CAPITAL.fr, « Les politiques doivent reprendre le pouvoir aux marchés financiers »

Capital.fr : Depuis le début de la crise, les gouvernements semblent impuissants face aux marchés. Est-il encore possible de réguler le système financier ? 

Paul Jorion : Par simplicité et pour entretenir le flou, les politiques emploient le terme générique de « marché ». La plupart des acteurs sont pourtant bien connus et encadrés. Mais il existe aussi le « shadow banking », ces intervenants de l’ombre dont beaucoup d’opérations sont spéculatives et transitent via les paradis fiscaux dans le plus grand secret. Ce sont eux que nos dirigeants s’étaient engagés à contrôler. Mais les belles paroles de 2008 sont restées lettre morte. Tout d’abord, ils n’ont pas forcément intérêt à les réglementer : ils se mettraient, en effet, à dos les grandes fortunes et les entreprises qui se servent des paradis fiscaux pour optimiser leur fiscalité. Et même s’ils le souhaitaient, les gouvernements auraient le plus grand mal à réformer le système financier, car c’est lui qui a désormais pris le pouvoir.

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381 réflexions sur « CAPITAL.fr, « Les politiques doivent reprendre le pouvoir aux marchés financiers » »

  1. M Jorion, M Leclerc bonjour
    C’est un billet d’humeur
    Je suis comme vous et je pense l’avoir exprimé dans certains billets , je suis pour une Europe Fédérale. Une Europe humaniste , démocratique avec des règles établies pour tous les Européens
    Dans un de mes précédents billets , je comparais l’Europe à nos régions , départements Français Ils ne sont pas tous égaux économiquement et ce n’est pas pour cela que nous les laissons tombés , cela fait parti de la charge d’un état que d’essayer de répartir et compenser les imperfections et inégalités de nos territoires . Et bien pour l’Europe , si elle est Fédérale cela procédera du même principe. Je me rappelle des paroles du président Mitterrand , si vous ne voulez pas de l’Europe vous aurez la guerre, encore que la guerre paraphrasant Clausewitz, n’est que la continuité d’une politique par d’autres moyens, mais la politique est faite par les politiques pas par les peuples ,souvent pas celle pour laquelle ils leur en ont donné mandat . Il est étonnant que des pouvoirs autoritaires aient voulus faire l’Europe par la force et qu’aujourd’hui , l’extrême droite Française ait un discours nationaliste Franco Français . Des amis me disent vouloir voter pour le FN , je le conçois dans leurs idées, il s’agit de punir la droite comme la gauche incapable de gérer correctement le pays , et de confondre la République Française avec une République bananière, ces citoyens aux affaires de l’état le feraient exprès qu’il ne feraient pas mieux. Je les appelle citoyens car pendant la révolution on était citoyen ministre , pas plus . La débâcle boursière de nos banques remettant un peu d’huile sur le feu , cela ne va pas arranger les affaires de la démocratie.
    Attention , c’est très dangereux , lorsque des partis extrêmes prennent le pouvoir avec des programmes simplistes , voir démagogues qu’il ne pourront pas honorés, c’est toujours la course en avant, plus de pouvoir afin de résoudre les problèmes et a rejeter ses incapacités sur l’autre , ils trouveront toujours des boucs émissaires . Et n’oublions pas que l’article 16 de notre Constitution donne les pleins pouvoirs en cas d’événements graves à notre Président. Donc un pouvoir autoritaire, voir autocratique
    Pour terminer , et dire que la construction d’une Europe Fédérale sera difficile , je le remarque a votre blog ou nous sommes entre Français le plus souvent , car il y a la barrière de la langue et là je n’ai pas de solution toute faite. Je pense que le peuple Européens doit pouvoir échanger .Le chauffeur de taxis de Hambourg doit pouvoir demander a celui d’Athènes pourquoi il ne paie pas ses impôts , alors que lui les paie et cela vaut pour toutes choses de la vie courante , croyez moi cela résoudra bien des idées reçus . Mais avec une Europe Fédérale nous devrions plus avoir ces problèmes de gouvernance , les règles étant les mêmes pour chaque Européens .Si nous ne considérons pas , la France , l’Italie , l’Allemagne,la Hollande…….. comme des régions d’Europe et non pas des Etats , il n’y aura pas d’Europe sinon un simulacre qui arrange bien les affaires et la finance mais pas le peuple Européen
    Il y a du travail

  2. Lundi 12 septembre
    Lecture de la première lettre de saint Paul Apôtre à Timothée

    J’insiste avant tout pour qu’on fasse des prières de demande, d’intercession et d’action de grâce pour tous les hommes, pour les chefs d’État et tous ceux qui ont des responsabilités, afin que nous puissions mener notre vie dans le calme et la sécurité, en hommes religieux et sérieux.

  3. c’est insoluble, économiquement, comme un cercle vicieux , par définition.
    on ne pourrait s’en sortir que vertueusement , c’est à dire , que si les fortunes , abandonnent la fortune . et reconsidèrent l’être humain, la nature, l’autre, et par conséquent prennent un tout autre chemin . encore faut-il qu’il en aient l’idée ou l’intention , et ne jouent pas au poker .
    sinon, les industries lourdes , et leurs légions , toujours demandeuses de plus , qu’envisageraient elles ? c’est ce qu’on appelle se crisper sur ses biens, coute que coute . et le prix est de quel ordre ? c’est toujours les masses qui le paient , par inertie .
    du moins, on dirait que cette fabrication de la crise , nous conduit à cette impasse .

  4. Au lieu de dire qu’il faut faire défaut sur les dettes et nationaliser les banques, on nous sort du « mutualiser les dettes », de « la menace de l’extrêmisme de gauche » et du « Les dirigeants en discutent en coulisse. J’espère maintenant que cette décision sera actée rapidement. ». Sur Capital.fr encore… Brrrr, les capitalistes tremblent face à ce don quichotte (à moins qu’Attali ne soit don quichotte et Paul joue le Sancho Panza?)…

    1. « Moi », je l’ai déjà expliqué : un entretien n’est pas une transcription, c’est en général un condensé de ce que vous avez dit. Parfois c’est verbatim, comme dans l’entretien qui a paru dans l’Humanité à l’occasion de la parution de Le capitalisme à l’agonie. Dans ces cas-là, on a plaisir à se relire. Il y en a un autre à venir comme cela dans quelques jours : « Un anthropologue inclassable », dans le Journal des anthropologues. Dans ces cas-là, le texte fait dix pages, quinze pages.

      Quand vous voyez dans un journal ou sur la toile un entretien qui fait une page, c’est au mieux 20 % de ce qui a été dit, que chaque interviewer aura condensé dans son propre style. Vous m’avez déjà vu ici parler de « mutualiser les dettes », dénoncer « la menace de l’extrêmisme de gauche », « espérer que des décisions relatives au fédéralisme européen seront actées rapidement » ? Si oui, continuez de vous exciter, si non, calmez-vous.

      1. @ Paul Jorion

        Si l’Europe veut se ressaisir, elle doit mettre en place un système fédéraliste qui permettrait de mutualiser les dettes et de parler d’une seule voix…

        Il y a des condensés qui tuent… la démocratie et donc le peuple.
        Si je comprends bien ce « raccourci » le fédéralisme européen ce sont une super banque centrale ou un super ministre des afffaires européennes et les eurobonds ?

      2. Quand vous voyez dans un journal ou sur la toile un entretien qui fait une page, c’est au mieux 20 % de ce qui a été dit, que chaque interviewer aura condensé dans son propre style.

        Au vu du résultat, cad faire dire n’importe quoi, avec le risque de manipulation consciente ou inconsciente, il vaut mieux refuser ce genre d’ « entretien », et exiger même, à moins de bien connaitre le journaliste, de relire.
        Il faut exiger de la presse un minimum de sérieux, ne pas rentrer dans son jeu.
        « -Tiens, si on faisait un Jorion demain?
        – encore ! non, je veux pas de vagues avec le patron
        – mais on arrangera, comme d’hab… »
        (j’ai été journaliste pendant 10 ans, n’ai jamais fait ce type détestable d’ « entretien »…)

      3. Mutualiser les budgets aurait été plus adroit. Les dettes, on peut envisager de mutualiser leur défaut.

        Maintenant, une Europe fédérale avec l’Allemagne comme poids lourd industriel, 3 fois la France, il me semble, c’est l’austérité assurée pour les clubs med. Remarquez, un string sur une plage, c’est possible avec une bonne crème solaire.

        Il faudra qu’on explique comment créer de l’emploi dans des pays qui se sont assis sur des dettes qui poussent comme un champignon et claquent comme des bulles de savon.

      4. Je me calme. Mais je n’en reste pas moins inquiet. Comme quelqu’un qui a mis beaucoup d’espoir en une personne et a peur de la trahison.

      5. Fort bien ! Sachez cependant que lors d’une interview, vous pouvez demander à lire avant parution ce qui est mis entre guillemets, et éventuellement de procéder à vos rectifications. Ces mots vous appartenant en propre (sinon à quoi bon les guillemets ?), vous avez un droit absolu sur eux – non pas sur le reste de l’article que l’auteur de l’article n’a pas à vous communiquer.
        Sinon, je crois qu’un thème utile émerge cette mini-crise qui secoue le blog 😉 Je l’ai déjà dit : porter une analyse économique sans lui trouver un prolongement politique, c’est lui enlever beaucoup de sa force transformatrice. Et dès lors que l’on croit (j’en suis) que la sortie de crise doit se faire au niveau de la zone UE-euro, on ne peut que se poser illico la question de sa légitimité. Il suffit de se référer à la polémique qui a eu lieu ici pour s’en persuader. Je pense que beaucoup sont dans mon cas : la prescription de ma maladie a beau être la bonne, j’ai le droit d’exiger que l’on demande d’abord mon avis de patient…

      6. merci pour cette réponse. Tout s’explique. Tout cet émoi est bien la preuve qu’au contraire nous suivons de près vos propos habituels en flagrante contradiction avec ceux là.

        Le plus regrettable est que si cette réponse était intervenu à ma première question en lieu et place de cette insulte et accusation « d’extrême-droite » avant de ma lâcher dessus le pitt-bull de service, nous aurions évité beaucoup de déceptions.
        Même si vous m’aviez envoyé ce petit mot par mail.

      7. Puis-je me permettre de proposer une recommandation de règles pour toute interview :
        – Exiger de disposer du rush de l´enregistrement immédiatement à la fin de l´interview
        – Exiger une relecture du PAD avec droit de correction ou non parution
        – Exiger un accès automatique et irrévocable à un droit de réponse
        – Pouvoir disposer ou refuser des témoins lors de l´interview

        Quand on est en terrain hostile, et qu´on part en mission, faut quand même assurer ses arrières un minimum, je trouve.

      8. @ Paul Jorion
        Dans ce cas, pourquoi se prêter à cet exercice dangereux ? Les paroles s’envolent, les écrits restent, et pour longtemps. L’auteur-compositeur-interprète Gérard Manset, que vous devez certainement connaître, a pris depuis très longtemps ses distances avec ce type de médias. Tel Icare, vous prenez le risque de vous brûler les ailes… au soleil de la célébrité.

  5. @ Jacques

    « Je pense que le peuple Européens doit pouvoir échanger « .

    D’abord, il n’y a pas de peuple européen. Il n’y a que des citoyens européens.
    Ensuite, en quelle langue échangeront-ils? Car ils doivent pouvoir en effet échanger, la démocratie supposant le débat. J’imagine que ce serait en anglais.¨Mais souhaitons-nous vraiment vivre dans un Etat fédéral dont la langue serait l’anglais? N’y aurait-il pas lieu de craindre que l’exclusion linguistique s’ajoute à l’exclusion sociale?

    « Attention , c’est très dangereux , lorsque des partis extrêmes prennent le pouvoir avec des programmes simplistes , voir démagogues qu’il ne pourront pas honorés, c’est toujours la course en avant, plus de pouvoir afin de résoudre les problèmes et a rejeter ses incapacités sur l’autre , ils trouveront toujours des boucs émissaires . »

    Vous décrivez parfaitement la stratégie des fédéralistes. Eux aussi sont des extrémistes. Ils nous proposent une fuite en avant que justifie chaque nouvelle crise. Les problèmes proviennent toujours d’un manque d’Europe et les boucs émissaires sont toujours ceux qui ne partagent pas leur ferveur européiste. .

    1. Vous avez raison , je viens de me rendre compte que je suis un nationaliste Européen, on ne s’en sortira pas , faut il pour autant baisser les bras
      l’ Europe est pourtant un beau projet, a coté de chez nous il y a un petit état federale et ça marche depuis longtemps, on les appelle les Suisses et ils ont trois langues. Pour peuple de celui qui peuple

      1. Et un gros paradis fiscal en cerise sur le gâteau.

        Le Luxembourg, encore mieux, plus riche, et plus petit, fait partie de l’UE, cherchez l’erreur.

      2. Vous le dites vous-même, la Suisse est un petit Etat fédéral .
        Qu’un européiste prenne la Suisse pour modèle de ce que devrait être l’Europe alors que ce pays, bien qu’au coeur de l’Europe, refuse d’adhérer à l’Union européenne est vraiment étrange…

      3. à Jacques

        Oui, ces chers amis ont aussi un beau lac et de belles lessiveuses et quinze banques au M2……pour placer tous les sous des pauvres suisuisses et pas suisuisses aussi dis donc……………

        bravo……….., c’est ça votre rêve fédéral ?
        une grosse lessiveuse dorée ???

        Remarquez ça tombe bien, on a besoin d’argent en ce moment…….MDR

        Sans bibi !

        Si vous voulez continuer à parler du rêve européen, essayez d’argumenter avec des exemples crédibles ……….;au moins

        bonne nuit !

      4. A quelques milliers de foyers, dans la Caraibe, à Monaco ou ailleurs, on peut vivre du recel
        A quelques dizaines de milliers de foyers, comme au Lux, aussi
        A quelques centaines de milliers, voire un million, comme en Schweiz, faut aussi faire de l’hotellerie…
        A près d’une centaine de millions, pour les 27, le recel ne sert à rien…

  6. De ma fenêtre je ne vois qu’une dette, boulimique, criminelle, incommensurable… Leur dette sociale, leur poutre dans les yeux, suite au racket que politiques (pas tous bien sûr, reste quelques édiles locaux, mais la reproduction de cette oligarchie est à questionner, cumul des mandats, professionnalisation, corruption, etc.) et financiers exercent sur les épaules du plus grand nombre, ici et ailleurs. On sait que les frontières ne servent qu’à faire leur guerre.
    Alors l’Europe ? Mutualiser les dettes, dites-vous ?
    Regardez autour de vous. Qui plie sous le joug, qui n’arrive pas à se soigner, qui n’a plus de toit, de travail, de papier… qui est en découvert à la fin du mois ? Ça commence à faire du monde sur le bastingage, mais c’est leur Titanic qu’on voit couler…
    Je vois pas pourquoi ce serait à nous de traîner ce boulet… leur dette, cet argent qu’ils nous doivent et avec lequel ils font n’importe quoi.
    Il se pourrait que ce boulet, tout virtuel, leur explose à la figure !
    Il suffit de ne plus jouer… comme disent les enfants – Pouce ! on fait pouce tous sur la place…
    Toma la calle !
    Je ne vois rien d’autre que l’intelligence collective dans l’action pour inverser la vapeur et se réapproprier la république… et ses valeurs de partage et de redistribution. Ce casino a assez duré, et les dégâts qu’il laisse en peu de temps dans l’histoire donneront du travail à des générations (ce n’est pas que les centrales qu’il va falloir démanteler !).
    Nous sommes à un tournant de notre civilisation. J’ose espérer que nous allons reprendre confiance… et que nous avons encore un peu de temps avant qu’ils sortent l’artillerie !
    Autrement, qu’est-ce qu’on fait ? On commente dans les salons, et on repart comme en 40, alouette je te plumerai, on se laisse dépouiller jusqu’au dernier service public, jusqu’au dernier espace de liberté, jusqu’au dernier bulletin de vote… et on fait le dos rond en chantonnant Tout va très bien madame la marquise… chacun dans son coin ?
    Ça craint, non ? Enfin d’ici, de ma fenêtre…

  7. « Vous m’avez déjà vu ici parler de « mutualiser les dettes », dénoncer « la menace de l’extrêmisme de gauche », « espérer que des décisions relatives au fédéralisme européen seront actées rapidement » ?  »

    Merci à Paul Jorion pour cette mise au point.

  8. @ Paul Jorion

    « … si oui, continuez de vous exciter, sinon, calmez-vous ».

    Je me calme, Paul Jorion. D’ailleurs, étais-je excité ?

    Je ne suis cependant qu’à moitié rassuré : les questions et objections de vos lecteurs n’ont encore reçu aucune réponse de votre part si ce n’est celle de se calmer.
    Souvenez-vous de l’insistance avec laquelle vous réclamiez ses sources à Gouwy. N’est-il pas légitime que votre lectorat vous réclame des éclaircissements ? (Cadavre exquis, Kerjean, fujisan, gaelec, Olivier et bien d’autres après, au fil de ce post).

    Vu l’impact regrettable, au sens préjudiciel, de ce « condensat journalistique » sur votre lectorat (324 commentaires à l’heure où j’écris ces lignes), ne croyez-vous que, pour y remédier, il serait opportun de réclamer à l’interviewer et à son journal, un droit de réponse exposant clairement et de façon concise, que votre opinion trop hâtivement condensée par ce journal, n’est pas aussi tranchée sur le système fédéraliste et sa faculté à parler d’une seule voix, capable de mettre en œuvre :
    – la mutualisation des dettes,
    – l’arrêt de la spéculation bancaire sur la dette,
    – et la limitation de l’emploi des CDS aux seuls intervenants exposés aux risques de défaut.

    Accessoirement mais très sérieusement, j’ajoute une nouvelle question : avant de mettre en ligne ce « condensat journalistique » sur votre blog, vous l’aviez lu. N’auriez-vous pas perçu le choc qu’il risquait de produire sur votre lectorat ? Comment ne pas y voir le signe d’une réelle fatigue ? Les lecteurs le relèvent de plus en plus et certains vous incitent au repos. Ménagez-vous. Nous avons besoin de vous.

    Je me souviens d’un récent refus de votre part de participer à un colloque ne respectant pas votre protocole de discussion. J’avais trouvé cela remarquable et très louable.

    D’aucuns penseront qu’un droit de réponse adressé à Capital.fr serait aussi le bienvenu et estomperait le malaise d’une partie de votre lectorat. A défaut le mal persistera …calmement.

  9. Hubert Vedrine extrait tribune le monde 1 août:

    Les sempiternelles lamentations sur les «égoïsmes nationaux» et les appels, pendant les semaines qui ont précédé l’accord de Bruxelles du 21 juillet – le meilleur possible -, à plus de fédéralisme, présenté comme la panacée, comme à de nouveaux transferts de souveraineté rappelle l’épisode des célèbres «cabris». Ils sont surtout paradoxaux.

    A-t-on déjà oublié que l’aggravation dramatique de la dette publique européens ne résulte pas seulement de la gestion irresponsable de l’état providence et des décennies de budgets en déficit, mais aussi de l’effet sur le système financier européen de l’implosion de la finance américaine, devenue un «danger public», selon le banquier et ancien ambassadeur de Bill Clinton à Paris, Félix Rohatyn ?
    Et celle-ci n’a-t-elle pas été provoquée par la dérégulation, c’est-à-dire… les abandons massifs de souveraineté effectués pendant plus de vingt ans par plusieurs administrations américaines au profit des marchés ? Que faut-il abandonner ou transféreren plus ?

    http://www.hubertvedrine.net/index.php?id_article=550

    1. « De toute façon, même si c’était une bonne idée, une révision majeure du traité de Lisbonne, avec des années de controverses, est hors de portée. Quel gouvernement voudra relancer l’Union dans un tel parcours du combattant, sous l’épée de Damoclès des ratifications ? De toute façon l’Allemagne qui conteste (via la Cour de Karlsruhe) la légitimité démocratique des institutions européennes,n’en voudra pas.
      Alors pourquoi relancer cette controverse, et perdre temps et énergie ?  »
      bonne question…

      Par contre : « A-t-on déjà oublié que l’aggravation dramatique de la dette publique européens ne résulte pas seulement de la gestion irresponsable de l’état providence et des décennies de budgets en déficit, mais aussi de l’effet sur le système financier européen de l’implosion de la finance américaine, devenue un «danger public», selon le banquier et ancien ambassadeur de Bill Clinton à Paris, Félix Rohatyn ?
      Et celle-ci n’a-t-elle pas été provoquée par la dérégulation, c’est-à-dire… les abandons massifs de souveraineté effectués pendant plus de vingt ans par plusieurs administrations américaines au profit des marchés ? Que faut-il abandonner ou transférer en plus ? »

      Ce sont les USA qui abandonnent massivement leur souveraineté?!?
      Et (dérégulation=abandon de souveraineté)=>implosion de la finance=>aggravation de la dette publique (en plus de la gestion irresponsable). d’accord, mais…gestion responsable=abandon de souveraineté aussi, alors?!?
      Si je résume, selon lui, la dette est due à 1 un abandon massif de souveraineté (dérégulation, implosion) 2 à une gestion irresponsable.
      je ne comprends pas la logique… : pour moi abandon massif (abandon, pas transfert, cession ou expérimentation, même si c’est expérimental, abandon)=gestion irresponsable (la politique du laisser faire, en gros…). pourquoi distinguer?

  10. Chef / Esclave, une maladie mentale ?

    Les rapports hiérarchiques de toutes natures existants ou ayant existé dans l´Histoire et les histoires sont ils le résultat de notre nature immuable ou modifiable, à libérer ou à maîtriser ?

    Pour avoir accepté d´être esclave très longtemps sans même m´en rendre compte, et avec plaisir parfois, je cherche toujours quels peuvent être les mécanismes en jeu qui permettent à de telles aberrations de persister.
    Sans prétendre avoir tout compris, je me dis qu´on doit pouvoir améliorer cela en modifiant sensiblement la façon d´organiser notre économie-politique.

    Par contre, le « vouloir être chef » me surprend de plus en plus…Cela demande tellement d´efforts de conviction et d´auto-conviction, tellement de renoncements, de compromis, voire de compromissions.
    Pour donner un exemple : les mecs qui débarquent pur se faire élire en disant qu´ils vont résoudre tous les problèmes parce qu´ils ont mieux compris que les autres la complexité des rapports en jeu. Et qu´à ce titre, ils demandent qu´on les suive comme un phare dans la tempête.
    C´est plus de l´ego à ce stade, ça relève d´un long travail sur soit, avec de l´aide si besoin, non ?

    1. De Gaulle semble s’être passé d’aide pour concevoir sa stratégie (je dis semble parce que ça peut être camouflé par le mythe bâti à son propos.) On a l’impression qu’il a été le seul vouloir organiser les choses en fonction de la prochaine guerre plutôt que de la précédente et à prendre en compte le fait que l’empire colonial était la seule position de retraite valable.

      Pour ce qui est de nos dirigeants actuels (Obama compris) ils semblent être enfermés dans une tentative de retarder la catastrophe en l’aggravant d’autant plus qu’ils parviendront à la retarder (escalation of commitment – pas trouvé de version française)

      Un bon système politique devrait à mes yeux être capable de dire « si ça marche pas on choisira une autre méthode » mais à part dans les domaines scientifiques et techniques (et à la condition expresse que la politique ne s’en mêle pas) je ne vois pas que ça existe…

      A propos de l’Algérie de Gaulle a pu sembler changer d’objectif mais il est difficile de croire qu’il ait cru possible de la garder « française » indéfiniment.

  11. Y’a d’la houle dans les commentaires !
    Les braises de la dévastation du système capitalisme sont en train de se consumer mais le feu couve toujours.
    Y’a encore du combustible, de la ressource.
    Ceux à qui profite le modèle de ce système ne veulent tout simplement pas qu’il meurt.
    Les ressorts de l’énergie du désespoir sont tendus, plus que tendus.

    Comment serait-il possible de penser – pendant que ces braises ravivées annoncent des désastres encore pires que ce que nous avons connu jusqu’alors – que les mêmes acteurs puissent mettre en place sainement, ne serait-ce que seulement l’idée de fédéralisme dans l’UE, basé sur l’une de leurs inquiétudes, la mutualisation de la dette ?

     » Le cycle de la crise de la dette se déroule exactement comme prévu; la taupe travaille en profondeur, ronge, sape, grignote. Nous l’avons dit dès les premiers soubresauts, on n’échappe pas à la logique de la comptabilité, laquelle n’est rien d’autre que la mise en forme de la rareté, une rareté à laquelle personne et surtout pas les gouvernements et les États ne peuvent échapper. Ils peuvent mentir, gagner du temps, mais les lois de l’économie qui sont lois de la vie et lois de bon sens, finissent toujours par gagner. Le seul vrai pouvoir des gouvernements, répétons nous, c’est de repousser l’inéluctable et en le repoussant de faire plus de dégâts que si on s’était abstenu d’intervenir.
    …/…
    la finance n’existe pas, c’est un leurre, une mystification destinée à masquer le Réel. Sous la crise financière, il y a la crise de l’économie réelle, la crise des clercs, la crise politique et géopolitique et in fine la crise de l’ordre social. L’enjeu de la crise de la finance, c’est le réaménagement du Réel. La destruction sélective des richesses et des patrimoines fait partie de ce grand réaménagement.  »
    Bruno Bertez

     » Et au lieu d’utiliser des illusions pour défendre des illusions contre d’autres illusions,
    parce que nulle chose n’a jamais été faites;
    il s’agit de passer sur ce qui n’est pas là,
    et de ne pas considérer l’irréel comme la réalité. »

    1. C´est mignon, mais allez donc expliquer à un type qui crève de faim (ou toute autre injustice) que c´est pas réel.. S´il lui reste un brin d´énergie, je donne pas cher de votre peau.

      1. @Vincent Wallon
        Vous vous trompez de cible !
        Ce qui est réel, c’est les 10 % des produits dérivés (soit 60.000 milliards de $) soustrait à l’économie réelle. Les 90 autres % ne sont pas réels, de la gonflette spéculative, créant la misère et l’injustice, affamant les peuples, détruisant les lois et la justice et étouffant la démocratie à petit feu.

        Les conditions de la réalité présente ne sont pas déniées.
        Ces conditions découlent d’une création artificielle parce que contre-nature, produit d’un système imposé à notre modèle sociétal et d’une civilisation en fin de vie, vaincue par le plus haut degré technologique qu’elle ait pu atteindre avant d’avoir su en maitriser les mécanismes pour en écarter touts effets autodestructeurs.

        Sans cette maitrise et une volonté politique planétaire commune inébranlable, de garantir l’intégrité du bien commun, l’abondance minimum et légitime pour tous, point de salut possible.
        Le déni de cette réalité là conduit au rejet de l’humanité toute entière.
        Cela conduit au confinement à ce que toutes formes et expressions de la vie ne puissent évoluer librement.

        Cela n’est durablement pas possible.

        Cela ne peut que créer des désordres en tous genres et c’est bien ce en quoi nous sommes en train d’assister, à tous les niveaux.
        À une lente agonie.

        C’est bien la raison pour laquelle le système actuel ne peut plus perdurer ainsi, il craquèle de partout.
        C’est une illusion dans le sens où ce système a été construit sur du vent, un mensonge : l’argent-dette a failli nous faire croire à une croissance perpétuelle et le bien être – par le matériel – accessible au plus grand nombre en moins de 3/10ème de vie, un rêve, une illusion.

        Cette illusion et ses conséquences, aussi néfastes et cruelles qu’elles soient, ne peut donc pas représenter la Réalité.
        La Réalité, c’est embrasser la vie et aller dans le sens de son courant.
        L’élite mondiale et nos responsables politiques n’en prennent pas le chemin.
        Par leurs actions, ils ne font que retarder l’inéluctable.
        Au moment où cela se produira, je ne crains pas que « les crève-la-faim » se jettent sur moi.
        C’est plutôt la peau des vrais coupables qui ne vaudra pas cher, les responsables politiques et les représentants des institutions, institutions qui seront assiégées.
        Ce que nous en avons vu en Grèce l’an dernier et qui a fait trois morts parmi les employés d’une banque, en n’est qu’un aperçu, un avant goût de ce qui pourrait bien se produire, à plus grande échelle, c’est inéluctable.

        L’illusion sur lequel ce système est basé ne peut que disparaitre.
        Et c’est bien ce qui est en train de se produire, douloureusement.
        Chacun par ses actions et dans sa sphère d’influence doit dès à présent, apporter sa pierre à l’édifice pour construire non pas seulement un nouveau modèle de société, mais que puisse émerger une civilisation nouvelle qui ne demande qu’à naitre.
        Bien et bon toujours

      2. @Sam´s
        Non,c´est juste que les crises irréelles et les fortunes irréelles ont leur pendant dans la misère. Il faudrait pas qu´on théorise trop, au risque de perdre pied avec les objectifs et le réel.
        Mon but reste bien la fin des injustices, le chemin qui nous y mène, je ne le connais pas, mais nous allons l´emprunter.
        Quant à l´utilisation de l´expression « argent-dette », je ne l´aime pas. L´argent « généré » dans l´économie casino est bel et bien volé dans l´économie réelle, il ne vient pas de nulle part.

      3. @Vincent Wallon a dit :

        Non,c´est juste que les crises irréelles et les fortunes irréelles ont leur pendant dans la misère.

        Nous sommes d’accord, même si nous l’exprimons différemment.

        Mon but reste bien la fin des injustices, le chemin qui nous y mène, je ne le connais pas, mais nous allons l´emprunter.

        Et pourquoi pas sur le mode de l’indicatif présent ?
        Ne cherchons pas le chemin, soyons le chemin.

        L´argent « généré » dans l´économie casino est bel et bien volé dans l´économie réelle, il ne vient pas de nulle part.

        Il me semble que vous vous trompez.
        90 % est créé sur 10 % détournés à l’économie réelle … et 10 %, c’est déjà énorme.
        Avec 60.000 milliards de $, vous aurez de quoi renverser toutes les injustices que vous combattez.
        Mais vous le savez bien, ce n’est pas qu’une question de moyens financiers …
        Une volonté politique planétaire inébranlable, dans son impeccabilité à soumettre l’oligarchie financière mondiale à défendre, préserver et transmettre le bien commun des peuples.

        En analogie à cela, P. Jorion nous rappelait une phrase de Marx dans l’émission de ‘Ce soir (ou jamais)’ :  » Ce n’est pas le fils ainé qui hérite de la ferme, mais la ferme qui hérite du fils ainé.  »

        Au regard de ce qui se passe, la ferme n’a pas hérité d’un fils ainé mais des créanciers sans vergogne et sans morale, comme des gouvernements corrompus.
        La cupidité et la fraude qui ont fait loi, laquelle est en train de changer de bord.
        Le mouvement de balancier revient à son point d’équilibre originel.

        La question est de savoir : serons-nous victimes à sans cesse nous lamenter, suiveurs ou acteurs ?

        1. @ Sam’s

          90 % est créé sur 10 % détournés à l’économie réelle … et 10 %, c’est déjà énorme.

          Faux, seule la BCE crée de l’argent (lisez « L’argent, mode d’emploi »). La seule richesse, c’est celle de l’économie réelle. C’est elle qui est détournée par la finance néolibérale.

      4. @ Julien Alexandre

        Faux, seule la BCE crée de l’argent (lisez « L’argent, mode d’emploi »).

        C’est marrant, j’aurais plutôt dit la FED.
        Il faut vraiment que je lise ce livre.
        Toutefois, si en trois lignes vous pouviez m’expliquer comment la BCE crée de l’argent … car à part prendre en pension des titres risqués des banques, la BCE en contrepartie ne fait que les garantir en empruntant sur les marchés.
        Elle n’émet pas encore que je sache, des euro-bonds.

        La seule richesse, c’est celle de l’économie réelle. C’est elle qui est détournée par la finance néolibérale.

        Comme avec @Vincent Wallon, nous somme bien d’accord.
        Cependant, je précise que ce dont je parlais plus haut concernait les produits dérivés.
        90 % de ceux-ci sont du vent, au même titre que la somme des ETF non garantis par une richesse disponible ou produite.
        Que resterait-il de ces actifs papiers si leurs détenteurs venaient à en réclamer livraison physique ?
        Et c’est cette illusion là que je pointais, d’où la confusion.
        Cdlt

  12. « Lorsqu’un gouvernement est dépendant des banquiers pour l’argent, ce sont ces derniers, et non les dirigeants du gouvernement qui contrôlent la situation, puisque la main qui donne est au dessus de la main qui reçoit. […] L’argent n’a pas de patrie; les financiers n’ont pas de patriotisme et n’ont pas de décence; leur unique objectif est le gain. » Napoléon Bonaparte (1769-1821), Empereur Français

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