L’actualité de la crise : UNE DYNAMIQUE TOUJOURS AUSSI DESTRUCTRICE, par François Leclerc

Billet invité.

Une restructuration de la droite française est en marche, qui va s’opérer plus ou moins rapidement suivant que Nicolas Sarkozy sera ou non réélu. Elle va résulter des discrètes négociations destinées à infléchir la consigne de vote de Marine Le Pen, pour être ensuite accélérée par la préparation des prochaines législatives et les accords avec le Front national que des députés UMP sortants chercheront pour sauver leurs sièges, surtout si Nicolas Sarkozy est battu. Il en résultera une modification du panorama politique, une partie de la droite française se retrouvant déportée à l’extrême-droite. Par contre-coup, il en résultera une recomposition du centre et des relations du parti socialiste avec celui-ci aux contours encore indiscernable.

Cette évolution du panorama électoral et politique reflète celui de la société française. La force du rejet manifesté par les laissés pour compte de la croissance en sera le moteur, renforcés par la venue de ceux dont la hantise est de les rejoindre, alliés aux bataillons disparates de l’extrême-droite traditionnelle. A contrario, cette dynamique met en évidence que le programme du candidat socialiste est dirigé vers des classes moyennes marginalement touchées qui représentent sa base sociale.

Un tel clivage social accentué est destiné à durer, car il correspond à la cassure qui s’élargit au sein de la société entre les nantis d’un côté et les dépourvus ou qui se sentent menacés de le devenir de l’autre. Retrouver un lien politique avec ces derniers sera aussi difficile que de recréer le lien social là où il a disparu. Le vote pour le Front national n’exprime plus une protestation mais une adhésion, car il apporte un refuge identitaire.

Rien au sein de la crise actuelle ne permet d’envisager que ces couches sociales atteintes par les effets de la mondialisation et de la financiarisation vont voir leur sort amélioré. Ni un marché de l’emploi structurellement en berne, ni les restrictions budgétaires restreignant les aides sociales ne vont en ce sens. L’invocation de la croissance n’a aucune chance d’être partagée tant qu’elle restera une velléité abstraite. La fracture sociale n’est pas prête d’être réduite, elle s’élargit au contraire. Le phénomène se traduit au plan culturel, là où les faux-plis sont durs à effacer.

C’est dans ce contexte que François Hollande est susceptible d’être élu, pour appliquer un programme aux nombreuses zones d’ombre. Appelé, suivant certains, à devoir faire face à une détérioration de la situation et à prendre d’inévitables mesures d’austérité à son tour, après avoir affiché son accord avec la stratégie de réduction du déficit budgétaire et de la dette publique qui l’enferme.

Ce carcan peut-il être desserré ? des marges de manœuvre trouvées ? Si un assouplissement de la stratégie de désendettement est activement recherché, car elle précipite l’Espagne dans le trou et menace d’y entraîner l’Italie, pour commencer, rien n’est fait. Même les représentants des grandes banques mondiales appellent cependant à la prudence. Différentes formules sont ici et là à l’étude, afin d’y parvenir. Depuis une aide directe du Mécanisme européen de stabilité (MES) aux banques, et non plus via les États, jusqu’à l’émission d’euro-obligations permettant le financement de programmes d’investissement destinés à favoriser la relance, mais réservées aux États vertueux. Quant à la réduction du déficit public, son objectif ne serait pas abandonné mais son calendrier étalé. Mais des avancées significatives sur ces dossiers peuvent-ils être attendus à froid ? Un nouveau spasme est nécessaire pour y parvenir.

Sans attendre, des évènements politiques significatifs sont déjà intervenus. Tout frais, le dernier est la « poussée populiste » Française, pour reprendre les termes d’une Commission européenne qui fait du populisme l’épouvantail qu’il représente pour elle. Ainsi que la perspective d’une consultation électorale aux Pays-Bas, la coalition gouvernementale ayant chuté après avoir perdu le soutien parlementaire de l’extrême-droite en cherchant à renforcer l’austérité pour rester dans les clous de ses objectifs de réduction du déficit. En Grèce, le résultat des prochaines élections est indécis, laissant craindre l’impossibilité de constituer un gouvernement de coalition Nouvelle Démocratie /Pasok majoritaire à la Chambre, rendant encore plus périlleux la poursuite du sauvetage du pays. Ce tableau pourrait aussi être élargi à la quasi disparition du parti libéral allemand, le FDP, avec pour conséquence la formation probable d’une grande coalition comprenant les sociaux-démocrates à la suite des prochaines élections, en 2013.

Mais les configurations politiques changent et les problèmes demeurent. On l’a bien vu en Grèce et en Espagne, où l’application du principe sortons les sortants ! n’a abouti qu’à remettre en selle la droite traditionnelle au détriment des socialistes compromis. Les sociaux-démocrates européens qui sont au contraire susceptibles d’accéder au pouvoir ont-ils depuis pris la mesure de la crise et la nature de ses remèdes ? Rien n’est moins certain.

Il y a enfin une dernière dimension à relever dans la situation actuelle. L’acharnement obstiné avec lequel est poursuivie la stratégie de désendettement actuelle est générateur de nouveaux épisodes de crise, résultat d’égoïsmes nationaux inconséquents ou de la réaffirmation d’un « libéralisme » doctrinaire aveugle. la défense des acquis n’est pas seulement l’apanage des syndicats conservateurs ! Un concert de voix international se fait pourtant entendre pour réclamer son assouplissement ainsi que la mise en œuvre d’une politique de croissance, mais il n’est pas audible, ses choristes incapables de formuler une stratégie de rechange, tout juste des aménagements. La dynamique destructrice de la crise, avec ses lourds effets sociaux et désormais politiques, reste à l’œuvre.

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206 réflexions sur « L’actualité de la crise : UNE DYNAMIQUE TOUJOURS AUSSI DESTRUCTRICE, par François Leclerc »

  1. Les “laissés pour compte de la croissance” seraient le terreau du FN, si je vous comprends bien ?
    Dans mon village du sud (dans le Gard, seul département où le FN est en tête), les électeurs ont mis le FN en première position, alors que la population y est est formée quasi exclusivement de propriétaires de belles maisons individuelles, qui ne donnent pas l’impression d’être des “laissés pour compte”. Les choses sont toujours plus compliquées….

    1. J’habite aussi dans le Gard et je me suis livré à une petite analyse du vote lepéniste dans un rayon de 20 kms autour de la ville de taille moyenne dans laquelle je travaille qui constitue un bassin que je connais bien.

      Conclusion : l’ampleur du vote de droite en général et du vote lepéniste en particulier est proportionnel au prix du mètre carré des villages de cette zone.
      Tous les villages dans lesquels le front national arrive en tête sont des villages ou le mètre carré de terrain est le plus cher. A ceux là s’ajoutent aussi des villages à fortes population d’agriculteurs.
      En comparaison les villages dits pauvres ainsi que la ville sinistrée du point de vue de l’emploi ont plutôt voté à gauche avec parfois des pics à 30% pour le FdG.

      Conclusion de la conclusion : dans mon coin les électeurs frontistes ne sont pas issus des couches populaires qui souffrent comme ils disent mais des professions libérales, artisans, commerçants, agriculteurs ou retraités. Tous prospères, férocement individualistes, incroyablement sectaires et très bien nantis.

      1. ceux qui rêvent de l’être préféreraient crever plutôt que de devoir habiter dans les villages des propriétaires tellement imbus d’eux mêmes qu’ils sont prêts à déclencher d’interminables guerres de voisinage en raison d’une petite fumée de barbecue dont la destination aurait été mal contrôlé.

      2. Au sud de nulle part,

        Je crois que vous confondez ceux qui rêvent de l’être (propriétaire) et ceux qui ne rêvent pas de l’être.

  2. a priori dans une tempete ce n’est pas le moment de changer de capitaine.
    Sauf que il y a bien des chances pour que apres l’election tout reste identique, crispé au bord du gouffre, evitant de modifier l’essentiel.
    Si on changeait de capitaine, il y a une grande chance pour que tout se precipite, les marchés, les traités….
    probablement comme pour Mitterand cela n’aura qu’un temps et on en reviendra vite a une politique de droite et meme plus.
    Sauf que cette fois un premier faux pas, meme de tres peu de temps suffira a faire tout basculer, l’europe, les finances publique, l’assitance, et donc l’attraction migratoire de notre pays…
    finalement ne faut il pas changer de capitaine , rien que pour l’effet, rien que pour le fun…..!!!?

    1. Le Titanic avait bien le même capitaine qu’au départ de Southampton, non? Et déjà, les seuls survivants étaient des gens riches. La piétaille n’avait plus d’embarcations. Je comprendrais que vous disiez que Hollande est nul, c’est plus direct et c’est la vérité. En tant que premier secretaire du PS, il a perdu 2 élections présidentielles. Je serai lui, je ne ferai pas de débat…

  3. Que pensez-vous du manifeste “Roosevelt 2012”, du diagnostic et des 15 propositions présentées pour faire face aux multiples crises auxquelles l’économie mondiale est confrontée ?

  4. Ne pas oublier que: 1) les électeurs du FN sont plus à même de ne pas révéler leur intention de vote aux sondeurs, d’où l’écart entre le score et les sondages; 2) une partie des gens qui avaient l’intention de voter Mélenchon ont voté utile, pour Hollande, par peur que ce dernier ne soit pas au 2ème tour; 3) Mélenchon se présente comme un homme-orchestre isolé, on ne sait pas quelle serait son équipe de gouvernement à part Clémentine Autain et quelques commentateurs du blog de PJ.

    A propos du vote sanction au premier tour, une illustration
    http://dunkerque.blog.lemonde.fr/2012/04/23/mon-vote-le-pen-une-mise-en-garde-pour-hollande/

  5. Vous croyez vraiment que Hollande va faire mieux que Sarkozy? J’ai longtemps vécu dans un pays où les sociaux-démocrates étaient au pouvoir. Malgré un taux d’imposition record:
    1) Je n’y ai jamais eu de CDI (sauf 8 heures par semaine jusqu’à ce que je démissionne pour cause de déménagement). J’ai enchaîné des CDD et croisé des personnes qui étaient en CDD depuis près de 10 ans. Leurs contrats étaient renouvelés par périodes de quelques semaines, et parfois ils ne l’étaient qu’a posteriori. Quand on avait besoin de moi en dehors de mon temps de travail ordinaire, pour remplacer les CDI qui étaient en arrêt maladie, on pouvait m’appeler le jour même. Si on veut avoir du travail, mieux vaut se mettre à son compte, mais on doit donner au fisc au minimum 70% du chiffre d’affaires, sans compter la TVA.
    2) Pour se loger, c’est la croix et la bannière. Si vos parents ne vous ont pas inscrit sur une liste d’attente dès votre enfance, vous avez le choix entre la sous-location pendant des années avec des déménagements incessants (mais heureusement, dans ce pays, toutes les cuisines sont équipées, donc on n’a pas à déplacer le frigo et la cuisinière!), ou alors vous achetez en vous endettant sur 20 ou 30 ans, ou alors vous allez dans les quartiers dont personne ne veut.
    3) Pour se faire soigner, c’est la galère, car les cabinets médicaux n’ont qu’une heure, parfois une demi-heure de permanence par jour. Comme tout le monde appelle en même temps, on met parfois trois jours pour obtenir un rendez-vous. Il reste les urgences, toujours engorgées. Une de mes connaissances a amené son mari qui venait de faire une hémorragie cérébrale aux urgences du 2e plus grand CHU du pays. On l’a laissé traîner dans un couloir pendant quatre heures. Résultat, sa vie est foutue, il peut juste actionner son fauteuil roulant électrique pour aller faire ses courses à la supérette du coin. Les médecins ont dit qu’il s’en serait sorti s’il avait été opéré dès son arrivée. Ça lui fait une belle jambe.
    4) Le système scolaire est une vaste plaisanterie. Il y a des élèves qui, au bout sept ans de scolarité, ne comprennent pas comment on utilise un dictionnaire.
    5) La corruption est omniprésente, même si on fait semblant de ne pas la voir.
    6) Compte tenu de ce qui précède, comment s’étonner que la fraude fiscale et la fraude à l’assurance maladie soient les deux grands sports nationaux?

    FH l’a dit lui-même: S’il est élu, les marchés n’ont aucun souci à se faire. Vous me direz, avec Sarkozy non plus, mais à quoi bon se leurrer?

      1. Pourquoi j’hésite? Par écoeurement, à force d’entendre parler du “modèle” suédois. Comme société á deux vitesse, c’est en effet un modèle.

        J’ai connu la situation que je décris sous un gouvernement social-démocrate, donc officiellement de gauche, avec des dirigeants qui faisaient semblant de s’indigner des situations qu’ils avaient eux-même créées.

        Les syndicats et les conventions collectives protègent (pour combien de temps encore?) ceux qui ont déjà un CDI et tous les avantages qui en découlent, en particulier la sécurité de l’emploi et la possibilité de s’absenter plusieurs années sans perdre leur place. Ils en profitent un maximum et prennent tous les arrêts ”maladie” auxquels ils estiment avoir droit sous prétexte qu’ils paient des impôts (comme si toute personne qui fait assurer son logement devait se faire cambrioler chaque année pour rentabiliser sa prime).
        Beaucoup d’autres sont condamnés aux petits boulots et à la précarité et tout est bon pour évincer les concurrents dans l’espoir de rester quelques mois de plus dans l’entreprise. Autant dire que les pratiques de harcèlement moral et/ou sexuel sont monnaie courante pour pousser les concurrents à la démission, j’ai même des collègues qui ont fait des tentatives de suicide. Il n’y a aucune protection en la matière. Comme les gens (les chefs en particulier) ne veulent pas avoir de problèmes, ils font semblant de ne rien voir.

        À côté de cela, il existe un système de prestatons sociales dont profitent essentiellement ceux qui n’ont pas envie de travaller. Une assistante sociale (à temps complet) m’a confié qu’elle était moins bien payée que les personnes dont elle gérait les dossiers. C’est aberrant.

        Inutile de me rappeler qu’il existe des chômeurs involontaires et de vrais malades, je le sais et je le déplore, mais ce n’est pas une excuse pour les autres. Quand, avec une activité libérale, vous travaillez pour l’État de janvier à août (voire septembre puisque l’impôt est progressif) et que cela ne vous donne même pas une assurance retraite digne de ce nom, la pilule est amère.

        Au fait, j’oubliais : Avant l’adhésion à l’Union européenne dans les années 90, la préférence nationale était une obligation pour les entreprises, mais c’était comme la gauche qui était au pouvoir, personne n’y trouvait rien à redire. Le racisme, c’est bon pour la droite.

        En tout cas, de deux choses l’une:
        Soit on a une fiscalité d’extrême gauche, mais alors la moindre des choses est de fournir la protection sociale qui va avec, de permettre aux gens de se loger, de se soigner, de travailler dans des conditions décentes, etc.
        Soit on applique une politique d’extrême droite en laissant les gens se débrouiller seuls, auquel cas la moindre des choses est de leur laisser une part suffisante de leur salaire pour qu’ils puissent aller voir un médecin dans le privé, prendre un taxi pour aller à l’hôpital quand on refuse de leur envoyer une ambulance, payer des cours privés à leurs enfants si l’enseignement est de piètre qualité, etc.

      2. Merci d’avoir révélé le pays, ça ressemble un peu aux Pays Bas mais en pire ce que vous décrivez.

        En tout cas les médias sont pour beaucoup dans l’enfumage. Aux “matins de France Culture” aujourd’hui, Brice Couturier a encore fait très fort dans les raccourcis et amalgames; sa psyche a parlé on dirait, n’étant pas un habitué de la matinale…

  6. Rien à voir avec le texte, mais le MICEX et le RTS (marchés russes) qui ont vu leurs cotations suspendues pendant 1 h hier.
    La cotation a donc été suspendu car il y a eu “un problème dans l’affichage (du carnet d’ordres) de l’offre et de la demande” …

    ça me rappelle le billet de Mr Jorion sur le krach éclair sur les marchés américains!

  7. un marché de l’emploi structurellement en berne

    Et si on commençait à voir les choses autrement ? La révolution industrielle et le progrès qu’elle a engendré ont dès l’origine eu pour but avoué de libérer les hommes du travail. Aujourd’hui une nouvelle étape est franchie avec l’informatique et la robotique, toujours plus performantes et destructrice d’emplois.

    Durant cette campagne, tous les politiques se sont affligés, comme vous le faites, de taux de chômage dépassant les 50% par endroits. De même Paul Krugman à propos de l’Espagne dans une chronique récente.

    Aussi, peut-être est-il temps de tirer les conséquences logiques de tout ça. La révolution industrielle est un succès. Le chômage n’est pas un défaut du système mais au contraire la manifestation de sa réussite. Dans cette perspective, l’important n’est plus de fournir un emploi aux citoyens mais un revenu. Et c’est aussi sans doute la manière la plus efficace de lutter contre les fanatismes de toute nature, religieux, politique, économique ou social.

    1. C’est ainsi que j’ai compris le livre de Larrouturou, “Pour éviter le krach ultime”, mais il ne va pas assez loin dans ses propositions.

      On retombe toujours sur LE problème général de la société, le partage des richesses produites. Une allocation universelle est une proposition intéressante. Le partage du travail disponible aussi. Reste la question qui est souvent laissée dans l’ombre : quel est le but de toute cette machine ? Le bien-être humain généralisé devrait être la réponse, la coopération plutôt que l’égoïsme.

      Quant aux questions des religions, des nationalités et de tout ce qui est utilisé pour diviser les êtres humains, l’histoire montre que les périodes les plus prospères, les plus riches culturellement sont celles où tous pouvaient vivre dans la diversité acceptée. Prenez l’exemple de la Sicile sous la domination normande, sous Roger II. En quelques décennies, une civilisation brillante qui fait l’admiration du monde. Parce qu’elle a su intégrer les influences arabes, byzantines, chrétiennes, … plutôt que des les confronter. Dès que cette tolérance a été remise en cause, le système s’est écroulé.

    2. @Abiram
      Complétement d’accord avec vous , le chômage est là pour longtemps , à nous d’inventer le monde de demain .Et si possible sans l’aide de nos hommes politiques qui vont encore nous faire une machine à désosser les quenelles .Exemple réduction du temps de travail avec Martine ingérable , les RTT , il faut que chaque entreprise en accord avec son personnel arrive a 4 jours de travail 3 jours de repos , ceci favoriserait l’embauche de jeunes , mais attention possibilité de faire machine arrière en cas de défaut de ce système , mais au moins on essaye .Si les politiques avaient la solution à la crise ,cela se saurait depuis longtemps .On ne peut pas aligner le monde du travail sur les couts de M-O les plus bas , alors soyons plus intelligent et inventons notre vie meilleur.

      1. @Ardéchoix : un mot sur l’embauche des “jeunes”, notez bien l’artifice qui consiste à répéter à l’envi que “un jeune sur quatre est au chômage”.

        C’est faux car 3 jeunes sur 4 sont encore à l’école. C’est un jeune actif sur quatre qui est au chômage ce qui fait, en gros, un jeune sur douze (si on prend jeune au sens de l’insee) soit un niveau de chômage tout à fait comparable aux autres tranches d’âge.

        Par contre, cela permet d’exercer une forte pression à la baisse sur le premier salaire, lorsqu’on démarre dans la vie professionnelle. D’où l’importance accrue à mes yeux de défaire le lien entre revenu et travail (comme pour les retraités en somme qui sont souvent si actifs et si heureux de l’être) afin de rééquilibrer le rapport de force patron/employé.

        Ce qui épanouit l’être humain c’est l’activité, pas l’emploi.

  8. On nous bassine avec “l’explosion” du FN et nombreux sont ceux qui s’y laisse prendre, ce qui est tout bénéf pour Sarko.

    Petit rappel:
    2002 : Le Pen 16,9% et Maigret 2.3% = 19.2%
    2012 : Le Pen 17.9%
    Après l’intermède de l’effet Sarko sur l’électorat du FN en 2007, retour au bercail de cet électorat, et érosion de près d’1.5%.
    C’est ça l’explosion annoncée?
    Il y a eu reconquête de l’électorat FN par la Marine, c’est vrai. Mais explosion il n’y a pas eu.

    Comme quoi, la propagande est toujours aussi efficace.

    1. Les chiffres ont peut leur faire dire beaucoup:
      Autre petit rappel:
      2002: Le Pen 4 804 713 voix et Maigret 667 026 voix = 5 471 739 voix
      2012: Le Pen 6 421 773 voix, donc 950 034 voix supplémentaires.
      Pres d’un million de voix en plus en 10 ans c’est peut être pas un explosion, mais ça reste significatif non?

      1. Il y avait Boutin et les chasseurs également. Ça faisait 5,4% des suffrages exprimés, soit 1,54 million de votes.

        Si 30% de cet électorat s’est porté sur Le Pen en 2012, ça fait 450 000 environ à rajouter. Le reste s’explique par la hausse du nombre d’inscrits sur les listes en dix ans, soit 5 millions.

        Par rapport à 2007 (où Le Pen+Nihous+De Villiers = 14% des voix ou encore 5,1 millions de voix), ça représente une hausse de 1,3 million de voix (probablement des gens qui ont voté Sarkozy en 2007 et qui avaient cru son discours).

        Ne pas oublier la certaine porosité qui existe entre l’électorat frontiste et celui de l’Ump….

        Toutefois, son joli score et la probable défaite de Sarkozy lui donne un tremplin pour le futur : essayer de dépasser la barre mythique des 20 % en élargissant le spectre du Fn à la droite populaire. Mais une accession au pouvoir ne pourrait avoir lieu que dans la perspective d’une alliance avec les “centristes” (un peu comme le RPR-UDF). Pour que celle-ci soit durable, il faudrait que le FN mette de l’eau dans son vin (et pas qu’un peu…)

      2. @archmarchina

        Premier tour le 21 avril 2002

        Inscrits 41 194 689
        Votants 29 495 733
        exprimés 28 498 471
        blancs ou nuls 997 262
        Abstentions 11 698 956

        Premier tour 22 avril 2012

        Inscrits 46 037 965
        Abstentions 9 453 427
        Votants 36 584 538
        Blancs ou nuls 698 737
        exprimés 35 885 801

        Premier tour 2007

        Inscrits 44 472 834
        Votants 37 254 242
        exprimés 36 719 396
        blancs ou nuls 534 846
        Abstentions 7 218 592

        Soit +4 843 276 inscrits de plus en 2012 par rapport à 2002
        soit +7 088 805 votants de plus en 2012 par rapport à 2002
        soit +7 387 330 exprimés de plus en 2012 par rapport à 2002
        Cela est dû à plus d’inscrits et moins de nul, blancs et abstentions.

        et

        Soit +1 565 131 inscrits de plus en 2012 par rapport à 2007
        soit – 669 704 votants de moins en 2012 par rapport à 2007
        soit – 833 595 exprimés de moins en 2012 par rapport à 2007

        Sarko perd 4% par rapport au 1er tour 2007 soit 1 139 939 voix
        En 2007 beaucoup de voix du FN s’étaitent repportées sur sarko.
        En 2012 elles sont rentrées au bercail de marine.

        en 2002 il y avait 7 millions d’exprimés en moins par rapport à 2012.
        Marine en a donc récupérer 1/7ème soit votre million.

  9. L’éditorialiste du Temps relativise le score du FN, bien inférieur à ceux qu’atteignent d’autres partis du même type en Europe ! Le FN disposerait donc encore d’une bonne marge de progression… Depuis 2002, le PS ne s’est pourtant pas vraiment remis en question, dimanche soir, j’ai été par exemple sidéré par la réaction de Jospin à l’annonce des résultats, il se disait très satisfait du score de Hollande, et n’a tout simplement pas mentionné celui du FN. De même sur les plateaux lors des débats, les ténors du PS eurent beau jeu d’imputer la responsabilité de la montée du FN au sarkozisme, responsabilité pourtant largement partagée ! Malheureusement, on a l’impression que le PS n’a toujours pas pris la mesure de sa défaite en 2002. Ni de l’ampleur du vote en faveur du Non en 2005. Malheureusement , le fascisme monte en Europe, remake grotesque tout autant qu’effrayant : on sait bien que “les puissances de l’argent” n’ont pas d’état d’âme, elles n’hésiteront pas à pactiser avec le diable si nécessaire. La construction d’une alternative est urgente.

    ” En comparaison européenne, aussi, la vigueur du parti le plus à droite de l’échiquier politique français est relative: les extrêmes droites autrichiennes cumulent 28,2% au parlement, le Parti du progrès en Norvège pèse 23% et la formation populiste des Vrais Finlandais a engrangé 19% au printemps 2011. Nul besoin de rappeler que, en Suisse, l’UDC qui cultive – dans le rejet de l’Europe et des élites, la détestation de l’immigration et le patriotisme – des thématiques qui n’ont rien à envier aux fondamentaux du FN, est, avec 26,6% des suffrages au Conseil national, le premier parti.”

  10. Et si le FN changeait de nom , recherche sur le site INPI .institut national de la propriété industrielle
    ALLIANCE POUR UN RASSEMBLEMENT NATIONAL
    Marque française
    Déposant :
    M. Louis Aliot
    Numéro : 3888273
    Classe :
    16, 35, 41

  11. @Tatsuya, Merlmokeur, Stéphane :
    D’accord avec vous. L’internationalisme a toujours été l’échec de l’extrême gauche (l’échec des différentes internationales est assez éloquent à ce propos), mais plutôt que de le remettre en question, elle s’acharne à porter un discours « mondialiste » et universaliste qui est rejeté par une partie de plus en plus grande de l’électorat (même s’il recouvre bien une réalité économique) et qui correspond d’avantage au positionnement d’une élite cultivée et internationalisée. Car la souveraineté ne peut être que nationale. Il y a contradiction à vouloir sortir des traités européens, pour recouvrer une souveraineté politique et économique, et prôner d’un autre côté le mondialisme des peuples, l’immigration « heureuse »,et autres concepts flous qui expriment certes des bons sentiments mais qui renvoient le travailleur lambda à la concurrence internationale débridée et au dumping social. Du reste nationalisme et communisme ne sont pas contradictoires même s’ils ne répondent pas à l’orthodoxie marxiste. Il s’agit avant tout de restaurer la souveraineté nationale, sans laquelle il n’y a tout simplement pas de démocratie possible. Et sur ce point, malheureusement, Marine Le Pen a été plus convaincante que Mélenchon qui navigue entre deux eaux en proposant de régulariser les “sans papiers”, donc les entrants illégaux qui concurrencent directement les plus bas salaires. Il y a contradiction à repousser d’une main Bolkenstein, et de l’autre soutenir l’immigration, d’autant plus lorsqu’elle est clandestine.

    1. et de l’autre soutenir l’immigration, d’autant plus lorsqu’elle est clandestine

      Je ne savais pas que le FdG soutenait l’immigration clandestine. La régularisation des sans papiers n’a rien à voir avec l’immigration clandestine qui est une plaie et d’abord pour ceux qui la pratiquent et qui sont obligés de quitter les leurs au péril de leurs vies en espérant être un jour en mesure d’envoyer 3 ronds au pays pour que leurs familles ne crèvent pas de faim. Ces mêmes clandestins qui sont contraints à émigrer en raison de la misère provoquée par des accords commerciaux iniques que leurs pays ont passé avec l’UE bien souvent.
      La régularisation des sans papiers est non seulement défendable humainement mais doit être aussi défendue politiquement du fait que les sans papiers représentent une main d’oeuvre délocalisée à l’intérieur même de nos frontières.

      Je trouve désespérant d’avoir à rappeler tout cela. Vous mélangez tout et j’ai l’impression que vous ne le faites même pas exprès. C’est triste.

      1. La régularisation des sans papiers n’a rien à voir avec l’immigration clandestine

        Parce que selon vous régulariser des clandestins c’est quoi ? ça n’a rien à voir avec l’immigration clandestine ? Et c’est moi qui mélange tout ??
        Et que penser de ça :

        La régularisation des sans papiers est non seulement défendable humainement mais doit être aussi défendue politiquement du fait que les sans papiers représentent une main d’oeuvre délocalisée à l’intérieur même de nos frontières.

        C’est du second degré ?
        Blague à part, il ne s’agit pas de faire des immigrés clandestins des bouc émissaires mais de maitriser l’immigration au lieu, comme vous le faites, de prétendre accueillir tous les nécessiteux par humanisme, surtout lorsqu’ils sont arrivés illégalement. J’ai du mal à comprendre comment vous pouvez affirmer justement que “les sans papiers représentent une main d’oeuvre délocalisée à l’intérieur même de nos frontières” et en conclure qu’il faut les régulariser. Ne voyez-vous pas que c’est cet engrenage qui appel justement plus de clandestins qui entrent alors en concurrence avec les plus bas salaires, ce qui amène précisément ces mêmes couches populaires à voter à l’extrême droite dans un réflexe protectionniste (dans le sens littéral du terme) face à ce qu’ils perçoivent justement comme une “main d’oeuvre délocalisée” concurrente.

      2. Au sud de nulle part.

        OK si c’est la der des ders, ce que le Front de Gauche n’a pas précisé (renseignez vous sur la catastrophe espagnole, la situation anglaise, et les flambées de racisme qui montent à cause de cette irresponsable gamberge). Perso, je préfèrerais qu’on envoie en tôle et qu’on déchoie de leur nationalité les patrons qui jouent à ce petit jeu, qui négocient ainsi les salaires à la baisse (ce qui coute à la communauté politique, au final), qui augmentent drastiquement les dépenses de la même communauté politique (le cout de l’intégration d’un travailleur étranger), et qui in fine sapent les bases même de la philia (en jetant les graines de la discorde).
        Vous dites que cela maintient les emplois à l’intérieur: vous plaisantez. Les secteurs dans lesquels on recrute des non nationaux ne sont pas des secteurs pour lesquels les clients se trouvent hors des frontières (au hasard le BTP: et ne me dites pas que ce sont les travailleurs immigrés que les sociétés françaises envoient sur les chantiers internationaux). Des salaires plus élevés ne changeraient donc rien à la compétitivité relative desdites entreprises, qui ne délocaliseraient pas sous peine de perdre leurs marchés.

        Au passage, accorder le droit de vote aux élections locales, au motif que ces personnes travaillent, c’est fouler au pied tous les principes rdémocratiques, en introduisant dans la philia l’idée que le vote a un prix, lequel est celui de la participation économique à la vie de la communauté, qu’il s’achète donc par la place qu’on occupe dans les flux marchands. Couronnement de la logique capitaliste, ici défendue par le Front de Gauche, dans laquelles les membres de la communauté politiques exclus de la vie économique ne votent pas, et sont rejetés hors de la vie démocratique, alors que ceux qui ne sont membres que de la communauté économique (“la société civile”), et non de la communauté politique, pourraient y accéder, eux.
        Bref: une insulte aux principes démocratiques! Cela, le citoyen le sait d’instanct sans avoir même à faire l’effort de le comprendre.

        Les rapports catastrophiques nord-sud doivent être corrigés au niveau international, ce qui n’est absolument pas incompatible avec les conceptions françaises de la souveraineté, attachées au droit des peuples à dsposer d’eux même, et donc à des accords commerciaux qui soient justes. Ce n’est pas aux membres de la communauté politique de servir individuellement de “variable/victimes d’ajustement” pour des politiques économiques déséquilibrées, voire carrément prédatrices, dont leurs dirigeants sont responsables.
        Qui plus est, la question de l’appartenance à la communauté politique ne sera jamais, par définition, une question morale, mais toujours une question politique.

        Ivan a raison, il manque une gauche souverainiste, ce qu’est le maoisme bien compris d’ailleurs. Ceux qui en étaient conscient ont donc du, pour beaucoup, passer à droite, voire à l’extrême droite (puisque celle ci s’est malheureusement retrouvée avec le monopole de ladite souveraineté, laquelle est la formule de l’association politique du peuple).
        On paie le prix fort de cet aveuglement de la gauche, aujourd’hui.

      3. Je voulais écrire : La régularisation des sans papiers n’a rien à voir avec un quelconque soutien à l’immigration clandestine.
        D’ailleurs qui pourrait raisonnablement avoir envie de soutenir l’immigration clandestine mis à part les rapaces sordides qui profitent de la misère humaine. Est ce de la provocation de votre part?

        une main d’oeuvre délocalisée à l’intérieur même de nos frontières. Délocalisée car non soumise au droit social français : salaires inférieurs au SMIC, pas de syndicalisation possible, horaires à l’avenant, chantage patronal à la dénonciation permanent, etc… Toutes ces choses qui font que les travailleurs sans papiers sont en concurrence déloyale vis à vis des salariés français au détriment des uns comme des autres. Ils sont concurrents déloyaux du simple fait de leur statut moins disant socialement qui fait d’eux des sujets surexploitables. Donnez leur des papiers et ils deviennent des salariés au même titre que les autres avec SMIC obligatoire et droit du travail à respecter. Trop compliqué à comprendre?

        Maintenant plutôt que de chercher à trouver une solution pour justifier l’injustifiable et foutre dehors les basanés qui vous dérangent, intéressez vous aux raisons qui poussent les pauvres gens à rejoindre l’Europe au péril de leurs vies. Vos regards se tourneront alors vers les marchands et les banquiers déjà responsables de la situation de crise en Europe et de part le monde.
        Mobilisez donc votre énergie là où elle est utile au lieu de vous battre contre les moulins à vent de l’immigration clandestine que personne ne pourra empêcher tant que perdureront les rapports de domination du nord sur le sud pour le plus grand bénéfice de ceux qui nous asservissent ici aussi.

      4. Killixs

        Si vous ne l’avez pas déjà fait il ne vous reste donc plus qu’à rejoindre le mouvement de Soral pour vous réconcilier dans l’égalité avec la gauche du travail et la droite des valeurs à moins que ce ne soit le contraire.
        De toute façon le Front de Gauche est foutu et va sans doute exploser aux législatives sous la pression des élus locaux PC. Il ne vous aura donc pas dérangé bien longtemps. Vous aurez alors toute latitude pour occuper la place laissée vide avec un nouveau mouvement de gauche que vous pourrait revendiquer à loisir comme souverainiste. Ne comptez pas sur moi, c’est tout.

      5. Le fait de voter aux élections municipales pour les étrangers existent dans plusieurs pays européens, même avec une résidence courte pour des études par exemple. Jeter l’anathème ne sert à rien: l’étranger, même étudiant, devrait être incité à participer à la polis et au forum. Bien sûr, on vote facilement n’importe quoi (ma feuille de vote aux Pays-Bas avait quelques 25 partis, j’ai coché presque au hasard). En quoi serait-il anormal que des non-nationaux qui résident depuis mettons une dizaine d’années quelque part votent aux municipales? Ils ont largement autant d’expérience qu’un expat qui n’a jamais vécu en France, voire beaucoup plus selon les cas. Pour info la résidence fiscale, c’est plus de 6 mois par an dans le pays.

  12. Que de pessimisme !
    En regardant la carte des résultats, on voit très nettement que le vote FN est, en gros, celui de villages du nord est et du sud, et beaucoup moins celui des grandes villes et de leurs banlieues, où le front de gauche est souvent devant le FN. Je crois tout simplement que dans les campagnes on regarde la télé, qui fait la promo des dirigeants UMP ou PS, alors qu’en ville on surfe sur internet, où tout est accessible et expliqué.
    Donc, mettez internet à haut débit dans chaque village, et les “petits” candidats grandiront !

    1. VERS LA GUERRE CIVILE ?

      – 2002, Le Pen père + Mégret = 5 471 739 voix
      – 2012, Le Pen fille = 6 421 802
      – 2012/2002 = +17,36%

      Mais :

      – inscrits 2002 = 41 194 689
      – inscrits 2012 = 46 037 965
      – 2012/2002 = +11,75%

      La hausse du nombre des inscrits annule en grande partie la
      progression en % du nombre d’électeurs de Mme Marine Le Pen.

      http://www.lesechos.fr/economie-politique/election-presidentielle-2012/front-national/0202026254444-le-vote-fn-progresse-dans-l-ouest-et-dans-les-campagnes-315530.php

      Déduction :

      1/ progression du “vote ethnique” + “vote religieux” (hallal versus haram) dans les villes + banlieues (http://www.marianne2.fr/Des-recteurs-de-mosquees-vont-appeler-a-voter-pour-Francois-Hollande_a217058.html)
      versus
      2/ début de prise de conscience de la “submersion démographique” dans les campagnes.

      ===>
      rupture ….

      compte tenu du taux d’accroissement en faveur de la population des
      banlieues … car électeurs inscrits 2002/2012 +11,75% en 10 ans….. pour la plupart “néo-français” si on rapporte l’accroissement au taux de natalité des “européennes” …
      Le “différentiel de poids démocratique” en faveur des zones péri-urbaines va s’accentuer et il est “normalement” irratrapable ….

      vers une situation “type yougoslavie” dans … 10 à 15 ans .. peut être avant, quand les différences de vote seront encore plus visibles, évidentes et sensibles ?

      1. J’ai fait le même calcul en prenant comme base de % le nombre d’inscrits et non les exprimés .

        La différence entre les 2 élections c’est la taille du corps électoral ( 4,8 millions de plus en 2012 et le taux d’abstention )

        2002 = 28,4%
        2012= 20,53%

        En 2002 ,

        Mégret 667 026 ( 1,62% des inscrits )
        Le Pen 4 804 713 (11,66% des inscrits )
        = 5 471 739 voix
        pour 41 194 689 inscrits
        soit 13,28 % des inscrits ( 28 498 471 exprimés celui qui sert de base de calcul des % = 16,86 + 2,34 =19,2%)

        En 2012,
        Le Pen fille
        6 421 773 (+950 034 par rapport à 2002 ) pour
        46 037 545 inscrits ( + 4 842 856 toujours par rapport à 2002)
        soit 13,95% des inscrits (35 885 801 exprimés = 17 ,90%)

        La progression n’est pas extraordinaire mais elle existe quand même et on peut dire que Marine Le Pen retrouve les scores de son père + Mégret voire les dépasse très légèrement.

        En tout cas , il n’y a pas de baisse.

  13. Il y a quand même un paradoxe à toujours envisager les solutions à la crise soit sous forme de réduction des dépenses, soit en invoquant un hypothétique retour à la croissance sans hausse des salaires.
    De quelle crise parle-t-on d’ailleurs? Cela fait 50 ans que j’entends parler de la crise.
    La crise écologique elle – bien réelle – est remise aux calendes grecques.
    Dans son dernier livre sur “l’Avenir de l’économie”, Jean-Pierre Dupuy nous montre que l’économie est mue moins par les besoins que par le désir (le regard de convoitise des autres = la rivalité mimétique chez René Girard). Il nous montre également les rapports de l’économie à la violence, à la mort et au sacré. Je le cite

    “Comme le sacré avant elle, l’économie est en train de perdre aujourd’hui sa capacité de produire les règles qui la limitent. Tel est le sens profond de la crise. La mythologie grecque a donné un nom à ce qu’il advient d’une structure hiérarchique…lorsqu’elle s’effondre sur elle-même: c’est la panique”

    L’autre leçon (car c’en est une) c’est que c’est l’avenir qui tire l’économie, ou plus exactement une vision de l’avenir qui n’existe pas encore mais auquel on est obligé de croire si l’on veut que le fondement même de l’échange ne s’effondre pas sous nos pieds. Quelle raison aurais-je de travailler si je pense que demain une météorite va détruire la terre ? Mais l’avenir est par définition incertain et il nous tire comme le baron de Münchausen se soulevait du marais ou il s’était embourbé en tirant sur sa queue de cheval.
    De tout ceci, n’est-il pas temps de remettre l’économie à sa place (gouverner la gestion de la production) et le politique à sa vraie place; à savoir: de quoi avons nous réellement besoin, et de quelle ressources dispose-t-on pour les produire, quel avenir veut-on construire. Dans cette optique, le commerce vient ensuite (ce n’est plus une priorité et l’échange est un moyen, pas une fin), et la finance vient en dernier.
    J’essaye de dire les choses de manière simple (voire simpliste) mais j’entends les politiques ne parler que de croissance, d’économie, de budget…, mais on ne sort pas du cadre (à part peut-être Eva Joly ?).
    Cela fait 60 ans que l’on construit l’Europe des marchands, pour les marchands. Mais les marchands attisent des désirs illimités dans un monde limité. On voit ou nous mène la dérive.
    Mais ce n’est pas en combattant l’économie (capitaliste, libérale, marchande, prédatrice..) par une autre économie (sociale, égalitaire, solidaire, éthique… que sais-je) qu’on sortira du cadre.
    Mettons le politique – et lâchons le mot; la démocratie – au centre de nos préoccupations et l’économie suivra, avec ou sans capitalisme.

  14. Jeudi 24 avril 2012 :

    L’Espagne paie beaucoup plus cher pour se financer à court terme.

    L’Espagne a levé mardi 1,933 milliard d’euros en bons à 3 et 6 mois, dans le haut de la fourchette visée, mais a dû concéder des taux d’intérêt en forte hausse dans un climat de tension sur les marchés, avec une Bourse madrilène à ses plus bas niveaux en trois ans.

    La demande des investisseurs est restée forte, dépassant les 9,4 milliards, ce qui a permis au Trésor espagnol d’atteindre son objectif d’emprunter 1 milliard à 2 milliards, mais à un coût presque doublé par rapport à la dernière émission similaire, le 27 mars : 0,634% sur trois mois (contre 0,381%), et 1,580% sur six mois (contre 0,836%), selon la Banque d’Espagne.

    http://www.boursorama.com/actualites/l-espagne-paie-beaucoup-plus-cher-pour-se-financer-a-court-terme-bcd7c68edaebc656987f1f72e0ce524a

  15. François Hollande sera élu président, il en sortira par la suite une majorité parlementaire PS. Dans l’opposition émergeront deux forces, issues de la recomposition de toute la droite. Une nouvelle formation centriste prendra forme autour de l’Alliance des centres et d’une partie de l’UMP. Le FN quant à lui s’apprête à s’allier une grande partie de la droite UMP post-Sarkozy.

    D’ailleurs, le FN a vu venir le coup… Apparemment, ils ont déposé depuis janvier le nouveau nom de leur mouvement politique maintenant un terme à la marque “Front National”…. En quelques sortes, la deuxième étage de la fusée.: Alliance pour un rassemblement national

    Il pourrait amorcer un nouveau virage à l’image des autres mouvements extrémistes européens. C’est malheureusement là pour durer tant que les dirigeants continueront à appliquer les politiques économiques actuelles.

    1. Quelque part, que des Balkany, Guéant, Hortefeux et Mariani (et NS bien sûr!) rejoignent vite le nouveau FN, je trouverais cela normal et positif.

  16. Mardi 24 avril 2012 :

    Rome emprunte près de 3,5 milliards d’euros à des taux en forte hausse.

    Le Trésor italien a emprunté mardi près de 3,5 milliards d’euros sur le marché, un montant frôlant son objectif maximum, à des taux en forte hausse en raison du regain d’inquiétude des investisseurs pour la zone euro, a annoncé la Banque d’Italie.

    Dans le détail, le Trésor italien a émis 2,5 milliards d’euros de certificats du Trésor zéro coupon à échéance 2014, dont les taux ont bondi à 3,355%, contre 2,352% lors de la dernière opération similaire le 27 mars.

    Il a émis en outre 501 millions d’euros de bons du Trésor indexés sur l’inflation à échéance 2017 dont les taux se sont inscrits à 3,88%, contre 2,04% lors de la précédente émission, et 441,5 millions d’euros de bons du Trésor indexés sur l’inflation à échéance 2019 à un taux de 4,32% contre 3,06%.

    http://www.lesechos.fr/entreprises-secteurs/finance-marches/actu/0202028262931-rome-emprunte-pres-de-3-5-milliards-d-euros-a-des-taux-en-forte-hausse-315972.php

  17. Si comme tout semble l’indiquer, la crise continue d’élargir le fossé entres les nantis et ceux qui vont la prendre de plein fouet, la victoire d’une coalition UMP/ Front National n’est plus à exclure en 2017. La présence de l’UMP va complètement déculpabiliser les électeurs qui prendront la pire des solutions, celle qui leur fait croire que l’isolement de la France au sein de l’Europe et du reste du monde est la voie à suivre. Par peur irrationnelle, repli sur des solutions d’exclusion et recherche du bouc émissaire, les vieilles recettes réactionnaires accommodées à la sauce national-populisme risquent d’apparaitre comme le remède miracle …

    1. Bonne émission . Dommage que le chapeau soit faux .

      “Record historique pour le FN ? Attention aux chiffres ! Tout le monde l’affirme, avec ses 17.9% du 22 avril Marine Le Pen dépasse son père et ses 16.86% en 2002. Mais on oublie Bruno Megret qui en 2002 faisait 2.34%, soit un total de 19.20% donc on peut dire que Marine le Pen est de 1.3% en dessous de l’extrême droite de 2002 ! N’empêche qu’on n’est pas au bout de Le Pen.”

      Le raisonnement est vrai si la base de calcul retenue est le nombre de voix exprimés .
      Si on se base sur les inscrits , la conclusion de Mermet est fausse : une très très légère progression mais pas de baisse

      http://www.pauljorion.com/blog/?p=36286#comment-313916

  18. Cette série de comm’ a ceci d’intéressant qu’elle a fait tomber les masques des différents intervenants.
    Je ne lirais plus jamais les comm’ de ce blog de la même manière.
    flippant…

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