EXPOSITION TEMPORAIRE SUR L’ÉCONOMIE, Cité des Sciences, février 2013

J’ai envoyé tout à l’heure la lettre suivante.

Mesdames, Messieurs d’Universcience (*), chers collègues du Comité scientifique « économie »,

 

Vous m’avez fait l’honneur de m’inclure dans le comité scientifique de l’exposition qui sera consacrée en 2013 à la Cité des sciences de La Villette à l’économie. Vous m’avez convié le 4 juillet à une première réunion du comité scientifique durant laquelle une majorité d’entre nous, nous sommes insurgés devant ce qui nous apparaissait comme un fait accompli : nous n’étions pas associés à la conception du projet mais conviés à entériner un projet bouclé. J’ai évoqué dans la lettre que je vous ai adressée le 6 juillet, les « comités Théodule dont la seule finalité est d’entériner des décisions non-négociables et irréversibles ».

Je qualifiais dans la même lettre du 6 juillet, le projet qui nous avait été présenté de « naïf, dépassé et tendancieux ». Je reprenais là à mon compte, le qualificatif de « tendancieux » employé par un autre membre du comité scientifique. Le courrier que vous nous adressez en date du 22 juillet m’oblige à revenir sur le qualificatif de « naïf » qui me paraît maintenant, à la lumière de votre lettre, inadéquat.

Votre courrier m’apprend en effet que la conception du projet revient à M. Augustin Landier, Commissaire scientifique de l’exposition à venir. M. Landier était absent lors de la réunion du comité scientifique et votre lettre se contente de dire à son propos qu’« il n’a pas pu être présent à cette réunion ». S’agissait-il d’un conflit dans son emploi du temps ? Si oui, pourquoi Universcience, qui était entièrement maître du calendrier, n’a-t-il pas choisi de nous réunir plutôt un jour qui convenait également à M. Landier ?

Si je pose la question, et si je suis conduit à remettre en question mon qualificatif de « naïf » à propos du projet et de sa conception, c’est que M. Landier appartient à un courant tout à fait spécial de la science économique, et un courant qui prône en particulier qu’elle ne soit pas une science, mais participe plutôt à un projet d’hégémonie culturelle, recourant à l’endoctrinement.

M. Landier est en effet l’auteur de deux ouvrages, « Le Grand Méchant Marché : Décryptage d’un fantasme français » et « La société translucide. Pour en finir avec le mythe de l’État bienveillant », écrits tous deux en collaboration avec David Thesmar, membre de notre comité scientifique, deux ouvrages militants du courant ultralibéral, courant minoritaire ­– faut-il le souligner ? – de la pensée économique. Quand l’un d’entre nous, membres du comité scientifique, exprima sa consternation le 4 juillet devant l’oubli de l’État dans la conception du projet, il pensait dénoncer une simple erreur de débutant. Le titre d’un des livres écrits par M. Landier nous invite à penser qu’il ne s’agissait peut-être pas d’une bévue mais d’une intention délibérée.

Souvenons-nous que Friedrich  von Hayek, le représentant le plus éminent de l’ultralibéralisme, considérait que la « science » économique (je mets le mot « science » délibérément entre guillemets quand c’est Hayek qui en parle) devait s’inscrire dans un projet d’hégémonie culturelle, fondé sur le principe qu’une fiction deviendra réalité si l’on peut faire qu’un nombre suffisant de personnes y souscrivent.

Est-ce bien là la conception de la science économique que nous voulons voir défendre dans l’exposition qui aura lieu à la Cité des Sciences en 2013 : celle d’un mythe que l’on métamorphose en réalité par l’endoctrinement ? Et je devrais ajouter, « et dans la Cité de l’Économie et de la Monnaie, pilotée par la Banque de France, qui s’ouvrira en 2014 », et dont le courrier que nous venons de recevoir nous apprend qu’elle récupérera des éléments de l’exposition temporaire à La Villette ?

C’est la représentation de la science économique aux yeux des générations futures qui est en jeu et il n’est pas acceptable qu’elle soit définie par une coterie d’esprit militant au lieu de faire l’objet d’un vaste débat public. C’est certainement par simple inadvertance que le document qui nous est communiqué : « Exposition temporaire sur l’économie », se voit affublé de la mention incongrue : « Confidentiel ». Je prends d’ailleurs l’initiative de la publicité de ce débat en l’ouvrant sur mon blog, par la publication de la lettre que je vous adresse ici et dont je fais, du fait-même, une « lettre ouverte ».

Sincèrement,

Paul Jorion

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(*) Universcience = Palais de la Découverte et Cité des Sciences.

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91 réflexions sur « EXPOSITION TEMPORAIRE SUR L’ÉCONOMIE, Cité des Sciences, février 2013 »

  1. Un seul mot: Merci !
    Merci de partager avec le plus grand nombre des informations et des projets qui auront des conséquences sur tous les Français.
    Quand la « science » économique est déconnectée du peuple dont elle est supposée gérer ou comprendre les échanges, il en résulte en effet de tels projets.

  2. Merci d’avoir publié cet échange!
    Cela confirme ce qu’il en est la « science » économique actuelle: elle n’en est pas une, mais un instrument d’endoctrinement au service servile et volontaire de la part de l’Université à l’égard du grand capital. Leur niveau scientifique est celui des médecins au temps de Molière! Nul!

  3. C’est une lettre ouverte ,nul besoin de la décacheter.
    Espérons qu’elle ne vaudra pas à notre ami, une lettre de cachet.

  4. Ah ! Les filous !
    Tenter de vous récupérer par la bande. N’êtes vous pas flatté, Monsieur Jorion de voir votre nom figurer dans un comité scientifique ?
    Vous leur faites découvrir que tout le monde ne fonctionne pas comme eux.
    La fin de votre lettre doit les laisser perplexes : « sincèrement » : Quèsaco ?

  5. Merci d’avoir rendu public ce projet. Avec Augustin Landier comme concepteur, je doute que cela attire les foules, encore moins que ceux qui viennent puissent être convaincus ! Du coup il y aurait peut-être une « contre-exposition » à penser, pourquoi pas ?

  6. Petite contribution au débat.

    La seule science possible dans ce domaine est l’économie politique. Tous ceux qui tentent de séparer les deux mots font de la fausse science et poursuivent un projet politique douteux.
    Von Hayeck énonce sa « science » économique en même temps qu’il émet un projet politique (hégémonie culturelle donc sociale, donc politique) et le pire, celui de la prophétie autoréalisatrice du retour à la loi de la jungle.

    Mais la difficulté pour construire une économie politique vient de ce que :
    1/ tout dans l’économie n’est pas politique et tout dans le politique n’est pas économique ;
    2/ il n’existe pas d’économie qui ne soit politique et de politique qui ne soit économique…

    Heureusement que nous avons eu des chercheurs qui ont déjà bien déblayé le terrain de cette contradiction dialectique… bien qu’il reste beaucoup de travail à accomplir.

  7. Merci ! merci pour avoir dénoncé cette propagande.
    Honte à la science pour vouloir organiser ce genre de communication de cette façon là.

  8. Augustin Landier et David Thesmar – Les échos 27 Juillet 2007
    Le mégakrach n’aura pas lieu

    nous sommes dans une
    « nouvelle économie financière ». Grâce à
    des instruments innovants s’échangeant sur
    des marchés bien plus liquides qu’il y a une
    décennie, le risque de la dette n’est plus
    supporté par quelques acteurs (les banques,
    les assurances), mais réparti dans l’ensemble de l’économie. Parmi ces instruments, la titrisation (qui permet aux
    banques de revendre par paquets à d’autres
    investisseurs une grande partie des prêts
    consentis) et les dérivés de crédit (qui permettent de s’assurer contre le risque de
    défaut des entreprises). Chaque risque de
    défaut, au lieu d’être porté par une seule
    banque, est donc ventilé vers un grand
    nombre d’acteurs. Certains économistes
    soulignent que l’anonymat de cette multitude de prêteurs indirects pourrait constituer une source déstabilisante d’opacité et
    de problèmes de coordination. Mais parce
    que ces produits sont désormais échangés
    par une masse critique d’acteurs constituant
    un marché devenu liquide, leur effet net est
    une diminution et non un accroissement du
    risque systémique. Une preuve indirecte du
    caractère plus sûr de l’environnement financier est la baisse très forte de la volatilité
    sur les différents marchés depuis 2002.
    L’industrie financière a connu de véritables révolutions depuis la fin des années 1990 : sa résistance aux retournements
    de tendance s’est améliorée, réduisant les
    risques de système. Le danger d’une explosion financière, et donc le besoin de régulation, n’est peut-être pas si grand qu’on ne le
    pense

    « L’industrie financière a connu de véritables révolutions depuis la fin des années 1990 : sa résistance aux retournements de tendance s’est améliorée, réduisant les risques de système. »

    ceci aurait dû les disqualifier à tout jamais, mais non, ce sont eux qu’on nomme pour diriger ce projet!

    cela doit vraiment être le projet de l’anti-science économique

    1. Là, c’est quand même énorme.
      Y compris en le faisant exprès, il aurait été difficile d’avoir 100% pile dans le mille à ce qu’ils avançaient de faux.

      1. c’est vrai, mais vous savez j’ai pas envie d’être gentil face à ces grands prêtres de l’ultralibéralisme qui tentent encore et toujours d’endoctriner les foules avec leurs dogmes de malheur.

        Combien de millions de morts et de familles désespérées faudra il que leurs dogmes de malheur causent pour que les gens se rendent compte qu’ils ne sont pas bien gentil non plus?

      1. Ces messieurs Landier et Thesmar étaient complètement
        ou aveugles par nature ou aveuglés par leur idéologie.
        C’était l’époque où vous aviez un commentaire par billet.
        Il y a quatre ans. Les temps changent…

      2. Très intéressant le (seul) commentaire de l’article du 27 juillet. A-t’on répondu à la question? Pourquoi des catastrophes aussi prévisibles se réalisent-t-elles quand même? Pourquoi ne sont-elles pas évitées? Pourquoi les solutions préconisées ici ne sont-elles pas appliquées? Je me souviens qu’il y a deux ou trois ans sur ce blog on parlait encore d’incompétence. Il est agréable de voir que la question des intérêts politiques (c’est-à-dire les intérêts de classe sociale) se posent maintenant plus clairement.

    2. magnifique !

      voilà le genre de prose à diffuser à tous ceux qui ont affaire de prêt ou de loin à ce Landier !!

      jamais responsable , jamais coupable car ils détiennent la vérité.

      dans le genre organisme de propagande il ya a l’Ifraq et sa représentante que l’on voit partout : celle qui crache sur les fonctionnaires et l’état mais qui oublie de dire que son salaire provient en partie des contribuable puisque son institut a été déclaré d’utilité public en 2009 par fillon …….

    3. Bon allez, la fiche Wikiberal de Thesmar, jeune (39 ans) loup du libéralisme à la française – Tendance « Libéral classique » (sic) selon leur nomenclature…

      Il est diplômé de l’École Polytechnique en 1992 puis passe un master à l’ENSAE et à la London School of Economics. En 2000 il obtient un doctorat d’économie à l’école des Hautes Etudes en Sciences Sociales (EHESS).

      Il est tout d’abord conjoncturiste au ministère des finances puis devient chercheur à l’Insee, dont il devient administrateur. Il a par la suite enseigné la finance d’entreprise et la macroéconomie à l’ENSAE, l’École Normale, l’École Polytechnique et à la London School of Economics.

      Il est désormais professeur associé de finance et d’économie au groupe HEC. Ses thèmes de recherche actuels sont le gouvernement d’entreprise, l’organisation interne de l’entreprise, l’évaluation des réformes financières, et la finance des agents non rationnels.

      Il a reçu le prix du meilleur jeune économiste de France en 2007. Le 17 octobre 2007 il a reçu le prix HEC du chercheur de l’année 2007. En 2008, il remporte le prix de l’Institut Manpower pour l’Emploi.

      Il publie régulièrement des tribunes d’inspiration libérale classique dans la presse française, souvent avec Augustin Landier.

      Il est membre du CAE (Conseil d’analyse économique, conseil d’économistes auprès du premier ministre)[4].

      Il est directeur scientifique du BNP Paribas Hedge Fund Centre.

      Le Grand méchant marché :
      Il publie avec Augustin Landier Le Grand méchant marché en 2007. Ils s’intéressent dans cet ouvrage aux racines de l’antilibéralisme français contemporain, en passant par deux étapes : tout d’abord une revalorisation de ce que ses détracteurs nomment capitalisme financier, qui est, à rebours des idées reçues altermondialistes, un accélérateur de croissance et de prospérité. Se fondant sur des études récentes, ils montrent que la finance soutient l’emploi et l’économie en général.

      Dans un second temps, ils s’intéressent au courant libéral français depuis les débuts de la révolution industrielle, et s’attachent en particulier à montrer que rien ne prédispose la société française à l’antilibéralisme. Selon les auteurs, l’antilibéralisme contemporain tire en fait sa source dans les Trente Glorieuses, période de forte croissance, associée faussement au dirigisme et qui tient plus de la récupération d’un retard accumulé. Ils mettent en avant à l’inverse les progrès effectués vers une économie libre enregistrés grâce à Jacques Rueff ou à la construction d’un marché européen.

      Si le libéralisme est si mal accepté aujourd’hui en France, c’est d’une part à cause de cette association erronée entre croissance et dirigisme. Mais c’est aussi car la France est au milieu du gué : le refus des fonds de pension et l’inachèvement d’un certain nombre de réformes ont transformé l’économie française en un « capitalisme sans capitalistes ». L’économie appartient de plus en plus à des étrangers, transformant les français en rentiers, hostiles à l’initiative. Dès lors, « pour rendre au capitalisme sa légitimité, il faut faire des Français les acteurs à part entière d’un capitalisme financier dont ils doivent être les premiers bénéficiaires. »[

      Le livre a reçu un bon accueil lors de sa parution et a connu une nouvelle édition dans la collection Champs dès l’année suivante.

      Citations :
      « Cette nouvelle pensée unique qu’est la révolte contre le « grand méchant loup » du libéralisme financier résiste mal à la confrontation aux faits. Le capitalisme financier n’est pas l’instrument du vieux conflit capital-travail qui hante le débat politique depuis plus d’un siècle. [..] Le capitalisme actionnarial n’induit pas non plus la myopie industrielle pour laquelle on le blâme, mais permet au contraire le financement de projets de très longue haleine. De manière générale, le constant quantitatif est univoque : la finance est l’amie de l’emploi, pas son fossoyeur. »
      « Ce qui est frappant dans [l]e phénomène de rejet de l’économie libérale, c’est à quel point il s’agit d’une singularité française.[..] Selon nous, l’exception anti-capitaliste française renvoie non pas à une « exception culturelle » intemporelle mais à l’exception historique des années d’après-guerre. »
      « En dépit d’une croyance fort répandue, ce n’est pas l’histoire qui nous prédispose à l’anti-libéralisme : il est utile de creuser le passé pour réaliser à quel point le libéralisme n’est pas un produit anglo-saxon. [..] Bien plus que nos racines culturelles anciennes, c’est selon nous en grande partie le souvenir nostalgique des Trente Glorieuses qui continue à faire rimer dans l’esprit de nos compatriotes économique mixte avec croissance. Or ce sont les circonstances exceptionnelles de la reconstruction d’après guerre qui faisaient de la planification un régime économique efficace. »

      Et celle de son compère Landier, « libéral classique » à la française toujours…

      Augustin Landier est normalien en mathématiques et a obtenu un doctorat en économie au MIT en 2002. Il a également un master en philosophie et un master en économie.

      Après son doctorat, il a été professeur associé de finance à l’université de Chicago et professeur de finance à la New York University. Il a également travaillé comme resident scholar pour le FMI. Depuis septembre 2009, il enseigne à l’école d’économie de Toulouse (Toulouse School of Economics) dirigée par Jean Tirole.

      En plus de ses travaux académiques, il écrit de nombreuses tribunes dans la presse généraliste française avec David Thesmar et a co-écrit avec ce dernier Le grand méchant marché: décryptage d’un fantasme français.

      Travaux :
      Marché du travail en France :
      Il publie en 2002 avec Olivier Blanchard dans l’Economic Journal un article intitulé « The Perverse Effects of Partial Labor Market Reform: Fixed Duration Contracts in France ». Ils y analysent les réformes superficielles du marché du travail en France qui font reposer sur les contrats à durée déterminée l’essentiel du besoin de flexibilité de l’économie. Ils y montrent que ce genre de demi-réformes est le pire qui puisse être fait, augmentant le coût de l’emploi et l’instabilité des emplois pour les salariés. Les seules réformes qui puissent améliorer la situation du marché du travail pour tous en France consistent à mener une réforme en profondeur, fondée une plus grande flexibilité pour tous. Ce serait la solution la meilleure et pour l’emploi et pour le niveau de vie de tous.

      Rémunération des dirigeants :
      Il publie en 2008 avec Xavier Gabaix dans le Quarterly Journal of Economics une étude sur l’évolution de la rémunération des dirigeants d’entreprise entre 1980 et 2003. Les deux auteurs y soulignent que cette évolution à la hausse (+500% aux États-Unis est du à la multiplication par le même facteur de la taille des grandes entreprises américaines sur la même période. Un chef d’entreprise très légèrement plus talentueux qu’un autre pourra légitiment toucher beaucoup plus car l’effet multiplicateur de la taille de l’entreprise sur la richesse créée sera énorme

      1. Et ça prêche tous les samedi matin la « bonne parole » sur une radio publique, entres amis, sans se démonter.

    4. A rapprocher de

      Stock prices have reached what looks like a permanently high plateau.

      Irving Fisher, trois jours avant le début de la descente aux enfers, 1929

  9. bonjour a tous ,

    je pense tout de même que le plus naïf n’est pas vous , mais eux de penser que vous prêteriez votre nom en caution de ce non-événement .
    et aussi que 2013 est bien loin pour prétendre organiser une expo économique soit disant scientifique . ( va falloir qu’ils revoient leur copie en route )

    1. Toute exposition demande une organisation bien en amont. 2011 n’est pas trop tôt pour une ouverture en 2013 (ça me paraît même juste…). Mais avec de tels présupposés idéologiques, l’expo est foutue, même pour demain matin ! Le temps nécessaire à l’organisation impliquerait beaucoup plus d’humilité que ce dont ces gens-là semblent capables… Précisément pour être prêt à revoir la copie à tout moment.

    2. ils ne sont pas naifs du tout !

      c’est une tentative de récupération et ça ne marche pas ce coup-ci, ça marchera peut être une prochaine fois

      ces idéologues ont la foi et ils ont raison car en fait tout vient d’une réunion avant 39/45 et en réaction au new-deal

      la société du mont pelerin a été patiente

      il faut s’interesser à la génèse de ce raz de marée ultra-libéral : ils avaient derrière eux des moyens financiers et la patience

      leurs idées ont commencé à s’imposer 40 ans après leur initiative

      rien à voir avec l’impatience des gauchistes des années 60/70 qui ont fini larbins des idéologues libéraux

      socialisme ou barbarie

  10. L’économie ne peut se passer des dimensions sociale et politique pour sa description et son étude. En rappelant souvent l’aspect rapport de force de notre société économique, M. Jorion ne fait que constater cela. C’est par exemple en lisant l’article d’Olivier Berruyer, La crise de 2001 et le défaut argentin – interview de Roberto Lavagna, que j’ai appris qu’il existait un indicateur le l’inégalité des revenus, l’indice ou coefficient Gini, basé sur la très intéressante courbe de Lorenz qui peut servir à mesurer les inégalités de répartition du revenu ou du patrimoine. L’évolution dans le temps de la courbe de Lorenz donne une idée de la direction, bonne ou mauvaise (si, si, il y a de la morale là-dedans !), que prend la répartition de la richesse (et donc une idée de la direction, bonne ou mauvaise que prennent les politiques fiscales et sociales d’un gouvernement) dans une population donnée.

    Même si toute référence à Wikipédia doit rester critique, car un Augustin Landier pourrait y mettre sa griffe, j’ai parcouru avec intérêt l’article sur l’inégalité en sociologie, m’arrêtant en particulier sur la courbe de Lorenz pour les revenus et le patrimoine en France en 2003, où je vois matière à réflexion. Je sais que les choses sont au fond plus complexes que cela, mais la science ne commence-t-elle pas par l’étude plutôt que par un mythe que l’on métamorphose en réalité par l’endoctrinement ?

  11. Et vlan !!! ça c’est envoyé.
    Je propose l’organisation d’une exposition alternative en 2013 au Palais de la Découverte soutenue par les experts qui ne soutiennent pas le projet de la Villette.

  12. Une critique de l’ouvrage de Landier et Thesmar Le grand méchant marché. Décryptage d’un fantasme français (apparemment publié en février 2008) sur Nonfiction.fr.

    Leur Projet s’apparente alors selon le site à “vulgariser les recherches économiques portant sur l’efficacité du marché financier et plus précisément des bourses mondiales.”

    L’idée de circonstance défendue là semble être la capitalisation des retraites (“un manifeste politique en faveur de différentes réformes”).

    Et de conclure : “un pamphlet plutôt qu’une étude claire et pleinement pertinente sur de nombreux points.”

  13. C’est prétentieux de ma part ,mais le raisonnement est vrai pour d’autres aspects de la connaissance,il n’y a pas une science économique mais des sciences économiques.Je suggère ,qu à l’intérieur d’une somme,un certain degré de scientificité n’est pas exclu.On en revient à science sans conscience ou la science dévoyée.

  14. Votre courrier m’apprend en effet que la conception du projet revient à M. Augustin Landier, Commissaire scientifique de l’exposition à venir. M. Landier était absent lors de la réunion du comité scientifique

    Si je comprends bien, vous vous êtes jeté dans la gueule du loup sans le savoir. N’était-ce pas un peu dangereux ?
    Avec, l’absence de M. Landier qui laisse à penser que le rôle d’Universcience était d’amadouer les agneaux, cette histoire tient de la fable.
    Et quel serait le qualificatif adéquat si naïf ne l’ai pas ?

      1. un projet d’endoctrinement
        un projet propagandiste

        de la propagande quoi!

        propagande pour les théories soit disant scientifiques mais complètement fumeuses des ultralibéraux, ceux qui pensent que les marchés financiers sont efficaces, et que cette efficacité augmente plus ils sont liquides et donc que l’innovation financière, le foisonnement d’instruments financiers « innovants » réduit le risque systémique au lieu de l’augmenter.

        propagande pour des théories tellement fumeuses qu’elles étaient totalement incapables de prévoir cette crise.

        une « théorie » qui se trompe autant dans ses prévisions n’est pas scientifique, et faire sa propagande comme le propose Universcience ne vaut pas mieux que l’endoctrinement religieux.

        Et tout ça dans un pays qui se dit laïc et héritier des lumières! Diderot et Voltaire ont de quoi se retourner dans leurs tombes.

  15. Pourquoi ne pas utiliser ceux qui veulent vous instrumentaliser …Et de plus pour une bonne cause.
    Très juste retour.

  16. Je note que Mr. Augustin Landier fait partie de ces économistes qui sont venus sur le tard à l’économie, souvent après des études de mathématiques. Leur maîtrise des outils mathématiques permet de cacher, derrière des équations complexes, les lacunes d’une culture économique d’une grande pauvreté. Après faut pas s’étonner s’ils épousent naturellement la simplicité des schémas de pensée libéraux sans se poser trop de questions !

    1. Dans cette histoire, Landier n’est pas le seul mathématicien qui, sur le tard, voir le très tard, s’est mis à l’économie… Ceci dit, pourquoi pas.

  17. Si l’économie est forcément politique, cette dernière n’est également qu’idéologie. C’est le rapport de force entre les idéologies qui définit le mouvement politique d’une société…

  18. Monsieur Jorion,
    Je me satisfais de votre non-participation volontaire à ce marigot-là. Cela dit, votre argument selon lequel le commissaire Landier « appartient à un courant tout à fait spécial de la science économique, et un courant qui prône en particulier qu’elle ne soit pas une science » me semble au milieu du gué : pour juste qu’il soit, il m’apparaît insuffisant, car il contribue à amalgamer le capitalisme et l’ultralibéralisme, et par là à mener la contestation contre les seuls excès du capitalisme. Or le capitalisme est spontanément excessif.

    Que vous mettiez « le mot « science » délibérément entre guillemets quand c’est Hayek qui en parle » pour dénoncer l’hégémonie culturelle en oeuvre par cette idéologie transparente met au second plan le fait qu’une science économique est elle-même une idéologie, parce que l’économie, qui repose sur le credo de la valeur, ne peut pas être une science. Bien entendu des gens moins immoraux que des von Hayek, Minc ou Landier s’occupent d’économie, comme Sraffa, voire Keynes. Or ce second plan m’apparaît le ressort principal du fonctionnement indissociablement économique et idéologie du mode de production capitaliste.

    Je tiens qu’une science économique qui s’enquiert, par tropisme disciplinaire, d’une théorie des prix, d’une justesse de la valeur, postule, non seulement dans l’analyse critique mais aussi dans le projet, un équilibre social inégal où les propriétaires des moyens de production, qu’ils s’organisent comme actionnaires associés ou selon des cooptations partisanes sous le parapluie d’un Etat, local ou mondial, tiennent encore les fils de l’oligarchie. Une approche scientifique de l’économie politique, parce qu’elle met en jeu fondamentalement les rapports de classes dans l’intention de les suprimer, me semble un meilleur chemin vers la vérité que l’idéal d’une science selon laquelle ces rapports seraient ajustés. Car ils ne peuvent l’être qu’aux biais de représentations falsifiant les volontés qualitativement majoritaires.

    En un mot il me semble préférable que la scientificité soit un attribut de l’approche plutôt que l’épithète d’une discipline dont la constitution même suppose une vision falsificatrice du monde et destructrice des existences.

    J’espère que vous entendrez cette critique amicalement, ainsi que mes remerciements pour vos efforts réitérés de décryptage et de pédagogie.

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      Que vous mettiez « le mot « science » délibérément entre guillemets quand c’est Hayek qui en parle » pour dénoncer l’hégémonie culturelle en oeuvre par cette idéologie transparente met au second plan le fait qu’une science économique est elle-même une idéologie, parce que l’économie, qui repose sur le credo de la valeur, ne peut pas être une science…………………

      En un mot il me semble préférable que la scientificité soit un attribut de l’approche plutôt que l’épithète d’une discipline dont la constitution même suppose une vision falsificatrice du monde et destructrice des existences…….
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      Remarquable intervention , Merci
      L’ économie ne peut etre une « science » en l’ état actuel , puisque dès le départ , c’est un essais mathématique sans espoir : remplacer la gestion complexe des échanges des groupes par une gestion simplifiée , linéarisée ,  » rationnelle » …….. c’est admettre , des le départ que la carte est le paysage .
      L’ économie est une  » croyance » , dans le sens ou la pluspart des gens croient qu’une gouvernance « rationnelle » est supérieure a une autogestion « naturelle » ….ce qui est pour l’instant en echec tragique .

    2. « … parce que l’économie, qui repose sur le credo de la valeur, ne peut pas être une science », c’est le résumé-même du livre que je suis en train d’écrire en ce moment.

      Il ne peut pas y avoir de science économique non plus parce que l’économie n’est pas autonome par rapport au politique. Le rapport de force qui préside à la formation des prix, et à la redistribution de la richesse créée dans la production, ne peut pas s’expliquer par une logique économique : sa source est en-dehors de l’économie.

      1. @Paul Jorion le 24 juillet 2011 à 18 h 38

        Tant mieux si nous sommes d’accord. Bien apprécié votre ton dans l’entretien (intégral) publié dans CQFD.

      2. Cette question « formation des prix vs valeur » ne peut être discutée sans tenir compte du ch. VI, inédit du Capital, tel qu’il vient d’être édité. Ce chapitre que Marx a coupé dans la rédaction finale est très éclairant sur de nombreux points, très pédagogique en fait.

        En particulier, ce qui m’avait jusqu’alors complètement échappé, c’est la critique de toute la théorie marginaliste : on ne peut comprendre quelque chose au capital, dit Marx, si l’on croit que la valeur est attachée à la marchandise prise individuellement (une voiture par exemple), alors que cela ne peut se calculer en mode capitaliste que par le capital engagé pour produire sur une période donnée x voitures du même modèle sur une chaîne qui sert à les fabriquer toutes. Ce qui explique, pour Marx, qu’un capitaliste puisse gagner de l’argent alors qu’il vend un certain nombre de voitures en dessous de leur valeur. Le capitaliste calcule sur l’ensemble de la production obtenue par son capital engagé et ne fait pas une division simplette pour y parvenir (capital / x voitures produites) qui donnerait le « prix » de la voiture !

        Toujours pour contribuer au débat, Marx considère que si l’économie politique se résumait à un calcul de prix, il n’y aurait pas besoin de science… la science de l’économie politique est nécessaire pour aller derrière les apparences et s’intéresser à la valeur (dans toutes ses dimensions, alors que le capitalisme ne s’y intéresse que pour la dimension quantitative, monétaire/argent).
        La valeur n’a pas seulement une dimension quantitative, elle a aussi une dimension qualitative. Articuler les deux dimensions, voilà un projet de recherche scientifique en économie politique : ce projet, le mode de production capitaliste ne peut même pas l’entrevoir, car il est au cœur du dépassement du capitalisme, donc de sa disparition à lui !
        C’est bien sur ce point que les contresens les plus lourds ont été faits devant l’œuvre de Marx : il ne cherche pas à mieux calculer que le capitaliste, ni à faire un meilleur capitalisme, il montre comment le capitalisme fonctionne en réalisant une abstraction mortifère qui nie toute qualité au travail et le réduit à n’être qu’une quantité de temps moyen… ayant une valeur qu’il ne paie pas intégralement. Et en contrepartie Marx écrit qu’il ne faut pas « mieux calculer » mais intégrer tout ce que le capitaliste ne veut pas voir (ni surtout payer !) : le travail vivant n’est pas seulement du temps passé devant une machine, c’est une qualification, une expérience, une production, du plaisir ou de la fierté et au bout du bout une reproduction de soi et de la société tout entière. Toutes choses que le capitalisme nie. Ne revenons pas en arrière sur ce projet de dépassement intégral.

      3. Si Paul Jorion et Schizosophie sont en accord , je me sens mieux ; ça n’était pas clair jusqu’à ce jour .

      4. @juan nessy le 26 juillet 2011 à 11 h 17
        Cet accord-là, pour important qu’il soit, n’exclut pas des désaccords, parfois exprimés sur ce blog, dont certains se sont avérés de simples malentendus, tandis que d’autres suivent leur chemin convergent ou divergent, selon leur dynamique propre. Cela étant peut-être même une règle général de tout dialogue.

      5. @Schizosophie :

        Ouf !

        je me disais aussi …..

         » Quand tout le monde est d’accord avec moi , il me semble que j’ai tort !  »

        Bonne journée ! Juan Nessy .

        PS : et c’est alors le plus souvent le cas .

  19. Cher Monsieur
    Le rapport portant la « mention incongrue : « Confidentiel » » allez-vous le publier svp?

    Par ailleurs vous vous êtes un jour félicité de la compétence de David Thesmar qui alors vous avait interwievé… Auriez-vous changé d’avis? Ou seulement de point de vue?….

    1. « Par ailleurs vous vous êtes un jour félicité de la compétence de David Thesmar qui alors vous avait interwievé… »

      Vous devez confondre avec quelqu’un d’autre : Thesmar est économiste, pas journaliste. Ceci dit, je le connais pour lui avoir été un jour opposé dans un débat sur la spéculation organisé par Philosophie Magazine. J’ai le sentiment d’avoir réfuté tous ses arguments.

  20. hors sujet
    mais quand meme Amy Winehouse est decede
    pas de commentaire cette fois
    un peu trop satanique?;;;;;
    du vrai talent cependant

    1. c’est vrai qu’elle était talentueuse, une très grande chanteuse.Quel dommage!

      Mais c’est la mort de près de cent jeunes norvégiens que je trouve l’évènement le plus horrible, un drame absolument incroyable…

      pourquoi? comment est ce possible?

      un psychopathe d’extrême droite fondamentaliste chrétien qui tue près de cent jeunes innocents pour des idées, des dogmes…

      c’est horrible.

      mais vers où va t’on, n’avons nous rien appris des atrocités commises par les nazis?

      1. Oui chris, c’est impossible, j’en ai chialé cette nuit.
        Des mômes de 20 ans engagés et rassemblés pour prendre en main leur destin et participer à la démocratie de leur pays, méthodiquement traqués sur cette petite île puis massacrés comme des animaux à l’abattoir par un fou qui prend leur vie.
        Nous avons beaucoup appris des atrocités que tu évoques. Il faut continuer à parler, partager, se méfier des caricatures, des raisonnements qui divisent et engendrent la haine. La haine tue l’esprit.
        Ce massacre s’est passé à nos portes, en Europe, comme si c’était dans notre ville.
        Ne pas oublier, ne pas oublier

    2. @ l’expat,
      tout n’intéresse pas tout le monde.
      et pour ceux qui sont sensible à une chose particulière, il y en a tant qui ne sont pas prêts à voir ce qu’ils ont pourtant sous les yeux; jusqu’à ce qu’il soit trop tard bien sur.
      c’est dû en partie à l’énormité du talent de ces êtres là.
      ils sont juste ce qu’ils sont, ce qu’ils font est leur quotidien, quotidien qui est adulé, parce qu’on ne comprend pas.
      Amy Winehouse était comme ça, elle a brulé 27 ans, pour 5 très longues années de carrière.
      une lumière de 100 watts branchée sur du 380, ça ne dure pas longtemps, c’est la part du feu.
      le web et la télé débordent de commentaires et de reportages maintenant.
      tu veux les écouter?
      c’est elle qu’il faut écouter et voir si ça t’intéresse
      http://www.youtube.com/watch?v=b1DjNgh1vNo
      la musique n’est pas qu’affaire de saltimbanque.
      absolument tout ce qui existe vibre.
      pour ce qui est du blog, qu’importe si les références vibratoires inclinent plus facilement vers Lucian Freud plutôt qu’Amy Winehouse.
      de toute façon il n’est jamais interdit d’ouvrir ses sens, son coeur ou son âme.

  21. …se voit affublé de la mention incongrue : « Confidentiel »…

    j’aimerais attirer l’attention sur ce fait reçurent de confidentialité !

    Il semblerais en effet que pour vendredi dernier, on est créer une entité ‘ sans doute le fond de stabilité européen ‘ qui a dans ses statut le fait que les employés ne dépendent pas des juridictions des pays européens et soit soumis a des clause de confidentialités.
    Mais a qui doivent t ils des comptent alors ?

    Si je comprends bien, les statut de ceux qui vont s’endetter en notre nom, ne sont pas soumis a notre contrôle !

    Dont cette proposition, ne satisfait pas les règles élémentaires des droit de l’homme, qui dois, dans sont article 15, pouvoir demander des comptes a toutes institution à qui il délégué des pouvoir public/commun.(ici la gestion de la monnaie et la dette).

    En effet il est préciser dans l’acte de naissance de cette structure, que doivent signer les pays, qu’ils ne pourront points audioner les employers, ni perquisitionner les bâtiments de cette nouvelle institution.

    Mais qu’ont il a cacher ses gents la ?
    Il demandent a gérer un bien commun et doivent dont rendre des compter a tous ceux pour qui ils œuvrent.

    C’est la qu’il faut actuellement mener le fers me semble t il.
    Une fois qu’on peut tracer toutes leur actions, on peut contrôler leur acte.
    sans ca, c’est un paravent de plus pour nous étourdir, mais la corrida, on connait.

    Lien sur la déclaration des droit de l’homme :

    Article XV
    La Société a le droit de demander compte à tout Agent public de son administration.

    Lien sur un article, bien que grossier et maladroit dans ces analyses financières, est explicite dans la démonstration de la non compatibilité avec les droit de l’homme.
    Le FESF, l’UE et la « BANQUE-MES » : le coup final de l´esclavage des peuples, par l’endettement

    Celui qui ce propose a gérer un bien commun tel que la monnaie, ne peut pas s’exonérer du regard de ceux pour qui il gère ce bien…

    Comment demander l’abrogation de l’article qui exonère les emploies de l’impôt national et de rendre des compte aux citoyens de tout pays européen ?

    Refaire un article XV, précisant l’article 15 des Droit de l homme: tout droit ce faire a livre ouvres et avec des compte et des billant annuel public.
    A commencer pas ceux de la BCE, BCE qui ne connais que le mot transparence dans sur sont site internet, mais ne donne aucun chiffre.
    Site de la BCE :
    http://www.ecb.int/ecb/html/index.fr.html
    Note, c’est pas vos têtes que l’on veux voir, c’est des schémas simples de nos comptes annuels,
    comprends tu ?

    L’a télé c’est fini –> passons à internet –> les parasites, dehors SVP

    je rajouterais qu’il faut mener tous les projets pédagogique, et je suis prêt a participer via un forum.

  22. Damned ! voici donc comment un chercheur en science humaine économique est amené à batailler sur le front de la science face aux croisés dogmatiques de la non-science économique… Mais quel temps perdu !

  23. Bravo, Bravo et encore Bravo.
    Le fond, le style, tout y est!
    Chapeau bas Mr Jorion!
    J’ai particulièrement apprécié votre courage pour dénoncer, je cite:
     » C’est certainement par simple inadvertance que le document qui nous est communiqué :
    « Exposition temporaire sur l’économie », se voit affublé de la mention incongrue :
    « Confidentiel ». Je prends d’ailleurs l’initiative de la publicité de ce débat en l’ouvrant sur mon blog, par la publication de la lettre que je vous adresse ici et dont je fais, du fait-même, une
    « lettre ouverte ».

  24. Quel travail M. Jorion !
    Quel épée M. Chris06 !
    Quelle équipe !
    Une fois de plus la preuve nous est donnée que ce blog est le meilleur blog du monde !
    Chapeau!chapeau!chapeau!

  25. Piège à cons d’illuminés bien capables de caresser dans le sens du poil une France amplement réactionnaire. Chaque jour qui passe me rend ce pays de plus en plus insupportable. Le maquis devient le seul bonheur de vivre. Sous quelle forme ? Je vous laisse imaginer les possibilités ainsi que le choix des armes.

  26. comité scientifique de l’exposition qui sera consacrée à l’économie en 2013 à la Cité des sciences de La Villette.
    un projet d’hégémonie culturelle, fondé sur le principe qu’une fiction deviendra réalité si l’on peut faire qu’un nombre suffisant de personnes y souscrivent.
    un mythe que l’on métamorphose en réalité par l’endoctrinement

    Mythe fondateur (non-scientifique) partagé et prosélytisme ce sont le principe et le moteur d’une religion, avec son cortège de prêtres-savants, de credos et d’interdictions, et de violence potentielle, pas d’une science.
    Je préfère la démocratie où une personne = un vote, plutôt que un dollar = un vote.

  27. Attendons de voir quelle sera leur réponse. Seront-ils seulement embarrassés?…
    Ou s’en tireront-ils par une pirouette comme d’habitude?

  28. Je viens de recevoir la lettre suivante, que l’on me demande – comme vous le verrez – de porter à votre connaissance.

    A l’attention de M. Paul Jorion

    Monsieur,

    Suite à l’envoi de votre courrier et à sa publication sur votre blog, nous tenons à vous apporter les précisions suivantes :
    Comme cela a été rappelé lors de la réunion du 4 juillet, le commissariat scientifique de l’exposition a été confié conjointement, dans un souci d’équilibre, à MM. Romain Rancière et Augustin Landier. Vous en avez été informé dès avant cette réunion. Il est donc inexact de dire que la conception du projet revenait à M. Landier.
    La nouvelle mouture du projet, que nous vous avons adressée le 22 juillet, prend en compte, de manière explicite, l’essentiel des contributions qui ont été apportées par le comité scientifique dans sa réunion du 4 juillet. Il vous a d’ailleurs été adressé pour que nous puissions encore l’amender et l’enrichir. Il n’est donc pas juste de dire que vous avez été conviés à « entériner un projet bouclé ».
    Vous appelez de vos vœux, à la fin de votre lettre, « une représentation de la science économique » qui ne soit pas définie « par une coterie d’esprit militant », mais puisse « faire l’objet d’un vaste débat public ». C’est précisément dans cet esprit que nous travaillons depuis le début. C’est ce qui nous a conduits à solliciter votre participation au comité scientifique, aux côtés d’un large éventail de représentants de différents courants de l’économie. Nous espérions, ce faisant, dépasser les querelles entre « coteries d’esprit militant ».
    Une prochaine réunion de ce comité se tiendra au cours de la première quinzaine d’octobre, comme prévu.

    Ce message est adressé à tous les membres du comité, et nous apprécierions qu’il soit également publié sur votre blog, pour donner à vos lecteurs des informations dont ils ne disposent pas.

    Roland Schaer
    Directeur sciences et société
    Délégué aux affaires scientifiques
    Universcience
    Cité des sciences et de l’industrie
    tél. 33.1.40.05.72.17.

    1. Je viens de répondre par la lettre suivante :

      Cher Monsieur Schaer,

      Sur le contenu de votre lettre.

      le commissariat scientifique de l’exposition a été confié conjointement, dans un souci d’équilibre, à MM. Romain Rancière et Augustin Landier. Vous en avez été informé dès avant cette réunion.

      Auriez-vous l’amabilité de préciser ce que vous voulez dire par « dans un souci d’équilibre » ?

      « Vous en avez été informé dès avant cette réunion ». Est-ce par vous ? Si oui, je n’en ai pas trace. Si c’est par quelqu’un d’autre, auriez-vous l’obligeance de me dire par qui et à quelle date ?

      Merci d’avance,

      Paul Jorion

    2. On est content d’apprendre que l’économie est traversée de différents courants et qu’il suffit de les mettre ensemble ( sans guide ?) pour que …

      Pour que quoi au juste ?

      PS : ça me rappelle les quatre ou cinq occasions de grandes réflexions sur la xième « modernisation du service » que j’ai vécu sur les 25 dernières années de ma carrière professionnelle. Lors de la première , on parlait de POM ( plan -objectif – moyen) et j’avais eu cette forte déclaration prémonitoire (qui n’a pas facilité mon avancement , ni , merci statut de la fonction publique, occasionné ma rétrogradation ) :

      – hier , nous avions des moyens et pas d’objectfs !

      – aujourd’hui , nous avons des objectifs et pas de moyens !

      – demain , nous n’aurons ni objectifs , ni moyens !

      Pari gagné : le service n’existe plus et la réflexion n’avait d’autre but que d’adoucir le stress du condamné à mort par d’autres enjeux .

    3. Suite à leur réponse, pensez-vous y participer et constater par vous-même à quel point ils sont « ouverts » et prêts à remettre leur dogme en cause?
      Ça serait intéressant…

    4. C’est ce qui nous a conduits à solliciter votre participation au comité scientifique, aux côtés d’un large éventail de représentants de différents courants de l’économie.

      On dirait bien, Monsieur Jorion, que votre courant d’air rafraîchissant les a un peu décoiffés.
      Un éventail c’était trop petit, il ont besoin d’un paravent.
      Amusant dans ce contexte, la définition de Wikipedia: http://fr.wikipedia.org/wiki/Paravent

  29. En découvrant l’article j’ai d’abord cru à une fiction: « voilà ce qui pourrait advenir si j’acceptais de participer à un comité d’experts pour Universcience »…
    hélas! dure réalité, mais expérience non unique, puisque plusieurs de mes relations ont expérimenté le même processus en participant à divers conseils et comité. Les rails étaient déjà posés, sans qu’aucun d’entre eux n’ait eu à émettre la moindre suggestion au préalable. Pas de réflexion sur le fond, mais des avis sur des avis avant d’entériner ou de modifier à la marge.
    En somme, comme aimait à le rappeler un de mes professeurs: « vous pourriez, selon ce schéma, devenir un spécialiste de Jean-Jacques Rousseau, sans avoir jamais lu une seule ligne de lui, mais uniquement les commentaires de commentaires ».

  30. Merci Paul pour vos efforts incessants pour informer tout le monde du mieux possible sur les relations entre économie et société, donc l’économie politique.

    A voir de l’autre côté de l’Atlantique l’évolution des pensées qui en l’occurrence semblerait plus critique du système actuel que ne le sont les organisateurs de cette exposition temporaire sur l’économie… INET: Institute for New Economic Thinking
    http://ineteconomics.org/

    Et en France l’AFEP Association Française d’Économie Politique
    http://www.assoeconomiepolitique.org/

    Ou mieux: Les économistes atterrés
    http://atterres.org/

    Paul T.

  31. Je veux bien faire l’objet de « modération » mais pourrais-je savoir pourquoi la liste des mails et le N° de tél de la cité de Vilette que j’avais proposés ici n’ont pas été publiés ? Inconvenance ? N’apporte rien selon les modérateurs ? Oubli ? Peu de bloquer le débat ?

    Par avance, merci.

    1. Cher Thom,

      N’apporte rien au débat. Tout le monde sait utiliser Google au besoin pour trouver une adresse mail et un n° de téléphone. Et cela aurait pu être interprété comme une invitation à les saturer de mails ou coups de fil, sous le regard complice du blog.

  32. Bonjour, et bravo pour ce blog que je viens de découvrir.
    Représentante syndicale CNT à Universcience, le contenu de votre lettre ouverte et des commentaires ou réponses qui l’ont suivie m’intéresse au plus haut point, – cela d’autant plus que nous ne sommes pas vraiment informés des expos à venir dans notre établissement.
    Du coup, la section CNT a décidé de faire un tract d’information à tous les salariés d’Universcience (1200 personnes) en y reprenant tout ou partie de votre lettre ouverte, si vous êtes d’accord.
    N’ayez pas peur, on n’essaiera pas de faire croire que vous êtes à la CNT ! :-))
    Bonne continuation pour votre indispensable travail.

  33. Et hop un petit tweet =)

    Merci pour cette réflexion. En tant que jeune bibliothécaire et attachée à la notion de service publique, j’apprécie énormément votre réaction.

    Tenez nous au courant par la suite !

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