L’actualité de la crise : L’ART DE LA MANÅ’UVRE À L’ÉPREUVE, par François Leclerc

Billet invité

Comment se tirer du double guêpier que représentent la Grèce et l’Espagne ? C’est à cet exercice, ainsi qu’à la recherche d’un compromis franco-allemand à propos de l’union bancaire, que les jours qui suivent vont être prioritairement consacrés. Une nouvelle rencontre Merkel-Hollande y sera consacrée demain samedi.

Les discussions vont bon train afin de trouver une formule permettant d’activer le nouveau programme de la BCE tout en sauvant les apparences afin de satisfaire Mariano Rajoy. L’idée est dans un premier temps de puiser dans le pactole des 100 milliards d’euros d’aide aux banques déjà décidé, afin de les détourner partiellement de leur objet initial, quitte à ne renflouer les banques qu’à minima et à repousser à nouveau le problème. Cela aurait dans l’immédiat l’avantage pour le premier ministre de ne pas avoir à formellement solliciter une aide du FESF/MES, et pour le gouvernement allemand de ne pas demander au Bundestag son accord. Des discussions sont en cours à ce sujet, tandis que le gouvernement espagnol et la Commission européenne mettent ensemble discrètement au point les mesures que le premier va intégrer à son budget 2013, afin, dans un deuxième temps, de ne pas apparaître comme répondant à des obligations externes.

Du côté grec, tout n’est pas encore non plus réglé. Afin d’accorder un délai supplémentaire de deux ans au gouvernement pour qu’il atteigne ses objectifs de réductions de déficit, la possibilité est étudiée de procéder à une nouvelle restructuration de sa dette, ce qui permettrait d’éviter le versement d’une nouvelle aide financière dont le gouvernement allemand ne veut à aucun prix, pour ne pas à nouveau avoir à la demander au Bundestag. Le FMI a déclaré pour sa part s’en laver les mains, signifiant que cette restructuration ne pourra pas concerner les titres grecs qu’il détient. Les besoins de financement de la Grèce correspondant au roulement de sa dette auprès de ses créanciers européens, une diminution de ses remboursements pourrait donc faire l’affaire, que le Bundestag n’aurait pas à voter. Mais les dernières mètres à parcourir – les deux derniers milliards d’euros à trouver – sont les plus durs, car il faut tailler jusqu’à l’os. Une situation devant laquelle, pour éviter l’éclatement de sa coalition et devant l’ampleur des dernières manifestations, le premier ministre portugais Pedro Passos Coelho a annoncé de son côté être prêt à discuter. Les Grecs n’en ont pas les moyens.

Les désaccords franco-allemands sont en arrière plan. La question à régler est simple dans son énoncé, mais complexe dans sa solution : comment gagner du temps sans que cela ne coûte de l’argent ? Par rapport à l’union bancaire, elle est formulée différemment, les Français voulant aller vite et les Allemands trainant des pieds. Dans les deux cas, il s’agit de trouver une solution permettant de débloquer l’activation du programme de stabilisation de la dette souveraine de la BCE, ainsi que de pouvoir renflouer les banques directement, sans alourdir la dette des États. Ce n’est pas acquis.

Par ailleurs, la détérioration de l’économie italienne se précise. Le gouvernement italien vient de baisser ses prévisions économiques, chiffrant la récession à -2,4 % en 2012 et à -0,2 % en 2013 (pour l’instant). En augmentation, la dette publique devrait désormais atteindre 126,4 % du PIB en 2012 et 127,1 % en 2013. L’objectif d’une diminution de 20 % de la dette dans les cinq années à venir est maintenu mais il perd progressivement toute crédibilité.

Les coupe-feux qui ont été décidés vont être soumis à rude épreuve, s’ils sont actionnés. Cela va imposer d’approfondir la reconsidération du rôle de la BCE qui a été entamée. Mais que peut-il en être gagné ? Rien si ce n’est qu’à l’instar de ses consœurs, la banque centrale tiendra un système ne retrouvant pas son assise le nez tout juste hors de l’eau, sans parvenir à dynamiser l’économie car il s’agit d’une autre paire de manches.

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48 réflexions sur « L’actualité de la crise : L’ART DE LA MANÅ’UVRE À L’ÉPREUVE, par François Leclerc »

  1. Les « écologistes », eux, ne trouvent pas ces débats fondamentaux :

    Cécile DUFLOT dans le figaro du 18/09 :

    http://www.lefigaro.fr/politique/2012/09/18/01002-20120918ARTFIG00635-europele-cavalier-seul-des-ministres-verts.php

    Pascal CANFIN dans « les echos » du 18/09 :

    > http://www.lesechos.fr/economie-politique/politique/interview/0202271543880-traite-budgetaire-un-ministre-ecologiste-defend-l-abstention-362959.php

    Barbara POMPILI explique pourquoi le TSCG n’est pas un problème (le 18/09 sur FRANCE INTER ):

    http://www.franceinter.fr/sons-actu/tous-les-sons/2012-09-18

    1. Pascal Canfin, ministre du développement, fait un grand écart politique avec son ancienne activité de député européen, membre fondateur Finance Watch, son rapport sur la vente à découvert de CDS .
      J’attends sa réaction sur la construction de la BPI qui serait « pilotée » par une grande banque française et la promesse de séparation des activités bancaires à laquelle s’oppose F Oudéa.

  2. Après quelques autres (chacun nommera qui il veut),
    Canfin (pour l’avoir suivi et lu), une grande déception de plus !
    Où vont-ils nous mener ? J’ai mon idée…

  3. Merci beaucoup, Mr. Leclerc, pour ces explications precises de savants calculs d apothicaires europeens…

    Je trouve insoutenable la difference du traitement entre l Espagne et les trois petits pays, les malheureux, traites comme des pestiferes, par toutes sortes d ukases de la part de la Troika depuis deux ans deja !

    L expression « on nait tous egaux, mais certains sont plus egaux que d autres » est tres a propos…

  4. nous y voilà!
    Il est impossible que les dettes reculent, car la récession engendrée réduit les entrées fiscales pour les états et creusent les pertes des entreprises, alors que les créanciers se retrouvent avec toujours plus d’exigences en termes d’intérêts de la dette.
    Des restructuration massives vont pointer le nez avec pour effet, et sans monétisation possible de la BCE, des pertes en capital pour tous les déposants.
    Bonjour la paix civile et l’instabilité des gouvernements!

  5. Mais les dernières mètres à parcourir – les deux derniers milliards d’euros à trouver – sont les plus durs, car il faut tailler jusqu’à l’os.

    Déclencher une catastrophe sanitaire pour économiser 2 milliards quand un seul type comme Bernard Arnaut en a 30, qui lui rapportent chaque milliseconde… Baroque, vraiment.

  6. Mépris pour les travailleurs.

    Aujourd’hui, tout le monde sait comment, lors d’une discussion avec ses donateurs à Boca Raton en Floride, Mitt Romney s’est désintéressé de presque la moitié du pays – les 47 pourcent qui ne paient pas d’impôts sur le revenu – en déclarant : « Mon rôle n’est pas de m’inquiéter pour ces gens-là. Je ne parviendrai jamais à les convaincre qu’ils devraient prendre leurs responsabilités et prendre leurs vies en main ». Aujourd’hui, de nombreuses personnes sont également au courant que la grande majorité de ces 47 pourcent est loin d’être constituée de parasites ; la plupart de ces personnes sont des familles qui travaillent et qui paient des charges sur leurs salaires, et les Américains handicapés et âgés constituent le reste.

    http://www.rtbf.be/info/chroniques/chronique_mepris-pour-les-travailleurs?id=7843054

    La concentration des revenus diminue au Brésil

    Programmes d’assistance et hausse du salaire minimum ont réduit la brèche entre pauvres et riches au Brésil, selon une étude de l’Institut brésilien de géographie et statistiques (IBGE, officiel).

    De 2009 à 2011, le revenu moyen mensuel des Brésiliens a augmenté de 8,3%, selon cette étude qui montre que de façon générale, les salaires des plus pauvres ont plus augmenté que ceux des plus riches. « La plus grande hausse dans les revenus (29,2%) a été observée dans les 10% des revenus les plus bas », constate l’IBGE.

    Mais le Brésil reste un des champions de l’inégalité sociale: les riches qui, en 2009, gagnaient 107 fois plus que les pauvres en gagnaient toujours 87 fois plus en 2011. Le revenu moyen par domicile a progressé de 3,3% de 2009 à 2011, à environ 1450 dollars (un peu plus de 1350 francs) par mois.

    L’étude montre également que le salaire des femmes a augmenté de 13% dans la période, mais équivaut à 70% seulement de ce que perçoivent les hommes. D’autre part le travail des enfants (de 5 à 9 ans) a reculé de 30%.

    De 2003 à 2010, les politiques sociales du gouvernement de l’ex-président Luiz Inacio Lula da Silva ont sorti plus de 28 millions de Brésiliens de la misère, des politiques qui continuent avec son successeur, la présidente Dilma Rousseff.

    « Nous pouvons déjà affirmer que les résultats de 2012 seront meilleurs (…) Le Brésil montre au monde qu’il est possible de croître économiquement tout en faisant de l’intégration sociale », s’est félicité la ministre du développement social, Tereza Campello.

    http://www.romandie.com/news/n/La_concentration_des_revenus_diminue_au_Bresil70220920120228.asp

  7. La tentative de trouver un arrangement pour l’Espagne a tourné court. « L’Espagne n’a pas besoin d’un plan parce qu’elle fait ce qu’il faut et qu’elle réussira », a déclaré hier Wolfgang Schäuble, ajoutant pour couper court aux rumeurs que « ce dont l’Espagne a besoin, c’est de la confiance des marchés financiers, c’est là que se situent les véritables problèmes de l’Espagne. » Il a également estimé « dangereux » toute autre utilisation du financement attribué pour renflouer les banques espagnoles.

    1. « Ce pont tiendra », affirme le générale sudiste dans le film « Le mécano de la Générale » (1927) de Buster Keaton, en lançant ses troupes sur la rive ennemie occupée par les nordistes,

      CE PONT TIENDRA!

      Evidemment comme attendu, au passage des premières troupes le pont s’effondre.

      1. Ces gens sont cinglés.

        Pas sur!

        D’un côté ils amusent la galerie en bricolant des compromis à propos de mesures qui les opposent. Ça n’empêchent pas qu’ils soient conscients de ne rien faire d’autre sinon retarder les choses pour que nous ayons le temps de nous y habituer.

        Sur le fond, c’est à dire ne pas sortir du cadre, ça limite leur possibilité d’agir mais ça préserve l’essentiel de ce qu’ils ne veulent pas remettre en cause. Ils restent cohérents. Se disputer sur les détails (avec beaucoup de sincérité – pas de doute là-dessus) présente l’avantage de dissimuler qu’ils sont d’accord sur l’essentiel: imaginez le scandale si, avec l’air grave et d’un commun accord, ils annonçaient clairement ce qu’ils vont faire et décrivaient ce qui va en résulter.

        On nous cache tout, on nous dit rien
        Plus on apprend plus on ne sait rien
        On nous informe vraiment sur rien

        Ils se moquent de nous, c’est pas pareil !

      2. @GL

        Tu as peut-être raison, mais notre faillite, notre austérité, notre monde irradié, pollué, détruit par les guerres, c’est aussi le leur et il ne pourront aller assez loin pour éviter, peu ou prou, les conséquences de leurs actes, en l’occurrence de leur inaction.

  8. Le débat sur l’avenir de la zone euro est encombré de mythes et de préjugés. La monnaie unique européenne suscite en effet une série de fantasmes, dont certains sont repris dans des déclarations très officielles. Et cette situation dure depuis maintenant plus de quinze ans. On s’attachera ici à comparer les prédictions issues de ces mythes à la réalité économique de ces dernières années.
    par Jacques Sapir : la suite….
    http://www.medelu.org/L-euro-quatre-mythes

  9. QE3 will not fix America’s problems, warns Paul Volcker.

    Paul Volcker, the former Federal Reserve chairman credited with taming the inflationary threat of the 1970s, has warned that further quantitative easing will fail to repair economies in Europe and the US.

    http://www.telegraph.co.uk/finance/economics/9559082/QE3-will-not-fix-Americas-problems-warns-Paul-Volcker.html

    Très bon article de synthèse sur l’origine de la crise Espagnole et les folies au menu pour en sortir:

    http://www.lemonde.fr/international/article/2012/09/14/espagne-la-crise-sera-t-elle-feconde_1760592_3210.html

    Lisbonne prêt à revoir les mesures d’austérité.

    http://www.lemonde.fr/economie/article/2012/09/21/lisbonne-pret-a-revoir-les-mesures-d-austerite_1763808_3234.html

    Le MES:

    http://www.lemonde.fr/economie/video/2012/09/21/video-comprendre-le-mecanisme-europeen-de-stabilite-en-3-minutes_1763890_3234.html

    Pour éviter le « mur budgétaire », le Congrés américain est prêt à repousser les échéances.

    http://www.lemonde.fr/elections-americaines/article/2012/09/22/pour-eviter-le-mur-budgetaire-le-congres-americain-est-pret-a-repousser-les-echeances_1763956_829254.html

    1. «will not fix america’s problems…
      Elle cause encore la momie Volcker ? Ya encore des lapins myxomatosés de six s’maines pour l’écouter le croulant ? Remarquez bien qu’il cause pas des problèmes des américains mais de ceux de l’Amérique hein ? Et pis on l’a vu à l’oeuvre à la Fed de Reagan, on sait comment il les « fix the problems »…
      Pendant ce temps le « fiscal cliff » de janvier 2013 fait transpirer du beau monde. Lagarde dit que les US doivent remettre la main rapido sur leurs banques et Blankfein veut pas entendre parler d’austérité… l’a raison le troll Minc finalement… y’en a pas d’autres comme les washingtoniens et les mélanchoniens pour faire un plus beau binome, main dans la main, contre les politiques européennes… 🙂

      1. Tu as le droit de caricaturer Vigneron, les positions des melanchon garçons, mais dans le genre je préfère Granville, ou le gars qui a fait les couv des dernières BD de Jorion…

  10. Soumis à ratification tel qu’il a été signé par Nicolas Sarkozy, le Pacte budgétaire est un véritable Traité d’austérité qui aggrave les politiques néolibérales. Nous demandons qu’un large débat démocratique ait lieu afin que les citoyen-es puissent se prononcer sur ce sujet décisif. Une grande manifestation unitaire à Paris le dimanche 30 septembre, 13h30 à Nation.

    Aitec-IPAM, AC !, ANECR, Attac, CADTM, Cedetim-IPAM, CDDSP, CFDT CFF, CGT Finances, CGT Educ’action, CGT Livres (Filpac), CGT Personnels des Organismes Sociaux, CGT-FSA, URIF CGT, CNDF/CADAC, Démocratie Réelle Maintenant !, DIDF, Collectif des Associations Citoyennes, Les Économistes Atterrés, Fondation Copernic, Front de gauche – Parti communiste français – Parti de gauche – Gauche unitaire – FASE – République et Socialisme – PCOF – Convergence et Alternative – Gauche anticapitaliste, Jeunes Communistes, Les Alternatifs, Les efFRONTé-e-s, Mémoire des luttes, M’PEP, Marches Européennes, NPA, Parti Fédéraliste Européen, Réseau Éducation Populaire, Résistance Sociale, SNESUP-FSU, SNU Pôle Emploi FSU, Solidaires Finances Publiques, Solidaires Douanes, Sud BPCE, Transform!, Union Syndicale de la Psychiatrie, Union syndicale Solidaires, UFAL, Utopia.

    1. Eh bah, il y en aura du monde, avec des utopistes, des economistes atterres, des effrontees et meme des psychiatres (ceux-la pour protester ou etudier in vivo ?)…

      1. @louise m.

        Rien, je ne fais rien du tout, j ai juste commente un poste ou certains details apparaissent comme pitoresques, voire irreels…

        Et vous, vous faites quoi avec le fait que ce traite a deja ete signe par la France, au niveau international, avec 24 partenaires ?

      2. à Prague 22 septembre 2012 à 20:52
        je lève les bras, mes petits bras, parce que les combats que l’on est sur de perdre sont ceux que l’on n’entreprends pas . . . le rapport de force, il n’y a que ça qui compte, par ces temps troublés . . .
        et, tout arrive, EELV, parti politique gouvernemental, ne votera pas ce texte . . .

      3. @RV

        Je ne comprends pas bien le sens de votre message…

        Si on ne veut pas d un traite, on le dit clairement avant la signature, comme l a fait le gouvernement tcheque, parce que si on ne respecte pas les traites internationaux deja signe, on va vite arriver aux desastres (les traites franco-tchecoslovaques en fevrier et octobre 1925 et ce qu il en est advenu a Munich en 1938 sont les preuves de sinistre memoire…)

        Mr. Klaus, le president tcheque, est depuis longtemps hai par les aparatchiks bruxellois et tous les dirigeants europeens, parce qu il ose de dire que la democratie fout le camp en UE, pour faire bref… C etait lui aussi qui a signe en dernier le traite de Lisbonne, il a ete soumis aux pressions inoues.

  11. Tous ces prêts dans le présent qui s’accumulent dans tous les sens renvoient à une résolution des problèmes dans l’avenir, une résolution de moins en moins crédible en raison des charges qu’on lui impose. Mais aussi un risque que le moindre accident, naturel ou venant de l’extérieur, viennent faire chavirer le montage à n’importe quel moment.

    Le déséquilibre de pays en boni fonctionnant dans une zone monétaire unique avec d’autres en récession n’est pas réglé, il ne peut l’être que par un système institutionnel européen de (sur)compensation des inégalités de revenus, ou par la fin de la zone monétaire unique.
    Je n’en entends pas un mot venant des autorités, ils ont sans doute décidé qu’il n’y avait pas de solution, sauf à la grecque, et qu’il serait toujours temps de rejeter la responsabilité sur d’autres quand ça craquera.

  12. on est dans des préparatifs qui n’ont pas pour objet ni la Grèce l’Espagne ou quelconque des autres pays en difficulté
    l’essentiel est de maintenir le raffiot à l’eau pour un an environ et utiliser la récession sous le meilleur angle pour refonder un système au moment X ( d’ici un an ou plus peut-être)
    donc comme le pêcheur on donne du mou sur la ligne pour qu’elle ne cède pas, on fatigue le poisson.
    la casse sociale doit s’organise pour devenir un instrument de transformation et participer au ralentissement qui est salutaire et fournit de beaux alibis à mettre certains outils en léthargie économique
    pour l’instant on fait de la maintenance utilitaire.
    l’intérêt de cette période est d’ensemencer au maximum l’exigence d’une nouvelle base pour orienter la refondation économique à venir.
    d’ailleurs c’est répondre à l’attente générale que de fournir plutôt que des explications sur ce qui ne se passe pas , des schémas propres à permettre l’émergence de nouveaux concepts économiques
    parce que la recette du capitalisme mortifière n’est pas si morte que cela qu’il ne faille envisager de l’achever délibérément pour l’empêcher de relever la tête en se reformulant sur un niveau plus bas engendré par une accumulation de récessions.
    un monde réellement libéral pour bien fonctionner à besoin…. de liberté mais d’autonomie à se penser lui-même, ‘une liberté de qualité reposant sur un nouveau niveau de conscience , une interactivité sociale et politique d’un niveau supérieur pour évoluer au prochain tour.
    cette année est une année pivot pour balayer non pas les anciennes doctrines économiques mais faire le ménage des manipulations sur laquelle on les a faussement installées
    afin de réintroduire plus de citoyenneté de coopération et permettre l’ajustement de leur formulation à des objectifs moins délirants, à un projet réel de vivre ensemble ici d’abord.
    le projet de réunir suffisamment d’énergie pour construire des solutions d’avenir ne peut pas passer par une construction mensongère sur les choix permettant d’avancer sans se tromper ou s’égarer en chemin.
    quand on lit le dernier livre d’Hawkings on pourrait croire que nous avons atteint un niveau de connaissance de l’ordre du divin
    en fait c’est une illusion fondée sur l’ignorance, le pourquoi n’ayant reçu aucune réponse à un comment limité à l’ordre d’un imaginable lui-même limité par une imagination muselée.

    surprotéger l’organisation sociale par le prêt à penser économique actuel pour générer le seul profit financier est un échec patent et qui ne mène qu’à la destruction dont il croyait peut-être (accordons lui le bénéfice du doute) pouvoir s’abriter en accumulant des surplus de puissance.
    la force ne résout rien même si ce peut être un moyen utile parfois.
    tout le monde sait cela (le lion et le rat)
    la coopération génère une force autrement plus utile que la simple accumulation de puissance.

  13. Bonsoir à tous.

    Pour ceux qui ne le savent pas encore, nous sommes sauvés. En digne successeur de Monsieur Pompidou, notre cher président s’est entourré de deux secrétaires généraux adjoints de la présidence de la république.

    Monsieur Emmanuel Macron. Il a pour parrain Jacques Attali. Depuis des mois, il partageait son temps entre la banque Rothschild dont il a été nommé associé-gérant en 2011 et la préparation de l’alternance.

    Monsieur Nicolas revels fils de la journaliste Claude Sarraute qui était jusqu’ici directeur de cabinet de Bertrand Delanoë.

    Monsieur Montebourg lui, sous la houlette de monsieur Fabius, a fait le choix pour dirriger son cabinet de Monsieur Stéphane Israël, ancien de la banque Rothschild. Son « conseiller spécial » ne sera autre que Monsieur Christophe Bejach, membre du directoire de la compagnie financière Saint Honoré, holding de tête du groupe Edmond de Rothschild.

    Avec une équipe comme celle-là, les intérêts de la France vont être bien gardés. En fait Madame Merkel n’a pas rendez-vous avec Monsieur Hollande mais avec la Banque Rothschild.

    Certaines mauvaises langues diront que c’est ce que l’on appel un retour sur investissement, la mise de fond de la campagne électorale de notre cher président va vite faire des petits.

    1. Oui, c’est vraiment excellent (j’aurais du mal à ne pas approuver puisque nous disons pratiquement la même chose). Je cite quelques passages (remplacez le mot « créditeur » par « créancier ») :

      « La dette neutralise le temps, matière première de tout changement politique ou social »

      Vous dites que l’Homo debitor est la nouvelle figure de l’Homo economicus. Quelles sont les caractéristiques de ce « nouvel homme » ?

      Maurizio Lazzarato: De nombreux services sociaux, comme la formation ou la santé, ont été transformés en assurance individuelle ou en crédit. Le mode de développement néolibéral est fondé sur le crédit et l’endettement. Cette situation s’est aggravée avec la crise des subprimes de 2007. Un exemple? La formation aux États-Unis: la Réserve fédérale (Banque centrale) a récemment évalué que le montant total de prêts aux étudiants était de 1000 milliards de dollars [il y a sept ans, la dette était à hauteur de 360 milliards et selon la FRED, en juillet 2012, à 900 milliards]! C’est un chiffre astronomique. Pour avoir accès aux services, à la formation, vous devez tout payer par vous-même. Vous devenez débiteur. Entrepreneur de votre vie, de votre «capital humain».

      […]

      Une dette, ce n’est pas seulement de l’argent à rembourser, mais des comportements à ajuster, du temps passé à se plier à des contraintes, écrivez-vous. Comment la logique du crédit et de la dette impacte-t-elle nos modes de vie ?

      C’est une nouvelle forme de contrôle. Les sociétés du XIXe siècle et du début du XXe étaient des sociétés disciplinaires, comme l’a décrit Michel Foucault. Le contrôle des personnes s’effectuait dans des espaces fermés: écoles, prisons, usines… On pouvait contrôler les gestes de l’ouvrier ou de l’écolier, assignés à une place précise. Avec le crédit, l’espace est ouvert, le contrôle est totalement différent. Vous êtes obligé de rendre chaque mois une somme d’argent. Vous devez régler votre vie par rapport à cette obligation, avoir une discipline de vie compatible avec le remboursement. Nous sommes dans une phase d’adaptation. Il faudra bientôt s’adapter, en temps réel, aux mouvements de la Bourse! Et ce contrôle n’est pas seulement sur des individus, mais sur des pays entiers: c’est le remboursement de la dette qui «décide» aujourd’hui des baisses des salaires, de la réduction des services sociaux, des dépenses publiques. Cela influence les modes de vie et empêche d’envisager toute rupture ou bifurcation. La dette neutralise le temps, matière première de tout changement politique ou social. Cela permet aussi d’imposer des formes régressives d’organisation sociale. Tout ça pour une dette qui ne sera jamais remboursée: d’un point de vue économique, c’est une folie !

      […]

      Comment peut-on lutter contre ce diktat de la dette ?

      Le terrain de la lutte des classes, qui était centré sur le rapport capital-travail, autour de la production, a été déplacé sur le terrain créditeur-débiteur. Cette nouvelle relation de pouvoir s’est superposée aux autres. C’est un niveau d’affrontement beaucoup plus abstrait, mais qui traverse complètement la société. Que vous soyez salarié, chômeur ou retraité, vous devez contribuer au remboursement de la dette. Pendant un siècle et demi, le mouvement ouvrier s’est organisé autour de la question du travail. Il a inventé des formes d’organisation des luttes pour contre-balancer le pouvoir du capital. C’est plus compliqué de lutter sur le terrain de la dette. Ce déplacement laisse les gens désarmés, car on n’a pas encore trouvé la façon de s’opposer de manière efficace. Il faudrait exproprier les expropriateurs, comme l’a fait [très partiellement – réd.] le New Deal. Une euthanasie du rentier! Comme quand Roosevelt a taxé les contribuables riches jusqu’à 90 % – et pas 75 % comme le propose François Hollande [taux marginal, pour la part dépassant 1 million de revenu par an – réd.]… La relation créditeur-débiteur est organisée autour de la propriété, des titres. Pour repenser la croissance – et non le contenu de la croissance, qu’elle soit verte, jaune ou autre ! – ce sont les rapports de propriété qu’il faudrait mettre en discussion.

      1. A force de taper sur le clou , ça va bien finir par rentrer .

        A condition que ceux qui se croient propriétaires , et qui n’ont en « réalité » que des dettes individuelles ou collectives , ne soient pas le rempart de fait des …prêteurs éternels et beaucoup moins nombreux .

      2. Les règles de vie d’il y a 2000 ans (voir les livres religieux) ont interdit aux crédits de porter intérêt.

        Quelle catastrophe a eu lieu pour qu’il y ait eu cette impérieuse nécessité ?

  14. Par ailleurs, la détérioration de l’économie italienne se précise. (…) En augmentation, la dette publique devrait désormais atteindre 126,4 % du PIB en 2012 et 127,1 % en 2013. L’objectif d’une diminution de 20 % de la dette dans les cinq années à venir est maintenu mais il perd progressivement toute crédibilité.

    Monsieur Leclerc, merci pour vos billets.
    Je m’interroge, en jorionniste convaincu, sur la pertinence à comparer la dette d’un État à son PIB et non à l’impôt qu’il prélève ou à sa capacité à le prélever.
    Par exemple, je suis incapable de savoir si les chiffres que vous donnez correspondent à un déficit accru du budget italien, ou à un simple effet relatif du à la seule baisse du PIB.
    J’ai cherché en vain, mais je ne suis ni très doué, ni très patient, un tableau européen sur les chiffres bruts des dettes budgétaires et leurs évolutions. Sauriez vous où le trouver ?
    Sinon, appel au blog.

      1. Oui et il faut arrêter aussi avec l’anti ratio de pib systématique, plein de biais et insuffisant ok, mais il n’a pas que des mauvais cotés, ne serait-ce, précisément Renard, que par le fait qu’il exprime les variation de pib comme de dette et reste aussi toujours une indicateur sur la soutenabilité du service de la dette.

  15. J’ai lu l’interview de M Lazzarato . Il est vrai que la santé aux US est privée et coute plus chère que notre sécu avec de moins bonnes prestations. Mais les néolibéraux répondront que la gestion par l’État n’est pas obligatoirement un gage de meilleure gestion ( voir l’histoire du Crédit Lyonnais). Il est vrai que la frontière entre privé et public est poreuse tant les experts en gestion de tous poils passent d’un secteur l’autre. J’entends déjà les diatribes des néolibéraux … ce que vous voulez c’est le retour au kolkoze… allez vivre en Corée du Nord vous allez voir ce que c’est …etc… M Lazzarato explique que la dette est produite et faite par les banques privées. Soit. Mais pourquoi en est- on arrivé là? Pourquoi le développement exponentiel du crédit et de la dette? Il montre que l’on est passé d’une forme de bon capitalisme entrepreneurial avec une expansion permettant une forme de bien vivre à un méchant capitalisme financier dont le but caché serait de réduire un peu plus le monde en esclavage. Le crédit deviendrait ainsi un nouveau moyen de contrôle sur les individus. Cette nouvelle forme de domination est bien réelle mais tant que les peuples ne prendront pas conscience qu’ils doivent se débarrasser de leurs États qui les saignent et les oppriment ils devront continuer à payer. Or les populations des différents pays ne veulent pas payer mais ils continuent de voter pour des partis qui une fois à la tête du gouvernement se mettent au service de la dette . Il y à la une sorte de schizophrénie .
    Je me permettrai de donner une version un peu différente bien que sur l’essentiel je sois d’accord avec M Lazzarato. Tout le monde est à peu prés d’accord pour dire que la genèse de la crise puise ses fondements dans les années 70. Fin de la convertibilité du Dollar , choc pétrolier, et début d’une nouvelle révolution technologique. Or à mon avis ce que le capitalisme et ses farouches défenseurs n’ont pas vu venir c’est l’ampleur de ce passage technologique. En effet en 1969 Me François Perroux professeur au collège de France entre autre écrivait dans son « que sais-je  » sur le capitalisme (On dit seulement que la preuve que le système capitaliste engendre nécessairement le chômage massif et chronique n’a pas été donnée). Avec le recul il me semble que d’ores et déjà on peut confirmer que le capitalisme porte en lui ce mal structurel , cette forme de cancer. Il suffit de regarder la courbe du chômage depuis 1970 pour s’apercevoir que mises à part quelques embellies elle n’a cessé de croitre du moins en France mais aussi dans les grands pays industrialisés d’ Europe. Les petits automates électropneumatiques de l’époque sont devenus de gigantesques robots capables de reproduire grâce à l’informatique les prouesses de la main de l’homme. Le capitalisme n’a plus besoin d’autant de main d’œuvre et par la même occasion exit les consommateurs potentiels. Ensuite la dérégulation des marchés , le libre échange et l’installation de ces robots dans des pays à bas cout de main d’œuvre ont aggravé le phénomène rendant toutes les solutions au chômage impossibles. Le capitalisme ne permet plus de valoriser suffisamment sa production , plus il produit , plus les marges tombent, (concurrence oblige), l’investissement dans de nombreux secteurs n’est plus assez rentable.Les investisseurs via les fonds de pensions se tournent vers la spéculation et l’engrangement de capitaux fictifs sans réelle production de valeurs échappant grâce aux paradis fiscaux à toutes possibilités pour les États de prélever l’impôt.Cependant le crédit n’est pas à mon avis la cause de la crise du capitalisme , il en est une conséquence .C’est le moyen de mettre de l’argent sur le marché sans réelle production de valeurs. Pour conclure et pour faire bref l’endettement aussi bien public que privé s’est développé car le capitalisme a su imposer une forme de bonheur lié à la consommation toujours plus grande de biens matériels.

    1. « Mais les néolibéraux répondront que la gestion par l’État n’est pas obligatoirement un gage de meilleure gestion (voir l’histoire du Crédit Lyonnais) »

      Oui, c’est l’argument-massue : celui d’une banque nationalisée qui s’était alignée sur les mauvaises habitudes des banques commerciales néolibérales et qui sera invoquée pour l’éternité comme témoignage des vices des banques gérées par l’État.

      Je me souviens d’une dame qui m’avait fait cette objection de la salle lors d’un débat à Paris sous l’égide du Nouvel Obs. Sa bouche écumante suggérait qu’il n’y avait pas que le Crédit Lyonnais qui souffrait d’un sérieux problème.

      1. @Paul Jorion :
        Entendu sur Fr Cult., un intervenant qui préconisait serieusement de confier la gestion des fonds marins a des sociétés privées (comme celà se ferait sous des cieux plus libéraux ..) et que ce choix éviterait a coup sur le saccage actuel de la ressource halieumachin …Q’en fait c’est la gestion d’ un bien commun qui épuise le système …….on retrouve là le concept des enclosures adapté au vivant ( semences , mer , air et eau ) .

  16. La création monétaire (les agrégats) serait-elle devenue uniquement un outil de répartition des richesses ?
    Le seul problème de la dette pour les créanciers, c’est lorsque l’on ne paie pas. La dette, c’est croire au futur ? Faut-il payer lorsque le prix ne correspond pas ?

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