L’actualité de la crise : LA GRÈCE UNE COLONIE ?, par François Leclerc

Billet invité

Le poids de ceux qui veulent en finir avec le sauvetage de la Grèce et la pousser hors de la zone euro s’est renforcé au sein de la coalition gouvernementale allemande. Angela Merkel apparaît comme continuant de rechercher une solution à l’équation – de crainte des conséquences sur l’Espagne et l’Italie si elle devait ne pas être trouvée – tandis que les voix se multiplient pour réclamer que soit adoptée à l’égard des Grecs une attitude de plus en plus intransigeante. Non seulement de son allié gouvernemental le FDP, ainsi que de la CSU bavaroise, qui avaient déjà pris leurs distances avec sa stratégie, mais surtout de Wolfgang Schäuble, le ministre des finances.

Après avoir suggéré la tenue d’un référendum, puis en avoir abandonné l’idée, Horst Seehofer, le chef de la CSU, laisse maintenant entendre que les députés de son parti pourraient ne pas adopter le plan le 27 février prochain au Bundestag (ce qui n’empêcherait pas son adoption en raison du soutien des sociaux-démocrates et des Verts), tandis que Wolfgang Schäuble insiste de plus en plus sur les conditions attachées à l’aide.

Aux dernières nouvelles, dans la confusion qui s’est instaurée en Allemagne même, la Troïka se préparerait à installer une délégation permanente à Athènes, avec la haute main sur un compte bloqué où seraient versées les aides financières. La gestion des incertitudes politiques passerait finalement par un accord grec sur le principe de la constitution d’un gouvernement de coalition Nouvelle Démocratie/Pasok, formule qui serait décidée avant même que les élections ne se tiennent en avril comme prévu.

Si une solution de dernière heure est trouvée, qui permettra d’afficher le respect des conditions posées initialement par le FMI à sa participation à l’opération (une dette correspondant à 120 % du PIB en 2020), la Grèce pourrait devenir un territoire administré de l’Union européenne. La question est de savoir combien de temps ce montage financier et cette mise sous tutelle pourront résister à la double épreuve de la récession et de la montée de la tension sociale. Le calcul que cela sera autant de gagné pour éviter que la crise n’atteigne de plein fouet l’Espagne et l’Italie est désormais à courte vue.

Ainsi que l’a fait valoir le ministre de l’économie grec Michalis Chrissohoïdis, demandant que cet effort soit reconnu, le déficit public grec a déjà diminué de 16 % à 9,7 % du PIB en deux ans, les salaires et les retraites ayant été baissés à quatre reprises. Ancien gouverneur de la BCE, Lorenzo Bini-Smaghi préconise pour sa part que le FMI active son programme anciennement dénommé de réduction de la pauvreté et de croissance afin de prendre le relais, étant donné l’ampleur de l’aide financière et sa durée. Ces deux constats valent condamnation du plan européen.

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166 réflexions sur « L’actualité de la crise : LA GRÈCE UNE COLONIE ?, par François Leclerc »

  1. La Grèce ne pourra pas rembourser et chacun en est bien convaincu. Donc pas un sou de plus. Pour le passé, il faut exiger des garanties sonnantes et trébuchantes : privatisation de services publics, gages territoriaux, biens éclesiastiques… Toutes les idées nouvelles sont bonnes à prendre.
    Espérons que les mêmes erreurs ne se reproduiront pas pour le Portugal et les autres ( et la France ?).

  2. Hollande socio-libéral, qui ne s’assume pas ?
    La finance est mon ennemie OU le communisme est mort, le socialisme c’est archaïque, je suis libéral.
    Voilà du grain à moudre pour le Tsar Nicolas I, qui aspire à devenir Nicolas II.
    Nous avons le choix entre un chat noir bonaparto-libéral et un chat rose social-libéral.
    Il ont en commun le libéralisme économique, c’est bien pour cela qu’il étaient tous les deux “ouistes” en 2005.
    La vrai ligne de fracture n’est pas entre gauche et droite, elle est entre tenant du libéralisme économique, du marché dérégulé, du “laisser faire” avec une plus (le chat rose) ou moins (le chat noir) grande dose de social et ceux qui veulent plus de régulation de la part de l’Etat, et une répartition des richesses plus équitable entre capital et travail.
    Voir ce schémas sur l’évolution l’index de libéralisation financière de la France, 1981-2005

  3. Depuis 1981, la gauche a contribué de façon significative a la dérégulation financière.
    Mais c’est chaque fois sous la droite que la dette publique s’envole, sans doute le résultat des cadeaux fiscaux faits aux classes riches et aisées.

    Voir ce graphique

    Peut-on en conclure que les sociaux-libéraux sont meilleurs gestionnaires des deniers publics que la droite ?
    Ce qui est clair c’est que la droite en creusant les déficits par la baisse des recettes, crée des déficits publics et de la dette publique qui lui sert à justifier ses attaques sur les systèmes sociaux.

  4. LA GRÈCE UNE COLONIE ?
    Meuh non, un caillou dans la godasse.

    Le message de l’Europe -pas la mienne- à la Grèce: Crève,
    paye, paye plus, paye encore plus et crève.
    Réponse des Grecs: avec vous.

  5. Grèce: «L’Europe porte une lourde responsabilité dans le naufrage»
    Rencontre avec Manolis Glezos, figure de la gauche radicale grecque.

    Héros de la Résistance (c’est lui qui a arraché, le 30 mai 1941, le drapeau nazi qui flottait sur l’Acropole), Manolis Glezos, 85 ans, est une figure emblématique et unanimement respectée de la gauche radicale grecque : les violences policières qu’il a subies le 12 février dernier, alors qu’il manifestait contre l’austérité avec le compositeur Mikis Theodorakis, ont suscité chez ses compatriotes une vive indignation. Il revient ici sur la crise qui frappe son pays, et sur les moyens, selon lui, d’en sortir.

    Bakchich : Quel regard portez-vous sur la crise grecque ?………….

    http://www.bakchich.info/international/2012/02/17/grece-leurope-porte-une-lourde-responsabilite-dans-le-naufrage-61161

  6. Le Portugal est la prochaine Grèce, par Ed Harrison

    « Au lieu d’une réduction de l’endettement public, nous assistons à son aggravation, car la réduction de l’activité économique produite par les coupes budgétaire se traduit par une réduction des dépenses du secteur privé. » Pour Ed Harrison, l’éditeur de Credit Writedowns, les dirigeants européens font une erreur de diagnostic en se focalisant sur les politiques d’austérité. Pour la raison suivante : lorsque les Etats, les ménages et les entreprises tentent tous ensemble de se désendetter au même moment en réduisant leurs dépenses, s’amorce alors une spirale récessive s’auto alimentant. Avec au bout, la faillite.

    Par Ed Harrison, New York Times, 14 février 2012

    L’Europe a pris la mauvaise direction car le remède prescrit pour résoudre la crise de la dette souveraine, une soi disant rigueur expansionniste, est une politique économique conduisant à l’échec. L’idée, c’est que le licenciement de salariés du secteur public, afin de réduire les dépenses, permettrait d’éliminer le déficit budgétaire dans des pays comme la Grèce et le Portugal et, par conséquent, de rétablir la confiance du marché dans leur dette souveraine. La réalité s’est avérée quelque peu différente. Au lieu d’une réduction de l’endettement public, nous assistons à son aggravation, car la réduction de l’activité économique produite par les coupes budgétaire se heurte à une réduction des dépenses du secteur privé. Si l’Europe continue sur cette voie, la zone euro va complètement éclater, avec des répercussions politiques et économiques entièrement imprévisibles.

    Au Portugal, le gouvernement a adopté les sévères mesures d’austérité qui conditionnaient l’octroi d’une aide. Mais, l’activité économique du pays va maintenant se contracter. Parce que les décideurs européens ne parviennent pas à comprendre la dynamique de la déflation de la dette. Ce qu’ils ne voient pas, c’est que le secteur privé portugais est très endetté. Lorsque l’économie se contracte, les individus et les entreprises endettés du secteur privé ont une propension irrésistible à épargner pour réduire le poids de la dette et tenter d’éviter les défauts de paiement et les faillites. Ce qui signifie que le secteur privé tentera toujours d’améliorer son solde d’épargne net quel que soit celui des administrations publiques. Lorsque le gouvernement tente alors de passer à une situation excédentaire en réduisant les dépenses et en augmentant les impôts, il se heurte aux réductions de dépenses du secteur privé, qui tente toujours d’épargner et de rembourser ses dettes. Une force irrésistible heurte alors un objet fixe !

    Ces compressions de dépenses publiques ou augmentations d’impôts, lorsque le secteur privé est endetté et que l’économie est au point mort, ont pour résultat une déflation de la dette, avec de plus en plus d’acteurs qui réduisent leurs dépenses, et sont menacés par l’insolvabilité en raison de la contraction économique. L’Europe doit comprendre que la Grèce n’est pas un cas particulier. Au contraire, elle est la première occurrence de la déflation de la dette, qui risque de prendre le Portugal pour prochaine victime. Pour parler clair, le Portugal est la prochaine Grèce.

    On peut porter au crédit des agences de notation et du Fonds monétaire international qu’ils ont tous exprimé leur inquiétude devant cette politique européenne. De fait, à chaque nouvelle dégradation de la note des Etats, Standard & Poor’s et Moody’s ont écrit qu’elles avaient rétrogradé plusieurs pays en Europe, en partie parce que l’approche centrée sur l’austérité n’avait fait qu’empirer les choses. Les agences de notation ont souligné que l’Europe devait mettre en oeuvre d’autres politiques de croissance, si elle veut garder un quelconque espoir.

    Le problème est le suivant : l’Europe est focalisée sur un faux problème, celui des déficits budgétaires. Le plus gros problème, dans la plus grande partie de l’Europe, est celui de l’endettement du secteur privé et du secteur financier. Si l’Europe veut résoudre ses problèmes, elle doit traiter cet endettement, et cela nécessitera bien plus que ces annonces incessantes d’austérité budgétaire et de réduction des dépenses.

    Publication NYT, traduction Contre Info

  7. Grèce : désastre humanitaire et responsabilité des créanciers, par Gaël Giraud

    « Ceux qui ont prêté de l’argent à la Grèce ignoraient-ils vraiment que la Grèce n’a aucune ressource industrielle, ou presque. Que la Grèce, c’est un peu de tourisme et du commerce maritime. Que le sport national en Grèce, c’est la fraude fiscale, et que l’Etat grec est une grande ploutocratie corrompue ? » questionne Gaël Giraud, économiste chercheur au CNRS, qui rappelle la situation humanitaire terrible d’un pays assommé par la récession et les plans d’austérité, et où le désespoir s’est installé à tel point que « de jeunes grecs aujourd’hui au chômage, qui n’ont plus aucune ressource, puisqu’il n’y a pas de RMI, pas de RSA, ni d’allocation de chômage en Grèce, s’inoculent le virus du Sida pour pouvoir bénéficier des allocations destinées au séropositifs. »

    Gaël Giraud, intervention au colloque Gouvernance & Responsabilité du Comité Catholique contre la Faim et pour le Développement, décembre 2011 – extrait

    Les marchés peuvent se convaincre tout d’un coup que la Grèce, qui ne pèse que 2% du PIB européen, c’est le problème majeur, et du coup la Grèce devient le problème majeur. Les marchés financiers peuvent se dire que l’Italie ne sera jamais capable de rembourser sa dette, et du coup, les taux italiens explosent, et l’Italie, de fait, n’est plus capable de rembourser sa dette.

    Vouloir rassurer les marchés financiers, c’est la tâche de Sisyphe, on n’en aura jamais fini de rassurer les marchés financiers. C’est à mon avis sans contenu. Ce qu’il faut faire, c’est tout à fait autre chose, c’est réglementer les marché financiers pour les mettre au service de la société, et pas le contraire.

    Ce que nous faisons aujourd’hui, c’est mettre la totalité de notre économie au service de la finance, au point que comme vous le savez, on discute aujourd’hui dans les salles de marché en ces termes : les actifs nationaux grecs étant de 250 milliards, si on privatise la totalité on récupère au moins 250 milliards. Au moins c’est déjà ça, que l’on aura encore tondu sur le dos du mouton grec.

    Vous savez qu’aujourd’hui en Grèce, la situation est celle d’un désastre humanitaire. De jeunes grecs aujourd’hui au chômage, qui n’ont plus aucune ressource, puisqu’il n’y a pas de RMI, pas de RSA, ni d’allocation de chômage en Grèce, s’inoculent le virus du Sida pour pouvoir bénéficier des allocations destinées au séropositifs, 600 euros par mois, qui sont les seules qui n’ont pas encore été supprimées.

    Le taux de VIH en Grèce a augmenté de 50% en un an, et la présidente du département de santé en Grèce vient de faire une déclaration catastrophée à la presse grecque en disant : voilà, il y a des jeunes grecs qui s’inoculent aujourd’hui le Sida pour pouvoir survivre.

    Voyez où nous en sommes en Grèce.

    Face à cette question, on pourrait se dire, mais finalement, pourquoi n’organise-t-on pas un défaut des dettes souveraines. C’est ce que l’on a commencé à faire, avec beaucoup de difficultés pour la Grèce, et vous avez remarqué que lors de l’accord entre Angela Merkel et Nicolas Sarkozy le 5 décembre, il a été dit très très fortement que ce qui s’est passé en Grèce ne se reproduira plus.

    Vous pourriez vous dire : que s’est-il passé en Grèce ? – Il y a des jeunes qui sont en train de mourir, c’est vrai- Mais ce n’est pas cela du tout. Ce qui s’est passé en Grèce, c’est que pour la première fois on a demandé à des créanciers privés de mettre la main au portefeuille pour accepter une décote de la dette publique grecque.

    C’est la première fois dans la longue série des sommets européens. On a accordé cela pour 25% , ce qui n’est pas grand-chose. Et là, on nous promet : vraiment je vous assure cela ne se reproduira plus jamais. Ce grand traumatisme consistant à faire payer pour la première fois les créanciers ne se reproduira plus.

    Or, c’est précisément là l’enjeu, aujourd’hui. La question c’est : ceux qui ont prêté de l’argent à la Grèce ignoraient-ils vraiment que la Grèce n’a aucune ressource industrielle, ou presque. Que la Grèce, c’est un peu de tourisme et du commerce maritime. Que le sport national en Grèce, c’est la fraude fiscale, et que l’Etat grec est une grande ploutocratie corrompue ?

    Ils le savaient très bien. Comment ont-ils pu penser qu’un jour ils seraient remboursés, puisqu’ils ont prêté des sommes colossales à la Grèce ? Ils n’ont pas pu imaginer être remboursés sinon par d’autres contribuables que les contribuables grecs.

    Quand on nous dit : plus jamais les investisseurs privés ne mettront la main au portefeuille pour participer aux sacrifices européens, pour sauver la zone euro, cela veut dire que ce seront les autres contribuables européens qui vont payer pour les créanciers privés, de manière à solvabiliser la Grèce.

    C’est cela que ça veut dire, en français dans le texte.

    ContreInfo

    Ndlr : Nous ne saurions trop recommander aux lecteurs d’entendre l’entièreté de l’intervention de Gaël Giraud

    Gael Giraud – colloque Gouvernance & Responsabilité from CCFD-TerreSolidaire on Vimeo.

  8. http://www.youtube.com/watch?v=b8Wif1QhcFc&feature=player_embedded

    Un certains nombre de journaux qui sont en train de collapser sur le plan intellectuel :

    -lemonde. fr, der spiegel, le nouvel obs, marianne, rue 89, entre autre. Ca doit être rédigé par des pigistes de 14 ans maintenant, se transforment en vraies feuilles à scandale.

    P 41, “De la dialectique de la communication” Kierkegaard.

    “C’est ainsi que bruit ou bouillonne la vie de la génération ; bien que tout ne soit qu’un tourbillon, l’on entend sans cesse coup de semonce et tocsin, exhortant l’individu à se dépêcher, vite, à la seconde même, à tout jeter par dessus bord : méditation, silencieuse réflexion, pensée apaisante de l’éternité, sinon il sera trop tard pour faire partie de l’expédition de la génération qui se met à l’instant en route – et alors, c’est affreux. Hélas oui : c’est affreux. Et pourtant, tout, tout vise à nourrir cette confusion, la hâte insensée de cette poursuite infernale. Les moyens de communication se perfectionnent sans cesse ; l’on arrive à imprimer de plus en plus vite, à une vitesse incroyable ; mais la vitesse augmentant, les communications deviennent de plus en plus hâtives, de plus en plus confuses. (…)

    Voilà ce qui produit l’improbité ; les concepts sont abolis, le langage devient confus, (..) C’est lâge d’or des radoteurs.

    1. Un certains nombre de journaux qui sont en train de collapser sur le plan intellectuel :

      Vous voulez dire “sont en train de s’effondrer” je suppose.

      C’est la civilisation capitaliste de masse qui veut cela, pour que tout le monde puisse consommer et que quelques uns se fassent des cou… en or. La qualité a été sacrifiée à la quantité. Cette dérive se retrouve dans tous les domaines de nos vies. Et conduisent au niveau économique aux politiques déflationnistes que l’on connaît aujourd’hui. Politiques suicidaires pour nos sociétés, d’autant plus que le chômage grandissant exclu du cercle des consommateurs de plus en plus de contemporains, et que les dettes privées ne peuvent plus être remboursées.
      Du coup ces dettes sont transformées par nos propres représentants (qui nous trahissent) en dette publique, qui permettent aux créanciers privés de se payer sur ce qui reste de systèmes de protection sociales aux peuples; pas la peine de rappeler les drames que cette politique a déjà produit chez les grecs.
      Cette glissade vers le gouffre et la servitude du plus grand nombre, continuera tant que l’on ne réhabilitera pas la qualité, la qualité de la vie plus particulièrement. Tant que l’on subordonnera un improbable bonheur à la quantité des choses que nous pouvons consommer, choses qui sont le plus souvent de piètre qualité, et pour lesquelles on nous pousse à nous endetter.
      Tant que l’on ne retrouvera pas la faculté de prendre le temps de vivre tout simplement.
      Tant que ce système d’aliénation des esprits -productiviste et consumériste, d’esclavage par la dette – n’aura pas été mis à bas. C’est le défi que nous avons devant nous.

    2. Comme dit l’adage:

      “Il ne faut pas confondre vitesse et précipitation.”

      Or aujourd’hui où le temps manque, pour cause de productivisme-consumérisme effréné, nous
      sommes en permanence dans la précipitation. C’est pour cela que tout finit par s’effondrer.
      Ce système d’aliénation de masse de par son insubordination au temps, ne peut que s’autodétruire.

  9. @ Charles A. et Léoned

    L’ EUROPE DES PEUPLES

    Pour l’édification des jeunes générations, les passages qui suivent ont été écrit par mon grand-père paternel, qui lui, est revenu de la Grande Guerre.

    Nous sommes à la fin de la guerre:

    “Nous devions prendre position à deux kilomètres au nord de Cierges, mais il fallut attendre près d’une journée avant de voir revenir de leur reconnaissance les officiers, et le ravitaillement n’arrivait pas davantage. Nous trompions la faim en explorant le champ de bataille. Quel spectacle de désolation et de mort! Sur un petit plateau, dans une surface de quelques ares, près de deux cents cadavres allemands gisaient dans une tranchée baignant dans leur sang étendu de l’eau de la pluie nocturne. La plupart étaient fort jeunes, seize ou dix-sept ans. Certains montraient un visage épouvanté; d’autres, recroquevillés dans leurs trous, semblaient seulement endormis. C’étaient des ennemis, mais ce spectacle me faisait horreur et je ne pouvais me défendre d’un sentiment de pitié pour des êtres jeunes qui avaient eu une fin misérable. Ce sentiment n’était pas partagé par tous mes camarades- et ils avaient peut-être leurs raisons- puisque un peu plus loin sur la route, je fus témoin d’une scène plus horrible encore: deux ou trois “individus” se livraient à une sorte de tir inédite, ayant pris pour cible un cadavre allemand qu’ils bombardaient de boules de pain provenant d’un fourgon démoli par un obus.”

    Pendant l’occupation en Allemagne dans le Palatinat:

    “Une nuit, j’étais de faction sur la deuxième route, à quelque distance d’un passage à niveau vaguement éclairé par sa lanterne. Peu après minuit, j’avais été visité par une ronde que j’avais arrêtée selon les règles. Peu après, un train s’arrêtait au passage à niveau et j’en vis descendre une ombre. Bientôt, je pus voir cette ombre se diriger vers moi. Quand elle fut à la distance réglementaire, je criai, tout en chargeant mon mousqueton – ce que j’aurais dû avoir fait – les sommations d’usage: “Halte là! Halte là!, Halte là, ou je fais feu!” Au troisième avertissement, mon arme se trouva chargée et j’aurais dû tirer, car l’ombre ne s’était pas arrêtée et se trouvait à portée de ma baïonnette. C’était un voyageur chargé de deux valises; je compris qu’il n’avait pas de mauvaises intentions. Il n’avait pas compris mes ordres et, comme il insistait, je lui criai: “Nicht passer ou kapout!” Ce dernier mot fut si bien entendu que mon voyageur ne demanda pas son reste. Il fit demi-tour et partit dans le noir, sans se douter qu’il me devait la vie. Attiré par le bruit, le sous-officier de ronde revint sur ses pas; je lui dis ce qui s’était passé. “Il fallait tirer!”, répondit-il sans hésiter. Il s’en alla à son tour, et je restai seul avec la honte d’avoir épargné une vie humaine! Il est vrai qu’il s’agissait d’un Allemand!”

    “A Langen, nous étions logés chez l’habitant, Avec Gigut et Nanet, nous échûmes chez un employé de gare. Il y avait deux jeunes filles dans la maison qui était le rendez-vous de tous les jeunes du quartier. Notre ménage se faisait tout seul, notre linge était lavé, nos armes astiquées; nous assistions à des soirées où l’on dansait, nous écoutions de la musique; nous oubliions même que nous étions militaires et…nous arrivions en retard à l’appel, quand nous ne le manquions pas! J’eus l’occasion de discuter avec des étudiants qui parlaient français. Tout d’abord, ils ne comprenaient pas qu’un instituteur ne fut pas officier et ils ne cachaient pas leur espoir d’une revanche prochaine. “L ‘Allemagne n’a pas été battue, disaient-ils, et, ici nous sommes tous soldats…!” Il ne me fut pas possible de pénétrer le fond de leur pensée, car Gigut et Nanet veillaient et ne toléraient pas ces “écarts de langage”.
    Le 27 juin 1919, chacun faisait ses pronostics sur la paix; “Les Allemands ne signeront pas”, disions nous aux Fritz – “lls signeront, ya, ya!” répondaient-ils. En effet, ils ne voulaient pas voir la guerre se réveiller sur leur sol. Ce jour-là, je ne manquai pas à l’appel, car il y avait revue du capitaine, mais je récoltais deux jours de consigne pour avoir des livres dans ma musette. Les punitions furent levées le lendemain et le capitaine Andouille ne comprit certainement pas l’indignité de sa conduite.
    Les habitants de Langen gardent certainement un mauvais souvenir du 28 juin. Déjà dans la nuit du 27 au 28, des officiers avaient, malgré la protection d’une haute grille de fer, scié presque au ras du sol, un chêne magnifique, qui commémorait l’avènement de Guillaume II. Le soir, une retraite aux flambeaux fut annoncée et comme dans une récente manifestation de ce genre, les civils se réjouissaient à la perspective d’un beau défilé militaire. Dès 21 heure, le cortège se forme, flambeaux, service d’ordre, musique, troupe: infanterie de marine, artilleurs, génie, chasseurs d’Afrique. On s’arrête sur la première place, la musique joue la Marseillaise que les militaires écoutent au garde à vous. Quelques allemands saluent; d’autres gardent leur chapeau sur la tête, en quoi ils ont bien tort. Lancées par des mains expertes, leurs coiffures voltigent au-dessus de la foule des soldats. Le cortège se remet en marche; les coloniaux surtout sont excités. Les curieux qui, sans méfiance, les regardent passer, voient leur chapeaux voler et …retomber sur les baïonnettes des soldats. A chaque place, on fait halte. Dans une des grandes artères de la ville, la marée humaine déferle devant une maison cossue, ornée sur toute sa longueur, d’un balcon où on accède à chaque bout par quelques marches. Tout au long de cet observatoire de gros bourgeois debout et fumant d’énormes cigares regardent passer le flot d’un air goguenard. Un adjudant de la “coloniale” gravit le perron et , passant devant ces paisibles fumeurs leur enfonce successivement, d’un coup de paume, le cigare jusqu’au fond dans la gorge. Vous devinez la tête des bourgeois et les rires des spectateurs. Et le défilé se poursuit ainsi jusqu’à une heure avancée. De retour au cantonnement, les jeunes filles de la maison nous firent des reproches sur la conduite des militaires; “Oui, leur répondis-je, on pourrait croire que les français sont plus mauvais dans la paix qu’en temps de guerre”. Ils ont peut-être des circonstances atténuantes: il y en a dans le nombre qui ont eu certainement à se plaindre, directement ou non, des soldats allemands qui ont occupé leur pays. Ce n’est pas nous qui avons commencé.”

    Voilà.

    Alors nous nous décidons ou pas à la faire cette Europe des peuples ? Nous les citoyens européens, malgré nos politiciens, leurs amis banquiers et marchands d’armes !

  10. Que penser du vote en urgence des députés le 21 Février prochain concernant la ratification de la mise en place du M.E.S et sa subordination à la règle d’or concoctée par A.Merkel et N.Sarkosy? Certains parlent de véritable “coup d’Etat. Si vous pouviez m’éclairer à ce sujet. J’ai lu que c’était entre autre signer pour l’austérité pour tout le monde…Pas gai.

  11. Je ne compte pas parmi les fans de Merkel, mais je dois dire elle fait pour son pays ce qui est raisonnable et possible. Obama et compagnie, les investisseurs lui demandent sans cesse d’acheter des obligations toxiques via la Bad Bank (au Luxembourg). Elle essaye de naviguer entre les rochers.
    Pour la Grèce il n’y a qu’un salut (à mon humble avis): le retour à la monnaie nationale. Les efforts que le pays a fourni en terme d’économies n’a rien donné.
    Ce sera dur, une stabilisation relative demandera plusieures années, mais c’est probablement le seule solution pour que le pays retrouve son auto-détermination.

  12. A lire:
    On aura faim, et froid
    Mais pas assez, ou alors on est tellement en colère qu’on en oublie la peur, pour ne pas aller casser les bureaux des députés traîtres à notre cause. Il y en a déjà deux qui n’ont plus de locaux (dont un socialiste, si l’on peut dire), et qui cherchent leurs meubles… sur le trottoir. Le tour des autres viendra, on n’aura bientôt plus aucune raison de ne pas être violents. Faites passer, ça ne passera pas. Pas comme ça. Il y a les sous, oui. Mais aussi la dignité, les moments d’insouciance, les heures à ne rien faire et à ne penser qu’au bonheur de vivre.
    Ça ne s’abandonne pas si facilement, son humanité. On aura faim, peut-être, surtout dans les villes (nous, on va mettre des poules dans le jardin, on a la mer, pas riche mais bon) ; on aura froid (ça, on connaît déjà) ; on aura peur (c’est nouveau, on a goûté, on y goûte un peu plus tous les jours). Mais on avancera. Faites gaffe, ils se rapprochent. Ils auront fait de nous des cobayes, personne n’y croyait, et on y est. Demain, on mord… Prenez soin de vous, et de votre humanité. Si on oublie, si de rage, de peur ou de désespoir on en vient à se perdre, rappelez-nous à la nôtre.
    Marie-Laure Veilhan- Basta

  13. “NOUS N’AURONS BIENTOT PLUS AUCUNE RAISON DE NE PAS ETRE VIOLENT”

    l’article complet dans le contexte:
    Grèce : « Nous n’aurons bientôt plus aucune raison de ne pas être violents » Publié par Marc Lafontan | Libellés : La Cage

    Marie-Laure, Française exilée en Grèce depuis vingt ans, raconte la manifestation qui a secoué les rues d’Athènes le 12 février, et l’angoissant climat qui s’installe dans le pays. « Prenez soin de vous, et de votre humanité. Si on oublie, si de rage, de peur ou de désespoir on en vient à se perdre, rappelez-nous à la nôtre », nous prévient-elle.

    La manif de dimanche n’était en fait pas vraiment une manif. C’était plutôt comme si beaucoup, beaucoup de Grecs avaient décidé de quitter leur boulot, leur cuisine, l’endroit ils se trouvaient, pour aller se camper autour du Parlement… Il y avait des vieux, des mémés (pas beaucoup mais quand même), beaucoup de couples, cools.

    On s’est retrouvés avec Yorgos Mitralias (fondateur de l’ELE, le comité pour l’audit de la dette grecque), dans une galerie historique, en contrebas de Syntagma. À cinq heures pile, on était à l’angle gauche du Parlement, au coin de l’hôtel Grande-Bretagne.
    Les forces de l’ordre, style Ninjas, « carapacées » jusqu’aux oreilles, avaient bloqué l’accès à plusieurs rues, et formé un cordon impressionnant devant le Parlement. Là, ils ont balancé les premiers lacrymogènes, et ça n’a pas cessé, ensuite, pendant des heures.
    On a battu en retraite, fait le tour de la place en courant et en trébuchant pour filer aussi vite que la foule le permettait. La foule, dense, partout. Les Ninjas nous repoussaient. La foule faisait des vagues, flux et reflux, mais on revenait toujours. Manifestement, les flics avaient peur qu’on atteigne le Parlement – on était prêts à entrer, c’est vrai. À l’intérieur, on a vu plus tard ce qui se passait. Pour l’instant, il fallait reprendre son souffle et continuer, trois pas en avant, quatre en arrière…
    Une foule immense et pacifique
    Je ne raconte pas les « incidents » : ils sont sur tous les écrans. On nous parle de la catastrophe provoquée par les casseurs : très probablement, d’une part, des flics provocateurs, comme d’habitude, pour justifier les lacrymos ; cette fois-ci, on tenait l’info d’un jeune cousin – flic – avec qui on a déjeuné juste avant la manif, lui était en arrêt maladie, le veinard… ; d’autre part, les supporters membres des club sportifs Panathinaïkos, Panionios et Olympiakos, ennemis jurés d’habitude, qui avaient décidé une trêve et lancé un appel aux supporters pour se retrouver à Syntagma, alors même qu’un match se tenait, à la même heure. Eux, ou plutôt certains d’entre eux, sont bien entraînés, et ils savent casser, et castagner…
    Catastrophe, donc, à Athènes. OK, beaucoup de magasins incendiés (dont beaucoup de banques). Version Paris Match, c’est effectivement très impressionnant. Rien, mais rien du tout sur la foule immense, pacifique, qui s’en est pris plein les poumons, y compris Mikis Théodorakis, compositeur et véritable symbole pour les Grecs, et Manolis Glezos, symbole encore plus énorme, c’est lui qui a descendu le drapeau allemand de l’Acropole, pendant l’Occupation. Ils ont aujourd’hui respectivement 88 et 90 ans. Eh bien, il s’est trouvé des flics pour les menacer de leurs matraques, et leur balancer leurs lacrymos. Et oui !
    Un salaire minimum de 480 euros par mois
    Ils avaient la trouille, oui, jusque dans leurs chaussettes, qu’on montre les images de cette mer de monde bruissante de colère et de désespoir. Les chaînes de télé montrent toutes les mêmes images, là, on se rend compte de la mainmise du pouvoir. Les journalistes « analysent » les dégâts, maintenant qu’ils sont rassurés sur l’avenir. Désormais rose bonbon, ouf, le mémorandum est passé, on aura désormais un salaire minimum de 480 euros par mois net. Donc la croissance va reprendre d’une minute à l’autre.
    Bon, il faut se serrer un peu la ceinture, OK, mais on n’est pas irresponsables, nous les députés, on assume et on signe… On se désole que 100 personnes risquent de perdre leur emploi à cause des dégâts causés par les casseurs. Rien sur les 15 000 fonctionnaires qui vont perdre leur poste, ni sur les orphelinats qui ferment, tout simplement… Ils ont signé, les salauds, il n’y en a eu que 45 pour se rebeller contre la ligne donnée par leur parti (dont deux de l’extrême droite, qui ont signé pour, malgré la position de leur chef). Un député, héros du jour ou dangereux subversif, a balancé le mémorandum en direction de Venizélos (Evangélos Venizélos, ministre des Finances, ndlr). Nous voilà à la nouvelle ère, celle du mémorandum 2, là où on a faim, froid, et peur.
    On aura faim, et froid
    Mais pas assez, ou alors on est tellement en colère qu’on en oublie la peur, pour ne pas aller casser les bureaux des députés traîtres à notre cause. Il y en a déjà deux qui n’ont plus de locaux (dont un socialiste, si l’on peut dire), et qui cherchent leurs meubles… sur le trottoir. Le tour des autres viendra, on n’aura bientôt plus aucune raison de ne pas être violents. Faites passer, ça ne passera pas. Pas comme ça. Il y a les sous, oui. Mais aussi la dignité, les moments d’insouciance, les heures à ne rien faire et à ne penser qu’au bonheur de vivre.
    Ça ne s’abandonne pas si facilement, son humanité. On aura faim, peut-être, surtout dans les villes (nous, on va mettre des poules dans le jardin, on a la mer, pas riche mais bon) ; on aura froid (ça, on connaît déjà) ; on aura peur (c’est nouveau, on a goûté, on y goûte un peu plus tous les jours). Mais on avancera. Faites gaffe, ils se rapprochent. Ils auront fait de nous des cobayes, personne n’y croyait, et on y est. Demain, on mord… Prenez soin de vous, et de votre humanité. Si on oublie, si de rage, de peur ou de désespoir on en vient à se perdre, rappelez-nous à la nôtre.
    Marie-Laure Veilhan- Basta

  14. Dire que certains, en France, disent que c’est bien fait pour les Grecs, que ce qui leur arrive est de leur faute, que personne ne payait d’impôts et que l’Allemagne dont les citoyens sont si droits, a raison d’être sévère avec eux…Bla bla bla.

  15. Lu dans la presse de ce Samedi 18 Février:
    “La BCE manœuvre pour éviter des pertes sur les obligations grecques L’institution a toujours refusé une décote, assimilée au financement illégal de l’Etat. Elle serait en train de réaliser des échanges de titres”.
    Une vrai tricherie, non?

    1. Oui la Presse: “assimilée au financement illégal de l’Etat”….Je ne comprends meme pas ce que cela veut dire tellement la polémique est stérile.
      La BCE ne refuse pas de décote pour l’excellente raison que ces obligations servent aux prèts illimités des banques à 1%. Elle fourguent leurs actifs toxiques à la BCE. C’est ce que fait Draghi, comme Bernanke à la Fed (Federal Reserve US). On appelle ça “qualitative easing”. (Assouplissement qualitatif: sic!)
      Si vous voyez les chose comme ça vous changez de paradigme.Vous passez dans les coulisses du spectacle pour gogos. De la part de la BCE ce n’est que du cynisme et de l’hyprocrisie, l’art de masquer la réalité.
      Ou si vous voulez, la BCE devient la Bad Bank eurpéenne des dettes privées et pretexte la vertu de ne pas prèter “illégalement” aux états! Hilarant! Faut bien rigoler de temps en temps.
      Et dans les actifs pourris il n’y a pas que des dettes d’états, comme je le disais sur ce blog, la petite dette de la Grèce est noyée dans l’océan des dettes privées, bardées de CDS, CDO etc…
      Plus de 4000 milliards d’euros sortis par la BCE en échange d’actifs douteux.(Euphémisme: Mis en pension! Pour l’éternité…)

      La Grèce dans le fond leur sert d’excellent alibi….

      La Fed quand à elle, a sorti 14 000 milliards de dollars depuis 2008.(Publié dans les documents officiels de la Federal Reserve). Dont une bonne partie c’estr retrouvée dans les banques européennes, à coup de centaines de milliards de dollars par tete de pipe….
      Donc la Presse pédale dans la choucroute….

      1. Merci izarn, merci de vos explications e de votre patience.
        Ainsi dites les “choses” me semblent plus claires, et j’avance dans la comprénhension: la BCE masque la réalité et “la presse” nous sert, en guise d’interprétation, un spectacle pour gogos, une polémique qui n’as pas lieu d’être, une diversion.
        Vu des coulisses et en dehors du paradigme, cordialement, Victor.

  16. Mélenchon au 2ème Tour ira à la gamelle comme tout le monde. Et qui servira la soupe.? Hollande bien sûr. Ne soyons pas trop naïfs sinon plus que “idiots”.!!!

  17. Des centaines de personnes commençaient à se rassembler dimanche 19 février dans le centre d’Athènes à l’appel des syndicats, contre les mesures d’austérité prises par la Grèce pour sécuriser un deuxième plan d’aide de la zone euro destiné à lui empêcher de faire faillite dans un mois.

    Mesure phare du programme adopté, un abaissement de 22 % du salaire minimum.

    Devant le parlement, les banderoles critiquaient ces mesures adoptées par le gouvernement de coalition. “Le consensus national est une combine, la pauvreté et la faim n’ont pas de nationalité” indiquait une banderole sous-titrée en anglais : “all of us we are Greeks, Merkel and Sarkozy are freaks”.

    En bas de la place, une banderole de la gauche radicale, qui organise une deuxième manifestation plus tard dans l’après-midi, appelle à la “grève sine dié et au soulèvement” tandis qu’une autre invite les députés à “quitter le pays”.

    http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20120219.OBS1765/la-rue-grecque-manifeste-contre-les-exigences-inacceptables.html

  18. éclaircies ? (et tant pis si c’est d’un jour) ? “nous sommes tous prêts”

    Ce processus du désamorçage de la peur est complexe à expliquer, déjà il n’est pas linéaire et ne concerne pas toutes les couches de la population simultanément et de la même façon.

    l

    la dernière trouvaille des bancocrates est précisément celle-ci : « Nous sommes fautifs, donc nous payons le pot de miel vide et en plus cassé ».

  19. “Les Allemands, qui se disent vertueux, estiment que les Grecs ont péché et qu’ils doivent payer. Or, ceux qui ont le plus péché, ce sont tout de même les Allemands, dont la dette a pourtant été effacée parce que les Américains y voyaient un intérêt stratégique. Pourquoi ne pas considérer que sauver la Grèce est stratégique, au lieu de mettre ce pays à genoux ?”

    http://www.lemonde.fr/europe/article/2012/02/17/l-allemagne-a-t-elle-une-dette-de-guerre-envers-la-grece_1644633_3214.html

  20. Qui va prendre possession de la colonie Europe (et pas seulement la colonie grecque) ?
    Si on croise les actions et propositions européennes (allemandes), les propos du LEAP (affrontement Euroland vs anglo/USA) et le reportage mis en ligne sur le blog de Berruyer (http://www.les-crises.fr/video-city-de-londres/), on en arrive à la conclusion que l’enjeu actuel, au niveau européen, se réduirait à sortir du joug de la finance internationale (régime de type seigneurial, basé à la City, État privé dans les États publics) pour se mettre sous celui de l’industrie allemande.
    C’est un peu dommage, car le simple changement de Maître ne résoudra en rien les problèmes fondamentaux auxquels nous sommes confrontés (qui sont structurels et liés au choix de la société de marché) et va nous embringuer encore x dizaines d’années dans l’erreur (et au pire vers un conflit, mode de résolution des tensions utilisé régulièrement par l’humanité).
    La crise pourrait être au contraire un moment idéal de remise à plat du système pour aller, rêvons un peu, vers la démocratie.

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