FACEBOOK ET L’HYPOTHÈSE D’EFFICIENCE DES MARCHÉS, par Julien Alexandre

Billet invité

Le monde des investisseurs « High tech » a entamé la semaine avec la gueule de bois, et elle ne semble pas être près de passer. La raison ? L’introduction en bourse du géant des réseaux sociaux, aux 900 millions d’utilisateurs affichés, tourne au fiasco. Mardi 22 mai, le titre dévissait pour le 3ème jour consécutif, clôturant à 31 dollars, alors que l’introduction s’était faite vendredi à 38 dollars. Une chute d’autant plus spectaculaire que le mode d’introduction retenu, à savoir ne proposer qu’un petit nombre d’actions représentant un pourcentage faible du capital, est une technique habituellement utilisée pour générer une croissance rapide à court terme de la valorisation des titres. S’il y avait besoin d’une énième preuve de l’irrationalité des marchés, le scénario rocambolesque d’une des plus importantes entrées en bourse de l’histoire serait un candidat tout trouvé. Retour sur un scandale qui ne dit pas – encore – son nom.

Les rumeurs sérieuses sur l’introduction en bourse de facebook ont commencé à circuler courant 2010. Les spéculations allaient bon train pour une IPO (Initial Public Offering, la procédure d’introduction en bourse permettant la cotation d’un titre) en 2011 ou 2012. À l’époque, les analystes financiers estimaient la valorisation du groupe dans une fourchette comprise entre 15 et 25 milliards de dollars, ce qui était déjà considérable pour une entreprise employant seulement 2.000 personnes et générant péniblement 2 milliards de chiffre d’affaires et un résultat net de 606 millions de dollars.

Courant 2011, on était déjà passé à 50 milliards de dollars. Pourquoi ? Tout simplement parce que la désormais célèbre banque d’affaires Goldman Sachs venait de monter un tour de table de 1,5 milliards de dollars investis dans facebook, 500 millions en son nom propre et 1 milliard pour le compte de clients de la banque, laquelle avait mis en place un SPV (special purpose vehicle , un instrument de gestion de créances). L’affaire avait déjà fait grand bruit à l’époque lorsque la Securities and Exchange Commission (SEC), le gendarme de la Bourse américaine, avait envisagé de changer ses règles pour empêcher le renouvellement de ce type d’opérations qui permettaient de contourner la limite des 500 actionnaires qui oblige chaque entreprise à publier l’intégralité de ses résultats en toute transparence et à faire connaître son actionnariat jusqu’alors anonyme. Le subterfuge de Goldman Sachs permettait de ne voir qu’une tête, donc un seul actionnaire, et autorisait facebook à continuer à divulguer seulement les chiffres comme bon lui semblait.

Dans le courant de l’été 2011, on a commencé à voir de nouveaux chiffres sortir du chapeau : 65, puis 75 puis 80 milliards et finalement en fin d’année 100 milliards de dollars de capitalisation, sans aucune explication rationnelle. Pour bien comprendre en quoi ce chiffre est farfelu, il suffirait de s’intéresser à l’absence de perspectives de croissance tangibles, au manque de visibilité et de lisibilité du business plan de la compagnie, à la maturité des marchés développés (les États-Unis génèrent à eux-seuls 50 % du chiffre d’affaires alors que le nombre d’utilisateurs a reculé à plusieurs reprises, à l’unisson des autres grands marchés notamment européens), au décollage incertain des revenus de la téléphonie mobile, etc. Mais foin de tout cela, mettons nous simplement dans la peau d’un investisseur lambda et considérons l’indicateur de référence dans l’évaluation des investissements qu’est le PER ou price earning ratio, le rapport entre la capitalisation boursière et le résultat net. En 2011, facebook a réalisé 3,7 milliards de chiffre d’affaires avec un bénéfice de 1 milliard de dollars. Avec une valorisation à 100 milliards de dollars, on a donc un PER de 100… c’est 3 à 4 fois la moyenne du secteur ! Prenons l’exemple de la valeur la plus emblématique de la net économie, Google. Valorisé à 189 milliards, l’entreprise réalise 38 milliards de chiffre d’affaires et surtout 10 milliards de bénéfices, soit un PER de 18,9 : cinq fois moins que facebook !

Comment en sommes-nous arrivés là ? Force est de constater que les naïfs contemplant la loi de « l’efficience » des marchés financiers en sont pour leur grade. Une fois de plus. La frénésie autour de l’arrivée en bourse du réseau social rappelle évidemment la bulle internet du début du siècle. La différence, c’est que nous sommes déjà dans un contexte de crise, qui plus est d’une gravité sans précédent, et que l’on aurait pu penser que l’appréciation des risques fasse l’objet d’une approche plus circonspecte. C’est pourtant tout le contraire qui s’est produit. La perspective était trop alléchante, l’espérance de gains immédiats trop engageante. Et puis surtout, la mayonnaise avait été si bien montée. Peut-être trop bien montée même.

La question intéresse en effet les autorités de régulation aux États-Unis, alors que les plaintes se multiplient à travers le pays. Les banques ayant participé au consortium de 33 établissements sélectionnés pour l’IPO sont dans le collimateur de la SEC, sa présidente Mary Schapiro venant d’annoncer l’ouverture d’une enquête. Plusieurs témoignages convergeraient affirmant que les principales banques auraient organisé des conférences téléphoniques avec un certain nombre de clients importants pour les informer en amont de l’introduction de révisions des prévisions de résultats de facebook, créant de facto une asymétrie d’information entre les investisseurs. Morgan Stanley est particulièrement visée en tant que principale banque introductrice. Non seulement elle fait partie des banques soupçonnées d’avoir diffusé à certains clients des perspectives négatives juste avant l’introduction en bourse, mais il semblerait également qu’elle ait fait usage de son option de sur-allocation (un mécanisme connu sous le nom de greenshoe) de 63 millions d’actions en les shortant, générant un profit tout en soutenant le cours…

Autre protagoniste mis en cause, David Ebersman, le directeur financier de facebook, qui pourrait non seulement être à l’origine des fuites qui auraient permis aux banques d’informer leurs clients en amont de l’IPO (l’information qui aurait été fournie par les banques était bien trop similaire de l’une à l’autre pour ne pas avoir la même source « officielle ») mais qui serait également le responsable du prix d’introduction trop élevé et de l’augmentation de 25 % du nombre de titres cédés sur le marché 3 jours avant l’introduction, remettant en cause la stratégie de « création de rareté » qui avait été adoptée pour permettre de faire grimper rapidement le cours.

La conclusion du puzzle saute aux yeux : business as usual.

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135 réflexions sur « FACEBOOK ET L’HYPOTHÈSE D’EFFICIENCE DES MARCHÉS, par Julien Alexandre »

  1. Je vais peut-être dire une bêtise, mais ne serait-il pas temps de rajouter deux articles de loi dans nos codes législatifs ?
    – Sanctionner tout gain frauduleux, tout bénéfice basé sur la tromperie, en obligeant à rembourser intégralement, et en sanctionnant en plus d’une amende du même montant. Ainsi, en doublant la pénalité du gain illégal, on pourrait espérer faire réfléchir à deux fois ceux qui envisagent ces méfaits.
    – Ajouter automatiquement pour chaque tranche d’un million d’euro d’amende, une peine d’un an de prison ferme et incompressible. là aussi, le fait d’avoir à faire de la prison devrait mettre en perspective l’idée d’entrer en matière…

    Dans le but de transformer le « Business as usual » en « Prison as usual »

    Lewu

    1. Heu, certes, bonne idée…
      Simplement, iraient en prison ceux qui font la loi (dans tous les sens du terme)?
      Pas demain la veille…
      As usual, on restera donc dans le business.

    2. Et pourquoi pas rétablir la peine de mort avec des balles rouillées à rembourser par la sociéte punie et non déductible des impôts.

      Avec ce genre de raisonnement on met la moité de la planète en prison.

      D’abord l’IPO s’est fait aux USA, donc je ne vois pas ce que « nos codes législatifs « . Ensuite il y a des lois et des procédures. On ne va pas faire la révolution à chaque fois qu’un actionnaire perd du fric.

      1. les lois et les procédures n’ont de poids que si il y a des sanctions appliquées à la clé, sinon c’est du flan et les escrocs en tout genre le savent très bien.

      2. sauf que les sanctions doivent être échelonnés. Si un assassin d’enfants fait 10 ans de prison un financier qui commet un délit d’initié ne peut pas prendre 20 ans.

      3. Le taulier, c’est pas 10 ans l’assassinat d’enfant, c’est perpèt dans le Code Pénal pour le «simple assassinat», et dans les jugements au moins une peine de 18 ou 20 ans incompressible depuis Balladur-Méhaignerie – et la pèriode de sureté Pasqua de 30 ans auparavant.
        http://www.legifrance.gouv.fr/affichCodeArticle.do?cidTexte=LEGITEXT000006070719&idArticle=LEGIARTI000024041189&dateTexte=20120524
        http://fr.m.wikipedia.org/wiki/Perp%C3%A9tuit%C3%A9_incompressible_en_France

      4. il ne faut pas oublier que la loi ne peut être « efficace » que si elle est simple,
        les articles doivent être les plus généraux possible et englober le plus de délits possibles pour ne pas créer de faille ou de vide juridique
        mais c’est exactement l’inverse qui se passe
        les recours, vices de procédures, vices de formes et j’en passe ne sont là que pour protéger ceux qui ont de bons avocats et qui peuvent étirer les procédures…et finalement ne jamais être jugé
        on connait beaucoup d’hommes politques aux innombrables casseroles qui n’ont jamais vu la couleur des murs d’une prison.

    3. les delits en col blancs et les fraudes fiscales , déjà alexis carrel les dénonçait et préconisait des peines exemplaire dans son bouquin …mais vu comment ce bonhomme a tourné ,je ne sais si des idées pareilles ne vont pas forcement de paire avec un fascisme plus violent que l’ultralibéralisme si tant est que cela puisse etre possible .

    4. Alexis Carrel… : L’Homme, cet inconnu, en 1936 (succès mondial jusque dans les années 50…): « substituer des concepts scientifiques de la vie aux anciennes idéologies  développer harmonieusement dans chaque individu toutes ses potentialités héréditaires ; supprimer les classes sociales et les remplacer par des classes biologiques, la biocratie au lieu de la démocratie ; rendre es hommes aptes à se conduire rationnellement : la fraternité, la loi de l’amour ; le but de la vie n’est pas le profit. »
      « En Allemagne, le gouvernement a pris des mesures énergiques contre l’augmentation des minorités, des aliénés, des criminels La situation idéale serait que chaque individu de cette sorte soit éliminé quand il s’est montré dangereux. »
      « Le conditionnement des criminels les moins dangereux par le fouet, ou par quelque autre moyen plus scientifique, suivi d’un court séjour à l’hôpital, suffirait probablement à assurer l’ordre ; quant aux autres, ceux qui ont tué, qui ont volé à main armée, qui ont enlevé des enfants, qui ont dépouillé les pauvres, qui ont gravement trompé la confiance du public, un établissement euthanasique, pourvu de gaz appropriés, permettrait d’en disposer de façon humaine et économique. Le même traitement ne serait-il pas applicable aux fous qui ont commis des actes criminels ? »
      « Les sexes doivent de nouveau être nettement définis. Il importe que chaque individu soit, sans équivoque, mâle ou femelle. Que son éducation lui interdise de manifester les tendances sexuelles, les caractères mentaux et les ambitions du sexe opposé. »

      1. Charmant. A peu de chose près le programme de l’UMP qui sera porté en 2017 par l’inénarrable Copé, c’est à dire le programme actuel du FhaiNe.

    5. Dans l’Algérie de Boumediène la loi prévoyait la peine de mort pour les détournements supérieurs à un certain montant, ce qui n’est pas aberrant quand on considère que cet argent aurait pu être utilisé pour le développement et donc sauver un grand nombre de vies.

      Mais si la corruption n’a vraiment explosé que sous le règne de Chadli Bendjedid, il me semble qu’elle n’a pas eu besoin de l’abrogation de cette loi…

    6. C’est de bons avocats engagés et techniciens dont nous avons besoin!
      Pas de celles où ceux qui se complaisent dans les discours, feignant la surprise (ex de la proche annulation de procédure Erika) sans prendre le soin d’expliquer les abhérations normatives.
      Les codes regorgent de textes inexploités, les États se privent de politiques pénales adaptées … Résultat, l’habileté juridique penche toujours du même côté.

  2. Dans le même genre de comportement bizarre et non-optimal du marché on peut remarquer

    L’Allemagne a adjugé mercredi 4,56 milliards d’euros de son nouvel emprunt à deux ans zéro coupon, à un rendement bas sans précédent de 0,07%,
    http://tempsreel.nouvelobs.com/economie/20120523.REU6916/les-investisseurs-se-ruent-sur-l-emprunt-allemand-a-deux-ans-0.html

    bien inférieur à l’inflation.
    Prêtez-nous votre argent et revenez dans deux ans, on vous le rendra tel quel, c’est une affaire, non?
    Faut vraiment avoir de l’argent en trop pour vouloir le geler pendant 2 ans.

    Tiens, j’y pense, comment fait-on pour proposer un emprunt?
    Me prêter un milliard à 0% sur 2 ans, ça intéresse quelqu’un ici?

    1. Les banquiers pensent que la fin de l’Euro devient probable. Avoir des OAT allemandes c’est détenir des DM, soit un gain probable de 30% sur les francs.
      La fin de l’euro s’accompagnera probablement d’une chute du commerce international et donc du CAC. Acheter de la dette allemande c’est se préparer à la tempête…il y a donc loin entre les discours rassurants destinés à la population et les actes des grandes banques.

      1. Dans les états majors, personne ne spécule sur la chute de l’€, mais sur la spéculation de la spéculation sur la chute de l’€. Les gogos sont légion !

      2. Ils ont emprunté en €, il est fort probable qu’ils remboursent en €… Si cette monnaie existe toujours.

    2. Oui, dit autrement, déposer son argent à zéro pour-cent en Allemagne paraît plus avantageux, ou moins incertain, que de le mettre ailleurs où les risques de défaut se multiplient.

      De toute façon, les capitaux financiers sont de l’argent « en trop », dont les propriétaires n’ont pas l’usage, et baptisé « épargne » par les économistes du sérail, faisant ainsi idéologiquement appel à la notion d’économie, sou après sou, des gens modestes. Par exemple, la campagne de publicité de Bush fils en faveur de sa réforme des droits de succession mettait en images des artisans, alors que les bénéficiaires en étaient les grandes fortunes.

      1. Leboutte, tu vas voir comme «ce n’est pas de l’épargne», comme «c’est de l’argent en trop» quand ça va péter le truc… ou simplement comme ça l’était pour le primo-accédant espagnol ou irlandais…

      2. Toute classe qui aspire à la domination doit conquérir d’abord le pouvoir politique pour représenter à son tour son intérêt propre comme étant l’intérêt général.

        Karl Marx

      3. @ Leboutte 24 mai 2012 à 08:10 & Au sud de nulle part 24 mai 2012 à 14:45

        De toute façon, les capitaux financiers sont de l’argent « en trop », dont les propriétaires n’ont pas l’usage, et baptisé « épargne » par les économistes du sérail, faisant ainsi idéologiquement appel à la notion d’économie, sou après sou, des gens modestes

        Ceux qui vous ont fait croire à de l’argent en trop, tel Marx ou autres, sont des gens qui travaillaient à la perte de l’espèce humaine plus qu’à chercher à analyser les contraintes à surmonter pour permettre sa survie.

        Tout ce qui permettait de préparer le futur, telles les réserves d’énergies nécessaires à opérer des transitions d’adaptation, notamment l’épargne conduisant au capital, leur semblait inutile et nuisible car il freinait la jouissance par la consommation immédiate, laquelle leur semblait être la finalité de l’existence humaine.

        Cette vision a été remise en lumière après Marx, avec un éclairage renforcé par l’esprit d’après guerre qui s’est affirmé en 68, (jouissons sans entrave, il est interdit d’interdire etc…) amenant les anciennes générations à être horrifiées. Malgré leur réaction de sagesse et l’action de De Gaulle et Pompidou, les réflexes précautionneux des anciens ont été balayés par ceux qui, pour se faire une place en politique, ont flatté la jeunesse, inexpérimentée et inconsciente.

        Les mandats de Giscard, Mitterrand et suivants ont alors enclenché un cycle d’endettements croissants dont nous ne sommes pas sortis alors que nos réserves de richesses minérales et énergétiques se sont épuisées rapidement, sur notre territoire et par suite de la perte de nos territoires coloniaux.

        Aujourd’hui, il nous faut opérer une transition énergétique alors qu’au lieu de disposer d’un stock de réserves pour y procéder, nous sommes étranglés par des dettes contractées non pour investir mais pour seulement vivre au dessus du niveau de nos ressources, ce qui conduira à la faillite si nous ne corrigeons pas drastiquement la trajectoire.

        Les capitaux que certains ont épargnés, parfois sur de très modestes revenus, ne sont pas inutiles au regard des besoins identifiés par ceux qui ont eu le souci de prévoir, au lieu de consommer sans retenue. Ainsi, mes parents modestes, employés agricoles dès l’âge de 13 ans, ont prévu leurs besoins pour faire face à leurs vieux jours qui les ont portés jusqu’à 90 et 97 ans sans être à la charge de leurs enfants. Ma mère qui n’avait que 1000€/mois de retraite devait payer le double durant les 10 ans où elle a séjourné en maison de retraite.

        Avez-vous fait le nécessaire vous-même pour ne pas être, le moment venu, à la charge de vos enfants ou de la collectivité ? Compte tenu de vos propos je crains que ce ne soit pas le cas.

      4. jducac, vous nous en avez sorti des tissus d’âneries, mais là vous faites fort :

        Ceux qui vous ont fait croire à de l’argent en trop, tel Marx ou autres, sont des gens qui travaillaient à la perte de l’espèce humaine plus qu’à chercher à analyser les contraintes à surmonter pour permettre sa survie.

        Tout ce qui permettait de préparer le futur, telles les réserves d’énergies nécessaires à opérer des transitions d’adaptation, notamment l’épargne conduisant au capital, leur semblait inutile et nuisible car il freinait la jouissance par la consommation immédiate, laquelle leur semblait être la finalité de l’existence humaine.

        Vous avez lu Marx ? Vous y avez vu le travail à la « perte de l’espèce humaine » ? Et une philosophie que vous résumez par « la jouissance comme finalité de l’existence humaine » ?

        Si vous avez un exemplaire annoté, merci de nous préciser les pages.

      5. @ Julien Alexandre 24 mai 2012 à 16:36
        J’avais cru comprendre que Marx n’était pas favorable à l’épargne salariale, notamment parce que cela ouvrait la voie à la constitution du « capital », sa bête noire. Ce qu’il craignait, c’est la division de la classe ouvrière quitte à la rendre plus vulnérable. Pour moi, amener une classe ouvrière à être plus vulnérable parce que sans ressource capitalisée ne peut que nuire à l’avenir de l’humanité ou tout au moins à celui de la population concernée.
        http://alencontre.org/economie/il-faut-lire-marx-sur-la-finance.html

        Le piège de l’épargne salariale
        Au moment où Marx écrit, la croissance des banques est nourrie surtout par les «dépôts des capitalistes industriels», trésoreries d’entreprise et profits non investis. Mais «toute l’épargne monétaire et l’argent inoccupé de toutes les classes y seront déposés. De petites sommes, dont chacune isolément est incapable d’agir comme capital argent, sont réunies en masse importante constituant ainsi une puissance financière.» Marx alerte sur le piège de l’épargne salariale: «La caisse d’épargne est la chaîne d’or par laquelle le gouvernement tient une grande partie des ouvriers.» Elle crée «une scission entre la partie de la classe ouvrière qui participe aux caisses d’épargne et la partie qui n’y prend point part», les ouvriers «mettant ainsi dans les mains de leurs ennemis des armes pour la conservation de l’organisation existante». C’est là un point toujours plus essentiel. Simples «cotisants» à des systèmes de retraite par capitalisation au départ, les salariés retraités deviennent, sans le vouloir, parties prenantes de mécanismes d’appropriation de revenus dont la source se trouve dans l’exploitation des salariés au travail.

        Si Marx n’avait pas été anticapitaliste par stratégie politique, il aurait peut-être pu amener la classe ouvrière d’Europe à être, par le biais de l’épargne, propriétaire, au moins en partie, de ses outils de production. C’aurait certainement été mieux que de dépendre de fonds de pension étrangers.

        Qu’en pensez-vous ?
        PS : Dans le capital de mon ancien employeur, les employés en détiennent 16%

      6. Ce qu’il craignait, c’est la division de la classe ouvrière quitte à la rendre plus vulnérable.

        Again, n’importe quoi. Marx souhaitait que la classe prolétaire reste unie pour être plus forte, pas plus vulnérable.
        Regardez ce qui est arrivé aux fonds de pension des retraités américains depuis le début de la crise ? Elle est là la vulnérabilité.

    3. Je laisse la « moralisation du capitalisme » à chacun après avoir exposé ces faits:
      Si on attaque l’a Grece, puis l’Espagne et l’Italie, cela permet à l’Allemagne d’emprunter a prix bradé…Mais aussi aux T-Bonds US de redevenir une valeur refuge…
      Et son voyait ça sous cet angle sordide?
      C’est plus moral non?

      1. Bon, et pour mon prêt d’un milliard à zéro % / 2 ans, personne? 🙁
        Pour rassurer, si nécessaire, sachez que je bredouille plusieurs mots d’allemand.

        N’importe quel compte d’épargne en euro donne plus que 0% d’intéret, et même un tas de billets en euros dans un coffre d’agence ne rapporte pas moins, ce ne sont évidemment pas les petites gens qui placent leurs économies chez Angela, la bonne blague.

  3. « En 2011, facebook a réalisé 3,7 milliards de chiffre d’affaires avec un bénéfice de 1 milliard de dollars. Avec une valorisation à 100 milliards de dollars… »

    Qui fixe le prix…?

    Et puis, comment une entreprise qui fait 1 millard de bénéfice peut être estimée 100 fois plus…? J’comprends rien….
    Comment peut-on croire que Facebook vaut 100 milliards…?
    J’ai trouvé ça…
    « … Comme Accel Partners, les fonds américains Greylock Partners et Meritech Capital Partners peuvent se frotter les mains. Chacun d’entre eux avait placé 12,5 millions de dollars dans Facebook en 2006. En un an, la valorisation du groupe avait déjà quintuplé mais elle n’était encore « que » de 500 millions de dollars. Aujourd’hui, banco! La valeur des participations de Greylock et de Meritech flirte avec les deux milliards de dollars, soit une multiplication par 176 en moins de six ans… Digital Sky Technologies (DST) a lui aussi eu le nez creux. Le fonds russe avait investi 200 millions de dollars dans le groupe de Zuckerberg, en 2009. Ses 5,4% du capital sont désormais valorisés près de 5 milliards de dollars. DST a ainsi fait une très jolie culbute de 24 fois sa mise, en moins de trois ans. »
    Est-ce que cela ne veut tout simplement pas dire, que pour les investisseurs de la première heure, il était temps de récupérer leurs mises avec plus value…? et si ils le font maintenant, n’est-ce pas parce qu’ils pensent que Facebook ne fera, à l’avenir, guère mieux… qu’il est temps d’aller placer ses sous ailleurs…?
    Et si c’est le cas, comment les marchés ont pu marcher dans la combine…? Y a un truc qui m’échappe…

      1. Les utilisateurs de facebook ne payent pas le service. Ils payent l’action a la place et encore pas tous seulement ceux qui ont de l’epargne en trop. C’est a peu le meme schema de formation des prix continuellement decrit ici, juste applique a cette nouvelle echelle et avec un nouveau mode paiement…

    1. http://www.liberation.fr/economie/2012/05/23/plaintes-en-rafales-suite-a-l-entree-en-bourse-ratee-de-facebook_820999

      Dans cet article se dessine avec les thèmes des plaintes , ce qu’ « une diffraction  » d’ un faisceau de lumière ferait apparaître après le passage du prisme de la loi.
      Mais ce prisme ne parviendra pas à faire apparaître ce qu’ est cette lumière .
      Les chemins sont déjà balisés, par la conformité à la loi de chaque chemin, d ou cette tranquille amoralité.
      Il faut impliquer l observateur dans le phénomène , sinon on ne sera satisfait par aucune « explication-diffraction  »

      Voir le traité des couleurs de Goethe qui explique cela.
      Résumé de la problématique opposant Newton et Goethe ci après :
      http://jc.sekinger.free.fr/contribution/contribution.php

      1. Suite :

        Pour Goethe, l’ analyse d un phénomène est nécessairement précédée d’ une synthèse de « ce qu’ est ce phénomène pour l observateur « .
        Il recommande ainsi de rester au plus près du phénomène sensible et de ne pas raisonner ingénuement a partir d’ une construction mathématisée éloignée de l expérience sensible (mais bien commode en vertu de ses propriétés dénombrables, voire enfumatoires) .

        http://asterion.revues.org/413#ftn39

        « La chose essentielle, à laquelle on ne semble pas penser quand on use exclusivement de l’analyse, c’est que toute analyse présuppose une synthèse.
        Il ne suffit pas d’appliquer la démarche analytique à l’observation de la nature, ce qui veut dire qu’il ne suffit pas de tirer d’un objet quelconque autant de traits singuliers qu’il est possible, et d’apprendre ainsi à le connaître, mais il faut au contraire appliquer cette analyse aux synthèses présentes, afin de vérifier si l’on s’est mis correctement à l’ouvrage, et conformément à la vraie méthode. »

        L expérience sensible, l’ archetype primitif, a partir duquel il faut faire toute analyse, n’ est pas l efficience ou non efficience des marchés pour la fixation du prix (ce sont des constructions éloignées de ce qui nous est sensible) mais « l’ amoralité tranquille qui se dandine »

      2. @ François2

        Merci pour le lien, la mer, les voiles, le souffle divin…
        Au premier coup d’ œil on reconnaît cette lumière particulière, ces blancs ciel opalescents.
        Vers la fin de la présentation on reconnaît une scène très proche de celle illustrant « le rameau d’ or de l anthropologue anglais Frazer »

        Dans sa critique de cette étude comparée des croyances et superstitions, Ludwig Wittgenstein , reproche a Frazer d’ avoir une idée préconçue incorrecte de ce qui doit être étudié .
        Frazer a déjà dans la tête une conception idéale de ce qu’ est une croyance (une sorte d’ erreur de jugement que commettent les peuples primitifs, sur un réel qui serait objectif et extérieur à eux).
        Frazer s’ enferme ensuite dans son erreur par une sorte de biais de confirmation (chaque cas particulier est cristallisé de force autour de cette fausse conception dans le but de la renforcer , alors même que le tableau d’ ensemble n est pas cohérent et n explique rien)

    2. Ben oui c’est évident! je ne crois pas cette histoire de télephone arabe qui déclare que Facebook ne vaut plus un clou…
      C’est la valorisation du groupe qui est excessive, le PER étant désormais connu de tous.
      Alors on a vendu, car rapidement ce PER délirant aurait sauté aux yeux de tous les autres investisseurs…
      Bref c’est un coup…Depuis 2000 toute introduction en bourse c’est de l’arnaque, y a qu’a voir les sociétés françaises privatisées…Consternant attrape-couillon matraqué comme un bon coup pars tous les médias financiers ou non!
      Y a qu’a voir le Figaro de la semaine derniere: Une Honte! « Introduction qui bat tous les records »
      Des records de crétinisme, oui!

    3. Bah, de toute façon fessebook c’est que du vent. Rien de matériel ou de tangible. Que du virtuel bien moins robuste et réfléchi que l’hégémonique Google. C’est quoi qu’ils vendent sinon un méga espace publicitaire prétendument bien segmentable. A quoi cela sert il alors que bientôt plus personne n’aura les moyens d’acquérir plus que le nécessaire? Que se passera-t-il si l’effet de mode passe au bénéfice d’un réseau concurrent? Tout cela est à la portée de comprenelle de n’importe quel financier du plus petit porteur au plus grand spéculateur. Il n’est même pas utile d’évoquer le PER.

  4. Ils se sont monté le bourrichon les pauvres. Un PER de 100 pour Facebook, so ridiculous. Vendredi, tout le monde avait déjà compris que le début de semaine allait être catastrophique, passé le premier jour de cotation dont la valeur était soutenue par les banque à l’origine de l’IPO.

    1. Mon explication c’est que tous les investisseurs se sont dit individuellement « moi je sais que l’action est sur-cotée, mais la sauce à l’air de prendre chez les autres bourricots, je vais acheter des actions à 38€ et les vendre à 48€ demain, ça mettra quelques semaines avant que les bourricots comprennent que c’est une bulle mais j’aurais déjà touché mon pognon! »
      Manque de pot le marché a corrigé à la vitesse de la lumière, on peut, contrairement à ce que le titre de ce billet suggère, parler d’une certaine efficience de la bourse. A vrai dire, j’ai du mal à comprendre comment le marché a corrigé aussi vite, comment des gens ont pu acheter des actions à 38€ pour les vendre à 37.5€ quelques heures plus tard, à part un énorme sentiment de la panique de type « merde! les bourricots ont en fait aussi bien compris que moi »…

  5. Sur ce type d’arnaques, un excellent livre, que je ne saurais trop vous recommander. J’en cite un extrait :

    4. Les manipulations des offres initiales d’actions cotées en bourse

    Un autre scandale qui éclata en 2002 fut celui des conditions truquées des offres initiales d’achat de titres des entreprises cotées en bourse, qui offraient à certains intervenants privilégiés l’occasion de réaliser des gains s’élevant jusqu’à plusieurs millions de dollars lorsque les valeurs souscrites se voyaient échangées ensuite sur le marché boursier, et ceci soit en récompense de services passés, soit comme cadeaux visant à s’assurer leurs bonnes grâces lorsque des prestations de service se concrétiseraient à l’avenir.
    Lorsqu’une firme dont le financement était jusque-là d’origine privée décide de se tourner vers le public en vue d’étendre sa capitalisation par l’émission d’actions, une étape précède la vente et la cotation en bourse : l’offre initiale d’achat. Une banque d’investissement, ou plusieurs conjointement, organisent cette souscription pour laquelle elles sont en général rémunérées à concurrence de 7% du chiffre total des ventes de ces nouveaux titres, ce qui représente pour elles une opération extrêmement lucrative.
    Le prix qui sera demandé pour l’action lors de cette souscription qui précède l’échange des actions sur le marché boursier est calculé par la banque d’investissement qui se charge du lancement, en fonction de l’actif et du passif actuels de la compagnie ; un principe général veut que la capitalisation (la valeur totale des actions) soit comparée aux recettes annuelles : on considèrera, par exemple, que si la capitalisation représente douze fois celles-ci, l’action est bon marché, alors que si le coefficient est de quinze, elle est chère (on comptait en 2005 que le marché boursier américain est cher, où la capitalisation des entreprises représente en moyenne dix-sept fois les recettes annuelles, alors que les marchés européens sont bon marché avec un coefficient multiplicateur de treize). Les acheteurs éventuels de ces titres, susceptibles d’en souscrire de larges quantités, semblables à des grossistes, sont alors démarchés par la ou les banques émettrices. Ces acheteurs potentiels sont en général des banques, des fonds mutuels, des fonds de pension, etc.
    Or durant la bulle boursière des années 1999 et 2000, des écarts de cotation considérables furent observés entre l’offre initiale et les prix obtenus lors du premier jour de vente officiel en bourse. Par exemple, la compagnie VA Linux Systems Inc. vit sa première cotation en bourse atteindre sept fois la valeur de son offre initiale. Il s’agissait en réalité bien souvent de petites sociétés sans aucun avenir, nées de l’engouement pour les innombrables start-ups qui tentaient alors de s’établir sur l’Internet. Une autre firme, Rhythms NetConnections Inc., vit ses actions grimper de 229% le premier jour de sa cotation en bourse en avril 1999. Une semaine plus tard, le prix de l’action atteignait ce qui serait son cours plafond de 111,50 dollars, soit une cote de 431% plus élevée que le prix de 21 dollars exigé lors de l’offre initiale d’achat. La société se déclarerait en faillite deux ans plus tard, en 2001.
    L’opportunité d’un tel effet de levier encouragea diverses pratiques frauduleuses. L’une, intitulée spinning ou « tournoiement », consistait à proposer la souscription de paquets importants d’actions à des dirigeants d’entreprise dont la banque d’investissement cherchait alors à se gagner les faveurs. Seuls étaient visés des personnages en vue, les firmes auxquelles ils appartenaient n’étant nullement contactées : l’opération consistait simplement à s’assurer leurs bonnes grâces afin qu’ils influent ultérieurement sur les décisions de leur firme lorsque celle-ci aurait à choisir un prestataire de services.
    Alors que les quelques particuliers qui parvenaient à souscrire aux offres initiales d’achat se voyaient interdire la revente rapide de leurs titres, en particulier lors du premier jour de leur cotation officielle, les personnalités amies du monde des affaires se voyaient elles offrir l’accès à ces reventes rapides. Lorsque celles-ci avaient lieu dans un contexte de spinning, les ventes étaient assorties de conditions particulières déterminées par la banque émettrice. Ainsi, l’une de ces pratiques, intitulée laddering, ce qui signifie « faire la courte échelle » mais aussi « laisser filer », comme l’on dit d’un bas qu’il « file », consistait pour une banque à déterminer le nombre d’actions allouées à des personnalités de marque invitées, en fonction de la volonté qu’elles manifestaient d’en acquérir des quantités supplémentaires au premier jour de transaction officiel en bourse. Selon un attendu de la Securities Exchange Commission (l’organe de supervision de la bourse), une commerciale de la banque d’investissement Morgan Stanley avait déclaré à un chef d’entreprise qu’une offre initiale était « sur-souscrite un nombre multiple de fois » et que s’il entendait participer à l’offre, cela l’aiderait elle de savoir s’il avait l’intention d’en acquérir davantage au premier jour de cotation en bourse et le cas échéant, à quel cours. « Quel est votre niveau–cible ? » lui avait-elle demandé. Le but de la manoeuvre étant bien entendu de faire filer à la hausse le cours de l’action le jour de sa première cotation en bourse.
    En août 2002, deux dirigeants de la banque Crédit Suisse First Boston furent condamnés pour avoir mis en place un dispositif de suivi journalier des bénéfices potentiels réalisés par leurs invités de marque à la suite de l’offre initiale d’achat à laquelle ils avaient été conviés. L’objectif visé par le Crédit Suisse First Boston était de se voir rétrocéder par leurs invités un tiers du profit réalisé par eux lors de la revente des titres qu’ils avaient acquis par leur intermédiaire. La rétrocession avait lieu à l’occasion du paiement des commissions portant sur la revente de leurs actions par les invités. Dans le cas qui conduisit à la condamnation des deux dirigeants de la banque émettrice, le souscripteur reconnaissant avait accepté de verser, au lieu des cinq cents habituels, une commission de trois dollars par action, soit un coefficient multiplicateur de soixante par rapport à la norme.
    La possibilité pour les banques d’investissement de choisir ainsi quelques individus triés sur le volet dont elles recherchaient les faveurs avait été rendue possible par un usage bien établi : celui de réserver à la souscription un certain nombre d’actions qui seraient attribuées aux « amis et membres de la famille », personnes liées aux principaux dirigeants de la firme procédant alors à une offre initiale d’achat. La pratique n’était pas à proprement parler réglementée : la Securities and Exchange Commission déclarait en effet en 1994 qu’« Il n’existe pas de règles spécifiques gouvernant le processus d’allocation. Les courtiers sont libre d’établir leurs propres procédures ainsi que leurs priorités dans l’allocation de titres aux investisseurs ». La National Association of Securities Dealers, l’« Association Nationale des Négociants de Titres » (la NASD, propriétaire de la bourse NASDAQ aux opérations purement électroniques et spécialisée dans les compagnies de technologie avancée), exige quant à elle que les banques d’investissement veillent à la distribution équitable des actions lors des ventes initiales d’achat et interdit en particulier d’en vendre aux « officiers supérieurs » des « comptes de type institutionnels » (fonds de pension, etc.) susceptibles d’« influencer ou dont les activités impliquent de manière directe ou indirecte ou sont liées à la fonction d’acheter ou de vendre des titres pour de tels comptes institutionnels ». Mais comme on vient de le voir, ce n’est pas parmi ceux-là qu’eurent lieu les abus. En juillet 2002, la NASD prenait cependant l’initiative d’interdire le spinning.

    Le livre s’appelle La crise du capitalisme américain (2007 ; 2009 : 28-31)

    Un chapitre ultérieur du même livre s’intitule (allez savoir pourquoi ?) : « La nouveauté toute relative des ‘affaires' ».

    Ce livre est surtout connu pour une raison qu’il annonçait en 4e de couverture :

    Or le système se grippe. La spéculation immobilière touche à ses limites dès lors que l’augmentation des prix de l’immobilier décolle par rapport à des revenus qui stagnent et que se multiplient les faillites personnelles. Si l’Amérique s’écroule, le monde tremblera.

    Il était encore mis : « achevé d’imprimer en décembre 2006. Dépôt légal : janvier 2007. »

    1. Tout cela est bien compliqué.
      Mais si j’ai bien compris dans le cas de Facebook, il s’agit de « participations » dans le capital de cette boite, lors de sa fondation et son développement. Une compagnie privée, sans participations « publiques » ou anonymes.
      Ensuite ces gens ont tout interet à faire une énorme pub pour établir un cour ubuesque lors de l’introduction en bourse…
      Ensuite on vends.
      Méthode pour contourner « … En juillet 2002, la NASD prenait cependant l’initiative d’interdire le spinning. » ?
      Je n’ai pas pigé comment on peu gagner avec une baisse de l’action dés l’introduction.
      A part de se proteger avec des CDS?

      Cela veut dire aussi que désormais la finance créé de toute piece de la fausse richesse en s’impliquant dés la création d’entreprises, ou en participations privées dans leur capital.
      Quand on a fait monter assez haut la mayonnaise, on introduit en bourse pour faucher la récolte…
      Quand à la boite: Advienne que pourra…

    2. En 2006,vous n’avez pas suivi le chemin des John Paulson, Michael Burry,Steve Eisman, Carlie Ledley, Jamie Mai et cela vous honore M Jorion. Au lieu de spéculer contre le marché des obligations hypothécaires subprime, vous avez choisi d’écrire un livre.

      Total respect M Paul Jorion.

  6. J’aimerais bien connaitre été l’avis des agences de notation avant le début de cette histoire et après ( maintenant )

  7. Sur ce coup j’attendais François et c’est Julien qui est venu 🙂

    certes, Business as usual, ou quand le fait de vouloir faire du blé sur du vent nous démontre encore une fois qu’ils sont et resteront incorrigibles (la finance, pas Facebook, qui n’est que le prétexte)

    Ce qui m’interpelle le plus est le dernier paragraphe, celui abordant Dabid Ebersman, qui me laisse penser qu’il va y avoir de l’étripage au sein de tout ce petit monde. Peut-être en verrons-nous quelques traces apparaître au grand jour.

    Et finalement, si je suis bien content qu’ils se ramassent (ce qui d’ailleurs est tout relatif), il y a quand même des contreparties qui pensent avoir fait une affaire en achetant des actions à 31$. Qui peut bien investir sur du vent ?

    Pour rappel, François Leclerc avait consacré deux billets à Facebook:
    Le 14 février 2011 http://www.pauljorion.com/blog/?p=21245
    Le 18 janvier 2011 http://www.pauljorion.com/blog/?p=20487

  8. Bonjour à tous

    D’un côté nous avons la transgression de toutes les règles « usuelles » instituant la confiance qui est cruciale dans les échanges ,
    { je me demande si il ne faudrait pas réétudier l’effet « mythologique » de la chute des twin towers ( équivalent des jumeaux Rémus et Romulus pour cet avatar marchand de l’empire romain que sont les US) sur l’ensemble de la société US ( > Patriot act , guantanamo assassinatsq ciblés etc + les escroqueries généralisées dans le monde des affaires ) comme cassure des fondements de civilisation…..}
    d’un autre côté il y a visiblement une augmentation de l’incompétence dans la gestion de la complexité des outils financiers et de la gestion des risques:
    Sally Krawchek pointe bien que dans le cas de JPM, il a fallu que ce soit un regard extérieur qui pointe le doigt sur les positions de la banque et qu’ensuite il a fallu plusieurs semaines à un des teams les plus compétents du secteur pour quantifier et comprendre les positions et leurs effets potentiels…
    par ailleurs, les comptes publics ne cessent de faire remonter de nouveaux trous à la surface rendant très difficile la compréhension de l’ensemble : pour exemple les 28milliards d’euros de prêts des banques aux régions espagnoles qui étaient passés inaperçus – au mieux- ou au pire celés – à la grecque ( il faut se souvenir que si les Grecs ont inventé la démocratie -en gros- ils ont aussi inventé le tonneau des Danaides) et qui remettent en cause tous les calculs des uns et des autres, et affaiblissant un peu plus encore la confiance .

    Donc nous avançons dans des sables mouvants, dont on ne sait pas très bien s’ils sont naturels ou s’ils ont été spécialement aménagés comme pièges, sans avoir de détecteurs fiables sinon le nombre d’engloutis, avec des politiques qui se basent sur de vielles cartes et sur les annonces des dits détecteurs insuffisants!

    Pour dire simple, nos dirigeants tentent de nous frayer un chemin au travers un sac d’embrouilles auquel à été mélangé un panier de crabes avec pour guides une carpe et un lièvre de mars….
    Et très sincèrement je ne crois pas beaucoup aux remèdes en – isme que me proposent les Ms. Purgon & Diafoirus de la péninsule : entre saignées hyper-inflationnistes ou purges de deleverage, voilà que je ne me sens pas très bien tout d’un coup.!

    Cordialement quand même et bonne journée à tous.

  9. Mouaaaah!
    Facebook: CA: 4.7 M$, benef: 1 M$, soit une valeur entre 15 et 18 M$ si l’on prend un PER entre 15 et 18 ( soyons optimistes! )
    mais en aucun cas 100 M$, NDD!
    les pigeons volent en escadrille et le topo me fait penser à la spéculation sur les bulbes de tulipes en Hollande…
    7 fois trop cher, mon fils; passe ton chemin.

    1. Dire qu’il y a des gens qui ont acheté « ça » pour 38$…
      Il y a encore plein de fadas chez les ricaings…

  10. Billet très intéressant merci !
    Un point que je ne comprends pas : comment Morgan Stanley a pu gagner de l’argent en soutenant le cours à 38 alors qu elle en vaut aujourd’hui 33 ? Je ne dois pas bien comprendre le mécanisme de sur allocation 🙂

  11. Merci Julien pour cet excellent article.
    Il donne un nouveau cas exemplaire (an updated case history 🙂 ) du chapitre du livre de Paul: La Crise du Capitalisme.
    Il démontre comme vous dites que le business is as usual ; qu’ils n’ont rien compris ou mieux voulu comprendre… Leur cupidité aveugle va les détruire. Il faut tout faire pour ne pas couler avec eux.
    Enfin cet article peut être diffusé auprès gens qui croient encore à la doxa économique.

  12. Julien, les zigotos ou zinzins qu’ont balancé $16 milliards et en ont pedu déjà 3 en quatre jours sur la deuxième plus grosse introduction boursière de l’histoire Us avaient tous les chiffres que tu donnes. Y avait-il besoin d’aller chercher des compléments auprès des analystes de Morgan Stanley, des dix autres banques impliquées ou de la vingtaine des autres institutions financières associées et intéressées à l’introduction ?
    C’est plus du pigeonnage ni même du plumage d’oie blanche prépubère là mais du tir aux pigeons d’argile, encore dans les cartons et au lance-roquette.
    Ps : t’as vu qu’apparemment « quelqu’un » de chez Facebook aurait demandé le 9 mai à MS de « revoir ses modèles à la baisse » et que ce même jour MS ajoutait un amendement au prospectus public de l’IPO avertissant sur les très hypothétiques revenus pub sur mobile.
    (MS a palpé $67,8 millions de com sur l’IPO Facebook.)

  13. On n’oublie pas le film publicitaire sur Mark Zuckerberg ou plus exactement sur la société FACEBOOK, The Social Network.
    L’on comprend la multitude et la richesse des moyens ou si l’on préfère des investissements, mise en œuvre dans le but de gruger la piétaille boursicoteuse.
    C’est une stratégie pensées et étalée sur plusieurs années.
    Ce qui reste stupéfiant, c’est le silence incroyable de nos chers médias sur un évènement qui représente jusqu’à la caricature les méthodes des pirates capitalistes.

    1. Le film en question avait été très mal accueilli par Zuckerberg. Il y était présenté comme un voleur et un traitre ! Difficile d’imaginer que cela fasse partie d’une « stratégie » de valorisation comme vous le dites…

      1. Pas si l’on considère que nous vivons au sein d’un système dans lequel l’individualisme, la rapacité et la prédation sont élevés au rang de qualités indépassables. Pas si l’on considère que nous vivons au sein d’un système qui présente comme inéluctable la brutalité dans les rapports sociaux et glorifie la loi du plus fort. Only the strongest jducac survives.

  14. Bonjour ,
    Facebook , c’est une @ avec photo , liens , pensées du jour que l’on envoi en copie carbone (cc) à tous ses amis . Super quelle idée , et pour faire un peu d’argent on y met à gauche , à droite en haut en bas de la pub. Mais voilà cet outil est de plus en plus utilisé par les gens via leur tél portable , donc on divise la visibilité par 50 au niveau de la surface .Alors avant que cela fasse désordre, on rentre en bourse avec l’aide de quelques banquiers qui vous font un joli paquet cadeau, le premier jour ,on soutient le cours et le deuxième on lâche les chevaux .Résultat le cours descend , c’est bête non !!!
    Pour quelques amateurs éclairés , je propose un outil formidable que j’ai mis au point dans mon garage , après de longues années de cogitation .La machine à désosser les quenelles , pour les quelques intéressés , je vous enverrai mon business plan , CA et bénéfices réalisés à ce jour .Prochain projet « mouvement perpétuel »
    Bien à vous

    1. Par exemple le projet ITER et la fusion nucléaire controlée.
      Il y a des gens qui croient q’on va sortir gratuitement et à l’infini l’énergie de la matière…
      Comme dans les années 50 avec la fission, on prédisait que l’électricité couterait moins cher et serait aussi abondante que l’eau!
      C’est pas possible, l’énergie issue de la fusion est inferieure à l’énergie qu’il faut pour la produire! On ne sait si on y arrivera un jour, meme avec les réacteurs les plus couteux et les plus monstrueux que jamais l’Homme n’a construit jusqu’alors.
      Il y a plein de gens qui y croient encore!
      Que dire?
      La bétise humaine a-telle des limites?

      1. sur ce sujet , je serai plus humble que vous ….mais ou je vous donne raison , c est sur l aspect economique de ce futur, sauf si…

      2. Oh, la, une bombe H dégage plus d’énergie que celle mise à la construire, je n’ai guère de doute là-dessus.
        La difficulté de contrôle la fusion est en effet immense, et je suis d’accord que le chemin « bulldozer » d’ITER est ce qu’on peut faire de pire.
        Basdevant (qui est intervenu en AVril sur le blog) écrit dans son bouquin (Ed Eyrolles) sur le nucléaire, que la difficulté fondamentale sur la fusion provient de la nonlinéarité d’un éventuel réacteur (actuellement des billes de tritium + autre chose). Fermi avait pu expliciter le fonctionnement d’un réacteur à partir des données de la pile de un watt de Chicago car la distribution du flux de neutron est la même qu’on soit à un watt ou mille mégawatt, pour la fission. Ce n’est pas du tout le cas pour la fusion, où chaque niveau de puissance à sa physique…

      3. @timiota
        c’est à peu près ce que je disais quand on avait le big bang sous la main .
        il n’est pas que temporel, placé au début . il reste potentiel partout . ( mais après tout je n’en sais rien )

  15. Ce que je ne comprends pas, c’est comment quelqu’un peut acheter des actions Facebook au vu des maigres informations malgré tout disponibles. Entre autres, tout le monde pouvait estimer le PER de 100.

    C’est comme les municipalités qui on souscrit à des prêts complexes. Ainsi que je l’ai rapporté dans divers commentaires, j’ai moi, béotien complet, fui de tels prêts.

    C’est vrai qu’il y a des gogos (je le suis à mes heures), et qu’on a pas droit de les escroquer, mais ils pourraient y mettre du leur, un minimum.

    1. Les investisseurs avaient en tête de précédentes introductions qui s’étaient déroulées dans des conditions plus ou moins similaires et qui avaient vu le cours grimper rapidement dans les jours/semaines suivant l’introduction. Tout le monde espérait pouvoir faire le même coup avec facebook, mais à plus grande échelle. Plus dure fut la chute.

  16. Je ne suis pas sur d’avoir bien compris alors je voudrais que l’on me dise si mon raisonnement est correct :

    Si j’ai bien compris, lors de l’introduction en bourse, l’action a été surévaluée afin que les investisseurs privés initiaux de facebook puissent revendre leurs parts du capital et donc en dégager d’énormes bénéfices c’est bien cela?
    Donc il y a eu trop d’action sur le marché ce qui a fait tomber le cours et donc si je comprend bien l’action facebook va tomber à sa vrai valeur, qui doit être bien inférieure aux 30$ si mon instinct ne me trompe pas…

    Mais au final quels sont les risques ici? Les seuls biaisés sont ceux qui ont acheté un tas d’action à 38$ non?
    Au final cette introduction n’aurait-elle pas eu pour but simplement de générer d’énormes profits pour quelques personnes et basta?

    1. Pour l’instant, ce n’est qu’une hypothèse et il appartiendra aux autorités boursières de trancher sur de possibles malversations, mais tout porte à croire qu’il y a bien eu asymétrie d’information et donc potentiellement délit d’initié, en plus des opérations menées en toute légalité, comme Morgan Stanley et son greenshoe, mais qui jettent un doute sur la moralité de la pratique.

      1. « tout porte à croire qu’il y a bien eu asymétrie d’information et donc potentiellement délit d’initié, en plus des opérations menées en toute légalité »

        Ah bon, y’a des opérations boursières qui ne rentrent pas dans cette description?

      2. @ Moi

        😉 Il doit y en avoir, mais elles ne doivent pas être très profitables ! Rien de tel qu’un bon front running pour assurer un bénéfice plantureux à contre-courant du marché.

      3. « Il doit y en avoir, mais elles ne doivent pas être très profitables ! »

        Surtout, elles doivent être très risquées. Or l’aversion au risque des capitalistes tient de la phobie (contrairement à ce que raconte la légende jducacienne).

      4. @vigneron:
        Si pas de délit d’initié, alors gros risque et pas de profit.
        Si délit d’initié, alors pas de risque et gros profit.

        Me dit pas que tu crois la fable jducacienne « no risk, no reward ». Au contraire, le risque détruit le profit (ce que les capitalistes ont très vite compris). Ce qui rapporte le moins: la loterie, la roulette, etc. Seul le gros gagnant pensera momentanément le contraire, mais non seulement il est une exception mais de plus s’il continue à jouer éternellement, il reperdra tout, y compris l’argent gagné (les statistiques sont contre lui puisque le prix du billet pour jouer à été calculé ainsi, c’est-à-dire qu’en jouant sur un temps infini il est perdant à 100% avec une certitude de 1).

        Dans le fond, c’est à ça que sert l’intérêt pour un prêteur: supprimer statistiquement le risque. Grâce à l’intérêt, il sera toujours gagnant en continuant à prêter pendant un temps infini.

      5. Allons Moi, tu fatigues décidément. Je te rappelle que tu parlais (derrière Julien) du cas des introductions en bourse sans délit d’initié. Effectivement moins profitables à certains puisque pas d’initiés, mais également moins risqués pour tout le monde. Frauder, ici comme ailleurs, c’est prendre un risque, pour plus de profit ok, mais aussi pour en diminuer un autre.

      6. @vigneron: « Frauder, ici comme ailleurs, c’est prendre un risque »

        Brrr, ils tremblent de peur. Qui s’est fait choper pour délit d’initié? Et quelle peine?
        Y’a parfois des basanés genre Raj Rajaratnam qui se prennent 11 ans (ce qui fera 6 avec remise de peine et conditionnelle). Mais Soros, pfff: http://combatsdroitshomme.blog.lemonde.fr/2011/10/08/condamnation-de-g-soros-pour-delit-dinitie-un-assouplissement-retentissant-du-principe-de-legalite-des-delits-et-des-peines-cedh-5e-sect-6-octobre-2011-soros-c-france/
        Le gros lard de MegaUpload, pfff: http://www.liberation.fr/culture/01012384816-kim-schmitz-la-frime-multinationale
        L’un ou l’autre ministre, pffff: http://www.lavenir.net/article/detail.aspx?articleid=263355

        Tu parles d’un risque… Pour les plus gros bonnets (les grosses familles de la côte Est US ou les familles aristo-grandes bourges d’Europe), y’a même pas de risque du tout.

    2. la vraie valeur, c’est la valeur à un instant t issue du consensus. C’est comme les sondages : ça peut rester stable longtemps ou varier fortement.

    1. A l’exception des deux derniers paragraphes qui sont évidemment liés à l’actualité immédiate, je peux vous envoyer l’étude qui m’a servi de base à la réflexion sur la valorisation de facebook, étude que j’ai réalisée pour un client… en mars 2011 😉

      1. Il attend que cela s’écroule pour porter un jugement! Je plaisante.

        Quand je dis que cet article est un peu facile, en fait je dénonce tous les « Ben voyons c’était évident » qu’on lit à droite et à gauche sur cette affaire. Surtout à gauche.

    2. Tout à fait Julien, et même que tu t’étais pas dérangé pour en rappeler les conclusions ici même chaque fois qu’il était question du modèle Facebook.
      Bref, t’as pas attendu que les cornes du bestiau soit à portée de tes joyeuses pour inspecter la présence ou l’absence de celles dudit cornu. Malheur aux cornards qu’ont un peu trop attendu. C’est la San Firmin qui part en couille le Nasdaq…

  17. OT

    Le vocable à la mode est le grec-zit, ce matin. L’émission des matins de FR C seconde partie. discussion franche : Le jubilé -> tous les 50 ans on euthanasie les rentiers, c’est la règle.

    Ou le grexit …

  18. D’ailleurs si les « marchés » sont si efficient que cela, pourquoi a-t-on besoins de « marquet makers », « primary dealers » etc … La logique voudrait que l’on interdise ces intervenant qui ne font que perturber l’omnisciente « main invisible ».

  19. Une question me taraude.
    Quand je lis que Zuckerberg est la risée de de wall street avec son IPO ratée dans la presse éco de la semaine, est-ce que ce n’est pas plutôt le grand gagnant de l’affaire???
    Et plutôt lui qui a pris Wall Street pour une grosse volière de pigeons?
    Quand on m’achète en cash 18B$ un machin qui ne vaut plus que 14B$ 4 jours plus tard, j’ai arnaqué tout le monde de 4B$ (pour l’instant…) avec le sourire non?
    C’est pas plutôt le braquage du siècle par Facebook tout ça?

    Ou alors je n’ai pas compris les mécanismes en jeu? Je veux bien qques éclaircissements si c’est le cas…

    1. Geoffroy, vous le savez vous où elle va s’arrêter la descente du cours de ses propres actions à Zuckerberg ? Vous savez ce que ça va leur coûter à Facebook les procès qui s’annoncent ? Et c’est Facebook qui a levé les 16 milliards, pas Zuckerberg.
      Faudra lire Forbes dans quelques années, ou moins, pour conclure…
      http://www.forbes.com/profile/mark-zuckerberg/#
      Mais bon, on s’en fait pas pour lui; l’événement du jour pour Zuckerberg le 19 mai – c’est lui qui l’a écrit – c’est qu’il s’est marié avec Priscilla Chan…

      1. C’est vrai que vu sous cet angle il « perd ».

        Mais si on considère qu’une action a une valeur fluctuante voire « virtuelle » sur un marché pour le moins instable, 18B$ de cash pour du vent semble une bonne opération non?
        De la bonne monnaie bien liquide contre du papier recyclable bien usagé…

        Impatient de connaître la suite en effet.

  20. « Chine-Etats-Unis : les privilèges du grand créancier »
    « …En effet, les pièces publiées par Reuters démontrent que, depuis juin 2011, dans une discrétion absolue, la Chine bénéficie du privilège exclusif de pouvoir acheter DIRECTEMENT, en dehors de « lois du marché de Wall Street », les bons du Trésor émis par cette administration fédérale…. »
    source : http://www.agoravox.fr/actualites/international/article/chine-etats-unis-les-privileges-du-117290
    Si l’article est vrai, on est bien dans le deux poids deux mesures habituel.
    Ouf.

      1. Le problème est « le deux poids deux mesures » pas le fait que certains gagnent de l’argent et pas d’autres….

  21. En dehors des résultats financiers, Facebook est une valeur minière :). Une mine d’informations 🙂 des milliards de détails sur la vie des utilisateurs. Contrairement à une mine classique qui s’épuise lorsqu’on l’exploite, les informations continuent à s’accumuler alors que les outils informatiques pour en tirer de la valeur se perfectionnent.
    La valeur de ces informations, pour tenter de vous vendre des vacances quand vous vous plaignez du temps pluvieux, un conditionneur d’air si vous parlez de la cannicule ou tout autre produit en accord avec vos préocupations du moment, est une chose .
    Il y a aussi le coté obscur de facebook.
    Quelle est la valeur des informations pour des services de renseignements ? La mine peu devenir une mine d’or car si des révolutions naissent sur facebook, la lutte contre les révolutionaires, utilisateurs de facebook, (tous un peu terroriste tant qu’ils n’ont pas renversé le pouvoir) se verait grandement facilitée par un accès libre au données et aux noms des amis des personnes identifiées. N’oublions pas que même avec l’utilisation de pseudonymes, si l’utilisateur ne passe pas par un proxy ou un VPN, il est identifiable.

    PS:Je n’ai pas acheté d’actions facebook 🙂

    1. @ Philippev

      Oui. La CIA d’ailleurs ne fait pas mystère des développements qui lui permettent de générer des faux profils afin d’observer voire « orienter » sur facebook…

      Un très bon livre sur le sujet : « La guerre civile numérique » (Paul Jorion, éditions Textuel)

      1. Bonjour Julien et merci pour ce billet instructif (le billet, sur le blog de PJ, est la seule monnaie véritablement fiduciaire, puisqu’elle est gagée sur une richesse renouvelable et qu’elle peut s’échanger contre nos billons personnels sans se déprécier ni les déprécier).

        Justement, au sujet des données personnelles, un peu de prospective. Dans l’hypothèse où FakeBook, pardon FaceBook se flétrirait comme une vieille pomme pourrie et où Google dédaignerait d’en sucer les pépins épars, s’estimant déjà bien gavé, quid de ces données qui en constituent le trognon ? S’il n’y a pas de convoiteux dans l’instant de la liquidation, il peut toujours s’en présenter un plus tard. Est-il possible – cela s’est-il jamais vu dans l’histoire récente de l’Internet – qu’une banque de données personnelles soit détruite, complètement détruite ? Les Romains ont rasé Carthage, mais pas au point de ne pouvoir reconstruire par-dessus. N’aurions-nous pas déjà un pied dans le cauchemar d’un univers panoptique trop complexe pour être démantelé ? Je suppose que Paul évoque cette difficulté dans La guerre civile numérique, mais je dois digérer d’autres lectures pour l’heure, dont ses précédents livres.

      2. @ BRL

        Le jour où facebook fera faillite, son fichier sera la seule chose qui conservera une valeur marchande et trouvera preneur. Je doute qu’une destruction soit envisageable.

      3. Mais si, mais si, faut penser à Pac Man ! Tout disparaîtra. De l’ordinaire sans aucun intérêt sur la durée. Une base de données dont 99% fait pleurer tellement c’est bête comme chou. Bref, qui a un compte Facebook ? 😀

      4. moi. ce qui me permet de faire connaitre Jorion à mes proches . j’aurais aussi bien fait avec ma boite mail , remarquez .
        mes données , je m’en tape …
        mes photos, bof, là aussi ça sature . mais histoire de flemme, on dépose ça où on peut .
        ce qui est plus intéressant, c’est lorsque des gens inconnus nous envoient des liens , musique ou autre .
        le social « normal » , réel , étant pipé , le virtuel l’est a fortiori .
        mais comment savoir ce qui est normal quand tout le jeu est faussé ?
        la terre a besoin de soins palliatifs .
        et comme il n’y a pas de hasard ou qu’il n’y a que ça , là, on ne perd pas grand chose . à part son temps ?
        malgré tout ici ou là, si « on » « passe » , c’est pute ? 😉

    2. Ben oui, Philippev, tout réseau est une arme à double tranchant – i.e pour Facebook, réseau numérique ouvert, une arme en libre-service pour les manipulateurs et contre-manipulateurs de tous poils, les insurgés comme les contre-insurrectionnistes.
      Donc rien ne vaut de bons vieux réseaux secrets contre des services de renseignements eux-mêmes secrets, surtout quand y’en a quatre en concurrence de ces services, sans compter la police et l’armée, comme chez le sieur Bachar…
      Et de toutes façons, quand ça devient «sérieux» (comme en Syrie avec le réseau Telecomix des anonymous), on parle plus sur les grands réseaux de l’espace public.

  22. Les marchés sont sensés être un réseau « overlay », autrement dit un réseau de recouvrement :

    Wiki :

    Un réseau overlay ou réseau superposé est un réseau informatique bâti sur un autre réseau. Les nœuds du réseau overlay sont interconnectés par des liens logiques du réseau sous-jacent. La complexité du réseau sous-jacent n’est pas visible par le réseau overlay.

    n’importe quoi mais bon…

    1. bah non , c’est pas n’importe quoi … les serveurs virtualisés , les datas sont dans des slots répartis de façon aléatoire en fonction des maintenances , de charges de calculs , et des surcharges réseaux !

      typiquement dans un systeme redondant , sans outils distants , tu es incapable de savoir où est le serveur virtuel et où sont tes données !

      en gros tu peux pointer un satellite doté d’un canon à impulsion electromagnétique sur la bourse de paris ou de newyork , il n’y aura aucun degat !

      tout est partout !

      ça rejoint un peu les articles de PJ sur l’animisme au néolithique :

      les données sont répliquées partout !

  23. Vous etes sévère quand vous dites

    une entreprise employant seulement 2.000 personnes et générant péniblement 2 milliards de chiffre d’affaires et un résultat net de 606 millions de dollars

    Cela fait tout de même un CA de 1000000 (un million) par personne, ce qui me semble énorme.
    ET aussi un taux de rentabilité de 30% qui fait palir d’envie nombre d’entreprises, non ?

    1. Bien sûr, c’est un bilan enviable, et facebook est une entreprise profitable à l’heure actuelle. Mais la croissance structurelle de ses coûts de fonctionnement et d’infrastructures (les serveurs pour stocker les quelques 250 millions de photos uploadées chaque jour sur le réseau social par exemple) et l’absence de perspective de monétisation sérieuse de son audience sans remettre en cause la taille du fichier (il ne reste guère à facebook que 2 solutions : rendre tout le service payant, c’est la fuite assurée, ou bien créer des comptes premium avec des fonctionnalités supplémentaires exclusives, qui ne généreront pas grand-chose sans amputer largement les comptes gratuits) permettent difficilement d’imaginer un développement fulgurant du réseau pour pérenniser son activité. L’avenir le dira.

      Ce qui ne change en rien, c’est l’absurdité de la valorisation de l’IPO et les plus que probables arrangements avec la légalité.

      1. Julien, 250 millions de photos par jour ? Vous êtes sûr de ce chiffre ?

        Si c’est le cas c’est impressionnant, même si je peux deviner que les photos uploadées ne sont pas des formats raw à 50mb la photo.

        A titre de comparaison, je crois qu’il y a environ 6000 photos téléchargées chaque minute sur Flickr, ce qui donne un peu moins de 9 millions de photos/jour. Et il s’agit d’un site dédié à l’image Bon OK, il n’y a pas autant d’utilisateurs, mais quand même…

        ++

      2. Merci pour le lien, Julien,

        Si je continue à la louche mes calculs inutiles, et en comptant pour être gentil et pour faire simple 1MB la photo cela représente une nécessité de stockage de l’ordre de 250 millions de MB, soit 250’000 TB supplémentaire par jour. En comptant un minimum d’une réplication, cela donne 500’000 TB de plus à assurer quotidiennement.

        La capacité actuelle des plus gros disques durs est de l’ordre de 5TB ce qui signifie qu’en théorie chaque jour FB doit installer 100’000 nouveaux DD. J’ignore le prix d’un DD de 5TB mais sur le marché un 4TB est dans les 300 euros soit la modique somme de 37 millions d’euros par jour (je compte pas le rabais de quantité car c’est des petits bras 😉

        Évidemment, s’ils veulent jouer gros bras ils peuvent se rabattre sur des SSD OCZ de 3,2 TB, ce qui fera monter l’ardoise à 156’000 pièces x 16’000 euros donc 2,496 milliard d’euros par jour un peu moins qu’un Kerviel 😉

        Conclusion 1) Je téléphone demain à ma caisse de pension pour m’assurer que les pingouins n’aient pas acheté d’actions FB 😉
        Conclusion 2), le pire : il y a des hommes et des femmes dont le travail 8h par jour est de mettre en place des disques durs 🙁

        Kibou, qui retourne se boire une stout

      3. @ kibou

        C’est pour cela que les « fermes de serveur » se développent à grande échelle. Et c’est pour cela que je remets en question le modèle actuel qui nécessite une croissance quasi-exponentielle des capacités de stockage car il n’y a aucune limite à l’heure actuelle (autre que le poids de chaque photo, mais pas du nombre global de photos) et que donc potentiellement chacun des 900 millions d’utilisateurs (faisons semblant un instant de croire que le chiffre est exact) est susceptible d’uploader des dizaines de photos chaque jour. Croissance des coûts d’exploitation vertigineuse VS décroissance constatée des revenus sur les marchés mâtures = ?

      4. Évidemment, dans mon calcul de pilier de bar je n’ai pas abordé la consommation de ces petites bêtes… et dire qu’à chaque nouvelle génération de smartphone (mais pas seulement) le besoin de capacité augmente on peut reprendre la fameuse devise des JO… jusqu’à la chute !

        Au passage, Facebook construit justement une de ces fermes du côté de la Suède. http://www.dailymail.co.uk/sciencetech/article-2054168/Facebook-unveils-massive-data-center-Lulea-Sweden.html

        J’aurais bien aimé mettre la main dessus sur Googlemap mais il est bien planqué.

        Bonne veille, pour ma part je m’en vais faire dodo

      1. C’est ce qu’on appelle le matérialisme historique ! J’ai arpenté les rues de Montréal avec mes pataugas pour protester contre la loi Matraque. Je prénommerai conséquemment ma progéniture « Pataugas ». Quand les idées pataugent, les outils pensent à votre place. Au passage, un salut amical aux jeunes arpenteurs et objecteurs de la Belle Province, qui sont bien les derniers panégyristes du modèle économique de l’université française. Rêvez ! Le rêve s’épuise en France même, le populaire y ayant mauvaise presse. A moins qu’un retour de rêve de la Nouvelle France ne fasse réfléchir l’ancienne…

  24. les utilisateurs de FB ne sont pas plus débiles que les autres . ce sont les uns et les autres . mais là n’est pas la question . la question, c’est la dette mondiale .
    j’imagine que les Fbouquiens veulent bien, survivre . Pourquoi ne deviendraient ils pas actionnaires , cotisant donc , sur un fond bloqué , jusqu’à extinction de la Dette ? ( non pas celle de FB )
    pas un fond spéculatif, hein …
    je dis ça, c’est peut-être nul . ( au moins, cet outil servirait à faire circuler une info, une sorte de téléton, quoi )

  25. En tant qu’utilisateur potentiel, j’ai toujours su
    que c’était une arnaque. Et je m’en suis tenu éloigné.
    L’emploi du mot « social » dans ce contexte est une
    arnaque en soi, extraordinairement choquant.
    Tout y est faux: fausse sociabilité, fausse empathie,
    fausse liberté.
    Le piège du libéralisme dans toute sa splendeur:
    servir d’homme sandwich publicitaire.
    ( http://fr.wikipedia.org/wiki/Homme-sandwich )
    Mais attention publicité contextuelle, ciblée, « amicale », le max
    d’efficacité… et le max de pognon (espéré) pour les tauliers.
    A vomir. De l’exploitation en douce,
    et il faudrait dire merci et acclamer l’originalité !
    Pauvre cloche, la ruée vers la servitude, elle est là:
    voter pour le libéralisme au nom de la liberté…

    Facebook ? du clinquant pour adolescents boutonneux et adultes immatures.
    Pas étonnant que le chose s’effondre dans le scandale bourseux.
    C’est fait pour, et là c’est du sérieux.

    J’espère ( un relent de complotisme) que la NSA en sera pour
    ses pieds.

  26. Les Marchés sont Rationnels et Efficients …. pour les mêmes depuis 150 ans au moins .

    signé : Barry Lyndon .

  27. Je me demande si les experts de Morgan Stanley regardent leurs enfants grandir. Car s’ils passaient un peu plus de temps avec leurs mômes plutôt qu’à produire leur ‘business social model’, ils se rendraient compte que leur chers têtes blonde de huit ou dix ans abandonneront Facebook. A l’adolescence ils se connecteront sur des réseaux sociaux d’ado à la mode pour faire des pieds de nez à leurs parents.

  28. « Quel serait alors le bon niveau pour une action Facebook ? À en croire l’évaluation faite par Thomson Reuters Starmine, celui-ci serait de 9,59 dollars. C’est une valeur quatre fois plus faible que celle affichée lors de son introduction en bourse. » Dixit Numerama..Y a plus mal informé.

    Un réseau social c’est fait pour l’échange, le partage. La seule valeur qui peut et doit y prospérer, c’est la valeur humaine.

  29. Si je vois bien les soupçons de délit d’initié et d’asymétrie d’informations; je ne vois pas vraiment la preuve de l’efficience ou de l’inefficience des marchés !

    Après tout, ce ne sont que quelques personnes (chez Morgan Stanley et Facebook) qui ont peut-être (il est trop tôt pour le dire) sur-valorisé l’action Facebook et pas le marché.
    D’ailleurs la dégringolade actuelle ne prouve rien: Peut-être que le marché a raison, et que la capitalisation de Facebook a été sur-évaluée ou peut-être que les analystes de MS ont raison et que l’action Facebook remontera jusqu’à son niveau d’introduction comme l’avait fait Google en 2004…

    1. @ Sylvain

      Après tout, ce ne sont que quelques personnes (chez Morgan Stanley et Facebook) qui ont peut-être (il est trop tôt pour le dire) sur-valorisé l’action Facebook et pas le marché.

      Si ce n’était que « quelques » personnes, il faudrait m’expliquer alors QUI a acheté les quelques 460 millions d’actions mises en vente à un prix au moins 4 fois supérieur aux fondamentaux, avant que ne survienne la correction, croyant de facto aux informations valorisant le groupe à 100 milliards.

      1. Julien, les mêmes que d’hab, que les autres fois. Tu sais le genre qu’a toujours l’air supérieur du «been there, done that»…

      2. Certes mais on peut nuancer en disant qu’il y a eu en parallèle un nombre exceptionnel d’annulation des ordres d’achat lors de la mise sur le marché ainsi qu’une correction quasi immédiate de la part du marché sur les 3 premiers jours de cotation…

      3. Sylvain, il vous faut relire ce qu’est l’efficience des marchés. Elle ne consiste pas à se tromper lourdement et se rattraper, mais à précisément éviter de se tromper en valorisant un groupe qui fait péniblement 668 millions de bénéfs pour ses actionnaires à 100 milliards. Evidemment qu’il y a eu correction. Le problème, ce n’est pas la correction, c’est l’escalade préalable.

        Vous n’avez pas compris l’article ?

      4. Oui, je ne vois pas tres bien non plus en quoi cela prouve la non efficience du marche (qu’il le soit ou non je n’ai aucune opinion a ce sujet).

        Ce qui a ete non efficient a ete l’introduction en bourse, disons la condition initiale, qui a ete largement surestimee. Des gogos en ont achetes (mal informes ? trompes ?). Et assez rapidement on a vu le resultat (conforme avec ce que tu demontres: la valorisation d’entree de facebook a ete largement surestimee. Dit autrement: l’escalade prealable n’a rien a voir avec l’efficience des marches, puisque les actions n’etaient pas encore sur le marche.

        Je veux bien une reference pour la definition officielle de l’efficience des marches, pour voir si elle englobe aussi les quelques heures suivant l’introduction en bourse 🙂

      5. @ Reiichido

        Selon R. Brealey, M. Myers et F.Allen1, l’hypothèse d’efficience implique sur la gestion financière que :

        Il ne faut pas compter sur la mémoire des marchés.
        Il faut se fier au prix de marché.
        Il faut toujours chercher à décoder le cours d’un titre au niveau économique.
        Il faut ignorer l’illusion financière et ne s’intéresser qu’aux flux de trésorerie.
        Il est préférable d’arbitrer soi-même son portefeuille.
        Les titres sont substituables pour un même niveau de risque.

      6. Ben oui, écoute les objecteurs un peu Julien enfin ! Tu vois bien que c’est en raison de tricherie, de fraude, tromperie, que le marché n’a pas été efficient.
        «Si vous ne vous sentez pas à l’aise de posséder quelque chose pendant 10 ans, alors ne le possédez pas pendant 10 minutes.»
        «Ne jamais investir dans une entreprise que vous ne pouvez pas comprendre.»
        W.Buffet.
        Y’a pas un bon financier ou un bon investisseur pour gober cette ineptie d’efficience des marchés.

      7. @Vigneron

        Pour être clair, l’efficience des marchés je m’en tamponne le coquillard. Et je n’ai mais vraiment aucun avis sur la question, je suis aussi sec que si on me demandais s’il allait pleuvoir le 15 Janvier 2052.

        Par contre en lisant la contribution de Julien-Alexandre il m’a semblé voir une contradiction de principe dans l’argumentation puisque finalement malgré l’incompétence voire la fraude des banques et nonobstant les achats initiaux de gogos, au bout de quelques jours (heures ?) la valorisation de Facebook a rejoint un cours plus cohérent avec sa véritable valeur économique.

        Maintenant, franchement, il fait beau et je n’ai pas d’actions Facebook dans mon portefeuille…

      8. Tss tss Reichido :
        1) les ordres d’achat initiaux constituent bien une preuve de l’inefficience initiale du marché, au delà de ce que l’on peut en inférer des fraudes suspectées ou à prouver du pool bancaire organisateur de l’IPO.
        2) les cours sont loin, très loin encore, de refléter une quelconque « valeur réelle » du bizness-model FB et donc, encore, de la pseudo efficience des marchés dans la fixation « rationnelle » du prix.

    1. @Julien:
      La théorie de l’efficience des marchés, c’est essentiellement le « random walk » distribuée selon une loi normale (dite courbe de Gauss ou « courbe en cloche ») et qui sous-estime les « lois-puissances » (ce que Taleb a appelé les « black swan »).

      Et je ne vois toujours pas en quoi l’histoire de la « bulle Facebook » (guillemets de rigueur) est un exemple d’invalidation de la théorie d’efficience des marchés.

      D’autant qu’il existe plusieurs nuances dans la théorie de l’efficience des marchés, et si la plus extrême (« the price is right ») a été largement invalidée, la plus modeste ( » on ne peut pas prédire les rendements futurs à partir des prix passés ») résiste remarquablement bien…

      1. @ Sylvain

        Je vous ai donné la définition à laquelle je me référais. Si pour vous :

        – clotûre au prix d’intro le premier jour
        – 3 jours de gadin consécutifs à hauteur de près de 20 %
        – remontée de 3 % le jeudi
        – etc.

        …pour un titre qui est surévalué d’au moins 80 % ça répond à votre théorie de l’efficience des marchés, tant mieux pour vous. Il me semblait juste vaguement que les marchés efficients ne faisaient pas de sur-valorisation, et j’attends juste le tapé du casque capable de m’expliquer qu’un vendeur de pub en ligne sans business économique viable pesant 100 milliards, c’est parfaitement rationnel.

        Bref, la seule conclusion possible, c’est que vous en avez acheté et que vous voulez vous rassurer 😉

  30. @ julien:
    Vous n’avez pas donné la définition de la théorie de l’efficience des marchés, vous avez donné ses implications sur la gestion financière.

    La théorie de l’efficience des marchés c’est des centaines de milliers de transactions totalement indépendantes entre elles (puisque les gens qui les font ne se connaissent pas entre eux), sur la base des informations disponibles connues des agents.
    C’est ce modèle de marche aléatoire (« random walk ») qui décrit l’évolution du cours d’un titre autour du rendement moyen du marché boursier dans son ensemble selon le modèle d’une courbe de Gauss (ou courbe en cloche: les comportements extrêmes n’ont aucune influence).

    Et c’est ce modèle de fluctuation aléatoire autour du rendement moyen du marché qui permet de conclure que ce n’est pas parce qu’un fonds a eu un bon rendement hier, qu’il aura un bon rendement demain (il n’y a pas de mémoire des marchés) ou qui fait dire à Vigneron avec une touchante naïveté:

    « Y’a pas un bon financier ou un bon investisseur pour gober cette ineptie d’efficience des marchés »

    Puisque selon la théorie de l’efficience des marchés, s’il y a des gestionnaire de fonds qui se disent plus talentueux que d’autres, on peut surtout conclure qu’il y a des gestionnaires plus chanceux que d’autres, le talent n’ayant rien à voir avec leur performance.
    Et pas plus que le fait d’avoir gagné au loto témoigne d’un quelconque talent individuel de prévision, il est impossible en moyenne de « battre le marché », c’est à dire de construire un portefeuille d’actifs « intelligent » qui fera mieux, et avec moins de risque, qu’un simple fonds constitué des valeurs qui composent l’indice boursier.

    Voilà ce que dit la théorie de l’efficience des marchés. Là où le modèle s’est planté, c’est en disant que la fluctuation aléatoire est distribuée selon une courbe de Gauss (les comportements extrêmes n’ont aucune influence sur le rendement moyen), en sous-estimant un certain nombre de cas où la fluctuation aléatoire est distribuée selon une « loi-puissance » (les comportements extrêmes ont un impact considérable sur le rendement moyen).

    Mais bon je vois toujours pas le rapport avec Facebook. Et pour info je n’ai pas les moyens de posséder un portefeuille d’actions 😉

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