La Conférence de Paul Jorion à Pairi Daiza, le 27 juin 2011, à l’initiative de la Société Régionale d’Investissements de Wallonie (SRIW), par Jean-François Tamellini

Billet invité. Un auditeur m’envoie son compte-rendu de mon exposé. Je le publie bien entendu avec un très grand plaisir.

C’est devant une assistance composée de pointures du monde patronal, de leaders syndicaux wallons, de représentants d’organismes publics et autres cadres issus de cabinets ministériels, que Paul Jorion, anthropologue au parcours qualifié d’époustouflant et de remarquable par le Président de la SRIW (Labille), de plus proche de la théorie du chaos par Jorion lui-même, entame son intervention sans filets et sous un soleil de plomb par ses souvenirs d’enfance à Fontaine-L’Evêque. Un patelin industriel du Hainaut bien vivant durant la jeunesse de l’orateur, dont le verdissement des terrils et la dissipation des fumées d’usines quelques années plus tard symbolisaient le tournant vécu par la Wallonie. Une transition qui peut servir d’image à celle que notre espèce amorce en ce moment et que l’orateur n’hésite pas à comparer au passage du paléolithique vers le néolitihique. Un peu comme dans cet album de Spirou : « Spirou et l’aventure », qui, bien avant le passage du millénaire, nous projetait en l’an 2000. Une sorte de rupture entre l’avant et l’après…

Jorion entre dans le vif du sujet en se penchant sur l’examen du caractère cyclique des crises. A bien y regarder, selon l’auteur, les crises ne suivent pas véritablement de cycles ; les crises diffèrent les unes des autres, même si elles peuvent présenter des caractéristiques communes. Mais elles nécessitent à chaque fois des solutions différentes et c’est probablement en ce point que la théorie des cycles ne constitue pas une vérité absolue.

Un thème de prédilection pour l’anthropologue visionnaire : la gestion chaotique des terres et leur colonialisation. Elles sont à la base de crises majeures et apparaissent comme un critère devant faire partie intégrante des solutions.

Transition vers un ambitieux parallèle entre la chute du mur de Berlin et la crise de 2008 ; deux événements majeurs finalement pas si éloignés que çà dans le temps, qui marquent en tous les cas la fin de deux systèmes. Le point commun de ces deux événements, la cause profonde de la fin de ces systèmes, résident selon Jorion dans la notion de complexité. Que ce soit dans le régime communiste ou dans le capitalisme, trop de choses peuvent mal tourner en fonction de la complexité de ces systèmes respectifs, avec un effet de contagion ; pour le communisme, la bureaucratie, la surveillance réciproque, la corruption ; pour le capitalisme, les instruments dérivés, la titrisation, les CDS… et évidemment les subprimes constituent les outils privilégiés de cette complexité.

Pas de commentaire sur l’idéologie de ces deux systèmes…

Jorion, Nostradamus des temps modernes ?

De manière très lucide et en faisant preuve d’une humilité certaine, l’auteur à succès relativise ses lumineuses prévisions de la crise des subprimes, 3 ou 4 ans avant qu’elle ne survienne. L’auteur souligne avec beaucoup de modestie mais probablement avec la même dose de cynisme, qu’il lui a suffi de se baisser pour ramasser l’information, étant à cette époque au service d’une des institutions US à la base de la banqueroute mondiale. Jorion utilise la métaphore du bourgeois qui voyait la peste proliférer sur Paris depuis le balcon de son hôtel particulier. Des mots savamment pesés devant le parterre de grands patrons wallons dont les intérêts financiers ont depuis belle lurette pris le pas sur les visions industrielles qui faisaient la grandeur des capitaines d’industrie d’antan. Une façon peut-être de faire un pied de nez à ceux qui croient qu’on ne peut pas parler de redistribution de richesses lorsqu’on porte un costume cravate (qui plus est sous un soleil de plomb ce soir là) et qu’on a travaillé au cœur du mal. Mais le message n’est-il pas encore plus fort ?

Comme le rappelait le modérateur du débat dans son introduction en citant Orwell : « Dans les temps de tromperie universelle, dire la vérité devient un acte révolutionnaire »…

Jorion revient ensuite sur les causes de la crise de 2008, thème pour lequel il avait été invité par la SRIW. Les causes à l’origine de l’agonie du capitalisme…

Il part du problème de stagnation des salaires en rapport avec la hausse des gains de productivité pour illustrer le déséquilibre flagrant de la redistribution des richesses. Deux périodes phares en termes de concentration des richesses aux USA : 1929 et 2007… avec les effets que nous connaissons. Le problème viendrait donc bien de la manière de redistribuer les richesses…

L’auteur cite les résultats d’un récent recensement (2010) réalisé outre Atlantique, qui démontre que 50% de la population la plus pauvre se partage 2,8 % du patrimoine existant, tandis qu’1% au sommet dispose de près d’un tiers de ce patrimoine (32,7 %).

Il insiste bien évidemment sur ce qui a mis le feu aux poudres, l’accélérateur d’incendie que sont les crédits largement facilités dans l’immobilier. Permettre à la masse de continuer à acheter des produits malgré le blocage des salaires. On parle bien ici de la masse laborieuse.

Mais de l’autre côté de l’équation on retrouve ceux qui veulent protéger leurs fortunes de l’inflation en recherchant les rendements les plus élevés. Jorion développe, sans jamais citer le terme, les mécanismes de spéculation, usant du terme de pari sur l’évolution des prix. L’auteur cite Keynes à ce sujet, déplorant que « la survie d’une civilisation soit menacée par l’économie casino ».

Un des problèmes selon Jorion en ce qui concerne ces paris est que chacun des deux parieurs (voire plus) est persuadé qu’il va gagner et qu’aucun des deux ne provisionne suffisamment pour se couvrir en cas de pertes. Les CDS illustrent bien ce phénomène ; en cas de restructuration de la dette grecque, les assureurs des CDS devront rembourser le différentiel. Or, selon l’auteur, beaucoup de ces assureurs font partie de caisses régionales allemandes, pas forcément dans les meilleures conditions de solvabilité…

Conséquence de ces paris insensés, l’une des plus grosses supercheries organisées par les économistes des temps modernes : l’addition des reconnaissances de dettes afin de mesurer les richesses créées. Une aberration quand on connait la capacité de remboursement de nombre de ces acteurs (via des instruments tels que les options, futures, etc)…

Un monde fondé sur le crédit est fragilisé et la complexité du système peut facilement le mettre à terre.

L’orateur illustre brièvement la situation de la Chine, des USA et de l’Europe en évoquant leur rapport au capitalisme.

En ce qui concerne la Chine, l’auteur considère que cette dernière ne s’est pas convertie au capitalisme. Elle a le don d’expérimenter chacun de ses outils « en traversant le gué en tâtant chaque pierre » comme la préconisait Deng Xiaoping. Elle crée un produit dérivé et si celui-ci ne fonctionne pas, elle le stoppe. Idem en ce qui concerne la spéculation immobilière ou l’inflation ; des contre feux sont toujours allumés pour éviter la propagation des incendies.

Les USA conservent l’avantage d’avoir une monnaie de référence (jusque quand ?) qui leur permet de faire fonctionner la planche à billets. Mais la dette publique US qui atteint les 14.000 milliards de dollars constitue un défi énorme, surtout quand on connait le rôle de la Chine dans cet acte souverain ; la Chine n’est pas seulement un bailleur de fonds majeur, mais elle conseille (et oriente donc) également les USA…

L’Europe enfin est dans une situation d’assistanat ; nous sommes face à une Europe infantilisée selon Jorion. La Chine et le Japon (avant Fukushima) sont en coulisses. Un des problèmes majeurs de l’Europe réside selon l’orateur dans le fait que la zone euro ait été créée avant que l’unité européenne ne soit constituée, hypothéquant les espoirs de consolidation de solidarités.

En guise de conclusion et après avoir dépeint une situation pas forcément des plus joyeuses, simple illustration des réalités actuelles, Paul Jorion clôture néanmoins son exposé par une note d’espoir : « Nous sommes à un tournant et d’autres perspectives s’ouvrent à nous ». Pour Jorion, nous devons être pionniers dans la recherche de solutions nouvelles. L’école de la décroissance est une voie, à laquelle l’auteur ne croit pas. Mais d’autres voies sont possibles et c’est en développant « des idées bizarres », « en revenant à la hauteur de bifurcations où nous avions abandonné certaines idées, en redéveloppant des solutions qui ne paraissaient pas réalisables auparavant mais qui auraient tout leur sens aujourd’hui que nous réussirons à recréer autre chose ».

Avec des bases plus sociales espérons-le…

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57 réflexions sur « La Conférence de Paul Jorion à Pairi Daiza, le 27 juin 2011, à l’initiative de la Société Régionale d’Investissements de Wallonie (SRIW), par Jean-François Tamellini »

    1. @Pad …. »Qu’est ce l’école de la décroissance dont l’auteur ne croit pas ? » Sachez Pad qu’en même temps ici, vous êtes en Belgique ….( ok, il faut s’y faire ) et que dans ce pays, notre capacité de dire « je suis, je pense que » est toute relative en comparaison à votre discours français pétrit de certitudes ; Par exemple chez nous, …. »Vous avez pour le même prix, le libéral flamand Verhofstadt qui présente un plan alternatif pour la Grèce : »Il suggère d’une part une consolidation budgétaire plus ambitieuse, basée sur une réduction accrue des dépenses publiques, et de l’autre un programme d’investissement permettant de relancer la croissance économique. Ces investissements proviendraient notamment de la BEI et du budget communautaire, via des avances sur les fonds de cohésion, mais aussi de Grèce. Le pays réduirait la charge fiscale sur les entreprises et réserverait à ce programme un quart de la recette des privatisations exigées par l’UE et le FMI. Selon M. Verhofstadt, cette solution permettrait de gagner la confiance des citoyens grecs, en diluant le sentiment que le pays est obligé de brader toutes ses possessions. Les libéraux suggèrent en outre que les privatisations ne soient pas conduites au pas de course, afin d’en obtenir le meilleur prix. Le plan des libéraux prévoit aussi un effort des pays de la zone euro, qui devraient accepter une baisse du taux d’intérêt facturé à Athènes en contrepartie de leur aide, mais aussi des créanciers privés. Ceux-ci devraient, par exemple, accepter une prolongation de la maturité des prêts grecs. (LEE) ……..
      Et derrière un ( même ) libéral francophone à savoir Reynders qui propose La relance l’idée des euro-obligations ….et nous, le peuple belge…à tout moment, obligés de faire le tri entre minimum deux, voir trois et parfois quatre « manières de voir les choses » » Vous savez quoi, mes ascendants français, …Je vous envie de n’avoir pas à faire cet exercice difficile tous les matins au petit déj !…à savoir, se mettre à la place de l’autre…Compromis  » à la belge » …et ne pas tjrs jeter le bb avec l’eau du bain….Chez nous, on dit, Half-en-half is een typisch Brussels drankje….Paul….Mdr ! ………………………………Help me !!! ;-))) Y’a des jours je vous jure ou je maudis mes ancêtres d’avoir « franchi la frontière »….On était si bien en Champagne-Ardenne ;-))))

      1. Merci de me faire découvrir le half-en-half à moi qui voit le verre à moitié vide plus qu’à moitié plein. Un de ces quatre je vais tester ce breuvage mystérieux pour combler ce triste vide, je veux bien sûr parler de mon vide culturel de wezembeekois moyen qui rêve d’une place de village. Un de mes collègues flamand vient de faire savoir que c’est un vin blanc-champagne. Pourquoi pas, en tous cas ça a l’air déjà mieux que le mazout. A voir donc.

        Chef un ptit verre on soif ! On a soif ! On a soif ! – Le grand JoJo
        http://www.youtube.com/watch?v=Dv-vqcR4GY4

  1. Si l’homme est capable de réorienter qualitativement la « croissance » en accordant plus « de valeur » ou plutôt de prix à sa composante intellectuelle, alors oui, on peut envisager de poursuivre le trend de la croissance, mais si, comme cela semble beaucoup plus plausible, on continue à consommer les ressources de la planète, même avec une plus grande efficacité (l’amélioration de la consommation des ampoules n’a pas entraîné une réduction de la consommation d’électricité; idem pour les moteurs de voitures, voir aussi le gaspillage du gaz naturel extrait en même temps que le pétrole et brûlé par les pétroliers rejetant ainsi sans vergogne en « complément » 400millions de T de CO2 …), il n’est pas certain que tout aille pour le mieux éternellement. Un VRAI scientifique, Etienne KLEIN relève, dans son dernier ouvrage, que la pensée scientifique actuelle n’est plus à la hauteur; alors ne comptons pas trop sur elle pour toujours nous tirer d’affaire ou repousser le rocher de Sysiphe. Malheureusement, tout le monde s’en fout, le court terme est et restera roi, et comme la création monétaire est par essence infinie on pourra continuer à croire au Père Noël, jusqu’à ce que le Père fouettard prenne la place, mais il y en aura encore du bon côté du manche…

    1. pourquoi jacquesson…..729 / 730 / 731 ……non non tout le monde ne s’en fout pas, on ne demande pas l’avis des gens, je demandais ce soir a ma fille de définir la démocratie : réponse on a le droit de dire ce que l’on pense, et on vote…pour ma part il manque le principal la décision….à quand une adéquation de la démocratie avec les moyens actuels….pas je, pas il, mais tous ensemble

  2. Bravo à l’auteur de ce billet et surtout à son inspirateur.
    Pour un ancien néophyte comme moi qui depuis plus de 2 ans a quelque peu progressé à travers ce blog et les pages éco de journaux ou mensuels critiques, je trouve là un excellent condensé, un très bon point d’entrée qui appelle à en savoir davantage, à cerner la réalité de plus près.
    A diffuser largement pour mise à niveau.

  3. selon l’auteur, les crises ne suivent pas véritablement de cycles ; les crises diffèrent les unes des autres, même si elles peuvent présenter des caractéristiques communes.

    Eh oui, cela ne sera pas la première fois dans l’histoire que des systèmes socio-économiques de type impériaux naissent, vivent et meurent.

    Paul Jorion clôture néanmoins son exposé par une note d’espoir

    Là par contre, si les crises de civilisation se suivent et ne ressemblent pas, elle finissent rarement dans la joie et la bonne humeur.
    Tenter, pour une fois, de faire mentir les « modèles » historiques ?

  4.  » évidemment les subprimes constituent les outils privilégiés de cette complexité. »

    Je ne suis pas d’accord avec ce paragraphe, ni avec le rôle que l’on fait jouer à la complexité, qui n’est qu’un mirage.

    Le Mur est tombé pour des raisons idéologiques tandis que notre système tombe pour des raisons systémiques – de boucles de rétroaction négatives (en tout cas non nulles). Ca n’a donc rien à voir. Le système de l’Est était honni, le nôtre trouve beaucoup d’adeptes. Il tombe en dépit de la volonté de la majorité.

    La complexité est une aberration épistémologique. Kant avait parlé du noumène, soit. Sinon je n’appelle pas complexe ce que quelques escrocs savent mettre en oeuvre à leur profit. Ce qu’ils sont capables de comprendre ne saurait être qualifié de complexe.

    « Seul un minus habens, ou quelqu’un qui par ruse ne veut pas se sentir atteint par ce qui précède, pourra me prendre pour un vandale qui veut détruire les clôtures du champ de la connaissance et y faire entrer les bêtes …  » (Kierkegaard, Op cité, p 135)

    1. Mmm, oui mais non mais : il y a la métaphore de Braudel, qui compare, dès le temps des gênois, les financiers au « circuit haute tension » dans un réseau électrique.

      Disons qu’au fur et à mesure que les étages de transformateurs s’enquillent, les propriétés émergentes du niveau N+1 ne peuvent être déduites automatiquement de la simple agrégation de celles du niveau N. Mais on peut dire qu’une fois que ces nouvelles propriétés sont manifestes, oui, il n’y a qu’à ce pencher, et il n’est pas besoin d’un être un as de combinatoire , un « mozart de la finance » pour faire l’escroc, Maddoff n’a pas écrit la partition d’un symphonique poème « Mazeppa » sauce financière: n’est pas Franz qui veut, Lisztfr.

    2. @lisztfr
      Je lis toujours avec grand intérêt vos commentaires. Là vous dites

      la complexité est un mirage…une aberration épistémologique

      « .

      Dans les thèses de Paul la fin des systèmes liée à leur complexité (non maitrisable) me parait être parmi les plus novatrices et heuristiques. Je crois qu’un débat devrait s’engager sur ce point car vraiment il est difficile de comprendre comment penser la complexité comme un mirage. L’homme classiquement placé entre deux infinis pourrait être au milieu de trois infinis et je reprends des idées de Joël de Rosnay : infiniment petit (microscope) ; infiniment grand (télescope); infiniment complexe (macroscope et en pratique l’ordinateur)… J’avoue que la programmation avec des règles très simples des automates cellulaires qui se développent avec complexité en univers graphiques m’avait convaincu que l’ordinateur permettait cette exploration (sans parler des figures fractales). Bien sûr on peut voir ça comme un mirage lié à nos trop grandes limitations physiques (ce qui nous ramène à Pascal…).
      Mais cette vision plus immédiate de la complexité m’apparait de plus en plus évidente dans notre monde. Ptolémée, Copernic ou Kepler pouvaient affronter à la main par le calcul (et grâce à leur génie) les mouvements des astres ; mais comment affronter l’immense complexité du vivant sans un outil comme un ordinateur ? Où est l’aberration épistémologique ?
      Mais n’étant pas philosophe, je préfère conclure en me disant quand mon PC plante à la suite d’une mise à jour (non réclamée) que notre monde a aussi bien des complexités inutiles…et que, oui, faire des produits financiers dérivés que personne ne comprenait (pas plus que nos tarifs de téléphones mobiles 🙂 ) a joué un rôle mortifère pour la société dite de con-sommation…

      1. @ Tolosolainen

        « Rosnay : infiniment petit (microscope) ; infiniment grand (télescope); infiniment complexe (macroscope et en pratique l’ordinateur) »

        Il est ici significatif que l’infini qui nous interroge du point de vu existentiel, le Temps ou Dieu, pour Kierkegaard (je ne sais pas encore), ait été oublié ou omis.

        La complexité en politique est quelque chose de dépolitisé qui me gène d’abord parce que Hayek en a parlé pour défendre le libéralisme, ensuite parce qu’elle a bon dos : on l’invoque comme la fatalité et on lui impute tout.

  5. En guise de conclusion et après avoir dépeint une situation pas forcément des plus joyeuses, simple illustration des réalités actuelles, Paul Jorion clôture néanmoins son exposé par une note d’espoir : « Nous sommes à un tournant et d’autres perspectives s’ouvrent à nous ». Pour Jorion, nous devons être pionniers dans la recherche de solutions nouvelles. L’école de la décroissance est une voie, à laquelle l’auteur ne croit pas. Mais d’autres voies sont possibles et c’est en développant « des idées bizarres », « en revenant à la hauteur de bifurcations où nous avions abandonné certaines idées, en redéveloppant des solutions qui ne paraissaient pas réalisables auparavant mais qui auraient tout leur sens aujourd’hui que nous réussirons à recréer autre chose ».

    Bien entendu
    http://www.pauljorion.com/blog/?p=25564#comment-196043
    Et la réponse
    http://www.pauljorion.com/blog/?p=25564#comment-196482
    Ce sont celles là les  » idées bizarres  »
    Un grand merci à Jean Luce Morlie
    Eh, Jean Luce, arrêtes, on n’a que 24 heures par jour
    http://www.pauljorion.com/blog/?p=25564#comment-197184
    Cependant, c’est une idée que je retiens.

      1. Rendons à César ce qui appartient à César, l’idée n’est pas de moi, mais quand quelque chose m’enthousiasme, je démarre au quart de tour et prend tout au premier degré.
        Si j’ai la chance de voir une perche, je la saisi immédiatement en espérant la faire évoluer.

  6. Toute petite remarque Fukushima:
    La filiation -la ligne directe- entre la débacle de 2008
    et le désastre de Fukushima aurait méritée une petite note illustrative
    des méfaits d’un système à l’agonie… Même « combat », mêmes résultats.

  7. Paul Jorion fait dans la feinte et l’esquive… il faut voir ça beaucoup plus radicalement, et sinon la réalité le fera voir beaucoup plus radicalement !

    La démocratie seconde comme l’appelle Sloterdijk, le seconde ère de la démocratie n’est pas semblable à celle de l’antiquité… Il y avait à l’époque des tribuns de la plèbe, ou des éphores chez les spartiates. Ces figures politiques étaient des sortes de présidents du peuple aux pouvoirs très importants, élus pour 1 an ! Donc ceci obligeait les instances de l’éxécutif à s’accorder avec la volonté du peuple en tout cas de trouver des compromis au lieu de fouler la volonté du peuple aux pieds comme en ce moment en France et partout ailleurs.

    Les USA élisent beaucoup de leurs représentants mais leurs fonctions sont limités. Je soutiens que dans nos démocraties la volonté du peuple est très mal représentée et qu’elle le serait peut-être mieux avec des tribuns de la plèbe ou autre, en tout cas à cette époque aussi on n’hésitait pas à envisager des mandats courts !

    Ce n’est peut-être pas la complexité qui a tué nos société mais le manque de démocratie !!! voilà d’abord la tare irrémédiable du communisme et de nos démocraties imaginaires. En ce moment je suis bien content que l’on entreprend de mettre l’industrie du médicament au pas, en France, le pouvoir politique défait le pouvoir industriel qui n’est pas ELU.

  8. Juste dommage que cette conférence fut réservée à quelques initiés mais si ça a pu faire avancer les consciences de certains décideurs, tant mieux. Mais laissez moi en douter.
    Un partisan de Bruxelles.

  9. Bonsoir à tous.

    Tout cela est bien beau.

    « Nous sommes à un tournant et d’autres perspectives s’ouvrent à nous ».

    Cela fait maintenant plus de deux ans que les dérives du système financier sont dénoncées de tous côtés. Des mots et encore des mots. Quels résultats?

    En Grèce, il semblerait que l’indignation soit un peu moins pacifique, cette fois-ci le bon peuple n’est pas sorti les mains vides. Sincèrement, c’est tout de même dramatique d’être obligé d’en arriver là pour se faire entendre en dernier recours. Les mots, tous les mots ont été épuisé.

  10. Il part du problème de stagnation des salaires en rapport avec la hausse des gains de productivité pour illustrer le déséquilibre flagrant de la redistribution des richesses. Deux périodes phares en termes de concentration des richesses aux USA : 1929 et 2007… avec les effets que nous connaissons. Le problème viendrait donc bien de la manière de redistribuer les richesses…

    Soit ! Mais pourquoi ? pourquoi les subprimes ? pourquoi l’endettement ?
    parce que depuis 1979, on a atteint le pic pétrolier OnShore, et que le pétrole est plus cher. Donc, on fait de la croissance a crédit.
    Depuis 2005 (2 ans avant que les subprimes n’éclatent) on a atteint le pic pétrolier conventionnel. Et le crédit ne suffit plus.
    Toutes les anticipations de croissance (les subprimes auraient pu ne pas éclater avec une économie en croissance) se sont révélées fausses a cause du pic pétrolier.

    Pourquoi la dérégulation ? pour trouver un nouvel élan a la croissance. Pourquoi cet élan ? par manque de pétrole « pas cher ».

    Bref, cette explication que fournit Paul, c’est l’arbre qui cache la forêt ! C’est penser que le système est en cause, alors que le système a très bien fonctionné très longtemps (tant qu’il y avait du pétrole a foison) et c’est faire l’impasse sur les raisons structurelles.
    C’est faire croire a l’homme, aux hommes, que c’est leur faute, et que donc, ils peuvent y changer quelque chose.
    C’est une terrible méprise.

    Car du coup, on continue de pérorer alors qu’il faudrait agir. Et vite.
    Dommage qu’une telle tribune ne soit pas utilisée a bon escient.

    Le capitalisme n’est pas intrinsèquement en cause, le capitalisme américain n’est simplement plus adapté au contexte. Même s’il y a des abus, les abus ont toujours existé, d’ou l’étonnement des dirigeants qui pourraient répondre en coeur : mais on vous a toujours trompé, et jusque la, ca fonctionnait plutôt bien.
    Bien sur il y a Internet qui change la donne, mais il joue le rôle d’accélérateur. La tendance de fond, c’est le pétrole.

      1. Paul,

        C’est malheureusement beaucoup plus compliqué.

        Oui et non. Si on reste avec sa seule grille de lecture, c’est effectivement plus compliqué : il faut rassembler les morceaux. Mais si l’on se place du point de vue de l’autre, c’est également cohérent, et c’est du coup pas très compliqué. Les critiques que vous pouvez lui adresser peuvent vous être retournées : vous observez dans votre cadre qui est comme les autres restreint.

        L’union fait la force. Surtout quand le but poursuivi est le même.

      2. Paul,

        Si c’est une explication sur le fond, pourriez-vous approfondir s’il vous plaît, car malgré tous mes efforts je ne comprends pas en quoi votre remarque fait avancer le débat.

      3. Paul,

        Pas de réponse…comme d’hab ! À moi (sous-titré : qu’est-ce qu’on s’marre !) :

        « L’enfer est pavé d’« explications étonnamment simples » » : du genre « Le problème s’il y a trop d’argent produit, c’est qu’il y en a qui se servent dans la caisse » ?

        L’enfer est pavé d’écoles et d’églises qui ont besoin de la complexité pour vivre, être indépendantes. Leur devise : « Vive la division ! ». Leur activité : recoller les morceaux. Le danger : la colle.

        « Les faits ne cessent pas d’exister parce qu’on les ignore. » (Aldous Huxley)

        Version Frédéricdardisée : les fesses ne cessent pas d’exister parce qu’on les ignore.

        « Le sens unique est à l’analyse ce que la bouche est au serpent »

        « L’ennemi est bête, il croit que c’est nous l’ennemi, alors que c’est lui! » – Pierre Desproges

        Bonne journée

      4. Julien,

        Julien : « Éclairez-moi donc. En 5 lignes, et de façon concrète, c’est quoi la société de Fab ? Et pas de blabla sur l’épanouissement personnel, la spiritualité et consorts. Et comment fait-on la transition ? »

        C’est pas gagné ! « Ma science, y’a qu’ça d’vrai ! », le reste, « l’épanouissement personnel, la spiritualité et consorts » c’est du « blabla » pour jeune fille en fleur… Allez hop, emballé c’est pesé : des millions d’humanistes, Gandhi, Jésus & Co., dans le bac de tri sélectif « Pas sérieux : s’abstenir. » de l’humanité. Mais baste, ça vaut bien : Le problème s’il y a trop d’argent produit, c’est qu’il y en a qui se servent dans la caisse ! En cinq lignes donc ?

        Ligne 1 : c’est un constat que chacun doit être amené à faire que de se dire que ceux qui ponctionnent la richesse qu’il a produite ne sont pas gentils. La question est comment.

        Ligne 2 : c’est un constat que chacun doit être amené à faire que si certains ponctionnent c’est qu’il y a excédent, qu’il y a de quoi ponctionner. La question est comment.

        Ligne 3 : c’est un constat que chacun doit être amené à faire qu’il produit une richesse dont personne n’a besoin, si ce n’est ceux qui ponctionnent, et donc le capitalisme pour fonctionner.

        Ligne 4 : c’est un constat que chacun doit être amené à faire qu’il est de son devoir de produire pour assurer ses besoins vitaux et ceux de la société, mais qu’au-delà ce doit être un choix fait librement, en toute conscience, mais en aucun cas une obligation. La question est comment.

        Ligne 5 : Comment ? C’est votre « de façon concrète » + « Et comment fait-on la transition ? » que vous exigez de moi (c’est légitime et respectueux de ma pensée) et que je vous demande depuis plus de deux ans, en vain. Voyez, pour cela et pour ne pas dépasser le format imposé, mon bulletin de candidature qui, si on prend le temps de se poser des questions de fond, contient les points précédents. Et ça tombe bien : il est en 5 points, le bulletin !

        Le bulletin et sa notice ? Quelque part par là : http://www.pauljorion.com/blog/?p=24982#comment-190037

        Les révolutionnaires pensent abolir les classes : ils rétablissent une hiérarchie encore plus dure. (E. Ionesco)

        Bonne journée (Satori plutôt que Youkaïdi)

        PS : j’espère avoir répondu à votre attente, je reste à votre disposition pour d’éventuelles questions. Je souhaiterais que vous publiiez mes messages actuellement bloqués : c’est parce que j’intègre la pensée des autres que j’attache de l’importance à mes messages. Merci.

    1. «Soit ! Mais pourquoi ? pourquoi les subprimes ? pourquoi l’endettement ? parce que depuis 1979, on a atteint le pic pétrolier OnShore, et que le pétrole est plus cher. Donc, on fait de la croissance a crédit. Depuis 2005 (2 ans avant que les subprimes n’éclatent) on a atteint le pic pétrolier conventionnel. Et le crédit ne suffit plus. Toutes les anticipations de croissance (les subprimes auraient pu ne pas éclater avec une économie en croissance) se sont révélées fausses a cause du pic pétrolier»

      Je n’arrive pas à déceler si vous êtes ironique ou pas et quel point de vue et le vôtre, et lequel est celui de PJ. Si possible clarifiez.

      Quoiqu’il en soit, la cassure de la croissance intervenue en 1974 ne peut que frapper les esprits (voir mon premier billet). Maurice Allais la met d’ailleurs sur le compte de l’abandon de la préférence pour défendre sa proposition de protectionnisme européen. C’est une explication bien sûr farfelue (voir mon 2è billet) : en 1974 est intervenu le premier choc pétrolier. Il n’y a pas eu d’abandon de la préférence comunautaire au Japon, et pourtant la cassure est encore plus marquée chez eux que chez nous.

      La cassure de 1974 est définitive : il n’y a pas eu de rattrapage. Cela augure d’une décroissance inévitable au fur et à mesure que le pétrole est plus difficile à extraire, sauf innovation techonologique majeure ET sa diffusion à grande échelle.

      Les Etats-Unis font figure d’exception : ils n’ont pour ainsi dire pas été affecté. Il est possible que leur dépendance pétrole ait été moindre que la notre à cette époque : producteur d’un côté, et industrie plus innovante que celle du Japon, par exemple. Enfin, ils ont peut-être obtenu la croissance à crédit, ce qui rejoint ce dont vous parlez.

      1. Non pas ironique. Peut-être un peu simpliste c’est tout, comme le dit Paul.
        Cependant, passer sous silence un facteur aussi important, et surtout sous-jacent, c’est passer à coté des véritables solutions.
        A quoi bon réformer le capitalisme américain, quand le principe même de la croissance est « physiquement » remis en cause.

        Les US … ??? ben c’est facile : la croissance ils l’ont eu grace au privilège du dollar, qui justement, comme par hasard, n’est plus couplé a l’or juste après le pic pétrolier US (1971).
        Bon, vous vous situez la cassure en 1974 (pic pétrolier US), moi en 1979 (pic Onshore mondial).
        Mais on va pas ergoter pour si peu.
        On voit très clairement sur les courbes d’endettement en supperposant à celles des pics pétroliers on voit clairement une cassure en 1979 / 1980.

      2. @yoananda.

        Je ne sais plus si on en avait déjà discuté mais le pic pétrolier onshore en 1979 correspond aussi au pic pétrolier par capita, ce qui est loin d’être anodin.

    2. @yoananda

      C’est faire croire a l’homme, aux hommes, que c’est leur faute, et que donc, ils peuvent y changer quelque chose.
      C’est une terrible méprise.

      Je crois que vous avez en partie raison, sauf sur cette phrase. Je suis aussi d’accord avec Paul.

      Ce sont des hommes qui ont voulu et créé ce système qui est devenu incontrôlable. Si ce n’est tous les hommes, une bonne partie d’entres eux en ont profité dans le monde occidental (et pas que les fameux détenteurs d’assurance vie de Vigneron), et une partie encore plus grande, ailleurs, espère bien en profiter, et c’est là ou ça coince fort avec les ressources limitées.

      La seule divergence, il me semble, est l’échelle de temps.
      Les mesures de Paul devraient être prises, dès aujourd’hui, et produiraient déjà un effet certain sous forme d’un signal extrêmement fort pour tous les accapareurs de la planète (la fête est finie) en même temps qu’un énorme soulagement des peubles.
      Les mesures permettant de vivre tous ensemble sur terre necessitent un changement bien plus radical de civilisation et prendra 1, 2 ou 3 générations, ce mouvement a déja pris naissance aux marges de la civilisation actuelle (sous diverses formes) mais je ne vois pas que ce mouvement devienne massif sans redonner de l’espoir aux peuples (d’ou les mesures prioritaires de Paul)

      Cordialement

      1. Ce système était adapté jusque dans les années 80. Les reaganomics étaient plutôt une bonne idée, sauf pour la dérégulation qui a été outrancière. Mais dans une certaine mesure, il a fallu compenser l’anémie économique structurelle par une croissance a crédit, d’ou l’accord tacite des politiciens pour développer les « armes financières », puisque la croissance n’était plus au RDV.
        Il aurait fallu alors adapter le système économique a cette époque. Mais le recul nécessaire pour comprendre l’influence du pic pétrolier manquait pour pouvoir être certain de son fait. Donc, c’est facile de blâmer aujourd’hui avec le recul des choix qui ont été fait sans connaissance du futur.

        Quand au changement de civilisation, nous n’avons pas 3 générations. Le taux de déplétion du pétrole conventionnel est de l’ordre de 30% sur 10 ans. 30% qui ne seront compensé qu’en partie, et a un coût élevé. Avec des états exsangues et des populations en colère, il ne sera pas possible de continuer à « pretend and extend » indéfiniment.
        Pour l’instant on en est au « on ne comprends pas bien ce qui se passe » du coté de la FED : taux bas, injections massives, inflation et chômage, et 7 dollar d’endettement pour 1 de croissance. On est au bout du rouleau… la croissance et les dettes sont en train d’exploser en plein vol. Et ca ne sera pas dans 3 générations qu’il faudra réagir. Il est déjà presque trop tard (je dis presque pour vous faire plaisir essentiellement – je ne suis pas dupe des politiques qui choisissent de tromper le peuple encore et encore).

      2. @yoananda

        Je parlais de 1 à 3 génération pour arriver à une situation un peu stabilisée, en ayant expérimenté, en s’étant planté, en ayant essayé à nouveau, et surtout en commençant « en vrai » maintenant.
        Est ce que cette période de transition sera paisible, je ne le crois pas. Ce que je voulais dire, c’est juste que les mesures préconisées ici me semblent un préalable.

    3. @yoananda,

      depuis 1979, on a atteint le pic pétrolier OnShore, et que le pétrole est plus cher. Donc, on fait de la croissance a crédit.

      Mais non, regardez donc les chiffres, l’augmentation de la facture pétrole représente qu’une partie de l’augmentation du crédit :

      Je vais prendre l’année 73, pré- premier choc pétrolier comme date de départ. Tous les montants sont en $ constants 2010

      1973
      consommation mondiale de pétrole : 18 milliards bbl /an
      prix : 22$ / bl (en $ 2010)
      facture pétrole mondiale = 22 x 18 = $ 396 milliards

      2010
      consommation mondiale de pétrole : 30 milliards bbl / an
      prix : 100$
      facture pétrole mondiale = $ 3000 milliards

      Donc sur ces 37 années on a eu une augmentation moyenne d’environ (3000-400)/2 = $1300 milliards par année

      Donc un total sur cette durée de 37 x 1300 = 48 100 milliards

      Maintenant le crédit:

      1973
      pib mondial : $ 18 000 milliards (toujours en $ 2010)
      crédit = 150% du pib mondial = $ 27 000 milliards

      2010
      pib mondial : $ 62 000 milliards
      crédit = 300% du pib mondial = $ 186 000 milliards

      Donc augmentation du crédit sur ces 37 années = 186 000 – 27 000 = $ 159 000 milliards

      L’augmentation de la facture pétrole sur ces 37 années représente moins d’un tiers de l’augmentation du crédit.

      Qu’est ce qui explique le reste? Si ce n’est l’explication de Paul Jorion ?

      Les faits sont têtus, et c’est plutôt l’explication pétrole, l’arbre qui cache la forêt.

      1. Heu, j’ai du louper un truc la !
        Ce que je dis, c’est justement qu’on fait de la croissance « a crédit » pour compenser la rareté du pétrole « pas cher ». Il faut regarder du coté de l’EROEI… et il n’est pas du tout évident avec des calculs comme ça d’éliminer les effets de loupe monétaire, car tous les coûts pétrolier ne sont pas facturés directement a la pompe.
        Par exemple (ce n’est qu’un exemple parmi d’autres) le coût de sécurisation de l’approvisionnement, ce sont des impôts qu’on paye pour l’armée. Mais c’est une dépense pétrolière au même titre que quand on met de l’essence dans la voiture. Donc une partie des impôts y va aussi. Pourtant, on ne le met dans le prix du pétrole en général.

        C’est pour cela que je dis que c’est pas si facile de faire des calculs PIB/inflation/dette/prix du baril.
        Mais même en restant « simple », vous prouvez ce que je dis : on remplace la croissance structurelle par du crédit.
        En plus, bien sûr, il y a d’autres facteurs en jeu actuellement : il y a le papyboom.
        Les vieux se sont fait des promesses a eux même de grasses retraites il y a 30 ans (en plein boum pétrolier). Ces dettes et cette spéculation ne sert pas qu’a enrichir les banquiers (qui prennent leur comm sur le volume essentiellement) mais sert aussi a payer les retraites. Pourquoi on a sauvé les banques ? pour sauver l’illusion de richesse. Richesse qui s’amenuise avec le pétrole. Sinon, cette richesse aurait été réelle et les promesses tenues.

        Idem avec les subprimes. Sans prix du baril qui explose, la crise des subprimes n’aurait été qu’une anticipation a la hausse. Le risque de défaut ne se serait pas produit. Car seul le risque « politique » a été pris en compte, et pas le risque « géologique ». Le risque politique, c’était une fermeture des frontières pour cause de criminalité ou d’intégration ratée. Risque faible. Donc le risque des subprimes était raisonnablement faible, du a une extrapolation de excellence de l’économie américaine. Extrapolation justifiée, si ce n’était pour la petit erreur sur le pétrole. (mais a l’époque l’AIE donnait un pic pétrolier après 2050)

        Si la finance parasite prélève une dîme, en temps de croissance, ca passe inaperçu. En temps de disette, c’est insupportable.
        Les banques empruntes a court terme et prêtent au long terme. Elles se rémunèrent sur le différentiel de taux. Et pour ce faire, il leur faut des taux en baisse constante. Mais il leur faut aussi de la croissance économique. Sans croissance, qui est la pierre angulaire du tout le système, tout s’effondre. Juste a cause de système dette/taux d’intérêt …

        Donc, voila, chaque explication de niveau supérieur trouve ses racines dans le pétrole.

        Interdire les paris sur les fluctuations des prix, pour élégant que soit cette solution, ne règle pas le problème fondamental de l’anticipation de la croissance comme fondement de notre économie
        .

        Et la croissance n’est pas possible sans pétrole pas cher.
        Pas cher veut dire facile a exploiter. Si avec 1 baril de pétrole, vous pouvez en récupérer 30 … alors le facteur démultiplicateur est énorme et vous soutenez une croissance exponentielle. Si avec 1 baril vous récupérez 2 barils, l’éffort est immense. Vous avez une croissance de 0 (avec 1 baril, vous consommez 1 baril et investissez l’autre baril pour récupérer 2 autres barils et continuer ainsi). Et s’il faut 1 baril pour récupérer 1 baril, c’est carrément inutile. Autant finir de jouer avec le baril qui reste.
        Je caricature, mais c’est pour mieux mettre en exergue la notin d’EROEI … qui a dramatiquement changé au cours des années avec les différents pics pétroliers.
        « je plante un paille dans le désert pour avoir du pétrole léger », c’est fini.
        Maintenant, il faut aller loin, prendre des risques (Deepwater) pour avoir un pétrole de moyenne qualité.
        Idem pour le charbon. Il faut creuser plus loin, et la teneur en charbon du minerai est moindre (on a déjà atteint le pic charbon). Idem pour les métaux (qui demandent énormément d’énergie a recycler en plus).
        La croissance économique ne peut s’en contenter. Et les autres énergies sont sans comparaison avec le pétrole des années 70. Le renouvelable n’est pas du même ordre de grandeur. L’efficacité énergétique des pays (a part le Japon) n’est pas au RDV. Les USA sont des gaspilleurs de pétrole.

        Donc oui, je maintient, éliminer la géologie de l’équation comme le fait Paul, c’est l’arbre qui cache la foret.
        Je veux bien que ca soit « plus compliqué » (et ca l’est, je simplifie, mais je ne suis pas dupe pour autant, il y a des questions d’idéologies qui se greffent dessus) mais dans ce cas, il faudrait a minima expliquer pour le pétrole est enlevé de l’équation.
        USA = pentagone = dollar = pétrole.

      2. @yoananda,

        la TIPP n’est pas une dépense pétrolière c’est un revenu des administrations publiques. Qu’une partie de ce revenu soit dépensé en consommation de pétrole, par l’état, ses armées ou je ne sait quoi n’a pas d’importance puisque cette consommation est déjà incluse dans la consommation mondiale de pétrole.

        on fait de la croissance « a crédit » pour compenser la rareté du pétrole « pas cher ». Il faut regarder du coté de l’EROEI… les effets de loupe monétaire

        ça, c’est quelqu’un qui essaye de noyer le poisson en juxtaposant des mots entre eux qui ne veulent rien dire.

      3. 1. depuis 1979, on a atteint le pic pétrolier OnShore, et que le pétrole est plus cher. Donc, on fait de la croissance a crédit.

        2. vous prouvez ce que je dis : on remplace la croissance structurelle par du crédit.

        vous pensez pas qu’il y a une petite différence entre ce que vous dites en 1. et ce que vous dites en 2. ?

        1 : le pétrole est plus cher donc on fait de la croissance à crédit :
        2. on remplace la croissance structurelle par du crédit

        c’est quoi que vous dites exactement? 1 ou 2. ou les deux, ou vous ne savez pas vraiment ce que vous dites?

      4. Je dis et je répète : on fait de la croissance a crédit, pour pallier au manque de croissance structurelle.
        Je m’exprime sûrement mal (et je prends pas toujours le temps de le faire), mais je dis la même chose en 1 et 2.
        Le crédit sert a « booster la croissance ». Probablement par 2 leviers distincts : d’une part en s’amputant de ressources a l’avenir, et d’autre part, en modifiant artificiellement le PIB (donc en provoquant une illusion de richesse).

        J’ai pas l’impression que ca soit compliqué que ça ce que j’énonce.

        Et non, je comprends bien ce que je dis « EROEI » et « effet de loupe monétaire ». Mais bon, pour ceux qui découvrent cette « théorie » (a défaut de meilleure appellation) , c’est peut-être moins évident.

      5. @yoananda,

        on fait de la croissance a crédit, pour pallier au manque de croissance structurelle.

        on est d’accord : c’est la proposition 2.

        mais je dis la même chose en 1 et 2.

        Ben non, dans 1. vous dites que la cause de ce phénomène (2.) c’est l’augmentation du prix du pétrole

        Or l’augmentation du prix du pétrole ne représente qu’un tiers du phénomène. Les deux tiers restants ont une autre cause, la répartition de la valeur ajoutée entre travail et capital qui diminue pour le facteur travail et augmente pour le facteur capital..

        je comprends bien ce que je dis « EROEI » et « effet de loupe monétaire »

        moi aussi, mais je ne voit pas ce que cela vient faire là dedans.

      6. @yoananda

        Ce que vous expliquez est limpide mais le problème est que cela confronte tout un chacun à sa part de responsabilité. C’est comme-ci nos égos complexes s’évertuaient à ne pas comprendre les choses simples qui peuvent les mettre en cause, comme-ci nos égos refusaient d’accepter les simples vérités qui les dérangent … comme par instinct de survie. Un instinct de survie cour terme et individuel qui paradoxalement va à l’encontre de l’instinct de survie long terme et collectif.

        Trop bête …

      7. Ben justement Chris06,
        pourquoi la répartition de la valeur ajoutée entre travail et capital évolue au profit du travail jusqu’en 1979 et en sa défaveur ensuite ? Expliquez moi pourquoi ? pourquoi la dérégulation, comme par hasard on la lance en 1980, et c’est à ce moment la que la dette des USA et de l’occident explose ?
        Comme on peut pas poser d’images dans les commentaires, je me permet de mettre en lien 2 articles qui synthétisent l’information sur le pic pétrolier et ses conséquences économiques et géopolitiques :
        http://yoananda.wordpress.com/2011/03/18/la-geopolitique-du-petrole/
        http://yoananda.wordpress.com/2011/07/01/le-mur/

        Oui la répartition de la valeur ajoutée est l’arbre qui cache la forêt : il y a moins de pétrole par tête de pipe (moins de pétrole = moins de revenus proportionnellement) et bien sûr, ce sont les pauvres, les travailleurs, qui trinquent en premier. Les puissants eux continue de se goinfrer. Donc c’est a cause du pétrole qu’on a cet impact sur la répartition des richesses.
        Lisez SVP, tout est expliqué est clair sur les graphiques que j’ai mis en lien.

        Si je me trompe, il va falloir plus que des déclarations de foi pour me convaincre. Je m’appuie sur des données officielles.

        1979 ! c’est la date ou tout a basculé. Avant cette date, le capitalisme était « sain », et après (après le pic pétrolier onshore, la fin du pétrole facile) boum, le capitalisme devient malsain. La même année. Et en 2005, tout s’amplifie. Et ce n’est que le début et des « réformettes » du capitalisme n’y changeront rien car le vrai problème, c’est la croissance. Elle n’existe plus, physiquement, géologiquement. Alors, si les uns croissent, les autres décroissent. C’est aussi simple que ça.
        Dans un système basé sur les taux d’intérêts, c’est l’explosion assurée en quelques mois ou poignée d’années tout au plus.

        Donc oui, l’explication de Paul sur la crise, selon ma compréhension des choses, c’est prendre les choses à l’envers. C’est croire que parce que les gens n’ont plus de sous, ils consomment moins de pétrole. Non, c’est parce qu’il y a moins de pétrole que les gens n’ont plus de sous. C’est l’effet « loupe monétaire » qui fait penser l’inverse.
        L’argent, c’est le moyen de se répartir la richesse. Mais si la richesse n’est plus la , on se répartit quoi au juste ??? l’argent perds de sa valeur dans ce cas.

  11. Mr Jorion est/était à l’émission ‘Des mots de minuit’ sur France 2.
    J’ai apprécié le ton personnel de l’entretien, assez différent des autres interventions que vous avez faites… votre passé, l’objet mystère,etc…
    A noter que la présence d’un autre économiste allant dans le même sens, Thomas Piketty. Cela a été profitable à la discussion. (un peu comme les derniers ‘Ce soir ou jamais’ auxquels vous avez participés).
    Dommage que tous ces programmes disparaissent de la grille pendant les vacances.

  12. Le peuple grec est devenu le bouc émissaire , l’esclave de la zone euro.
    Faire la différence entre l’argent des peuples et l’argent de l’état.
    Comprendre que l’europe prête à l’état pour continuer à payer ses dépenses , pas au peuple et qu’il fait un commerce de son prêt avec menaces à la clé.
    Ensuite un état en faillite ne doit pas recevoir de prêt rollover ni augmentation , les prêts en cours doivent se rembourser sans reconduction totale.
    Ensuite le bénéficiare de cette opération grecque ce sont les financiers de la zone euro qui s’évitent une faillite en chaine.
    De fait ceci ne change rien à la faillite obligatoire de l’état grec qui ne peut pas s’en sortir vu les chiffres et contre sa population.
    Moralité : pour éviter une faillite en chaine prendre un peuple en otage.
    La suite avenir sera la révolte armée du peuple.

  13. Complexité et Chaos ….ces termes reviennent de plus en plus souvent dans les analyses .
    Jorion a raison de constater des perturbations similaires mais non identiques dans l’économie . En terme mathématique on pourrait suggérer que nous etions resté sur un attracteur « astable » malgré la perversité systémique de l’outil économique ………Nous sortons de l’attracteur de par l’intrant « pénurie d’énergie » qui devient prépondérant .
    Dans l’approche mathématique des concepts « complexité » et « Chaos » , il faut etre prudent .leur signifiant vulgaire est trompeur : ce sont des modèles tres stables . La situation « normale » d’un système chaotique ou complexe est d’etre sur un attracteur ……l’ effet papillon et autre extrème sensibilité aux conditions initiales ne sont exacts que lors du trajet du système vers son attracteur (ou un de ses attracteurs) , ou lorsqu’une perturbation exogène assez puissante l’a éjecté de son attracteur ……….tout ce qui nous entoure en terme de cosmologie , ou etre vivant animal , végétal , ainsi que leurs interactions (chaine trophique) fonctionne de cette façon , et ils sont tous « SUR » un attracteur , sauf pour les espèces en voie d’extinction ou tres menacées .
    POur ce qui est de notre « économie » et de la pénurie d’énergie , le modèle est assez simple (a mon sens) : aucun « gain de productivité » systémique ou technologique , ne pourra compenser le fait qu’on quitte l’attracteur induit par 150 esclaves virtuels (KW/individu) pou l’attracteur induit par 20 , 30 ou 50 esclaves virtuels (esperons le !) .

  14. Paul Jorion clôture néanmoins son exposé par une note d’espoir : « Nous sommes à un tournant et d’autres perspectives s’ouvrent à nous ».

    On a intérêt à bien le prendre ce tournant sinon ça va faire mal.

    Comment fait on pour bien prendre un tournant?

    1. tout d’abord il faut prendre conscience qu’il y en a un et suffisamment en avance
    2. il faut avoir une bonne idée de la courbure du tournant et sa direction pour adapter sa vitesse et tourner le volant dans la direction adéquate : il faut avoir une bonne vision du tournant!
    3. si 1. et 2. ont été satisfaits d’autres perspectives s’ouvrent à nous. Sinon, les « autres perspectives » sont pas forcément bien heureuses et cette situation douloureuse peut durer très longtemps.

    Malgré tout les efforts de Mr Jorion et de quelques autres visionnaires, j’ai franchement pas l’impression que la condition 1 est pour le moment remplie. J’ai plutôt l’impression que, si il y a encore un pilote dans cette automobile, il continue de foncer à toute berzingue comme si de rien était.

    Quand à la 2. j’en parle même pas!

    1. @Chris néo06

      Malgré tout les efforts de Mr Jorion et de quelques autres visionnaires

      1) On dit pas Mr Jorion, mais Jorion, Paul, Paulo, le blogueur Jorion, l’ex professeur Jorion, Maître Jorion, l’excellent Jorion, le prophète Jorion, Sa Sainteté Jorion, ou ce qui vous chante et plus simplement encore M. Jorion…

      2) Lucide et objectif auraient eu ma préférence dans le style laudateur plutôt que « visionnaire » pour caractériser la démarche et les conclusions/prescriptions du « M. » en question. Mais je comprends fort bien votre choix de qualificatif – aux usages courants fortement ambivalents.. – eu égard à l’insondable myopie politique dont vous faites preuve, sous couvert commode de scepticisme pragmatique ou d’argumentation pseudo-technocratique, dès qu’il s’agit d’envisager l’éventualité d’un embryon d’ébauche de mise en œuvre politique de la principale préconisation de Mister Jorion…
      3) Une chose est certaine : je suis pas près de laisser le volant à un néo-niçois, quelle que soit la fréquence ou la vitesse auxquelles il emprunte les lacets du col d’Éze…

  15. @lisztfr,
    Pour répondre à votre réponse et juste pour compléter ce débat sur la complexité.
    Il est clair que les notions de grand, petit ou complexe sont relatives à notre propre finitude et donc comme vous dites à un point de vue existentiel.
    Mais mon point principal de désaccord concerne la façon dont vous impliquez la complexité :

    La complexité en politique est quelque chose de dépolitisé …

    Je ne pense pas pas qu’en aucune manière il a été question de complexité en politique. Dans le ‘Capitalisme à l’agonie, Paul écrit (p12) :
    « L’informatisation nous a ouvert de nouveaux horizons, quasi infinis, et nous nous y sommes plongés avec délectation sans nous apercevoir que notre monde se complexifiait de plusieurs ordres de magnitudes, sa fragilité augmentant d’autant » (je souligne). C’est dans le paragraphe fin d’un système. Au fond c’est l’anthropologue et sociologue qui parle et cette approche me semble fondamentale pour comprendre les écroulements de systèmes comme celui de l’URSS et maintenant des USA. Elle pourrait aussi nous donner des voies pour un monde nouveau décomplexifié de façon positive et consciente par abandon volontaire de certaines complexités imposées (cf. CDS…, OGM …) sans renoncer à affronter les vrais complexités du monde (cf. ADN…, écologie etc…).

    1. @ lisztfr et Tolosolainen

      La complexité … je veux bien ! Mais, toutes choses égales par ailleurs, une société traditionnelle (par exemple les Nambikwara) n’est-elle pas aussi complexe que la nôtre ? Il a bien fallu un logiciel (créé par notre hôte) pour décortiquer certains systèmes de parenté, sinon incompréhensibles.

      Je crois qu’à la complexité, comme facteur explicatif de la fragilisation des sociétés modernes avancées, il faudrait substituer (ou ajouter) l’accélération telle que l’a analysé Hartmut Rosa dans son livre « Accélération – Une critique sociale du temps » dont je reproduis, ci-après, le résumé de quatrième de couverture :

      « L’expérience majeure de la modernité est celle de l’accélération. Nous le savons et l’éprouvons chaque jour : dans la société moderne, « tout devient toujours plus rapide ». Or le temps a longtemps été négligé dans les analyses des sciences sociales sur la modernité au profit des processus de rationalisation ou d’individualisation. C’est pourtant le temps et son accélération qui, aux yeux de Hartmut Rosa, permet de comprendre la dynamique de la modernité.
      Pour ce faire, il livre dans cet ouvrage une théorie de l’accélération sociale, susceptible de penser ensemble l’accélération technique (celle des transports, de la communication, etc.), l’accélération du changement social (des styles de vie, des structures familiales, des affiliations politiques et religieuses) et l’accélération du rythme de vie, qui se manifeste par une expérience de stress et de manque de temps. La modernité tardive, à partir des années 1970, connaît une formidable poussée d’accélération dans ces trois dimensions. Au point qu’elle en vient à menacer le projet même de la modernité : dissolution des attentes et des identités, sentiment d’impuissance, « détemporalisation » de l’histoire et de la vie, etc. L’auteur montre que la désynchronisation des évolutions socioéconomiques et la dissolution de l’action politique font peser une grave menace sur la possibilité même du progrès social.
      Marx et Engels affirmaient ainsi que le capitalisme contient intrinsèquement une tendance à « dissiper tout ce qui est stable et stagne ». Dans ce livre magistral, Hartmut Rosa prend toute la mesure de cette analyse pour construire une véritable « critique sociale du temps » susceptible de penser ensemble les transformations du temps, les changements sociaux et le devenir de l’individu et de son rapport au monde
      ».

  16. @ André
    Vous avez tout à fait raison pour les société traditionnelles et une des grandes leçons de la linguistique est de prouver que plus un peuple semble peu développé technologiquement (autrement dit ‘primitif’) plus sa langue atteint des sommets de complexité (lire par ex. Marina Yaguello). et bien sûr les anthropologues comme Levi-Strauss ou notre hôte montrent bien cette subtile complexité…
    Donc pas de mal-entendu : la complexité de nos sociétés est d’un autre domaine : nous ne sommes pas plus ‘complexes’ mais nous devons faire face à des complexités non maitrisables (cf. Fukushima ou la crise grecque).
    Cela dit votre remarque venant du livre mentionné (et ça me donne envie de le lire) est fondée et pas du tout contradictoire : au contraire c’est terrifiant d’être confronté à la fois à la complexité et à l’accélération sociale – qui ne donne aucune chance pour essayer de maitriser ça.
    Parfois on rêve de la solution du nœud gordien par Alexandre !!!

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