643 réflexions sur « FRANCE CULTURE, « LES MATINS », mercredi 30 novembre de 7h40 à 9h00 »

  1. A la fin du 18e siècle il n’y a pas que Saint-Just et Robespierre qui ont réfléchi au problème causé par la tendance à l’apparition d’une aristocratie au sein de toute communauté humaine.
    Dans son livre de 1787 «A Defence of the Constitutions of government of the United States of America”, John Adams a écrit :

    « Méfiez-vous donc de ces novateurs et de leurs maximes spécieuses. Vous n’avez chez vous ni noblesse héréditaire, ni haut clergé, ni haute judicature, et vous n’avez point à craindre qu’il se forme parmi vous une seule de ces institutions gothiques; mais mettez-vous en garde contre L’aristocratie; vous ne serez pas plus exempts de ce fléau que tous les autres peuples de la terre. L’aristocratie sait se reproduire sous toutes sortes de formes. Soyez assurés qu’elle naîtra, ou plutôt elle est déjà née parmi vous, et vous espéreriez vainement la détruire. Si vous prétendez vous opposer à ses progrès, elle se fera jour malgré vos lois et vos institutions ; elle pénétrera par tous les interstices, et viciera tout le système de votre gouvernement. Si vous donnez , au contraire , un libre cours à ce torrent, il ne peut plus être nuisible, et toute sa force ira se perdre dans le bassin que vous lui aurez ouvert dans la législature.– Maintenez donc votre triple composition , balancez votre assemblée législative , établissez-y des oppositions légales et constitutionnelles; autrement il s’en formera d’ inconstitutionnelles, dont l’effet doit tôt ou tard être désastreux;votre gouvernement sera toujours vacillant et agité, jusqu’à ce qu’à la fin, profitant de vos dissensions, quelque despote vienne étendre son sceptre de fer sur les belles contrées que vous avez affranchies »,
    Pour John Adams tout citoyen distingué par ses talents, ses richesses, ses connaissances ou son éducation; constitue un nouvel « aristocrate » en puissance. Il est aussi susceptible que les membres de l’aristocratie ancienne d’ambition et d’intrigues, aussi capable d’abuser de son autorité, même temporaire, de trahir la confiance des moins « doués » que lui pour les opprimer; et aussi capable d’influer sur le fonctionnement des institutions pour son intérêt particulier que pourraient le faire un membre d’une noblesse héréditaire.

    Il en conclut que, dans tout état, l’aristocratie est indestructible, et que le peuple doit chercher uniquement à s’en préserver « comme nous nous préservons de la foudre en plaçant un paratonnerre sur notre maison». L’histoire nous montre que la méthode qu’il a proposée pour atteindre cet objectif au début du 18e siècle s’est avérée inopérante …

    Le problème fondamental pour y arriver hier comme aujourd’hui ne réside-t-il pas dans la nature humaine elle-même ? Comment faire pour que dominent nos penchants altruistes et disparaissent nos penchants égoïstes …

  2. Merci Paul pour cette leçon de d’ “aïkido verbal”. Vous avez bien défendu votre point de vue en renvoyant son agressivité à l’adversaire.
    Vous avez les idées claires et ça vous donne de la force.

  3. Salut a tous,

    Merci pour cette emission Paul Jorion.

    Je reflechis a l’apres de mon cote, je vis a new york, et j’ai decouvert cette semaine, a 39 ans, que je suis marxiste. Dans le sens ou j’adhere completement a sa critique du capitaliste industriel.

    Comment j’ai realise ca? en lisant le blog du seul economiste marxiste americain, Richard D Wolff, que j’ai decouvert lorsqu’il est venu prendre la parole a Occupy Wall Street.

    Ne vous excitez pas, je n’ai pas reinvente le Kapital 1 2 et 3 dans mon coin, ca fait juste 34 ans que je suis de gauche, reellement a gauche et je porte son analyse critique du capitalisme en moi depuis le debut, sans le savoir, par inculture je dirais.

    Et je pense que comme moi, vous etes tous marxistes. ainsi que Paul Jorion.

    Attention, je ne dis pas communiste, je dis marxiste, dans le sens de comprendre et reconnaitre la justesse de la critique du capitalisme industriel faite par Marx.

    Pour l’apres je vous propose deux changements :

    1 – par le bas, en changeant l’institution de l’entreprise.

    Il faut introduire la democratie directe dans l’entreprise, et retirer aux comites de direction l’autorite de decider seul de comment produire, ou produire et comment allouer/distribuer la valeur ajoutee produite.

    C’est ce que propose Richard D Wolff.

    2 – par le haut, en etendant la cotisation sociale, telle qu’elle existe pour les retraites, au financement de l’investissement productif.

    C’est une idee portee par Bernard Friot . Et peut etre a terme, porter l’age de la retraite a 18 ans, c’est a dire une cotisation retraite de l’integralite du salaire; cf le lien pour une explication, et les nombreuses videos de B.Friot sur notre systeme de retraite.

    Les temps vont changer et ce n’est pas de la prophetie de comptoir.

    au boulot la ruche!

    Cordialement.

    Note : Paul Jorion je vous trouve severe avec Obama. Je pense qu’il est et sera aussi bien que Roosevelt le moment venu. Le New Deal a ete introduit par Roosevelt sous la pression des syndicats et des mouvements ouvriers americains. Si Obama a un tel mouvement de masse a la porte de la maison blanche, il cessera de se coucher devant les banques et les 1%. Occupy Wall Street pourrait etre cet instrument de pression sur Obama.

  4. message envoyé à des collègues et amis:

    salut à tous,
    en cette période des fêtes qui approchent, je ne résiste à l’envie de vous faire part des cadeaux qui m’attendent et qui nous attendent aussi tous …

    Cette année, le père Noël va m’offrir ce livre: “Vers la crise du capitalisme américain” de Paul Jorion* (http://temporalites.revues.org/1159?lang=en) ayant fait une intervention remarquée et remarquable récemment sur France Culture (http://www.franceculture.fr/emission-l-invite-des-matins-paul-jorion-2011-11-30) et qui a osé évoquer la guerre économique qui fait des morts (“on a tué un chevreau, la machine n’est pas reparti, on a tué une vache … alors on a commencé à tuer des gens”: http://soundcloud.com/leclercfl/franceculture-pjorion-crises).
    * blog de Paul Jorion: http://www.pauljorion.com/blog/

    En son temps, un grand homme avait déclaré:

    “An armed conflict between nations horrifies us. But the economic war is no better than an armed conflict. This is like a surgical operation. An economic war is prolonged torture. And its ravages are no less terrible than those depicted in the literature on war properly so called. We think nothing of the other because we are used to its deadly effects. …
    The movement against war is sound. I pray for its success. But I cannot help the gnawing fear that the movement will fail if it does not touch the root of all evil – man’s greed.”

    Rassurez-vous, je ne vous demanderai pas de prier; mais comme le disent parfois certains et pour reprendre l’exemple sur le climat pour nos collègues géologues (une étude récente publiée il y a quelques jours dans Nature Geoscience appuyant que le réchauffement climatique est dû pour les 3/4 à l’activité humaine: http://www.nature.com/news/three-quarters-of-climate-change-is-man-made-1.9538) et les moyens pour le contrôler: “It is possible to maintain global warming below 2°C at an overall cost of less than 1% of global GDP if swift action is taken across different sectors, a study published yesterday (26 January 2009) by consulting firm McKinsey shows.”*, YES WE CAN …
    * 1% GDP = 1% PIB

    En vous souhaitant de bonnes fêtes car de nos jours, nul ne sait de quoi sera fait le lendemain … but remember: “YES WE CAN … AFTER ALL WE ARE THE 99% …”

  5. Bonjour,
    Avez-vous lu ce fil qui vous est consacré : Paul Jorion sur ce site qui s’intéresse à la station, France Culture ?

    Si oui, que pensez-vous de la lecture – plutôt critique à votre endroit, mais pas entièrement – qui y est faite de votre entretien dans la matinale ?

    Bonne continuation.

    1. Ce regard critique n’appelle à mon sens qu’un commentaire : cet auditeur est habitué à écouter les discours formatés et standardisés des invités réguliers dans les médias et oublie surtout de faire une lecture critique de la nature des questions qui sont posées. Sa critique se pose donc dans un référentiel avec un référent unique – l’invité – unique responsable de l’orientation et de la tonalité de l’échange, en évacuant un peu rapidement le petit jeu de l’intervieweur, que ce soit en l’occurrence Slama ou Couturier.

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