PRÉVOIR JUSTE, JUSQU’À L’ÉCOEUREMENT

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

Si vous en avez la curiosité, remontez aux premiers billets du blog en février et mars 2007, vous verrez que le ton de ces billets est souvent celui-ci : renvoyant à mon livre La crise du capitalisme américain qui venait alors de paraître, je dis : « Regardez ! Vous voyez que j’avais raison de prévoir une crise d’une ampleur inouïe ! ». Mon premier billet s’appelle d’ailleurs de manière un peu triomphaliste : « Le déclenchement de la crise du capitalisme américain ».

Mon ton était sans doute excusable : mon manuscrit achevé au printemps 2005 avait dû attendre près de deux ans avant d’être publié, et durant cette période, j’ai souvent désespéré qu’il le soit jamais.

Le petit jeu de la prévision juste qui débouche sur la reconnaissance d’avoir eu raison m’a rapidement lassé et il débouche aujourd’hui sur l’écœurement pur et simple. La raison n’en est pas très compliquée : si j’annonçais les catastrophes à venir, ce n’était pas pour devenir le Nostradamus des temps modernes : c’était pour lancer des cris d’alarme dont j’espérais qu’on tiendrait compte. Ma satisfaction aurait été dans le fait que mes prévisions ne se réalisent pas, parce que mes avertissements auraient été non seulement pris au sérieux (ils l’ont souvent été), mais auraient conduit à ce que des mesures soient prises qui en empêchent la réalisation (ce qui ne fut pas le cas) : les politiques suivies ont été celles d’une tentative pathétique de reconstruire à l’identique un système bon en réalité pour la casse, complétées d’atermoiements indéfiniment renouvelés.

Remontez cette fois au mois de février de l’année dernière. Le 3, sur France 24 : « Je dis qu’il y a à nouveau un petit jeu sur les Credit-default swaps (CDS). Cette fois, ce n’est plus 1) Bear Stearns, 2) Lehman Brothers, 3) Merrill Lynch, c’est 1) Grèce, 2) Portugal, 3) Espagne ». Le 4, à Ce soir ou jamais, mon engueulade avec Éric Woerth, où je lui dis que tout cela servira de prétexte pour la suppression du bouclier social. Le 8 février, dans mon billet sur BFM, intitulé « Cronos dévorant l’un de ses enfants » : « Certaines de ces firmes s’assurent contre un risque qu’elles courent réellement si elles possèdent de la dette souveraine de la Grèce, du Portugal ou de l’Espagne. Mais d’autres ont une position « nue » sur des CDS et parient cyniquement sur leur perte ». Toujours le 8, dans ma chronique du Monde–Économie, intitulée « La dette est-elle un boulet ou un prétexte ? » : « La crise a produit une pléthore de faits invalidant le bien-fondé de la déréglementation et de la privatisation prônées par le libéralisme radical qui prit son essor initial dans l’Allemagne d’après-guerre pour s’épanouir ensuite en Grande-Bretagne, puis aux États-Unis, avant de trouver son expression consommée dans le traité de Lisbonne… Mais qu’importe : les faits pèsent pour si peu ! » Etc., etc., comme je l’ai dit : « jusqu’à l’écœurement ».

Je n’aurai pas eu le plaisir d’influer sur le cours des événements, juste celui d’avoir prédit correctement les catastrophes à venir. Il faut se contenter des satisfactions qu’on peut.

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction numérique en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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169 réflexions sur « PRÉVOIR JUSTE, JUSQU’À L’ÉCOEUREMENT »

  1. Tout cela est une tragédie antique. On dit souvent qu’au royaume des aveugles, les borgnes sont les rois. Et pourtant, je doute que le personnage de Cassandre ne soit véritablement un personnage enviable. On préférerait être aveugle et réussir, plutôt que borgne et impuissant.

    1. désolé, « Bienheureux les simples d´esprit », c´est pas mon truc… J´arrive pas à m´y résoudre, je veux que nous comprenions mieux nos rapports humains et la façon de fonctionner ensemble. Pour cela il nous faut bien affronter nos contradictions et nos faiblesses personnelles et collectives.

      1. @ Vicent Wallon,

        Bonjour,

        Complexité n’est pas mot vain
        Simple résonnateur
        Il agit en êtres comme en échelle
        Il n’est de complexe que volonté en impressions
        Spécialité, individu, mode d’expression,

        Comprendre, sans être surpris,
        N’est qu’épousaille égoïste
        Dictature de l’esprit

        Vouloir jouir en soi par l’autre
        Chacun tenté, pratique des échanges,
        A vouloir trop nommer les gens,
        On les indispose

        Voilà aux élégants,
        la prose ne vous impose,
        Ni devenir méchant
        Pas moins de pot-aux-roses

        Pour certains c’est la physique
        Le mieux à réverer
        Pour d’autre gymnastique
        Lequel est plus taré
        Qui sait l’un pertinence
        Alors si ta balance
        Ne te fais que souffrir
        Tu saura une danse
        oubli ,/ devenir

        Belle journée Vincent, et même si malice te prend, je pisse…en riant des mois

    2. Vous ne pouvez pas combattre l’homme soit vous l’exploitez comme les autres profitant de son ignorance soit vous passez votre chemin et vous allez relire l’Eloge de la fuite pour vous consoler.
      Comment voulez vous changer une espèce qu’il est plus facile de désunir que d’unir, une espèce à laquelle il ne suffit pas d’être heureuse, il faut encore que les autres ne le soient pas.

  2. C’est bien là toute l’ambigüité de faire des prévisions de catastrophes à venir. Vous ne pouvez qu’échouer.

    – Si on vous écoute et vous croie, les solutions apportées feraient que ces prévisions ne se réaliseraient pas… Il serait ensuite difficile, vue la complexité du problème, de démontrer que ce sont bien vos avertissements qui ont permis d’éviter une catastrophe qui ne s’est pas réalisée.

    – A l’inverse, si on ne vous croit pas, ou si vos solutions ne sont pas appliquées, c’est la catastrophe et donc le constat d’une sorte d’échec de ce à quoi visait l’avertissement, l’évitement de la catastrophe…

    Sans doute pas facile d’être à votre place. En tout cas merci pour votre travail, et même si catastrophe il doit y avoir, votre travail servira sans doute à la reconstruction.

    1. guy Béart :

      Le premier qui dit se trouve toujours sacrifié
      D’abord on le tue
      Puis on s’habitue
      On lui coupe la langue on le dit fou à lier
      Après sans problèmes
      Parle le deuxième
      Le premier qui dit la vérité
      Il doit être exécuté….

      etc etc…

    2. Celui qui se bat pour que la catastrophe n’ait pas lieu n’est pas automatiquement dans l’échec. S’il est écouté et que la catastrophe n’a pas lieu il devient un héros inconnu (cfr. Le signe noir), et quelque part il a gagné même s’il est impossible de le prouver. S’il est méprisé et que la catastrophe a lieu il devient un cassandre en puissance, et quelque part il perd même si il a vu juste.

      Après coup le « catastrophiste » peut même être accusé d’avoir été un collabo de la catastrophe pour ne pas avoir su communiquer sur la catastrophe. C’est alors pour l’anti-catastrophiste primaire ou l’optimiste béat une manière de retourner sa veste quand il devient impossible de nier le mur.

      Tout cela pose le problème de la prévision et de la communication sur la prévision. C’est très facile de critiquer tout qui prétend prévoir quoique ce soit car les évènements ne se déroulent jamais à 100% comme prévus même si un profil général puisse être prévu. Bien que nous savons avec certitude que nous allons grandir mûrir vieillir mourir, on ne peut pas dire exactement comment tout cela va se dérouler dans le détail et en plus il se peut qu’il ait des raccourcis. Il en va de même pour toute autre prévision, faisons donc bien la différence dans notre analyse et notre communication entre tendance de fond et manifestation superficielle.

  3. Vous n’avez pas le pouvoir ….
    On a beau critiqué Hulot mais il a enfin eu l’idée (l’ambition ?) de passer dans la sphère politique !

    Ou sinon vous ne faites pas parti des conseillers proches d’un président ou tout autre personne détenant un réel pouvoir pouvant faire changer les événements.

    Mais pas de pessimisme, le peuple à travers Internet montre que l’on peut s’y prendre autrement pour influencer les corps politiques et L’Italie vient de nous démontrer qu’avec le temps, un peuple n’est pas si lobotomisé que cela …

    1. Hulot est surtout passé par la compromission avec de grandes multinationales qui l’ont utilisé pour leur image…

  4. Je lis votre blog et je pense que vous avez raison sur toute la ligne. Et comme vous le soulignez, vous avez su voir venir les choses avant beaucoup de monde, pour ne pas dire avant quasiment tout le monde.

    Merci aussi pour votre excellent opuscule sur « La guerre civile numérique » que j’ai lu hier et que je recommande à tout mon entourage.

  5. Bonjour Mr Jorion,

    On détecte effectivement, à travers les propos de Mrs Trichet et Noyer par exemple, la volonté qu’il n’y ait pas « évènement de crédit ».

    Pourquoi cette peur panique ? La question que je ne cesse de me poser est qui sont les « assureurs » ? Des institutions européenne ou l’éternel Oncle Sam à travers AIG ?

    Je sais que si l’une de ces institutions venait à faire défaut sur sa capacité à « assurer », alors tout l’édifice se remet à trembler voir s’effondrer.
    Toutes les grandes banques ayant une partie de leur actif « assuré » par le biais des CDS, la fin de la garantie tacite qu’ils seront systématiquement honorés et c’est à nouveaux l’insolvabilité générale et immédiate; comme en 2007 puis 2008 mais en pire: ce n’est pas la chute de Lehman qui a terrorisé le plus les marchés, c’est la perspective que les CDS estampillés AIG ne soient pas honorés.

    Sinon plus généralement, les Cassandre se font Légions vous n’êtes pas (plus) seul, peut-on encore parler de Cassandre ?

    Quand aux applications du « néolibéralisme », « Il » a toujours procédé ainsi, profiter de la méconnaissance et la peur des masses pour s’imposer un peu plus comme la solution des problèmes dont il est la cause, à commencer par l’éternel mais de plus en plus mauvaise répartition des richesses.

    Voilà bien cordialement.

    1. qui sont les « assureurs » ? Des institutions européenne ou l’éternel Oncle Sam à travers AIG ?

      principalement oncle sam. Les chiffres exacts furent publiés par la BRI et cavalier ponzi a publié les liens l’autre jour:
      http://www.pauljorion.com/blog/?p=25183#comment-192470

      L’exposition totale des banques et assureurs américains sur les CDS Grecs, Irelandais et Portugais est tout de même de $129 milliard.

      Vu que toutes ces sociétés vivent sous transfusion du trésor Américain, je vous raconte pas le scandale que ça va faire quand les amérloques vont découvrir le pot aux roses, ie que 129 milliards de fonds publics ont été mis en péril par ces sociétés pour aller faire des paris sur les PIGS!

    2. @ Otto Di Dacte,

      Bonjour,

      Ca sent la liquidation totale

      De la pauvreté, en chair et en os

      Pour des billets plus doux

      Resteront les fous criminels?

      Qui veut jouer, qui pense avoir le choix?

  6. @ Paul

    Bonjour,

    Parfois on offre plus qu’on ne sait vouloir.

    Puisse théodore, avoir ce recevoir, être petit,

    Chargé d’amoureuses externalités bienveillantes,

    Faire couler les fatigues et vous entendre sa note vibrante,

    D’essence si différents, programmés à la haine,

    Parfois cependant, l’enfant joyeux traîne

    Comme l’oubli de vos châteaux, et leurs badaboums truc

    Il rit cependant et votre vie s’étend en flûte

    http://www.youtube.com/watch?v=cgSD1VzEgGI

    Avec les opérandes de la relation, on peut redéfinir le monde

    Je vis notre corps, séparer les temps, sans mouvement ni effets

    Alors mourir, vous rigolez?

    Je dois reconnaître, que je n’ai pas encore lu un de vos livres, mais comme ici,
    Il fait souvent bon vivre, j’ai décidé de participer un peu
    A vous porter une épaule, un hé Paul! d’amitié danse mots

    Et réhabiliter ma folie volontaire dans votre espace virtuels,
    Pour ceux qui l’habitent

    Les enfants, allez savoir pourquoi,
    Aiment toujours les éléphants,
    Alors voilà..

    Ganesh Mantra – Obstacle Breaker (STROBE)
    http://www.youtube.com/watch?v=_h2rFVPCSPE&feature=related

    Il en va ainsi du coeur sincère
    Renonçant au culte de la liberté d’exercer le mensonge
    En richesse, en vers ou en pause
    Tout s’étrille en beauté expansive
    Les mots sont fait d’amour
    Anella est la police virtuelle du petit
    En amour, des programmes

    Dans ma tête j’ai rêvé un poème
    Dans les entre sommeils
    Ou je remettais aux pirates
    La garde des lampions

    Vous comprendrez sans porte
    Qu’il n’y avait pas d’autre façon
    De ne pas désensibiliser
    La boucle humaine en création

    Entendons nous possible ment
    Alors impossible en temps
    Un oiseau

  7. Cher Paul,

    malgré la qualité de vos cris d’alerte et l’audience grandissante de vos propos (à titre collectif sur ce blog désormais), nous affrontons le social dans toute sa pesanteur doublée de la défense acharnée par les dominants de leurs privilèges (vue à court terme cela va sans dire). Je crois qu’obtenir plus en si peu de temps aurait été de l’ordre du miracle. Toutefois, votre travail participe à cette lutte sociale pour bifurquer du capitalisme et votre discours critique est essentiel à cet égard. Le chemin sera long indubitablement…

  8. Petit hors sujet sur la Grèce… On est rentré hier soir, en Belgique. Nul doute, les belges sont fous, comme tous les nordiques.

    Sérieusement, nous n’étions pas à la Place Syntagme mais tous nos amis y étaient, y compris certains de leurs parents. Ils disent qu’ils n’ont plus confiance dans le politique, que la corruption est partout, la classe politique méprisée. La jeune fille qui me décrivait ceci gagne 300 euros par mois, sans assurance maladie. Voilà quelle est la perspective de la jeunesse dans ces conditions ? Elle émigre.

    Par ailleurs, les iles sont un paradis touristique et on comprends mal qu’avec une telle rentrée d’argent la Grèce n’arrive à rien. Le patrimoine touristique, la beauté tout simplement de la Grèce, est énorme. Chaque ile est spécialisé en un certain type de clientèle… chaque ile est totalement différente des autres, l’atmosphère, les gens.

    Le matin, déjeuner sur une terrasse en profitant de la vue sur la Calera, à Santorin, rien de plus beau…. spectacle apaisant, l’eau finement ridée semble immobile, les mouettes en vol rectiligne la traversent sans effort, les bateaux avancent comme de minuscules insectes en bas, sans bruit….

    La plage rouge également est incroyable. D’immenses blocs de dizaines de tonnes marquent un éboulement d’un côté comme un agrandissement de ce qu’on a l’habitude de voir en miniature, ces blocs sont comme de gros cailloux ocres, de roche de lave, détachés de la paroi.

    Beaucoup de choses à dire…. Naxos est une île simple où il fait bon vivre, sans prétention, avec des gens extrêmement gentils, Mykonos est terriblement huppée, comme Santorin. La cuisine grecques est excellente….

    La frise du Parthenon est sans doute ce qui m’a le plus surpris… une telle variété, une telle énergie, dans ces formes équestres toutes plus ou moins visibles ou absorbées par la pierres, ces chevaux en mouvement qui s’élancent sur toute la longueur puis retour en sens inverse, magique; moderne, j’entends leur hennissement. Heureux qui comme Ulysse a fait un beau voyage.

    La Grèce est tout, toute la beauté du monde 🙂

    1. Par ailleurs, les iles sont un paradis touristique et on comprends mal qu’avec une telle rentrée d’argent la Grèce n’arrive à rien.

      Votre voyage d’étude au sein de la population subissant « de plein fouet », comme dit l’autre, la crise de la zone euro vous aura donc couté si cher pour en arriver à de telles vertgineuses conclusions ?
      Le tourisme est une économie de misère, de rente mortifère et de larbins, toujours et en tout lieu. Pauvre Grèce ! Avec ses deux piliers d’activité tertiaire, 75 % du PIB le tertiaire… transport maritime et transport de devises ou d’euros à grands coups de moussaka, de salade grecque, de nuitées et de café turc pour des touristes tels que vous, transportés par les frises du parthénon et les eaux scintillantes de la mare nostrum le soir dans une crique ilienne désertée . Et ça représente quoi votre tourisme à côté des 2% de pib alloués par l’Europe chaque année en fonds structurels depuis 1989, encore 75 milliards entre 2000 et 2010 ?
      Préfère pas en dire plus.
      Si. A pleurer votre reportage. Pleurer de honte, pour ce blog…

      1. Je pense que j’ai le droit de temps en temps d’oublier les problèmes économiques…. de toute façon je peux rien y faire.

        La honte c’est votre façon de me lire. Moi je ne suis pas parti en reportage, je n’étais pas seul et je n’ai pas fait ce que j’ai voulu. Si vous n ‘êtes pas content allez y en Grèce. Je ne pars pas en vacances tous les ans non plus !

      2. J’ai oublié de mentionner que Santorin est jonché de constructions à l’abandon, à moitié terminées, comme quoi l’allocation des ressources par le marché ! Et puis, Athènes tombe en ruines, et on a failli se faire agresser. Des types baraqués se promènent en groupes et volent les touristes. Voilà, Et puis il y a un tourisme de luxe incroyable à mykonos, ces gens là se foutent de la crise comme vous ne pouvez pas vous l’imaginez. Tous ceux d’ailleurs pour qui ça va, se foutent pas mal du reste. Mykonos est faite pour aller en boite et acheter des bijoux hyper chers… et voilà… C’est le tourisme de l’aristocratie mondiale. C’est pas une économie de misère, c’est une sorte de Monaco, c’est ça.

      3. vigneron,

        Votre façon de lire est parfois honteuse, et toujours en surface. Méfiez-vous du mal qui nous guette, vous et moi, selon vous…

        Vous avez peur du changement ? Vous n’envisagez pas de changer de grille de lecture, ou pour le moins d’imaginer que d’autres puissent avoir une grille de lecture radicalement différente de la vôtre ; et ce qui vous énerve, c’est de ne pas pouvoir prouver que la leur est fausse. Je comprends que ça vous mette en rage…et que « vous » préférez détourner le regard le plus souvent. Je vous le dis : votre grille de lecture n’est peut-être pas fausse mais elle est sacrément limitée.

      4. @Lisztrf
        Vous frappez pas, vous le connaissez ,quand même, le monde se doit d’être un monde de malheurs et d’horreurs, d’ailleurs vous voyez , votre 3° post sur le versant sombre de la Grèce semble avoir satisfait notre pourfendeur « hors classe » de toute banalité un tant soit peu heureuse.
        Quant à moi , j’ai compris , si je vais en Grèce en wacances, je vais chez les pouilleux de Naxos.
        Le reste, pas envie, pas les moyens.

    2. Liszt,

      Vous dites avoir été témoin sur place de la légitime révolte des Grecs contre la politique économique de leurs dirigeants, tout en vous étonnant par ailleurs de ce qu’un pays d’une telle beauté naturelle soit aujourd’hui au fond du trou.

      Vous allez sans doute m’en vouloir de ne pas accorder mon piano au vôtre, mais je suppose que vos clichés sur la Grèce touristique, vous les réservez également aux pays du Maghreb, qui sont eux aussi des mini-paradis pour retraités de Belgique et du Massif Central, des oasis de rêve pour rombières du Quartier Latin.

      A l’occasion de votre prochaine visite en Tunisie ou au Maroc, je vous invite donc à regarder un peu plus loin que la visière de votre casquette Ricard et à ôter ces vilaines Ray-Ban qui vous donnent un air sarkozien condescendant tout à fait hors de saison. Vous aurez peut-être alors une chance d’apercevoir quelques-uns des centaines de bidon-villes que masquent les décors disneyens de carton pâte qui vous charment tant.

  9. Mr Jorion, merci pour votre travail qui permet d’être vraiment au fait de la situation. Et même d’avoir un bon coup d’avance.
    Il est maintenant clair que les manœuvres que l’on ne parvient pas à empêcher sont motivées pas une volonté de puissance très déterminée.
    Je lisais un article intéressant à l’instant sur un flamant qui a créé le G1000.
    On voit également en Italie la victoire du référendum populaire.
    Je crois que ce sont des pistes pour nous inciter à nous représenter nous même, et nos propres opinions.
    J’ai eu une idée que m’a inspiré votre article LA DIFFICILE CRITIQUE D’UN RAPPORT CONFIDENTIEL INTÉRIMAIRE SUR LA SPÉCULATION
    Croyez vous qu’il soit envisageable de créer un post pour faire notre rapport concernant le rôle de la spéculation?
    « La spéculation tel que nous la voyons »
    Nous avec un petit petit « n » car nous sommes les humbles et non les assoiffés de pouvoir.
    Nous qui ne demandons juste que ce qui est à nous, notre vie, car ils cassent tout ce que l’on a battit depuis des années afin de tenter d’améliorer notre niveau de vie.
    Pour leur profit, leur pouvoir, leur fortune, leur puissance.
    C’est aberrant de continuer de laisser faire ça. Ils ne vont pas soudainement se mettre à prendre des décisions raisonnables et faire machine arrière.
    On voit clairement que certains ont tout fait pour en arriver là, imaginez ce qu’il va advenir si on continue à leur laisser le pouvoir.

    1. @B.S.

      Mr Jorion, merci pour votre travail qui permet d’être vraiment au fait de la situation. Et même d’avoir un bon coup d’avance.

      Un coup d’avance sur quoi, au juste?
      Un coup d’épée dans l’eau, peut-être?
      Nous n’avons plus prise sur rien, même pas nos dirigeants (encore moins eux, même…)

      1. @Pierrot
        Je comprend votre réaction, mais ce n’est pas en ce sens que je parlais mais en terme de connaissance des prospectives économiques, le post traite de l’anticipation théorique.
        J’estime avoir une vue des problèmes et de leurs solutions potentielles principalement grâce à ce blog.
        Par opposition au média classique qui arrive toujours quand la messe est dite.

        Mais effectivement cette connaissance n’a pas d’incidence, d’où l’intérêt présumé de mon commentaire.
        Mais bon merci pour votre attention à mon post qui hélas n’attire pas l’attention que j’espérais… (:p)
        Portez vous bien Pierrot.
        @+

  10. J’y vois là un parallèle à la réception ironique pour ne pas dire narquoise du livre « pour un catastrophisme éclairé » de JP DUPUY, de la part de tous ceux « QUI COMPTENT » : oui, oui, ily a peut être un peu de vrai là -dedans, mais nous les gens sérieux qui sommes en charge de la marche du monde avons d’autre chats à fouetter…De toutes façons, le prophète aura toujours tort; tort d’avoir tort ou tort d’avoir raison; ce n’est pas très réconfortant, mais c’est ainsi… Et pourtant, il faut continuer -7 fois 77 fois- à alerter…Il y va de la survie de l’espèce humaine.

    1. @ jacquesson 14 juin 2011 à 10:05

      Il y va de la survie de l’espèce humaine.

      L’espèce humaine, sauf catastrophe, survivra. Le problème est de savoir quelle sera ou quelles seront les lignées d’aujourd’hui qui seront représentées demain. Quelles seront, sur une planète surpeuplée, les êtres qui auront pu faire partie des « sélectionnés » pour faire se poursuivre l’aventure humaine.

      Seront-ils issus des pays développés, des pays en voie de développement, des pays sous développés ?

      Seront-ils issus de pays morcelés, divisés, héritiers d’une histoire de rivalités, d’oppositions et d’affrontements toujours renouvelés, malgré la volonté de les surmonter ?

      Seront-ils issus d’un grand peuple aux individus nombreux mais maintenus unis sous une même bannière malgré les disparités de situation matérielle ?

      En tous les cas, le monde de demain et d’après demain devra consommer nettement moins que ceux qui se sont habitués à consommer beaucoup trop et qui sont dans l’impossibilité de se restreindre au point d’implorer, toujours plus de croissance, plus de pouvoir d’achat, donc plus de pouvoir consommer,

      Ces derniers ont-ils une chance d’être dans la sélection finale quand d’autres, qui consomment moins et travaillent plus, ont lancé une bataille économique contre les peuples gloutons en les plaçant sous leur dépendance matérielle et finalement morale ? On peut en douter.

      1. Pas le goût d’analyser; trop long. Mais faut que quelqu’un s’y colle.

        Votre prose dégage comme un parfum de passéisme marqué par un
        certain bon sens…

        Y’a même du Darwin ( « lignée »… « sélection » et « sélectionnés »…),
        les races sont simplement remplacées par une discrimination
        sur le niveau de développement économique.
        Très originale.
        Evidemment, je suppose que c’est la main invisible du marché
        qui distinguera le bon grain de l’ivraie.

        Cette prose me rend malade.
        Non seulement Darwin était inutile en tant que théoricien
        d’une évolution non conteseée mais son héritage équivoque
        est empoisonné.

        Et je suis conscient de n’être pas à la hauteur.
        Vigneron, à l’aide.

      2. Laisse tomber Daniel, C’est le chant du cygne qui traine un peu en longueur, juste une sorte de long « couaaaac » de fond et de fin. On s’habitue, mais cela dit, on pourrait peut-être envisager une section EHPAD sur le blog Jorion…

  11. Visiblement, depuis Cassandre, personne ne veut croire les porteurs de mauvaises nouvelles ou plutôt personne ne veut accepter l’évidence qu’il faudra renoncer à des privilèges face à une catastrophe arrivant. On préfère, par orgueil, par aveuglement idéologique, par avidité facile, refuser la prédiction.
    Et plus le porteur de mauvaise nouvelle en apporte, moins on le croit et plu on s’irrite contre lui , l’accusant même de porter la guigne. Un comble.

    Pourtant, il y a des précédents légendaires où le porteurs de prédictions inquiétantes était honoré. Joseph en Égypte en est un exemple. Ses prévisions de disettes répété le font honorer par Pharaon, qui saura prendre les mesures de restriction et de stockage.
    Pas pour distribuer généreusement le grain lors des famines. Mais pour l’échanger contre tous les biens des particuliers, jusqu’à leurs maisons, leurs terres puis leur liberté échangée contre un servage pour un sac de grain.
    Et après, Joseph s’étonne qu’il soit si haï du peuple d’Egypte.

    1. Il y a aussi des exemples historiques grecs , où le porteur de mauvaise nouvelle avait la tête tranchée après son arrivée à destination et la délivrance de son message !

      Le message plus fort que le nécessaire et le contingent ? Je commence à le penser .

      En tous cas , il vaut mieux l’écoeurement que la décapitation .

  12. Personnellement, je pense que P. Jorion est cru et pris très au sérieux par les pharaons modernes.
    Je crois aussi que ceux-ci prennent toutes les mesures et conséquences idoines POUR LEURS INTÉRÊTS.
    Un peu comme ces patrons de banque qui l’employaient et qui, seuls à prendre ses travaux au sérieux, ont vidé la caisse avant de partir sous d’autres cieux.

    1. Exact Kerjean. Celui qui tient la caisse sait si elle est vide ou pas. Il n’a pas attendu Paul pour l’apprendre. Et ce qu’ils font depuis quelque temps, c’est juste prendre ce qu’il y a à prendre avant fermeture de la boutique. D’ailleurs, Paul a aussi prédit ça alors que la majorité ne l’apprendra, indignée, que dans quelques mois ou peut-être quelques années.
      Reste à prédire si les escrocs s’en sortiront haut la main ou s’ils se feront pincer. Amha, on pincera quelques lampistes, les gros s’en sortiront bien.

  13. @ Paul

    C’est un difficile exercice que le votre.

    Si vous vous étiez cantonné à un rôle prédictif, sans proposer de solutions, vous auriez été raillé comme cet ami à vous qui a été contraint d’enfiler un gilet de sauvetage.

    Si vous aviez exposé autre chose que des solutions telles que la régulation des marchés, l’interdiction des paris sur les fluctuations de prix, vous auriez été bon pour la potence.

    Maintenant, à chacun d’être suffisamment adulte pour tirer ses propres conclusions.

    Un grand merci en tout cas pour vos contributions.

    PS : Est-ce à dire, vu le ton de ce billet, que les carottes commencent à attacher au fond de la casserole ?

  14. Le Général de Gaulle avait écrit en 1934  » vers l’armée de métier « , l’establishment de l’ époque ironisa ses propositions, vous oubliez la ligne Maginot mon colonel, la ligne Maginot !

  15. PJ, Votre frustration est compréhensible, et est partagée par vos lecteurs. Frédéric Lordon parlait dans une entretien sur France Culture il n’y a pas longtemps, de dresser un Hall of Shame des (pseudo)-économistes sur la base de ce qu’ils ont dit et ce qui s’est ensuite réalisé. Pourquoi ne pas mettre vos lecteurs à contribution pour ce travail d’archive?

    Je m’y emploie moi même, mais seul cela devient fatiguant. Ici, par exemple,

    http://finance.blog.lemonde.fr/2011/06/13/la-baisse-de-la-notation-grecque-sonne-t-elle-le-glas-de-l%e2%80%99eurozone/#comment-13111

    On peut lire, entre autres, cette citation de Georges Ugueux de Janvier de 2011, au sujet de la crise grècque:

    «petite explosion qui a l’avantage de ne pas mettre en cause l’ensemble du dispositif»

    Le pompom de l’incurie / mauvaise foi revient à Jean-Peyrelevade. Ce commentaire:

    http://finance.blog.lemonde.fr/2011/06/13/la-baisse-de-la-notation-grecque-sonne-t-elle-le-glas-de-l%e2%80%99eurozone/#comment-13064

    fait état (entre autres) de son révisionnisme de crime financiers (il fallait l’inventer!) alors que le Monde signe un article intitulé «Crise des subprimes, une affaire criminelle ?».

    Ca vaut le détour…

    1. Crise des subprimes une affaire criminelle ?
      http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/06/13/crise-des-subprimes-une-affaire-criminelle_1535457_3232.html
      A lire sans réserve, chaque mot a un sens.
      Comment appeler ces personnages en cols blancs ?

      Pas prévisible, mon oeil, de notoriété publique dans les milieux bien informés, mais chut, on fait les borgnes et mal-entendants comme d’habitude et les médias sont complices.
      Qui a promu Paul (quelques uns) ou mieux, qui a déjà parlé de LEAP (*).
      Bouquin : La grande fraude.

      1. J’aimerais rebondir en signalant mon dernier billet qui, c’est inhabituel, contient un ultimatum : le 23 (Je n’imagine pas PJ le laisser passer). Je crois avoir fait beaucoup d´efforts pour le rédiger et le documenter.

      2. Dilemne éthique : responsable ou incapable

        C’est cette même banque qui a concocté pour le compte du trésor grecque en 2001 un contrat financier, renégocié en 2004 sous la direction du candidat à la BCE, et permettant à la grèce de se soustraire (en partie), de façon fictive, aux contraintes du traité de Maastricht. La connaissance objective de la situation d’endettement de la grèce, à l’époque, aurait peut-être permis (en partie) d’éviter le désastre grecque et ses conséquences pour le reste de la zone Euro, un cauchemar dont on ne voit pas la fin.

        L’audition du candidat par le parlement Européen vient de se terminer et la décision aura lieu le 23. Comme il fallait s’y attendre, il a répondu aux questions des eurodéputés par la langue de bois (cf annexe), aggravant ainsi les soupçons qui pèsent sur lui.

        Toutefois, s’il pouvait être prouvé que le candidat ne savait rien de ces agissements frauduleux, ce qui semble être sa (vague) défense, son inégibilité serait démontrée. Le paradoxe n’est qu’apparent: comment imaginer mettre dans ses mains le contrôle monétaire de la zone euro, alors qu’il a été incapable de faire régner l’autorité et la diligence qui auraient empêché ces pratiques mettant en danger la sécurité de cette même zone monétaire!

      3. Paul Jorion,

        Sauf erreur de ma part, je n’ai pas vu de billet commentant l’audition du candidat à la BCE par les parlementaires européens. Ce devrait être un sujet brûlant compte tenu du vote intervenant le 23. A toutes fins utiles, je mets à votre connaissance mon billet Inside job (3) : La BCE qui contient je crois des informations, toutes référencées, et très instructives pour vos lecteurs.

        Merci.

  16. Bonjour, cher Paul,
    Puisque vous abordez un sujet en lien avec votre « comment suis-je devenu anthropologue de la crise », cela me fait penser à mes envies d´écrire longtemps différées, faute d´intérêt potentiel, ou plutôt de satisfaction minimale de ma part quant à la justesse de ce que je cherche à exprimer sans y parvenir.

    J´ai beaucoup apprécié votre texte à ce moment et à sa lecture, j´ai ressenti le besoin d´écrire mon « Comment je suis passé de citoyen à (apprenti) anarcho-syndicaliste ». Je vais tâcher de le faire ici. J´ai déjà tenté à plusieurs reprises de le faire, mais jusqu´ici, je ne suis pas parvenu à écrire quelque chose de satisfaisant et digne d´une quelconque tentative de publication, de mon point de vue.
    Je me dis que cette fois, je publierai au moins cette partie introductive de mon message, comme cela, même si j´échoue à nouveau, peut-être que les réactions des commentateurs et vos réactions, en ligne ou en Off, me permettront de progresser dans ma réflexion.

    GNNNNNNNNGGNNNNN (ça c´est le bruit de mes neurones, pfeu, manque d´entrainement, y´a encore du boulot….:-(

    Bon, ben comme prévisible, je n´y arrive pas dans le temps dont je dispose. Je dois préparer une AG d´Union Départementale, une AG de Collectif Interlutte départemental, ainsi qu´un déjeuner pour un point d´avancement avec un camarade…. Bon, ben, Julien, soit vous laissez passer, soit vous me contactez par mail pour avoir des détails et me dire si ça vaut le coup de bosser à une publication, soit vous ignorez complètement, je vous en voudrais pas quelque soit votre choix.

    1. Parcours hors norme 🙂
      Quand on n’a pas été anarchiste à 16 ans c’est qu’on a pas de coeur, quand on l’est encore à 40 c’est qu’on est un imbécile. Attribué à Georges Clemenceau, il me semble… Mais je ne partage pas son opinion.
      Sinon, le plus dur n’est pas d’écrire, mais de trouver un éditeur.

      1. Oui, et des événements passés comme récents montrent qu’il n’y a pas de limite d’age pour l’enthousiasme et la résistance contrairement aux assertions du Tigre.

      2. @arkao

        Quand on n’a pas été anarchiste à 16 ans c’est qu’on a pas de coeur, quand on l’est encore à 40 c’est qu’on est un imbécile. Attribué à Georges Clemenceau, il me semble… Mais je ne partage pas son opinion.

        Un peu que je suis pas d´accord avec lui. Du moins sur la conclusion qu´il en tire.

        En gros, il donne la définition de ce que nous appelons communément « devenir adulte » dans nos sociétés basées sur les rapports de force (en gros l´autoritarisme, sous toutes ses formes).

        Il nous dit, que pour être considéré « avoir un coeur », il faut être anarchiste à 16 ans.
        Il nous dit que pour ne pas être idiot il faut avoir cédé à l´autoritarisme à 40 ans (Y´en a d´ailleurs d´autres qui poussent plus loin avec leur Rollex à 50 ans, mais laissons de côté les plus abîmés, on les aidera à comprendre plus tard).

        Comme j´ai fait le chemin à l´envers, je m´autorise un point de vue décalé de cette phrase et je la retourne :

        Quand on n’a pas été anarchiste à 16 ans c’est qu’on est un imbécile, quand on l’est encore à 40 c’est qu’on a su garder son coeur envers et contre tout.

        Je me reconnais mieux dans cette tournure.

  17. @ P.Jorion ou un « initié »;

    Si la zone euro choisit de « toucher à la dette » de la Grèce, ils devront se tenir prêts à « financer intégralement l’économie grecque », a averti mardi le gouverneur de la Banque de France Christian Noyer, alors que l’Europe débat d’un nouveau plan d’aide éventuel à Athènes.

    « Si une solution peut être trouvée qui évite le risque de défaut, cela nous paraît convenir », a expliqué le gouverneur lors d’une conférence de presse de présentation du rapport annuel de la Banque de France.

    « Si vous n’en trouvez pas, si vous touchez malgré tout à la dette et que vous provoquez un défaut ou un +événement de crédit+, il faut vous préparer à financer intégralement l’économie grecque », a-t-il prévenu

    Puisse quelqu’un sous-titrer si il en a le temps et le savoir, Merci.

    1. Otto di Dacte,

      Les sous-titres que vous sollicitez se trouvent dans les causes qui ont précipité la Grèce dans sa chute. En très bref résumé, un endettement public abyssal dû à des dépenses gigantesques gagées sur des recettes infimes. Or, la récession actuelle met un coup d’arrêt définitif aux prévisions de recettes. Dans cette spirale, plutôt que d’aider la Grèce à rembourser sa dette, on aura plus vite en l’aidant à refinancer intégralement son économie en reprenant les affaires à partir de zéro. On efface tout, et on recommence différemment.

      .

    2. Cela ressemble à une mise en garde: si la Grèce fait défaut (« événement de crédit »), elle ne trouvera plus un sou pour se financer.
      Il faudra alors que le reste de l’Europe s’y attelle, en finançant totalement l’économie Grecque.
      .
      Donc, les autres pays Européens, pour éviter ça, continuez de payer à la place de la Grèce les intérêts dûs aux banques Européennes…Avec l’argent du contribuable, comme de bien entendu…

      (Je crois que c’est le sens, en gros…)

      1. @ Duchesne et Pierrot.

        Merci, effectivement cela induirait sans doute que l’on doive s’endetter à la place de la Grèce.
        Pour renflouer nos banques et assurances vies on est d’accord -:)

        Cela-dit j’ai tout de même l’impression qu’il y a quelques chose au-delà dans ces « menaces », certains CDS portant sur de la dette qui n’est pas arrivé à maturité doivent encore courir, sinon pourquoi faire un tel foin sur « l’évènement de crédit » à proscrire à tous les prix ?

  18. Tout ça me rappelle votre passage à arrêt sur image et le sourire cynique de certains qui pensent: « On sait que tout ce qu’il a dit avait de grandes chances d’arriver mais on tire son épingle du jeu ou pas, le reste on s’en contrefiche. Quel idéaliste naïf qui n’a pas compris son époque contrairement à nous autres. ».
    J’avoue avoir envie de coller des baffes régulièrement face à ce genre de personnes.

  19. Ah non, Monsieur Paul, c’est pas le moment de flancher !

    Ce qui se passe est très exactement ceci :
    1) les uns et les autres s’arque-boutent sur des positions locales. Et prennent évidemment de vaines mesures locales.

    2) les déséquilibres s’agrandissent puisque les mesures ne sont pas adaptées, sauf pour quelques uns. Ainsi, les « bonnes mesures » pour quelques uns deviennent vite des cauchemars pour les autres.

    3) Il faut donc prendre de nouvelles mesures… qui ne viennent hélas que renforcer les effets de celles prises dans le 1)

    4) chacun reste pétrifié devant les résultats désastreux s’amplifiant, tout en se demandant « et si nous pensions de la mauvaise façon ? et si Paul Jorion avait raison ? et si …? »

    Je ne suis pas Madame Irma mais je pense sincèrement que les dirigeants de ce monde réalisent parfaitement combien il faut désormais en changer (de monde). Et, bien entendu, cela les effraie, les panique. Convaincu qu’eux et leurs électeurs ont plus à perdre qu’à gagner. C’est une question de temps. Et parfois, la surprise est au rendez-vous.

    Votre action n’est pas vaine du tout, Monsieur Paul !
    Elle a ceci de fantastique qu’elle a posé un diagnostic global qui fait consensus global malgré toutes les dénégations locales. Aussi bien chez les élites que chez les chevilles ouvrières d’ici (nous sommes votre base pour paraphraser G Bush Jr 🙂 )

    Je ne pense pas connaître beaucoup d’autres exemples historiques similaires !

    Votre écœurement de voir vos annonces de cataclysme se réaliser mais pas vos mesures correctrices est donc parfaitement compréhensible. Patience ! Tout vient à point.

  20. « Autre argument invoqué par le patron de la Bundesbank : l’exposition du secteur privé aux obligations d’Etat grecques, hors banques hellènes, ne seraient « plus du tout aussi importante qu’on l’imagine souvent », et donc leur participation effective aux coûts d’une nouvelle aide à Athènes serait « fort limitée ». »
    http://www.lemonde.fr/europe/article/2011/06/14/l-ue-permettrait-aux-banques-de-prolonger-volontairement-leurs-credits-a-la-grece_1535804_3214.html#ens_id=1508090&xtor=RSS-3208
    Confirmation, indirecte, par le patron de la Bundesbank que les banques se sont bien délestées de leurs créances pourries.
    Merci qui ?
    Merci BCE (se dit aussi ‘Mutti’ en allemand) …

  21. Les taux n’ont jamais été aussi élevés.
    Quand on voit cela n’y a-t il pas des motifs pour paniquer ?

    Portugal : taux des obligations à 3 ans : 12,926 %. Record historique battu.
    Portugal : taux des obligations à 10 ans : 10,668 %. Record historique battu.

    Irlande : taux des obligations à 3 ans : 13,490 %. Record historique battu.
    Irlande : taux des obligations à 10 ans : 11,349 %. Record historique battu.

    Grèce : taux des obligations à 3 ans : 26,596 %. Record historique battu.
    Grèce : taux des obligations à 10 ans : 16,974 %.

    La zone euro va t-elle exploser demain? Un article sur ce sujet d’actualité brûlante me semblerait vraiment important! Cordialement Th M

  22. Et bien oui Mr Jorion, il y a ceux qui font et ceux qui ont raison. Que les deux coïncident reste extrêmement rare, surtout à l’échelle des grandes structures, sociales, étatiques….
    C’est pourquoi il m’est, comme beaucoup, difficile de toujours conserver sang-froid et respect à l’endroit de ces moteurs de notre pauvre logique bipolaire : gauche sociale qui théorise et droite égoïste qui fait… ainsi que le mélange de leurs variantes… qui, au finish, se retrouvent mises toutes ensemble sous la formule de Chékspire.

     » C’est un récit conté par un idiot… »

    Mais votre travail reste sensé, utile, humain… et votre blog un lieu de bonne compagnie. Même si la mienne ne l’est pas souvent.

  23. Sinon, je réitère ma proposition ‘citoyenne’ : un manifeste intégrant une liste restreinte d’actions à intégrer (dont l’interdiction des paris sur les fluctuations des prix) par les partis politiques dans leurs programmes et les débats politiques, sous peine d’abstention ou de vote blanc (et à l’inverse, d’un vote pour le parti qui aura le mieux intégré ces propositions).

    En dehors de ça, et hormis une improbable ‘révolte’, je ne vois pas ce qui permettrait de modifier les ‘termes du débat’, tel qu’il est engagé et qu’il se poursuit depuis plus de 3 ans.
    Car l’opposition participe, aussi, à cette hallucination (cf. mon dernier billet, sur la proposition de résolution européenne).

    1. Oui Zébu, c’est une bonne idée. Et la démocratie n’a rien à y perdre, au contraire.
      Même si cela échoue à faire bouger les lignes au sein des partis avant les échéances électorales, cela contribue au moins à populariser l’idée d’interdiction des paris sur les fluctuations des prix et autres mesures clés indispensables, préparant de futurs mouvements d’opinion en ce sens.

      1. Ben, apparemment, ça en bouge une sans bouger l’autre comme qui dirait …
        Preuve que ce ne doit pas être une bonne proposition.
        Je crains en fait une totale perte de confiance pour tout ce qui pourrait, de près ou de loin, s’apparenter à la politique. Et là, je sens qu’on est mal barre …

      2. zébu

        Perte de confiance dans la politique institutionnelle c’est certain mais pas perte de confiance dans le politique car celui-ci est toujours notre horizon. Notre situation n’est pas celle d’un pays livré au chaos. A entendre les conversations, les français ne sont pas moins passionnés de politique qu’autrefois, ils veulent toujours y croire, même s’ils sont plus que sceptiques quant au jeu politicien. (Au fait quel est le sentiment en Belgique où il n’y a plus de gouvernement ?)

        On est jamais plus proche de faire de la politique, de la vraie, celle qui implique l’engagement, que lorsque tout va au plus mal. Or toutes les apparences de la normalité sont encore là. Donc c’est l’attentisme qui règne même si un sentiment diffus que quelque chose ne tourne pas rond dans le système.
        Mais les boulangers vendent leurs pains, les distributeurs de billets fonctionnent, le tour de France est pour bientôt ! Alors on préfère rester bien au chaud dans le moule des habitudes.

        On fait comme si tout était normal, un candidat à la primaire du parti sociale ne se présente-t-il pas d’ailleurs lui-même comme le candidat normal aspirant à être un président normal ! Il faut être lecteur ou auditeur de Jorion ou Lordon pour éprouver un curieux sentiment d’étrangeté. 😉

      3. @ PYD :
        j’étais sûr que tu allais me répondre cela 😉 (pas eu l’envie de corriger).
        Certes oui mais en même temps non (je fais mon Yvan). Car à force d’être dégoutés de la politique institutionnelle, le danger est grand que la majorité n’en perçoivent pas la différence.
        Que notamment la démocratie n’est pas que voter.
        Or, TOUT configure pour arriver à cette conclusion.
        C’est pourquoi il me semble important (selon moi) de poser un geste citoyen, qui ne soit pas un geste de refus de la politique mais bien d’affirmation de celle-ci : nous ne voulons plus jouer au jeu que vous nous proposez. A la limite, peu importe les joueurs mais nouvelle règle.
        Ce geste ne peut pas non plus être un geste de défiance envers les partis et les représentants, sauf à voir une hypothétique, limitée, improbable et usine à gaz de démocratie directe : en dehors de système bien connu qui n’ont rien à voir avec la démocratie, il nous faut bien passer par de la représentation. Celle-ci n’est pas en jeu : ce qui l’est, c’est son contrôle par les citoyens.
        Il faut donc, en même temps qu’imposer dans le débat l’interdiction des paris imposer AUSSI et dans le même temps et au même niveau le contrôle des représentants élus, ce qui commence par un véritable référendum d’initiative législative, de contrôle et de production des lois, un mandat unique stricte et renouvelable une fois et même un contrôle des représentants en cours de mandat avec possibilité de révocation.
        Sans cela, il ne peut y avoir de politique ou plutôt, on pourra avoir toute les politiques possibles, on n’avancera pas.
        Il ne faut pas oublier que si nous en sommes là, c’est bien parce que les néo-libéraux ont capté l’outil étatique et le pouvoir politique dans son ensemble au profit d’intérêt privés, en dérégulant ce qui l’était.

        Le risque est quand même l’amalgame justement entre toutes ces notions là.
        Un geste fort démocratique, positif et en même temps imposant clairement un rapport de force à la classe politique est nécessaire avant toute chose.
        Sinon, on continuera à être écoeuré, d’abord de la politique telle qu’elle est produite actuellement, puis de la politique tout court.
        C’est tout un projet.
        Celui des libéraux.
        Et il est en passe de réussir.

      4. il nous faut bien passer par de la représentation

        Tu peux argumenter ce point zébu? Pourquoi faut-il obligatoirement passer par de la représentation à l’époque du village global?

  24. @ Paul,

    Je n’aurai pas eu le plaisir d’influer sur le cours des événements, juste celui d’avoir prédit correctement les catastrophes à venir. Il faut se contenter des satisfactions qu’on peut.

    On dirait le début d’un testament !
    Si c’est est un, attendez, svp, j’ai encore pas mal de chose à organiser avant votre révérence… notamment terminer de lire « le Prix » qui est un peu plus dense que votre petit dernier que j’ai avalé en très peu de temps.

    Bonne journée.

  25. il faut passer par ce stade de l’écœurement, le problème reste qu’une minorité semble comprendre l’origine de la nausée qui nous gagne. Trop occupé à pinailler sur nos petits destins et nos conflits intérieurs, nous restons dans la caverne à observer l’ombre de la tragédie qui se déroule.

  26. Paul, vous avez tort d’être écoeuré.
    Non seulement les faits vous ont donné raison mais de plus vous avez laissé des traces….

    A l’instar des salauds qui envers et contre maints avertissements ont persévéré à faire manipuler par leurs ouvriers de l’asbeste sans protection, les financiers saigneurs du monde ne pourront plus dire qu’ils ne savaient pas. A tout le moins on pourra leur rétorquer que même s’il ne savaient pas, ils auraient pu et dû, en qualité de professionnels, savoir.

    C’est donc délibérément, sciemment, en pleine connaissance de cause qu’ils ont choisi la voie la plus dommageable pour autrui, à leur seul et exclusif profit.

    Oui, tous ces prévaricateurs seront tôt ou tard l’objet de procès populaires qui, comme tout procès populaire, se termineront de manière brutale.

    Vos écrits sont importants car ils coupent dès aujourd’hui biens des voies de retraite à ces salauds.

    1. @ Eoménos,

      J’avais sur un bout de papier préparé un post que je me préparais à envoyer lorsque je suis tomber sur le vôtre. La similitude est si grande tant par le fond que par la forme que cela en est troublant. Je me contenterai donc de vous appuyer et de dire à Paul Jorion qu’il n’a pas travaillé en vain.

  27. J’aurais pu écrire votre billet!
    Je prédis depuis bientôt quarante ans que ce système ne peut qu’aller dans le mur.
    Toute ma sympathie pour vous. Nous sommes décidément des hommes que l’on n’entend guère ou à qui on répond parfois poliment avant de continuer comme avant.
    Oui, les crises systémiques à répétition sont inéluctables, on peut même direz qu’avec la monnaie telle qu’elle est, la crise systémique est systémique.
    Il est exact aussi que les plus « méchants » sont les spéculateurs.
    Je rappelle cependant qu’ils agissent conformément à la logique du profit immédiat au détriment du long terme.
    Mais la monnaie telle qu’elle est est elle-même le long terme, et c’est pourquoi tout ce que les capitalistes et autres spéculateurs ou investisseurs achètent ne sont que du court terme … par rapport à la monnaie telle qu’elle est.
    Et c’est pourquoi vos prophéties se réaliseront et que cela ne changera pas.
    Même si votre remède proposé, l’interdiction des paris sur les fluctuations des prix des matières premières, est une réponse de toute évidence insuffisante qui ratera l’objectif visé, à savoir la fin du capitalisme, vos prévisions, la partie analytique de votre travail, sont pertinentes.
    Pour ma part, je prédis que si on n’invente pas une monnaie « un peu plus court-termiste » (le SMT), la crise continuera gentiment ou méchamment. On pourrait aussi simplement lancer une monnaie complémentaire, ou une nouvelle monnaie nationale dans les pays en faillite pour trouver un soulagement déjà très concret.
    En un sens, on peut dire que l’euro est sans doute « foutu », et quand cela arrivera, peut-être encore cette année, nous nous apercevrons qu’il suffit d’un moratoire (l' »horreur! ») avec un départ nouveau pour éprouver aussitôt un soulagement. Un tel traitement chirurgical devient nécessaire pour réduire le « cancer de la dette », à défaut de changer de paradigme monétaire.
    Au fond, l’évolution vers la crise systémique est la meilleure preuve que mon analyse de la monnaie (celle de Silvio Gesell) reste parfaitement exacte!

  28. Je n’aurai pas eu le plaisir d’influer sur le cours des événements, juste celui d’avoir prédit correctement les catastrophes à venir. Il faut se contenter des satisfactions qu’on peut.

    Vous aurez au moins fait de votre mieux selon votre propre niveau,

    Je savais bien qu’un jour ou l’autre vous en feriez le même constat malgré votre nouvelle notoriété acquise sur le net depuis 2007 c’est bien alors d’avoir réussi à dépasser cela.

    J’étais si occupé à compter mon argent sur les marchés, que je ne voyais déjà plus venir
    la fin de mon propre monde et puis après toute la suite logique des choses qui s’ensuivra.

    Dans ce monde mieux aurait valu d’abord être né aveugle et sourd,

    La révolution est un drame passionnel. [Mao Tsé-Toung]

    Nul n’est prophète dans son pays. [Saint Luc]

    Comment réellement saisir la prophétie ?

    1. @ Jérémie,

      Un courant (d’air?) ne se saisit pas comme une maison
      Mais la joie qui t’en traverse te fais du bien
      Quand tu es disposé, non?

      Belle journée, re-fête le monde de TA vie

      Bon pouvoir et mauvais vouloir,
      Délocalisé, à d’autres..

      Allez…un p’tit, t’es fort, voilà?

  29. Aux sombres héros de l’amer
    Qui ont su traverser les océans du vide

    Noir Désir

    Vous ne pouvez pas, en tout cas, vous reprocher de n’avoir rien tenté.

  30. Pauvres gens du Monde, de Chine, de France, du Japon, des USA.

    Comme si en fait la grande catastrophe du monde était déjà bien là sur le fond,

    S’en rendre compte, ne même plus pouvoir y échapper partout ces derniers temps,

  31. Toutes choses étant égales par ailleurs, il est maintenant flagrant que les vrais décideurs, le pouvoir financier, souhaitent que les choses continuent de la sorte. C’est simple, cela parait une injure à l’intelligence et au bon sens, mais c’est un terrible constat. Terrible pour les victimes, pour ceux qui s’évertuent désespérément à proposer des solutions, pas pour les organisateurs de cette crise. Reste à comprendre pourquoi, à qui profite le crime ?

  32. La lecture de vos anciens article sur la crise dépite ou enrage quand on regarde la situation.
    Et puis il y a les « autres vieux articles » sur l’origine de nos neufs vies, le bidouillage de Gödel, le « cyborg vous parle ». Alors on rêve ou on a mal à la tête, mais en tout cas on ne regrette jamais la lecture.

  33. @jorion,

    En fait se ne sont pas les capitaliste qui sont en crise mais bien les citoyens, vous avez surement fait cette erreur de prédiction. C’est a dire croire que vous pourriz changer les choses. M’enfin cela valait et vaut toujours la peine de prédire que la crise vécu par les citoyens risques fort de détruire les capitalistes. Vue sous cette angle les prédictions seront put être prisent aus sérieux 🙂 🙂

  34. C’est frustrant à n’en point douter, mais ce n’est point étonnant. Dans notre vie privée même nous n’arrivons pas toujours à ce que nous souhaiterions, et pourtant nous sommes plus à même d’agir et/ou d’influencer les choses à petite échelle. Alors à l’échelle de sociétés entières, c’est une gageure. La vie nous amène à l’humilité, seuls les fols, les inconscients ou les tyrans pensent qu’ils vont changer le monde selon leurs voeux. Sur la durée le monde nous change plus que nous le changeons. Loin de moi pour autant l’idée de dire qu’il vaut mieux par dépit se détourner de tout combat. Car les changements finissent toujours par arriver, sans doute plus lentement qu’on ne l’aurait souhaité, et dans des circonstances que l’on aurait souhaité éviter, mais c’est ainsi, les mentalités changent lentement et souvent il faut de nouvelles générations pour porter le changement. Au delà des moments de découragement il faut persévérer, il faut continuer à marteler ce que nous avons à dire, cela finira par cheminer dans les esprits…

  35. Emprunt à 6 mois :

    Quand l’Allemagne ou la France lancent un emprunt à 6 mois, elles doivent payer un taux d’intérêt d’environ 1 %.
    Mardi 14 juin 2011, la Grèce a lancé un emprunt à 6 mois : la Grèce a dû payer un taux d’intérêt de … 4,96 % !
    Les taux sont en hausse : c’était 4,88 % lors de la précédente émission.

    Plus les jours passent, plus la Grèce emprunte à des taux de plus en plus exorbitants.
    Plus les jours passent, plus la Grèce se rapproche du défaut de paiement.

  36. 1) Certains parient contre la Grèce, mais contre d’autres qui parient pour la Grèce ? il faut bien 2 joueurs.

    2) Je suis assez pessimiste car le capitalisme a beaucoup d’avantages. Par exemple celui/celle qui arrive a survivre plus ou moins dans son travail, peut-être relativement assuré de sa « valeur ». Ce système distribue de la « valeur » aux chanceux, à la manière de Sartre dans son analyse du serveur qui « surjoue » en tout cas il est assuré par le système de valoir quelque chose… Sartre ne savait pas qu’il parlait du capitalisme. Dans un autre système il n’y a plus de cette substance valeur….

    1. « Le peuple grec vous remercie d’avoir parié pour lui en reluquant ses ruines, en usant de vos fesses bienfaitrices les gradins d’Epidaure ainsi qu’en les trempant dans ses criques idylliques. »
      Le capitalisme a surtout l’avantage incommensurable de payer des vacances en Grèce – et au meilleur prix imaginable – à des boulotteurs jorioniens de bonnets phrygiens.
      Zavez adopté quel couvre-chef pour protéger votre auguste capit des rayons hellènes qui dardent fort en juin pas loin des Dardanelles ? Un bob Pernod ? Panama ? Borsalino ? Chapeau de paille ? Melon ? Façon blues brothers ? Casque colonial ? Mouchoir mouillé ? Béret vert ? Pas casquette de Gavroche quand même ?!

      1. On profite simplement des derniers mois de salaires mirobolants de mon amie qui travaille à la Commission Européenne, avant de plonger dans la misère comme tout le monde ne vous inquiétez pas.

      2. vigneron,

        La sortie du consumérisme, du tourisme consumériste, c’est comme ça que je lis l’indignation Pernod-esque et post-moussakaienne de votre post.

        Lisztfr a effectivement la naiveté de jouer le touriste de service, mais le voyage pose bien des questions ambigues par principe, autant que l’exil. On peut voyager minimal en Grèce (dormir sauvage même en ville, se couper des melons à l’opinel, et monter dans les coins à troupeaux où nul teuton ne s’arrête au troquet, regarder le jaune jardins par-dessus les murs entre ânes et fleurs d’artichaut.
        Mais si on veut une forme de voyage pour tous qui s’écarte de l’usine à touriste, on n’a pas de solution de proche en proche, on ne saura faire que comme le chocolat Max Havelaar, c’est à dire labelliser du « touristique-moins-pire » qui s’écartera du « touristique-bière-pernod ».

        Je ne vois hélas pas de solution à cette question simple, comment faire quand on est ses habitudes des plus sympathiques (je ne connais pas d’équivalent français aux fêtes de villages de l’intérieur de grèce ou de chypre que j’ai pu voir (quasi en seul touriste) ) , et vivre ce précieux savoir-vivre en présence d’un flux qui vous déséquilibre ?

        N’est-ce pas d’ailleurs une question symétrique de celle de Paul ? Cesser des pratiques financières dans un cas, continuer des pratiques culturelles dans l’autre, malgré un système qui s’est greffé sur vous (la spéculation d’un côté, le tourisme de l’autre, ou la téloche ou la fesse bouque).
        Les premiers pas sembleront toujours dérisoires (Remplacement de la casquette Pernod par celle du liquoreux local !). Le seul espoir est que le processus ne soit pas linéaire, il se situe dans un réseau d’interaction. Il peut migrer par la reconfiguration de branches multiples et pas par un mouvement linéaire de A vers B. Peut être y distinguer quelques barrières quand même : la langue pour le cas du tourisme, le langage financier (le Blankfeinien) pour le cas de la finance.
        Au moins cela situe le pied de la montagne à laquelle se rendre.

  37. C’est pourquoi il est souvent plus utile et plus amusant de répertorier toutes les fois où l’on s’est trompé. Bravo quand même.

  38. Plus la crise s’accentue plus les écarts de revenues augmentent donc plus les riches acquièrent de pouvoir.
    Dans ces conditions, je ne vois pourquoi ils voudraient résoudre la crise.

  39. La conjonction d’une interdépendance quasiment instantanée de tout et de tous et de la complexité qui y est afférente donne à la configuration actuelle une formidable inertie. Rien ne semble pouvoir être fait qui puisse divertir ou ralentir les processus en cours, que ce soit dans les domaines de l’environnement (irrésistible émergence du pire cas de figure de réchauffement), économique ou stratégique . Ironiquement, cette inertie donne une certaine prévisibilité. La très lente digestion en cours des dettes publiques et privées (24 ans de stocks de créances immobilières dans les bilans des banques espagnoles en juin 2011) hypothèque tous les scénarios de croissance pour la plus grande partie du continent européen. Toutes les politiques publiques sont désormais soumises à la fois au poids du stock passé de la dette, celle d’aujourd’hui, et à la nécessité d’en souscrire de nouvelles pour faire fonctionner le tout. Le temps n’est plus loin où la France pourra, à son tour, profiter des conseils éclairés tant du FMI que de la BM et de l’UE visant à réduire drastiquement son déficit budgétaire.

    Sur un plan stratégique, Fedor Loukianov a raison de noter début juin « La question de la défense antimissile […] paraîtra sous un autre jour littéralement dans quelques années, lorsque tout le monde aura pris conscience que l’Europe n’existe plus en tant que plateforme stratégique ». L’Europe sort lentement de l’histoire.

    En attendant, à la question de savoir ce que le système financier étasunien pouvait bien faire des liquidités qui y ont été déversées par la Fed, sans aucune sorte d’impact pour l’économie dite réelle, les grosses banques étasuniennes semblent avoir trouvé une réponse nouvelle: servir de garantie à des pertes futures sur les dérivés.

    http://ftalphaville.ft.com/blog/2011/06/14/592556/what-to-do-with-all-that-cash/

    Des nouvelles du pays du « modèle »:
    « House prices dropped during the past three months and will continue to do so ».
    http://www.telegraph.co.uk/finance/personalfinance/borrowing/mortgages/8572835/House-prices-drop-as-lenders-restrict-lending-say-estate-agents.html
    « Middle-class pensioners hit harder by rising prices »
    http://www.telegraph.co.uk/finance/personalfinance/8574043/Middle-class-pensioners-hit-harder-by-rising-prices.html

  40. Paul bonjour,
    Ce n’est pas faute d’avoir été prudent pourtant, d’y avoir mis des guillemets, d’avoir éviter la disqualification d’office qu’aurait provoquer le ton et le langage utilisé sur de nombreux sites. Vous ne leur faisiez aucun procès d’intention, vous ne parliez pas d’une éventuelle stratégie financière derrière tout ça, à rouerie vous préfériez incompétence, l’espoir qu’ils réalisent par eux-même leurs erreurs et modifie le cap vous tenait, vos arguments étaient solides, techniques, étayés, pas d’idéologie, de « sentiment », juste le souci du bien commun, du bon sens… Votre énergie est considérable, votre site est de loin le plus intéressant tant sur le fond que sur la forme. Un écoeurement se surmonte toujours, on va vomir et on revient avec encore plus d’appétit!…
    Bonne journée et merci encore.

  41. Les écologistes connaissent aussi cela : au moins trente ans qu’ils agitent le drapeau rouge du danger, et toujours aujourd’hui les «négationnistes environnementaux» donnent de la voix.

    La raison ne suffit toujours pas aux Hommes du début du XXIème siècle pour changer le monde. Peut-être cela changera-t-il un jour.

    Il m’apparaît de plus en plus clairement que certains ont voulu opposer au pouvoir démocratique, pour le contourner notamment, un pouvoir économique. Nous sommes presque arrivés à une situation où la démocratie c’est pour les pauvres, et le pouvoir économique pour les riches. Ainsi il serait faux de dire qu’il n’y a qu’un seul système politique dans des pays comme la France, l’Allemagne, les États-Unis, etc… Il y en a en fait au moins deux, le second étant le système économique. C’est en fait à cela que vous vous «attaquez» M. Jorion.

    Si vous me permettez un conseil, prenez quelques jours de repos et profitez-en pour aller voir ceux qui agissent concrètement pour le changement. Ça fait du bien.

  42. Pourquoi ne rédigerions-nous pas tous ensemble ici sur ce blog un pacte économique, semblable au pacte écologique, qui décrirait en terme clair et simple ce que devrait être une « bonne » économie ? Ce texte pourrait être soumis à nos futurs candidats à la présidentielle en leur demandant de l’approuver ou non.
    Au moins ça aurait le mérite d’avertir les gens sur ce qui les attend.

  43. http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2011/06/14/04016-20110614ARTFIG00351-roubini-predit-l-explosion-de-l-eurozone.php

    « Ainsi, Nouriel Roubini estime qu’il n’existe aujourd’hui qu’un moyen de restaurer la compétitivité des pays périphériques : quitter la zone euro, reprendre des monnaies nationales et déprécier. Un tel scénario parait aujourd’hui inconcevable, relève l’économiste selon qui rien ne dit que dans cinq ans une telle idée n’aura pas fait son chemin, d’autant plus si les économies des pays périphériques stagnent. A moins que l’idée d’une zone euro plus fédérale parvienne à percer, certains dirigeants européens appellent en effet à plus d’intégration européenne.  »

    Certains experts voient encore une solution, alors qu’il n’y en a pas. UK n’est pas en zone Euro et cela ne change rien. S’il suffisait de sortir de l’euro pour etc… la Pologne n’est pas non plus en zone euro, ainsi que les pays baltes, etc. Ils ne sont pas tirés d’affaire pour autant.

    1. Non mais ils ont la possibilité de dévaluer et de devenir + compétitifs, c’est essentiel dans une compétition.

  44. M. Jorion, c’est le moment de recoiffer votre casquette d’anthropologue : pourquoi en est-il généralement ainsi ? Quel est le mécanisme de cette malédiction des prophètes ?

    « Connais-toi toi-même » : hors de l’amélioration de la connaissance de l’humanité par elle-même, point de salut : les mêmes erreurs se répéteront, de plus en plus dévastatrices grâce au « progrès », jusqu’à l’extinction finale de cette civilisation.

    Suggestion : regardez un peu ce qui se passe du côté des neurosciences. Une course de vitesse est engagée entre connaissance et effondrement. Si ce dernier gagne, espérons qu’il laisse subsister assez de connaissance pour faire mieux la prochaine fois.

  45. «  »Le G20 est né de notre volonté de résoudre les déséquilibres provoqués par la crise et d’instaurer les conditions d’une croissance durable. Pour y parvenir, nous avons mis en œuvre un principe : la régulation », a déclaré le chef de l’Etat lors d’une conférence sur les matières premières organisée par la Commission européenne, à Bruxelles. « Ce principe, nous l’avons appliqué au système bancaire et aux produits financiers. Aujourd’hui, nous devons l’étendre aux matières premières », a-t-il dit. »

    Ah bon, où ça ???
    A moinsssss qu’il ne parle de l’extension de la régulation par le système bancaire et financier …

    MAIS : «  »Il ne s’agit pas d’interdire [la] financiarisation, ni d’intervenir sur le niveau des prix, mais de s’assurer que le processus de formation des prix fonctionne correctement », a-t-il insisté. »

    Paul, partez pas, y a le président au téléphone qui veut vous parler !!!

  46. M Jorion,

    Vous devriez proposer aux personnes suivantes de créer un parti politique:
    Emmanuel Todd, Bernard Maris, Charles-Henri Filippi, Eric Veraeghe, Michel et Monique Pinçon, le juge Marc Trévidic, Frédéric Lordon, Thomas Piketti, Laurent Cordonnier, le procureur Jean Louis Nadal, Edwy Plenel, Edgar Morin, Stéphane Hessel, François Leclerc, les 500 économistes atterrés, Eva Joly.
    L’opinion publique Française et Européenne, est complètement déboussolée et à besoin de vous pour éviter de faire à nouveau des erreurs dramatiques, qui nous entraîneraient tous au fond du gouffre.

    1. Malheureusement, vous mettez tous ces gens-là dans une même pièce pour faire un parti et vous avez le plus grand match de catch de tous les temps.

      Ce qui doit changer en revanche, et je rejoins Todd sur ce point, c’est la nature des débats. Aujourd’hui, les débats opposent ceux qui veulent changer le système et ceux qui prônent le statu quo. Or, c’est de débats entre opposants aux systèmes dont nous avons besoin, et de point de vue là, vous dressez une bonne liste d’interlocuteurs.

      1. @Julien

        Tout à fait ok. J’allais dire la même chose. D’autant que tu sais comme moi qu’il y a pire que les partisans du statu-quo, et selon moi plus dangereux encore : les partisans du changement de système pour réinstaller un ancien, phantasmé le plus souvent, qui sombra pour nous mener jusque là. Les adversaires ultimes sont là. Ils faut les combattre dès à présent. Pas d’alliance avec les rétrogrades et les réacs, quelles que soient leur obédience ou leur faux-ne. Éliminer systématiquement de ses alliés tout ce qui se réclame, d’une façon ou d’une autre mais fondamentalement, d’une manière de « c’était mieux avant ».
        Reste plus grand monde, on est d’accord. Suffit de voir la glorieuse solitude du daron de ce blog… 😉

      2. C’est vrai qu’on préfère :
        dans la version coup droit, Nadine « Mord-anneaux », Frederic « Lefaible », « Couche-nerfs », « alors ! » marie, woerth (ou beurk), dati, hot-fire ou poumon brulant (hortefeux), « veau »-quiez, « baissons » (les bras ?), lagarde « labonneplace », Jean « lefils », et une palanquée derrière (boutin, amara, raffa »rien », ferry-re-personne, claude « à l’aigre »)
        dans la version revers, pour se renvoyer la balle :
        sego »reine » royal, angela de lille, camba « délice », bart « alone », fmi-f-fini, baissons les bras (coté revers), « couche-nerfs » (coté revers), « fabulius » laurent,claude « à l’aigre » (coté revers)…

        De véritables équipes de vainqueurs.

        S’il est vrai qu’il est difficile d’imaginer le gouvernement proposé par NAD, (trop d’économistes !) il est clair qu’un retour d’un minimum d’exigence intellectuelle serait bien utile et que la combinaison de personnels politiques en place qui ont une stature de femme ou d’homme d’état qu’il soit appréciés ou non (juppé, hollande, bayrou, badinter, eva joly,) (dur de faire cohabiter eva joly et juppé…!) ou moins connus mais ayant fait leur preuve au niveau national ou local, régional (arthuis, valls, kosciusko-moriset, Collomb, rebsamen, jean christophe lagarde, corinne lepage) avec des intellectuels ou des acteurs importants de la société civile qui répondent à ces critères d’exigences intellectuelle et morale (Todd, Morin, Jorion, Jean-Claude Ameisen…)ça nous changerait de la médiocrité ambiante…
        Et surtout faisons deux équipes qui se stimulent et débattent puis on vote, surtout pas une grand gouvernement d’union nationale, nouvelle ligne droite vers le nationalisme…

        On pourrait d’ailleurs même imaginer une réforme constitutionnelle permettant d’élire des députés, de nommer des ministres dans des fonctions régaliennes ressortissants de l’UE mais francophones, comme ça cela aurait on se rendrait peut-être compte que les autres pays d’europe sont aussi bien et aussi mal lotis que nous; Cela nous donnerait alors quelques chances un jour de faire réellement l’europe. Après quelques scandales de ministres grecs, anglais, espagnols, quelques bonnes grosses bourdes de députés, suédois, ou belges, et on peut l’espérer, quelques réussites de sénateurs polonais (ah non, on le supprime le sénat) , les français s’attacheront à ces personnes désormais plus proches d’eux…

        Bon je retourne regarder TF1, ça mévitera de penser à l’impensable…

      3. . La jeunesse Européenne consciente de son sacrifice ne vote pas. Les changements sont toujours venus de la jeunesse. Il faut que les partisans du changement débattent, se mettent d’accord sur un projet de société, trouvent le moyen de communiquer et de se faire comprendre par les jeunes.

        Attendre que la catastrophe se réalise pour agir, serait une grave erreur de la part des personnes citées dans cette liste. Je pense, que les enjeux et la gravité de la situation actuelle permettront d’éviter la partie de catch. L’important aujourd’hui est d’amorcer un mouvement vers cette jeunesse instruite, abandonnée et dévalorisée. L’avenir de l’Europe et peut être du monde se joue là.

        Ghandi disait « Nous devons devenir le changement que nous souhaitons voir dans le monde ».L’impasse dans laquelle nous sommes aujourd’hui sera surmontée par un changement individuel radical, une prise de conscience planétaire. Les éléments semblent réunis en Europe aujourd’hui, pour amorcer ce grand changement du passage de l’instinct de tuer à l’instinct de survie de l’ensemble de l’espèce. Cette génération née dans la mondialisation et l’internet, à une vision globale et communautaire des problèmes de la Terre .Ils ont compris que le système actuel tue la planète à petit feu tout en laissant la communauté mondiale des jeunes sur le bas-côté de la route. Comme le disait Paul Jorion dans un billet « Les hommes ne se mobilisent en effet pas pour un changement de société – avec les risques que cela implique pour eux et pour ceux qui leur sont proches – en comparant leur bonheur actuel avec celui que conférerait un autre type de société dont le modèle reste toujours plus ou moins abstrait. Ils le font en raison d’une révolte : du fait du sentiment présent que la situation existant sous leur yeux et dont ils sont du fait même, l’un des composants, leur est désormais intolérable ». Il faut absolument que les grands hommes -c’est à dire ceux qui mettent l’intérêt commun avant leur intérêt personnel- aident les jeunes à passer du statut de révoltés à celui de grands de l’histoire.

  47. L’Europe n’est, depuis ses débuts, qu’un bateau sans capitaine…
    En eaux calmes, cela passait inaperçu…
    Maintenant que la tempête s’est levée, il est déjà trop tard…
    Que vous ayez raison, Mr. Jorion, et même si nos dirigeants partagent votre point de vue, cela ne servira pas…les amarres sont rompues…

    La tempête porte un nom : « Libéralisme-Financier-Absolu »…
    Elle se déchaîne, et brisera ceux qui feront mine de lui résister: politiques, anthropologues, philosophes et autres économistes…

    Et, ce que nous voyons comme de dangereux récifs, pour elle, ce ne sont que des « bonus », des « bénéfices exceptionnels », des « profits hors-normes » , et elle s’en rit…

    La tempête ne réfléchit pas plus loin…Elle va joyeusement à ses extrêmes…
    Elle sait qu’une fois apaisée, on l’aura oubliée.

    Elle se sera repue.

  48. En 2009 vous étiez à fond sur « la crise de l’immobiler commercial américain » à venir, une « bombe à retardement » finalement rien de tel. L’épisode eschatologique de fukushima a fait long feu sur ce blog. Bref finalement vous êtes à 50/50, c’est certe bien mieux que nos « experts » médiatiques mais pas de quoi prendre la grosse tête non plus.

    1. @ jck:

      En 2009 vous étiez à fond sur « la crise de l’immobiler commercial américain » à venir, une « bombe à retardement » finalement rien de tel.

      Certes, rien de tel, mais…à quel prix?
      Ce n’est pas parce que le moment de régler l’addition a été différé par des artifices comptables et budgétaires que cette addition a disparu de la circulation.

      Plutôt que P.Jorion, c’est vous qui êtes dans la vision à court terme, il me semble.

      1. @jck
        Le gros des remboursements des crédits immobiliers se feront entre 2012 et 2014 (2007/2009 pour les remboursements de crédits au particuliers). Le principe d’une bombe a retardement, c’est qu’elle n’explose pas immédiatement.
        2005 : annonce de la crise des subprimes. Résultat : 2008
        2009 : annonce de la crise de l’immo commercial. Résultat : 2012 ?
        Les premiers remboursements sont assez instables à ce que j’ai pu lire.
        Avant ça, nous verrons peut être un autre problème aux US : les quelques états fédéraux en faillite selon LEAP2020.

    2. L’épisode eschatologique de fukushima a fait long feu sur ce blog.

      Sur ce blog peut-être. Dans la réalité, c’est toujours en cours.

    3. L’épisode eschatologique de fukushima a fait long feu sur ce blog

      Il n’a pas fait long feu puisque cet épisode n’a jamais eu lieu.

      Vous confondez, description et analyse critique de la situation à Fukushima, remise en cause du modèle de civilisation actuel dont cette catastrophe est emblématique, et discours eschatologique.
      L’eschatologie est le discours sur la fin des temps. C’est une question théologique.
      Les billets relatifs à Fukushima de François Leclerc et Paul Jorion se sont bien gardés de gloser sur le sens d’une fin des temps au sens religieux du terme. Ce sont d’affaires humaines dont il s’agit ici. Comment éviter de futures catastrophes.

  49. Pour la Bretagne : « Nautamine »
    Pour Zermatt et le mal de l’altitude : « Auriculothérapie »…… 🙂

    « L’une des craintes exprimées par rapport à la réunion de Bilderberg de cette année concernait précisément la possible mise en place d’un consensus en vue de la censure de l’internet. Et que penser du Sommet présenté avec l’intitulé « Humanizing globalization » et la thématique affichée « Servant leaders », qui doit avoir lieu à Zermatt dans quelques jours avec la participation du fondateur de Wikipédia Jimmy Wales ? »

    voici le lien : http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2011/06/12/bilderberg-zermatt-wikipedia.htm

    1. Erreur 404…Erreur 404 …Erreur 404 …Erreur 404 ….Erreur 404 …Erreur 404 …Erreur 404 …Erreur 404 …

      1. Etrange. moi c’est ma bécane qui se met carrément à genou en suivant ce lien depuis le blog……
        Mais en passant par Gogol le même lien fonctionne.

  50. @paul

    Vous leur retirez leur capacité d’étonnement. Ils ne peuvent qu’ hausser la voix pour couvrir la vôtre. Mais en aucun cas ne peuvent se prévaloir de leur ignorance pour justifier leurs actes et leur absence de résultat.

    Ils attachent tellement d’importance à leur crédibilité et à leur respectabilité, qui leur sert habituellement à asséner des contre vérités à longueur de journée et à imposer leur vues.
    Le pillage à visage découvert est beaucoup moins amusant.

    Les résultats obtenus sont malheureusement conformes aux stratégies mises en place, elles ne sont simplement pas communiquées. Votre travail de décryptage, d’anticipation et de vulgarisation nous permet juste de rattraper le niveau de compréhension suffisant pour savoir à qui demander des comptes.

    Bien sûr , une fois informé, la capacité de réaction sera différente si vous êtes un jeune retraité ou gérant d’un fonds souverain.

    Une chose est certaine, les bonnes questions se posent de plus en plus tôt. Et les explications sont de moins en moins assurées.

    Bon courage, vous pouvez continuer.
    Car pendant ce temps là , la mondialisation ordinaire continue :

    « Un ami m’annonce qu’il vient d’avoir une promotion attendue depuis longtemps, mais surprise sa première mission consiste à former des indiens qui vont reprendre la majeure partie des tâches de son service, une première réorganisation est prévue et annoncée de longue date avec les explications d’usage (nous sommes en France, un minimum de règlementation oblige à préserver quelques apparences…). Puis dans un second temps, mais cela est secret, il sera seul responsable et unique membre du service en France et honorable correspondant ». Belle promotion en perspective. Sauf si le prochain plan secret d’après, c’est : merci d’éteindre la lumière, de fermer la porte en sortant et de laisser la clé dans la boîte à lettre ». Mon ami a de la chance, il n’a que 10 ans de retard sur tant d’autres.

    « Très récemment, dans une autre société, beaucoup plus « avancée » en terme d’organisation mondialisée, voilà ce que çà donne.
    -> le client : Livrez-moi
    –> le sous traitant niv 2 : Livrez moi (à sous traitant niv 1 )
    –> le sous traitant niv 1 : Pas de commande , pas de livraison voir avec le fournisseur officiel
    –> le fournisseur (filiale france) : je n’ai pas reçu la validation de commande client ( fililale inde), bon tant pis je commande à sous traitant niv 1 )
    –> le sous traitant niv 1 : j’ai la commande je livre voilà
    –> le sous traitant niv 2 : voilà
    –> le client : ouf on a failli être en retard.
    … un petit peu plus tard le lendemain
    –> le fournisseur (filiale france) à sous-traitant niv1 : bien en fait la commande du client a été refusée par les indiens.(filiale inde)
    –> le sous-traitant niv 1 : oh ce n’est pas grave vous m’avez commandé , c’est livré, je vous facture.
    –> le fournisseur (filiale france) à sous-traitant niv1 : oh vous avez raison ce n’est pas grave, mais vous ne serez pas payé car c’est la filiale inde qui décide et qui paie. Je suis vraiment désolé ».
    –> le sous-traitant niv 1 : …… »

    « Les personnages et les situations de ces récits étant purement fictifs, toute ressemblance avec des personnes ou des situations existantes ou ayant existé ne saurait être que fortuite. »

    1. Un grand classique, qui n’amuse pas plus les uns que les autres, d’ailleurs …
      L’autre, sous-payé ( pour un temps ) s’en fiche …vu le contexte, il a raison.
      Le boulot n’est pas fait correctement : cela ne fait rien, pas le problème ! du moment qu’on noie le poisson sous un flot de « communication » vérolée, mais trés bien payée .
      ça coûte beaucoup plus cher ! aucun problème … le cost-killing ne s’exerçait pas à ce niveau …

      les dividendes coulent à flot …

      Laissez couler …le Système.

    2. « Très récemment, dans une autre société, beaucoup plus « avancée » en terme d’organisation mondialisée, voilà ce que çà donne.

      C’est remarquable, Kafka aurait adoré… Et dire que ces boites font des profits incroyables en étant carrément plus bureaucratisées, inefficaces, déhumanisées que les institutions publiques qu’elles poussent à la privatisation au nom de l’efficacité pour mieux les faire dégénérer…

      L’absurde ne connait plus de limite, merci pour ces exemples éloquents et « purements fictifs »…

  51. @Paul Jorion :

    Je me permet de résumer avec un peu d’humour :

    2005-2007 : « hé ho, la haut, le bidule va casser »
    2008 : « le bidule est en train de casser, il peut être réparer en faisant ceci »
    2009-2010 : « le bidule est vachement en train de casser, il y a encore moyen de faire quelque chose »
    14/06/2011 : « le bidule est quasiment fini d’être cassé, et j’en ai marre de le dire »
    15/06/2011 : ??? le bidule est cassé et il faut fermer boutique, retourner chasser avec des massus et tailler des silex ???

    Non je plaisante, et je ne me moque pas.
    Comme déjà dit, je suggère de prendre un peu de distance, vous faites une course d’endurance, pas un sprint.
    Oui le système est quasiment cassé, oui il va y avoir des dégats, oui il va y avoir du chomage et nous aurons peut être faim, mais n’avez vous pas remarqué que ce matin il faisait beau (j’espère) et que la forêt sens bon quand on s’y promène après la pluie ?
    Demain attendra un autre jour.

    1. oui il va y avoir du chomage et nous aurons peut être faim, mais n’avez vous pas remarqué que ce matin il faisait beau (j’espère) et que la forêt sens bon quand on s’y promène après la pluie ?
      Demain attendra un autre jour.

      Allez chanter votre refrain à Bernanke ou Trichet, au vu des valises qu’ils se trainent sous les yeux, de leur teint et de leur état général manifestement dépressif, ce me semble plus indiqué que pour Paul qui ne vous a pas attendu pour apprendre à vivre et prendre du recul, ni, comme dans ce billet, pour faire un condensé comme salutaire bilan quinquennal – et un « coup » très astucieux…

      1. Non je ne vais pas aller le « chanter » à ces gens là car ils s’en foutent.
        Quant à qualifier mes mots de refrain, libre à vous de les considérer comme tel…

  52. on peut être écœuré (catastrophisme) mais aussi en profiter et prendre ces crises comme une chance (entropisme)… les capitalistes libertaires, les alter-mondistes véritables et autres communistes éclairés l’ont bien compris et seuls les consuméristes effrénés courent au carnage.

    – les capitalistes profitent de cette aubaine incroyable que sont les grandes crises pour acheter à bas prix et revendre au sommet afin d’augmenter leur capital, internet permettant à tous de bénéficier comme jamais d’un capital extrêmement diversifié et original et de pouvoir le gérer avec un minimum de frais, sans intermédiaires gourmands et menteurs. en quelques clics, on peut transformer ses euros en or, en matières premières, en actions, en produits dérivés (pour les sportifs), en devises diverses et variées et vice versa. chacun à désormais la possibilité de gérer son capital comme il le souhaite, les banques en lignes ne coûtent rien ou presque, les frais de broker sont cassés, le marché est mondial et décentralisé. mm si les grands requins créent la houle pour ramasser le fretin, on a toujours la possibilité de se rabattre vers des actifs moins risqués, sur des plateformes de marché semi fermées de taille humaine (bullionvault par exemple, pour l’or).

    – les alter-mondistes ont une chance incroyable car les crises du capitalisme permettent comme jamais de mettre en avant leurs valeurs, c’est un booster incroyable pour leurs idées. si tout allait bien, tout le temps, pour le capitalisme, jamais les alternatives n’auraient droit de cité… regardez comme fukushima a fait du bien à la cause écologiste… comme la sécheresse fait gagner du terrain aux partisans des semences paysannes, à la structure paysanne de l’agriculture (dans la configuration actuelle du monde, évidement…).

    – les communistes éclairés, de toute façon, vivent en dehors du système capitaliste et par leur système économique basé sur le partage, ne sont pas affectés par les crises du capitalisme. leur regroupement en coopérative et leur recherche permanente de l’autosuffisance leur permet d’encaisser les baisses de régime de l’économie mondialisée et consumériste.

    seulement voilà, pour profiter de ces crises, il faut être prêt avant… bien avant. le capitalisme portant en lui les gènes de sa propre destruction et de sa régénération (le capitalisme est un phénix), il suffit de se préparer quand tout va bien pour jaillir quand tout va mal et si on rate une crise, il suffit d’attendre la prochaine (tous les 2 ans environ)…

    ce qui est sûr par contre, c’est que nous sommes en train de sortir d’un capitalisme libéral (tout va bien) pour aller vers un capitalisme conservateur (nous sommes dans une phase paroxysmique, et il y a une menace réelle qui se forme au dessus de la classe dominante actuelle, sans toutefois remettre en cause l’organisation capitaliste du monde actuel et futur). et qui dit conservation, dit autoritarisme et recherche de stabilité, à tout prix (ce qui générera in fine un entropisme encore plus fort par effet d’accumulation d’énergie et plus l’ordre sera fort, plus l’énergie accumulée s’évacuera avec force et donc avec pertes et fracas). donc d’une réadaptation douce de notre société nous allons passer à une réadaptation brutale. en fonction des élites au pouvoir, le sang coulera plus ou moins et le système qui émergera de la réorganisation sera plus démocratique ou plus autoritaire.

    enfin, il ne sert à rien d’avertir les élites car c’est protéger le système en place et leur donner les moyens de continuer à préserver leur pouvoir personnel. il faut prévenir le peuple à la place et lui fournir les armes pour se passer de l’élite et enfin modéliser un système social entropique adaptogène, donc éternellement régénérateur, polymorphe et mutant (en fonction des conditions matérielles de fonctionnement du système : climat, ressources, démographie, topologie, menaces extérieures et intérieures) que nous pourrions utiliser pour sécuriser notre descendance sur cette planète…

  53. Les « Frégates de Taïwan » pour le mal de mer…. ?
    « Ecoeurons nous avec JM Aphatie qui pause ses questions. Pertinentes pour une fois.

    « Laurent Fabius, ministre du gouvernement Jospin, en décembre 2001

    Francis Mer, ministre du gouvernement Raffarin, en juin 2002

    Thierry Breton, ministre du gouvernement Villepin, en octobre 2006.

    En refusant de lever le secret défense, ces trois ministres de ces trois gouvernements ont empêché, volontairement, la justice française de faire son travail. Pour quelles raisons ces trois personnalités ont-elles pris cette décision?

    Ont-elles jugées, chacune, que des intérêts supérieurs devaient être protégés? Lesquels?

    Ont-elles pris cette décision en accord avec leur chef de gouvernement respectif, ou bien en désaccord avec lui?

    Ont-elles été, à l’inverse, contraintes de prendre une position qu’elles n’approuvaient pas?

    In fine, l’Etat français se trouve condamné. Voilà donc le gouvernement contraint de faire supporter aux contribuables le poids et le prix de l’amende décidée par la justice française.

    Comment admettre que le secret d’Etat couvre les bénéficiaires légaux et illégaux de pots de vin, et que les contribuables en supportent les conséquences?

    Comment les trois personnalités concernées, Fabius, Mer, Breton, s’arrangent-elles, dans leur conscience de cette contradiction majeure?

    Que répondent-elles à l’accusation d’avoir finalement entravée la justice de leur pays au profit de personnages ayant bénéficié d’argent noir par des canaux illégaux?

    Ont-elles le sentiment, en ayant agit ainsi, d’avoir servi l’intérêt général?

    Leur action correspond-elle non pas un idéal démocratique, nous en sommes évidemment loin, mais simplement à des nécessités pratiques qu’elles peuvent publiquement défendre?

    Ces questions là sont posées par les modalités de règlement de cette sordide affaire dite des Frégates de Taïwan. Y sera-t-il répondu un jour? L’une des trois personnalités citée acceptera-t-elle de rédiger un texte, par exemple, et de le faire parvenir pour publication ici même? »

    http://www.rtl.fr/blog/aphatie/questions-a-laurent-fabius-francis-mer-et-thierry-breton-a-propos-des-fregates-de-taiwan-14-06-7695050403

    1. Eh bien voilà Mr Apathie regrettait de publier son message sur un blog confidentiel (rtl.fr/blog/apathie). donc çà c’est fait.

      C’est amusant comme il est facile de trouver des députés pour voter des lois pour payer les amendes à l’unanimité.

      Le parlement a également un rôle de contrôle de l’exécutif et son pouvoir n’est pas aussi anodin qu’il y parait. Pourtant il est rare qu’une motion de censure soit lancée sur des motifs sérieux, et encore plus rare qu’elle soit adoptée.

      Ceux qui verraient un conflit d’intérêt dans le fait qu’un député aurait quelques réticences à sanctionner un ministre en exercice, sous le simple prétexte qu’il rêve d’exercer lui aussi cette fonction, ont vraiment l’esprit mal tourné.

      D’ailleurs pour couper court à ce type de suspicion intolérable, un projet de loi visant à interdire à tout député de devenir ministre, et à tout ministre de devenir député sera prochainement déposé. Ainsi chacun à sa place, pourra exercer ses fonctions sans arrière pensée et en veillant au respect des intérêts supérieurs de la république française et de ses citoyens.

      Et c’est bien cela l’essentiel et notre but à tous.

      1. Obtenir « l’unanimité » et plus fort « le silence total » dans une assemblée de Gaulois est un événement si rare qu’il est opportun de le noter……

      2. Apathie aujourd’hui.
        PS: mon billet d’hier, sur le scandale du secret défense opposé aux juges par le gouvernement dans l’affaire des frégates de Taïwan, alors même que les contribuables vont devoir acquitter une amende record de 460 millions d’euros, ce billet là n’a rien suscité, nulle part. La preuve que nous nous contrefoutons de l’observation d’une morale élémentaire dans la vie publique, tout en regrettant par ailleurs l’absence de morale dans la vie publique. Cherchez l’erreur, et si vous la trouvez, faites-moi signe.
        http://www.rtl.fr/blog/aphatie/la-grece-plonge-et-nous-avec-15-06-7695337331

        Ici aussi il n’y a pas eu foule.
        Ce sera peut-être un futur sujet de billet dans ce blog qui a toujours un temps d’avance, le billet de Jean-Mimi d’aujourd’hui nous le prouvant …..

  54. @DtunP,

    Pourquoi juste reproduire in extenso le texte de P.Jorion, sans autre commentaire que:  » il se prend la grosse tête, LE Paul Jorion, là  » ?
    Les joies du copié-collé, c’était bon dans les années 70, mon gars….
    Vous vous prenez la petite tête, là….

  55. Pour que les choses changent il ne suffit pas d’avoir raison, avec des faits réels et une démonstration imparable, ni d’en parler, ni même d’être entendu et compris, il faut que ça devienne une évidence pour le + grand nombre. On n’en est pas là, il reste l’obstacle « religieux » du mythe du « capitalisme anti-communisme » qui rend libre et riche chez les dirigeants, presque tous aisés ou très aisés, et surtout âgés ou très âgés.

    Il faut une génération, peut-être un peu moins, pour qu’un état d’esprit change nettement.

    L’important n’est pas tellement d’avoir raison, c’est de permettre aux gens peu intéressés par l’économie de voir et comprendre qu’il existe des alternatives, des solutions réfléchies et viables, avantageuses pour eux.
    Par exemple une constitution pour l’économie. Que la mondialisation n’est pas la seule voie possible ni souhaitable. Que la démocratie s’accommode fort bien de la finance quand elle la contrôle, et pas l’inverse.
    Et que l’économie s’intègre dans un tout qui inclut aussi la fin de l’énergie bon marché, la pollution sur le long terme, la destruction des ressources, la tentation de l’autoritarisme par l’oligarchie…

  56. Je n’aurai pas eu le plaisir d’influer sur le cours des événements, juste celui d’avoir prédit correctement les catastrophes à venir. Il faut se contenter des satisfactions qu’on peut.

    Que nous soyons économiste ou technicien, nous ne sommes qu’un infime rouage dans le changement qui est à venir, seul on ne peut rien c’est ensemble qu’on construit de grandes choses.
    Je reste persuadé que vous avez dans votre blog un nombre de personnes qui dans leur milieu sont capables d’en découdre pour proposer des solutions valables et durables, c’est sur elle que vous devez vous appuyer.

    1. nous sommes des rouages, sans aucun doute

      mais voulons nous devenir des grains de sable pour gripper cette mécanique mortifère ?

  57. Pour influer , encore faut il trouver où se situe les leviers d’influences…

    Certes , élaborer des idées est une chose excellente et indispensable , mais certainement pas suffisante .

    Les leviers d’influences du monde économique actuel passent par des hommes .
    En ce qui concerne dsk par exemple , je crois qu’on peut oublier pour un bon moment .

    Le fond du problème de l’influence est donc :
    « où se situe véritablement le pouvoir de décision ? » .
    En matière d’économie, le cercle des économistes semble avoir l’oreille du pouvoir .

    Les économistes de ce cercle (dont probablement seul Attali à cherché à comprendre la raison de la non-anticipation de la crise de 2008 ) semble influents au niveau national . Mais ils restent (pour la seule raison évoquée précèdement ) à ce jour tristement bloqué dans un raisonnement-type, raisonnement forcément buggé puisque manifestement non performant en matière de prévision de crise gravissime , et ce malgré leur haut niveau de formation .

    D’un autre côté, il semble qu’il y est une recherche (possiblement influente) de solution à la crise mondiale autour de Michel Camdessus .

    Ce personnage se dit chrétien mais est , à ce jour, bien plus sous l’influence de sa culture bourgeoise et libérale que de sa foi .Malheureusement, sa notion de bien commun est fausse du fait de sa méconnaissance profonde du monde de la pauvreté .Ceci dit , il est très possible qu’il soit véritablement en recherche d’idées novatrices.

    Extrait :
    « En mars de cette année, les banquiers centraux du G20, des penseurs universitaires de haut niveau et des dirigeants financiers se sont réunis en Chine pour chercher des solutions à ce problème. L’ancien directeur général du FMI Michel Camdessus a ainsi constitué un groupe d’économistes d’élite composé de 18 personnes venant du monde entier pour trouver une solution au Dilemme de Triffin.

    Le Professeur Robert Mundell, lauréat du Prix Nobel d’économie, a proposé l’idée de créer une banque centrale mondiale, avec un système de taux de change fixe, et de nombreuses autres personnes ont offert leurs idées pour le développement de cette idée. »
    source /http://contreinfo.info/article.php3?id_article=3106

    PS : concernant le personnage d’influence qu’est Camdessus
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Michel_Camdessus

  58. courage , paul . la lecture d  » une brève histoire de l’extinction en masse des espèces  » de Franz Broswimmer ( ed Agone ) m’inspire le même sentiment d’écoeurement .

  59. Non, ne lâchez rien!!!
    Récemment, vous avez été exposé à l’agencement des média.
    Cela est certainement déstabilisant….

    Mais, vous êtes rendu seul face aux media, c’est la règle.
    Il vous faut des complices….
    Nicolas Hulot, qui connut l’inverse, se retrouve aussi en carence de complices, par exemple.
    Et lui, il en a bien trop, mais de trop de poids en regard de leurs intérêts, ou trop maigres en regards de l’intérêt commun!

    Ayez plein de complices, c’est la règle.
    Choisissez ceux qui ne sont pas encore maqués…., pas besoin encore qu’ils soient masqués, juste qu’ils soient réellement-« vraiment » complices.

    Ah Machiavel!
    Comment ferais-tu en nos situations de pouvoirs dilués?

  60. Cher Paul, votre écoeurement est compréhensible. Rappeler la prochaine crise de l’immobilier commercial US ou revenir sur les conséquences de Fukushima laisse souvent mes interlocuteurs inquiets … sur ma santé mentale ! Mais sonneur d’alerte a sa noblesse, ne lâchez pas !

  61. Plus j´avance, plus je me dis que le truc, c´est de ne faire AUCUNE concession à ce système. Pas facile, demande énormément d´efforts et un véritable saut dans le vide pour la majorité d´entre nous.
    Alors oui, certains vous prennent pour un fou, d´autres sont inquiets pour votre psychologie ou pour votre avenir. Et alors, mon avenir, c´est mon choix. Si je déconne, j´assumerai mes erreurs et je progresserai ainsi en me relevant toujours. Mon mot d´ordre désormais est « plus jamais à genou » et je constate que chaque fois que vous essayez de composer avec ce système, vous posez déjà un genou au sol, rien de plus facile ensuite de rester planté toute sa vie.

    Alors, oui, je sais toujours pas dans quelle case Camus me classerait, mais je suis quelque part dans L´homme révolté, ou dans un complément à écrire à cet ouvrage parmi les essentiels d´une bibliothèque.

    Peut-être que ce serait pas mal si je vous livrais le contenu de la bibliothèque qui constitue un gros magma (ou un corrium pour être dans l´actualité) dans ma cervelle qui a du mal à suivre, mais qui bosse dur pour adapter le système de refroidissement.
    Pensez-vous que ça ferait progresser le débat ?

    Fraternellement, Vincent.

  62. EN PLUS,

    Je me suis aperçu que je ne rendais pas mieux service à vouloir trop faire le prophète Jérémie, car le message de l »apocalypse ça fait déjà si peur aux gens surtout aux premiers dévots du système,

    Alors je me suis dit après coup que ce serait peut-être bien plus prérérable de leur dire
    que des bonnes nouvelles, que le message de la PROPHETIE par exemple, ce n’était pas uniquement que des mauvaises choses malsaines à retenir,

    oui je trouve que le monde ne fait pas encore bien la fête surtout au niveau du prix du champagne, de l’huile, du pain, du riz et de la bonne vinasse.

    C’est pourquoi contrairement à tous ces oiseaux de mauvaise augure, je préconise avant tout un plus grand sourire à la Mickey, allez lachez-vous les ami(e)s ne soyez donc pas autant constipés cela ne sert à rien, prenons plutôt du Laxatif, il y a déjà tellement de gens qui n’éprouvent plus grand coeur à l’ouvrage et contrairement à tant d’idées reçus sur les ondes.

    Oui nous ne serons jamais réellement à combien s’élèvera le nombre de malheureux en plus, c’est pourquoi je n’encouragerais jamais quelqu’un à vouloir rester plus longtemps constipé
    et cela pour mieux servir encore les intérêts de quelqu’uns au dessus de tous.

    Car plus ils deviennent immensémment riches et incontournables pour notre lendemain
    et plus tout le monde ne pense plus du tout qu’à cela.

    J’avancerais même l’idée que plus il y aura de nouveau euphorie et aveuglement outrancier
    de plus sur les marchés et mieux alors le monde se portera automatiquement tout le temps.

    Faut pas faire alors le prophète de malheur tout le temps ça fait pas non plus très Emmanuel pour les marchés.

    1. En plus ces derniers temps je me suis aperçu que j’étais bien à court de citations, de maximes, de bon raisonnement positif sur les marques, d’inspiration même à pouvoir davantage me démarquer de tout le matraque commercial actuel dans les esprits.

      Oui pourquoi vouloir toujours le dos à la servitude, à l’esclavage, à mes semblables, au conformisme, au machinisme, à l’économisme, ne serait-il pas mieux avant tout pour le
      pauvre pinpin que je suis, de retourner bien sagement dans le troupeau, baissons la tête.

      Pour le bêlement il faudrait toujours être en société, mouton je suis né, droite ou gauche,
      mouton je le resterais alors toute ma vie, tiens c’est bizarre mais pourquoi donc le prix de l’huile n’augmente pas plus que cela au quotidien et dans le portefeuille de la ménagère
      de cinquante ans, sans doute qu’avec une huile trop chère ils ne pourraient pas mieux de nouveau graisser les nombreux rouages du système.

      Il est vrai que cela grippe déjà tant de partout à la fois, mais qui sont quand même les plus cons des hommes ou des femmes de nos jours en Amérique comme partout ailleurs ?

    2. Non sono andato à sciare perche ero constipato.
      (cas classique de faux ami italien, skier, « sciare », se dit « chi – ar -é » phonétiquement, « constipato = enrhumé).

      Que pensez vous, cher prophète pas disparu, du cas d’optimisme (ou pessimisme, c’est comme on voudra) intermédiaire de Rifkin ? De l’empathie contre de l’entropie, qui-c’est-qui-va-gagner…

  63. Pour lutter contre un système mondialisé et déshumanisé les « états » nationaux sont soit impuissants, soit complices.
    Les populations se sentent impuissantes et dépassées par la complexité du monde, et le sont car se laissant manipulées par un environnement médiatique encadré et normalisé.
    Nous sentons tous que rien ne sera sérieusement entrepris pour corriger les problèmes actuels avant qu’il ne soit trop tard.
    Je crains qu’il n’y ai pas d’autre solution pour éviter la catastrophe à venir que de créer le prochain monde avant même la chute de l’ancien.
    Créons la nouvelle démocratie en ligne, puisque c’est là qu’elle a le plus de chance de se développer.
    Elle ignorera les frontières, ce qui ne sera pas un mal puisque ses adversaires s’en moquent.
    (certains devrons se dévouer pour amoindrir la barrière des langues.)
    Il faut qu’elle réponde aux besoins d’informations du citoyen ordinaire qui ne sont pas satisfait par les médias.
    (et il y a beaucoup à faire.)
    Chacun doit pouvoir s’y exprimer, pour informer, pour questionner, pour commenter et soulever ainsi de nouvelles questions.
    (ni aprioris, ni dogmatisme, ni de solution définitive.)
    Il faut qu’elle ai des portes paroles, mais ni leaders, ni responsables.
    (nous ne voulons pas entrer dans le système. nous voulons le contraindre à remplir son rôle premier.)
    Il faut qu’elle suggère des possibilités d’actions pour atteindre de objectifs concrets, et rien ne l’empêche de proposer des objectifs contradictoires.
    (après tout, nous souhaitons plus de démocratie.)

    Les dirigeants ont démontrés qu’ils ne souhaitaient pas discuter, ni même entendre d’autres avis que les leurs.
    Le temps de la persuasion s’estompe.
    Le temps de l’action arrive.

    1. @ Wildleech

      Le temps de la persuasion s’estompe.
      Le temps de l’action arrive.

      Après avoir créé des liens de solidarité au niveau de ses amis , de son quartier, retiré son argent de la banque le jour où il est versé et investi ses quelques économies dans des équipements de survie alimentaire collective, le système de défense déjà prévu, de quelle action parlez-vous ?

  64. J´hallucine !!! Y´a Public Sénat qui fait un sujet sur Atlantico… Ben mon vieux, j´espère que c´est au nom de la liberté d´expression…Parce qu´on va quand même pas parler d´opinion pour ce site.

  65. Il existe ce que l’on appelle « l’attitude pendant l’orage ». Quand on est pris sous une averse soudaine, on peut, soit courir le plus vite possible, soit s’élancer pour s’abriter sous les avancées des toits des maisons qui bordent le chemin. De toutes façons, on sera mouillé.
    Si on se préparait auparavant mentalement, à l’idée d’être trempé, on serait en fin de compte fort peu contrarié à l’arrivé de la pluie. On peut appliquer ce principe avec profit dans toutes les situations.
    Jocho Yamamoto
    Merci Paul de nous préparer…

  66. Cher Paul, à méditer cette petite maxime de Schopenhauer, je crois…: toute vérité nouvelle suscite d’abord la raillerie, puis une forte opposition jusqu’à ce qu’elle apparaisse une évidence…
    autre citation: celui qui a raison un an avant la foule sera considéré comme un génie; deux ans avant, comme un fou!
    Bon courage!

  67. Monsieur Jorion,
    Je vous recommande à lire le petit livre de Stefan Zweig « Le joueur d’échecs ». Vous y retrouverez la déscription d’un personnage qui ressemble au système auquel nous sommes confrontés aujourd’hui, qui existe depuis toujours.
    Prédire, voir les évenements venir ne sert malheureusement pas à grande chose, car « le système » en tant que dynamique de groupe sera toujours plus fort, il écrasera les clairvoyants. C’est l’une des raisons pour lesquelles les artistes et intellectuels n’ont pas pu éviter les grandes catastrophes du siècle précédent, ni la guerre silentieuse qui déstabilise aujourd’hui les sociétés occidentales.

    1. OK. Mais il ne s’agit pas non plus de rester là à rien faire pour s’entendre dire nous n’y pouvons rien, c’est comme ça. Dans certaines situations dramatiques qui nous ont précédées quelques rares individus sont sortis de la masse complaisante et attentiste, ou pire, collaboratrice.

      1. Complêtement d’accord avec vous Octobre.Il faut absolument que les grands hommes -c’est à dire ceux qui mettent l’intérêt commun avant leur intérêt personnel- aident les jeunes à passer du statut de révoltés à celui de grands de l’histoire.

  68. Prévoir des économies d’argent à faire, jusqu’à même vouloir davantage écoeurer les êtres de donner, de rendre secours à l’autre, comme à un autre banquier. [ De Jérémie le pouilleux ]

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