L’actualité de la crise : IRRÉDUCTIBLE RISQUE SYSTÉMIQUE, par François Leclerc

Billet invité

Par quelles voies la crise se propage-t-elle ? À question simple, réponse compliquée, à l’image de ce qu’est devenue la finance. Les chemins du risque systémique sont imprévisibles et leur carte n’est pas établie. Transposée du domaine météorologique à celui de la finance, la métaphore du battement d’ailes du papillon qui déclenche à l’autre bout de la planète des événements imprévus est devenue triviale.

Chaque rebondissement de la crise apporte ainsi son lot de découvertes de nouveaux mécanismes, les derniers événements européens ne manquant pas d’en donner l’occasion. Ainsi, à peine l’analyse de l’exposition directe des banques américaines aux obligations souveraines européennes avait-elle permis de conclure qu’elle était très limitée (15 milliards de dollars, tout au plus), on apprenait qu’il en allait tout autrement pour les CDS. Les banques US auraient en effet assuré d’importantes quantités de la dette européenne – le chiffre de 250 milliards de dollars est avancé – et seraient à ce titre vulnérables.

Une toute autre menace est observée en Hongrie : la proche dégradation de sa note souveraine et la dévalorisation du forint qui s’en suivra augmenteront le coût de refinancement des banques. Leurs maisons-mères, les banques ouest-européennes dont elles sont devenues filiales, seront appelées à y faire face après avoir déjà beaucoup donné. Les banques autrichiennes, déjà fortement exposées à la dette italienne, pourraient en faire le plus les frais. L’approfondissement de la crise dans les pays d’Europe Centrale et de l’Est va continuer d’avoir de fortes répercussions sur les banques d’Europe de l’Ouest.

On vient également de voir comment les banques grecques, pour avoir généreusement contribué au financement de la dette de leur pays, avaient été prises à contre-pied par une décote qu’elles doivent être les premières à accepter. Et l’on se dit que les banques italiennes, dans la même situation, présentent la même vulnérabilité. Traditionnellement présentée comme un facteur de stabilité financière, une contribution importante de l’épargne nationale dans le financement de la dette se révèle être au contraire une menace supplémentaire, imposant à des États déjà endettés de soutenir leurs banques nationales afin qu’elles ne s’écroulent pas.

Tirés de l’actualité, ces exemples montrent un système financier à chaque fois vecteur de la propagation de la crise. C’est par lui que le malheur arrive !

L’enchevêtrement en son sein d’engagements réciproques complexes est tel qu’une des exigences formulées à l’égard des banques systémiques consiste à ce qu’elles rédigent un living will (littéralement : dispositions prises de leur vivant), au cas où les choses tourneraient mal pour elles, afin que les liquidateurs puissent plus facilement démêler leurs comptes et conclure la liquidation. Faute de l’utilisation de chambres de compensation par une grande partie des instruments sophistiqués de la finance, comment sinon y voir clair ?

C’est donc au cœur du système financier qu’il faut dévoiler ses mystères et rechercher ses faiblesses intrinsèques.

Jetons un coup d’œil sur le monde souterrain que la crise a projeté en pleine lumière. La complexité des produits dérivés y est telle que la description de chacun d’entre eux nécessite d’épais et incompréhensibles prospectus remplis de formules mathématiques. Ils pullulent dans le vaste monde du shadow banking au sein duquel des entités non réglementées – les hedge funds – sont domiciliées dans des territoires accueillants et font emprunter aux investisseurs les chemins qui mènent au paradis… fiscal. Censés gérer les risques en couvrant des sous-jacents, ils sont largement utilisés à des fins spéculatives et transfèrent le risque à la contrepartie, un nombre réduit d’acteurs qui dominent ce marché et concentrent donc les risques. Dévoyés de leur objectif initial, ils permettent des paris sur le risque et l’accroissent considérablement.

N’étant pas enregistrés dans des chambres de compensation et étant dénommés des OTC, acronyme de over-the-counter (hors bourse), les dérivés font l’objet de transactions de gré à gré dont il n’existe pas de trace centralisée. Il est estimé que 85 % des échanges sont dans ce cas. La révision de la directive européenne MIFID en cours, qui concerne les marchés financiers et a été à l’origine de leur déréglementation accrue afin de s’aligner sur les pratiques américaines, est l’occasion d’un véritable tour de passe-passe. Destinée à être adoptée par le Parlement européen, elle vise à instaurer des nouvelles plate-formes de négociation pour les dérivés. Appelées OTF (organized trading facilities), celles-ci coexisteront avec les plate-formes historiques et le diable aura toute latitude pour y exercer ses talents…

Un jour, Ben Bernanke, le président de la Fed, qui venait sans doute de mentalement contempler ce paysage, a reconnu que l’on ne savait pas comment combattre le danger systémique, et pour cause ! C’est la véritable raison pour laquelle les régulateurs du Comité de Bâle ont décidé, faute de mieux, d’augmenter l’épaisseur du matelas de protection des banques (leurs fonds propres) contre leurs propres pertes. Sans répondre à une question essentielle : comment protéger la finance formelle – soumise à une réglementation et en appui de l’activité économique – de nouvelles crises aiguës, quand la finance informelle a d’ores et déjà pris le pas sur la première, son volume ayant désormais largement dépassé celui du secteur (mal) régulé, sachant que les deux sont étroitement interconnectées ?

Les historiens s’interrogeront plus tard sur l’étonnante aptitude partagée par tous ceux qui ne veulent pas voir ce qui pourtant crève les yeux : pour combattre efficacement le risque systémique, il n’y a pas d’autre solution que d’interdire purement et simplement les paris sur les fluctuations des prix, c’est à dire l’utilisation des dérivés a d’autres fins que de couverture dûment constatée. Ce qui aurait pour effet la disparition de ce que Warren Buffet a appelé « les armes de destruction massives » de la finance, structurellement spéculatives et au pouvoir destructeur énorme. Dans la crise de la dette européenne en cours, on connaît – mais on ne maîtrise pas – l’enchaînement spéculatif qui provient du marché des CDS pour se propager au marché obligataire.

Le système financier est sa propre victime, c’est ce qui est le plus étonnant. Dans le monde globalisé, opaque et étroitement interconnecté qu’il a voulu, il ne parvient plus a retrouver son équilibre après l’avoir de lui-même perdu. Un peu à la manière des avions modernes de guerre qui tomberaient comme des pierres s’ils ne disposaient pas d’une assistance informatique sophistiquée les maintenant en vol. L’utilisation des mathématiques de haut niveau pour concevoir les produits financiers structurés n’avait pas d’ailleurs d’autres intentions que d’accroître les performances en diminuant les risques… C’est raté !

Il est fait grand cas du risque systémique, sans doute parce qu’il reste par nature mystérieux et indéchiffrable, justifiant l’idée que l’on ne peut décidément rien faire sinon l’amortir. Expression même de ce que le système financier est devenu, son existence rend illusoire toutes les demi-mesures prises du bout des lèvres et appelle des ruptures radicales dans son fonctionnement et sa structuration. Mais le déni étant la seconde nature de ses acteurs, la première étant la cupidité, il ne faudra pas s’étonner si la crise reste irrésolue.

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176 réflexions sur « L’actualité de la crise : IRRÉDUCTIBLE RISQUE SYSTÉMIQUE, par François Leclerc »

  1. « Les historiens s’interrogeront plus tard sur l’étonnante aptitude partagée par tous ceux qui ne veulent pas voir ce qui pourtant crève les yeux : pour combattre efficacement le risque systémique, il n’y a pas d’autre solution que d’interdire purement et simplement les paris sur les fluctuations des prix, c’est à dire l’utilisation des dérivés a d’autres fins que de couverture dûment constatée. »
    Cela me fait penser à l’aveuglement idéologique de certains dirigeants de l’URSS quelques semaines avant l’effondrement du mur de Berlin.

    1. Sauf que ceux qui utilisent ces pratiques de shadow banking se fichent complétement des conséquences .
      Qu’ils fassent des conneries, je suis absolument certain qu’ils le savent , exactement comme des braqueurs ont conscience de leurs actes et des risques .D’ailleurs il y a les « cerveaux » et les opérateurs .
      Mais il est probable qu’ils jouent le coup d’après , c’est à dire comment protéger les bénéfices de leurs malversations .
      Autre chose : ce blog est très suivi par des gens qui cherchent à s’informer , à préparer les réformes nécessaires .
      Mais aussi par les profiteurs de ce système qui cherchent à parer les ripostes …C’est une question que je me pose aujourd’hui ….
      PS : « les marchés » ont viré S. Berlusconi mais lui ont imposé de faire passer les mesures de rigueur avant .

      1. « Mais aussi par les profiteurs de ce système qui cherchent à parer les ripostes …C’est une question que je me pose aujourd’hui …. »
        Bien vu, c’est l’envers du décor.
        Il faudrait user d’un langage ésotérique ou codé.

      2. « Autre chose : ce blog est très suivi par des gens qui cherchent à s’informer , à préparer les réformes nécessaires .Mais aussi par les profiteurs de ce système qui cherchent à parer les ripostes …C’est une question que je me pose aujourd’hui …. »

        C’est cette question également qui me taraude quand je vois Paul intervenir chez Atlantico…

  2. Les chemins du risque systémique sont imprévisibles et leur carte n’est pas établie.

    N’est ce pas tautologique à deux reprises? 🙂

    1. N’est ce pas tautologique à deux reprises?

      Non. Ni redondant, ni pléonastique, mais et imagé et concentré. Encore faut-il savoir lire.

      1. (…)celles-ci coexisteront avec les plate-formes historiques et le diable aura toute latitude pour y exercer ses talents…

        Comme Vigneron, grand cartographe enlumineur des chemins imprévisibles, c’est dieu, le diable c’est qui ?
        Qui, pas quoi.

  3. d’un visionnaire :

    Sur un vaisseau qui fait naufrage, la panique vient de ce que tous les gens , surtout les marins,
    ne parle obstinément que la langue des navigations ; et nul ne parle la langues des naufrages .
    On retourne à sa longue habitude, à l’illusoire sureté des chaines du passé pour éviter l’imprévisible ,pour se détourner encore un instant du vrai danger.
    L’autre langue , la seule actuelle : celle de celui qui ose voir , il faut à mesure l’inventer .Poésie ….
    Méditer sur le verbe ,secrètement , pour le salut de l’âme et l’honneur de l’esprit , est devenu ,
    avec la fin des temps , d’une nécessité absolue .
    Armel Guerne

  4. « On retourne à sa longue habitude, à l’illusoire sureté des chaines du passé pour éviter l’imprévisible… », J’aurais préférée sur sa bonne loxodromie!

  5. Le système financier est sa propre victime, c’est ce qui est le plus étonnant. Dans le monde globalisé, opaque et étroitement interconnecté qu’il a voulu, il ne parvient plus a retrouver son équilibre après l’avoir de lui-même perdu.

    Mais ce n’est pas lui qui paie l’addition. Ce sont les peuples.
    Mais il refuse toute mesure radicale qui pourrait tenter de commencer à assainir la situation.

    Jusqu’à quand ?

    1. Les peuples et ses représentants se sont laissés contaminés et convertis à l’économie néo-libérale et l’illusion de l’argent, du marketing, de la com ! La folie s’empare donc de tous et de chacun dans une espèce de fusion et nécessairement de … confusion, prélude à un déluge salutaire.

      Pour tuer le virus à la racine (sens du mot « radical »), il s’agit de capter et d’absorber la partie vivante non destructrice du virus contenu dans cette forme-pensée néo-libérale.

      Plus la corruption régnera, plus le système sera fragilisé. Plus il sera fragilisé, plus la corruption pourra se répandre. Et ainsi de suite … jusqu’à épuisement ! Chacun et tous cohabiteront entre son frère et son ennemi. Car les « bons » ne sont ceux que vous croyez bêtement ou qui se présentent comme tels. Et les supposés « méchants » ne le sont pas vraiment mais ils ne savent pas se vendre, c’est tout.

      Dans le Divin, la racaille n’est pas celle qu’on croit.

      1. @ TOUILEB Mouloud 12 novembre 2011 à 15:58
        Il faut espérer que vous dites l’inverse de ce que vous pensez afin de susciter des réactions.

        Sinon, ceux qui rêvent du chaos peuvent aller en Somalie pour voir comment se différencient les « bons » et les « méchants ». J’ai bien l’impression qu’ils sont tous malheureux. Les uns et les autres vivent dans la hantise du lendemain.

        Est-ce encore vivre ?

      2. bONSOIR mOULOUD !

        « Pour tuer le virus à la racine (sens du mot « radical »), il s’agit de capter et d’absorber la partie vivante non destructrice du virus contenu dans cette forme-pensée néo-libérale. »
        Là , je te rejoins !

        Mais pour ce qui suis …. Désolé , mais, je ne vois ni le fil conducteur, ni la cohérence ! Désolé ! Et ce que j’en comprends … ne me rallie pas pas à ce que j’ai lu et compris précédemment !

        Développe merci !

    1. La droite argentine, qui ne peut accepter les mesures sociales de redistribution de la richesse, ne peut s’empêcher de recommencer la fuite des capitaux. Cristina Fernadez de Kirchner, réélue pour un bail de quatre ans le 23 octobre, semble avoir senti le vent venir. La semaine dernière, son gouvernement annonçait la suppression de certaines subventions allouées aux secteurs de l’énergie et des transports ainsi qu’un strict contrôle des changes.
      Deux-Montagnes Québec

  6. Il n’y a pas de crise de la dette.. Il y a une crise du partage..
    Quelques siècles de cartésianisme ont introduit la séparation (voir le discours de la méthode: morceler le sujet à étudier, analyser chaque morceau, puis en faire la synthèse.. sauf que lorsque le pot est cassé en morceaux, il le reste)
    Et la séparation crèe la souffrance

    1. d’accord avec toi xian ! Sauf que le « JE PENSE DONC JE SUIS » ne signifie pas comme nous l’ont raconté les ânes « je pense donc j’existe » donc séparé de l’autre mais JE PENSE DONC JE SUIS (le JE SUIS de l’Etre, inséparable, insécable).

      De telle sorte que l’individu n’est pas la personne « isolée » mais ce qui est non-divisible en chacun, l’ETRE, le JE SUIS.

      La nuance sémantique est de taille pour la suite des événements. Le partage est là disponible dans l’ETRE. Ils veulent ramener l’ETRE au rang de l’AVOIR (le paraître, la richesse extérieure, la publicité, la communication donc vidé du Sens de l’ETRE, de nos profondeurs mythologiques, poétiques, religieuses dans le sens de relié)

      Chaque personne dispose de l’ETRE en entier. Ils veulent se l’accaparer par l’argent d’abord une unité de compte transformée en une arme redoutable dont nous constatons le désastre.

      1. Très belle reformulation de la pénétration cartésienne, merci.
        En Orient ou disons, dans le bouddhisme, les formulations seraient (je pense..!) :
        – je ne pense pas donc Je Suis (samadhi du zazen) ; c’est-à-dire : je pense donc je ne suis pas (la raison discriminante retranche de l’Être : tant que « je » pense, il n’y a pas l’être ; « je » ne peux/t Être, encore moins le réaliser).
        – mais on peut pousser aussi le phénomène « penser » dans ses derniers retranchements puis au-delà ; exténuation de la pensée, fine pointe de l’esprit ou boddhi) : je pense donc je ne suis pas, mais je ne suis pas « je ne suis pas », donc je ne suis pas « je ne suis pas je ne suis pas », etc. vertigineuse mise en abyme grâce au neti-neti-neti… (skr. « pas cela », « tu n’es pas cela » ou « il n’y a pas cela »). Doute massif de la méditation bouddhique (et le doute est au coeur de la méthode cartésienne), puis le doute atteint sa masse critique, il n’y a plus que doute ; alors, si c’est « mûr », peut se produire la déflagration, satori (réalisation soudaine), détachement définitif (?) de l’ego, plus ou moins brûlé.
        – alors cela, cette boule de chair rouge, surmontée d’une plus petite qui parle sans plus d’ego, revient dans le monde des hommes et fonctionne dans le relatif (pensée revivifiée, autonomie du corps et de l’ego acérés) comme dans l’absolu (extase, vacuité). L’esprit avec un petit e (cette résultante d’actions et de réactions qu’est la pensée commune) est ramené à sa juste place : celle de l’excellent serviteur qu’il est en réalité, alors qu’il s’était cru le maître, un bien mauvais maître…
        Si la réalisation est profonde, il n’y a, en vérité, plus personne… ni même cela !

      2. …euh, enfin, c’est ce qui se dit, hein ! …moi, je n’en sais rien ; je n’ai jamais pu progresser, c’est bien évident.

      3. Le Double jeu du cogito

        Il fut un cartésien désabusé, dit-il.
        Mal-vivre du déséquilibré ? Peut être.
        Voici le « Je pense donc je suis » en quelques vers.

        Il fut d’abord un cartésien illuminé, déclare-t-il.
        Riche du dehors, mais miné du dedans.
        Aujourd’hui, il craque, il crack sa vie, à pleine dent.

        Il devint vite un cartésien désemparé, avoue-t-il.
        Le jour, philosophe des lumières, et la nuit, poète des ténèbres.
        Aujourd’hui, il broie du noir et les chimères qu’il célèbre.

        Puis il devint un cartésien rassuré, ironise-t-il.
        Il pense donc il est, mais en fait… il n’en savait rien.
        Aujourd’hui, peut être, il faudrait qu’il ait plus, plus de biens.

        Il devint alors un cartésien assumé, prétend-t-il.
        Il pense et il prend, et en maître, il règne.
        Aujourd’hui, il possède. Mais pour avoir, il malmène.

        Il devint ensuite un cartésien redouté, prévient-il.
        Il pense et il hait, alors il se trahit mais préfère le taire.
        Aujourd’hui, il bat Des-cartes et, si nécessaire, croise le fer.

        Puis il devint un cartésien égaré reconnait-il, mais surtout pas coupable clame-t-il !
        Philosophe des plaisirs, parfois immondes, et poète décadent de la guerre des ondes.
        Aujourd’hui, il manipule les voix et les croix pour refaire son monde.

        Enfin il devint un cartésien repenti, car maintenant il sait, conclue-t-il.
        Il voit son pouvoir qui a détruit tous ses beaux rêves d’hier.
        Aujourd’hui, il croit toujours savoir mais pointe ses limites et ses travers.

        « Je pense donc je suis », belle trahison !
        Triste, il bat Des-cartes,
        Pour ne plus penser et s’oublier.

        « Je pense donc je suis », belle illusion !
        Amer, il bat ses cartes,
        Pour ne plus être et s’oublier.

        « Je pense donc je suis », il a alors compris.
        Des cartes truquées, un « je » tronqué.
        Dans notre double jeu se logeait déjà nos trahisons !

        « JE pense donc JE suis », il a enfin compris.
        Descartes trompé au jeu truqué.
        Dans son double « je » se logeait déjà ses illusions !

        Mais il a baissé les armes, et c’est bien là le drame.
        Il abat alors son « je » et perd. C’était son Heure.
        Il abat alors son jeu et meurt. C’était hier.

        Il fut un cartésien désabusé, et il n’est plus des nôtres.
        Le « Je pense donc je suis » en quelques vers.
        Le « Je pense donc je suis » pour tous les autres.

      4. Comme disait le pharmacien s’occupant d’un cycliste tombé de son vélo : « je panse, donc j’essuie ». (d’après Alphonse Allais)

      1. Bonjour,

        nerina-kun : et l’esprit pure n’est que sagesse et compassion ( à détailler) tout cela est d’une simplicité enfantine (simple innocente et vraie) mais nous baignons dans une marée où l’avoir et l’être (…) sont les valeures prems et marketisées, où est l’humain ? même cette question nous raméne à notre ego ?

        cordialement

  7. 250 milliards de CDS… J’en suis écroulé de rire. Je fais du « BA »…

    Sinon, « qu’elles rédigent un living will (littéralement : dispositions prises de leur vivant), »
    Alloooooooons…
    Et le « secret bancaire »….???
    Nous retrouvons aussi d’ailleurs une des composantes du capitalisme : « après moi, le déluge ».
    Aucun banquier ne peut aller en prison. Ou subir la PIRE punition : rendre l’argent. Donc…

    Mais bon, vu la masse de virtuel créé, je trouve l’interdiction de la spéculation bien … maigre.
    Vous en êtes aussi conscient, je pense.
    Un mal se coupe à la racine. Ou repousse.

    1. Les dispositions de leur vivant…

      Cela rejoint mon prof d’éco avec l’une de ses meilleures réflexions : « nous allons analyser les comptes de cette société avant d’être obligé d’en faire son autopsie… »
      Grand admirateur de Machiavel, lui aussi…

    2. Comme j’ai des réflexions à double détente, je reviens sur les « dispositions testamen-taires ».
      Amusant comme mot, non..??

      Une société, dont les 147 qui dirigent le monde, vit, évolue, régresse, subit un contexte, s’oriente, se recentre, se diversifie, se « met en bourse », rachète ses « actions », achète un « cost-killer », adapte le parc de ses « ressources humaines », lutte contre les syndicats, adhère au MEDEF,… etc.
      En gros, si tu ne t’adaptes pas, tu crèves. D’ailleurs, tout est fait pour.

      Dans un environnement changeant chaque jour.
      QUE vaudrait un « testament »…????

      1. @ yvan

        147 ?
        Je n’ai vu que la liste des 50 premières, parmi lesquelles Lehman Brothers !?
        Elles doivent être déjà bien moins nombreuses.
        Logique de concentration.
        « A la fin, il n’en restera qu’une ! »
        MacLeod Brothers ?

  8. Si leur déni est si fort c’est que l’on valorise notre expérience personnel par dessus tout, hors ces gens sont ce qu’ils sont devenu grâce à ce système. Cela est encré fortement dans leur processus cognitif.

    Pensant avoir réussi, leur cupidité comblé, il ne remettront jamais le cadre en cause, et leur égoïsme leur empêche de voir plus loin que le bout de leur nez..

    Donc, seul un écroulement du système ou une grosse baffe pourra éventuellement les pousser à se remettre en question, car l’instinct > l’affect 🙂

    Vu la grosseur du machin, en fait la probabilité d avoir les 2 en même temps, avec l’un enclenchant l’autre, devient presque inéluctable.

  9. Bonjour,

    On peut penser que mon intervention est hors de propos, mais elle répond en fait à des interrogations légitimes dans les commentaires du billet précédent de François Leclerc.

    Face à une crise financière sans précédent (qui semble s’accélérer dangereusement), une situation intérieure de plus en plus dégradée et leur énorme dette, autant publique que privée, les Etats-Unis ne vont-ils pas faire le choix de la guerre avec l’Iran ?

    S’agissant des tensions avec l’Iran, cela n’est pas nouveau ; depuis de nombreuses années est agitée une éventuelle confrontation avec ce pays. Cela se traduit par une diabolisation du régime de Téhéran ; certains y voient les prémisses à une action militaire pour laquelle il faut préparer l’opinion.
    On se souviendra que la CIA, appuyée par les Anglais, a renversé par un coup d’état, en 1953, le premier ministre démocratiquement élu Mossadegh qui avait eu l’idée saugrenue de nationaliser le pétrole pour en faire profiter son peuple.

    Déjà, à l’époque l’idéal démocratique ne pesait pas grand chose, mis en balance avec les pétrodollars …
    C’est ce qu’on appelle le « grand jeu » que l’on pourrait traduire par « la géopolitique du pétrole et du gaz » (voir à ce propos le documentaire tiré du livre du grand reporter Eric Laurent, « la face cachée du pétrole » :
    http://www.dailymotion.com/video/xeqkxk_la-face-cachee-du-petrole-1sur6_news

    Je ne suis en aucun cas un spécialiste, mais juste un amateur qui s’intéresse à ce sujet.

    La géopolitique, qui n’explique pas tout, est un éclairage supplémentaire qui s’inscrit dans le temps long. On est trop souvent focalisé sur des évènements de l’ordre de quelques semaines, mois, voire années, alors que la géopolitique pour certains états s’étale sur des dizaines d’années.

    Un exemple :
    Zbigniew BrzeziÅ„ski (conseiller aux affaires étrangères du président américain Jimmy Carter dès 1975, il l’est aussi sous « l’administration » Obama …) a écrit en 1997 « le grand échiquier » dans lequel il décrit, notamment, ce que devrait être la « politique » américaine au moyen orient et autour de la mer caspienne pour contrôler les grandes ressources énergétiques de cette région. Cette « politique », « pour un nouveau siècle américain » (c’est son expression qui fit des émules …) fut, dans les grandes lignes, appliquée là et perdure encore actuellement (on notera qu’il semble actuellement être opposé à une attaque de l’Iran).

    Pourquoi, ce qui semble une digression?
    Pour mettre en évidence qu’en géopolitique il faut considérer les choses « Par-delà le bien et mal ».
    Le général de Gaulle ne disait-il pas « les états sont des monstres froids »?

    Si on regarde les évènements à l’échelle de la géopolitique, on voit que très souvent les bons sentiments et les justifications ne sont que des paravents ; donc soyons prudents avec les conclusions trop rapides.

    Pour en revenir à la crise actuelle Israël – Iran, après pas mal de recherches, je pense que cette émission sur le site du journal belge « le soir » présente les choses de manière assez équilbrée :

    http://www.lesoir.be/debats/chats/2011-11-08/le-11h02-pas-de-risque-immediat-d-attaque-israelienne-contre-l-iran-875603.php

    Il y a cependant des signes contradictoires donnant l’intervention comme « imminente », ou à l’automne 2012. Encore faudrait-il qu’elle ait lieu …

    On peut aussi mentionner ce général Français, cité par « Le canard enchaîné », disant qu’on n’est pas à l’abri d’une action à la « Docteur Folamour ».

    Cordialement.

  10. (Bonjour Art’eme,
    Ancien marin, je puis vous dire que tout marin responsable a toujours à l’esprit le risque de naufrage et apprend d’abord quoi faire au cas où.)
    J’ai l’impression que Wall Street et les banques anglo-saxonnes et étasuniennes sont entrain de jouer contre les banques européennes. N’assistons nous pas à une guerre bancaire?
    Je n’y connais rien, mais c’est comme un pressentiment, une sensation étrange, un je-ne-sais-quoi de St Valentin, version Chicago…

    1. « Les banques US auraient en effet assuré d’importantes quantités de la dette européenne – le chiffre de 250 milliards de dollars est avancé – et seraient à ce titre vulnérables. »
      La météo en Mer d’Iroise ne suffit pas par son importance ou… veux-tu pire…??

    2. Oui, ma maman me disait toujours: « Ne tourne jamais le dos à un anglo-saxon »
      Enfin bref, il n’y a rien à tirer de l’espèce humaine !!
      Elle s’autodétruira et cela profitera aux autres espèces ..

      Il faudrait prendre deux hauts dirigeants mâle et femelle et les enfermer après endormissement dans un bunker..
      A leur réveil, un robot leur annoncerait qu’une guerre nucléaire a tout ravagé sur Terre et qu’ils sont les 2 seuls survivants !!

      1. …pourquoi 2 « hauts dirigeants » ? …c’est courir le risque de confiner la nouvelle espèce humaine dans la crétinerie et la violence, non ?

    3. lars : « N’assistons nous pas à une guerre bancaire? »

      La guerre bancaire est permanente mais les banquiers préfèrent l’appeler « concurrence »…

      Les militaires on en permanence le soucis de ne pas tirer sur leur propre camp, ça leur arrive souvent quand même. Dans le cas des banques ça a bien l’air d’être devenu si inextricable qu’ils peuvent se tirer une balle dans le pied et ne pas comprendre d’où vient la douleur.

      A propos du shadow banking: quand quelqu’un ne suit pas les règles on fait sa police soi-même ?
      Y’a des morts ?

      1. En effet, je me suis mal exprimé, en fait de guerre, c’est une guerre monétaire à laquelle je pensais, guerre dont les banques anglo-saxonnes tireraient le bénéfice d’absorber ou éliminer les concurrents européens, nous passerions des méga-banques, aux terra-banques, comme pour la mémoire des disques durs……..de « too big to fail » à  » too big to move »..

  11. Entendu dans la Rumeur du monde sur France Culture ce jour

    http://www.franceculture.fr/emission-la-rumeur-du-monde

    Jean Claude Casanova en parlant de l’arrivée de Mario Monti à la tête du gouvernement italien:

    « Le recrutement des dirigeants politiques soit à partir de la compétence, soit à partir du suffrage indirect (sic), peut se révéler peut-être supérieur au recrutement des hommes politiques par le suffrage direct »

    Jean-Marie Colombani:

    « C’est un des grands paradoxes et une des grandes leçon de la situation italienne en tout cas! »

    Paradoxe pas vraiment. Si les peuples sont tellement immatures et infantiles qu’ils ne savent élire que des clowns, pourquoi ne pas avoir laissé Coluche se présenter en 1981. En lieu et place de faire pression sur lui pour qu’il retire sa candidature ???
    Sinon à quoi bon conserver dans ce pays l’élection du président de la République au suffrage universel direct, puisque la cooptation de gens sérieux et raisonnables sortis d’un vivier de technocrates économistes gardiens du temple est supérieure à un processus électoral direct.
    Il faut aller jusqu’au bout de la démarche et rétablir le suffrage censitaire, ou faire passer un examen du permis de voter.
    Cela nous épargnera peut-être les campagnes démagogiques de manipulation d’un électorat versatile et considéré comme irresponsable. Par contre ce ne serait pas bon pour les instituts de sondage et les officines de communication.

    1. En regardant le poids des fondamentalistes au Moyen Orient (les pays arabes, certes, mais Israel aussi), on se demande ce qu’il faudra faire le jour où les grabataires et les fondamentalistes seront majoritaires. Laisser les non-éduqués diriger les éduqués? Socrate aurait vite fait le tour…

    2. Dans la mesure ou il n’y a aucune éducation au droit et a la politique dans les « démocratie » avant l’université, c’est a dire que qd ils votent les gens ne savent pas ce qu’ils font, alors oui le vote direct ne sert qu’a mettre au pouvoir le communicant vendu a des lobbys et/ou des mafias.

      Mais la question devient inevitablement pourquoi des états dits de droit n’éduquent pas leur population a ce qu’il y a de plus important, la politique, l droit, la philosophie, l’anthropologie ??
      Alors qu’on gave a marche forcée de savoir technique (math physique, chimie) ???

      La réponse est immédiate. Les dirigeants ne veulent pas des citoyens compétents, mais des ouvriers compétents. Le désastre de la civilisation occidentale est la tout entier.

      Des esclaves bien dréssés oui, des citoyens NON !!

      1. Oui, merci de le crier si bien.
        Et nous parler d’économie, alors que celle-ci façonne notre vie, devrait être obligatoire.

    3. « Le recrutement des dirigeants politiques soit à partir de la compétence, soit à partir du suffrage indirect (sic), peut se révéler peut-être supérieur au recrutement des hommes politiques par le suffrage direct »

      Ah bon ? De toute évidence, ce monsieur considère le manque de vertu de Mario Monti comme un choix supérieur ! Autant désigner le diable à la gouvernance économique de l’UE !!!

      1. Le manque de vertu de Monti ? Condamné avant d’être mis à l’oeuvre? C’est sur Berlu que vous pleurez ?

        http://www.lemonde.fr/europe/article/2011/11/12/apres-dix-ans-de-regne-silvio-berlusconi-laisse-l-italie-dans-l-etat-ou-il-l-a-trouvee_1602877_3214.html#ens_id=1191686

        (abrasif: je me suis toujours dit qu’il faudrait un minimum d’éducation au marketing pour que les gens ne se fassent pas trop embobiner par les pubs qu’ils voient et les marchands!)

      2. Zeno : « Le manque de vertu de Monti ? Condamné avant d’être mis à l’oeuvre? C’est sur Berlu que vous pleurez ? »

        Berlusconi était trop occupé par ses propres affaires pour imposer à l’Italie la politique voulue par Bruxelles (ou trop conscient de la difficulté à l’imposer, c’est d’ailleurs une politique qu’il a toujours voulu mettre en oeuvre …au moins d’après ses programmes électoraux et ses discours.)

        Le look de Monti convient beaucoup mieux aux « européens du nord » mais qu’il arrive à faire avaler la pilule aux italiens n’est pas acquis. Avec un meilleur spread ça fera quelques semaines de gagnées pour Merkozy mais avec un mauvais spread les solutions de type union nationale risquent de montrer assez rapidement leurs limites.

        Les réformes et les économies exigées par l’Europe ont été formulées avec précision, en 39 points, c’est pas une chose à laquelle les sénateurs et députés italiens sont habitués, voir comment ils vont réagir va être intéressant. Les italiens qui vont être frappés d’austérité sont peut-être en majorité « dégoutés de la politique » mais, paradoxalement, ça pourrait ne pas simplifier la tache de Mario Monti.

        Pour le moment il y a l’air d’avoir pas mal d’ambiance au voisinage des palais gouvernementaux pour fêter le départ de Berlusconi !

    4. Le pouvoir dominateur tient de l’animalité.. Le pouvoir humain est partage..
      Le pouvoir est une « capacité d’action » qui se partage pour augmenter les expériences et les echanges

    5. Je me permet d’en sourire (des propos entendus sur France-Cul): et vous ne croyez-pas qu’il y a tout le staff voulu de technocrates pour faire le travail, derrière le ou les politique(s) élu(s)? Le rôle du politicien étant essentiellement de vendre « sa camelote » (marketing politique) au populo, au rythme des élections?

      Ce qui d’ailleurs n’est pas rassurant sur le m…ier actuel, celui-ci semblant difficilement gérable (et géré…), malgré ce que je viens de dire.

      De plus -au-delà de problèmes structurels imputables à chaque pays…-, la crise est mondiale.

    6. Joan, voici une scène fabuleuse des Vestiges du jour (The Remains of the Day) entre un invité de Lord Darlington et le majordome de ce dernier (prodigieux Anthony Hopkins).
      Hier comme aujourd’hui, l’oligarchie a toujours pensé que les destinées d’une nation ne sauraient dépendre du commun (« our good man here »)…

    7. France culture est une radio déplorable, surtout au niveau de la rédaction, par exemple tout ce qu’ils on trouvé à dire sur B. Buto récemment était que c’était selon eux, pour les pakistanais, « la fille de la nation » alors qu’elle n’était qu’une oligarque comme les autres qui scandalisait pas son train de vie. Hugo Chavez et tout ses alliés veulent toujours une seule chose c’est devenir président à vie, les cubains seront bientôt libres, etc.

      C’est une radio écran, destinée à meubler, et surtout bloquer la démocratie.

    8. Ce n’est pas avec ce même Casanova qu’il y avait eu un petit esclandre de PJ lors de cette journée de l’institut Diderot du 7 février « matinée des intellos » au Luxembourg, Avec Luciano Canfora, Jean-Claude Casanova, Antoine Compagnon, Paul Jorion, 
Raffaele Simone ? (puis en « fournée » suivante, Jean-Claude Ameisen, Marie-Anne Fontenier, Jean-Marc Lévy-Leblond, 
Jean-Noël Missa, Bernard Stiegler).
      Il m’avait manqué l’épisode précédent, à l’époque (épique et colégram)

    9. @ Joan
      Plus de 2 ans qu’ils sévissent.
      Ils viennent de montrer un bout de l’oreille… le naturel transpire.
      Au bal de faux-culs:  » A droite, toute! « 

  12. En quoi l’interdiction des paris sur les fluctuations de prix serait-elle l’arme ultime pour remettre au pas la finance, alors que les transactions de gré à gré ne sont enregistrées nul part, donc incontrôlables ?

    1. Pour interdire véritablement les paris sur les fluctuations de prix, il convient bien évidemment de rendre obligatoire la compensation enregistrée et contrôlée/contrôlable par les pouvoirs publics.

      La beauté et la simplicité de cette mesure, c’est qu’elle implique de fait d’innombrables changements qui découlent directement de son application stricte.

      1. Julien.
        C’est le « hors-implication » que gène beaucoup de monde.
        Tu le sais aussi….

        Chat (ut) échaudé craint l’eau froide.
        Et … les paradis fiscaux ainsi que le chado, tu les tues comment…???

      2. La beauté et la simplicité de cette mesure, c’est qu’elle implique de fait d’innombrables changements qui découlent directement de son application stricte.

        Exactement, ça signifierait tout simplement le bridage définitif du « moteur » de la finance, la fin de la créativité née de la fuite en avant, des artifices pour booster la liquidité quand le problème est la solvabilité. C’est remettre la

      3. C’est remettre la ….

        … table, Vigneron.
        Nouveau service de la dette et de l’évasion fiscale.

        Je t’offre la tournée, sur ce coup-là.

      4. La compensation , comme la taxation , auraient un effet bénéfique (pas forcément recherché et pourtant PRIMORDIAL : redonner de la consistance au critere « TEMPS » . Je n’ai pas des masses de competences en terme d’économie , mais j’ai eu , ce matin la surprise d’entendre un « économiste « (dt j’ai zappé le nom , au fameux colloque , dérouler la meme thématique : Les engeins modernes permettent carrémen l’ ubiquité en supprimant le temps , en le faisant « tendre » vers zéro , en terme mathématique .
        On peut facilement imaginer que si l’on modélise l’ économie en equations , qqs soit le niveau de la modélisation , la variable « T » se trouve a tous les étages ….avec qqs notions basiques de math , on imagine ce que , remplacer « T », par zero pourrait impliquer ….un sacré bordel ! et surtout une explosion d ‘exponentielles ..
        A la periode ou l’économie s’est mise en place , « T » etait incontournable et passer un ordre de bourse prenait des jours … ces contraintes temporelles ont servi de frein et permis l’usage d’equation ou de process qui ne sont viables et régulés qu’avec ce frein ….
        Passer des dizaines d’ordres et de contrordres ds la meme seconde par des robots est possible actuellement et autorise ds gains sur des 1/2 secondes , s’il y a une pente …
        Remettre un frein serait possible en taxant chaque transaction … sinon , freiner la variable « t » me parait difficile .
        Parce qu’interdire les paris , je veux bien , mais c’est comme interdire le PMU , c’est pas gagné .

        Mais de toutes les façons …ameliorer le fusible ou le remplacer par un disjoncteur (avec courbes thermique et magnétique, pour mieux absorber le défaut …ne résoudra pas la vraie cause :::: le court circuit , le manque de matiere premier et d’energie que l’exponentielle de la demande rencontre .

      5. Sinon, Vigneron, plutôt que de parler bassement argent, je verrais bien un ou plusieurs mets à concocter pour ton cru à condition que je sache les caractéristiques de ce dernier.
        Et comme tu y crois, sinon tu ne le travaillerais pas, définis-le moi, s’il te plait.

        Etant fin palais et bon conservateur, donnes-moi les caractéristiques de son apogée, bien sûr.

        Bon, par contre, je reçois une fois de plus demain, je reçois souvent de ce fait. Donc, au niveau réponse, nous allons encore devoir surfer sur les nombreux articles successifs.

      6. Hhmm.. Kercoz.

        Ce n’est pas exponentiel. Les arbres ne grimpent pas jusqu’au ciel. L’effet levier reste, lui, proportionnel.
        Il y a beaucoup plus complexe qui sont les « seuils » enchainés sur plusieurs calculs.
        Et là, quand tu passes en discontinu sur les équations, tu finis obligatoirement par détester au PLUS HAUT POINT l’environnement extérieur, soit, le contexte.
        « le problème, c’est les autres ».

        En GROS complément.
        voir : Nyquist

      7. Vigneron, cela va te paraitre étrange, mais je suis absolument sérieux dans ma proposition.
        Et en principe, tu es assez pertinent pour avoir détecté mon hyper-sensibilité tant aux opinions subjectives qu’à la bonne chère à condition qu’elle soit un accord parfaitement philharmonique.

        On est (nait) sensible ou l’on ne l’ait pas.

        Ca va d’ailleurs me faire un demi-remord de tuer le premier voleur qui se présentera… 🙂

      8. Yvan

        Je crois que Vigneron nous en dira — peut-être — plus sur son cru le jour où les paris sur les fluctuations de prix auront été interdits. Et il a bien raison de nous faire saliver car c’est pour la juste cause !
        Et même que Vigneron ne ferait qu’un honnête vin de table que je m’en contenterais. Et même que Vigneron ne ferait vendanges que virtuelles, qu’importe, pourvu qu’on est l’ivresse ! Il n’est pas de grandes choses qui s’accomplissent sans une part de fiction, de rêve.

      9. http://fr.wikipedia.org/wiki/Nyquist
        « Nyquist détermine qu’un signal analogique doit être échantillonné à au moins deux fois la plus haute fréquence le constituant si l’on veut le convertir en un signal numérique correspondant »
        En information, si la source est unique, cela veut dire qu’elle est fausse.

        En économie, il existe UNE boucle de résonance fermée et une boucle de résonance ouverte.
        Le refermage est actuellement flagrant.

        Ceci est malheureusement uniquement compréhensible par ceux qui ont un minimum de connaissances dans les suites convergentes ou divergentes.

        Et là, on dit vergente pire que DSK. Si c’est possible, notes.

      10. @ Yvan :
        /// Ce n’est pas exponentiel. Les arbres ne grimpent pas jusqu’au ciel /////

        «  »Qu’est ce qu’il en sait le bougre ! et qui donc lui a dit ….qu’y a pas de chènes au paradis … » »
        Pardonne moi cette boutade , c’est juste pour le mot ..Il n’empeche …:
        -que ça reste un argument non étayé …au regard des arguments tres scientifiques sur lesquels , par ailleurs tu t’appuies.
        -Que Nyquist bien que génial etait du 19e …POincaré aussi me diras tu .
        – /// En économie, il existe UNE boucle de résonance fermée et une boucle de résonance ouverte.
        Le refermage est actuellement flagrant. ////
        -certe mais ces thèses commencent a dater …meme si elle ont pompé leur inspiration sur les « sciences dures » , les systèmes asservis , leur amortissement et autres diagrames de Bode ..on pourrait soutenir (avec Prigogine) qu’elles « élaguent » beaucoup d’intrants pour échapper aux equations complexes .
        -Il me semble que l’école moderne (surtout les écoles économistes d’ailleurs ) pillent les cursus « chaos » des écoles de math pour comprendre le pourquoi du desastre de leurs méthodes.
        Parce qu’il est un peu curieux de se prévaloir de theories qui nous ont mené a l’échec . Meme si ces theories ont cheché par qqs retroactions a corriger l’instabilité systémique de leur modèle .
        Prendre un système linéaire et lui coller qqs feed backs n’en fait pas un système complexe/chaotique et si ça retarde la divergence des solutions, ça ne lui octroie pas une stabilité auto-régulée .
        Bon , apres ce que j’en dis c’est juste pour faire avancer le schmil.. je trouve juste désolant de constater que personne ne veuille jeter le bébé avec l’eau du bain .

      11. Je suis prêt à tout jeter.

        Et justement, comme tu l’expliques, parce que tu trouveras toujours un gars qui, à partir des intrants (et ils sont innombrables), se débrouillera pour te pondre un super produit financier à triple détente avec rendement juteux rétroactif.

        Comme le souligne Lordon, les textes de régulation de la finance que veulent faire appliquer les US comporte pour la première fois depuis longtemps la notion d’interdit.
        Car c’est un retournement de tendance de la loi qui est profond : à la place du « pas de sanction car ça n’était pas prévu », là, tu passes à : « ce qui n’est pas prévu par la loi est interdit ».
        Il notes aussi que les décrets d’application peuvent être vidés de tout sens initial, tu me diras…
        Soit, plutôt que de s’embêter à essayer de reboucher la mer avec le sable de la plage, autant interdire l’accès à la plage.

      12. @ kercoz 12 novembre 2011 à 18:57

        suite à votre réflexion sur l’importance du temps.
        Le sujet me titille aussi. Je le croise avec mon dada de ces jours-ci, financiers contre marchands.
        Ce serait le décalage de vitesse entre le temps des flux d’information (quasi instantanée) et celui des flux de marchandise qui saturerait le système.
        Dans le bon vieux temps, l’information circulait avec la marchandise, le messager avec la caravane. On apprenait qu’un bateau était parti de l’autre bout du monde quand il arrivait à bon port.
        Désormais, sa cargaison peut changer des milliers de fois de main, voire le bateau lui-même, avant qu’il n’arrive à quai.
        Dans une récente réponse à xian, afin de rétablir l’équilibre, PJ lui proposait d’envisager la téléportation. Mais je me demande s’il ne plaisantait pas un peu en raison d’une ou deux difficultés techniques non encore résolues pour développer la technique.
        L’autre possibilité serait de ramener la vitesse de l’information à celle de la marchandise en interdisant des canaux dangereux comme internet, les ondes hertziennes, le téléphone, le télégraphe et autres sémaphores. Mais la mesure risque de rencontrer certaines résistances.
        Finalement, je me rabats sur la proposition, toujours de PJ, de limiter les cotations des produits (matières premières, actions, et tout et tout) à un fixing quotidien.
        Je l’envisageais, jusque là sous son aspect moral ou technique, je pense désormais qu’il s’agit d’une véritable réponse systémique.

      13. @ Renard :
        Il y a deux faits sociologiques importants (selon moi) a prendre en compte pour pour faire une approche de ma « monnaie » et de l’ économie :
        1/ le premier gain de producivité d’une espece animale en se socialisant , c’est un accroissement sécuritaire(bouffe et competition) et un gain de temps ….ce gain de temps est un « bien commun » et est réinvestit en productions …culturelles servant a renforcer la structure du groupe …il n’ y a pas bifurcation vers des productions « spéculatives » parce qu’il n’ y a pas ou peu de spécialisation et que la recherche est la valorisation de l’individu par des interactions culturelles ….
        2/ La notion de valeur de la monnaie est fonction de sa vitesse de circulation :
        -si tu achètes une bagnole 10 000 euros et que le vendeur utilise cet argent le lendemain pour acheter une piscine promise a sa femme , le piscinier , un voyage a sa pouffe aux sychelles …etc …donc utilisation des 10 000 euros ts les jours ….la production de biens est 30 fois plus importante que si cette somme est utilsée 1fois par mois …..et donc ce devrait affaiblir la valeur effective de cs 10 000 euros …. n’etant pas formé ds ce domaine , ce caractere m’a paru évident !
        Maintenant qd on me dit que des robots passent ordre et cont’ordre des dizaines de fois pas seconde…ça me parle et l’ histoire de la variable « frein » tendant vers ZERO est aussi évidente ..ce qui me fait rappeler que ces « limites » zero et l’infini ont tendrement liés par de simples equatons de type « regle de trois » .
        Ds les systèmes asservis (cités sur un autre fil) , le diagramme de Bode montre que pour amortir ce système et é »viter des phénomènes de résonnance divergents ou meme astables , on doit freiner ce système et faire passer la courbe entre zero et moins 1 (vagues souvenir de la stabilité des systèmes asservis) …
        tant donné que les « lois économiques /sans rire) ont été pondues a une époque ou le frein « temps » existait pleinement ….il est , me semble t il permis de s’interroger sur la pertinence de ces lois zet outils en option a l’heure ou T= ZERO ou epsilon …..
        De façon tout a fait intuitif , il est connu que que moult materiels mécaniques ou elec ..ne fonctionnent qu’avec un frein systémique sinon ils exploseraient (ne serait-ce que la resistance de l’air) ..

        Quand a interdire ou limiter l’usage du facteur temps … il ne me semble pas que ce soit possible …une cotation journaliere , par ex , serait détournée par les grosses structures qui coteraient eux meme …
        il me semble plus pertinent que cette limitation découle d’un prix à l’acte qui limiterait son usage ; ou un décallage imposé entre l’ordre et la validité de l’ordre (1heure , 1 journée ) ce qui se controlerait plus facilement….

      14. @ kerkoz, 13 novembre 2011 à 13:55

        (après je change de fil, celui-ci est vraiment trop étiré)

        Pour votre 1/, rien à redire, je vous suis sur ce domaine.
        Pour le 2/ et votre définition de la valeur de la monnaie, je remarque que vous prenez comme exemples des biens ou services dont la fabrication, la livraison ou la consommation, ralentissent naturellement la fréquence des échanges.
        Or, coté finance, on se rapproche davantage (à une toute autre échelle et à à une toute autre fréquence) de la vieille blague juive où les deux mecs se vendent et se rachètent indéfiniment la même bague en faisant un petit bénef à chaque fois. C’est un système qui parasite l’autre entre l’achat initial et la livraison finale du produit.
        C’est à mieux comprendre l’articulation entre ces deux systèmes que je m’intéresse, et je suppose que la valeur ou la définition de ce qu’est la monnaie doit (?) être différente à selon les étapes du process.
        Quand à la nature du frein systémique nécessaire, si vous éliminez l’idée d’une cotation quotidienne, je pencherai pour une taxe non seulement sur les transactions mais aussi sur les offres de vente ou d’achat non suivies d’effet (payer pour voir).

    2. @ ANIMO Claude :

      —> EN résumé, à cette heure de temps durée , de temps opportunité, et compte tenu de l’objectif et de la puissance des moyens des différentes parties, —> irréalisable …. Tout comme la proposition d ‘autres …. Nous pouvons citer celle de Johannes Finck …. Trop de paramètres qui ne sont pas pris en compte … même parmi les intéressés !!!! Et srutout …. pas suffissammment d’appuis pour ces propositions, qui prises , sans les autres paramètres, sont d’excellentes propositions !!!!
      —> Un encouragement : que les terribles, les rognes vies et touti quanti se complaisent —-> Ca me convient … hihihihi !!!!

      En conclusion :
      – buttons…. et dans l’oubli vos dieux mon… otheistes! —> Ils est religieux ce siècle, BORDEL !!!
      – Buttons , hors territoires …. les propriétaires terriens !!! c’est très REEL !!!! c’est assainissant … immédiatement !!!!
      – Buttons , hors droit d’exercer … et de vivre , les promoteurs du libre échange , pour tout ce qui concerne, la préservation en tout lieux de l’univers, en tous temps le tryptique suivant :
      SE NOURRIR, SE VETIR, SE LOGER ….—-> EN LOCAL , AUTANT QUE FAIRE SE PEUT !!!!

      1. La variable T
        Vous avez un problème et le portez en justice ? Comptez le temps qu’il faudra pour que vienne une solution.
        Un « cerveau » créateur « déquations », celles-là même qui servent à abolir le temps en bourse, s’est enfui avec quelques secret, il y a un an ou deux.
        La vitesse à laquelle il a été retrouvé fut…subliminale ! CIA, et autres joyeusetées l’ont pisté et fait disparaitre de la circulation en moins d’une journée.
        Bref, votre reflexion m’a fait réfléchir.
        Nous apprécions de prendre notre temps, et vivons au rythme du temps immuable.
        Il apparait que ceux qui dévorent le système aient trouver le moyen d’accélérer le temps, que ce soit par l’intermédiare d’ordinateurs que certains cerveaux ont gorgés d’intelligence, ou dans les moyens de répréssion, de surveillance, de réaction…
        Oui, il y a un rapport au temps qui pose question……..

  13. Le problème, c’est que le secteur financier, pris à son propre piège, essaie de s’en dégager en prenant officiellement les rênes des états et en effaçant les derniers vestiges de l’Etat Providence, ce qui réjouira ceux qui pensent qu’il doit disparaître, mais promet des lendemains bien difficiles pour tout le monde, y compris les sus-cités, si rien n’est fait pour l’éviter, ce qui semble être le chemin le plus probable…

  14. Merci art’ème ! Seule la poésie, la folie divine nous sauvera ! Cette folie d’une minorité soi-disant d’hommes que le Divin abhorre. Surtout ces décisions folles des conseils d’administrations soi-disant sérieux ! Ces prétentieux qui ne savent même pas s’occuper d’un bébé de quelques semaines ! et qui délègue, délègue, délègue, pendant que d’autres survivent ! C’est pour en arriver là que nos aînés ont combattu, souffert ?

  15. Apres un tour sur Wiki :
    ////
    Le risque systémique, ou la crise systémique sont des expressions utilisées en finance où le terme systémique exprime un changement d’échelle, une prise en considération globale du mécanisme et de ses causes, et qui inclut donc l’environnement dans lequel il s’inscrit.

    Le risque systémique est la probabilité d’occurrence d’un dysfonctionnement paralysant l’ensemble du système financier dans une vaste zone ou dans le monde entier, par le biais des engagements croisés, première étape avant des faillites en chaîne. Cela conduirait à un effondrement du système financier mondial. Il s’oppose au risque non-systémique, qui décrit les risques apparaissant lorsque l’économie mondiale doit faire face à un événement extérieur majeur (tel qu’une guerre)
    //////
    il me semble que s’il y a effectivement une cause systémique due a la débilité de l’ outil financier , la causalité réelle et initiale est le « risque non systémique » , c a d un évènement exterieur …celui ci etant la finitude : La pénurie d’abondance des mat premieres .
    Le passage d’ un système « ouvert » (indispensable suivant Bataille) a un système « fermé » bouleverse le modèle et rend l’ancien outil deja fragile , carrément innoportun .

  16. A ajouter au commentaire de François une autre particularité des OTC. Non seulement, ces produits sont effectivement très complexes, négociés de gré à gré, mais encore le plus souvent faits sur mesure. C’est-à-dire qu’une des parties imagine le produit (le client voulant obtenir un effet de levier quelconque ou la banque lui en proposant un) et l’ingénierie financière de la banque le conçoit. Tout est alors décrit dans le prospectus.

    Vient ensuite la valorisation du produit. Lors de son émission, les parties se mettent d’accord et le montant est transféré du client vers la banque. Par la suite, ce sera la banque qui fixera régulièrement le prix dudit produit, le client étant généralement dans l’incapacité de le faire. Et c’est là que le bât blesse.

    Les formules regorgent de paramètres et de variables, tantôt statistiques, tantôt dérivés, que seuls les concepteurs du produit maîtrisent (ou croient maîtriser). Mais dès que l’évolution des paramètres et variables se détériore (au détriment du concepteur), les valorisations font soit défaut, soit s’écartent sensiblement de leur valeur théorique. Là aussi, il y a des abus manifestes.

    Nous le constaterons prochainement quand quelques pays souverains tomberont et que les détenteurs de CDS exerceront leur droit ou voudront vendre leur contrat. On ne sera pas surpris alors de voir que les prix ne correspondront plus du tout à la valeur intrinsèque (théorique) desdits produits. Une aggravation supplémentaire qui accélérera l’implosion du système financier tout entier.

    Ce risque ne se résout pas avec l’instauration d’une chambre de compensation centralisée, ni avec de nouvelles plate-formes de négoce, puisque ces dernières n’interviennent qu’une fois le méfait accompli. C’est à la source qu’il faut agir et interdire effectivement ce genre de produits ou, à tout le moins, leur aspect spéculatif (pari sur les fluctuation ou la formation des prix).

    1. Plus la formule est élaborée, plus elle contient de variables et de paramètres, plus le temps nécessaire pour résoudre l’équation augmente. Pour obtenir la solution suffisamment rapidement, il faut fixer un certain nombre de variables et de paramètres, qui s’ils varient donnent une solution totalement erronée à cette équation. Nous avons fixé comme paramètre que la terre nous permet de nous enrichir, et que pour cela il suffit de la consommer. C’était vrai jusqu’à il n’y a pas si longtemps, mais ça ne l’est plus en raison de la croissance de la population. Aujourd’hui on consomme plus que ce que la terre peut produire, et notre consommation nous appauvrie. Tant que nous n’auront pas modifié ce paramètre, aucune des solutions de l’équation ne fonctionnera, et nous nous appauvrirons. Plus nous attendrons, même si nous n’atteignons pas le point de non retour, moins nous aurons de richesses disponibles pour nous enrichir différemment, en préférant la richesse de création et de contemplation, à celle de consommation et de possessions.
      Est-il préférable d’avoir d’avoir réalisé de belles choses qui durent longtemps et dont on profite, ou énormément de saletés qu’on renouvelle régulièrement en fonction de la mode, et qui nous encombrent?
      Un choix de société.

  17. Merci François Leclerc pour vos chroniques toujours aussi lucides.

    Est-il possible aujourd’hui de dégager des raisons pour lesquelles la remise en question des inébranlables fondamentaux du paysage économique actuel plonge systématiquement les dirigeants et leurs communicants affidés (appelons-les économistes ou journalistes) dans le déni des solutions les plus élémentaires ? Pourquoi ce blocage ? En évaluons-nous pleinement les enjeux ou bien reste-t-il encore des zones inexplorées ?

    A la lecture d’Underground, le livre de Julian Assange, il apparait que des hackers adolescents ont à la fin des années 80 réussi à s’infiltrer dans les systèmes informatiques de Hedge Funds. Ceci leur a permis de découvrir que certains de ces fonds ne prétendaient pas seulement enrichir leurs propriétaires ou bien nourrir la seule fibre spéculative du système mais qu’ils finançaient également des activités liées au complexe militaro-industriel (ex : TRW).

    Sans tabou, ne toucherions-nous pas ici une sensibilité potentiellement plus traumatisante lorsque le débat révèle qu’un moyen de financement entendu comme légitimement souverain repose sur des sphères bien éloignées de la volonté des peuples et en extension des répartitions de richesse ? Qu’en est-il de la menace de tarissement de cette source d’alimentation du système ?


    Peace is our profession

    1. Il n’y a qu’une seule et unique raison: la défense intransigeante de leurs intérêts par ceux qui bénéficient de ce système au plus haut point.

      1. Qui sont ces ceux ?
        Qui gouverne l’empire monétaire ?
        Y a-t-il du « bénéfice » à ce gouvernent ?…..
        Gagner sa vie à la perdre….. Sous la chimérique protection du Pur Pouvoir du maitre d’ici-bas.

      2. Les fameuses 147 sociétés qui contrôlent 40% du commerce mondial. (et à mon avis plus que 40% car elles pèsent suffisamment pour influer sur le reste)
        (j’ai oublié de remettre yvan en identifiant…)

    2. Pourquoi diaboliser le complexe militaro-industriel dont les contours sont flous et qui fait partie d’un seul et même système, qui n’a pas une partie noble et une autre qui serait diabolique ?

      1. diaboliser? même plus restons flou, depuis le temps, dédiabolisons, les églises les partis, etc. sanctifions le noble combat, spéculons sur les assurances-vie pour ressusciter parmi les papes ou leurs gardes, pousser en première ligne les Hedge Funds, et prévoir la relève, faire de l’appareil militaire le bras armé des fondations philanthropiques?

        une douceur? Camille – L’étourderie (acoustique)
        http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=x08kYEW2AvA

    1. @ HP
       » Les banquiers ont trouvé une amusante façon de truquer leurs comptes… »
      Après avoir lu cet article d’Atlantico que tu signales , HP , je suis persuadé que Fr. Leclerc va nous titrer  » Prends l’oseille et tire-toi  » un de ces prochains jours .

      1. eh bien on n’a plus qu’à autoriser les Etats a faire de même et il n’y aura le papier plus de déficit en 2011 ni en Grèce, ni en Irlande ni au Portugal, alors que les Allemands seront eux en déficit… (le mark to market les obligerait alors à rapporter une perte…)
        Ca serait risible si ce n’était pas aussi tragique

    2. Cela me partait tellement énorme que j’ai du mal à y croire…

      Merci pour votre commentaire, ne comprenant pas la différence entre une action et une obligation, j’ai été me documenter un peu, du coup c’est plus clair.

      Pour ceux que ça intéresse.

      1. Olivier L. : « Cela me partait tellement énorme que j’ai du mal à y croire… »

        Justement, c’est parce que c’est énorme que ça marche. Les banquiers c’est comme les sorciers, plus la magie est invraisemblable mieux elle marche, comme on peut le constater en lisant les commentaires:
        – on reproche à l’auteur son acharnement sur les banques françaises
        – on affirme que c’est de la comptabilité de base.
        – on reproche à l’auteur de prononcer des mots qui impliquent des délits, de laisser entendre qu’il y a eu infraction au code de commerce et de mettre en cause la compétence ou l’intégrité des commissires aux comptes des établissements bancaires, de reprocher une société cotée d’appliquer les régles en vigueur.

        Pour finir un intervenant émet les plus gros doutes sur un article comme ça surtout signé d’un professeur du CNAM. et demande s’il est pret à répondre de ses écrits devant l’AMF!

    3. C’est tout comme si on avait caché un petit « démon de Ponzi » dans le commissaire au compte et dans le comptable de la banque.
      Comme le « démon de Maxwell » qui viole l’entropie en n’assurant, à un petit tuyau entre deux réservoirs de gaz, le passage des molécules « chaudes » (rapides) que de droite à gauche, disons, et que des molécules « froides » (lentes) de gauche à droite. Le tout pour violer le second principe (il n’existe pas de moteur monotherme).
      Effectivement, le seul moment cocasse est à la maturité de l’obligation, mais on a ainsi lissé les revenus de bonus, qu’il pleuve ou qu’il vente.
      On dit « Tondre » aussi.

  18. http://www.senat.fr/rap/l10-111-312/l10-111-3120.html#toc4

    «  »
    b) Une programmation pluriannuelle révélatrice du choc à venir

    Votre rapporteur spécial rappelle enfin que le projet de loi de programmation des finances publiques pour les années 2011 à 2014 prévoit une augmentation annuelle de la charge de la dette de plus de 4 milliards d’euros par an, imputable aux deux tiers à l’augmentation de l’encours de la dette (cf. graphique).
    «  »

    http://www.senat.fr/leg/pjl10-066.pdf
    «  »
    CHAPITRE IV
    Limitation du recours à l’endettement de certains organismes publics
    Article 11
    I. – Pendant la période mentionnée à l’article 1er et nonobstant toute
    disposition contraire des textes qui leur sont applicables, ne peuvent contracter
    auprès d’un établissement de crédit un emprunt dont le terme est supérieur à
    douze mois, ni émettre un titre de créance dont le terme excède cette durée les
    organismes français relevant de la catégorie des administrations publiques
    centrales, au sens du règlement (CE) n° 2223/96 du Conseil, du 25 juin 1996,
    relatif au système européen des comptes nationaux et régionaux dans la
    Communauté, autres que l’État, la Caisse d’amortissement de la dette sociale, la
    Caisse de la dette publique et la Société de prises de participation de l’État. Un
    arrêté conjoint du ministre chargé de l’économie et du ministre chargé du budget
    établit la liste des organismes auxquels s’applique cette interdiction.
    II. – Le 6° de l’article L. 6141-2-1 du code de la santé publique est
    complété par les mots : « , dans les limites et sous les réserves fixées par
    décret ».
    «  »

    Votez, votez, l’escarre, paulette, c’est nausée à bonds…

  19. Le banquier serait donc le MAL incarné puisqu’il est totalement indifférent aux souffrances de milliards d’êtres ..
    Et pauvre vie aussi, qui se résume à entasser avec angoisse, des billets de banque avant de les lâcher avec desespérance lors du dernier souffle rauque !!

    1. Les « banquiers » ,c’est à dire les grands banquiers , font des affaires .

      Les souffrances induites ils s’en battent les flancs .

      De même qu’un organisme financier qui rachète une entreprise , la découpe en morceaux, restructure, licencie , utilise les actifs, les murs, les terrains, empoche les brevets , se fiche complétement des conséquences et des gens qu’il met sur la paille . Et ses managers ou directeurs appellent ça faire des « puts »

      De même pour ceux qui jouent contre les monnaies , qui fichent des populations entières dans la merde s’en fichent : ce ne sont pas leurs problèmes .

      Je suppose qu’ils se réjouissent entre eux des bonnes « affaires » auxquelles ils ont participé .
      Je ne sais pas si ça répond « au mal incarné » .

      Mais en général ils agissent dans le cadre des lois ou des règlements qu’ils ont eux mêmes contribué à mettre en place .

      Ou ils les contournent dans l’optique pas vus pas pris . Et même s’ils sont pris ils ne risquent pas grand chose : sur une arnaque à 10 millions d’euros la justice bonne fille pour les cols blancs leur réclamera 50 000 euros qu’ils paieront au bout d’un procès et des appels interminables .

  20. L’ennui, c’est que l’utilisation « légitime » d’un dérivé implique, presque toujours, une partie qui se couvre d’un risque et une autre partie qui spécule.

    1. Je me posais la même question.

      Quand une banque construit un produit dérivé sur mesure à son client, c’est pour couvrir le risque du client. Mais en acceptant de vendre ce produit au client, la banque spécule !
      La suite de l’argumentation consiste souvent à dire que la banque vent également des produits différents à d’autres clients, conduisant à une mutualisation du risque. Dans ce cas, la banque agit de façon rationnelle : elle diversifie son portefeuille. Peut-on encore parler de spéculation dans ce cas ?

      Perso, j’ai toujours eu beaucoup de mal à définir le périmètre de la spéculation. La frontière est très floue (même en définissant la spéculation comme un « pari sur les fluctuations de prix »)

      1. La banque est convertie au marketing conséquemment à l’idéologie selon laquelle le citoyen est le client. Que faire de la surproduction (de valeurs) consubstantielle ?

  21. Je viens de tomber sur cet article : « Bill Clinton fait la leçon à Obama  »
    http://www.lepoint.fr/chroniqueurs-du-point/michel-colomes/bill-clinton-fait-la-lecon-a-obama-12-11-2011-1395530_55.php

    « Nous pouvons réinventer ce pays une fois encore et retrouver notre standing économique, écrit Clinton. Mais pour cela, il faut oublier l’idéologie et favoriser la coopération (avec les républicains) plutôt que le conflit.  » Et au risque de choquer beaucoup de ses amis démocrates, Bill Clinton reconnaît qu’il y a des éléments positifs dans le programme du Tea Party, ces extrémistes conservateurs qui veulent moins d’État et moins d’impôts.  »

    Et voilà c’est reparti  » moins d’impôts  » et  » moins d’état  » c’est à dire en vérité  » moins de démocratie « .

    M.Clinton comme M. Papandréou appelle à un gouvernement d’union nationale soit disant
     » libéré de l’idéologie  » tandis que tout est fait pour enchaîner et empêcher les 99 % de reprendre leur bille sur le 1% qui amasse, pille et concentre les richesses.

    Pas étonnant que ce 1 % hurle  » à moins d’ Etat et moins d’impôts  » – Pourquoi ces types se présentent-ils alors aux élections s’ils veulent moins d’ Etat, c’est à dire à moins de représentativité politique et à moins de redistribution de la manne produite ? La réponse est bien sûr, fort simple. En squattant les organes représentatifs de l’ Etat dit encore  » de droit « ,ils empêchent la majorité de réellement prendre le pouvoir pour servir les intérêts des 99 % et non plus du 1% .

    Si le 1 % squatte tous les pouvoirs qu’ils soient politiques, économiques, culturels, technologiques ou idéologiques, c’est pour barrer la route à la démocratie réelle et à ce
    qu’elle pourrait entraîner.

    Ainsi M.Clinton appelle M. Obama a se rapprocher des Républicains et de Tea-Party. Nous avons là typiquement la structuration du  » néo-pouvoir de décision  » qui annule les différences politiques et pactisent avec les Extrêmes-droites comme le Pasok en Grèce qui s’est allié à la droite et à l’extrême droite.

    Nous pouvons ainsi conclure définitivement que la social-démocratie est vraiment morte ou du moins si cela a encore un sens les partis qui étaient censés la représenter. Le national-libéralisme a décidément le vent en poupe pour mettre en coupe réglée les peuples qui n’y comprennent rien ou ne veulent plus rien comprendre.

    Que faire ?

    Attendre la crise systémique ? Où celle-ci va t-elle nous mener ?

    1. Attendre, surement pas.
      La classe capitaliste et ses serviteurs se rassemblent pour la bataille.
      Les politiciens, des « socialistes » aux fascistes, n’ont qu’un seul maitre: le capital.
      Les 99%, tous ceux qui ne sont pas les exploiteurs et la racaille à leur service
      doivent aussi s’organiser, agir ensemble, de façon de plus en plus déterminée.

    1. Martine.
      C’est l’hiver…
      Une bonne grosse manif bien active, c’est au printemps….
      (signé : un jeune des « voyages par les manifs qui forment la jeunesse »).

      1. Biiiiiiiiiiiiiiiiiiiieeeeeeeeeeeennnnnnnnnnnnnn vu

        Disssssssssssssssssssssssssssssssy !!!!

        T’as froooooollé, toi ausssiiiiii…!!!!

        Te rends-tu compte…???

        Assurément : non.
        Sinon, tu réfléchirais.

  22. Légendes d’un échec.

    Voici comment l’histoire de l’euro s’achève – pas avec un « bang » mais avec une « bunga bunga ». Il n’y a pas longtemps, les dirigeants européens insistaient sur le fait que la Grèce pouvait et devait rester dans la zone euro tout en remboursant complètement ses dettes. Aujourd’hui, avec l’Italie qui tombe d’une falaise, il est difficile d’envisager ne serait-ce que la survie de l’euro.

    http://www.rtbf.be/info/chroniques/chronique_legendes-d-un-echec-paul-krugman?id=7065323&chroniqueurId=5032403

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