SCÉNARIOS DE CRISE, par Pierre Sarton du Jonchay et Jean-Luc Gréau

19 juillet 2011 par Julien Alexandre | Print SCÉNARIOS DE CRISE, par Pierre Sarton du Jonchay et Jean-Luc Gréau

Billet invité

Il y a trois niveaux d’analyse de la désintégration en cours du système financier mondial.

1/ Les faits à peu près visibles et admis

La Grèce ne peut pas et ne remboursera pas l’intégralité de sa dette publique. Il en est de même à un moindre degré de l’Irlande, du Portugal, de l’Espagne. Mais vraisemblablement aussi des États-Unis, du Royaume-Uni, de la France, de l’Italie et de la Belgique. Tous ces pays sont en déficit maximal de leur finances publiques. Le problème est la croissance du produit intérieur brut (PIB) plus faible que la croissance de la dette par rapport à ce même PIB. Les recettes fiscales ne peuvent pas croître aussi vite que la dette qui ne peut donc pas être stabilisée.

Si la pression fiscale augmente sur les revenus salariés à seule fin de réduire l’endettement public, alors les facteurs de croissance s’amenuisent ; la dette publique croît par les seuls intérêts. Les intérêts rongent inexorablement la capacité publique de structurer l’économie politique. La conséquence non visible mais bien ressentie de la dérive des dettes publiques est l’anticipation que chacun fait de son appauvrissement en services et assurances publiques. L’épargne de précaution augmente en actifs réels ; des biens durables sont accumulés par exemple dans l’immobilier simplement pour mettre en réserve sans consommer.

Une autre épargne augmente placée et investie à l’étranger où le futur est réputé plus rentable et moins risqué. Ce phénomène est massif en dollars et en euros facilité par le statut de monnaie de réserve internationale de ces monnaies. La fuite des liquidités à l’extérieur de l’économie réelle en dollars et en euros fait monter les taux de change dans le reste du monde et les taux d’intérêt partout.

Les taux de la Fed et de la BCE sont très bas mais se retrouvent de plus en plus élevés pour les emprunteurs non bancaires ; dont les États mal notés par les agences de notation mais surtout par les acheteurs de CDS garants du remboursement à terme. Les taux montent partout à cause de l’énorme masse de capitaux flottants qui doivent se replacer auprès d’emprunteurs et d’investisseurs de plus en plus risqués.

Les « marchés » savent que les dettes sont en excès par rapport aux perspectives de croissance réelle. Dans l’ignorance de qui sera mis en faillite ou des emprunteurs qui obtiendront des abandons partiels de dette et des créanciers qui en subiront les conséquences, la liquidité devient extrêmement volatile à la recherche des taux de rendement les plus élevés à court terme. De plus en plus d’emprunteurs solvables ou non sont privés de liquidité soit parce qu’ils refusent de payer des taux exorbitants soient parce qu’ils sont incapables de prouver leur solvabilité dans un climat de défiance généralisée.

La tension monte verticalement à l’approche des premières cessations de paiement inéluctables d’emprunteurs systémiques. Les marchés financiers sont internationalisés mais les lois sont nationales et discutables entre créanciers de nationalité différente. Il est donc impossible de trouver des compromis même à l’intérieur de la zone euro pour partager les pertes de crédit entre États, banques et créanciers particuliers qui sont de nationalités différentes.

Les épargnants et contribuables de l’Europe du Nord se refusent à payer les dettes de l’Europe du Sud. La capacité réelle des banques à absorber des pertes en cascade est inconnue. L’identification des pertes possibles par catégorie et nationalité de créancier est approximative. Les intérêts nationaux s’opposent. Aux États-Unis, les conflits politiques sont radicaux sur la nature du rôle et de la responsabilité publique dans le rétablissement général de la solvabilité financière.

Le cœur de la crise n’est plus financier mais politique et international. Les États disparaissent parce qu’incapables de s’entendre sur des compromis politiques acceptables pour toutes les parties, toutes les nationalités et toutes les positions financières. Le système financier sans cadre juridique et réglementaire se dissout dans le vide politique.

2/ La discussion des causes et origines

Tous les pays insolvables sont émetteurs de monnaie de réserve. L’utilisation internationale d’une monnaie renchérit son taux de change par rapport à ce qu’il serait sur la seule base des échanges commerciaux de biens et services. Non seulement il est plus facile d’emprunter à l’étranger avec une monnaie de réserve, mais la compétitivité du travail domestique est amoindrie. Un pays émetteur de monnaie de réserve est fortement incité à vivre à crédit, à sous-employer et sous-rémunérer les salariés domestiques.

L’insolvabilité systémique des monnaies de réserve n’est pas encore perçue dans la crise actuelle du sur-endettement. Le statut de monnaie de réserve internationale interdit la dévaluation qui donnerait le vrai prix de la solvabilité externe internationale. Tous les pays sur-endettés dans leur monnaie continuent d’emprunter sans mesurer l’effort d’investissement et d’accroissement de leur production qu’implique le remboursement possible des dettes extérieures. En contrepartie, des pays en excédent commercial massif comme la Chine continuent de prêter sans mesurer le risque réellement encouru sur les réserves de change accumulées.

L’impasse grecque cristallise trois problèmes systémiques : l’inefficience de la régulation financière sous une monnaie unique entre des systèmes politiques et juridiques nationaux différents ; l’impossibilité de réguler le crédit dans un système de libre utilisation internationale de monnaies nationales en droit ; la liquidité monétaire nominale dissociée de la solvabilité réelle des émissions de dette publique. Par l’émission de dette en dehors de son périmètre de souveraineté monétaire, un État se soustrait au contrôle et à la responsabilité des citoyens en empruntant de la liquidité étrangère.

L’euro a piégé dans l’endettement les États structurellement impécunieux. Le dollar a dispensé les États-Unis de mesurer leur solvabilité réelle publique et privée. La mondialisation des échanges rend caduques les conceptions encore en vigueur de souveraineté financière, d’équilibre du crédit et d’émission de la liquidité monétaire.

3/ L’anticipation des scénarios les plus probables

Deux visions s’affrontent : la pessimiste tire les conséquences de l’impasse politique ; l’optimiste imagine une solution de sagesse qui ne peut pas manquer d’émerger des postures d’affrontement politique. Le scénario optimiste est difficile à concevoir pour le moment en l’absence de la moindre évocation politique de propositions rationnelles et crédibles.

Les gouvernements accablés de dettes et tenus par leurs électeurs nationaux n’ont aucun moyen de concilier des positions financières nationales divergentes. Le prix des pertes de crédit potentielles est trop visible par rapport au maintien des relations financières internationales dont le prix n’est pas quantitativement exprimé par le système financier. Les nécessaires abandons de créance apparaissent énormes par rapport à des bénéfices moralement incertains, un résultat financier nominalement négatif et des conséquences économiques non précisément calculables.

En l’absence d’accord politique international entre créanciers et débiteurs, les règlements internationaux vont s’arrêter entre banques. Les paiements passeront par les seules banques centrales à même d’apporter une garantie nominale de liquidité aux banques de leur ressort. Mais il va falloir que chaque banque centrale fasse la liquidité de toutes les créances en devise gelées de son système bancaire ainsi que la liquidité des États et banques dans sa monnaie.

Les pertes de crédit potentielles vont exploser à l’intérieur de chaque zone monétaire isolée des autres. La politique monétaire de la zone euro éclatera en sous-zones selon les accointances conservées entre pays. Les banques centrales nationales vont reprendre la responsabilité de la liquidité des États et banques en attendant la ré-émission de monnaies différentes par sous-zone avec des accords de change pour fixer la valeur réciproque des anciennes dettes en euros et le rapport de compétitivité économique entre les nouvelles monnaies.

L’effondrement de l’économie réelle à travers le monde sera inversement proportionnel à la capacité des États à conserver des rapports négociés d’évaluation des dettes internationales. L’énergie des agents économiques se consacrera à la reconnaissance de leurs créances en monnaie et à la discussion de leurs dettes selon leur degré d’exposition à l’économie internationale. Les micro-négociations se multiplieront à proportion de l’effacement international des États et gouvernements.

Le scénario optimiste de résolution de la crise systémique repose sur la capacité des États et des banques à s’extraire des conceptions caduques du crédit et de la monnaie pour négocier un système d’évaluation et de répartition économiques des pertes de crédit. La relation de crédit doit être rééquilibrée entre prêteurs et emprunteurs. Les États doivent perdre leurs privilèges en tant qu’emprunteurs et les banques doivent perdre leur privilège international de négociation du prix et de régulation du crédit.

Le rétablissement de l’égalité des droits financiers entre le pouvoir politique, le pouvoir financier et le pouvoir économique réel ne peut se réaliser effectivement sans l’instauration à l’échelle internationale de la compensation en droit réel, en crédit et en risque qui s’opère à l’intérieur des périmètres de souveraineté politique. Mais la compensation du risque arbitrée par le pouvoir judiciaire à l’intérieur d’une souveraineté ne peut s’opérer qu’en monnaie à l’extérieur des souverainetés.

Une compensation judiciaire internationale en monnaie est possible si les transactions sont provisionnées dès leur origine par une prime de justice anticipant le préjudice possible d’une des parties. Le vendeur d’un droit réel verse une prime à la chambre de compensation du prix. Il récupère la prime en plus-value si les obligations sont bien remplies conformément au prix négocié en droit.

Dans le régime de la compensation transparente du risque de crédit, un pouvoir judiciaire national garantit l’application du droit dans toute réalité économique nationale ou internationale. Dès lors, il advient un instrument financier de valeur politique universelle dont l’émission est proportionnelle aux pertes de crédit possibles sur les transactions engagées. Ces pertes possibles se transforment en plus-value à condition que les vendeurs réels remplissent leurs engagements au prix et à l’échéance déposés en compensation.

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115 commentaires

  1. BA

    A mon humble avis, il n’y aura pas l’apparition de nouvelles « sous-zones » en zone euro.

    Il y aura le retour aux 17 monnaies nationales, comme cela existait avant la naissance de l’euro.

    • Subotai

      Retour aux 17 monnaies nationales?
      Non, ça couterait beaucoup trop cher en la circonstance; en dehors de toutes considérations financières, juste le coût technique de l’opération.
      Je vote sous-zones €. Ce que le GEAB appelle l’Euroland. Elle pourrait fort bien être constitué de blocs séparés de pays européens.
      Je pourrais dire, pour faire du mauvais humour toujours de circonstance, style Palestine 2011. :-)

      • cording

        Combien a couté le passage à l’euro dans chaque pays?
        Quand on veut faire quelque chose il y a toujours de l’argent! par exemple pour faire une guerre d’agression de la Libye.
        De plus il n’y aura pas de sous zones euro: le réel se venge d’une monnaie mal conçue, selon le modèle allemand mais qui ne convient pas à beaucoup de pays. L’euro a été conçu pour faire converger des économies très divergentes et qui le sont restées très profondément. Les faits sont têtus comme disait Lénine!

    • zebulon

      Et pourquoi pas l’euro-cfa ?

    • johannes finckh

      c’est très possible, et cela sera bien moins coûteux que toute autre mesure dans le système actuel.
      La seule parade possible: l’émission d’un SMT qui en finirait en une nuit avec cette foutue crise!
      Recevez mon livre en m’écrivant: johannes.finckh@wanadoo.fr
      Il faut bien en convenir: La Pologne qui n’a pas adopté l’euro s’en sort plutôt bien sans l’euro, bien mieux que les pays soumis à la dictature de l’euro trop fort pour eux, trop faible pour l’Allemagne.

    • François78

      Je ne suis pas sûr que l’on ne trouve pas un crétin qui trouve valorisant de prendre la tête d’une sous-zone …

  2. johannes finckh

    Encore un effort, et votre analyse pourrait devenir pertinente!
    En effet, vous signalez justement que certaines dettes ne peuvent se régler.
    Plus prosaïquement, en fait, même dans les pays moins endettés, comme peut-être l’Allemagne (qui est quand presqu’autant endettée que la France!), aucun équilibrage n’est en vue.
    De fait, la somme de toutes les dettes ne fait que croître en même temps que croissent, symétriquement et identiquement, les créances. A supposer même qu’un état réussirait à dégager un excédent primaire, ce qui n’existe que pour la Norvège, petit pays avec beaucoup de pétrole et bien géré, cela ne change pas le fait que toutes les dettes doublent tous les sept ans selon une courbe de croissance exponentielle!
    Selon cette loi, aucune croissance économique n’est en mesure de suivre. De plus, la dite croissance économique, au détriment des ressources naturelles disponibles, ne peut que décroître rapidement, et, au niveau du solde de la planète, la croissance est de toute façon toujours nulle, du point de vue strictement physique: La masse de la Terre n’augmente pas!
    Autrement dit, en régime capitaliste, la crise actuelle est inéluctable, et les expédients auxquels les politiques se risquent actuellement ne font qu’aggraver le problème.
    Vous le signalez également: la fuite vers la monnaie de réserve (dollars, euros, francs suisses, yens, etc.) d’une grosse partie de la monnaie émise, ainsi accumulée dans les coffres, assèche la circulation monétaire et la capacité d’allouer des crédits même auprès de débiteurs solvables.
    Si nous n’obtenons pas que cette monnaie s’offre à nouveau à l’échange, il n’y a aucune raison que la dette recule où que ce soit dans le monde!
    C’est pourquoi il n’y aura pas de solution paisible possible à l’intérieur des données actuelles.
    C’est pourquoi je propose toujours et inlassablement le passage vers un SMT, seul moyen de rendre inéluctable le réinvestissment de la monnaie mise en réserve et de la maintenir constamment en mouvement. Cela serait un moyen d’une solvabilité in destructible du système. Cela serait le seul moyen d’obtenir, par le biais de refinancement bon marché, une réduction progressive et durable de toutes les dettes et de rendre impossible toute défaillance systémique.
    Il ne faut plus que la monnaie elle-même puisse être réserve!
    Pour en savoir plus, contactez-moi au johannes.finckh@wanadoo.fr, et j’enverrai mon petit livre qui expose cela en détail.

    • Fab

      Johannes,

      Je croyais que c’était réglé c’t'histoire : http://www.pauljorion.com/blog/?p=25970#comment-199708

      « Il ne faut plus que la monnaie elle-même puisse être réserve! » : on a bien compris, mais le problème de la réserve est déplacé à la propriété privée : on connaît la suite.

      Pierre,

      C’est de plus en plus clair.

      Une compensation judiciaire internationale en monnaie est possible si les transactions sont provisionnées dès leur origine par une prime de justice anticipant le préjudice possible d’une des parties. Le vendeur d’un droit réel verse une prime à la chambre de compensation du prix. Il récupère la prime en plus-value si les obligations sont bien remplies conformément au prix négocié en droit.

      Pas de jeu sans règle. Pourquoi alors ne pas l’élargir, pourquoi limiter le « préjudice possible » à « une des parties », pourquoi ne pas intégrer les dégâts collatéraux à l’environnement, social comme naturel, au prix négocié en droit ? Cela permettrait de contraindre la surproduction aux accros seulement, à ceux qui sont prêts à consommer encore même quand la société ne leur fait plus crédit des dégâts qu’ils vont générer.

      « L’effondrement de l’économie réelle à travers le monde sera inversement proportionnel à la capacité des États à conserver des rapports négociés d’évaluation des dettes internationales. » : si par économie réelle vous entendez économie monétisée, en quoi son effondrement est-il une mauvaise chose ? Les excédents de monnaies et de dettes ne disparaîtraient-ils pas de fait ? Leur disparition ne serait-elle pas synonyme de la disparition des parasites que vous souhaitez faire entrer dans le rang ?

      Je ne suis pas gêné par les marchands dans mon temple, ce qui me gêne c’est qu’ils y aient pris le pouvoir. Leur monnaie n’est que le reflet de cette domination, celle-ci étant d’imposer l’échange marchand. Pourquoi refusez-vous d’envisager cette domination comme cause ou origine ? Serait-ce que votre modèle ne peut s’en accommoder ? Si c’est le cas votre modèle est bancal parce qu’incomplet. Sinon, je vous le redis : si votre monnaie est capable de faire en sorte que l’échange monétisé devienne une possibilité de participer à la vie sociale, et non plus qu’il la dirige, je prends mon bâton de pèlerin pour aller la présenter au monde, genre « Il est né le divin enfant »… dans la douleur qu’une sortie de matrice impose !

      Il entra dans le temple, et il se mit à chasser ceux qui vendaient, leur disant : Il est écrit: Ma maison sera une maison de prière. Mais vous, vous en avez fait une caverne de voleurs. (Luc, vers 19:45)

      • Fab

        Pierre,

        Restez à votre technique, je viens à vous ! Vous parlez beaucoup de droit : pourquoi alors choisir de faire la police par une prime ? Pourquoi créer encore de la monnaie, nécessairement excédentaire ?

        … si par économie réelle vous entendez économie monétisée, en quoi son effondrement est-il une mauvaise chose ? Les excédents de monnaies et de dettes ne disparaîtraient-ils pas de fait ? Leur disparition ne serait-elle pas synonyme de la disparition des parasites que vous souhaitez faire entrer dans le rang ?

        Dites-moi ce qui vous gêne dans la formulation, je reformulerai.

      • @Fab,
        La monnaie définie comme prime de garantie du droit : cela ne vous convient-il pas ?
        La monnaie définie comme comptabilisation des droits limités et partagés à consommer les ressources extraites avec prudence de la nature : cela ne vous convient-il pas ?
        La monnaie définie comme rémunération proportionnelle aux services que le travail humain produit : cela ne vous convient-il pas ?
        Soit vous rêvez à un monde réel sans limites, soit je ne comprends pas ce que vous ne comprenez pas.

      • Fab

        Pierre,

        « La monnaie définie comme prime de garantie du droit : cela ne vous convient-il pas ? » : si, définie comme salaire et non comme provision.

        « La monnaie définie comme comptabilisation des droits limités et partagés à consommer les ressources extraites avec prudence de la nature : cela ne vous convient-il pas ? » : si.

        « La monnaie définie comme rémunération proportionnelle aux services que le travail humain produit : cela ne vous convient-il pas ? » : si !!!, mais qu’elle le dise haut et clair, qu’elle s’impose de n’être créée que pour ça de manière à ce qu’il n’y ait pas d’excédent qui impose des services et du travail – la monnaie créée a priori devant également être écoulée pour garantir le fonctionnement du système monétaire ! Les déviances, les ponctions pour écouler cet excédent sont nombreuses (à avoir été testées ou restant à inventer), autant s’en prévenir.

        « Soit vous rêvez à un monde réel sans limites, soit je ne comprends pas ce que vous ne comprenez pas. » : ça fait beaucoup de « si » vous ne trouvez pas ? À croire que je ne sois pas seul à rêver… Je vous l’ai dit : votre monnaie me plaît, énormément. Elle est un excellent outil que les écologistes, les humanistes, sont prêts à utiliser : vous rêvez d’une monnaie forte, d’une monnaie qui soit incorruptible, pourquoi n’acceptez-vous pas qu’ils lui apportent leurs compétences techniques, leurs désirs ? Pratiquement, il me semble que ces désirs imposent à votre monnaie de n’être créée qu’en cas de demande expresse d’échange monétisé et à cette seule fin. Laissez-moi vous présenter mon point de vue (le point depuis lequel j’observe, difficile de dire qu’il est faux).

        Le capitalisme comme organisation du vivre-ensemble est a-démocratique : cette organisation est basée sur la soumission volontaire de chacun à un « sens de la vie » commun : un Dieu, une croyance, aujourd’hui la croyance en l’échange monétisé comme unique (1) (omnipotent !) vecteur d’échange et donc comme unique vecteur du « sens de la vie », alors que la démocratie, c’est le contraire : chacun expérimente la société qui, étant démocratique, se construit sur ces bases, les individus, autrement appelés êtres humains.

        Le capitalisme est a-démocratique. Il suffit pour s’en convaincre d’observer la manière dont sont tues dans l’œuf (2) les autres formes d’organisation sociale. L’Inde par exemple, est en train de basculer d’un capitalisme de castes, d’autorité familiale, à un capitalisme monétaire : la spiritualité entre doucement dans le rang, son temps de plus en plus grignoté par le salariat et la consommation.

        La question est : veut-on la démocratie ? Ou pas !? Pour le moment il semble que chacun ne soit pas encore prêt à donner seul, consciemment, son propre sens à sa vie, mais que l’on préfère trouver une occupation pour combler le temps laissé libre par le salariat (sic !).

        Le salaire minimum d’existence semble être un compromis : une participation au minimum vital à la société, à son fonctionnement : 2 heures de travail salarié par jour, ou 2 jours par semaine, par exemple, parce que le fait de naître libres et égaux donne des droits mais aussi des devoirs ! Le reste du temps, chacun pourrait se consacrer à sa vie, à l’expérimenter, à la verbaliser, au grand bonheur de la démocratie, qui nécessite la variété des consciences.

        Bien sûr, démocratie oblige, ceux qui souhaiteront continuer à consacrer leur vie à la consommation, à l’échange monétisé, ne seront pas exclus (« Donnez, et l’on vous donnera ; c’est une bonne mesure, tassée, secouée, débordante, qu’on versera dans votre sein ; car de la mesure dont vous mesurez on mesurera pour vous en retour. » Luc, vers 6:38) : ils pourront continuer, bien conscients dès lors de leur devoir de s’assurer que leur passe-temps ne perturbe pas de trop ceux des autres (monnaie discrète (Vous sûrement), interdiction d’en créer en douce, à l’insu du plein gré des autres (Paul), et autres mesures destinées à maintenir le diable dans son sac).

        La démocratie c’est trop facile. Mais ça prend du temps.

        Expressions idéologiques :

        1 – Si à 50 ans t’as pas une Rolex…

        2 – Le drame de l’Afrique, c’est que l’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire.

    • bertrand

      NIET , je ne suis pas du tout d’accord que les dettes ne peuvent se réduire , se rembourser , que l’équilibre budgétaire ne puisse être obtenu.
      En disant celà vous faites un avenir laxiste.
      Revenez sur vos comptes encore et toujours.

  3. jc redrock

    « La mondialisation des échanges rend caduques les conceptions encore en vigueur de souveraineté financière, d’équilibre du crédit et d’émission de la liquidité monétaire. »
    vous vouliez dire « mondialisation libérale » car la mondialisation des échanges a existé de tout temps.
    on peut lire à ce sujet le blog de F. Lordon Qui a peur de la démondialisation?

    On sent poindre une certaine tentation d’une sorte de gouvernement mondial -financier_ Ordolibéral, d’une main visible du marché qui garderait pour ainsi dire le pas sur les états.
    L’économie, et donc la finance, ne peuvent s’abstraire totalement d’un territoire et du peuple qui l’habite, la monnaie doit garder son rôle de valeur d’échange sinon tout se termine toujours par une remise à zéro et le retour chaotique à cette valeur d’échange.

    • @jc redrock,
      Oui mondialisation libérale qui est en réalité anarchique dans le domaine de la finance et du droit. Mondialisation néo-libérale en fait consistant à détruire la liberté par le mot. La « liberté » des banques françaises et allemandes de prêter à la Grèce se transforme en esclavage financier. Liberté qui contredit sa réalité.

      • jc redrock

        l’esclave n’a pas le choix. Les banques sont tout au plus victimes d’un système auto emballé à force de vouloir toujours plus, toujours plus vite comme le coureur du tour qui sort dans la descente.
        Ces mêmes banques n’ont elles pas elles mêmes acheté des cds sur la dette grecque ou d’autres, pour se couvrir et même au delà. Qui connait le montant des sommes misées dans les dérivés divers par chacune de ces banques.
        Même pas le PDG (dans le détail). Ceux qui prennent les risques avec de pseudo couvertures théoriques ne connaissent pas les domaines d’application des théories mathématiques et les théoriciens qui conseillent les banques ne connaissent pas les produits du marché.
        Rappelons tout de même la faillite du fond LTCM en 1998 pourtant conseillé par les deux prix Nobel d’économie de 1997, Myron Scholes et Robert Morton pour leur modèle mathématique d’évaluation des options.
        La finance fonctionne toujours comme dans les casinos sur le mythe de la martingale ou alors sur le système cyclique à la Ponzi et ses crises de sortie; Le système financier ne peut fonctionner normalement, c’est à dire financer l’économie réelle que s’il est vraiment mis sous la tutelle d’une réglementation trés précise et stricte comme le proposait E. Allais, prix Nobel français d’économie mais également compétent en mathématiques.

  4. lars

    Mais de toute façon nos exportation ne couvriront plus jamais nos importations, puisque nous avons externalisé notre production, jusqu’aux Airbus que la Chine va assembler chez elle, puis copier, bien sûr. Donc nous ne pouvons plus sortir de l’endettement. L économie basée sur les emplois de service est un leurre, que pouvons nous exporter? Nos commandes aux chinois, nos soldats en Lybie et ailleurs? Même ça ne nous rapporte rien.

    • hema

      @lars.
      Pour moi (après 30 ans de vie professionnelle dans l’industrie), vous dites une évidence, mais vous avez raison , ça va mieux en le disant.
      -La croissance de l’économie en occident est un leurre (on fabrique de moins en moins ici)
      -La sortie de crise par la croissance de l’économie est un leurre (alors vous pensez bien, le remboursement intégral des dettes, pfff…!)
      -La croissance des économies en Asie (et ailleurs) est très temporaire (limites physiques de la planète)

      Les solutions, si solutions il y a, sont à chercher dans un changement assez radical de paradigme, qui à mon avis va plus loin qu’une simple fédéralisation de l’Europe (ou même du Monde).
      Le seul souci étant qu’un changement de paradigme aussi ample ne se décrète pas, ne se pilote pas,… il se construit lentement d’une manière invisible en de multiples endroits et sous de multiples formes, …et le plus souvent au milieu du chaos. En attendant on peut toujours bricoler, ça distrait, on peut aussi par ses actions du présent s’inscrire dans un futur souhaitable (il faut en profiter, pour l’instant les « autorités » ne nous proposent que le chaos, nous avons donc toute légitimité à choisir et à construire un autre futur plus désirable que celui que les « autorités » nous laisse entrevoir).

    • @Iars,
      Il est clair qu’il nous faut restaurer le temps. L’équilibre actuel des échanges dans la mondialisation libertaire est instantané et non durable. La régulation internationale des changes doit permettre que toutes les économies nationales puissent se développer et que les crédits et investissements réciproques soient remboursables et équitablement rentables.

    • TARATATA

      Pourquoi Forex interdit-il le trading sur les métaux aux seuls particuliers ? C’est le signe de quoi , selon vous ? Est-ce déjà arrivé auparavant ?

  5. Thom Bilabong

    @ PSDJ

    Est-ce que je me trompe ou votre style écrit évolue sensiblement vers une lisibilité accrue ?
    Serait-ce due à la co-signature de ce billet ?
    En tous les cas, je n’ai eu besoin que d’une seule lecture pour ce billet, fort clair, alors que d’ordinaire il me faut deux passages pour ingérer la profondeur de votre pensée.

    Merci pour cet effort.

    Puisqu’on en est à échafauder des hypothèses de travail, y a-t-il ici quelqu’un qui pourrait s’aventurer à imaginer une prospective politique plausible qui accompagne les hypothèses économiques ci-dessus proposées ?

    C’est juste histoire d’imaginer la faisabilité de ces propositions. On le sait, le grain de sable vient souvent de loin et, en matière politique, ledit grain peut venir rapidement gripper une machine à gagner bien huilée. Ce serait dommage.

    Une idée fédératrice ? Voici: l’instauration d’une royauté de pacotille en France, qui permette une fois pour toute de fédérer tous ceux qui attendent le retour d’un « père de la Nation » comme celle-ci en a connu aux pires heures de son histoire. Un roi de pacotille, avec des prérogatives de représentation, et un premier ministre actif et en charge de l’exécutif. Bref, un système stable et rassembleur comme il en existe dans beaucoup de démocraties européennes.

  6. HP

    Un tribunal de commerce bancaire global chapeautant une chambre de compensation globale? Qui suivrait les règles des contrats, disons dans un cadre standardisé? Avec un pouvoir judiciaire aux ordre de ce tribunal, dans chaque pays, mais indépendant du pouvoir législatif et exécutif de ce pays?
    Ou, pour prendre le sujet par le bas, une harmonisation globale des règles d’échanges.
    C’est un sujet intéressant mais certes pas accessible à court terme, et je crains fort que plus qu’ailleurs la loi du plus fort ne devienne la meilleure.
    On n’arrive déjà pas à supprimer les différences de fiscalité entre pays voisins, et encore moins à supprimer les paradis fiscaux, tandis que l’OMC est d’abord une machine à détruire l’emploi en occident,on n’est pas près d’harmoniser les législations.

    Mais je suis d’accord qu’il faudrait un régulateur impartial, par contre il me semble nécessaire de pouvoir l’encadrer par la volonté populaire, surtout pas une technostructure « souveraine » ou incontrôlable, type BCE en pire, qui ne tarderait pas à diriger le monde et son personnel devenir la caste supérieure et au dessus des lois.

    Penser que tous les pays en excès dette se retrouveront tour à tour en difficulté implique une continuïté, une certaine stabilité, l’absence de point de rupture.
    Je ne pense pas que d’autres pays que la Grèce feront défaut, ou disons qu’on constatera isolément un défaut de leur part, quand la Grèce craquera, tout le monde se retrouvera par terre à la suite. Si ce n’est pas la Grèce ce sera l’Irlande, le Royaume-uni ou les usa, avec un résultat identique : tout le monde en faillite, états, banques et entreprises, les bourses, les marchés, les échanges, les comptes en banque paralysés le temps de compter les vivants et de mettre au point un système de remplacement. Qui sera très probablement une nouvelle monnaie nationale pour chacun.

  7. Bibules

    Les gouvernements accablés de dettes et tenus par leurs électeurs nationaux

    Les gouvernements ne sont plus du tout tenus par leurs électeurs à moins de croire à un second tour Mélenchon vs Le Pen.

  8. leRenard

    le texte n’est pas mauvais
    mais je ne reconnais pas la prose particulière de Pierre Sarton du Jonchay c’est bien dommage.

    • jducac

      @ leRenard 20 juillet 2011 à 03:50
      Pour moi, le texte vaut plus que « pas mauvais » il est bon. Quant au style il est très bon, puisque très compréhensible pour le lecteur moyen.

  9. zebulon

    Ne nationalisons pas les banques rappel du point de vue d’un banquier en janvier 2009

    Ma synthèse :

    « Partant du principe que nous souhaitons que les banques soient :
    – performantes, concurrentielles, dynamiques »
    (NDLR -Ce n’est qu’un souhait et il est donc vraisemblable que la situation réelle soit légèrement différente)

    « Partant du principe que :
    – Le métier de banquier à l’air facile mais est d’une complexité énorme
    – Le Conseil d’administration des banques ne mesurait pas les risques pris par leurs équipes
    – Le Conseil d’administration des banques choisissait de ne pas regarder dans la bonne direction »

    « Les solutions préférables à la nationalisation pour les banques privées
    – professionnalisons les équipes
    – un système de contrôles internes à toute épreuve
    – une gestion du risque transparente
    – développer l’esprit d’entreprise, le dynamisme, sans virer à l’aventure »

    « Les solutions préférables à la nationalisation pour l’état
    – apporter la garantie de l’Etat constitue une solution très intelligente.
    – améliorer le système de contrôle existant
    – trouver un consensus au G20

    Pour conclure la banque :
    « C’est un art, pas une science »
    Entièrement d’accord créons une section musée de la banque privée au Louvres

    Pendant ce temps là , les américains nationalisaient à tour de bras
    – AIG
    – Freddy MAC
    -Fannie MAE
    il est vrai que chez eux il s’agissait d’éviter que les banques privées fassent faillite. au moins le sujet était clairement posé. Nous nous voudrions agir dans l’intérêt des peuples européens c’est juste un petit peu différent.

    Deux ans plus tard, maintenant que l’on voit mieux la situation
    Si on nationalisait…

  10. Kay

    Merci pour cette explication, très utile pour moi.

  11. Bertrand

    Quelqu’un peut-il m’expliquer ????

    On parle de crise de dette des Etats donc les états ont des économies qui sont catastrophiques .
    On a des résultats d’entreprises des plus grosses entreprises que ce soient aux USA en Europe qui battent tous les consensus , tous les records . Par exemple quand on voit « APPLE » + 131 % en 1 trimestre.
    Donc ça veut dire que la consommation dans le monde même aux USA est bonne ???
    Si la consommation est bonne l’économie de votre pays va bien ????
    Si l’économie va bien pourquoi parle ont de dette d’états ???
    Ne serait il pas aussi simple de mettre des règles à ces entreprises pour réguler ???
    C’est assez étrange on vous parle de crise d’un coté et de l’autre les entreprises n’ont jamais fait autant d’argent il doit y avoir un manquement de mon coté

    • bertrand

      @ bertrand……….les porte monnaie ne sont pas les mêmes ,les états sont des sangsues laxistes , les entreprises doivent gagner de l’argent.
      ART….GENT c’est l’ AR de faire de l’argent avec les GENT.

    • hema

      @bertrand
      Toutes les grandes entreprises mondiales « progressent » grâce aux pays « émergés » BRIC, CIVETS,… et , quasiment plus aucune n’investit lourdement en Occident (trop risqué, pas de marché en développement, pas assez rentable)
      Un bon exemple aussi est TOTAL, 10 Mds de bénéfice mondial, et il perd de l’argent en France (le pauvre).

    • @Bertrand,
      Vous signalez la confusion cognitive profonde que la crise révèle entre l’économie réelle qui transforme des décisions en production de biens et services et l’économie financière qui transforme des droits en production de prix. Prix qui visent à mesurer rationnellement la production de biens et services.

      Produire quelque chose qui satisfasse un besoin n’est pas produire n’importe quoi indépendamment des besoins exprimés. L’économie financière qui contient l’économie politique de la justice est indispensable pour structurer l’économie réelle par l’identification, la définition et la mesure de l’expression des besoins humains. Mais la causalité de l’économie réelle dans l’économie financière n’est pas compréhensible ni utile à l’intelligence de l’économie si les deux domaines de connaissance ne sont pas distincts.

      Concrètement l’intelligence du prix est distincte de l’intelligence de la matière physique sous-jacente au prix. Il est tout à fait possible – et la crise actuelle en est la manifestation – que la comptabilité d’entreprise faite de prix diverge de la production réelle de satisfaction de besoins humains. Rien dans le système politique et financier actuel n’interdit les banques et les entreprises d’afficher d’excellentes performances comptables pendant que des êtres humains et des sociétés entières sont déclassés et mis au rebut.

  12. bertrand

    Comme toujours la chute aura lieu par incompétence.
    Pour que la chute n’ait pas lieu , il eu fallu préalablement expliquer chiffres à l’appui aux populations les avantages de la mondialisation , du transfert des valeurs etc….
    C’est impossible car les élus sont totalement incompétents , ce ne sont que des bêtes de scène.

  13. BA

    Subotai écrit : « Retour aux 17 monnaies nationales? Non, ça couterait beaucoup trop cher en la circonstance; en dehors de toutes considérations financières, juste le coût technique de l’opération. »

    Oui, ça coûterait très cher. Et alors ?

    Je constate que beaucoup de gens utilisent cet argument : « Le retour aux 17 monnaies nationales coûterait trop cher. » ou aussi cet autre argument : « Le retour aux 17 monnaies nationales serait un séisme, une catastrophe. »

    Mais l’Histoire est remplie de ce genre de catastrophes, de séismes, qui ont effectivement coûté très très cher, et qui pourtant ont eu lieu.

    En 1939, la France ne pouvait pas déclarer la guerre à l’Allemagne parce que ça aurait coûté trop cher. La France ne pouvait pas déclarer la guerre à l’Allemagne parce que ça aurait été une catastrophe. La France ne pouvait pas déclarer la guerre à l’Allemagne parce que ça aurait causé des millions de morts.

    Oui.

    Certes.

    Et pourtant ça a eu lieu.

    L’Histoire est remplie de ces exemples de désastres, qui ont coûté très cher, en argent, en destructions matérielles, en vies humaines.

    Nous ne devons donc pas prendre en compte cet argument : « ça n’arrivera pas car ça coûterait beaucoup trop cher. » ou cet argument : « ça n’arrivera pas car ça serait une catastrophe. »

  14. Joan

    Effets concrets des coupes budgétaires dans l’Etat du Minnesota:

    http://www.startribune.com/politics/statelocal/124952649.html

  15. arnito73

    Messieurs du Jonchay et Gréau,

    Merci beaucoup pour votre clarté et pour nous faire partager votre analyse.

  16. blake

    Moi, par contre, j’apprécie le bon vent qui souffle à travers ce texte et qui est peut-être dû à la collaboration de M. Gréau. A ma grande honte, et malgré bien des relectures, je me sens souvent perdu devant les textes de M. PSJ, bien que j’approuve totalement ses efforts de théoriser ces événements dans des textes adamantins et d’une rigueur intellectuelle inattaquable, mais pas souvent cristallins.

  17. PAD

    Votre place au sein de ce nouveau parti est inéluctable :-)

    UMPNPS – Union mondiale pour ne plus souffrir – Section Europe fédérale

  18. J-philippe

    Bonjour,

    Monsieur Sarton du Jonchay, J’ai à plusieurs reprises fait l’effort de lire vos écrits.
    J’ai à chaque fois été admiratif de la capacité à modéliser et synthétiser dont vous faites preuve, qui indiquent que vous disposez de magnifiques capacités d’abstraction.

    Hélas, être performant est une chose, être pertinent en est une autre.

    J’ai bien peur que la direction que vous retenez pour vos efforts cognitifs ne vous prive d’une compréhension du monde bien plus pertinente et accessible à moindre coût cognitif.
    Vous vous escrimez, avec adresse, certes, dans la paradigme économique actuel.
    Hélas, je doute fort de la validité de celui-ci.
    je crois même qu’il ne peut être d’aucune aide pour comprendre les évolutions et pressions en cours.
    Il traite d’échanges de produits et de services, mais ne s’interroge pas sur la nature de ceux-ci.
    C’est bien dommage, selon moi la clé de compréhension se situe là.

    En effet, ces biens et services, sur un plan physique, c’est à dire dépourvus des aspects affectifs qui intègrent la valeur pour l’espèce humaine, mais essentiellement dans le secteur de l’art, se composent de : matières premières, d’énergie, de temps.

    Peut-être gagneriez-vous à vous orienter vers une étude de ce qui se passe, dans nos économies, lorsque les matières premières et l’énergie deviennent plus difficile d’accès.

    Il serait temps d’ailleurs, d’autres y procèdent …

    • jducac

      @ J-philippe 20 juillet 2011 à 10:02
      Vous avez mille fois raison de vous employer à ramener à la surface des débats la question de l’énergie et des matières premières que trop de personnes enterrent sous des approches de second rang, lesquelles ne s’intéressent qu’aux conséquences des phénomènes essentiels qui conditionnent la vie des humains. Les causes racines des problèmes qui assaillent nos sociétés sont avant tout de l’ordre de la physique (la matérialité de la vie humaine) et de la morale (la part immatérielle de l’existence humaine).

      Je me demande pourquoi les deux principaux contributeurs aux débats ouverts sur le blog, à savoir Paul Jorion lui-même et François Leclerc, qui approchent pourtant ces deux aspects essentiels de la vie des humains, ne s’y consacrent pas davantage, en les abordant froidement, objectivement, sans a priori, sans idéal préconçu, sans parti pris.

      En écoutant « Le temps qu’il fait le 22 juillet 2011 », on constate bien que, timidement, Paul Jorion est amené à évoquer les questions de morale. C’est primordial d’y réfléchir et, pour bien les traiter, il faudrait éviter d’y mêler des considérations politiques ou religieuses. Elles doivent être impérativement dépassées, sans pour autant être condamnées. La gravité de la situation de l’humanité l’exige..

      Par ailleurs, en maintenant son attention sur les conséquences de la catastrophe de Fukushima, François Leclerc montre bien qu’il s’intéresse de près à l’énergie, mais sans pouvoir, il me semble, se départir d’un a priori condamnant peu être trop hâtivement le nucléaire tant que la couverture des besoins en énergie n’est pas assurée par d’autres voies.

      Bien sûr, l’économie recoupe ces deux éléments. Elle couvre surtout le matériel et pas assez l’immatériel de l’existence. Mais on voit bien qu’en ne traitant pas au fond ces deux aspects fondamentaux et spécifiques aux humains, on reste à la surface des choses.

  19. Yano

    Ramener les choses à ce qu’elle ont de simple afin d’en faire ressortir l’essence…

    Lorsque l’on vit à crédit depuis des décennies avec une augmentation constante dudit endettement ET que les revenus n’augmentent pas il arrive forcément un jour où la situation n’est plus gérable.

    Pour un particulier, on fait un dossier de sur-endettement auprès de la Banque de France ; pour un état je ne vois que deux possibilités :

    - On pompe les contribuables jusqu’à l’émeute
    - On sort de l’UE ultra-libérale « libre et non-faussée », et on efface tout ou partie de la dette en reprenant les mains sur son destin.

    Les solutions ne sont pas à trouver dans ce système, vous allez y perdre vos cheveux, mais dans sa sortie ; tout le reste n’est que mesurette…

    • @Yano,
      Votre diagnostic est concret mais votre raisonnement par le système vous fait basculer dans le néant cognitif. Sortir d’un système est vitalement et humainement rentrer dans un autre. Le système est un objet métaphysique qui n’a pas de dedans ou de dehors sans la définition d’un système alternatif qui soit différent. Condamner le système actuel est sans effet concrétisable sans y effectuer un tri entre le bon grain qu’on veut conserver et l’ivraie qu’on va bruler.

      • Nobel

        Sauf que pour effectuer un bon tri, encore faut-il être d’accord sur le constat.
        Or, je reviens sur ce que vous avez écrit: L’interdiction faite aux banques centrales d’émettre de la monnaie directement au profit des États est une condition du contrôle de la démocratie sur les dépenses publiques et la fiscalité. Cela oblige les gouvernements à tenir des comptes et à les faire voter par le parlement préalablement à toute opération d’emprunt public auprès du système financier
        Lier, les termes « Dépenses publiques » et « démocratie » avec système financier est un non sens absolu. Pour que cela fonctionne, il aurait fallu que les marchés financiers respectent les règles de transparence et de vérité des comptes que nous voulons voir les Etats appliquer.
        Je ne sais pas pour vous, mais moi j’aime à traiter avec des personnes qui ont la même que moi. Or c’est très loin d’être le cas. D’ici ce jour improbable, il serait temps de rendre aux Etats ces pouvoirs. Mais un autre problème refait surface: les politiques sont de plus en plus en connivence totale avec ces mêmes banques (conseils d’administration, cabinets d’avocats d’affaires, etc). Donc, comme pour les problèmes d’injustice fiscale, l’Etat lui-même, reproduit les mêmes injustices que les banques. C’est notre système politique qui doit changer: être au service de l’intérêt général et non à celui de quelques intérêts particuliers (encore une fois, l’évolution de notre fiscalité en est la meilleure preuve!).

  20. lisztfr

    Aujourd’hui, les spécialistes du retournement de veste s’en donnent à coeur joie pour décrier l’Europe en affirmant que c’était une mauvaise idée, qu’il ne fallait pas faire la monnaie unique sans une politique économique intégrée et une convergence fiscale, etc.

    En 2005 déjà l’on constatait que la convergence ne se faisait pas, passons.

    Ces ingrats qui hier défendaient bec et ongle l’Europe pour aujourd’hui la décrier, sont injustes. Car les effets de la monnaie unique s’apparentent de beaucoup à ceux d’un plan de relance, permettant de se financer, puisque la zone euro inspirait confiance, etc.

    Oui la zone euro est un plan de relance qui a échoué. Les crédits, les grecs, les italiens, tous les ont eu et comme tout plan de relance, il ne relance rien car l’économie privée ne prend jamais le relais sauf dans les contes de fée ou temporairement. La preuve, regardez ! Je n’ai pas besoin de démontrer il suffit de voir où en est l’Europe, l’Amérique, etc.

    Non, l’Euro était une bonne idée contrairement à ce qu’on entend aujourd’hui partout, le crédit aurait pu conduire à l’investissement et à la convergence, mais c’est la mondialisation qu’il fallait prendre en compte. Ne pas croire qu’on pourrait toujours gagner face à la Chine, en ayant une avance technologique. Sous-estimer les chinois dans ce relent d’esprit colonial du 19è. Penser qu’on gagnerait la compétition internationale, c’était l’erreur, en fait personne ne va la gagner.

  21. FL

    Vous nous confirmez de manière claire que l’euro ne peut perdurer tel quel.
    C’est triste parce qu’on a pu penser qu’il entrainerait un progrès de l’union Européenne.
    Il faut se rappeler que les allemands l’ont accepté en reculant et probablement en se disant qu’ils ne risquaient pas grand-chose. Ils ont eu raison deux fois.
    En doutant de la viabilité de l’euro à long terme.
    En estimant qu’ils pouvaient en tirer profit.
    Conclusion : pour les français c’est une catastrophe ainsi que pour la plus part des pays européens. Le coût du retour à la monnaie nationale n’est rien en comparaison de ce que vont nous coûter les mois et années qui viennent ou nous ne pourrons pas prendre de position spécifiques à la situation de chacun des pays.
    Y compris pour Allemagne qui n’avait sûrement pas imaginé la possibilité de cette crise, d’où sa position actuelle qui semble suggérer qu’elle souhaite un retour rapide vers les monnaies nationales.
    Le machin inventé par les cabris et leur berger étoilé est vraiment une invention diabolique…
    Seul espoir, que le dénouement soit très proche. Cependant on peut en douter.
    Pour autant je précise que je suis convaincu de la nécessité d’une communauté européenne.

    • chris06

      @FL,

      Vous nous confirmez de manière claire que l’euro ne peut perdurer tel quel.

      PSDJ confirme que la plupart des monnaies de réserve (euro, dollar, yen , livre…) dans ce système monétaire international débile qu’est le système des changes flottants ne peuvent perdurer tel quel.

      On aurait eu le Franc, la lire, la peseta dans ce système des changes flottants à la place de l’euro que cela aurait été exactement la même chose.

      C’est la mort annoncée de ce système monétaire des changes flottants, en place de facto depuis 1971 (la fin des accords de Bretton Woods et la démonétisation de l’or) et de jure depuis les accords de la jamaïque en 1976.

      Alors l’euro, il a bon dos!

      La première chose que la zone euro doit et peut faire unilatéralement c’est sortir l’euro de ce système débile des changes flottants. Ceci provoquera la fin de ce système et forcera les émetteurs des différentes monnaies de réserve à mettre en place un système basé sur un étalon commun (type bancor) et une chambre de compensation mondiale telle qu’elle est décrite par PSDJ.

      Les états unis n’en veulent pas? Que feront il une fois que le dollar se retrouve seul dans ce système des changes flottants (avec la livre, le dollar australien, le franc suisse et peut être le yen) face à la chine et la zone euro qui garderont le contrôle de leurs monnaies?

    • @FL,
      Je partage tout à fait votre sentiment. L’Union Européenne est une nécessité de civilisation même si l’option de la monnaie unique se révèle à présent impraticable. En l’occurrence, la monnaie unique pose plus de problèmes aux Européens qu’elle ne fait progresser leur bien commun. Pour échapper à l’éclatement politique de la zone euro, il n’est pas d’autre solution que de restaurer des monnaies nationales ET une fiscalité européenne pour réguler les taux de change et assurer une solidarité budgétaire inter-étatique.

      • jacques a

        Et les conséquences? Pour un pas-grand-chose bac-3 comme moi, l’euro est étroitement associé à l’UE. Supprimer l’euro pour revenir, tête basse la queue entre les jambes, aux monnaies nationales, c’est signer l’arrêt de mort de toute idée d’unité Européenne.
        Après ça, vous n’arriverez plus à leur vendre quoi que ce soit dans ce domaine. Rien que les dégâts occasionnés par le retour au Franc devraient les vacciner à vie contre ce genre d’expérience.

      • vigneron

        Pour échapper à l’éclatement politique de la zone euro, il n’est pas d’autre solution que de restaurer des monnaies nationales ET une fiscalité européenne pour réguler les taux de change et assurer une solidarité budgétaire inter-étatique.

        Ok, au moins c’est clair. Donc PSJ et Gréau sont (à peu près) sapiro-compatibles… Ok aussi avec sa stratégie de sortie, soit le coup de force politique franco-français – avec art 16 à la clef ?

      • chris06

        @PSDJ,

        Pour échapper à l’éclatement politique de la zone euro, il n’est pas d’autre solution que de restaurer des monnaies nationales ET une fiscalité européenne

        Alors les gouvernements de la zone euro semblent pour le moment incapables de se mettre d’accord sur une fiscalité européenne et une solidarité budgétaire inter-étatique au sein de la zone euro et vous croyez que cela ira mieux une fois qu’on aura restauré les monnaies nationales?
        La restauration des monnaies nationales ne peut être une solution pour échapper à l’éclatement politique de la zone euro mais plutôt sa conséquence!

      • bertrand

        Impossible de revenir aux monnaies nationales , mais l’euro est déjà national , il n’a pas la même valeur dans chaque pays puisque les valeurs qu’il paie ne sont pas les mêmes.
        Le morceau de pain à Berlin n’a pas le même prix qu’a Athenes.
        C’est simple.
        il faut juste élargir et confirmer dans les transferts entre pays des valeurs différentes.
        Sinon pourquoi y aurait il import-export en Europe ?
        Un euro c’est un bout de papier , il transporte votre idée de valeur , et votre idée de valeur est fausse lorsque vous sortez de vos réflexions pour constater la réalité.
        Donc les différents ZEUROS existent déjà.
        Dormez , les réveurs.

      • @Chris06,
        Je crois que nous sommes d’accord. La monnaie figure la politique. Politique éclatée implique disparition de l’euro. Mais aussi potentiellement, disparition des monnaies nationales. Si la politique ne sait plus instruire la discussion du vivre ensemble, alors la monnaie comme unité de compte commune à une société s’effondre sur elle-même.

        Les monnaies de sociétés politiques constituées valent plus cher que les monnaies de sociétés inconstitutées. Vous craignez donc que la renationalisation des systèmes de création monétaire ne coute très cher à certains pays qui ont du mal à négocier leur contrat social. Mais ce contrat social en perpétuelle négociation économique entre les citoyens est la base du crédit sans laquelle toute construction monétaire vacille. La crise du surendettement en euro est la manifestation des contrats sociaux en déshérence.

        Les dettes publiques non remboursables en euro mesurent exactement l’insuffisance de démocratie en Europe ; du coté des emprunteurs qui croient gagner du temps sur leurs désaccords quant à la répartition de la valeur ajoutée et du coté des prêteurs qui croient pouvoir se dispenser de faire partager leurs méthodes de négociation et de solidarité politique.

        La restauration des monnaies nationales pour les sociétés inconstituées est une nécessité logique de la démocratie. Tant que la politique ne mesure pas dans le pouvoir d’achat extérieur de la monnaie l’efficacité de son travail d’instruction de la démocratie, le pouvoir d’État et les responsables publics pratiquent la fuite en avant en empruntant la monnaie des sociétés constituées.

        La crise des dettes publiques en euro montre que la monnaie unique a simulé le crédit d’une politique qui ne fonctionne pas et d’une démocratie qui n’existe pas réellement. Pour renouer la discussion démocratique, il faut que les peuples européens en mesurent le prix réel par la variabilité de leur parité monétaire nationale. Mais le génie et l’originalité de l’Union politique des peuples européens est la solidarité économique dans la démocratie ; une solidarité exprimée par un budget commun de financement de la responsabilité politique gouvernementale.

        Si la drachme est rétablie, au lieu de se substituer au gouvernement grec, l’Allemagne et la France proposent à la démocratie grecque l’achat de sa prime de change. Elles atténuent la dévaluation de la drachme et financent la réforme des finances publiques grecques par les Grecs eux-mêmes. Sur un strict plan de justice économique, la dévaluation en drachme de la dette publique grecque permet d’imputer aux créanciers leur part dans les pertes de la non-démocratie européenne.

    • Philemon

      Pour les partisans du retour au franc:
      http://www.youtube.com/watch?v=pm45krOfhNU

  22. Joan

    LES IDEOLOGIES CONFRONTEES A LA REALITE

    Je viens de relire l’ouvrage de Pierre Leconte édité en décembre 2007 et intitulé « La grande crise monétaire du XXIième siècle a déjà commencé! ».
    L’auteur est ce qu’on pourrait appeler un libéral pur sucre, en effet, pour résumer, il met une bonne partie des problèmes qui nous assaillent sur le dos des Etats et des banques centrales, il est d’ ailleurs pour la suppression de ces dernières et pour l’ émergence de monnaies privées se concurrençant. J’ai relevé dans son ouvrage quelques phrases ou citations qui m’ont interpellé.
    « Or, les Etats-unis, depuis longtemps, ne sont plus régis par le libéralisme authentique mais par toutes sortes de pratiques de manipulation. La question se complique lorsque la puissance dominante et toutes les institutions de ‘régulation’ à son service (l’ OMC, le FMI, et la Banque Mondiale), comme aujourd’hui, en ont perdu le contrôle. »
    « La concurrence n’étant plus ‘libre et non faussée’, les ‘avantages comparatifs’ se transforment en ‘avantages définitifs!’ « 

    « Alors que, que dans une économie concurrentielle ouverte, la fixation la plus libre possible des prix de toute chose ( la monnaie comprise) constitue le seul mécanisme régulateur admissible des revenus et de la production; leur manipulation, tant dans l’actuel régime capitaliste fou que dans le régime socialo-communiste du passé, empêche d’en obtenir les immenses bénéfices qu’elle peut offrir. »
    Suivent des citations du libéral Friedrich von Hayek sur le fait « de limiter le capitalisme dans ce qu’il a de monopolistique et de ne pas faire du libre-échange absolu l’alpha et l’oméga du libéralisme. »
    Extraits de l’ouvrage publié en 1946, la « Route de la servitude »:
    « Il n’y a aucune raison pour qu’une société ayant atteint un niveau de prospérité comme le notre ne puisse garantir à tous le premier degré de sécurité, sans mettre en cela notre liberté en danger… Il n’y a pas de raison non plus, pour que l’ Etat – en organisant un système complet d’assurances sociales – ne protège pas les individus contre les hasards de la vie, contre lesquels peu de gens peuvent se garantir eux-mêmes« .
    Plus loin: « Certes, le ‘marché parfait’ ou la ‘concurrence pure et parfaite’ ne sont que des notions de la théorie économique, qui n’existent que dans les équations de quelques économistes ayant perdu le contact avec le réel… »

    « La plupart de nos contemporains font une confusion souvent intentionnelle, entre le capitalisme, qui n’est que la résultante de pratiques économiques visant pour les classes dominantes au contrôle de la plus grande partie de la richesse, sans prétendre se référer à une quelconque idéologie, et le libéralisme, qui est un idéal de liberté visant à permettre l’expression des individus dans toutes ses composantes (philosophiques, politiques et économiques). Si le capitalisme est compatible avec une société totalitaire, une société authentiquement libérale ne peut être seulement capitaliste. »

    « Il faut que les Etats des pays avancés, d’abord, permettent l’égalité des chances », favorisent l’initiative individuelle, assurent la formation des jeunes, prennent en charge les vieux, etc., etc., etc. Mais, surtout, mettent un terme au ‘capitalisme de connivence’ qui privilégie les obligés du pouvoir, en particulier au plan financier, en cessant leurs actions monopolistiques. »

    Suit une citation de Hayek: «  Il y a toutes les différences du monde entre traiter les gens de manière égale et tenter de les rendre égaux. La première est la condition d’une société libre. Alors que la seconde n’est qu’un forme de servitude. »
    Puis une citation de Milton Friedmann: «  La combinaison du pouvoir économique et du pouvoir politique dans les mêmes mains est une recette assurée de la tyrannie ».
    Là je ne peux m’empêcher de penser au projet de constitution européenne de 2005!
    « D’où la nécessité d’une organisation constitutionnelle, étatique, économique et monétaire assurant la séparation des pouvoirs, alors qu’ils restent confondus à l’exemple de la gestion de la monnaie par l’ Etat et/ou par les banques centrales étatiques pseudo indépendantes. »
    « Alors que ce sont ces hommes politiques qui, ayant mis fin au Système monétaire international séculaire stable d’avant 1914, sans lequel une mondialisation équilibrée ne pouvait pas se développer, devraient porter la responsabilité de l’émergence de la Grande Crise et de sa non résolution. On cherchera des boucs émissaires, avec tous les risques de dérapages politiques de cette nouvelle « chasse aux sorcières ». Le « populisme », dans ses aspects les plus démagogiques, a de beaux jours devant lui! »

    J’arrête ici avec les extraits de l’ouvrage précédemment cité. Tout ceci m’inspire la réflexion que: « L’Enfer est pavé de bonnes intentions. »
    Le message du Christ était profondément humaniste, ceux qui l’on récupéré pour en faire une religion séculière, alliée aux pouvoir temporel l’on dévoyé dans des aventures comme les croisades, où des chevaliers fanatiques ont fait couler des flots de sang au nom de ce même Christ, sans parler de la période où sévit la « Sainte Inquisition ».
    Le message de Marx était lui aussi humaniste, il visait à établir une société de partage et sans classe.
    Ceux qui l’on récupéré en on fait un dogme figé, qui a servi à cautionner les privilèges d’apparatchiks, des assassinats arbitraires, et les horreurs du Goulag.

    Le message des libéraux, les vrais, semble lui aussi préoccupé de considérations humanistes et pourtant la crise de 1929 a amené au pouvoir le boucher Hitler, par la voie démocratique qui plus est!
    Et pourtant ce que l’on appelle le néo-libéralisme et qui visiblement est un dévoiement de la pensée libérale authentique nous amène aujourd’hui à une crise sans précédent, porteuse de bien des risques, à l’instar de celle de 1929.

    Il semblerait que l’humanité soit frappée de malédiction, ou comme disait Blaise Pascal:

    « L’homme n’est ni ange, ni bête et qui veut faire l’ange fait la bête . »

    Je rajouterais que l’intelligence désintéressée d’une minorité, n’empêche pas les drames collectifs. Sans doute parce qu’il y a davantage de gens intelligents mus par la poursuite de leurs intérêts personnels, de caste ou de classe, que l’inverse. Parce que ces gens là voient tout l’intérêt de récupérer des idées généreuses ou progressistes et s’en servir pour manipuler les masses crédules et désorientés. Les manipuler dans le sens de la poursuite de leurs intérêts égoïstes non avouables.

    Ainsi va le monde depuis des siècles, si ce n’est des millénaires; et ce n’est pas prêt de s’arrêter, à une époque où la technique permet de démultiplier la manipulation et d’abuser de mille façons les masses. Noyer ces dernières dans un flot continu d’informations décousues n’est pas la moindre des techniques de manipulation, les soumettre aussi à un flot d’informations contradictoires (ce qui déstabilise à coup sûr), escamoter les débats de fond, faire diversion, discréditer ceux qui posent des questions pertinentes mais gênantes etc., etc., etc.

    Pour finir je poserais cette question: « Dans ce jeu pervers entre le maître et l’esclave, quel est celui qui porte la plus lourde responsabilité, celui qui dévoie les messages appelant à la libération des Hommes, ou celui qui se laisse abuser par le premier et qui en profite pour se défouler de toutes les pulsions ou frustrations qu’il a accumulé dans sa vie, sur un Autre en général désigné comme bouc émissaire par le premier?
    Enfin n’oublions pas que tout cela s’est compliqué aujourd’hui par l’intrusion sur la scène d’un nouvel acteur, en plus de l’Homme, la Biosphère et toute la problématique de sa sauvegarde dans l’intérêt de L’ Homme justement. L’histoire a montré que les philosophies d’inspiration humanistes ont trop souvent conduit dans la pratique à des expériences catastrophiques, espérons que les philosophies d’inspiration cosmologique, de préservation du monde dans lequel nous avons émergé et dans lequel nous ne faisons que passer, éviteront ces écueils; en tout cas que les expériences auxquelles elles pourront donner lieu éviteront ces écueils, mais rien n’est moins sûr…

  23. Nobel

    Vous écrivez: « Les États doivent perdre leurs privilèges en tant qu’emprunteurs et les banques doivent perdre leur privilège international de négociation du prix et de régulation du crédit. »
    Plutôt en accord avec vous. Mais les Etats ont déjà perdu ce privilège, d’abord en 1973 en France, par cette loi qui a interdit aux Etats d’emprunter à leur banque centrale. Puis par l’article 104 du traité de Maastricht devenu l’article 123  du traité de Lisbonne qui stipule: « Il est interdit à la Banque Centrale Européenne (BCE) et aux banques centrales des États membres, ci-après dénommées « banques centrales nationales », d’accorder des découverts ou tout autre type de crédits aux institutions ou organes de la Communauté, aux administrations centrales, aux autorités régionales ou locales, aux autres autorités publiques, aux autres organismes ou entreprises publics des États membres; l’acquisition directe, auprès d’eux, par la BCE ou les banques centrales nationales, des instruments de leur dette est également interdite. »

    Les Etats mais aussi les collectivités ou régions ont été obligés d’emprunter à des taux prohibitifs et certaines collectivités ont parfois contracté des prêts indexés sur des produits qu’elles ne maitrisaient point. En empruntant à une banque centrale (BCE ou Etat) dont le but ne serait pas de faire un profit indécent sur leur dos mais de les protéger des banques privées, on échapperait à ces dettes sans fin!
    En somme, ce pouvoir doit être retiré des mains des banques privées dont le but n’est pas et ne sera jamais la protection de l’intérêt général.

    • chris06

      L’interdiction faite aux banques centrales de financer directement leurs états respectifs (qui doivent à la place passer par le marché secondaire pour se financer) est valable pour toutes les monnaies de réserve (dollar, euro, yen, livre…) : c’est la conséquence de l’adoption depuis 1971 d’un système monétaire international de changes flottants où les taux ne sont plus fixés par les gouvernements suite à des négociations et par rapport à un étalon commun mais flottent en fonction des achats/ventes de monnaies sur les marchés.

      Ce n’est pas seulement l’interdiction faite aux banques centrales de financer directement leurs états respectifs qu’il faut remettre en cause, c’est l’intégralité du système monétaire international, c’est ce système des changes flottants qu’il faut abandonner.

    • @Nobel,
      L’interdiction faite aux banques centrales d’émettre de la monnaie directement au profit des États est une condition du contrôle de la démocratie sur les dépenses publiques et la fiscalité. Cela oblige les gouvernements à tenir des comptes et à les faire voter par le parlement préalablement à toute opération d’emprunt public auprès du système financier.

      Les intérêts sur la dette publique ne sont pas seulement un coût supplémentaire dans le financement de la dépense publique mais la rémunération de tous les créanciers de l’État qui ont des droits immédiatement exigibles par la loi mais qui acceptent un différé de règlement. L’emprunt public signifie que l’État produits des droits dont la contrevaleur est livrée au fil du temps selon les besoins des ayants droit et selon le rythme de production publique des biens et services correspondant.

      La contrevaleur des emprunts publics est produite par l’économie réelle en biens et services concrets financés par les paiements d’impôts. Si l’État n’emprunte pas, il doit prélever immédiatement des impôts et acheter immédiatement la contrevaleur des services qui sont attendus dans le futur : c’est économiquement absurde. En empruntant, l’État peut comptabiliser immédiatement au bénéfice de ses ayants droit le prix des droits accordés mais livrables dans le futur.

      La reconnaissance publique de la contrevaleur économique future de droits permet à l’économie réelle d’investir et de produire davantage que si elle avait dû travailler sans garantie publique. Les intérêts sur la dette publique restituent à l’économie réelle une fraction de la croissance économique supplémentaire issue de l’Etat de droit. La dette publique et l’intérêt versé sont légitimes et économiquement cohérents si le niveau d’emprunt public correspond à la valeur future produite par les services publics et si les intérêts versés correspondent au surcroît de versements fiscaux engendrés par la croissance économique réelle.

      Les intérêts sur la dette publique sont légitimes et économiquement rationnels à condition de ne pas être fixés arbitrairement ni par l’Etat lui-même ni par le système financier. Dans un régime de pleine démocratie, l’Etat soumet son budget à la délibération parlementaire ; un budget sincère contient non seulement un certain niveau de dépense mais une prévision réaliste des recettes et une estimation des limites probables du solde budgétaire en fin d’exercice.

      Le rôle du système financier est de décortiquer les comptes budgétaires et d’anticiper objectivement la probabilité de leur réalisation ; donc le déficit maximal qui peut résulter de l’application des engagements budgétaires dans l’économie réelle. Le système financier est supposé financer l’économie réelle et anticiper l’activité et les flux financiers qui en découlent notamment de nature fiscale.

      Obliger l’Etat à financer ses impasses budgétaires par le marché financier est donc une précaution démocratique de sincérité des comptes, de responsabilité financière publique et de protection des droits de l’économie réelle. Toute cette logique de finance publique nationale a été détruite par la mondialisation financière. Le potentiel fiscal de l’économie réelle est devenu insaisissable. Les droits de l’économie réelle sont devenus arbitrables entre les Etats nationaux. Et les Etats nationaux sont devenus investisseurs ou emprunteurs sur le marché international hors du contrôle des parlements et des citoyens.

      Les taux d’intérêt payés sur les dettes publiques sont devenus arbitraires sur des marchés internationaux non régulés entièrement aux mains d’intérêts financiers privés. Le Trésor Étatsunien a emprunté sans limite calculable par le besoin international de liquidité. Les États émetteurs de monnaie de réserve ont obtenu des taux d’emprunt artificiellement bas en plaçant leurs titres comme contrepartie des réserves de change internationale.

      La conclusion de chris06 est la bonne : pas de résolution de la crise des finances publiques sans réforme du système monétaire international portant sur la régulation du crédit et les taux de change.

      • Nobel

        Merci pour votre réponse détaillée.

        Vous avez écrit:
        L’interdiction faite aux banques centrales d’émettre de la monnaie directement au profit des États est une condition du contrôle de la démocratie sur les dépenses publiques et la fiscalité. Cela oblige les gouvernements à tenir des comptes et à les faire voter par le parlement préalablement à toute opération d’emprunt public auprès du système financier.

        Je ne comprends pas. Ou plutôt, si je vous ai bien compris, c’est très grave !!!
        Vous prétendez que les intérêts privés que sont mieux à même de contrôler notre démocratie ? Mais quel rapport avec les banques privées ? Ce ne sont pas les banques privées, ni les marchés financiers qui sont supposés contrôler nos dépenses publiques ni notre démocratie. La démocratie est contrôlée par le peuple au travers d’élections libres. Les marchés financiers et les banques privées n’obéissent pas à ces règles. Nous ne les élisons pas.
        C’est au peuple, au travers les lois, de mettre en place un contrôle des comptes. L’intérêt public ne peut être confié aux intérêts privés.

        Les intérêts sur la dette publique restituent à l’économie réelle une fraction de la croissance économique supplémentaire issue de l’Etat de droit. La dette publique et l’intérêt versé sont légitimes et économiquement cohérents si le niveau d’emprunt public correspond à la valeur future produite par les services publics et si les intérêts versés correspondent au surcroît de versements fiscaux engendrés par la croissance économique réelle.
        Le système financier est supposé financer l’économie réelle et anticiper l’activité et les flux financiers qui en découlent notamment de nature fiscale.

        Grave erreur encore une fois. Les marchés financiers ne financent que de manière dérisoire l’économie réelle. Et c’est bien ce qu’on leur reproche. Evidemment, les partisans de votre théorie ainsi que les fervents défenseurs des théories de l’efficience des marchés financiers justifient l’existence même de la bourse par le financement l’économie réelle. Non, la finance a ses propres règles. Et les intérêts prélevés n’ont jamais été au bénéfice de la croissance économique des pays.
        Les intérêts de la dette seraient bien plus utiles s’ils étaient versés aux Etats puis utilisés pour le peuple lui-même (construction de routes ou de logements, investissements dans la recherche, l’éducation, etc). Or les intérêts versés aux banques commerciales ne produisent pas ces effets.

        Obliger l’Etat à financer ses impasses budgétaires par le marché financier est donc une précaution démocratique de sincérité des comptes, de responsabilité financière publique et de protection des droits de l’économie réelle.
        La sincérité des comptes ? Mais enfin, c’est bien ce qui a été reproché aux banques privées : leur opacité et leur volonté de l’être puisque la plupart des banques commerciales possède des comptes dans les paradis fiscaux ! Non, il faut arrêter de se moquer du monde. Les chambres de compensation sont également le reflet de ce manque de transparence. Clearstream, comme l’a démontré Denis Robert, est l’une des plates-formes majeures de la dissimulation de transactions financières au niveau mondial.

        Pour terminer, aujourd’hui, l’Allemagne emprunte à 3% et la Grèce à plus de 5%. Ceci est tout autant le reflet de l’absence de solidarité au sein de l’UE que la conséquence directe de la logique des marchés financiers. Si la Grèce pouvait emprunter au même taux que l’Allemagne, il n’y aurait aucun problème de soutenabilité de sa dette (cf étude de Jean Paul Fitoussi). Comment ? En faisant en sorte de supprimer l’article 123 du traité de Lisbonne et en redonnant le pouvoir aux peuples, c’est-à-dire à une banque contrôlée par ceux qui agiront non pour leurs propres intérêts mais pour ceux par qui ils ont été élus.

        Nous sommes donc en désaccord complet non sur le fonctionnement des marchés financiers mais surtout sur leur nécessité et sur les conséquences du manque de contrôle de ces marchés.

      • Vous m’épatez , par votre style on dirait du Proust en économie et par sa pertinence quand au fond . Reste quand méme que le fed achéte des bons du trésor , surtout ces derniers temps , et que la
        BCE contre toute attente a été assez prompte a achetez des obligations grecques par ex et plus
        occulte l’une et l’autre indirectement , en fournissant aux banques les liquidités pour le faire .
        Tout çà contourne quand méme le pouvoir parlementaire et le jugement citoyen .
        Aux USA il a fallu le plafonnement pour récupérer un peu de ce pouvoir , en Europe on attend encore quelque chose .

      • Nicks

        @Nobel

        D’accord avec vous. Il y a sur ce blog des gens qui n’aiment pas trop l’Etat et qui étrangement nous resservent souvent les mêmes théories empreintes de pureté (ah, la transparence…) que se partagent à la fois les libertariens et les communistes marxiens anarchisants. Très peu pour moi. Le climat de la jungle ne me réussit pas…

        Lordon a imaginé comment les citoyens pouvaient se réapproprier le crédit en mettant des garde-fous à certaines dérives étatiques. Mais il n’y a tout de même pas photo. L’urgence, en ce moment est bien évidemment de restaurer le financement direct de Etats et mettre en parallèle un contrôle des capitaux. Prise à l’échelle de l’Union, cette décision forcerait probablement à l’adoption d’un autre système monétaire…

        http://blog.mondediplo.net/2009-01-05-Pour-un-systeme-socialise-du-credit

        http://blog.mondediplo.net/2010-12-02-Ne-pas-detruire-les-banques-les-saisir

      • @Nobel,
        Je n’ai pas l’impression que vous intégriez dans la compréhension de mes propos sur les finances publiques que la finance est un service public quelle que soit la propriété publique ou privée des capitaux employés. L’équilibre des finances publiques n’a de sens que par rapport à l’équilibre des finances privées qui n’échappent ni les unes ni les autres à la loi commune et à l’égalité des droits. Les finances et marchés privés dont vous parlez qui sévissent actuellement n’ont rien à voir avec la démocratie ni même avec la rationalité économique. C’est pour çà que la crise est systémique et donc politique.

      • Nobel

        @ Pierre Sarton du Jonchay

        Vous avez écrit: « L’équilibre des finances publiques n’a de sens que par rapport à l’équilibre des finances privées qui n’échappent ni les unes ni les autres à la loi commune et à l’égalité des droits. »
        J’ai l’impression que vos écrits sont très éloignés de la réalité. Vous semblez peindre un tableau fidèle à vos idées mais bien loin des faits. La finance privée a non seulement trouvé les moyens d’échapper au droit mais a surtout réussi à imposer ses propres règles aux nations. N’est-ce pas le même problème auquel nous sommes confrontés concernant l’injustice fiscale ? La loi semble la même pour tous et pourtant elle est foncièrement inégalitaire.

      • @Nicks,
        De fait, le financement des États est garanti par la BCE. Si la BCE s’arrête de racheter les dettes publiques décotées, le système financier mondial s’écroule. Le psychodrame sur la Grèce dissimule les tractations pour conserver un minimum de crédibilité à la BCE et à la Fed qui accumulent dans leur bilan des pertes de crédit non comptabilisées.

        Ce qui se négocie actuellement, c’est le maintien d’un système monétaire international donc de la mondialisation des échanges. La négociation est dans l’impasse du fait qu’il n’existe aucune règle de répartition des pertes de crédit entre des créanciers publics et privés internationaux. Or l’imputation actuellement envisagée de la totalité des pertes sur les États provoque l’écroulement du système financier par destruction de l’économie réelle sous-jacente.

        Pour sauver le système monétaire international il faut sauvegarder la solvabilité des États qui sont garants en dernier ressort des monnaies. Pour sauvegarder le crédit des États, il faut dévaluer leurs dettes dans les bilans des banques. Pour dévaluer les dettes, il faut réévaluer les actifs réels sous-jacents aux monnaies, spécialement les monnaies de réserve. Pour dévaluer les monnaies de réserve, il faut créer un nouvel instrument de réserve internationale dont le prix soit stabilisé sur des actifs réels internationaux cotés.

        La stabilité du nouvel étalon monétaire international ne peut être garanti que par une société multinationale d’Etats de droit solidaires dans la régulation du système financier.

      • @Nobel,

        J’ai l’impression que vos écrits sont très éloignés de la réalité.

        J’espère bien que mes écrits soient éloignés de la réalité visible. Je crois qu’il y a une réalité invisible dans ce que nous voulons. Cette réalité invisible, c’est la politique qui délibère des transformations que nous engageons de la réalité visible. Il y a actuellement une conception politicienne d’un réel apolitique qui afin de tout figer interdit de penser en dehors de ce qui se voit dans le présent. Cela vous convient-il ?

      • Nicks

        @PSDJ

        Nous n’avons pas le temps. Il faut provoquer le mouvement…La BCE comme vous le dites ne finance pas les Etats mais garantit ce financement. Il y a une nuance de taille qui permet aux marchés de continuer à faire la loi, du moins d’imposer ses choix, car les lois elles, ont été édictées par les politiques. Ce qu’une loi a fait, une loi peut le défaire…

        La BCE finance les Etats, ceux-ci nationalisent au moins temporairement les banques, ils instaurent un contrôle des capitaux et l’Union regarde ses partenaires en leur disant : Ok. Et maintenant on discute pour de bon ?

        J’ai déjà eu l’occasion de livrer mon opinion au sujet de votre théorie. A mon sens , elle nécessite un environnement idéal qui n’a aucune chance non seulement de se mettre en place, mais encore de perdurer. La solution la plus accessible et rapide, c’est de réinvestir les Etats en chassant les dirigeants actuels. Ca ne durera que le temps de la corruptibilité mais l’éclaircie aura permis de vivre mieux…

      • Que veux dire cette phrase de PSJ : « La contrevaleur des emprunts publics est produite par l’économie réelle  » ?

        Si cela veut dire que l’Etat ne produit rien, et ne fait que dépenser de l’argent durement gagné par les autres, alors c’est une reprise pure et simple de l’idéologie économique des conservateurs qui veulent réduire le rôle de l’Etat à la justice et à l’armée. Certes quand on calcule le PIB on considère par convention que la richesse produite par l’Etat est égale au montant des prélèvements, car en fait la plupart des productions de l’Etat sont des produits non marchands.

        Mais en fait l’Etat est l’agent premier du circuit économique. Sans son action aucun des autres agents ne pourrait produire. Supprimez son action en faveur de l’éducation, des réseaux de transport, de la santé, de l’aménagement du territoire, de la législation,… et la productivité du pays s’effondre car les marchés sont totalement incapables de répondre à des besoins de long terme. J’irais même jusqu’à dire que toute l’économie s’inscrit autour de l’action de l’Etat, chaque agent s’y adaptant et y faisant son trou en fonction des opportunités. Ce rôle premier de l’Etat est légitime et nécessaire car c’est la seule instance démocratique et souveraine. lui dénier ce rôle premier dans l’économie, c’est donc aussi lui dénie ces deux attributs.

        On peux aussi interpréter cette phrase comme une tautologie : la contrevaleur d’un emprunt est produite par les agents économiques. Effectivement la personne qui emprunte de l’argent va s’en servir pour acheter un produit ou service produit par d’autres.

        Donc j’aimerais bien que PSJ précise sa pensée sur ce point.

      • Julien Alexandre

        @ Laurent S.

        Je ne vois aucune contradiction dans la phrase de Pierre : l’Etat participe bien évidemment à l’économie réelle.

      • PSJ est décidément trop compliqué pour moi !

      • @Nicks

        J’ai déjà eu l’occasion de livrer mon opinion au sujet de votre théorie. A mon sens , elle nécessite un environnement idéal qui n’a aucune chance non seulement de se mettre en place, mais encore de perdurer. La solution la plus accessible et rapide, c’est de réinvestir les États en chassant les dirigeants actuels. Ça ne durera que le temps de la corruptibilité mais l’éclaircie aura permis de vivre mieux…

        Vous inversez l’enchaînement causal des réalités sous couvert de pragmatisme théorique. Les fondations du système financier sont humaines. Les dirigeants forment des objectifs qu’ils inscrivent dans les règles existantes qui résument l’idéalité du système financier. Changer de dirigeant ne change pas l’idéalité du système qui détermine la rentabilité des banques par les primes de crédit plutôt que par la solvabilité des emprunteurs. Les nouveaux dirigeants nommés par les pouvoirs publics agiront au mieux comme les anciens et au pire en tirant sans restriction sur le crédit public déjà épuisé.

      • @Laurent S,

        La contrevaleur des emprunts publics est produite par l’économie réelle en biens et services concrets financés par les paiements d’impôts.

        Comme vous l’avez compris et expliqué, cette affirmation pose l’appartenance de l’État à l’économie réelle. Ce qui différencie les biens et services produits sous responsabilité publique de ceux produits sous responsabilité privée c’est le règlement par l’impôt au lieu du règlement direct par l’acheteur. Les biens et services requis par l’intérêt général non particularisable sont financés par l’impôt du fait que toute la société a besoin de la contrevaleur de ces biens et services. Le désendettement public par privatisation des services publics d’intérêt général est donc anti-économique et financièrement contreproductif.

      • Nicks

        @PSDJ

        Voilà une assertion dont on essaiera en vain de trouver le moindre fondement. L’Etat est ce qu’on en fait et si la masse peut fournir le poids politique pour changer les structures , alors elles engendreront le changement du système. Sinon, le CNR serait resté un voeu pieux…Alors certes, les structures mises en place après la seconde guerre mondiale se sont usées et ont été débordées, mais au moins il y a eu un mieux pendant au moins quarante ans. Ce genre de retournement cyclique me conviendrait amplement….

        Vous souhaitez que le monde se peuple de gens de bonne volonté, bien responsables et qui le resteront car c’est leur intérêt bien compris. Je ne vois toujours pas la différence avec les néo-classiques et tous ceux que nous combattons sur ce blog…

      • Fab

        Pierre Sarton du Jonchay,

        « Les fondations du système financier sont humaines. » : oui, comme les nôtres, à vous et moi, de fondations, c’est souvent ce qu’on en fait après qui l’est moins, humain. C’est la nécessité d’absorber l’excédent de monnaie produite qui pousse les dirigeants à former « des objectifs qu’ils inscrivent dans les règles existantes qui résument l’idéalité [par nécessité] du système financier ».

        Les dirigeants représentent le peuple, ils représentent notre soumission volontaire à l’échange monétisé aujourd’hui, à un seigneur ou un Dieu ailleurs ou par le passé. Vous laissez la possibilité que « la compensation du risque arbitrée par le pouvoir judiciaire à l’intérieur d’une souveraineté » ne soit pas nécessairement assurée par une monnaie, c’est une bonne chose, la richesse créée ne sera pas gonflée artificiellement, le surplus n’aura pas à être consommé ou éliminé. Mais n’en irait-il pas de même « à l’extérieur des souverainetés » ?

      • Ando

        Ce qui différencie les biens et services produits sous la responsabilité de l’Etat de ceux produits par le secteur privé c’est la définition, pour le secteur public, du critère permettant de distinguer ce qui est raisonnablement nécessaire, selon les moyens et les priorités de cette collectivité, de ce qui le l’est pas. Les dépenses budgétaires de l’Etat/Parti soviétique avant sa dissolution par une élite risque-tout étaient consacrées à plus de 40% aux dépenses d’armement.

      • @Nicks,
        Nos réalités sont faites de volonté, de logique et de la nécessité objective du monde réel. Il y a trois manières de faire échouer toute entreprise humaine : le mépris du réel, l’illogisme et la mauvaise volonté.

      • Nicks

        @PSDJ

        Serais-je de mauvaise volonté parce que depuis le début je dénote des accents parfois très orthodoxes dans votre discours ? Je ne me souviens pas de votre réponse au sujet de mon interrogation selon laquelle vous cherchiez un moyen de faire advenir la concurrence libre et non faussée. Malgré toute votre bonne volonté, je n’en doute pas, et votre sens de la logique que je ne remets pas en cause, votre solution m’apparaît à la fois pour ce que j’en comprends et assez intuitivement comme monstrueuse. Parce que le mépris du réel peut être d’oublier que la société est mue par le rapport de force politique et qu’il n’existe pas de réel équilibre des forces à un instant t. Vouloir l’instaurer c’est croire à la fin de l’Histoire…

      • Noursix

        L’interdiction faite aux banques centrales d’émettre de la monnaie directement au profit des États est ce qui a provoqué l’endettement colossal des Etats, lesquels ont par là même abdiqué leur liberté au profit des mégabanques. Rien de démocratique là dedans, bien au contraire.

    • Vincent

      L’interdiction faite aux banques centrales d’émettre de la monnaie directement au profit des États à surtout eu pour conséquence l’effet « boule de neige » du aux intérêts qui a gonflé la dette d’au moins 80% et nous mets maintenant dans une situation où les plus riches vont bien devoir faire une croix sur leurs créances… sauf à monétiser par la banque centrale au lieu de monétiser par les banques commerciales comme l’explique aujourd’hui Patrick Artus

      Il faut être inquiets quant aux perspectives pour les dettes publiques de la zone euro : quelle que soit la nature du programme de soutien financier à la Grèce et aux autres pays, le recul de l’activité dans ces pays dû aux politiques budgétaires restrictives leur interdit de réduire leur déficit public ; ceci, et les hésitations des européens, accroît le risque de contagion à de grands pays de la zone euro (Espagne, Italie…).
      Si de grands pays ne peuvent plus financer leurs déficits publics sur les marchés financiers, les solutions mises en oeuvre aujourd’hui (soutien budgétaire de l’ensemble des pays de la zone euro) ne pourront plus être utilisées, et le seul salut sera la monétisation des dettes publiques, par le FMI, la BCE.

      http://cib.natixis.com/flushdoc.aspx?id=59262
      … ce qui sera de toute façon nécessaire pour « financer l’avenir » (FNH)

  24. Joan

    Je rajouterais à mon précédent message « LES IDEOLOGIES CONFRONTEES A LA REALITE » ce passage lu dans le livre de Zoé Oldenbourg sur « Les croisades »:

    « Au Moyen Age l’esclavage avait aussi cet aspect là: étaient vendus comme esclaves les gens incapables de payer leurs dettes et les délinquants insolvables condamnés à une amende. On pourrait dire qu’à notre époque la condition de l’ouvrier d’usine, du mineur, voire du travailleur attaché à la terre, se rapproche parfois de celle de l’esclave, si grand peut-être le manque de liberté réelle de l’homme mal payé, entièrement dépendant de l’employeur, à jamais relégué dans une condition en définitive servile. »

    N’est-ce pas une illustration de la grande différence qu’il peut y avoir entre Capitalisme et Libéralisme.
    Le Capitalisme se développant grâce à l’exploitation des hommes, des ressources, externalisant les coûts sociaux et écologiques et n’hésitant pas à opprimer les mouvements de libération lorsqu’il en va de son intérêt. Le Capitalisme ne correspond à aucun idéal, c’est l’expression dans les sociétés humaines du rapport de force brutal qui existe dans la nature. Le Libéralisme authentique qui vise à un équilibre harmonieux dans la société, et à l’épanouissement des libertés individuelles poursuit lui un idéal. Comme tout idéal il a du mal à se concrétiser lorsque l’on passe aux travaux pratiques dans le monde réel, avec toutes ses imperfections. Tout comme c’est arrivé à ceux qui poursuivaient la concrétisation de l’idéal Communiste.
    La différence c’est que l’expérience communiste a déjà fait naufrage, alors que l’expérience libérale est en train de faire naufrage sous nos yeux incrédules. Au final ni l’idéal communiste, ni l’idéal libéral n’ auront été réalisés dans le vrai monde. Pas plus que les idéaux des religions chrétiennes ou musulmanes. Il est vrai que dans le cas des religions on peut vous promettre un monde meilleurs dans l’au-delà, mais personne ne peut témoigner si l’on peut s’y fier…

    • Votre libéralisme, c’est en réalité l’ultralibéralisme puisé chez von Hayek : la reconstitution d’une féodalité, avec les marchands pour aristocrates, un projet authentiquement d’extrême-droite comme je l’ai déjà souvent souligné : une véritable peste, qui n’est pas encouragée ici.

      • simplesanstete

        Pourquoi continuer à confondre l’extrême droite politique et l’extrême droit de l’argent Mr Jorion, peut on même encourager la peste, tous ne mouraient pas ? L’ultralibéralisme puisé où pas chez Felix Potin est bel et bien avancé.

      • Joan

        Mr Jorion,

        Votre réaction appelle une mise au point de ma part. Ce n’est en aucun cas, mais alors en aucun cas  » Mon libéralisme », et je sais que les auteurs cités « Von Hayek, Milton Friedman » ont été de grands inspirateurs de ce que l’on appelle aujourd’hui le néo-libéralisme et dont nous voyons aujourd’hui les ravages.
        Non ce qui m’intéressait dans le texte que j’ai développé, c’est que l’auteur se soit attaché à montrer qu’il existait un libéralisme authentique qui aurait été dévoyé, en s’appuyant au besoin sur des citations de théoriciens ayant inspiré les néo-libéraux comme « Von Hayek, Milton Friedman », peut-être aurait-il mieux fait de s’appuyer sur des citations de Adam Smith.

        un projet authentiquement d’extrême-droite

        Effectivement Milton Friedman est associé à l’école de Chicago, qui a mené une de ses premières expériences in situ dans le Chili de Pinochet.
        Il y a tout de même une chose qui me turlupine (comme aurait dit ce pauvre Colombo). Puisque Augusto Pinochet, était soutenu par Ronald Reagan et par Margaret Thatcher, et que les politiques qu’ils ont mis en oeuvre autant aux Etats-Unis, qu’en Grande-Bretagne – politiques qui ont ensuite fait école dans la plupart des autres pays pourtant démocratiques – puisque ces politiques ont été inspirées par un projet d’extrême-droite ( qui passe par l’économie pour se réaliser), alors doit-on en conclure que dans les faits nous sommes globalement – depuis la fin des années 70 – gouvernés par des gens d’extrême-droite, une extrême-droite camouflée dans des partis au moins en apparence démocrates?
        Au cas ou vous en douteriez, les projets d’extrême-droite ne sont pas ma tasse de thé. Mais plus généralement, je pense que pour mieux combattre ses adversaires il ne faut pas hésiter à démonter leurs arguments, et pour cela il faut d’abord lire ce qu’ils écrivent ou écouter ce qu’ils racontent.

        une véritable peste, qui n’est pas encouragée ici.

        Que ce soit une peste j’en suis tout à fait d’accord, mais dès lors que la peste existe et se propage il faut la combattre. Pour mieux la combattre il faut comprendre comment elle opère pour infecter de nouveaux malades. Et dans la mesure du possible produire des antidotes ou des vaccins.
        A lire votre réaction j’ai la très désagréable impression que vous ayez pu penser un instant que mon but était d’ « encourager » la propagation de cette peste. Si tel est le cas alors j’ai totalement raté mon objectif, et je vais m’imposer une pénitence…

      • schizosophie

        @Joan le 20 juillet 2011 à 14 h 25

        Memory ! 1973, c’est avant Reagan et Thatcher. « …doit-on en conclure que dans les faits nous sommes globalement – depuis la fin des années 70 – gouvernés… » demandez-vous. Ben vi, et même de droite et de gauche, et même avant.

      • Joan

        @ schizosophie

        Pardon, on n’est jamais assez précis: c’est Nixon qui était au pouvoir en 1973, avec Kissinger.
        Et c’est Nixon qui aurait traité Allende de « fils de p…. » . Il n’en demeure pas moins que plus tard, Reagan et surtout Mrs Thatcher ont entretenu des relations d’amitié avec le Général Putschiste.

    • daniel

      IIl me semble que vous êtes tombée dans le panneau
      des libertariens de bonne volonté sociale.
      Ils ont un coeur (social) gros comme ça, qu’ils vous disent.
      Et pour valoriser leur salade, Ils font dans le mieux disant social.
      Mais, selon les extraits que vous proposez, ils ne promettent pas;
      ils reprochent aux gouvernements de ne pas avoir fait le nécessaire
      vis à vie des estropiés de la mondialisation. C’est une nuance importante.
      Dans leur rhétorique, c’est à vous de finir le raisonnement: si ils reprochent
      il serait logique de penser qu’eux en sont soucieux et le feraient.

      En fait, quand un régime politico-économique libérale sera en place et assuré
      de la durée, ce sera la semaine de 4 jeudis et la corne d’abondance.
      Tout sera possible, y compris une politique authentiquement sociale.
      On peut rêver. C’est ce genre de rêve qui a « justifié » des théories
      fausses et réactionnaires telle le « trickle down » ou « grossir le gateau
      avant de le partager ».

      Les libertariens aiment à se présenter comme ayant plusieurs chapelles.
      Cette diversité apparente est une illusion.
      Le fond commun reste pur et dur.

      Autre sujet. « politique de droite partout ? ». La réponse est oui , sans hésitation.
      Avec sans doute des nuances, selon les pays, mais l’inspiration est de droite.
      Les riches ont réussi à imposer leur populisme de droite, primitif et sommaire,
      individualiste et guidé par la haine des manques à gagner.
      Pour plus d’info: « la stratégie du choc », Naomi Klein. Il n’est plus en phase
      avec l’actualité, mais sa pertinence reste entière. En complément:
      « le grand bond en arrière » Serge Halimi. Indispensable.

      • Joan

        @daniel

        « La stratégie du choc » je ne l’ai pas lu mais j’ai une idée assez claire des thèmes qu’il
        développe, quant au « Le grand bon en arrière » je l’ai lu et je l’ai toujours dans ma bibliothèque.
        Il faudra que je le relise…
        Cela ne répond pour autant pas à la question qui me turlupine, surtout lorsque vous dites:

        Les riches ont réussi à imposer leur populisme de droite, primitif et sommaire,
        individualiste et guidé par la haine des manques à gagner.

        La vraie question selon moi, la bonne question est pourquoi la gauche ne parvient-elle pas à s’imposer – alors qu’il y a une foultitude d’arguments dans la situation de crise actuelle du capitalisme – qu’elle pourrait développer face à la droite.
        Pourquoi se laisse-t-elle dévaliser par la droite, voire par l’extrême-droite, pourquoi est-elle si complexée et comme honteuse de ses valeurs? Pourquoi faut-il que ce soit un homme de plus de 90 ans, Stéphane Hessel, qui brandisse l’étendard de l’indignation, et qui défende les conquêtes sociales du CNR. Etendard par ailleurs repris par des mouvement de jeunes un peu partout en Europe. Je le répète c’est la question qui me turlupine. Pourquoi refuse-t-elle de se battre sur son terrain et non sur celui de l’adversaire, ce qui en général est une stratégie perdante? Cette gauche croit-elle toujours en ses valeurs?
        Ce que je constate c’est qu’il y a depuis des années des tonnes d’analyses plus pertinentes les unes que les autres sur la situation, mais aussi des propositions pour changer cette situation, émanant de personnalités dont la sensibilité est à gauche. Mais quand viennent les rendez-vous importants, comme la présidentielle, les champions de la gauche – qui ne sont pas les mêmes personnes j’en conviens – se dégonflent comme des baudruches. Et avouez que c’est assez frustrant, et que cela contribue à alimenter le populisme de droite, voire d’extrême-droite, plus que celui de gauche d’ailleurs.

      • vigneron

        @Joan

        La vraie question selon moi, la bonne question est pourquoi la gauche ne parvient-elle pas à s’imposer

        Zêtes au courant qu’on est en démocratie ? Que ce pays a élu un monarque républicain – monarque au même titre que ses 5 prédécesseurs depuis 53 ans – qui lui promettait du « travailler plus pour gagner plus » et une « fRANCEde propriétaires » et un « ministère de l’identité nationale » et – après de Villiers – « la fRANCE, tu l’aimes ou tu la quittes », etc, etc, etc.
        Ce pays est à droite, depuis toujours, irrémédiablement. Pays de toutes les richesses, de tous les patrimoines, toutes les grasses terres, de tous les terroirs, tous les privilèges, tous les corporatismes, toutes les frontiéres, toutes les inerties, tous les conservatismes, tous les poids morts, comment pourrait-il en être autrement ?
        Sa légende, ses Lumières, son Génie n’étaient qu’émantaions charmantes et libérales s’échappant du fumier natal, offertes aux grands vents du large. Autant en emporte le vent, ne reste que le tout petit tas de fumier, caché sous un tas d’or.
        Rien de bon pour ce monde ne sortira plus du ventre pourri de cette France. C’est un trépan pour son vente gonflé à en péter qui sauvera ce monde de l’apoplexie.

        France de Themidor, France des versaillais, France assassine de Jaures, France du traité de Versailles, France gavée d’or des années trente, France Travail Famille Patrie, France de Drancy, France du « retour à la terre », France d’Algérie, France de Pinay, Rueff, Papon, France gaullienne, France pompidolienne, France giscardienne, France mitterrandienne, France balladurienne, France pébereauyenne, bébéaryenne, chiraquienne, France du 21 avril 2002, France du 6 mai 2007, France sarkozienne pour en finir, France du discours de Grenoble en testament, en épitaphe. France de Hugo ? France de Diderot, de Robespierre, France de Blum, du CNR, Mendès-France, France de Rocard, France de Hessel ? Mon cul. Même tes évêques, même le pape sont plus à gauche que toi, ma fRAnce, plus à gauche que ton Mélenchon. Crève, ma fRance. Je renonce à l’héritage.
        Europe… last way to exit.

      • octobre

        Un Vigneron flamboyant. Tu ne veux pas le V majuscule ? Je le mets kanm’aime.

  25. Jean-Pierre Pagé

    Merci pour ce texte qui stimule la réflexion et les échanges. Je connais bien Jean-Luc Gréau qui est un ami et dont j’apprécie beaucoup la pensée. Mais je trouve que les enjeux se présentent de façon plus simple. Je ne crois pas au retour des monnaies nationales, ni non plus aux « sous-zones » (beaucoup trop complexe). Au-delà de l’euro, il faut considérer l’Union Européenne tout entière qui a vocation à devenir une véritable union politique et économique, ce qu’elle n’est pas encore. Une véritable union doit comporter des mécanismes de solidarité qui stipulent que les pays les plus riches viennent au secours des pays les plus pauvres. Cela suppose, en particulier, une mutualisation des risques et de la prise encharge des dettes. Je pense que, au-delà des égoïsmes nationaux qui, actuellement, prennent le dessus, les pays de l’Union Européenne comprendront (et commencent à le comprendre) que cette mutualisation est dans leurs intérêts réciproques (y compris l’Allemagne dont l’économie dépend beaucoup de la santé des autres économies de l’Union et des échanges avec elles).
    La construction européenne – même inachevée – reste l’une des plus formidables réalisations de la deuxième partie du XXème siècle. L’Euro est la deuxième monnaie de réserve du monde et sa disparition serait un séismme pour de très nombreux pays (à commencer par la Chine). Au demeurant, l’Union Européenne n’y survivrait pas. Croire le contraire est un leurre. Il convient de ne pas jouer intellectuellement avec cela. On peut faire beaucoup de spéculations sur d’autres constructions et réarrangements possibles. L’Union Européenne existe depuis environ un demi siècle maintenant. Elle a de formidables acquis à son compte, notamment dans le domaine de la sécurité de l’Europe. Elle doit faire un nouveau grand pas en avant et l’on peut espérer que les dirigeants nécessaires et inspirés se lèveront pour le lui faire faire. L’éclatement de la Zone Euro n’est ni souhaitable, ni crédible.

    • sylla

      « Elle a de formidables acquis à son compte, notamment dans le domaine de la sécurité de l’Europe. »
      ?!?! comme…?

      un point adorable dans l’UE, c’est la concentration des pouvoirs exécutifs et législatifs aux mains de la commission, mains qui reçoivent les dossiers détaillés des souhaits des lobbys.
      Du despotisme éclairé par les intérêts marchands…

      « L’éclatement de la Zone Euro n’est ni souhaitable, ni crédible. » Pour l’instant, c’est son maintien qui n’est ni souhaitable, ni crédible, non?

    • @Jean-Pierre Pagé,

      Je trouve que les enjeux se présentent de façon plus simple. Je ne crois pas au retour des monnaies nationales, ni non plus aux « sous-zones » (beaucoup trop complexe).

      Ce commentaire résume toute la conversation que nous avons eu avec Jean-Luc Gréau préalablement à ce billet. Je ne pense pas déformer la vision de Jean-Luc Gréau en exprimant ce constat partagé d’une réalité apparemment simple que nous ne parvenons plus à conceptualiser conformément à ce que nous croyons.

      Nous croyons comme vous au beau projet européen. Mais y croire ne suffit pas si nous ne savons ni dire ni produire ce qui le constitue. Une erreur manifeste nous éclate à la figure : avoir cru que la monnaie pouvait précéder et précipiter l’intégration politique. En fait, une même monnaie signifie un gouvernement commun avec sa fiscalité et une solidarité économique qui permettent aux citoyens de jouer ensemble la même règle du jeu.

      Que constatons-nous ? Que les Européens de la zone euro ne jouent pas les mêmes règles financières ; qu’ils n’ont pas les mêmes objectifs économiques ; qu’ils n’ont pas de budget commun pour garder tout le monde dans le jeu ; enfin qu’il n’y a pas d’institutions efficaces pour délibérer et formuler un projet commun qui emporte explicitement l’adhésion des citoyens à l’intérieur de la zone euro.

      Continuer dans ces conditions à lier le projet européen à une monnaie unique est soit de l’inconscience soit un sabotage délibéré du projet d’Union. Entre ce que nous voulons et ce que nous faisons effectivement en matière d’union, il y a une impasse qui est tout simplement la démocratie réelle. Imposer à la Grèce de rembourser intégralement une dette publique en euro qui n’a pas été négociée dans un cadre politique de responsabilité financière des emprunteurs comme des prêteurs est un attentat contre la démocratie ; en Grèce et dans toute la zone euro.

      Ne pas avoir de règles politiques pour partager les pertes de crédit de la Grèce en euro entre les banques et les États de la zone est un déni de rationalité de la démocratie. C’est immensément triste mais l’euro repose sur un vide politique : l’égalité des droits et responsabilités n’est pas établie entre le pouvoir politique, le pouvoir financier et l’économie réelle qui produit la substance sous-jacente au droit et au prix. L’erreur rédhibitoire de l’euro est l’affirmation en droit d’une monnaie sans construction réelle de la démocratie européenne qui assoit sa valeur.

      Le vice de l’euro sans démocratie est hérité directement du dollar sans démocratie. En imposant leur monnaie au monde sans faire participer le monde à leur démocratie, les Étatsuniens ont convaincu les élites politiques que l’outil de numération des prix pouvait être un outil de puissance sans rapport avec la démocratie. Les Européens se sont fourvoyés dans une confrontation de puissance avec les États-Unis ; ils y ont détruit leur projet démocratique comme les États-Unis qui s’apprêtent à mettre leur État Fédéral en faillite faute de financement par la solidarité fiscale nationale.

      Le dollar et l’euro reposent sur l’hypothèse inhumaine de fabrication des prix hors de la structuration concrète de l’échange par l’État de droit. Cette hypothèse est totalement logique mais repose sur la négation pratique de la dignité humaine au-dessus des décisions économiques et financières. Sans projet de démocratie, le dollar et l’euro sont des machines à détruire l’homme. Des machines redoutablement efficaces installées dans l’inconscient de chaque agent économique à la recherche du prix de son travail, de ses entreprises et de la satisfaction de ses besoins.

      L’intention de ce billet n’est pas de condamner la monnaie unique européenne mais l’utilisation politique et économique qui en est faite. Comme les institutions et les procédures de la démocratie européenne sont à peine ébauchées, le maintien des États les plus endettés dans la zone euro conduira à la suspension de leurs institutions démocratiques. Le rétablissement et la dévaluation des monnaies nationales est le seul moyen de préserver la responsabilité nationale des démocraties et l’unification monétaire à terme dans une fédération européenne.

      La monnaie est une conséquence de la politique. Le dollar international est une conséquence de l’impérialisme politique étatsunien. La faillite du système financier en dollar est la conséquence du nouveau monde multipolaire. La captation des décisions et arbitrages politiques par la finance est une inversion de la réalité humaine. Tant que nous ne saurons pas subordonner la création monétaire à la démocratie, nous sombrerons dans le financiarisme libertaire ; dans le privilège de quelques oligarques à prospérer sur la misère humaine.

      • Jean-Pierre Pagé

        A Pierre Sarton du Jonchay
        Je comprends ce que vous dîtes. Je suis d’accord avec vous. Dans la construction européenne, on na pas procédé dans le bon ordre. On a mis en place la monnaie unique avant que le degré de fédéralisme de l’Union soit suffisamment avancé.
        Mais je ne pense pas que l’on puisse revenir en arrière avec le retour à des monnaies nationales et, même, une monnaie « commune » au lieu d’être unique. L’Euro s’est maintenant trop imposé dans le monde, notamment comme deuxième monnaie de réserve (et il se passera vraisemblablement encore beaucoup de temps avant que l’on mette en place – si on le fait – un instrument de mesure monétaire mondial). Et puis, il y a beaucoup de raisons de penser que la « fin » de l’Euro signifierait la fin de l’Union Européenne, comme lorsque l’on « débobine » une pelote de laine. Il n’y a donc pas d’autre perspective positive que d’avancer dans la voie du fédéralisme et de mettre en place dans l’urgence les institutions appropriées, y compris et surtout, comme vous le soulignez, dans le domaine de la démocratie où le Parlement européen (dont l’importance et l’impact ne doivent pas être sous-estimés) doit être accompagné d’un véritable gouvernement européen responsable devant celui-ci (en lieu et place du duo ubuesque que constituent une « commission  » d’ »eurocrates » et un président sans pouvoirs), le tout étant soumis au suffrage universel européen.

    • Nicks

      Vous avez raison, ce n’est pas souhaitable. Mais sans la révision des traités, sans la remise en cause de l’indépendance de la BCE et de certains article comme le 123, sans la mise à la poubelle du monétarisme, pour résumer, l’euro me paraît condamné, à moins d’y sacrifier la démocratie et la majorité de la classe moyenne.

  26. FL

    Jean-Pierre Pagé
    Cinquante ans d’existence dite vous. Toutes ces années pour en arriver au constat que rien, pas une seule règlementation, pas un seul traité, n’a été promulguée dans le sens d’une réelle intégration politique.
    La preuve: la Grèce n’a aucun droit, ni même aucune possibilité à déterminer elle même son avenir immédiat, elle n’a rien à dire.
    Cinquante ans pour en arriver là, on ce pose légitimement des questions.

    • Jean-Pierre Pagé

      On voit bien que vous n’avez pas connu l’Europe avant l’Union Européenne ! Je ne l’ai guère connue (parce que trop jeune), moi-même, mais suffisamment pour être conscient de ce que cette Union a apporté : non seulement, la sécurité (la fin des grands conflits entre nations européennes qui ont ensanglanté souvent le passé), mais aussi une prospérité économique et un modèle social que beaucoup de pays nous envient. Certes, la situation n’est pas idyllique aujourd’hui, mais nous restons parmi les privilégiés à l’aune du niveau et des conditions de vie.
      Vous avez raison de déplorer la dramatique insuffisance de l’intégration politique. Là dessus je vous suis entièrement et, certes, « on peut se poser légétimement des questions ». Mais il faut se les poser en regardant en avant et non en arrière, vers le retour aux nations divisées (plus divisées qu’elles ne le sont aujourd’hui !).
      Quand à la Grèce, vous avez aussi raison. Quelques soient les erreurs et fautes commises par ses gouvernements précédents, elle ne mérite pas le traitement qui lui est infligé aujourd’hui (qui, ne l’oublions pas, est celui qui a été infligé à de nombreux pays sous l’égide du FMI par des « réformateurs » et qui, malheureusement est repris).

  27. sylla

    bonjour,

    « Le dollar a dispensé les États-Unis de mesurer leur solvabilité réelle publique et privée. La mondialisation des échanges rend caduques les conceptions encore en vigueur de souveraineté financière, d’équilibre du crédit et d’émission de la liquidité monétaire. »
    La mondialisation des échanges est issue des accords du GATT(futur OMC), de Bretton Woods (système $), sous, comme pour ceux ci, l’impulsion des états unis…Après un coup de turbo opportuniste à la suite de l’effondrement soviétique, notamment grâce aux soutiens européens, elle s’est poursuivie jusqu’à récemment. Les effets collatéraux de ces conceptions ne sont pas hasardeux selon moi : n’oublions pas où est née la science politique.
    Dernièrement, les BRICs (dénomination GS) ont bloqué le « cycle des négociations », une des arêtes étant les questions agricoles, et donc alimentaires, c’est à dire une question d’indépendance et donc de souveraineté.
    Il est fort possible que les difficultés des acteurs premiers signent aussi la fin de l’impérialisme juridico-commercial de cette mondialisation des échanges, du moins sous cette forme : à force de bloquer, l’OMC dont les piliers faiblissent finira peut être même par être remplacée.
    Ce seront peut être les conceptions de la souveraineté qui rendront caduques cette mondialisation commerciale.

    « Les États doivent perdre leurs privilèges en tant qu’emprunteurs et les banques doivent perdre leur privilège international de négociation du prix et de régulation du crédit. »

    Que dire aux banques et surtout aux états qui n’ont pas « abusé de leur privilège »…? (dans certains pays, il est d’ailleurs difficile de faire la distinction, et la crise doit aussi beaucoup à cette peu démocratique (et même libérale) symbiose …)

    …et il va vous falloir un gendarme international, pour cette monnaie internationale…
    Peut être serait il judicieux de transférer l’Otan, autre privilège( : un concurrent $ au sein de l’Otan , çà fait pas sérieux), avant : à mon avis, ce serait même plus efficace et presqu’aussi difficile, de retirer leurs canons à ces états qui ont abusé, les banques risquant fort de se retrancher derrière « leur » état.

    Si je peux faire un pari : banco sur le scénario pessimiste.

  28. Vincent

    Ni la solution optimiste, ni la solution pessimiste ne sont les bonnes solutions.
    La seule qui puisse encore fonctionner c’est d’autoriser à nouveau les Etats à financer leurs besoins de trésorerie auprès de leur Banque centrale pour éviter l’effet « boule de neige » de la dette publique en contrepartie d’un tout petit risque d’inflation (tant pis pour les rentiers qui seront ainsi « euthanasiés ». C’est donc toute la politique monétaire résultant des traités de Maastricht et de Lisbonne qu’il va falloir revoir… avec probablement un retour au monnaies nationales, en espérant qu’elles soient « intégrées » dans un « euro commun »

    • chris06

      vous oubliez, comme beaucoup, un petit détail : le temps où les banques centrales pouvaient financer directement les banques centrales était celui où les taux de changes étaient fixés par les gouvernements par rapport à un étalon commun, l’or.

      Croire qu’on peut revenir aux monnaies nationales tout en relâchant l’interdiction faite aux banques centrales de financer directement les gouvernements tout en conservant le système des changes flottants c’est croire aux miracles du style que les gouvernements n’auront même plus besoin de recouvrir les impôts pour payer leurs frais.

      • Vincent

        L’or n’a pas grand chose à voir avec tout cela…
        Soit la BCE passe outre l’article 123 Lisbonne et finance directement les énormes besoins d’investissement de l’UE (et en particulier de la zone euro) pour au moins 5 fois ce qui a été calculé pour la France seule par les experts de la FNH (soit 300 milliards d’euros par an pour la zone euro, pendant 10 ans). Il s’agit dans ce cas d’une augmentation de la masse monétaire au bénéfice des Trésor Public pour l’investissement de transition écologique et énergétique, et non pas au bénéfice des ménages pour la consommation mobilière ou immobilière comme ont tendance à le faire les banques commerciales. Dans cette hypothèse la possibilité d’émission de crédits par les banques commerciales doit être freinée corrélativement par exemple en augmentant le taux des Réserves Obligatoires…
        Mais je ne crois plus à cette solution…

        Soit, et c’est la solution que je préconise, il faut œuvrer pour une évolution de la zone vers des monnaies nationales dont la parité est politiquement fixée mais annuellement évolutive, monnaies nationales non convertibles sauf dans un nouvel « euro commun » qui serait la monnaie de réserve de la zone.

      • chris06

        @vincent,

        bien sûr que l’or a à voir avec cela. Enfin, quand je dis l’or c’est parce que c’était l’étalon monétaire commun jusqu’en 1971. Cela pourrait être autre chose mais ce qui est important c’est qu’il y ait un étalon commun par rapport auquel calculer les taux de changes des différentes monnaies entre elles.
        Sinon, il s’agit d’un système de changes flottants comme depuis 1971 où les taux de changes ne sont plus fixés par rapport à un étalon commun mais flottent en fonction de l’offre et la demande des différentes monnaies sur les marchés internationaux. Pour qu’un tel marché international puisse exister il faut bien qu’il y ait une stricte séparation entre les émetteurs des différentes monnaies (les banques centrales) et les emprunteurs (dont les états) qui doivent passer par ces marchés pour se financer.

        Dans un système basé sur un étalon commun, les taux de changes sont fixés en fonction de la quantité de monnaie émise par rapport à la quantité de cet étalon commun dans les coffres de l’émetteur. (les banques centrales ou les états qui sont en fait les mêmes entités).

    • Vincent

      Une partie de mon message a disparu… c’est quoi cette censure pire que la censure ?

      • Julien Alexandre

        Rien n’a été touché sur votre message… Une erreur d’envoi ? Le serveur été en rade pendant plus d’une heure, il y a peut-être des éléments quii ont été altérés.

      • Vincent

        Dont acte, je réécrirai la suite dans la journée. Désolé de l’accusation infondée.

  29. daniel

     » Pour échapper à l’éclatement politique de la zone euro, il n’est pas d’autre solution que de restaurer des monnaies nationales ET une fiscalité européenne pour réguler les taux de change et assurer une solidarité budgétaire inter-étatique. »

    Voilà une affirmation , en passant, que rien ne laissait prévoir !

    Le ET en majuscule vient tout de suite tempérer l’idée l’abandon de l’Euro.
    L’objectif d’une fiscalité commune est , en pratique, plus éloignée que le possible
    retour aux monnaies locales.
    Mais je laisse ces arguties pour m’ intéresser à vos idées et votre cheminement.
    J’ai essayé de vous suivre à travers vos contributions. Pour autant que j’en ai compris
    la substance, il me semble que RIEN n’annonce une telle prise de position.

    Ce cheminement me fait penser à De Gaulle: des discours d’une très haute tenue,
    abstraits et soigneusement théoriques, parfois énigmatiques,
    et au plan pratique des décisions surprenantes et sans rapport évident
    avec les bases publiquement annoncées.
    Le reproche lui avait été fait d’une telle discordance. Il avait
    répondu: « je manoeuvre ». [ sans oublier sa référence à Chateaubriand: je les
    mènerai par les rêves.]
    Comment expliquez-vous cette proposition en vue d’
    « échapper à l’éclatement politique de la zone euro. » ? Une manoeuvre ?
    En passant, comme aux échecs, qui plus est !

    • @Daniel,
      En analysant les relations logiques entre démocratie, économie et finance je découvre que la monnaie ne peut être qu’une conséquence et non une cause du financement de l’économie par la démocratie. Si l’émission monétaire n’est pas subordonnée à la vérification d’une démocratie effective des échanges économiques alors la monnaie détruit la démocratie. C’est ce qui se passe actuellement avec le dollar et l’euro.
      L’investissement de la démocratie dans l’économie est une fonction financière qui incombe à un acteur financier spécifique qui est l’État agissant par ses trois pouvoirs séparés législatif, judiciaire et exécutif. Le prix financier de l’État de droit est la fiscalité. Sans fiscalité, pas d’État de droit ; sans État de droit, pas de marché ; et sans marché pas de finance. C’est à dire pas d’actualisation des prix de la production future.
      La fiscalité est la condition financière de la démocratie. Et la démocratie n’existe pas dans un pays quand elle ne peut pas exister chez ses voisins en étroite relation d’échange économique. La démocratie en France est illusoire sans la démocratie en Europe et le plus possible dans le reste du monde. L’Union des démocraties européennes est une nécessité pour chacune d’entre elles. S’agissant d’une union de démocraties nécessairement en interdépendance économique et financière quel que soit le système monétaire adopté, un budget et une fiscalité européenne sont incontournables.
      Si l’Union existe comme démocratie multinationale, l’euro ne doit pas en être la monnaie unique mais la monnaie commune de calcul des impôts et des solidarités européennes. Le Parlement Européen doit voter des contributions par tête selon les prix convertis en euro des bases d’imposition en monnaie nationale. La vraie union européenne ne peut pas se construire sur la monnaie avant de s’être construite sur la fiscalité.
      La mystification néo-libérale détruit l’Europe en prétendant la construire par la monnaie. La fiscalité est la base de tout système monétaire européen.

      • Nobel

         » La vraie union européenne ne peut pas se construire sur la monnaie avant de s’être construite sur la fiscalité. » L’idée est séduisante. Mais encore une fois, qui va décider de cette fiscalité? Quelque soit l’idée de départ le problème est toujours de savoir si les peuples seront réellement consultés mais surtout écoutés (cf le NON français à la constitution). Il s’agit donc encore et toujours de savoir qui détient le pouvoir politique, et par extension au profit de qui agit-on?

        Et en effet, le meilleur exemple en est l’évolution de la fiscalité en France! L’injustice, fiscale en l’occurence, est une vraie raison de révolution. La justice fiscale constitue d’ailleurs l’une des bases de nos démocraties. Amputez-la de son caractère dégressif et juste et vous avez une situation de révolte sociale à la grecque.

  30. Sur le ‘libéralisme’ de Riegan , Thatcher et méme Hayek et Friedman grands inspirateurs , une chose devrait mettre la puce à l’oreille : il y a paradoxe pour des libéraux à se servir de l’ Etat , ne
    serait ce que sous la forme du droit , ou d’une Banque Centrale . Ces libéraux pensent et agissent pour nous et méme fortement si l’ on se référe à Pinochet .
    Je reviens à mon antienne : la condition d’un véritable libéralisme est le controle de la monnaie ,par une large proportion de la population , ce qui suppose que celle-ci aie réalisé les conditions de son autonomie par rapports aux instances de pouvoir , que celles ci se déclarent libérales ou non .
    Il est notoire qu’au cours du balancier de l’Histoire les époques où cela s’est fait 17e et 19e siécle par ex ont été des siécles de révolution .

    • kercoz

      /////la condition d’un véritable libéralisme est le controle de la monnaie ,par une large proportion de la population , ce qui suppose que celle-ci aie réalisé les conditions de son autonomie par rapports aux instances de pouvoir ,../////
      Cette phrase est une forme d’ oxymore , …puisque la monnaie est du Pouvoir , « LE « pouvoir actuellement .
      La seule façon de maitriser un pouvoir c’est de le fractionner .
      Le plus comique de l’ histoire , c’est que le libéralisme s’abrite derriere le Naturalisme pour s’ opposer au constructivisme ……….. Du fait ils ont raison structurellement …..sauf que …. Ils sont aussi constructivistes que leurs opposants , puisque leur système ne réclament un outil « naturaliste »(main invisible) qu’apres avoir reglementé et untilisé le constructivisme ( spécialisatrions à outrance , hectares de ^poireaux et de vgnes , et surtout dynamique centralisatrice qui , initialisée , s’auto induit ds /vers sa perversité .

      • Votre post me permet d’aller plus avant sur cette question . Effectivement la monnaie a un rapport avec le pouvoir , mais n’est pas le pouvoir . Quelques mots sur ces origines suffise je pense à éclairer ce que je veux dire .
        Selon la légende , c’est un roi Crésus l’a inventé , certes . Mais l’or et aussi d’autres choses ,
        peut étre aussi le sel , servait à cela avant lui . Pour Crésus les raisons sont certainement liée à
        son pouvoir , pour les échanges cela apporte une réponse technique , avoir la garantie d’un bon
        poids de bon métal , sans avoir recours à des pesées ou autres .
        On peut concevoir par là qu’une simple concurrence des monnaies face l’affaire . Ce qui s’est déjà produit par le passé . Il y eu de plus , de mauvaises monnaies qui ont servi comme des bonnes , simplement parce que pour la circulation cela n’a pas d’importance , on pourrait dire
        d’ailleurs que c’est le cas pour l’euro et le $ .
        Si la monnaie (d’état ) sert le pouvoir (puisqu’elle peut servir à le financer ) elle n’est pas le
        pouvoir , on peut vivre et méme échanger sans elle . C’est un moyen pratique c’est tout , mais
        comme elle répresente de la richesse elle suscite les convoitises , le vilain penchant de la frelater pour se procurer des richesses à bon compte . Et évidemment si le pouvoir controle la
        monnaie çà craint .

  31. Vincent

    @PSDJ

    Je reprends deux paragraphes de votre réponse à Nobel hier après midi

    @Nobel,
    L’interdiction faite aux banques centrales d’émettre de la monnaie directement au profit des États est une condition du contrôle de la démocratie sur les dépenses publiques et la fiscalité. Cela oblige les gouvernements à tenir des comptes et à les faire voter par le parlement préalablement à toute opération d’emprunt public auprès du système financier.
    Les intérêts sur la dette publique ne sont pas seulement un coût supplémentaire dans le financement de la dépense publique mais la rémunération de tous les créanciers de l’État qui ont des droits immédiatement exigibles par la loi mais qui acceptent un différé de règlement. L’emprunt public signifie que l’État produits des droits dont la contrevaleur est livrée au fil du temps selon les besoins des ayants droit et selon le rythme de production publique des biens et services correspondant.

    Il serait tout à fait possible de proposer un système dans lequel toute monétisation directe par la Banque de France au bénéfice du Trésor Public serait soumis, lui aussi, à un contrôle démocratique du Parlement, et les réserver par exemple aux investissement en imposant que le « fonctionnement » soit couvert par les recettes fiscales ; votre argument n’est donc pas pertinent pour justifier l’obligation aux Etats de se financer par l’emprunt (lui-même toujours sous contrôle des banques commerciale et à leur bénéfice ( je ne vais pas relancer un débat ici)
    En fait, on en est déjà pas loin car il semble bien que les budgets primaires des administrations publiques sont relativement équilibrés depuis plus de 20 ans , sauf ces 3 dernières années du fait des excès des mêmes banques.
    Vous savez aussi bien que moi, comme l’expliquait Ricardo, que le Peuple serait toujours bénéficiaire d’une émission directe par la Banque Centrale alors que les émissions par les banques privées augmentent la dette publique.
    Car là aussi vous semblez oublier que l’interdiction de financement par la Banque Centrale n’a rien d’une loi divine ; c’est une simple régle que nous nous sommes imposés et quand nous voyons la conséquence en terme d’intérêts cumulés qui forment une bonne partie de la dette, il y a de quoi se poser des question.
    Dernier point : quand on voit l’accumulation de dette on se dit que cette obligation qui a été faite n’a servi à rien : et cela se comprends puisque le contribuable ne paye pas les intérêts… ce sont les nouveaux « investisseurs » qui s’en chargent vis-à-vis des anciens.

    • @Vincent,
      Nous jouons à ne pas nous comprendre en disant la même chose. Dans la réalité financière qui devrait être et qui n’est pas actuellement, l’emprunt public est légitime pour financer l’investissement public. L’investissement public est la dépense publique qui produit effectivement une augmentation de la production de biens et services dans le futur : par exemple l’enseignement qui produit des compétences professionnelles.

      L’investissement public efficace augmente le potentiel de production, donc les recettes fiscales qui permettent le remboursement des emprunts et le paiement des intérêts. Les taux d’intérêt sur la dette publique doivent normalement être fixés selon l’efficacité moyenne du travail dépensé dans les investissements. L’investissement public efficace stimule la croissance ; l’intérêt sur la dette publique restitue au travail dépensé dans les investissements le surcroît de production nationale obtenue.

      Dans la réalité financière actuelle, du fait d’une théorie keynésienne mal comprise et surtout d’une guerre économique mondiale, les États sont conduits à emprunter au-delà des dépenses d’investissement véritables. Les dettes publiques progressent plus vite que le PIB et la base fiscale supplémentaire qui devrait résulter des investissements publics fuit dans les paradis fiscaux. Les États sont rendus insolvables par l’évasion fiscale organisée par le shadow banking. Lequel shadow banking est légalisé par les États pour attirer les investissements internationaux par la défiscalisation.

      L’effondrement du système financier par la dette publique auquel nous aboutissons n’est pas dû aux intérêts que les marchés font payer aux États mais à l’asymétrie du rapport de force entre des États souverains en guerre économique les uns contre les autres et un système bancaire mondialisé qui entretient la guerre. L’évasion fiscale permise par la « libre circulation des capitaux » prive les États du résultat financier de leurs investissements et les met en situation de surendettement.

      Les intérêts versés sur les dettes publiques n’enrichissent que marginalement le système bancaire
      : ils sont reversés aux souscripteurs de dette publique que sont les fonds de pension, de retraire et d’assurance. En revanche, ce sont les primes de crédit public en hausse continue qui enrichissent les spéculateurs financiers au fur et à mesure que la solvabilité publique se dégrade. Le pillage du crédit public par le système financier international non régulé est maintenant arrivé au bout de sa logique. La hausse des primes de crédit public absorbe toute la liquidité et asphyxie les États et l’économie réelle.

      Les flots de liquidité produits par les banques centrales pour abaisser artificiellement les coûts de financement des dettes publiques sont plus qu’absorbés par les créanciers qui s’attendent à des répudiations de dette publique. Le système financier tombe dans une trappe à liquidité sans fond : c’est le mur de la dette qui n’a plus de prix puisqu’elle ne peut plus être remboursée.

      Le financement direct des États par les banques centrales actuellement en vigueur ne sert plus à rien. Les détenteurs de créances publiques, c’est à dire essentiellement l’économie réelle et non l’économie financière, se doutent de la perte à venir de leur épargne et de l’insolvabilité croissante de l’ensemble de l’économie réelle. L’investissement devient de plus en plus risqué pour tout le monde ; donc il diminue ou ralentit ce qui rend la décroissance économique de plus en plus probable.

      Comme beaucoup sur ce Blog, il n’est pas difficile de prévoir la nationalisation prochaine de tout le système bancaire. Cette nationalisation s’accompagnera d’une administration publique des flux de capitaux internationaux. Les États toucheront eux-mêmes les primes de crédit de leur surendettement. Mais cela ne résoudra pas le problème du calcul des dettes publiques et privées non remboursables ni le problème de l’imputation de ces pertes aux actionnaires, créanciers et déposants du système financier ; ni le problème de la répartition internationale des pertes.

      Pour solder les pertes systémiques après nationalisation du système financier, il y a deux méthodes : la méthode oligarchique arbitraire par négociation opaque entre pouvoir politique et pouvoir financier et la méthode démocratique de transparence juridique et comptable universelle. La méthode oligarchique est appuyée par tous les résignés qui ne croient plus en une quelconque égalité des droits et voient la démocratie comme une utopie d’intellectuel illuminé.

      • Vincent

        @PSDJ

        Les banques sont directement créancières d’un tiers de la dette publique française, les assurances vies et fonds de pension de 50% (et 17% pour les « divers dont OPCVM)
        Mais pour ces 67%, elle vient d’où la monnaie de l’épargne … elle est gratuite d’après vous ?

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