L’actualité de la crise : L’IMPROVISATION ÉRIGÉE EN RÈGLE, par François Leclerc

Billet invité

Angela Merkel l’avait annoncé : ce serait une erreur de s’attendre à ce que la crise soit réglée d’un coup de cuillère à pot ! Le discours ambiant consiste d’ailleurs à prédire une longue période d’austérité et de faible croissance, à laquelle il va falloir se résigner. Rien dans ce qui a été annoncé après sa rencontre avec Nicolas Sarkozy, en attendant la suite des événements de la semaine, ne permet de contredire cette perspective, elle est tout au contraire réaffirmée.

En conférence de presse, leurs deux allocutions ont d’abord valu pour ce qu’elles n’ont pas révélé. Une éventuelle intervention de la BCE sur la dette obligataire n’a pas été publiquement évoquée, au nom de la confortable jurisprudence de Strasbourg, qui veut désormais que les dirigeants politiques n’effleurent même plus la question. Si le refus des euro-obligations a été affirmé sans difficultés – elles n’auraient pas de sens, sauf si leur émission suivait une intervention de la BCE – le mystère reste donc entier à propos du rôle de la banque centrale.

Ce qui laisse à penser que le désaccord franco-allemand est également entier. Et que l’on se dirige vers la continuation de ce qui a été engagé, sous forme d’achats obligataires à la petite semaine pour éviter que le lait ne déborde, mais sans plus, au prétexte de ne pas inciter les gouvernements à relâcher leurs efforts afin de réduire leurs dettes. Angel Gurría, secrétaire général de l’OCDE, a cru pouvoir expliciter cette politique en considérant que la BCE pourrait augmenter ses interventions – sans en détailler la nature – « au fur et à mesure qu’il y a plus de discipline »…

Comme à l’accoutumée, cette politique revient à adopter des demi-mesures et ne fait que repousser les problèmes. L’avancement à l’année prochaine du lancement du Mécanisme européen de stabilité (MES) ne lui donnera pas pour autant la capacité financière pour faire face si nécessaire aux besoins de refinancement de l’Italie et de l’Espagne, en plus de ceux de la Grèce, de l’Irlande et du Portugal, qui frappent déjà discrètement à la porte pour obtenir une rallonge. Tout repose donc sur un calcul risqué : celui d’une accalmie sur le marché obligataire, dont il est pourtant assez présomptueux de penser que la simple perspective d’un accord d’Union fiscale va le convaincre de cesser le feu.

Le marché obligataire a marqué le coup aujourd’hui, les taux italiens et espagnols chutant tout en restant à des niveaux très élevés (et le taux grec atteignant 32 %). Mais, à la première alerte, cette détente peut s’inverser et de nouvelles fortes tensions apparaître. La Grèce, dont les négociations à propos de la restructuration de sa dette se passent difficilement avec l’Institute of International Finance, pourrait facilement être à nouveau l’élément déclencheur.

En déclarant que l’Italie n’irait pas à la faillite comme la Grèce, Mario Monti n’a pas facilité la tâche de cette dernière. Il a présenté un nouveau paquet de coupes budgétaires de 20 milliards d’euros, selon lui destiné à éviter le pire, tout en reconnaissant que les mesures de son plan destiné à relancer la croissance n’auront pas d’effets « significatifs et perceptibles » dans le cadre de la législature en cours, qui s’arrêtera en 2013. Les marchés réagissent positivement aux annonces de restrictions budgétaires et de réformes structurelles, mais ils changent vite de cap au premier coup de tabac.

Qu’importe, il a été décidé de continuer à improviser, comme en témoigne la tenue envisagée de sommets mensuels des pays de la zone euro, ce qui au passage périphérise la Commission de Bruxelles, et laisse grand ouverte la porte à la poursuite de la même politique et à l’adoption d’une succession de compromis accommodants. Il est par ailleurs prévu d’assouplir le fonctionnement du futur MES – ce qui accrédite bien l’idée que la crise va continuer de plus belle – en retenant le principe d’une majorité qualifiée de 85 %, une manière déguisée de se préparer à donner à l’Allemagne et à la France un droit de veto sur ses décisions futures.

Enfin, le principe de « sanctions automatiques immédiates » en cas de déficits budgétaires dépassant la limite de 3 % du PIB a été avalisé, sans que l’on en connaisse les modalités, tel une épée de Damoclès qui va pouvoir être abondamment utilisée. La Cour européenne de justice ayant pour mission de « vérifier la conformité » des budgets nationaux avec une « règle d’or » harmonisée au niveau européen (qu’il va falloir faire adopter pays par pays).

Une feuille de route, pour reprendre cette expression favorite des dirigeants politiques quand ils savent qu’elle va être très sinueuse, a donc été rédigée dans les grandes lignes et nous en saurons prochainement plus, nous est-il promis. Mais ce qui nous a été délivré est tout à fait suffisant pour comprendre que cela ne l’est pas.

Une métaphore guerrière aidant, une révision des traités « à marche forcée » est affirmée, d’ici mars prochain, sans que les éléments d’une nouvelle solidarité financière n’y figurent. Si les Français n’ont rien obtenu à ce stade de la négociation, ils ont par contre remporté une victoire : il a en effet été acté que de nouvelles restructurations de dette ne seront pas imposées aux banques privées, et que l’on en restera à celle de la Grèce. C’était l’un des objectifs de Nicolas Sarkozy, qui était à la manœuvre afin de protéger les intérêts des banques françaises. Sans garantie que cela résiste à l’épreuve du feu.

La face cachée de la crise de la dette est donc présente en filigrane dans les négociations en cours. Les dépôts nocturnes des banques à la BCE sont à un plus haut, signe qu’elles préfèrent les placements à un faible taux à la banque centrale plutôt que les prêts à des taux plus avantageux à leurs consœurs dans le besoin. Vendredi dernier, il s’agissait d’un montant de 332,7 milliards d’euros. De ce côté-ci aussi, des surprises sont à attendre, car le système bancaire européen est face à ses propres misères et ne s’en sortira pas sans aide conséquente, de la BCE en premier lieu. Le désendettement des banques est tout aussi problématique que celui des États, et les deux continuent de se contaminer réciproquement.

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175 réflexions sur « L’actualité de la crise : L’IMPROVISATION ÉRIGÉE EN RÈGLE, par François Leclerc »

  1. Les évolutions des gouvernements et banques se feront au prorata de l’évolution des taux d’intérêts.
    Il ne faut pas attendre de révolution , seulement des résultats en fonction des moyens de pression mis en oeuvre.

    1. Aussi bien réjouissez vous de l’explosion des taux , c’est eux qui amèneront vérité et justice dans l’ignominie actuelle.

  2. Lundi 5 décembre 2011 :

    Le ministre de l’Economie, François Baroin, a assuré lundi que “tout était fait pour protéger les économies des Français”, après que Standard and Poor’s a menacé d’abaisser la note de 15 pays de la zone euro, dont celle de la France de deux crans.
    “Tout est fait pour protéger les Français, les économies des Français, et elles seront protégées”, a affirmé le ministre français, interrogée sur la chaîne de télévision France 3.

    Source : lesechos.fr

    François Baroin nous joue du pipeau.

    Sur les dix premiers mois de l’année, plus de 16 milliards d’euros supplémentaires ont été placés sur un Livret A. Un record absolu pour une collecte qui atteignait fin octobre 210 milliards.

    http://www.lejdd.fr/Economie/Actualite/Les-Francais-delaissent-la-bourse-pour-l-epargne-classique-430197/

    Vous avez bien lu : 210 milliards d’euros, rien que pour les Livrets A.

    Problème : en cas de crise systémique, comment l’Etat prendra-t-il en charge ces 210 milliards d’euros déposés sur les Livrets A ?

    Avec quel argent ?

    Et pour tous les autres produits d’épargne, comment l’Etat remboursera-t-il les épargnants français en cas de crise systémique ?

    Avec quel argent ?

  3. Angela Merkel l’avait annoncé : ce serait une erreur de s’attendre à ce que la crise soit réglée d’un coup de cuillère à pot !

    Je pense qu’il serait une plus grave erreur de s’attendre à ce que la crise arrange la Merkel, quand bien même par le biais d’un plus grand nombre d’enfants lui ressemblant à la règle, à l’équerre et au petit pot.

    Mais peut-être qu’elle n’aime pas plus donner la cuillère et le petit pot aux enfants ? Tout coûte déjà si cher en société, ils nous prennent vraiment pour des animaux de foire, de laboratoire.

  4. Ils sont taquins, chez S§P! d’un coté Laurel et Hardy tout farauds nous pondent la énieme version de leur plan de sauvetage, en gros, il faut faire payer les pauvres et protéger les riches, de l’autre, ces gauchistes de S§P nous disent: holà, c’est pas comme ça qu’il faut faire, vous allez plonger en dépression et le défaut est au bout!

  5. “ce qui nous a été délivré” : regrettable anglicisme, en français on dirait par exemple ‘ce qui nous a été annoncé’ ou ‘ce qui nous été dit’

  6. Mais quel cinéma quand toute l’Europe aura perdu son triple A, il restera quoi comme support la dette américaine et qui d’autre, de toute manière avec le peu de pays triple A en dehors des états unis et une économie en rade, ils vont le mettre sur quoi leur fric, sur les matières premières pour accélérer la récession ???? ceci n’est vraiment qu’une gigantesque farce, qu’on la mette en route la BCE et qu’elle rachète tout, cela règlera déjà le problème du marché et des investisseurs et pour le reste gommons élaguons au coup par coup, remettons la finance à sa place au service des peuples et non les peuples au service de la finance.

  7. La France pourrait voir sa note dégradée de deux crans : par conséquent, on peut déjà conclure que la France a déjà perdu son triple A. Fillon va annoncer un nouveau plan de rigueur (le ridicule ne tue pas, quand je vois les instituts de sondage parler d’un rebond de popularité pour Sarkozy, je me gausse…il y aurait encore un tiers des Français qui n’auraient pas compris qu’il était un incompétent notoire ?) pour préserver non plus le triple A mais le AA+…

  8. A supposer que ces décisions puissent être efficace, cela va nécessiter une décision prise devant le parlement (le congrès en fait en France) où la majorité des 2/3 est requises si je me rappelle bien.

    Alors écouter attentivement chaque candidats des partis politiques, et chaque représentant des mêmes partis s’exprimant sur la chose.
    Cela commence à se révéler, risible!

  9. Sarkosy a les boules !

    A quoi ça sert qu’il se décarcasse….. pour sa réélection…. si dans les heures qui suivent ces salauds d’agences US font comme si strictement rien ne s’était passé… Enfin ce ne sont pas eux qui sont pris entre deux feux : ne pas augmenter les impôts des riches pour avoir leur soutien et, Merkel qui veut me faire subir sa cure d’amaigrissement alors qu’elle reprend deux fois du fromage avant le déssert.

    Alors sarkosy lance ce matin un appel à l’Union Nationale : Hollande doit retirer sa candidature…..

    Nicolas Sarkozy, cité par un proche : “La situation est grave, le pays a besoin d’union” >
    Nouvel Obs.

  10. Le FMI estime que l’accord franco-allemand n’est pas suffisant

    06-12-11 à 07:50 par la rédaction de Challenges.fr

    “Il en faudra beaucoup plus pour que la situation dans son ensemble soit réglée et que la confiance revienne”, a déclaré Christine Lagarde.

    La directrice générale du Fonds monétaire international Christine Lagarde a salué lundi 5 décembre l’accord franco-allemand en vue d’un nouveau traité européen, estimant toutefois qu’il ne serait “pas en soi suffisant” face à une situation économique “extrêmement grave”.

    “Il est particulièrement approprié que les dirigeants européens et en particulier le président [français Nicolas] Sarkozy et la chancelière [allemande Angela] Merkel aient décidé que les choses doivent vraiment bouger”, a-t-elle affirmé lors d’un discours devant l’European Institute de Washington.

    “Et ce début au moins de compromis que l’on voit progressivement se forger est crucial”, a-t-elle ajouté.

    Mais “ce n’est pas suffisant en soi et il en faudra beaucoup plus pour que la situation dans son ensemble soit réglée et que la confiance revienne, aux marchés non seulement, mais aussi aux investisseurs, aux consommateurs, et à ceux qui doivent mettre en route leur stratégie pour les deux, trois ou quatre prochaines années, qui veulent savoir où ils vont ouvrir de nouvelles usines, où ils vont investir”, a estimé la directrice du FMI.

  11. Que devient la participation des pays au financement du FESF si tout le monde perd son triple A?
    J’ai manqué qqchose?

      1. Eh ben, ils vont s’amuser lors du prochain sommet ce week end: scènes de ménage en perspective! pour détendre l’atmosphère, on leur proposerait bien une soirée de gala avec grand bal et feu d’artifice, fontaine de champagne et robes de soirées, mais je crains que ça fasse un peu “la croisière s’amuse” version Titanic, encore que, un orchestre jouant “plus près de toi, mon Dieu” serait de circonstance…
        A leur place, je me mettrais à bosser sérieusement sur la perspective d’un hair cut de 30% de ces foutues dettes souveraines, regarder ce que ça donne au niveau des mégas banques à renflouer, parce que les assurances du style “le privé ne sera pas mis à contribution”, là, j’ai les clignotants qui s’allument: chaque déclaration péremptoire beuglée avec une mâle assurance est rapidement démentie par les faits, rappelez vous le fameux ” les fondamentaux sont bons” de Christine Lagarde, les “l’Euro nous protège”, aujourd’hui “la Grèce doit rester une exception” etc etc etc

      2. Merci, c’est bien ce que je pensais. Mais parfois on est pas sûr d’avoir tout suivi. Alors une autre question: puisque S§P disent avoir prévenu Sarkomel dès avant la rencontre, pourquoi n’ont ils encore accouché que de cette souris? Car c’est là un cataclysme en vue( courte) qu”ils ne peuvent pas ignorer. Le roi va se révéler encore plus nu que nu, écorché! Et très vite.

      3. En effet, le FESF qui compte sur la confiance pour mettre en pratique l’effet de levier ne peut pas être mis en oeuvre sur des anticipations négatives.Les champs du possible se rétrécissent : normal, plus le mur est proche plus l’angle de vision se restreint. Les dirigeants de l’eurozone serrent les freins (austérité) mais difficile de ralentir un 38t qui roule à fond sur route mouillée avec d’autres PL derrière!

  12. Une métaphore guerrière aidant, une révision des traités « à marche forcée » est affirmée, d’ici mars prochain

    Cher François Leclerc,

    C’est loin, le mois de mars. S&P vient d’ailleurs de siffler la fin de la récré en mettant sous surveillance tous les pays AAA de la zone euro (y compris l’Allemagne: il semblerait que la discipline soit une “valeur” qui n’ait plus la cote… Ce qui ne manque pas de sel), avec mention spéciale pour la France dont la note pourrait être rétrogradée de 2 cases. Mâtin!

    Je crois qu’on peut y voir une manoeuvre des anglos-américains pour détourner l’attention mondiale de leurs soucis domestiques. Problème; 15 000 milliards de dettes, ça se cache mal sous le tapis.

    Je pense donc qu’on s’achemine :
    1) vers une implosion de la zone euro:les allemands préféreront la quitter plutôt que de voir leur “vertu” punie par les mauvais élèves (il ne faut pas sous estimer leur rigidité) et

    2) vers un défaut massif sur les dettes souveraines européennes, les 2 événements étant liés dans mon esprit

    Qu’en pensez-vous?

    1. La tentation est grande, mais pas nouvelle, d’analyser l’annonce de S&P comme une diversion américaine. C’est une manière, parmi d’autres, d’en nier le fondement.

      Pour la suite des opérations, je ne connais toujours pas la fin du film ! J’observe que les décisions adoptées sont des demi-mesures, ne vont pas au fond des choses et que des rebondissements sont inévitables. De nombreux scénarios sont possibles, comment choisir ? qu’apporte le fait de le faire ?

      1. J’ai peur que ce soit effectivement très simple.
        A savoir que les Zamerloques ont toujours régné par la division. C’est ainsi qu’on conserve le leadership.
        Il est aisé pour eux de dire que l’Europe doit être solide pour la sauvegarde de leurs intérêts, et ils le pensent en partie.
        Mais c’est nous ou eux.
        A votre avis il vont choisir qui ?

      2. En gros, il y a deux postures

        – La France qui souhaite faire du quantitative easing “mesuré” (ahem !)
        – L’Allemagne qui veut trier le bon grain et tant pis pour les autres

        En résumé, l’un comme l’autre “rester dans le cadre et gagner du temps”

        Et des gens comme Frédéric Lordon, Olivier Berruyer, Paul Jorion qui ne sont suivis par personne sur une troisième posture :

        – L’occident est en défaut sur 30 à 50 % de sa dette au minimum et plus tot on payera(sortir du cadre, et vite !)
        moins ça fera mal. (mais ça fera mal quand même)

        Idem au niveau de notre campagne électorale, même Mélenchon n’arrive pas à tailler clairement dans le vif,( il finance son plan avec la BCE…) et ne souhaite pas être non plus, celui qui tuera le rêve du Père Noël dans la tête des petits électeurs.

        Il y a-t-il un homme dans la salle ?

        http://www.ps40.fr/Reunion-Publique-a-St-Aubin_a146.html

        Je poserais la question.

      3. Mi scusi Mike/Abraxas. C’est quand même faire preuve d’un éblouissant aveuglement comme d’un fort embuage de l’exclusif petiboutdelorgnette que de crier à la manoeuvre éhontée “anglo-américaine” lorsque S&P annonce enfin envisager, légitimement et fort logiquement, une notation de la dette eurozone un chouïa plus près de sa juste valeur quand cette tâche a déjà été finalisée pour les USA depuis quatre mois exactement; avec pour ces derniers, rappelons le, 70 ans, exactement aussi, passés avec, accrochée dans le dos, la pancarte du triple A de “Standard & Pauvre”.

        Il ne me semble pas que les $ 10 000 milliards et les 90 % d’endettement de la zone euro vaillent beaucoup plus que les 15 000 et 100 % des cousins d’Amérique. Après ça le “flight to quality” va pas être inversé par l’annonce de notre Standard Pauvre, pour sûr. Mais bon, quand on voit que la dernière pépite en euro, l’allemande, commençait déjà à pâlir devant l’américaine pourtant décotée, faut les comprendre ceusses de chez Pauvre, faut bien, au moins, qu’ils suivent le marché, faute de pouvoir l’anticiper, non ? Ils scandalisent l’Empire en le disqualifiant d’autorité et boum ! dans la foulée c’est les Tbonds qui flambent puis les Bunds qui s’enrhument ! Et encore heureux que les gvts arrivent à tenir encore en laisse leurs molosses zinzins indigènes, i.e assureurs et banquiers, avec quelques carottes zé bâtons fiscaux pour les premiers plus quelques belles promesses de recapitalisations et garanties pour les seconds – plus l’euro, oeuf corse – sinon c’était pas “flight to quality” mais “comme un vol de gerfauts hors du charnier natal…”, les grandes migrations, un ciel noir et bleu de grues et de palombes au dessus de l’Atlantique, cap plein Ouest.
        Merci messieurs-dames de chez Pauvre Standard, Six compris, pour cette opportune clarification en forme d’avertissement.
        Quel pauvre job, pauvre misère, quand même que de devoir être celui par qui le scandale arrive, l’oiseau de mauvais augure qui cherche à sauver ses dernières plumes à mauvaises signatures, le thermomètre à mercure maxima/minima qui ne teste plus que son aiguille de minimum, le porteur désigné-résigné de mauvaises nouvelles, Pauvre Maudit, Fichtre !

        Et je ne vois Fitch pas ce qui peut t’exciter en faveur des Grecs.

        (Anatole France – presque… Le mannequin d’osier, 1897)

      4. Le « De Gaulle » vient toujours après. C’est obligatoire.

        On va essayer d’éviter cette extrémité si possible ce coup ci. Me semble que c’est en quelque sorte un peu l’objectif de ce blog. Quand on voit où ça nous a menés, une fois ça suffit. Le rata bonapartiste, nein danke, on en a soupé.

      5. “Le « De Gaulle » vient toujours après. C’est obligatoire.” A ce sujet, à lire sur médiapart: “Attali: le suffrage universel, quelle perte de temps!”. Il appelle (et demande à ce que la commission qu’il présidait en fasse autant) à un gouvernement d’union nationale. Avant mai 2012.
        “Jacques Attali a essayé de convaincre les membres de la Commission qui porte son nom de prendre position pour une «véritable union nationale» afin de poursuivre la politique d’austérité. Sans succès! “

      6. Du grand n’importe quoi vigneronnesque, comme souvent…

        Défendrait-il la logique des agences, la logique du système ? je m’interroge… faut-il le respecter, ce système, en dissertant de ses rouages et de ses dogmes, ou faut-il chercher à en sortir, en en contestant les tenants et les aboutissants, car il n’y a plus rien à y sauver, à prendre au sérieux ? On a vu la logique de ces agences à l’oeuvre par le passé (Enron et consorts). Comme le dit E. Todd, des charlatans, au mieux des astrologues…

        Pour moi, et pour beaucoup d’avis plus autorisés (comme celui de notre charmante patronne des patrons, hum), oui, bien sûr, il y a “complot”, pas conscient (pas inconscient non plus ; cf. le timing pervers des annonces), mais ornière de pensée, pensée anglo-saxonne, pensée néo-libérale, pensée de système, système à abattre, il s’abat bien tout seul, il faut pousser à la rue… pardon, à la roue !
        C’est ainsi qu’on pourrait déjà multiplier ce genre d’action pédagogique, un peu démagogique certes, mais enfin bien moins que l’enfumage Merkozy-Obageithner. Répéter ce théâtre salutaire – puisque nous sommes bien dans la société du spectacle -, c’est prendre date, c’est leur lancer fraîchement un avertissement sans frais !

        Quant à l’état de santé ou de dégradation économiques, qui serait comparable entre USA et Eurozone, là aussi c’est bien surprenant de le soutenir, de la part d’un acharné des fiches et des chiffres. Moi, je m’en tiens à cette excellente lecture, en particulier à ceci.
        Comme avait pu le dire la chancelière à Bush, ce singe masseur d’épaules, dont l’attention éminemment fugace s’émerveillait quand même du productivisme exportateur allemand : “Vi kontinue to make Dings” !
        …que produisent les USA qui vaille et qui ira ? …des films débiles (qui illustrent de plus en plus la peur obsédante et violente qui règne sur une pensée matérialiste et paranoïaque, qui se sait aux abois)… et des armes, des systèmes d’armes de plus en plus ébouriffants, grotesques, condamnés (bouclier anti-missiles, Osprey, F-22, F-35, etc.). Des armes et des guerres.

        …passons sur le sous-entendu méprisant à l’égard du Général, sous-entendu qui voudrait d’ailleurs – relevons-le au passage – nous fournir une ligne à suivre sur ce blog ! Il suffit que le grand Charles, cette improbable Jeanne d’Arc du XXe siècle, ait sauvé par au moins trois fois la France des guerres, guerre civile et guerre tout court (juin 40, GPF 44-46, 1958 et guerre d’Algérie), lui redonnant son honneur et son rang historique (si, si, ces notions existent !). Peu importe les dénigrants, d’ailleurs historiquement incultes (de Gaulle assimilé à Bonaparte, on aura tout vu).

        …bon, je vais me coucher, en n’oubliant pas de faire ma prière sur le tatami : “de Gaulle, reviens !
        お休みなさい O-yasumi-nasai !

      7. C’est pas un complot Zunien mon cher, juste un ordre des choses. La machine infernale est lancée, l’inertie ne se stoppera pas comme ça.
        Les ricains (avec la City), sont à la manoeuvre, ils ont un coup d’avance peut-être, mais, comme les autres ils font ce qu’ils peuvent.

        Tout comme pour De Gaulle, que je critique volontiers (un tudesque lui aussi par ailleurs)… je parle de mécanismes.

        De champs morphiques dirait l’autre.

        Alea jacta est…

      8. l’oiseau de mauvais augure qui cherche à sauver ses dernières plumes à mauvaises signatures

        ni plus ni moins, vigneron est sobre.
        Nerima-kun vigneron fait parti de ceux qui apprennent à lire, vous lisez trop vite, il n’y a que vous dans la salle d’attente et le boss en vacances, commencez par la fin et reprenez un souffle vigneronnesque, again, vigneron 6 décembre 2011 à 15:52
        戴高樂 晚上好

      9. légitimement et fort logiquement, une notation de la dette eurozone un chouïa plus près de sa juste valeur

        …”légitimement et fort logiquement”… je regrette, c’est moi qui doit apprendre à lire ou Vigneron qui doit apprendre à lire (et même à écrire) ? …il rentre dans le cadre et y trouve une raison légitime pour S&P d’agir ainsi. Quelle est la “juste valeur” des dettes odieuses qui accablent les peuples ? Ce n’est pas la dernière ligne dans un style sous-célinien qui va en relativiser la problématique. J’ai toujours trouvé que Vigneron exposait des idées sommaires (mais chiffrées, ha ha !) et finalement conventionnelles, mais dans un style plaisamment grotesque, qui enchante les esprits faibles.
        Ce qui se passe, en ce moment, est un énième assassinat de l’Europe, par les Européens eux-mêmes, bien sûr, mais avant ou après tout, par l’anglosphère. Notre bon ex-futur-“Sarkozy m’a tuer” Jean-Claude Juncker l’exprime aujourd’hui.
        Il s’agira donc aussi de renationaliser la politique, de la relégitimer dans le cadre retrouvé de la nation. Je ne suis pas pour l’homme providentiel, sauf si quelqu’un du calibre d’un de Gaulle, dont la vision et la fermeté ont toujours été démocratiques, se révélait. Mélenchon, avec toutes ses limitations, est celui qui s’en rapproche un peu, comme le chat du tigre.
        Mais un tel homme, ou plutôt un tel parti d’hommes, n’existe pas en ce moment. Tout est fait pour qu’il n’apparaisse pas.

        Rassurez-vous 🙁

      10. Annonce officielle de l’OMS : les effets délétères de la tragédie de Fukushima ont bel et bien atteint la capitale nippone. Les preuves des dommages irréversibles s’accumulent particulièrement dans les arrodissements nord-ouest de la métropole, Nerima, Itabashi, et Kita.
        Une illustration particulièrement navrante des signes précurseurs de l’atteinte irrémédiable des facultés mentales de ces innocentes victimes : le discours incohérent d’un habitant du quartier de Nerima :

        Je ne suis pas pour l’homme providentiel, sauf si quelqu’un du calibre d’un de Gaulle, dont la vision et la fermeté ont toujours été démocratiques, se révélait. Mélenchon, avec toutes ses limitations, est celui qui s’en rapproche un peu, comme le chat du tigre.

        “Je ne suis pas pour l’homme providentiel mais pour un homme providentiel”… Si si…
        Et Méluche en minou de Gôôlle ! Et le gaullisme qu’a rin de rin à voir avec le bonapartisme… (Cela dit, là ok, j’en conviens : Napoléon III, le Petit pour Hugo, le Grand pour le gôôlliste Seguin,était plus à gauche, plus social, plus libéral que le grand Charlot…)
        Compatissons, prions, frères et soeurs, la science ne sera d’aucun secours pour ces malheureux.

        Ps : ah oui, aussi, quand S&P baisse la note des émetteurs européens et donc de facto la valeur des titres déjà émis, expliquez moi par quel miracle ils ne s’engageraient pas ainsi, très légitimement, trés logiquement, qu’à faire se rapprocher leur estimation de la valeur estimée par vous comme nous de la dette 0dieuse, soit 0, Oh Dieu Kerima ?
        Puisque non-résident, vous n’êtes pas de ce “peuple” contribuant chaque jour à son paiement et ne risquant pas donc d’être touché, vous, par les sempiternelles politiques rigoristes que serviraient en loucedé ces “révélations d’agences” j’ose espérer qu’au-delà de votre louable solidarité nationale d’outre-Sibérie, ce ne sont pas, par exemple, quelques contrats d’ass-vie en euros qui troublent ici votre jugement ou l’expression contrariante et contradictoire de votre dépit. Mais si ces malheureuses manifestations de confusion mentale dont vous faites étalage ici s’avéraient n’être qu’un effet d’une quelconque acrimonie à mon endroit, alors nous n’en ferons aucun cas, passons l’éponge, vous n’avez rien dit, balle au centre.

      11. Nerima-kun vos petits avions de papiers sentent le téléphoné, débranchez vos écoutilles ça grésille dur! (on entend à travers les planches)

        Ce qui se passe, en ce moment, est un énième assassinat de l’Europe, par les Européens eux-mêmes, bien sûr, mais avant ou après tout, par l’anglosphère

        Il s’agira donc aussi de renationaliser la politique, de la relégitimer dans le cadre retrouvé de la nation.

        Nerima-kun décidément indécrottablement très à l’aise, un peu vieux pour son âge après quoi il court, Hélas Duras, mer & Japon d’aucun secours, si sur le Titanic on pouvait tirer

      12. Vigneron ou la dérision vide, aucun argument et le confusionnisme historique ; j’y insiste.
        Pour sa gouverne, qu’il sache que je suis résident et que je paye tous mes impôts au Japon ; qui augmentent en même temps que les prestations baissent ; ça fait partie des “sacrifices” dont je parlais (pas pour m’en réjouir, certes !). Je n’ai pratiquement rien en France (un malheureux livret A des temps anciens) ; ici, mon logement (soumis aux aléas naturels, comme l’on sait) ; e finito ! …ah, pardon ! c’est vrai, j’oubliais que c’est indécent, en France, de déclarer ce qu’on a… quelque chose me dit que d’autres, qui pérorent et condamnent, ont quand même quelques investissements sûrs et intelligents, eux. On ne les en blâmera point ; pour ça, en tout cas.
        Hélas, cher Roma, les supplétifs italiens n’ont jamais été que de pauvres faire-valoir dans l’histoire moderne. Ne les imitez pas…
        Je répète qu’il est inutile d’accorder une once de crédit aux agences de notation, même pour “faire comme si…”, car elles ne sont plus que le symptôme parlant de l’arnaque prédatrice qu’on appelle finance mondiale. Voix des marchés, ce sont les les sirènes de la mort d’un monde.
        Nous sommes tous des Ulysse : on peut s’amuser à les entendre, à défaut de les écouter, mais attachons-nous au mât et souquons ferme !
        (…y’a quèqu’chose qui vo pas, là…) 🙂

    1. faut pas exagerer, ce n’est pas que la droite!
      ca fait a peine…… putain ca fait 10 ans qu’ils sont au pouvoir! on ne se rend pas compte…
      a les entendre, on a l’impression qu’ils viennet juste d’heriter d’une situation catastrophique de Jospin….

  13. Comme c’est drôle. Suite à la menace de dégradation de sa note par Standard and Poor’s, l’Allemagne par la voix de politiciens crie au complot étatsunien (http://www.romandie.com/news/n/CRISEL_Allemagne_cueillie_a_froid_par_la_menace_de_SP_crie_au_complot_dev061220111112.asp).

    J’attends avec impatience les réactions de nos médias pour dénoncer cette théorie du complot. Elles seront, à n’en pas douter, aussi sévères que celles auxquels ont fait fâce les Meyssan.

    1. Noramal qu’ils crient au complot quand ils se rendent compte qu’il n’y a plus d’échappatoire et que la BCE va devoir intervenir, avec une (probable) inflation à la clé (ils n’ont plus de solution, à part sortir de l’euro, et encore…).
      Comme ils sont plus locataires que propriétaires de leur logement (le taux de propriété le plus bas d’Europe : http://www.insee.fr/fr/themes/document.asp?ref_id=T10F072#tableaux ), l’inflation va les toucher durement via les augmentations de loyers. Et il faut ajouter à cela 10 ans d’austérité et de stagnation des salaires.. Ca fait mal.
      D’ailleurs je pense que pour les convaincre de l’inévitabilité de la chose, il y a quand même une petite clé de bras, là.. Aieuuuhhh !!
      On verra à froid plus tard, mais je pense qu’en ce moment les US sont prêts à tout pour que la réaction en chaîne ne s’enclenche pas.. Cela commence par un déblocage en Europe..
      Ils naviguent à ultra-court terme, peu importe les conséquences…

  14. Je voterais pour qui prendra Jorion comme consultant dans son équipe gouvernementale, c’est quand-même l’un des rares qui a vu venir la Crise mais apparemment on préfère se fier à ceux qui n’ont rien vu venir. C’est logique ?

    Tant qu’on aura pas décidé un hair-cut général de la dette, aucune économie ne redémarrera, pour l’instant le court termisme prédomine, chacun étant préoccupé par ses échéances électorale, mais chaque année sera plus terrible que la précédente, et ceux qui s’obstinent provoqueront des révolutions et devront rendre des comptes, ils devront expier !

    Chaque année sera pire que la précédente, et pour l’instant on ne prévoit que 2012 avec une légère amélioration en 2013, ce qui est une foutaise !

    1. Si je me souviens bien Paul a évoqué les questions économiques avec Eva Joly à la faveur d’une rencontre avec les Verts.
      Y a-t-il eu une suite ?

      1. En tout cas la déléguée de LO est passée à Fr. Q (journal de 12h30) et elle a dit qu’il fallait guillotiner les banquiers… je plaisante, à moitié, elle a dit qu’il fallait les exproprier. Ca me parait nettement mieux que ce que propose les Verts mais j’aime bien Eva Joly également, et j’espère qu’elle va anéantir le lobby nucléaire ce sera toujours ça de fait.

  15. Merci M. Leclerc (et à votre équipe)

    J’apprend beaucoup en lisant ce blog. Après quelques lectures et videos hazardeuses , je m’en remet toujours à vos analyses pour séparer la fiction de la réalité.

    Ce que j’ai du mal à comprendre, c’est le “relatif” calme sur les places boursieres face aux montagnes d’incertitudes sur la planete. C’est le brouillard complet, tout peut s’écrouler à l’instant t mais les marchés semblent fluctuer de maniere presque aléatoire comme en apnée.

    1. Il y a très longtemps que l’émotion a remplacé la raison chez “lesmarchés”, et les émotions dominantes sont le désir, la peur, et la jouissance.

  16. La perspective d’un défaut généralisé à hauteur de 30% gagne du terrain…sur ce blog.
    Chiche qu’ils l’annoncent à l’issue du sommet européen?
    Là au moins, ils auraient pris une décision, mais faut pas rêver!
    au mieux, on aura de vagues promesses d’un durcissement des traités avec mise au piquet pour les laxistes et, paradoxe, l’Allemagne pourrait bien recevoir une fessée, des “arrangements comptables” commençant à être évoqués dans les médias.

    1. Je suis curieux de savoir en quoi un défaut généraliser de 30% changerai en quoi que ce soit le problème, et par dessus cela, le système néolibéral;
      En 2010 la dette de la France est de 1590 milliard (source http://fr.wikipedia.org/wiki/Dette_publique_de_la_France) ; un hair cut de 30% correspond à un retour dans le temps de 5 ans (dit en d’autre terme, un quinquennat – la dette en 2005 équivalent à 70% de la dette de 2010) ou l’annulation de l’augmentation de la dette sous le quinquennat Sarkozy.
      En quoi cela serait une solution ? Réélu, nous pourrions repartir pour un tour de manège ?

    2. 30% ce n’est pas suffisant, il faudrait 50% pour respirer.
      Avant même d’annoncer un chiffre comme nous le faisons, il faudrait tout d’abord réaliser un audit approfondi et complet des dettes souveraines de la zone euro. Ainsi on pourrait organiser un défaut intelligent qui pénalise peu voire pas ceux qui ont le moins.
      Nationaliser (sans compensation pour les actionnaires) le système bancaire européen serait sans aucun doute inévitable.
      Dès lors, on pourrait appliquer la règle d’or que les Allemands souhaitent à tout prix. La règle d’or a ceci d’embêtant que l’appliquer dans le cadre actuel, c’est se mettre une balle dans le pied. Dans le cadre de l’après-défaut, où les marchés obligataires seraient interdits aux états européens, cela aurait plus de sens. Bien évidemment, cette règle d’or ne doit pas être le prétexte pour un accroissement des inégalités.

    1. Vu l’exposition des britons au “cas” irlandais, l’héroique Ambrose préférerait que ce soit la zone euro qui monte au créneau et paie, tant qu’à faire.

  17. Devant le succès rencontré par le Téléthon, ne devrions-nous pas organiser un événement similaire, non, plus gros encore, et créer un vaste élan de solidarité envers les banques?
    Elles renonceraient ainsi à leur mendicité agressive…

      1. Il existait déjà l’association “Sauvons les Riches !”, dirigée par Karima Delli (devenue depuis euro-députée écolo).
        Ils étaient très drôles..

  18. Monsieur Jorion,

    Aujourd’hui est un jour triste, car les Belges viennent de retrouver ce jour un Premier Ministre.
    De plus il s’agit d’une personne imberbe!
    C’est une calamité , car si un Premier Ministre n’a pas véritablement d’influence aujourd’hui (en Belgique ou ailleurs), cela va entrainer pour vous , une fâcheuse modification de votre apparence:
    Vous allez perdre la barbe, vous vous étiez engagés à la garder tant que les Belges seraient sans Premier Ministre.
    C’est triste car vous allez perdre votre image de “loup de mer”.

    Pensez vous judicieux de lancer une campagne de pétition pour appeler à la démission de ce Premier Ministre, de sorte que vous puissiez garder cet attribut pileux?

    Ceci ne me semble pas hors sujet sur votre Blog car par avis de forte tempête il est d’une nécessité absolue de disposer de “Loup de mer”.

  19. Les rendements du Bund ont augmenté à 2,248 % et ceux des bons du Trésor helvète étaient à 0,853 % aujourd’hui 6 décembre vers 11 h 30,

    Document 1 :

    L’écart relatif entre ces rendements de 163,1 % a largement battu son ancien record de 157 % atteint le 29 novembre…

    Voici les dernières nouvelles qui mette Angela Merkel K.O. debout

  20. Il y a dans le (vague) projet de nouveau traité qu’on nous présente (avant de nous l’imposer) au moins une erreur logique grave : soumettre la politique au droit.

    La Constitution et les traités posent un cadre, un équilibre des pouvoirs et laissent ensuite les présidents, ministres et autres forces vives de la nation trouver ensemble les solutions aux problèmes posés.

    Ici on veut nous imposer une solution : la limitation à 3% du déficit. C’est interférer avec la liberté des politiques. Et c’est absurde :

    1 – vous souvenez vous du 1er trimestre 2010 ? Jusqu’à Pâques la seule solution était d’attendre la reprise pour s’attaquer au déficit. En Mai, une brutale volte face a totalement changé le discours : quoi qu’il en coutât il fallait s’attaquer au déficit. Avec une science économique aussi capricieuse, comment en graver les commandements dans le granit des traités ?
    2 – Un déficit du budget de l’État, égal ou inférieur à 3%, a longtemps été considéré par les Keynésiens comme admissible car une croissance de 3%, estimée à l’époque comme allant de soi, effaçait les effets de cette dérive. Ces 3% étaient parfois présenté comme une moyenne sur le cycle économique et non comme une barrière. Aujourd’hui plus personne n’espère, dans le contexte actuel revoir avant 10 ans une telle croissance. Le remède qu’on nous impose correspond à une autre époque.

    Remarquons que cet empiètement du droit sur la politique avait bien commencé avec le traité de Maastricht qui a inscrit dans le marbre la libre circulation des capitaux à l’intérieur de l’Europe bien sûr, mais aussi entre les États européens et l’étranger.

    Si on se rappelle que la France a instauré le contrôle de changes en 1914 et l’a constamment maintenu jusqu’en 1990 (sauf 2 année 1966-1968), elle n’avait en 1992, lors de la ratification du traité qu’une très faible expérience de la liberté des changes. Il a fallu un incroyable aveuglement pour accepter que cette pratique nouvelle pour nous nous soit ainsi définitivement imposée.

  21. à force de lire France Europe US etc. copie in extenso de http://1libertaire.free.fr/pouvoirterr.html

    Entre pouvoir et territoire :Deleuze, Foucault Frédéric GROS

    Est-ce seulement dans l’espace, à l’intérieur de frontières données, que se définit et peut s’exercer le pouvoir ? Spécialiste de l’œuvre de Michel Foucault, auquel il a consacré sa thèse, Frédéric Gros explique comment le changement, introduit par Foucault et Deleuze dans la manière de concevoir la nature et le fonctionnement du pouvoir, conduit à une redéfinition du territoire lui-même.

    «. L’objet du pouvoir féodal
    ««. L’espace analytique du pouvoir disciplinaire
    «««. Le territoire pour penser le pouvoir
    «V. La pulsation d’une puissance vitale

    Il y a une manière ancienne de penser le pouvoir : en termes de représentation et de limites. Sur quel fondement une autorité souveraine nous commande-t-elle, et quelle est la mesure de ce commandement ? Quelles sont les puissances d’action que les individus peuvent exercer ? Lesquelles peuvent-ils déléguer ? Quel régime politique de distribution des pouvoirs (démocratie, oligarchie, monarchie) est le plus enviable ? Toutes ces problématiques ne cessent d’interroger simultanément l’objet et le sujet du pouvoir.

    Si quelque chose change, avec Deleuze et Foucault, dans la conception du pouvoir, cela passe sans doute par le lien privilégié qu’ils établissent entre une théorie du pouvoir et une pensée de l’espace, quittant les schèmes plus classiques. Ce recoupement prendra forme dans une interrogation sur le territoire.
    Qu’est-ce qu’un territoire en effet si ce n’est un fragment d’espace délimité par un acte de pouvoir, un lieu de règne pour une puissance d’action ? Foucault le définit ainsi : « ce qui est contrôlé par un certain type de pouvoir «. Cette détermination reste pourtant vague. On voudrait ici la préciser en examinant, au travers des oeuvres de Foucault et Deleuze, quatre niveaux de sens du territoire, en allant du plus serré au plus élargi : passant du territoire comme objet historique d’une forme déterminée et datée de pouvoir politique, au territoire comme milieu déployé par une puissance de vie.

    «. L’objet du pouvoir féodal
    Le territoire désigne pour Foucault, à l’occasion d’analyses poursuivies dans les années 1977-1978, ce qui a constitué pendant tout le haut Moyen-Age et encore au XV»e siècle, la préoccupation essentielle de l’État naissant. Le problème de l’État était : comment reculer les frontières au plus loin, comment élargir mon territoire ? C’est le problème du Prince de Machiavel : comment assurer une autorité dans des provinces nouvellement conquises, comment garantir la cohésion d’un empire ? En ce sens, selon Foucault, le Prince n’est pas le premier traité moderne de politique, mais le dernier traité ancien, puisqu’il continue à poser le territoire comme objet premier du gouvernement. Ce qu’on gouvernait, c’était donc un territoire et, secondairement, les sujets qui l’habitent et les richesses qui le composent. Le rapport de l’État à ses populations se définissait dans les termes d’un « « pacte territorial « : « autrefois, l’État pouvait dire : ‘Je vais vous donner un territoire’ ou : ‘Je vous garantis que vous allez pouvoir vivre en paix dans vos frontières’. C’était le pacte territorial «. Le passage à l’État moderne se caractérisera par l’abandon de l’obsession territoriale : l’objet du gouvernement désormais sera la population vivante (« bio-politique «), qu’il s’agira de contrôler, de réguler. Ce n’est plus de la terre que l’État promet, mais la santé et le confort sans peur (« pacte de sécurité «). Il ne s’agit plus d’agrandir le territoire mais de faire prospérer une population à l’intérieur de frontières données. En ce sens, le territoire n’est que le plus vieil objet du pouvoir.

    ««. L’espace analytique du pouvoir disciplinaire
    On ne dira pas pour autant que le pouvoir dans ses formes modernes rompt totalement avec une problématique territoriale. En fait il la reconduit à un autre niveau. C’est que la discipline a encore à faire avec la topographie. Elle est un mode spécifique d’investissement de l’espace : le quadrillage. Soit le vieux rituel en cas de lèpre : on sépare en deux une population, on en exclut une partie. Le règlement de la peste en revanche sera plus conforme à une stratégie disciplinaire : on ferme la ville, et carré par carré, on la surveille et on en extrait les sujets frappés de maladie : « la lèpre et son partage ; la peste et son découpage «. Plus largement, la discipline se comprend comme investissement analytique de l’espace. Il s’agira par exemple d’établir des cellules fonctionnelles adaptées, pour des opérations précises, déterminées, et où viendront s’inscrire des sujets dociles : les postes de travail dans une usine, la disposition des lits dans un hôpital, etc. Le dispositif spatial une fois mis en place, muni de son sujet et de sa fonctionnalité propre, sera traversé par un regard (principe de surveillance) qui jouera comme la garantie et la condition de son bon exercice. La discipline ne supporte pas les territoires défendus, les recoins secrets : elle exige la lumière. On n’a plus donc plus ici un territoire délimité par des frontières qu’une autorité souveraine se devait d’élargir et de protéger en même temps, mais qui comportait en son sein des zones d’ombre (encore une fois l’attention du pouvoir se portait sur la périphérie). La discipline, tactique moderne du pouvoir, suscite au contraire des mini-territorialités analytiquement décomposées, assujettissantes, et traversées de visibilités pénétrantes. La problématique du pouvoir n’est enfin pas réfléchie ici au niveau d’une macro-politique (l’État, la Loi, etc.) mais d’une micro-politique (la distribution concrète des individus au travail, à l’armée, les règlements, etc.). L’attachement au territoire montre un changement d’échelle dans la pensée du pouvoir.

    Le territoire pour penser le pouvoir
    Les analyses de Foucault sur la gouvernementalité du territoire et le pouvoir disciplinaire, que nous venons d’évoquer succinctement, constituent des études historiques. Nous avions défini le territoire comme ce fragment d’espace investi par un pouvoir : ce sont deux modalités historiques de cet investissement que nous avons décrit. Foucault n’aurait jamais alors que théorisé un mode supplémentaire d’exercice du pouvoir : en plus de représenter des individus, en plus de connaître des problèmes de mesure et de distribution internes, le pouvoir s’applique à des espaces nommés « territoires «. Mais le territoire ne se réduit pas à un objet inaperçu du pouvoir. Il est aussi ce qui permet de penser le pouvoir. C’est-à-dire qu’il ne s’est pas simplement agi, pour Deleuze et Foucault, de penser le territoire à partir du pouvoir, mais aussi de penser le pouvoir à partir du territoire. Cette détermination est manifeste à la surface même de leur vocabulaire : champs de forces, territorialisatides problèmes de mesure et de distribution internes, le pouvoir s’applique à des espaces nommés « territoires «. Mais le territoire ne se réduit pas à un objet inaperçu du pouvoir. Il est aussi ce qui permet de penser le pouvoir. C’est-à-dire qu’il ne s’est pas simplement agi, pour Deleuze et Foucault, de penser le territoire à partir du pouvoir, mais aussi de penser le pouvoir à partir du territoire. Cette détermination est manifeste à la surface même de leur vocabulaire : champs de forces, territorialisation et déterritorialisation, réseaux, foyers, noeuds, configurations de pouvoir, etc. On donnera deux raisons, communes à Foucault et à Deleuze, d’une théorisation du pouvoir à partir d’un modèle territorial. Le pouvoir d’abord n’est plus pensé comme chose. Il n’appartient à personne en particulier, pas même à une classe sociale. Il n’est pas un être, mais ce qui circule entre les êtres. Le pouvoir n’est plus conçu selon la verticalité des palais ou des pyramides, comme une série de dominations successives, dans un mouvement de concentration. Il a contraire l’horizontalité du territoire, traversé de réseaux multiples, qui forment parfois des foyers, mais sans qu’un centre jamais organise cette dispersion. Le pouvoir s’organise selon des lignes et des noeuds. Les rapports sont multilatéraux, réversibles, formant des configurations variables. Le recours aux métaphores spatiales permet d’abandonner le modèle monarchique du pouvoir, pour le repenser comme multiplicité étoilée. Par ailleurs, le modèle territorial permet de penser le pouvoir comme immédiatement stratégique. Le pouvoir n’est plus, comme dans les théories classiques (modèle contractualiste), ce qui apparaît une fois la paix établie, mais ce qui se déploie selon les régions

    «V. La pulsation d’une puissance vitale
    Il se peut cependant qu’une dimension importante du territoire ait été jusqu’ici oubliée : celle que prend en compte précisément l’éthologie (étude du comportement animal). Elle nous permettrait d’ouvrir la problématique du pouvoir-territoire à une dimension cosmique, en suivant les thèses élaborées par Gilles Deleuze et Félix Guattari dans Mille Plateaux.
    Un enfant dans le noir chante une ritournelle. Il a peur (ce qui l’enveloppe ne lui est pas connu, est informe), alors il chante. Peu à peu il reprend confiance, il est au centre de sa chanson, de son territoire conquis sur les ténèbres. On pourrait même imaginer au récit une suite ainsi conçue : bientôt rassuré, et presque fort, l’enfant provoque la nuit de sa chansonnette, tente même de l’accorder à des forces de vie qu’il sent le traverser (vibrations des présences nocturnes à distinguer des épaisseurs de ténèbres qui précédaient). La ritournelle pour Deleuze, c’est un agencement territorial. Soit encore un oiseau. Il peut comme le rouge-gorge chanter pour marquer son territoire, ou encore comme cet autre, chaque matin disposer pour assigner des limites, des feuilles, en les retournant sur leur face la plus pâle, afin qu’avec clarté elles se détachent. Ces scènes illustrent des points importants d’une pensée deleuzienne du territoire. Déjà le territoire ne se confond pas avec un simple milieu extérieur qu’on viendrait habiter, remplir, occuper. Le territoire pour le vivant est un prolongement de lui-même, ou plutôt une réserve qu’il se forge afin de se protéger d’une extériorité menaçante. Ainsi la ritournelle de l’enfant contre la nuit. Le territoire en ce sens est une intériorité déployée depuis laquelle seulement le vivant commence à exister, une fois qu’il a pu se constituer comme centre et tracer le cercle d’un territoire propre. Avant d’être quelque chose, il faut avoir un territoire. Par ailleurs, la danse matinale de l’oiseau fait assister à la naissance de l’art : les choses de la nature (les feuilles, la couleur plus sombre du sol) se mettent à exprimer depuis le geste qui trace un territoire. Le territoire que se donne le vivant, c’est peut-être la première forme créée. Mais Deleuze ne s’arrête pas au geste de clôture. il faut qu’une forme, un territoire, une existence déterminée, après le mouvement d’arrachement constitutif au chaos, apprennent à se laisser traverser par des lignes de fuite qui puissent entraîner sans détruire.

    Il ne faut pas penser alors qu’un pouvoir vient occuper du dehors un territoire (modèle de la conquête). Le territoire c’est, au coeur même du pouvoir, le déploiement de son jeu propre.

    Frédéric GROS
    Université Paris X

  22. celui qui donne la note décide aussi de la partition . enfin presque le même . sans doute ceux qui notent ne sont que de petites mains .
    mais ceux qui décident du jeu , eux ne savent pas ce qu’ils font , enfin, si, ils sont prêts à tout , à cet anéantissement .
    et ont accordé leur partition , cela depuis un bail .
    comme quand on s’accorde sur une guerre . un champ de bataille . mais là , le champ est planétaire .

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