Les politiques non conventionnelles de la BCE : Une apparence de solution qui n’est que la solution des apparences, par Jacques Sapir (*)

Billet invité. Je rappelle que je préconise personnellement une autre solution : un défaut simultané de la dette des 17 pays de la zone euro, immédiatement suivi d’une restructuration de la dette communalisée.

La BCE s’est engagée avec force à « tout faire pour sauver l’Euro ». Nous allons prendre cette déclaration au pied de la lettre et considérer quelles en seraient les conséquences à court et moyen terme d’une telle action, et si la BCE a réellement les moyens de sauver l’Euro.

 

I. Les conséquences d’une action directe de la BCE.

En admettant que la BCE puisse soit jeter par-dessus les moulins son statut ou trouver des compromis juridiques lui permettant de racheter massivement de la dette souveraine de pays en difficulté, que se passerait-il ?

(a)   L’ampleur des sommes nécessaires :

Il faut tout d’abord considérer les montants que la BCE devrait débourser.

Pour l’Espagne, le gouvernement de M. Rajoy a admis que les besoins s’élèveraient à 300 milliards d’Euros d’ici à la fin de l’année. Il est cependant clair que ce qui aurait été fait pour ce pays ne pourrait être refusé à d’autres. La Grèce viendrait au guichet pour un montant estimé à 60-80 milliards.

L’Italie serait aussi un « client » potentiel, avec des besoins estimés (suivant la date de l’opération) entre 500 et 700 milliards. C’est donc de 860 à 1080 milliards que la BCE devrait racheter dans un délai assez court (moins de 6 mois).

Ces sommes ne sont pas « impossibles », mais elles n’en sont pas moins considérables. Elles représentent en 3 fois et 4 fois le montant des achats de titres publics réalisés par la BCE depuis le début de la crise. Elles représentent un saut qualitatif et non pas simplement quantitatif.

(b)   Les conséquences sur le bilan de la BCE.

Les conséquences sur le bilan de la BCE seraient importantes.

On verrait apparaître près de 1071 (860 + 211 déjà sur le bilan) à 1291 (1080 + 211 déjà sur le bilan) milliards de titres publics. Or, on peut penser qu’entre le tiers et la moitié de ces titres ne sera jamais remboursée dans le cadre de défauts soit « sauvage » soit ordonnés.

La BCE devra soit admettre qu’elle a fait de la création monétaire ex-nihilo ou demander aux États de la zone Euro une recapitalisation comprises entre 330 et 650 milliards.

Le problème avec la création monétaire ex-nihilo n’est pas celui (souvent invoqué) de l’inflation, mais celui, juridique, de la compatibilité du fonctionnement de la BCE avec la Constitution allemande. Cette dernière interdit à la Banque Centrale de procéder à ce type de création monétaire. Il faudrait donc soit modifier la Constitution allemande (ce qui pose des problèmes politiques et risque d’échouer) soit se résoudre à cette recapitalisation.

Ceci pose la question de l’acceptabilité politique de cette dépense pour les États (dans le cas de la France, la contribution pourrait aller de 70 à 140 milliards).

(c)    Serait-ce la fin de la crise de liquidité ?

On affirme souvent qu’une telle intervention règlerait la crise de l’Euro. Mais, la crise de liquidité est issue de la crise de compétitivité. C’est cette dernière qui déclenche les inquiétudes qui font monter les taux d’intérêts et provoque la crise de liquidité.

Or, ici, la BCE est impuissante. La permanence de la crise de compétitivité provoquerait inévitablement la réapparition de la crise de liquidité.

D’ailleurs, depuis que la BCE a procédé aux premiers rachats sur le marché secondaire, aucun des pays qui ont bénéficié de ces opérations n’est revenu sur les marchés financiers.

Il faudrait donc se résoudre à ce que, durablement, la Grèce, le Portugal, l’Irlande, l’Espagne et peut-être l’Italie, aient recours aux capacités de financement de la BCE.

Les montants à moyen terme seraient encore plus considérables que ceux que l’on a évoqué plus haut et pourraient atteindre entre 2 000 et 2 500 milliards d’Euros.

(d)   Une erreur de diagnostic.

Plus profondément, la politique de la BCE que l’on suppose ici illustre une erreur majeure de diagnostic à propos de la crise de la zone Euro.

Cette crise n’est pas une crise de la dette souveraine ! C’est une crise de compétitivité, liée aux structures économiques et démographiques hétérogènes des pays de la zone qu’exacerbe le fonctionnement quotidien de la monnaie unique. Cette crise donne alors naissance d’une part à une croissance très ralentie dans un certain nombre de pays (Italie, Portugal et dans une moindre mesure France) et à une désindustrialisation accélérée dans d’autres (Irlande, Portugal, Espagne, Grèce et encore France).

Avec l’éclatement de la « bulle » des taux historiquement bas que l’on a connus de 2002 à 2008, ces deux phénomènes se sont traduits par une montée des dettes souveraines dans les pays considérés.

Vouloir résoudre le symptôme (la crise de la dette) ne fait qu’empirer le mal ! Les politiques requises pour tenter de résoudre la crise de la dette aggravent la situation, en plongeant les pays dans une récession, voire une dépression, qui réduit les ressources fiscales et accroissent considérablement le chômage.

Mais, si l’on veut s’attaquer à la racine du mal, soit la crise de compétitivité, il faut mesurer ce que cela implique pour les pays, ou en matière de coûts de transfert.

La mise en œuvre d’une politique « non conventionnelle » par la BCE est possible. Mais, elle implique un tournant qualitatif dont les conséquences n’ont pas été mesurées et ceci sans fournir de solution à la crise de la zone Euro. La seule perspective offerte est celle d’une installation de longue durée dans cette crise.

II. La crise de compétitivité fera soit éclater l’Euro, soit éclater l’Europe.

Il n’est donc pas du pouvoir de la BCE de résoudre la crise de l’Euro. Même des actions combinées avec celles des États membres n’offrent guère d’alternative. Soit l’Europe éclatera après une « décennie perdue » à l’image de celle de la Grande Dépression, soit la zone Euro sera dissoute.

(a)  Les politiques de déflation salariale sont des impasses.

La crise de compétitivité se manifeste dans les déficits des balances commerciales des pays (sauf l’Allemagne) et l’accroissement du montant du compte TARGET-2 dans ce dernier pays.

Des politiques de baisse des coûts salariaux sont d’ores et déjà expérimentées dans des pays de la zone Euro (Grèce, Irlande, Portugal, Espagne, Italie).

Leurs conséquences en sont catastrophiques. Ces politiques nécessitent une contraction violente de la demande intérieure, qui provoque non seulement une forte hausse du chômage mais en sus une baisse de la productivité, impliquant de nouvelles mesures d’ajustement, dont les effets sur le chômage viendront se cumuler avec les premières mesures.

D’ici deux ans, et en incluant les effets induits et non pas seulement les effets directs, il faut donc s’attendre à des taux de chômage de :

52 % en Grèce.

35 % au Portugal.

32 % en Espagne.

22 % à 25 % en France et en Italie.

Les niveaux de chômage escomptés sont donc à peu de choses près les mêmes que lors de la « Grande Dépression » des années 1930.

(b)  Les politiques de transferts budgétaires sont politiquement impossibles.

Une autre solution, cohérente avec la monnaie unique, serait d’instituer des flux de transferts depuis les pays excédentaires vers les pays déficitaires. Mais, les montants sont tout à fait énormes. On peut les estimer à :

10,8 % de PIB de l’Espagne pour le soutien à l’Espagne ;

13,1 % de PIB de l’Italie pour le soutien à l’Italie ;

12,3 % de PIB du Portugal pour le soutien au Portugal ;

  6,1 % de PIB de la Grèce pour le soutien à Grèce.

Compte tenu des niveaux de coûts salariaux, de la structure et du montant des profits, du poids des salaires et de la structure du PIB cette politique coûterait à l’Allemagne 12,7 % du PIB (en 2012) en transferts budgétaires pour les 4 pays en difficulté.

De tels montants briseraient les reins de l’économie allemande et sont, très clairement, politiquement impossibles. Il faut ici signaler qu’une dissolution de l’Euro, accompagnée de dévaluations dans différents pays, ne coûterait que 2% à 2,5% du PIB à l’Allemagne.

Il n’est donc pas étonnant qu’une majorité absolue des Allemands se prononce aujourd’hui contre l’Euro (51% contre et 29% pour). L’opposition politique de l’Allemagne aux mesures de transferts est donc appelée à se durcir dans les semaines à venir.

(c)   Entre l’Euro et l’Europe, il faudra choisir.

La crise de l’Euro confronte aujourd’hui les pays européens au choix soit de voire périr l’Europe soit de dissoudre la zone Euro.

Si l’on persiste dans la politique actuelle, la zone Euro, et l’Europe avec elle entrera dans une récession, puis une dépression de longue durée. La comparaison avec la crise des années 1930, la « Grande Dépression » s’impose. Le poids politique et économique de l’Europe se réduira de manière considérable, et notre continent deviendra « l’homme malade du monde ».

Mais, surtout, l’Union européenne ne résistera pas aux conséquences de cette crise.

Des pays sortiront de l’Euro, les uns après les autres. Le premier sera sans doute la Grèce. Elle sera suivie par le Portugal et l’Espagne. En effet, les mesures « non conventionnelles » de la BCE ne rétabliraient la solvabilité extérieure dans aucun de ces deux pays.

La spéculation financière atteindrait de nouveaux sommets et les mesures unilatérales prises par chacun de ces pays (y compris des défauts sur les dettes) feraient rapidement tache d’huile. De proche en proche, ce sont toutes les mesures constitutives de l’Union Européenne qui seront remises en cause.

Par contre, si une politique de dissolution coordonnée et concertée de la zone Euro était adoptée, elle prendrait la forme d’un acte européen. Tout en rendant possible pour les pays concernés de réaliser les ajustements nécessaires à un coût bien plus faible en termes de chômage par des dévaluations, elle permettrait de sauvegarder l’essentiel de l’Union Européenne. Cette politique offrirait la perspective, à moyen terme, de reconstituer sur des bases plus souples une forme d’intégration monétaire (par une monnaie commune).

(d)  Les politiques « non conventionnelles » de la BCE, pour autant qu’elles soient possibles, ne feront que retarder les échéances.

Les politiques non conventionnelles de la BCE sont certes possibles, mais elle ne sont nullement une solution. Au contraire, enfermant la zone Euro dans sa crise, elles portent en elles la menace d’un éclatement de l’Union Européenne.

Ces politiques ne feront que retarder, à l’échelle de deux à trois ans, le dénouement de cette crise. On doit donc se demander si politiquement le jeu en vaut la chandelle. Pour ces trois années (au mieux…) de gagnées, nous serions confrontés à une crise bien pire que celle que nous connaissons aujourd’hui, et avec une situation de la France particulièrement dégradée.

Plusieurs économistes, dont les deux Prix Nobel Joseph Stiglitz et Paul Krugman, ont affirmé que la poursuite de cette politique visant à sauver l’Euro était criminelle.

On se contentera de dire que les mesures envisagées, mais qui sont loin d’être acquises, par la BCE viennent trop tard et n’apportent aucune solution aux problèmes de fond de la zone Euro.

La raison, tant économique que politique, commande ne pas s’entêter et de ne pas prendre le risque de faire périr l’Europe et d’exacerber une opposition entre l’Allemagne et les autres pays. Une dissolution de la zone Euro réalisée d’ici à la fin de 2012 en tant qu’acte européen est aujourd’hui la seule solution qui puisse éviter un désastre.

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(*) Directeur d’études à l’EHESS, Professeur associé à la MSE-MGU (Moscou)

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125 réflexions sur « Les politiques non conventionnelles de la BCE : Une apparence de solution qui n’est que la solution des apparences, par Jacques Sapir (*) »

  1. Je ne suis pas un expert en la matière, mais je trouve en votre proposition de dissolution de la zone Euro une piste intéressante si elle aboutissait à un défaut organisé des membres de la zone Euro, suivie d’une restructuration de la dette, accompagnée d’un audit de la dette et système bancaire européen.
    Mais je pense que cela ne sera pas suffisant si nous ne sortons pas du cadre, cad de ce système économique, mais aussi de la logique libérale dogmatique de la financiarisation (spéculative) des échanges.
    Vous parlez d’un « acte européen » qui serait une opportunité pour refonder le projet européen pour une Europe plus démocratique, proche des peuples,solidaire et contraire au projet d’une future fédération « renforcée » qui ne résoudrait rien .
    Pour limiter (ou supprimer) cette spéculation financière qui détourne la richesse et détruit l’économie réelle, je reproduis la proposition de Paul Jorion et d’autres :
    Réintroduire ces articles du code pénal et du code civil dans ce qui tient lieu de Constitution Européenne et les constitutions nationales :
    – art 421 : « Les paris qui auront été faits sur la hausse ou la baisse des effets publics, seront punis d’un emprisonnement d’un mois au moins, d’un an au plus. » [Article 421 du Code pénal, abrogé en 1885. NB : « effet » = obligation]

    – art 422 : « Sera réputée pari de ce genre, toute convention de vendre ou de livrer des effets publics qui ne seront pas prouvés par le vendeur avoir existé à sa disposition au temps de la convention, ou avoir dû s’y trouver au temps de la livraison. » [Article 422 du Code pénal, abrogé en 1885]
    – art 1965 C Civ : « la loi n’accorde aucune action pour une dette de jeu ou le paiement d’un pari (article 1965 du Code Civil 1804 abrogé)
    ou
    – art L 432-20 : ’’ Nul ne peut, pour se soustraire aux obligations qui résultent d’opérations à terme, se prévaloir de l’article 1965 du code civil, lors même que ces opérations se résoudraient par le paiement d’une simple différence.’’ (art L 432-20 Code Monétaire et Financier Abrogé par Ordonnance n°2009-15 du 8 janvier 2009 – art. 3 )

    « Ils » persévèrent dans l’incantation, la procrastination quitte à sacrifier les peuples sur l’autel d’une idéologie et des dogmes libéraux à l’agonie.

  2. @Paul Jorion
    Autant je comprends clairement la solution préconisée par Sapir, autant j’ai du mal à comprendre en quoi la solution préconisée par PJ mettra fin à la crise de la zone euro : suite à la restructuration de la dette y aurait transfert automatique entre territoires déficitaires et excédentaires (au niveau de la balance commerciale de l’eurozone), car toute nouvelle dette sera libellée « eurodette », ai-je bien compris ? Mais les allemands sont-ils prêts à ce saut qualitatif (au prix du fédéralisme ?) Un peu plus d’explication pour les profanes, je vous prie (afin de mieux répandre la bonne nouvelle à travers les réseaux sociaux), qui sait elle finira peut-être à s’imposer à nos zélés zélus ;-))

    1. autant j’ai du mal à comprendre en quoi la solution préconisée par PJ mettra fin à la crise de la zone euro

      Cela tombe bien car, sauf erreur de ma part, « mettre fin à la crise » n’était pas le propos de PJ, mais bien « sauver » (dans l’urgence) cette dernière.

      Faites vous une différence entre les termes « nécessaire » et « suffisant » ?

      1. « … ce n’était pas le propos de PJ de « mettre fin à la crise » mais bien de sauver cette dernière ».
        Il s’agirait donc de sauver la crise! Eh ben nous v’la bien!

      2. Ahah, posté sans relecture ! Comprendre « sauver la zone euro », non pas « sauver la crise », bien évidemment 😉
        Mes excuses.

  3. Votre conclusion M. Sapir a le mérite d’être claire;dissolvons l’euro pour sauver l’Europe.Ce machine-arrière toute est, quand même assez flippant .On vient de terminer le puzzle, et on envoie tout valdinguer,c’est l’impression que cela me fait.Je ne suis pas certain que l’Europe résiste à un tel chambardement.

  4. Question « débile ».. Pour ne pas perdre les avantages d’une monnaie commune , tout en remettant les pendules à l’heure (de la crise), ne peut on envisager un « Nouvel Euro » comme on avait eu le « nouveau franc », avec des parités différentes des parités initiales, pour chacun des pays? l’avantage par rapport à la « fin de l’Euro? »… garder une monnaie commune.. Pour le reste, je suis d’accord, çà ne change pas grand chose aux déséquilibres existants.. mais perdre l’Euro ne le réglera pas non plus…

  5. Je ne m’en réjouis pas, mais ce sont bien les conclusions auxquelles j’ai du me résoudre…
    Et j’insiste donc: même si un défaut coordonné des pays de l’UE est souhaitable, ça n’est pas ça qui sauvera l’euro. Et je ne comprends pas du tout comment Mr Jorion arrive à cette ‘solution’…

  6. Enfin un article qui va dans mon sens et opposé aux réflexions de PJ et FL

    Mon intervention est juste pour dire que la crise financière est la conséquence de la crise marchande (compétitivité Allemande et Chinoise), ce faisant ce n’est donc pas la régulation du marché financier ( même si elle est nécessaire) qui résoudra la crise.

    Ici c’est plutôt la crise du monde financier qui crée la crise marchande, sans doute est-ce sur ce point que porteront les commentaires.

    Pour ma part je dirai que pour notre malheur le président qui a été choisi par notre pays n’a justement pas la qualité de décision qu’il faudrait dans la situation présente, bref la France restera dans le camp de ceux de PJ ET FL qui pense qu’il s’agit exclusivement d’une crise financière et la politique actuelle perdurera.

    La fin de l’Euro me semble inéluctable, c’est l’Allemagne qui en prendra la décision, pour cela elle laissera la crise monter doucement en puissance tout en essayant de rapatrier ses fonds; elle fera porter la responsabilité de cet échec au pays du Sud ; cela explique que bien que sachant que les politiques actuelles n’ont aucune chance d’avoir un effet sur les PIGS, elle persiste à leur mettre la tête dans l’eau, sont pragmatiques, ils attendent la révolte avec calme, en sachant qu’ils ont une porte de sortie.

    En effet et mine de rien, chaque mois qui passe c’est une usine qui ferme en dehors de l’Allemagne et une puissance de leur industrie qui devient plus importante, en d’autres termes lorsque la zone Euro explosera, bien évidemment l’Allemagne souffrira, mais nous souffrirons plus encore car nous n’aurons plus d’usine et nous devrons acheter à n’importe quel prix ce que seule elle continuera à produire.

    Il se joue la même chose avec la Chine.

    Je crois que PJ avait évoqué l’idée de trouver un autre moyen de calculer la richesse d’un pays, nous avons le PIB, je crois qu’il va falloir très sérieusement dans les années à venir nous pas chercher à calculer le commerce produit dans un pays qui correspond au PIB actuelle mais la richesse réellement créée par un pays …

    Pour certain cela peut paraitre une simple utilisation de mots différents, non la richesse d’un pays n’est pas le PIB, juste un petit exemple :

    Le prix de l’immobilier est le double en France qu’il ne l’est en Allemagne, ce prix absurde pour le coup se trouve donc pris en compte dans le PIB actuel, quel est la vraie valeur d’un appart, les 140.000 euros de l’Allemagne ou les 250.000 que nous trouvons en France..

    En l’espèce si nous avions le critère de la richesse cela changerait tout ….

    Mais bon pour l’instant le PIB on sait bien le calculer et on sait comment le faire fictivement progresser, un éthylotest en plus par ci, un contrôle technique en plus par là, cela ne crée pas de richesse mais cela fait augmenter le PIB et quand il y a de la croissance il y a de l’espoir…

      1. Bien évidemment j’aime que l’on fasse référence à Marx et au NPA, la crise actuelle est le passage de la fin de la croissance, d’une part par transfert de richesse des anciens pays occidentaux aux pays du BRICS, la fin de l’emploi pour tous, non par complot des capitalismes, juste que l’intelligence humaine a supprimé l’emploi pour tous grâce à son esprit créatif et aux gains monstrueux de productivité donné par la montée en puissance de l’informatique et la construction d’usines nouvelles adoptant de nouveaux concepts et faisant table rase du passé.

        Je sais vous me répondrez exploitation des masses, accaparemment des richesses par une minorité, reste que ce que je viens d’écrire est bel et bien réel…

        Il n’y a plus assez d’emploi dans la zone Euro pour tous, c’est aussi con que cela …

        Bref sommes à l’aube d’une révolution obligatoire, bien évidemment en piochant chez Marx et au NPA vous allez me trouver la martingale absolue, payer tout le monde à rien faire et regarder les patrons travailler tous seuls dans leurs usines…

        Je ne cherche pas la polémique, je subi comme vous ce qui se passe, juste que ma vision de l’avenir est à peu près claire, je ne rêve pas d’une révolution citoyenne pour résoudre les problèmes, je rêve par contre d’un économiste ou philosophe qui s’affranchira du passé pour imaginer un avenir qui ne sera pas une suite logique, nous assistons à une rupture sociétale et pour l’instant je ne vois aucune proposition construite et intelligente.

        Bonne soirée

      2. @ Bourdon

        Non seulement vous cherchez, mais n’êtes pas loin d’avoir trouvé,
        car vous prenez en considération un fait fondamental:
        les gains de productivité sont tels,
        et le besoin de limiter la déprédation de la nature si urgent,
        que l’alternative au capitalisme agonisant,
        c’est effectivement une révolution de civilisation,
        qui réduit considérablement le travail, abolissant le salariat,
        et plaçant enfin la production sous le règne de la démocratie,
        c’est à dire non pas l’accumulation, mais la satisfaction des besoins.

  7. Parfait Mr Sapir , ce n’est bien entendu pas en mettant de l’argent dans une entreprise qu’on lui fait faire des bénéfices.

  8. un jour, peut-être, un TRIBUNAL INTERNATIONAL DES CITOYENS, convoquera les responsables des désastres annoncés…ce sera un PROCÈS DU CAPITALISME !
    Il nous faut une RÉVOLUTION COPERNICIENNE, petit à petit elle se construit.

    1. J’hésite entre accélération des particules ET/OU hiver 41- 42 devant Moscou avec situation désespérée chez les cons de prédateurs qui voulaient plus qu’une jolie maison avec jardin. Hélas.

      Ah tiens ! dans tout c’bazar j’me demandais où il était passé le citoyen ?
      Son avis ? bof, poubelle : le consommateur / rentier / un peu beaucoup spéculateur / sans aucun sens de l’humour / gougnafier à toute heure / j’menfoutiste jour après jour / dans quelle proportion ? : oh ! énorme, considérable / avec RSI et accro aux drogues dures : Il est passé par là c’te chose.

      D’ailleurs suffit de leur demander. C’est fantastique les vacances chez les ploucs du monde entier Monsieur ou Madame ? ; Oh oui, un moment inoubliable ! Moi, je ne fait que retranscrire tout ce beau monde élevé au cynisme et qui a choisi le mode néolibéral parce que la vie est devenue décidément trop chiante à leurs yeux. On va pas faire des miracles chaque jour. Bof bis !

  9. Bonjour,

    Merci pour votre article bien détaillé. Question de novice, d’où viendrait les fonds nécessaires à une recapitalisation de la BCE par les états ? Ce sont des prêts lançés sur le marché ? Dans ce cas c’est le serpent qui se mord la queue ou alors je n’ai pas bien compris cette éventualité… Merci de m’éclairer.

  10. Excellente analyse de la situation globale :
    cependant centrée sur la seule Europe qui n’est pas un système fermé.
    En effet, les événements récents montrent de plus en plus clairement l’implication directe des USA qui exercent une pression sur les décisions des gouvernements.
    On a vu se former un axe Obama/Hollande/Monti (soutenu par Mario Draghi ?) :
    http://www.boursorama.com/actualites/hollande-et-obama-appellent-a-la-stabilite-de-la-zone-euro-a-la-veille-de-la-reunion-de-la-bce-24088fa80e70803ea461d79b28d7adf4
    Monti ayant joué le rôle de « missus dominicus » chargé de porter la bonne parole (« Mes yeux ont vu la lumière au bout du tunnel, alleluia mes frères, ralliez-vous à notre cause… »). Les froids Finlandais n’ont pas marché et on rallié le Bund Germanique.

    La FED, devant les incertitudes de la situation européenne, a tout simplement décidé d’économiser les munitions, les réservant à une occasion plus dramatique (« N’ouvrez le feu que lorsque vous verrez le blanc des yeux des ennemis ! »)
    http://www.boursorama.com/actualites/etats-unis-la-fed-opte-pour-le-statu-quo-en-pointant-les-risques-pour-l-economie-1f0337a01db87711104a2932bedb0236

    ///La BCE devra soit admettre qu’elle a fait de la création monétaire ex-nihilo /// Certes, mais c’est ce que préconise depuis pas mal de temps Obama qui, semble-t-il, devient de plus en plus nerveux à l’approche des élections et qui voudrait bien éviter tout orage avant les échéances qui pèsent sur la politique américaine. Ses actions visent de plus en plus l’Allemagne, comme le montrent ses propos lors du récent dîner qui s’est tenu, en présence de généreux donateurs de Wall Street, au Nomad Hôtel, et comme le prouve la tournée éclair de son ministre chez Mme Merkel.

    ///Une dissolution de la zone Euro réalisée d’ici à la fin de 2012 en tant qu’acte européen est aujourd’hui la seule solution qui puisse éviter un désastre.///
    Mais les turbulences engendrées en Europe, alors que la planète affronte une récession doublée d’une crise climatique de plus en plus visible, créeront immanquablement une onde de choc qui se propagera aux USA, fragilisés.

    En fait se met en place, parce que la situation complexe est de moins en moins maitrisable par des acteurs impuissant, figés par leur habitus, un point de tension où s’accumulent des forces de plus en plus explosives qui tôt ou tard feront basculer le système.

    1. La conclusion que vous avez, et bien d’autres articles que j’ ai lu (notamment concernant « le pouvoir énergétique ») me font faire le rapprochement osé mais digne d’ interêt entre la crise économique mondiale et la situation politique-guerre civile?- en Syrie, Pays hautement stratégique au niveau énergétique. Notre système (économique)capitaliste est basé sur les matières premières, d’ où crise climatique (c’ est un autre sujet néanmoins tout aussi important à mes yeux mais malheureusement sans intérêt pour nos dirigeants), d’ où cette situation mondiale que je nommerai, non pas de géopolitique, mais de géostratégique.
      D’ où aussi mon inquiètude quant à l’ évolution de la situation, qui ne me semble plus vraiment économique à l’ échelle mondiale, mais donnant force et loi au seul pouvoir. Nous le voyons déjà sur les populations dont le sacrifice ne cesse de croître.
      Ainsi un nouveau monde se met en place, mais ses bases ne sont pas saines, L’ ONU ne sert qu’ a justifier aux yeux du monde les actions de l’ OTAN (donc sous contrôle Américain), et
      d’ autres part la Chine et la Russie vont tout faire pour accentuer leur « pouvoir énergétique), et donc économique, autrefois sous dominante Américaine.
      Finalement, devant cette crise mondialisée bien avant celle que vit actuellement l’ Europe, je me pose cette question; quel est le poids de l’ Europe dans la géostratégie actuelle?
      Quel va être le sort des populations du monde entier?
      Et pour finir, mais quand? :
      « un point de tension où s’accumulent des forces de plus en plus explosives qui tôt ou tard feront basculer le système. »

  11. Plutôt d’accord avec Jacques Sapir.

    Ce qu’il appelle crise de compétitivité, ce sont les écarts de toute sortes entre les différents pays que l’Euro empêche de sanctionner (sanctionner dans le sens de constater et tirer les conséquences politiques et monétaires).

    Un défaut généralisé permettrait de repartir, mais pour un temps seulement. Les différents pays repartiraient avec leurs handicaps. Par exemple la France, qui vient de subir une désindustrialisation importante (le terme effondrement serait plus juste) devrait investir considérablement pour restaurer une situation viable et ne pas repartir dans une nouvelle dérive.

  12. Bonjour,
    sans rentrer dans les détails, il y a pour moi deux raisons majeures à la crise de l’euro et aux déséquilibres budgétaires en son sein :
    1 – l’acte fondateur, le traité de Maastricht, qui instaure la stabilité financière ; hérésie politique et économique. Comme si le monde devait rester identique, ad vitam eternam, à celui de 1991…
    2 – la libre circulation des biens et des capitaux. Si grâce aux règles européennes les capitaux quittent LIBREMENT les endroits où ils sont nécessaires vers celles où ils servent à la spéculation, où est le rôle fédérateur de l’Union Européenne pour le développement économique ?
    Quant au terme de compétitivité, le jour où l’on comprendra qu’il est source de la plupart des maux des sociétés humaines, par le fait qu’il entraîne rivalité, dominations et conflits, peut-être son abandon sera-t-il source d’une nouvelle approche salvatrice des relations humaines et de l’homme à son environnement.

    Cordialement,

  13. mais on se calme MR Sapir qui a presque raison!
    celui qui tient absolument à avoir raison oublie la raison du coeur
    il n’est pas dans l’amour et c’est la seule chose qui vaut le coup d’être sauvée.

    pour l’instant le problème est retourné sous tous les angles selon une logique masculine:
    le combat
    pour se battre il faut être deux( au moins)
    si une personne ( au moins) décide de ne pas se battre il n’y a plus combat
    la résolution des conflits est au centre la voie du milieu
    il nous faut aimer la crise pour la résoudre
    cette crise est notre planche de salut
    il faut la valoriser comme un bien
    elle est utile , d’elle dépend notre survie
    elle n’est pas financière
    la houle c’est de l’eau, c’est l’océan lui-même.

    si l’allemagne fait secession elle est cuite de chez cuite
    il n’est pas possible de retourner à la cee à 8 ou 9
     » Ces politiques ne feront que retarder, à l’échelle de deux à trois ans, le dénouement de cette crise. On doit donc se demander si politiquement le jeu en vaut la chandelle. Pour ces trois années (au mieux…) de gagnées, nous serions confrontés à une crise bien pire que celle que nous connaissons aujourd’hui, et avec une situation de la France particulièrement dégradée. »
    il n’y a pas de dénouement de crise à 2 ou 3 ans, c’est un mythe.

    ben si, gagner du temps pour reconstruire les bases d’une compétitivité réindexée sur la survie planétaire est la seule option pour l’europe DANS le monde
    l’europe face à son nombril fait une grosse crise d’européanocentrisme
    fi de la question financière tout le monde est dans la même m…
    faire le ventre mou : laisser les spéculateurs croire à la spéculation et restructurer en profondeur sur la base du réel
    le monde change au sens climatique, et rien ne peut freiner cela, notre survie ne se situe pas dans la survie de l’euro ni des dettes ni de rien de la finance mais dans la réelle survie, le sacrifice à fonds perdus pour se sauver avant tout.
    l’économie est déjà cuite et recuite sur le modèle présent
    ce qu’on a besoin c’est de temps pour restructurer la réalité mise à mal par les délires des spéculateurs
    cela ne se fera pas sans douleur ni sans angoisse
    et personne ne sait à quel résultat nous allons aboutir réellement donc inutile de tirer des plans sur la comète
    d’ici 5 ans nous devons non pas avoir restructuré ni l’europe ni les dettes ni l’euro
    mais la réalité d’une économie viable sur le terrain garantissant la survie de l’écosystème.
    nous devons faire un saut évolutif
    les questions d’argent sont subsidiaires.
    c’est de temps dont nous avons le plus besoin et de travail dans le réel.
    et pour cela nous devons conserver l’euro et l’unité globale
    et même reformuler une unité globale de tout le système sur une base simplifiée et plus évolutive
    adaptogène
    un des problème majeur à résoudre est de décomplexifier l’Europe pour la rendre plus efficiente dans le réel
    redéployer l’économie , déconcentrer et ramener la complexité à un niveau non seulement maitrisable mais propice à la créativité au sein de petites unités en équilibre dans un réseau simplifié d’échanges relocalisés face à des besoins réels et non fantasmés sur le dos du profit à court terme.
    réétudier le modèle qui faisait la richesse de la Gaule ancienne d’avant Jules( gaule bien plus vaste que la seule france allant de la baltique au danube et l’adriatique)
    faire de la croissance à travers un modèle éclaté en arborescences multiples dotée de bien plus d’autonomie répondant aux besoins en direct
    nous allons droit vers la déconsommation forcée par carence de ressources et le chomage n’est qu’un symptôme dans cette situation
    mais nous devons conserver l’unité globale et lui donner une forme une essence, des principes unificateurs de fonctionnement de cohérence avec le vivant, qui n’est pas celle de l’argent qui n’est qu’une résultante
    donc pour l’instant on maintient l’europe à flot quelque soit la houle
    la destruction nécessaire est un mouvement dans le mouvement de la restructuration profonde
    a la fin tous les survivants seront gagnants

    mais si vous voulez traverser la rivière avec votre or sur le dos…

  14. Monsieur Sapir,
    Dernierement, vous affirmiez que le lendemain de l’élection de François Hollande, les marchés allaient attaquer la France….Vous vous trompez tout le temps, ce qui visiblement ne vous empêche pas de continuer à pérorer. Prenez donc un peu de vacances. Cela nous reposera.

  15. Il est clair que si le diagnostic de Sapir est commun à ceux de Jorion et Lordon dans les grandes lignes ; en revanche, la soluce de Sapir, « dissoudre la zone € », tranche avec l’appel à une régulation européenne, par le défaut commun consenti, de Jorion.

    Sapir utilise une formule marquante pour décrire l’effet de la procrastination indéfinie de la politique économique européenne : « l’homme malade du monde ». Cela évoque une « ottomanisation » du continent, ce qui n’est pas dénué d’humour, mais aussi un tropisme russe : « Au XIXe siècle, l’Empire — surnommé « l’homme malade de l’Europe » par l’empereur russe Nicolas Ier en 1853, lors d’une conversation avec l’ambassadeur britannique. » (wikipedia en français à la rubrique « empire ottoman »)

    Ce ne sont pas les mêmes déclins des mêmes empires qui servent de métaphores aux uns et autres témoins.

  16. Quand les événements éclaircissent les lignes :

    Je viens d’entendre ce matin sur France-Inter, et Jacques Attali et un représentant des « Economistes Atterrés » appeler de leurs voeux l’intervention volontariste de la BCE, jusqu’à la faire devenir Fed.

    Delphin

  17. On peut imaginer que ceux qui sont au pouvoir actuellement ne sont pas des demeurés complet et que des diagnostics de cet ordre circulent dans les hautes sphères.

    Ce qui est donc criminel, c’est de poursuivre la politique actuelle en sachant qu’elle ne mène à rien.
    Ce qui est criminel, c’est de poursuivre la politique actuelle avec des arguments soi-disant officiels mais en défendant des objectifs officieux bien plus obscurs.

    La vraie question est: Qui est gagnant dans cette politique court-termiste? Au dépens de l’intérêt commun.

  18. Boursorama : « La Banque centrale européenne sous les projecteurs après avoir fait miroiter une action d’envergure « :

    Vous allez voir ce que vous allez voir …

    Il se pourrait même, énorme surprise, inespérée, que tout le monde soit d’accord pour une réunion décisive avant fin Août … C’est dire.

  19. Merci beaucoup de ce billet. Je cherchais depuis plusieurs jours l’opinion de Jacques Sapir sur le sujet et je la trouve sur mon blog préferé. Il faudrait des traductions de ce billet excellent et j’espère qu’il trouve son l’écho sur les médias, qui à cause des aux jeux olympiques ne pretent pas assez d’attention au sujet.

  20. Ecclésiaste 9:11.
    « J`ai encore vu sous le soleil que la course n`est point aux agiles ni la guerre aux vaillants, ni le pain aux sages, ni la richesse aux intelligents, ni la faveur aux savants; car tout dépend pour eux du temps et des circonstances. »

  21. Plusieurs économistes, dont les deux Prix Nobel Joseph Stiglitz et Paul Krugman, ont affirmé que la poursuite de cette politique visant à sauver l’Euro était criminelle.

    Pour info, François Hollande devait recevoir Joseph Stiglitz il y a deux semaines. Il a finalement envoyé 3 conseillers à sa rencontre…

  22. M. Draghi se dit « prêt à tout » pour sauver l’euro. M. Hollande et Mme Merkel se disent « prêts à tout » pour sauver l’euro. Au moins les choses sont claires. Premièrement l’euro a besoin d’être sauvé, autrement dit il est très mal en point. Deuxièmement on ne sait plus du tout quoi faire. Car en effet si, après 4 ans d’efforts incessants, on est « prêt à tout », c’est qu’on est complètement perdu. Si ce « tout » qui reste à tenter pouvait effectivement réussir, pourquoi ne pas l’avoir mis en œuvre plus tôt ?
    On sent bien que la cause est perdue mais on ne veut surtout pas le reconnaitre. Alors on se prépare à un dernier et inutile baroud d’honneur. Les victimes n’en seront pas ceux qui l’auront décidé mais les populations grecques, irlandaises, espagnoles et autres qui s’enfonceront encore un peu plus dans la misère et le désespoir.
    Quand la bataille est perdue, ne vaut-il pas mieux l’admettre et se rendre que sacrifier inutilement encore des vies ?… Le courage n’est-il pas de voir les choses telles qu’elles sont ? Comment peut-on, ainsi, pour une cause aussi secondaire que le sauvetage d’une monnaie (et de quelques banques, et de la réputation de quelques éminences…), maltraiter des populations entières ?… Les idolâtrie, aujourd’hui les idéologies, sont à l’origine de telles obstinations, sources de tels ravages. Brisons l’euro, totem élevé à la gloire de l’Europe, et l’avenir s’éclaircira. Les difficultés n’en disparaitront pas pour autant du jour au lendemain, loin de là, mais chaque pays pourra, avec ses moyens, avec l’aide des autres pays européens, cahin-caha, repartir du bon pied.

  23. « En finir avec l’Euro pour sauver l’Europe ».
    C’est également une opinion que j’essaie de défendre autour de moi. Malheureusement, l’association Euro/UE est fort tenace dans les esprits et contredire l’un revient, pour beaucoup, à contredire l’autre. La presse mainstream n’y est pas étrangère, notamment en Belgique. Pourtant, il s’agirait d’en finir avec une situation économique insoutenable qui rend les peuples européens méfiants les uns vis-à-vis des autres. Le retour aux monnaies nationales coûterait beaucoup à tous mais bien moins que ce qui se profile à l’horizon. Une fois la fin de l’Euro actée, un nouveau projet politique de construction européenne pourrait être lancé, en douceur : les peuples décideraient de leur avenir, sans menace ni contrainte comme ce que l’on a pu voir en Grèce ou en Irlande, chacun à leur rythme : le « marche ou crève » comme on peut voir pour l’instant, ca ne fonctionnera plus. Les gouvernements nationaux, eux, devraient faire, à la fois, acte de contrition et montre d’une grande humilité. Le prix politique à payer sera néanmoins terrible pour en finir avec l’Europe des marchands ! Qui sait ce qui sortira des urnes aux premières élections d’après Euro ? Je suis convaincu qu’il faudra sûrement laisser pas mal d’eau couler sous les ponts pendant un moment et l’on se contenterait de l’Union douanière et des libertés de circulation des personnes, des biens et des capitaux pendant un temps : le temps de recommencer, très progressivement, à reconstruire cet autre projet européen, politique celui-là, par et pour les peuples. Une inconnue subsiste, je l’avoue : la réaction des gens quand il faudra inévitablement leur expliquer que leur patrimoine ne vaut plus que X francs, lires, pesetas,… au lieu de x Euros… Là, on touche à l’instictc de survie de l’humain et la raison pourra bien aller se faire cuire un oeuf, il me semble…

    1. Faux…
      Qu’elle soit libellée en francs ou en euros,
      que sa cote monte ou descende,

      Une belle maison dans une préfecture en province vaudra toujours le prix d’un t2 à paris ou d’un chateau dans la creuse…

  24. Sapir fait bien de rappeler l’impasse actuelle, et de tenter de la chiffrer !
    Mais il propose une ruelle sans issue.
    La reconquête de la souveraineté monétaire ne résoud rien.
    L’Euro n’est pas l’orgine de la Grande Perdition en cours.
    Si c’était le cas, la crise ne toucherait ni le Royaume-Uni ni les USA.

    L’origine de la crise, c’est la contradiction fondamentale du capitalisme,
    une crise de surproduction.
    Chaque crise de surproduction a son contexte historique.
    Celle déclenchée en 2008, a été retardée, mais amplifiée,
    par une bulle de crédit privé et public sans précédent.
    Dans ces conditions, comme le rappelle Paul,
    la première mesure, immédiate, c’est le défaut sur les dettes,
    comme tant de fois dans l’histoire économique…

    Et la mesure de fond, c’est sortir du cadre de la dictature capitaliste.
    Sapir, comme tous les réformistes et souverainistes,
    propose un rafistolage d’un cadre vermoulu.
    Il ne tiendrait pas.
    Il ne ferait que prolonger l’agonie du capitalisme, et nos souffrances.
    Des propositions plus réalistes:
    Pas de sortie de crise dans le cadre national, pour un plan d’urgence européen…
    http://www.npa2009.org/content/pas-de-sortie-de-crise-dans-le-cadre-national-pour-un-plan-d%E2%80%99urgence-europ%C3%A9en

  25. Pour tourner une page il faut une main, ou le vent. Pour l’URSS il y a eu Eltsine, pour l’Algérie française il y a eu De Gaulle, mais pour l’Eurozone ?

    Qui, ou quelle assemblée aurait la légitimité et la crédibilité pour que cet acte ne tourne pas à l’embrasement, que la majorité soit amenée à maturité et que les diverses fractions « ultras » soient contenues ?

    Et lorsque c’est le vent qui tourne les pages, il est plus difficile de suivre l’histoire.

  26. Sortie de l’€ de la Grèce
    Dévaluation de leur monnaie par rapport à €
    Interdiction pour un grecque ayant des comptes à l’étranger en € de ramener l’argent dans son pays ,sans que celui-ci soit dévalué au retour .
    La Grèce reste dans l’Europe aux niveau des instances politiques
    Dettes du pays et des citoyens en € dévaluées d’autant que sa monnaie
    Retour de la Grèce dans € par referendum
    OK c’est simpliste , mais j’essaye de trouver des solutions , je suis européen et je veux le rester !

    1. Je ne comprends pas votre raisonnement :
      Si j’ai souscrit un emprunt en euros et que mon pays quitte la zone pour revenir à sa propre monnaie, je remborse toujours ma mensualité en euros sauf que ma mensualité se trouve rapidement augmentée par un change local-euro devenant rapidement très défavorable, non ?

      1. @ Fredo
        Je me suis mal exprimé alors , les prêts sont dévalués autant que la nouvelle monnaie ,et remboursé avec celle-ci

  27. Cet article est une bombe à fragmenter les cervelles obtuses et autistes de l’officine UE.
    Il induit, à mon avis, quelques questions qui ne sont pas si éloignées du réel coupant qui nous attend derrière la porte.

    Jusqu’où le rapport impérial de l’UE avec le citoyen peut-il aller quand l’imagination des responsables se focalise sur une dimension de la réalité, une modalité de la vie commune, jusqu’à y dissiper et les ressources intégrales de divers pays et l’avenir qu’ils peuvent espérer avoir en tant que société ?

    Quelle est au juste l’allocation optimale des ressources effectuée par le Marché et censée éviter que les populations s’entretuent de manière sporadique ou systématique, alors que la deuxième moitié du XXème siècle a dénombré 41 millions de morts et que le suivant s’annonce sous les auspices les plus favorables de ce point de vue la ?

    Quels sont au juste les fondements et la crédibilité de cette compétitivité qui veut faire interagir de manière identique des langues, des histoires et des temporalités différentes ?

    L’individu post-moderne peut-il encore voir au-delà du profit de l’échange ?

  28. Cher Monsieur Jorion , il y a une constante effectivement entre la préconisation de la dissolution concertée de la zone Euro, organisée par l’Union Européenne et donc aussi par les pays de l’Union hors de l’Eurogroup et l’inspiration un peu échevelée et cavalière de fusionner les dettes des membres de l’Eurogroupe et d’en dénoncer le terme. Tout cela ne pourra pas se faire sans l’intervention du FMI dans chacun des pays déclarés insolvables.

    A ceci près que ce qui motiverait ces deux décisions, ce serait le problème du poids des dettes souveraines.

    Or curieusement pour justifier la dissolution de l’Eurogroup, vous nous dîtes aujourd’hui qu’il s’agit d’un problème de compétitivité de la zone toute entière dont la dégradation depuis plusieurs décennies non seulement engendré le niveau jugé insupportable des dettes souveraines mais rendrait aujourd’hui impossible sa solution en terme de refinancement par la BCE.

    Autant dire que l’intervention ou pas de la BCE voire son existence ou son inexistence serait selon vous à effet nul. En quoi la dissolution de l’Eurogroup résoudra-t-elle un problème dont elle n’est ni la cause ni la conséquence ?

    Il y a là un curieux syllogisme, n’est-ce pas ?

    On peut même se demander si jeter le bébé de l’Eurogroup avec l’eau de la crise au moment où les économies émergentes s’essoufflent dangereusement (en particulier pour la Chine) et où les finances américaines tremblent à nouveau (peut-être pour un ultime soubresaut de leur suprématie) ne serait pas créer encore plus de confusion dans une situation délicate ?

    L’Eurogroup anéanti, on peut abandonner l’idée d’une convergence économique à terme et justement la zone Euro (donc une grande partie de l’Union Européenne) redevient un champ de bataille économique où les dévaluations compétitives en chapelets pourront à elles seules alimenter la chronique des meilleurs blogs économiques …

    Le vieil adage qu’on est plus fort ensemble que seul, il n’y a que dans les films d’horreur où devant la menace invisible qui monte un petit groupe se divise puis se subdivise tout au long du scénario pour permettre la disparition de l’un de ses membres à chaque nouvelle division.
    C’est vrai que ces scénarios sont aujourd’hui éculés, même dans le cinéma d’horreur de série Z’ … Est-il meilleur en économie ? Est-il meilleur en politique ?

    Car ici il ne s’agit plus seulement d’économie, ni même d’économie politique mais de politique, la pure et dure, la méchante, celle qui oppose les pays, les continents, celle qui oublie les peuples et bénéficie à tous les marchands de guerre qui y ont un intérêt collatéral parce qu’à la fin il ne devrait en rester qu’un, pour la suprématie mondiale …

    Cela peut laisser songeur devant son billard à mille bandes … c’est beaucoup troublant qu’un billard à cent bandes, c’est beaucoup troublant, c’est beaucoup plus troublant … la lala la la lala … : petit hommage au Grand Jacques … parce qu’après tout l’Aventure c’est l’Aventure, non ?

    http://apicelleria.overblog.com/

  29. Il faudrait déjà que nos « élites » aient le courage de reconnaître qu’elles ont fait une grosse connerie en instaurant la monnaie unique, avec comme sous-entendu que tous les problèmes politiques se résoudraient , comme par enchantement.
    Je pense qu’ils n’en sont pas capable, et qu’ils vont préférer pour ne pas perdre la face continuer dans la voie tragique qui nous mène à une nouvelle grande dépression.
    Pour autant je persiste à penser que l’euro n’est pas le problème, il n’est que le grand révélateur d’une construction européenne mal « branlée », mal conçue dès le départ, et surtout depuis l’Acte Unique et le virage de Maastricht.
    Il n’est que le grand révélateur – au sens photographique du terme – des problèmes politiques qui sont la cause fondamentale de la crise européenne actuelle.
    Comment partager une monnaie unique, sans une solidarité budgétaire entre ceux qui la partagent ? Solidarité qui aurait pour contre partie évidemment que les bénéficiaires des rééquilibrages, prennent des mesures pour dynamiser leurs économies.
    Comment partager une monnaie unique sans confiance entre ceux qui la partagent,
    sans un espace démocratique où seraient débattues les questions qui engagent l’avenir de tous ?
    Comment partager une monnaie unique, sans harmoniser nos politiques fiscales et sociales, et de préférence en évitant le nivellement vers le bas comme c’est le cas actuellement ?
    Comment partager une monnaie unique, avec une BCE uniquement obsédée par la phobie allemande de l’inflation, et non préoccupée de contribuer à la lutte contre le chômage, particulièrement lorsque le contexte est plutôt déflationniste ?
    Je ne parle même pas de la fuite en avant de l’élargissement, qui a dilué un peu plus l’UE, dans une zone de libre -échange ouverte à tous vents, à tous les vents du dumping économique et social. Ce qui a accéléré la désindustrialisation de la plupart des pays à part l’Allemagne et ses satellites.

    Voilà, pour résumer, en créant la monnaie unique, nos « élites » ont mis la charrue avant les boeufs, l’on sait qu’un tel attelage ne fonctionne pas.

    1. mais non la monnaie unique n’était pas une grosse connerie
      ce qui l’était c’était d’en laisser les télécommandes dans de mauvaises mains
      il aurait fallu s’assurer que la monnaie unique ne puisse devenir un jouet

    1. Les solutions proposées par Michel Lasserre que sont l’entreprise autogérée et le concept de démocratie économique sont vraiment très intéressantes et apporte une vision alternative intéressante au système capitaliste. Les vidéos et les différents textes sont très pédagogiques et à mon sens corrects du point de vue factuel. Je recommande vivement de visiter son site:
      http://www.m-lasserre.com/

      Merci toutouadi d’avoir partager ce lien.

  30. un défaut simultané de la dette des 17 pays de la zone euro, immédiatement suivi d’une restructuration de la dette communalisée.

    Sans doute techniquement tout à fait valable, mais politiquement, cela me semble utopique.

    Car actuellement, l’Union Européenne, mériterait plutôt de s’appeler la Désunion Européenne.

  31. Sacrifier l’euro pour sauver l’europe? Sujet tabou s’il en est. Question primordiale, mais il est encore trop tôt pour la poser…

  32. Bien noté le sombre avenir qui nous attend . Je ne comprends toujours pas comment et pourquoi les « intelligents » aux manettes de l’UMPS depuis tant d’années se passent des conseils éclairés que ce blog nous distille, jour après jour, pour notre bonne information. Il est vrai qu’il n’est pire sourd que celui qui ne veut pas entendre …et, pour notre malheur, ces sourds-là sont en train de faire notre malheur !
    Une seule interrogation : comment les virer ?

  33. Je viens de parcourir sa fiche Wikipedia. Je ne connaissais pas Jacques Sapir (on ne peut pas connaître tout le monde!). Mais au moins, lui, on ne pourra pas lui reprocher d’avoir tourné sa veste.

  34. « Cette crise n’est pas une crise de la dette souveraine ! C’est une crise de compétitivité, liée aux structures économiques et démographiques hétérogènes des pays de la zone qu’exacerbe le fonctionnement quotidien de la monnaie unique. »

    Voilà qui est dit clairement ! Les Grecs sont donc constitutivement et définitivement moins compétitifs que les Allemands ! En créant l’euro et l’Europe, c’est pourtant pas ce qu’on croyait !

    La solution proposée dans ce billet est de dissoudre l’euro et de revenir aux monnaies nationales pour permettre aux différences de compétitivité de s’exprimer de façon plus discrète pour ceux qui devront en subir la charge, c’est-à-dire, comme toujours, ceux qui vivent avec des ressources moyennes et faibles.

    La dévaluation des pays peu compétitifs se chargera ainsi de faire baisser salaires, ressources et loyers, dans ces pays, par rapport à d’autres pays plus compétitifs, sans baisse nominale des salaires payés en nouvelle monnaie nationale.

    En nouvelle monnaie nationale, les salaires allemands seront donc beaucoup plus élevés que les salaires grecs parce que quand l’un recevra mille D-euros, l’autre recevra mille drachmes qui vaudront trois cents D-euros !

    La solution dont rêvent pourtant encore les tenants de l’euro, c’est de faire baisser les salaires en euros dans les différents pays de façon à ce qu’en euros, un salaire allemand de mille euros corresponde à un salaire grec de trois cents euros.

    Cela revient au même, mais c’est tellement plus visible, beaucoup plus douloureux, et politiquement incorrect, surtout si les loyers ne sont pas baissés concomitamment, par exemple.

    Et les mesures qui permettraient d’atténuer les effets de ces réductions pour les plus démunis, et de mieux répartir ce qui resterait, c’est toujours considéré comme de la cuisine intérieure des Etats, indigne de la moindre attention de l’Europe !

  35. « reconstituer sur des bases plus souples une forme d’intégration monétaire (par une monnaie commune) »

    Je propose de l’appeler « ECU ».

  36. Amusant pour moi d’observer que les analyses que j’ai produites depuis des années sont maintenant reprises ici par Paul Jorion et François Leclerc.
    Je maintiens: l’Euro ne pourra sans doute pas être sauvé, sauf si on accepte l’aggravation des déséquilibres liée au problème de compétitivité comme je l’ai toujours pointé:
    L’euro est « bon » (trop faible) pour l’Allemagne et « mauvais » (trop cher pour tous les pays icic cités: France, Espagne, Italie, Grèce, Irlande, Belgique neutre pour les Pays-Bas, le Luxembourg et la Finlande.
    Qu’on en finisse avec ce cauchemar!
    Encore une chose: l’abandon de l’euro sauvera l’Europe, son maintien la détruira!

  37. Désavouer Draghi pourrait être catastrophique (mais pas plus que le débordement d’une baignoire sur le Titanic).

    Les questions subsidiaires sont donc : Draghi a t’il pris le risque d’être désavoué ? Est ce une forme de chantage ? Que doit t’il faire en cas de désaveu ?

    Je retiens deux hypothèses de grosses surprises 1 ) de vraies décisions vont être prises 2) Draghi démissionne …

  38. Amusant de constater que cette analyse reprend entièrement la mienne, telle que je l’ai produite depuis des années!
    L’euro trop « faible » pour l’Allemagne favorise la compétitivité de ce pays et trop « fort » pour les sud de l’Europe pénalise tous ces pays déficitaires!
    L’euro détruira l’Europe, son abandon la sauvera!

    1. Si la monnaie est une condition nécessaire de l’existence d’une entité autonome et solidaire , elle n’est pas suffisante .

      L’Europe ne pâtit pas que de l’euro à la sauce marchande, et sans doute « d’abord  » de l’euro marchand .

      Se défaire de l’habit ne rend pas plus fort dans un monde extérieur inchangé. .

      1. Vrai, mais la contrainte de la monnaie unique sans union bancaire et sans budget fédéral est intenable.
        Pour « rattraper ça » dix ans après, cela rend la chose très coûteuse et inacceptable pour ceux qui estiment avoir déjà beaucoup payé et fait pendant que les riches grecs ne payent toujours pas d’impôts!

  39. entre traiter le problème maintenant et le reporter à demain, le choix de nos dirigeants est hélas tout trouvé…

  40. Merci pour ce billet « invité du jour bonjour ».

    D’ici deux ans, et en incluant les effets induits et non pas seulement les effets directs, il faut donc s’attendre à des taux de chômage de :
    52 % en Grèce.
    35 % au Portugal.
    32 % en Espagne.
    22 % à 25 % en France et en Italie.

    Il serait intéressant de connaître la méthode utilisée pour effectuer ces projections au regard des politiques de déflations salariales.

    Une dissolution de la zone Euro réalisée d’ici à la fin de 2012 en tant qu’acte européen est aujourd’hui la seule solution qui puisse éviter un désastre.

    Je préfère garder l’espoir d’une évolution de la zone euro calquée sur le model du bancor, ce qui, en cas de succès « en laboratoire européen », donnerait de la crédibilité à un projet de monnaie internationale.
    Une sortie vers le haut en quelque sorte… (allé on y croit !)

  41. Qui ,qui a appuyé sur le bouton ?
    Boursorama
    14h36 cac40 3367
    14h53 cac40 3278
    Ah y est le discours de la BCE est terminé ?
    Savoir que l’Europe est tributaire d’un discours d’une personne non élue par les peuples, MISÈRE

  42. l’avenir de la zone euro c’est à washington qu’il se décide, bruxelles n’est qu’une annexe.

    Washington contrôle toujours ses marionnettes de l’OTAN qu’elle a achetées et continue de soudoyer, mais ces marionnettes sont submergées par des problèmes de dettes dérivatives que leur a amené Wall Street et par leurs dettes souveraines, dont quelques-unes furent couvertes par Goldman Sachs de Wall Street.
    L’Europe est suspendue dans le vide et n’a pas d’argent pour financer les guerres hégémoniques de Washington.

    paul craig roberts

    http://www.horizons-et-debats.ch/index.php?id=3459

    1. je dirais surtout que si paul propose un billet de tapir c’est qu’il pressent peut-être la faible probabilité d’une restructuration. paul craig roberts fut sous-secrétaire au trésor dans l’administration reagan et s’est vu décerné la légion d’honneur. ce petit extrait a au moins le mérite de donner un aperçu de la vocation de la zone euro dans les yeux des caciques à boswash.

    2. Le Tapir-Baku, cochon dévoreur de rêves… J’en ai bouffé en Guyane vers Maripa, une vraie saloperie, pire que le caïman, ça vaut pas le cochon en batterie breton ou batave, de loin.
      PS : je pense que c’est plutôt le Tapir de Novisti qu’a demandé à répondre ici au SEUL MOYEN QUI RESTE ENCORE DE SAUVER L’EURO. Histoire pour lui de bien marquer la pérennité de ses « convictions » à l’opposé de celles de Jorion et occasion pour celui-ci de souligner en gras ses convergences avec celui-là dans le jugement des pauvres alternatives actuellement mises en oeuvre ou juste envisagées.

    3. bah vigneron ces pauvres alternatives comme la faiblesse politique européenne te conviennent.

      si j’apprécie sincèrement la ferveur régulatrice et la fibre sociale de paul, par moment je le trouve fort ambitieux dans un contexte où l’europe ne dispose même pas de tous les leviers de sa… souveraineté.
      à moins qu’elle ne la recouvre après sa super-mutualisation où nous fusionnerons dans monde onirique où l’anglais d’aéroport serait notre destin commun et les mesures sociales prévues pour le 22ème siècle dans le meilleur des cas ?

      ps: je doute des élites: quand je les vois à paris ou à bruxelles, dans la rue avec leurs jolis costumes et leurs jolies berlines, trônant sur de jolies terrasses, mon instinct me souffle qu’ils n’œuvrent pas d’abord pour le bien de tous, mais chuuut.

  43. Vu de façon peut être simpliste , il me semble que Jacques Sapir et Paul Jorion ne parle pas de la même crise .

    L’un parle d’une crise de compétitivité, l’autre de crise ( agonie ) du capitalisme .

    Il n’est donc pas étonnant que leurs propositions soient d’énoncés différents , de lieux de négociations différents , de « radicalités » différentes

    Je ne suis pas assez pertinent pour juger si la dissolution de l’euro est une condition préalable à une vraie Europe . Je suis par contre convaincu que le monde peut se porter mieux d’une Europe porteuse d’un contrat social démocratique cohérent avec une économie « réelle » et « financière » qui sert le bonheur des peuples et qui ne triche pas . Ce grand destin européen là doit être porté par ce contrat soumis démocratiquement le même jour , dans les mêmes termes à chacun des peuples d’Europe .

    Cette Europe là est elle un moyen ou pas de susciter ce Bretton Woods souvent convoqué à la chambre des urgentes nécessités ?

    L’interdiction des paris sur les fluctuations de prix , la « requalification commune des dettes » , PSDJ , sont ils solubles dans la dissolution de l’Euro ?

    La dissolution de l’Euro dans une Europe sans contrat social , économique , …politique commun , est elle un éventuel coup de grâce à une nouvelle ambition sociale possible dans un monde en manqque d’imagination et qui meurt de l’utime pillage de ses ressources « naturelles » ?

    Par vieil atavisme nourri de quelques décennies d’expériences heureuses ou malheureuses , j’ai cependant tendance à ne pas jeter un outil qui peut me servir ( quitte à lui donner des usages non conformes à sa destination première ) avant d’en disposer d’un autre .

    Où est l’outil pour se mettre hors de portée , à terme ou sans délai , de la spéculation financière dans la proposition de Jacques Sapir ?

    1. Vous avez raison. Humanisme, pas mort. C’est juste une autre façon de dire que rien ne se fera sans un minimum d’amour social…

      Et rien n’oblige à mettre son intelligence dans la poche.
      Votre dernière objection est fondée, au détriment de l’invité.

      Il faut remettre la finance dans les clous des choses humaines.
      L’interdiction de la spéculation est le moyen radical; ce aussi serait une réforme majeure, impensable sans mobilisation politique.

    2. Un cas éclatant d’un diagnostic juste, avec une conclusion
      hors de propos.

      Le parti-pris de Sapir n’est pas tenable, encore
      que je n’ai rien contre des sanctions ou des représailles
      envers ceux qui ont montré leur insignifiance politique.
      Avant de se dégager de l’Euro, que cette bande,
      défaillante et monomaniaque, dégage.

      Autre point, l’Euro est la seconde monnaie du monde,
      la dissolution de la zone porterait un coup
      à des activités , hors Europe, qui nous ont fait confiance.
      L’Euro, c’est bien plus que la zone Euro, et ce fait nous engage.

  44. On pourra injecter tant d’argent virtuel que l’on voudra, le résultat sera le même: le débâcle lent mais assuré de l’euro dans sa forme et base juridique actuelle. Il faudra prendre, un jour X, des mesures drastiques pour mettre fin à une situation insupportable; une situation qui risque même de perturber la paix en Europe si elle dure trop longtemps. En tenant compte du fait que les dettes ne seront jamais rembourcées; les dettes publiques et privées des pays oaccidentaux varient entre 300 et 500 pourcent par rapport à leurs performances économiques.

    Quelque soit l’issue de la solution proposée par Paul Jorion, je pense qu’elle vient trop tôt. Merkel a besoin du calme jusqu’aux élection en automne 2013. A mon avis, elle laisse faire les autres (Draghi, Hollande et compagnie), se prononcera peu, pour exploiter, le cas échéant, une erreur ou fausse manoeuvre en sa faveur. Ce serait tout à fait « dans ses cordes ». Il ne faut oubier qu’elle est avant tout un soldat de son parti, la CDU qui doit gagner les élections; ce sera la priorite des priorités.

  45. Une chose est de mettre en évidence que la BCE n’a pas les moyens de « sauver l’euro », autre chose est de préconiser son éclatement comme solution, pour « sauver l’Europe » avance Jacques Sapir. Comme solution à quel problème, d’ailleurs ? La crise de la compétitivité est mise en avant, si l’on comprend bien, réduisant à sa dimension européenne une crise mondiale.

    Jacques Sapir a certes raison de calculer l’énormité de la taille qu’atteindrait le bilan de la BCE si elle intervenait massivement pour sortir du marché, en plus des pays actuels qui y sont déjà, l’Espagne et l’Italie, ou d’expliquer que la stratégie préconisant la déflation interne (sur les salaires) est une impasse et qu’alternativement des transferts budgétaires entre pays ne sont pas à portée, au regard de leurs conséquences. Son analyse met également à juste titre le doigt sur l’étroite corrélation existant entre cause et remède de la crise. Sauf qu’il se trompe sur la première, et par voie de conséquence sur la seconde. Emporté par son désir de justifier un éclatement de l’euro, qui est son présupposé.

    « Cette crise n’est pas une crise de la dette souveraine ! » écrit-il; certes, c’est une crise de la dette tout court ! Que donnerait d’ailleurs son analyse appliquée aux États-Unis, au Japon ou au Royaume Uni ? Parlant de réalisme, il serait plus sage d’analyser ce qui résulterait d’une dissolution de la zone euro, ainsi que de vérifier si un audit de la dette souveraine suivie de sa restructuration ne seraient pas la véritable issue raisonnable. Cela permettrait de rebâtir l’Europe sur de nouvelles fondations.

    1. C’est que l’Europe superpose deux crises:
      – la crise du financiarisme qui touche tous les pays développés et qui a généré des montagnes de dette (principalement en cherchant les profits faciles, voire fictifs, sur le court terme sans préparer l’avenir). Cette crise est un peu moins développée qu’aux US, au Japon ou en Angleterre qui ont des endettements cumulés plus importants que l’Europe
      – la crise de l’euro qui fait partager la même monnaie à des pays de compétitivité différente sans organiser la moindre redistribution.

      Vos propositions permettent de répondre à la première crise de la manière la moins mauvaise possible (le pire étant des défauts sauvages successifs et leurs effets sur la coopération entre pays et la construction européenne), mais NE DISENT RIEN sur l’impasse à laquelle a mené une monnaie commune en se privant de rééquilibrer les échanges entre pays. Des solutions existent mais elles ne sont pas a priori politiquement réalisables dans un cadre démocratique. Sapir pointe juste cet état de fait en montrant les impasses d’une politique monétaire dans le cadre institutionnel actuel. Et, à mon sens, vous n’avez pas vraiment répondu à son argumentation…

      1. Je pars du général pour aller au particulier ! De la crise générale du système pour n’en venir qu’ensuite à ses aspects proprement européens de la zone euro(comme il y en a des américains, des britanniques et des japonais).

        En dépit des nombreuses imperfections et insuffisances de sa construction, l’Europe a su par exemple développer des « fonds structurels » destinés à aider les pays les moins économiquement développés. La manière dont il ont été employés, sans contrôle ni « guidelines », est bien entendu une autre chose. Vous connaissez l’expression « il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau sale ! ».

        Bill Gross, le leader de Pimco, vient d’employer une image saisissante : les investisseurs, dont lui, se sont réorientés vers « les pays dont la chemise sale est la plus propre ». Il illustre ainsi qu’ils devraient laver leur linge en famille, au lieu de se le jeter à la figure…

      2. @François Leclerc :

        Petit témoignage et sentiment sur l’emploi des fonds structurels :

        Ces fonds ont été d’analyse globale ( » européenne ») , de pertinence et de contrôle d’emploi assez divers . Je me souviens que le »quadrillage territorial » des aides européennes ( un délice pour les informaticiens ) s’est trouvé assez heureux de trouver en France un canevas préexistant territorial , de compétences d’analyse des territores , de contrôle financier, de respect et compte rendu sur les enveloppes allouées , au travers des administrations centrales , des Régions , des préfectures ( voire des DDE au début ) . Avec quelques bémols du côté des vaches corsesou les oliviers au sud de Valence ..

        Ils représentent sur la durée des sommes considérables( la plupart des autoroutes espagnoles et portugaises ont été construites grâce à eux . Les polonais ont été aussi assez largement arrosés ) et leur « emploi » ne me parait pas globalement entâché d’une présomption de « détournement de destination  » .

        Si au bout du compte , on doit s’interroger sur la pertinence économique de ces investissements , il y a donc lieu de remonter dans les cénâcles et crânes d’oeufs qui étaient et sont à l’oeuvre, pour faire des choix cohérents dans une vision dynamique de l’équipement de l’Europe, afin de détecter où ça merde . Ils ne sont peut être pas seuls fautifs , bien que déjà trop nombreux .

        L’avis de quelques uns des députés européens qui lisent de temps en temps ce blog serait le bienvenu .

      3. @ totor

        exact: il faut absolument garder à l’esprit que l’on a affaire à 2 (+) crises emboîtées. beaucoup d’analyses sont déficientes parce qu’elles ne se focalisent que sur l’une ou l’autre.

        @ FL

        on pourrait à l’inverse se dire qu’il vaut mieux déjà se débarasser de ce carcan absurde qu’est l’euro, histoire d’avoir un peu les coudées franches pour affronter le problème plus sérieux encore qui vient derrière.

        ne serait ce que pour retrouver un tout petit peu de souveraineté.

        merci en tout cas M Sapir pour ce ballon d’oxygène: que l’on soit d’accord ou non, ca recadre un peu le débat.

      4. Petit complément explicatif sur les fonds structurels ( on attend une évaluation critique par les eurocrates , les députés et les gouvernements ) :

        http://fr.wikipedia.org/wiki/Politique_r%C3%A9gionale_de_l'Union_europ%C3%A9enne#Quatre_programmes_d.27initiatives_communautaires_ou_PIC

        et sur le quadrillage territorial ( les NUTS ), qui montre qu’il y a loin de la carte au territoire,

        http://fr.wikipedia.org/wiki/Nomenclature_d'unit%C3%A9s_territoriales_statistiques

        surtout si on ne peut s’appuyer sur des équipes de terrains implantées et compétentes ( je renvoie à un débat entamé sur cet aspect dans le billet  » l’utopie réaliste ») pour  » faire sens et réalisme  » . Ddans la même veine , entendu ce matin sur France Inter un interview d’un déjà vieux polytechnicien , généticien mais qui a su mettre sa raison au service de son inclination, et qui lui aussi, jugeant de l’action des ONG humanitaires , a bien compris qu’on ne fait rien de pertinent sans partir des hommes de terrains et sans évaluation mise à disposition permanente , in itinere .

      5. @ juan nessy 3 août 2012 à 21:02
        Merci pour le lien. J’approuve le fait qu’il faille aussi mettre de la rationalité dans l’altruisme. Ça n’est pas parce qu’on est animé d’une volonté de faire le bien, que cela autorise à le faire mal, c’est à dire sans recherche d’efficacité (économie de moyens=minimiser la consommation). Cela nécessite des évaluations, des autocontrôles, des expertises et analyses critiques diversifiées, menées par des gens de terrain, ceux qui « font concrètement » bien plus que ceux qui théorisent et ne manipulent que le verbe.

        Cela prouve bien qu’il faille s’attacher à la « valeur » en tout et pour tout, ce dont certains ne voudraient pas entendre parler. Probablement, parce que c’est une notion difficile à cerner. Elle est pourtant essentielle, capitale même.

        http://www.pauljorion.com/blog/?p=39682#comment-345081

        Voilà un homme, Philippe Kourilsky, qui n’a pas peur d’utiliser positivement « capital » et « capitaliser ».C’est une preuve de plus pour montrer que le capitalisme, en tant qu’exploitation d’un capital, est essentiel. C’est à partir de lui qu’on prépare l’avenir. Si nous le détruisons, nous réduisons nos possibilités d’action sur le futur et pouvons en être sanctionnés de façon irrémédiable…..capitale.

        http://blog.mysciencework.com/2012/05/09/philippe-kourilsky-facts-permet-de-capitaliser-experience-acquise-sur-le-terrain-par-les-aides-humanitaires.html

    2. Puisque chacun y va de sa petite contribution à la Cassandre…
      La solution de Paul me paraît être, dans un premier temps, celle qui permettrait de faire une pause dans ce grand n’importe quoi qu’est devenue la « gestion » de la zone euro. Il faudrait bien sûr dans un deuxième temps appliquer certaines des mesures qu’il propose afin de réguler le financiarisme fou qui plonge les peuples et l’économie dans une austérité sans issue.
      Et passer à une monnaie commune avec l’idée de PSDJ de primes de crédit entre pays import et export à l’intérieur de la zone ce qui serait le prémisse d’un Bancor international.
      De ce fait la zone euro n’éclaterait pas mais deviendrait, on peut l’espérer avec des bases plus saines, une zone économique plus démocratique et solidaire où chaque pays retrouverait la souverraineté sur sa monnaie.
      Cela me semblerait pouvoir contenter beaucoup de monde à part bien sûr dans un premier temps les joueurs du casino mais en attendant que les tables de black jack soient définitivement mises sous scellés, ils pourront toujours s’abonner à Paris-turf…

    3. « Sauver l’Europe…….. »
      L’Europe ne disparaîtra pas, les liens interdépendants économiques sont solides. Il y aura toujours un bloc/espace économique européen.
      Ce qui est devenu un élément asymétrique dans la « construction europénne », c’est la conception technocratique et erronée selon laquelle l’euro en sera la pierre angulaire, la conditio sine qua non pour la création d’une Europe fédérale. C’est d’ailleurs la France qui sans cesse, depuis 1950, a prôné la création d’une monnaie européenne. Le problème c’est que les gouvernements se sont laissés piégé par cette aventure qui est l’euro.

  46. Linge sale :

    Une vraie crise de la dette (comme celle que le monde traverse actuellement ne peut être résolue que de deux façons : 1) par un défaut ou 2) par la création de monnaie pour la résorber par l’inflation. Les options 1 et 2 sont fatales pour les détenteurs d’obligations et d’actions », explique-t-il.

    http://www.latribune.fr/entreprises-finance/banques-finance/banque/20120801trib000712113/bill-gross-la-crise-de-la-dette-ne-se-resoudra-pas-avec-plus-de-dette-.html

  47. Cette crise n’est pas une crise de la dette souveraine ! C’est une crise de compétitivité, …

    Vouloir résoudre le symptôme (la crise de la dette) ne fait qu’empirer le mal !

    Tout ceci est une très bonne illustration de l’impasse d’une addiction à une monnaie trop forte.
    http://www.zenon-elee.fr/article-le-probleme-de-l-euro-107202524.html

    La crise de compétitivité fera soit éclater l’Euro, soit éclater l’Europe …

    C’est à craindre. L’idée européenne est pourtant une bien belle idée qui n’a rien à voir avec la démondialisation !

    De toutes les façons, l’éclatement de l’Euro ou l’éclatement de l’Europe ne sont pas des solutions en soi. L’idée européenne était une piste vers une solution à des problèmes de compétitivité (et d’autres) déjà installés. Mais elle a été reçue comme une potion magique alors que la magie ne fonctionne que dans les contes de fées. Elle a anesthésié tout discernement chez les démagogues et toute tempérance chez les goinfres.
    La macroéconomie est partie dans le décor et la microéconomie est en panne de moteur et de boussole. Quel est le remède docteur ?

  48. Jacques Sapir a une solution pour sortir de la crise de l’Euro. Cette solution ne sort pas du cadre capitaliste. Les problèmes liés aux dettes privées, aux marchés de la spéculation, à la distribution inégalitaire des richesses, aux paradis fiscaux, au libre échange généralisé, aux privatisations, aux déréglementations, … ne sont pas abordés. L’Euro n’est qu’un des outils parmi d’autres et comme tous les outils il peut servir au meilleur, comme au pire (comme la bêche qui me permet de cultiver de beaux légumes ou de fendre la tête de mon voisin). Aujourd’hui, nous voyons le pire.

    L’Euro peut faire partie de la solution, mais la monnaie seule ne sera jamais la solution.

  49. Mais bien sur,
    les Allemands vont payer la dette des français, espagnols, portugais, italiens et grecs !!!!

    Ce que vous êtes naifs !!!

    Des bleus, des vrais bleus !!!

    bob

    1. Plaisantons donc :

      Eux qui empruntent en s’enrichissant , pourraient emprunter pour le compte de ceux qui empruntent à près de 7 % aujourd’hui , leur reprêter à un taux satisfaisant voire rémunérateur , mais moins usurier que le marché financier !

      Des eurobonds allemands quoi.

      Mais ça doit être trop voyant et pas permis .

      Et puis ce serait une marque de confiance dans la capacité de ces peuples à créer de la richesse quand la tonte est supportable et le contrat clair et vérifié .

      L’horreur économique .

    2. Soit il y a une union européenne, soit il n’y en a pas.
      S’il y a union, il va falloir le prouver.
      S’il n’y en a pas, alors fini le libre échange et la circulation des capitaux, fini le « libéralisme ».

      Évidemment, il faudra un jour remettre en question le système qui crée la « dette ».

    3. bob
      Il est vrai que les allemands sont rétifs face au sauvetage de l’euro. Leur argument: nous avons fait un travail considérable pour restructurer l’ancien RDA, nous supportons les mesures drastiques que nous impose l’agenda 2010 de l’ancien gouvernement Schröder, on traville comme des dingues, nous faisons beaucoup pour l’Europe. Alors que les autres demandent que l’on leur paye la retraite à 60 ans, des hamac de luxe………La vision des allemands n’est pas toujours objective, mais des conflits commencent de cette manière-là.

  50. Pour la dette ( au moins souveraine ) , le plus pénalisant est-il les montants élevés ou les taux trop élevés ? Ou les deux ?

    1. A court terme les taux bien sûr. Quand, comme l’Italie, tu dois lever 450 milliards en douze mois (dont 80% de refinancement) et que les taux exigés pour ces nouveaux emprunts sont multipliés par deux à maturité égale ça fait monter la note plus vite que le stock de dettes lui-même ne pourrait le faire. Sans compter que ces intérêts quasi progressifs font eux-mêmes grimper l’endettement et les besoins de financement. Plus tu rembourses et plus tu t’endettes – malgré un déficit structurel tout à fait correct…

  51. Cela permettrait de rebâtir l’Europe sur de nouvelles fondations.

    Pour conserver une forme épurée de capitalisme ?

    1. Vous en doutez Marlowe? Imaginez-vous un débat « pour ou contre l’euro » lorsque l’on croit que le capitalisme est foutu? Risible, non?

  52. Moi, j’aurais bien aimé avoir l’avis de messieurs Leclerc et Jorion sur cet article paru en début d’année sur Atlantico à partir de données produites par Morgan Stanley sur l’état d’endettement public + privé des UK.
    http://www.atlantico.fr/pepites/dette-britannique-frole-1000-pib-secteur-bancaire-258333.html

    Quand je lis çà j’ai l’impression que c’est grave mais personne n’en parle alors çà ne doit pas l’être…? .. J’aurais bien voulu qu’on m’explique les conséquences de ceci, la vision que peut avoir Cameron là-dessus.

  53. Eclater /revoir l’Euro s’impose : c’est de toute façon une mauvaise monnaie . Mutualiser le défaut de dette aussi si on veut préserver une Europe . A cela s’ajoute un pb de compétitivité , au sein de l’Europe , mais pire , par rapport à l’éxtérieur ( Chine ) et là il existe quelques ambiguités sur cette compétitivité : il s’agit plutot d’une concurrence déloyale de multinationales US et autres qui utilisent la surexploitation des coolies Chinois grace aux PCC et l’absence de souci écologique .
    Donc ce qu’il faudrait plutot revoir ce serait l’ordre des mesures à prendre .
    On croit que l’on puisse avoir le choix de l’impasse sur le politique .Je préférerai que la crise de l’Euro dure de maniére à ce que chaque peuple coupable de laxisme envers ces exploiteurs baignent bien dans son jus et attendre aussi que la France soit sur le grill . Attendre aussi que les finances US soient en alerte car ils en sont en grande partie responsable de la corruption ambiante . Que des états , banques et secteurs éco malsains soient déclarés en faillite c’est trés pédagogique et laisse des réserves pour l’essentiel : la production . Ce ne sont pas seulement des changements politiques externes aux Etats qui s’imposent mais aussi internes et préalablement .
    Le fait qu’enfin en Gréce on se préoccupe de la corruption des fonctionnaires montre qu’on commence tout juste à aborder les questions qui fachent , encore un effort …

  54. En attendant ‘Euro baisse et le dollar se renforce. A ce jour 02/08 à 19h00 il cote 1.21630 contre 1.23500 ce matin à 09h00. Mr Draghi on attendait votre déclaration salvatrice de l’Euro.

  55. Dissolution de la zone euro, ça veut dire que chaque pays se retrouve avec sa propre dette : tout le contraire de la solution de M. Jorion ! A mon avis, le diagnostic est juste : problème de compétitivité, mais il faut ajouter : entre partenaires non solidaires, alors que la solution du taulier suppose qu’ils le sont (ou pourraient l’être) comme les sphères de l’Atomium de Bruxelles.

    Tout à fait d’accord avec cette dissolution car la situation actuelle revient à faire combattre des gladiateurs les mains attachées dans le dos. Si elle perdure trop longtemps, l’amitié entre les peuples tournera à la haine.

    1. « Dissolution de la zone euro, ça veut dire que chaque pays se retrouve avec sa propre dette : tout le contraire de la solution de M. Jorion ! »

      Aux US, fédéraux pourtant, les états sont responsables de leur dette.

  56. Article de Sapir relayé (et commenté) ici. A paraitre également sur Rue89.

    @Paul Jorion
    Pas sûr que le plan de Jacques Sapir soit incompatible avec « un défaut simultané [enfin presque] de la dette des 17 pays de la zone euro ».
    Par contre, pas persuadé non plus que nos dirigeants actuels soient en mesure intellectuelle, psychologique ou politique de « communaliser » leurs dettes.

  57. Bonjour,

    oublier l’euro c’est balancer sous la pression des marchés un outil économique qui a quand même une signification politique : une UNION ou en tout cas le début d’une entente politique entre les peuples. Ce sera alors finis de l’idée Européenne, et les nations vont se retrouver encore plus en compétition, elles le sont malheureusement déjà au niveau fiscal et social dans l’europe, mais finit alors l’espoir d’une union européenne sociale, la seule qui compte, celle des peuples.

    Je ne connais pas le courant de pensée de Mr SAPIR, mais il me semble que c’est plutôt une idée de libéral.

    Pourquoi ne pas faire défaut ET changer d’Euro en faisant une sorte de bancor à l’européenne afin d’intégrer dans le systéme les différences de compétitivité ? Est-ce si compliqué politiquement ?

    Abandonner l’idée d’une monnaie commune c’est abandonner l’idée Européenne tout simplement.

    Cordialement

  58. Il n’y a pas qu’un problème de compétitivité mais un problème majeur lié à la structure même de l’UE et des dogmes qui la fondent, notamment ceux qui conduisent à en faire une zone économique ouverte à tous les vents concurrentiels! De plus dans un système monolithique (néo-impérialiste), le plus puissant l’emporte… et celui-ci n’est pas la France! Quant à la compétitivité, elle relève aussi de la culture propre à chaque pays…

    On peut mesurer aujourd’hui à quel point Mitterrand (Delors) s’est fourvoyé en faisant passer le traité de Maastricht (après l’acte unique), aussi sera-t’il délicat à Hollande de dénoncer cette absence de bilan alors que son propre parcours s’est développé sur cette ligne européiste…

    Je répète donc que le premier problème à affronter en France est celui de la représentativité très faible des élites, leur absence de pensée globale (exit la Francophonie…). cf blog

  59. Tout est dit ici :

    La BCE devra soit admettre qu’elle a fait de la création monétaire ex-nihilo ou demander aux États de la zone Euro une recapitalisation comprises entre 330 et 650 milliards.

    Le problème avec la création monétaire ex-nihilo n’est pas celui (souvent invoqué) de l’inflation, mais celui, juridique, de la compatibilité du fonctionnement de la BCE avec la Constitution allemande

    Et oui, il suffirait de créer cet argent, comme une banque centrale devrait normalement en avoir le pouvoir… Et nous agonisons de cette félonie qui consiste à se financer sur les marchés (ce mode d’engraissage particulièrement « sécurisant » pour les détenteurs du capital).

  60. Crise de l’euro, crise de la dette ? Crise financière, crise économique ? Surproduction, délocalisation ?
    Je suis assez surpris de lire de telles interrogations. Moi je pencherais plutôt pour une crise de l’intelligence, une crise de la démocratie (qui ne fonctionne plus nulle part et surtout pas dans les pays émergeants qui font contre-poids dans la balance mondiale), j’observe une crise démographique et une crise écologique d’ampleur planétaire.
    Je vois se profiler à l’horizon l’explosion du capitalisme productiviste et de l’ideologie consumériste qui le porte. Je vois approcher une crise majeure dans l’agriculture et la production des ressources vivrières mondiales. Je vois se préparer de grands malheurs puisque personne ne semble vouloir anticiper le crash qui vient.

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