ET MAINTENANT ?

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

The English version of this post can be found here.

Et maintenant ? Que va-t-on faire ? Maintenant que l’Espagne a perdu l’accès au marché des capitaux pour sa dette ?

Oui, la dégradation par Moody’s, hier dans la soirée, de la cote de l’Espagne de trois crans, de A3 à Baa3, n’a pas arrangé les affaires. Mais enfin, elle ne nous apprend rien qu’on ne sache déjà depuis le weekend dernier : avec un taux à 10 ans de sa dette souveraine, scotché au niveau des 6,75% (*), les carottes étaient de toute façon cuites pour ce qui est de financer sa dette sur le marché des capitaux.

Qu’est-ce qui s’était passé ? Les 100 milliards d’euros de plus obtenus des fonds européens par l’Espagne, et dont la nation elle-même est maintenant redevable, les règlements européens interdisant les renflouements directs de banques par leurs instances.

Vous avez remarqué que les règlements européens sont truffés de clauses de suicide programmé, dont on découvre toujours les implications comme aujourd’hui, dans l’urgence ? Certains, convaincus du pouvoir sans limite de la volonté humaine, vous expliqueront que c’est voulu : prévu de longue date pour la mise en branle un jour, du Grand Plan Secret. C’est plus banalement qu’il s’agit d’inventions humaines dans lesquelles la sélection naturelle n’a pas encore eu le temps de faire le tri.

Mais les Américains y étaient bien arrivés, à faire une grande nation avec plein de petits bouts ! Oui, mais justement : dans ce cas-là, la méthode par essais et erreurs a été utilisée à grande échelle : les États-Unis d’aujourd’hui ont dû passer par une guerre civile atroce pour clarifier un peu les choses. Et certaines cicatrices sont encore bien fraîches.

Déjà garder la Grèce dans la famille, c’est très dur. Plus le Portugal, plus l’Irlande, plus – aujourd’hui, en fin de matinée, Chypre. Mais l’Espagne, et on l’a dit tout de suite, dès la première alerte au début 2010, c’est trop à avaler pour ce qu’il restera de zone euro : ce n’est pas possible. Sans compter l’Italie très pâle elle aussi, sur une chaise dans le couloir du dispensaire.

Alors ? Et maintenant ?

Je l’avais expliqué le 5 avril 2010 – deux ans déjà ! – dans une chronique du Monde-Économie intitulée « Le fil rouge » : « Les gouvernements d’unité nationale sont pour bientôt, quand il sera devenu évident aux yeux de tous qu’aucun parti ne connaît à lui tout seul la solution des problèmes insolubles qui se posent, suivis alors de Comités de Salut Public, quand il sera clair que même tous ensemble ils n’y comprennent rien et – si Dieu nous prend alors en pitié – suivi enfin d’un nouveau Conseil National de la Résistance, au moment où il faudra, par-delà les divergences conçues aujourd’hui comme irréductiblement inconciliables, lancer une ultime tentative de sauver ce qui peut encore l’être ».

M. Hollande n’a pas encore atteint ce stade-là, convaincu qu’il est que si la croissance est ce qui convient à la France, le traitement de cheval de l’austérité convient mieux au tempérament grec. Pasok et Nouvelle Démocratie sortant vainqueurs des élections en Grèce, c’est ce qu’il souhaite aux Grecs. Et il n’a pas hésité hier à le leur dire. La reproduction en petit sans doute du couple à la Dubout France-Allemagne qui nous est offert en ce moment. La formule gagnante lui semble être celle de l’union d’un parti socialiste de droite avec un parti libéral, convaincus tous deux que mettre l’État-providence dans la naphtaline est beaucoup plus urgent que de mettre au pas la finance.

Notez que les Américains sont dans le même état d’esprit : hier M. Jamie Dimon, patron de J. P. Morgan Chase, était sur la sellette devant le Comité bancaire du Sénat américain. On lui demandait d’expliquer comment il se fait que sa banque a perdu par distraction entre 3 et 10 milliards de dollars. Les sénateurs du parti républicain ont consacré tout le temps de parole qui leur était donné à affirmer – et à vouloir que M. Dimon le confirme avec enthousiasme – que le grand souci en ce moment, c’est une réglementation trop stricte de la finance. À certaines époques, c’est comme cela, vous dis-je : le suicide programmé se retrouve absolument partout. Et je vous épargne les exemples les plus comiques.

Enfin, gageons qu’on travaille dur en ce moment-même à trouver des solutions à Bruxelles, qu’on nous concocte quelques plans astucieux qui pourront être mis en œuvre en 2014 ou en 2018. Pourquoi ces formules-miracles sont-elles toujours remises – c’est le cas de le dire – aux calendes grecques ? Pour laisser du temps au temps. Sauf qu’aujourd’hui, 14 juin 2012, c’est ça qui manque le plus : le temps précisément.

====================
(*) 6,974% à 10h51.

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction numérique en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

Partager :

302 réflexions sur « ET MAINTENANT ? »

  1. « Les gouvernements d’unité nationale sont pour bientôt, quand il sera devenu évident aux yeux de tous qu’aucun parti ne connaît à lui tout seul la solution des problèmes insolubles qui se posent, suivis alors de Comités de Salut Public, quand il sera clair que même tous ensemble ils n’y comprennent rien et – si Dieu nous prend alors en pitié – suivi enfin d’un nouveau Conseil National de la Résistance, au moment où il faudra, par-delà les divergences conçues aujourd’hui comme irréductiblement inconciliables, lancer une ultime tentative de sauver ce qui peut encore l’être ».
    Bon ça va on a encore le temps de bien se marrer alors !! Des gouvernements d’union nationale et des comités de salut public composés des fers de lance & promoteurs de l’ultralibéralisme ne manqueront pas, effectivement, de nous amener à une sorte de CNR issu de ruines… Rajoy & Monti, d »excellents techniciens », nous montrent la voie la plus rapide pour y arriver et nul doute qu’Hollande sera à leur hauteur !! Vive la dérégulation et à mort l’Etat !! (le peuple paiera)

  2. résister participe à l’effondrement du système mais fait le jeu de la dualité.
    il me semble que la meilleure,la plus juste et la plus sage des attitude est encore de cesser d’alimenter un système qui va à l’encontre de nos intentions les plus nobles.

    Nous sommes conscients de ce sur quoi nous portons attention alors pourquoi ne pas mettre dés à Présent,notre temps et notre énergie au service de ce qui est digne,fraternel,équilibré et juste ???

    Tant d’initiatives se tournent vers de nouveaux objectifs,délaissant ce qui est a fait preuves de tant de distorsions;

    Cherchons comment inverser le processus en étant innovant et en mettant nos multiples compétances au service de la vie,nous qui avons tant de fois exigé qu’elle nous serve ????

    L’ancien se meurt,osons faire preuve d’imagination et arrêtons de cautionner un système devenu obsolète,indigne et assassin.

    Le mental a gouverné nos réflexions et nos choix et si ,comme beaucoup le font déjà,nous nous autorisions à mattre l’égo à sa juste place,au service du coeur et de ses nobles inspirations ???

    Nous partirons tous les pieds devant alors,avant que l’heure ne soit venue,pourquoi ne pas nous donner la liberté de partir le coueur léger et la conscience tranquille de celui qui a fait de son mieux pour porter sa pierre à une humanité digne de ce nom????

    1. Vous êtes pleine de bonnes intentions, mais alors le sens des mots et l’impensé de vos propos, ça vous cause pas grand souci (et vous devez avoir l’amour étouffant, genre Kaa le python), pouâcre).

      Imaginons que ce qui suit puisse vous guérir de pensées du genre « résister c’est faire le jeu de la dualité »

      http://www.editionsladecouverte.fr/catalogue/index-Resister__c_est_creer-9782707156099.html

      Attention en sortant, de ne pas être absorbé par le grand Tout (Blob, pour les intimes).

      1. @ jicé, @ Béa

        Merci pour le lien.

        Je pense qu’effectivement les réflexions de Miguel Benasayag sont extrêmement intéressantes et utiles.

        Je suis en train de terminer de lire un de ses derniers livres écrit avec Angélique Del Rey De l’engagement dans une époque obscure qui me paraît fournir des éléments importants pour penser l’action politique pouvant favoriser la transformation du système (et de nous-mêmes (comme parties prenantes de ce système) par la même occasion). On en trouvera un résumé ici et une conférence sur ce thème .
        Je suis d’ailleurs un peu étonné que, sur ce blog, il ne soit pas fait plus souvent référence aux travaux de Benasayag.

      2. @ jicé

        XX est différent de XY.
        La femme est moniste (l’un des X est inhibé -lyonisation-, ce qui la rend encore plus « une »). X est le symbole de l’amour.
        L’homme est dualiste. Y est le symbole de la bifurcation, de la duplicité, du serpent (Kaa c’est pour les hommes!). C’est peut-être cela qui fait que les hommes passent leur temps à se compliquer la vie (et explique une plus grande créativité).

        NB: Je me suis appliqué à produire un texte syntaxiquement correct (réflexe de matheux). Je ne garantis rien quant à la sémantique (ce n’est pas le problème du matheux).
        Cependant je ne sais plus qui a dit: « La voix de la réalité est dans le sens du symbole. » 🙂

      3. Désolée,trop inculte pour saisir le sens de votre com…jicé que jicé rien !!!

        Tout ce que je retiens (accessible à ma toute petite compréhension!) c’est que vou semblez penser que l’Amour (le vrai s’entend) puisse être étouffant ou qu’il faille craindre d’être absorbé par le grand Tout ! …ni l’un ni l’autre à mon sens !

        Résister c’est aller CONTRE et je prône en effet d’aller plutôt AVEC,de prendre une autre direction,d’alimenter un nouveau paradigme issu des leçons tirées de nos erreurs passées…Pourquoi craindre d’être absorbé par ce qui nous dépasse puisque ,par définition,c’est exactement ce qui se passe malgré nos prétentieuses et infructueuses résistances…

      4. Bonjour Thierry : une anecdote à propos de Benassayag : en 2003, le rassemblement altermondialiste sur le plateau du Larzac; il y avait des chapiteaux ouverts pour les conférenciers, quatre ou cinq en parallèle; Benassayag a débuté son propos et a petit à petit siphonné tout ce qui passait alentour, ça débordait, un grand moment vraiment. Je partage votre point de vue sur son utilité, en particulier sur l’apparente aporie du passage à l’acte, nos échanges interminables qui finissent par tourner à l’aigre (normal, la représentation c’est le commencement de la suspension de l’action, donc le début de l’impuissance; lorsqu’elle s’éternise elle finit de dans la misologie, le millénarisme et l’irrationalité, comme on lit beaucoup ici ces temps derniers (qui ne sont pourtant pas la Fin des Temps). A bientôt. Merci pour al conférence.

    2. @Bea
      « cesser d’alimenter un système qui va à l’encontre de nos intentions…//mettre notre énergie au service de ce qui est digne, fraternel, équilibré et juste …// se tourner vers de nouveaux objectifs…// inverser le processus en étant innovant…// l’ancien se meurt..

      ++ à répéter tous les matins

  3. Les libéraux ont installé 40 ans d’endettement des états pour contrôler la hausse des salaires. Ils veulent éviter comme toujours que le véritable centre de redistribution des richesses soit leur entreprise. Pour eux c’est dividendes niches et évasion fiscale. Maintenant que l’endettement arrive à un ratio maximum, ils font peur à toute l’Europe pour permettre la mise en place de politiques d’austérité. Il va falloir vous serrer la ceinture…un peu plus. Les dividendes les niches et l’évasion fiscale seront toujours là. Vous pensez vraiment qu’ils ignorent les cycles, la sur-accumulation, la récurrence des crises… ou qu’un type sortant d’HEC ignore les conséquences de la mondialisation..? Le peuple reste toujours la variable d’ajustement. Il se réveillera peut-être le jour où il ne pourra plus lire les touites de madame regarder l’eurofoot et écouter les enfoirés. Bonne nuit les petits.

    1. Entièrement d’accord ! Et le rapport des forces est globalement très positif pour ces libéraux un peu partout dans le monde, un peu moins en Amérique latine.

  4. Il faudra renommer « Le temps qu’il fait » en « Le temps qu’il reste »
    Merci pour la chronique et les dernieres vidéos !

  5. Et maintenant ?

    Tous se posent la même question (mais évitent de la chanter)

    Que vais-je faire ?

  6. Je précise néanmoins, que ce n’est point de temps dont on manque.
    Car quand bien même ils posséderaient du temps, qu’en feraient-ils ?
    Rien de plus que ce qu’ils ont pu en faire au préalable.

    Le temps, ils ont en eu : 4 ans.

    Toute bonne chose a une fin.
    A fortiori quand cette bonne chose est gaspillée outrageusement … à ne faire en sorte que de la prolonger ad vitam aeternam.
    Faut pas prendre le temps pour un canard sauvage.

    Si ce n’était qu’une question de temps …
    Ite missa est.

    En parler n’y changera rien.

  7. Manifestation contre les paradis fiscaux devant le siège de la BNP à Paris
    PARIS – Une soixantaine de militants du collectif Sauvons les riches, de France Libertés et de Roosevelt2012 ont manifesté jeudi matin devant le siège parisien de la BNP pour protester contre l’activité de la banque qui facilite l’évasion fiscale dans les paradis fiscaux.
    (Info de ce matin)
    http://sauvonslesriches.fr/
    http://www.france-libertes.org/
    http://www.roosevelt2012.fr/

    1. Attention au « comité Roosevelt ».
      Lorsque l’on étudie leurs propositions, ce n’est ni plus ni moins que quelques rustines qui font penser à l’écologie : mettre quelques rustines, mais surtout : bien profiter du système.
      Et surtout pas le remettre de quelque façon en cause.
      Reprendre le nom de Roosevelt est d’ailleurs lui faire injure.

  8. D’accord avec ce constat clair et concis, particulièrement concernant notre président de gauche qui, sans doute, va se planter dans sa stratégie de droite, et nous encalminer dans une ornière encore pire, comme ses copains chefs d’États de l’occident crétin.

    Pour ce qui des USA, par contre j’émettrai quelques bémols. J’ai moi aussi, enfant, sacrifié quelques bougies au pays de la Liberté, et mon coeur s’envolait à Cap Canaveral. Je sais le bonheur que je dois à Hendrix, à Kerouac ou à Don Delilo. Mais…
    L’auteur écrit « les Américains y étaient bien arrivés, à faire une grande nation avec plein de petits bouts ! ». J’en doute fortement et, pour le moins, s’il y a eu un moment où ce mythe était incarné même en petite part, c’était il y a très longtemps.
    Ce pays n’a jamais réussi à intégrer ses minorités – alors qu’elles le composent peut-être bien plus que celles des pays européens ne les composent – et encore moins aujourd’hui.
    Il souffre d’un phénomène de ghetto endémique – analysé par Loïc Wacquant – d’une violence bien plus grande que chez nous et d’un taux d’incarcération incomparable avec ceux des pays voisins ou de l’Europe, ce qui fait des prisons le plus grand employeur du pays. Glorieux.
    La mobilité sociale ascendante y est apparemment complètement alignée sur la stratification des classes – c’est-à-dire que si on naît au fond de la cave on a quasiment aucune possibilité de revoir la lumière -.
    La militarisation est supérieure à l’ensemble des autres pays du monde, ainsi qu’un bellicisme actif qui les fait mener sans arrêt des guerres, toujours hors USA, bien souvent pour de fausses raisons, et chaque fois en laissant sur place des contingents d’occupation – sauf au Vietnam, mais à quel prix pour les vietnamiens -.
    Bref, les états-unis ne sont plus un modèle de nation, mais plutôt un grand danger pour le reste du monde. Tandis que le peuple propulse un culture qui reste admirable à bien des égards. Ceci ne va peut-être pas sans cela..

  9. « l’abandon pur et simple du mémorandum (ndlr plan de rigueur) serait regardé par beaucoup de participants de la zone euro comme une rupture »
    En plus d’être normal, perspicace, le bougre …

  10. C’est plus banalement qu’il s’agit d’inventions humaines dans lesquelles la sélection naturelle n’a pas encore eu le temps de faire le tri.

    Attention aux grandes extinctions, car quand la sélection naturelle s’en mêle, elle ne fait pas dans la dentelle…

  11. Espagne: 10 years 6.9980 quasiment 7 %.
    Italie : 10 years 6.3320 %

    Bon on fait quoi?

    Les taux Français sont en …baisse (légère), à 2.70 %

  12. Commentaire imparable, Paul.
    Et impavide, je dois dire.
    La machine à suicider les collectivités a donc réussi à endetter le contribuable espagnol de 100 milliards de plus, en vain pour ce qui est de l’objectif officiel, mais au bénéfice des mêmes, sur le fil.
    Ce n’est pas l’effet d’un complot ni d’une volonté omnisciente, mais c’est juste inévitable dans le système que des pouvoirs aveugles s’entendent à maintenir. Machine à suicider, d’accord. Je ne sais pas comment vous gardez votre calme, ni moi non plus d’ailleurs.

    Pendant ce temps, « Les sénateurs du parti républicain ont consacré tout le temps de parole qui leur était donné à affirmer – et à vouloir que M. Dimon confirme avec enthousiasme – que le grand souci en ce moment, c’est une réglementation trop stricte de la finance. »
    La presse étasunienne compte apparemment des dessinateurs de gauche, comme le Salt Lake Tribune avec Pat Bagley qui a dessiné comme ceci l’argument du trop de régulation des croisés de la dérégulation, lors de la récente annonce des déboires de JP Morgan Chase.

  13. Paul Jorion: « Mais les Américains y étaient bien arrivés »
    On oublie souvent, en citant l’exemple américain, que l’une des premières choses que les américains ont fait, c’était de déterminer une langue officielle, condition sine qua non pour créer un état fédéral, un sensemble d’états uni culturellement et économiquement sous la même bannière.
    L’Europe des eurocrates a prise une option inverse: la monnaie – l’euro – comme remplacante d’une seule langue offcielle. L’Europe d’aujourd’hui ressemble à cela: l’individu soumis à une monnaie, à l’argent (le contraire serait plus logique). Un tel artifice ne peut tenir.

    1. Et la Suisse , vous en pensez quoi , 4 langues , une unité sans faille et une monnaie qui est obligée de se devergonder tellement elle est forte ?

      1. La Suisse est un cas particulier. D’abord parce que c’est un petit pays – géographiquement parlant – qui défend sa neutralité. Il ne faut pas oublier que la Suisse est « dominée », du moins protégée par Zürich, son quartier de banques et la Suisse allemannique avec ses activités industrielles. Sans cet apport, la Suisse en tant qu’état ne survivra pas. C’est cette région avec sa force économique qui garantit la richesse et donc l’unité du pays.

    2. En effet, l’Europe a préféré commencer par le Quantitatif (la mesure) plutôt que par le Qualitatif (la langue).

  14. Dette privée espagnole : 700 milliards (Jose Carlos Diez – Economista – La sexta / al rojo vivo – 14/06/2012 – 13:45)

  15. Aujourd’hui. Je perçois du désespoir dans votre article… Et cela me dérange.
    Je perçois comme vous le dites que les « carottes sont cuites ». Mais une fois cette pensée dite et la réalité de la situation assumée que se passe t-il?
    En lisant votre article Mr Jorion, j’ai l’impression d’être une poule qui regarde les feux d’une voiture qui va l’écraser !
    Je comprend votre sentiment d’impuissance… J’ai le même… Mais que diable, affrontons au moins l’ennemi avec courage et non résignation.

    1. L’homme n’est qu’un roseau, le plus faible de la nature; mais c’est un roseau pensant. Il ne faut pas que l’univers entier s’arme pour l’écraser : une vapeur, une goutte d eau, suffit pour le tuer. Mais, quand l’univers l’écraserait, l’homme serait encore plus noble que ce qui le tue, puisqu’il sait qu’il meurt, et l’avantage que l’univers a sur lui, l’univers n’en sait rien. Toute notre dignité consiste donc en la pensée. C’est de là qu’il faut nous relever et non de l’espace et de la durée, que nous ne saurions remplir. Travaillons donc à bien penser : voilà le principe de la morale. Ce n’est point de l’espace que je dois chercher ma dignité, mais c’est du règlement de ma pensée. Je n’aurai pas davantage en possédant des terres : par l’espace, l’univers me comprend et m’engloutit comme un point; par la pensée, je le comprends.

      côt-côt ? Non, Blaise Pascal.

      1. @ sage,
        Votre perception est juste si votre axe de réflexion est votre  » individualité ». Mais concernant l’humanité, votre dignité sans engagement à changer l’ordre des choses, n’est que futilité pour le groupe. En ce qui me concerne, je perçois comme vous un  » Je pense donc je suis » : et cela le plus souvent dans la solitude. Mais je vis la dureté et la joie d’exister grâce à la présence d’autrui.
        En résumé: je pense donc je suis, nous sommes donc nous existons.

        Cocorico? Oui ?À l’aise Blaise.

      2. @ Blaise
        moi qui croyait contenir l’univers quand je respire , ou me chauffe au soleil , bois de l’eau ou tombe d’un arbre .
        et qui me pensait en dehors, comme un point ne comprenant pas grand chose , ou une pensée en dedans , selon le point de vue .
        malgré tout , je vous comprends . oui, travailler sa pensée , sonder dans ses profondeurs, (hé oui, les siennes ) et pourquoi pas posséder ou travailler des terres ?
        il faut bien des carottes, et du lait , et ne pas trop dépendre des autres . c’est incroyable cette dépendance financière . devoir toujours emprunter pour lancer une activité . pourquoi ?

        @ lac : « Mais je vis la dureté et la joie d’exister grâce à la présence d’autrui. »
        il suffit de peu pour s’entendre . mais sans cela, c’est insupportable .

      3. @sage,
        Suite de:15h57
        Ira t-on vers un : jeu de guerre: « Euroland, , Deutschland über alles  » ? Qui sera mis Au pas?
        Est ce que la communauté européenne peut être un contre poids? Et sur quel valeur?
        En tout cas, vos propos guerrier propose un changement dans l’action.
        Je côt – côt

      4. @lac
        Il ne faut pas mélanger Pascal et Descartes. Il y a dans le texte que je cite comme une préfiguration de la pensée existentialiste (http://fr.wikipedia.org/wiki/Existentialisme). Nous sommes arrivés par on ne sait quel hasard dans ce monde, occupant un corps qui nous est imposé (avec ses qualités et ses handicaps), vivant à une époque plutôt qu’une autre, dans une famille et un système social déterminés, sur un territoire forcément limité à notre enveloppe physique et aux domaines que nos sens peuvent atteindre (même lorsque les moyens de transports modernes augmentent considérablement les distances qu’il nous est possible de parcourir) : a priori cela semble n’avoir aucun sens ; alors que faire ? L’absurde de la situation nous amène à trouver des réponses, à nous réfugier dans des mythes, afin de ne pas sombrer dans la folie ; certains deviennent autistes ou schizophrènes (peut-être parce que la structure biologique de leur cerveau leur fait apparaître la réalité sous son jour réel, et que cela est à proprement parler insupportable) : d’autres se suicident.
        Alors l’Homme s’invente des manières de se sortir de cette situation, de soutenir le choc, de voiler le réel. Il s’invente des Dieux protecteurs, solidaires, plus forts que ceux de son voisin. Il s’invente des idéaux dont les noms se terminent fatalement en –isme. On peut comme Pascal choisir l’attitude aristocratique (celle du chevalier noir qui barre le pont dans Sacré Graal ) ; « dans cet univers infini, je suis un point (une crotte de mouche), rien… mais l’univers qui me contient est une machine amorphe, un gros butor qui ne me voit même pas, alors quelle supériorité me reste-il ? Celle de ma pensée, qui me permet d’avoir conscience d’exister alors que l’univers imbécile n’a même pas conscience que j’existe. » Cela ressemble à « l’existence précède l’essence » de Sartre (pour lequel j’ai peu de sympathie). Notez que c’était une façon un peu transgressive de la part de Pascal de voir ainsi les choses (peut-être à son insu). Il était Chrétien et non pas seulement parce que l’ordre des choses, à son époque l’y obligeait, mais aussi parce qu’il avait eu une « révélation », un moment de feu, une expérience mystique assez bizarre. Ses Pensées sont un vaste projet apologétique, un discours visant à prouver la supériorité de la Religion chrétienne. Peut-être que Pascal était davantage sensible à ces problèmes parce que, comme Mozart, il avait mal aux dents. Cela dit, je suppose qu’il n’adoptait nullement une « dignité sans engagement à changer l’ordre des choses » : il nous a laissé des travaux mathématiques, il a mis a point une machine à calculer fonctionnelle, et je ne doute pas qu’il consacrait une grande partie de ses ressources à faire l’aumône aux mendiants de son quartier. Il partageait aussi « la dureté et la joie d’exister grâce à la présence d’autrui ». Mais il est difficile de faire bouger les choses : je suppose que la pensée crée le monde, agit sur le paradigme dans lequel nous baignons, et qu’à force de le rêver le monde qui nous entoure prend forme : nous sommes peut-être de grands magiciens endormis, peut-être même des dieux. Il faut faire attention à ses rêves : un peu comme dans ce film
        http://fr.wikipedia.org/wiki/Plan%C3%A8te_interdite

    2. Je viens de relire votre article.
      Que voulez vous dire par:
      « lancer une ultime tentative de sauver ce qui peut encore l’être »?

      Merci.

      1. Rêvons un peu…
        A mon humble avis, ce qui est en train de se passer c’est la mise en place d’un subtil kriegspiel, jusqu’au sommet du G20 (Si toutefois les événements laissent du temps aux politiques). L’Allemagne cherche à tirer profit de la situation et se prévaut d’une soi-disant situation de force (voir l’article de la Stampa que j’ai traduit) pour faire avancer ses pions et forger un pôle germanique entouré de satellites-vassaux (dominés et tributaires [Espagne], constituant un marché pour ses produits d’exportation), qui fera contrepoids à la puissante Russie (qui dispose encore de ressources énergétiques et deviendra la puissance phare si s’accentue le déclin américain). En faisant contrepoids à la Russie, l’Eurogermania deviendra son plus sûr allié, sur un continent bicéphale, et nous emmènera vers un monde régénéré : une PAX GERMANICA unira les nations laborieuses. Il n’y a sans doute pas que des considérations électorales, chez Mme Merkel, mais une vision géopolitique à long terme dont elle entend être l’un des maillons. Les autres pays (l’Angleterre faisant jeu à part en croyant servir les intérêts de sa puissante colonie d’Amérique) cherchent désespérément à échapper à l’étreinte mortelle qui est présentée comme la seule issue de secours, d’autant que ce que recherche l’Allemagne, c’est une Gleichanstaltung générale. La France a sans doute été pressentie (peut-être par les USA) comme un cheval de Troie dont le rôle serait de mettre un terme aux visées hégémoniques de la Chancelière allemande pour renforcer une Europe atlantiste, servant de tampon (de limes [http://fr.wikipedia.org/wiki/Limes] aux visées des USA sur les ressources énergétiques du moyen orient ; d’autant que l’actuelle politique de la Chancelière finit par devenir létale pour les USA, puisque la rigueur torpille la relative stabilisation de l’économie américaine ; François Hollande est donc investi d’une mission, regrouper les nations qui jugent la politique allemande néfaste, faire monter leur mécontentement et créer un bloc qui vise à disloquer l’offensive germanique (nous dirons qu’il s’agit d’un sous-marin, mis à la place d’un Sarkozy usé.). Dans ce jeu, il ne faut pas oublier la Chine, devenue l’usine du monde et qui vise nettement à assumer un rôle de superpuissance (spatiale et militaire), mais qui doit absolument mettre la main sur les ressources énergétiques que convoitent les USA… Le Japon, limes américain, a été touché-coulé par la catastrophe que l’on sait et qui lui a porté un coup fatal : c’est une mauvaise nouvelle car elle favorisera à terme l’expansion chinoise. Un effondrement économique généralisé s’inscrira nécessairement dans ces perspectives dont d’aucuns penseront qu’il s’agit de science-fiction.

      2. @ Sage.
        Un rêve ? un cauchemar inspiré par la boule ce cristal, plutôt.
        Ces fresques géo-politiques avec divination…

        Et même, si après coup, 20 ou 30 ans plus tard, il y avait une amorce
        de vraisemblance, le hasard et des faits inconnus 20 ou 30 ans
        plutôt y auraient certainement un plus grand rôle.

      3. Au cours du 13e millénaire de l’ère impériale, un homme, Hari Seldon, prédit au moyen d’une science dont il est le concepteur – la psychohistoire – la chute inéluctable de cet empire et trente mille ans de barbarie qui lui succèderont. Après cette période, un nouvel Empire Galactique devrait naître. Il suggère alors la création d’une Fondation rassemblant le savoir de toute l’humanité dans une Encyclopédie ; d’après lui, cette opération réduirait à mille ans la période de barbarie inévitable.

        L’Empire l’autorise alors à la créer sur une petite planète à l’extrémité de la Galaxie, Terminus. Seldon évoque cependant en privé une Seconde Fondation qui épaulerait secrètement la première à « l’autre bout de la galaxie », à Star’s End, « là où finissent les étoiles », sans en dire davantage.

        http://fr.wikipedia.org/wiki/Fondation_(Asimov)

      4. @ Sage.
        Je comprends mieux, c’était un conte, pas l’avenir écrit sur le fond de la grotte.

        Hari Seldon est un personnage de fiction ( Wikipédia).

         » assemblant le savoir de toute l’humanité dans une Encyclopédie ; » c’est le projet
        méga-psycho-truc de justement Wikipédia.

        Vous n’ignorez pas que les Wiki ont été mis sur pied pour illustrer
        la puissance du liberta./libéralisme et de l’initiative individuelle triomphant
        des tentacules paralysantes de l’ Etat.
        Chaque fois que je l’utilise -très souvent- je reste méfiant devant les info.
        et je fais une prière de réconciliation auprès de mon dieu laicisant , défenseur
        de la puissance étatique.

  16. La comparaison Europe/Usa via la guerre de sécession m’interpelle .
    D’abord il est question de pb monétaires et financiers la comparaison devrait plutot porter sur
    l’opposition FED/BCE qu’entre le Nord et le Sud c’est d’ailleurs ainsi que les Américains posent
    le pb faisait valoir à juste titre qu’unir des zones aussi disparates par une méme monnaie suppose un mécanisme de compensation pour maintenir l’unité .
    Il se trouve qu’en Europe la disparité suit un axe Nord/Sud ce qui n’était pas et n’est le cas aux US .
    L’opposition Nord/Sud aux USA était d’ordre politique d’abord économique ensuite , elle perdure
    toujours entre fédéralistes et confédérés . Méme si nous nous sommes des confédérés cela
    ne nous empéche pas d’avoir une monnaie commune si toutefois nous y mettions des compensations , ce qui est un vrai sujet mais aucunement évoqué .

  17. Le summum du cynisme fut sans doute atteint l’hiver dernier dans une tribune du journal Le Temps publiée par un médecin genevois pour le compte d’un think-tank néo-libéral. “Oui, disait-il en substance, les états sont en faillite, et c’est bien fait pour eux ! Ils n’avaient qu’à pas renflouer les banques ! Pour nous, les libéraux, la catastrophe était prévisible, car les états ne doivent pas se mêler de l’économie.”

    Au delà du culot de ce monsieur, je m’interroge néanmoins : les problèmes à résoudre dépassant de loin le cadre étroit des frontières nationales, les états tels que nous les connaissons actuellement ne sont-ils pas eux aussi appelés à disparaître ? Comment sortir de ces dualités obsolètes austérité/croissance, libre-échange/interventionnisme, état/économie … ? La crise de la zone euro n’est-elle pas aussi celle du concept d’état dans lequel était censé se réaliser l’Esprit ? Une citoyenneté à la fois locale et globale est-elle possible?

    Autrement dit : t’es toi et moi dans un bateau, les états et les économies tombent à l’eau…

    « Et maintenant ? »

    Qu’est-ce qui reste ?

  18. Une thése de PJ m’interpelle : l’allusion à la guerre de sécession aux US nous manquerait ,
    sélection naturelle , je ne le pensais pas si Darwinesque . Attention : Darwin a écrit deux livres
    la struggle for life , archi-cité , et l’autre toujours tu qui porte sur la transformation du singe en Homme et qui dit tout le contraire , l’Homme l’emporte par sa tendresse et sa générosité , le sexe
    y méne a l’amour ce qui est proprement scandaleux , encore aujourd’hui .
    La comparaison avec les US elle aussi est double . Parce que cette guerre de sécession n’était pas une opposition monétaire/économique mais politique : confédérés contre fédéralistes .
    Alors que l’opposition Nord/Sud en Europe est d’ordre économique/monétaire .
    Les Américains voient le pb de l’Euro , comme une monnaie mort-née parce qu’elle ne prévoit pas de compensations entre zones de dévellopement différent , ce que prévoit le $ par l’organisation de la Fed (qui est fédérale) alors que la BCE est confédérée .
    Mélanger les deux plans implique qu’une monnaie fédérée suppose un état fédéré , c’est faux
    exemple : la Suisse . L’Europe est une confédération et sa monnaie l’est aussi , le franc Suisse
    non . Faute de prévoir des compensations l’euro est de fait une monnaie d’occupation , Allemande pour tout dire . Les Allemands nous paieront-ils des compensations ? C’est possible , si nous arrétons nos conneries , si nous nous réformons , sinon non parce pas plus
    que nous ils ne sont des anges . Méme Merkel n’est pas un ange .
    Comme nous sommes incapables de nous réformer , nous les Espagnols , les Grecs , etc
    les Allemands vont étre contraints de nous aider , ils vont souscrire à des Eurobonds basé sur
    or et devises , comme çà , faute d’honorer nos engagements nous leurs donneront nos richesses dont ils manquent cruellement . (l’or de la Bundesbank est tenu à New-York par les
    US, suite à la guerre ) et alors ils nous feront un gros bras d’honneur .

    1. Je ne conteste absolument pas cette réponse, cependant la dimension économique de la Guerre de Sécession existe bel et bien. Deux modes de vie différents, l’un industriel et libéral, fondé sur le travail des ouvriers rémunérés mis en concurrence, produisant des technologies (mécanique), l’autre plus rural, fondé sur le coton (le roi coton), le tabac et la canne à sucre (dans une petite mesure), et surtout employant une main-d’oeuvre d’esclaves noirs (importés d’Afrique, puis reproduits sur place) qui n’étaient ni payés ni mis en concurrence pour obtenir un emploi (à nuancer) mais qu’il fallait nourrir et vêtir. Le mode de vie des Sudistes s’apparentait au mode de vie aristocratique de la vieille Europe (du moins pour la frange possédante) : les autres blancs (et parfois beaucoup de noirs ou de métis) étaient prêts à défendre ces valeurs, même s’ils étaient au bas de l’échelle (ce qui explique l’acharnement de certaines batailles (le film qui rend le mieux cela, et où on voit bien que les deux camps baignaient dans des idéaux pleins de bons sentiments
      http://www.amazon.fr/WARNER-HOME-VIDEO-Gettysburg-DVD/dp/B0001Z6440/ref=sr_1_1?s=dvd&ie=UTF8&qid=1339691804&sr=1-1
      peu connu en France, restitue cette sanglante bataille)

      Ce sont donc bien deux paradigmes qui se sont affrontés, avec probablement la nécessité de faire triompher un système économique, sur lequel reposait un mode de vie, pour cimenter une nation qui, autrement, se serait disloquée.
      C’est le système libéral qui a triomphé, plus performant en matière de production d’armes.
      Je rappelle un autre film qui jette un regard intéressant sur cette période et qu’il faut avoir vu :
      http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=28968.html

      1. Certes, ni l’un ni l’autre le sont. Mais parfois les fictions restituent certains aspect de la réalité qui ne sont pas couramment connus : si je me souviens un peu de Gangs of New York, des noirs échappés à l’esclavage y sont lynchés par les ouvriers immigrés irlandais parce qu’ils viennent leur « voler » leur travail. Le nord industriel n’est pas le paradis attendu.
        Quant à Gettysburg, si la tonalité de l’ensemble est un peu nian-nian, il y a a la fin une reconstitution géniale, épique et pathétique, de la charge désespérée des Sudistes sous la mitraille nordiste.Le film, malgré les barbes postiches, traduit parfaitement les mentalités des deux camps.
        Il me semble que ce film a été davantage diffusé en Belgique…

      2. A mon avis le mot libéral est commode . La guerre de sécession a été suivie d’un protectionisme
        appliqué , et de la montée des trusts . Le traitement qu’on subi les états du Sud par le biais
        d’aventuriers Nordistes descendus ne cadre pas vraiment avec le mot . Les Billets de monnaie
        à cours forcé émis par le Nord non plus . La case de l’oncle est certes un livre émouvant , je doute
        que soit la motivation principale , elle se trouverait plutot dans la volonté d’échapper à la concurrence Anglaise , ce qui n’est pas franchement libéral .
        Je suis d’accord avec vous pour l’essentiel l’opposition politique est sous-tendu par une opposition économique , mais au contraire de l’Europe , le Sud (des US) n’était pas plus pauvre
        que le Nord , bien que stucturé différemment (esclavage) .

  19. Alan Greenspan : L’eurozone est comdamnée à l’échec du fait de la trop grande différence entre le sud et le nord.
    En 1999, on espérait que les italiens se comporteraient comme des allemands, ce ne fut pas le cas.
    De fait, les pays du nord ont subventionné l’excès de consommation du sud
    A mesure que la crise se tend dans le sud, le flux des biens de consommation du nord s’arrêtera net et le standar de vie « traditionnelle » reviendra au sud.
    L’effets des différences culturelles entre nord et sud a été énormément sous-estimés

    http://finanzas.iprofesional.com/notas/124681-Alan-Greenspan-Por-qu-la-Eurozona-est-condenada-al-fracaso

    1. Mis à part l’explication par le Saint-Esprit, c’est l’explication par les caractères culturels, raciaux et ethniques que je trouve la plus idiote.
      C’est pas la différence de compétitivité (productivité plus basse et devise identiquement forte), non non môsieur, c’est la différence culturelle! Et pan, on tape du poing sur le comptoir.

  20. La Banque Centrale Européenne affirme devant le juge que divulguer les termes du « swap trafiqué » (grâce aux bons soins de la compagnie Goldman Sachs), qui a permis à la Grèce de cacher le véritable état de sa dette « enflammerait la situation » et mettrait en danger l’avenir de la monnaie unique.

    Mes amis, on vit une époque formidable. Je ne vous dis que ça (tout en espérant quand même que tout cela se retrouvera un jour dans les livres d’histoire) !

    « Des porte-paroles pour Goldman Sachs à Londres ne s’estimaient pas à même de commenter immédiatement l’audition [qui s’est tenue aujourd’hui à Luxembourg] ».

    1. @Paul
      Dans les livres d’histoire on trouve les hagiographies des Etats, c’est un truc à priori sérieux. Pensez-vous que les historiens de la fin du capitalisme illustreront leurs ouvrages de blagues venues de la planète Shadock ?

      1. Et bien sûr qu’ils seront plus intelligents puisqu’ils auront survécu. En revanche ils seront beaucoup moins nombreux.

      2. @Paul J
        Science et vie avril 2012 : « l’intelligence humaine en panne »
        vu la situation actuelle
        vu les réactions de certains…et les non-réactions des autres, pas besoin de tests de QI pour voir que l’intelligence humaine est en panne

      3. @Paul J
        avril 2012, Science et Vie : « les tests de QI le disent…l’intelligence humaine est en panne »
        quelle découverte!

    2. Refus de communiquer à la justice.
      « enflammerait la situation » et mettrait en danger l’avenir de la monnaie unique.

      Mais pourquoi ? Le libéralisme, c’est la transparence, l’équité dans l’information etc… Et puis, que diable, il n’y a pas mort d’homme, non ? Ce n’est rien que de l’économie-finance.

      Que la Justice se bande les yeux devant des trucs de sécurité nationale,
      passe encore. Mais des papiers, auxquels personne ne comprend rien ?
      Et qui oserait s’enflammer ? Des excités irresponsables, sûrement,
      pas des banquiers compétents et professionnels jusqu’au bout des ongles.
       » Mettre en danger l’avenir de la monnaie unique. » ?
      Je croyais qu’avec l’ Euro c’était devenu impossible.
      Alors comme ça, l’ Euro est aussi fragile que disons la monnaie du Malawi.
      Ou que la Livre anglaise face à un Soros.
      Une bonne partie de ce qui justifiait la création de l’ Euro,
      la solidité, une monnaie fiable etc.. tombe à l’eau.
      Il y a des révélateurs impitoyables, surtout si ils sont reconnus et avalisés
      par la Banque Centrale. Au minimum, je ne vois comme suite logique
      que le hara kiri-seppuku. Mais il y faudrait au préalable des tripes…

      Si la Justice européenne se couche comme l’avait fait la cour de Rennes
      ( affaire Dreyfus, coupable de trahison mais « avec circonstances atténuantes » , la cour avalisant le trucage du premier jugement, par intérêt supérieur de l’ Etat ) on pourra dire que la Grande-Bretagne a vraiment déteint sur l’ Europe judiciaire. (Affaire de la vente des Tornado à l’ Arabie Saoudite avec méga-corruption.
      Blair avait intimé à la justice brit. de ne pas enquêter par intérêt supérieur etc…
      Elle s’était couchée, pas comme dans la France moderne…)

      En effet, une époque formidable… A renverser la table et casser les assiettes.
      Bloomberg n’avait-il pas fait la même chose vis-à-vis de la FED ?
      et obtenu le même déni? La croyance dans le libéralisme, c’est touchant…

    3. Mario Draghi nie toute implication dans cette affaire . On le croit . C’est le président de la BCE
      quand méme ! La monnaie , surtout fiduciaire c’est une question de foi .

      1. oui moneyistime,
        C’est une confession de foi par une profession de foi ou plutôt de « fois ».
        C’est la crise de foie !

    4. Curieux, car cette déclaration devrait suffire sinon à créer une panique,
      au moins à plomber l’Euro !
      Sacré BCE, elle n’en rate pas une.

    5. @Daniel

      « Croyance », crois-tu ?…
      En réalité si l’on additionne deux plus deux, on voit que les pyromanes (GS) étaient appelés pompiers dix ans auparavant et qu’aujourd’hui leurs hommes sont toujours au commande, à la tête de l’UE, de l’Italie, et combien dans combien d’autres pays.
      Il est question d’un organisme gigantesque qui a tout le pouvoir, toutes les compétences techniques et qui maîtrise le calendrier de l’action, comme de l’info.
      On peut légitiement penser qu’il souhaite d’abord perdurer, ce qui signifie que l’UE ne remettra jamais en cause ses pouvoirs ou ceux des organismes serfs, et en ce sens les appels à la « cohérence idéologique » sont parfaitement risibles.
      Ils ont autant de valeur que l’appel de Copé à la « résistance » contre un PS qui aurait tous les pouvoirs, alors l’UMP les a cumulés pendant trois ans, tandis que Copé, tout à fait muet sur le sujet, continuait ses « piges » d’avocat d’affaires, tranquille.

  21. L’ obstacle premier est le libéralisme économique inscrit dans le traité européen.

    Tenir en suspicion l’ Etat et le confiner à un rôle mineur signe la volonté de dictature des « marchés » .
    L ‘économie est la résultante d’actions contingentes et imprévisibles
    à long terme. Avoir inscrit la dictature du libéralisme dans un texte
    de cette portée est une faute contre l’esprit, la manifestation d’ un orgueil
    incommensurable et un mauvais coup contre le caractère négociable
    des bases du vivre ensemble.

    « Ils » sont maintenant obligés de le violer pour éviter une succession
    d’ effondrements, avant la chute finale ou la catastrophe rampante.

    TIN(O)A : il n’y pas d’autre alternative que sa mise
    de côté, avec les respect dû aux vieilles choses encombrantes.

    Mais ce ne sera qu’un point de départ, une ouverture de l’éventail
    des possibles; certains sont et resteront dangereux.

  22. Le programme de Syriza est en français sur http://www.okeanews.fr/ , et pour les paresseux il y a un bon résumé en huit points sur le blog « Simplement de gauche »

    Ma lecture est que les dirigeants de Syriza sont prêts à quitter l’euro mais qu’ils ne le feraient une fois au pouvoir que si d’autres pays et la commission les y contraignent. Cela se produirait parce que l’UE refuserait des exigences grecques tout à fait légitimes, au terme d’un débat et d’une pédagogie qui éclairerait toute l’union européenne – sauf les aveugles, ça va de soi.
    Et ils ne se privent pas de dire, non sans quelque évidence, que la sortie grecque de l’euro est inévitable avec la politique du memorandum !

    1. En fait, Syriza ne défend même plus son programme du 6 mai, comme expliqué ici:
      À la veille des élections législatives, la Grèce face à un tournant majeur. Quelle politique pour les révolutionnaires ?
      http://tendanceclaire.npa.free.fr/contenu/autre/artpdf-384.pdf
      Extrait

      Or Syriza, qui a toujours défendu un projet fondé sur le maintien du capitalisme et l’appartenance à l’UE, a renoncéà des points clés de son propre programme depuis le 6 mai pour rassurer les banques et les marchés. Son dirigeant Tsipras a ainsi annoncé son intention de renégocier avec l’UE les conditions des prêts européens. Syriza ne réclame plus la nationalisation des banques qu’elle exigeait il y a encore quelques semaines (et qui n’était déjà pas l’expropriation sans indemnités ni rachat, bien qu’elles étaient déjà été recapitalisées par l’argent public !) ; mais il parle désormais d’un simple « contrôle » par l’État du système bancaire avec la constitution d’un « pôle public ». De même, elle ne promet plus d’annuler toutes les mesures d’austérité prises depuis deux ans, mais seulement de rétablir les salaires au niveau où ils étaient avant février 2012. Et, aujourd’hui comme hier, elle refuse de se prononcer pour la rupture avec l’Union européenne, ne cessant au contraire de marteler sa volonté de rester à tout prix dans l’UE et dans la zone euro

      .

  23. Ce soir, France 2, Envoyé Spécial.

    Un couple espagnol a emprunté 140.000 € sur 25 ans à taux variable. Mensualité initiale 500€. Le taux varie. Nouvelle mensualité : 1.100 €. Le couple ne paye plus depuis 2010 et se retrouve menacé d’expulsion. Le bien est invendable.

    La banque ne laisse ses débiteurs en place que pour entretenir l’actif immobilier, attendant une improbable cession à bon compte pour recouvrir tout ou partie de sa créance douteuse.

    Cet asservissement me fait perdre le sens l’humour.

    1. Pour rembourser 140 000 € sur 25 ans avec une mensualité de 500€, il faut un taux de 0,56%

      Des mensualités de 1100 € correspondent à un taux de 8,25%

      La responsabilité de la banque est à mettre en cause pour l’accord d’un prêt inadapté à la situation des emprunteurs.

  24. la dette inscrite dans le travail : Marx avec Mauss

    Marx (E. Buret ) « Le travailleur n’est point vis à vis de celui qui l’emploie dans la position du libre vendeur »

    Lafargue :  » Travaillez, travaillez, prolétaires, pour agrandir la fortune sociale et vos misères individuelles.. travaillez pour que, devenant plus pauvres, vous ayez donc raison de travailler et d’être misérables. Telle est la loi inexorable de la production capitaliste ». Le droit à la paresse.

    Mauss : « Le producteur échangiste sent de nouveau – il a toujours senti – mais cette fois, il sent de façon aiguë, qu’il échange plus qu’un produit ou qu’un temps de travail, qu’il donne quelque chose de soi ; son temps, sa vie, Il veut donc être récompensé, même avec modération, de ce don. » Essai sur le don

    Quel est ce paradoxe qui fait que, dans le régime capitaliste, alors que le travail crée la richesse, la dette soit toujours du côté des travailleurs ?

  25. c’est l’inflation qui généreusement finira par détruire les dettes, et la finance sera dindon ; ainsi parlait Karluss !

Les commentaires sont fermés.