ÉLOGE DE LA SIMPLICITÉ !

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

Il faut reconnaître à Pascal Canfin, qui mène depuis plusieurs années déjà à Bruxelles le combat pour une régulation des produits financiers dérivés, le mérite de la ténacité. Les députés européens ont ainsi voté hier à son initiative une interdiction des positions nues sur les CDS (Credit-default swaps) portant sur de la dette souveraine ainsi que l’obligation d’enregistrement des produits dérivés échangés de gré à gré.

Le résultat est méritoire et doit être salué même s’il y a encore loin de la coupe aux lèvres, je veux dire que beaucoup d’étapes restent à franchir avant que ces mesures ne soient appliquées et en particulier que les gouvernements européens approuvent leur teneur, ce qui n’est pas le cas actuellement.

Mais la critique qui s’impose de l’approche adoptée réside dans le fait qu’au cas où vous ignoreriez ce que sont les positions nues sur CDS et les produits dérivés traités de gré à gré, il me faudrait consacrer un minimum de trois pages à vous l’expliquer.

Les mesures que Canfin et ceux qui le soutiennent, proposent, sont une interdiction des paris sur les fluctuations de prix, telles que l’article 421 du Code pénal français, par exemple, la formulait jusqu’en 1885, date de son abrogation résultant de plusieurs dizaines d’années d’efforts incessants « de la part des milieux d’affaires » selon l’expression utilisée à l’époque.

Pourquoi ne pas en revenir à une formulation simple comme celle de l’article 421 : « Les paris qui auraient été faits sur la hausse ou la baisse des effets publics sont punis des peines portées à l’article 419 », qui enlèverait leur ambiguïté aux mesures votées hier à Bruxelles, et découragerait les gouvernements que la complication des mesures empêche de comprendre de quoi il s’agit vraiment, d’y faire barrage en invoquant des raisons trahissant leur totale incompréhension, comme le gouvernement hongrois récemment, qui affirmait craindre que l’interdiction des positions nues sur les CDS n’affectent la liquidité des titres de dette publique de la Hongrie.

C’est la nécessité d’invoquer des principes aussi simples que possible qui me pousse depuis plusieurs années à proposer que l’interdiction des paris sur les fluctuations de prix apparaisse au niveau d’une Constitution pour l’économie promulguée au niveau international.

« Tu ne parieras pas à la hausse ou à la baisse du prix d’un produit financier », voilà un principe simple, que même un ministre des finances européen devrait être à même de comprendre.

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction numérique en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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104 réflexions sur « ÉLOGE DE LA SIMPLICITÉ ! »

  1. @Paul Jorion,

    « Tu ne parieras pas à la hausse ou à la baisse du prix d’un produit financier »

    quelqu’un qui achète une action à un certain prix pour la revendre plus tard à un autre prix fait le pari que ce prix va monter pendant le temps qu’il est propriétaire de ce produit financier.
    quelqu’un qui achète une obligation à un certain prix pour la revendre plus tard à un autre prix fait le pari que ce prix va monter pendant le temps qu’il est propriétaire de ce produit financier.

    Donc votre « principe simple » revient à interdire ce genre de pratiques, c’est à dire interdire l’achat et la revente de produits financiers à des prix différents. Donc revient à fixer les prix de tous les produits financiers à un niveau constant pour toujours.

    Ce qui est totalement impossible.

    1. Sauf qu’en achetant une action ou une obligation, il n’y a pas de pari au sens propre du terme contrairement aux contrats call/put :
      Acheter un contrat stipulant que le prix de ce contrat varie de façon exponentielle si le prix du sous-jacent se rapproche de X au moment T. Si le prix du sous-jacent s’éloigne de X, la valeur du contrat baissera voire sera nulle (donc risque de tout perdre).
      C’est marqué en toute lettre sur le produit vendu.
      Ok, on peut tout perdre sur une action ou obligation en cas de défaut si je me trompe pas. Mais le principe est fondamentalement différent.
      Peut-on dire qu’un pari à une durée de vie limitée dans le temps obligatoirement d’ailleurs ?

      1. Bien sûr ab, vous avez raison de pointer l’écart de nature entre un investissement en bourse ou obligataire et l’usage d’un produit financier purement spéculatif.
        Mais remarquez surtout à quel point le ver est déjà dans le fruit dès le prémisse de la question qui se veut pourtant tellement innocente et candide de notre « ami des investisseurs » Chris :

        quelqu’un qui achète une action à un certain prix pour la revendre plus tard à un autre prix fait le pari que ce prix va monter pendant le temps qu’il est propriétaire de ce produit financier.

        « Acheter pour revendre » ? C’est ça investir ? Ou c’est ça spéculer, lorsqu’il n’y a pas un service commercial authentique entre l’achat et la revente ?
        Je sais que pour lui le seul « investissement » authentique, c’est celui qui ne rapporte rien – ni en dividendes, ni en coupons, ni en primes, ni même en plus value espérée… – si ce n’est la sécurité du bon père de famille, soit la thésaurisation en or. Mais bon…

      2. @vigneron,

        « Acheter pour revendre » ? C’est ça investir ? Ou c’est ça spéculer

        bein sûr que c’est spéculer. Mais c’est vous qui semblez croire que le seul moyen de spéculer, c’est d’acheter et vendre un produit dérivé.

        Que vous achetiez un titre de propriété dans l’intention de le revendre plus tard en dégageant un profit sans l’utiliser ou le transformer ou que vous achetiez un produit dérivé de ce même titre vous spéculez, vous faites un pari monétaire sur l’évolution future du prix de ce titre. La différence entre les deux c’est que l’achat d’un produit dérivé permet de spéculer sur l’évolution future du prix d’un titre sans être propriétaire du titre.

        Interdire, comme Paul Jorion le propose, tout pari sur l’évolution future d’un produit financier revient à interdire l’achat et la revente d’un produit financier à un prix différent..

        Ce qui revient, comme je le remarque, à fixer les prix des produits financiers pour toute la durée de vie du dit produit ou encore interdire le marché des actions et des obligations

        Aussi, je ne comprends pas ce terme que vous semblez utiliser à loisir : purement spéculatif. C’est quoi la différence entre « spéculatif » et « purement spéculatif »? Quelqu’un qui achète un logement dans le but de le revendre plus tard à un prix supérieur sans y loger, c’est du « purement spéculatif » ou du « spéculatif »?

      3. @Chris

        Vous êtes vraiment impayable, autant qu’invendable ! Je vous répète ce que vous avancez pour dénoncer le caractère selon vous aussi inacceptable qu’intégriste de la « Loi » de Jorion « Tu ne parieras pas à la hausse ou à la baisse du prix d’un produit financier  » :
        « Achetez pour vendre une action ou une obligation, c’est spéculer sur un produit financier et ce serait rendu illégal par cette loi ! Aberrant ! »
        Je vous rappelle qu’on est censé investir en bourse ou sur le marché obligataire – ie y acheter un produit financier – d’abord pour en tirer un revenu financier et secondairement pour, éventuellement, profiter d’une plus-value à la revente…
        Or vous dites et répéter « acheter pour revendre. En cela vous trahissez votre choix : vous vous rangez résolument du côté des spéculateurs et de leur éternel argument de « liquidité apportée », liquidité supérieure qui reste à prouver, tout autant que leur apport sur la fixation des prix des produits financiers (y compris bien sûr des contrats à terme sur des produits non financiers), quand l’apport des spéculateurs sur la volatilité des marchés comme sur le risque d’insolvabilisation de ses acteurs n’est plus, lui, à démontrer…
        Vous savez très bien qu’avec des arguments tels que le vôtre on peut très bien justifier toutes les interventions parasitaires sur n’importe quel marché, des CDS à nu jusqu’au HFT…

  2. ÉLOGE DE LA SIMPLICITÉ !

    Pour que le citoyen actif puisse contrôler les dires et faire des ses élues, les comptes doivent être clairs et simples.
    Stop au montages complexes, et opaques pour les mairies autres institutions publiques.

  3. @ Julien Alexandre
    7 juillet 2011 à 12:30

    Merci Julien de votre soutien. concernant le fait que nous ne sommes pas tous des gens seulement motivés par l’appât du gain,
    et que même sans intérêt privé, sans propriété privée, de nombreuses personnes se décarcassent ?
    Quand on a travaillé dans le milieu associatif on s’aperçoit au contraire que de nombreuses personnes se décarcassent simplement parce qu’elles se sentent bien de l’avoir fait,ce qui est leur seul intér^t personnel, mis à part certaines personnes qui ont besoin de reconnaissance dans leur travail volontaire, il y en a bien entendu mais ils ne sont pas la majorité.

    A propos des comportements humains ayant d’autres ressorts que l’appat du gain et la lutte fratricide pour s’accaparer la propriété de l’autre par des moyens plus ou moins légaux, je recommande vivement la lecture du dernier livre de Jeremy Rifkin:
    « Une nouvelle conscience pour un monde en crise » publié en français en avril 2011 dont le titre en anglais est « The Empathic Civilisation » où il analyse en détail et avec une grande rigueur scientifique à quel point le système capitaliste de marché fait une grossière erreur en faisant l’hypothèse que les motivations humaines sont principalement égoïstes et guidées par l’obtention du plaisir maximum au niveau individuel. D’autres motivations pousent les humains à agir par empathie pour d’autres êtres humains qui souffrent et même parfois pour des animaux soufrant eux aussi.

    Je ne vais pas faire ici un résumé extensif de ce livre qui, comme les autres livres de Jeremy Rifkin, apportent une vision de grande qualité sur notre vie dans le contexte socio-économique où nous nous trouvons. Son livre « La fin du travail » reste d’une actualité d’autant plus brulante que ses prévisions s’étant pour la plupart réalisées , aucun homme politique n’a cependant pris cet ouvrage au sérieux, de même d’ailleurs que son autre livre « L’âge de l’accès : La nouvelle culture du capitalisme  » qui annonçait pourtant l’évolution vers un capitalisme en réseau et ses dangers autant que ses potentiels.

    Pour ce qui est de penser que mon analyse ait pu faire référence même inconsciament au système communiste , j’ai par ailleurs écrit sur ce blog mon analyse des erreurs fondamentales du communisme et de l’organisation soviétique. dont je pense que la chute a été provoquée par des mécanismes similaires à ceux que nous voyons à l’oeuvre en ce moment dans les pays du monde occidental libéral capitaliste…
    Incapacité des plans chez les communistes à répondre à la demande finale des consommateurs compte tenu de la complexité des processus de production et de distribution en jeu pour satisfaire une demande de plus en plus diversifiée. De la même manière les marchés n’arrivent plus à trouver un équilibre assez rapidement face à l’évolution des technologies, ils ne permettent donc plus de satisfaire les besoins individuels en fonctions de prix d’équilibre.

    Mes propositions essaient de répondre à ce problème majeur de nos sociétés. Puisque ni les marchés ni le communisme ne peuvent assurer une redistribution équitables des biens et services produits par les membres de la société eux mêmes par quel processus démocratique durable pourrait-on essayer de remplacer marchés et organisations soviétiques puisque ni l’une ni l’autre de ces organisations ne fonctionnent équitablement pour leurs membres.

    Je note que dans les deux organisations « Communisme-soviétique » et « capitalisme de marché » les situations ont été aggravées par la cupidité des minorités dirigeantes: patrons et propriétaires dans un cas, dignitaires du parti et autres Apparatchiks dans l’autre, chacun essayant justement d’augmenter ses gains, sa propriété même étatique et son plaisir, ce qui démontre que ce genre de motivations égocentristes ne peuvent conduire qu’au désastres que nous connaissons et qu’ont connu les anciens pays communistes.

    Ma pensée en matière de motivations humaines est sans doute très influencée , par ma longue expériences dans les associations à caractère social, entre autre de défense des droits des personnes les plus vulnérables(handicapées ou autres), où j’ai rencontré des gens motivés par toute autres considérations qu’un intérêt personnel…

    Je crois justement dans la force de l’empathie, dont Julien Alexandre a mentionné l’existance au travers des centaines de contributions que font les participants à ce blog ou à d’autres forums de discussions, prenant beaucoup de temps pour rédiger avec attention et souvent en recherchant des références bibliographiques pour appuyer leur propos, tout cela sans intérêt personnel immédiat , juste pour participer socialement.

    Les contributions à des systèmes tels que WIKIPEDIA sont toutes bénévoles et pourtant une analyse récente a montré qu’il y a moins d’erreurs sur Wikipédia que dans certaines encyclopédies pourtant fort renommées…

    Le contenu du web regorge d’exemples de comportements non guidés par l’intérêt personnel:

    Passionné de Jazz et d’histoire du Jazz, j’ai pu retrouver des extraits de vieux films en noir et blanc où j’ai pu voir des légendes du jazz du début du siècle dernier alors que pour moi ces personnages restaient du domaine de l’imaginaire pur, je ne pensait pas qu’un jour je pourrais les voir et les entendre… Or ces extraits de films ont pour la plupart été numérisés par des passionnésde jazz puis transférés sur Youtube gratuitement (il s’agit d’oeuvres n’étant plus soumises à copyright)
    De même certains passionnés de vieux textes ont aussi pris la peine de numériser des documents anciens et de les mettre à la disposition de tous…

    Dans ces deux cas le travail de numérisation demande souvent des efforts considérables si on veut produire un document de qualité. Et dans les deux cas il n’y avait aucun intérêt personnel sauf la joie de partager avec d’autres des moments exceptionnels…

    Jeremy Rifkin aborde cet aspect de l’empathie facilitée par des technologies qui changent l’appréhension du monde qui nous entoure.

    Paul T.

    1. Bonsoir Mr Tréhin,
      Je confirme l’intérêt du livre de Rifkin qui nous rappelle, à juste titre, une autre dimension souvent oubliée de notre humanité : l’empathie, et ses corollaires, la solidarité et l’acte gratuit.
      Contrairement à ce que pense un certain Jducac, la compétition n’est pas l’unique principe fondateur de nos sociétés, ni structurant de nos individualités. Si tel avait été le cas, la vie ne serait jamais apparue comme le souligne, très justement, Jean-Marie Pelt.
      Dans la même veine du livre de Rifkin, je vous recommande un autre ouvrage que vous trouverez dans toutes les bonnes librairies niçoises (eh oui!! Nous sommes voisins et avons même des connaissances communes) : Franz de Waal, L’Âge de l’Empathie.
      Cdlt.
      JLD

    2. Bonsoir Mr Tréhin,
      Je confirme l’intérêt du livre de Rifkin qui nous rappelle, à juste titre, une autre dimension souvent oubliée de notre humanité : l’empathie, et ses corollaires, la solidarité et l’acte gratuit.
      Contrairement à ce que pensent certains, la compétition n’est pas l’unique principe fondateur de nos sociétés, ni structurant de nos individualités. Si tel avait été le cas, la vie ne serait jamais apparue comme le souligne, très justement, Jean-Marie Pelt.
      Dans la même veine du livre de Rifkin, je vous recommande un autre ouvrage que vous trouverez dans toutes les bonnes librairies niçoises (eh oui!! Nous sommes voisins et avons même des connaissances communes) : Franz de Waal, L’Âge de l’Empathie.
      Cdlt.
      JLD

      1. Oui, en gros d’accord sur l’intérêt de Rifkin.
        Ceci dit, il décrit une inexorable montée de l’empathie à coup de grosse brosse, en faisant feu de tout bois.

        La mobilisation des N groupes américains de dialogue « psychologique » (style T-group) dans le ban du soutien à sa vision me laisse un peu rêveur. On a accru et le temps libre, et la durée de vie, et la famille nucléaire. Dès lors, il était certain que Dame solitude vint prélever son écot, non ?

        Et c’est pour la contrer que ces groupes existent.
        Mais comme il m’a fait lire Damasio, et qu’il cite Richard Sennet et Jean Gimpel, il lui est beaucoup pardonné, au petit père Rifkin.

      2. Ah, oui, sur la thématique « développement de l’empathie/solidtue/collectivité », voici une video sur les femmes tadjiks s’occupant collectivement d’un tapis.

        Pas besoin de discours sur l’empathie quand une pratique est définie aussi collectivement !

        (indépendamment d’un discours sur l’oppression des femmes qui ne me semble pas tout à fait de mise en relation avec cette video : aucun homme ne les surveille)

  4. Vive le « Cerveau Collectif »!
    Bravo aussi à Julien A de favoriser ce niveau d’échange.
    Les participants qui parviennent à suivre quotidiennement l’ensemble des échanges sur ce blog (pas seulement les billets) doivent se régaler (et/ou ne pas chômer ;).

    En dehors de ce blog et à propos de « Cerveau Collectif », je réfléchissais à un dispositif collaboratif qui favoriserait la structuration d’argumentations, qui archiverait les évolutions, et qui inclurait un système d’évaluation par vote (des positions, des arguments et des relations entre).

    DebateGraph répond un peu à ce que je commençais à imaginer. En orange les questions/problématiques, en bleu les propositions/positions. En rouge les arguments qui s’opposent et en vert ceux qui supportent (même si ces deux dernières couleurs y semblent encore plutôt rares.)

    Parmi les sujets qui y sont abordés: The Global Financial Crisis
    http://debategraph.org/the_Global_financial_Crisis

    Que pensez-vous de cet outil, et de son format de réflexion/argumentation collaborative?

    Des problématiques et positions de Paul Jorion pourraient y ajoutées et les arguments stimulés par le « Cerveau Collectif » (qu’on peut espérer citoyen et participant à un « processus démocratique de décision », peut-être balbutiant, mais avec malgré tout un bon début d’influence).

    (Il est possible d’embarquer un diagramme argumentatif sur une autre page web. On peut aussi créer de nouvelles cartes, éventuellement en français).

    Peut-être une pierre à l’édifice?

    1. Merci de nous avoir fait connaître « Debate graph » cet outil de travail en réseau.
      Permettez moi de noter que même sans ce genre d’outils sophistiqués des échanges autrefois difficiles voire même impossibles peuvent déjà se dérouler, ce blog de Paul Jorion en est un exemple flagrant. Le partage de points de vues assortit de partage de connaissances et même parfois de références littéraires ou scientifiques, simplement fondé sur des messages écrits constitue déjà un creuset où des idées se complètent ou se confrontent.
      Le processus de démocratisation des choix et des décisions, sera comme je l’ai déjà dit par lui même un processus itératif avant de devenir plus formalisé et organisé à l’aide d’outils permettant l’organisation des échanges..

      Ce type de processus itératif a déjà été utilisé pour le développement d’un très grand nombre d’outils de communication et d’échange sur le web; il s’appelle RFC c’est à dire en anglais « Request For Comments » soit en français « Appel à commentaires »
      L’idée est simple une idée de solution à un problème de communication entre divers ordinateurs est proposée à la communauté des internautes par un individu ou un groupe d’individus et on leur demande ce qu’ils en pensent ou s’ils ont trouvé des failles dans le processus. Ainsi avec une rapidité surprenante, des solutions satisfaisantes pour une large groupe d’individus, satisfaisants au moins d’un point de vu technique et informatique, ont été trouvées là où des comités officiels avaient parfois passé des années à négocier des possibilités de solutions…

      je ne sais pas quel sera le processus de décision qui permettra aux citoyens de s’exprimer sur la validité des produits et services qui leur seront proposés, peut-être viendra-t-il d’idées de solutions testées dans un premier temps au près de participants à divers blogs du net… Il sera toutefois nécessaire d’étendre le plus largement possible l’accès aux processus de décisions à l’ensemble de la population. Des méthodes d’analyse et dagrégation des diverses contributions auront aussi à être proposées et testées. C’est ce que j’appelais un processus itératif. Personnes individu génial ou groupe d’individus influents ne pourra venir avec une solution toute faite, ce n’est plus possible dans le milieu ouvert d’internet, ce qui devrait d’ailleurs être une des revendications fondamentales: préserver l’ouverture et l’accès à internet au plus grand nombre de citoyens sans exclusion ni conditions.
      Tient!!! voici qui constituerait un investissement Keynésien donnant des emplois à court terme et préparant le long terme en rendant accessible à tous l’accès à la communication, pas seulement à une petite partie de la population… Pour info, j’ai publié quelques articles sur le concept d’accessibilité, plus spécialement dans le cas des personnes handicapées, étendant le concept au delà de accessibilité en cas de handicaps moteurs ou sensoriels pour y inclure les handicaps conséquents à des difficultés intellectuelles que ces dernières soient causées par des déficiences du système nerveux central comme dans la trisomie 21 ou d’autres formes de pathologies, ou que ces difficultés intellectuelles soient liées à des conditions sociales défavorables ou simplement à une mauvaise connaissance de la langue locale. Serainet ausi concernées les personnes âgées n’ayant pas pu s’adapter aux changements technologiques (Exemple acheter un ticket de transport à une borne automatisée est souvent un défit presqu’insurmontables pour certaines de ces personnes…
      L’accessibilité c’est aussi que l’accès ne soit pas conditionné par des considération de moyens financiers ou de logement équipés de lignes de communication (encore faut-il avoir un logement… 🙁

      Il y a encore du travail devant nous et dire qu’on nous dit qu’il n’y a plus d’emploi… D’où l’idée de créer ces emplois par une politique Keynésienne de développement d’infrastructures de communication accessibles à tous…

      Paul T.

      1. Merci de votre réponse.

        Bien entendu, l’échange et le débat n’ont pas besoin de tels outils. Ce ne sont que des outils.

        La schématisation d’un débat permet une synthèse de nombreux arguments (pour ou contre) qui peuvent s’enrichir au fil du temps. La linéarité pose problème dans le foisonnement: seule la mémoire par son dynamisme nous permet d’organiser (émotions, pensées) arguments et raisonnements pour les connecter, en filtrant les éléments saillants, dans une cartographie bien lointaine de la chronologie (et du format blog).

        Effectivement, je ne crois pas qu’il soit actuellement possible d’exporter depuis DebateGraph (et d’importer) en Argument Interchange Format (AIF) [Je viens de voter pour]. Mais le format d’argumentation IBIS (Issue Based Information System) est supporté, ainsi que les itérations d’utilisateurs multiples (comme sur wikipedia mais après login).

        D’autres outils sont en ligne, par exemple Argunet: Spekulation verbieten! (en allemand) ou ClimateColab sur le défi climatique (en anglais, développé par le MIT Center for Collective Intelligence).

        On constate qu’un des défis de ces plate-formes est d’intéresser et de réunir suffisamment d’utilisateurs pour atteindre une masse critique assurant la pertinence des argumentations. L’accessibilité est une composante de cette problématique.

        Par exemple, il n’y a pour l’instant sur DebateGraph aucun argument s’opposant à la position « Allow a genuinely free market to operate »

        Quand suffisamment de citoyens de chaque champ de compétence seront connectés à ce type d’outils, peut-être que leur influence s’apparentera aux prémices d’une e-democraty.

        Concernant les Argument Maps qui peuvent stimuler , on peut par ailleurs citer les logiciels Compendium (LGPL dont la prise en main peut être moins simple mais dont les fonctionnalités sont nombreuses) , Araucaria (GPL, orienté analyse des arguments) ou Coala (orienté diagramme en temps réel à partir d’un texte).

        De mon côté, j’essaierai en tout cas de participer à ce mouvement, en cartographiant à l’occasion des argumentations issues de ce blog.

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