L’actualité de la crise : CE SAUVETAGE QUI SE DÉROBE, par François Leclerc

Billet invité

Comment sauver l’Europe en soutenant l’Italie et l’Espagne ? Un G20 entièrement consacré au sujet n’y a pas suffi et la solution va se faire attendre. Au fur et à mesure que des propositions sont formulées, elles se dérobent ensuite quand il faut les concrétiser.

Cela a commencé par une idée magique, qu’il a fallu ensuite mettre en musique : donner au FESF (fonds européen de stabilité financière) un effet de levier pour démultiplier ses moyens financiers. Une première option a été écartée, qui consistait à lui donner un statut de banque pour qu’il puisse se financer auprès de la BCE, comme toute banque qui se respecte et n’y manque pas d’ailleurs. Présentée par les Français, discrètement appuyée par les Américains et les Britanniques, elle a été repoussée par l’Allemagne, qui a fait prévaloir un autre montage reposant sur une garantie partielle donnée aux investisseurs, s’ils achetaient de la dette souveraine des pays bénéficiant de cette couverture. Ce montage a été jugé depuis fort peu crédible et ne semble pas avoir beaucoup avancé.

Principaux détenteurs d’importantes réserves, les pays émergents ont été ensuite sollicités, ce qui revenait à entériner le fait que l’Europe n’avait pas les moyens de son propre sauvetage. Les émergents se sont fait prier et n’ont pour l’instant envisagé que des participations limitées. Estimant que les Européens devaient d’abord faire la preuve de leur crédibilité et n’envisageant leur soutien que via le FMI, pour plus de garantie.

Ce dernier est alors apparu lors du G20 comme le sauveur. D’abord se déclarant prêt à accorder des lignes de crédit par précaution aux pays européens qui en avaient besoin, selon un modèle déjà éprouvé dans d’autres circonstances et sous d’autres cieux. Ou grâce à deux autres formules : en abritant une structure destinée à recevoir des prêts bilatéraux des pays émergents, ou en émettant des droits de tirage spéciaux (DTS) destinés aux pays européens qui le demanderaient.

Les obstacles n’ont pas manqué de survenir. Du côté des Allemands en premier lieu, qui ont fait valoir que les DTS représentant une créance sur un panier de monnaies comprenant l’euro, une émission de ceux-ci reviendrait à un nouvel engagement financier de l’Allemagne, qui ne veut plus en entendre parler. Ou par la suite du côté des Canadiens, qui ont fait savoir que « le FMI est là pour aider les pays aux finances fragiles (…) Les pays les plus forts en Europe doivent mettre à disposition des moyens de financement pour la zone euro ». Ajoutant qu’il serait difficile de justifier auprès des Japonais et des Américains, dont les pays sont eux-mêmes très endettés, qu’ils doivent aider les Européens.

Puis, comme s’il était nécessaire de rajouter à la confusion ambiante, une rumeur était relayée en Allemagne par la Frankfurter Allgemeine Zeitung, selon laquelle la Bundesbank pourrait être contrainte de confier ses réserves d’or afin qu’elles soient adossées au FESF, suscitant une levée de boucliers. Le Welt Am Sonntag affirmait même que la proposition avait été faite par Nicolas Sarkozy, David Cameron et Barack Obama lors du G20, et que seule l’opiniâtreté de Jens Weidmann, président de la Bundesbank, y avait fait obstacle.

Quelle morale tirer de cette nouvelle histoire ? Une fois de plus que la stratégie adoptée par les dirigeants européens témoigne d’une fatale obstination, et qu’ils ne parviennent pas à s’en donner les moyens alors que le dérapage s’accentue. Et aussi de constater que les candidats à leur succession témoignent du même acharnement. Les soulagements à la rigueur dont ils affirment être porteurs n’en feront pas pour autant une stratégie victorieuse ; des mises en cause plus radicales sont nécessaires, qu’ils ne conçoivent pas.

François Hollande n’exprimait pas autre chose, il y a deux jours, en déclarant qu’il faut « doter le Fonds de stabilité financière de manière puissante pour permettre à la Banque centrale européenne d’intervenir aujourd’hui et enfin avoir une politique de croissance pour que les pays puissent non seulement réduire leurs dettes et leurs déficits mais surtout avoir les moyens de préparer l’avenir ». Des mots sans portée au service d’une analyse des plus conventionnelles.

C’est de Gabriel Bernardino, président de l’Autorité européenne de supervision des assurances, que provient dans le quotidien Handelsblatt le diagnostic selon lequel “C’est une crise du système, tout le monde le sait”, faisant référence à l’interconnexion des banques et des États. Tout le monde le sait, mais tout le monde ne le dit pas !

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212 réflexions sur « L’actualité de la crise : CE SAUVETAGE QUI SE DÉROBE, par François Leclerc »

  1. Parmi les nouvelles mesures d’austérité envisagées par le gouvernement:

    Une accélération de la réforme de 2010 des retraites:

    http://www.lemonde.fr/economie/article/2011/11/06/plan-de-rigueur-une-acceleration-de-la-reforme-des-retraites-serait-en-vue_1599714_3234.html#ens_id=1595324&xtor=RSS-3208

    Je partage la colère du citoyen qui a écrit

    Citoyen en colère Dispositif monstrueux! La droite a assez décliné son aversion des travailleurs! Cette réforme serait inique. Il y a dix ans, je partais en retraite cette année, aujourd’hui, je pars dans un an et demie, et vous voulez que je parte dans deux ans??? Vous voulez démoraliser tous ceux qui sont encore en poste à l’âge de partir en retraite, nous ne sommes pourtant pas nombreux? M. Fillon, vous avez peu d’amour propre! REPOUSSER L’ÂGE DE LA RETRAITE, C’EST DIMINUER LE MONTANT DE LA PENSION!

    Et je me retiens d’écrire les insultes que mérite ce pouvoir collabo des intérêts financiers internationaux!!!

  2. Ce n’est pas une crise du système.
    C’est une crise d’incompétence.
    Tout le monde ne le sait pas !
    Mais il y a comme un doute lancinant, comme un caillou dans la gaudasse qui fait qu’au bout d’un moment, on fini par se poser la question … qui fini par tarauder …
    “et si on ne trouvait pas la solution ?”

    arf …

    parceque vous vous y croyez encore a leur pantomime ?

    Mais il vaut mieux dire “c’est une crise systémique” que de dire “je suis incompétent” …
    Donc il faut voir au dela des mots dans cette “crise”. Oups, des éléments de langage il faut dire en novlangue.

    Quand je pense a ce bon vieux 1984 …

    1. ne vous y trompez pas, ces dirigeants ne sont pas incompétents,ils sont indifferents !
      indifférents au sort de ceux qui subissent déjà ,de ceux qui vont subir les douloureuses conséquences de leur immobilisme délibéré

      1. Je suis d’accord ce système est intrinsèquement déshumanisant. Et pourrait devenir inhumain si l’on ne met pas un point d’arrêt au déploiement de ses méfaits.

    2. salut yoananda,
      désolé de te ne pas te contredire, tu as mis le doigt dans le cul de sac de noeuds.
      parce que l’incompétence est certaine quand tu vois un incompétent qui gouverne la France qui savait pas ayant été ministre du budget qu’il y avait 15 millions de retraités le jour où il a été élu (ça veut bien qu’il a été élu sur la base d’aucun programme envers les électeurs).

      parce que l’incompétence est certaine quand tu vois des électeurs incapables de voter sauf à la gueule du client (les études psychologiques montrent bien que les consommateurs achète le contenant pas le contenu parce qu’ils soient cons, soient incapables d’apprécier le contenu donc font confiance voir merdiator, soient fainéants et conservateurs de leur arrière-train quotidien), à nabot, peuple nabot,

      parce que l’incompétence est certaine si la gauche est plutôt comme LE PEN pas vraiment très intéressée par le pouvoir, LE PEN est là pour faire diversion, et la gauche c’est pas mieux parce qu’une fois élue, elle s’aligne, c’est tellement pratique le conservatisme et de rester dans l’enclos des éléphants. La gauche n’a oeuvré de gauche qu’en 1981 quand Mitterand ne pouvait faire autrement. L’engouement et la naïveté de Pierre Mauroy n’a duré que 6 mois puis c’est reparti pour les nationalisations et la destruction de l’espèce public. Le peuple a fermé sa gueule parce que c’était la gauche. Par conservatisme, la gauche a fabriqué un tremplin dont nous profitons aujourd’hui. Exemple des plus flagrants de cette inertie : la suppression de la peine de mort qui n’existait plus que symbolique pour s’afficher dans l’histoire et qui ne mange pas de pain mais après, la privatisation du prix du pain pour que le peuple finisse à présent par manger du pain de merde qui ne nourrit pas son peuple tellement il est chimique et introduit des maladies, la CSG de Rocard qui s’est mis à imposer tous les bas revenus sans distinction, en fait une TVA sur le travail, avec une partie de CSG doublement imposable et totalement illégale constitutionnellement et révolutionnairement, le renforcement des jeux du peuple avec le loto, et l’Europe et son coût de consommation multiplié par le traumatique 6.5, en fait une multiplication de saloperies qui se sont posées comme tremplin assuré à la droite car elle ne fait que prolonger la programme de la gauche de 1981. Pourquoi un tremplin ? Mais si la gauche a été capable de mettre en place tous les verrous et que le peuple laisse faire, c’est donc que le peuple est aveugle donc donnons-nous en à coeur joie.

      La plus belle preuve de l’engouement de la gauche pour le conservatisme et donc l’inhibition est justement l’explosion du discours financier : il n’y a que lui qui résoudra les problèmes de la planète si elle croît. Mais en quoi finalement ? Le 5 Novembre en dessous de l’arche de la défense ou de la dépense, il y avait même pas 300 spartes pour admirer l’arc de triomphe de Mitterand. Le conservatisme a donc de beaux jours devant lui.

      ce qui est surprenant est que la révolution 1789 issue des lumières dont l’objectif principal était scientifique ne sait plus compter sur ses doigts. En effet, comment le peuple peut-il élire un président sur le concept ridicule de ‘travailler plus pour gagner plus”. Gagner une campagne présidentielle sur cette formule d’asile qui est démente, rabachée et rabachée, montre bien le degré de folie des élections.
      Comment pourrait-on dire à quelqu’un “tu vas travailler moins et gagner moins” ?

      Sa nouvelle formule s’adressant aux français qui ne sont que des insouciants face au monde qui se bat, LUI, est significative du pouvoir immense qu’il détient en ce moment : “travaillons plus et travaillons mieux”.

      Sera-ce encore assez con pour que le peuple avalasse la couleuvre ?

      1. “Avale la couleuvre”, michelB, avale tout court; subjonctif présent dans la subordonnée pour principale au futur, de toute éternité. Le reste est à l’avenant, mais sur le fond.

        @Destruens, c’est une crise du système civilisationnel global issu de la modernité, système de production et de reproduction capitaliste en tête. Crise de compétences aussi, par définition et ne vous en déplaise, même si cette crise de compétences des “élites” comme des “méritants” – ce qui, soit dit en passant, pose une des questions cruciales de ce blog – est plus un effet de l’écroulement général que sa cause première en elle-même et sa révélation un élément supplémentaire de sidération induit par cette chute libre. Sauf évidemment à rester dans son déni, comme vous le faites si bien, mais n’est-ce pas une autre forme, commode ou bravache, de la sidération…

      2. salut vigneron,
        désolé je bois pas d’alcool, ça fait un bail d’abord
        désolé de faire du tort à ta profession mais je ferais même pas un effort de boire un coup, je suis vraiment un non buveur
        c’est dommage que tout mon travail se résume à une couleuvre de ta part
        j’ai pas trop envie de l’avaler
        ce sera peut-être pour une autre fois

        ta prose à Destruens, est très intéressante
        🙂

    3. Ce n’est pas une crise du système.
      C’est une crise d’incompétence.
      Tout le monde ne le sait pas !

      L’incompétence est votre : vous ne comprenez rien à la crise en cours.
      1984, c’est bien, mais il faut tout même essayer de comprendre par soi-même.
      Les dirigeants sont tout à fait compétents, ils font ce qu’ils doivent faire pour sauver ce qui peut l’être, c’est-à-dire l’être du capital.

      1. je verrais les deux, la crise du système, évidemment mais aussi parce que de summum d’incompétents et crise d’incompétence depuis le retour des prophètes gestionnaires aux affaires du monde

  3. Dans “crise du système”, le terme de crise lui même ne me semble plus vraiment adapté, puisqu’il sous-tend qu’il ne s’agirait que d’une perturbation avant retour à la normale. Je trouverai plus juste de parler des “limites du système”.
    Ce système favorisait le capital au détriment des investissements, des salaires et des états, le manque à gagner correspondant étant compensé par le crédit. Il était donc mathématiquement évident que ce système avait une fin.
    Après avoir touché du doigt cette fin avec les subprimes, donc côté sphère privée, on a assisté à un déplacement de flux à partir de la sphère publique, qui elle ne l’atteignait pas encore. Voilà maintenant chose faite, et tout ce à quoi on assiste dorénavant sont encore des transferts de flux (la rigueur n’est qu’un transfert “privé vers public” ),
    qui ressemblent à des oscillations de plus en plus rapides. En 2008, la solution avait tenu deux ans. Aujourd’hui, une solution dure deux jours (j’exagère à peine).
    La seule façon de redonner des marges serait donc de pomper dans la sphère capital, c’est à dire d’annuler partiellement les dettes souverainnes et privées. On y arrive (ce qui paraissait inenvisageable avec la grèce parait ajourd’hui évident à tout le monde).
    Mais si c’était pour repartir ensuite de plus belle avec les même principes, ce ne serait là encore qu’un peu de temps gagné.
    Pour rebâtir un système fiable, il faut donc impérativement modifier le contrôle des flux.
    > La taxe sur les transactions financières irait dans ce sens, mais il faudrait la pondérer afin que les transactions court-terme soient plus pénalisées que les transactions long-terme (pour freiner le flux “privé vers capital”), et surtout réinjecter une partie de son produit dans l’économie (public vers privé).
    > Une nouvelle fiscalité devrait impérativement favoriser les investissements au détriment de la spéculation.
    > Mais bien évidemment, tout ceci ne peut se faire que si on lutte réellement contre les paradis fiscaux, qui sont de véritables trous noirs du capital: les flux y rentrent, mais n’en ressortent pas.
    En résumé:
    1/ Annuler partiellement les dettes souveraines et privées
    2/ Reprendre le contrôle des flux financiers
    3/ Eradiquer les paradis fiscaux

    Bref, y’a du boulot… Mais on a le droit d’en rêver.

    1. A mon sens, le terme de “crise” convient très bien, mais il faut identifier ce qui la cause: à savoir la monnaie telle qu’elle est faite, moyen d’échange et moyen de réserve de valeur ultime en même temps, deux fonctions définitivement impossibles à faire tenir ensemble!

      1. Ce n’est pas une crise monétaire, c’est une crise du mode de production capitaliste, mais vous aussi vous ne savez pas (vous ne voulez pas savoir) ce que cela signifie.

      2. Le “mode de production” est justement capitaliste parce cette monnaie est capitaliste et non neutre!
        Dès son émission, elle exige l’intérêt, simplement parce qu’elle est conçue ainsi:
        Echangeur universel et réserve de valeur en même temps, deux notions totalement impossibles à concilier quand elle sont portées par ce qui est monnaie.
        Et c’est la notion “réserve de valeur” qui imposera toujours les conditions capitaliste aux marchés. C’est bien pourquoi je maintiens:
        la monnaie capitaliste est la cause première et dernière du “mode de production capitaliste”!

    2. Jason, vous êtes un(e) sage; ce n’est pas d’une crise dont il s’agit, un moment temporaire à traverser en serrant la toile dans le gros temps, mais bien de l’effondrement d’un système du à la perte du leadership économique du monde occidental, provoqué et accentué par le système capitaliste: concentration des richesses et répartition inégalitaire, destruction de l’appareil productif la où les travailleurs sont trop chers par rapport aux pays émergents, pillage des ressources, etc. Jusqu’à présent le système a perduré moyennant un océan de dettes privées d’abord, publiques ensuite et désormais le choix est relativement simple: soit les états assument la dette et c’est parti pour deux décennies de stagflation et le retour à un niveau de vie digne de la fin des années 40, soit l’on tire un trait et l’on efface partiellement la note au risque de faire exploser le système financier. Vers quoi s’oriente t-on ? une gestion à court terme de rafistolage préélectoral qui risque bien de ne rien résoudre et pire, d’aggraver la situation jusqu’à ce que l’ultralibéralisme entre en scène; j’écoutais d’une oreille distraite Madelin ce matin sur LCI, l’échevelé ultra préconisant la “libération de la croissance” en privatisant les hôpitaux, passant les retraites de la répartition à la capitalisation, etc..voilà ce qui nous attend après mai 2012 en cas de victoire de la droite. Le reste, c’est du bla bla.
      Et qu’est ce que craignent le plus “les marchés” ? eh ben que les états ne remboursent pas, en partie ou en totalité…et c’est pourtant la seule solution “viable” si l’on veut conserver un minimum de systèmes sociaux dans la sphère publique.

      1. et c’est parti pour deux décennies de stagflation

        Pas vraiment…d’ailleurs 1929 n’a pas duré 2 décennies.

        Non, c’est parti pour une déflation puis une révolution, et un effondrement total du système, tiré vers le bas par des mécanismes de rétroactions très puissants, liés à l’assise de la demande sur le travail salarié principalement. C’est ce système là qui ne va plus.

      2. c’est aussi l’effondrement du sens et de la raison , pris dans l’engrenage funeste : la lutte finale des esprits , des histoires , des mémoires et des mots , ainsi que des fins qui n’arrivent pas à trouver leur point commun sauf dans ces affrontements . la force étant le seul droit “naturel” .
        mais dont on ignore la nature .
        quand un conflit sera “réglé”, on en fabriquera un autre , puis un autre .
        la dissuasion ?

      3. Comme je l’ai dit, je pense que les limites mathématiques sont très proches, en tous cas plus proches que les limites sociales.
        Les ultras-libéraux à la Madelin n’auront pas le temps de se mettre la population à dos. Le système est déjà en train d’imploser. La restructuration des dettes souveraines est inévitable, avec une faillite bancaire à la clé qui se répercutera violemment sur l’économie réelle, le temps qu’un nouveau flux de liquidités soit rétabli.
        Par contre, c’est ce qui sera fait ensuite qui reste pour moi du domaine de la conjecture. Nouveau système ? Reconduction “liftée” de l’ancien ? A ce stade encore, le modèle Madelin sera difficile à vendre…
        Quoiqu’il en soit, aucun système, même le meilleur, ne pourra avoir un effet suffisamment immédiat. C’est donc à partir de là que les instabilités sociales seront le plus difficiles à maîtriser.

    3. le système en l’état ne peut aller que dans le sens de son propre renforcement, il ne peut donc que se concentrer, se résorber, se recroqueviller sur lui-même,
      il est de ce fait incompatible avec une loi de l’échange qui puisse valoir à prévaloir dans la durée,

  4. Cela a commencé par une idée magique, qu’il a fallu ensuite mettre en musique : donner au FESF (fonds européen de stabilité financière) un effet de levier pour démultiplier ses moyens financiers.

    Le maître-mot dans cette phrase, c’est “magique”. Où est le point d’appui de leur levier? (Archimède disait: “Donnez-moi un point d’appui, je soulèverai le monde.”)
    Les historiens du futur n’en croiront pas leurs yeux.
    Ceux qui prétendent piloter sont aveugles.

      1. Même chose que pour @yoananda, le problèmre est votre incapacité à saisir ce qu’est le capitalisme, et par conséquence ce qu’est une crise là-dedans.

      2. @ pars destruens
        le capitalisme , n’est ce pas la faculté d’accumuler , de conserver , de menacer , et de régir ?
        en clan , ou en bandes organisées .mais qui ne peuvent malgré tout ne devenir “légitimes” que sous une sorte de sacralisation ?

      3. bonsoir pArs Destruens,
        mon incapacité à saisir le capitalisme ?
        en fait, pour moi c’est très simple, il correspond à la base de la pyramide de Maslow.
        il est incapable de s’élever.
        Sarkozy est une belle métaphore de la représentation (VRP)

  5. Eh bien c’est faire injure à Archimède que de vouloir rapprocher les décideurs (non-décideurs) politiques du moment à Archimède.
    Papandreou aurait pu se rapprocher de son anc^tre s’il avait pu maintenir le projet du référendum, mais il n’en a pas eu les moyens de le faire. Maintenant, d’autres “archimédiocres” l’ont viré.

  6. Belle synthèse, merci.
    PS- attention, avant dernier alinéa, une petite erreur : il manque un pluriel à “analyse des plus conventionnelleS”.

  7. “Chaque Etat membre entâme, le cas échéant, le processus conduisant à l’indépendance de sa banque centrale”
    article 109E, alinéa 5 du traité de Maastricht.

    Tu parles d’une indépendance…
    Indépendance politique mais dépendance totale à la technocratie européenne.
    Chevènement avait immédiatement dénoncé, à l’époque, la “privatisation de la Banque de France au nom de la construction de l’Europe des marchés et de la finance”.
    Voilà la belle démocratie qui était prévue…
    Et dire que j’avais voté oui à l’époque (pour un premier passage aux urnes, ça commençait plutôt mal). Je me suis rattrapé en 2005…

  8. Je viens d’ écouter la matinale de France-Culture, sujet ce matin la situation aux USA.
    Guère plus brillant, et sans doute moins brillant qu’ici en terme d’explosion des inégalités et de
    montée des courants réactionnaires antisociaux, chez les républicains en particulier.
    Ces dernières 30 années le 1% des plus riches a vu ses revenus augmenter de 275%, le 0.01% de 400%, parallèlement 22% des jeunes enfants vivent dans la pauvreté et le taux de chômage réel est plus proche de 16%, que de 9%.
    Le capitalisme est en guerre contre les salariés, cela ne pourra que mal se terminer.
    Le capitalisme était supportable pour le plus grand nombre tant qu’il acceptait comme contre partie à sa brutalité intrinsèque, de compenser cette brutalité par la mise en place d’amortisseurs sociaux au travers de l ‘Etat Providence. Le néo-capitalisme, ultra libéral financier n’a d’autre objectif que l’enrichissement de 1% de la société, et la suppression de la compensation sociale.
    De fait il ne sera plus supportable par les 99%, il l’est déjà de moins en moins, les positions ne peuvent que se radicaliser.
    L’objectif étant d’amener la condition des 99% au niveau de celle du travailleur chinois, afin de maximiser encore plus les profits du 1%.

  9. Stupeur et tremblements!
    Dans Le Monde, ce matin:

    “Les troubles qui se sont produits dans les pays européens résultent uniquement de problèmes accumulés par une société en fin de course, vivant d’acquis sociaux”, déclare Jin Liqun, qui dirige la China Investment Corporation (CIC), dans une interview diffusée dimanche[…]. “Je pense que les lois sociales sont obsolètes. Elles conduisent à la paresse, à l’indolence, plutôt qu’à travailler dur. Le système d’incitation est complètement détraqué”, a poursuivi M. Jin.

    .

    1. D’où la nécessité de ne plus évoquer la Chine comme s’il s’agissait d’un bloc monolithique et de bien distinguer en Chine représentants du capital et les autres. Au sein même du PC chinois il existe une tendance libérale qui s’oppose à une tendance plus sociale. Bref, Jin Liqun représente le capital et non pas la Chine.

    2. Si les dirigeants pensent comme lui, alors l’Europe n’a rien à attendre de la Chine…

      C’est même très inquiétant pour la Chine, cela confirme qu’il y a une bonne partie de l’élite qui n’est pas prête à améliorer les conditions de vie des ouvriers, fermiers, employés chinois, que ça soit par des augmentations de salaire ou une meilleure protection sociale.

      La croissance chinoise profite grandement à une très petite minorité, notablement à une classe moyenne qui représente 200 à 400 millions de personnes et peu ou pas du tout au reste de la Chine, soit un milliard de personnes.

      La crise met également en danger des structures telles que le PCC et ils ont bien compris que leur existence passe par l’écrasement des classes moyennes occidentales.

      Il est intéressant de voir que l’IDH de la Chine, n’a pas connu de bond significatif, plus important que la moyenne mondiale, durant ces dix dernières années, malgré une croissance annuelle du PIB à deux chiffres.

    3. La “Chine” triomphe mais devrait regarder un peu plus loin que le bout de son nez .
      Car son impérialisme risque de lui coûter fort cher et les bulles de son libéralisme vont lui claquer au nez .
      Elle au moins a la maîtrise de sa monnaie , ce que nous n’avons plus…
      Et ça avec la grande ouverture de nos frontières explique largement plus la crise que les quelques protections sociales qui nous restent et qui permettent par ailleurs de tolérer les conséquences de la globalisation et le déplacement des richesses vers la rente .

    4. Ce monsieur fait parti du 1% de la nomenklatura “communisto-capitaliste” chinoise, et doit être combattu au même titre que nos ploutocrates à nous.
      Par exemple Monsieur Barroso est un ancien maoïste:

      Jeune homme, lors de la révolution des œillets en 1974, il se situe à l’extrême gauche radicale de l’échiquier politique comme président des étudiants maoïstes (MRPP), à l’époque seul parti d’opposition actif, avec le Parti communiste portugais. En 1979, il fonde l’Association universitaire d’études européennes.

      (source wikipédia)

    5. Ce chinois semble quelque peut stupide, en plus d’être provocateur.
      Si les ouvriers occidentaux cessent d’être paresseux et acceptent des salaires très bas, ils vont devenir des concurrents redoutables pour les ouvriers chinois !

  10. “La vérité est que ces fameuses légèretés fiscales et administratives grecques, justifiant admonestations, sanctions, ont été tolérées, pis, encouragées par l’Union européenne, en particulier par la France et l’Allemagne. La vérité est que la folle dette grecque a d’abord servi à une terrible course aux armements contre la Turquie. Depuis dix ans, ce pays achète les F16 par douzaines, sans parler des frégates, des sous-marins, des hélicoptères, des chars d’assaut, des missiles en tout genre. L’addition se chiffre en dizaines de milliards d’euros, payés en premier à l’industrie allemande, puis française, puis américaine. Jusqu’à la crise, la Grèce était le cinquième importateur d’armes du monde, derrière la Chine, l’Inde, la Corée du Sud et les Émirats ; le premier, et de loin, européen en dépenses militaires par habitant. Pour couronner le tout, Athènes, en 2004, organisa les Jeux olympiques. Il fallait amuser la planète pendant trois semaines, pour quelques milliards de plus, payés rubis sur l’ongle. Un pays normal ne pouvait faire face à ces investissements stratosphériques. Qui pouvait l’ignorer ?

    Au moment de prononcer des sentences définitives, il convient de rappeler que les « erreurs » ne sont pas toujours celles que l’on croit.”
    Philippe Dessertine

    1. salut Pappy,
      quelles sont elles alors ces erreurs, tu sembles les connaître ? c’est juste pour pas tourner en rond.

      Tu as une définition de ce qu’est “Un pays normal” ? normalisé ? normativé? blindé de lois ? de race conquérante ? sans problèmes ?

      Cela devrait être intéressant de dégager un modèle de référence. Quel pays pourrait s’imposer ? je parle pas fiscalement évidemment.

      belle journée

    2. @ Pappy:
      J’approuve des trois mains !
      Les Grecs malhonnêtes ou qui méritent l’invective sont simplement les plus riches, j’en ai marre d’entendre dire “les Grecs”.
      C’est insupportable cet amalgame, “les Grecs”, qui ne sert qu’à donner raison à une austérité ne frappant que les classes moyennes et populaires, pour les privilèges des riches et super-riches.

      Et dans l’opinion démocratique que construisent les discours officiels et médiatiques, la militarisation de nos société est soigneusement occultée. Le complexe militaro-industriel est un vrai cancer dans nos sociétés, à commencer par le monstre étasunien qui alimente une armée folle et des bases dans 130 pays, un budget supérieur à un milliard de dollars par jour, et supérieur à la somme des dix suivants. “La” démocratie a bon dos !
      La démocratie représentative a quelques acquis précieux, beaucoup de limitations, et surtout un mouvement de régression.
      Heureusement ou malheureusement, elle est dans une crise mortelle, sans garantie de dépassement par le haut.

      1. certes . et puis il y a cet autre aspect des choses : des groupes , des “églises” prêtes à tout pour ne pas perdre leur pouvoir sur les esprits . au détriment de toutes vérités ou survie de la planète .
        insensé ? faut voir .

    3. Ce sont malheureusement des vérités que l’on entend assez peu, et qui illustre parfaitement le cynisme dont nos dirigeants sont capables de faire preuve. Pareil pour le maquillage des comptes avec l’aide de GS, y compris sous la présidence européenne de Mario Draghi, promu depuis dirigeant de la BCE.
      Mais si la Grece n’avait pas dérapé, cela n’aurait pas changé grand chose…on n’aurait pas parlé d’elle en premier, on aurait gagné juste qq mois sur cette crise.

  11. Il est bien connu qu’en Chine, les salaries vont travailler de faite de cœur car quand ils veulent revendiquer, le pouvoir attache bien de l.importance a prêter attention a ces revendications.

    Pourquoi Chine est-elleentrain de mettre en place des retraites et autres
    Protections sociales , alors ?

    1. Intéressant.
      Je suppose que “Total annual debt change” est le taux de variatin, positif ou négatif, de la dette publique en un an.
      Quelqu’un peut confirmer ?

    1. on dirait des bouffons …

      ça , c’est la façade. ce qui se passe en coulisse, ça doit être moins drôle . sans parler des formes de conspirations de toutes sortes incitées par les instances religieuses , les sectes qui soutiennent ces va-t-en guerre

      1. ce qui est remarquable c’est la manière dont les peuples sont sollicités pour voter mais quand ils disent non, leur bec est cloué (français, irlandais alors que les anglais ont gardé la livre)

        maintenant Sarkozy et Merkel font chanter les grecs, toujours le bon outil de la peur

        comme si, dirait Hé las, ce sont des groupuscules religieux, habitués au chantage et à la peur de la punition divine, qui sont aux commandes des peuples laïques ou non.

        ceci pourrait expliquer que beaucoup de décisions sont prises en messes basses et qu’ensuite les peuples sont placés devant le fait accompli.

        si tel est le cas, les peuples rationnels, travailleurs, monopolisés par leurs ouvrages n’ont pas le temps matériel de consulter les notices explicatives des médicaments qu’on leur injecte chaque jour et finissent ignares comme beaucoup ont été tués par le merdiator.

        en conclusion, les principes démocratiques ne sont plus d’aucune utilité et l’on peut comprendre dès lors que des sectes religieuses puissent refaire l’histoire comme celle des croisades où seul l’appât du gain motivait, de même que la colonisation ou les protectorats.

        finalement la Grèce ne serait-elle plus sous protectorat de l’Europe ? à qui le tour ?

  12. Il n’y aura pas de plan B; juste un plan BBB.
    Capitalisme : Chronique d’une mort annoncée.
    Ni fleurs, ni couronnes, svp, juste des dons en euros. Veuillez déverser vos brouettes de billets directement dans la tombe.

    1. Ce capitalisme connaît la sentence, et se tient déjà prêt à renaître de ses cendres. C’est à ce moment là que les peuples devront être attentif et reprendre la main. Sauront-ils le faire sans céder aux sirènes du populisme ?

  13. le plan de sauvegarde se derobe :

    principe de la thixotropie , liquéfaction des sols et des fondations par injection de liquide !

  14. – Le rôle joué par le levier-monnaie est d’autant plus important du fait de la délocalisation d’une bonne partie de la production industrielle. Dire que la monnaie n’est qu’un symptôme revient à ne pas remarquer que le Royaume-Uni s’est toujours tenu à l’avant-garde du capitalisme depuis le XVIIe siècle (diagnostic historique de Marx encore valable aujourd’hui).
    Il faut d’ailleurs surveiller l’attitude du Royaume-Uni, car cette nation a toujours été en pointe dans la fomentation de séditions entre ses concurrents. Même si les Etats-Unis ont fait subir quelques revers humiliants à l’Angleterre, il n’est pas certain qu’elle ait “perdu la main”. En ce moment elle s’agite pour inciter les Etats-Unis à déclencher une attaque contre l’Iran, dont on ne voit guère le bénéfice en dehors de “gagner du temps”.
    L’Angleterre a sans doute largement contribué à faire échec à l’Allemagne nazie, vaincue dès 1941, mais dans son propre intérêt d’abord.

    – En revanche l’idée d’une “monnaie neutre” paraît naïve. L’argent enregistre toujours un rapport de forces ; c’est l’erreur de Rousseau de ne pas voir que le contrat social n’est jamais neutre, pas même sur le plan sexuel – une erreur rectifiée par Marx. Avec le temps, il faut un effort supplémentaire pour déceler le caractère religieux de la monnaie, sa fonction de puissance publique et individuelle, bien qu’elle reste palpable aux Etats-Unis, un effort d’autant plus grand que sa circulation s’accélère et que le clergé libéral s’efforce de faire paraître l’argent pur (le libéralisme est presque une théorie du sang pur, et les thèses raciales populistes nazies, après le “sang bleu” aristocratique, trouvent certainement un appui décisif dans l’empoisonnement par l’argent de la classe ouvrière par la bourgeoisie, véritable viol des consciences).
    A un stade de circulation moins avancé, M. Finckh, le caractère corrupteur de l’argent était beaucoup plus perceptible par ses utilisateurs. Molière n’a pas besoin d’être passé par le Collège de France pour mettre en lumière le culte de l’Avare.
    Assez humainement, sans même parler des apôtres du Christ, au sein d’un groupe d’amis, la nécessité s’impose vite, pour le besoin de la justice entre amis et de l’équité véritable, d’abandonner la monnaie.

    – Le discours réformateur est en effet la plupart du temps insincère, populiste, démagogique ou tout ce qu’on voudra. Une prise de conscience, individuelle, du plan macabre que l’économie capitaliste représente, est sans doute plus utile. Ainsi que le pacifisme le mieux argumenté et le moins niais possible (ce sont les soldats qui sont des lâches, incapables de vivre sans ordres ni perspective ésotérique) quand le pacte des loups déguisés en agneaux est en passe de devenir pacte des loups tout court. Evidemment, Marx n’a rien d’un dévot républicain comme Jean-Luc Mélanchon ou Marine Le Pen, puisqu’il souligne au contraire l’efficacité criminelle des Républiques modernes.

  15. Bonsoir Télémax,
    Tu parles du “caractère religieux de la monnaie” dans le sens où l’argent est adoré ?
    Mais je vois que tu parles aussi de “clergé libéral”.
    Ceci pourrait laisser croire que toute “idéologie” est en fait une religion.
    Si l’on prend le parti socialiste ou un autre, il y a des comportements similaires à celui des curés avec un pape, des messes, des courants, de congrès et une hiérarchie de privilégiés.
    Serait-ce que chaque regroupement en famille amène à des comportements religieux avec des adorations multiples?
    On peut comprendre que les dirigeants libéraux adhérents à la famille boursière n’est pas envie de toucher au partage avec les autres familles. Ce qui pourtant n’est pas très religieux.
    Ce qui montre aussi que Dieu n’est pas du côté des religions qui ne sont que des constructions systémiques humaines sans assises mystiques réelles (paradoxe). Dieu n’étant probablement jamais descendu sur terre.
    La route est donc libre pour les leaders et leurs laideurs. On serait donc bien endormis par un gros tas d’opiums du peuple qui n’ont rien à voir avec Dieu ?
    Merci de ton beau et intéresssant commentaire.

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