L’actualité de la crise : LE CADRE CRAQUE DE PARTOUT, par François Leclerc

Billet invité

Par touches successives, un nouveau paysage se dessine. Les incertitudes propres à la Grèce s’élargissent progressivement au Portugal, à l’Espagne et à l’Italie. Chacun d’entre eux empruntant à son rythme son propre chemin pour en définitive aboutir à une même impasse.

Vu sa proche échéance, le sort de la Grèce domine. Il continue d’être problématique en raison des négociations tendues sur la restructuration de sa dette qui vont reprendre demain, ainsi que d’un nouveau round de discussions avec la troïka, à peine engagé aujourd’hui. Ce dernier doit aboutir à un cocktail de nouvelles mesures d’austérité et de réformes structurelles, en vue de débloquer un prêt de 130 milliards d’euros, à condition toutefois que la restructuration fasse préalablement l’objet d’un accord. Fillipos Petsalnikos, le président du Parlement grec, vient de déclarer attendre de la troïka de la « compréhension” : c’est dire sous quels auspices délicats elles s’engagent également.


© Sébastien Marcy

À en croire la Banque d’Italie, le pays est condamné à connaître en 2012 et 2013 une récession, dont l’ampleur dépendra de l’évolution du taux auquel elle empruntera. Au mieux, l’Italie pourrait selon ses hypothèses prétendre retrouver une croissance nulle en 2013. Comme si elle était tombée dans un piège, dont elle ne pouvait que très hypothétiquement sortir. L’objectif de réduction de sa dette étant exprimé en pourcentage du PIB, une telle situation rend en effet infernale sa diminution. Faute de croissance, ou d’une diminution des taux auquel le pays doit emprunter pour refinancer sa dette, la question de sa restructuration ne pourra pas être très longtemps éludée.

La même question pourrait se trouver plus rapidement posée au Portugal, dont la note a été reléguée à la catégorie investissement spéculatif. Ce qui entraîne la vente des titres portugais par de nombreux établissements financiers et contribue à augmenter les taux en diminuant leur valeur (ils se négocient à 50% de leur valeur nominale, et le taux à 10 ans est aujourd’hui de 14,40%). Sur le marché des CDS, la possibilité que le Portugal fasse défaut dans les cinq prochaines années est désormais de 65%.

Le scénario portugais annonce une montée progressive des taux sur la dette, même si une émission à court terme a aujourd’hui enregistré leur baisse, comme cela a été le cas hier pour l’Espagne et l’Italie. Cela a comme conséquence que, refinancée de plus en plus fréquemment, la charge des intérêts de la dette est alors plus sensible à une éventuelle hausse des taux.

Un même phénomène est d’ailleurs en cours pour le FESF, qui emprunte par précaution à court terme afin de remplir ses engagements vis à vis des pays bénéficiant d’un “plan de sauvetage”. Le marché obligataire répond de moins en moins bien à l’émission de titres à maturité longue par de nombreux pays, diminuant la maturité moyenne de la dette souveraine européenne globale en les incitant à privilégier les maturités courtes. La réussite des émissions de ces titres ne doit quant à elle pas être cherchée très loin: les banques se procurent ainsi du collatéral en vue de la prochaine injection de liquidités à trois ans de la BCE, prévue fin février et annoncée comme devant une nouvelle fois être massive, considérant que, s’il y a risque de défaut, celui-ci n’interviendra qu’une fois leur remboursement intervenu.

Pour d’autres raisons, l’Espagne n’est pas mieux lotie. Le gouvernement vient de se trouver dans l’obligation de soutenir les régions en leur ouvrant des lignes de crédit auprès de l’Institut de crédit officiel (ICO), afin qu’elles puissent payer leurs factures… et effectuer leurs versements réguliers à l’administration centrale afin de ne pas accroître leur dette à son égard ! Il leur est également accordé cinq années supplémentaires pour rembourser celle-ci, qui s’est accumulée. De nombreuses régions espagnoles sont effet coupées du marché, tandis que leurs recettes déclinent en raison de la récession.

Par ailleurs, le prix de l’immobilier continue de chuter, augmentant le taux des défauts enregistrés par les banques. Vu son pic antérieur de 2008, le marché immobilier est appelé à continuer de descendre la pente, la baisse enregistrée n’étant encore que de 20% ! Le gouvernement ne s’est pas engagé comme il le prévoyait dans la création d’une bad bank, mais ce n’est probablement que partie remise, avec comme conséquence de reporter la charge d’une partie au moins de la dette privée sur l’État. Comment celle-ci pourra-t-elle être dans ces conditions réduite, entre le sauvetage des régions et celui des banques ?

Publique ou privée, la dette se révèle progressivement insoutenable. Les agences de notation ne font finalement que le constater, en dépit des procès en sorcellerie qui leur sont faits.

La situation de l’Irlande ne doit pas être passée sous silence pour parachever ce tableau. Au nom de la convergence fiscale européenne, les Allemands et les Français étudient actuellement un train de mesures, dont certaines auraient pour conséquence d’obliger l’Irlande à s’aligner sur le taux d’imposition des bénéfices des entreprises du continent. Faisant perdre au pays son avantage concurrentiel et son attrait pour les entreprises transnationales qui l’utilisent comme tête de pont pour l’Europe, avec à la clé leur retrait possible ainsi que la baisse des rentrées fiscales de l’État. Tous les chemins, décidément, mènent à l’impasse…

Mario Monti se confirme être à l’offensive vis à vis de ses collègues européens et notamment allemands, demandant à être soulagé de la pression que les marchés exercent sur l’Italie, afin que puisse être donné aux Italiens un premier signal que leurs efforts ne sont pas inutiles… et permettre d’en demander d’autres. Il cherche à obtenir l’émission d’euro-obligations qui donneraient accès au marché à des conditions moins défavorables, car les taux actuels ne seront pas tenables très longtemps.

Les gouverneurs de la BCE semblent pour leur part engagés dans un début de réflexion. Non pas à propos de l’achat d’obligations souveraines lors de leur émission – une zone interdite – mais de celui d’autres obligations, par exemple émises par les grandes entreprises. Car un nouveau sujet d’inquiétude a grandi, avec la nouvelle rafale de dégradations de la note opérée par Standard & Poor’s, cette fois-ci de 13 entreprises européennes, alors que d’autres encore sont annoncées pour dans quatre semaines. Une quarantaine d’entreprises, 85 groupes bancaires et 15 assureurs ont été en effet placés sous surveillance depuis début décembre. La crise de la dette prendra alors toute sa dimension si de nouvelles dégradations sont opérées, ramenant le discours sur la dette publique à ce qu’il est : une opération de diversion.

Si cette double perspective se concrétisait, la BCE serait une nouvelle fois à la manœuvre, devant élargir son filet de sécurité des banques aux grandes entreprises en se substituant toujours plus au marché. Elle s’engagerait encore plus clairement dans la voie de la création monétaire, qu’elle ne reconnait pas emprunter mais qu’elle pratique déjà, au prétexte qu’elle est indispensable au bon fonctionnement de ses instruments monétaires… Ses prêts à trois ans, quant à eux, ne s’y apparentent certes pas formellement, mais ils sont très bord cadre. On peut parler à leur sujet de quasi création monétaire.

Que restera-t-il d’autre de disponible comme levier pour agir ? Le FMI, bien entendu ! Christine Lagarde vient d’annoncer que son conseil d’administration l’a très opportunément autorisée à “examiner” les moyens d’augmenter les ressources du fonds. En réalité, elle n’avait pas attendu cette décision formelle avant de multiplier les contacts exploratoires, sans grand succès. Le sommet de décembre avait annoncé qu’il était envisagé un apport européen de 150 milliards d’euros (192 milliards de dollars), afin qu’en retour le FMI puisse accorder des prêts de précaution aux pays qui en auraient besoin, sans qu’il soit nécessaire de suivre la lourde procédure des plans de sauvetage.

Selon l’AFP, le FMI pourrait chercher à augmenter ses ressources de 600 milliards de dollars. Il ne dispose actuellement que de 385 milliards de dollars et voudrait être en mesure de prêter jusqu’à 885 milliards de dollars, le solde en étant conservé en réserve. Manqueraient à l’appel, si les Européens concrétisaient leur engagement, 308 milliards de dollars, les Américains ayant fait savoir qu’il ne fallait pas compter sur eux.

On attend donc la concrétisation de la décision britannique, qui ne sera pas sans contrepartie, notamment sur le dossier de la régulation financière… Hors Europe, à l’exception du Japon qui contribue symboliquement aux émissions du FESF et le fait savoir, les états membres du FMI ne se bousculent pas. L’ambiance est à considérer que les Européens doivent se sauver eux-mêmes et qu’il est prioritaire d’établir un cordon sanitaire autour de l’Europe, ou de réserver les munitions pour d’autres pays.

Les dernières prévisions de la Banque Mondiale retirent toute crédibilité au concept de cordon sanitaire. “Les pays en développement doivent se préparer à de nouveaux risques de détérioration, alors que la crise de la dette dans la zone euro et l’affaiblissement de la croissance dans plusieurs grandes économies émergentes assombrissent les prévisions de croissance dans le monde”. En d’autres termes, on assiste à l’inverse de ce qui était prédit, qui prévoyait que la croissance des pays émergents allait tirer celle des pays occidentaux. Les deux se révèlent se contaminer mutuellement, posant avec encore plus d’acuité une nouvelle question qui ne va plus pouvoir être éludée sur les fondements de la croissance et de son calcul…

Décidément, le cadre craque de partout.

Enfin, pour ce qui touche à la Grèce, la négociation à propos de la restructuration de sa dette porte sur le partage de la charge qui en résulte et illustre la difficulté de l’exercice. Une fois enregistré que les hedge funds font la mauvaise tête et réduisent le volume de la dette restructurée en ne participant pas à l’accord volontaire, il est nécessaire de réduire le taux des nouvelles obligations qui vont être émises en échange des actuelles, au détriment alors des banques qui y participent, expliquant qu’elles y renâclent. Sinon, il faut soit impliquer la BCE dans l’échange, soit augmenter le prêt de 130 milliards d’euros, ou bien encore accroître encore l’ampleur des mesures exigées du gouvernement grec. Il n’y a donc que des mauvaises solutions, car chacune d’entre elles rebondira en créant d’autres problèmes.

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179 réflexions sur « L’actualité de la crise : LE CADRE CRAQUE DE PARTOUT, par François Leclerc »

    1. merci pour ces trois liens wuwei. Je ne connaissais que csp.
      Je pense qu’en vivant a la campagne et en étant déjà dans la non conso, on est plus solide mentalement mais là oui, après avoir lu ces trois liens, ça interpelle méchamment pour la suite.
      Malgré tout je crois a la solidarité de quartier et de petites villes……

      1. @ Efarista
        @ Ardéchois

        je vis aussi à la campagne (317 habitants) parce que l’autonomie même partielle est plus simple à réaliser que dans une ville. Je pense que ce sera possible aussi en ville si les citoyens recréent des quartiers en essayant de se défaire de l’emprise féodale que les politiques exercent. C’est aussi le cas pour l’état et son gouvernement mais cela Efarista tu sais ce que j’en pense.

    2. @wuwei
      Merci pour ces liens , moi qui vis à la campagne je vois de façon moins importante les changement de société , petit village 700 habitants muni d’une épicerie bistrot , les liens sont forts même si l’esprit paysan fait en sorte que l’on a du mal au début car l’Ardèchois est difficile d’approche , mais comme disait le feuilleton « Ardèchois cœur fidèle » .Petite anecdote , l’autre matin 8h30mn environ un des clients du bistrot m’a proposé de gouter du pâté de tête de cochon qu’un couple de personne âgé fait pour arrondir leur pension , ok c’est pas le produit nickel quand on boit le café!!! Certain habitant de ce village se regroupent pour acheter des caissettes de veau élevé sous la mère en haute Loire 10€/kg ,qu’ils vont chercher eux-mêmes du bio de chez bio. Les magasins paysan sont aussi une autre forme de consommation , manger les produits de saison , connaitre le producteur , le bonjour et le au revoir remplace le doux son du pib pib du code barre

  1. Pas sans rapport:

    Les gouvernements n’ont cessé, par alternance,
    de défiscaliser le capital, et d’accroitre parallèlement la dette publique.

    Malgré (et grâce ?) à la crise de la dette, les entreprises du CAC40
    ont encore accru leurs distributions de dividendes de 15% en 2011,
    les portant à 45 milliard €.

    Le détail par boite, pour demander embauche et augmentation de salaires:
    http://www.lesechos.fr/entreprises-secteurs/finance-marches/document/0201847430336-dividendes-et-rachats-d-actions-du-cac-40-en-2011-276589.php

  2. Début 2010, il y a 2 ans, on parlait d’aide à la Grèce, puis d’un énorme plan de sauvetage à plus de 100 mds. Après les prêts, on en est maintenant à discuter du taux de décote, alors qu’une « décote totale volontaire » des participations privées serait encore insuffisante.
    Et en effet le Portugal et les autres suivent la même voie, chacun à son rythme. Comme le principe de « sauvetage » ne change pas le résultat pour ceux-là aussi est déjà écrit.

    Les dépôts à la BCE dépassent 500 mds, les grosses entreprises sont dégradées, les petites entreprises n’arrivent plus à se faire prêter de la trésorerie à court terme, les communes sont dans le rouge aussi depuis l’arrêt de Dexia, ce qui n’empêche pas la plupart des bourses de monter, alors que c’est pareil (ou pire!) ailleurs.

    Les prévisions de saxobank pour 2012.

    1. ces nouvelles sont insupportables…Encore une fois, prêt du FMI, mesures d’austérité, dégradation du niveau de vie de la majorité…Le combat des Roumains est aussi le nôtre.

      1. Ce combat est le nôtre, oui….
        mais j’entendais aujourd’hui que LEJABY (sous vêtements, je crois) part en Tunisie, laissant les employés français sur place…
        Quelle française va se dire « LEJABY », je n’achète plus, je suis solidaire ?
        Aucune.
        De la même manière que ceux qui sont liscensiés aujourd’hui n’ont pas été solidaires quand il voyaient d’autres entreprises fermer. On se dit à chaque fois, « ce n’est pas moi, ça ne m’atteindra donc pas »….
        C’est vraiment la conscience de tous qu’il va falloir mettre au travail..

  3. Voyages

    Allemagne: Westerwelle rencontrera Lagarde jeudi et Clinton vendredi.

    Manifestement après avoir fait le voyage d’Athènes, il semble avoir un besoin urgent de raconter à Christine Lagarde et à Hillary Clinton, dans quel état il a trouvé le Parthénon. L’Allemagne serait-elle très inquiète ?

  4. Même les libéraux purs et durs ont compris la crise:

    « Déjà, la majeure partie des grandes banques d’Europe et des Etats-Unis sont probablement insolvables. Sans le soutien artificiel des autorités, elles seraient sans doute incapables de survivre à une crise. Le problème, c’est que les autorités n’ont pas de vrai soutien à leur apporter. La plupart des pays du monde développé sont insolvables aussi. Ils peuvent se débrouiller pour l’instant… mais ne survivraient pas à une vague de ventes sur leurs obligations.

    Le grand espoir des autorités, c’est de parvenir à empêcher la crise — en fournissant beaucoup de cash aux banques… qui utilisent une bonne partie de l’argent pour acheter les obligations des autorités. Plus ils peuvent retarder le jour du jugement, plus ces débiteurs auront de chances de se débarrasser de leurs problèmes par la croissance.

    Mais la dette pèse sur la croissance. Lorsque les niveaux dette/PIB passent au-dessus des 90%, la croissance décline rapidement.

    Et ce n’est pas tout… Même avant que la dette ne devienne un tel problème, la croissance avait déjà commencé à disparaître du monde développé. Il n’y en a pas eu au Japon ces 20 dernières années… et quasiment aucune croissance réelle pour le secteur privé américain depuis 10 ans. En Europe, l’histoire est à peu près la même. Quant aux Etats-Unis, toutes les gloires de la technologie, du capitalisme, de l’ingénierie financière et de la démocratie n’ont pas été capables d’ajouter un seul sou au salaire horaire du travailleur moyen depuis 40 ans.

    Ils ont même compris son origine:

    « Le processus de déclin a été décrit par le professeur Mancur Olson, de l’université du Maryland. Les intérêts spéciaux et les lobbyistes parviennent à pervertir le système politique de manière à obtenir des faveurs pour eux-mêmes. Ces dons et ces privilèges coûtent de l’argent et diminuent la production. L’économie devient progressivement moins dynamique et moins capable d’augmenter la richesse. »

    http://la-chronique-agora.com/petrole-et-dettes-deux-causes-de-la-crise-economique/#anc

    1. Tout à fait d’accord, la ‘croissance’ semble bien artificielle depuis des années…
      Les banques sont ou seront bientôt insolvables…
      Mais de là a dire que même les ‘libéraux purs et durs ont compris la crise’, y’a encore de la marge !
      La plupart de ces gens iront jusqu’au bout de leurs raisonnements ou croyances, quitte a faire encore plus de dégâts, de bonne ou de mauvaise foi, ils ne voudront pas avoir tort !
      Bon…y’a « Louise Michel » qui commence…

  5. La crise de la dette prendra alors toute sa dimension si de nouvelles dégradations sont opérées, ramenant le discours sur la dette publique à ce qu’il est : une opération de diversion.

    J’aime entendre ça, comprendre cela est le début de la prise de conscience. Merci François.

  6. Et vous voyez ça finir comment François? parce qu’il y a bien un moment ou cette fuite en avant devra se terminer.

    1. A moins qu’elle ne soit déjà finie…Et que le monde dans lequel nous vivons depuis 2008 ne soit qu’une illusion : Comme un film que l’on nous projetterait . Regardez autour de vous et dites moi ce que vous voyez…

      -Des médias s’attardant inlassablement sur des faits divers.Seul « Internet » informe…et encore, combien sommes nous à aller aux « bons endroits »
      -Des gens courant d’usines en usines à la recherche d’un hypothétique travail (ça occupe bien,ça! Entre l’envoi de mails où lettres,les rendez-vous,les déplacements…les journées passent vite…)

      En fait tout est organisé pour que le « peuple » ne réfléchisse pas et donc ne se révolte pas.
      Ce qui fait que cette situation de « crise de la dette » peut finalement durer encore longtemps où alors,lorsqu’elle craquera, il sera trop tard pour faire quoique ce soit puisque l’abime ne sera plus à 50 mètres mais juste sous nos pieds (genre « une demi semelle de chaussures » (et pas du 45 !)
      En fait,pour une (immense?) majorité de gens,cela ressemblera trait pour trait à la disparition du communisme en 1990 vue de l’occident : une bourrasque aussi brutale que brève .Seuls, »ceux qui pouvaient suivre l’histoire depuis l’intérieur des différents pays de l’est et qui avaient les « clés d’interprétation » n’ont pas été surpris. Pour les autres,malgré un Gorbatchev au pouvoir, ils (nous,le peuple ?) n’ont rien vu venir.

    1. parce qu’un jour, un homme (ce cher Milton) a déclaré que capitalisme et liberté étaient synonymes, et qu’on l’a cru. Le temps qu’on remette le dogme en question, il était trop tard, les positions étaient vérouillées. Qu’un pays ose diverger, on le remettait très vite en place (Panama, Guatémala, Chili, Argentine, Indonésie, pour les plus marquants, aujourd’hui l’Europe). Au nom du combat contre le communisme, puis le terrorisme, au nom des valeurs de la démocratie de l’Occident, c’est-à-dire au nom du marché libre, on asservit les peuples, l’ingérence est devenue la règle, on les prive de leurs conscience et de leurs libertés, on les conditionne par les medias, on leur fait croire à leur indépendance, à la vertu de l’individualisme, à la démocratie alors que seuls le complexe politico militaro industriel est en mesure de gouverner. Le débat économique est inexistant dans nos sociétés, il appartient aux soi-disants experts, aux technocrates, et les peuples n’ont plus droit au chapitre, tout simplement.
      Et la résignation des citoyens, c’est peut-être ça le plus triste, beaucoup parlent, s’indignent, mais qui agit vraiment ? Sans pression populaire, rien ne changera ! Même en Grèce, les mouvements s’essoufflent.
      De nombreux livres et documentaires, dans le désordre, de Naomi Klein, John Pilger, Frédéric Lordon, « The Corporation », « Debtocracy », « La City, Finances en eaux troubles » et le témoignage de John Christensen, créateur de Tax Justice Network », etc.

      En résumé, pourquoi et comment ? Parce que l’argent se concentre dans quelques mains, et que sans une prise de conscience des peuples, cela ne changera jamais…Parce que face à l’argent, face aux médias, face à la corruption, face à l’armée, il faut du courage et de la volonté, et qu’ils soient partagés dans la durée.

      1. Je suis d’accord avec toi Tchigo, la longue analyse de la crise n’est plus suffisante, nous devons prendre en main notre destin, avoir le courage de le faire pour nous et nos enfants, sinon nous irons droit dans le mur et il est très proche.

        La vrai question est comment agir, quel moyen sont à notre disposition? Les discours sont nécessaires pour analyser ce qui se passe mais nous ne sommes que spectateurs et non pas acteurs, il est temps que cela change.

        Mais sommes nous prêt à nous battre pour notre survie. Ou faut-il attendre d’avoir faim et plus rien a perdre pour nous bouger le « cul »?

    2. @jocelin
      Cela ressemble à un fort mouvement du pendule de l’histoire, non ?.
      D’abord le pendule va vers les producteurs après la crise de 29 et surtout la fin de la guerre : il était temps de redistribuer la richesse aux producteurs eu égard aux efforts que l’on attendait d’eux. reconstuire sur les ruines de la guerre(plan Marshall), recrédibiliser les états européens qui avaient failli(démocratie chrétienne), et résister à l’appel du communisme vainqueur(Spoutnik).
      Une fois la tache accomplie, il était temps de reprendre ce qui avait été donné : dérégulation de Reagan et Tatcher, mise au pas des syndicats, désindexation des salaires, financiarisation, et c etc.
      Le pendule est encore une fois aller trop loin ….pas d’équilibre dans ce bas monde.

    3. Pourquoi et comment les idées économiques libérales ont -elles prévalu depuis 30 ans?
      Peut-être parce que certains en ont retiré énormément de richesse et donc le pouvoir de faire perdurer ce système

  7. Heuuuuuuu…?
    Comme pédalage dans la choucroute, l’Europe c’est la totale…
    Meme, c’est comique, on dirait les Marx Brothers à la tete de Lehman Brothers…(Ou l’inverse?)
    Je n’arrive meme plus à commenter…Dérisoire.
    Pourquoi se fatiguer au royaume d’Ubu?

  8. Comme vous le dites, ça craque de partout ! parfois je me demande si ça ne craque aussi dans les pensées de doctes enseignants des universités , quand on lit à propos de la France, je cite « : La crise est-elle la conséquence de dépenses publiques liées à une politique sociale trop dispendieuse…ou bien, la dette est-elle intégralement provoquée par la spéculation financière ? » On s’y perd!

  9. J’ai quand même une question de fond !

    On sait ce qu’il faut faire, on ne le fait pas et (sans germanophobie) c’est la clique au pouvoir en Allemagne (Merkel) qui nous en empêche.

    Alors quelques chiffres : prenons deux voitures comparables, une Renault Mégane et une Opel Astra. En gros le même prix et des performances voisines.

    Sauf que : l’une, la Renault, est fabriquée en Espagne pour des salaires de l’ordre de 675 € /mois et que l’autre, l’Opel, est fabriquée en Pologne ‘hors zone euro’) pour des salaires de 300 € / mois à peu près.

    Devinez où va la différence ?

    Pourquoi (à part le manque d’équipement intellectuel de notre Président actuel) laisse-t-on l’Allemagne dicter sa loi ?

    1. ……….Pourquoi (à part le manque d’équipement intellectuel de notre Président actuel) laisse-t-on l’Allemagne dicter sa loi ?…………..;

      Vous avez raison à court terme c’est vraiment une partie du problème

    2. pour des salaires de 300 € / mois à peu près

      Le salaire moyen en Pologne oscillait en 2010 autour de 3315 zlotys, soit au change d’aujourd’hui 763 euros.

      1. Dans les deux cas (Espagnol et Polonais), j’ai donné les chiffres approximatifs des salaires minimaux (des SMIC si vous préférez).

        On peut aussi, si vous y tenez, comparer leur PIB respectifs.

      2. 30 % des salariés allemands gagnent 640 € par mois, donc leurs entreprises ne délocalisent certainement pas en Pologne pour les payer 100 € de plus. Salaire moyen = grandes disparités.

      3. @Louis de Potter, @Léoned, @seb, @Julien
        Et environ 300 000 salariés avec un ‘one euro jobs’ en Allemagne… 1,5 euros de l’heure en réalité, formidable, non !?

      4. pour resté dans ce nivellement vers le bas, un ouvrier français ça ne changerai pas grand chose pour lui d’être à ce tarif. A vrai dire le salaire optimal d’un ouvrier en france qui réfléchirai à sont salaire optimale, il serai de 583e. Lol

      5. La germanophie, une des expressions du nationalisme ou du souverainisme
        qui ne fait que dévier la lutte des classes au profit des politiciens professionnels,
        ne prend pas non plus en compte que le capital français exploite aussi
        dans des proportions supérieures à ce qu’on trouve en Pologne,
        que cela soit en Afrique, notamment méditerranéenne, ou en Asie…

        Encore une fois, comme avec les agences de notation,
        ne pas se contenter du doigt, viser la lune,
        sortir du cadre, ne pas s’enfermer dans le cadre cocorico,
        avec ses politiciens de Droite Toute et Gauche Plus Rien.

      6. @ Julien Alexandre et @ paco76

        « 30 % des salariés allemands gagnent 640 € par mois »
        « Et environ 300 000 salariés avec un ‘one euro jobs’ en Allemagne… 1,5 euros de l’heure en réalité »

        Ces chiffres sont effarants mais j’ai tendance à vous croire. Pourriez vous me communiquez vos sources SVP. Merci

      7. @Charles A.

        Si je dis que ce n’est pas par germanophobie, c’est que je ne tiens pas le peuple allemand responsable de ses dirigeants actuels et encore moins de leur idéologie !

        Je connais de Allemands cons, mais j’en connais aussi de très bien ! (Proportion voisine d’en France et d’ailleurs !).

        Vous allez me dire c’est eux qui les ont élus, ouais : c’est vous qu’avez élu Sarkozy aussi. Ou il signore Aldomente qui a(vait) élu Berlusconi.

    3. Et la Logan et la Sandero,elles sont fabriquées où ?

      « Fabriquée à l’usine Renault de Curitiba (Brésil), à l’usine Renault de Envigado (Colombie) et à l’usine de Pitesti (Roumanie) dès 2008, elle le sera ensuite en Russie, au Maroc, en Colombie1 et en Afrique du Sud (2009)2. »
      (Wikipédia)

      Delphin

    4. « Nous étions en retard en matière de culture industrielle, d’efficacité organisationnelle, d’innovation technologique et de qualité du dialogue social, ces différents facteurs se renforçant mutuellement : la compétence technique était moins valorisée, le client moins respecté, la fiabilité moins considérée, le dialogue social plus agressif. Rien n’a changé, mais cela se voit davantage. »

      http://www.la-fabrique.fr/Actualite-1-9.html

      Pas de miracle allemand, seulement une dialectique de la Kultur-Besserung, mais on pourrait aussi voir la Suède…

      1. @fnur
        C’est quoi la ‘culture industrielle’ ?
        Comme technicien dans une société allemande, jusqu’à il y a peu de temps encore, j’ai pu constater que la qualité reste bonne mais se dégrade et le ‘respect du client’ aussi…Rentabilité oblige…
        Par contre, avec le ‘marketing’, ils n’ont pas froid au yeux !
        En ce qui concerne la fameuse ‘satisfaction client’, c’est une foutaise depuis longtemps !
        Extrait de « le travail du consommateur » de Marie-Anne Dujarier :

        « Le client est avant tout un être de fiction, un argument brandi par le management pour se faire obéir, avec une idée aussi simple qu’efficace : les subordonnés acceptent davantage le langage d’un acteur dont ils partagent l’identité (à la ville) que celui d’un chef aux antipodes de leurs intérêts. (…)
        Puisqu’il est difficile de contester l’idée qu’il faut satisfaire le client (auquel, dans les entreprises de masse, chaque travailleur peut s’identifier), l’argument du ‘client roi’ joue également comme source de légitimité pour les réformes appliquées au travail, à son organisation et à ses conditions. Lorsqu’elles sont menées en son nom, il est plus difficile d’expliciter les éventuels conflits d’intérêts entre acteurs organisationnels. Les objectifs de qualité, productivité et réduction de coût seraient sans doute davantage contestables et discutables s’ils étaient énoncés au nom de l’intérêt des actionnaires.
        Les mêmes exigences mises au bénéfice du client passent sans bruit : rythmes, horaires, informatisation, privatisation, contrôles, flexibilité, pression qualitative et quantitative sur les tâches…Le consommateur joue alors le rôle de ‘patron en aval’.
        Le phénomène est particulièrement net dans les démarches de ‘modernisation’ du service public menées sous la bannière de la satisfaction de l’usager (…).
        La nécessité, réputée absolue, de le ‘satisfaire’ est un argument régulièrement brandi notamment lors des conflits sociaux pour les faire cesser au plus vite.
        Le consommateur contribue alors au travail de médiation des conflits ou, en tout cas, à l’atténuation de leur expression (…).
        Le fournisseur promet au consommateur une ‘satisfaction complète’, une ‘qualité irréprochable’ et une ‘sécurité absolue’ (…).
        Or, ces engagements, pour être enchanteurs, ne sont évidemment pas tenables.
        En particulier, le client n’est pas vraiment traité comme un roi ; la qualité de service peut même se dégrader visiblement au moment où il est qualifié ainsi. »

      2. @fnur
        C’est pareil…La recherche d’une rentabilité la plus grande possible fait et fera que toute fabrication devient plus ou moins médiocre, et les incidents ou accidents risquent bien de se multiplier, mais ils seront sous estimés ou sous évalués, et mis sur le dos de « l’erreur humaine » ou du « pas de bol »… (Accident ICE 1998 par exemple)
        D’accord avec PIP et Médiator, mais ce sont aussi des ‘mayonnaises’ !

    5. Mais si, c’est de la germanophie, autrement du « nationalisme économique »,
      pratiqué du FN au FdG pour exonérer le capital, ne pas sortir du cadre…
      Comme si le capital français ne s’avait pas trouver des ouvriers aussi exploités
      que le capital allemand.
      Comme si surtout, aujourd’hui, le capital avait une patrie!
      Le CAC40 lui-même est presque à moitié non français…

      1. @Charles A

        Je n’ai pas envie d’utiliser ce lieu précieux pour parler de certaines vues, mais y ‘en a marre de lire n’importe quoi !

        Sachez que vos comparaisons sont nulles et non advenues. Vous regardez trop TF1 !
        Oskar Lafontaine était l’invité du meeting de Metz ce soir ( FDG ), alors changez de disque sur le supposé  » nationalisme économique  » du FDG ! Les vues du FDG restent européennes. Ce qui n’empêche pas de commencer la refondation politique de l’ Europe à partir de son propre pays vers de possibles convergences européennes dans un futur proche ou lointain.

        Ce sont les régimes néolibéraux qui détruisent l’ Europe et sa construction et non pas le FDG ! La bonne blague. A force d’enfoncer chacun des peuples qui vivent au sein de l’ Europe et à les exciter les uns contre les autres, faut pas s’étonner si l’ Europe finit par ressembler à un repoussoir et que les majorités européennes qui constituent ces peuples trainent les pieds à se sacrifier pour la haute finance …

        Éteignez la télé ça vaudra mieux pour vous, car vous semblez déjà bien enregistré.

      2. Charles A. : Informez-vous avant de dire n’importe quoi et de faire le pédant. Le fdg n’a rien à voir avec le fn.

      3. Ce blog mérite mieux. N’attaquez pas les personnes.
        Apportez infos et analyses, essayez d’argumenter.
        Personne ici ne fait aucun trait d’égalité entre FN et FdG.

        Par contre les politiciens profesionnels ont vite fait en France
        de manier le rateau dans la vase protectionniste et nationaliste.
        C’est une façon de tenter de consolider le cadre capitaliste, au lieu d’en sortir.

        Les exemples de dérapages douteux de Mélenchon ne manquent pas.
        En voici un, est bien dans son “Qu’ils s’en aillent tous”:
        « 

        Les menaces de troubles aux frontières de l’Union européenne sont visibles. Mais l’intérieur de l’Union n’en est pas exempt. Beaucoup viennent du fond de l’histoire et cantonnent dans les mémoires. Je veux être direct : je ne vois pas, par exemple, que les relations des Allemands avec tous leurs voisins soient définitivement apaisées. Nous-mêmes, Français, ferions bien d’admettre que la génération dirigeante de l’Allemagne réunifiée n’est plus celle que le remords raisonnait et que la division en deux États contenait.
        Aux dirigeants allemands décomplexés devraient correspondre des dirigeants français dessillés. Avoir consenti que les Allemands soient plus nombreux que les Français dans le Parlement européen est une faute (Le traité de Nice (26 juillet2001) attribue 99 sièges à l’Allemagne et 74 à la France). Cette décision est en contradiction avec l’esprit des fondateurs franco-allemands de l’Union européenne. « 

        Sans commentaire…

      4. Et puis sur le principe, qu’il y ait des luttes à l’intérieur des nations et entre nations, c’est l’évidence.
        Le travailleur français n’en a en strictement rien à faire du salarié grec ou indien, qui le lui rend bien. De même, les ressources sont limitées, et les peuples sont en compétition pour les acquérir et les exploiter au coût le plus avantageux pour elles.

        Le dilemne est toujours le suivant pour une commauté politique: utiliser ses ressources pour ne pas être dominée par une puissance étrangère (quelle que soit sa nature) ou utilier ses ressources pour éliminer les mécanismes de domination à l’oeuvre dans la communauté.
        Notez que la Finance est à la fois dedans et dehors, ce qui est sa force mais également sa faiblesse.
        Evidemment, tout serait plus simple si égaliser les conditions de vie et les opportunités à l’intérieur du groupe permettait toujours, dans le même temps, de se protéger des menaces extérieures.

        En France, la construction mythique du citoyen ne laisse aucune place à la mythologie concurrente, communiste, du travailleur exploité. Les deux ne sont pas compatibles, chacun pouvant qualifier les tenants de la mythologie concurrente d’entente avec l’ennemi (le Capital ou l’URSS/les USA, par exemple).

        Pour ma part, je n’ai rien contre les internationalistes ou les pacifistes mais ils oublient systématiquement un détail: c’est toujours l’autre qui vous désigne d’abord comme l’ennemi. Vous pouvez faire ce que vous voulez, lui offrir des fleurs, danser la gigue pour lui, cela ne change rien. Une fois qu’il vous a désigné comme ennemi ou comme adversaire, vous n’avez d’autre option que le sacrifice (option rare, nazarréenne), la fuite (option fréquente,aux mérites moraux toujours incertains) ou la guerre (option fréquente). Par conséquent, si une puissance étrangère vous livre une guerre commerciale, et se refuse à entérinner tout moyen de pacifier les échanges (par ex le bancor, par ex l’harmonisation fiscale sur son territoire…), vous serez placés devant cette alternative, sans option de sortie.

      5. Nobobstant:

        Dire que les services secrets allemands sont en grande partie responsables de la guerre en Serbie. Dire que ces mêmes services ont tenté et tentent toujours de destabiliser les positions françaises dans nombre de pays d’Afrique. Dire qu’aux yeux de l’Allemagne les citoyens russes dotés de sang allemand sont toujours considérés comme des allemands « en sommeil » (sic). Dire que l’Allemagne n’a cessé, dans sa diplomatie souterraine, de favoriser les pires conceptions du sacrosaint « droit des peuples à disposer d’eux-même » (tout en s’aménageant confortablement son petit glacis en Europe de l’Est) et ce à dessein, en sachant parfaitement ce que cela impliquait. Dire que l’Allemagne a empêché tant qu’elle a pu (et avec un certain succès) le projet de constitution d’une « Union de la Mediterranée » (peut être la situation des pays du Sud ne serait-elle pas alors si mauvaise?) . Dire que la politique énergétique de l’Allemagne est spécieuse au regard des intérêts européens. Dire tout cela ce serait simplement énoncer des faits, auxquels il est bon de réfléchir, et non faire preuve de germanophobie.

        Et pourtant personne ne le dit. Partant aucun parti français n’est germanophobe. Et je dis bien AUCUN.
        Qu’on ne s’y trompe pas, l’Allemagne n’est pas pire ou meilleure que les autres puissances. Simplement, on ne voit pas pourquoi on ne pourrait pas en parler. Ni s’en indigner (comme on peut s’indigner de l’activité des français).
        L’Allemagne va faire faillite. Alors son « modèle », hein…

        Au passage, je pense que le qualificatif « nationaliste », utilisé pour (dis)qualifier tout et n’importe quoi (dès que ça ne concient pas), devrait rejoindre ses petits amis dans le dictionnaire des points Godwin.
        Quant à la question du protectionnisme, qualifiée de « rateau », elle me paraît traitée bien à la légère. Visiblement, ce qui constitue des évidences pour vous n’en sont pas pour beaucoup de gens, dont moi. Le bien être des peuples a davantage progressé, semble t-il (je n’ai pas approfondi je vais vérifier ça) pendant les périodes protectionnistes que pendant les périodes libérales.
        Ouverture des frontière ou fermeture des frontières, ce n’est pour moi qu’une question stratégique, dépendant des circonstances du moment. Le reste, c’est de l’idéologie pure et simple

        Ce qui est bon pour la communauté politique au moment t ne l’est pas nécessairement au temps t+1, et vice versa. Et vice versaaaaaaaaaaaaaaaaaaa

  10. Il est assez amusant de voir des manifs contre le thermomètre que sont les agences de notation…Il est vrai que les manipulations du thermomètre doivent être fréquentes(du moins on va le supposer),mais on ne voit pas comment avec les montagnes de dettes,USA et Allemagne compris,vu la multitude de chômeurs,vu les politiqus déflationnistes,vu la dégringolade des recettes de l’etat recettes directes (degringolade voulue) et des taxes par suite de la récession,vu aussi les incohérences politiques,il faut reconnaître que les agences font preuve de beaucoup de laxisme et d’optimisme en donnant encore des notes « A »,et il faut beaucoup de cécité à nos politiques pour ne pas voir leur bilan catastrophique surtout en »Europe »,Europe de l’Euro mais aussi l’autre Europe

  11. Deux remarques:
    – qui va signer pour augmenter les ressources du FMI.. ce ne sont pas les européens qui vont pouvoir le faire..
    – seule (mauvaise) solution = BCE = création monétaire

    cdt

    1. je ne vois pas en quoi augmenter les ressources du FMI peut faire avancer les choses. Ils sont les principaux garants de la doctrine libérale. Regardez la Roumanie ! Privatisation à tout crin, dégradation des conditions de vie, 4 millions de Roumains en moins dans le pays depuis 10 ans !

  12. @ F.Leclerc
    Pour confirmer la teneur de votre excellent papier J;Stiglitz vient de declarer en face du chancelier de l’echiquier de sa tres gracieuse Majesté que la regle d’or Merkosy ,Zapatero, Barrosso et consorts n’était ni plus ni moins que du « suicide collectif »

    le social liberalisme nous cuisine depuis bien trop longtemps un désastre d’une ampleur historique inconnue;
    à bon entendeur…

    1. je suis tout à fait d’accord avec vous. Et si les « gauchistes » n’étaient pas les pires, finalement ? Je pense encore et toujours à Zizek…voire Charles Taylor (pas celui du Libéria)

  13. « La saignée ! La saignée, vous dis-je ! encore la saignée ! »

    C’est la seule riposte enseignée à nos Diafoirus par la Faculté pour guérir de cette situation : ils prétendent ainsi expurger les humeurs qui empoisonneraient le sang des malades qu’on leur a confié. Ils appliqueront ce qu’on leur a appris jusqu’au bout.

    Le reste n’est qu’une comédie et ne sert qu’a détourner l’attention vers la finance et ses marchés alors que c’est d’une faiblesse de l’économie dont souffrent réellement les malades (et dont ils souffraient déjà bien avant qu’ils n’entreprennent de les guérir.)

  14. Quels sont les obstacles à une dévaluation de l’Euro décidée par la BCE et les ministres des finances de la zone Euro, au lieu de monétiser la dette sans le dire (ce qui ne marche pas de toute façon) ?
    Politiquement je vois bien : déclaration de guerre commerciale contre le dollar et le yuan, perte de confiance dans la monnaie, pas d’unanimité dans l’Eurozone, etc..
    Économiquement aussi: renchérissement des matières premières, etc… mais aussi augmentation des exportations et relance de l’activité..
    Techniquement alors, qu’est-ce qui l’empêche ? Disons 1 ou 2 % seulement, histoire de montrer au reste du monde que c’est possible et qu’il ne faut pas nous casser les c… avec des problèmes qui ne sont pas les nôtres ??

    1. C’est de toutes façons, ce qui nous attend. Les dettes des états européens seront remboursées par la BCE… et en monnaie de singe !
      Contre les rentiers, les forces vives finiront par l’emporter. Ici, le rapport de forces, c’est une question d’âge !

    2. Dévaluation de l’euro ? Attendez, mais à combien il était au mois de mai le rot ? 1,48 $ non ? Et aujourd’hui 1,26 $. Juste 15 % dis donc. D’ailleurs je prends plus la bagnole et j’ai baissé le thermostat d’la chaudière au fuel, 12° ça suffit. J’ai indexé la régulation et la pente de chauffe sur l’euro/dollar. En ce moment il est froid l’euro, enfin je trouve… 8)

  15. A l’occasion du sommet social d’aujourd’hui, il est clair que la psychose a atteint un nouveau palier. On le sent, d’autant qu’en parallèle nous assistons aux hommages rendus à titre posthume à un certain sociologue de la part de ceux qui dix ans auparavant, l’on insulté gratuitement. Bref… sur les ondes les débats se multiplient sur l’inégalité fiscale, et l’actuel chef de l’Etat en prend pour son grade, quelque soit le sujet.

    Les prévisions de croissance pour la zone euro sont constamment revues à la baisse…

    Le BDIY chute sévèrement. Les inégalité de patrimoine sont comparables à celles des années 20. Etc. Jean Lebrun a fait son émission la marche de l’histoire sur le chômage… en partant de 1885, et de Zola, Germinal.

    1. Il y a des drôles de saignées. Notamment en Grèce. Exemple: le parlement grec prévoit pour 2012 une réduction de 9 pourcent des dépenses en matière sociale, alors que le budget de la défense sera dotée d’un plus de 18,2 pourcent (1,3 milliards).
      Le principal fournisseurs des jouets de guerre: l’Allemagne.

      1. Bonsoir Germanicus.

        Ce n’est pas sans raison, outre un soulèvement populaire dans ce pays qui n’est pas à exclure, un conflit à ses portes est à craindre et puis sacrifier le social un peu plus ou un peu moins, Ils ne sont plus à cela prêts.

      2. En faisant l’Union sacrée, dans le cadre capitaliste,
        des politiciens fascistes aux politiciens de la gauche de gouvernement,
        il était évident que l’appareil d’Etat serait consolidé aux dépens du peuple.

  16. Mercredi 18 janvier 2012 :

    La chancelière allemande Angela Merkel a réagi avec réserve mercredi aux demandes de renforcement de la contribution allemande aux efforts de sauvetage de la zone euro, après la baisse de la note du Fonds européen de stabilité financière (FESF) par Standard & Poor’s .

    « Je cherche encore ce que l’Allemagne pourrait faire de plus pour les autres pays de la zone euro », a-t-elle répondu lors d’une conférence de presse à la question de savoir si l’Allemagne devait se montrer plus solidaire après la décision de Standard & Poor’s.

    La première économie de la zone euro a rejeté l’hypothèse d’une hausse de sa contribution au FESF ou au Mécanisme européen de stabilité (MES), qui doit lui succéder.

    Les Pays-Bas, la Finlande, le Luxembourg, qui ont conservé comme Berlin leur notation triple A, ont également écarté une augmentation de leur contribution.

    (Dépêche Reuters)

    http://www.20minutes.fr/ledirect/862238/merkel-reticente-relever-contribution-allemagne-fesf

    1. Ils ne peuvent faire autrement, alors que les pays du sud attendent beaucoup du gouv. Merkel. L’Allemagne est dépendante du commerce extérieur, et vue de la récession à venir, en plus d’une politique déraisonnable (austérité), les perspectives de croissance y sont plutôt moroses. Elle a des clients en Asie, mais ce marché ne pourra qu’en partie compenser un marché européen en crise.

  17. bonsoir
    je lis ce blog depuis plusieurs années
    et je me sent très informé de ce qui arrive a notre navire
    nous avons une voie d’eau et nous allons couler
    mais , malgré la vitesse et la quantité d’informations ,nous ne pouvons rien faire d’autre que d’attendre que l’eau envahisse les cales
    d’ou un sentiment d’impuissance d’autant plus fort que nous sommes informés
    peut etre vaudrait il mieux ne rien savoir ?

  18. Parmi l’ensemble des solutions susceptibles de sauver les pays de la zone euro, il en existe une qu’il ne faudra en aucun cas négliger. Il s’agit du protectionnisme qui seul peut protéger nos industries et éviter de mettre en concurrence nos salaires et nos systèmes de santé avec ceux de pays comme la Chine. L’histoire nous montre l’utilité dans certains cas de la mise en place de mesures protectionnistes. Ainsi l’Angleterre laborieuse est parvenue à surpasser l’Espagne, gavée d’or en provenance d’Amérique, grâce à des mesures protectionnistes comme l’indique l’article suivant en effectuant la comparaison entre cette situation et la situation actuelle:

    http://lespoir.jimdo.com/2011/11/20/le-commerce-contre-les-peuples/

    Amicalement

  19. Il y a une différence entre s’endetter dans sa monnaie et s’endetter dans une monnaie étrangère :
    dans le premier cas, si un pays a du mal à équilibrer son commerce extérieur, il peut émettre de la monnaie, ce qui va contribuer à sa dépréciation vis à vis des autres monnaies.
    Cette dépréciation de la monnaie augmente le prix des importations (ce qui contribue à leur diminution), tandis que les exportations deviennent plus faciles.

    Ces évolutions ont tendance à stabiliser les évolutions économiques.

    Rien de tel quand on s’endette dans une monnaie étrangère : la dépréciation augmente la dette.
    Il reste un effet positif de la dépréciation sur le commerce extérieur.

    La situation dans la zone euro est bien pire : quand les problèmes surviennent, les taux d’intérêts augmentent; l’Etat est étranglé, mais il lui est impossible d’équilibrer son commerce extérieur par la dépréciation de la monnaie.

    Donc l’organisation actuelle contribue à amplifier les fluctuations.
    La zone euro est globalement instable ; elle se comporte comme un navire qui transporte une cargaison liquide qui pourrait aller librement dans toutes les directions.
    tous les mécanismes contribuent à créer des fluctuations de grande taille.

    1. Vous avez raison

      Mais l’avantage du système actuel est que les banques peuvent se goinfrer de la dette inextinguible des Etats en Intérêts, comme ils ont le capital gratuitement par la FED et maintenant la BCE (les copains sont aux commandes), ils auraient tort de vouloir le redressement des comptes. Ce qui compte c’est l’argent, le gros argent.

      Les prédateurs peuvent donc s’enrichir sans rien faire.

      Jusqu’à la catastrophe finale, ils se goinfreront.

    2. « Il y a une différence entre s’endetter dans sa monnaie et s’endetter dans une monnaie étrangère »

      Les régions, municipalités, etc, empruntent dans la monnaie de l’état dont elles font partie. Elles ne peuvent donc pas décider de dévaluer quand la situation de leurs finances les empêche de rembourser leurs dettes.

      Depuis que ces entités empruntent à des banques privées et aux conditions que proposent ces banques (ou le marché, si on préfère) il me semble qu’il n’y a que deux solutions acceptables:
      – l’état les renfloue par solidarité nationale et ça implique qu’il exerce un contrôle sur les emprunts qu’il peut être amené à rembourser lui même;
      – c’est « chacun pour soi », l’état ne s’occupe de rien, l’entité en question fait faillite, les banques qui ont eu le tort de prendre le risque en supportent les conséquences (et les habitants du coin aussi, qui avaient élu des responsables incompétents.)

      Je ne suis pas sur que les « conditions acceptables » que j’énonce ci-dessus soient celles qui sont en vigueur puisqu’il y a pas mal d’exemples en France et ailleurs de régions et municipalités sur-endettées mais cette comparaison à au moins l’avantage de mettre en avant le fait que la solidarité implique le contrôle.

      Note: j’ai eu connaissance de cas où des banques prêtaient de manière inconsidérée à des enfants puis se retournaient vers les parents quand les enfants faisaient défaut et j’en ai conclus qu’il convient de se méfier des banques et ne jamais tabler sur leur « sagesse » ;o)

      Autre note: j’ai négligé l’hypothèse selon laquelle la région ou la ville serait exclue du pays pour cause d’irresponsabilité financière mais au point où en sont les choses c’est peut-être à envisager!

  20. En prenant le problème à l’envers, au niveau macro, on peut résumer en disant : » Y’a plus plus assez de sous pour tout le monde, le monde est insolvable ».
    Les anciens, dans leur infinie sagesse qui n’excluait pas totalement la part « primitive » de notre nature, cette part qui inclue les croyances dans le temps cyclique (voir son « annulation » par l' »éternel retour » Cf Mircea Eliade); ces anciens donc avaient conçu la réponse au mal qui nous frappe aujourd’hui, car ils avaient compris que la vie (et sa sauvegarde) passe par ces phases de destruction créatrice (tendance Shiva plutôt que Schumpeter, quoiqu’on puisse voir en Schumpeter une sorte de rémanence en la matière) Cette réponse : le jubilé

  21. Quel dommage, tout de même, que ce cadre craque de toutes parts.
    …. c’est si bon et confortable et rassurant de se savoir si bien carré dans ses certitudes

  22. Je souscris à vos analyses François, mais je n’arrive pas à m’expliquer le « printemps boursier » que nous traversons depuis quelques semaines/mois. Un ultime rebond avant les abysses ?

    1. Licenciements boursiers, plus on vire plus la bourse monte.

      Mais aussi manipulations de cours.

      C’est un monde devenu fou furieux.

      Le casino.

    2. « Printemps boursier » , faut pas déconner non plus! En ce qui concerne le CAC40 (les autres,j’ai pas suivi) ,depuis 2008 il ne décolle guère des 3000 points (un coup au dessus,un coup en dessous *).Si vous changer le graphique d’échelle (par exemple le mois au lieu de la journée) vous verrez que c’est globalement plat ! On peut quasiment tirer un trait droit d’un bout à l’autre pour le maximum,3200 points environ,et pour le minimum avec 2800 points.

      * En dessous = « en p’tite culotte » ?

    3. les prêts de la bce et de la fed ça sert toujours à jouer au casino, en plus ça reste un actif une société mieux qu’un bout de papier monnaie.cqfd
      maintenant si vous convertisez en dollars, vous n’avez plus une remontée mais tout au plus une stagnation ou une perte.

    4. Donc comme l’euro a baissé de 16% par rapport au dollar, en zone dollar vous pouvez acheter d’autant plus d’actions en euros et ramasser à la distribution de dividendes des sociétés en question.

      Pensez à toujours regarder les cours en transformant en dollar ça permet de comparer avec WS et tout de suite ça devient plus clair.

  23. Bonsoir,

    Je suis accidentellement tombé sur cet article du figaro( un collegue de travail qui se soucis du contexte économico financier et qui me demandais mon avis ..le malheureux)qui m’apparait faut bien le dire un peu abscons.Je le copie ci dessous ne sachant pas élaboré de lien, mea-culpa.En fait c’est ce mécanisme de prêt et de péréquation qui ne me saute pas aux yeux et qui semble être pour l’auteur de l’article une autre patate chaude dans cet imbroglio.
    Si une belle âme se sentait l’énergie pour le lire et en donner une explication qui se tienne je suis preneur!!

    Bien cordialement.

    L’article en question du 16-01-2012 il me semble;

    DÉCRYPTAGE – Les banques centrales des quatre États notés triple A de la zone euro -Allemagne, Finlande, Luxembourg et Pays-Bas- financent les déficits des treize autres membres.

    Sur l’air de J’ai perdu mon Eurydice, les Français ont ressassé tout le week-end la cruauté du destin. Il est toujours étonnant de le constater: l’opinion publique accorde bien plus d’importance aux notes qu’aux réalités qu’elles désignent, en l’occurrence les déficits publics!

    Dans les années 1970, Roland Barthes qualifiait de «petit-bourgeois» le comportement de ceux qui préfèrent «l’idée de l’émotion» à «l’émotion elle-même». Et aujourd’hui c’est la consommation de masse qui fonctionne ainsi: les grandes marques croient judicieux d’inscrire en gros leur nom sur leurs produits.

    Mais cette fois, espérons-le, plus personne n’ignore la gravité de nos déséquilibres et encore moins les disparités au sein de la zone euro. L’agence Standard & Poor’s n’a pas explicité pourquoi elle avait maintenu la note triple A à quatre États -Allemagne, Finlande, Luxembourg, Pays-Bas- et à eux seuls.

    La raison en est pourtant simple: les banques centrales de ces pays, et au premier chef la Bundesbank allemande, financent les déficits des treize autres membres de l’euro. D’un côté les créanciers, de l’autre les débiteurs. On peut même donner des chiffres précis, et d’ailleurs publics, à condition de farfouiller dans les bilans des banques centrales.
    La discussion fait rage outre-Rhin

    Ainsi, au 31 octobre 2011, la Bundesbank affichait-elle des prêts vis-à-vis des autres instituts d’émission de l’eurosystème s’élevant à 465 milliards d’euros. De même la Banque néerlandaise a engrangé des créances représentant 89 milliards, lesquelles atteignent 85 milliards pour la Banque centrale du Luxembourg et 33 milliards pour la Banque de Finlande. Au total, 672 milliards d’euros, à quoi correspondent des dettes de même ampleur, à l’euro près, de la part des autres banques centrales, en incluant la BCE elle-même. L’Irlande vient en tête (118 milliards d’euros), suivie de l’Espagne (108), la Grèce (101), le Portugal (42), la France (35), etc.

    Ces informations nous ont été communiquées par Éric Dor, directeur de la recherche à l’Ieseg de Lille. Mais il faut rendre à César ce qui revient à Hans-Werner Sinn, le président de l’IFO, l’un des principaux instituts de conjoncture en Allemagne. Il est le premier à avoir lancé le débat. Et si la discussion n’a pas dépassé le cercle des économistes dans les autres pays, elle fait rage outre-Rhin.

    Bien connu pour ses prises de positions radicales -il milite pour la sortie de la Grèce de l’euro-, Hans-Werner Sinn considère que les 465 milliards de la Buba constituent «peut-être la plus grande menace qui pèse sur l’Allemagne à l’intérieur de la zone euro». Ce serait en effet une perte sèche si la monnaie unique disparaissait.

    On n’en est pas là. Mais cela illustre parfaitement les divergences internes à l’Euroland. Soulignons que les créances de la Buba sur les autres instituts d’émission n’ont rien à voir avec les aides nationales apportées à la Grèce, à l’Irlande et au Portugal, à travers notamment le fonds de soutien européen (FESF). Il s’agit d’un phénomène bien plus important par les sommes en jeu et en même temps très banal, car il est au cœur même des mécanismes de l’union monétaire.
    Les déséquilibres s’accumulent

    Rappelons que pour que la monnaie unique puisse fonctionner a été créé dès 1999 un système unifié de transferts de fonds, dit TARGET (sigle anglais de Système Transeuropéen Automatisé de Transferts Rapides de Liquides Bruts en Temps Réel). Toutes les banques privées (plus d’un millier) y sont associées. Grâce à quoi les paiements s’effectuent en toute fluidité de Brest à Nicosie (Chypre), qu’ils correspondent à des opérations commerciales ou financières. Certains pays se trouvent bien sûr structurellement en excédent commercial, d’autres en déficit, et cela induit des déséquilibres.

    «Jusqu’en 2007, les déficits du compte courant des pays de la périphérie de la zone euro étaient compensés par des entrées de capitaux», explique Éric Dor. Mais à partir de 2009, quand la Grèce a dû avouer ses turpitudes statistiques, les capitaux privés ont commencé à fuir. «Les dépôts domestiques dans les banques grecques ont diminué de 50 milliards d’euros depuis la mi-2009 et les dépôts étrangers de 25 milliards», selon Éric Dor. Or il n’y a pas que la Grèce qui doit faire face à de telles hémorragies.

    Du coup, les déséquilibres s’accumulent au niveau des banques centrales nationales chargées de compenser les transactions transfrontalières. L’Allemagne, les Pays-Bas, le Luxembourg et la Finlande affichent non seulement des excédents commerciaux, mais ils inspirent plus confiance aux opérateurs financiers privés. À charge pour les banques centrales des quatre pays «triple A» de renflouer automatiquement (!) les autres pays exposés à des sorties de capitaux. La BCE a dû publier une étude dans son bulletin d’octobre 2011, pour désamorcer la polémique: il s’agirait simplement «d’assurer la liquidité» au sein de l’Euroland.

    Cette interprétation «technique» est partagée par la plupart des observateurs privés. «C’est seulement si un ou plusieurs pays décidaient de quitter la zone euro que ces déséquilibres représenteraient un vrai risque pour les banques centrales qui ont accumulé des créances sur les autres», estime par exemple Dirk Schumacher, de Goldman Sachs. C’est en tout cas une véritable inquiétude outre-Rhin où la psychose de «l’Allemagne paiera» n’a jamais cessé de sévir. La vie des «triple A» n’est pas de tout repos.

    1. C’est bien à mourir de rire, une fois de plus au milieu des larmes, car cela veut simplement dire que les sous sont mis en commun et que si au sud on a en a pas on pioche dans la cagnotte du nord avec l’euro pour payer.

    2. J’aime bien ça moi, les mecs qui réalisent 10 ans après qu’on a une monnaie unique, un eurosystème et qu’y a des déséquilibres commerciaux à l’intérieur de la zone.
      Pays de la zone euro importateurs net vis à vis de la France en 2010 ? Un seul. Pas des moindres. La Grèce, 2 milliards d’excédent. Dont pas mal d’armement probab. That’s all folks.
      Heureusement qu’il nous reste ces braves anglais pour faire rentrer… ben des £. Premier client en net de la France et c’est pas nouveau… 6,3 milliards € quand même. Parce que pour le reste… Hong Kong (merci les zengliches encore), 3,8 milliards, l’Algérie ben sûr, 2,9, les Émirats, 2,7, l’Australie, Singapour, Arabie saoudite, Maroc, Liban et puis c’est tout pour les gros.
      Le reste c’est du déficit. 33 milliards avec la zone euro dont l’Allemagne 16,3, la Belgique, 6,7, l’Irlande, 3,8, l’Italie, 3,3, les Pays Bas, 3,1…
      Plus bien sûr la Chine, 26,4, la Russie, 5,9, les US, 4,5, la Libye, la Norvège…
      Ça c’est juste les principaux partners en 2010 et pour 2011 c’est juste 20 milliards de déficit en plus.
      Le compte de la BdF à la Bce ? Ben ç’a été mieux mais ce s’ra pire, keske vous voulez qu’j’vous dise. C’est nous qu’on fait tourner tout vot gourbi. Mais avec vot pognon.

      1. C’est que les déséquilibres commerciaux, ils le savaient mais il y a avait alors du crédit et des donneurs d’ordre prêt à faire financer n’importe quoi pour le bénéfice de gros groupes, ces mêmes gros groupes qu’on essence au nom du libre échange.
        .
        Je prends ici l’exemple de la Lituanie, un petit pays avec du lin et des pins, that’all et des milliards d’investissement, la seule différence avec la Grèce, c’est qu’il est entré beaucoup plus tard dans le jeu et qu’il n’est pas encore mûr pour être à son tour par terre,et qu’il n’a pas l’euro mais ça va vite venir, car ce qui le maintient hors eau n’est qu’illusions.

      1. @ Kercoz

        Ouh, le rabat-joie ! Tout le monde sait que le prix a pas été institué par ce bon Alfred…
        Alors on se contentera du « prix de la Banque de Suède en sciences économiques en mémoire d’Alfred Nobel », communément appelé par tout le monde « prix Nobel d’économie ».

      2. @ Julien Alexandre
        Qui fait partie du jury, ce jury change-t-il après l’attribution du prix, qui choisit les membres de ce jury ?

  24. Un excellent billet, merci.
    Une piste ?
    Une oeuvre de Fontana:
    http://www.lifeproof.fr/.a/6a010534aec579970c01053687a06c970b-pi

    « …Dès 1949, Lucio Fontana avait commencé à peindre des surfaces monochromes et à les « maltraiter » en faisant des trous ou des incisions dans la toile (Concetto spaziale (50-B.1), 1950, MNAM, Paris), suivis des « Buchi » et « Tagli ». Pour Fontana « la toile n’est pas ou plus un support mais une illusion. »[réf. nécessaire] La surface d’une toile ne doit plus seulement exister pour le regard de l’observateur qui s’abîme en elle, mais, au contraire, s’ouvrir largement aux hasards de son environnement non pictural. … »
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Lucio_Fontana

    1. Voila.
      Moi aussi je commence à en avoir ma claque de n’entendre parler que de gros sous. Nous fonçons vers l’extinction des feux, tout en nous comportant comme des petits lapins dans les phares d’un semi-remorque, subjugués par la crise « systémique globale ».
      Sempiternel instinct de mort…

  25. Un truc qui ne semble gèner personne , qui moi me choque :
    On a remplacé « travail partiel  » par « chomage partiel » . Ce glissement sémantique me gène. I smell a rat ! …. ça pue le transfert de fond public vers les poches privées et le travail forcé …

    1. « 430 millions d’euros injectés, c’est presque dix fois moins que le financement des heures supplémentaires défiscalisées, que le gouvernement ne veut pas toucher »
      http://www.liberation.fr/politiques/01012384233-lipietz-du-cosmetique-pour-l-emploi

      Des sous pour les heures sublémentaires ! Hips ! Patron, un mètre Ricard !

      L’UE finance bien les banques ou le FMI pour qu’elles la financent.

      Vous me conjuguerez 10 fois financer à l’imparfait, au subjonctif et au conditionnel.

      1. encore du gaspillage d’argent public, une honte, mais taxer à la source à l’importation ça non libre échange oblige.

  26. Slovénie : le président propose un banquier comme Premier ministre.

    LJUBLJANA – Le président slovène Danilo Türk a proposé mercredi de manière informelle un banquier, Marko Voljc, comme Premier ministre à la suite de l’échec de Zoran Jankovic, vainqueur des élections législatives, à obtenir une majorité au Parlement.

    Prenant acte du rejet par le Parlement de la nomination du maire centre-gauche de Ljubljana, le millionnaire Zoran Jankovic, le président Danilo Türk a cette fois mis en avant un technocrate, le banquier Marko Voljc.

    Agé de 62 ans, M. Voljc a dirigé la plus importante banque slovène, Nova Ljubljanska banka (NLB) entre 1992 et 2004. Il est aujourd’hui directeur pour l’Europe de l’est et l’Europe centrale du groupe belge de bancassurance KBC. Il a également travaillé de 1979 à 1992 pour la Banque mondiale, dont il a dirigé la représentation en Amérique centrale.

    http://www.romandie.com/news/n/_Slovenie_le_president_propose_un_banquier_comme_Premier_ministre180120122201.asp

    1. Apparemment, la Slovénie a une grosse tradition bancaire.

      Des collègues qui sont souvent à Trieste et s’étonnaient un jour d’escapade à Ljubljana de voir la forêt si dense et le sol fort peu exploité se firent expliquer que la spécialisation bancaire permettait aux Slovènes cet état de chose.

      Je ne sais pas s’il s’agit des banques liés historiquement aux vénitiens, (aux Fugger ?)… aah sans wiki…

      1. je suis passée vite fait à Ljubljana, mais j’ai surtout senti la corruption et la Slovénie était plus chère que l’autriche

  27. Bonsoir,

    merci pour l’article

    ce qui me gêne, c’est qu’aucun d’entre-nous, ou si peu, ne se remet en cause : si les boites du CAC vont si bien, c’est aussi parce le peuple y consomme l’essentiel de son « bonheur » – qui, ici, dépense plus de 66% de son revenu net disponible en produits d’occase et en produits artisanaux, tous besoins confondus (voiture, alimentation, habillement etc) ? qui n’a pas de crédit, tout produit confondu y compris immobiliers ?

    qui regarde la composition de chaque produit alimentaire pour éliminer ceux qui contiennent des saloperies (comme le faux sucre à base de maïs, le glucose ou encore l’huile de palme) ?

    qui n’a pas de portable ici ? qui s’est donné les moyens de cultiver un p’tit lopin de terre ? qui interdit le mc do à ses gosses ? qui passe une heure chaque jour avec eux pour leur expliquer qu’il faut partager et non pas être toujours le meilleur, etc etc ?

    tant que les moutons moutonneront, ils se feront tondre.

    quand la grande baisse arrivera sur les marchés, si elle arrive, il faudra vendre à découvert pour prendre de l’argent au système et l’utiliser pour le grand changement durable, mais qui le fera, vous en serez cap ? car dans la douceur, les minorités qui ont l’argent et le pouvoir ne feront rien pour que cela change …

    la peur domine, les habitudes dominent, et la pensée unique aussi …

    bonne année 2012, dans la bonne humeur et avec humour sinon on va tous au suicide !

    je voterai extrême gauche pour la première fois de ma vie en mai, et sans honte j’irai au front : allez Mélenchon 🙂 comme il ne sera pas au second tour sauf miracle, je voterai nul ou je n’irai pas puisque les votes blancs et nuls ne sont plus comptés depuis belle lurette en démonarchie …

    1. Juste deux exemples qui me viennent:
      Les amap de la banlieue parisienne refusent du monde, et ont un mal fou à trouver des producteurs, pas des adhérents…
      Les gens achètent principalement des produits d’occasion pour leurs loisirs (voir par exemple ebay, le bon coin, le marché des instruments et équipements de musique sur audiofanzine…).
      Trentenaire, je ne me sert pas du portable que ma boite a mis à ma disposition, je circule en vélo, je m’amuse avec un minuscule potager, on habille nos deux gamins dans les vides-greniers. Pas de télé pour les gamins,… J’ai juste là ??? j’ai gagné un bon point ??
      Une part des trentenaires des classes moyennes ou supérieures, souvent de formation technique ou scientifique, très intégrés, qui bossent, qui gagnent correctement leur vie et élèvent leurs enfants sont déjà dans l’après.
      Ils savent que le changement est là. Ils sont raisonnablement informés sur le Peak Oil et ses conséquence et ils s’y préparent de manière très consciente et réfléchie.
      Ce sont eux qui montent les amap et les jardins collectifs, qui les gèrent, qui se battent dans les associations de parents d’élèves pour le maintien du RASED…
      Ce sont eux qui organiseront la vie ensemble au niveau local, en cas de pépin grave… pas l’état, pas les politiciens, pas ceux qui se plaindront en disant que c’était mieux avant, pas les vieux épuisés et surtout, surtout pas ceux qui traiteront les autres de moutons ou chercheront des boucs émissaires.
      Et par pitié, ils ne veulent surtout pas de bons points ou qu’on leur disent que c’est bien, ils agissent, c’est tout.

      La peur, elle domine dans votre tête à vous, pas dans la mienne …

      1. eryard, ok sur le refus des boucs émissaires, mais j’ai un souci avec votre vision idyllique de la citoyenneté des « classes moyennes » et supérieures « conscientes, responsables et agissantes ».
        Comment un rSiste ou même un smicard peuvent-ils se payer pour 15 ou 20 € de paniers de primeurs par semaine (sachant que d’après l’INSEE le budget moyen fruits et légumes, produits importés et patates compris, c’est 1,5 % du budget moyen des ménages français…) ? Comment vous achetez très éthiquement d’occasion si un autre blaireau n’a pas acheté neuf auparavant ? Qu’est-ce qu’ils peuvent offrir d’autre à leurs enfants, « les autres », comme loisirs ou accès à la « culture » qui sera moins cher que la télé ?
        Le pauvre con, il est pas éthique, il est pas responsable et citoyen, il achète ses patates chez Mutant, ses hardes chez Tati, Gemo, la Halle et il laisse la télé regarder les niards, biscotte il a pas trop le choix. Le pire c’est qu’il est plus décroissant et impacte moins le climat que le sociétaire lambda d’Amap (qu’il faut encourager bien sûr mais qui ne regleront rien sur le fond).

    2. @Olivier Nt

      Mélenchon, ce n’est pas l’extrême gauche, c’est la gauche jacobine et républicaine. Alors, c’est sûr, c’est plus à gauche que le Ps actuel, mais c’est tout juste si le Modem n’est pas lui aussi plus à gauche (non en fait, c’est le Ps qui est plus à droite).

      1. @vigneron

        Globalement d’accord que les décroissants le sont d’abord contre leur gré mails quelques précisions:

        1-les amap ne règlent rien sur le fond, c’est vrai, mais elles permettent à quelques jeunes de s’installer et d’investir et c’est déjà pas mal. Quant les prix agricoles reviendront enfin à ce qu’ils devraient être, celui qui aura eu sa camionnette d’occaz payée en partie par une amap livrera mieux ces clients, amap ou autres.
        2- La surproduction est massive, le mal est déjà fait, le « blaireau » a déjà acheté neuf. Les stocks d’objets très peu usés ou à réparer détenus par les particuliers faramineux. Alors on jette ou on achète d’occaze ?
        3- Piscines, bibliothèque ou ludothèque très souvent gratuites dans les grandes villes pour les « autres », balades au champignons pas encore payantes, foot en bas de l’immeuble, tout est mieux que la télé, il suffit de l’éteindre.

        Je n’ai bien sûr pas une vision idyllique de ma classe. J’écrit « une part », j’aurait du écrire « une faible minorité »…
        Mais ce mouvement existe et grandit lentement, les réseaux s’établissent, les gens se connaissent et ça pourrait peut être faire une petite base sur laquelle construire ou re-construire.

        Et surtout, même quant on bricole et qu’on « ne règle rien sur le fond », on voit des gens, on se parle, on boit des coups, on vit, quoi !

      2. @eryard

        C’est très bien ce que vous dites, on peut difficilement être contre jusqu’au moment où vous allez dire que ces fameux réseaux vont tout bien organiser et qu’on peut se passer de l’Etat, tout ça. Et là je pense à la big society de Cameron (tiens, un ultra libéral) et à une émission de télé en Angleterre qui a justement simulée pendant deux semaines une vie de quartier sans service public. Bizarrement les participants à l’émission n’étaient plus très chaud pour la big society après. Les enjeux en cas d’effondrement économique dépasseront de loin l’achat d’occasion d’une télé et ce n’est pas de la fausse solidarité individualiste façon ong qui règlera le problème en créant quelques ilots de chanceux débrouillards, vites submergés parc ceux qui n’auront ni le temps, ni les ressources pour être « inventifs »…

        Les amap, la récup, les économies d’énergie, tout cela, cela va dans le bon sens. Mais sans structure pour lier le tout et le faire tenir debout, on arrivera vite à des situations de survie ordinaire…

      3. eryard, 100 % ok pour la dernière phrase et c’est bien en cela que je situe l’intérêt principal des amap. Mais comme tu dis des solutions réellement durables prendront des formes nécessairement d’une toute autre dimension que le bricolage local ou individuel.

      4. @ vigneron et eryard

        Pour moi, ne plus bricoler veut dire : refonte complète de l’économie ; pour la transformer en économie écologique ; dans laquelle les Lois de la Physique sont respectées.

        C’est-à-dire, ne plus faire de la richesse par consommation d’énergie fossile !
        Mais faire de la richesse par économie d’énergie fossile, captation de l’énergie solaire sous toutes ses formes, à petite échelle en considérant le réel rendement énergétique de toutes choses (il n’est pas question de faire des grandes éoliennes partout et tous les autres trucs débile du DévDur.
        Va dans ce sens, la reconstruction des paysages pour qu’ils soient « biofonctionnels » avec plantation de haies et restauration des zones humides, utilisation des anciens moulins, tranformation de l’habitat actuel en habitat passif, commerce local, agroécologie, jardinage, éducation, …

        Et pour financer ce monde de OUI-OUI dans lequel on pourrait enfin vivre, on prend le flouze à ceux qui dans le monde de NON-NON n’ont cessé de nous flouer et qui continuent à dire : « Non et Non ! il n’y a rien à réformer. Et circulez ! Il y a encore du pétrole. »

  28. « Ses prêts à trois ans, quant à eux, ne s’y apparentent certes pas formellement, mais ils sont très bord cadre. On peut parler à leur sujet de quasi création monétaire. »

    Comment peut on en parler ainsi ? Comment se comparent les LTRO au QE américain ? Et comment le quantitative easing se compare-t-il lui même à de la création monétaire ?

    Quelles sont les différences et quelles influences ont elles sur le système monétaire ?

    1. Une seule différence ça reste en haut ça ne profite qu’aux banques qui se renflouent ainsi de leurs pertes, n’oublions pas que la BCE a remboursé aux banques leurs emprunts d’états qui ne valent plus le nominal au prix du nominal, c’est donc une forme de création monétaire, c’est comme si vous demain je vous change 10 francs contre 20 euros, viendrez vous me dire que je n’ai pas fait de création monétaire ???

      Les bons du trésor – jusqu’alors réputés sans risques – sont utilisés sur les marchés monétaires interbancaires comme garantie déposée en gage (collatéral) pour sécuriser un prêt. Dans la période d’incertitude actuelle sur la dette des Etats, seuls les bons allemands – et dans une désormais moindre mesure, français – sont jugés vraiment sûrs. Mais ils sont en quantités largment insuffisante pour servir de couverture à l’ensemble des refinancments qui s’effectuent quotidiennement entre établissements bancaires.

      Cette absence de collatéraux de qualité en quantité suffisante menace donc la liquidité du système et peut dégénerer en crise systémique semblable à celle de 2008.

      Cependant, la BCE continue bien évidemment d’accepter ces titres lors de ses opérations de refinancement des établissements bancaires.

      C’est ce qui explique que l’émission espagnole du jour a rapporté 6 milliards au lieu des 3 prévus : les banques ont acheté ce qui leur permettra d’obtenir des fonds de la BCE.

      Cette situation a donc pour effet de provoquer une reconversion massive des dettes interbancaires en dettes envers la BCE, qui en échange accumule les bons du trésor dont le privé ne veut plus.

      Ironiqument, elle aboutit également à ce que la BCE déclare vouloir éviter mordicus : un refinancement des Etats via le rachat (indirect en l’occurrence) de leur dette. Contre Info

      Mario Draghi s’inquiète de la pénurie de collatéraux qui commence à paralyser le système bancaire (via FT Alphaville)

      ECB’S DRAGHI SAYS SHORTAGES OF COLLATERAL ARE BEGINNING TO EMERGE IN SOME SEGMENTS OF THE FINANCIAL SYSTEM ESPECIALLY FOR THE SMALL AND MEDIUM SIZED BANKS 11:50 15Dec11

      RTRS-ECB’S DRAGHI SAYS INTENSIFIED FINANCIAL MARKET TENSIONS CONTINUE TO DAMPEN ECONOMIC ACTIVITY IN THE EURO AREA …
      (JPG)

      Graphique : La pénurie mondiale d’actifs utilisables en collatéraux – Source Crédit suisse via FT Alphaville)

      http://contreinfo.info/rubrique.php3?id_rubrique=50

    2. Voila comment je vois les choses:

      creation monetaire : la banque centrale créer et donne de l’argent a l’Etat directement sans rien demander en échange
      QE : la banque centrale prete de l’argent à l’Etat et celui-ci devra rembourser plus tard. S’il le rembourse en empruntant de nouveau il repousse simplement l’échéance. Il commence à rembourser quand sa dette diminue. Si il ne rembourse jamais, c’est équivalent à la création monétaire.
      LTRO: la banque centrale prete de l’argent aux banques. Celles-ci peuvent a leur tour prêter de l’argent aux Etat (avec un petit + bien sûr !). Si elles rembourses la banque centrale en empruntant de nouveau elles repoussent simplement l’échéance. Si l’Etat rembouse les banques en empruntant de nouveau il repousse simplement l’échéance. Si l’etat ne rembourse jamais, et donc les banques ne remboursent jamais, c’est équivalent à la création monétaire.

      Les différences sont donc dans l’hypothèse que l’argent soit un jour remboursé. S’il ne l’est pas, la différence provient juste d’une longueur de chaine de crédit différente mais les influences sont les mêmes. Création monétaire -> inflation.

      Je vois deux suites possibles à la situation actuelle de la zone euro:
      1) très forte voir hyper-inflation par création monétaire (on rembourse en monnaie de singe) + mutualisation des dettes, homogénéisation de la fiscalité et des avantages sociaux.
      2) moratoire général sur les dettes, nationalisation des banques, retour aux monnaies nationales ou en groupe (les AAA ensemble, les autres se débrouillent).

  29. Bonsoir,
    La Stiftung Marktwirtschaft a établi un ranking de  » durabilité financière » des 12 pays de la zone euro. Pour ce faire elle a additionné la « dette publique explicite »(la dette officielle) à « la dette publique implicite » (la dette « cachée », résultant des dépenses supplémentaires publiques à venir, dues notamment au surcoût du vieillissement d’une population: retraites, santé, soins etc) .
    Le résultat est stupéfiant : l’Italie obtient alors la meilleur note avec « seulement » 146% de dettes/ PIB et.les 3 plus mauvaises places se partagent la Grèce (1016,9%), le Luxembourg (1115,6%) et l’Irlande (1497,2 %)
    Question : Cette façon de voir est elle valable? Les agences de notations prennent-elles toujours en compte la dette implicite ?

    1. Ah les chiffres on dit que la mathématique est une science exacte, sauf qu’on fait dire ce qu’on veut aux chiffres selon comment on décide de les observer.

  30. Sinon, lundi dernier était l’anniversaire du discours sur l’état de l’Union du 11 janvier 1944 de Roosevelt (merci contre-info), dans lequel il fait part de sa volonté d’inclure dans le Bill of Rights des droits économiques et sociaux.
    Deux petites phrases que j’ai retenu :
    « People who are hungry and out of a job are the stuff of which dictatorships are made. »
    « Indeed, if such reaction should develop—if history were to repeat itself and we were to return to the so-called « normalcy » of the 1920’s—then it is certain that even though we shall have conquered our enemies on the battlefields abroad, we shall have yielded to the spirit of Fascism here at home. »

    Depuis 2009, c’est effectivement ‘a return to normalcy’, par tous les moyens.
    Cette ‘normalité’ qui prépara la dépression des années trente après la crise de 1929 …

  31. Je suis reconnaissant à François Leclerc de poursuivre concrètement l’historique de cette « crise » et de la dépression qui débute en dehors des discours de diversion qui les accompagnent (ceux sur la « dette publique » et sur le « soutien des pays émergents » en particulier). Je formulerai la même remarque sur les euphémismes les plus en vue à propos de l’ICO, du FESF et des risques aberrants que font peser certains hedge funds sur les créances de pays exsangues de la zone euro, en lien direct avec le marché des CDS et quelques opérateurs sans aucun scrupule.
    En revanche, comme le pratique Paul Jorion et d’autres analystes, il convient à mon sens d’historiciser davantage les mouvements financiers et les tendances socio-économiques de ces derniers mois dans le cadre, peut-être plus général, des conflits internationaux. D’après de multiples informations de bonne source, l’économie de guerre est explicitement envisagée par plusieurs instances de premier rang. On dit d’ailleurs des télégrammes diplomatiques, en coulisse, que plus ils sont courts, plus ils sont clairs.

  32. Les 186 000 « Ultra-Riches » du monde possèdent au total 25 000 milliards de dollars
    13 janvier 2012

    Le cabinet Wealth-X a publié fin 2011 une enquête sur les grandes fortunes de la planète. Ensemble, ces 185 795 Ultra Riches détiennent un patrimoine estimé à 25 000 milliards de dollars. Pour donner un ordre de grandeur, cette somme équivaut à 40% du PIB mondial en 2010, soit 63 000 milliards de dollars.

    Par Contre Info, 13 janvier 2012

    Wealth-X définit les Ultra Riches comme des individus détenant un patrimoine net d’au moins 30 millions de dollars américains.

    Données principales :

    • Wealth-X a dénombré dans le monde un total de 185 795 individus Ultra Riches, qui détiennent un patrimoine total de 25 trillions (milliers de milliards) de dollars US.

    • L’Amérique du Nord abrite 62 960 Ultra Riches, et constitue la plus grande concentration de richesse dans le monde. Cette région représente près de 33% du total de 25 trillions.

    • L’Europe arrive en deuxième position avec 54 325 Ultra Riches, détenant collectivement une fortune de 6,8 trillions de dollars.

    • Wealth-X prévoit que la population des Ultra Riches en Asie-Pacifique devrait dépasser celle de l’Europe en 2024 et dépasser celui des États-Unis en 2032.

    • L’Asie-Pacifique, avec ses 42 525 Ultra Riches détient 6,2 trillions de dollars.

    • Les Ultra Riches d’Amérique latine sont 15 100, avec un patrimoine de 2,3 trillions, qui représente environ un tiers de la richesse asiatique.

    • Wealth-X estime qu’il ya 1 235 milliardaires dans le monde, détenant au total un patrimoine net de 4,18 trillions de dollars.

    • 2,5% de l’ensemble des Ultra Riches ont des fortunes de 500 millions et plus, et détiennent un quart de la richesse totale des grandes fortunes mondiales.

    Sur le web :

    Wealth-X Launches the First World Ultra Wealth Repor

    http://contreinfo.info/article.php3?id_article=3166

  33. Moi je comprend pas,avec tous ces genies economiques et tous ces dirigeants hors pairs, comment cela peut t il aller si mal???
    C’est surement de notre faute a nous les chomeurs , les minimexés et les petits salaires !
    Egoistes que nous sommes a vivre au dessus des moyens de nos bienfaiteurs !!

    1. Un exemple ce sont tous les mêmes :

      Mr Richard, le fondateur de DEXIA à partir du CLF et d’une banque belge du même type, était X-Ponts et il a probablement cherché à créer sa propre entité car il n’était pas ENA-Inspection des Finances et, donc ne pouvait aspirer à la Direction de la CdC dont il dépendait à l’époque. Cela lui permettait ainsi d’en remontrer aux membres de ce Corps qui ne brille pas par sa modestie…. On voit le résultat ici de ce fonctionnement « à la française ». Nul besoin d’expérience bancaire, de connaissances approfondies, de véritable culture du risque. Un parchemin montrant que vous avez ingurgité beaucoup de connaissances, que vous savez les utiliser dans des dissertations élégamment présentées et avoir de la répartie au « grand oral », suffit à vous qualifier pour diriger des entreprises où chaque opération comporte des risques et nécessite une vision à long terme du métier. Il y a là un véritable scandale dont la prestation de Mr Haberer au Crédit Lyonnais nous avait déjà donné un avant-goût.

      *

      La déroute Dexia représente en somme un symptôme de toutes les faiblesses de notre système financier : instabilité foncière liée à son propre mode de fonctionnement, impuissance des autorités de contrôle, comportement moutonnier et incompétent des dirigeants, caractère explosif et dramatique des erreurs de ces derniers pour l’ensemble de la collectivité. En bref, DEXIA est le nième exemple de la nocivité de ce système et de la nécessité d’en changer.

      Ch. Gomez

      Sophie Coignard : « L’oligarchie des incapables » http://contreinfo.info/article.php3?id_article=3156

      1. @ liervol
        Je l’ai déjà dit ici , il est idiot , ce titre ! Ils ne sont pas  » incapables  » ces gens qui se goinfrent puisqu’ils se goinfrent ! Ils me semblent au contraire tout-à-fait capables !
        A quoi sert ce livre ? un de plus parmi ceux qui pullulent à propos de la grenouille qui veut se faire plus grosse que le boeuf , une position morale ( Sarko ,  » la moralisation du capitalisme  » ) ; je me suis souvent demandé si ce genre de gens ( les auteurs , en l’occurrence ) n’étaient pas eux-mêmes fascinés par l’argent voire envieux pour s’attacher ainsi à de tels sujets .
        M’enfin …  » la chétive pécore s’enfla si bien qu’elle creva  » comme P. Jorion le théorise sur ce blog .

      2. mais franchement qui en France a compris ce qui arrivait à Dexia?

        vous en avez vu vous des journaux en faire des titres,( j’allais dire des gorges chaudes)?

        c’est l’évènement majeur pour les collectivités locales et donc pour nous de la fin 2011, ou on a pris les gens pour des cons comme d’hab: la Belgique s’est fendue de 4 milliards d’euros, nous évidemment ZERO Euros mais on nous apprends aujourd’hui qu’il faudrait prévoir 2 milliards d’euros quand même dans le cadre du règlement de son démantèlement….

  34. @ Quelqu’un

    Et le renflouement des banques privées avec l’argent public, ils en parlent de cet argent jeté par les fenêtres ou dans le tonneau des Danaïdes ? Le renflouement des banques avec l’argent public – passé, présent et à venir – qu »est-ce qu’il en disent ?

    Ils le chiffre tous ce gâchis ?

    Dire que la retraite de mémé qui a cotisé toute sa vie pour se la payer, est « une dette « , c’est soi se tromper soit croire qu’Auschwitz est un camp de vacances.

    Bonsoir.

  35. Si je me fie à Paul Jorion, à Olivier Berruyer, à Frédéric Lordon et même à Olivier Delamarche ou Paul Dontigny, les dettes (souveraines et autres) ne pourront pas être payées. Alors pourquoi tout simplement ne pas les payer ? « Le cadre craque de partout », il est temps de tout remettre à plat avant qu’on en arrive à un effondrement, puis à un grand chaos ou à une prise du pouvoir par des méchants pas gentils

  36. UN MONDE MALADE DE LA DETTE PRIVEE

    L’obsession actuelle sur la dette publique méconnait l’essentiel : nous avons assisté à un « supercycle » d’endettement du privé, qui a fait passer la dette des ménages et des entreprises à 300% du PIB dans les pays du G7, note M. Carney, Gouverneur de la Banque du Canada.

    L’endettement public actuel n’est que second. C’est le résultat du déclenchement des bouées de sauvetage lors de l’éclatement de la bulle du crédit.

    Comprendre la situation, c’est garder en tête trois déterminants majeurs :

    I – la croissance nourrie à l’endettement du privé est terminée.

    II – après les excès de la période précédente, le secteur privé est entré dans une longue phase de désendettement, c’est à dire de réduction de ses dépenses, donc de l’activité.

    III – la phase de transition devant accompagner ce processus de liquidation de la dette requiert un pilotage politique macro-économique sur plusieurs fronts : restructuration des dettes (et donc du secteur bancaire), inflation, dépenses publiques qui sont seules à pouvoir soutenir l’activité durant la période.

    Contrairement à ce que prétendent certains politiques qui confondent macro-économie et café du commerce, non, le budget d’un Etat n’est pas comparable à celui d’un ménage. Et ce pour une raison fort simple : un ménage ne produit pas la monnaie qu’il utilise. Un Etat, si.

    Cette vérité d’évidence est aujourd’hui frappée d’un tabou en Europe, alors qu’elle se traduit en acte aux USA, en Grande Bretagne et au Japon, où les banques nationales facilitent le financement du budget de l’Etat, interdisant de fait les attaques spéculatives sur la dette.

    Pourtant, l’alternative est claire : faute de faire sauter cet interdit, l’Europe affaiblie va sombrer.

    Mark Carney : Des économies malades de la dette privée

  37. autre exemple :

    12 octobre 2011

    ÉDITOS-ACTUALITÉS : COMMERCE INTERNATIONAL

    LES VOTES DU CONGRÈS AMÉRICAIN SUR LES QUESTIONS COMMERCIALES:

    BEAUCOUP DE POLITIQUE INTERNE, MAIS PAS DE STRATÉGIE RÉELLE

    Les votes récents du Congrès sur des traités commerciaux entre les Etats-Unis et trois pays : Panama, Colombie et Corée (seul le troisième pays est bien sûr significatif) et le vote du Sénat sur une « bill » visant les pays qui sous-évaluent leur monnaie, c’est-à-dire, dans l’esprit des sénateurs, essentiellement la Chine, m’ont inspiré quelques réflexions. La première chronique sera consacrée au Traité Corée-Etats-Unis.

    LE TRAITÉ COMMERCIAL ETATS-UNIS-CORÉE

    Il se trouve que , dans les derniers jours, je lisais le livre de Clyde Prestowitz, « The Betrayal of American Prosperity (Free Press, 2010), spécialiste des questions de commerce international[1], qui consacre près d’une page aux négociations préparatoires à ce traité qui se sont étalées sur plus de 5 ans. Il y montre comment les deux parties s’y prennent en général pour mener ces pourparlers et pourquoi l’une des parties est nécessairement perdante.

    Du côté Coréen, le Gouvernement a une vision de l’avenir du pays et une claire idée des intérêts nationaux à défendre, ce qui lui permet de discuter avec les différentes parties concernées (d’abord, les grands « Chaebols ») pour obtenir des résultats stratégiques clairs et précis concernant les secteurs où ils veulent pouvoir faire des progrès sur le marché américain pour poursuivre leur expansion sur les marchés et asseoir si possible leur domination : rechercher des baisses de droits de douane en priorité sur certains produits en faisant éventuellement des concessions sur d’autres, moins stratégiques, protection des entreprises coréennes contre des poursuites éventuelles concernant la propriété intellectuelle et les brevets (je cite Prestowitz)…..

    Du côté américain, il s’agit d’abord d’une démarche idéologique vague et imprécise visant à faire progresser le « free market », c’est à dire le libre-échange. Bien sûr, les négociateurs disposent d’une « wish List » adressée par les industriels et les membres du Congrès sur la base de laquelle ils vont essayer de défendre les intérêts américains. Mais, leur souci primordial est de ne pas mécontenter les parties les plus influentes politiquement et celles qui exercent le plus de pression avec tous les moyens à leur disposition (celles qui crient le plus fort en fait). Et l’auteur de citer, comme exemple, le cas des exportations de bœuf considérées comme une priorité nationale par la partie américaine car l’homme qui défend les intérêts des éleveurs est (je cite) le Sénateur Max Baucus, représentant de l’Etat du Montana (état grand producteur de viande comme l’on peut s’en douter), mais surtout, Chairman de la Commission des Finances du Sénat….

    La conséquence de la signature de ce traité est simple à prévoir : Le déficit Etats-Unis-Corée va continuer à se creuser en défaveur des Etats-Unis, avec des automobiles coréennes de plus en plus compétitives qui vont tailler des croupières à des producteurs américains sauvés de la faillite à grands frais par les contribuables américains et une industrie des semi-conducteurs qui va accroitre sa domination sur un secteur aussi stratégique pour les industries de la Défense. Du côté américain, peut-être quelques morceaux de viande en plus dans les « Korean Barbecues »…..

    En fait, c’est toujours la même histoire qui recommence : la défense aveugle d’une simple idéologie[2], le « laisser-fairisme » échangiste comme disait Maurice Allais, face à des pays qui défendent leurs intérêts nationaux au nom d’une certaine vision de leur développement, conduit les économies occidentales au déclin et des catégories de la population de plus en plus nombreuses au désespoir. Mais, nous reviendrons sur toutes ces questions……

    Christian Gomez

  38. @ François Leclerc

    Apparemment si les hedges funds renaclent à opérer un haircut (défaut partiel) sur la dette grecque, c’est parce les atermoiements qui durent depuis 2 ans sur le problème grec leur ont donner le temps d’opérer des manoeuvres de couverture, via des CDS mais aussi par des opérations de gré à gré dans les dark pools. Tant et si bien que, non seulement les hedges funds n’ont pas intérêt à un défaut partiel, mais en fait ils seraient gagnants à ce qu’il y ait un défaut total de la Grèce.
    En clair, ils auraient parier sur le défaut du pays.

    Bon, ça me paraît vraisemblable. Pour autant je n’arrive pas pour le moment à trouver quelque indice ou élément corroborant ce qui ne semble être qu’une rumeur, pour l’instant.

    Qu’en pensez-vous M. Leclerc?

    1. C’est bien ce que j’ai compris aussi, ils veulent gagner au loto du CDS, donc ils veulent le défaut ‘et non un arrangement, c’est dingue non, peut importe le sang et les larmes pourvu qu’ils touchent le jackpot, c’est beau la finance !!!

    2. Comme expliqué, les hedges funds jouent gagnant sur tous les tableaux: soit ils sont remboursés au pair de leurs titres, un défaut constaté et les CDS dont ils sont munis activés, soit ils le sont par la Grèce, étant restés hors du deal en cours de négociation. Le danger pour eux est que le gouvernement grec exécute sa menace de faire voter une clause d’action collective les soumettant à la loi de la majorité et les obligeant à accepter le deal. Mais les émetteurs de CDS – c’est à dire les banques – n’en veulent pas, et la menace des Grecs est tout autant dirigée vers elles afin qu’ils acceptent des conditions plus favorables dans le cadre du deal….

    3. Tu m’étonnes qu’il n’y ait rien pour « corroborer » la rumeur. Vous savez combien ça coûte un Cds sur du junk bond comme les obligs grecques ? Au mois de juin fallait raquer 200 $ pour assurer 1000 $ sur du 5 ans. Avec un risque majeur de voir ces primes (le plus souvent payées aux market-makers, i.e les Big banques) payées pour rien si pas de défaut ou haircut volontaire. Pour moins cher que ça vaut encore mieux se payer la dette sous-jacente et trouver un pigeon pour lui vendre du Cds bidon. Et ramasser les coupons payés par le Fesf et le Fmi…
      Et les hedge-funds et fonds souverains détenteurs de protection et de dettes grecque et qui n’étaient pas dans le deal du « défaut volontaire » (ils représenteraient près de 80 milliards €), d’après Cauvin, ils seraient bien tenus par la décision de l’ISDA de ne pas déclencher les protections, ne serait-ce que parce que leurs contrats contiennent le plus souvent une clause les soumettant aux décisions de l’ISDA. Le vrai problème c’est qu’un défaut grec auquel on contraindrait ces hedge-funds et fonds souverains (menace du gvt grec) impacterait directement les Big banques puisque ce sont elles qui ont prêté à ces derniers pour qu’ils spéculent sur la dette grecque. C’est pas « l’anti-marché des Cds », comme dit Jouyet, qui pose problème mais toujours de savoir qui doit encaisser les pertes sur les titres grecs. Pour les Big banques, c’est clair : FESF, FMI, BCE.
      Et au fait, elle est à combien l’exposition nette totale des Cds sur dette grecque ? En juin elle était à moins de 3 % du notionnel brut, lui même égal à moins d’un tiers de la dette grecque : $ 2,7 milliards sur 95 milliards…
      Les Cds grecs ont fait leur oeuvre, soit arranger les bilans des entités détentrices de dette grecque et spéculer à moindre coût sur le défaut grec. C’est fait, restent des bouts de chiffons.
      Ps : et rappellons que l’interdiction des Cds souverains à nu votée par le Parlement Européen et en application en novembre de cette année ne s’appliquera pas aux « primary dealers », i.e aux Big banques qui interviennent lors des émissions d’obligs souveraines. Le marché des dettes souveraines est de fait « co-administré » par les Trésors émetteurs, les primary dealers, le Fesf, la BCE et le FMI.

  39. Youpi, on peut faire tourner la plancha :

    Au niveau mondial, le niveau moyen d’émission monétaire se situe à 24 % du PIB. Or, la zone euro est, elle, à 12 % ! Elle peut donc, via la BCE, émettre encore 1000 milliards d’euros à un taux de 1,25 % ou inférieur (pour mémoire, le taux américain est actuellement de 0,2 %) sans cesser d’être dans la moyenne mondiale.

    Lu ici http://www.atlantico.fr/decryptage/crise-dette-europe-croissance-investissement-intervention-bce-contre-endettement-jean-luc-schaffhauser-241894.html

    1. @ la m… 19 janvier 2012 à 04:18

      Youpi, on peut faire tourner la plancha : Au niveau mondial, le niveau moyen d’émission monétaire se situe à 24 % du PIB.

      Êtes-vous bien certain qu’il soit judicieux de piloter l’émission monétaire d’une banque centrale en se référant au PIB de la zone économique qu’elle est sensée irriguer? N’est-ce pas aussi stupide que de vouloir conduire l’économie d’un pays en prenant comme seuls indicateurs de pilotage un ratio entre la dette et le PIB ou le déficit et le PIB

      Il me semble qu’un billet émis par une banque centrale, témoigne d’un pari fait par l’émetteur sur les capacités de l’économie en cause, à dégager des richesses pour le montant de sa valeur. Selon les performances de cette économie, il faudra plus ou moins de temps pour dégager les richesses correspondantes à la quantité de monnaie émise.

      Le PIB est une donnée qui renseigne sur le passé, alors que la quantité de monnaie émise est une donnée qui traduit une prévision (un pari sur le futur) laquelle dépend de l’efficacité économique à venir.

      Qui est le mieux placé pour faire cette prévision? Ceux qui s’efforcent de voir loin peut-être, et cela fait 40 ans qu’ils s’en préoccupent.
      http://storage.canalblog.com/52/19/338284/34742826.pdf

  40. La neige noire de Novembre

    Sur une presqu’île pour enfant
    Qui disparait à marée haute,
    Au pied d’un cap pris sur la côte,
    Sont face au vent, les goélands.

    Comme font les peuples qu’on assiège
    Ils se concentrent en îlots blancs
    Et ils regardent en tremblotant
    Venir de loin les premières neiges.

    Le ciel est sale comme leur plumage
    Et l’air est froid et affamé
    Des pans de vie sont condamnés
    Au vaste silence de l’hivernage.

  41. Si le but recherché est d’assainir la dette euroéenne (zone euro), d’en maintenir le montant à un niveau raisonnable et adapté à chaque économie membre (sans intrusion supranationale et surtout supradémocratique) et finalement d’arrêter de subventionner ad nauseam les banques pirvées; pourquoi ne pas instituer la règle suivante ?

    Les organismes publics de la zone euro (y inclus les pays membres bien sûr) peuvent emprunter qu’auprès de la BCE, rien que auprès de la BCE.

    Interdiction absolue de se financer ailleurs…

    1. parce que le but c’est pas ça, le but c’est de ne pas toucher aux avantages de la finance privés même si elle est par terre à cause de son excès donc tout est fait pour la sauver et que cela reparte comme avant, quitte à saigner les peuples pour ça.

  42. Quelques liens importants qui n’ont peut-être pas encore été donnés :

    1) sur l’hypertrophie morbide et même mortifère du secteur financier, surtout aux US of A (dernière chronique de Berruyer)

    2) élégante chronique de Richard Koo, le célèbre analyste de Nomura, via Zerohedge (bilan 2011 et prospective 2012 ; l’absurdité des soi-disant thermomètres que sont les agences de notation ; comment le Japon fit bien de les ignorer – elles qui l’avaient porté au rang du Botswana – pour se sortir du pire de la récession-déflation ; comment l’UE, la BCE, l’Allemagne aggravent la crise, on savait mais c’est bien synthétisé ; etc.)

    3) forte baisse des réserves de titres du Trésor US détenus par les étrangers (Chine et Russie, particulièrement ; pas le protectorat japonais, bien sûr) ; leur vente accélérée !

    Quel sera donc le petit choc-catalyseur qui va totalement gripper la pyramide de Ponzi US (telle une surfusion) et faire de 2012 l’An I de l’implosion de l’empire ? …les paris sont ouverts !

  43. Seule solution à tout çà : LA DESPECULATION , LA BAISSE DES PRIX et VALEURS EN CASCADE.
    C’est ce qui est en train de se faire en Grêce ou les salaires des fonctionnaires ont baissé de 30 % et bientôt pour le privé.
    Sauf que il faudrait à la suite baisser toutes les valeurs et pas seulement les salaires.
    Baisser l’immo , le pain , la viande tout en cascade ,les fabrications.
    La déspéculation du dernier porteur de crédit sur ces prédécésseurs pour soulager préteur et emprunteur.
    Et vous verriez revenir les commandes.

  44. A la lecture de votre article Mr. Leclerc, j’ai le sentiment que nous avons dépassé le stade de la crise. Car dire qu’il y a crise, c’est sous-entendre qu’il y a des solutions à cette crise, une « sortie de crise » (même dans 10 ans, ça maintient l’espoir de retrouver un état économique semblable à celui d’avant la crise). Or, je constate depuis bientôt 4 ans en lisant les différents articles ici et là qu’il n’ y a aucune solution, juste des choix faisant apparaitre de nouveaux problèmes. Et si solutions il y a, les personnes qui les ont nous malheureusement pas le pouvoir de les appliquer. Si bien que nous ne sommes plus dans la crise de la dette mais, comme le dit Mr. Jorion, dans une « lente » agonie.

    1. Peut-être pourrions-nous avancer le concept de « crise permanente », comme a existé celui de « révolution permanente » (elle se poursuit tant qu’elle n’a pas atteint ses objectifs) ?

      1. hi, hi ! Quelle ironie. Je ne sais pas pourquoi mais à vous lire, je ris de votre bon mot, mais j’en suis glacé ….

      1. La crise a, bien que permanente, plusieurs étages (comme le gaz).

        Ceux qui se font coiffer risquent néanmoins le haircut …

    2. Je pense qu’il y a un gros malentendu sur ce terme de crise et j’en ai marre, à vrai dire d’entendre ça… Si il y a crise, c’est la crise de la démocratie, crise des gens opprimés par ce système néolibéral qui n’en fini plus de rincer la population au profit de l’oligarchie en place, qui a organisé, oui organisé LE CASSE DU SIÈCLE. Pour eux, la crise, c’est du pipo pour faire peur aux gens !!

    3. Il me semble que c’ est Liszt.fr qui écrivait que la transition était un état à par entière aussi bien dans le domaine musical, que dans le domaine de la peinture.
      Dans le domaine informatique la transition continue est appelée le morphing.
      Nous vivons une transition, et cet état mérite une étude à part entière.

      1. Le concept du morphing est décrit là :
        http://fcorpet.free.fr/Pascal/morphe/
        « Le principe de base est, à partir de deux images source similaires, de pouvoir créer une série d’images intermédiaires qui passe progressivement de la première image source à la seconde. Si on contente de faire un fondu de la première vers la seconde et que les zones similaires ne se recouvrent pas parfaitement, on arrive à distinguer les deux images (par exemple s’il s’agit de visages, on peut reconnaître le nez ou les yeux des deux modèles de base). L’idée est donc de les déformer pour que les zones similaires se recouvrent parfaitement. Pour cela, l’utilisateur identifie des zones similaires en indiquant des points caractéristiques qu’il place sur les deux images. »

        On peut supposer que la grenouille n’ acceptera pas de bouillir si les repères caractéristiques de son environnement (les noeuds) changent trop brutalement.
        Cela rappelle des histoires de choux fleurs qui se transforment, de nuages et d’ Augustes clowns.

        L’ ébullition de l’ eau est une transition de phase de l’ etat liquide à gazeux.
        http://fr.wikipedia.org/wiki/Transition_de_phase

        On pourrait dire que pour que tout puisse changer à l’ insu du plein gré de la bête qui sinon paniquerait , il faut que « rien » ne change pour elle qui crôa que la représentation qu’ elle se fait de son environnement « est réellement » celui ci.
        Elle confond la carte et le territoire, et c’ est probablement pour cela qu’ on pourrait la cuire sans qu’ elle n’ active ses réflexes habituels de conservation.
        Il faut préciser que les réflexes de conservation ne sont pas toujours salutaires dans les phénomènes de foule chez les animaux : troupeau de bisons effrayés qui se jette dans un précipice.
        Chez nous autres humains aussi malheureusement lorsqu’ une catastrophe survient :
        http://www.lexpress.fr/actualites/1/actualite/naufrage-du-costa-concordia-les-sauveteurs-decouvrent-un-sixieme-corps-le-capitaine-mis-en-cause_1071549.html
        « Dans un couloir, nous avons cassé une vitre et avons pris des gilets de sauvetage mais comme il n’y en avait pas beaucoup, on se les volait entre nous », a raconté aux journaux italiens Antonietta Simboli de Latina, près de Rome. »

  45. @F Leclerc

    Si la BCE prête aux entreprises comme elle le fait déjà aux banques, cela pourrait déclencher de l’inflation, me semble t’il.

    En effet, les banques prennent les liquidités pour régler leurs engagements, mais diminuent la taille de leurs bilans (baissent le niveau de leurs nouveaux engagements).
    La création monétaire reste bloquée à leurs niveaux.
    Mais les entreprises risquent d’alimenter l’économie avec la création monétaire, non?
    Dans ce cas là, l’inflation tant souhaitée pourrait peut être s’enclencher.

    Il y a t’il des exemples semblables : A t’on un exemple sur ce qui s’est passé au japon?

  46. Entendu ce matin sur France Inter , une salariée de Lejaby qui ne comprenait pas son licenciement « j’ai trente ans d’ancienneté , et cela faisait trente ans que j’avais quelqu’un dans mon dos qui me chronométré  » .Pourquoi pendant plus de 20 ans seule les Normes ISO , où l’accréditeur était le roi qui donnait les bons points sans tenir compte du bien être des salariés , a quand une gestion de la qualité ,avec l’humain au centre .Simple vote secret des salariés sur leur entreprise et le management ,un produit de qualité ne peut être fait que par des gens content de leur travail , j’ai encore cette image de la visite d’un ministre Français d’une usine de fabrication de valise il y a quelques années où un salarié frappait avec un marteau pour faire des tests de solidité (certification ISO,je pouf), avec ce ministre qui faisait signe de satisfaction .Aujourd’hui cette usine en France est fermée l’enseigne conserve 3 usines en propre en Belgique, en Hongrie et en Inde . « 70% des bagages rigides vendus en Europe sont fabriqués dans ces usines ». Le reste de la gamme, moins stratégique, est fabriqué par des usines asiatiques.

  47. Tout va pour le mieux…
    La revanche des drones: la semaine dernière, le chef du mouvement des talibans au Pakistan aurait été tué par un drone américain qui survolait le pays, selon plusieurs sources sécuritaires d’Islamabad. L’événement confirme la place prise par ces avions sans pilote armés, téléguidés à plusieurs milliers de kilomètres de distance, pour mener des campagnes d’assassinats à très haute altitude.
    http://owni.fr/2012/01/19/revanche-drones-afghanistan-al-qaida/

    1. Merci Sébastien, ça allège le cadre. Ce « cadre qui craque » sinon, ça faisait un peu « cacra cracra » non ? j’arrivais plus à le lire sans entendre « crade qui cague »… là c’est mieux. 😉

    1. Merci, car les journées sont faites de 24 heures ! En raison de sa crise propre, l’Europe focalise l’attention, mais celle-ci ne peut se comprendre que dans un contexte global, contrairement à ce veulent faire croire ceux qui en ont une version réduite et arrangeante.

      1. Mr Leclerc, comment expliquez-vous la détente du marché obligataire souverain en zone euro depuis le début de l’année, ainsi que la réelle réussite des émissions depuis maintenant une dizaine de jours. Que ce soit pour l’Italie, l’Espagne, la France, la Belgique… les taux ont très sensiblement chuté et la demande est impressionnante.
        Cela ne va-t-il pas à l’inverse de vos analyses sur l’explosion inévitable de la dette souveraine en zone euro ?
        De plus, avez-vous notez qu’en moyenne, le taux de refinancement en 2011 de la zone euro pris dans son ensemble, est le plus bas depuis que l’euro existe ?
        Cela n’est-il pas un gage de solidité future si l’intégration continue ?

      2. Serge, la BCE, ça vous dit kekchoze ? 489 milliards € ? Sur 3 ans à 1 % ? Plus au moins autant à distribuer conditions itou le 28 février ? Contre du collatéral en obligations souveraines, de préférence ? Du quasi QE « Frankfurt style » à hauteur de plus de 1 000 milliards €, plus de 1 250 milliards $, soit 2 QE « Washington style »…

  48. Votre pessimisme me ferait froid dans le dos si vous n’aviez quelques jours de retard sur les marchés d’action. Le sentiment général s’améliore progressivement depuis deux semaines, mélange de relatives bonnes nouvelles macro des Etats-Unis, de décisions de politique monétaire et bancaire en Chine, et de nouvelles moins mauvaises en Europe comme une série d’émission d’obligations réussies ou la « stabilisation relative » des marchés décrite par Draghi. Tout ceci n’est peut-être que fumée, mais mon optimisme naturel me porte à croire qu’il y a de bonnes raisons d’espérer. Enfin.

    J’aime votre plume M. Leclerc, mais comme pour les articles de W. Munchau je pense qu’écrire de temps à autres un article employant un ton plus positif donnerait plus d’impact à ceux employant un ton critique !

    Cordialement

    1. « Votre pessimisme… » « …mon optimisme naturel… »
      Ce ne pourrait être pire dit le pessimiste. Si ! répond l’optimiste.

  49. Comment sortir du Cadre? Voici ce que suggère le poète.


    « Il voulut peindre une rivière ;
    Elle coula hors du tableau.

    Il peignit une pie grièche ;
    Elle s’envola aussitôt.

    Il dessina une dorade ;
    D’un bond, elle brisa le cadre.

    Il peignit ensuite une étoile ;
    Elle mit le feu à la toile.

    Alors, il peignit une porte
    Au milieu même du tableau.

    Elle s’ouvrit sur d’autres portes,
    Et il entra dans le château. »


    L’ARTISTE, Maurice Carème, Entre deux mondes
    .

    1. Pas mal du tout…Ca change un peu de le lire ici plutôt que dans les listes des crétins académiques qui ont jamais aligné trois vers ou mis les pieds dans une classe.

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