AGRICULTURE : LA CHIMÈRE D’UN CAPITAL QUI VOUS PROFITERA, par DIX

Billet invité.

Paul, merci à vous et bonne année !

Je suis producteur de lait en Alsace, jeune installé en pleine crise. Vous décrivez la toile de fond du paradigme économique comme peu de gens. A vrai dire, lorsque j’ai découvert vos propos sur la concentration des richesses, et le remplacement du salaire par le crédit… j’ai de suite adhéré puisque c’est ce que j’ai vécu en 2009 avec ma famille.

Ingénieur de formation dans le secteur agricole et agroalimentaire (spécialité développement des territoires ruraux), mon expérience professionnelle en tant que conseiller d’entreprise puis exploitant agricole m’a permis d’asseoir confortablement dans mon esprit la thèse de la concentration des richesse et du déterminisme des trajectoires sociales de mon milieu. Après tant d’années passées sous la protection parentale et celle de mes anciens patrons qui me payaient en tant que jeune cadre dynamique pour « rendre service » aux professionnels du secteur : les agriculteurs ne pouvaient se payer mes services et je ne pouvais accepter de me faire payer par ceux qui ne les payaient pas, j’ai découvert lors de mon installation la façon brutale dont on a traité mes parents qui ont bien failli perdre tout leur courage en 2009, après 40 ans de bons et loyaux service à l’État, l’Europe, les Industriels, les Syndicats, les Élus, les Consommateurs, 7/7, 12/24, 365/365.

PAUVRE COMME JOB EN TRÉSORERIE, RICHE EN CAPITAL COMME UN PETIT SEIGNEUR MAIS QUI NE DEGAGE AUCUN PROFIT. Une collectivisation masquée du capitalisme : ni perte, ni profit mais tout nous est garantie pour la banque, rien de bien concret pour les paysans. Si et pis : un patrimoine trop difficile à partager, qu’on essaye de dévaluer pour pouvoir le transmettre !

D’ailleurs, si le monde agricole avait déprimé, le crash n’aurait pas été que financier, il serait (ou sera ?) peut-être aussi alimentaire chez nous, les prétendus riches ! (cf. les publications du think tank MOMAGRI à ce sujet).

Les spéculateurs nous font vivre une vraie inquiétude, une profonde désorientation, une insécurité profonde dans un contexte de contingentement, de règlementation environnementale, de volatilité et d’insécurité climatique croissante et finalement, la dernière arme de la vie étant le cannibalisme : la concurrence croissante entre paysans !

Ce monde qui change continue pour autant de nous faire fuir en avant et il ne nous reste comme seule solution que de trimer, produire pour ne pas gagner plus, juste s’en sortir. Cette année, j’ai augmenté depuis la crise la productivité de 20% avec des prix en hausse, mais des charges aussi en hausse. Résultat :  NI PERTE, NI PROFIT, MAIS TOUJOURS PLUS DE LABEUR, DE PRODUCTIVITÉ (sans réelle profitabilité ni compétitivité).

Mes réflexions personnelles sur la situation économique de notre secteur correspondent clairement à ce que vous décrivez sur les relations que les « dominants » et « dominés »  entretiennent dans leur rapport au « capital désordonné » :

– du capitalisme (nous rendons profitable le capital des autres sauf le nôtre),

– de l’économie de marché (le commerce nous vole et nous répercute le risque du marché des produits transformés, sans en prendre sa part !)

– et du libéralisme (la circulation libre des produits dumpisés pour nous concurrencer inégalement)

Ce pourrait aussi être le pire du communisme, avec des plans, des contrôles ultra-pointilleux et inapproprié à notre échelle de production, des connivences entre le pouvoir et un syndicat majoritaire de moins en moins majoritaire, des contingentement, des subventions, du stakhanovisme entretenu par les revues de politique agricole, les aristocraties du milieu en proie au conflit d’intérêt avec l’aval de nos exploitations (les « cumulards » et les profiteurs du « parti »).

Bref, de quoi écrire un beau livre en fin de carrière et peut être, comme vous, du succès.

J’espère que votre compétence en anthropologie vous permettra un jour d’échanger et de découvrir les incroyables défis et difficultés que rencontre ce microcosme particulièrement bien ancré dans les jeux de pouvoir du grand capital et représentatif des plus grandes injustices et de la plus grande manipulation que ce grand capital a pu exercer de manière espiègle sur nous, les 99%. Ce que nous vivons en tant que travailleurs de la terre risque d’arriver à l’ensemble de la population.

J’espère que nos dirigeants ne cautionneront pas la suite de cette tendance car, espérer, c’est bien la seule chose qu’il nous reste parfois, tant nous nous sentons si petits, si seuls et si isolés.

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345 réflexions sur « AGRICULTURE : LA CHIMÈRE D’UN CAPITAL QUI VOUS PROFITERA, par DIX »

  1. Fondamentalement le problème est que nous n’avons aucune reconnaissance pour le système qui nous a donné la vie, qu’on l’appelle la nature, la terre ou autre chose. On a l’impression que certains ont même un profond mépris pour notre environnement et ne le perçoivent que comme un objet consommable à exploiter, détruire et saccager sans tenir compte des conséquences. C’est irresponsable et je pense que d’ici quelques années certains devront rendre des comptes pour cela, comme c’est déjà le cas pour les crimes contre l’humanité.

    LE film de coline serreau dont parlait un intervenant est une mine d’informations sur les erreurs que notre génération commet !

    http://www.youtube.com/watch?v=CI7nMaLnUa4&feature=related

    1. C’est tout simplement parce que l’économie capitaliste est l’exact opposé de l’économie du vivant.
      Adam Smith et tous les libéraux se sont trompés sur l’essentiel.
      Influencé par un pseudo-christianisme pervers, ils ont saboté le message.
      Oui, il faut « etre charitable » c’est à dire aider son prochain, mais aussi:
      Atteindre le paradis pour un riche c’est comme faire passer un chameau dans le trou d’une aiguille.
      En clair, aider le faible et amoindrir le fort…Sinon pas de paradis…
      Censuré par Rome. Mis à l’Index. Hérésie.
      C’est comme cela que la cellule se protège du monde extérieur pour créer un milieu stable propice aux réactions biochimiques très complexes de la vie. Sinon nada.
      Autre exemple: On doit distribuer de l’electricité de maniere trés stable. Par exemple dans un générateur hydroélectrique, quand il y a trop d’eau, une vanne se ferme pour limiter la vitesse de la turbine (Raboter le riche) et au contraire la vanne s’ouvre quand il n’y a pas assez d’eau (aider le pauvre)
      Un sytème socialiste essaie de faire exactement ça, un système libéral fait exactement l’inverse: Quand il y a beaucoup d’eau il ouvre encore plus la vanne, pour produire encore plus d’électricité. Bien sur la surtension fait péter les ampoules, les plombs…
      C’est le krak!
      Mieux encore, quand il n’y pas assez d’eau, il ferme les vannes. Plus d’électricité et vous vivez dans les ténébres.
      Quand la Grece est faible on lui augmente les intérets, quand l’Allemagne est forte, on lui prete gratuitement.
      Vous connaissez l’adage: On ne prete qu’aux riches.
      J’ai l’impression que les libéraux sont des dinosaures, il leur manque un élément vital pour s’autoréguler…

  2. Ce serait bien de faire un film documentaire précis sur votre histoire; Si vous voulez prenons contact par l’intermédiaire de Paul Jorion
    PIerre Oscar Lévy

    1. Pourquoi pas mais je ne cherche pas à me faire connaitre sous l’angle de celui qui se plaint tout le temps. Ce blog est ouvert pour exposer le post trauma de la crise du lait de 2009 et pour éviter qu’une telle situation ne se reproduise…mais quand on voit les fruits et légumes en 2011, on peut craindre que cela ne devienne ultra cyclique…

      1. ATTENTION AU POISSON PANGA (info dans ma boite ce jour)
        Le panga est un nouveau poisson asiatique que nous trouvons chez CARREFOUR et PICARD, surtout sous forme de filets, à un prix relativement bas. Au Vietnam, le panga est un poisson de culture industrielle intensive, plus exactement, il vient du delta du Mekong, et il est en train d’envahir le marché à cause de son prix.
        Voici ce qu’il y a à savoir sur le panga : le Mekong est l’un des fleuves les plus contaminés de la planète. Les pangas sont infectés, à hauts niveaux, de venins et bactéries (arsenic, résidus industriels toxiques et dangereux, sous-produits du secteur industriel en pleine croissance), métaux contaminés, phénols polychlorés (PCB) ou DDT et leurs (DDTs), chlorate ; des composants relationnés (CHLs), hexachlorociloxane, isomères (HCHs) et hexachlorobenzène (HCB). Ils sont alimentés avec des poissons morts, des restes d’os et avec une farine d’Amérique du Sud, le manioc et des résidus de soja et graines.
        Il est évident que ce type d’alimentation peu salubre n’a rien à voir avec l’alimentation d’un environnement naturel. Cela ressemble beaucoup à l’alimentation des vaches folles (vaches qui furent alimentées avec des vaches. Vous en rappelez-vous ?).
        L’alimentation des pangas est complètement en dehors de toute réglementation judiciaire. Le panga grandit 4 fois plus vite que dans la nature, à l’état normal. De plus, les pangas sont injectés avec (PEE).
        Quelques scientifiques ont découvert que si l’on injectait les femelles panga avec des hormones féminines dérivées d’urine déshydratée de femmes enceintes, la femelle panga produirait ses oeufs plus rapidement et en grande quantité, ce qui n’arriverait pas dans un environnement naturel (une femelle panga arrive ainsi à produire 500.000 oeufs en une fois).
        De fait, ce sont des poissons qui ont des hormones injectables (produites par une « entreprise pharmaceutique chinoise » pour accélérer le processus de croissance et de reproduction. En achetant du panga, nous collaborons avec des entreprises gigantesques sans aucun scrupule et spéculatrices, qui ne se préoccupent pas de la santé et du bien-être des êtres humains.
        NOTE : Etant donné la prodigieuse quantité de pangas disponible, ils termineront également dans d’autres aliments : surimi (ces petits batônnets faits avec de la chair de poisson), poisson en boîte et probablement dans quelques aliments pour animaux (chiens et chats).

  3. @ DIX

    Merci pour l’article, plein de réalité et de révolte, même si je ne suis qu’à moitié surpris, connaissant votre goût (ou votre dégoût) immodéré contre les pratiques du grand capital ! A vous écoutez je serai presque prêt à voter Mr Mélenchon aux prochaines présidentielles comme le proposait un proche parent à moi 😀 … mouarf, voilà qu’un excès d’espérance en un monde meilleur vient à nouveau nous pousser dans les bras du marxisme … ou comment court-circuiter toute indépendance quand la multitude recherche la pleinitude !

    D’ailleurs en parlant de court-circuiter, ne voyez-vous pas un rapprochement avec les circuits courts ?? Oui ?? Ah, donc ce serait un peu fait exprès de l’avoir appeler ainsi 🙂 Ca m’évoque d’ailleurs tout un art des principes de guerilla … et j’éviterai subtilemment le rapprochement avec le Che (et je ne parle pas de Chevènement hein !) et son affiliation bolchevico-bolchevique … mais je m’égare ^^

    Bref tout ça pour dire que s’il faut vous aider à faire de la com, je veux bien être votre homme 🙂

    Je vous dis donc à bientôt jeune bout-en-train !

    1. Juste une question ils donnent quoi a manger aux poissons et autres crustacées dans le reste du monde
      la même chose

  4.  » NI PERTE, NI PROFIT » Vous dites?
    Dans l’optique capitalistique du système libéral tel qu’il est, on peut protester qu’en effet, le capitalisme ne tient pas ses promesses. Ben oui!
    Alors il faut refonder le capitalisme et ragna gna…Comme le discours de Toulon de l’autre pinocchio? Surtout pas. Memes causes, memes effets.

    Il y a des gens qui seraient très heureux de vivre indépendants, sans patron et libres, avec une entreprise « ni perte, ni profit ».
    Les entreprises du spectacle, sauf les vendeurs de musico-soupe (Malgrés HADOPI complètement éreintés par le net, on ne va pas s’en plaindre) sont très heureuses quand elles n’ont pas de pertes.
    Il en est de meme de la Presse…Les journaux qui bouclent sont heureux.
    Bien sur ni perte ni profit, après salaires et charges et impots. Evidement.
    Pour tout ces gens, la capital est un instrument de travail et meme de liberté, pas de profit, ni instrument de spéculation. Comme avec les SCOP. On n’est pas obligé de trouver dans le travail, uniquement la motivation du profit. C’est presque une perversion de l’esprit.
    On ne peut pas reprocher aux marchés de faire du profit avec le lait, alors que soi-meme on recherche le profit. A mon avis la posture est indéfendable, et c’est une bataille de boutiquiers.
    Comme on dit; vouloir le beurre et l’argent du beurre….

    1. LE problème c’est que le salaire n’est pas garantie !!! ça dépend de la trésorerie et donc de la conjoncture des prix et des charges de l’année. Quand je dis ni perte ni profit, c’est pour cette année. Demain, je ne sais pas ce qu’il va se passer.

      Le problème, le vrai problème c’est NI PERTE, NI PROFIT…MAIS LABEUR EN PLUS pour pouvoir assurer cette maxime. Quand vous donnez le maximum au point de mettre toute votre vie entre paranthèse, donnez encore plus c’est souvent frustrant.

    2. @ izarn 3 janvier 2012 à 03:04

      Il y a des gens qui seraient très heureux de vivre indépendants, sans patron et libres, avec une entreprise « ni perte, ni profit »

      Le monde agricole s’est toujours plaint et se plaindra presque toujours.

      C’est tout à fait logique car c’est un secteur qui capte de l’énergie diffuse dispensée par le soleil sur des moyens de captation rudimentaires et naturels qui ont une durée de vie saisonnière. A chaque saison, il faut réimplanter les capteurs solaires, les amener à maturité afin qu’ils aient stocké le maximum d’énergie puis, rassembler la récolte, la stocker et la commercialiser. Les grands espaces de plaines hautement mécanisés sont bien plus performants que nos minuscules confettis de terres agricoles hyper morcelés dans notre vielle Europe.

      Pour le lait, en fait, Dix est un artisan, une sorte d’auto entrepreneur travaillant à façon. Je le vois œuvrer dans une industrie de transformation utilisant comme « machines » des vaches qui, grâce à l’apport d’énergie, peut-être issue de pays émergents (soja du Brésil, d’Argentine ou autre et avec l’aide de pas mal d’énergie fossile issue d’autres endroits) élabore un produit périssable, ce qui rend la profession plus vulnérable que celle des céréaliers, par exemple.

      Dans sa situation, qu’il ressent comme inconfortable, Dix ne voit pas, qu’en fait il est privilégié. D’une part, il n’a pas de patron et il est libre comme vous le soulignez, mais surtout, il dispose d’un capital (s’il ne s’est pas trop surendetté) qui lui permet de vivre et lui permettra de survivre quand beaucoup d’autres, en période de longue déflation qui s’annonce, seront en limite de survie, voire pire.
      http://www.countercurrents.org/chefurka201109.htm

      Ceux qui ont vécu la dernière grande crise en Europe, celle des années 40, (il ne doit pas y en avoir beaucoup qui interviennent sur le blog), savent que c’est le monde agricole qui a le mieux « profité » ou le moins perdu dans la période de restrictions qui a amené des tickets de rationnement pendant presque 10 ans. A l’après guerre, la plupart de ceux qui pouvaient s’acheter des voitures automobiles appartenaient au monde agricole.

      Certes, dans ce milieu comme dans d’autres, ceux qui ont voulu devenir rapidement riches avant d’avoir été suffisamment économes, se sont laissé aller à trop s’endetter comme ce fut la tendance générale ces 40 dernières années dans de nombreux domaines, et pays. Je souhaite que Dix ne soit pas dans ce cas.

      1. On maitrise l’endettement pour avoir un peu moins d’un SMIC. L’endettement pour être productif et répondre à un certain niveau de marché, réduire la pénébilité du travail et répondre aux attentes sociétéales, il est nécessaire. Vous n’imaginez pas comment on casse du matériel en travaillant avec la nautre. Il est vrai que nous profitons d’un cycle chaque année et de garantie d’achat mais aucune garantie de prix. Et comme l’investissement et l’endettement est nécessaire pour pérenniser la campagne qui suit, vous arrivez dans des situations de crise ou la trésorerie se tend. Lorsqu’un agriculteur arrête, c’est parcequ’il a été usé. Les grandes banqueroutes instantanné sont rares dans les productions intégrées et on les voit venir à petit pas. CE n’est que de l’usure humaine la plupart du temps !

        Par contre, ce que je souhaite exprimer c’est que les contraintes du moment (augmentation de la production, règlementation, attente de nos familles pour une meilleure qualité de vie) nous poussent à nous ré endetter de manière cyclique et que la baisse moyenne des prix et le renchérissement des infrastructures de l’entreprise diminue et annule toute perspective de rentabilité du capital alors que le risque s’est accru.

        Je vais vous dire : lorsque vous privilégiez vos investissements professionnels à vos investissement privés, vous êtes en préparation de votre avenir professionnel. Mais quand vous décidez de ne pas avoir d’enfant (ex: c’est la tendance de fond en Allemagne) pour cette raison ou que vous ne souhaitez pas retaper la maison ancestrale parceque c’est trop, vous avez le sentiment de cramer un autre « capital », celui de pouvoir pérenniser sa transmission de savoir et de compétence à une lignée. Ca peut paraitre ridicule mais, c’est tout ça qui vous permet de manger des denrées alimentaires…..vous êtes sur la mauvaise voix en expliquant qu’on a pas vraiment à se plaindre. Le système agricole est d’une apparente stabilité, l’usure des hommes est permanente.

      2. @ dix 3 janvier 2012 à 12:26

        Ca peut paraitre ridicule mais, c’est tout ça qui vous permet de manger des denrées alimentaires…..vous êtes sur la mauvaise voie en expliquant qu’on n’a pas vraiment à se plaindre. Le système agricole est d’une apparente stabilité, l’usure des hommes est permanente

        Vous m’avez mal lu, ou bien je me suis mal exprimé, car je n’ai jamais laissé entendre que vous n’aviez pas à vous plaindre au contraire, j’ai même trouvé que c’était « logique » que l’agriculture se plaigne depuis toujours et pour presque toujours du fait de son mode rudimentaire de captation d’énergie par la flore et de sa transformation par la faune.

        Ce que je voulais souligner, c’est qu’en période de réduction du niveau de vie, que nous pourrions connaître comme dans les années 40, l’agriculture est celle qui s’en tire le mieux. Contrairement à beaucoup d’autres professions, elle dispose des moyens indispensables à sa propre survie ce qui est loin d’être le cas de toutes les autres professions. A mon avis, si vous ne vous endettez pas trop, votre situation a toutes les chances d’être enviée d’ici quelques temps. Vous le mériterez et apparaîtrez comme un entrepreneur ayant acquis, par son travail, un capital productif (la terre, le cheptel et autre) dont la valeur ira croissant, ce qui n’est pas le cas dans tous les domaines.

        Peut-être n’aurez-vous pas travaillé beaucoup plus que vos parents et grands parents qui devaient probablement se plaindre aussi. Eux n’avaient pas la possibilité, grâce à internet et au travail de beaucoup d’autres travailleurs dans d’autres domaines, de le faire savoir à la terre entière, comme l’autorise le blog de Paul Jorion.
        Combien sont-ils nos semblables agriculteurs ou autres en Asie ou ailleurs dans le monde à s’user au travail, pour que nous vivions avec nos niveaux de vie alors que nous ne les entendons pas ? C’est vrai qu’ils sont victimes du grand capital et pourtant nous en profitons tous, vous y compris, pour communiquer à bon compte, par exemple.

        Les hasards de la vie nous font naître dans un milieu qui nous oriente, mais qui nous permet aussi de faire des choix plus ou moins risqués et bénéfiques. Une fois faits, il nous faut bien les assumer. C’est la rançon de notre liberté.

      3. Désolé. J’ai en fait lu trop vite. Je dois pas mal répondre et surveiller le blog en même temps que je travaille dans l’étable. J’ai installé un PC à côté de la stabu dernièrement. Ca me permet d’être à plusieurs endroit sans m’éloigner des bêtes.

        Cordialement

      4. Pour ce qui est des anciens, ma grand mère avait bâti 1 grange, 1 logement et une étable après la guerre avec 10 fois moins de production….aujourd’hui, c’est eux qui me plaignent. Mais ça m’encourage, car je me dis qui si les anciens ne trouvent pas celà normal, alors il y a la lueur d’espoir que le bon sens l’emportera à terme.

      5. @ dix 3 janvier 2012 à 22:35

        Pour ce qui est des anciens, ma grand mère avait bâti 1 grange, 1 logement et une étable après la guerre avec 10 fois moins de production….aujourd’hui, c’est eux qui me plaignent.

        Sans chercher à porter un jugement sur chacune des générations de votre lignée, lesquelles ont probablement fait de leur mieux pour adapter leur vie aux conditions de leur époque, il ne serait pas inutile de dresser le même bilan pour vos arrières grands parents et pour vos parents, sachant qu’eux bénéficiaient, outre de l’énergie captée sur leurs terres, d’une énergie importée sur l’exploitation à bien meilleur compte que celle qui vous est nécessaire (en alimentations diverses, en investissements et équipements) pour produire aujourd’hui. Si votre père a eu de la peine à rembourser leur part d’héritage à ses 2 frères durant sa vie active, compte tenu de l’évolution prévisible du coût de l’énergie, il est probable que vous devrez travailler au moins autant que lui en intensité et en durée, car la part d’énergie tirée de vos terres est probablement faible au regard de toutes celles que vous mettez en œuvre.

        Ma mère, issue d’une famille de 10 enfants, servante de ferme à 13 ans et mon père issu d’une famille de 7 enfants, commis de ferme à 14 ans, puis ouvrier agricole jusqu’à 25 ans, n’ont pas eu d’autre choix que de gagner leur vie ailleurs que dans l’agriculture. Mais ils ont conservé toute leur vie et transmis à leurs enfants, ce qu’ils avaient appris dans leur premier métier. Ce précepte sera de plus en plus d’actualité, quel que soit le domaine d’activité.

        « Travailler beaucoup et bien, tout en consommant le moins possible » était leur slogan.

        En travaillant dans le domaine spatial, j’ai trouvé qu’il était tout aussi valable. Il est probablement d’application universelle. Il permet d’accéder au capital, à l’essentiel, qui n’est pas de consommer, mais de transmettre la vie en même temps que les moyens pour vivre et se perpétuer.

        Courage ! Vous êtes dans un bon créneau à condition de consommer le moins possible, ce qui veut dire s’endetter modérément, en ne sous estimant pas les risques.

  5. Ce qu’est devenue l’agriculture française en l’espace de 4 décennies est la parfaite illustration de la terrible nocivité des concepts neonaziberaux.
    On ne pouvait rêver de la mieux détruire en la réduisant à une économie au service de la finance…

    Un échec exemplaire des politiques technocrates.

  6. C’est facile d’accuser les méchants spéculateurs et la main invisible du grand capital.

    Mais les agriculteurs se la sont tiré eux mêmes la balle dans le pied.

    C’est qu’il a fallut les supprimer tous ces intermédiaires (bouchers, chevillards, maquignons) qui s’engraissaient sur le dos de ces pauvres paysans.
    Les SICA ont donc remplacé des centaines d’acheteurs. Jusqu’à se retrouver dans certaines régions, le SEUL acheteur du marché.

    1. Oui, ces cas existent, Paul J expliquait déjà que ce n’est pas nécessairement des personnes ciblés qui sont responsables, nous baignons tous dans la complexité et nous avons tous notre part de responsabilité. Enfin, pour ce qui me concerne, j’ai grandi dedans, je ne l’ai pas alimenté et aujoiurd’hui je vais le changer. Chacun à sa manière a une clef

      1. D’accord vous allez essayer de changer les choses.

        Mais combien comme vous pour un seul comme mon voisin qui vient de racheter des quotas (Il doit être à plus d’un million de litres annuel). Il n’arrive même pas à se payer un employé et le grand père qui a plus de 80 ans passe ses journées sur le tracteur.
        A part tout saloper autour de son exploitation (et « saloper » est euphémisme quand je vois des tas de fumier à base de sciure de pin de plus de 6 mètres de haut sur 200 mètres de long qui sont là, au dessus des nappes depuis plus de 10 ans) je ne vois pas trop à quoi cela sert. Surtout qu’il doit juste boucler en fin d’année.

      2. C’est vrai, c’est la fuite en avant que j’exposais dans mon billet. En agriculture aussi l’idée de « TOO BIG to FAIL » est présente. Le problème, c’est que l’on ne sensibilise pas assez les agris aux calculs de leur prix de revient. Pour ma part, je n’en ai pas acheté un seul litre et j’essaye de saturer l’ancienne étable et ne pas avoir à en construire une autre car, ce que l’on vous donne en litrage pour l’installation, c’est pour votre revenu, ça ne suffit pas pour le revenu + une nouvelle étable. Du moins, c’est ce qui ressort. e mon approche économique. Je ne sais pas comment les autres l’envisage.

        SI, j’ai quelqu’un de ma famille qui a fait le raisonnement suivant : ils ont converti le salaire de leur parent en annuité à rembourser lors de leur départ à la retraite. Bien sûr les parents vont continuer à travailler, mais quant ils ne seront plus là ou malade, qui va se taper le boulot. Du capital (robot de traite : +25 €/1000 L de prix de revient) ou de la main d’œuvre (qu’on ne trouve pas) qu’on n’arrivera pas à payer sans se sacrifier le salaire ou autre besoin immédiat.

        C’est ça aussi les sacrifice de ce métier pour se donner l’impréssion que « l’on avance ». Mais je ne dis pas que c’est une mauvaise chose. Parce que si on doit faire des sacrifices économiques pour pouvoir diminuer la pénibilité du travail ,on essaye au moins de sauver le capital humain et la santé (si toutefois les investissements sont judicieux et pour ne pas se retrouver à 80 ans sur un tracteur tap cul sans cabine dans le froid, la pluie et le vent)

      3. A quoi ça sert de produire un million de litres de lait ? A fournir, par exemple, le lait et les produits laitiers à près de 5000 français, juste ça. Et je parle pas de la viande.

      4. « Déjà trop de blé, trop de vin, trop de betteraves.
        Or voici depuis quelques semaines, on redoute
        une nouvelle surproduction : trop de lait et trop de
        beurre en perspective… Les experts du plan Monnet
        pensent que le Français pourrait boire 120 litres de
        lait par an, au lieu des 95 actuellement… »

        Henri Fesquet, « Le Monde » 7 avril 1954
        ———-
        « Ce n’est donc pas à une nécessité anti-famine qu’ont été sacrifiés la biodiversité agricole et tout le conditionnement écologique de la production… »

        François Terrasson, maître de conférence au Muséum d’histoire naturelle de Paris (décédé le 2 janvier 2006)

        Delphin (moine copiste)

    2. Et le reste de la société?
      ça me fascine, ce besoin de dissocier les professions, pour chercher le méchant.

      1. Le reste de la société idem.

        Ils sont tous tombé dans le panneau du miracle de la grande distribution et du saumon fumé moins cher que le jambon cru.

        Résultat. Même le saumon sauvage est pécolé par les antibiotiques des saumons d’élevage.

        Vous pouvez faire le parallèle avec des milliers de produits.

  7. Une super animation de Louis Rigaud ou l’agriculture expliquée à la généraion PC.
    http://www.dailymotion.com/video/xidvv3_copier-cloner_news

    Un système d’achat et distribution de lègumes citoyen qui fonctionne à Bruxelles :

    http://www.gasap.be/?lang=fr

    Un GASAP (Groupe d’Achat Solidaire de l’Agriculture Paysanne) est un groupe de soutien à l’agriculture paysanne. Il permet de soutenir des producteurs locaux travaillant selon des méthodes respectueuses de l’environnement et des savoir-faire traditionnels.

    1. Gasap? Quelle bonne idée! C’est aux consommateurs de »se prendre par la main », et créer leurs propres structures pour obtenir ce qu’ils souhaitent, des produits de qualité provenant des agriculteurs respectant certains principes (Différent de l’AMAP, où c’est l’agriculteur choisi – dont on dépend… -, qui gère tout).

  8. A raison de 12000 litres de lait par vache et par an… Si on considère que 65 millions de français consomment un litre de lait par jour (ce qui est déjà beaucoup), ils ont besoin de la production annuelle de 5400 vaches laitières par jour, soit un cheptel total nécessaire de 2 millions de têtes.

    Il y a 4 millions de vaches laitières dans le pays. Vous pourrez retourner le problème dans tous les sens hein…

    1. Que voulez vous. Les techniciens de l’agriculture (dont DIX faisait parti) bourrent le crane des agriculteurs depuis 50 ans en leur expliquant que si ils utilisent le dernier aliment, l’antibiotique miracle, le complément magique, etc. Ils vont enterrer leur voisin.

      Le paysan est comme ca. Toujours prompt a manifester groupé pour réclamer des aides de la PAC et occasionnellement déverser un épandeur de fumier devant la préfecture.
      Mais dès qu’il est chez lui, la belle unité de façade disparait et il rêve de voir son voisin disparaitre.

      Le concept « du producteur au consommateur » ne fonctionnera qu’anecdotiquement du fait de cette mentalité détestable.

      1. Y avait combien de transporteur indépendant?, de commerces?, de stations-essences?, de petites scieries? de petits garages?, etc..
        La logique de concentration qui permet de faire des économies d’échelles, mais nécessite du capital est partout, sauf dans certaine branche du tertiaire, or c’est le tertiaire qui devait avalé les emplois passés dans ces métiers.
        Mais non, je suis idiot, c’est juste les agriculteurs 😉

      2. Si les techniques avec lesquelles on nous « bourrent le crane » améliore le rendement technico-économique (plus de produit, plus de revenu) par une amélioration de l’EFFICACITE (je ne parle pas de polluer, mais de valoriser) alors, le bourrage de crâne est bon. Si c’est des balivernes et de la poudre de perlin pinpin, alors c’est de l’arnaque et l’agriculture est souvent seul à devoir faire le tri. Souvent, il est obliger de passer par la case « essai » pour savoir si il y a efficacité ou non. Ca lui coute, comme ça peut lui rapporter !

    2. la moyenne national est en dessous de 7000L/vache

      Quantité de lait entier mise en œuvre pour la fabrication des produits laitiers suivants :

      1 kg de beurre –> 22L
      1 kg d’emmental –> 12L
      1 litre de yaourt –> 1L
      1 camembert (250g) –> 2L
      1 kg de lait en poudre –> 8L
      1 kg de lait écrémé en poudre –> 10,5L

      [Source CNEIL chiffres cles 2008]

  9. @Samuel, poursuivez votre raisonnement jusqu’au bout.
    consommation moyenne par habitant de produits laitiers en France en 2007: 367litres, répartis comme suit:
    Lait: 67 l
    Autres produits laitiers (yaourts aromatisés,crême fraiche, dérivés du lait, fromages frais): 40 l
    Fromage (du camembert à l’émmental, à raison de 10l de lait par kg de fromage: 80 l
    Beurre (à raison de 22l par kg de beurre): 176 l
    total annuel : 363 l de lait par an et par habitant.
    soit un total de 23 958 000 000 litres de lait pour une population de 66 000 000 .
    Production laitière en France: 25 216 000 000 de litres
    solde excédentaire de 1 milliard 258 millions de litres.
    @ DIX maintenant: Lorsqu’on sait que plus de 82 % de la production de lait est transformée par l’industrie Agro alimentaire et que cette industrie a redoublé d’effort pour faire doubler la consommation des « autres laitages frais » entre 1980 et 2007, je veux parler des yaourts aromatisés et de desserts lactés; si l’on tient compte des coûts de marketing et de publicité pour inciter à la consommation de ces produits, il me semble difficile pour la filière lait de valoriser seule son produit ,auprès d’une clientèle finale, sans passer par les voies du marketing et du lobby.
    Autre chose: Considérons aussi la pyramide des ages en France, et la consommation de produits laitiers par cohorte (la consommation diminue avec l’age). Intéressons nous aussi à la particularité des aliments carnés lactés et oeufs, qui induisent une acidité sanguine chez le consommateur, ce qui entraine un rééquilibre du ph sanguin par extraction du complexe phospho-calcique depuis nos os. Les conséquences étant connues sous le nom d’ostéoporose (entre autres). Si le phosphate vient rétablir le ph sanguin d’un régime carné lacté, il entraine dans sa course (élimination rénale) le calcium si difficilement fixé dans nos os. 50 ans de ce régime suffisent à nous affaiblir et fragiliser notre carcasse.
    Difficile donc, pour une filière qui trouve son plein essor dans un pays à forte croissance démographique comme dans les années 50, mais qui ralentit à mesure que sa population vieillit. Autre piste: La Chine, qui n’est pas du tout contente de découvrir des Aflatoxines M1 (toxiques et carcinogènes) dans son lait (je passe sous silence la mélamine), serait peut être contente de consommer le notre. (reste à savoir à quel prix).

    1. @pierre brunaud, oui mais l’objet de la PAC, c’est d’intégrer une consommation et une production Européenne et la surproduction date des 1970, on produit 10% d’excédent depuis 1983, c’est un acte politique, validé administrativement par les quotas.
      Depuis 5 ans production augmente, mais comme vous dites les classes moyennes Chinoises nous en achète (je préfère l’autonomie Européenne, mais c’est pas la mode).
      Ce qui est cruel c’est l’exportation qui a tué la production en Afrique.
      Pour la consommation de lait vous inquiétez pas on va créer une surproduction, puis conséquence directe, une sous production l’année suivante, comme ça les industrielles vont refaire le coup des pâtisseries sans lait (on a remplacé le beurre par de l’huile de palme (très saturé qui aura surement un potentiel allergène comme l’arachide) et du soja (aux estrogènes naturels)), en 2009 la commission voulait passé l’appellation produit laitier avec uniquement 50% de lait dedans, mais ils ont pas osés (la grève tout ça).
      Les margarines actuelles sont plus saturé que du beurre (et sans vitamine pour le cœur), mais c’est pas grave c’est pas carné c’est végétal, donc c’est merveilleux.

    1. J’ ai entendu Pisani regrèter amèrement d’avoir négocier l’ exclusivité des produits fourragers contre le plan Marshall …cet accord tient toujours ..nous sommes déficitaire en terme de balance calorique ..meme en octroyant malgres ces importations 71% de nos sols aux animaux …..Ce modèle ne peut tenir ..il nous faudrait consacrer aux animaux que les terres impropres a d’autres cultures , pour conserver un processus vertueux .

      1. Peut être. J’ai déjà souvent songé à cette question. On sait que le rendement entre le soleil, la terre et les calories dispo à l’assiette est moins bon avec l’élevage qu’en production végétale, ceci laisse aussi des possibilités d’augmenter le potentiel alimentaire, mais c’est compter sur des changements de consommation.

        Admettons que l’on souhaite partir d’une autonomie alimentaire pour l’élevage à 100% à partir de nos sols, on augmentera sans doute le coût de production c’est quasi sûr et je ne vous parle pas de la transition pour le systèmes d’élevage et le système de culture au sein de l’exploitation : potentiellement bon agronomiquement, du travail en plus, mais de la production diversifié en moins puisque l’on va concentrer nos efforts de production sur une production marchande.

        Potentiellement risqué car on va tout miser dans l’atelier principal.

        La diversification des produits terminaux devient alors une voix. Mais quand on connait la position de certains élus agricole sur cette option, c’est là aussi pas gagné. Et puis, pour les exploitants, je ne vous parle pas du niveau d’incertitude qu’on va créer pour eux. Les exploitations ayant choisi la spécialisation on de la surface. Mais le capital étant positionner dans une logique de réinvestissement cyclique, on se demande souvent comment on pourrait faire pour se rediversifier. Les incertitudes sur le marché sont par ailleurs énormes et l’absence d’une force de vente (collective ou sur l’exploitation), on se dit « mieux vaut pas prendre de risque ».

        Je connais un ancien éleveur laitier qui l’a fait : il est passé d’une exploitation hypersépcialisée dans le lait (il nourrisait les vaches avec de l’herbe et des desserts glacés et des rebus de fabrication de l’industrie)….il a tout abandonné et est passé à la production légumière et fruitère bio avec un atelier de transformation (dessication, fabrication de chips de fruits etc…) avec des produits haut de gamme vendus à l’international

        En fait, il ne faut pas avoir peur d’être orignal et de tenter l’aventure des « nouvelles stratégies ».

      2. @Dix:
        C’ est la structure globalisatrice du système actuel et sa dynamique-inertie qui est perverse :
        Alors que la pauperisation en cours sur les sociétés occidentales exigerait qu’on produise des calories végétales plutot qu’animales (rapport 1/10 en surface) …Il est probable que vos surfaces cultivables seront destinées a la viande pour l’asie (qui s’y met , la chine n’ayant que 7% de terres cultivables), comme celles des « vignerons » pour les rupins chinois . Sans compter celles destinées au craburant du 4×4 de madame avec , au début l’excuse d’alimenter tracteur et pompier.
        Pour une stabilité locale ET globale , tout système doit etre morcelé et tendre vers une auto-organisation . De façon théorique bien sur , un paysan devrait diversifier sa production au maximum , ce qui permet , outre un auto-recyclage et d’éviter des taxes , de s’adapter aux conditions et situations exogènes (demande , climat , etc ..) sans se fragiliser et sans meme une assurance …mais ce modèle n’est acceptable (et meme agréable-valorisant du point de vue humain) qu’en dessous d’une certaine taille . Il reste a déterminer le type de société qui DEVRA s’adapter a cette taille , puisque c’est sur le gain de productivité acquis sur la production de produits essentiels qu’est basée toute l’économie (au sens propre s’il en a un)réelle .
        Autre problème connexe :
        On sait que 80% du cout des NPK est en gaz .
        Si la production animale doit baisser , il y aura moins de lisier/fumiers .
        Pour nos sols, il nous restera les boues urbaines (Les couches culottes comme dit Bourguignon)et …les BRF
        Le problème des resources en lignine c’est qu’elles sont convoitées par d’autres prédateurs :chauffage , craburant et autres « plaquettes » .
        Un peu de prosélytisme : contrairement aux « composts » herbacés (monocotylédons)les ligneux , en s’associant aux basydiomachins et autres fungus bloquent toute pollutions chimio et metaux lourds ….ils serviraient meme a dépolluer des sols surdosés en lisiers (à confirmer …je trouve plus les sources).
        En tout cas merci de ton intervention chez les éconotristes .

      3. Kercoz, toi qu’aimes tant les chiffres, sois précis s’il te plaît.
        La Chine, premier producteur agricole mondial de loin, c’est pas 7 % de terres cultivables, c’est 15 %… Soit 140 millions f’hectares, plus de deux fois et demi le superficie métropolitaine française… Soit 10 % de la surface agrigole mondiale. Pour 20 % de la population ? Ok, mais 140 millions d’hectares à très haute productivité dont plus de 500 millions d’hectares irrigués, avec 200 millions de ménages agricoles (0,65 ha par ménage..) pour les travailler.
        Résultat ? Hyper-intensification à l’hectare / faible productivité par UMO. Mais près de 20 % de la production mondiale de céréales (soit 480 milliards de kilos de céréales en 2008 ! ), 27 % de la production mondiale de viande (soit 75 milliards de kilos en 2008 ! )…

      4. Sur l’utilisation de surface : j’ai fait un petit bilan sur ma situation. Sur 85 ha, 35 sont des prairies naturelles et 50 des terres labourables. Sur les terres labourables, j’en consacre 4 pour de l’orge autoconsommé et 14 en maïs ensilage, celà veut dire que je consacre 34% de mes terres « diversifiable » pour l’élevage. Si j’avais à produire ma propre proétine, ex : du lupin blanc, il me faudrait peut être 15 à 20 ha en plus. Au final, le système d’élevage utiliserait 74% du potentiel de terres diversifiables…..Tu as donc raison.

    2. Salut Juan, Pisani… t’as lu son « Persiste et signe » autobiographique ? Sinon rate pas ça, il a été écrit pour des mecs comme toi ce bouquin. Un Juste ce Pisani.
      Il raconte bien sûr dans ce bouquin comment lui, sénateur venu de la préfectorale et homme de gauche plutôt mendésiste, s’est retrouvé ministre de l’agriculture de de Gaulle en 61…
      Pendant les débats sur la célèbre Loi d’orientation au Sénat où il a été désigné pour assurer la permanence de son groupe, il s’ennuie ferme après des interventions de droite comme de gauche « forcément conservatrices et démagogiques » (on cause agriculture…). Il se fait déja tard, il monte au perchoir discuter le bout de gras avec Monerville pendant une suspension de séance. Il se marrent sur le thème de « l’inépuisable et inutile éloquence agricole »… Et Pisani de lui dire en se marrant qu’il lui demanderait presque de l’inscrire sur la liste des orateurs pour dire à tous ces nazes ce qu’il pense de leurs discours creux. Aussi sec Monnerville l’inscrit devant son nez en dernier orateur…
      Il « bacle » en deux heures des notes pour un discours recadrant les enjeux agricoles dans une perspective économique, sociale, politique, internationale qu’il finit à deux du mat quasiment devant le seul ministre dans le public.
      Il connaissait de l’agriculture l’aménagement rural comme préfet et des paysans, point.
      Un mois après, alors qu’il avait décidé d’abandonner son désespérant mandat sénatorial sous régime gaulliste (et de passer dans le privé ! ) et que les paysans étaient dans les rues, grâce à ce discours forcé par Monerville, il était nommé ministre de l’agriculture (poste que lorgnait un certain ministre du budget nommé VGE…).
      Le ministre que remplaça Pisani pour mener à bien la Loi de 61 avait repris point par point le discours de ce dernier pour son intervention devant le Sénat dans l’après-midi même…

  10. Merci de tout coeur pour cet échange qui permet de remettre l’ essentiel au coeur de nos préoccupations!
    (Et aussi de mieux comprendre votre vécu…)

    Et chapeau à tous les agriculteurs qui tentent de rester debout dans ce contexte écrasant !

  11. Bonsoir DIX,
    Merci pour votre témoignage courageux..et de parler de votre métier et bonne année 2012.
    Merci à Paul Jorion d’avoir permis à DIX ,de pouvoir s’exprimer sur la Filière Lait et bonne année 2012.
    Paul , vous représentez beaucoup pour nous.. Merci encore..Votre blog , à travers ,les réactions de certains blogueurs me choquent par leur » violence » ,trop souvent ,par ignorance de la vie réelle !!.
    Continuez à publier des témoignages concrets sur la vie quotidienne…On en a besoin!!

    Kenavo.
    PR

  12. Bonjour toutes et tous,

    La surprise m’étouffe à la lecture de Yonoanda. L’année 1945 est elle une année exemplaire?

    La ruine était générale et la statistique doit être considérée avec prudence tant la mesure comptable était bouleversée comme le reste à cette période. Inclure cette année dans la statistique pour élaborer des courbes et des tendances est judicieux mais de là à faire de 1945 un repère , je crois que ce n’est pas une bonne idée.

    Et si sur la courbe on préférait 1960 ? On constate alors que la position initiale d’inégalité en 1960 est en passe d »être rejointe, annulant les effets des politiques de redistribution construites
    (l’éducation, la santé, les allocs familiales , les régimes légaux et complémentaires d’assurances sociales, les actions associatives, etc…) dans l’intervalle et qui font l’ingéniosité /la fierté du modèle politique européen (et pas uniquement « social »).

    Vous avez compris que pour moi les classes dites « moyennes  » sont l’avenir de l’humanité , même si souvent « elles » croient appartenir aux classes dominantes et rallient leur égoïsme sottement.

    (pour cette raison, les dossiers en vrac EPAD, bettencourt, tapie, clearstream, dsk guerini ont dévoilé à beaucoup le vrai monde des puissants et ça c’est utile)

    Doit-on désormais parler au passé? Le blog qui tourne nous assure que l’ingéniosité continue, alors vive 2012.

    Merci à toutes et tous,
    Dalio

  13. @L’auteur,

    « le remplacement du salaire par le crédit »‘
    Paul a reçu un mail de ma part. Il en a fait part mais ne l’a pas communiqué ici.
    A ce sujet, je lui ai dit quelque chose bien plus d’actualité que les stock options et le crédit:
    je reprend ma phrase, moi qui ai fait partie de ce qui tournait autour des machines et du numérique, en y ajoutant:
    >>
    Auparavant, comme personnel, nous avions des possibilités d’acheter des actions de notre société à un taux avantageux. Donc, du crédit avec une participation aux bénéfices qui est devenu ensuite des pertes.

    Les stock options, oui, mais pas pour tous le monde. Pour les vendeurs des machines qui se faisaient des ponts d’or.
    Vous oubliez qu’aujourd’hui, on remplace les salaires par des titres dans le middle management.
    Et on en crée des échelons avant d’arriver au sommet. Les salaires eux, n’en parlons pas trop, surtout arrivé au net.
    Petites précisions qui a son importance.

  14. @Paul,
    Mais qu’êtes vous venu faire dans cette galère?
    Celle de la radio belge qui vous prenait à témoin ce matin à la Première au sujet des hackers de Mittal?
    Que pouviez-vous ajouter.?
    Là, on s’est trompé d’histoire d’amour, manifestement.
    Je leur écrirais bien pour le signaler…

    1. Merci Kercoz pour ce lien.
      C’est géant ce que nous dit cet homme, lumineux aussi.

      Je venais de poster en complément à un échange précédent ce qui suit au sujet de Limagrain.

      Un article, ou plutôt un conte de Noël du magazine hebdo du Monde du 24/12 et qui s’intitule « Semences de Noël » traite de la nouvelle réglementation de la commercialisation des semences mise en place à l’initiative de l’UMP avec le soutien de la FNSEA.

      On cite Limagrain qui fait parti des grandes multi-nationales semencières (Bayer, Monsanto, Pioneer, Vilmorin ou Syngenta).

      La règlementation actuelle ne permet que de cultiver et commercialiser des semences inscrites au catalogue de l’OCVV. Elle a ainsi entraîné la quasi-disparition des semences paysannes au profit du groupe auquel appartient Limagrain.
      Agriculture intensive ===> érosion extraordinaire de la diversité des plantes cultivées.
      Jusqu’à présent le paysan pouvait librement réutiliser les semences achetées.d’une année sur l’autre.
      Depuis la loi du 28/11/2011 il devra verser une contribution volontaire obligatoire !

      « Bien joué, messieurs les semenciers, avec le soutien de la FNSEA et les voix de l’UMP ! Au nom de la contribution à la recherche sur les espèces cultivées. Ce texte est une nouvelle entrave à l’usage libre et gratuit des graines, qui est le fondement même de l’agriculture. Il vise à décourager à terme de faire des semences à la ferme pour asseoir définitivement le monopole de l’industrie semencière sur notre alimentation. »

      http://www.lemonde.fr/m/article/2011/12/23/semences-de-noel_1621825_1575563.html

  15. Arrgch!!!
    Vous décrivez vrai!

    Parmi les rares fois quand, en Alsace, j’ai dessiné un établissement agricole pour un agriculteur, sans compter la fois d’un concours gagné accompagnant des subventions allouées avec les « bois ronds », c’était pour l’agrandissement d’une porcherie, sise dans le Haut-Rhin.
    Les moyens étaient tellement chiches que la précipitation régnait tout au long de l’établissement du dossier administratif du permis de construire…

    Alors un jour, un commis de la DDE (d’époque) me joignit-il au téléphone un peu gêné, pour me demander de modifier les pièces du dossier, avant même que cela soit nécessairement formalisé par un courrier.
    Ma gêne fut alors encore plus forte:
    Par la grâce des traitement de texte de l’époque, j’avais laisser filer en instruction un dossier titré sur plans et formulaires « Création d’un hôtel 50 chambres »

    Oui, vous avez bien raison!
    Aujourd’hui, nul commis de DDE n’aurait bougé mieux qu’en retournant un tel dossier, par voie anonymement officielle, afin de compléments avec meilleure perte de temps!!!
    En outre, les agriculteurs avec lesquels j’ai pu commettre en Alsace, ils était tous employés par ailleurs, menuisiers viticulteurs ou Mercedes-Arbeiteren bouilleurs de cru, ou lotisseurs obligés…, sinon attachés à loger leurs enfants en faveurs d’indépendance.
    Je crois que les poursuivis du Crédit Agricole, ils construisaient par la force des choses sans jamais rien demander, et on ne peut pas les en blâmer!

    Je pourrais vendre des terrains en bourgogne, constructibles!
    Heureusement, ils sont cultivés, rendez-vous compte par un cultivateur, si fait que toute vente ne peut se faire avant neuf années, tant mieux….
    Il y a moins de cinq fois neuf années, de tels terrains étaient cultivés par six familles de douze personnes.
    Et la banque je l’ai vue, était dans la soupière rare du buffet!
    Aujourd’hui, un seul exploitant remplace sur ces terrains pas moins de soixante douze personnes, sous-traitant l’une ou l’autre fois auprès un entrepreneur agricole distant.

    Nous décrivons différemment la même chose?

  16. agriculteur comme toi prenant la suite de l’exploitation de mon père et analysant les problémes due au systéme « agricole intégré » , je me suis lancé dans l’aventure en 1998 produire en bio et de vendre en direct ma production.
    le prmier obstacle a été la sortie du systéme auprés des fournisseurs les primes a la conversion bio ont seulement suffit a soldé les ligne de crédit qu’ouvre les fabricant d’aliment au agriculteurs, s’en suivent 4 année difficile pour remettre le navire a flot , des journée de 4h a 21h passant du marché au tracteur a la charcuterie 50 60 80 je ne compté plus les heures, les organismes se fatique le stress monte les découvert ce creuse , pas le temps de s’occupé des compte les foin attendent. Puis viens la sécheresse de 2003, de 2004 et la chute des prix du blé en 2005 qui finisse de fragilisé le systéme, une jambe cassé et un grave accident de mon fils compléte le tableau, n’ayant plus de « parrain » dans l’industrie agro-alimentaire seul mon travail effrainé permetté de faire fasse aux engagements , le Crédit Agricole me demande remboursé tout mes encours constitué en grande partie de court terme, je payer alors la modique somme de 16 000€ par an de frais financier dont plus des 3/4 en agio et je remboursé 60 000€ d’emprunt par an , je commence par négocié un étalement du principale de la dette sur 10 ans .
    refus puis tribunale.
    avec l’aide d’amis nous restructurons la ferme diminution de la surface de 1/3 vente d’une partie du cheptel ;reprise des actifs du CA avec l’aide la nef en passant par la création d’une SCI .
    aujourd’hui suite a ce montage je ne dépense plus que 1500€ de frais financier et je rembourse 20 000€ d’emprunt.
    ma ferme a repris gout a l’avenir ,un jeune agriculteur c’est installé sur les terre que j’ai laissé et je peut enfin faire mon travail sereinement.
    les sécheresses a jambe cassé l’accident mon fils ont été des periodes des plus éprouvantes mais tous ces fait ont permis que ma ferme retrouve une coherence que les 50 dernieres année de croyance dans les chimére du progrés lui avait fait perdre.
    tout ça pour dire que je comprends les agriculteur qui sont en conventionnel bien confortablement installé dans le systéme CA, Groupama, négociant céréales, et IAA, on travil dure on ne ce pose pas de question et si l’on arrive pas a nourrir ça famille le découvert augmente d’autant.
    situation assez confortable a la seule condition de ne jamais ce posé de question sur l’efficacité économique de ce systéme et de prier pour qui je s’écroule pas.

    1. Merci de ce témoignage qui remet en perspective les difficultés et la dynamique perverse du système . Nous vivons ds une cage de lus en plus petite …meme si la porte est grande ouverte .

    2. Merci de ton témoignage. Je pense aussi que la reconversion du capital vers des exploitations « à taille humaine » et bien plus pertinant.

      Je pense qu’un jour, la question se posera pour moi.

      Cordialement

    3. Je profite de ce fil, pour promouvoir l’emission de ruth sur Fr Cult. : « Terre a terre » du samedi matin à 7H. L’émission de ce matin expose de façon intelligente les principes et gros avantages de l’agro-foresterie . à ne pas rater :
      http://www.franceculture.fr/emission-terre-a-terre-agroforesterie-2012-01-07

      Pour ceux qui ont la patience de « traduire » , une étude chinoise qui démontre l’apport de MO , par radicelles « caduques » annuelles : 7 à 9 Tonnes /ha de radicelles inf a 4 mm de section .
      Ces methodes démontrent a mon sens les performances des BRF et de l’agro-foresterie

      1. J’ai zappé le CC:
        ////////////////////////

        «  » » » » » » » » » » » » »
        Titre du document / Document title
        Fine root distribution, seasonal pattern and production in four plantations compared with a natural forest in Subtropical China
        Auteur(s) / Author(s)
        YANG Yu-Sheng (1) ; CHEN Guang-Shui (1) ; LIN Peng (2) ; XIE Jin-Sheng (3) ; GUO Jian-Fen (1) ;
        Affiliation(s) du ou des auteurs / Author(s) Affiliation(s)
        (1) Dept. of Geography Science, Fujian Normal University, Fuzhou 350007, CHINE
        (2) Dept. of Life Science, Xiamen University, Xiamen 361005, CHINE
        (3) Dept. of Forestry, Fujian Agriculture and Forestry University, Fuzhou 350002, CHINE
        Résumé / Abstract
        La répartition, l’évolution selon les saisons et la production nette de radicelles (< 2mm en diamètre) ont été étudiées de 1999 à 2001 dans deux plantations âgées de 33 ans de deux conifères, le sapin de Chine (Cunninghamia lancolata, CF) et Fokienia hodginsii (FH) ainsi que dans deux plantations de feuillus, Ormosia xylocarpa (OX) et Castanopsis kawakamii (CK). Celles-ci ont été comparées à une forêt naturelle voisine de Castanopsis kawakamii (NF, 150 ans) à Samming, Fujian, Chine. La biomasse et la nécromasse de radicelles ont été obtenues par carottage dans le sol effectué deux fois par mois. Les carottes de sol ont été divisées en 10 éléments selon la profondeur: 0 ∼ 10, 10 ∼ 20, 20 ∼ 30, 30 ∼ 40, 40 ∼ 50, 50 ∼ 60, 60 ∼ 70, 70 ∼ 80, 80 ∼ 90, et 90 ∼ 100 cm. On a utilisé des sacs à litière (18 x 18 cm2, maille de 0,25 mm) pour déterminer le taux de décomposition des radicelles ( CK > FH > OX > CF. On a enregistré des différences significatives de biomasse et nécromasse, selon les saisons dans tous les peuplements (P 0,05). Pour tous les peuplements, on enregistre un pic de biomasse de radicelles au début du printemps (mars), les valeurs minimum intervenant au cours d’étés secs ou d’hivers froids. Pour le NF, 59,8 % de la biomasse de radicelles se situe dans la zone superficielle du sol (0-10 cm) où les différences de biomasse de radicelles entre peuplements sont les plus marquées, les valeurs pour NF étant respectivement 2,37 fois, 3,55 fois, 8,12 fois et 17,12 fois plus élevées que celles de CK, FH, CF, et OX. Les pourcentages de la biomasse d’origine, perdue pendant la première année de décomposition, vont de 43 % à 56 % pour FH, de 68 à 80 % pour NF. Les moyennes annuelles de décomposition, mortalité et production des racines s’étagent entre 8,47 Mg ha-1 a-1, 8,63 Mg ha-1 a-1 et 9,5 Mg ha-1 a-1 dans le NF à 2,50, 2,49 et 2,51 Mg ha-1 a-1 pour le CF, avec par ordre décroissant, NF > CK > FH > OX > CF. Le taux de turnover de racines va de 1,48 a-1 pour FH à 1,78 a-1 pour N » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » »

    1. J’ai entendu dire qu’un trentenaire sur 2 en Espagne habitait chez ces parents, sans boulot pour s’émanciper, on est juste en train de détruire l’un des fondamentaux du socialisme. Avec un peu d’amplitude historique, le défaut partiel de l’occident, l’arrêt des paris, le contrôle des capitaux devraient nous sembler facile à réaliser, par rapport à ce qu’on a à y perdre.

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