175 réflexions sur « LE TEMPS QU’IL FAIT LE 17 AOÛT 2012 »

  1. L’intelligence (au sens large), ne gouverne pas le monde. Il n’est qu’à se plonger dans l’histoire des hommes pour s’en convaincre, et si encore besoin était, d’observer la course dangereuse dans laquelle sont engagées les grandes puissances planétaires contemporaines.
    Tout n’est que luttes d’intérêts et rapports de force. La plupart du temps la force avance parée du masque de la vertu, car elle a besoin de justifier les ravages qu’elle occasionne immanquablement lorsqu’elle se déchaîne.

    Pour reprendre une phrase de Pascal:

    « Ne pouvant faire que ce qui est juste fût fort, on a fait que ce qui est fort fût juste »

  2. Monsieur,

    Je pense que vous avez mis le doigt sur le centre qui m’échappait dans ma réaction à votre article sur l’asile politique pour Assange et qui provoque la rage des Etats-Unis, Obama en tête. Ce centre est la démocratie directe dont Assange est un partisan engagé.

    Cette expression, démocratie directe, signifie pour moi qu’une population correctement informée sur les puissants de son pays comprends ce qui se passe, juge ces actes et a les moyens de le faire savoir.

    Pour les USA actuels, cette perspective ressemble à un cauchemar. Ce serait la fin du pouvoir de la chambre de commerce US et de tous les lobbys de ce pays. Ce serait aussi la fin de toutes les boîtes à idées en circulation car la population n’aurait plus besoin d’elles ou leurs idées seraient discutées et publiquement rejetées dans la plupart des cas. Ce serait aussi la fin du pouvoir de Wall Street. L’industrie financière passerait sous le contrôle de la population. Ces gens ne pourraient plus acheter et vendre des entreprises en jetant au passage ses employés à la poubelle. Ils ne pourraient plus mettre des dettes énormes qu’ils ont fabriqué sur le dos de ces entreprises (je pense aux LBO qui ont coulé des entreprises rentables). Ils ne pourraient plus prendre de CDS contre « l’incendie de la maison du voisin ».
    Je crois même que les candidats seraient obligés de faire des propositions concrètes à la population pour être élus, les campagnes basées sur le principe que « c’est pire en face » ne marcheraient plus. Le réalisme ne pourrait plus être celui de la logique de parti ou les présentations biaisées des problèmes vécus par la population. Le faire serait un suicide politique.
    Le travail d’éditorialiste deviendrait beaucoup plus difficile car il faudrait vraiment coller à la situation abordée. Les économistes devraient complètement revoir leur copie et se mettre à prendre en considération la société en place. Les projets de création d’un homme nouveau comme l’homo oeconomicus devraient être abandonnés.
    Bref, l’idée de démocratie directe est vraiment séduisante. Elle rend sympathique tout défenseur de cette idée à toute personne du peuple sans pouvoir. Elle rend totalement haïssables et répugnants tout défenseur de cette idée aux membres de nos élites. Les seconds ont le pouvoir et s’en servent. Les premiers n’ont, de fait, rien à dire.

    L’introduction de la démocratie directe aux USA serait une révolution plus importante que son indépendance face à la Grande-Bretagne pour ce pays.

    Quand je vois un ministre se vanter qu’une grève est devenue indolore ou un autre transformer une grève dure suivie largement en un mouvement invisible ou un traité européen être voté en catimini ou encore voir refuser un référendum en Grèce ou faire revoter trois fois la même chose en Irlande car le peuple a mal voté ou encore l’exigence d’austérité pour les 99% afin que le 1% ne soit pas lésé et j’en oublie, je me dis que les USA ne sont pas très loin d’ici et qu’Assange y pose le même problème qu’aux USA.

    Il ne peut qu’être combattu aussi férocement que possible (il faut sauver les apparences) par tout représentant du gouvernement US, de Wall Street, des lobbys, des membres du corps législatif, de l’OCDE, de l’industrie financière. Pour ces gens, il est un ennemi pire que Ben Laden.

    L’arrivée de cette démocratie directe est improbable. Elle suppose que toutes nos élites ont renoncé à leurs pouvoirs. Elle suppose que tout humain est d’abord une personne qui cherche à faire le bien et qui agit en conséquence. Elle suppose que tout homme peur faire preuve de compassion, d’intérêt et d’empathie pour son voisinage et même son pays. Elle suppose que tout homme peut comprendre tous les problèmes posés par notre société et s’y intéresse assez pour s’engager dans sa résolution. Elle suppose que le mensonge ou le biais idéologique dans un discours peut être efficacement contré. Elle suppose que des manques très importants chez les humains peuvent être au moins compensés si pas dépassés. L’idée me reste vraiment séduisante malgré l’énormité du travail nécessaire pour y arriver.

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