FINIR LE JOB, par Jean-Pierre Pagé

Billet invité. Jean-Pierre Pagé dresse ici une perspective très différente de celle développée ici-même par Jacques Sapir récemment.

L’arrivée de François Hollande sur la scène européenne a permis de débloquer la situation et d’amorcer un dégel par rapport à la politique du « tout austérité » qui la dominait. Mais elle n’a pas résolu le problème posé par cette politique suicidaire. La « relance européenne », décidée lors du Sommet fin juin à Bruxelles, est plus un signe, un symbole, qu’une action décisive. La marge de manœuvre qu’elle est censée mobiliser est très insuffisante. Surtout, cette mobilisation, dans l’état des institutions et des processus de décision européens, reste totalement hypothétique. Quant à l’annonce par Mario Draghi d’une intervention plus significative de la BCE en vue de contribuer à juguler la crise, elle apparaît comme le « verre à demi rempli ». Par l’acceptation du droit de la BCE à intervenir massivement, elle marque l’intention de cet organisme de jouer enfin pleinement son rôle : c’est le verre à moitié plein. Mais la condition stipulée d’une soumission à la mise en œuvre des politiques d’austérité risque de miner d’avance l’efficacité de cette intervention : c’est le verre à moitié vide.

En outre, force est de constater que les autorités européennes, abusées par les techniciens du FMI et de la Commission européenne, continuent à faire fausse route concernant la Grèce. Même si les gouvernements successifs de ce pays sont responsables de la dégradation de sa situation, il ne sert à rien de lui dicter aujourd’hui une politique dont on sait qu’elle ne peut pas aboutir à des résultats positifs. Vouloir imposer de nouvelles coupes dans les dépenses publiques à un pays qui est déjà, plus qu’en récession, en dépression, ne peut qu’aggraver le mal. C’est un peu comme si l’on demandait à un malade qui se vide de son sang de se soigner à coup de saignées ! Il y a des réalités qui s’imposent, que l’on soit keynésien ou non. On a déjà vu le résultat désastreux de telles pratiques en Russie au cours des années 90. L’actuel Premier Ministre grec a donc raison de demander du temps et il ne sert à rien de proclamer que la Grèce doit satisfaire aux obligations qui lui sont demandées – et aussi qu’elle doit rester dans la zone euro sous peine d’une catastrophe à l’échelle européenne, ce qui est vrai – si elle ne peut satisfaire à ces obligations. Il faut tout à la fois exercer une grande surveillance amicale sur ce qui se passe en Grèce, adapter au contexte local les réformes qui lui sont proposées (et ne pas se contenter de la vulgate libérale centrée sur les privatisations : des améliorations au fonctionnement des institutions et entreprises publiques sont, tout autant sinon plus, nécessaires) et lui fournir les moyens financiers lui permettant de survivre (cela coûtera moins cher à l’Europe que les conséquences catastrophiques de la politique actuellement menée). Il faut lui donner du temps et retarder les échéances en conséquence, pour qu’elle puisse payer ses dettes (cela fait partie des modes de gestion normaux des dettes souveraines) et que les réformes qu’on lui demande d’accomplir produisent leurs effets.

À cet égard, il convient de tordre le cou à une théorie fausse, poussée par les cercles ultra-libéraux, qui se répand et enfle telle une baudruche, selon laquelle le problème pourrait être résolu, grâce aux fameuses « réformes structurelles », par une politique de compétitivité. Certes, il y a certainement à faire pour améliorer celle-ci et enrayer le déclin de notre industrie. Mais l’origine majeure de nos difficultés économiques actuelles ne vient pas principalement de là, contrairement à ce que l’on veut nous faire croire. Elle tient à l’affaiblissement des débouchés dans notre environnement proche, en Europe, que ne parviennent pas à compenser les opportunités d’exporter ailleurs. Si l’industrie automobile française est en crise, actuellement, ce n’est pas tant parce qu’elle est insuffisamment compétitive (même s’il convient, par exemple, de reconnaître que des erreurs de positionnement concernant les gammes de produits ont été commises), mais parce que ses débouchés en Europe se réduisent sous l’effet des politiques d’austérité imposées par Bruxelles et certains pays comme l’Allemagne. Il faut ici dénoncer l’idée selon laquelle le rééquilibrage en Europe pourra se faire principalement grâce à des politiques structurelles d’amélioration de la compétitivité. Certes, celles-ci pourront avoir un effet positif par rapport au reste du monde, beaucoup moins, toutefois, que le simple effet de la dépréciation de l’euro vis-à-vis du dollar. Mais si tous les pays d’Europe s’efforcent de mener simultanément de telles politiques (en augmentant la productivité du travail, en diminuant les charges sociales, voire les salaires eux-mêmes, par exemple), ils ne feront que lancer, à l’image de ce qu’ont fait certains pays de l’Europe de l’Est en transition en menant une course à la baisse de la fiscalité, une « guerre des compétitivités » dont l’essence et les résultats risquent d’être aussi catastrophiques que ceux du « tout austérité ». Et ne parlons pas de l’affirmation selon laquelle « Seul le redressement dans l’injustice est possible », que l’éditorialiste d’un grand hebdomadaire a osé proférer ! Faut-il répéter que les « réformes structurelles » en Europe du nord, que l’on cite toujours en exemple, n’ont pas été accomplies au détriment de l’« État-providence », que certains citent complaisamment comme le coupable, mais dans le contexte de très généreuses prestations sociales conduisant à un niveau élevé de dépenses publiques.

Le problème de fond, tel qu’il a été clairement exposé par de nombreux économistes, demeure et ce serait une tragique erreur que de croire qu’il a été résolu lors du Sommet de Bruxelles. Une zone économique déjà fortement intégrée comme l’est la zone euro ne saurait fonctionner si toutes ses composantes se bornent à appuyer, ensemble, sur les freins comme tel est le cas aujourd’hui, ne serait-ce qu’en raison des effets induits par un tel comportement sur le commerce intrazone. S’il en est ainsi, elle ne peut être que condamnée à un étouffement progressif. On ne reviendra pas sur ce qui a été amplement démontré.

Si la zone euro entend rétablir les équilibres et se désendetter, elle ne peut le faire qu’à deux conditions complémentaires :

1) Mener de fortes actions de stimulation économique impulsées par un « centre » disposant d’un budget conséquent (c’est l’aspect « New Deal »), ne se résumant pas à la relance keynésienne par la dépense, ce à quoi on les assimile le plus souvent, mais prenant la forme d’un plan ambitieux de développement et de restructuration de l’économie européenne tirant parti des innovations technologiques et répondant aux impératifs de modernisation, compétitivité et protection de l’environnement ;

2) Réaliser d’importants transferts de ressources financières des régions les mieux dotées et les plus riches vers les plus pauvres et les plus déséquilibrées. C’est encore au budget central qu’il reviendrait de prendre en charge et opérer ces transferts.

Ces deux conditions ne sont pas réunies dans le cas de la zone euro. Le budget fédéral de la zone est ridicule, un avorton de l’ordre de 1 % du PIB européen, alors qu’il faudrait que celui-ci atteigne un minimum de 10 %. Malheureusement, les pays « riches » ne semblent pas psychologiquement prêts à accepter le principe de ces transferts de ressources (même si, dans les faits, les mesures de replâtrage opérées les conduisent à le faire implicitement, mais sans effet positif : ce ne sont que des pis-allers).

Quand Angela Merkel se prononce en faveur d’une union politique dont le pilier serait une union budgétaire, elle ne pousse pas son raisonnement jusqu’au bout. Elle conçoit l’union budgétaire comme un ensemble de dispositions (dont l’apogée est la fameuse « règle d’or ») obligeant les pays membres à adopter et respecter des règles les contraignant à équilibrer leurs finances publiques. Mais elle oublie (ou omet de préciser) que ceci implique, pour ne pas conduire aux conséquences négatives évoquées ci-dessus, des mécanismes de transferts permettant aux économies des pays les plus démunis et les plus déséquilibrés de fonctionner, d’éviter l’arrêt cardiaque. Pourtant, elle est bien placée pour le savoir, puisqu’elle dirige une union d’États (les « Länder ») fonctionnant selon ce principe qui conduit les « Länder » les plus riches (comme la Bavière) à subventionner les « Länder » en difficulté financière (comme Berlin). Ce qu’elle accepte d’appliquer à son propre pays qui est une union fédérale, elle est mal placée pour le refuser à l’étage au-dessus.

Il appartient, pour une part importante, à notre pays de faire sauter ce blocage, même si cela oblige à des abandons de souveraineté et à des transferts budgétaires auxquels beaucoup rechignent. Il convient donc de mener une action pédagogique d’urgence. Même si l’on conçoit bien l’esprit de compromis qui a conduit François Hollande à accepter le « pacte fiscal » complété par des mesures (malheureusement très insuffisantes) pour soutenir l’activité économique en Europe, il n’en demeure pas moins que, tel qu’il est libellé, il y a de fortes probabilités pour qu’il ne fonctionne pas et n’atteigne pas son but qui est le rééquilibrage progressif des finances publiques, faute d’une relance appropriée de l’économie européenne. Actuellement, le cours de cette économie paraît inexorablement orienté vers la récession, voire la dépression comme au cours des années 30, faute de carburant dans le moteur, avec tous les effets qui ne peuvent qu’en découler. Ceci a été clairement démontré par de nombreux économistes parmi les plus compétents et les plus responsables. Le « pacte fiscal » ne peut être accepté par les populations que dans le cadre d’un changement beaucoup plus profond des institutions européennes dans le sens de l’intégration pour davantage de solidarité et de justice sociale.

Il faut donc « finir le job ». Le temps est compté. Nous sommes arrivés à un de ces moments, une césure, où l’Histoire se décide. Il n’est plus possible d’attendre que les esprits se fassent à la nécessité du changement, que les longs processus habituels de décision communautaires se déroulent, que la « Cour de Karlsruhe » soupèse sans fin avec de nombreux experts les décisions à prendre. Il y a le feu ! Il faut aller très vite, sous peine de revenir aux errements passés, de voir se reprofiler le spectre de l’éclatement de la zone euro, mettant fin à la belle idée de la construction de l’Europe. Malheureusement, force est de constater qu’il n’y a plus, même dans notre pays, le même élan et la même générosité qui ont conduit, après la Seconde Guerre Mondiale, à commencer la merveilleuse aventure européenne. Aujourd’hui, les calculs, les hésitations, les mesquineries ont tendance à l’emporter. Les craintes qui ont justifié le « non » au référendum sur le Traité Constitutionnel ne sont plus de mise. Il faut renverser la problématique. C’est en imposant la solidarité et la générosité, en retrouvant l’esprit du Conseil National de la Résistance, que nous pourrons inverser la logique pernicieuse née du triomphe de l’ultralibéralisme qui a gangréné le fonctionnement des institutions communautaires. Ce n’est qu’ainsi que pourra être confirmé le dégel attendu de l’arrivée au pouvoir du Président Hollande.

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145 réflexions sur « FINIR LE JOB, par Jean-Pierre Pagé »

  1. y à un truc qui me gène, à quoi sert donc nos députés Européens.
    Entre deux déménagements de Strasbourg à Bruxelles, je crois que certains s’intéressent au projet (l’Europe), j’imagine qu’il y a des dossiers, des minots (avec de grands yeux ouverts) et que cela ne sert à rien entre les élections Allemandes et Françaises, ou entre des événements médiatiques Allemands ou Français.
    Quelques soient les points de centralisme (même si j’ai l’impression que tel qu’est construite l’Europe, la fin inévitable de l’Euro, soit la fin de l’Europe et donc s’intéresser à l’état soit un gain de temps), l’important c’est que la machine fonctionne.
    S’ils croient à l’Europe, faut qu’ils nous en donnent envies, qu’ils la « vendent », même s’ils ne sont pas sur d’eux.
    Demandez à un petit patron de PME qui a réussit, si après une visite à la banque ou chez un fournisseur et une belle prestation, il a pas eût l’impression ce vendre plus cher qu’il ne vaut (ça marche aussi pour les salariés sans ressource).
    Y à que les crétins qui parlent de la confiance, quand faut la créer, la maintenir, on n’est rien d’autres qu’un destin (un marathonien qui avant de partir, met en gage ces chaussures).
    Si le parlement ne veut pas prendre le pouvoir, alors qu’il ne la jamais eût, aucun peuple n’aura de raison de le lui donner.

  2. un billet pour rien. tout est dit dans le 1er paragraphe. tout et son contraire…ou Hollande a t il fait bouger les lignes? il va faire voter a la virgule pres le traité merkozy, et ou est la relance? si ce n’est ce qui etait prevu?…..tout le reste n’est que verbiage.merci toutefois aux commentaires plus interessants.

  3. Le 30 septembre 2012 à Paris avec Jean-Luc Mélenchon, le Front de Gauche, le Mouvement de Gauche (MG) et Bernard Wesphael Député régional du Mouvement de Gauche Belge.

    Ce traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance en Europe (TSCG) va durcir encore la dérive austéritaire de l’Union Européenne. Il va mettre le budget de la Belgique et indirectement des gouvernements régionaux sous l’autorité de la Troïka (Banque Centrale Européenne, Fonds Monétaire International, Commission Européenne), obligeant à l’adoption de mesures d’austérité qui aggraveront encore la récession déjà visible aujourd’hui.

    Ce n’est pas d’un nouveau traité d’austérité dont nous avons besoin, mais d’une politique qui mette l’humain au premier plan, contrecarre la dérive néo-libérale et prépare l’avenir immédiat par une relance de l’activité avec enfin des mesures pour les salaires, contre les licenciements boursiers et la catastrophe écologique.

    http://www.gauche-democrate.be/

    http://www.dailymotion.com/video/xtj0bi_le-tscg-ou-traite-europeen_news

    Portugal : l’opposition menace de rompre le consensus autour du plan d’aide.

    http://www.romandie.com/news/n/_Portugal__l_opposition_menace_de_rompre_le_consensus_autour_du_plan_d_aide29130920122234.asp

  4. [Mme Merkel] est bien placée pour le savoir, puisqu’elle dirige une union d’États (les « Länder ») fonctionnant selon ce principe qui conduit les « Länder » les plus riches (comme la Bavière) à subventionner les « Länder » en difficulté financière (comme Berlin). Ce qu’elle accepte d’appliquer à son propre pays qui est une union fédérale, elle est mal placée pour le refuser à l’étage au-dessus.

    Je partage ce point de vue dans la mesure où sinon il faudrait encourager les Catalans à séparer leurs affaires de celles de l’Espagne, un exemple parmi d’autres, mais c’est un peu plus compliqué que ça!

    Au dessus de l’Europe il y a d’autres étages et, s’il y en a une, la frontière à laquelle la solidarité que vous préconisez doit s’arrêter devrait être justifiée. La solidarité d’un pays vers un autre ne me parait justifiée que si une solidarité équivalente existe à l’intérieur de ce pays, sinon on ne fait que contribuer à y enrichir les plus riches.

    Par ailleurs si on admet le principe de la concurrence internationale sans limites il me semble inévitable de réduire dans toute l’Europe les retraites et les allocations chômage, les soins médicaux et l’enseignement jusqu’à atteindre à un niveau compatible avec cette concurrence, puisqu’ils s’opposent à la compétitivité.

    J’ai peur que l’Europe soit un cadre beaucoup trop étroit pour résoudre les problèmes qui nous sont posés, problèmes qui sont très anciens mais que nous, les occidentaux, ne voyons plus de la même manière depuis que notre situation privilégiée est menacée.

    A part ça une Europe unie (à la place des nations en guerre que suis assez âgé pour avoir connu de près) est une ambition que je partage tout à fait mais je crains que l’euro ne s’y oppose finalement plus qu’il n’y contribue.

  5. « Il y a le feu ! Il faut aller très vite, sous peine de revenir aux errements passés, de voir se reprofiler le spectre de l’éclatement de la zone euro, mettant fin à la belle idée de la construction de l’Europe. Malheureusement, force est de constater qu’il n’y a plus, même dans notre pays, le même élan et la même générosité qui ont conduit, après la Seconde Guerre Mondiale, à commencer la merveilleuse aventure européenne. »
    La peur comme aiguillon, çà me rappelle aussi certains errements. D’ailleurs, ce n’est pas la générosité qui a conduit à l’aventure (merveilleuse aventure, la belle idée…), mais l’opposition USA/URSS, l’équilibre de la terreur, la MAD.

    Pour l’effrayant spectre, je jurerais pas qu’il soit parti. Faut dire, un édifice aussi inflammable, c’était risqué.

    P.S. : vous n’êtes ni le premier ni le dernier, mais nommer europe l’union politique d’une partie des pays d’europe?

  6. J’ai oublié de dire que ma mère avait été arrêtée par les brigades spéciales (police de Vichy)
    Elle faisait partie en 1945 des 12 femmes survivantes du convoi n° 67 (Drancy) par lequel
    1100 personnes avaient été transportées jusqu’à Auschwitz Birkenau – Vous m’en voudrez donc
    pas sans doute de ne pas aimer les sénateurs et députés ayant voté les pleins pouvoirs au maréchal PETAIN
    Cordiales salutations à tous

  7. bonjour, merci pour l’article

    C’est en imposant la solidarité et la générosité

    imposer la solidarité = fermer les paradis fiscaux, ou « austératomiser » la masse, le choix est fait
    imposer la générosité : par définition, cela ne veut rien dire

    je pense comme vous, mais nous ne sommes que de petits hommes, les grands chefs n’ont pas la même réalité – chacun d’entre-nous est-il généreux, hormis avec les gens qu’il aime ou dont il a la responsabilité ? sur ce blog sans doute, c’est le 1%

    bonne nuit et à bientôt

    ah si, j’oubliais : on devrait aussi interdire la méchanceté et la cupidité, allez hop, on l’inscrit au journal officiel, et hop, la crise est terminée 🙂

  8. « Finir le job » est un titre d’article qui sonne comme une victoire promise. On y serait presque…
    Sauf qu’on peut aussi voir le verre comme plus qu’à moitié vide !
    La question primordiale est celle du coût du travail. C’est la baisse de celui-ci, toujours recherché qui est la cause principale de la grave crise capitaliste actuelle.
    Aujourd’hui on a compris que les divers remèdes appliqués ou entrevus ne donnaient rien de mieux que cataplasme sur jambe de bois ou, pire encore, risquaient d’achever le malade.
    Le mythe de la relance, en particulier, dans le système actuel, a fait long feu. Avec Thatcher et Bush (les 2) on a vu ce qu’a donné la relance par l’immobilier. « Quand le bâtiment va, tout va » disaient nos grands-parents. En Espagne aussi tout allait bien jusqu’au jour où…
    Jusqu’au jour où l’emprunteur se retrouve sans boulot et sans revenu. Ce qui est logique puisque son employeur a fait tout ce qu’il a pu pour engranger des bénéfices et donc économiser sur le coût du travail.
    Des petites questions aux Yakas : quelle magie pousseraient les capitaux à s’investir dans l’industrie plutôt que dans la spéculation ? Comment, avec quoi paierait-on les employés afin qu’ils puissent « booster » la consommation et « la croissance » puisque d’un autre côté il est « indispensable » de faire des économies sur le coût du travail?
    Les cartes de crédit et la planche à billets ?
    Bon sang mais c’est bien sûr !
    Merci Monsieur Pagé.

  9. La Grèce sera sortie après la clôture des élections américaines, à moins que (l’inattendu)… Il y a un enjeu géopolitique qui dépasse toutes les autres considérations. Le timing pour forcer l’Europe à se rattacher aux US est déjà inscrit (cf hedge found). Chaque chose en son temps !
    « Misère de la pensée économique » sera d’actualité pour résumer la politique des peuples inexistantes contre la politique omnipotente des compagnies omniprésentes, à mon avis. Dans ce modèle économique, il n’y a pas de place pour les sentiments. L’Europe est déjà sous tutelle des US (du moins, des compagnies et multinationales bien sûr et pas du peuple US). C’est le dogme libéral ! Je vous trouve naif, désolé…….Et on fait comment pour la crise systémique ? Celle liée aux produits financiers ? Encore plus de Barroso et de Draghi ?

  10. La démarche justifiant le non au traité constitutionnel européen n’était-elle pas précisément la conséquence de l’héritage culturel légué par le Conseil National de la Résistance ? Supprimer la volonté du suffrage, c’est renoncer à considérer la valeur d’un peuple.

    Une nouvelle génération a pris place. Comme en 40 l’irrévérence du combat exalte-t-elle toujours autant la vertu des idées au rang de justice ?

    Les temps changent, désormais dans tout job il y a une période décès !

  11. « L’arrivée de François Hollande sur la scène européenne a permis de débloquer la situation et d’amorcer un dégel par rapport à la politique du « tout austérité » qui la dominait »

    Ah bon ? Y en a qui croient encore ça et qui l’écrivent ?

    L’équipe a changé mais le but poursuivi reste le même. Comme l’indique le journal du capital financier les Echos : Si Hollande « aboutissait ce serait effectivement un tournant tant ces chantiers ont été annoncés notamment par la droite avant de s’enliser ». De quels chantiers s’agit-il ? Toujours selon les Echos : »Deux chantiers aussi décisifs que potentiellement explosifs: la réforme du marché du travail d’une part, le financement de la Sécurité sociale de l’autre. François Hollande a eu raison de parler de « compromis historique »  »

    Plan de rigueur de 30 milliards, accentuation de la flexibilité au travail, cotisations patronales à nouveau remplacées par une hausse de la CSG, ce n’est du « tout austérité » ça ? On n’avait rien vu de tel depuis le tournant de la rigueur de 1983. Avec Le TSCG en plus pour mieux ligoter les peuples.

    Non Merci, pas de compromis historique. Il ne faut pas « finir le Job », il faut le commencer … Que vienne la révolte salvatrice

  12. La tâche est immense.
    Mais il me semble que Jean-Pierre Pagé cerne mieux l’urgence du job qui reste à « finir »
    en dressant ici une perspective très différente de celle développée ici-même par Jacques Sapir récemment.
    Car si je résume à ma façon, Sapir exprimerait le fait qu’il faut prendre le risque d’abandonner un peu d’Europe pour mieux NOUS retrouver et la (l’Europe) retrouver ensuite. Pagé exprimerait le fait qu’il faut prendre le risque d’abandonner un peu de France pour mieux LA (toujours l’Europe) retrouver et nous retrouver ensuite. Avec en surplomb ou en balance la question du comment faire démocratique… de la nation au continent européen… sérieux défi.

    « Dans mon commencement est ma fin et dans ma fin mon commencement. »
    de Thomas Stearns Eliot

  13. Un mot à Vigneron : le véritable président du CNR reste pour moi Jean MOULIN qui a été
    trahi par qui ? On ne le saura jamais . J’ai beaucoup lu à ce sujet Il y a une chose certaine pourquoi a t on emmené René HARDY à cette réunion de Caluire il ne devait pas y assister. Il y avait beaucoup d’aigreur que de Gaulle n’ai pas choisi un haut militaire pour être à la tête du CNR
    Quant à Georges BIDAULToui c’était un homme de droite il n’était pas le seul au CNR Ce qui est important
    c’est que le programme ait été faitet approuvé par l’ensemble des membres. souvenez vous en pleine guerre et qu’il ait été appliqué dans
    les lois d’après guerre et que jusqu’à preuve du contraire l’ensemble des Français en ait bénéficier pendant longtemps…..

    1. Doit-on préciser chapeauNicks que le concept du CNR (la structure politique mélant partis, syndicats et groupe de résistants et pas juste le programme social-libéral) est une idée de Blum dont ne voulaient ni dG ni Moulin en 42 mais projet auquel ce dernier finit par adhérer au point d’en convaincre dG après le débarquement allié en Afrique du nord à la suite duquel les ricains derrière Roosevelt reconnurent Darlan et les ex chefs de l’administration pétainiste comme seuls interlocuteurs légitimes et surtout après que les socialistes eurent rendu public leur projet de Conseil de la Résistance dans le Populaire ?
      Y’avait urgence à changer de casquette pour les gaullistes.
      Par ailleurs le CNR que j’évoquais c’en est un auquel j’ai pensé immédiatement lorsque vous avez dit combien ses récupérations facile du concept de CNR – et bien sûr derrière lui de celui de Résistance – vous révulsaient. Le CNR final de Bidault c’est le CNR-OAS évidemment.
      Que ceux qui en ont plein le « là où l’dos r’semble à la lune » du CNR sur tous les airs et à tout propos lèvent un doigt – pointé bien haut please ! Moi !

      1. Allez, j’y vais moi aussi, et je choisis le doigt. Marre de la régénération spontanée des résistants. Et les collabos ? Ils sont où ? Ils se sont éteints parce qu’ils n’étaient que quatre et en plus stériles ?

      2. Je ne vous permets pas de faire des jeux de mots sur mon nom . Ma famille d’origine juive
        était laique dans son ensemble. Mais il y avait deux camps d’un coté les ouvriers fourreurs pas tous mais souvent communistes de l’autre les pelletiers pas tous mais souvent de droite.
        Ils se disputaient terriblement même lors des enterrements de frères ou de soeurs. J’en ai gardé
        toute ma vie l’horreur des dogmes d’un côté et de l’exploitation humaine de l’autre.
        Cordiales salutations tout de même je ne suis pas votre ennemie.

      3. Ok Chaponik, désolé c’était un jeu de mot gratuit qui etait dirigé contre un Nicks bien précis mais qui n’avait rien d’injurieux contre ce que j’avais pris pour votre pseudo.
        C’est donc de « Francis » et al. que l’on parle. Ok.
        Ps : mettez au moins une majuscule…
        Mes hommages.

      4. Y t-il un vigneron célinien ? Le ton est là, sans aller plus loin.
        Ben oui, ras l’bol du CNR resservi à toutes les sauces, en oubliant que son programme fut établi dans un contexte de reconstruction bien différent de celui d’une société en crise comme la notre.

      5. « le concept du CNR (la structure politique mêlant partis, syndicats et groupe de résistants et pas juste le programme social-libéral) est une idée de Blum dont ne voulaient ni dG ni Moulin en 42 »

        « après le débarquement allié en Afrique du nord […] surtout après que les socialistes eurent rendu public leur projet de Conseil de la Résistance dans le Populaire »
        Sources?

      6. Non, je ne foutais pas le bordel, je récupérais. Selon les appréciations du prof, colonel de réserve de l’armée de terre qui nous expliquait les chars bazookas fusil mitrailleur etc tout l’armement terrestre (même pas de navires, encore moins d’avions!) : « étudie avec une ardeur boudeuse ».

        So, le projet Blum, l’opposition gaullo-moulinesque et la parution du dit projet, des sources à communiquer?

      7. Tain, allez, j’suis trop bon… Fais simple et de première main : Jean Cordier Sylla. Secrétaire de Moulin. Ex maurrassien. par exemple, succinctement mais y’a ses bouquins.
        Pas terrible le flair mister Holmes…

      8. Ah, mais je m’attendais à un article du populaire 🙂
        Un peu de lecture en rab pour le week end quand même. J’avais écouté une de ses conférences publiques il y a peu. Il y en a deux trois sur le net a priori, je vais en profiter.

        Merci!

      9. « les premiers qui ont eu l’idée d’un comité, d’un conseil qui rassemble toutes les résistances c’est le parti socialiste et Léon Blum au printemps 1942. Le premier document que nous possédons est du mois de mai 1942. Leur intention est bien sûr de faire l’unité de toutes les résistances, mais c’est aussi une intention politique c’est-à-dire de préparer la Libération afin de s’opposer, comme l’a écrit Léon Blum, à toute tentation fasciste de la part des organisations de résistance. De ce fait l’organisme qu’il a présenté est constitué pour moitié de représentants des anciens partis de la IIIème République et pour moitié de Résistants des mouvements de résistance. Les Socialistes présentent ce projet à Jean Moulin le 22 juin 1942 à Toulouse. Jean Moulin le refuse, et en cela il est fidèle aux intentions du général de Gaulle et des chefs de la Résistance qui ne veulent à aucun prix du retour des paris politiques dans la Résistance. Ils estiment que les partis politiques de la IIIème République ont trahi la République et la France en remettant les pleins pouvoirs au maréchal Pétain qui a institué un régime autoritaire. »
        Moulin est bien parachuté en janvier 42 chargé d’unir les mouvements (certes sous la direction de dg), la première réunion de ceux de la zone sud ayant lieu en novembre 42, comme le débarquement allié en Afrique du nord, non?

      10. Et alors ? Tu sais pas lire en plus ? Sans l’initiative Blum et sans la lucidité subséquente de Moulin comme sa capacité à persuader le militaire à Londres y’avait pas de CNR. Point. Faut te faire les explications de texte en plus ?

      11. Ben printemps 42 pour Blum, et au plus tard fin 41 pour Moulin. Un même projet, pas le même contenu, le dg ne voulant pas des partis existant au départ.

        Moulin a dû convaincre les mouvements qui pensaient de même d’adhérer à ce CNR, la raison principale des « anti-partis » étant que les américains, en plus de pas pouvoir sentir dg, traitent avec les autorités locales (Darlan d’abord, et si le CNR/Blum réussissait, probablement avec celui ci).
        « Pas de CNR. Point. »…en tous cas pas celui là, c’est exact.

    2. jean moulin,
      quand le sud de la france résistait,
      quand le nord s’enfonçait dans la collaboration et paris servait la soupe.

      je n’comprends pas que des ministères ne soient pas déplacés à lyon.

      1. @ Méthode

        quand le sud de la france résistait,
        quand le nord s’enfonçait dans la collaboration et paris servait la soupe.

        Qu’est-ce que c’est que ces absurdités ?
        L’action des FTP dans les bassins industriels du Nord et de l’Est, vous ne connaissez pas ?

  14. Les craintes qui ont justifié le « non » au référendum sur le Traité Constitutionnel ne sont plus de mise

    Ben voyons … effectivement, elles ne sont plus de mise car il n’y aura plus jamais de référendum sur quelque sujet que ce soit concernant l’Europe 🙂

    TINA n’est pas une démocrate.

  15. a pignouf 1er
    M. LAVAL n’était plus socialiste depuis longtemps dans les années 30 C’était un prospère
    homme d’affaires propriétaire de plusieurs journaux Ses journaux( je cite procès pétain déposition de Loustanau Lacau)
    avaient pour objectif de « soulever en France un formidable mouvement de facisme qui balaierait toute la gauche. »
    Je n’aurais pas la désobligeance de vous rappeler sa phrase célèbre je souhaite la victoire de l’Alllemagne ni qu’il a été condamné à mort pour haute trahison

    1. « M. LAVAL n’était plus socialiste depuis longtemps dans les années 30 »

      Exact, on peut en dire autant de Mussolini qui a démarré sa carrière comme instituteur et élu socialiste. Mais si l’on revient au cas franco-français, il faut se demander pourquoi la gauche socialiste a fourni autant de contingents collabos (voir Un Paradoxe Français de Simon Epstein).

      1. à PIGNOUF 1ER
        Je ne suis pas là pour faire de statistiques concernant les socialistes. C’est eux qui doivent
        se regarder dans la glace pour ce qu’ils ont fait ou pas fait.
        Je vais vous dire quelque chose un ami résistant m’a dit qu’il s’était retrouvé dans les sous-sols
        du Château de Vincennes a la fin de la guerre pour faire quoi ? Des tonnes de lettres de délation
        avaient été récupérées dans les services de la Gestapo. La plupart des lettres qu’il a pu lire avaient été écrites par des personnes qui n’étant pas satisfaites de leur héritage dénonçaient leur propre frère ou soeur mieux pourvus qu’eux…. Je vous signale qu’en principe les archives de la seconde guerre sont ouvertes désormais sauf ces lettres c’est le Sénat qui a fait reculer de 10 ans l’ouverture de ces courriers…. Ne réveillez pas le chat délateur qui dort en nous….

  16. @ jducac 14 septembre 2012 à 11:20

    La difficulté dans cette affaire vient de ce que, pour un « être vivant » avoir conscience « d’être » nécessite « d’avoir » de quoi entretenir sa vie afin d’éviter de la perdre

    Lorsque j’écrivais :
    « La recherche de la satisfaction de « l’être » plus que celle de « l’avoir » est également un nouveau comportement de « consommateur » qu’il faudra adopter dans les temps à venir. » Je ne pensais pas faire abstraction de la nécessité « d’avoir ». Il faut bien évidemment penser à entretenir sa vie afin d’éviter de la perdre. C’est la pyramide de Maslow.

    Ce que je dénonçais, c’est le fait que cette nécessité ne serve plus seulement à subvenir à nos besoins vitaux (se loger, s’habiller, se nourrir, se chauffer, se laver, se soigner etc …) mais devienne une sorte d’exutoire censé répondre à nos besoins d’ordre supérieur quand les besoins vitaux ont été satisfaits, ceci pour compenser un « mal être ».

    C’est pourquoi, je suis d’accord avec Michel Lambotte quand il suggère d’ « augmenter les revenus d’une manière ou d’une autre afin de permettre au citoyen de l’investir dans une amélioration du bien être en consommant moins et de supprimer les charges financières sur toutes productions susceptibles d’aller dans cette direction »

    Il est à craindre que l’obligation de devoir, en final, s’approprier l’énergie pour survivre, nous conduise par la loi de la nécessité, à faire dévier nos comportements vers celui de nos lointaines origines bactériennes, lesquelles finiront par venir à bout de nous et de notre espèce. Notre objectif commun doit être d’en retarder l’échéance en sachant bien qu’il nous faudra consentir à des sacrifices

    Je suis moins pessimiste que vous. Sauf si l’on continue à agir comme des Shadoks.
    Il est temps de faire son deuil du sacro-saint dogme de la croissance pour le remplacer par celui de partage et de mise en commun. Il se pourrait que les maux de toute sorte (écologique, sociale …) trouvent paradoxalement leur remède dans un contexte de décroissance économique durable.

    1. Bien entendu ma phrase est chargée d’un tas d’incertitudes, elle est d’abord intuitive, ce qui est certain c’est que l’Europe a déjà perdu 10% de son approvisionnement en pétrole
      http://www.manicore.com/documentation/articles/amateurisme.html
      Comme les acquis sociaux sont de l’énergie, il est clair que la croissance est terminée, malheureusement chez les plus pauvres pour commencer car les plus riches eux, consomment plus qu’avant.
      Tout autour de moi, il y a des gens qui surconsomment et d’autres qui sont en manque et doivent galérer pour arriver à sustenter leurs besoins primaires.
      Cependant, je n’ai aucune idée de comment arriver à un tel objectif, cela pourrait devenir une réalisation pratique de « l’économie au service du bien commun ».

      Le partage, je le vois plutôt au niveau des connaissances, des réalisations que nous devront entreprendre car ,je pense, qu’il ne servirait à rien de partager le restant des ressources dans cette manière de vivre qui touche à sa fin.
      L’exemplarité peut également être partagée et stimulée car je pense que les aptitudes manuelles et intellectuellles sont largelment sous utilisées.
      http://www.thalassa.france3.fr/index-fr.php?page=archives&id=434&rep=3512
      Si on peut douter de l’utilité d’une telle réalisation, il n’y a pas de doute que dans ce cas les compétences de ce mineur ont été largement sous utilisées.
      Au sommet de la pyramide de l’exemplarité on peut épingler ceci
      http://www.youtube.com/watch?v=P2ZY4gqCzO0
      Ceci dit, tous les niveaux de pouvoir ont leur rôle à jouer et L’Europe des peuples a un rôle très important à jouer en cette matière

  17. François le français (comme l’autre d’ailleurs), n’a servi, ne sert et ne servira à rien.
    Les blogs sont devenus l’exutoire de nos ressentiments, mais à l’instar de ces hommes politiques sans pouvoirs, ils ne servent qu’à déverser un flot de conneries, tantôt libérales, tantôt sociales mais toujours stériles. Il n’y aura pas d’amélioration, pas de redressement et encore moins de miracle, parce que ceux qui décident sont ceux qui possèdent.
    Nous allons morfler et pour longtemps !

    1. Si vous pensez que « la raison du plus fort est toujours la meilleure » alors que faites vous donc sur ce blog ?
      C’est pour nous rappeler que « nous allons morfler et pour longtemps ! ». Je ne vois pas l’intérêt.
      A part celui de stimuler les angoisses et les peurs, lesquelles ne sont pas plus efficaces pour aller de l’avant que tout ce « flot de conneries, tantôt libérales, tantôt sociales mais toujours stériles ».
      Pour changer le monde, il faut bien y réfléchir un peu avant. Et ce blog est fait pour ça.
      Le pouvoir de décider ne nous appartient pas encore. Mais nous serons prêts.

  18. « Il appartient, pour une part importante, à notre pays de faire sauter ce blocage, même si cela oblige à des abandons de souveraineté et à des transferts budgétaires auxquels beaucoup rechignent. Il convient donc de mener une action pédagogique d’urgence »

    Bonne idée, abandonnons vite ce qui nous reste de souveraineté aux génies de la commission européenne et transférons nos « excédents budgétaires » aux pays qui sont encore plus déficitaires que nous, afin qu’ils puissent continuer à s’endetter. Et comme nous n’avons pas d’excédents budgétaires, mais des déficits, il suffira d’emprunter ces « excédents », n’est-ce pas ?
    Je vois là les conditions nécessaires et suffisantes à une reprise globale de la croissance de la zone euro.
    Ha ! si seulement Proserpine voulait bien écouter notre bon saint François, le grand timonier du radeau de la méduse « Europe », nous accosterions l’île de la croissance infinie en deux coups de cuillère à pot. Grâce à quelques euro-bonds bien ficelés, où les obligations allemandes seraient subtilement, et discrètement, mélangées à de la dette grecque les investisseurs rassurés se précipitant sur ce nouveau produit, ni vu ni connu, tout le monde (Grèce comprise) pourrait emprunter à un taux négatif !
    Un peu comme au bon vieux temps des subprimes…
    On sait bien depuis, que mélanger les risques dans un titre savamment calculé permet de solvabiliser ce qui ne l’est pas, et garanti en outre contre l’effondrement systémique par un surcroît de clarté et donc de confiance généralisée.

    Mais pour tout ça; « abandons de souveraineté », «  transferts budgétaires », il faudra bien évidement un grand « Plan-Comm » car les esprits obtus rechignent à accepter le nouveau gouvernement des experts techniciens (100% Goldman Sachs inside certified) que sont « nos » commissaires européens et leurs aréopages. Il faudra donc bien expliquer aux rétrogrades la supériorité des solutions de ces spécialistes par rapport à celles de nos vieillottes assemblées d’élus qui, il faut bien le dire, nous ont conduits là où nous sommes. C’est d’ailleurs en cela que réside le principal frein au progrès illimité : ces illusoires lambeaux de démocraties qui gênent encore l’application immédiate des décisions des plus compétents d’entre nous.
    Il suffira, une fois de plus, d’expliquer au bon peuple qu’il doit donner le mot de passe de sa carte bleu dans son intérêt bien compris, que la construction européenne et l’euro s’inscrivent dans le Sens de l’Histoire, et que si on ne le fait pas voter (le bon peuple) c’est juste pour éviter qu’il se trompe de réponse, comme cela s’est malheureusement déjà produit.

    On peut compter sur le consommateur, profondément informé, du vingt-et-unième siècle, il saura docilement s’adapter aux nouvelles conditions politiques du progrès, décidées par le cœur libéral de l’occident moderne. Surtout maintenant que Robin Hood est shérif à Nottingham.

    On tient là la solution pour empêcher que le malade qui se vide de son sang, fut soigné à coup de saignées, et lui éviter le pénible arrêt cardiaque qui s’en suivrait inévitablement…

    Moralité : Abandonnons l’économie aux « Dottore Balanzone », laissons le progressisme moral aux élus, et les crédits seront bien gardés.

    Je crois qu’il faut faire l’inverse de ce que vous dites :

    – Plutôt que de le « transférer »; Reprendre le pouvoir, abusivement acquis, de la commission européenne même si ça ne plaît pas à nos dirigeants, soit en redonnant ces pouvoir souverains aux nations européennes, soit par un fédéralisme européen, soit les deux simultanément selon les secteurs à mettre en commun ou à gérer séparément. Le préalable étant qu’une distinction nette soit désormais établie entre les décideurs gérant des intérêts privés et les décideurs publiques agissants pour l’intérêt général, qui doivent impérativement tous être élus par le peuple.

    – Cesser d’emprunter pour aider les pays encore plus sur-endettés que nous à s’endetter toujours plus, car ce n’est PAS une solution viable. Aidons-les plutôt, dans la mesure du possible, à sortir d’une monnaie qui les asphyxie.

    Notre système de globalisation et de création monétaire aura pour conséquence de nous (nous l’occident) amener à un niveau de vie très inférieur à ce que nous connaissons. A tort ou à raison. Cet abaissement est masqué par l’endettement des États mais la vente de ce que nous produisons ne rapporte pas de quoi acheter ce que nous ne produisons plus.

    La division mondiale du travail ? Foutaise !
    La société des services ? Foutaise !
    L’économie verte ? Foutaise !

    Alors essayons au moins de sortir de cette « chianli » de la façon la moins brutale possible.

    Au final je ne crois pas que ce soit par une lecture systématique des erreurs et de la prédation dans le système économique qu’un nouveau monde pourrait s’inventer. Mais plutôt à travers une critique radicale de la pensée libérale/libertaire que pourra émerger une nouvelle convention sociale.

  19. L’Europe est certe une belle et généreuse idée que l’on a vendue aux peuples. Mais l’Europe qui a été construite n’est pas l’Europe des peuples, c’est l’Europe du bizness.
    L’Europe que veulent les peuples c’est :
    – une Europe solidaire : Tirer les plus faibles vers le haut, et non les enfoncer.
    – une Europe qui protège : un protectionnisme économique et la coopération pour équilibrer les échanges, et non la concurrence libre et non faussée.
    – un horizon commun fédérateur ; la transition écologique et non la croissance obtenue en écrasant les autres.
    – le respect des nations : L’Europe actuelle qui contraint au fédéralisme n’est pas légitime quant aux objectifs poursuivis. Les peuples accepteront un certain fédéralisme quant la démocratie européenne sera effective et quand les objectifs de la construction seront partagés par tous les citoyens.
    Il faudrait que nos dirigeants arrêtent de faire de la comptabilité, pour faire de la politique.
    La route est encore longue et pleine d’embuches….

  20. « Il appartient, pour une part importante, à notre pays de faire sauter ce blocage, même si cela oblige à des abandons de souveraineté et à des transferts budgétaires auxquels beaucoup rechignent »
    Ben voyons et pour le remplacer par quoi???
    C’est quoi le souveraineté et de quels transfères budgétaires parlez-vous.
    Avant de parler de transfères budgétaire il serait bon de se demander comment ont créer de la richesse réelle dans notre pays et non pas de la croissance bancaire bidon qui n’a de croissance que celle des prêts accordés ignoblement à des entités personnes, régions, pays, insolvables dès la signature du contrat.
    Atterrissez Monsieur, atterrissez en France et regardez autour de vous ce qu’est devenu ce pays après trente ans d’un partage presque équitable du pouvoir entre gauche et droite dans le monde merveilleux d’un construction Européenne ahurissante, à laquelle même les expert shadoks les plus drogués à l’ultra-libéralisme ne croient plus (renseignez vous sur ce à quoi travaillent nuit et jour les banquiers en ce moment, L’euro c’est plié, c’est une question de temps et bien sûr on ne peut pas le dire ).

  21. Veuillez tous m’excuser de ne pas vous avoir répondu. J’étais absent ce WE et, pourtant, vos interventions témoignent d’une réelle réflexion et aussi d’une grande perplexité concernant la manière de sortir de l’ornière où nous sommes enlisés (là-dessus, je pense qu’il y a un accord général).
    Ce que je propose n’est pas d’entériner le corps de doctrine qui est sous-jacent au Pacte Fiscal. Je suppose que chacun aura compris que je considère ce corps doctrinal comme délétère et n’ayant aucune justification.
    Je ne crois pas non plus que l’on puisse dire que François Hollande a capitulé devant les « ultra-libéraux de Bruxelles et d’ailleurs ». Il est obligé de partir de ce qui a fait l’objet d’un accord intergouvernemental, quitte à chercher à l’infléchir par la suite.
    Et,déjà,l’on voit les prémisses d’un « dégel ». Il semble y avoir un accord de plus en plus grand sur le fait qu’il faut desserrer le carcan de l’austérité pour diminuer ses effets pervers et permettre de « gagner du temps ». C’est la première étape avant de montrer que la méthode est mauvaise et passer à autre chose au-delà du symbolique coup de chapeau à la « croissance » qui agrémente maintenant le Pacte Fiscal.
    D’accord aussi avec tous ceux qui ont écrit que l’on ne s’en tirerait pas sans une profonde modification du fonctionnement de l’économie et de la société. Il faut rebâtir sur les décombres d’un capitalisme miné par ses propres errements. Mais je pense que ce sera plus facile de le faire tous ensemble dans une Europe fédérée(au sens des Etats-Nations de Jacques Delors) que séparément.
    L’un des intervenants a fort bien décrit l’alternative : entre « abandonner un peu d’Europe en retrouvant nos souverainetés nationales et retrouver l’Europe ensuite » et « abandonner un peu de France pour mieux retrouver l’Europe et nous retrouver ensuite », je crois davantage à la seconde solution qu’à la première.

    1. @ Jean-Pierre Pagé

      Comme je le disais plus haut, j’aime bien la teneur de ce que vous avez écrit.
      C’est d’autant plus vrai pour votre addendum.

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