L’actualité de la crise : LES FILS DÉCOUSUS, par François Leclerc

Billet invité.

Tandis que les autorités des pays que l’on disait développés affichent la vacuité de leur vision et leur paralysie, dépassées par une crise financière dont ils ne veulent pas reconnaître les ressorts pour ne pas les combattre, une succession d’événements imprime au monde une autre tournure.

Le profond et irrésistible mouvement qui continue de traverser le Moyen-Orient domine, par delà la cruauté des événements en cours et les incertitudes sur ce qui en résultera. De vieux comptes historiques commencent à être réglés et continue de se manifester une aspiration à la liberté devant laquelle il est impossible de rester insensible en prétextant qu’il ne faut pas ouvrir la boîte de Pandore. D’une certaine manière, cet épisode prend d’autres relais. Celui d’une Amérique latine qui est largement parvenue à s’émanciper des dictatures ou d’un camp socialiste au sein duquel le rêve de capitalisme, auquel était associé la liberté, s’est heurté en Russie et dans son ancien glacis à de dures réalités et désenchantements.

Les enchaînements sont rapides, mais à chaque fois c’est la même chose, et il pourrait en être encore une fois ainsi au Moyen-Orient : les mondes lézardés s’écroulent mais ce qui leur fait suite n’est pas à la hauteur des aspirations, de vieux démons occupent les sièges laissés soudainement vacants. Ceux qui ne possédaient rien ou peu sont à nouveau dépossédés : la liberté est une condition nécessaire mais pas suffisante, surtout lorsqu’elle est contingentée par de nouveaux interdits.

Les Sud-africains en font l’expérience, qui voient ressurgir le fantôme du régime de l’apartheid sous la forme d’une tuerie de mineurs pour ne pas avoir associé la libération économique à leur combat antiraciste et laissé les pauvres (noirs) à la même place indigne dans la société. Les Chinois et les Russes témoignent de la même exigence de liberté face à des régimes moins dissemblables que leurs apparences le font croire. Le moteur de leur contestation y est le même : le mieux-être que connaissent les classes moyennes ne suffit pas si la liberté n’y est pas associée.

Un nouveau relais se prépare à être pris dans les pays développés. Ils sont secoués par une crise du capitalisme financier qui ne trouve pas d’issue et se traduit par l’exigence d’un impossible désendettement, inédit à cette échelle globale. On parle ici des « 99% », là des « indignés », mettant ainsi en évidence que la démocratie politique est aux ordres et la liberté économique inaccessible. Cette histoire-là commence à peine à être écrite, demandant de sortir des cadres étriqués de pensée et des conformismes ambiants.

Que va-t-il émerger de ces grands bouleversements en cours, qui ne sont pas réductibles à une explication élémentaire du monde et ne peuvent en conséquence susciter la montée en puissance d’un nouveau messianisme ? Les uns prédisent le chaos, comme s’il n’était pas déjà installé, les autres se réfugient dans la crainte de perdre un acquis menacé. Quoi d’autre en vue ?

La grande vague suscitée il va y avoir un siècle par la révolution russe n’a tenu pas ses promesses, depuis oubliées, pour ne retenir que son échec. Les débats d’alors, entre ceux qui pensaient qu’il fallait malgré tout y aller et ceux qui estimaient que les conditions n’étaient pas réunies, méritent d’être relus, mais c’est du ressort des historiens. Pour autant, rien ne nous interdirait de rétrospectivement nous interroger sur les raisons pour lesquelles cela n’a pas fonctionné, mais l’oubli et le rejet ont tout englouti, dommage ! L’avènement d’un monde reposant sur d’autres bases a été remis à des jours meilleurs et lointains, quand il n’a pas été abandonné, la place a été laissée libre.

Quelles promesses pouvons-nous lire dans ce qui est en cours ? Les prémices d’une autre organisation de la société sont encore bien ténus, ce qui confirme sans surprise que l’idéologie dominante est celle de la classe dominante. Aucun des grands mouvements de fond auxquels nous assistons n’est clairement porteur, à coup sûr, de son aboutissement proclamé. Les désillusions du passé font craindre la répétition de processus avortés, quand ils ne vont pas jusqu’au bout de leur logique et sombrent du fait de leurs propres contradictions, exposés à des tentations qui les pervertissent. On en a tant connu…

Décriée quand elle prend la forme d’un cosmopolitisme qui effraye ceux qui trouvent refuge dans un patrimoine rassis et oublieux de l’histoire, la mondialisation a pour objet d’élargir le terrain de jeu d’un système financier qui cherche à se reproduire à défaut de se corriger. Elle est pourtant porteuse, par son universalité, d’un avenir commun que masquent les différences d’histoire et de culture, d’organisation sociale et de niveau de vie. Et pourtant ! Le démembrement largement entamé, les seules barrières subsistantes destinées aux populations sommées de rester à leur place, plus rien n’arrête les vents qui balayent la surface, mais la différence et l’imprévu font peur…

Quand on y regarde de plus près, des aspirations communes se manifestent, des solutions émergent. Pêle-mêle, l’agriculture de proximité et de subsistance, les technologies à bas prix, les services gratuits accessibles via Internet, le développement de programmes sociaux comme la Bolsa Familia au Brésil en sont avec leurs limites des éléments constitutifs. Ils créent les conditions de nouveaux modes d’organisation de la société reposant sur l’auto-organisation et l’élargissement de la démocratie. Les problèmes se posent au niveau global, les solutions tout autant : c’est la nouvelle version du « Penser global, agir local ! ».

Les niveaux de confort qui sont atteints, là où c’est le cas et aussi inégalement répartis soient-ils, sont de toute façon menacés. Ni les progrès technologiques ni la découverte de nouveaux gisements d’énergie, ni le génie biologique ne pourront accomplir un miracle : des limites sont en passe d’être atteintes, le monde ne peut pas se développer sur le modèle emprunté par sa partie développée. Là aussi, il faut sortir du cadre. Ce levier-là est le plus puissant, ne souffrant aucun faux-fuyant, il induit une interrogation sur la nature des partages qui devront être effectués, le problème de l’accès à l’eau le résumant dès maintenant au mieux.

Nos modèles actuels sont dépassés. Soit parce qu’ils font obstacle à des aspirations qu’ils ont contribué à révéler, soit parce qu’ils ont été au bout de leurs contradictions et se désagrègent d’eux-mêmes, soit parce qu’ils supposent pour se reproduire des ressources inexistantes. Que pèsent les conservatismes et ce qu’ils charrient d’obscurantisme face à cette simple observation ?

Il est à ce stade d’usage de faire référence à la barbarie, cette option disponible quand rien ne va plus et rien ne s’impose pour succéder à ce qui a fait son temps. Que peut-il lui être opposé sinon une forme ou une autre d’espoir ? Dans les progrès scientifiques et technologiques, c’est-à-dire dans la connaissance ? Dans l’Humanité et l’espèce humaine, au nom de son sens inné de la survie, si tout du moins Eros l’emporte sur Thanatos ? Fragile mais ferme ligne de défense, il est vrai, quand on constate les dégâts causés par l’exploitation de la planète et des hommes, dont le fin du fin est aujourd’hui la domestication de l’énergie nucléaire et sera demain celle du génie biologique.

Quelle société sera capable d’encadrer ces nouvelles connaissances, afin de veiller à ce qu’elles ne soient utilisées qu’au bénéfice du bien-être de l’Humanité ? De remettre les échanges marchands et monétaires à leur place et d’assurer à toutes et à tous les conditions minimum d’existence que l’espèce humaine réclame de par son simple fait ? De s’affranchir des logiques restées primitives d’une accumulation financière qui ne l’est plus et contredit cette exigence ? De cesser d’assigner une fin à l’histoire, soit en lui donnant un sens alors qu’elle n’est en rien prédestinée, soit en prétendant qu’elle atteint le stade ultime et indépassable de son développement ? Autant de croyances qui ne sont plus de notre temps. En négatif de celles-ci se dessine un nouveau cahier des charges et de premiers éléments de réponse.

Nous sommes loin du sort réservé à Julian Assange confiné dans les locaux de l’ambassade de l’Équateur à Londres pour une durée inconnue, des deux ans de travaux forcés auxquels sont condamnés les Pussy Riot, dans des camps qui n’ont pas tant changé depuis le Goulag, de l’exode forcée et sans retour des déplacés de Fukushima, ou bien encore de la recherche sans lendemain de leurs maris mineurs portés disparus par les femmes noires de Marikana. Mais tous ces événements, et bien d’autres encore qui ne sont pas projetés dans l’actualité, expriment la réalité de sociétés dont les fils décousus demandent à être renoués autrement.

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72 réflexions sur « L’actualité de la crise : LES FILS DÉCOUSUS, par François Leclerc »

  1. Avoir moins pour partager plus……il nous faudra beaucoup de temps pour cela puisse avoir lieu.
    Et c’est chaque individu qui a cette solution entre ses mains. Les conditions extérieures, les épreuves de ce monde ne sont là que pour nous donner la force de nous dépasser dans nos réflexes d’égo.
    Nous ouvrir aux autres,à l’inconnu ou nous refermer sur soi-même, sur le connu?
    C’est au sommet de nos êtres qu’une sortie est possible soyons de bons pélerins car la route sera longue….

  2. Relativisons…

    http://www.youtube.com/watch?v=08LBltePDZw&feature=player_embedded

    avec des explications

    http://passeurdesciences.blog.lemonde.fr/2012/08/19/carte-3d-univers-simulation-etoiles-galaxies/

    ce que l’on voit sur l’animation, ce sont des galaxies
    ceci n’est qu’une infime parcelle de l’univers
    chaque galaxie comporte de 200 à 400 000 000 000 d’étoiles (estimation moyenne)
    les systèmes planétaires sont la règle (exoplanètes)dans l’univers
    la vie est probablement partout
    elle évolue
    la naissance et la mort des organismes
    la reproduction
    la prédation
    sont les moteurs de l’évolution

    http://www.youtube.com/watch?v=KeP-bJFg1bQ

    1. De sa grâce redoutable
      Voilant à peine l’éclat,
      Un ange met sur ma table
      Le pain tendre, le lait plat ;
      Il me fait de la paupière
      Le signe d’une prière
      Qui parle à ma vision :
      — Calme, calme, reste calme !
      Connais le poids d’une palme
      Portant sa profusion !

      Pour autant qu’elle se plie
      À l’abondance des biens,
      Sa figure est accomplie,
      Ses fruits lourds sont ses liens.
      Admire comme elle vibre,
      Et comme une lente fibre
      Qui divise le moment,
      Départage sans mystère
      L’attirance de la terre
      Et le poids du firmament !

      Ce bel arbitre mobile
      Entre l’ombre et le soleil,
      Simule d’une sibylle
      La sagesse et le sommeil.
      Autour d’une même place
      L’ample palme ne se lasse
      Des appels ni des adieux…
      Qu’elle est noble, qu’elle est tendre !
      Qu’elle est digne de s’attendre
      À la seule main des dieux !

      L’or léger qu’elle murmure
      Sonne au simple doigt de l’air,
      Et d’une soyeuse armure
      Charge l’âme du désert.
      Une voix impérissable
      Qu’elle rend au vent de sable
      Qui l’arrose de ses grains,
      À soi-même sert d’oracle,
      Et se flatte du miracle
      Que se chantent les chagrins.

      Cependant qu’elle s’ignore
      Entre le sable et le ciel,
      Chaque jour qui luit encore
      Lui compose un peu de miel.
      Sa douceur est mesurée
      Par la divine durée
      Qui ne compte pas les jours,
      Mais bien qui les dissimule
      Dans un suc où s’accumule
      Tout l’arôme des amours.

      Parfois si l’on désespère,
      Si l’adorable rigueur
      Malgré tes larmes n’opère
      Que sous ombre de langueur,
      N’accuse pas d’être avare
      Une Sage qui prépare
      Tant d’or et d’autorité :
      Par la sève solennelle
      Une espérance éternelle
      Monte à la maturité !

      Ces jours qui te semblent vides
      Et perdus pour l’univers
      Ont des racines avides
      Qui travaillent les déserts.
      La substance chevelue
      Par les ténèbres élue
      Ne peut s’arrêter jamais,
      Jusqu’aux entrailles du monde,
      De poursuivre l’eau profonde
      Que demandent les sommets.

      Patience, patience,
      Patience dans l’azur !
      Chaque atome de silence
      Est la chance d’un fruit mûr !
      Viendra l’heureuse surprise :
      Une colombe, la brise,
      L’ébranlement le plus doux,
      Une femme qui s’appuie,
      Feront tomber cette pluie
      Où l’on se jette à genoux !

      Qu’un peuple à présent s’écroule,
      Palme !… irrésistiblement !
      Dans la poudre qu’il se roule
      Sur les fruits du firmament !
      Tu n’as pas perdu ces heures
      Si légère tu demeures
      Après ces beaux abandons ;
      Pareille à celui qui pense
      Et dont l’âme se dépense
      À s’accroître de ses dons !

      Paul Valéry – Palme

  3. Et si tous ces événements n’étaient en réalité liés qu’à une seule et même raison : les gouvernements se trouvant dans l’impossibilité de faire payer les riches (http://calebirri.unblog.fr/2012/08/11/et-si-les-riches-ne-pouvaient-tout-simplement-pas-payer/), ils préfèrent encore la guerre à la remise en cause de leur pouvoir (en admettant la corruption généralisée du système) qu’engendrerait une vaste réflexion sur les changements nécessaires à la mise en place d’un autre système (http://calebirri.unblog.fr/2012/06/25/pour-une-reflexion-sur-le-post-capitalisme/)…

    Les fils ne sont pas décousus, ils sont déchirés

    1. Je trouve votre réponse aussi édifiante de lucidité que le texte qui nous est proposé.
      J’oscille tout comme vous entre espoir et désespoir au gré des blogs et articles que je découvre chaque jour. Car trop souvent le désespoir l’emporte sur l’espoir… Cependant, l’espoir est toujours là ! Merci à vous et A+

  4. Avec des profits annuels sans cesse en augmentation . Il est intéressant de voir la liste des 10 plus grandes compagnies mondiales au début de ce 21 siècle:
    Exxon Mobil
    Wal-Mart Stores
    Royal Dutch Shell
    BP
    General Motors
    Chevron
    DaimlerChrysler
    Toyota Motor
    Ford Motor
    ConocoPhillip
    L’industrie automobile est évidemment liée a l’industrie du pétrole,c’est donc 9 des plus grosses compagnies sur 10 qui sont liées a l’énergie pétrolière .
    Le charbon produit plus de 50% de l’électricité mondiale mais la production est généralement contrôlée par les états. Néanmoins,si Obama est battu aux prochaines élections américaines ce sera grâce en partie aux industriels du charbon qui financent son concurrent et l’accusent de favoriser le gaz naturel pour des raison environnementales.
    Cette concentration de la propriété énergétique entre quelques compagnies et quelques individus a une conséquence incalculable sur notre relation avec la société, dans notre travail,notre logement,notre nourriture,notre éducation,nos transport,notre santé,enfin tout ce que nous pouvons appeler notre mode de vie.
    Le changement de paradigme sera une conséquence de la faillite du système capitaliste basé sur la centralisation des ressources et de la distribution de l’énergie. La nouvelle société a bâtir sera celle ou l’énergie sera décentralisée

      1. Merci,mais pas oubliées :ce sont des compagnies nationales,enfin plus ou moins nationalisées. De toute façon ce sont des compagnies énergétiques qui, bien sur, ont la main mise sur l’économie de la Chine ce qui vérifie ma thèse….

    1. En termes de capitalisation boursière Apple est passé en tête.
      La liste date un peu
      certaines marques sont en perdition.

      1. On se fout un peu du chiffre d’affaire et en terme de profit c’était Nestlé en 2010 Ze First,, de l’alimentaire pur et dur, et Chris a raison, hier Apple est passé première capitalisation boursière de l’univers et de l’histoire capitalistes avec 630 milliards $. Le précédent record c’était, Atanguy ? IBM.

      1. Le précédent record c’était, Atanguy ? IBM.

        Non,Microsoft corp. wrong again Vigneron…Mon point c’est que dans la liste des plus gros CA ce sont les compagnies qui contrôlent l’énergie qui sont celles qui ont la plus grande influence sur notre mode de vie et par conséquent tout changement réel de la société passera par une décentralisation de la production et de l’utilisation de l’énergie.

  5. Je pense qu’il faudrait collectivement rédiger les statuts et les objectifs d’une nouvelle association internationale contre le travail.

  6. Vous vous étonnez de l’échec des soviets, cela n’a pourtant rien d’étonnant. La Révolution d’Octobre étant un coup d’Etat à l’intérieur d’un coup d’Etat et certainement pas un mouvement populaire, et qui a été suivie d’une guerre civile faisant beaucoup de victimes. N’importe quel système qui n’est pas soutenu par sa population finit par sombrer.

      1. @Julien Alexandre: je penche pour le contraire: le capitalisme est en train de sombrer d’où la baisse du soutien au système.

        Cette phrase « N’importe quel système qui n’est pas soutenu par sa population finit par sombrer. » me paraît :
        – non informative (tous les systèmes finissent par sombrer, soutien ou pas soutien de la population)
        – vague (quelle population? toute? la majorité? les élites?)
        – fausse (en admettant qu’on parle de la majorité de la population, on peut argumenter que presque tous les systèmes se sont passés de son soutien pendant des centaines d’années, par exemple le féodalisme ou le capitalisme du début de la révolution industrielle, sans parler de l’antiquité avec sa majorité d’esclaves mécontents de leur sort)

      2. « En effet, c’est précisément ce qu’on dira du capitalisme d’ici peu. »

        C’est possible, mais je pense dans une autre échelle de temps car les échanges marchands sont aussi vieux que l’humanité. L’Etat-Providence et la CAF fermeront bien avant.

      3. C’est possible, mais je pense dans une autre échelle de temps car les échanges marchands sont aussi vieux que l’humanité.

        Il ne faut pas confondre capitalisme et société de marché.

      4. @Moi

        Le capitalisme rapporte de plus en plus aux grands propriétaires et a instauré de grands monopoles, il n’est donc pas du tout en train d’échouer mais réussir. Il a même sorti de la misère des millions d’asiatiques. L’échec, ou plutôt les effets secondaires très néfastes : pollution, mise à sac de certaines richesses naturelles ou patrimoines, concurrence déloyale, etc, sont incontestables et mettront peut-être un terme à l’expérience.

        Sans droit de vote il est difficile de savoir ce qui est soutenu ou pas. Pour le seul exemple de la féodalité, on a vu beaucoup de jacqueries faire suite à des saccages militaires ou souvent des impôts jugés spoliatifs. En temps courant, de bonnes récoltes en milieu sécurisé suffisaient à la prospérité tranquille des inféodés.

      5. @ Moi 20 août 2012 à 10:53

        le capitalisme est en train de sombrer d’où la baisse du soutien au système

        Ne devrions-nous pas tout simplement admettre que le capitalisme, qui existe pratiquement depuis toujours et s’est maintenant imposé sur toute la planète, entre dans une phase d’adaptation à une nouvelle donne, celle des limites que la planète rencontre pour faire vivre une population croissante?

        Si l’on veut limiter la casse, au lieu de faire rêver à un accroissement du niveau de vie moyen qui serait soutenu par la majorité de la population, il vaudrait mieux s’employer lui faire comprendre que ça n’est physiquement plus possible. Les difficultés de plus en plus grandes rencontrées pour accéder aux richesses non renouvelables (énergies fossiles & métaux) constituent une limitation.

        D’autant que, là aussi, ces richesses sont inégalement réparties sur la planète. Encore une injustice avec laquelle il va bien falloir composer.

      6. @ jducac

        Ne devrions-nous pas tout simplement admettre que le capitalisme, qui existe pratiquement depuis toujours et s’est maintenant imposé sur toute la planète, entre dans une phase d’adaptation à une nouvelle donne, celle des limites que la planète rencontre pour faire vivre une population croissante?

        Non, on ne devrait pas l’admettre, car vous êtes le seul à reconnaître votre définition comme étant celle du capitalisme alors que nous parlons tous ici d’autre chose.

        Pourquoi ne pas parler du capitalisme pour une fois jducac, au sens où nous l’entendons ici en tant que système économique ?

      7. @jducac: « le capitalisme, qui existe pratiquement depuis toujours et s’est maintenant imposé sur toute la planète »

        Quand un texte commence par une phrase contradictoire, je ne vais pas plus loin.
        Comment peut-on exister depuis toujours et s’imposer MAINTENANT partout? Voulez-vous dire que le capitalisme existe depuis toujours dans certaines contrées et pas dans d’autres? Qu’il y aurait donc des peuples au capitalisme inné (des peuples supérieurs sans doute) et d’autres peuples qui découvrent la Vérité (ou la Nature ou la Véritable Nature) sur le tard?

      8. à Julien Alexandre,

        jducac veut parler d’un capitalisme créé par Dieu pour le bien des humains.

        Cela me fait penser à ceux qui considèrent que l’Art, bien évidemment divin, est au-dessus de la société humaine.

      9. Hhmm…
        Un peu de respect pour Pignolle et Tromperieducac, s’il vous plait.

        N’oublions pas que les valeurs qu’ils ont érigé en religion sont en train de partir en torche…

        « Il a même sorti de la misère des millions d’asiatiques. »
        Lorsque l’on lit ça et que l’on sait que :
        1) la titrisation en panne fait que l’argent virtuel vaut queuedalle. (preuve : socialisation des pertes MONSTRE par les états)
        2) les dirigeants chinois flippent un max car ils ont promis l’américane drim for all, et c’est mal barré.
        Là, Pignolle, même tes dernières cartouches semblent mouillées…

      10. @yvan

        Vous ne savez rien de moi ni de ma religion,.. Je ne faisais que donner mon avis sur la mort imminente du capitalisme : je parie que l’Etat-Providence et les CAF fermeront leurs guichets bien avant, c’est tout et on en reparlera dans 10 ans si vous voulez.

        Le capitalisme n’a pas procuré la richesse universelle, certes, le collectivisme encore moins. Il suffit de regarder la Russie et la Chine pour s’en convaincre, avec l’arrivée de classes moyennes.

        La titrisation emportera avec elle les Etats qui vivent d’argent-papier plutôt que du productivisme. Il faut se méfier quand on vous promet des revenus supplémentaires en travaillant moins ou des services publics gratuits car ça sent évidemment l’arnaque.
        Vous et moi en ferons les frais, il n’y a que les cyniques pour se réjouir du malheur du voisin.

      11. @ Moi 20 août 2012 à 11:51
        Le capitalisme est indissociable de l’accumulation que permet l’épargne, laquelle résulte d’une consommation inférieure au gain. Elle confère une capacité d’auto financement. Il est alors possible d’investir sur des moyens de production plus performants en ayant, ou non, recours à l’endettement.

        http://www.pauljorion.com/blog/?p=13534#comment-95575

      12. @ Marlowe 20 août 2012 à 12:20
        Les croyants peuvent effectivement y voir une relation avec Dieu. L’étude des faits historiques peut aussi conduire à une conclusion similaire.

        http://www.observatoiredesreligions.fr/spip.php?article85

        @ Julien Alexandre 20 août 2012 à 11:48
        C’est souvent bénéfique d’élargir les points de vue. Ça peut même éviter de tomber dans le sectarisme.

      13. @ Moi 20 août 2012 à 11:51

        Comment peut-on exister depuis toujours et s’imposer MAINTENANT partout? Voulez-vous dire que le capitalisme existe depuis toujours dans certaines contrées et pas dans d’autres?

        Je pense que le processus du capitalisme a été trouvé pragmatiquement par les hommes. Il s’est développé plus ou moins vite et plus ou moins loin, selon les continents. Puis des penseurs notamment K.Marx, ont élaboré, avec des visées politiques, une théorie montrant qu’il fallait détruire le capitalisme et les capitalistes en faisant naître des sentiments anticapitalistes conduisant au communisme, lequel a été abandonné pratiquement partout où il s’était implanté en tant que système économico-politique.

        C’est ce qui justifie mon MAINTENANT.

        PS : Le bon lien expliquant l’origine neandertalienne du capitalisme est celui-ci :
        http://www.pauljorion.com/blog/?p=13534#comment-95198

      14. @jducac: « Il s’est développé plus ou moins vite et plus ou moins loin, selon les continents. »

        Eh ben, voilà. On est loin du « existe pratiquement depuis toujours » du départ.

        PS: je n’ai vu qu’une robinsonnade. Ce n’est pas une explication, c’est une fiction. Est-ce à dire que vous n’êtes déjà plus d’accord avec « Il s’est développé plus ou moins vite et plus ou moins loin, selon les continents. »? Ou avancez-vous que les néandertaliens de « chez nous » avaient déjà un système économique que les malheureux néandertaliens de « pas chez nous » ne découvriront qu’au XXè siècle? Ou encore: que les néandertaliens de « pas chez nous » avaient eux aussi découvert le capitalisme mais l’avaient laissé tomber (disons par exemple, à l’époque classique) à la lecture de Marx?

      15. @ Moi 20 août 2012 à 22:00

        Je n’ai vu qu’une robinsonnade. Ce n’est pas une explication, c’est une fiction

        Vous venez de mettre le doigt sur un sujet fondamental de nos jours, celui de la communication et des échanges d’informations, de plus en plus nombreux, ainsi que de leur décodage qui donne lieu à des incompréhensions, lesquelles empêchent de voir les mêmes choses de la même manière chez tout le monde.

        Je ne suis pas un spécialiste de ce sujet passionnant qu’est la transmission de l’information. Je vais simplement essayer de vous aider à mieux me comprendre.

        Bien sûr qu’une robinsonnade est une fiction. C’est d’abord une PRESENTATION, une image initialement élaborée, par l’effet de l’imagination (IMAGE) dans un cerveau émetteur qui veut communiquer, donner à comprendre ce que lui-même a compris d’un problème.
        Si ce cerveau a les moyens de s’exprimer et d’émettre, par exemple sur le blog de Paul Jorion, et si l’image qu’il projette est suffisamment séduisante, attirante, attractive, surprenante ou choquante, ce cerveau émetteur a des chances de capter l’attention, de susciter de l’INTERÊT au niveau de cerveaux récepteurs qui, utilisant le même langage codé, peuvent se REPRESENTER l’idée de l’émetteur et entrer en communication, grâce au langage commun.

        Mais le langage n’est qu’une imprégnation qui s’acquière tout au long de la vie à partir de l’enfance, peut-être même avant, de sorte que le même mot, par exemple CAPITAL peut représenter quelque chose, d’ordinaire, mais aussi d’important, d’essentiel, dans mon esprit, alors que chez un autre, à cause d’une imprégnation différente, cela peut REPRESENTER quelque chose d’opposé, c’est-à-dire de néfaste, de négatif, qui déclenche la répulsion, sans même chercher à comprendre d’où vient le mot et ce qu’il veut dire.

        Pourquoi ai-je utilisé cette histoire, cette fiction ? C’est pour vous faire voir comment, le plus naturellement du monde, nos lointains ancêtres peut-être même avant d’avoir recours à un langage codé, ont pu découvrir les fondements du capitalisme, par pur pragmatisme, en pratiquant simplement la pêche, sans qu’il y ait eu besoin de savants, de théoriciens, d’inventeurs pour bâtir une science de l’économie, et en particulier ce qui s’est appelé ensuite le capitalisme.

        Dès lors que l’on constitue un stock une accumulation d’énergie (nourriture=poisson séché) permettant de vivre un certain temps, cela représente un capital, une ressource (un capital c’est une ressource dit Paul Jorion dans le Capitalisme à l’agonie page 30), c’est-à-dire une chose essentielle, pour maintenir la vie. En termes de peine ultime et extrême, c’est infliger une peine capitale qui supprime la vie. Voyez-vous l’importance du mot capital ? C’est lui qui intervient entre la vie et la mort.

        Cette réserve, ce capital, peut être utilisé pour vivre le temps que l’on se consacre à autre chose. Par exemple le temps consacré par Robinson à créer ses nasses et ses filets (un INVESTISSEMENT) qui sont des moyens de production mieux adaptés à la caractéristique de la nourriture disponible,(plus diffuse, moins dense) et qui témoigne de son évolution.

        Le capital peut aussi être utilisé pour survivre durant les crises économiques que Robinson appelle tempêtes.
        Il peut être utilisé pour porter secours, à condition d’apprendre à pêcher avant tout. Vous connaissez ce proverbe chinois «A un homme qui a faim, mieux vaut lui apprendre à pêcher que de lui donner un poisson». C’est ce qu’il s’emploie à faire avec Fourmi et Cigale.
        Il permet aussi de s’adapter à l’inexorable évolution du monde. Par exemple, au lieu de se consacrer à rechercher de la nourriture, il permet de consacrer ce même temps de vie à chercher à comprendre et à surmonter les problèmes auxquels nous sommes confrontés. C’est ce que nous faisons sur ce blog entre autres.

        Eh ben, voilà. On est loin du « existe pratiquement depuis toujours » du départ

        C’est votre façon de voir, ou de refuser de voir. Qu’est-ce qui vous amène à penser que je dis le contraire ou quelque chose de loin de ce que j’ai dit au départ ? Je ne recherche qu’à vous faire comprendre ce que j’ai compris, à seule fin de vous aider. Je reste à votre disposition pour expliciter davantage.

        Ou avancez-vous que les néandertaliens de « chez nous » avaient déjà un système économique que les malheureux néandertaliens de « pas chez nous » ne découvriront qu’au XXè siècle?

        Ça n’est faire insulte à personne, si l’on reconnait que les êtres vivants, notamment les hommes, n’évoluent pas tous à la même vitesse dans tous les domaines concernant leur vie, donc le développement de leurs communautés. Le « système économique » consistant à EPARGNER sur sa consommation pour se constituer une réserve qui est CAPITALE, pour pouvoir franchir des discontinuités d’accès aux ressources vitales, ou pour évoluer en INVESTISSANT en moyens nouveaux, n’a probablement pas été découvert et mis en application de manière simultanée et uniforme sur toute la planète.

        D’ailleurs, la plupart des autres êtres vivants, tels les animaux, en sont restés à constituer des réserves en eux-mêmes, sous forme de graisses, alors que nous avons fait cela hors de nous, ce qui présente à la fois des avantages et des inconvénients. Cela permet les prêts ce qui est souvent bon, mais aussi des dettes dans lesquelles nous sommes empêtrés actuellement, ce qui pose problème.

        Nous avons même été plus loin en allant jusqu’à constituer des réserves sous forme virtuelle, sous forme de représentation d’énergie, ce que je j’appelle de la pseudo énergie, de l’argent qui, comme le dit si justement Paul Jorion, ne vaut que par l’idée qu’on s’en fait.

        Ou encore: que les néandertaliens de « pas chez nous » avaient eux aussi découvert le capitalisme mais l’avaient laissé tomber (disons par exemple, à l’époque classique) à la lecture de Marx?

        Je ne suis pas un spécialiste de Marx, mais il me semble qu’il a bâti une théorie à des fins politiques. Pour ce faire, il s’est livré à un formidable détournement de sens, il a voulu faire haïr le CAPITAL et les capitalistes au plus grand nombre, ce qui a conduit à un retard de développement économique partout où on a tenté d’implanter sa théorie. Il aurait peut-être mieux fait de pousser tout le monde à être un peu capitaliste.

        Ce qui est remarquable, c’est de constater que là où l’anticapitalisme marxien a été au plus près de s’imposer durablement, comme dans l’Est européen, l’ex URSS et la Chine, c’est là qu’on semble le plus facilement tourner la page de cette expérience.
        Par contre, là où cet anticapitalisme n’a pas pu s’imposer, comme notamment en Europe du Sud, où malgré tout, le capitalisme a amené une nette amélioration du niveau de vie et a beaucoup contribué au développement, il reste des foyers qui tendent à le faire renaître.

        C’est à croire que le commun des mortels a, moins qu’ailleurs, compris comment fonctionne réellement l’économie.

      16. Excellent jducac, vraiment excellent. Les néandertaliens capitalistes de chez nous vs les néandertaliens collectivistes d’ailleurs, fallait oser. Chapeau.
        A moins que vous ne soyez capable d’humour et d’ironie? Je n’ose y croire.

      17. @ Moi 21 août 2012 à 13:24
        Si vous aviez compris comment, fondamentalement, le capitalisme fonctionne, ce serait excellent. Mais le souhaitez-vous?

        Le fait que vous ayez eu recours au paravent de l’humour et de l’ironie pour vous retirer discrètement, m’amène à en douter. En fait vous ne voulez pas savoir, plutôt que de reconnaître, comme beaucoup d’autres, que vous avez été victime d’une dramatique manipulation mentale.

      18. @ jducac

        Si vous aviez compris comment, fondamentalement, le capitalisme fonctionne, ce serait excellent. Mais le souhaitez-vous?

        Soit A un spermatozoïde et B un ovule. A transmet son capital génétique à B pour former C.

        Voilà votre explication du capitalisme jducac. Souffrez que nous discutions ici de la définition du capitalisme communément admise par les commentateurs du blog de Paul Jorion plutôt que de s’égarer sur une voie de garage destinée à justifier coûte que coûte le capitalisme comme vous le faites.

      19. Halte là Julien ! Blasphème ! Horreur ! Tu frises l’apostasie ! Il ne produit pas C le spermato capitalo A avec l’ovule résignée B, malheureux ! Mais K bien sûr !
        T’as remarqué c’qu’on peut faire de la phrase d’introduction de Jduc à Moi ? Té, exemple : « Si vous aviez compris comment, fondamentalement (la tu mets un texte sacré…) fonctionne, ce serait excellent… », bref du fondamentalisme pur jus de chique.
        Et tu remarqueras qu’il laisse une ouverture pour finir en soupçonnant, que dis-je, en affirmant ! que Moi aurait subi une manipulation mentale pour refuser d’admettre ses propres fondements capitalogénétiquement déterminés. Pourra pas réfuter la possibilité d’une manipulation mentale inverse, évidemment, et donc l’hypothèse d’un fondement génétique anticapitaliste, of course. Sauf à nous dégoter son fameux gène, mais l’a passé l’âge de la recherche, comme de la curiosité d’ailleurs, le pôvre. L’en est juste devenu une, de curiosité, si ce n’est d’objet de recherche…

      20. @ Julien Alexandre 21 août 2012 à 16:10

        Voilà votre explication du capitalisme jducac.

        Les explications originales valent toujours mieux qu’une transcription, même bienveillante.
        Il y a des originaux ici :

        http://www.pauljorion.com/blog/?p=13534#comment-95198
        & ici :
        http://www.pauljorion.com/blog/?p=40630#comment-353502

        Quant au spermatozoïde capitaliste, vous n’avez retenu qu’une partie de la leçon. Vous avez passé sous silence le tempérament conquérant et investisseur du spermatozoïde, dans la similitude que j’ai établie avec le capitaliste. C’est pourtant ce que s’emploie à faire le capitaliste quand il dispose d’un capital. Il s’emploie à l’investir pour assurer le futur, la poursuite de la vie.

        Vous voyez bien qu’il faut rappeler sans cesse les fondamentaux.

      21. Merci de cet utile rappel jducac, il eut été en effet dommage de passer sous silence ce parallèle heureux entre le « tempérament conquérant et investisseur » du spermatozoïde et celui du capitaliste, pièce majeure s’il en est de votre œuvre.

    1. « le capitalisme est en train de sombrer d’où la baisse du soutien au système »

      Allez, soyons honnête pour une fois : l’anticapitalisme même nuit noire et profonde.

      1. « Cette réserve, ce capital, peut être utilisé pour vivre le temps que l’on se consacre à autre chose. Par exemple le temps consacré par Robinson à créer ses nasses et ses filets (un INVESTISSEMENT) qui sont des moyens de production mieux adaptés à la caractéristique de la nourriture disponible,(plus diffuse, moins dense) et qui témoigne de son évolution. »

        les capitalistes ils voient une réserve de nourriture, une végétation, du temps libre et des mains = ça vous donne des nasses et des filets
        ce qu’ils appellent Capital c’est juste le  » =  » qu’ils imposent aux autres en les observant produire pour eux la plus value de LEUR Capital par magie : car ils sont bien impuissant à expliquez COMMENT leur Capital – c’est à dire leur volonté de domination, produit du nouveau, si ce n’est en investissant ce qu’ils contrôlent = la production du Capital à l’intérieur du cerveau des autres par la conquête illimitée*c’est la dette infinie quoi du sens de la vie, de l’univers et tout le reste.

  7. Une société planétaire fédérale en réseau optimiserait notre organisation politique.

    Une dilution des droits de propriétés (intellectuels, des moyens de production…) nous débarrasserait de la brevetabilité ou encore de l’obsolescence programmé.

    Un recyclage digne de ce nom nous permettrait d’aborder nos inquiétudes liées aux pénuries de ressources avec plus de sérénité. Biogaz, soleil. Certaines ressources paraissent inépuisables, comme la connerie humaine qui s’obstine sur les énergies fossiles…

    Sans compter sur les futures mines lunaires(!)

    Quant aux hiérarques capitalistes et leurs complices, qui nous barrent la route avec leurs polices et leur prisons, il nous faudra bien nous l’avouer: ils ne « dégageront » pas le passage d’eux-même, il nous faudra les bousculer.

    1. Quant aux hiérarques capitalistes et leurs complices, qui nous barrent la route avec leurs polices et leur prisons, il nous faudra bien nous l’avouer: ils ne « dégageront » pas le passage d’eux-même, il nous faudra les bousculer.

      On leur dira « Oui, oui, vous deviendrez immortels, on va vous faire ça et ça.. mais pour tout ça il va falloir que vous fassiez un petit tour dans le cosmos « , qu’ils devront payer très très cher, quasiment toute leur fortune. Puis on les poussera dans l’astronef en partance sur la Lune ou sur Mars, selon, et on leur piquera les clefs pour être sûrs qu’ils ne reviendront jamais. 😀

  8. Vous ne pouvez penser global que jusqu’à un certain point, sauf à verser dans un messianisme uniforme qui n’a pas lieu d’être ! Quant au « bénéfice du bien-être de l’humanité », on peut là aussi considérer qu’il ne sert à rien de se projeter à une échelle où l’on perd pied rapidement en tant que citoyen et acteur, on le voit avec le système néo-impérialiste et monolithique de l’UE, d’autant plus que nous avons tous un ancrage physique et territorial (culturel) bien déterminé. Seule une forme d’exemplarité pourrait porter en dehors de nos frontières, or nos élites (rentières) ne le sont aucunement (remise en cause du mercantilisme total ? transition écologique ? Francophonie et FCFA réinventés ?…) tandis que 6-7 millions de non-inscrits, 40 % d’abstentionnistes en France ne comprennent fondamentalement pas qu’une stratégie d’évitement (sauf stratégie de fuite par expatriation) ne peut que les affaiblir face à une oligarchie qui ne s’arrêtera jamais d’elle-même, jamais ! Cela, c’est aller jusqu’à perdre son instinct de survie pour soi-même et pour les générations suivantes (les premiers hominidés se sont pourtant débarrassés des grands fauves…). Le premier (seul) obstacle à une sortie par le haut pour la France et les Français demeure donc d’abord celui de la très faible représentativité des élites.

    Par ailleurs, quand vous affirmez « Ils sont secoués par une crise du capitalisme financier qui ne trouve pas d’issue et se traduit par l’exigence d’un impossible désendettement, inédit à cette échelle globale. », vous clôturez le débat avant qu’il ait lieu, pour nier en quelque sorte la responsabilité écrasante des décideurs politiques depuis 40 ans, dans la continuité l’importance vitale d’une confrontation politique indispensable entre le peuple français et l’oligarchie qui dirige la France! De plus, avec son programme fondé sur le principe de « monétisation de notre dette publique publique sur projet francophone » l’IRC démontre l’invers de votre assertion (cf blog)!

  9. Merci à François pour ce billet encore une fois fort intéressant.
    Une petite remarque : le « bas prix » n’est possible qu’avec une énergie abondante et bon marché. Ce qui va inévitablement changer à court terme.
    Même au niveau des services qui ne sont pas comme on le croit, dématérialisés, mais reposent aussi sur des supports énergivores (locaux, matériels, déplacements, outils de communication, etc…)
    Les emplois du tertiaire seront très menacés par les pénuries d’énergie à venir.

  10. D’où me vient cette impression que nous vivons de plus en plus dans une atmosphère de nouvelle guerre froide, reprenant les mêmes acteurs, à ma droite les US, à ma gauche le bloc Est, et la bonne vieille Europe au milieu représentée ici-même par Mr Leclerc, avec tout le respect que je lui dois, cherchant à ménager la chèvre et le chou par une louable hauteur de vue masquant à peine sa profonde impuissance.

  11. Marre de refaire le monde.
    C’est le monde qui nous fait… en se défaisant
    Sauf dans les sociétés dites « primitives » – et encore ! – le capitalisme a gagné partout
    Il est dans les têtes.
    L’esprit hippie est bien loin (et même là, c’était pas tout rose – Cioran reviens !!)
    Vous dites

    Les uns prédisent le chaos, comme s’il n’était pas déjà installé…

    Et bien je crois que l’on n’a encore rien vu.
    7 milliard d’individus à nourrir et bientôt plus de pétrole.

    1. 7 milliard d’individus à nourrir et bientôt plus de pétrole.

      Ben justement.. c’est l’utilisation du pétrole et de ses dérivés chimiques qui tue les sols, les plantes et les animaux (nous avec). Donc ça laisse de l’espoir.
      « L’agriculture du génocide » : http://www.youtube.com/watch?v=Yq4GIMnxgKs

  12. Dans le cas particulier du Brésil, la situation renseigne beaucoup, à mon avis, sur quels sont les rouages précis de la société que la mécanique économique ultralibérale tente de gripper systématiquement. Ce sont la santé et l’éducation.
    La dégradation des services publics dans ces domaines est impressionnante malgré le taux d’imposition général très élevé qui pèse sur une nouvelle classe moyenne dont l’émergence a constitué une des clés du succès brésilien. Les écoles publiques de tous les niveaux sont dans un état lamentable, les moniteurs et professeurs sous-payés et obligés à travailler, en doublet, pour un secteur privé qui fait ses choux gras en offrant une forme idéale d’éducation néolibérale – à la carte, les connaissances transmises dépendent d’un contrat privé, les résultats aussi. Le tri est fait dès le départ et malgré leur excellent niveau, les universités fédérales brésiliennes (qui elles sont publiques et payées par tous les brésiliens) ne sont pas pleines des meilleures têtes du pays. Les universités privées, surtout à l’intérieur, ne sont, dans leur très grande majorité, qu’une incroyable arnaque intellectuelle et financière.
    Le système public de santé est lui aussi délabré et les programmes comme la bolsa familia apparaissent comme de l’assistanat ad eternum que les nantis ont beau jeu de critiquer en alléguant qu’ils freinent le développement et donnent de mauvaises habitudes. Seulement voilà, la consommation s’essouffle par manque de nouveaux arrivants au niveau du pouvoir d’achat qui permet d’acheter la production. On tend plus à la deuxième voiture neuve kilomètre 0 chez les mieux placés (pas grand monde) de cette nouvelle classe moyenne qu’à la première chez les pauvres. Donc, les banques commencent à offrir un crédit facile et bon marché à une tranche de la population dont la solvabilité est proportionnelle à la stabilité de l’emploi mais dans un contexte juridique de protection de celui-ci quasiment nul. Le chantage est servi et la suite risque, malheureusement, d’être très corsée.

      1. C’est certainement l’un des plus grand roman de Sf écrit.

        On peut aussi se jeter sur son ouvrage La vallée de l’éternel retour qui vient d’être rééditer chez Mnémos qui est tout aussi remarquable.

  13. Les niveaux de confort qui sont atteints, là où c’est le cas et aussi inégalement répartis soient-ils, sont de toute façon menacés …

    Ce sera difficile pour tous les pays occidentaux gavés depuis si longtemps.

    Mais ce sera encore plus difficile pour ces pauvres américains, qui n’ont jamais connu la pénurie ni même l’épidémie, d’ailleurs. Meilleurs voeux au président qui devra leur expliquer que le rêve américain, dorénavant, c’est rouler dans des plus petites voitures qui devront être conservées plus longtemps et consommer moins d’essence, ne plus vivre à deux dans des baraques de 400 m2 avec des garages pouvant accueillir 3 camions, de ne plus prendre l’avion pour aller à une heure de chez soi, etc…

    Bref, abandonner le consumérisme hystérique… Un vrai cauchemar, pour américain moyen.

    Comment cette pseudo démocratie, chaque jour plus totalitaire, et dont les prétentions impériales sont quotidiennement contrariées par le manque de moyens économiques, diplomatiques et financiers, va-t-elle être capable de prendre le virage de cette transition ?

    Les Etats-Unis, nouveau Thanatos planétaire ?

    1. « Les Etats-Unis, nouveau Thanatos planétaire ? »

      Depuis le départ, je pense que c’est plutôt un cancer létal qui se généralise…

  14. Les pays émergents(émargés pour Pigasse) sont condamnés à reproduire le système qui s’essouffle dans les pays riches (immergés),à hisser leur niveau de consommation par la dette privée et attendre les miettes d’une oligarchie copulant avec le politique de quelque nature qu’il soit.
    Les problèmes de fond demeurent,le pillage des ressources,le nucléaire reste l’alternative indépassable au plan énergétique,le réchauffement climatique et ses conséquences humaines(déplacements de populations,désastres alimentaires),les réponses sont connues et occultées.

  15. Pour répondre à abraxas, je ne pense pas que les 40 millions d’américains qui sont au-dessous du seuil de pauvreté, soient des consuméristes hystériques…

    1. Sans doute. Mais sur presque 315 millions d’habitants, il en reste quand même 275 qui restent concernés

  16. Au départ, ce matin, je voulais parler des 14 points de Wilson.

    Rapport à Assange…

    Quel rapport ?

    Pfffblbllbblb, ce soir y’a surchauffe.^^

  17. Merci pour ce billet, cet état des lieux… Je ne sais pas de quoi demain sera fait mais je suis persuadé que notre futur ne sera pas un réchauffé d’événement(s) passés car je pense que les nouvelles technologies de communication bousculent les événements et permettent à la vérité d’éclater plus rapidement en rendant, au passage, les médias traditionnels obsolètes (cf. les événements Syriens actuels filmés par des téléphones portables, les blogs où la parole est libre, les pétitions sur Facebook, les twitts, etc…).
    Si la toile a un fonctionnement réellement autonome (ou arrivera à avoir : cf. la partie chinoise du www fermé et remplacé par un autre géré par le gouvernement en place, les poursuites des équipe de MegaUplaud et de Wikileaks par le FBi etc.) alors elle sera un acteur très important de notre histoire à venir… ce ne sont pas les Tunisiens, par exemple, qui me contrediront…

    Je profite de ce message pour donner le lien d’une pétition en ligne, un autre combat à mener, pour nos enfants, pour ces chers petits insectes, peut-être est-ce eux les meilleurs amis de l’homme, qui régalent nos palais directement et indirectement depuis des siècles…
    http://www.pollinis.org/petitions/video_pesticides.html

  18. Si nous essayons de coudre alors ? (Non de re-coudre puisqu’il s’agit de coudre autre chose…)

    Que coudre ?

    Rêvons un peu et marchons doucement car nous marchons sur nos rêves.

    Là comme ça j’entrevois le bâti d’un quelque chose d’encore assez ineffable, dont j’essaie de stabiliser l’image.

    Sur la table-tréteaux de l’atelier je pose:

    Julian Assange.
    Les Indignés.
    Democratia Réal Ya!
    Le mot et la chose.
    Les 14 points de Wilson.
    La New Diplomacy. La diplomatie au grand jour…
    Extrait:
    « Notre objet est de défendre les principes de paix et de justice dans la vie du monde contre les puissances égoïstes et autocratiques »
    Droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.

    Un idée: par rapport à democratia real ya! au mot et à la chose (creuser par là, dimension performative?)… La démocratie au grand jour ?
    Question comment ? Réponse peut-être plus loin.

    Je reprends.
    Bretton Woods. 14 points de Wilson.
    La critique des limites.
    Impérialisme économique.
    Dévoiements.
    Insuffisances.
    Écologie.
    Rapports économiques.
    Bancor-outil.
    Altérité.
    Sauver l’espèce.
    Principes
    Réécriture.
    Remettre cent fois l’ouvrage sur le métier.
    Internet-outil. Rayonnement mondial.

    Droit de l’espèce humaine à disposer d’elle-même au regard de sa survie donc au regard de la préservation de la Planète ?

    Le pouvoir de l’intelligible.
    L’intelligible comme signe de la valeur de la proposition.
    Les principes comme ouvroirs:
    d’agriculture potentielle
    de travail potentiel
    etc…
    de déclinaisons potentielles en moyens, moyens existants ou créativité existante.
    Parler de quelques moyens, en lister peut-être ? Inventaire des moyens.
    Au travail citoyens!
    Le mot et la chose.
    Le pouvoir grâce à une prise de conscience collective.
    On veut plus de démocratie, on dit je veux plus de démocratie.
    On se bat pour ce qu’on n’a pas. On désigne ce qu’on n’a pas par des mots.
    On se paye de mots. N’est-ce pas Monsieur Dimanche !
    L’argent, on ne sait point ce qu’est l’argent.
    Chacun cherche sa démocratie.
    Et si ce que nous croyions de pas avoir, nous l’avions, en réalité. Ici maintenant?
    Réal Ya!

    ….

    Etc…

    Au nez, j’irais par là.

  19. Du fil et une aiguille pour ne pas laisser sans filet de sens ceux qui ont le désir d’en découdre.
    Au moins cela.
    Écrire un texte comme filet de sens.

  20. les contras du qatar et les talibans de l’arabie saoudite ne sont pas des combattants de la liberte. les neoconsrvateurs ne sont pas les portes paroles des peuples. si les francais se pasionnent
    pour la liberte, qu’ils regargent en premier chez eux. il vaut mieux ca que soutenir des criminels
    illegitimes aux yeux des peuples et contraires aux principes et aux interets de la france. il y aurait tellement plus a dire, mais le desepoir est enorme! je comprends pourquoi je vais me faire insulter, mais je vous demande de reflechir par vous memes et de refuser la dictature mediatique.

  21. cher vigneron.

    je ne cherchais pas a etre condescendant. mon exhortation etait plutot une excuse : « si vous trouvez mon ton condescendant sachez que mon souci est l’honettete ».

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