L’actualité de la crise : UNE STRATÉGIE BIAISÉE DE DÉSENDETTEMENT, par François Leclerc

Billet invité

Une même dette et deux stratégies complémentaires dans le cadre d’un plan d’ensemble biaisé : c’est ainsi que peut être résumée la conception du désendettement qui prévaut. Dette publique et privée sont en effet des vases communicants, comme on n’a cessé de le constater, mais le traitement qui leur est réservé n’est pas identique.

Le dernier épisode en date est la restructuration de la dette souveraine grecque, mais il ne doit pas masquer la substitution au public du risque du privé qui en résulte, une fois l’ensemble du plan de sauvetage accompli et les banques ayant pris une part de la peine. Un sacrifice de leur part qui est le reflet des difficultés rencontrées dans l’accomplissement du désendettement et de l’incontournable et nouvelle nécessité d’en partager le poids.

Les stratégies ne sont toutefois pas les mêmes dans le cas du privé et dans celui du public, une différence particulièrement visible en l’Europe où les entrailles du système financier sont plus exposées. La dette publique a été désignée pour suivre un régime intensif destiné à la réduire au plus vite, ce que le marché a traduit par une hausse des taux obligataires. Tout un attirail juridico-institutionnel est progressivement mis en place afin de contraindre les États à se désendetter dans les plus brefs délais.

Au prétexte de la défense de l’euro, se joue une autre partie sous-jacente. L’objectif est de céder de la place sur le marché, afin que les établissements privés puissent se refinancer dans les meilleures conditions. Le télescopage de leur demande avec celle des États aboutissant à tendre le marché et à accroître le coût du roulement de la dette des banques.

Un tout autre destin a été réservé à la dette privée, les banques absorbant lentement le choc du désendettement en continuant d’opérer sans entraves sur les marchés financiers. Comme cela ne suffisait pas, et que dans un premier temps – en dépit des mesures d’austérité budgétaire – la dette publique continuait dans un premier temps à augmenter et le marché à se tendre, il a fallu trouver un moyen pour les soutenir. C’est là où la BCE est intervenue sous forme d’une quasi création monétaire avec des prêts massifs, le marché ayant fermé ses portes à de nombreuses banques et les fonds monétaires américains ayant commencé à se retirer. L’objectif poursuivi était double: dégripper le marché obligataire pour les besoins du privé et calmer le jeu pour les obligations souveraines par ricochet, les banques y contribuant en revenant à la faveur d’opérations de carry-trade.

Mais les analystes s’inquiètent désormais en se demandant si la fenêtre d’opportunité qui a été ouverte va le rester longtemps. Le deuxième prêt à trois ans de la BCE (LTRO) de la fin du mois va être significatif, permettant de juger de l’ampleur de la demande des banques et donc de la situation du marché obligataire à leur égard. Ainsi que de leur intention de revenir significativement sur le marché de la dette souveraine avec comme conséquence de le détendre, comme il leur est discrètement suggéré.

Le plan a donc dû être ajusté pour les uns, et commencer à l’être pour les autres. La BCE joue les anges gardiens pour les banques, pour une durée de trois ans dans l’immédiat, en attendant de voir pour la suite ; les États européens tentent de leur côté de péniblement réunir les fonds permettant de refinancer les États en péril, afin qu’ils puissent sortir du marché qui les font plonger, mais sous sévères conditions. L’enjeu est que le FMI y participe en grand, les moyens européens propres n’étant pas suffisants, même si les Allemands consentent finalement à additionner les garanties apportées au FESF avec le capital souscrit au MES. On remarquera que, des deux côtés, ce sont les fonds publics qui sont mis à contribution.

Mais il y a anguille sous roche dans les deux cas. La récession dans laquelle la zone euro est plongée, du fait de l’application du plan lui-même, ne peut que compliquer et ralentir le désendettement des États, contrairement à l’objectif poursuivi. C’est pour cela que les pressions se multiplient sur le gouvernement allemand pour qu’il desserre un peu l’étau et accepte un rythme moins soutenu. Le dernier appel en ce sens, après ceux réitérés du FMI et du gouvernement américain, provient de l’Institute of International Finance qui représente les grandes banques mondiales. C’est dire l’inquiétude pour la suite des événements qui se manifeste.

Là où le bât blesse également, c’est qu’une mise en œuvre est proposée de recettes libérales jusqu’à maintenant partiellement entravées, afin de créer parallèlement au désendettement les conditions d’une relance économique. En gros la diminution du coût du travail et la fin de l’État providence, comme Mario Draghi, le président de la BCE, l’a annoncé vendredi dans le cadre d’un entretien qui fera date, accordé au Wall Street Journal. On peut cependant fortement douter de l’efficacité de ce type de réformes et, dans le meilleur des cas, de la vitesse à laquelle elles pourront produire leurs effets afin de permettre la poursuite à moindres heurts du désendettement public.

Le système financier manifestant un grand accès de faiblesse, en dépit de deux tentatives de masquer son état réel via des stress-tests bidons, il a fallu se résoudre à le reconnaître en préconisant un accroissement des fonds propres des banques, en anticipation de la réglementation Bâle III. Ce qui a déclenché une crise, en raison des difficultés que les banques ont alors rencontrées pour financer sur le marché à la fois le roulement de leurs opérations et le renforcement de leurs fonds propres. Est venue s’y ajouter une pénurie d’actifs de qualité destinés à être apportés en garantie de leurs emprunts. La BCE est donc intervenue en abaissant la barre pour ce qui la concerne, faisant reporter le risque de leur détention sur les banques centrales nationales, c’est à dire exclusivement sur les États, car celles-ci ne peuvent pas battre monnaie comme elle.

La chute des résultats des banques – résultant à la fois de la situation économique et de l’incapacité à poursuivre certains de leurs profitables jeux financiers, comme la titrisation dont le marché est atone – est venu compliquer cette situation. Elle diminue le rendement des fonds propres des banques ainsi que leurs affectations aux réserves que les banques utilisent pour se renforcer. Rétrécissant le chemin royal grâce auquel il était escompté qu’elles allaient progressivement améliorer leurs comptes.

Les incertitudes des deux phénomènes conjugués, l’application du plan d’ensemble est compromise. De la même manière qu’il a fallu faire intervenir la BCE pour assurer un financement de secours des banques, une restructuration de la dette souveraine grecque a donc du être consentie, en s’y reprenant à deux fois. Tout en jurant à chaque fois que c’est l’unique et dernière fois, et qu’aucun autre pays n’en bénéficiera après. On est donc passé d’un plan A à un plan A’, sans se résoudre à adopter un plan B impliquant de modifier les priorités et de s’attaquer prioritairement aux problèmes des banques au lieu de les masquer. Car cela imposerait des mises en cause en cascade et il n’est pas question d’ouvrir cette boîte de Pandore.

Quelles sont les chances de fonctionner de la variante à peine esquissée de cette nouvelle option du plan ? Elles sont très faibles, il peut seulement en être escompté dans l’immédiat une certaine stabilisation de la situation des banques, la crise allant à nouveau se reporter sur les États. Mais l’hypothèse d’un retour sur le marché de ceux qui bénéficient d’un plan de sauvetage n’est pas crédible : le Portugal devrait le faire en 2013 et la Grèce en 2014… Il est dans ces conditions d’ores et déjà acquis qu’il va falloir adopter de nouvelles aides. En attendant toujours une hypothétique reprise, dont les conditions n’existent pas, une relance dont on cherche les gisements en vertu d’une idéologie qui a fait faillite.

De quoi peuvent aujourd’hui se prévaloir les dirigeants européens qui s’y agrippent plus que jamais ? D’avoir gagné du temps en étant enfin plus ou moins parvenus à colmater les brèches et à obtenir une certaine accalmie, passant d’un état aigu de la crise à un état chronique. Rien de plus, car les problèmes principaux sont toujours devant, ils ne sont que repoussés dans l’avenir.

Les cas de l’Espagne et de l’Italie vont être déterminants, car le temps ne joue pas pour ces deux pays. Afin d’arrêter la pendule, il faudrait les mettre sous assistance sans attendre le dernier moment, mais les moyens financiers manquent encore et cela coince. La relative détente observée sur le marché obligataire peut faire dire abusivement qu’un cap est franchi et qu’un mieux est observé; c’est oublier qu’ils ne se refinancent sur le marché qu’à très court terme pour l’essentiel de leurs émissions, et qu’ils sont de ce point de vue très vulnérables à toute brusque tension sur le marché obligataire.

Dans le cas de l’Espagne, qui s’est détachée dans la course qui mène à la grande catastrophe, on observe que l’éclatement de la bulle immobilière progresse plus vite que la restructuration et le renforcement du système bancaire qui en est attendu. Comme les banques italiennes et quelques autres (dont Dexia la franco-belge), les banques espagnoles sont sous assistance permanente de la BCE et ne peuvent s’en passer. La situation sociale devient de plus en plus intenable, amenant l’État à promettre des aides financières aux collectivités locales qui gèrent de nombreux services, sans préciser leur financement, alors qu’il ne parvient pas à respecter ses propres objectifs de désendettement et cherche à les renégocier à Bruxelles.

Peut-être est-il encore possible d’adoucir la pente, avec pour conséquence de prolonger ad vitam aeternam la pénitence, mais cet acharnement qui se fait sur le dos des Espagnols aura d’une manière ou d’une autre des limites. Ce qui est en jeu à ce stade, c’est la capacité des gouvernements à maîtriser une situation sociale faite de résignation, de rejet et de révolte mélangés, sans jamais savoir comment le vent va tourner. Avec pour maigre viatique la réaffirmation de dogmes libéraux présentés comme des solutions intangibles.

Ce qui est aussi en question, c’est le partage du poids du désendettement, dont la charge totale a dans un premier temps entièrement reposé sur les États, occultant que l’accroissement très important de la dette publique était le résultat direct de la crise financière privée… Avec la Grèce, un tabou vient d’être rompu qui revient sur ce choix imposé. D’autres devront suivre, car il n’est pas concevable que le système puisse éternellement fonctionner sous le régime actuel d’assistance financière publique. De nouveaux incidents de parcours seront le moteur de nouvelles transgressions.

Le partage qui a commencé est extrêmement limité, mais il placerait les dirigeants européens devant un problème insoluble s’il devait être poursuivi. Vu l’interpénétration croisée de la dette publique et privée, les deux désendettements doivent être simultanément maitrisés. Mais cela se révèle impraticable, car il faut charger l’un pour décharger l’autre, aider le désendettement de l’un fait obstacle à celui de l’autre.

La seule solution est de réduire une dette devenue trop énorme par une restructuration d’ampleur et globale, mais c’est une évidence beaucoup trop dérangeante pour être admise. Dans ces conditions, la crise de la dette a de beaux jours devant elle, alimentée par les tergiversations de ceux qui ne savent pas la régler.

Le cap des élections présidentielles passées, le sujet va redevenir de pleine actualité aux États-Unis. L’évoquant sans attendre à l’occasion d’une conférence donnée à Mexico en marge de la réunion du G20 finances, Charles Dallara, le directeur général de l’Institute of Internationale Finance, a remarqué que « si on regarde le déficit budgétaire américain, on ne peut s’empêcher d’avoir le sentiment qu’un accident grave est en préparation ; pas seulement un accident grave pour les États-Unis, mais pour le monde entier ».

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60 réflexions sur « L’actualité de la crise : UNE STRATÉGIE BIAISÉE DE DÉSENDETTEMENT, par François Leclerc »

  1. Bjr,

    Hé oui, cela fait longtemps que le LEAP avait anticipé, (pour la Grèce bientôt ce ne sera plus le sujet principal), mais ce sera les USA.
    Je profites pour vous dire que bien qu’appréciant beaucoup vos commentaires, je vous trouve un tantinet défaitiste, ainsi que Mr Jorion concernant l’Europe.
    Bien que le LEAP ait pêché par excès d’anticipations parfois, il me semble que Mr Jorion soit un peu ironique, voir un peu trop arrogant à leur encontre.
    Mais bon, à chacun !
    Bon courage, il va vous en falloir pour commenter tt ce qui va se passer aux USA et dans le monde,

      1. je comprends pas …
        un concours de qui à la plus grosse …[petit suspense] … boule de cristal ?
        Kikin’enveux de ma bonne prédiction ?
        Mon avis à moi que j’ai c’est que je m’en fiche complètement.
        le fight club à l’affiche jorion/leap, non merci.
        avec ce qu’on va se ramasser dans les cours temps qui viennent ça me parait pas hyper urgent comme débat.
        qu’importe l’oracle au vu de la cata qui s’annonce 😉

    1. @rodj
      bjr,

      Bien d’accord avec vous concernant votre dernière phrase.
      Sachez que je défends de la même manière Mr Jorion lorsqu’il est pris de haut sur d’autres forums ou d’autres sites, ou même de vive voix.
      De qui est le meilleur n’était pas mon propos.
      Incompréhension quand tu nous tiens…..

  2. En gros la diminution du coût du travail et la fin de l’État providence, comme Mario Draghi, le président de la BCE, l’a annoncé vendredi

    Nos dirigeants finissent par dire n’importe quoi : le BUT du marché commun était d’étendre l’état providence à tous les pays membres. Si, pour maintenir l’Union, il faut renoncer à cet Etat providence on avoue l’échec absolu du projet.

    N’est-ce pas ce que dit M. Pierre De Boissieu, ancien secrétaire général du Conseil de l’Union Européenne quand il déclare dans le Journal « La Croix » de Jeudi : « L’Union joue aujourd’hui dans une certaine mesure contre l’Europe » puis : »L’objectif n’est pas l’Union mais l’Europe pour que Demain nos petits enfants aient un avenir ».

    La crise a d’ailleurs bon dos : elle ne fait qu’accélérer un processus que les économistes avaient annoncé : le libre échange accroit les inégalités dans chaque pays car les travailleurs exposés à la concurrence ne peuvent plus défendre leur pouvoir d’achat et les détenteurs de capitaux peuvent aller chercher de meilleurs rendement où ils veulent.

    Autrement dit : le problème de l’Europe est qu’elle ne produit pas assez et on nous dit que la solution est de changer la répartition de la richesse produite. La répons me parait passer à coté de la question

    1. on nous dit que la solution est de changer la répartition de la richesse produite. La répons me parait passer à coté de la question

      Si ce n’est pas la solution, c’est une urgence et un préalable.

      1. Dans la crise du capitalisme mondialisé, la bourgeoisie française
        se ferait hara kiri en répartissant les richesses.

        Il faut exiger cette répartition, non pas pour placer les mêmes à la soupe,
        mais en disant que pour y arriver,
        il faut préparer le soulèvement,
        la grève générale, aussi étendue que possible à l’Europe,
        jusqu’à imposer par la force et le nombre la démocratie réelle,
        dont l’expropriation du capital est la condition première.

        C’est la solution des peuples,
        et le cauchemar des politiciens professionnels d’alternance,
        de droite comme de gauche…

      2. Je ne suis pas sur que nous nous comprenions. Ma phrase sur le changement de la répartition des richesses fait allusion aux propos de M. Draghi qui veut exacerber les inégalités en supprimant l’Etat providence qui les tempère (ou les tempérait).

        Il applique là à fond la théorie du choc et utilise la désorientation créée par la crise pour faire passer des mesures qu’il estime souhaitables même si elles sont sans rapport avec le problème posé.

        L’urgence que vous évoquez est sans doute de rétablir une répartition raisonnable pour aider les plus pauvres., l’exact opposé de ce qu’on nous propose.

        Je partage tout à fait votre opinion.

  3. La suite du laïus de Dallara… « en attendant la douche froide »…

    Countries that are occasionally immature in their ability to manage their economic affairs as well as they should — and that includes most of them — are going to find that the world is at risk.
    These countries are going to wait for the marketplace to give them a shower of cold water. And we know that when that happens… it can give a shower of cold water to the global economy.

  4. Bonjour,
    Je ne comprends pas le but ou l’objectif, l’élite financière essaie-t-elle de remettre au marche l’ancien système capitaliste? Or ce système même qui a provoqué les problèmes. Comment peut -on savoir les progrès réalisés pour ne pas retomber au système d’avant? Je vous parle exactement par exemple : L’ interdiction des paris sur les fluctuations de prix (Paul Jorion), Les problèmes des paradis fiscaux …etc. Ou encore, sommes-nous encore dans les phases de discussions illimités entre experts? ça fait quatre ans que cette crise persiste et ravage les gens . Bref, cette situation commence vraiment à susciter des questions et déceptions….

    1. Pour etre clair, l’objectif pour ceux qui sont au pouvoir c’est d’y rester et a ceux qui ont de l’argent de reussir a en voler le plus possible aux autres…

      Si pour devoir conserver le pouvoir et continuer a faire de l’argent, il faut que l’on sacrifie un pays et sa population (la grece par exemple…), cela sera fait…
      Tant que la population se laissera faire, tout cela continuera ainsi…
      C’est a nous tous de reagir !

      Avez-vous manifester contre l’austérité en Grece ?
      Etes-vous en colere quand vous voyez tout cela ?
      Ou restez-vous indigné chez vous en priant pour que cela ne s’etende pas sur vous et vos proches ?
      Ca me rappelle l’invasion de la Pologne…

  5. Amsterdam, le 26 février 2012

    Chèr M. Leclerc,

    Que pensez vous d’une interprétation plus optimiste: derrière la menace que vous décrivez dans votre contribution se cache l’option d’un pas qualitatif en avant dans le système démocratique?

    Je m’explique.

    Au dessus du système de la démocratie représentative, l’introduction du système de la démocratie participative de la façon Brésilienne, impliquant un transfer décisif y irréversible de pouvoir politique des politiciens représentatifs vers des acteurs civils participants d’une façon directe, systémique, et fermement basée sur la loi dans la prises de décisions budgettaires.

    Comme vous le savez, c’est de CETTE tradition à Chicago que viennent les Obamas, et comme vous vous rappelez, c’est CONTRE cette innovation que s’opposent tous les politiciens représentatifs traditionnels, notamment ceux qui travaillent dans la tradition de la révolution Française inachevée avec ses formes diverses d’une république monarchale.

    Voir les Etats Unis, voir la France, voir les Pays-Bas, voir la Russie, voir la Chine.

    Tous contrastés complètement par le Brésil et par l’Inde.

    http://www.jornada.unam.mx/ultimas/2012/02/25/17129161-emergentes-ayudaran-fmi-solo-si-reforma-cuotas-y-europa-hace-mas-brasil

    Pueblos unidos jamas seran vencidos!

    Bien à vous tous,

    Johan Leestemaker

    1. La réflexion autour de la démocratie participative, ainsi que les expériences concrètes qui en découlent, est à suivre de près, si l’on veut approfondir la démocratie représentative que nous connaissons, sans la limiter à la sphère politique mais en l’élargissant à l’activité économique.

      Les expériences brésiliennes, surtout dans l’Etat de Rio grande do sul et dans sa capitale, Porto Alegre, sont limitées car il leur faudrait pour déboucher se généraliser et s’instituer en alternative au pouvoir de l’Etat.

      1. Complètement d’accord avec vous.

        J’aimerais ajouter à vos mots que les politiciens représentatifs ne se sont pas reposés, voir les analyses précis de Kees Koonings (Université Utrecht, Pays Bas), un des plus grands experts internationaux quant aux développements à longue terme des systèmes locaux et départementaux de la démocratisation participative au Brésil (et en Colombie).

        Malgré ces limitations, il me paraît important de souligner que la présidente du Brésil, Dilma Rousseff, (une vraie nouvelle Nelson Mandela au niveau mondial), se distinque déjà beaucoup par rapport à son prédécesseur le président Lula, notamment en ce qui concerne la lutte contre la corruption.

        http://lci.tf1.fr/biographies/dilma-rousseff-6086628.html

        Son équipe ‘financier’ de Guido Mantega (ministre de finances) et Alejandro Tombini (président del banco central) proviennent eux deux des régions mentionnées par vous et se trouvent fermement dans le camp de l’Ecole Jorion-Leclerc.

        Ainsi, lentement, « Le Reveil des Humilié(e)s » (lire le livre magistral de Jacques Attali) se fait écouter…
        Et comme vous, je la décrirai aussi encore comme une voix basse, mais augmentante.

        Un ton jusqu’ici presque inaperçu en Europe, mais c’est ce ton qui fera la musique.

        Bien à vous tous,

        Johan Leestemaker

    2. Leestemaker,

      Comme vous le savez, c’est de CETTE tradition à Chicago que viennent les Obamas, et comme vous vous rappelez, c’est CONTRE cette innovation que s’opposent tous les politiciens représentatifs traditionnels, notamment ceux qui travaillent dans la tradition de la révolution Française inachevée avec ses formes diverses d’une république monarchale.

      Allez expliquer ça à nos jacobinbins…

  6. Dette publique US à 107% du PIB en 2012… voilà, l’implosion annoncée amorce sa course finale.
    La dette publique de l’Occident se combine à l’augmentation ces dernières semaines des prix des matières premières.

    La crise évolue en circuit fermé jusqu’au jour où les mesures des Banques centrales s’avèreront incapables d’éteindre l’incendie, ou du moins ce qu’ils ont réussi jusqu’à ce jour, c’est-à-dire de mettre en place des contre-feux.

    J’attends avec impatience le papier de M. Leclerc sur la question immobilière en Chine 🙂

  7. Ce soir sur France 5 à 20h35 « Le Monde en marche », émission ayant pour sujet : Argentine, l’imagination au pouvoir. »
    Selon Télérame,

    une leçon d’économie, très accessible, n’occultant pas les fragilités du système: les limites de la politique sociale d’assistance, les dangers d’une inflation galopante,la trop grande dépendance du pays à l’or vert (le soja, à 95% transgénique). Vivant et bien contextualisé.

  8. On pourrait changer de point de vue, en partant des USA:
    En Amérique, Paulson et Bernanke n’ont pas lésiné sur le QE: Helicopter money!
    4 ans plus tards la BCE éberluée utilise ce moyen…
    Grosso modo, il n’y pas de crise de la dette en Europe, en tous les cas pas plus importante qu’aux USA.
    Ce n’est pas du tout la dette américaine qui avait fait agir Bernanke, le président ou directeur de la Federal Reserve.
    L’action de Trichet désolante, poussée par des banques centrales à coté de la plaque et voulant ne pas voir la crise privée: Pays-Bas, Allemagne et France, a meme augmenté les taux d’interets, pour lutter contre l’inflation! Alors qu’au Japon les taux sont quasi nuls et aux USA vers les 0,5%!
    La crise ne touchant pas l’Allemagne, par conséquent le reste des européens sont des nuls!
    Bien entendu cette analyse court les rues dans les médias, chez les profs de Sciences Po, dans les universités, chez tous les économistes-traitres.
    Si ces pauvres gens savaient que l’Allemagne a truandé avec sa dette pour paraitre bonne élève! Cela a meme été publié dans « Le Monde » (Pas en première page, faut pas rèver!)
    En fait les capitaux et les garanties accordée à la SoFFin, bad-bank mise sur orbite pour emepecher la faillite de grandes banques allemandes. Les garanties accordées par ce fond étaient officiellement sur leur site de 480 milliards d’euros! Mais par entourloupe comptable cela n’a pas été compté dans la dette allemande! (Celui aurait fait un bon 2500 milliards de dettes)
    Nous savons de plus que la plupart des plus grandes banques européennes ont été inondées par des centaines de milliards de dollars par tete de pipe, provenant du QE de Bernanke!

    On peut considérer donc que la hausse délirante des taux contre la Grece, Portugal, Irlande, Espagne et désormais Italie, avait pour but de faire « péter les plombs » à la BCE:
    Il faut faire du QE en Europe, vers les banques, bien sur!
    C’est Draghi qui le fait, normal il connait de l’intérieur la structure faillitaire de la finance occidentale. Chez Goldman on connait ce que vaut la concurrence…
    Alors cela se calme sur les marchés de la dette! Tiens donc?
    Comique: C’était le plan des marchés depuis le début.
    Histoire de mensonges: Les banquiers ne veulent pas etre en situation de demander quelque chose aux états, et aux banques centrales. Donc ils menaçent de faillite les états pour couvrir le mensonge de leur pseudo bonne santé:
    Ce qu’il voulaient c’était une « helicopter money  » de la BCE.
    Pour couvrir la faillite du capitalisme. Mentir jusqu’au bout en croisant les doigts.

    Et tout ceci va résoudre quoi?
    Rien du tout ça fait gagner du temps.
    Il n’y pas l’ombre d’une reprise nulle part.
    Pas plus aux USA qu’en Europe. L’argent disparait dans sur sorte de trou noir fait de dettes de jeux, et n’alimente plus l’économie réelle. Faute de régulation et de normes comptables réalistes et honnetes.
    Il n’y a qu’un petit sursaut en Chine, dont on se demande si ce n’est pas un plan de relance interieur, puisque l’on ne voit rien sur le BDI qui s’effondre…Les chinois achètent en Chine….

    La relance c’est du pipeau pour faire réélire Obama et la droite en Europe.
    Il n’y a malheureusement rigoureusement rien de positif, et la situation objective est encore pire qu’en février 2011!

    1. Izarn, 10% de juste pour 90% de délire. La vérité noyée est moins belle que sortant du puits, ou Vénus des eaux…

      1. Puisque ça cause un peu des states…
        C’est un sociologue français… il parle de nos « amis » libertariens…

        Vous préférez donc concentrer votre attention sur le mouvement libertarien plutôt que sur le mouvement Occupy. Ce courant est actuellement très en vogue aux Etats-Unis, notamment chez les jeunes. De quoi s’agit-il et comment expliquer ce succès ?
        Louis Chauvel: « Au début de cet entretien, vous citiez l’étude du Pew Research Center sur la rhétorique politique et la valorisation des concepts. Malgré les difficultés à interpréter cette étude, je constate une chose : l’engouement des jeunes Américains pour le mot « libertarian ». Le mot lui-même est plein d’ambiguïtés, il est pire que « libéral » qui en français signifie de droite et en américain veut dire gauchiste. C’est un très étrange courant de pensée américain que l’on retrouve actuellement chez Ron Paul, candidat à l’investiture républicaine, ou dans le mouvement Tea Party.
        L’un des maîtres à penser, sinon le fondateur de ce mouvement politique et philosophique tel qu’il se développe actuellement, est Robert Nozick (avec son ouvrage Anarchie, Etat et Utopie) pour qui l’Etat doit être seulement un « veilleur de nuit », point. Il doit y avoir une police, et un Etat réduit aux fonctions régaliennes de base de façon que les individus honorent les contrats passés avec leurs voisins, leurs clients, etc. Il n’y a rien d’autre que cela. Pour un libertarien, tout ce qui est à base de solidarité, de construction collective, de mouvement social et d’Etat providence, de sécurité sociale, c’est du flan.

        Le courant libertarien est donc une sorte d’ultra-libéralisme anarchiste radical. Il se distingue du conservatisme standard du fin fond de l’Iowa et de son fondamentalisme religieux sur un point précis : il n’a rien contre la liberté de mœurs. Dans la logique libertarienne, elle relève du choix individuel.

        Alors comment les libertariens résolvent-ils ce qui apparaîtrait en France comme une contradiction entre un conservatisme économique et une extrême liberté de mœurs ? En renvoyant toute question morale ou para-religieuse à la vie personnelle et locale et en affirmant que la grande politique doit assurer le maximum de liberté pour tous. Il en résulte un courant ultra-conservateur et pourtant largement laïcisé. Contrairement au bushisme, dont les assises religieuses étaient flagrantes, le libertarianisme est très éloigné d’un christianisme traditionaliste et militant.

        Cela accompagne un mouvement de fond aux Etats-Unis, bien moins visible que Occupy mais nettement plus massif démographiquement et, je le crains, durable historiquement.

        http://www.mediapart.fr/journal/international/110212/louis-chauvel-aux-etats-unis-une-jeunesse-sans-illusion
        ( Je mets le lien comme source, c’est tout.)

  9. Scénario idéal : on résorbe la dette pragmatiquement.
    1°) Haircut tous les 18 mois, pays par pays pour les irrattrapables (Grèce-c’est fait, Portugal, Irlande et peut-être Espagne).
    2°) On rééquilibre aussi vite que possible -5 ans maxi- le déficit des pays pour les ramener vers les critères Maastrichto-règledoriens. Dérogations prévues pour les pays ci-dessus, plus l’Italie.
    3°) La BCE injecte du pognon à foison durant les deux ou trois premières années, le temps pour les États de changer leur fusil d’épaule sans que la récession soit trop criante, pour les banques d’étaler leurs pertes, et avec l’espoir de créer de l’inflation qui permettra d’appauvrir un peu tout le monde.
    4°) On colmate les fissures : régulation des circuits financiers, et au choix (z’êtes de gauche ou de droite?) rééquilibrage des rentrées fiscales et des revenus capital-travail ou dérégulation du marché du travail et des freins sociaux.
    Ce scénario suppose que la vitesse de désagrégation du système ne s’accélère pas dans les 5 à 10 ans.

    Scénarios catastrophe : tout le reste.
    En vrac : effondrement du dollar, révoltes populaires ou fuite des capitaux (z’êtes de droite ou de gauche), une too big qui faillit, pas d’inflation mais du fric qui fuit par on ne sait où, une récession trop forte qui compromet les rééquilibrages budgétaires et contraint à poursuivre les injections de liquidités, …

  10. les structures économiques étant très différentes (présence faible ou forte d’un secteur public par ex), et puisque ce sont comme vous l’écrivez des vases communicants, ne faudrait il pas toujours présenter les dettes privées (ménages+entreprises) à cotés de celles publiques (ainsi qu’à coté des avoirs*+revenus comme je crois le préconise M Jorion)?

    Et quelqu’un aurait il une synthèse de ces dettes ou au moins les modalités de calcul?
    par ex ici http://criseusa.blog.lemonde.fr/2011/01/05/dette-publique-et-dette-privee-aux-usa-fin-2010/ la dette américaine « tout compris » culmine à 419% du pib, mais chez O.Berruyer, elle semble « seulement » de ~340%…fin 2011 ( http://www.les-crises.fr/dette-totale-synthese/ et pour les entreprises financières http://www.les-crises.fr/la-dette-privee-americaine/ ).

    (* sur ce point : les dettes des uns étant les créances d’autres, et ces dernières étant dépendantes de la solvabilité de ces mêmes uns, comment les prend on en compte?)

  11. Des pétroliers qui se sont rendus en Iran pour charger 500.000 barils de brut devant être livrés à une raffinerie grecque ont du repartir à vide.Les Iraniens ont refusé d’effectuer la livraison !
    Et maintenant, le sevrage énergétique pour la Grèce…

    Dommage car la maison iranienne faisait crédit de 30 jours sur la facture pétrolière.

  12. Tout d’abord, merci pour cet excellent blog, merci à François Leclerc pour ces nombreux et bons billets, merci à Paul Jorion de se battre pour imposer un peu de pluralité dans le débat médiatique. Ce n’est pas la première qu’on vous le dit (et même que je vous le dis), mais ça va toujours mieux en le disant.

    « L’objectif est de céder de la place sur le marché, afin que les établissements privés puissent se refinancer dans les meilleures conditions. Le télescopage de leur demande avec celle des États aboutissant à tendre le marché et à accroître le coût du roulement de la dette des banques. »

    Il y a là un paradoxe comptable dont j’aimerais que vous m’aidiez à y voir plus clair. En effet, je constate comme vous que si ce n’est la stratégie des financiers, en tout cas ça y ressemble énormément (il est toujours difficile de lire les intentions). Mais dans ce cas, ils seraient assez fous eu égard à la réalité comptable.

    Cette dernière est que le trésor, contrairement à nous autres particuliers (entreprises, ménages, associations lucratives ou non, etc.), le Trésor public c’est tout bêtement un compte bancaire ouvert à la banque centrale, à la Banque de France pour le Trésor français, en particulier. Les banques commerciales ont elles aussi chacune un compte dans une des banques centrales du Système Européen des Banques Centrales (SEBC). Une dépense de montant x financée par recette signifie que x de monnaie banque centrale (les fameuses réserves, l’argent sur les comptes de la banque centrale) est injectée dans les autres comptes et que x en est retiré. Un dépense financée par endettement signifie que x est injectée dans les autres comptes, que x en est retiré par l’apport de ces banques prêteuses, et que x’ (avec x’>x) est versé selon un échéancier qui ne développera tous ses effets qu’à terme.

    La première intuition est que toutes les dépenses, y compris les remboursements des dettes précédentes, étant financées soit par une recette, soit par un nouvel emprunt, le jeu est à somme nulle. Mais ça n’expliquerait pas d’où vient la monnaie banque centrale à échanger.

    La deuxième intuition est alors que la banque centrale injecte arbitrairement de la monnaie dans ses comptes, et que les équilibres budgétaires (avec endettement) ne sont constatés qu’ex post : de toutes façons, la recette de l’un étant la dépense de l’autre, et les excédentaire n’ayant rien de mieux à faire que de prêter aux déficitaires, après un petit psycho-drame, on parvient à un arrangement équilibrant les comptes de tous. Au passage, être une banque excédentaire permet de se constituer un matelas-Ponzi (le déficit appelle l’endettement qui appelle le déficit, etc.) dans lequel piocher en cas de pertes (il suffit de laisser à d’autres le soin de renouveler l’endettement et d’engranger l’échéancier). Machine Ponzi qui n’aurait aucune influence en définitive parce que se situant à l’intérieur de la première intuition (lorsque le pays excédentaire se décide à dépenser plutôt qu’à offrir un nouveau tour à la machine de Ponzi, il injecte ses x de monnaie dans les autres comptes qui soit les prêtent aux déficitaires, soit aboutissent directement aux déficitaires qui réduisent ainsi leurs déficits, voir deviennent excédentaires…).

    Cette seconde intuition est d’autant plus certaine, que, comme nous l’avons vu, les banques centrales et les États se précipitent pour sauver les banques un peu trop grosses, et encore plus les États. Il suffirait qu’un État s’oppose farouchement à toute condition de financement (austérité ou autre) et menace de faire défaut en commençant par ne plus payer les policiers et les magistrats s’occupant de rendre aux banques leurs dus, pour que la mascarade s’effondre aussitôt : le financement est assuré, le système de prêt n’est qu’un psycho-drame jouant sur les taux d’intérêt donc les échéanciers mais pour aboutir au même résultat.

    La seule vérité qu’illustre cette mascarade, c’est la servilité de politiques qui financent leur élections par ces banques, et n’osent plu leur dire non lorsqu’ils menacent de tout couler, banques inclues.

    Si vous pensez que j’ai fait une sortie de route dans mes raisonnements, merci de me dire où et pourquoi 😉

    1. «Faute de raisonnement» ? Oui, dés le départ. Vous raisonnez en financier fou. Vous oubliez le « Principal ». Il y a bel et bien Dette(s). Et si la « finance », les banques, centrales ou pas, ont participé activement à leur gonflement, elles ne sont pas les seules, loin de là.

      1. Si ça peut rendre mon propos encore plus clair, pour évincer la fiction de la dette, je propose de supprimer l’émission de bons du Trésor, de laisser le Trésor ne faire que créditer les comptes en banques de ceux qu’il veut payer et de débiter simplement les comptes en banques de ceux qui doivent le payer, de régler le problème de l’inflation par un budget fortement contracyclique (n’oublions pas qu’avec des déficits doubles de ceux des années 1970, nous avons une inflation cinq à dix fois moindre, donc le déficit public n’est pas le simple synonyme d’inflation), et de laisser la banque centrale gérer les taux d’intérêt par la rémunération des réserves…

        Ainsi, finies les histoires de fous à base de « tout le monde doit trouver de l’argent simultanément, mais personne ne doit en créer »…

        C’est plus clair ?

      2. Ah ben oui, évidemment, « en évacuant la fiction de la dette » tout est beaucoup plus simple, pardine, monsieur le charlatan chartaliste…
        Vous vous y mettez à deux avec votre alter ego Aliena maintenant ?

      3. Il n’y a pas de différence fonctionnelle (pour un État souverain émetteur en monopole de sa monnaie dans un monde à taux de change flottant) entre un « bon du Trésor » et la « monnaie », sauf en ce qui concerne le terme (intérêts contre aucun intérêt) et la durée.

        La « dette » publique n’est pas de la dette dans le meme sens que la dette privee qui est du credit bancaire.
        La dette publique est de la monnaie sous forme d’epargne.

  13. Un bilan calamiteux , des emplâtres sur des jambes de bois , et toujours les vieilles recettes libérales qui surnagent , au détriment des peuples , pressurés , qui risquent de ne plus le supporter longtemps et de devenir ingérables !
    tentative d’illustration http://www.crayondenuit.com

  14. « si on regarde le déficit budgétaire américain, on ne peut s’empêcher d’avoir le sentiment qu’un accident grave est en préparation ; pas seulement un accident grave pour les États-Unis, mais pour le monde entier ».

    Non, pas d’accident en vue. C’est la reprise aux US, contrairement a l’Europe qui s’enfonce dans la dépression et la révolte sociale.
    La dette publique n’est pas le problème, c’est la solution. Il n’y a pas de possibilité de désendettement du secteur privé sans l’endettement du secteur public.
    Charles Dallara est juste un autre deficit hawks, comme Peter Peterson, que vous avez tendance a un peu trop ecouter.

    A Quick Note on Wealth and Balance Sheet Debates
    http://rortybomb.wordpress.com/2011/12/16/a-quick-note-on-a-wealth-and-balance-sheet-debate/

    « The right measures here include having higher inflation targets for monetary policy and addressing the foreclosure crisis. It also means going beyond the comfort zone of deficit hawks and running large deficits to pump up demand for a number of years while deleveraging proceeds. Failure to do so will dampen the robust job growth needed to help households deleverage. »

    ——————————————————-

    Is the Administration Joining Team Balance-Sheet Recession?
    http://rortybomb.wordpress.com/2012/02/24/is-the-administration-joining-team-balance-sheet-recession/

    The White House also looks to be on team balance sheet. See the latest Economic Report of the President(pages 110 to 114):

    The standard approach in economics has been to assume that households consume about the same fraction of the increase in their wealth each year, regardless of its source… The severity of losses experienced during the recession that began in December of 2007 in both national output and in labor markets makes these estimates appear too small…

    A growing economics literature highlights the importance of household debt balances in influencing the severity of economic slumps… A series of empirical papers attempts to quantify the effect of such deleveraging on consumption (Mian and Sufi 2010; Mian, Rao, and Sufi 2011). These papers broadly suggest that the levered nature of household housing assets amplified the effect of pure wealth losses from the crash in housing prices.

  15. Pas envie d’écrire sur le blog ces jours-ci : trop naze.
    Envie quand même de faire remarquer à Fr. Leclerc que le plus important de son billet, ce sont ses trois premiers mots :

    Une même dette

    Le reste n’est que foutage de gueule du citoyen.

    1. En relisant ma remarque, je me dis que Fr. Leclerc a pu le prendre mal !
      Telle n’était pas mon intention !

      Ce qu’il dit est très juste, c’est ce que font nos « chers gouvernants » qui est du foutage de gueule !!

  16. En gros la diminution du coût du travail et la fin de l’État providence

    C’est tout le programme des néo-libéraux qui est résumé là.

    « si on regarde le déficit budgétaire américain, on ne peut s’empêcher d’avoir le sentiment qu’un accident grave est en préparation ; pas seulement un accident grave pour les États-Unis, mais pour le monde entier ».

    Vous croyez ??? Les ztazunis c’est du solide non ?

    1. Oui, c’est du très solide, d’autant plus solide qu’ils sont en déficit. En fait, les périodes de réductions de la dette publique furent celles précédant les six dépressions des États-Unis (citation en fin de billet). L’obligation actuelle d’avoir tout le monde en équilibre comptable (autant de dépenses que de recette, endettement à 0) est une absurdité macroéconomique : quelqu’un quelque part dans le circuit économique doit pouvoir injecter de l’argent sans avoir à le gagner d’abord, justement pour que les autres puissent d’abord le gagner avant de le dépenser…

      1. « Les périodes de réduction de la dette publique furent celles précédant les six dépressions des États-Unis… »
        C’est vrai que le deuxième mandat d’Ike et le début de mandat de Kennedy furent marqués par une terrible dépression aux États-Unis, chacun s’en souvient douloureusement… (1956 et 1957, les deux seules années du XXe siècle qui virent une baisse en valeur absolue de l’US National Debt…)
        http://130.94.230.21/debt_history.htm

      2. Kennedy c’est 1961 – 1963
        C’etait Eisenhower 1956 et 1957 et « Eisenhower’s two terms were peaceful ones for the most part and saw considerable economic prosperity except for a sharp recession in 1958–59 »

        Un extrait du lien que vous donnez, debt history:

        The Democrats have not been interested in the rising National Debt for 40 years! They have « insisted » on more and more entitlement programs that only serve to drive up the Debt. They think that you don’t understand what they have done to you and to the Country, and they are right! Most people don’t have a clue, and are looking for simple answers. If any Democrat Party politician says that they can reduce the Debt, then ask them « Which Entitlement programs will you cut or eliminate? »
        « It’s the Entitlements, stupid! »

        Vous etes contre la secu et le systeme de proctection sociale maintenant?

      3. Tu parles d’une dépression en 58 ! Une récession de 8 mois.
        Et faudra aussi me causer des terribles restrictions budgétaires des Clinton et Bush qui ont préparé la dernière grande depression…
        Et désolé mais on finance pas la protection sociale par la dette, sûrement pas.

      4. Il n’y a que l’État qui émet la monnaie et il le fait sous forme de dette.
        Pour chaque euro de déficit une dette de montant égal est émise
        Il n’est pas obligée, c’est une relique de l’étalon-or.
        Maintenant que la monnaie n’est plus convertible en or, il n’y a pas besoin d’émettre de dette.
        Et si elle est émise, ce n’est un problème que pour les conservateur extrêmement réactionnaire qui ne tolère aucune dépense du gouvernement.
        Vous vous mettez la rate au court-bouillon pour une dette imaginaire!
        Et l’Allemagne est en train de se mettre la planète entière a dos avec son refus d’émettre plus de monnaie en laissant les déficits filer!
        Insensé!
        Oh et une dépression c’est juste une récession en plus gros (et plus long).

      5. Effectivement, ce n’est pas la dette qui finance la sécurité sociale et tout le budget de l’État, mais la planche à billet. En fait, il n’y a aucun billet, strictement aucun, qui n’est d’abord été imprimé par une planche à billet, qu’on trouve cela choquant ou non. On le cache derrière le petit doigt de l’endettement, mais l’émetteur de la monnaie « émet » simplement la monnaie, et il n’y a pas de monnaie sans émetteur. La dette est une des fictions (avant on préférait l’or) par laquelle l’émetteur de la monnaie se crée inutilement la possibilité de faire défaut, possibilité purement psychologique dans le cas de la dette, puisqu’elle est payée de la même manière que les autres dépenses : par pure création monétaire.

        Un budget d’émetteur de la monnaie ne peut pas et ne doit pas être géré comme celui d’un utilisateur de cette monnaie. Pour que les utilisateurs de la monnaie puissent croître et épargner, l’émetteur n’a d’autre choix que d’émettre perpétuellement de la monnaie, c’est-à-dire d’être en déficit continu…

  17. Photo

    Il faudra bien que nos niveaux de vie s’équilibrent.
    D’accord, d’abord polpoter les malades du top.
    Mais après ? On ferait bien de se préparer sagement à la décroissance matérielle inéluctable.
    Photo tirée de chez Imagesud

  18. Votre conclusion ne peut que nous faire froid dans le dos et elle est hélas en phase avec d’autres signaux alarmants.

    L’avis de Kenneth Rogoff, prof. d’éco à Harvard et auteur de « Cette fois-ci c’est différent, huit siècles de folie financière », dans le Monde du 25/2 n’est pas plus enthousiasmant.
    « Le plan grec -n’est qu’illusion- » (Accès aux abonnés).
    « Le professeur d’Harvard prédit une poursuite de la crise dans la zone euro en mal d’union. La Grèce reste dans le jeu mais la partie est loin d’être finie. » A écouter Kenneth Rogoff, professeur d’économie à l’université de Harvard et coauteur de Cette fois-ci, c’est différent, huit siècles de… »

    L’Europe est dans un système bâtard selon lui, ce qui arrive n’est pas une surprise, on n’a fait que la moitié du chemin.
    Il n’y a ni mobilité des populations ni union politique.
    Conclusion et rappel en citant un confrère :
    « les systèmes tiennent souvent plus longtemps qu’on ne le pense, mais finissent par s’effondrer beaucoup plus vite qu’on ne l’imagine ».

    Lequel va s’effondrer en premier : l’européen ou l’anglo-saxon ?

    1. A Papimam,

      Vous oubliez de préciser que cette personne ultralibérale considère que les USA se portent comme un charme, avec une dette vraiment très raisonnable.

      Delphin

      1. « cette personne ultralibérale  »
        Merci pour cette précsion indispensable, je ne connais pas cette personne et c’est surtout sa conclusion que je voulais mettre en évidence.

    2. Mobilite? Moi j’achete mon mobil home des demain pour suivre mon entreprise … evidement je n’aurais pas a apprendre ces langues barbares que sont le hongrois ou le slovaque puisque je parle la langue du grand capital, l’anglais…. je pourrais evidement apprecier les societes locales leur gastronomie mais 3 ou 4 macdo par jour suffiront bien…

  19. Le marasme grec me fait penser aux phrases d’Aechylus (auteur de la Grèce ancienne):
    « Avant de m’échapper aux chaînes, je me tords sous une myriade de supplices » (dans: « Prométhée »).

  20. « La finance est trop complexe pour la soumettre aux fourches caudines de la démocratie », voilà le refrain néolibéral assourdissant.

    Et bien, je dis que ce n’est pas vrai. Car pour sainement comprendre la finance, il faut simplement garder un pied dans la réalité.
    Et cela, comme les 99 %, je sais le faire.
    Alors, tandis que les gourous financiers sautillent à pieds-joints et à nos frais dans le grand casino « Bling-Bling », j’entends bien réserver une semelle démocratique pour la leur coller au cul. Semelle de gauche ou de droite peu importe, pourvu qu’elle frappe juste et fort.

    Et peut-être qu’enfin Big Brother mangera son vieux chapeau!

    A Paul Jorion, à François Leclerc ainsi qu’aux intervenant(e)s, merci à vous tous de faire vivre si brillamment ce blog de l’espérance.

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