LES ETATS-UNIS, CE SOIR : RÉPONSE À PAUL JORION, par Pierre Sarton du Jonchay

Paul, Je vous suis tout à fait sur la mauvaise interprétation que l’on fait en Europe de l’impasse étatsunienne sur le plafond de la dette.

Le malentendu fondateur du contrat social étatsunien est en train de remonter à la surface avec la chute du capitalisme financier fondé par les élites politiques étatsuniennes. Les pères fondateurs des États-Unis n’ont jamais voulu d’État fédéral. Ils y ont consenti pour la gestion des affaires communes avec le reste du monde à commencer par la conduite de la guerre d’indépendance et des guerres ultérieures. L’État fédéral US a toujours été un outil d’impérialisme utile à l’extérieur mais pas à l’intérieur des États-Unis. Les républicains ont l’intuition que l’impérialisme financier du dollar est mort avec le surendettement fédéral. Ils veulent donc démanteler l’État fédéral en réduisant la dette et le déficit budgétaire. Ils sont soutenus par l’essentiel des classes moyennes qui ne voient pas l’utilité des administrations fédérales trop éloignées de leur démocratie locale.

Les démocrates sont plus favorables au maintien d’un État fédéral mais son divisés sur sa mission essentielle. Les milieux d’affaire y voient un outil de contrôle de la société et de promotion de leurs intérêts dans le monde. Les classes pauvres y voient un outil de solidarité et d’assurance sociale. Les visions politiques sont au final antagonistes avec peu de plages de recoupement. Or le défi du déficit est colossal car les États-Unis sont en train de perdre l’autofinancement systémique de leur État fédéral émetteur des contreparties de la monnaie internationale. Si les États-Unis conservent un État fédéral il ne pourra plus être financé que par les contribuables étatsuniens et non par les épargnants internationaux. Or les Étatsuniens n’ont pas l’habitude de payer des impôts en temps de paix.

Il est donc très possible qu’un consensus des contraires se dessine pour laisser tomber l’État fédéral avec sa dette. Les Étatsuniens ne se rendent pas compte que la dette fédérale est la contrepartie nominale de la base monétaire mondiale. Ils pensent majoritairement que la dévaluation du dollar leur sera au pire favorable et ne voient pas l’écroulement de tout le système monétaire international que va provoquer la contraction de la base monétaire mondiale. La fin du capitalisme financier fondé par le dollar paraît non seulement scellée mais imminente. L’euro explosera en vol dans la seconde qui suivra les premiers défauts de paiement en dollar.

Peu de gens voient le chaos qui va survenir tellement les intrications du risque et du crédit sont opaques dans le système financier mondial. Les conflits vont éclater partout entre les dirigeants de toutes nationalités. L’ampleur des pertes à compenser va mener des charrettes de dirigeants politiques et financiers devant les tribunaux.

Vous invoquez Dieu au secours de l’Amérique et vous avez bien raison. Il est temps que les Européens aident Dieu à réinventer la monnaie pour que les citoyens du monde puissent régler leurs accommodements sans se détruire. Il n’y a que les Européens qui aient inventé l’État de droit multinational. Il leur incombe d’en créer l’instrument de compte qui permettra aux États-Unis de survivre comme ensemble cohérent en dépit de la faillite du dollar.

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292 réflexions sur « LES ETATS-UNIS, CE SOIR : RÉPONSE À PAUL JORION, par Pierre Sarton du Jonchay »

  1. cool je comprend maintenant M Sarton du Jonchay .
    Pas de chance c est pour lire la fin d une civilisation.
    Mais bon personne n a dit que l on pouvait tout avoir en ce bas monde.

  2. Le onde n’en peut plus de toute cette dette , il faut faire mourir le systeme , la période est idéale…donc çà va se passer d’ici le 15/8/2011 et petit à petit , soubresauts par soubressauts le monde entier va répudier sa dette.
    Et en fin le monde respirera.

  3. Le capitalisme a trouvé ses limites dans la finance moderne ,celle du gain rapide .
    Le mamouth va se dégraisser et cette fois ci il n y aura pas le joker du preteur en dernier ressort .on va dans le mur et ce mur de dette va tomber faisant des victimes mais permettant, à condition d’une maturité démocratique restant à prouver ,de rebatir un contrat social .
    Les prochaines élections vont etre houleuses parceque rares sont nos politiques au niveau de l’enjeu et au courage de leurs convictions .
    J espère me tromper ,

  4. « Déficit public : le FMI veut de la rigueur en France »

    Plus il y aura de la rigueur et de la pingrerie partout et mieux le monde se portera,

    J’ai toujours eu très peur d’imposer trop de rigueur chez les autres, de peur qu’à mon tour la rigueur s’impose fatalement dans mon pays,

    Ah si seulement les gens très haut placés au FMI pouvaient toujours apporter de meilleures récoltes dans le même temps.

    Avec de telles positions de raison ils n’iront bien sur pas dire autre chose aux êtres.

  5. Bravo Sarko le président du pouvoir d’achat!!

    Le chômage augmente à nouveau en juin.

    Le nombre de demandeurs d’emploi n’ayant pas travaillé du tout a progressé de 1,3% le mois dernier. Depuis le début de l’année, le marché du travail compte seulement 2100 chômeurs de catégorie A de moins.

    Les marché de l’emploi broie à nouveau du noir. Le nombre de chômeurs n’ayant pas travaillé du tout (demandeurs d’emploi de catégorie A) a fortement progressé au mois de juin, gagnant 33.600 personnes par rapport au mois précédent (soit 1,3% de hausse), si bien que les gains du début de l’année sont aujourd’hui quasiment effacés. Au cours du premier semestre, le nombre de demandeurs d’emploi de catégorie A ne s’est finalement réduit que de 2100 personnes. Au mois de mai déjà, cette catégorie avait enregistré une hausse de 17.700 personnes, après quatre mois de baisse consécutive qui avaient laissé entrevoir une courte embellie sur le marché du travail.

    En tenant compte des demandeurs d’emploi travaillant à temps partiel (catégories A, B et C), le chômage progresse en juin de 0,6% sur un mois et de 4% sur un an. Au cours du premier semestre, le nombre de demandeurs d’emploi de catégorie A, B et C s’est accru de 52.000 personnes, à 4,1 millions en juin.
    Nouvelle hausse du chômage des jeunes

    […]

    figaro.fr

  6. Dieu c’est prégnant aux States . Mayflower . Sorciéres de Salem. Puritains de la cote Nord-Ouest .
    In God we Trust sur le dollar , méme les franc-maçons sont croyants . On jure sur la Bible avant
    d’étre Président . Bref contrairement aux catholiques Dieu y est pris au sérieux , Dieu et le Pape
    çà fait deux .
    C’est trés tendance pour les traders depuis la crise de 2008 de faire la priére avant d’exercer .
    Toutes choses incompréhensibles pour nous . On pourrait dire la méme chose pour l’Allemagne
    il ne faut pas sous-estimer le coté Luthérien d’Angela Merkel .
    II fut un moment où Michel Camdessus aprés avoir été directeur du trésor , dirigea le FMI . Il est maintenant conseiller financier du Pape et se révéle trés fort en théologie .
    Il a laissé une trace de son action en particulier en Malaisie , un moment victime de ses services , à tel point qu’il y a crée une profonde allergie envers ses remédes immobiliers ,
    comme en témoignent quelques villes fantomes là-bas . La Malaisie a été le premier pays à
    se rebeller ouvertement contre le FMI , que ce pays soit musulman n’explique pas tout .
    Il y un rapport quand méme entre la religion et la finance , qu’il me semblerait bon d’éclaircir .

    1. La religion peut servir de cache-méfait aux argentiers, telle une feuille de vigne, pour leur donner du répit … ainsi que le bénéifice du doubte dans l’esprit des croyants.
      Quand quelqu’un invoque Dieu ou la religion, qui sommes-nous pour dire que cette personne, si puissante qu’elle soit, n’est pas sincère ?

      Cela fait gagner du temps !

      Dans toute religion il y a deux éléments – Dieu, et l’Eglise ou les institutions qui sont censés le répresenter. L’Argent a toujours voulu que les Eglises s’acoquinent avec Lui, mais personne n’a jamais vu Dieu s’acoquiner avec l’Argent. Il est de toute facilité de mettre Dieu dans sa bouche, mais de là à savoir si Dieu se trouve dans le coeur ou les mobiles de quelqu’un, c’est une autre paire de manches … et seul le Temps peut nous le dire.

  7. Mettez-vous à la place du Président Obama –
    Il a tendu la main aux Républicains les plus durs-à-cuire , jusqu’à faire corps avec eux, se séparant de tout ce qui pourrait sentir de près ou de loin le Parti Démocrate … et on lui a quand même tourné le dos, claqué la porte au nez !
    Que feriez-vous à sa place, pour calmer votre amour-propre … ?
    Même un Président est un homme, avec des droits à la dignité et à la fierté.

    1. Il s’est surtout écrasé devant les républicains depuis le début de son mandat dont il ne restera rien.
      Il a été mis la pour sauver le système en place c’est tout !

  8. @jorion

    Je pense que Vigneron a des problèmes d’argent. Vous devriez ajouter un second bouton « donate Paypal » sur votre blog pour l’enrichir un peu et le calmer. A force de vouloir flinguer tout le monde, il pourrait passer à l’acte. Cela ferrait mauvais genre car les menaces de mort sont illégales, même sur un blog avec un Pseudo….

  9. @Blake,

    En même temps, il est habitué.

    Le même Président avait déjà tendu la main à L’Iran et obtenu en retour le doigt de la dignité et de la fierté.

  10. peut-etre faudrait-il commencer a taper du poing sur la table.

    un blog ?
    les adresses des grands financiers, des grands detenteurs de patrimoines….?
    les localisations des centres d’archives bancaires , des lignes de transfets informatiques…?
    les armureries militaires ?

    un who’s who quoi … mais des choses sur lesquelles repose cette pyramide infernale et qui sont a notre portée pour inspirer la peur

  11. Le gouvernement allemand pense, appuyé sur des infos venant des députés américains, qu’un accord entre les deux parties sera possible en dernière minute. Il s’agirait d’une épreuve de force entre républicain et démocrates.

  12. Il se pourrait que Dieu nous parle au travers de nos turpitudes … Voyons comment je l’ai vu .
    En réfléchissant sur les dédoublements de période des systémes . Cela s’observe par exemple en nourissant une population de mouches dans un bocal . Cette population a une limite , méme en augmentant sa nourriture . En tournant le bouton d’un paramétre celui du taux de reproduction on constate que cette population connait des cycles d’amplitude de plus en plus grande et un dédoublement de période prévisible .
    Les variations d’amplitude sont de 4:56…(nombre trenscandant semblerait-il) pdt que les périodes doublent .
    Toutefois nous ne sommes pas des mouches , mais des homo sapiens sapiens , si c’était
    la réciproque pour nous , capables d’augmenter nos ressources et de diminuer notre tx de
    reproduction nous aurions des cycles dont les périodes sont en proportions de 4,56.. à chaque doublement pour nous distinguer des mouches .
    Or il se trouve que des historiens ont mis en évidence des cycles d’environ 250 ans et environ
    1000 ans , en gros dans un rapport de 4.56 comme celui de 250 au Kondratiev .
    Celui de 1000 ans est un cycle religieux , disons culturel pour étre plus large .
    Si l’on démarre vers l’an Mil le catholicisme ( ordre de Cluny , etc …) , qui correspond à l’apparition du « je » dans les langues , etc…: la culture occidentale , c’est bien Dieu qui nous
    parle , nous sommes au bout du cycle . Comme l’a dit un mécréant illuminé le XXI siécle
    sera sacré ou ne sera pas .

    1. Bravo en effet. Un précurseur de l’alimentation dans les pays en voie de sous développement? (europe, usa…)
      Cependant, la ration calorique de base pour un adulte moyen rien que pour le maintient de son métabolisme de base est de 1500kcal. Pour un enfant? on peut imaginer plus, je n’ai pas les chiffres, puisqu’il est en plein développement physique et psychique. Ici, une ration de 500kcal pour couvrir 24heures.
      Quelqu’un a t il des chiffres?

  13. « les Étatsuniens n’ont pas l’habitude de payer des impôts en temps de paix. »

    bah ,une chtite guerre contre l’iran fin 2011 en echauffement d’une guerre sino-américaine en 2012 apres l’élection d’un président républican forcené , et tout le monde cotisera ..

    « Vous invoquez Dieu au secours de l’Amérique et vous avez bien raison. Il est temps que les Européens aident Dieu à réinventer la monnaie pour que les citoyens du monde puissent régler leurs accommodements sans se détruire. Il n’y a que les Européens qui aient inventé l’État de droit multinational. Il leur incombe d’en créer l’instrument de compte qui permettra aux États-Unis de survivre comme ensemble cohérent en dépit de la faillite du dollar. »

    dieu n’existe pas , l’argent n’existe pas ,l’europe politique,sociale & militaire n’existe pas ,comment annuler le dette des usa , 3 x 0 ça donne toujours 0 !

    un fédéralisme poltique et un régionalisme économique c’est encore ce qui marche le mieux ( brésil , chine,allemagne… ) l’europe et les usa doivent dissoudre leurs états et garder leurs régions pour survivre .

      1. Si l’âme et le coeur n’existe pas,

        Si même la chaleur ni même une meilleure association humaine n’est plus guère possible dans un tel monde de vendus et de rentiers,

        Je ne vois guère alors l’utilité d’avoir à faire de nouveau entendre ce même genre de niaiserie musicale aux autres,

        Grattons surtout davantage la terre jusqu’au bout dans la rigueur, faisons même davantage de mal à l’homme ou à la femme voulant aussi ressembler de plus en plus à ça, jusqu’à même une plus grande syncope mondiale.

        Voilà donc tout ce que j’ai principalement appris dans ma vie et dans le seul monde des affaires d’hommes et d’ämes de plus, bientôt 7 milliards d’âmes pour les gens les plus affairés et bureaucrates de ce monde.

        Venez encore à nous, vous qui ne voyez pas encore très bien les choses de près, bon pour les affaires gens et demi-dieux de l’Egypte Ancienne, malheureusement votre plus grande rigueur de vivre partout dans les rapports humains,
        va bientôt se retourner fatalement contre vous, contre vos nombreuses Ames perdus aussi.

        Pourquoi donc la Pluie, le Soleil, le Vent, le Ciel, devrait toujours se montrer aussi principalement au service des plus pingres et des plus insensés de ce monde.

        Pourtant il n’est pas dit que le climat sur terre soit toujours le même et pour les mêmes, car de toutes façons ils ont beau à chaque fois remplir les greniers, vivre partout au dessus des autres, c’est bien à chaque fois une plus grande somme de rats et d’épidémie qui se répand partout.

        Angoisse des peuples, Famine, Faillite, Epidémie, Guerre, Révolte, voilà donc tous ce qu’ils sont en réalité capable
        de produire en masse dans leur monde com dans leur si grande réussite sociale en société.

        Bref faut toujours se montrer plus bête à l’égard d’autrui, toujours bien sur pour le seul monde des affaires,
        pour le pouvoir, la dominance, voire même pour une plus grande violence et guerre commerciale du monde,
        ah si seulement nous pouvions en pousser davantage vers la mort et les Enfers de Dante.

        Peut-être bien en réalité les plus grands ennemis du genre humain sur le fond et vive l’atome.

        Car de nos jours le temps et l’échange ce n’est plus guère la vie.

    1. Merci !

      J’ai cherché en retour , sans le trouver , un lien vers un chant qui moi aussi m’apaise un peu l’âme et le corps quand les interrogations m’accablent trop . Il s’appelle  » clair de lune  » et c’est en russe bien sur .

      Entre lune et soleil , un peu de répit sur terre .

  14. Il y a deux classes principales divisées chacune en deux fractions de classe: d’une part les bourgeois capitalistes créanciers (1%) et entrepreneurs (10%), d’autre part les travailleurs occupés(80%) et chômeurs (10%). L’Etat social garantit et finance le salaire indirect (prestations sociales, services publics non marchands).
    La fraction financière de la Droite hégémonique depuis les années 80 en utilisant des crises financières de plus en plus violentes veut liquider le salaire indirect et baisser le salaire direct.
    Est ce que la majorité des citoyens va défendre ses intérêts de travailleurs ou d’entrepreneurs débiteurs: suppression des dettes inéquitables; nationalisation des banques de dépot et monopole public de création monétaire; refus public de soutenir les banques d’affaires et autres institutions spéculatives; protectionnisme social et écologique vis à vis des pays à taux de change très sous-évalué, en premier lieu la Chine…
    Aucun soutien public à une institution financière ne devrait être consenti sans sa nationalisation immédiate.
    Comment passer du contrôle de l’oligarchie financière au contrôle démocratique et citoyen?

    1. Merl Mokeur,

      « Comment passer du contrôle de l’oligarchie financière au contrôle démocratique et citoyen? » : facile !

      Les seuls que ça ennuie sont les financiers, les éconophiles et les dirigeants politiques : ça bouleverse leur croyance et le cadre qu’ils se sont appliqués à dessiner pour y faire entrer leur vision.

      Triste.

    1. J’envisage plutôt d’aller chez le Docteur dans les prochains jours, on me dit encore que la science à beaucoup progressé en matière de psychotrope, de soma ou alors de remontant, moi qui pourtant et jusqu’à présent n’avait jamais voulu toucher à ce genre de choses.

      Enfin que voulez-vous tout le monde n’a pas non plus la chance de pouvoir y échapper en prenant l’avion, c’est la crise, la rigueur quelle grande misère sociale, pourquoi si peu de graçe et d’attention partout, on me conseille même davantage ces derniers temps d’aller me faire soigner d’abord le premier, on me dit encore que tout va très bien se passer ensuite pour les gens du marché.

      J’aimerais tant les croire et le faire croire aussi plus longtemps à mes autres camarades d’infortune, pauvres jeunes gens de ce monde, faut surtout pas être trop pauvre et trop lent surtout dans un tel monde de marchands.

      Alors vous savez le retour à l’étalon Or pour les premiers estropiés des industries de croissance, je me demande si cela va vraiment permettre une meilleure saillie de juments au monde, faut voir parfois comment certaines préfèrent se conduire de nos jours, les valeurs actuelles du monde ou de la femme actuelle dans les magazines.

      Les gens du marché on devrait surtout leur mettre la bride et le licol, comme ça c’est sur le monde aurait déjà moins peur de devoir revivre prochainement les premiers tourments de l’enfer avant les premiers dévots du système.

      Mais non le prophète est beaucoup trop pauvre matériellement ou intellectuellement pour avoir meilleure raison de conduite sur nous autres.

  15. @ Fab: supprimer le crédit, la monnaie anticipée est une idée contraire aux intérêts des producteurs(les 99% de citoyens qui vivent de leur travail et ou entreprennent). Aucun étudiant d’économie, même de première année, qui a lu le minimum vital sur la monnaie et le crédit ne peut l’envisager autrement que comme une catastrophe absolue(arrêt d’une partie très importante de la production et mégachômage type 1932 30% de chômeurs ou plus). On sait où ça a mené le monde entre 1933 et 1945. La croissance du crédit destiné aux producteurs est une condition du développement. La nationalisation du secteur financier permettrait de réorienter le crédit au service des besoins sociaux et non à celui de l’oligarchie spéculatrice.

    @Moulin: le retour à l’étalon or est aussi contraire aux intérêts de la grande majorité. Il se traduirait par un centuplement au moins du prix de l’or qui profiterait à une toute petite minorité et par une raréfaction du crédit qui aurait les mêmes conséquences que dit précédemment. Plus aucun économiste connu et plus aucun pays dans le monde ne propose le retour à l’étalon or.

    1. Merl Mokeur,

      Ne me parlez pas des étudiants en économie ! Combien d’entre-eux remettent en question la tyrannie de l’échange monétisé, le sujet de leurs études, leur futur gagne-pain ?

      L’idée est la suivante, en deux temps :

      1- un certain temps (pour moi 2 jours par semaine, pour d’autres 2 heures par jour) est consacré à combler les besoins de base de l’individu en société (voir ma réponse pas encore publiée : http://www.pauljorion.com/blog/?p=26710#comment-205517).

      2.- Que ceux qui ensuite souhaitent consacrer (une partie de) leur vie à l’échange monétisé (marchandisation : consommation/production, via le salariat) le fassent !, tant qu’ils n’emmerdent pas au propre comme au figuré le reste du Monde. Ils pourront traficoter avec leur argent et leurs crédits, encadrés qu’ils seront par la monnaie en vigueur.

      1. Pierre,

        À qui le dites-vous ! Si par réalité vous entendez le système de soumission tel qu’il se perpétue de génération en génération, il est effectivement temps de se lancer dans ce que vous appelez la fiction. Personnellement je préfère le terme de cosmogonisation.

      2. @Fab,
        D’accord avec vous sur la cosmogonisation qui quantifie la qualité réelle et qui qualifie la réalité des quantités. Mais je m’inquiète alors de votre allergie à la monnaie : la monnaie est la relation entre tout qualitatif et tout quantitatif. La monnaie est le résultat de la cosmogonisation ; une fiction constamment renouvelée de la réalité qualifiable et quantifiable. Refuser la monétisation du réel, c’est soit cesser de cosmogoniser, soit imaginer que le réel est sans limite et que nous sommes tout puissants. Vous vous révoltez contre la soumission ; c’est légitime sauf si cela conduit au nihilisme de la contestation radicale de la réalité. Là cela devient une impasse réelle ; une réalité totalement fictive qui interdit toute prise de la réalité.
        Toute l’histoire de l’humanité est un cheminement monétaire. Dès l’origine l’homme cosmogonise : il se crée des monnaies pour interagir avec la réalité. Il compte le nombre de poulets et de fruits ou de coquillages qu’il doit livrer aux dieux pour se ménager leurs faveurs. Il compte les étoiles dans le ciel ou mesure la quantité de sang d’un agneau pour anticiper la longueur de sa vie. L’homme dans le réel sait qu’il doit compter. La question est : qu’est-ce qu’il faut compter pour vivre ? La réponse est connue depuis au moins 3000 ans : il faut compter le travail de l’homme. La monnaie est le salaire de la vie humaine.
        Évidemment, depuis que la réponse à la question de la comptabilité de la vie est connue, les hommes intelligents se font piéger par la confusion entre la monnaie et la vie. Ils accumulent de la monnaie pour acheter de la fiction de vie. Ne trouvez-vous pas que nous vivons des temps heureux où nous découvrons que plus on a accumulé d’argent, moins on vivra ? Nous retournons à cette question simple qui appartient à chacun : faut-il vivre pour manger ou manger pour vivre ? La question de chacun entraîne la question collective : allons-nous nous laisser manger par ceux qui vivent pour manger ?

      3. Pierre,

        Nous échangeons depuis un p’tit moment maintenant : ça m’a beaucoup apporté, ça ne m’a rien coûté. Merci.

        « La monnaie est le salaire de la vie humaine » : c’est triste, surtout quand on voit que la vie humaine est contrainte par le salaire. Et triste parce qu’il est possible de se passer de cette contrainte : je n’arrive simplement pas à saisir si votre monnaie va dans ce sens ou pas.

        Je ne comprends pas (bien) cette phrase : « nous découvrons que plus on a accumulé d’argent, moins on vivra », mais elle me fait croire que nous « poursuivons le même but » : se débarrasser de la tyrannie de l’échange monétisé, créateur de monnaie, et d’excédent de monnaie…

        Allons-nous continuer à nous laisser manger par ceux qui vivent pour manger ? : je fais tout pour que non. Le principal obstacle est le refus absolu des autres d’en discuter : ça ne les intéresse pas, et une démocratie sans dialogue : c’est pas gagné ! Et pourtant la plupart ont conscience qu’ils sont en train de se faire digérer par les monnaie-gloutons, les conso-gloutons, mais leur refus d’aller au-delà tient dans le célèbre aphorisme : Il vaut mieux pomper même s’il ne se passe rien, que risquer qu’il se passe quelque chose de pire en ne pompant pas. C’est une croyance collective qui empêche l’émergence du surhomme.

        Et pourtant, je le redis : il est possible de se passer de cette contrainte, (sur-)humainement (humanistement) et mécaniquement. L’humanisme c’est simple : il suffit d’en parler, il est juste masqué chez chacun par la peur de l’autre ; pensez-donc : une race incapable de se faire confiance… Et la mécanique (la technique dirait Pierre-Yves (?))…c’est simple aussi pardi : donner la possibilité à ceux qui veulent tenter l’expérience de ne plus se « laisser manger par ceux qui vivent pour manger » de s’exprimer. Pour cela, il faut garantir les besoins de base à tous : plusieurs chemins peuvent y mener, il est temps de se poser et d’en parler.

        Pour ma part : la monnaie est créée avant que le besoin d’échange monétisé ne soit exprimé, ce qui les impose. Par exemple (j’en ai plein d’autres) : les besoins de base de la société, de chacun et de tous, sont financés (c’est déjà trop tard !) par une ponction sur la production !!! C’est une honte, pour nous, et pour la planète. Il faut (parlons-en !) s’occuper de ces besoins avant de produire de l’accessoire, c’est évident non ? Alors pourquoi persiste-t-on à combler ces besoins par une production de bien qui nous aliènent ? Comment une société dont la plupart des membres disent qu’elle est évoluée, comme eux, peut-elle conditionner ses besoins de base à une efficacité productive de biens qui pour la plupart nuisent à la qualité de vie et donc augmentent lesdits besoins ? Et on ne parle pas de bulle là !?

        Consacrons un certain nombre d’heures ou de jours par semaine, par mois ou par tout ce qu’on voudra, à combler ces besoins ; ce travail pourra être rémunéré ou pas : à voir… Et que ceux qui ensuite désirent consacrer du temps à consommer des biens (ou des merdes) qu’ils auront fabriqué(e)s puissent le faire : c’est la démocratie !, à condition bien sûr qu’ils laissent la place au moins dans le même état qu’ils l’ont trouvée, condition qui pourrait leur être imposée par une monnaie…, leur nouvelle règle du jeu.

        Ah, une chose : je ne suis pas sûr qu’il faille compter le travail de l’homme, quand on aime… Je considère le message que je viens d’écrire comme un travail, mais le revenu que je pourrais accepter comme reconnaissance ne devra pas être obligatoirement monétisé…

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