LE MONDE-ÉCONOMIE, La machine à concentrer la richesse, lundi 6 – mardi 7 février 2012

La machine à concentrer la richesse

Dans une allocution prononcée le 12 janvier, Alan B. Krueger, président du Conseil des conseillers économiques du président Obama, a examiné « La montée et les conséquences de l’inégalité aux États-Unis ».

Alors que de 1947 à 1979, les revenus de l’ensemble de la population américaine croissent annuellement d’un peu plus de 2%, toutes catégories économiques confondues, sur la période qui s’étend ensuite de 1979 à 2010, les 20% les plus riches voient leurs revenus bruts augmenter de 1,2% par an, alors que, parallèlement, ceux des 20% les plus pauvres baissent eux de 0,4%. Les cadeaux fiscaux consentis par les deux administrations Bush aux ménages les plus fortunés viennent encore renforcer la tendance : si dans l’ensemble, les 20% les moins riches voient leurs revenus après impôts augmenter de 18% sur la période 1979-2007, ceux du 1% le plus fortuné, grimpent pendant ce temps-là de 278%.

À quoi attribuer le creusement des écarts ? Premièrement, à la part toujours croissante de la richesse ponctionnée par le secteur financier. Krueger cite les chiffres suivants : la part du secteur financier et de l’immobilier dans les revenus du 1% le plus riche double entre 1979 et 2005. En fin de période, ces deux secteurs constituent désormais un quart des revenus du 0,1% le plus fortuné. Deuxièmement, les gains de productivité dus à l’informatisation et à l’automation au cours des trente dernières années sont essentiellement ponctionnés par les classes les plus aisées. Krueger ne s’attarde pas sur le mécanisme de ce transfert, se contentant de citer les résultats d’un sondage de 1997 auprès de ses collègues économistes selon lesquels le facteur technologique rend compte à 45% des disparités de revenus, mais les raisons en sont bien connues : sur cette période, les salaires en dollars constants stagnent tandis que s’envolent les gains du capital et la rémunération des dirigeants des grosses entreprises. Dans la pratique, le travailleur remplacé par un robot ou un ordinateur est remercié et son espoir de retrouver un jour un emploi va diminuant à mesure que la technologie progresse ; sitôt remplacé, la machine travaille uniquement au profit des actionnaires et des patrons de l’entreprise. Cet effet pervers, Sismondi (1773 – 1842) l’avait déjà dénoncé dans les années 1820, proposant que tout ouvrier remplacé par une machine bénéficie d’une rente indexée sur la richesse créée désormais par celle-ci. Une proposition ancienne qu’il faudra, un jour ou l’autre, réexaminer.

Les disparités dans la répartition des revenus et du patrimoine ne doivent pas être considérées comme de simples curiosités : la concentration excessive de la richesse grippe la machine économique jusqu’à provoquer son arrêt par deux effets combinés. D’une part, la baisse du pouvoir d’achat pour la grande masse de la population force à un développement du crédit qui fragilise à terme le secteur financier en raison du risque croissant de défaut de l’emprunteur, d’autre part, les capitaux disponibles au sommet de la pyramide sociale, iront, faute de débouchés suffisants dans la production, se placer dans des activités spéculatives, dérèglant entièrement le mécanisme de la formation des prix.

Tant que la concentration de la richesse n’aura pas été inversée, la machine économique ne pourra pas véritablement repartir. De ce point de vue, l’austérité, qui accroît encore la disparité des revenus, est bien entendu la pire des politiques.

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133 réflexions sur « LE MONDE-ÉCONOMIE, La machine à concentrer la richesse, lundi 6 – mardi 7 février 2012 »

  1. Si les pauvres et la classe moyenne sont sans pouvoir d’achat (parce que le fric se concentre et tourne en circuit fermé au sommet de la pyramide sociale), comment pourraient-ils répondre à l’offre des biens et services produits ?!

    Si les biens et services produits ne sont plus achetés en masse par la masse, les compagnies (et leurs plus ou moins riches actionnaires) ne font plus de profits : les compagnies ferment, les travailleurs sont mis à pied. Les vannes du crédit s’ouvrent… pour un temps. Puis, elles se referment. Et la machine économique se grippe… Alors, même les riches ne font plus d’argent : la source est tarie.

    Pendant tout ce temps, l’État a vu le flux de ses revenus péricliter, il a coupé dans ses dépenses, paupérisant davantage l’ensemble de la population… Mauvaise idée ! L’État devrait plutôt se donner les moyens législatifs et fiscaux d’aller chercher le fric où il est stocké : au sommet. Puis, le redistribuer via, entre autres, des programmes d’infrastructures (en santé, éducation, transition énergétique, etc.).

      1. Le relai des idées est en panne. Dans la chaine de transmission, il est clair que les partis politiques de Gauche autant que les grands médias qui forment l’opinion publique se sont égarés. La redistribution de la richesse ainsi que l’élévation du bien être général qui peut en découler a été sacrifiée sur l’autel de la modernité financière. C’est très regrettable. Voyez cet article : Les Journalistes sont-ils tous de Gauche?

        Cordialement

    1. Mais si les pauvres n’achètent plus beaucoup et que certaines entreprises ferment, il y aura plus de chômage et s’il y a plus de chômage, les employeurs vont pouvoir réduire les salaires et une déflation renforce les capitaux des riches. Les travailleurs, plus pauvres rendent les riches plus riches.

      1. Sergio,

        Vous avez compris comment ça marche et pourquoi je n’ai aucun souci pour l’inflation. Les financiers nous en protègent par le mécanisme que vous décrivez.

      2. C’est ce que je n’arrête pas de dire depuis 15 ans à tous les réactionnaires qui crachent sur les pauvres….
        – » Vous devriez les bénir…  » que je leur dis…
        – » ils sont un rouage essentiel au bon fonctionnement de votre système mafieux,…. un levier indispensable à votre enrichissement toujours plus volumineux… Si vous étiez moins dépressif, ça fait longtemps que vous vous serriez rendu compte de ça… pourceau… »

        Du coup, en plus d’être réactionnaires, ils en deviennent franchement belliqueux… et je me fais virer… Ah, les nazes… et si la crise venait essentiellement de ça… de la depression des gens riches due à leur richesse… du fait qu’ils ne pensent plus avec leur tête mais avec leur bile…

        En fait, c’est une crise biliaire…

      3. à Al,

        Mais non la crise vient à la fois de la concupiscence et du refoulement insuffisant.
        L’envie est le pire des péchés capitaux.
        Supprimez l’envie et les pauvres seront parfaitement heureux dans le monde des riches.
        Comme disait Coluche, Dieu a bien fait les choses en donnant l’appétit aux pauvres et la nourriture aux riches.

    2. Alors, même les riches ne font plus d’argent : la source est tarie

      il me semblait que ces dix dernières années les gains des entreprises du cac40 s’étaient envolés, je dois me tromper.

      l’État a vu le flux de ses revenus péricliter,

      L’Etat a aussi fait de la dépense fiscale au profit de quelques-uns.

      L’État devrait plutôt se donner les moyens législatifs et fiscaux d’aller chercher le fric où il est stocké

      L’Etat n’a que les moyens qu’il se donne ou qu’il refuse de se donner, ce qu’il manque à la tête de l’Etat ce sont des « politiques » au service du plus grand nombre

    3. Bonjour
      Avant la révolution industrielle et les productions en masse, il y avait une minorité de riches, voire très riches (aristocrates, grands bourgeois faisant commerce du luxe), et une très grosse masse de pauvres, souvent très très pauvres.
      La production de masse a permis une certaine démocratisation de la consommation, en permettant que les ouvriers puissent acquérir ce qu’ils produisaient (cf par ex les automobiles de Ford). Je ne vous apprends rien.
      Naissance de la classe moyenne.
      Aujourd’hui, le marché en constante progression est le marché du luxe. Autrement dit ce que l’ouvrier ou l’employé ne peut pas s’offrir. Parce qu’on tend vers cette même proportion de peu de riches -très riches- et d’une très grande majorité de pauvres, réduisant le pouvoir d’achat de la classe moyenne, le marché qui s’adapte toujours à tout revient à l’ancien schéma de consommation : le luxe. Les riches continuent à se faire de l’argent.
      Bon, il nous reste encore les yaourts, les écrans plasma et les médicaments génériques… Quel bonheur ! Le peuple peut continuer à téter et à s’abrutir devant les télé réalités en prenant leurs pilules quotidiennes de survie…

  2. Peut-être que la revendication immédiate la plus porteuse devrait -être l’augmentation des salaires et le partage du temps de travail-avec embauche compensatoire. La pension à 55 ans et des choses dans ce goût là.

    1. Parceque les mesures dont parle Sarton dans l’ article savant qui suit et dont je ne comprends pas toute les notions me semble laisser l’initiative de l’emploi des capitaux à des gens qu’on verrait mieux se trouver dans les caveaux de la pyramide. Donner directement l’argent réel qui représente des choses tangibles aux travailleurs me semble une opération bien plus fiable. Enfin bon, je dis ça parceque je ne comprends pas tout aussi, malheureusement.

    2. Evidemment, des lors que il y a du travail et une confiance les classes moyennes et populaires réinjectent via la consommation ce qu’elles gagnent, elles n’ont pas vocation à épargner !
      Mutatis, Mutandis nous avions assisté à ce procéssus pendant les 30 glorieuses qui succédaient aux chaos politiques de la 4 eme, à la guerre d’Algérie, mais si De Gaulle avait pu inspirer une confiance, cela n’eut pas suffit à la relance . C’est grace aux programmes d’équipements soutenus voire initiés par l’état que c’est initiée une relance, sous la forme travail / consommation. La these de P.Jorion sur l’augmentation des salaires est utopique dans le systeme libéral de confiscation des richesses, car il ne peut pas y avoir de relance de la production par la consommation, lesquelles sont d’autre part décalées. Dans cette situation les confiscateurs/spéculateurs scient à terme leur propre branche, mais gagnent sur le court terme des richesses d’illusion. Les enfants des traders ne pourront méme plus trader !

      Les richesses n’existent fondamentalement pas, elles se produisent par la valeur ajoutée, celle du travail dont le juste prix ne gréve en rien la relance, mais l’anticipe, la permet.
      On assiste en Chine à un redéploiement de la production chinoise sur la consommation intérieure pour des raisons identiques à celles des 30 glorieuses, le pouvoir d’achat des Chinois dépasse la rentabilité des marchés extérieurs payables en Dollars, monnaie qui s’affaiblit !!

      1. C’était une façon de dire que l’investissement productif patati patata. En précisant « dans l’immédiat », pour dire que ce n’est pas la seule chose à faire, enfin bref…

  3. Météo meurtrière: jusqu’à quand ?
    260 morts en Europe et des conditions qui se dégradent chez nous.

    Tel était le titre de une de la Dépêche du Midi aujourd’hui.

    Est-ce vraiment la Météo qui est meurtrière ? Il me semble que ce soit plutôt nos sociétés, qui excluent du circuit des milliers de gens qui se retrouvent à la rue, par grand froid.

    1. @Macarel
      Je ne vous apprend rien, « le fait divers (et d’hiver) fait diversion », et il suffit de savoir qui contrôle ce
      quotidien pour ne rien en attendre, comme la plupart d’ailleurs…

      « En 2010, Jean-Michel Baylet est classé à la 509e place du classement du magazine Challenges, qui recense les personnes les plus riches de France, avec une fortune personnelle évaluée à 50 millions d’euros »
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Michel_Baylet
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Groupe_La_D%C3%A9p%C3%AAche

      1. @kercoz
        ? Ah bon, c’est du Bourdieu ça aussi ?
        Parce que là, je cite les ‘bruits’ de comptoir ou du métro…Ils doivent tous lire Direct Matin ou Soir !

      2. @Macarel
        Je blague, je sais bien que c’est de Bourdieu, mais cette expression est tellement entrée dans le langage commun…C’est ça la ‘force’ des bonnes formules !
        Ceci dit, on trouve parfois aussi des bonnes formules au comptoir ou dans le métro !
        Kenavo

    1. ben après avoir vécu comme des princes au soleil pendant 15 ans, il y a bien un moment où il faut payer !!

  4. Ce qui m’étonne toujours le plus dans cette histoire c’est que pour le français moyen, augmenter les salaires est impossible. Le discourt libéral bat son plein : pour des questions de compétitivité, de coût du travail etc… Se rajouté à ça que chacun connait un petit patron qui croule sous les charges (son boulanger, son coiffeur) et qui le dit à longueur d’année.
    Et pourtant c’est ce qu’il faudrait faire.

  5. 1. Craquements (nous y sommes).
    2. Effondrement (quand ?).
    3. Chaos (long et pénible).
    4. Lumière (enfin !).

  6. Le saviez-vous ?

    La première fois que j’ai entendu dire ça (que j’approuve entièrement) c’était par un artisan plombier (à son compte). Y’a 35 ans (au moins).

    Failli devenir marxiste-classe-ouvrière ce jour-là !

  7. à l’attention de Mr Mélenchon.
    Vous avez tout à fait raison sur le choisir la vie au lieu de conserver ses profits.
    Néammoins je vous conseillerais de baisser progressivement et en cascade toutes les valeurs sauf les salaires , ainsi au lieu de faire une augmentation de smic qui va au final augmenter la valeur des biens des possédants , vous pourriez véritablement transférer une partie des biens des possédants vers les dépossédés.
    Ainsi vous verriez refleurir l’activité dans notre pays.

    1. Bienheureusement Mr Mélenchon étant considéré par la majorité de la population comme un social traître suppôt de la droite libérale il ne sera pas élu et celui qui le sera ne manquera pas d’aggraver la situation nous conduisant tout droit à une insurrection populaire éclairée qui se jettera avidement sur l’énorme production intellectuelle du NPA dans le but de réorganiser pacifiquement l’ensemble des modes de fonctionnement de la société et bien sûr de l’économie qui sera plus que jamais sujette à « constitutionnalisation ». Amen.

      1. Au sud… vous avez tort de taper en retour sur le NPA et ce même si certains allument la mèche. On est pas dans une querelle de chapelle, on ne jure pas sur le nom d’un champion etc; on aura bientôt beaucoup à faire ensemble et surtout il ne faut pas perdre de vue le besoin qu’ont les salariés de pouvoir s’adosser sur des organisations voire des camps politiques puissants et identifiés.

        A+

      2. Jicé, telle n’était pas mon intention. De manière générale je m’entends parfaitement avec les sympathisants du NPA. Cependant il y a beaucoup de gens sur ce blog qui ne retiennent aucun coup contre le Front de Gauche et la social traîtrise supposée de son porte parole pour les élections présidentielles alors même qu’il affronte seul publiquement la classe dominante revancharde comme personne n’a osé le faire depuis 30 ans (pas même Besancenot dont rétrospectivement les discours apparaissent bien tièdes et timorés). De surcroît il s’acquitte de sa tâche brillamment et n’importe qui d’un peu sérieux peut se rendre compte du travail colossal de démystification qu’il est entrain d’accomplir. Les dégâts occasionnés dans les rangs de la social démocratie de collaboration vont bientôt pouvoir se mesurer et ils ne devront strictement rien à la contribution des membres du NPA ou de LO. Alors permettez en retour que j’ironise gentiment sur les thèses révolutionnaires du NPA. C’est vraiment un moindre mal.

    2. baisser progressivement et en cascade toutes les valeurs sauf les salaires

      comme dab je comprends rien à ce genre de sortie
      Augmenter le SMIC est du ressort de l’Etat et a un effet d’entrainement « automatique » sur la grille des salaires, mais comment envisagez vous que l’Etat puisse » baisser les valeurs » ?

  8. S….de pauvres! non seulement ils achètent moins, mais en plus ils boudent CETELEM!
    Allez, un bon coup de serrage de ceinture et ça va repartir, enfin, sûrement, peut être….
    C’est la saga des subprimes qui se répète: comment des fauchés peuvent foutre par terre tout le système financier, sophistiqué, bardé de CDS et tout et tout!!

  9. On reconnaît là une variante de la théorie des crises de surproduction (Malthus, Marx). Un conservateur, un socialiste : pas besoin de politiser. Je m’interroge sur vos sources statistiques concernant l’évolution des inégalités.

    Qu’est-ce qui vous fait dire que « la concentration excessive de la richesse » ou « la baisse du pouvoir d’achat pour la grande masse de la population » se sont accrues ? Qu’appelle-t-on exactement « sommet de la pyramide sociale » ? Piketty-Saez ? D’autres travaux ? Des chiffres seraient bienvenus pour savoir de quoi on parle.

    Par ailleurs, admettons que le raisonnement des crises de surproduction soit valable lorsque les riches deviennent plus riches et les pauvres plus pauvres. Les individus en bas de l’échelle descendent et empruntent ; malgré cela leur consommation diminue. Les individus en haut de l’échelle montent et on trop d’argent à placer ; ils spéculent. Pourquoi cela serait-il vrai lorsque ce ne sont pas les inégalités entre individus qui augmentent, mais les inégalités entre des groupes statistiques ? En effet, on compare les 99% et les 1%, et les études montrent que les inégalités entre ces groupes statistiques ont augmenté aux U.S. (Piketty-Saez). Mais les individus dans les 1% aujourd’hui ne sont pas exactement les mêmes qu’il y a 5 ou 10 ans, et les inégalités diminuent si l’on suit le parcours des individus et non des groupes statistiques.

    Cf. cette vidéo pour l’explication de la difficulté à interpréter les statistiques sur les inégalités :
    http://youtu.be/2kYJ7F17f0g

    1. « On reconnaît là une variante de la théorie des crises de surproduction »

      Il est possible qu’on reconnaisse là une théorie, mais en l’occurrence, il s’agit d’une observation.

      Bien sûr, cela ne va pas dans le sens de Bastiat, qui supposait que toute offre crée sa demande (indépendamment de la question embarrassante du pouvoir d’achat). Nous avons eu depuis le 24 décembre 1850, date de sa mort, et aujourd’hui des occasions multiples de constater à quel point son hypothèse était judicieuse. Pourquoi s’intéresser à la pensée de Bastiat aujourd’hui ? Une seule raison : parce qu’il est le héros de von Mises et de von Hayek, nos intellectuels d’extrême-droite favoris !

      1. @Paul

        J’ajouterai:

        « toute offre crée sa demande avec une dose et une qualité de marketing adéquates, en supposant encore que le marché ne se rende pas trop compte de l’inutilité de l’offre en question« . Ça a très bien marché pour le Tamagotchi du japonais Bandai

        Vous voyez bien Paul, le mouvement perpétuel de la machine à fabriquer du vent marche très bien, même s’il faut pour cela infiltrer les programmes jeunesse des télévisions occidentales, qui pour leur part ne demandent que ça. Reste ensuite aux parents à passer pour des bourreaux quand ils refusent au gamin le dernier jouet à la mode. Il n’y a aucun problème, circulez.

      2. @ Dissonance
        J’ai été un bourreau d’enfant.
        Pas de télé, pas de gadgets inutiles, pas de fast-food.
        Savoir dire non et argumenter.
        Une soupape: les jeux informatiques de stratégie, et des livres, beaucoup de livres.
        En ont-ils souffert ? Je ne vais pas me prononcer à leur place.
        Tout ce que je peux constater, c’est que mes deux gars de 16 et 18 ans sont socialement bien intégrés.

    2. La mobilité sociale qui semble exister au USA ne change pas le problème. Si 1% ou même 10% de la population possède la majorité des richesses le cycle économique se ralenti. D’autre part ce n’est pas seulement une question de possession de la richesse globale mais de concentration du capital en quelques mains qui leur donne la possibilité d’infléchir l’économie ( aujourd’hui dans le sens de la financiarisation).

      1. @ taratata
        Dans ce cas précis, entre autres choses, le fait d’avoir une très grande quantité d’ami(e)s avec qui ils partagent une multitude d’activités autre que l’avachissement devant une boite à images décérébrante .

    3. Je n’arrive pas à retrouver le post, mais cet argument qu’un individu s’en sort mieux que les agrégats a été démonté par … P Krugman dans un de ses nombreux posts sur le sujet des inégalités.
      De toute façon, il faut faire une « équation de bilan » : combien quittent l’agrégat bas vers le reste, combien descende dans ledit agrégat depuis le reste, et idem pour l’agrégat haut.
      La « convection » dans le magma du milieu entraine certes des convections secondaires dans les agrégats hauts et bas, mais ne change pas le bilan, puisque l’effet cumulé n’est que l’intégrale de ces bilans. (Pour les physiciens : eqn de Boltzmann en théorie cinétique par exemple).

    4. GU Si Fang a tout à fait raison ; la situation actuelle est dû à la non observance strict de la Loi naturelle du capitalisme

      arrêtons toutes ces barrières à l’initiative créatrice des entrepreneurs ; les Laurence Parisot, Arnauld Lagardère et bien d’autres en sont la preuve ….

      oui vraiment ; c’est à cause de l’étatisme, que dis je du quasi bolchevisme ambiant que nous en sommes là

      soyons moderne ! Bastiat est moderne

      pour de plus ample information lisez l’institut montaigne ou bien l’ifrap !

      vive la liberté du renard dans le poulailler !

    5. @ Patrick Juignet

      « [Ca] ne change pas le problème. Si 1% ou même 10% de la population possède la majorité des richesses le cycle économique se ralenti.  »

      Donc pour vous, ce que dit Jorion reste vrai même si l’on parle de statistiques et non d’individus. C’est une nouvelle affirmation qui demande à être justifiée : « admettons que le raisonnement […] soit valable […] Pourquoi cela serait-il vrai lorsque ce ne sont pas les inégalités entre individus qui augmentent, mais les inégalités entre des groupes statistiques ? »

      Je suis plus d’accord avec votre deuxième remarque. La concentration des richesses risque de permettre à quelques personnes de s’approprier le pouvoir politique, c’est-à-dire le pouvoir de taxer et distribuer à leur avantage. Les plans de sauvetage récents sont un bon exemple. Dans le genre, on accuse souvent le lobbying des frères Koch aux US. Déjà Destutt de Tracy mettait en garde contre ce risque. Mais la caractéristique de nos sociétés très étatisées est que le lobbying y est devenu une activité industrielle…

      @ Timiota

      La « convection » est toute simple : en moyenne, on a un revenu qui progresse au cours de la vie. Les jeunes entrent donc en bas dans la distribution et montent ensuite.

      Je suis preneur de l’article de Krugman si vous le retrouvez.

      @ autres

      Non, rien 🙂

    6. USA, GB, Italie, France sur la mobilité sociale intergénérationnelle au sein de l’OCDE, c’est quasi la même semoule.
      Wiki : En dépit des problèmes de comparabilité, il apparaît que la mobilité entre générations en termes de revenus varie de manière significative d’un pays à’autre. Parmi les pays de l’ OCDE pour lesquels des données sont disponibles elle est relativement faible aux États-Unis, au Royaume-Uni et en Italie, suivis par la France. Elle est plus importante dans les pays nordiques (Danemark Norvège, Finlande), en Australie et au Canada, l’Espagne, l’Allemagne et la Suède occupant une position moyenne. Dans beaucoup de pays, la mobilité Suède occupant une position moyenne. Dans beaucoup de pays, la mobilité ntergénérationnelle des revenus est plus faible dans les strates à bas revenus et à hauts revenus que pour les «classes moyennes».
      Par contre Gus a un peu raison sur un point : « traditionnellement » les US présentaient un taux de turn-over supérieur aux deux extrêmes, « vraiment pauvres » et « vraiment riches », que les autres pays de l’OCDE – « liberté » et insécurité obligent… – et à fortiori des autres pays. Mais ce serait à vérifier sur les cinq dernières années…

  10. Les tragédies grecques et russes emploient les mêmes termes et ce sont deux sociétés hortodoxes , au même alphabet.
    TROÏKA PERESTROÏKA
    La perestroïka (« перестройка » en russe, qui signifie : reconstruction, restructuration ; avec un élément novateur de péré- = re-, et stroïka = construction) est le nom donné aux réformes économiques et sociales menées par Mikhaïl Gorbatchev en URSS d’avril 1985 à décembre 1991.

    L’élève va t ‘il suivre le maitre ?

  11. Bonsoir,

    L’austérité tant décriée n’est pas un outil utilisé pour faire redémarrer une économie, mais un outil d’extraction, comme un presse citron.

    Utilisé pour extraire de toute forme de richesse restante, et peu importe que le pays ne s’en remette pas, là n’est pas son objectif.

    Regards.

    1. Même pas !

      Sont tellement cons (zut pour une fois je l’ai écrit) qu’ils comprennent pas !

      Bien sûr que leur idée de base c’est de presser l’agrume, mais se rendent pas compte qu’une fois pressé ledit agrume ne donne plus rien. Et à quoi leur sert leur « richesse » alors ?

      1. La bétise n’est pour rien dans cette frénésie d’austérité.

        L’austérité est devenue le mécanisme final de la machine à concentrer la richesse.

        La richesse extraite sera utilisée ailleurs avec un meilleur profit que celui généré par une hypothétique remise en état d’une économie.

        Leur richesse ne leur sert à rien de toute façon, ils sont déjà riches à crever, au delà de ce que le commun des mortels peut imaginer.

        Seule une micro société d’esclaves les intéresse, les 99,9% autres peuvent disparaitre, si possible avec discrétion.

      2. Et à quoi leur sert leur « richesse » alors ?

        A jouir en bavant du fait qu’ils ont brillamment survécu. A se faire de la place sur la planète surencombrée de cette masse de pauvres. A pouvoir recommencer leur cirque en reprenant de plus bas que de l’étage où nous avez amené les acquits sociaux gagnés par la lutte de nos aieux, etc etc

        En temps de guerre, les riches continuent leur train train, voir le succès même en période difficile pour Coco Chanel ou Fauchon. La crise n’est que pour les manants.

        Vous vous inquiétez de ce que pourrait être leur consommation ?? mais pour eux, pas de problèmes !

      3. @ RIVA MARC

        1- Une bonne partie de cette richesse reste en Europe (attention : j’ai dit Europe, pas UE)

        2- Pour la grosse partie qui fuit ailleurs (que ce soit les paradis fiscaux, ou la Russie, ou, ….), le problème reste le même : l’impasse. S’il n’y a plus de production, à quoi leur sert-elle ?
        Je trouve, de ce point de vue-là, l’envolée délirante des prix sur le « marché » de l’Art tout à fait significative : qu’un magnat quelconque dépense des millions ou milliards pour planquer une toile de Van Gogh (ou Klee, ou …) dans son coffre, sans jamais avoir l’idée de l’admirer, est bien la preuve qu’il n’a pas consommé, il a entassé. (Poliment on dit thésaurisé).

      1. Extraordinairement bien condensé. La question qui me taraude, c’est de savoir si la minorité qui profite en net de la jonction des contraintes physiques et des contraintes systémiques est consciente ou non de l’aspect physique des choses ? Est-ce que les charognards savent qu’ils festoient sur le dernier charnier dans la savane ?

      2. Non.

        Ce n’est pas le pétrole qui a fait la croissance. On l’a utilisé pour l’alimenter, mais la croissance est venue de l’enrichissement des gens « normaux ».
        Y’a plus (ou presque) de pétrole. OK. Servons-nous d’autre chose.

        Mais tant qu’on laissera le financier (le bailleur de fonds) prélever indûment sa dime avant que le gain profite à l’entrepreneur et au fabricant (ouvrier, employé, etc.), on n’aura rien résolu.

      3. @Léoned .
        Comme beaucoup , tu manques de lucidité .
        Il faut considéré que nous bénéficions chacun de 100 à 150 esclaves virtuels (KW) a notre disposition , parce qu’on est passé du charbon au petrole quasi gratuit .
        Tous les gains de productivité sont basés là dessus … qu’on retombe à 20 ou 30 ( carbonifère) , et ça va etre grosse galère et probablement esclaves non virtuels .

  12. Maintenant que l’article est complet (ce qui ne m’empêche pas de l’approuver) je voudrais rajouter un grain de sel.

    Non seulement, la concentration de la richesse au haut de la pyramide déstabilise le système, :mais elle ne peut déboucher que sur une impasse : à quoi ça sert de posséder 10 millions de dollars s’il n’y a plus de production ? J’ai plus rien à acheter ! Spéculer, oui mais bon, maintenant j’ai 15 millions de dollars mais y’a toujours rien à acheter (et même moins) !

    Donc, la seule réponse (à long terme) est le slogan que lançait Fr. Leclerc y’a un ou deux jours : restreignons la sphère marchande.

    Mais faut pas rêver, ça se fera pas en huit jours ! Donc en attendant, position tactique de repli, revenons en à un keynésianisme raisonnable, puis on attaque les vraies réformes. (D’ailleurs rien n’empêche d’attaquer les vraies réformes en simultané, mais sans se faire l’illusion 1- qu’elles régleront rapidement les choses 2- qu’elles se feront sans résistances du système)

      1. Oui mais non, en fait.

        Regarde bien c’est plus une forme de « spéculation » que de « consommation ».

        Z’ont tellement accumulé de fric qu’ils ne peuvent plus rien en faire que de le planquer dans des valeurs qu’ils espèrent refuges.

  13. C’est toujours un étonnement pour moi que de voir l’aptitude des politiques et des commentateurs à se disputer le pourcent et son déplacement différentiel ici ou là, alors que les véritables enjeux actuels sont ailleurs, d’une tout autre envergure et d’un autre ordre de grandeur.
    On en a eu la démonstration ces derniers jours sur nos écrans TV, avec l’affrontement bien décevant des ténors de la majorité et de l’opposition sur les programmes présidentiels: des protagonistes déplaçant les mêmes pièces sur la même portion d’échiquier, sans aucune perspective ni vue d’ensemble du reste du jeu et des autres pièces.

    Depuis 1960, en effet, la productivité des pays développés a quintuplé, alors qu’elle avait mis un siècle et demi jusqu’à cette date pour simplement doubler… Le pouvoir d’achat, que l’on sache, n’a pas quintuplé dans le même temps.
    De même, il est ridicule d’invoquer les trente cinq heures lorsqu’on songe ce que cela représente en regard de quarante heures, dès 1936 !
    On parlait encore en ces temps-là de l’idée de « progrès ». Et l’on n’entend parler aujourd’hui que de coût du travail, de charges insupportables, de durée et de compétitivité insuffisantes, etc.
    On devrait peut-être se poser la question « par rapport à qui, et en vue de quoi? »

    MONDIALISATION: UNE TRANSITION LIBÉRALE SANS PRÉCAUTION

    Il était de bon ton, il y a peu, de prétendre que « la mondialisation n’est pas coupable ». Paul Krugman lui-même reconnaît pourtant aujourd’hui que la mondialisation pourrait bien être le coupable (P. Krugman: A Globalisation Puzzle, 21 février 2010, sur les blogs nytimes).
    Certains ne l’avaient pas attendu, comme Jacques Sapir qui pointait le phénomène depuis longtemps. Il n’est pas inutile de revenir à ce sujet sur les courbes bien connues:
    http://contreinfo.info/article.php3?id_article=2963
    En dépit des dénégations de J.Peyrelevade, le graphique 1 rappelle la chute brutale de quelques 10% qu’a subie la part des salaires dans la valeur ajoutée, après 1982, annulant ainsi toute la montée en tendance d’après guerre qui avait été normale pour un pays à taux de salarisation croissant.
    Le Graphique 2 comparant l’évolution des salaires nets à celle de la productivité confirme et amplifie ces conclusions. Les deux courbes sont étroitement corrélées jusqu’en 79/80. Celle des salaires décroche définitivement en 1982 et ne reprendra jamais sa pente normale.
    Cette période de retournement, sous le premier mandat de F.Mitterrand, est généralement vue comme suite à la « révolution conservatrice » qui avait été engagée par Thatcher/Reagan dès leur accession au pouvoir (79/80), et comme conforme à la politique européenne de Jacques Delors (désindexation des salaires dès juin 82).
    Mais elle est aussi concomitante à l’amorce de la croissance exonentielle chinoise que le rapport Schumann sur l’Europe (Etat de l’Union 2010) fait débuter en 1981, avant que le passage du GATT à l’OMC lui donne sa pleine mesure.
    Cette déflation salariale, qui s’est ensuite poursuivie sous le nom de déflation compétitive, a donc vu la mise en concurrence des travailleurs français avec les travailleurs d’autres pays dont le niveau de salaires était incomparablement plus bas. Certes, une hausse de la productivité a eu lieu dans ces pays émergents, notamment sous l’impact du flux d’investissement direct étranger. Cependant, cette progression ne s’est nullement accompagnée d’une progression équivalente des salaires.
    Un rapport fait pour le Sénat français a évalué cet avantage « compétitif » tout en tenant compte de la moindre productivité:
    Pour les secteurs exportateurs de l’industrie chinoise (et non dans son ensemble), le coût salarial unitaire est compris entre 23 et 33% de celui de la France (un avantage compétitif d’un facteur 4 à 3). Pour les nouveaux entrants de l’Union Européenne, cet avantage compétitif est un facteur 2 dans les branches exportatrices où les investissements ont été les plus importants.
    Voilà qui pose le problème de l’Europe et du rôle des institutions européennes dans le processus de globalisation: L’Europe n’a ni protégé les salariés des pays occidentaux, ni apporté une convergence sociale rapide aux autres, notamment pour les salariés européens nouveaux entrants. Elle a conduit, au contraire, à un nivellement par le bas toujours plus poussé, pour le plus grand profit, bien entendu, des grandes entreprises présentes sur les deux tableaux.
    Derrière les discours sur « la contrainte extérieure », puis sur « la solidarité européenne » se cache en fait la perspective de revenir sur tous les acquis de l’après guerre. C’est une régression que nous vivons en France depuis 1982 !

    Dans une telle situation, la demande intérieure est nécessairement comprimée et la croissance en pâtit. On n’a pu la maintenir à un certain niveau que par l’intermédiaire de dépenses publiques qui ont provoqué une dérive de l’endettement global du pays. Et il semble bien aujourd’hui que nous ayons touché les limites d’un tel système.

    1. Dans une telle situation, la demande intérieure est nécessairement comprimée et la croissance en pâtit. On n’a pu la maintenir à un certain niveau que par l’intermédiaire de dépenses publiques qui ont provoqué une dérive de l’endettement global du pays

      Vous ne prenez pas en compte la dépense fiscale qui appauvri l’Etat dans vos développements.
      Est-ce un présupposé non-dit ou bien considérez vous que son effet est marginal ?

  14. Absolument.
    Aux States, ils vaut mieux avoir une tête bien faite et bien pleine.
    Ceux qui ont les deux sont adulés.
    Les autres ne comptent pas. Aussi simple que cela.
    Mitt Romney progresse pour les caucus
    Obama devra changer son « Yes you can » par « Yes I did it ».

  15. « COMPÉTITIVITÉ » : UNE ERREUR D’AIGUILLAGE ?

    Dans la même veine que les marchandages de pourcents dénoncés plus haut, les critiques mutuelles que s’adressent les candidats du « système » de l’alternance semblent bien dérisoires en regard de l’erreur d’aiguillage qui nous a menés où nous en sommes.
    Ainsi, l’hebdomadaire Marianne prouve-t-il son sens de l’humour en publiant « l’interview qui bouscule tout » de F. Bayrou: « J’annonce la catastrophe Hollande! »
    De quoi s’agit-il? Des promesses de distribution, pardi…
    « Le seul enjeu, c’est le changement de modèle » !
    « Notre déficit est de cent milliards d’euros [imputables aux cadeaux fiscaux de Sarkozy]. Je propose 20 milliards de diminution de niches fiscales… ce qui ne sera pas aisé à obtenir [?], une augmentation de TVA de 1 point cette année et de 1 point l’année prochaine [au lieu de 1,6 point dès cette année]. Pour les dépenses, j’ai proposé… le zéro augmentation en valeur, on récupère 25 milliards annuels… grâce à l’inflation. Etc. »
    Et Bayrou de prendre à témoin la Parole de son conseiller, le banquier Peyrelevade:
    « Dans l’état actuel du pays, je ne suis pas sûr qu’on puisse gagner en disant la vérité, mais je suis certain qu’on ne peut pas gouverner si on ne la dit pas ».

    Plus avisés qu’à leur habitude, les journalistes préposés à l’interview s’autorisent alors à faire une remarque pertinente, qu’ils auraient tout aussi bien pu adresser à l’un quelconque des candidats du système:
    « Vous avez approuvé, encensé l’Europe telle qu’elle se construisait. Aussi bien sa méthode, défendue de Monnet à Rocard, consistant à la construire dans le dos des peuples, que sa politique: la soumission au néolibéralisme, en rompant avec le protectionnisme raisonnable du traité de Rome, pour l’ouvrir sans mesure…
    La crise a révélé la faillite de cette façon de faire que vous défendiez, et soudain l’Europe passe, dans votre discours, à la trappe. Elle n’occupe plus que deux pages et demie de votre dernier livre: vous avez fait de votre soleil un trou noir ! Et vous passez sans transition au registre du « produisons français » de Georges Marchais des années 70 ! »

    Suit alors un vrai trou (blanc) dans la suite de l’entretien, d’où n’émergent que confirmations de l’impétrant sur sa soumission totale au système:
    « Si vous ne donnez pas un avantage compétitif en France, alors les entreprises vont fabriquer à l’étranger. »
    « Le protectionnisme, c’est imposer aux autres des contraintes que l’on refuse » [on croyait pourtant que nous faisions l’inverse (ex: la monnaie, le social !)]
    « Il n’y a, en réalité, entre des hommes comme Jacques Delors et moi, aucune différence fondamentale, pas plus qu’avec certaines personnalités de la droite… »

    La « vérité », et les raisons de ce désarroi, se comprennent plus aisément lorsqu’on s’inspire du titre que vient de publier Christian Saint-Etienne (« L’incohérence française »):
    Une erreur d’aiguillage majeure eut lieu pour la France, il y a vingt ans à Maastricht en décidant de l’euro, entérinant comme principe fondateur de l’Union la concurrence fiscale et sociale. Et ce traité a bel et bien été négocié par un président et un gouvernement français socialistes en fin de règne, alors que Jacques Delors était président de la Commission européenne. Comment l’Europe, qui prétend se gouverner par le partage des souverainetés, a-t-elle pu poser le principe de concurrence fiscale et sociale comme principe premier de l’Union politique ?
    Omnubilée par la promesse d’un euro-mark, non seulement la France en accepta toutes les conditions mais elle consentit à l’affirmation, dans les traités européens régissant l’Union, du primat de la concurrence par les normes fiscales et sociales, vraisemblablement sans en comprendre toutes les implications. Ce primat, désormais constitutionnalisé par les traités européens, a semé les graines de la fin de l’Europe politique et peut-être de l’Europe tout court. En imposant la concurrence fiscale et sociale dans les faits, il affaiblit l’Etat ayant la fiscalité et les règles sociales les plus lourdes: la France.
    Ce n’est pas pour rien que la France a redescendu les marches de sa puissance économique et politique après 1990-1991: c’est lors de ces deux années qui menèrent à la négociation finale du traité de Maastricht en Décembre 1991, qu’elle a construit le piège mortel dans lequel elle se trouve aujourd’hui.

    Ceux qui aiment les chiffres citent l’Allemagne qui a choisi les restrictions en abaissant son coût salarial unitaire dans l’industrie, d’abord de 15% entre 1995 et 1998, puis à nouveau de 20% entre 2002 et 2007, ce qui n’a rien d’une performance: La « compétitivité » d’un pays se juge-t-elle à la faculté de préserver le niveau de vie de ses citoyens ou de devoir s’aligner sur le moins-disant ?
    A cet égard, l’évocation de l’Allemagne, dont les choix sont montrés en exemple pour avoir permis de récupérer sur ses partenaires européens les déficits qu’elle subit avec la Chine, ressemble au royaume des aveugles où les borgnes sont rois ! On en reparlera lorsque deux milliards supplémentaires d’émergents auront déboulé sur le marché du travail au moins-disant et du commerce mondial libéralisé sans limite par l’OMC.
    Et ce n’est pas fini, car la pression amont de la mondialisation est là, qui en demande plus, pour longtemps encore:
    Nous sommes au premier rang de la dépense en protection sociale avec 33% du PIB en France, contre 25% dans le reste de la zone euro, mais les Brics sont à quatre fois moins que nous, ce qui correspond aussi au rapport entre coût salariaux unitaires.
    Nous avons, dit-on, le système de retraite le plus généreux, avec 14 points de PIB en prestations contre 11 points dans l’UE, mais c’est oublier que dans les Brics, c’est cinq fois moins. Va-t-on s’échiner à les rejoindre ?
    La « vérité », face à cela, c’est qu’il n’y a que trois attitudes:
    – la « servitude volontaire » vis à vis de la finance globalisée
    – la rupture de la zone euro
    – la renégociation
    Mais certainement pas l’attitude en faux-semblant des candidats du consensus systémique !

  16. L’emploi aux USA redémarre sans doute grâce aux martiens, qui pourvoient au transport à grand renfort de méga-soucoupes volantes, – responsables de la chute du BDIY.

    Grand redémarrage de l’économie sans matériaux, ils assemblent le vent dans les entrepôts, les courants d’airs, les théories de machines…

    « Vous devez apprendre à boire de l’air et à manger du vent », disait l’oie dans un de ces contes pour enfants, – …. Tervuren enneigé, caquetage joyeux des oies, qui volent en V à 10 mètres au-dessus des arbres.

    1. ….Tervuren enneigé, caquetage joyeux des oies, qui volent en V à 10 mètres au-dessus des arbres….Mais aussi…

      N’oubliez pas notre légendaire « bon coeur de Belges Francophones »

      Notre RTBF se mobilise avec l’opération Hiver 2012. Elle ouvre un call-center dès demain matin. » Nous mettrons en relation les personnes souhaitant faire un geste avec celles qui ont besoin d’aide. »

      http://www.rtbf.be/info/dossier/hiver-2012?preview=ae5e909373c8b7022e2f9be5fe540e42

  17. Les gains de production induits par la robotique sont allés dans les poches des capitalistes, la technologie roule pour eux. Cependant, tous les états capitalistes occidentaux finissent par redouter la technologie internet parce qu’elle induit une perte du prix de la propriété intellectuelle de ses thuriféraires, soit la société du spectacle. La société capitaliste n’est jamais à une contradiction près.

  18. « L’Union est fondée sur les valeurs de respect de la dignité humaine, de liberté, de démocratie, d’égalité, de l’État de droit, […] L’Union a pour but de promouvoir la paix, ses valeurs et le bien-être de ses peuples. […] L’Union respecte l’égalité des États membres devant les traités ainsi que leur identité nationale, inhérente à leurs structures fondamentales politiques et constitutionnelles […] Elle respecte les fonctions essentielles de l’État […] »
    [Extraits des articles 2 à 4 du Traité sur l’Union européenne] ».
    piqué chez Berruyer http://www.les-crises.fr/point-sur-la-grece/

    La Grèce a donc été éjectée de fait de l’UE. Quand était-ce?
    Les autres pays aussi ont été éjectés de l’UE, sauf l’Allemagne, qui peut se permettre de faire modifier la constitution des autres pays et peut proposer une mise sous (sa) tutelle des gouvernements.
    Je ne veux pas de cette UE-là!

  19. ET LA PRODUCTIVITÉ DANS TOUT ÇA ?

    Dès les années trente, après la crise de 1929, un certain Albert EINSTEIN écrivait déjà dans « Comment je vois le monde » (trad. française Flammarion, 1934):
    » Pour la production de la totalité des biens de consommation nécessaires à nos vies, seule une fraction de la main d’œuvre disponible devient indispensable. Or, dans ce type d’économie libérale, cette évidence détermine forcément un chômage…
    Ce même progrès technique qui pourrait libérer les hommes d’une grande partie du travail nécessaire à leur vie est le responsable de la catastrophe actuelle…
    Pour supprimer ces inconvénients, il faut selon moi:
    1. Diminution légale et graduée du temps de travail pour supprimer le chômage; parallèlement, fixation d’un salaire minimum pour garantir le pouvoir d’achat des masses en fonction des marchandises produites.
    2. Régulation des stocks de monnaie en circulation et du volume des crédits, en maintenant constant le prix moyen des marchandises et en supprimant toute garantie particulière.
    3. Limitation du prix des marchandises qui, à cause des puissances ou des cartels constitués qui se dérobent aux lois… »

    Einstein appelait ainsi de ses vœux un meilleur partage des gains de productivité réalisés jusqu’en 1930.
    Que dirait-il aujourd’hui?
    Alors qu’il aura fallu un siècle et demi pour doubler la productivité jusqu’en 1960, elle a été multipliée par cinq depuis lors!

    Quatre-vingt ans plus tard, nous revoilà au même point, après la même crise sans avoir rien appris sur l’essentiel. Comme le souligne Piketty dans ses contributions récentes, la domination financière et l’inégalité résultante retrouvent les niveaux de « la belle époque »: cette normalité capitaliste, note Piketty, « est beaucoup plus proche de la réalité d’aujourd’hui que de celle des trente glorieuses », ce qui ravit le capitaliste refondateur (suivez mon regard). Car c’est bien cet état d’esprit qui le fait fulminer à l’encontre de toute perspective einsteinienne:
    « Extraordinaire accomplissement, qui fonde la création d’emplois sur la destruction partielle de la performance économique!
    Serions-nous devenus un peuple paresseux?
    Comment expliquer un volume de travail aussi modéré? »
    Et il invite tout un chacun à s’en soucier urgemment:
    « Comment nous comparons-nous aux autres? », interroge-t-il, sagace.

    Feu Jacques Marseille, au milieu des années 2000, écrivait dans le Figaro:
    « J’ai fait un calcul rarement effectué. J’ai divisé le PIB français par la productivité d’un travailleur britannique ou japonais. Avec leur niveau de productivité, qui est largement inférieur au nôtre, il nous faudrait cinq millions de travailleurs en plus pour produire la même chose. Autant dire que le chômage ne serait plus un problème en France »
    A cela, il faudrait ajouter que depuis 2002, en multipliant ses « assouplissements », la droite et le patronat ont réussi à annuler toute la baisse due aux trente cinq heures: selon l’étude Emploi de l’INSEE publiée en 2008, avec les heures supplémentaires la durée réelle du travail pour un salarié à temps plein est revenue à 39,4 heures!
    Avec la deuxième loi sur « les 35 heures », on pouvait changer cette définition et considérer que des temps de pause d’habillage ou de douche étaient une RTT.
    Et si « les trente cinq heures » ont coûté cher à l’État, c’est parce qu’on a donné des milliards d’exonérations sans contrepartie de créations d’emplois, ce que le MEDEF ne dit pas.

    On ne dit pas non plus ce qu’il advient chez les peuples modèles du capitalisme:
    Comme l’a rappelé Larrouturou dans son récent ouvrage (« éviter le crash ultime »), l’Allemagne a vu son pouvoir d’achat baisser chaque année durant la dernière décennie et, en Chine, la pression sur les salaires fut telle que leur part du PIB a diminué malgré l’augmentation des effectifs!
    Dire où passe la différence, c’est dire à qui profite le crime…
    Larrouturou pose la question:
    « Comment expliquer que l’Allemagne, qui est le pays le plus compétitif du monde, outre qu’elle souffre aussi de 4 millions de chômeurs, a plus de 6 millions de salariés pauvres? »
    C’est que les gains de productivité, pour être « efficaces » au sens du libéralisme, doivent laisser de moins en moins de place à la création de postes. Sait-on seulement quel est le pays, en Europe, qui a créé le moins d’emplois aprés 1999, c’est à dire depuis la création de l’euro? C’est encore…l’Allemagne!

    Le capitalisme, lui, n’en a cure. Il garde le nez sur la feuille et traque le moindre pour-cent de rentabilité pouvant être arraché aux travailleurs.
    Car, pour le capitaliste, la compétitivité d’un peuple n’est pas, contrairement à ce que le sens commun pourrait induire, l’aptitude à maintenir un haut niveau social d’éducation et de santé, de culture et de créativité, de loisirs et de convivialité, concurremment aux nécessités de la production et de la prospérité. Pour lui la compétitivité, nouveau slogan néo-libéral n’est autre que la rentabilité financière jugée à l’aune de la financiarisation globale mettant les peuples de la planète en compétition, sous l’œil sourcilleux des spéculateurs. De ces patriciens du nouvel ordre mondial dépend, en effet, le sort des combattants dans l’arène économique. Comme autrefois dans la Rome déjà décadente, ils lèveront le pouce ou le baisseront pour faire savoir qui aura la vie sauve. Les plus faibles et/ou les moins agressifs sont condamnés d’avance. Mais les plus forts et les plus roublards ne sont pas à l’abri.
    Déjà, après la Grèce et le Portugal, les Etats-Unis, la France et l’Italie sont menacés!
    La Chine elle-même, avec 9% de croissance en 2010, a vu le nombre total de postes n’augmenter que de 1%. La part salariale du PIB a fortement diminué, et son coût unitaire a chuté de moitié entre 1996 et 2006. C’est dire où passent les bénéfices de la croissance… C’est là où tous les « refondateurs » et néolibéraux voient leur Eldorado, en même temps que l’avenir de la Planète. Toutes nos écoles de commerce branchées envoient par milliers leurs élèves en stage à Shanghai pour y admirer (pas de trop prés) ce gisement de sueur humaine qui sourd du pays. Non seulement nos « investisseurs » s’y précipitent, mais c’est aussi le garant d’une pression salariale inespérée sur les travailleurs occidentaux.
    Et vive l’OMC sous l’égide du « socialiste » Pascal Lamy !

    1. Hadrien n’a toujours pas compris que l’Allemagne est moins riche que la France ou l’Italie.

      Et que le problème est en France, pas outre Rhin. Alors comme il n’a pas compris, il tape comme un sourd sur l’Allemagne, dont il n’a pas non plus saisi quels sont ses moteurs industriels.

      Alors il nous rabâche les lieux communs. Eh bé woui, l’Allemagne c’est pas le paradis, c’est pas l’enfer non plus.

      1. « le problème » est en France, pas outre Rhin ?
        Quel problème ? celui de ne pas vouloir se plier à l’idéologie néolibérale ?
        Celle-là pose le principe que n’aurons aucun repos, au sein du libre échangisme, tant que subsisteront quelque part les derniers miséreux que l' »investisseur » peut brandir comme garantie de la baisse de salaire des autres !
        C’est effectivement un lieu commun que de vouloir la transition du tiers-monde vers le développement, par d’autres voies que la régression des autres ! Que l’Allemagne y ait cédé n’en fait pas un modèle, mais malheureusement un argument pour les épiciers du néolibéralisme…

      2. C’EST DÉJÀ L’ENFER POUR CERTAINS…
        « On n’avait pas vu ça en Grèce depuis l’Occupation. »

        Menacés par la famine, comme pendant la Seconde Guerre mondiale, les Grecs ont l’impression de replonger dans la dictature. Economique, cette fois.

        Par MARIA MALAGARDIS, envoyée spéciale à Athènes.

        Mais si le mot revient si souvent pour décrire le retour de la faim qui frappe les classes moyennes, c’est aussi en référence aux diktats de Bruxelles, et plus encore de Berlin. «Tous les trois mois, on nous menace de faillite immédiate et on nous ordonne d’étrangler encore plus les plus pauvres. L’argent qu’on nous promet ? Ce sont des prêts qui ne servent qu’à rembourser nos créanciers !» s’exclame Andreas.

        Employé dans une entreprise maritime, il rit en évoquant l’éventualité de supprimer les treizième et quatorzième mois des salariés du privé. Comme beaucoup d’employeurs, le sien ne lui verse aucun salaire depuis des mois. «Les patrons invoquent la crise pour éviter de payer leurs employés», se plaint-il. Puis, se tournant vers l’ancien Palais royal qui abrite le Parlement, il ajoute : «Ici, il y a 300 crétins qui suivent un gouvernement non élu par le peuple. Est-ce qu’ils ont diminué leur train de vie ? Les fonctionnaires de l’Assemblée touchent toujours seize mois de salaires et personne à Bruxelles ne s’en préoccupe.»

        Loin d’avoir, comme en Italie, provoqué un sursaut national face à la crise, Loukas Papademos, le Premier ministre «technocrate» nommé en novembre, brille surtout par son silence. Alors que le pays négocie à nouveau sa survie en promettant de nouvelles mesures de rigueur, la seule interview qu’il a accordée était destinée au… New York Times.

        Andreas en est persuadé : «Nous vivons sous une dictature économique. Et la Grèce est le laboratoire où l’on teste la résistance des peuples. Après nous, ce sera le tour des autres pays d’Europe. Il n’y aura plus de classe moyenne.»

        http://www.liberation.fr/economie/01012386707-on-n-avait-pas-vu-ca-en-grece-depuis-l-occupation

  20. Dans ce contexte, le rapport de ILO (Organisation Internationale du Travail) est édifiant; je cite:

    « The share of profit in GDP increased…between 2000 and 2009. Productive investment, however, stagned globally during the same period. In advanced countries, the growth in corporate profits among non-financial firms was translated into a substantial increase in dividend payouts (form 29 per cent of profits in 2000 to 36 per cent in 2009 and financial investment (from 81,2 per cent of GDP in 1995 to 132,2 per cent in 2007) ».
    « During that period (2000-2009), dividends in advancend economies more than doubled. »
    ILO, World Report 2011, p. 37
    En clair, plus vous êtes placé en haute de l’échelle d’unorganigramme, plus vous avez la chance de profiter du gain de productivité. Mais tous les politiques causent, notamment en période électorale, de justice sociale.

  21. Bonne nouvelle!
    Encore un emploi qui se libère pour les pré-retraités de chez Goldman Sach…

    « Le premier ministre roumain, Emil Boc, a annoncé sa démission et celle du gouvernement de centre-droit qu’il dirigeait. Lors d’un conseil des ministres diffusé en direct sur les télévisions, il a affirmé vouloir «détendre la situation politique et sociale du pays» en quittant le poste qu’il occupait depuis 2008. Des manifestants défilaient dans les rues depuis quinze jours pour dénoncer les mesures d’austérité prises par leurs dirigeants.

    Même au sein de sa famille du Parti démocrate-libéral, des voix s’étaient élevées pour demander la démission d’Emil Boc. Il appartient désormais au président Traian Basescu de nommer un nouveau premier ministre. L’opposition réunie au sein de l’Union social-démocrate réclame l’organisation d’élections anticipées. »

    Le ministre de la justice, Catalin Predoiu a été nommé premier ministre par intérim jusqu’à la formation d’un nouveau gouvernement.

    (Brève de Médiapart)

  22. De ce point de vue, l’austérité, qui accroît encore la disparité des revenus, est bien entendu la pire des politiques

    Cela dépend si c’est toujours dans l’idée première de pouvoir continuellement mettre en exergue notre propre civilisation occidentale dans les têtes.

    Hélas plus grande austérité globale n’amène pas forcément en retour plus grande richesse spirituelle pour le genre humain, bien au contraire quelle plus grande iniquité mondiale tout de même.

    C’est pourquoi je me demande si notre propre civilisation grandement exemplaire sur tous les plans a vraiment encore des leçons à donner aux autres. Il est vrai que nos propres régimes de plus dans la rigueur, n’accordent peut-être pas tout à fait la même notion de justice que vous soyez plus ou moins mal placé, comme quoi je me demande s’il ne faudrait pas plutôt remettre davantage en question un bon nombre d’idées reçues.

    Oui je me reconnais de moins en moins dans le propos de nos premières élites occidentales à l’égard du reste du monde, pourquoi faudrait-il qu’il en soit toujours ainsi sur la terre des hommes mon Dieu.

    Pourquoi faudrait-il que cela soit toujours les mêmes précieuses occidentales au dessus du monde, un autre messie politique judéo-chrétien dans les premiers médias mondiaux ne ferait pas mieux le bien de l’histoire humaine, croyez-moi ce n’est donc plus que cela principalement dans notre temps.

    Parole de Jérémie.

  23. 5

    l’automation au cours des trente dernières années

    On pourrait sans doute identifier un changement de paradigme plus précoce, dû à la mécanisation. Remontons jusqu’à Jacques Marie Jacquard et l’invention du métier à tisser, en plein essor de la révolution industrielle (env. 1800). Un autre Jacquard (Albert), avance avec simplicité dans un de ses petits livres (Voici le temps du monde fini, à vérifier) comment s’est posé le choix d’intégrer cette machine dans la perspective de production proto-industrielle en vigueur début 19ème. Cet engin qui pouvait, pour un même temps et moins de personnel, doubler la capacité de production posait l’alternative suivante : ou faire tourner la machine 2 fois moins longtemps pour une production équivalente, ou alors la faire tourner autant pour une production double.
    Nous savons tous quel terme a été retenu.
    Mais attention, au fond comprenons bien : les cupides ont gagnés aux dépens des paresseux. Hélas encore indépassable pour moi, la sentence du moraliste : « Les riches sont les méchants et tout le monde veut devenir méchant. ». (Avouer que c’est Coluche ne fait pas assez sérieux, mais qui osera dire que l’humour n’est pas le lieu d’une analyse multispectrale assez profonde ?)

    1. « Les riches sont les méchants et tout le monde veut devenir méchant. ». (Avouer que c’est Coluche ne fait pas assez sérieux, mais qui osera dire que l’humour n’est pas le lieu d’une analyse multispectrale assez profonde ?)
      Ah bon? Tu veux devenir multispectralement riche?
      Ton pseudo me rappelle une anecdote sur Démocrite que je garde pour moi…
      « Mais attention, au fond comprenons bien… » C’est fait.

  24. « Tant que la concentration de la richesse n’aura pas été inversée, la machine économique ne pourra pas véritablement repartir. »

    Mais même si l’on opérait une déconcentration des richesses, la machine économique pourrait-elle überhaupt repartir?
    C’est que la question de l’épuisement des ressources se pose.
    Celui, fondamental, des énergies fossiles, qui entraîne tout le reste : sans pétrole bon marché, fini le productivisme agricole de la ‘révolution verte’; fini, le commerce international dans son actuel volume; fini, la mobilité et le confort modernes; impensable, le maintien d’un cheptel de consommateurs de 7 ou 10 milliards d’individus …

    L’humanité se dirige, dans le meilleurs des cas, vers une ère de grande frugalité responsable; ou s’achemine de façon échevelée vers son extinction, dans le pire des scénarios. Dans tous les cas de figure, peut-on parler de relance de la « machine économique »?
    Ce serait plutôt un passage à « autre chose », non?

      1. Je connais depuis longtemps déjà ce texte et les autres écrits de Orlov, mais c’est bien de mettre le lien pour les lecteurs de ce blog, ils en valent la peine 🙂

  25. « En Roumanie depuis l’arrivée des trois mousquetaires de l’austérité le taux de la TVA est passé de 19 à 24 %. Les traitements des fonctionnaires ont été baissés d’un quart. Des milliers d’emplois ont été supprimés dans le secteur public. »
    Tiens c’est marrant ça me rappelle quelque chose…
    Salaire minimum:
    Grèce: 870 euros par mois
    Portugal : 566
    Espagne : 748
    France: 1398
    Ouf! On a encore de la marge…
    (Infos picorées tjrs sur Médiapart)
    Ah oui j’allais oublier: demain mardi, nouvelle grève générale en Grèce.

    1. Comment les plus terre à terre et les plus grippe-sous de nos sociétés pourraient-ils vraiment permettre au genre humain de passer à autre chose de moins bête dans l’histoire humaine ? Mais qui donc dans ce monde n’a jamais éprouvé un peu la même impression de gène ou de malaise en Babylonie ? Et si mon ex par exemple qui était pareillement du signe du rat ne valait pas plus que le député du moment, heureux plutôt l’homme qui ne vit plus du tout avec une Mégère ou une Merkel au quotidien.

      Peut-être même qu’au coeur du plus refoulé de nos sociétés, existe encore une personne capable de comprendre la chose, si tu existes l’ami(e) alors je t’en prie ne me fait plus du tout voir la même chose de l’homme ou de la femme. Je crois plutôt moi que nous vivons bien plus dans l’age de la grande perdition mondiale, court Logan, court mon enfant, car le meilleur des mondes va bientôt tomber de haut, c’était même déjà écrit un peu autrement autrefois dans des textes en latin.

  26. Tant que la concentration de la richesse n’aura pas été inversée, la machine économique ne pourra pas véritablement repartir.

    Repartir, oui, mais vous n’en donnez pas la direction, je reste sur ma fin.
    Au fait,et si c’était justement la direction qui nous donnerait la clef de l’invresion?

  27. Merci Paul Jorion de ce reppel de la pensée de Sismondi:
    « Dans la pratique, le travailleur remplacé par un robot ou un ordinateur est remercié et son espoir de retrouver un jour un emploi va diminuant à mesure que la technologie progresse ; sitôt remplacé, la machine travaille uniquement au profit des actionnaires et des patrons de l’entreprise. Cet effet pervers, Sismondi (1773 – 1842) l’avait déjà dénoncé dans les années 1820, proposant que tout ouvrier remplacé par une machine bénéficie d’une rente indexée sur la richesse créée désormais par celle-ci. Une proposition ancienne qu’il faudra, un jour ou l’autre, réexaminer.. »

    Au risque de lasser les lecteurs de ce blog, je cite une fois de plus un auteur récent,Martin Ford, qui fait environ 200 ans après Sismondi une analyse et des propositions fort semblables dans son livre « The Lights in the Tunnel » : distribuer un revenu décent aux personnes dont l’emploi a disparu ou qui n’arrivent pas à trouver d’emploi, dans les deux cas à causes de machines qui augmentent tellement la productivité du travail que ces emplois disparaissent. Sa proposition est de taxer les machines au prorata des pertes d’emplois qu’elles occasionnent pour financer les revenus décents distribués. aux personnes qui ont perdu ou n’arrivent pas à trouver une emploi.

    Martin Ford fait remarquer que les résistances à cette idée semblent venir plus de conservateurs moralistes (on va pas payer des gens à rien foutre) que des capitalistes eux mêmes, dont certains au moins commencent à voir l’hérésie de la situation..

    Le livre de Martin Ford malheureusement non traduit en français est disponible pour un téléchargement au format PDF gratuit et légal ici:
    http://www.thelightsinthetunnel.com/

    Le site web permettra à celles et ceux que la lecture en anglais fatigue, d’avoir un aperçu plus court donc plus accessible.

    D’autres personnes partagent ces idées resterait à les mobiliser pour une action venant de la base. Mais comment faire? Je suis abonné à une lettre d’information qui m’envoie souvent des pétitions à caractère social ou sur la non-discriminations.

    Ces courriels viennent d’un groupe d’individus s’appelant CYBER@CTEURS groupe qui a créé un site web permettant de lancer sur le web des actions venant de la base:

    Citation extraite du dernier courrier reçu ce soir:

    l’agenda de Cyber @cteurs
    <>

    9a vaudrait le coup d’essayer de s’en servir pour faire circuler en dehors du blog certaines idées où une mobilisation plus concrète pourrait faire avancer les idées souvent présentées sur le blog de Paul Jorion mais présentées à des lecteurs ou intervenants déjà convaincus pour la plupart…

    Paul T.

    1. La concurrence entre les entreprises et les pays est certainement l’obstacle principal à la mise en place de telles compensations.
      Par ailleurs ne serait-il pas plus logique de fournir du travail à tous en diminuant la quantité de travail demandée à chacun, en temps de travail et en durée dans la vie, au lieu de faire le contraire ?

      1. La réponse est NON. Pour 2 raison essentielles:

        -le partage du temps de travail impliquerait le partage des salaires, nous aurions donc moins de personnes dites au chômage, et plus, beaucoup plus de working-poor, qui je vous le rappelle, coûtent très cher à l’état, ne serait-ce que de par leur non-imposition (bien involontaire).

        -le personnel à disposition n’est pas en adéquation, en termes de formation, avec la demande réelle du marché de l’emploi. On ne peut pas mettre un ex sidérurgiste, à un poste de cuisinier, en tout cas pas du jour au lendemain.

        Augmenter les pouvoir d’achat des personnes déjà au travail, résorberait automatiquement le chômage. Pour ce faire, il suffit de partager équitablement les fruits dudit travail, qui pour le moment est partagé entre les les holdings actionnaires d’autres holdings, actionnaires d’autres holdings, actionnaires du groupe qui est actionnaire de l’usine concernée….

        Deux mesures très urgentes sont à prendre, concernant l’emploi et le pouvoir d’achat:
        1a) rendre marginal le travail temporaire (taxe de 50%/ heure dès la xème heure)
        1b) rendre marginal le CDD (embauche automatique dès la fin de la période d’essai d’1 mois)
        1c) limiter drastiquement les stages, et les rémunérer à minima au SMIC.
        2a) créer un SMIC local, en adéquation avec le coût de la vie
        2b) bloquer les loyers au prorata des classes de la population, à 30% dudit SMIC

        Ces mesures, outre créer du plein emploi, permettront à l’état d’imposer 15% de français de plus, ces français qui, enfin, toucheront des participations et des intéressements, auront droit aux avantages CE, auront droit aux projets et donc aux investissements sur le long terme, etc. etc.etc.

        3) IMPOSER SYSTEMATIQUEMENT SUR TOUS LEURS REVENUS ET SUR TOUT LEUR CAPITAL LES MILLIARDAIRES FRANCAIS EXPATRIES EN SUISSE ET EN BELGIQUE, quitte à les soumettre à une double imposition, à eux de choisir. Ce n’est déjà pas si mal d’échapper au permis à point.

        Mais pour ça, il faudrait mettre au pouvoir des gens honnêtes, pas corrompus, dont les candidatures et les campagnes ne seraient pas financées par ceux là mêmes à qui elles profitent,,,,

    2. L’idée d’un revenu universel pour toute personne exclue durablement du marché du travail existe depuis longtemps, depuis Adam Smith. J’en suis un fervent défenseur. Mais elle n’est pas »vendable »; un ministre européen m’a dit, il y a des nombreuses années, que l’on ne trouvera jamais une majorité politique pour instaurer une telle mesure. Il a malheureusement raison. Même dans les camps de la gauche, les tendances s’opposant à cette idée sont majoritaires. Je pense que la résistance vient du vieux princip biblique « celui qui ne travaille pas, ne mangera pas ». Cela démontre à quel point les mentalités sint devenues des antiquités.

      1. Il y avait aussi KartOO
        « KartOO avait la particularité de fournir une représentation cartographique (en carte heuristique) des résultats d’une recherche pour illustrer les liens entre les résultats de la recherche et permet donc de se rapprocher d’une vision spatialement représentée de ce qu’on cherche, via des graphes sémantiques. »

  28. Pour la Grêce et autres pays , on ne voit vraiment pas comment une convergence peut aboutir avec récession et austérité.
    Dans ce cas le défaut est obligatoire.
    Ceux qui s’accrochent à l’idée d’une grande europe sont criminels nuls irresponsables.

    1. La Grèce est à la démocratie, ce que la misère est au capitalisme.

      Lorsque 70% de la population grecque a été rendue non-imposable par son niveau de misère, et que la dizaine de multimilliardaires de ce même pays sont allé se cacher en Suisse (Goulandris, Niarchos, Onassis, etc. etc. etc.), il ne faut pas s’étonner de voir le pays en faillite.

      http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2011/06/03/04016-20110603ARTFIG00522-grece-la-fuite-de-capitaux-vers-la-suisse-s-accelere.php

      La France et l’Italie suivront…suivez ce lien pour vous en convaincre…

      http://forums.france2.fr/france2/mediateur/impots-france-jour-sujet_453_1.htm

      Concernant l’Italie, j’ai u p’tit voisin très sympa, qui a fait construire à côté de sa villa de Blonay (toujours la Riviera suisse…) un garage de 70 places climatisé pour 450.000 dollars, juste pour y garer sa collection de Ferraris. Ce brave garçon s’appelle S… M…

  29. Y’en a marre du prix des carburants qui augmente, y’en a marre du prix du gaz qui augmente, y’en a marre des riches toujours plus riche dans un océan de pauvreté, mais il y en a encore plus mare que nous ne fassions rien contre cela.
    C’était en substance ce que disait ce matin sur France Inter, un sénégalais, en parlant de son pays et de lui même.

    1. Le gaz, c’est la Russie. La Russie, c’est Poutine.

      Poutine, c’est officiellement un patrimoine se limitant à un appartement à St-Petersbourg, et une voiture moyen de gamme…

      Poutine, c’est officieusement une des 10 premières fortunes mondiales, avec un capital estimé à plus de 40 milliards de dollars (actions gazières principalement).

      Pour comparaison entre l’officiel et l’officieux…: le château sur la Riviera Suisse de Shania Twain et Mutt Lange, son mari, vient d’être racheté un simple fonctionnaire russe: son directeur des douanes. La transaction? A peine 640 millions de francs suisses…

      Le gaz n’a donc pas fini d’augmenter.

      Quant au pétrole…? Si Sarkosy n’avait pas fort à propos ordonné l’invasion de la Lybie, les raffineries françaises auraient purement et simplement du fermer leurs portes, comme les raffineries Suisses le font actuellement. Pourquoi? Parce que Poutine, encore lui, a fait construire dans son pays un réseau d’oléoducs de très grande capacité, destiné à alimenter en brent 3 superbes et gigantesques raffineries de non moins grandes capacités. La Russie aura dans moins de 3 ans la capacité de raffiner elle-même la TOTALITE de sa production de brut, qu’elle revendait auparavant aux raffineurs français Elf/Total/ Fina).

      Je n’avais jamais vu des PDG de groupes aussi prestigieux au bord des larmes, quasiment à genoux devant les russes, que lors de cette réunion à l’hôtel Richemond, à Genève. Ils étaient tous là, et tous tremblaient…à part les russes, bien sûr.

  30. Constat impeccable, mais j’ajouterais que, pour inverser la tendance à concentrer les richesses, il faut bien enfin réaliser que c’est l’argent lui-même qui est cette machine à concentrer les richesses, bien au-delà de ce qui est avancé autour des progrès technologiques.
    car cet argent n’est investi, par ceux qui l’ont sous forme de capital, que si le rendement leur semble adéquat.
    Si on pouvait obtenir cet investissement, non pas pour le profit mais simplement pour éviter une perte directe, nous aurions modifié quelque chose qui équilibrerait instantanément le système.
    Il n’est effectivement pas acceptable que le capital sous forme financier soit automatiquement une sous de rente, rente qui est la principale machine à concentrer les richesses.
    Pourquoi n’est-ce pas acceptable?
    Parce que l’argent est obtenu en échange d’un travail, d’un service, d’une marchandise, d’un bien d’équipement ou d’une richesse naturelle (sol ou sous-sol). Et tous ces objets obtenus sont frappés de l’élément « dégradation temporelle », ce dont est préservé la monnaie dans sa conception présente. Cette différence est la source même de la rente du capitale, cet état de fait fait que l’argent lui-même est capital et source éternelle de la concentration des richesse qui domine toutes les autres sources de très loin.
    Ce n’est qu’en introduisant des SMT que cela changerait pour de vrai! Toutes les autres propositions rateront malheureusement l’essentiel et seront des coups d’épée dans l’eau.

    1. Puisqu’on parle d’Arte…

      …à voir aussi, le reportage sur le travail des enfants à Naples en 2012, et l’absentéisme scolaire (jusqu’à 90% !!!) qui y est lié…

      Édifiant.

      Il serait temps de parler des pays en voie de SOUS-développement.

  31. Ce qui est extraordinaire, c’est la capacité des technocrates à découvrir ce que tout le monde sait déjà et surtout leur capacité à n’en rien faire. Si vous lisez, et je vous le recommande, le petit livre écrit par l’économiste marxiste, Domenico Moro, vous trouverez tout cela dès la préface. Le reste de cette préface, qui fait une quinzaine de pages, replace cela dans le cadre d’une analyse globale de la crise du capitalisme moderne. Le livre lui-même est un « abrégé du Capital rapporté au XXI ème siècle ». Il permet de resituer les concepts forgés par Marx en les rapportant à la situation actuelle. Il donne donc les outils intellectuels pour comprendre les choses et non seulement les constater.

    Je n’ai malheureusement pas encore eu le temps de le lire mais je le ferai en prenant des notes.

    PS : titre du livre « la crise du capitalisme et Marx » Editions Delga 2009

  32. La dette rend certains plus riches encore.
    Dans un pays comme la France, le service annuel de la dette publique atteint aujourd’hui les 50 milliards d’euros, soit 15% des recettes fiscales. L’opinion publique est souvent abusée par certains hommes politiques et experts qui assimilent ce montant d’intérêts au produit de l’impôt sur le revenu. Comme 50% des ménages français sont exonérés de cet impôt, ils pourraient penser qu’ils ne supportent pas les charges d’intérêts de l’État et que seuls ceux qui paient l’impôt sur le revenu pourraient être concernés. Or, ce n’est pas le cas. Dans presque tous les pays du monde, les règles budgétaires stipulent que les intérêts de la dette sont prélevés, d’une part, en priorité, et, d’autre part, sur l’ensemble des recettes de l’État. Dans le cas français, si 15% des recettes fiscales sont consacrées aux paiements des intérêts de la dette, ceci veut dire que 15% de la TVA comme 15% de la taxe sur les produits pétroliers ou 15% de l’impôt sur le revenu y sont affectés. Concrètement, sur chaque litre de carburant acheté en France, le consommateur, riche ou pauvre, acquitte 85 centimes à l’État dont 13 sont reversés aux créanciers. Chaque adulte acquitte annuellement 1250 euros pour payer les intérêts de la dette d’État (hors dette des collectivités locales et de la sécurité sociale). (Source http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=36054 ). Le plus pauvre des consommateurs dans l’endroit le plus reculé du pays acquitte sa contribution à cette rente. L’État prélève sur tout le monde pour redistribuer aux titulaires de capitaux placés en bons d’État. L’État devient délégataire de ces rentiers qui, par ce mode de capture, évitent de s’engager dans des investissements productifs.

  33. Comme le disais Amsterdamois, avant la répartition ou distribution de la richesse, as-t’on vraiment les moyens de la créer (tel qu’on le fait aujourd’hui?). Cela revient à dire que les gains de productivité obtenus ces dernières décennies, qui n’ont pas été répartis/redistribués vers les salaires, ne sont de toute façon pas soutenables. C’est-à-dire qu’il est logique qu’il ne profitent qu’à une minorité car seule une minortié pourra survivre à la fin… certains ne sont peut-être déjà à penser cela. Pour ma part, ça me fait un peu mal que je ne puisse m’empêcher de raisonner ainsi, même si je pense autrement.
    En tout cas, il ne suffira pas d’agir sur la concentration des richesses, à moins que cela ne suppose un bouleversement démocratique capable d’agir sur notre façon de nous « développer » et nous permettant de prendre un peu, disons, en sagesse.
    Bref, je ne sais pas quelle charrue mettre pour tirer mes boeufs.

    1. Spéculer…?

      Mais sur quoi?

      L’horlogerie de luxe, et les marques de voitures prestigieuses? Les voyages spatiaux? L’industrie du jet? La construction navale de yachts de luxe?

      Dans un monde ou la consommation ne peut plus se faire en bas de l’échelle sociale, on ne peut plus que spéculer sur le fait que les hyper-riches ré-injecteront leurs centaines de milliards morts dans le système économique, mais comment?

      Spéculer? Sur l’éventuelle augmentation des pouvoirs d’achats des pauvres…alors même que les conseils d’administration des holdings de ces messieurs s’évertuent à créer de la misère de masse chaque jour davantage?

      Je spécule sur la caducité de la valeur de leurs trilliards. Je spécule sur le fait qu’un argent qui ne peut plus rien acheter de plus n’a pas la moindre valeur. la seule chose que puissent faire ces multimilliardaires pour sauver la valeur d’une partie de leurs capitaux, est bel et bien d’en redistribuer la plus grande partie aux populations qui, elles le dépenseraient aussitôt.

      Malheureusement, riche est plus synonyme de stupidité, d’égoïsme voir de méchanceté, que d’intelligence.

      1. Et pour couronner le tout…

        ..ils ré-injecteraient de l’argent dans des sociétés au sein desquelles ils auraient déjà spéculer, desquelles ils seraient déjà actionnaires.

        cet argent reviendrait donc directement à la case départ, et les pauvres continueraient à rester aussi pauvres…voir plus.

  34. La concentration des richesses se fait de la même manière dans tous les pays du monde, même les plus défavorisés.
    Il ne s’agit que d’une mauvaise répartition des bénéfices, que ce soit à l’échelle d’un ménage, d’une entreprise, ou d’un pays.
    Quand on constate que la France n’est jamais entrée en régression ces 50 dernières années, et que pourtant on ne cesse de parler de baisse du pouvoir d’achat, de working-poor (mot moderne pour désigner un esclave), on ne peut que se poser une question:

    Par quel mystère un pays qui fait une augmentation moyenne de sons PIB de 4% depuis 50 ans, voit le pouvoir d’achat de ses citoyens baisser?

    En calculant correctement, ce pouvoir d’achat, avec une répartition honnête des fruits du labeur national, aurait du tripler ! (+4% X 50 ans = +200%).

    Le plus surprenant dans ce système économique délirant , c’est que les profits (dividendes, hausses des actions) des investisseurs à l’échelle mondiale, sont directement liés, ce qui parait être une évidence, aux volumes des ventes, lui-même directement lié…au pouvoir d’achat des consommateurs.

    La régression, c’est exactement le résultat de ce genre de politique: pas de pouvoir d’achat, pas de consommation, pas de ventes, pas de bénéfices, pas de dividendes ni autres profits.

    Ni les pouvoirs politiques, ni le pouvoir économique n’est capable de comprendre que le moyen de relance tous les secteurs économiques, tout en faisant le bonheur des populations, est de donner à chacun le pouvoir d’achat que ses rêves, désirs, besoins, nécessitent.

    Et si on indexait nos monnaies, pour le moins en partie, sur l’indice de satisfaction des populations, au lieu de les indexer uniquement sur l’or? Le bonheur ne vaut-il pas tout l’or du monde?

    Tout le problème est là: si nos monnaies étaient automatiquement indexées sur l’indice de satisfaction, tant les politiques que les économiques changeraient de politique. Nous pourrions aussi indexer nos monnaies sur les taux de suicides, de mortalité infantile, d’espérances de vies…

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