QUESTIONS À RÉSOUDRE (I) TOUS CEUX QUI SONT RÉMUNÉRÉS LE MÉRITENT-ILS VRAIMENT ?

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

Il existe une question qu’il faut à tout prix résoudre et les penseurs du XIXe siècle lui ont consacré d’énormes efforts de réflexion. Cette question, c’est celle-ci : entre la rente qu’obtient le propriétaire terrien et le détenteur du minerai enfoui dans la terre, l’intérêt que collecte le détenteur du capital ou capitaliste, le profit qu’obtient l’industriel ou entrepreneur, et le salaire que se voit versé le travailleur, l’une de ces rémunérations est-elle injustifiée et du coup imméritée ?

Le seul accord auquel on soit parvenu est celui-ci : celui dont la rémunération est son salaire le mérite certainement, sans aucun doute possible en tout cas pour ce qui touche à la partie de ce salaire qui assure sa subsistance. Les travailleurs travaillent et il va de soi qu’il est préférable pour eux qu’on les voie se pointer sur leur lieu de travail demain matin ; ils méritent du coup sans conteste la partie de leur salaire qui leur permet de survivre d’un jour sur l’autre. Pour ce qui touche à tous les autres types de rémunération, la question demeure malheureusement désespérément opaque.

Reprenant la question dans les mêmes termes que David Ricardo (1772-1823), Karl Marx (1818-1883) simplifia le problème de manière radicale en affirmant que la seule rémunération qui se justifie, ce sont les salaires : la valeur est créée par le travail et uniquement par le travail, et toute rémunération attribuée à d’autres parties prenantes tels que les propriétaires terriens, les « capitalistes » en tant que détenteurs du capital ou les industriels en tant qu’entrepreneurs, est imméritée. Marx qualifie de « spoliation » tout paiement versé à d’autres intervenants que les travailleurs.

D’autres auteurs du XIXe siècle, essentiellement socialistes et anarchistes, tels Sismondi (1773-1842) ou Proudhon (1809-1865), marchant sur les traces des économistes du XVIIIe siècle comme Richard Cantillon (168?-1734), François Quesnay (1694-1774) ou Adam Smith (1723-1790), voyaient les choses autrement. Selon eux, différents ingrédients se trouvent combinés dans le processus de production et chacun d’eux mérite sa récompense en termes de parts dans la richesse nouvellement créée (*). Ainsi, la rente qui découle du droit de propriété récompenserait, selon certains auteurs, un travail qui a été investi antérieurement – il y a parfois plusieurs siècles – par quelque ancêtre du bénéficiaire actuel ; le profit de l’entrepreneur récompense sa direction et sa supervision du processus de production ; enfin les intérêts et les dividendes du capitaliste le compensent du fait qu’il ne reverra que plus tard les avances qu’il consent en ce moment-même.

La solution d’un tel casse-tête est très loin d’être évidente : la richesse nouvellement créée résulte manifestement de la combinaison d’un certain nombre d’éléments mais comment évaluer la véritable contribution de chacun d’eux ? La seule chose qui soit sûre, c’est qu’en l’absence d’une réponse sans ambiguïté à cette question, au fil des âges et jusqu’à nos jours, seul le rapport de force entre les parties en présence a déterminé qui reçoit combien.

(à suivre…)

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(*) Voir, par exemple, ce que je dis sur la ventilation des « parts » dans le cas d’une pirogue à la pêche maritime africaine dans Le prix 2010 : 145-149

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction numérique en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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93 réflexions sur « QUESTIONS À RÉSOUDRE (I) TOUS CEUX QUI SONT RÉMUNÉRÉS LE MÉRITENT-ILS VRAIMENT ? »

  1. La question n’est pas celle de la répartition mais celle de la valeur. La répartition n’intervient que quand la valeur à partager est crée.

    Pour savoir ce qui fait que deux marchandises peuvent s’échanger entre elles, il faut comprendre ce qu’elles ont en commun. Que peut-il y avoir en commun entre un rouleau de tissu, une quantité de minerai, un sac de pommes ?

    Comme il y a des choses qui s’échangent aussi mais ne sont pas matérielles, il faut savoir aussi comment une coupe de cheveux ou la livraison d’un colis peuvent aussi avoir une valeur.

    La réponse est en fait facile : toutes ces choses ont en commun d’être le produit du travail humain. C’est le travail qui donne leur valeur d’échange aux choses. C’est normal car la vie des hommes est courte et tous aimeraient la passer aussi agréablement que possible. Or, le travail fatigue, il use le corps et occupe un temps qu’on aurait préférer passer à se détendre et s’amuser. Toute l’économie vise à épargner le temps de travail. C’est donc naturellement le travail qui donne leur valeur aux choses.

    Bien sûr, il y a des gens qui travaillent plus vite que d’autres. Il y en a qui gâchent leur temps et ne savent pas l’employer efficacement. Lorsqu’on échange des marchandises, des choses produites par des habiles et d’autres par des lents se trouvent sur le marché. Celui qui veut les acquérir ne paiera pas plus cher le maladroit que l’habile. Il jugera de la valeur de la marchandise selon le temps de travail socialement nécessaire à sa production.

    Certains travaux exigent un talent particulier. Ce talent s’acquiert par l’apprentissage. C’est donc le temps de travail socialement nécessaire selon l’habileté et la qualification exigée qui fait la valeur d’une marchandise. S’il est plus difficile d’apprendre à souffler le verre que de modeler l’argile, un pot de verre aura plus de valeur qu’un pot de terre.

    Bien sûr la valeur n’est pas le prix. Dans une société développée où tout s’évalue en monnaie, le prix exprime la valeur. Mais il l’exprime imparfaitement ou plus parfaitement selon ce qu’on voudra : il tient compte du désir qu’on a de la marchandise, de sa rareté, de sa valeur esthétique etc.

    Tout cela prouve que seul le travail crée de la valeur. Comme on ne fait pas de commerce avec les hommes qui ont vécu des siècles auparavant, la valeur de ce qu’ils nous ont laissé n’est évaluée qu’en fonction d’un marché. Cela ne remet pas en cause le fait que la valeur d’une marchandise est fonction de la quantité de travail social nécessaire à la produire car l’essentiel, la quasi-totalité de ce qui s’échange est ce qui est produit actuellement. Tout s’évalue dans une société totalement dominée par l’argent mais c’est seulement par contamination, du fait que tous les échanges ont pour vecteur l’argent.

    Il résulte de cela que seul le travailleur crée de la valeur. Seul donc le revenu du travail est légitime. Le capital est un rapport social et non une valeur. Si je vais à la banque et qu’elle me prête une somme suffisante pour acquérir une machine et payer un travailleur, que je fais travailler le travailleur en ne lui donnant qu’une partie seulement de ce qu’il produit de manière à garder le reste pour rembourser la banque et subvenir à mes besoins, je n’ai rien créé. Seul le travailleur a créé de la richesse. Le banquier et moi n’avons fait que lui extorquer le fruit de son travail. Tout ce sera passé exactement de la même façon si nous l’avions trompé sur nos droits et si nous avions abusé de sa bonne foi. La preuve que c’est lui qui crée la richesse se vérifie facilement : il peut se passer de nous, nous ne pouvons pas nous passer de lui.

    Conclusion : Marx a raison. Le rentier et le capitaliste ne créent pas la valeur, seul celui qui travaille la crée. Non pas pas que Marx simplifie la question, mais parce qu’il la pose correctement. Il ne part pas de la question de la répartition mais de celle de la création de la valeur.

    1. Sur les apports et incomplètudes éventuelles de Marx , Paul Jorion et Schizosophie sont plus prolixes et circonstanciés que vous .

      Car vos affirmations sont en partie gratuites ( elles ) .

      A propos , qui définit le travail à effectuer ? Quel travail “en vaut la peine ” et pourquoi ? Qu’est ce que le temps de travail ? qu’appellez vous une richesse ? Qu’appelez vous une valeur ? Comment constate -t-on la “création” d’une richesse ?

    2. Lemoine

      Dire que la valeur est seulement celle du travail est un obstacle conceptuel pour résoudre la question du partage des richesses.
      Marx définit la valeur au sein du système capitaliste comme la quantité de travail nécessaire pour produire une marchandise. Autrement dit le travail incorporé dans la marchandise est un coût de production au lieu de considérer que ce sont les rapports de force qui déterminent
      le prix et donc le coût des marchandises.
      Si donc c’est un rapport de force qui constitue la base sociale du capitalisme c’est que la question du partage n’est pas secondaire mais bien déterminante. Le travail quantifié comme origine de la richesse des nations et, au delà, de l’humanité toute entière, renvoie à un ordre des choses, qui n’est autre que celui légitimé et concrétisé par les droits de propriété individuelle ou collective des moyens de production selon une perspective qui définit alors l’existence humaine d’abord en regard de la production d’objets ou de services plutôt que de considérer l’humanité en tant que principe inhérent à l’appartenance à la communauté des humains du simple fait d’être né et d’avoir grandi parmi eux. Dans le cas du capitalisme cette propriété est privative, strictement individuelle ou du ressort des personnalités morales qui renvoient aux droits des investisseurs privés.

      Dans le cas de la propriété collective des moyens de production la question du partage des fruits de la production en termes de moyens d’existence n’est pas pour autant réglée. Selon quels critères en effet les différents travailleurs recevront une rémunération étant donné qu’ils n’ont pas tous les mêmes compétences ni les mêmes appétences pour le travail ?
      D’autre part quelle devra être la part de la production marchande dans la production globale des richesses produites ? La richesse est-elle donc seulement celle des marchandises, ou bien y a-t-il des biens communs qui devraient être soustraits au marché ou tout au moins garantis quant à leur accès pour tous. Toutes ces questions il me semble se rapportent en réalité non plus à des questions purement économiques mais à des questions philosophiques et politiques.
      Autrement dit c’est la notion de richesse en elle-même et relativement à une réflexion sur ce qu’est l’individu pour la société qui doit être abordée de front avant de déterminer selon quels critères doivent s’opérer le partage.
      Il faut donc faire la critique de la valeur travail telle qu’elle est pensée par Marx si l’on ne veut pas réifier l’être humain. Pour autant l’apport de Marx demeure car au moins lui envisage la propriété collective des moyens de productions, ce que ne font pas les capitalistes.

      1. Je crois que quand on entreprend de critiquer Marx, il faut avoir à l’esprit que Le Capital fait huit volumes (aux Editions Sociales), qu’à cela il faut ajouter les travaux préparatoires connus sous le nom de Gründisse et les théories sur la plus value qui font trois volumes. Il y a aussi la contribution à la critique de l’économie politique et d’autres textes.
        Si Le Capital définit la valeur comme le temps de travail socialement nécessaire à la production d’une marchandise, il ne s’arrête pas là. Il passe à la question de la valeur de la force de travail, à celle de la plus value. Il analyse ensuite les cycles du capital : la reproduction simple et la reproduction élargie. Il fait ensuite la théorie des crises. La question de la rente ne vient qu’au huitième volume. Marx procède par couches d’explications, il est donc impossible de le résumer et toujours problématique d’isoler un élément.
        C’est pourquoi d’ailleurs une discussion sur un blog d’une chose aussi complexe, me parait vaine.

        La force de la théorie de Marx est telle qu’une grande partie de l’économie politique a préféré abandonner la notion de valeur plutôt que d’affronter Marx sur ce terrain. Elle passe directement au prix et à sa détermination sur le marché.

      2. @ Pierre-Yves D.
        La richesse ne se réduit évidemment pas aux marchandises. On ne peut pas reprocher à Marx de l’avoir ignoré.

        Il part de « l’immense accumulation de marchandises » dans la société industrielle mais insiste sur le fait que ce point n’est premier que dans l’ordre de l’analyse. C’est un point de départ théorique mais ce n’est ni le fondement réel de la vie sociale ni le point de départ historique. Les manuscrits montrent d’ailleurs qu’il a longtemps hésité avant de faire de la marchandise le point de départ de l’analyse. S’il a finalement choisi cet ordre d’exposition emprunté à la logique hégélienne, c’est que l’analyse de cette « chose métaphysique » lui permet de décomposer la réalité immédiate pour poser les concepts de valeur d’échange et de valeur d’échange. Cela lui permet aussi de se placer dans la lignée philosophique qui va d’Aristote à Ricardo.

        Marx ne cesse de dénoncer l’identification de la richesse à la masse des marchandises. La richesse sociale comprend aussi des biens naturels (l’eau, l’air, le soleil, la nature) qui n’ont aucune « valeur » (du point de vue de l’économie politique) mais qui constituent une richesse réelle tout autant que les biens qui dépendent uniquement de la vie sociale et entrent dans le circuit de l’échange marchand. Marx dit lui-même que la forme valeur telle qu’elle se développe avec le capitalisme n’a rien d’éternel. La marchandise, sous la forme pure qu’elle prend dans la première section du Capital n’existe que lorsque la division du travail et l’échange sont généralisés, c’est-à-dire, en réalité, quand les rapports capitalistes sont déjà dominants ou en voie de le devenir. Elle est le résultat d’un processus historique. Elle n’est dominante que lorsque la force de travail (la force physique et intellectuelle du travailleur) est elle-même transformée en marchandise et apparaît comme une chose extérieure au travailleur.

        Ce serait ce méprendre que d’opposer à Marx les biens communs ou la volonté des travailleurs d’être autre chose que les porteurs de la « force de travail ».

    3. Purée ! Et c’est reparti pour la leçon de marxisme élémentaire !

      Est-ce que vous avez seulement idée de ce qu’un mec de 60 berges comme moi peut en avoir marre d’entendre cette rengaine depuis plus de 40 ans ?

      Le temps ne fait rien à l’affaire, je vous l’accorde. Mais la pertinence, si.

      1. …[ Dans la réalité, l’enfant curieuse présente ici deviendra une anthropologue reconnue. Née auprès de deux génies, elle ne cessa de les aimer et de les comprendre malgré leur séparation physique. Mead et Bateson se retrouvèrent épisodiquement au plan scientifique jusqu’aux dernières années de leurs vies et souvent en présence de Mary-Catherine, leur fille qui ne cessa se manifester à tout deux son attachement.

        Pourquoi les choses se mettent-elles en fouillis (1948) ?

        La fillette : Papa, pourquoi des choses se mettent-elles en fouillis ?

        Le père : Que veux-tu dire ? Choses ? Fouillis ?

        F. : Bon, les gens passent beaucoup de temps à ranger les choses, mais ils ne semblent jamais perdre leur temps à les déranger. Les choses semblent seulement se mettre d’elles-mêmes en désordre. Alors les gens sont obligés de les ranger à nouveau.

        P. : Mais est-ce que tes affaires se mettent en fouillis, si tu n’y touche pas ?

        F. : Non, non pas si personne n’y touche. Mais toi si tu y touches – ou quelqu’un d’autre y touche – elles se mettent en fouillis et c’est un pire fouillis quand ce n’est pas moi.

        P. : Oui et c’est pour ça que j’essaie de t’empêcher de toucher les choses sur mon bureau. Parce que mes affaires se mettent en un pire fouillis quand elles sont touchées par quelqu’un d’autre que moi.

        F. : Mais est-ce que les gens mettent toujours en fouillis les affaires des autres gens ? Pourquoi le font-ils, Papa ?

        P. : Là, arrête une minute. Ce n’est pas si simple. Avant tout, que veux-tu dire par « fouillis » ?

        F. : Je veux dire… alors je ne peux pas trouver des choses, et ça paraît tout mélangé. C’est comme si rien n’était en ordre.

        P. : Bien. Mais es-tu sûre que tu veux dire la même chose par fouillis que ce que les autres disent.

        F. : Mais, Papa, j’en suis certaine. Je ne suis pas une personne très ordonnée et si je dis que des choses sont en désordre, alors je suis sûre que tout le monde serait d’accord avec moi.

        P. : Très bien, mais penses-tu que tu veux dire la même chose par le mot « fouillis » que d’autres personnes qui l’emploieraient ? Quand maman met tes affaires en ordre, sais-tu où les trouver ?

        F. : Hum… parfois. Parce que, tu vois, je sais où elle met les choses quand elle les range.

        P. : Oui, j’essaie de l’empêcher de ranger mon bureau, moi aussi. Je suis sûr qu’elle et moi nous n’avons pas le même sens pour « ranger ».

        F. Papa, pensons-nous toi et moi la même chose avec « rangé » ?

        P. J’en doute, ma chérie, j’en doute. ]…

  2. M’enfin je crois avoir compris la question 🙂 🙂 🙂

    Donc ma réponse est que beaucoup ne merite rien. J’ais travailler dans l’informatique et de plus en plus il faut passer par des agences de placement. C’est agance reçoivent des demande d’intermitent et prennent entre 10% et 30% voir plus juste pour vous permettre de pouvoir travailler, puisque c’est a vous de vous vendre, m’enfin je pense que dans le cinéma c’est pareil 🙂 🙂 :). Car il est hors de question de négocier, les tarifs. Tous ça pour quelques coup de téléphonne. De même pour les agences immobiliéres entre 4% et 10% max uniquement pour vous faire visiter une appartement et arrivé a vous faire signer. Dans la serie, Les banqueirs qui prennent des frais d’agiot au débiteur mais qui ne paie pas d’interets sur les sommes provenant des déposants. 100 euro pour changer un loint de plomberie et 150 euro pour ouvrir une porte, en 3 minutes 🙂 🙂 :), 600 euro pour une dent en céramique a 50 euro.
    J’arréte parce que la liste et grande, et de plus en plus grande.

    La notion de merite et trés relié a la notion de andicap “dans l’esprit sportif” tout particuliérement. Hors quel mérite y a t’il a vendre des produits toxiques qui pourrisent tout les sytéme. J’en passe la liste et longue. Mais elle sera réglé comme d’habitudes par la force et le nombres de gens en colére 🙂 🙂 🙂 ça grimpe, ça grimpe. C’est dommage, mais il semblerait que ceux qui ont mal mérité ont oublier le mérite de la connaissances, tant historique qu’économique. Donc il n’auront aucun mérite a sa la prendre une fois de plus dans la gueule. Il l’auront juste cherché, comme d’habitude.

    Le probleme est que c’est eux les nouveaux seigneurs, les banques, ceux qu vivent sur l’état est que si ils ont eu de la chance la derniére fois. Se coup çi se sera leur tour. Est cela a deja commencé et je confirme que se qui les attends et previsible mais qu’il ne l’ont pas encore compris.
    C’est un peut normal, puisque leur salaire est inversemnt proportionel a leur aptitude a comprendre les choses, principe de peter modifier pour l’occasion 🙂 🙂 :). M’enfin avec des dessins il s’en sorte, j’en et fait l’expérience a plusieurs reprise. Et du coup, mes lacunes, gouffre, en orthographe ne se voyaient plus 🙂 🙂 🙂

    Ils ont aimé, mais il me semble qu’il n’ont toujours rien compris. M’enfin, cela leur a permis de gagner pendant 15 ans et d’abuser pendant 15 ans, les marché . La facture va arrivé :):):)
    Je pense qu’il le savent mais, je ne crois pas qu’il est de solution, pourtant il y en a, mais ce n’est pas se qu’il claironnent. Donc une fois de plus leur mérite aura été d’être bien né mais rein de plus, ou d’avoir été les intruments de cette abomination. C’est vrai que cela paye, mais il ne faut pas avoir d’état d’âme 🙂 🙂 🙂 J’is pas cette chance et je n’en veux pas 🙂 🙂 🙂

  3. et si travailler ne nécessitait pas obligatoirement un salaire ou

    si il n’était pas nécessaire de travailler pour toucher un salaire.

    Un retraité ne travaille pas, et reçoit un revenu (un salaire appelé pension de retraite) ou du moins ne reçoit pas ce salaire, cette pension en fonction du travail fournit.

    N’est-il pas possible d’étendre ce système qui est aussi celui du propriétaire terrien du détenteur du minerai enfoui dans la terre, du détenteur du capital ou capitaliste, de l’industriel ou entrepreneur, à tous?

    pour quoi faut-il que seul les “travailleurs” recoivent un revenu en fonction du travail fourni?

  4. Je suis en passe de finir le livre de Robert-Dufour (Ll’individu qui vient… après le libéralisme).

    Je répondrai après à la question (en me demandant si elle a un rapport avec “comment la vérité et la réalité furent inventés).

    Le livre me semblait trop catégorique au début. Quelques respiration plus amples à certains passages. Un peu trop de temps sur la question pornographie/sexe/genre, sans doute des compts à régler avec un bataillon de post-moderne.

    Page 294 “Paul Jorion, anthropologue et économiste de haut vol”, certes dans une note de bas de page rappelant ses mots sur ceux de l’intérieur du système qui acceptent les fraudes quand on parle d’esprit d’équipe pour qualifier “acceptablement” cela.

    Dans ces mêmes pages deux citations de Stiegler (prolétarisation consumérisme). Vas-y petit.
    Ceci dit, je comprends mieux les mots de “platonicien” agités mezzo voce par PJ au Théâtre de la Colline au début de la séance : Robert-Dufour me semble lui aussi platonicien (allons pêcher l’idée supérieur qui éclaire le grand tout et déduisons-en les lignes d’action possibles).
    Idéalisme pas très pragmatique ?

    Bon pour répondre à cette QUESTION (I), je me demande, dans le style “figure imposée”, si une des réponses n’est pas celle de “Comment la vérité et la réalité furent inventés” : On a fait un modèle de valeur qu’on s’est mis en face d’un mérite, le premier devant représenter le second. Et c’est arrivé alors qu’au début l’argent ne devait être qu’un “système d’échange” pour la liquidité et pour éviter les inconvénients du pur troc (je n’ai pas toujours sur moi ces pruneaux que tu veux m’acheter mais je veux maintenant cette viande que tu vends, cf. Cavanna).
    Mais le système de liquidité devenu par force système de représentation a dérivé : on a pris l’argent pour l’échelle de la valeur, et du coup on n’a pas de butée de cet autre côté, et nous voilà donc gros-jean comme devant pour faire corespondre une carpe (mérite) et un lapin (sonnant et trébuchant).
    Les deux pistes d’endiguement que je vois:
    – Ce que faisaient N peuples , nous disent les anthropologues : don et contre-don, c’est -à-dire certes avoir une valeur mais si elle croît, elle oblige le receveur à un geste un tant soit peu réciproque dans le futur. Ainsi, on définit un treillis au fur et à mesure du temps, il donne à la fois une mesure (“metron”) par son ancrage dans le passé, et une direction, c’est à dire qu’il participer de la définition de la “vallée de stabilité” du système et non de son instabilité. Ceci parce qu’il vient par le contre don introduire l’altruisme, et limiter ‘”l’amor sui” dont il faut craindre les excès dans les textes fondateurs des religions monothéiste (Dany Robert-Dufour dixit). Excès connus à la sauce Aristote (“ta chremata” le goût de l’argent, devient folie…) et j’ai appris le mot grec de “pléonexie” pour le goût du “toujours plus” (De Closets n’avait rien inventé, sans surprise). Donc l’inhibition de la pléonexie est une des caractéristiques des textes fondateurs des morales monothéistes, textes chargé de la logique émergente des anciennes sociétés qui avaient expérimentés don et contre-don, mais qui, dès l’Egypte moyenne (-1500 ?) et encore plus en Grèce, se trouvèrent confrontés au “slavery-for-debt trap”, ‘l’esclavage pour dette qui vient bloquer la société et qu’il faudra débloquer par les “jubilés” (tous les 7ans et en version massive les 7×7~50 ans).

    – L’autre piste est une bonne compréhension du sentiment de justice et de vergogne/honte honte de l’injustice : “aidos” et “dike” (repris pas Stiegler mais pas que lui of course). Il me semble pouvoir poser que le sentiment de partage injuste est câblé assez profondément , on l’a vu chez les primates, et sans doute (j’ose) en connexion avec les neurones miroirs.
    En effet, il me semble que si nous avons (i) une conscience et (ii) des neurones d’imitation, alors nous arrivons à stabiliser le partage comme propriété émergente de notre psychisme découlant directement des deux précédentes. Stabiliser au même sens que les primates stabilisent nolens volens les apprentissages élémentaires de leurs enfants, du seul fait de la forme de leur fonctionnement cérébral, disons à néoténie minimale (presque pas un fait acquis, quasi un fait inné).
    Sur cette base, il doit y avoir moyen de comprendre que il n’y aurait de logique de limitation du revenu que si il y a conscience (empathie…. Rifkin…) d’une identité partageable de travail. La question devient donc : quelle est la porosité humaine dans la division du travail. Acceptant celle-ci comme nécessaire avec la complexité de nos apprentissages (ici un plombier, là un greffier, quoique M B Crawford me contredirait (Eloge du Carburateur Ed. La Decouverte)), il resterait alors logiquement à y intégrer l’équivalent de ce que les neurones miroirs mettent entre nous quand je partage le lot de framboises que nous avons cueillies ensemble. Peut-on rendre le bureau du PDG “poreux” au cambouis de l’ouvrier ? Ce serait à mon avis la plus belle façon de faire.
    A défaut, on peut , pour synthétiser, enter (greffer) la notion de treillis à portée sociéto-temporelle du don/contre-don sur le système de rémunération. Chercher donc une contrepartie qui fasse que dans un temps humain, le pus gros revenu “ressorte”. Mais autrement que par un ruissellement consumériste qui ne se fait pas (pas chez les riches, fabriquer un yacht plus long n’y suffit pas) . Il s’agirait plutôt de faire en sorte que le revenu arrive à une entité qui englobe l’individu rémunéré, de façon à lui créer des “liens qui libèrent” : que par exemple, les revenus de gens qui gagnent peu mais qui lui sont proches par la famille soient dépendant de sa non-pléonexie, de sa capacité à limiter sa prédation d’argent par un souci d’équité “gravé” dans un treillis. Mais ce treillis ne donnerait pas sur l’Etat redistributeur, il faudrait y mettre des humains susceptible d’empathies et la limitation se ferait par le jeu (fut-il sublimé) de nos bons vieux aidos/dike/neurone miroirs (un surmoi non destructible car fait de “moi(s)”).
    C’est un peu l’obligation de vertu “naturelle” pour les financiers dont il a été question de ci de la.
    Ce treillis contraignant que je propose très vaguement sans dire comment on doit le faire, je dis juste, dans la série des inventions de concepts du style “anti-troll” d’il y a deux jours, que ce serait un peu comme transformer les armes physiques par lesquelles les hommes ont fait un treillis dans lequel ils se sont tués, blessés (flèches, haches, fusils,..) par des anti-armes, qu’on place dans la sphère des revenus, qui sont des flèches inversées dans le temps, et dont la présence stabilise le devenir de la société. (là j’ai un peu beaucoup de peine à me faire clair, certes)

  5. Merci? Monsieur Jorion, pour cet article de fond qui permet à nouveau aux intervenants du blog d’exposer leur vision de la chose économique et de la confronter à d’autre.
    Pour ma part, je pense que s’y dessine, en creux, autant la question du “salaire” que du profit.
    Quelle est la juste rémunération, pour quel travail ?
    Bref de donner une réponse viable à la question que Bruant opposait comme insoluble :
    “Oui… mais si n’y a pus d’ latronspème,
    Qui qui f’ra la paye l’ sam’di ? “

  6. Je prendrai la question sous la forme suivante : quelle rémunération peut-on considérer comme légitime ? (étant entendu, comme l’on dit plusieurs intervenants, que les besoins de bases doivent être par ailleurs assurés pour tous)
    Ma réponse est : ce qui contribue au bien-être commun.
    Cette contribution peut provenir :
    – du travail (cad accepter de passer du temps à réaliser quelque chose, qu’il s’agisse d’un travail physique ou non),
    – de l’inventivité (ex. : un médicament, la roue, etc.)
    – de la découverte (ex. : amélioration des connaissances sur la nature, etc.)
    – de la créativité (ex. : artistes)
    – …
    Donc l’apport n’est pas lié au temps passé mais au résultat.
    Plus ce résultat contribue au bien-être commun, plus la reconnaissance peut être importante, que cela se fasse sous forme de rémunération ou non.
    On se rendra alors compte que certains travaux, que pas grand monde ne veut faire (ex. : travaux physiques durs, ramasser les poubelles, etc.) seront jugés comme très utiles et donc bien rémunérés.
    Idem pour les découvertes : quelqu’un qui trouve une manière de soigner tel ou tel type de cancer (: inventivité) ou qui permet de comprendre comment les éviter (: découverte) pourra être fortement rémunéré.

    La question devient donc : comment juger de l’intérêt d’un résultat ?
    Réponse : si celui-ci est utilisé.
    la différence avec le système actuel est que cette reconnaissance de l’utilité est effectué par les utilisateurs et non pas par les consommateurs. C’est à dire qu’il ne doit pas y avoir de propriété des résultats. Tous les résultats sont disponibles, tout est dans le domaine public, et comme pour les brevets actuellement, on est capable de savoir qui sont ceux qui ont produits ce résultats et ils sont alors rémunérés.
    Ce qui signifie qu’il n’y pas de propriété des moyens de production. Et donc pas de transmission d’un patrimoine des biens de production.
    Car, par exemple en quoi de simples héritiers contribuent-ils au bien être commun ? En rien. Ils sont juste là pour récolter les résultats des contributions des autres (qui ont initialement créé l’entreprise, l’ont dirigé et de tous ceux qui durant de nombreuses années ont travaillé à tous niveaux de l’entreprise).

  7. J’ai toujours pensé que la rémunération devrait être inversement proportionnelle au plaisir qu’on tire de son activité. Les métiers les plus pénibles seraient ainsi logiquement les mieux rémunérés.

  8. Une question par rapport au problème de la valeur.
    Quelle est la valeur de la production d’électricité? Par rapport aux besoins electriques de la société contemporaine, la production est essentielle. Mais par rapport à la valeur constituée par le partage égalitaire des connaissances? Elle est pratiquement nulle.
    Quelle valeur en terme de solidarité intergénérationnelle? Si le progrès permet de nous isoler les uns des autres par les facilités techniques, cela détruit aussi le ressort de la solidarité et de la communauté.

    Qui peut s’inventer ingénieur électronucléaire ou électricien? Plus les productions et les savoirs se spécialisent plus l’interdépendance s’accroît, plus nous sommes dénués de ressources cognitives devant nos besoins fondamentaux.

    La valeur des biens et services produits dans le capitalisme mondialisé est de plus en plus déterminée par la réalité de besoins rendus impresciptibles par le vide du savoir cognitif de chaque individu pris isolément.

    Ne faudrait-il pas alors promouvoir une autre détermination de la valeur? Celle qui favorise la solidarité, l’échange égalitaire et spontané du savoir, la simplification des besoins et des productions…

  9. J’ai rencontré, il y a quelques semaines à Londres, un traider, un grand virtuose dans sa spécialité. Il me disait que c’est de son devoir de faire un maximum de profit; dans l’hypothèse contraire, il se rendrait coupable non seulement vis-à-vis de son client.
    A l’opposé, il existe des méthodes, telles que la méthode Hay par exemple, qui permettent de mesurer avec une précision approximative la contribution/rétribution d’un salarié. Ces méthodes analysent, évaluent et classifient les postes, attribuent des points…….puis calculent le salaire.
    On revient toujours au même problème: une partie de l’économie, les finances, s’est déconnectée de l’économie réelle. Elle bénéficie d’une autonomie qui échappe à tout contrôle, ou presque. Cet état d’esprit s’est généralisé. De nombreux jeunes se demandent, pourquoi faire des études longues, pourquoi s’investir tant, si la rétribution sera pas à la hauteur, avec un avenir bloqué ou incertain en sus. Ou prenez un exemple éloigné: en tant que collectionneur d’art il m’arrive de voir des oeuvres minables, des gribouillages sans intérêt, mais qui valent une petite fortune, alors que l’on peut trouver des véritables oeuvres/objets d’art pour quelques dizaines d’euros aux enchères……
    L’absurde, ca existe!

  10. Il faudrait déconnecter au maximum les intermédiaires entre le fait productif et le fait commercial à l’usager final Le jeux économique deviendrait alors pour les marchands de faire une intermediation la moins coûteuse possible ou bien la plus rétributrice possible.

    le prix de la speculation, le prix de l’effet de mode, le prix de tel ou tel effet de marketing, l’emballage, etc combien de rétributions artificielles, parasites qui ponctionnent à tout va les richesses diponibles normalement à tou, les marges dans les commerces c’est facilement 50 à 100 %. C’est là que se situent les rétributions “odieuse” via l’esprit consumeriste liberal , je ne parle pas du probléme de la propriété en amont de la production.

    La ponction des marchands est de mon point de vue la plus odieuse.

    cordialement.

  11. TOUS CEUX QUI SONT RÉMUNÉRÉS LE MÉRITENT-ILS VRAIMENT ?

    Oh vous savez les gens de cour et cela quelque soit les pays, les partis, les idéologies, les doctrines, les marques, les grands groupes, com les systèmes plus ou moins ceci sont toujours mieux récompensés que les moins habiles, alors méritent-ils vraiment de manger un plat de lentilles avec celui ou celle qui ne comprend toujours rien à rien à la propre histoire humaine ?

    C’est à se demander parfois si les meilleurs salaires du monde y apportent une meilleure économie plus saine, à croire que oui pour les mieux payés et les plus attachés à la chose viscéralement.

    Ah si seulement je pouvais mieux mériter le droit de résider plus confortablement en Suisse, je pourrais peut-être alors me dire pouvoir toujours y échapper tout le temps et cela même à la vue de la prochaine.

    Oui c’est sur les plus grands salaires terrestres ne font pas du tout le bien du monde, un jour viendra peut-être ils s’en apercevront davantage entre-eux dans les premières lamentations mondiales.

  12. Les modes possibles de revenu à multiplier depuis des décennies, et son accessibilité aux masses lui n’a pratiquement pas bougé.

    Hormis la participation et dans certains cas les bonus suite aux résultats, le retard est gigantesque par rapport aux possibilités et aux sommes faramineuses qui sont exposés de nos jours. Entre les stock-options, la bourse (plus fréquent en masse aux Etats-Unis), les royalties, les bonus, les primes, la cumulation des différents revenus sur plusieurs emplois alors que la masse salariale en fera 2 pour survivre. Il y a un très grand fossé d’accessibilité aux revenus simplement, sans même parler de hauts revenus.

    De plus la mise en concurrence salariales avec des pays dont l’essor économique est encore en plein boom (il faut penser à la planète tout de même) ne fait que réduire les possibilités de revenus plus élevés. La question du décalage de redistribution des richesses est une bonne question , et il est lié à plusieurs autres formes de développements ou d’accroissements (démographie, pollution, pauvreté,ect…).

  13. Il est a noter que les rentiers d’hier (nobles et clercs) ont largement apporté leur pierre a l’édifice social, tant en science comme en culture, la liste serait trop longue pour s’y attaquer ici mais de Pascal a Newton en passant par Baudelaire ils ont largement justifié leurs rentes. La question qui se poserait plutôt aujourd’hui serait donc : qu’apportent les rentiers de nos jours à la société? Cet apport justifie t’il la proportion qu’il prèlèvent sur le travail? A quoi occupent donc leurs journées les 1% ??? Et il normal que rien ne soit exigé en échange de cette rente?

  14. Les “Choses communes” : je suis très étonné que ce concept de droit ne soit pas présent dans les réflexions. Il y a (de tout temps reconnues) des “res communes” qui ne peuvent être privatisées, tel l’air, le soleil, la mer, les rivières, etc.
    De ce fait, toutes les matières premières ne sont-elles pas des ressources communes ? S’il faut rétribuer celui qui plante un arbre en fonction de son temps de travail, faut-il payer une rente au centuple à celui qui le détient 100 ans plus tard ? Le sol et tout ce qu’il contient (minerai) n’est-il pas une ‘chose commune’ ?
    En principe, les choses communes sont gratuites et tout le monde y a droit individuellement (Si votre voisin a un capteur solaire, vous perdez le droit de lui faire de l’ombre en construisant, etc.).
    De là des choses peuvent devenir ‘collectives’ et affectées par le pouvoir public en fonction du bien public. C’est un recul par rapport au droit individuel, mais pour une efficacité collective supérieure.
    “L’avance de capital” est un bien très différent et très étonnant. Ce n’est pas une chose mais un ‘crédit’, une ‘confiance’. C’est la crise récente qui m’a appris que toute l’économie fonctionne sur une ‘avance en capital’ remboursée sur le prix de vente future (l’étranglement du crédit aux entreprises menaçant la production elle-même !).
    Si on veut pointer les “questions à résoudre” (sic : je me demande l’intérêt de définir des questions, de prétendre qu’on pourrait les résoudre, mais sans avoir les moyens de les imposer dans le débat humain , qui reste un rapport de forces), on se heurte souvent à la manière “la plus fondamentale” de les poser.

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