tracé par Chevènement, l’homme qui confond ‘nation’ avec ‘nationalisme’ … et qui repart pour un tour en 2012.
    Avec des amis comme ça, la gôche n’a pas besoin d’ennemis.

    1. La ‘lepénisation des esprits’, ça fait quand même 25 ans qu’on la pratique, depuis que Mitterrand en avait perçu tout le ‘bénéfice’ politique que d’instrumentaliser ce phénomène pour mieux lutter contre la droite …
      D’ailleurs, son auteur, était un membre (illustre) de la grande tribu (qui continue de nous hanter : Aubry, DSK, Hollande, Royal, …) ce machiavel moderne :
      http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/politique/20110417.AFP9112/badinter-la-lepenisation-des-esprits-est-toujours-d-actualite.html
      Et n’en explique toujours pas les causes. Préférant parler de ‘populisme’.

      Cécité de la gôche …

      1. Le FN a fait allégeance aux financiers, c’est pour cela qu’ils ne remettent pas en cause le libéralisme, le reste du programme idéologique est conçu pour attirer les électeurs frustrés et ceux qui n’ont rien à perdre en orientant les griefs sur d’autres boucs émissaires (ils ne parlent plus du complot judéo-maçonnique, mais uniquement des immigrés), et représenter un réservoir de voix suffisant.
        Sa stratégie est de pouvoir un jour gouverner en alliance avec la droite traditionaliste et réactionnaire dont une partie se trouve à l’Ump qui est en pleine déliquescence. L’austérité risque de favoriser la propagation de ces idées malsaines avec encore moins de tabous, et de « normaliser » ce nationalisme comme politiquement correct. La poussée vers la sortie de Gollnish et la vieille garde de papa trop visibles, en est la traduction.

        Le devenir de cette stratégie dépend en grande partie des conséquences sociales directes que cette crise va occasionner aux populations. Autant dire qu’elle a des chances de prospérer avec
        l’ austérité promise!

  28. Parlant Tabou, il y en a un, toujours en vigueur au PS : la remise en cause des politiques libérales mises en oeuvre (notamment par l’Union européenne), depuis presque 30 ans.
    Tant il est vrai que le Traité de Maastricht fut défendu par Mitterrand (et le PS) en 1992 : bientôt 20 ans, dîtes donc …

    1. Oui entièrement d’accord! Il serait temps que le PS soit clair sur ce à quoi il s’engage, ce qu’il peut faire ou ne pas faire, les électeurs auront moins le sentiment d’être pris des c…!

      Jospin s’est fait sortir au 1er tour, en grande partie pour ces raisons, j’espère qu’ils s’en rappellent.

    2. Le Parti dit socialiste a vendu son âme au libéralisme.
      Quand on mange la soupe avec le diable, il n’existe pas de manche de cuillère assez long pour se protéger.
      C’est beaucoup trop tard.
      Jaurès est mort et ses idées oubliées.

  29. Il faut se demander si cette nouvelle phraséologie n’est pas le résultat d’une overdose en terme de politiquement correct. Il ne faut pas se leurrer: la France est, malgré l’existence d’un PS et d’une gauche dèsorganisée, un pays profondément conservateur et, par endroits, fascistoide; le succès du FN ne m’étonne pas du tout. De plus, il y a un fossé énorme entre le discours politique d’une part, et la réalité de la vie quotidienne d’autre part.

    L’autre aspect serait l’incapacité de l’ensemble de la classe politique de résoudre les problèmes de notre époque. Elle donne le spectacle d’une institution dèsorientée et dèsarmée. Par conséquent, les discours se radicalisent, deviennent tranchants. Ce phénomène se produit à chaque fois dans l’histoire quand la tension monte sans qu’il y ait des solutions en vue, sauf peut-être des « solutions » radicales, avec un homme (ou femme) fort(e) au sommet.

  30. Bonjour à tous

    Tabou renvoyant à des interdits dans des sociétés archaïques, parler de la modernité de l’expression en dit long sur notre évolution….
    Ceci dit les interdits de questionnements modernes résultent plutôt de pression de propagande assenée par les commissaires politiques en usage…

    A propos du FN, pourquoi serait il le seul parti a ne pas avoir le droit d’utiliser la tactique électorale habituelle (celle révélée par Georges Frêche) ?

    Qu’il y a t ‘il d’étonnant dans notre société marchande, à ce qu’un entrepreneur politique s’adapte à l’évolution du marché et ajuste son offre à l’évolution du cheptel des électeurs?
    Je sais cheptel est choquant dans ce contexte mais je l’ai trouvé dans les pages roses saumon du figaro il y a quelques années ( personne n’avait protesté!)

    Sur ce je vous quitte cet vais en face boire un café sans marcher sur les raies blanches du passage clouté et en contournant les réverbères par la gauche: autrement c’est tabou!

    Cordialement!

  31. Sur le site d’Alternatives Economiques, le blog de M. Chavagneux comporte un billet intéressant sur ce que j’appelle le national-populisme. Est-il un énième avatar du libéral-totalitarisme?
    L’art est de remplacer les vrais problèmes par des dérivatifs. Plutôt que de remettre en cause le consumérisme et ses conséquences… on réutilise des mots de manière orwellienne pour capter les voix d’électeurs zombifiés par …. certains médias …

  32. Bonjour,

    Le sujet du billet, c’est quoi?
    Cette expression passe partout, la main mise des médias sur les sujets à mettre en débat (et leur influence sur les politiques), ou l’instrumentalisation d’un parti extrême(que l’immense majorité rejette)?

    à faire l’historique des grands médias, on en revient à mitterrand pour la libéralisation, celui là même qui les a utilisé pour faire mousser le fn à l’époque (miraculeusement passé de 0.18% à 10.95% http://fr.wikipedia.org/wiki/Front_national_%28parti_fran%C3%A7ais%29#R.C3.A9sultats_.C3.A9lectoraux ).

    Pierre-Yves D. a raison de préférer pointer le terreau plutôt qu’une des plantes.

    bien à vous

  33. Bientôt il n’est plus tabou de dire et de penser que le FN est Vert et Altermondialiste à la mode hexagonale. Les chars à cons vont ouvrir la route.

  34. En effet, quand un économiste comme Jorion, disait que de toute façon la dette grecque serait restructurée, nos bons européistes déclaraient: « C’est impensable! ».
    J’ai entendu ce matin sur France Culture à propos de la sortie de l’euro de la Grece: »C’est impensable! Jamais! ».
    La suppression du « tabou » laisse penser qu’ils nous mentaient pour d’obscures raisons, et que désormais quand l’évidence n’est plus niable, soudain, « ils brisent un tabou »…
    Tiens donc? Excuse facile, surtout qu’ils nous avouent ainsi la faiblesse de leur pensée bornée ou qu’ils sont simplement des incompetents ou des menteurs.
    « Le sujet n’est plus tabou »= »On s’est completement gourré »= »On vous a eu, et vous l’aviez cru? »
    S’allier au FN serait plus tabou= Aprés s’etre planté on persiste dans le délire, puisque celui-ci n’est plus tabou!
    Je remarque surtout un corps politique à coté de la plaque et dépassé par les événements…
    « Le sujet n’est plus tabou »= »Nous sommes toujours en retard d’un train. »
    En effet, c’est très actuel et très moderne!

  35. Tabou! tabou toi même
    tabou, vous avez dit tabou , comme c’est tabou
    tabou, vous en êtes un autre
    tabou or not tabou
    tabou de père en fils
    de boutabou
    tabou , c’est huit points , c’est pas permis
    Je vous laisse la suite
    bien cordialement

  36. Bonsoir,

    lorsque le sujet « n’est plus tabou » la premiere question à se poser sur le sujet c’est pourquoi il l’a été et aussi pourquoi il ne l’est plus, comme bien souvent le « sujet » est une forme de problématique auquel il faudrait donner une solution plus tabou du tout elle aussi donc … mais sera-ce la bonne réponse ou bien déjà la vraie réponse est « tabou » et le débat biaisé par trop de non-dit, le débat sera alors « tabouté ».
    cordilement

  37. « Il y a un problème avec l’Islam en france »… Si c’était vrai, on s’en rendrait compte, le pays comptant quelques millions de Musulmans. C’est la bonne vieille réthorique de la peur, toujours aussi nauséabonde, toujours aussi dangereuse…

    1. Pas « quelques », tout juste 2 millions selon la seule statistique officielle. Ce qui est loin des 6 à 10 millions, chiffre fantaisiste brandi par Madame Le Pen et… l’actuel ministre de l’intérieur.

      1. Quand bien même il y aurait 6 à 10 millions de Musulmans…. Ce territoire qu’on appel « La France » n’a pas toujours été Chrétien, le temps passe, les choses changent.

      2. Encore faut t’il faire la différence entre les musulmans pratiquants et les autres, comme c’est le cas pour les chrétiens et les juifs.

        Bien des Français font un amalgame grossier entre Arabes, musulmans, islamistes, maghrébins ou d’origine maghrébine qui profite à l’extreme droite.

        J’ai pu constater chez nos jeunes  » Beurs » une ignorance étonnante du Coran.

        Les généralisations sont toujours aveugles.

      3. ils ne sont pas tous pratiquants certes et l’algérie non plus n’a pas toujours été musulmane.

        bien des gens ont oublié qu’avant la colonisation française, les turcs ottomans, peuple métissé s’il en est, la dominaient. et avant eux les arabes dominaient berbères et anciens romains.

        ces lignes de fractures se retrouvent jusque dans nos banlieues aujourd’hui encore, la france en débarquant là-bas a évidemment défait un ordre… qui ne devaient sûrement pas contenter tous le monde si l’on en juge par ce qu’il se passe actuellement au moyen-orient.

        que penser des politiques d’arabisation menées en algérie dans ce cas?

    2. À ce compte-là on peut aussi dire qu’il y a un problème avec le christianisme en France : http://www.youtube.com/watch?v=fq8t9ab6cvQ

      Les types, si tu réussis à leur faire comprendre (houla !) que leur histoire c’est un peu comme le père Noël ou la poupée qui tousse, ils se transforment en parfaits salariés, et tu risques de les retrouver dans les manifs à défendre le(ur) pouvoir d’achat ! Ô grand danger alors : il n’y a qu’à voir ce que sont devenus les moins fous de Dieu qui ont changé plus tôt de croyance pour passer à l’Échange Monétisé, et la manière dont ils le défendent en refusant – comme l’ont fait et le font encore les intégristes religieux « classiques » – de remettre en cause leur croyance…et d’en parler !

      Amen. Ou plutôt économie.

      Bonne journée (j’ai longtemps cru (qu’y faire ?) que c’était une chanson paillarde ou de katmandouistes sur le départ !)

    3. L’Islam a, fort logiquement, des règles de vie et de comportement social.
      Ne pensez vous pas que certaines de ses règles sont contradictoires avec les nouvelles règles du capitalisme avancé ?

      1. à Marlowe : toutes les grandes religions (nbre de croyants) vitupèrent l’accumulation matérielle (sauf pour assurer leur pouvoir : la tentation finit par l’emporter) ; l’islam comme le christianisme ou le judaïsme condamne l’intérêt (le taux) et la monopolisation de biens qd ils sont inutiles au propriétaire et utiles (pas seulement nécessaires) à d’autres (en d’autres termes, le droit de propriété (ou son usage suivant le type de bien) est subordonné à un autre droit (celui d’exister), tous deux soumis au devoir de servir la communauté (ces règles sont là pour son bon fonctionnement)).
        Bon…çà c’est la théorie, la « bonne parole »…parce que la tentation du pouvoir est très grande.
        De toute façon, tout corpus moral est intrinsèquement en contradiction « avec les nouvelles règles du capitalisme avancé », puisque celui ci se veut amoral (« scientifique! »).

        à fab

        un groupe de hard rock ET traditionaliste, nationaliste ET européiste (« de l’atlantique à l’oural »)! belle trouvaille!
        et sacré fourre tout.
        ah bah oui, ils sont chrétiens, sans distinction qui plus est, ET va t en guerre : ils ne sont plus à un paradoxe près.

        cdt

      2. fab :
        l’accumulation matérielle fait partie des signes de l’élection divine chez les protestants, l’avantage de la réforme protestante est de court circuiter les pouvoirs (l’un basé sur l’unicité de l’église, faisait du pape (médicis…) le chef spirituel, l’autre sur la loi salique (hérédité des biens et des fonctions à l’ainé : visés : les nobles)) de l’époque.
        La question n’était pas individus contre société, mais individus (protestants) contre absolutisme (catholiques, depuis. en même temps, nbre de seigneurs adoptèrent la mode protestante, pour conserver ou accroître leur pouvoir).

        Cette « tendance » peut se trouver dévoyée, notamment lorsque cette accumulation prive d’autres personnes de moyens d’existence, ce qui est surtout possible lorsqu’un protestant ne l’est qu’à moitié (par exemple, en ne travaillant pas la terre, ou plus généralement en se transformant en rentier). C’est aussi fortement aggravé par la transmission de patrimoine à travers l’héritage.*

        Comme vous le rappelez, bcp prennent dans la religion ce qui les intéressent et laissent le reste…un peu comme le libéralisme lu par les libéraux modernes.

        d’ailleurs, un des liens entre la réforme et le libéralisme (l’un est né de l’autre), c’est, comme le développe Locke, qu’ un capital est intimement lié à l’exercice de l’autonomie (pour paraphraser du Jonchay, moi je dirais liberté réelle) : pas de sujet souverain sans une indépendance matérielle minimum. Politiquement ou économiquement, un sujet est autonome qd il peut accepter OU refuser (sans mettre son existence en danger, sinon c’est une liberté pour rire) ce qui lui est proposé, soit par l’état, soit par un autre individu.
        La négociation est de fait rééquilibrée, et l’échange nécessairement poli (pas de rapport de force, puisque celui ci n’a pas de prise : nul n’est obligé). Le contrat, accepté en conscience, est mieux respecté. etc…

        C’est aussi dans ce contexte d’autonomie que normalement doit se dérouler le libéralisme, ce qui rendrait le capitalisme parfaitement vivable.

        [* aux usa, la déclaration des droits de l’homme commence par « tous les hommes ont été créés libre et égaux », par chez nous, c’est « …naissent… ».
        Clairement :
        aux us, ce point est de religion, et fait référence à un acte passé unique, à une volonté manifeste ;
        « naissent » fait plutôt appel à un constat qui se veut objectif.
        Dans le « ont été créés », il n’est pas impossible de défendre l’idée que les inégalités d’aujourd’hui sont le résultat de l’Histoire, et donc de la fameuse élection : l’égalité est originelle, passée, non actuelle.
        Dans la perspective du « naissent », cette origine est proche, et donc il y est moins aisé de défendre la croissance des inégalités.]

        Sinon, votre question « qui peut m’aider? »…
        l’humain est d’emblée culture : son monde est d’emblée tissé de croyances. Leur première efficience est de permettre une société là où il ne devrait y avoir qu’une collection d’individus, c’est à dire du droit là où régnait la force.
        Même les sciences dures, surtout lorsqu’elles sortent de la pratique, reconstruisent la réalité.
        En fait, à notre époque, les discours auto-estampillés « science » sont légions. Dont certains sont issus de travers religieux : contrairement à vous, je ne pense pas que la religion soit en cause, mais plutôt les amalgames faits entre les règles de société(et leurs principes, dt la religion parle) et les lois de la nature, amalgame pratiqué par la religion quand elle prend le pouvoir (la nature est interprétée à travers la loi morale), ou de nos jours,par la science subventionnée (public ou privé (parfois, la distinction est floue)). Dans les deux cas, le tyran mélange les cartes pour asseoir sa position, car lorsque son droit a en apparence la force de la nécessité, il ne craint nul révolte spontanée.
        Donc pour reprendre votre mise en scène : « l’échange monétisé est ce qui motive ma vie, c’est à lui que je dois la consacrer, je dois le vénérer en acceptant sans question (dégâts humains et (environne)mentaux) le salariat, et je dois aider les pauvres infidèles à se convertir, par la misère et la force s’il le faut ? »
        N.B. : Il est aussi très intéressant de noter que ceci, à l’échelle d’une société a en plus qq propriétés auto réalisateur : une fois le flou intégré à la culture, voire continuellement propagé, comme disait Rousseau, l’esclave perd tout avec ses chaînes, y compris le souvenir de celles ci.

      3. sylla,

        « … contrairement à vous, je ne pense pas que la religion soit en cause … » : non, pas contrairement à moi : la religion est là, à disposition. Ce sont les églises, ces écoles de lecture de la religion, qui sont en cause.

        Sources :

        http://www.pauljorion.com/blog/?p=21729#comment-155090
        http://www.pauljorion.com/blog/?p=21729#comment-155494
        http://www.pauljorion.com/blog/?p=21729#comment-155322
        http://www.pauljorion.com/blog/?p=21973#comment-158317
        http://www.pauljorion.com/blog/?p=22353#comment-161161
        http://www.pauljorion.com/blog/?p=22665#comment-164026
        http://www.pauljorion.com/blog/?p=23012#comment-167659
        http://www.pauljorion.com/blog/?p=23721#comment-176995
        http://www.pauljorion.com/blog/?p=23766#comment-178037
        http://www.pauljorion.com/blog/?p=23822#comment-179075
        http://www.pauljorion.com/blog/?p=23815#comment-179250
        http://www.pauljorion.com/blog/?p=22415#comment-179939
        http://www.pauljorion.com/blog/?p=23815#comment-180281

        Bonne lecture ! Ca vous a plu ? Vous en voulez encore ? Alors écoutez l’histoire selon Bob Marley :

        Emancipate yourself from mental slavery, none but ourselves can free our mind…
        La politique et l’église, c’est la même chose. Elles maintiennent les gens dans l’ignorance. Ces prêtres sont des imposteurs. La seule bonne chose qu’ils vous annoncent, c’est la mort. Parce que, après tant de souffrances, tout ce qu’ils ont à proposer, c’est de mourir et d’aller au paradis.

        A+

  38. Bonjour à tous

    Traiter d’un sujet en extirpant de la masse, non structurée , de données déversées en continu par les media un élément de statistique, un chiffre ou un mot orphelin de son contexte pour manipuler les esprits est devenu une tactique ordinaire.
    Nous n’avons pas toujours conscience que cette forme d’escroquerie morale et intellectuelle est pensée et fabriquée par des professionnels disposant de moyens considérables.

    On relira donc avec profit: le « Petit cours d’autodéfense intellectuelle » de Normand Baillargeon
    A l’approche de 2012 cela va devenir de plus en plus nécessaire!

    Cordialement!

  39. Il n’y a pas que les sujets qui puissent être « tabou »; les objets aussi… en tant que représentations symboliques du non dit et même les gestes en tant que signifiants de ce non dit.
    Esprit, es-tu là?
    Pas toujours…

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