À PROPOS DU BILLET DE JACQUES SAPIR : « Les paris stupides (II) (Blaise Pascal, Jacques Prévert et les choix de François Hollande) »

Un excellent billet de Jacques Sapir sur son site : Les paris stupides (II) (Blaise Pascal, Jacques Prévert et les choix de François Hollande).

Sa conclusion :

Face à cette perspective, François Hollande se comporte comme un enfant qui a mal aux dents mais qui a encore plus peur du dentiste. Sur le fond, il n’est pas dupe. Ce serait un grand tort de mésestimer son intelligence. Il sait que la solution de la dissolution s’imposera tôt ou tard. Mais, pour l’instant, la peur du dentiste, et donc de la dissolution de l’euro, l’emporte. Il cherche donc à gagner du temps, et il fait des paris, qui ont certes l’apparence d’être « rationnels », mais dont sait aujourd’hui qu’ils seront perdus tant les facteurs négatifs s’additionnent.

Alors, on peut aussi se demander si, peut-être il ne nourrit pas en son for intérieur l’espoir en un événement imprévu que lui sauverait la mise ? Mais ceci constitue un quatrième pari, et celui-ci parfaitement irrationnel. C’est un pari mystique ; c’est un pari stupide, au sens de Jacques Prévert, dont les funestes conséquences se feront sentir pour les Français comme pour l’ensemble des Européens. Car là se trouve l’ultime paradoxe de la situation actuelle : la poursuite dans la voie actuelle condamne les Européens à subir une crise d’une ampleur inouïe et menace, en fin de compte, les institutions mêmes de l’Union européenne.

Plus haut dans son billet, Sapir écrit ceci :

Une dissolution de la zone Euro implique un affrontement avec l’Allemagne, pays qui profite très largement de la zone Euro. Cette dissolution, avec les dévaluations qui s’appliqueraient alors, pourrait coûter la première année 3% à 4% du PIB de l’Allemagne, et probablement autour de 2% la seconde année et les années suivantes. On comprend pourquoi le gouvernement allemand tient tant à l’Euro. Mais, si l’on veut que la zone Euro soit économiquement équilibrée dans une structure fédérale, il faut considérer les pays de la zone Euro comme de simples provinces d’une entité plus vaste. Des flux de transferts budgétaires sont alors nécessaires, comme ils existent actuellement en Allemagne ou en France. La région parisienne et la basse vallée de la Seine financent les départements du centre de la France. Le problème est dans leur montant. Il faudrait que l’Allemagne consente des transferts budgétaires nets allant, suivant les calculs, de 8% à 12% de son PIB tous les ans. L’économie allemande n’y résisterait pas. En d’autres termes ce n’est pas que l’Allemagne ne veuille pas mais elle ne peut pas !

Une autre option, que Sapir ne mentionne pas, SI L’ON ENTEND sauver la zone euro est celle que je propose sous la forme d’un défaut simultané et généralisé des 17, et de la restructuration de leur dette désormais à jamais mutualisée comme Eurodette. Le tout, accompagné d’une dévaluation de l’euro à la mesure de la décote qu’entérine la restructuration globale.

 

Partager :

177 réflexions sur « À PROPOS DU BILLET DE JACQUES SAPIR : « Les paris stupides (II) (Blaise Pascal, Jacques Prévert et les choix de François Hollande) » »

  1. Cher Monsieur Jorion,

    Merci encore pour ce travail et ce dernier billet.
    Mais votre suggestion en chute d’article -le défaut généralisé-… ne serait jamais acceptée par les pays tels la Finlande et l’Allemagne, vous le savez surement !

    1. Ils veulent pas ? Hé bé ils l’auront, mais en plus brutal, normal. Sapir parle uniquement de l’impact économique d’une dissolution, à hauteur de 3/4% du pib puis 2% par an via les dévaluations mais les pertes financières immédiates pour la RFA, fort probables, sur BCE/FESF/Target et Cie se chiffreraient plutôt en déciles de Pib qu’en centiles…

      1. Oui, ca leur couterait un sacre saladier, c est pourquoi l Allemagne va tout faire pour trainer les pieds et palabrer jusqu aux elections en septembre 2013…

        Hollande fait aussi un autre pari secret que les socialistes allemands vont gagner et former un gouvernement avec les verts, non ? Cela est aussi incertain…

    2. Sauf si l’on arrive à persuader l’Allemagne qu’elle a plus à perdre qu’à gagner avec la dissolution de l’Euro. Hollande fait des paris stupides, mais Merkel aussi. Reste à étaler au grand jour cette vérité. L’article de Sapir y contribue.

      A la lecture des articles récents de Jorion, Sapir et Lordon, quelque chose me dit qu’objectivement un trio de choc s’est formé pour faire éclater cette vérité. Je ne sais pas s’il y parviendra, mais en tous cas le bolide est lancé ! 🙂

      1. @ Pierre-Yves D.
        J. Sapir explique clairement que, pour l’Allemagne, la dissolution de la zone euro est préférable à son sauvetage moyennant la mutualisation des dettes.
        De son point de vue, la solution préconisée par P. Jorion est donc totalement irréaliste.
        Par aileurs, A. Merkel est beaucoup moins « stupide » que vous ne le croyez. Parfaitement consciente que « l’Allemagne a plus à perdre qu’à gagner avec la dissolution de l’Euro« , elle cherche à sauver la zone euro, mais elle ne veut pas pour autant, et cela se comprend, d’une mutualisation de la dette -qui coûterait très cher à l’Allemagne- ni d’une dévaluation de l’euro, les allemands ayant fondé toute la puissance de leur économie sur la force de leur monnaie. J’ajoute que les pays surendettés eux-mêmes ne veulent pas d’une dévaluation de l’euro car l’attachement à l’euro est lié à la valeur de la monnaie européenne beaucoup plus qu’à une quelconque adhésion à l’idéal européen qui sert désormais à justifier toutes les régressions sociales imposées aux populations.

      2. Reste à étaler au grand jour cette vérité. L’article de Sapir y contribue.

        T’inquiète PY, ne serait-ce qu’Artus s’en charge toutes les semaines et il a un peu plus de trompes d’Eustache  » efficientes  » pour accueillir ses flushdoc que le Sapir pour ses papiers…

      3. Le défaut généralisé deviendrait acceptable par tous dans la mesure où le « théorème du
        doublement des intérêts nets des emprunts extérieurs  » (cf.la découverte du Pr.Bernard
        Schmitt )serait devenu une « connaissance scientifique » à la fois enfin confirmée et partagée.
        Il restera à calculer l’importance qui en résulte du « défaut »totalement légitime en question,et à spécifier
        économiquement et politiquement les bénéficiaires indûs du doublement qui n’aurait pas dû
        se manifester à leur avantage financier dans un système de paiements internationaux qui soit
        autre chose que le régime inepte qui sévit depuis 71-75 comme chacun le sait bien..
        .(pour cet « autre chose » qui empêche le mécanisme du doublement de se manifester,voir les
        travaux de Bernard Schmitt,et les propositions précises de Alvaro Cencini et Bernard Schmitt)
        (à noter que ces procédures ne passent pas par une négociation mondialisée du type Bretton
        Woods,car sinon il faudrait attendre la saint Glin-Glin…,elles peuvent au contraire être décidées
        à tous les niveaux nationaux utiles).Du coup la thèse de Paul Jorion apparaît comme la bonne.
        et en même temps la plus réaliste (au sens d’OPERATOIRE).

      4. Hollande fait peut être le pari qu’il y aura beaucoup de monde dans la rue prochaînement et qu’ ipso facto une majorité issue de ses rangs, retrouvant ses instints démocratiques, votera non au TSCG pour qu’ainsi, ayant sauvé la face aux yeux des décideurs orthodoxes, ils puisse retourner marchander avec Angéla – fort de la légitimité de la population qui n’est pas négociable – afin d’obtenir à terme l’introduction du Jorion’s pack dans le futur traité…
        ( Tiens et pour le coup, je vous colle pas un truc jaune qui se bidonne!)

      5. carlo

        J’avais bien compris que pour Sapir la dissolution est préférable.
        Mais ce n’était pas le sujet. Le sujet c’est la situation actuelle qui consiste à raisonner dans le même cadre est-elle tenable ? Peut-on vraiment envisager que l’Allemagne dans l’environnement économique européen et mondial dégradé qui serait celui d’une dissolution pourrait faire cavalier seul ? Pensez-vous sérieusement qu’une Allemagne avec un Mark surévalué pourrait commercer comme elle le faisait avec les autres pays d’Europe ? Que les exportations vers le reste du monde compenseraient le manque à gagner ?
        Sapir ne sort pas vraiment du cadre, mais il montre l’insoutenabilité des solutions avancées officiellement de part et d’autre du Rhin. C’est tout ce que je voulais dire.

        Bref, les paris stupides c’est de croire qu’on pourra faire l’économie d’un changement de paradigme. La solution Jorion c’est justement de conditionner le sauvetage de l’euro à un changement de paradigme. Les paris stupides cela consiste à penser qu’on pourra faire l’économie du changement de paradigme. Il faut donc persuader l’Allemagne que pour s’en sortir par le haut, politiquement, culturellement, économiquement il faut faire le grand saut du changement de paradigme, avec bien sûr à la clé des révisions sans doute douloureuses quant aux orientations de l’économie allemande. Mais l’Allemagne ne sera pas embarquée seule dans cette aventure, tout le monde est concerné.

    3. Sauver l’euro et le dévaluer sont incompatibles car l’attachement des populations à l’euro est essentiellement lié à la valeur de la monnaie européenne (beaucoup plus qu’à une adhésion à l’idéal européen au nom duquel les classes dirigeantes justifient toutes les régressions socialesqui nous sont imposées). Si l’euro devait être dévalué, les pays les plus riches préfèreraient « égoïstement » revenir à leurs monnaies nationales. Et que pourrait-on leur reprocher qu’on ne puisse également reprocher aux pays qui demandent la mutualisation de leurs dettes après avoir longtemps profité d’une monnaie surévaluée (qui, en anémiant les économies de ces pays, est d’ailleurs en grande partie responsable de leur surendettement)?
      Plus fondamentalement, l’objectif est-il de sauver l’euro -et le système qui le sous-tend- ou de changer de paradigme?

      1. S’apercevoir que le thèorème de l’intérêt est à l’oeuvre,c’est prendre en compte une connaissance
        scientifique nouvelle (et totalement surprenante):ce n’est pas changer de paradigme sauf en ce
        sens qu’on se met en mesure enfin de « réparer » l’économie d’échanges mondiaux en en
        supprimant si on le veut le régime absurde dans le cadre duquel s’effectuent ces échanges
        mondiaux,économiques ,financiers et monétaires,notamment depuis le début de la décennie 1970,et cela de manière progressive.Mais,d’une certaine façon,c’est là le plus facile.Changer la façon de fonctionner INTERNE reste un enjeu tout à fait essentiel
        à lever:il s’agit d’éviter les « 1%,99% » mis en exergue à juste titre par le Professeur P.Jorion.C’est
        sans doute plus compliqué.
        Il est clair que la pathologie du doublement des intérêts d’emprunts extérieurs s’est profondément aggravée avec l’amplification de la mondialisation.Elle ne veut pas dire que
        les emprunteurs payent 2 fois les intérêts(ils ne payent qu’une fois:le paiement micro-économique n’est pas doublé,et si cela avait été le cas ils s’en seraient aperçu vite fait).Le
        « DOUBLON » n’est pas payé par l’emprunteur,privé ou public,Etat compris,il l’est DE MANIERE
        MACRO-ECONOMIQUE par l’économie nationale de l’emprunteur DANS SON ENSEMBLE:c’est
        un prélèvement MACRO-ECONOMIQUE,qui par définition ne pèse pas sur un agent quelconque précis,ET C’EST POURQUOI IL A FALLU ATTENDRE POUR S’EN APERCEVOIR…
        Seule,à ma connaissance,les analyses de Bernard SCHMITT,menées sur plus d’un demi
        siècle en dehors des chemins battus ont permis de démasquer cette singulière pathologie.
        à la fois profondément pernicieuse et cachée aux yeux de tous(économistes compris).
        En raison de ces doublons(totalement indûs)les « dettes » se sont accumulées:ce sont de
        FAUSSES DETTES (en partie).Et par conséquent décider le « DEFAUT » est une façon de parler.
        Il ne s’agit nullement d’un défaut au sens de manquement inique,c’est un retour à une situation normale,après avoir avoir effacé de l’ardoise en quelque sorte ce qui n’aurait jamais
        dû y figurer.Car,tout le monde devrait le comprendre,ce payement ayant eu lieu une fois,il n’y a
        nulle raison financière (et morale a fortiori)qu’un second payement intervienne pour « doubler »
        CE QUI A DEJA ETE PAYE.Or c’est cela qui a lieu actuellement!!!.
        On l’aura compris: si le taux d’intérêt est nul,la pathologie n’apparaît pas.Mais le thèorème reste vrai car 2 fois zéro est égal à zéro.(Il y a d’autres cas,mais un peu plus compliqués à voir.)

    4. un autre article de Jacques Sapir :
      Mythes et préjugés entourant la création et l’existence de la monnaie unique
      http://www.medelu.org/L-euro-quatre-mythes
      Celles et ceux qui ont voté « NON » à Maastrich et suivant…avaient donc RAISON !
      Les socialistes et le référendum, c’était ça le changement ?
      http://www.placeaupeuple2012.fr/les-socialistes-le-referendum-cetait-ca-le-changement/

      Il reste une semaine avant la grande journée de mobilisation contre la ratification du traité budgétaire européen. Retrouvez ici tout ce qu’il faut savoir sur ce traité, comme sur la grande manifestation unitaire du 30 septembre prochain. Rendez-vous à 13h30, place de la Nation à Paris.

      Quatre pages de l’Humanité en PDF :
      pourquoi nous voulons un référundum et les clés pour comprendre ce traité
      http://www.humanite.fr/politique/tout-sur-la-journee-de-mobilisation-du-30-septembre-504560

      1. Pour le référendum de plus, les politiciens FdG repasseront.
        Ils ont déjà fait la proposition pour détourner de la grève générale
        notre mouvement des retraites en 2010.
        Cette fois-ci il s’agit pour les politiciens de détourner les luttes
        contre le gouvernement Hollande, et de les canaliser vers les élections,
        lmunicipales puis européennes,seul horizon des sinécuristes, …

    5. La proposition de Paul d’annulation de la dette est la seule réaliste.
      Elle bénéficie de dizaines de précédents.
      C’est aussi la seule qui aura l’appui des peuples,
      car la seule qui les libérera de la spoliation sans précédent par le capital financier.

      Evidemment qu’elle ne sera pas acceptée par le capital financier
      ni par aucun gouvernement, puisqu’ils sont tous à son service.

      Elle ne peut être imposée que par un mouvement social sans précédent,
      commençant par annuler la dette,
      dans un affrontement généralisé avec le capital et ses appareils de répression,
      comme première mesure avant de sortir du cadre capitaliste,
      et d’entamer la tansition vers une démocratie réelle.
      Les solutions approchent…

      1. @ CHARLA…

        Vous ne participerez donc pas au « détournement des luttes » du 30 septembre dans les rues de Paris journée de mobilisation contre la ratification du TSCG ?!
        C’est, pour le moins, curieux de la part de quelqu’un qui appelle tous les matins depuis sa fenêtre à un mouvement social sans précédent, un affrontement généralisé etc … !

      2. Le mouvement social sans précédent c’est un peu comme le mouvement perpétuel on croit le tenir et il vous échappe sans cesse…
        Il est clair que vu « le niveau de conscience des masses populaires » nous sommes au bord de « la grève générale insurrectionnelle et expropriatrice »…
        Dans les solutions qui approchent je pressens plutôt des temps sombres où la démagogie, le nationalisme, la confusion idéologique généralisée et l’enseignement de l’ignorance se donneront la main pour qu’une énième guerre vienne nous enivrer de son parfum de sang…

      3. Les solutions approchent…

        On voudrait le croire et ça serait peut-être le cas si « les peuples » comprenaient ce qui leur arrive.
        Je doute que ce soit le cas, et ni les médias ni la classe politique ne va dans ce sens.
        Quant à compter sur un pourrissement de la situation, c’est un autre pari…. risqué (très risqué)

  2. Mais encore une fois: apurer le passé ne règle pas les problèmes. En quoi faire défaut commun change quoi qu ce soit au différentiel de compétitivité entre la France et l’Allemagne?
    Il n’y a pas à tortiller, d’une manière ou d’une autre les échanges intra communautaires doivent être rééquilibrés, que ce soit par des transferts, une diminution de la compétitivité allemande par augmentation des salaires, des droits de douane ou un retour aux monnaies nationales afin d’en ajuster les parités. Il vaudrait beaucoup mieux que ce soit coordonné au niveau européen et mettre en commun la dette en serait un bon signe évidemment, mais pour l’instant on ne règle rien du tout! On repousse les problèmes jusqu’à les rendre encore plus ingérables.

  3. « SI L’ON ENTEND sauver la zone euro est celle que je propose sous la forme d’un défaut simultané »

    Il faudra déjà un défaut si les Etats eux-mêmes veulent se sauver. Ils le savent. Mais gagner du temps c’est gagner de l’argent. On continue à rembourser la dette autant que possible. C’est ça l’objectif.

  4. raisonnement européocentré typique dans le cadre d’une crise mondiale…
    on ne parle de la dissolution de l’euro qu’en sous entendant le retour à des monnaies nationales la plupart du temps ou raisonnant autour d’intérêts nationnaux.
    alors qu’il me semble que la dissolution de l’euro est liée à la situation du dollar ( et celle du yuan et du rouble etc) et le sujet rarement évoqué mais en latence de la création d’une unité monétaire de référence mondiale qui permettrait de réduire l’impact des problèmes locaux des monnaies  » de zone » sur le problème monétaire général.
    même si l’enjeu d’une distribution de pouvoir local se joue aussi , la résolution du problème de l’euro passe par le fait de revisiter la question sur un mode élargi pour trouver une solution qui préfigurerait une solution compatible avec la nécessité mondiale d’un point de référence pour refonder des échanges corrects.

    bien sur il faut trouver une solution unificatrice d’abord et avant tout autre ajustement mondial et calculer l’ajustement de « l’égalisation » pour le bien collectif
    si possible il faudrait trouver un ajustement de valeur( dévaluation) similaire et coordonné avec ceux qui se feront nécessairement aussi dans les autres zones.
    un point de référence pour sortir de l’impasse du calcul et des discussions sans fin de bout de gras d’intérêts nationaux serait de se situer en corrélation d’une évaluation du yuan en conversion libre
    l’allemagne ayant une bonne base d’échange avec la sphère yuan cela pourrait composer une solution viable de son côté en préservant le fruit de son travail sous cet angle dont l’ensemble de l’europe et des chinois( qui ne devrait pas en concevoir ombrage) tire un bénéfice certain
    reste à composer avec la réelection américaine et ses suites.

    1. rahanne ne rêvez pas trop, les états-unis n’ont pas forcément intérêt à mettre fin à la domination du dollars, ils ont plusieurs casquettes : celle de ‘communauté internationale’, et celle de nation avec son army made in us. ils sont en fait, d’un côté, les meilleurs alliés des nationalistes européens qu’ils n’hésiteront pas à appuyer pour désintégrer une union européenne devenue menaçante. ils pourraient par ex se servir des lignes de fracture tracées par une immigration musulmane massive. les états-unis ont beaucoup de cartes. à moins que l’allemagne ne cède, ce qui ne me parait pas improbable.

      1. je ne doute pas qu’il n’y ait ni intérêt ni envie et les chinois non plus vu leur détention en valeurs américaines
        mais comment débloquer une situation où personne ne veut rien perdre
        on attend la fin du déluge?
        c’est une option
        l’économie se construit moitié par opportunisme réaliste( ce qui peut prendre racine et fleuri sur le terrain) que sur inflexion délibérée
        si on attend que le ciel résolve les problèmes cela n’empêchera pas la nécessité d’une reconstruction sur un autre modèle ayant pu voir d’assez près où celui ci mène
        et aucune situation opportune qui redistribuerait les cartes n’effacera complètement les traces des ravages déjà commis et ne fera peut-être même qu’empirer la situation.
        on ne peut pas délibérément imaginer continuer en pire sans gouter de plus près aux conséquences annoncées.
        nous sommes dans une économie non seulement moribonde mais mortifère.
        le prix à payer de la monnaie est somme toute assez faible.

      2. @Methode

        « ils sont en fait, d’un côté, les meilleurs alliés des nationalistes européens qu’ils n’hésiteront pas à appuyer pour désintégrer une union européenne devenue menaçante. »
        Il faudrait expliquer pourquoi les gouvernements américains ont soutenu et poussé la construction européenne, et pourquoi ils continuent de le faire. Voire plus loin, cet espace économique transatlantique qui se met en place.

        « D’un coté », mais et de l’autre?

      3. sylla, c’est exactement ça, les gouvernements américains sont tous issus d’un bipartisme qui va bien, et tant que ça va dans le sens des intérêts us ça ne devrait pas changer. l’onu s’est vue contournée quand elle s’y opposait. mais si, crise aidante, cela devait évoluer, le nationalisme américain pourrait se réveiller et faire échos en europe. d’ailleurs les mouvements européens ne sont pas antiaméricains, plutôt contre l’atlantisme. je ne pense pas qu’il faille voir les états-unis comme un bloc sans faille, au contraire. de même, le mépris de l’extrême-droite ne devrait pas faire oublier qu’elle aussi évolue.

      4. @ sylla :
        Vous rêvez debout ? Les étatsuniens n’ont soutenu une construction européenne qu’en voyant très bien ce qui la limiterait : avec la Grande Bretagne qui tirerait à un bout et la Turquie qui utiliserait ses casquettes OTAN & ~Europe (~nation non arabe) de l’autre, ils se doutaient qu’ils auraient de longues décennies où sans gros efforts le hochet européen resterait cantonné à une douce mélopée néolibérale sans grand risque qu’une volonté contraire vienne de l’union (et la force de l’union) de ses membres.

      5. @Methode
        Et je ne pense pas que çà change avant longtemps.
        Le $ est aussi assis sur leur capacité militaire, capacité amplifiée avec l’otan, auquel est subordonnée l’UE, de fait et de part les traités, sans parler des mentalités ou des intérêts.

        Je ne pense pas non plus que le nationalisme aux états-unis s’était endormi, ni qu’un durcissement de celui ci ferait écho en europe sous cette forme. Ce n’est pas leur intérêt.

        @Timiota
        Avec votre accroche « Vous rêvez debout ? », je m’attendais à une contradiction, or je n’en vois pas.
        (La turquie n’est pas dans l’UE ; et il n’y a pas que l’angleterre qui tire sur la couverture).

      6. Timiota… beaucoup d’impasses et de simplisme dans le petit résumé bien peu remis dans la perspective historique. Faudrait pas oublier qu’il y eut l’Urss pendant un temps, de grandes craintes (françaises) de  » condominium  » , et, rien que pour le crucial début des 70’s, l’Ostpolitik de Brandt, la  » misère  » britannique, le plantage de  » l’année de l’Europe  » de Kissinger, etc etc etc.

      7. Meuhhhhhtode

        le mépris de l’extrême-droite ne devrait pas faire oublier qu’elle aussi évolue.

        , t’as razoo, on a vu et entendu ça aujourd’hui, en bien, pour sûr…

  5. Excellente, l’analyse que fait Sapir des causes de la crise – manque de compétitivité et surévaluation ? C’est à ne plus rien y comprendre. Ou alors, c’est le vieux truc de toujours, chacun arrime les braises à sa sardine.

    1. Différentiel plutôt que juxtaposition des deux facteurs, et pont-levis levé (par Francfort et derrière par Berlin) au mauvais endroit, dirais-je plutôt.
      Attendrais avec plaisir une intervention de Michel Leis, s’il nous lit…

      1. Ah, le différentiel entre les montants consacrés au sauvetage du système bancaire européen en 2008 et 2009 et les contreparties obtenues, vous voulez dire ?

      2. Différentiel entre compétitivité et évaluation de la monnaie. Le manque de compétitivité seul ne tue pas, la surévaluation seule ne tue pas, c’est le maintien des deux ensembles, couplés et pas simplement additionnés, si j’ai bien compris Sapir, qui nous fiche dans la mouise..

      3. Même si la compétitivité est au centre des quelques billets que j’ai publié jusqu’ici, on ne peut résumer la crise européenne à cette question. La manière dont l’intégration européenne s’est réalisée sans harmonisation fiscale et sociale est largement en cause. De plus, la compétitivité vue depuis l’économie réelle est aussi une question de marché. La double spécialisation relative dans l’industrie et le haut de gamme de l’industrie allemande semble pertinente parce qu’elle continue à s’adresser à une clientèle solvable mais elle n’est absolument pas extensible à toutes les industries et tous les pays (et d’ailleurs, est-ce souhaitable ?). La désolvabilisation du cœur du marché rend la recherche de compétitivité illusoire et le transfert de production vers les pays à bas coûts accentue cette désolvabilisation générale. Mais d’autres facteurs explicatifs sont à prendre en compte, je travaille sur un nouveau billet centré sur les rapports de force entre les acteurs du système.

      4. Merci, M. MIchel Leis. Eclairant.

        Anecdote : J’ai enfin pu commencer votre ouvrage (Crises Eco …), après l’avoir commandé chez Eyrolles direct. Mon libraire de quartier n’avait pas pu le faire venir…
        Je n’en suis qu’au début. Vous utilisez le concept de « norme » intensivement. Pour moi, c’est un peu comme un point attracteur en mathématique/physique, votre façon d’utiliser la norme : si le système exprime une norme, c’est que « quelque chose » (un ensemble de choses) le localise à ce point de fonctionnement. Ce puits de potentiel attracteur, + ou – autoformé, on va l’appeler « norme ».

        Au plaisir

    2. Il y a longtemps que Werrebrouck avait fait le même type d’analyse portant sur le différentiel de compétitivité : Euro : Implosion ou sursaut ? C’était le 28 janvier 2010 sur ContreInfo. Et sur ce blog, vers la fin 2009, l’éclatement de l’euro était déjà pronostiqué. Ça va faire bientôt 3 ans, et la situation n’a pas bougé d’un millimètre, le malade est toujours sous perfusion.

      1. On continue à confondre allègrement la faiblesse des mécanismes redistributifs entre les partenaires européens – connue et reconnue depuis le début de la construction de l’eurozone ( et si on écoutait Attali, des fois ? ) – et le nouveau paradigme de lutte des classes qui a surgi de la financiarisation de l’économie : créditeur vs débiteur.
        La bulle des subprimes n’a plus rien à voir avec la situation ? Qu’est-ce que le différentiel de compétitivité peut avoir à voir avec la choucroute des masses qui bossent, consomment et vivent à crédit observées par une poignée de petits malins qui anticipent leurs aspirations pour mieux les exploiter ?

        Qu’un saut vers le fédéralisme soit une des solutions de sortie de cette situation causée par l’offensive de dérégulation menée par les théoriciens du néolibéralisme ne veut pas dire que ce manque de solidarité européenne effective soit à l’origine de la crise. Faut pas déconner.

      2. Et,le Wolfprize,prix économique dit prestigieux,a été décerné en cette année, à l’auteur d’un texte
        (voir sur le net)qui tout simplement est un mode d’emploi pour sortir de l’Euro.Etrange? Non?
        (ou quand de soit-disant économistes prestigieux se mêlent de politique,sans faire de l’économie
        politique d’ailleurs)(voilà messieurs et mesdames comment faire pour sortir de l’Euro:c’est
        comme si c’était fait,et il n’y a plus rien à voir…)
        à crapaud rouge;c’est bien antérieurement à 2009 que nombre d’économistes développaient
        l’idée que l’Euro ne pouvait « fonctionner » correctement……

      3. Crapaud : ‘Dead cat bounce’.
        L’euro n’a pas implosé, ni sursauté.
        Il a juste ‘fondu’.
        Comme les réacteurs de Fukushima, dans les cuves de la BCE, noyé de liquidités.
        Et l’on se retrouve avec des milliers de tonnes de liquidités radioactives dont on se sait plus que faire.
        La cuve à compensation a elle aussi été inondée :
        « Spanish lenders are borrowing more than €400bn, equivalent to 11 per cent of total bank assets. For Italy, the figure is almost €300bn.
        The result has been soaring imbalances on the Target 2 cross-border payments system used by eurozone central banks. Mirroring the southerly flow of ECB funds, Germany’s Bundesbank has Target 2 claims in excess of €700bn. »

        Le fait est que la fusion monétaire continue et que comme on ne sait pas arrêter une telle réaction, on y déverse des tombereaux de liquidités, en espérant que la réaction se stabilise ou même s’arrête.
        En règle générale, la seule manière que l’on connaît lorsqu’un coeur de réacteur monétaire est entré en fusion est d’arriver à le stopper puis de le démanteler.
        Paul propose de retirer les crayons de dettes du réacteur avant qu’ils ne fondent complètement et de les stocker comme déchets, afin de sauvegarder le réacteur.
        C’est sans doute possible techniquement.
        Le problème, ce sont les ingénieurs : les mêmes que ceux qui ont conçu ce modèle de réacteur qui doivent réaliser cette prouesse monétique …

        Dans les deux cas, démantèlement ou reconversion d’urgence, cela ne change rien pour moi : le système monétaire ‘euro’ a fondu.
        Et l’on continue à déverser des tombereaux de liquidités pour le noyer, en espérant que ces liquidités n’iront pas infiltrer la nappe phréatique de l’économie.

      4. @ Mor :
        Merci et effectivement, c’est le cas du capitalisme tout court. Le monétarisme étant dans ce cas une fonction ou plutôt une représentation particulière du capitalisme.
        Finalement, c’est Gesell qui a raison : la monnaie sera fondante (pardon, fondue) !
        🙂

  6. @rahane

    raisonnement européocentré typique… alors qu’il me semble que la dissolution de l’euro est liée à la situation du dollar ( et celle du yuan et du rouble etc) et le sujet rarement évoqué mais en latence de la création d’une unité monétaire de référence

    Mouarf. Vous connaissez Sapir ?
    Juste comme ça, son blog s’appelle « Carnet de Jacques Sapir sur la Russie et l’Europe » .
    Allez, dites nous à la limite s’il est « Euraso-centré », l’auteur de « La démondialisation » …

    1. le problème n’est peut-être pas comment sapir pense mais le niveau de résonnance des concepts économiques dans chaque zone.
      l’autre jour quelqu’un à mis un lien sur une conférence de banquiers américains édifiante quand à leur attitude américanocentrée
      chacun raisonne à l’aune de son territoire et de sa culture
      alors que le problème est mondial
      et si on n’arrive pas à élever l’ensemble des échanges au niveau réel du problème non seulement aucune solution ne verra le jour mais aucun consensus( relativement pacifique et à moindre cout) n’a de chance de commencer à poindre son nez.

  7. Le défaut simultané et généralisé des 17, me fait penser à la paix blanche proposée dès 1916 par les socialistes d’alors.
    Une solution absolument impossible malheureusement.
    Dans la réalité, les intérêts des 17 pays sont à ce points divergents quand ce n’est pas opposés qu’il est vain de vouloir les unir un peut plus dans une confédération d’état dont aucun des éléments constitutifs n’existent aujourd’hui (on n’oublie le parlement « fantoche » de Strasbourg qui plus est incorpore des pays n’appartenant pas à la zone Euro).
    Bref, de même que les canons ne cessèrent de cracher la mort au prétexte qu’en face on criait la paix la paix, de même cette Europe ne cessera de se déliter alors qu’en face on criera l’Europe, l’Europe!

    1. dans chaque zone économique du monde l’ennemi structurel est à la fois à l’intérieur sous forme du ver dans la pomme et à l’extérieur sous forme de papillon et le désastre est global

  8. Je n’aurai pas le front de vous rappeler ce billet de Frédérice Lordon que vous ne pouvez manquer de connaître « Cette Europe là est irréparable ».

    http://blog.mondediplo.net/2008-11-30-Cette-Europe-la-est-irreparable

    Bien sûr ce billet est en partie circonstanciel, mais le fond général reste actuel. Je retiens notamment le dernier paragraphe, pour ajouter que le pied me démange, au mieux.

    « L’Europe dans sa forme actuelle prend un soin particulier à écœurer autant qu’elle le peut, parfois même, mais dans le silence de leurs âmes tourmentées, jusqu’à ses défenseurs les plus sincères et, voudrait-elle précipiter des accès de refermements nationaux, qu’elle ne s’y prendrait pas autrement. Si vraiment c’est là le produit chaque jour plus probable de cette délirante aventure, on se demande presque si, pour l’idée européenne elle-même, il ne faudrait pas souhaiter qu’un beau jour les manants — je veux dire les « citoyens européens » — se rendent sur place dire un mot en direct aux grands malades qui ont rendu cette Europe irréparable. Et le cas échéant se proposent de les virer à coup de lattes dans le train. »

  9. Ce que vous proposez (depuis longtemps) s’appelle une politique monétaire digne de ce nom. (Juste être vigilant sur les conditions)

  10. Une question un peu incongrue pour ne pas dire naive: quelle conséquence d’une dissolution éventuelle de l’euro sur le dollar?

  11. Un intellectuel qui ne se prend pas pour tel, fils d’un psychanalyste et d’origine russe, a toutes les chances d’avoir des idées intéressantes. Il ne fait que reprendre ici de manière très pédagogique ce qu’il affirme depuis 2008. Sa mention d’une incursion de la pensée magique dans les paris de Hollande est pertinente, elle concerne pourtant la plus grande partie de l’élite politique européenne aujourd’hui: reproduire sans cesse les mêmes errements en espérant que, pour une raison que personne ne peut comprendre, les choses retrouveront par magie leur cours précédent, comme en 1993 ou au début des années 2000. C’est ce fol espoir qui dicte les politiques de l’UE. Mais c’est un espoir indigne, irresponsable. Certes, le pays est riche de son épargne accumulée: plus de 3000 milliards d’euros d’épargne liquide dans les comptes d’épargne des particuliers en France c’est suffisant pour rembourser en une fois et d’un trait de plume, par une décision autoritaire, prés de deux fois la dette de l’Etat français. Mais il ne s’agit que d’un stock très inégalement réparti, c’est le flux qui fait vivre la société.
    Non seulement nous n’assisterons pas à une stabilisation, voire une légère régression du chômage à partir de septembre ou d’octobre 2013, mais tout laisse penser qu’il continuera de monter. Nous devrions arriver, à la fin du mois de décembre 2013, au chiffre jamais vu de 3,7 à 4 millions de chômeurs.

    1. La seule raison pour laquelle on est pas déjà à ce chiffre est que le pôle emploi est surchargé et incapable de donner des rendez-vous, nécessaires pour valider les inscriptions faites au téléphone. J’ai téléphoné début juillet et obtenu un RV fin août, au lieu de « dans un mois » comme on m’avait annoncé au téléphone. On reçoit un simple papier quelques jours avant le RV, donc évidemment si on avait prévu, chômeur oisif qu’on est, de ne pas être là, c’est foutu et rebelote. Il paraît qu’on peut aussi « faire le forcing » et exiger de s’inscrire sans l’inscription téléphonique et son délai d’attente. La cause de ce bordel: un employé pour 300 chômeurs, merci Sarko pour les dégraissages au Pôle emploi!

    2. Je rappelle souvent que la critique de la religion est le fondement de toute critique, hypothèse qui semble généralement oubliée ou niée, sans être réfutée, dans un environnement réputé tolérant.
      Et pourtant, il suffit de considérer combien les dirigeants sont croyants, adeptes d’une foi obstinée dans des lendemains qui chantent, pour comprendre l’actualité de cette critique.

    3. Une citation connue d’Albert Einstein qui résume bien la situation :

      La folie, c’est de se comporter de la même manière et s’attendre à un résultat différent
      ou
      Un problème créé ne peut être résolu en réfléchissant de la même façon qu’il a été créé.

      1. Je me suis toujours posé la question, d’où viennent ces citations d’Einstein ?

        Si je me pose la question, c’est qu’en 2008, Nikademus s’était amusé ici à essayer de trouver la source de certaines « citations » fameuses des sites conspirationnistes, comme « Donnez-moi le contrôle sur la monnaie d’une nation, et je n’aurai pas à m’occuper de ceux qui font ses lois », attribué à Mayer Amschel Rothschild, et que je reçois au moins une fois par semaine dans mes mails de la part d’un correspondant passablement excité.

        La réponse à la question « d’où viennent ces citations » est invariablement « d’absolument nulle part » !

      2. 2 citations :

        http://riowang.blogspot.fr/2009/04/bernard-plossu-on-sudek.html

        One feels tempted to say: Sudek is THE photography! Streets, gardens, windows, objects, wide landscapes, his city, his house. That’s all. It is not about beauty. It is not about modernity.

        And not about pleasure, either. I think of Corot’s saying: “It’s not about searching but about waiting.”

        Attendre suppose avoir une mémoire de travail (attention span) étendue….

        you may wither away…….

        “Oh, heart, if one should say to you that the soul perishes like the body, answer that the flower withers, but the seed remains.”

        Khalil Gibran

        Pourquoi en anglais, parce que le web est en anglais. L’anglais est une sorte d’encodage basique du sens.

        Les citations d’Einstein peuvent être étonnantes. Trop directes pour un esprit aussi fin peu-être

      3. Einstein: « Dieu ne joue pas aux dés. »
        Bohr: « Qui êtes-vous, Einstein, pour dire à Dieu ce qu’il doit faire? »

        C’est mignon, même si c’est apocryphe.

      4. Khalil Gibran
        Pourquoi en anglais, parce que le web est en anglais. L’anglais est une sorte d’encodage basique du sens.

        Non, parce que Gibran a écrit Le Prophète en anglais, tout simplement.

      5. En effet.
        Il est clair qu’Einstein peut être remis en question. Ce n’était qu’un demi-dieu, lui…

        Mais, quelque part, cela est normal dans l’innormalité.

      6. Qu’en sera-t-il des citations de Paul Jorion !

        Le : « Je vous l’avais bien dit ! » est-il vraiment de lui ? …

      7. @ Paul Jorion

        « Je me suis toujours posé la question, d’où viennent ces citations d’Einstein ? »

        Ah oui, chez nous on est plus prudents. On dit : « Comme disait mon grand-père… Comme disait ma grand-mère… » 😀

      8. @ BRL

        « Einstein a eu ce trait de génie de se rendre lui-même relatif. »

        Un problème de la relativité (Galilée ou Einstein) est que les « observateurs » n’ont pas à décrire ce qu’ils voient, ce qui pour eux est un phénomène. C’est pour Thom un point fondamental: il doit y avoir une description verbale (ce qui présuppose que les humains de langue différente peuvent se comprendre). Ce problème de l’intersubjectivité se retrouve pour lui également en mécanique quantique.
        Thom: « Je suis convaincu que le langage, ce dépositaire ancestral de notre espèce, détient dans sa structure les clés de l’universelle structure de l’être. »

      9. @BasicRabbit
        « Je suis convaincu que le langage, ce dépositaire ancestral de notre espèce, détient dans sa structure les clés de l’universelle structure de l’être. » J’adhère pleinement à cette conviction. Dommage que Thom n’ait pas vécu à l’époque de la querelle nominaliste. Il y aurait eu du grabuge.

      10. @ BRL
        Je suis convaincu que Thom a vécu tout ça. En tout petits comités avant-gardistes dès le milieu des années 1960.

        Heureux en tout cas de voir qq (vous) qui ne l’envoie pas bouler d’une chiquenaude.

        Que des gens disent des trucs méprisants ou pouet-pouet sur Thom sans savoir, sans l’avoir lu, ça me dépasse.

    4. tous les politiques en ce moment tiennent d’un coté un discours pour tenir la foule au calme de l’illusion qu’il se passe quelque chose et de l’autre un discours plus diplomatique que politique pour continuer à manipuler le rubikscube et tenter d’aligner des couleurs quite à aller d’un opposé à l’autre selon des formules qui ne sont que des tentatives attentistes
      je ne doute pas qu’ils travaillent réellement à concevoir une solution concertée
      le moment n’est pas propice à l’émergence d’un nouveau système
      au moins sur ce point ils ont tous l’air d’être d’accord pour ne pas être d’accord tout de suite
      lol

  12. Zone euro : la capacité de prêts du fonds de secours augmentée.

    La capacité de prêts du futur Mécanisme européen de stabilité (MES), le fonds de sauvetage permanent en zone euro, va être augmentée à 2.000 milliards d’euros, contre 500 milliards prévu jusqu’à présent, affirme l’hebdomadaire Der Spiegel dimanche.

    http://trends.levif.be/economie/actualite/banque-et-finance/zone-euro-la-capacite-de-prets-du-fonds-de-secours-augmentee/article-4000182253627.htm

    Nouveau dérapage budgétaire en vue en Espagne.

    Les experts en sont persuadés: l’Espagne ne réalisera pas son objectif budgétaire de 6,3% du PIB en 2012. Celui-ci avait pourtant été assoupli.

    http://trends.levif.be/economie/actualite/politique-economique/nouveau-derapage-budgetaire-en-vue-en-espagne/article-4000181272795.htm

    1. Les pays de la zone euro préparent ce relèvement afin de pouvoir éventuellement venir en aide à de grands pays comme l’Italie ou l’Espagne, poursuit le magazine sans citer ses sources.

      Ahhhhhch le Spiegel… Wunderbar vraiment… ah si madame !

  13. Mais, si l’on veut que la zone Euro soit économiquement équilibrée dans une structure fédérale, il faut considérer les pays de la zone Euro comme de simples provinces d’une entité plus vaste. Des flux de transferts budgétaires sont alors nécessaires,

    Il me semble que d’autres transfert peuvent se mettre en place et se compléter ne faisant pas forcement tout reposer sur l’outil budgétaire :

    – La préférence communautaire
    – La taxation du capital lors de sa sortie de l’Eurozone
    – La normalisation des taux d’imposition et des règles sociales

    Ajouter à un renforcement budgétaire et à une mis en place d’un système bancaire européen devrait pouvoir compenser en partie les déséquilibres actuels, et ce sans compter sur des transferts indirects du type Europe de la défense, indépendance énergétiques, Europe des transports…

    Il me semble qu’il y a de la marge, évidemment cela nécessitera la mise au rebuts de nombre de dogmes actuel.

    L’Allemagne seule ne peut s’en sortir elle aura besoin de la démographie française, elle est en train de manger son pain blanc…

    1. l’allemagne est en train de retomber presque sans s’en apercevoir dans un travers dangereux déjà expérimenté
      l’accentuation d’une division entre riches et pauvres en allemagne exacerbe un trait de la culture allemande qui n’a que mépris pour la faiblesse.
      il ne faudrait pas que ce mépris en vienne à autojustifier sa dominance

  14. Paul,

    Quels sont les points qui bloquent votre proposition « SI L’ON ENTEND sauver la zone euro » (les majuscules sont de vous),
    Vous êtes prudent ! D’abord, le « Si » conditionnel, et ensuite un « ON » indéfini.
    Mais pour l’essentiel, votre proposition pèche par économisme, qui consiste à donner à la logique économique une autonomie qu’elle n’a pas dans le réel.

    Vous envisagez une restructuration en un seul bloc de l’ensemble de la dette des Etats européens: c’est nier la structure interne de cette dette, l’ensemble des rapports inter-étatiques et inter-économies-nationales qui précisément rendent la zone euro incohérente, et font d’elle un ensemble de rapports inégaux. Au lieu d’être une zone monétaire ordinaire où existent des transferts assumés par les collectivités publiques, nous avons une prédation ou à tout le moins un champ de rendement économique et financier pour des intérêts privés, en grande partie liés à des espaces nationaux, c’est à dire à des sous-ensembles de la zone, aux intérêts divergents ou concurrents ; votre hypothèse consiste à faire entrer de force la zone euro dans une logique de zone monétaire qui précisément n’existe pas. Alors une certaine logique formelle serait restaurée : « Les 17 pays de la zone euro se retrouvent non seulement avec la monnaie commune (qu’ils avaient déjà) mais avec une dette commune ayant subi la décote correspondant à la restructuration. La zone euro aura opéré sa métamorphose : elle peut désormais fonctionner comme une zone monétaire ordinaire. » En réalité la monnaie est commune, mais la dette ne l’est pas ! Qui paierait la décote ? En grande partie les banques des pays les plus riches de la zone, qui pour le moment peuvent se servir pour quelque temps encore sur les Etats et les peuples des pays mis en difficulté. Vous ajoutez « Elle est sauvée » , mais ne serait sauvé qu’un concept abstrait, non historicisé, de la zone euro…

    Il serait plus intéressant de reformuler votre idée, non pas comme une possibilité de sauver la zone euro, ce qu’elle n’est pas, mais comme une démonstration de l’impossibilité de sauver la zone sans faire payer aux secteurs financiers nationaux allemand, français, et autres, plus globalement au secteur financier dans son ensemble, la restructuration.

    L’Union Européenne a décidé que seules les banques privées pouvaient prêter aux gouvernements, il est donc logique qu’elles seules paient le défaut des débiteurs, après qu’elles aient été les seules à pouvoir en tirer profit. On sait bien que jusqu’à présent, comme d’habitude depuis au moins le dix-neuvième siècle, ce principe de base du capitalisme est bafoué par ses défenseurs eux-mêmes dès lors qu’ils sont en difficulté : les Etats ont repris massivement les risques privés, pour des montants qui font apparaître les besoins de sauvetage industriels, Mittal en Belgique par exemple, comme micrométriques, mais ici bien sûr personne, dans les gouvernements, ne s’avance !

    Et n’assistons-nous pas à une reprise majeure par la BCE, en-dehors de ses missions théoriques, voire illégalement, des créances pourries ? Le jour où cette reprise sera suffisante, ou complète, les secteurs financiers nationaux et international pourraient accepter votre «proposition» , qui ne coûterait alors plus qu’à la BCE, aux banques centrales nationales et aux budgets publics.

    Car le capitalisme, c’est la privatisation des bénéfices et la socialisation des pertes, au moins autant que le fait que l’argent, comme vous dites, n’est pas là où il y a besoin qu’il soit !

    1. Mais pour l’essentiel, votre proposition pèche par économisme, qui consiste à donner à la logique économique une autonomie qu’elle n’a pas dans le réel.

      Merci : le message fait donc son chemin.

      LA « VALEUR » (II) LE CONCEPT DE « VALEUR » NE SERT QU’À UNE SEULE CHOSE : JUSTIFIER UNE « SCIENCE » ÉCONOMIQUE QUI NE SOIT PAS UNE « ÉCONOMIE POLITIQUE » :

      Admettre, comme Ricardo et Sraffa auraient pu le faire, que la quête de la « valeur absolue », d’un étalon de la valeur, qui permettra d’expliquer entièrement les faits économiques en termes de valeur était vaine, aurait signifié que ce que nous appelons « l’économique » n’est en réalité pas « autonomisable » en tant qu’« économique » : que sa détermination ultime est en-dehors de lui, dans les rapports de force entre propriétaires fonciers, capitalistes et travailleurs. Ce qui veut dire que « l’économique » possède un ombilic qui se situe en-dehors de ce qui pourrait apparaître comme son univers clos et « autonomisable », et cet ombilic se situe très précisément dans le politique.

      La découverte involontaire de Ricardo, confirmée ensuite par Sraffa, c’est qu’un domaine de « l’économique » stricto sensu est illusoire : ce qui fonde ce qui apparaît comme « l’économique » est ailleurs : dans le rapport de force entre groupes humains définissables seulement en ceci qu’ils sont les récipiendaires de la rente, du profit ou du salaire. Autrement dit : une « science économique » est nécessairement une économie politique et l’économie politique a son fondement dans le politique.

      1. donc c’est le rapport de force entre humains qu’il faut modifier
        pour cela il faut trouver un point unificateur qui crée un sentiment, une nécessité à l’interdépendance et donc à envisager la coopération (sans arrière pensées)
        on en aurait bien quelque uns sous le coude en ce moment mais apparemment impossible à utiliser raisonnablement parce que la peur confinerait encore plus les égoismes dans leur quant à soi.
        tant que les conséquences écologiques ou nucléaires ne sont pas patentes sur un plan mondial
        chacun croit être en position de force
        nous ne sommes que des fourmis suicidaires et inconscientes.
        ( encore que les fourmis sont solides et coopératives)

      2. faudrait-il réviser le droit de propriété pour défaire le lien entre le rapport de force et les rentes
        on en discute à propos de la révision du code minier à propos de l’exploitation des gaz de schistes dans un sens négatif celui de faire miroiter la poule aux oeufs d’or contre la ruine mortelle
        je note que certains pays fonctionnent de par le monde avec des codes du droit de propriété notamment sur la terre et les ressources plus limités par individu notamment en quantité et en temps, qui vaut rarement au niveau des sociétés dans ces mêmes pays.
        doit on en venir à unifier un droit de la propriété mondialisé en tant que concept sur une idée plus cohérente entre les notions de bien personnel et collectif qui ne puisse pas donner lieu par des manoeuvres d’appropriation de masse à la disqualification du droit de propriété par la finance?
        le sujet étant de diminuer le rapport de force qu’il soit entre invidus en groupe ou en sociétés financiarisés contre les groupes d’individus.

      3. @ PJ

        « l’ombilic de l’économique se trouve dans la politique »

        Et où se trouve l’ombilic de la politique? Nécessairement hors du cadre politique si on ne veut pas changer une équipe qui vient de gagner. Où alors?

        En maths nous avons une formule pour ce genre de situations: « principe de la conservation des emmerdements ».

    2. Leboutte,

      L’Union Européenne a décidé que seules les banques privées pouvaient prêter aux gouvernements, il est donc logique qu’elles seules paient le défaut des débiteurs, après qu’elles aient été les seules à pouvoir en tirer profit.

      Ce ne sont pas seulement  » les banques  » ou  » le système financier  » qui sont impliquées réellement là, i.e politiquement, mais un (large) groupe humain plus ou moins  » indéfinissable  » que constituent tous les récipiendaires de la rente d’État.

    3. Mais précisément, accepter politiquement « une restructuration en un seul bloc de l’ensemble de la dette des Etats européens » c’est fonder une « zone monétaire ordinaire ». La mise en oeuvre technique viendra dans un second temps. Un corps politique européen qui serait capable de cette audace trouverait sans peine en lui et dans les sociétés qu’il représente les ressources pour faire coincider le technique au politique. Qu’un espoir soit illusoire ne signifie pas que les illusions soient interdites..

      1. Sujet: « Le mercure ». Dix minutes pour préparer.

        Dix minutes plus tard.
        Hg.
        H c’est l’hydrogène, ça se dégage.
        g c’est la pesanteur ça précipite.

        J’aime l’alchimie. 🙂

  15. Sapir, il aime pas l’Euro.
    Il a déjà prédit sa phase terminale pour l’hiver dernier, avec le succès que l’on sait (il aurait du parier).
    Maintenant il sort de nouvelles prédictions en s’appuyant sur des statistiques dont je serais bien curieux de savoir de quel pifomètre il les a sorties, 2% par ci, 4% par là. Et comme l’euro n’a pas daigné crever comme il l’espérait, il n’a plus d’autres solution que de proposer une euthanasie charitable. En trépignant un peu, paske les autres veulent pas, Monsieur.
    L’idée que l’euro doit survivre, même si sa disparition serait pire que le mal (et une dévaluation compétitive à 40 % pour le douze, une !) et socialement et économiquement, vu que la compétitivité aujourd’hui, elle est au tarif du paysan bangladeshi, non, tout mais pas ça. L’euro doit y passer parce que Sapir l’a prédit.

    La zoneuro s’oriente donc vers la solution Jorion, amendée politiquement recevable, à savoir que pour claquer la porte au nez des emprunteurs, il est nécessaire de ne plus avoir besoin d’eux, donc de retrouver une équilibre primaire des budgets européens additionnés (est-ce le cas aujourd’hui ?) et que pour persuader les États du Nord de l’Europe de soutenir ceux du sud, ceux ci doivent s’engager à cesser d’ajouter de la dette à la dette aussi vite que possible.
    Après on causera eurobonds, europrojects, défaut ou rééchelonnement collectif.
    Les politiques insistent sur les préalables et la recevabilité (normal, c’est des politiques). Jorion insiste sur l’urgence, il a raison.

    1. Jacques Sapir ne conteste l’euro qu’en tant que l’UE l’a imposé alors que les conditions macro-écononomiques de son succés n’étaient pour lui pas réunies. La monnaie unique a été conçue fin des années 90 comme une cause alors qu’il ne peut s’agir que d’un effet. Pour autant, je ne crois pas que Sapir repousse le projet d’une plus grande intégration européenne.

      1. Jacques Sapir ne conteste l’euro qu’en tant que l’UE l’a imposé

        non, Sapir-Vador ne conteste l’euro que pour mieux se démarquer systématiquement de son ex-directeur de thèse Aglietta qui, partant des mêmes constats (pardine ! ) propose les solutions strictement opposées (optimisme/volontarisme avec mutualisation fédéraliste et transferts budgétaires).

  16. @ Paul Jorion
    Bonjour Monsieur,
    Vous prenez fermement certaines positions, ici et dans d’autres billets.
    « L’économie ne peut être que politique ». Si l’on définit le politique comme le domaine des luttes de pouvoir, vous avez raison concernant le système socioéconomique tel qu’il est factuellement.
    « La solution au problème de l’Euro ne peut passer que par une combinaison de défauts sélectionnés, de restructuration et d’inflation ». Là encore, vous êtes dans la logique mathématique de la situation.
    « L’éclatement brutal de la zone euro serait plus catastrophique que son sauvetage ». Encore d’accord. De toute façon, quelle que soit l’issue, les répercussions de la situation se feront ensuite ailleurs. Tous les pays qui se procurent une prospérité à crédit sont sur la corde raide. Si celle-ci est ébranlée, cela sera impossible pour eux de garder l’équilibre et les autres économies seront fortement secouées.
    Le sauvetage de l’UE ne donnera, si l’on y arrive, qu’un petit répit. La fièvre est grave actuellement dans l’UE mais la maladie est mondiale. Si les fondements profonds de l’économie ne sont pas revus et corrigés elle repartira très vite.
    Pour reprendre l’image de l’article, s’il trouve un dentiste, le patient devra y aller et, plus il tarde, plus il aura mal. Mais aussi, il faut qu’il se brosse régulièrement les dents et qu’il arrête de s’empiffrer de sucreries, et c’est valable pour tout le monde.
    C’est utopique, mais il est toujours possible de rêver.
    http://www.zenon-elee.fr/article-l-etreinte-fatale-110446685.html

  17. Ma profession est éloignée de la haute finance ou de l’économie;qu’on me pardonne donc cette question:
    En quoi le problème de la zone euro ( la compétitivité selon JS) serait-il réglé par un défaut généralisé si tout le monde garde la même monnaie?

    1. La solution de Jorion sauve l’euro mais ne change rien aux différentiels de compétitivité. C’est un antidépresseur pour empêcher le suicide du malade.

      1. Courte vue.
        La proposition de Paul est un point de départ.
        Elle autorise des évolutions futures.
        Il n’existe pas de « solutions » qui permettraient de se reposer après un intense effort. Pas de ligne d’arrivée, pas d’acclamation de la foule, pas de réconfort… juste continuer au mieux.

    2. Réponse simple Crapao : pour en rester aux allemands, s’ils ne sont pas disposés dans leur ensemble à investir (transférer) 100 chez les gipsi tout en récupérant 50 sur le dos des créanciers (dont pas mal chez eux) c’est 200 ou 300 qu’ils perdront.

  18. Alors, mutualiser ou dissoudre ? Sauver ou abandonner ? Pour sauver, la première solution est tout à fait logique, mais conduit à un fédéralisme dans lequel les Allemands ne veulent pas s’aventurer. (Et sans doute ne sont-ils pas les seuls.) A quelles conditions pourraient-ils accepter cette mutualisation ? C’est ce qu’il faudrait savoir.

      1. Oui, je dois le voir, ou le revoir.

        Du coup j’ai téléchargé 26 romances éternelles, Chansons de Paul Delmet, – à cause de J Eustache, parce que Véronika la chante (« Tout simplement ») dans le film juste après la séquence sur les fortifs…

        Cette époque tombe dans un peu dans l’oubli… Alors que Paris était à son apogée, pas encore détruite par les « liquidateurs » du BTP, ainsi que leurs complices….

        Philippe Meyer a dit dans une de ses chronique le matin que Paris était devenu une coulisse pour les touristes et que le coeur de Paris était vitrifié.

  19. Article de Wikipedia sur le pacte budgétaire plutot bien fait:
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Pacte_budg%C3%A9taire_europ%C3%A9en

    Jacque Delors aurait pour sa part qualifié la règle d’or, de « piège à cons »

    De meme:
    Si le traité avait été appliqué en 2008-2009, les plans de relance décidés par la majorité des pays de la zone euro n’auraient alors pu être mis en œuvre, sinon en payant une amende budgétaire.

    De plus l’Italie devrait pour respecter le Pacte budgétaire avoir:
     » un excédent budgétaire de 1 % en 2013, alors que la prévision est à un déficit budgétaire de 1,3 %. »

    Dans l’équation, on introduit Gt, taux de croissance nominal, par rapport au PIB.
    C’est en plus inepte, car en cas de recession, la Règle d’or détruit tous les sacrifices objectifs des pays en vue de réduire leur déficit.
    Ce que dit Paul Jorion depuis un moment…

    1. Si le traité avait été appliqué en 2008-2009, les plans de relance décidés par la majorité des pays de la zone euro n’auraient alors pu être mis en œuvre, sinon en payant une amende budgétaire.

      Mais jamais non plus les critères de Maastricht n’autorisaient les déficits ni les mini-relances de 2009. Qui les respecte aujourd’hui dans l’UEM ? Finlande et Estonie ? Marvelous.

  20. UK’s deficit ‘could be bigger than Greece’s’.

    Britain could be heading for a bigger budget deficit next year than crisis-hit Greece and Spain, according to research by Morgan Stanley.

    http://www.telegraph.co.uk/finance/economics/9560986/UKs-deficit-could-be-bigger-than-Greeces.html

    Alors que Lagarde prétendait le contraire vendredi:

    Debt crisis: Spain ‘will need extra bail-out’.
    Spanish banks may need a cash injection of more than €100bn (£80bn), the results of an official stress test are expected to show this week, placing more financial pressure on to an already explosive political crisis in Madrid.

    http://www.telegraph.co.uk/finance/financialcrisis/9559991/Debt-crisis-Spain-will-need-extra-bail-out.html

    Back Ben Bernanke’s QE3 with a clothes peg on your nose.
    Monetarists from across the world can mostly agree on one thing. The US Federal Reserve caused the Great Recession.

    http://www.telegraph.co.uk/finance/comment/ambroseevans_pritchard/9561192/Back-Ben-Bernankes-QE3-with-a-clothes-peg-on-your-nose.html

  21. Le budget du futur immeuble de la BCE déborde.

    La remise officielle de la première tranche des futurs locaux de la Banque centrale européenne a eu lieu ce jeudi, en l’absence de Mario Draghi qui a décliné sa présence à la dernière minute. Le budget de construction affiche un dépassement de 350 millions d’euros sur l’enveloppe initiale.

    http://www.lesechos.fr/entreprises-secteurs/finance-marches/actu/0202280451821-le-budget-du-futur-immeuble-de-la-bce-deborde-364170.php?xtor=RSS-2059&utm_source=twitterfeed&utm_medium=facebook

  22. L’analyse de Monsieur Sapir me semble parfaitement juste! L’euro est foutu! Son maintien n’est plus susceptible d’être financé par personne. Les Allemands ne le financent que tant que les autres européens acceptent la « règle d’or » intenable!
    La solution du défaut généralisé avec une dévaluation ne marcherait évidemment pas, même si l’Allemagne l’acceptait (ce n’est pas gagné!), car les avantages structurels de l’industrie allemande resteront ce qu’ils sont, et si les créances allemandes souffrent indéniablement plus que les autres dans ce cas, la puissante industrie allemande fera vite oublier ce souci, et l’Europe se retrouverait avec les même distorsions de compétitivité que maintenant. Créer une « eurodette » n’y changerait absolument rien.
    De plus, dévaluer contre le dollar ou les autres monnaies?
    Quelle ineptie, cela ne passera même pas l’instant de le postuler!
    Les autres monnaies ne se laisseront pas apprécier par ce genre de coups, mais seulement en développant dans ces pays une meilleure compétitivité, ce qui ne se décrète évidemment pas!

    1. Une nuance, l euro n est pas foutu, il est seulement mal foutu a 17, mais un euro a 10-12 pays aura une longue vie devant lui.

      La question est comment l amincissement va se passer car il n y a aucune clause de sortie prevue…

    2. la dette des états est mondiale
      japon, US, GB et des tas d’autres pays autres qu’européens parce que l’ensemble des dettes est de nature mondialisée et pas seulement identifiable comme nationale
      la masse des dettes mondiales ayant dépassé l’argent disponible elle n’est pas réglable
      nulle part
      et il faudra bien un pour oser l’avouer et dire qu’il ne payera point
      l’Allemagne aussi a des dettes sauf qu’elle pense qu’Elle pourrait les honorer et pas les autres
      ce qui relève de l’illusion totale ( si l’économie sombre dans le chaos elle ne pourra pas rembourser)
      s’acharner sur un cas pour les contraindre à payer c’est montrer du doigt Paul pour qu’on ne s’occupe pas du cas de Pierre ( le choix des prénoms ne comporte aucune allusion lol)
      il y a bien un moment où il va falloir accepter une part de dette incompressiblement non remboursable équivalente à une responsabilisation collective d’avoir « pêcher » et surtout laisser « pêcher dans des eaux troubles « .
      je n’imagine pas les allemands assez cons pour pousser le bouchon vraiment trop loin

  23. Bonsoir,

    je ne comprend pas pourquoi faudrait il faire simplement une décote des dettes souveraines européennes et pas tout bêtement une annulation pure et simple de toute la dette des états Européens (ou bien pour faire « juste » sympa, un moratoire du remboursement de la dette pendant une dizaine d’année), mise en faillite quasi-immédiate des banques et rachat/nationalisation aussi sec de ces boîtes vides quasi gratos avec leurs créances souveraines. Tout les autres problémes seront payés par la BCE et sa planche à billet mais là les banques seront alors des entités publique.

    Voilà y’apluqua !

    cordialement

  24. Si j’ai bien compris Sapir, l’Allemagne ne peut pas se permettre de laisser la zone euro éclater, ni se transformer en Europe fédérale. Donc, on reste dans le merdier actuel. Sympa…Sauf si tout d’un coup les argentiers se décident à couper la lumière et rallumer avec des ampoules basse conso, comme le préconise Paul Jorion.

    1. le problème grec sert aussi à faire pression sur l’orthodoxie et donc Poutine par ricochet
      et aussi sur l’ensemble des flottes marchandes et de loisir qui battent pavillon de  » com- plaisance » à la manière de l’organisation des paradis fiscaux

      il fut un temps où l’Allemagne ambitionnait de se retrouver propriétaire de Majorque , plus de la moitié des propriétés de l’île en surface foncière étant détenue par des allemands.
      l’Allemagne voudrait -elle devenir propriétaire virtuelle de la Grèce?

      1. Le problème grec sert aussi à faire pression sur l’orthodoxie et donc Poutine par ricochet

        Oulala Rahaha, je crains que les teutons n’entendent pas grand chose aux subtilités et autres complications fortement orientalisantes des rivalités, bisbilles et chausse-trappes entre patriarcat œcuménique de Constantinople, patriarcat moscovite et autres monastères de Sainte Montagne grecque… A moins peut-être d’une alliance entre Merkel et Bartholomeos contre Kirill, Poutine, l’higoumène de Vatopedi et le gvt grec ? Byzantine l’Angela, Rahaha…

      2. vraiment la religion n’a plus aucune importance ni en politique ni en économie?
        il me semble qu’on entend parler que de ça en toile de fond dans l’actualité
        film outrageant, procès des pussy girls, appel des responsables religieux au calme, visite du pape, il ne faut pas prendre l’orthodoxie pour une église abandonnée
        la division est nette dans la manière de voir l’économie coté gestion budgétaire entre les pays majoritairement protestant et les autres et ne parlons pas des anglicans
        donc oui la religion est un outil politicoéconomique d’importance et d’influence même sans pouvoir d’intervention direct.
        même chez nous
        et je ne doute pas une seule seconde que la part diplomatique des négociations entre ce genre de considération en ligne
        et les liens de culture et religions actionnent des tractions sur les toiles de fond de toutes négociations internationnales qu’il ne faut jamais négliger.
        même la pensée scientifique est orientée par le fond culturel religieux au plus haut niveau.
        et plus basiquement économique si la grèce veut pouvoir opérer une réforme foncière elle doit passer par la case politique et orthodoxie, et par ailleurs clarifier la notion d’armateur grec.
        même en chine les moines taoistes sont présents dans les couloirs des réunions politiques et ce n’est pas pour faire tapisserie.
        malheureusement le journalisme d’investigation est plutot réduit à pas grand chose
        mais on devrait s’interroger sur les raisons qui poussent les allemands au dela des apparences à se montrer si dur avec l’état d’administration de la grèce après qu’ils en aient si largement profité dans les premiers temps de l’entrée de la grèce dans l’europe.

      3. à rahane
        « il me semble qu’on entend parler que de ça en toile de fond dans l’actualité
        film outrageant, procès des pussy girls, appel des responsables religieux au calme, visite du pape, »

        Sans oublier les commentaires de BasicRabbit… 🙂

  25. « sauver la zone euro sous la forme d’un défaut simultané et généralisé des 17, et de la restructuration de leur dette désormais à jamais mutualisée comme Eurodette. »

    Oui bien sûr, mais c’est du rêve, Paul. Ça ne se passera jamais comme ça. Pour reprendre l’image de Jacques Sapir, nos dirigeants, tous nos dirigeants, ont atrocement mal aux dents, mais ont encore plus la trouille d’affronter le dentiste de la finance internationale. Les rages de dents non soignées ne sont pas propices à la réflexion et à l’écoute des conseils judicieux, encore moins aux décisions rationnelles concertées.

    Le défaut de la dette va bien sûr intervenir (et pas seulement en Europe), mais de façon tout à fait anarchique, contrainte et irraisonnée, en panique. J’entends déjà le petit bruit sinistre des chutes de mauvaises dents, de ci de là, et les cris de douleurs des patients. Tant pis pour eux, sont trop bêtes (je parle ici des politiques en poste ET de leurs « électeurs utiles ») !

    1. He oui c’est du rêve ou l’entretien de la confusion… Car sauver l’euro sous la forme d’un « défaut…. Eurodette », c’est déjà sortir très fort du cadre et non pas une « petite mesure technique »…
      Un peu comme en un autre temps les affiches de Lutte Ouvrière demandaient « l’interdiction de tous les licenciements » mais sans vraiment indiquer que l’application de la mesure nécessitait rien de moins qu’un changement révolutionnaire….
      Mais il y a du progrès… Pendant plusieurs années sur ce blog utiliser le terme « d’économie politique » sonnait comme un gros mot et maintenant il est utilisé par le tenancier comme s’il l’avait toujours employé… (cf la réponse de Paul Jorion à Guy Leboutte…)

  26. je ne crois pas à l’efficacité des transferts entre pays à l’intérieur de l’Europe. Cela ne résoudrait rien, car :
    1- en France, les transferts des régions riches vers les plus pauvres ont-ils changé quelque chose pour ces derniers, à part les maintenir en état de survie ? La Creuse est-elle devenue un département économiquement florissant ? Va-t-elle rattraper l’Ile de France ?
    2- ce qui est possible à l’intérieur d’un même pays ne l’est pas l’intérieur de l’Europe : s’il est facile pour les habitants d’un département d’aller étudier et travailler dans un autre département, il en est tout autre lorsqu’il s’agit de changer de pays.
    3- cette situation de dépendance qui perdurera (cf point 1) serait insupportable pour les habitant d’un pays.

    La seule solution durable est que chaque pays soit en mesure de se développer de manière autonome.

    1. Oui, absolument !

      L Europe entiere sera a l image de l Italie, ou le riche nord italien subventionne le sud, depuis un siecle deja, et le sud Italien est toujours pauvre et non industriel.

      En quittant un pays europeen pour un autre, il y a un serieux probleme de langues, il y en a un paquet, et elles ne sont pas faciles a apprendre (allemand, francais p. e.), une chose est baragouiner qqs mots, une autre parler la langue couramment pour y travailler ou etudier.

      1. Plus l’échec sur toute la ligne de « l’Europe de la recherche ». Vendue avec comme slogan « ramenons nos diplômés partis aux US » pour finalement leur proposer la même chose: des faux contrats payés à l’heure (mais avec un beau label ERC), une assurance médicale à prendre eux-mêmes, pas de droits au chômage etc…
        Et le directeur de l’EHESS qui expliquait dans Le Monde il y a une semaine le résultat du panel qu’il a dirigé: 60 pourcent des budgets de recherches pour les universités sont allés au Royaume-Uni car… les dossiers étant à rédiger en anglais, les leurs sont meilleurs!! Et itou pour les articles? Sympa ce petit financement public qui vient s’ajouter au financement privé qui permet aux universités UK de tourner, non?
        Au minimum, il aurait fallu distribuer les sommes (énauuuuuuurmes), selon un système de quota, puisque tous les membres versent au pot? C’est une logique qui leur échappe, car ils ont opté pour le tout-concurrence. Mais pour l’anglais, pas de concurrence? Quand on voit qu’Arte est toujours incapable de proposer ses programmes avec systématiquement la possibilité de les voir avec des sous-titres français ou allemands selon le besoin, on comprend que cette Europe ne voulait pas d’un « mouvement de traduction » mais seulement d’un « tout anglo-saxon. »

      2. Oui exactement.

        Imaginons l Armee Europeenne suggere par Barosso, il va y etre combien de traducteurs pour traduire les ordres aux soldats sur le champ de bataille, autant qu a Bruxelles, un peu moins, tout en anglais seulement ?

    2. l’idée que tout doive être développé comme l’ile de france est une absurdité
      idem pour l’europe à grande échelle et l’autonomisation n’a rien à voir avec ça.
      c’est parce que le capital vital , écologique , ressources sauvages,art de vivre, identité culturelle, silence, zone de respiration et de repos, terre vierges etc n’est pas estimé en argent que l’on considère la Creuse comme sans valeur économique.( pourtant ce département nous fournit des présidents…
      c’est le résultat d’une vision obsessionnelle figée sur des échelles de valeurs faussées qui nous font comprendre les choses d’une façon et pas d’une autre

      cette exigence de performance économique pour avoir le droit d’exister est de la même nature que la projection du classement social du cancre scolaire qui peut-être deviendra un écrivain (Pennac) et lui même enseignant( calife à la place du calife, pas par la force mais par l’art)

      ce que l’on fait à la Grèce est un formatage de plus à l’allégeance à l’argent roi et au capitalisme triomphant et assassin
      assassin de la planète, du vivant , de l’homme et de l’humanité
      l’art de vivre à la grècque est attaqué à l’acide
      l’art de vivre à la française passé à la moulinette ces derniers temps

      c’est un problème culturel mondial que formule Amin Maalouf dans son dernier roman Les Désorientés
      l’emprise de l’économique sur l’humanité dans l’homme réduit à une servilité économique et financière
      et on tente de nous contraindre à penser un pays susceptible d’être existentiellement réduit à payer un tribut économique en terme de culpabilité.

      la seule solution durable est de transformer l’économie délirante pour recouvrer un droit d’exister qui ne soit plus soumis au joug du fanatisme de la croissance et de la financiarisation toute puissante qui continue ainsi son travail d’endoctrinement de la même façon que le nazisme en classant abusivement les pays par niveau de développement sans tenir compte de la valeur de ce qui est présenté comme n’en ayant pas.

    1. La majorité PS et PC au service du capital sous Jospin a fait le lit du FN.

      Dans une crise aussi grave que dans les années 30,
      celle des mêmes sous Hollande fera le lit du fascisme,
      si le mouvement social ne renverse pas la dictature du capital
      et ses serviteurs politiciens de droite comme de « gauche ».

      Restent quelques années pour passer de la résistance à l’offensive.

      Détails dans le bouquin d’Olivier Besancenot:
      On a voté, et puis après ?
      http://www.npa2009.org/content/essai-%C2%AB%E2%80%89-vot%C3%A9%E2%80%A6-et-puis-apr%C3%A8s%E2%80%89%E2%80%89%C2%BB-olivier-besancenot-le-cherche-midi-750-euros

      Pour se mettre en jambe et finir par mettre à bas la dictature du capital,
      il faut mettre en échec le programme d’austérité du gouvernement.

      C’est possible. Les étudiants du Québec ont obligé le gouvernement à retirer ses projets.
      Les travailleurs portuguais viennent d’infliger une défaite en rase campagne au pouvoir,
      avec des mobilisations monstres et menaçant de montrer qui contrôle la production:
      http://www.npa2009.org/content/le-gouvernement-de-passos-coelho-oblig%C3%A9-de-reculer

      1. A CHARLA….

        « Pour se mettre en jambe et finir par mettre à bas la dictature du capital,
        il faut mettre en échec le programme d’austérité du gouvernement. »

        Ah .. alors en définitive, vous allez manifester le 30 contre la ratification du nouveau traité Européen ?!

  27. Bonne analyse … politique, de Sapir. (dont les fondamentaux restent ancrés sur les z’écarts de compétitivité)
    Reste qu’il en tire des conclusions qu’il présente comme inéluctables (le dentiste = dissolution) et qui ne sont que ses propres représentations de ce qui sera ou non.
    De même, le pari sur l’improbable ne peut être écarté d’un revers de main : tensions internationales (guerre), ‘mur de la dette publique’ américain, …
    Quien sabe.

    En creux, un portrait du président, comme quelqu’un qui n’aurait plus qu’une balle dans son revolver et qui ferait face à des dangers multiples, pariant qu’en donnant du temps au temps, ce danger finira bien par passer à sa portée de tir, une portée ‘probablement’ plus sûre qu’elle ne l’est actuellement pour l’ajuster et surtout l’atteindre, ou qui finira même par passer.
    Le temps passant, le danger se rapproche tout autant.
    L’instant de tirer aussi.
    Après, ce sera trop tard.

    Ps : ce que ne sait pas ce président, c’est que tirer son dernier coup est en soit une action qui modifie, redistribue les probabilités, sans laquelle celles-ci finiront … par advenir vraiment.
    (merkel a elle 2 coups dans son barillet, ce qui justifie selon elle son attentisme, sauf qu’elle est beaucoup moins libre de ses mouvements, puisqu’elle a une élection à venir ; paradoxalement, Hollande devrait donc avoir bien moins ‘peur du dentiste’ que Merkel ne devrait l’avoir réellement).

    1. Les écarts de compétitivité ne sont certainement pas le seul problème en zone euro, mais c’est un problème quand même. Dans la solution de Paul Jorion (mutualiser puis immédiatement faire défaut), ce problème de compétitivité demeure. Et pourrait revenir à l’avant-plan assez rapidement après le défaut.

      Est-ce que pour Paul Jorion, ce problème de compétitivité (qui est quand même LE problème lié au commerce international) serait également résolu par le défaut généralisé (mais alors comment?), ou est-ce que c’est un problème perçu comme secondaire qui ne vaudra la peine d’être solutionné qu’une fois le problème principal de la dette sera réglé?

      1. Les écarts de compétitivité ont toujours existé. Y compris au sein d’entités unifiées (état fédéral, nation, etc.). Les transferts de richesse (dotation globale de fonctionnement de l’Etat aux collectivités locales et territoriales, par exemple) permettent d’amortir ces écarts, au sein d’une même monnaie ou d’un même espace économique. Ces transferts n’existant pas au sein de l’euro (uniquement sous la forme monétaire de TARGET 2 et faiblement sous la forme de fonds structurels européens), les écarts augmentent donc irréversiblement, d’autant que les dévaluations/réévaluations ne peuvent plus se réaliser (je signale néanmoins que certaines régions françaises non plus ne peuvent pas dévaluer, malgré leurs écarts de compétitivité, ce qui n’implique pas l’inéluctabilité de la dissolution de la nation française, à ce que je sache …).
        Ce ne sont pas les écarts de compétitivité qui ont créé la crise, comme l’affirme Sapir : c’est complètement délirant d’affirmer cela. Exit la concentration de la richesse ! Exit la spéculation et l’évasion fiscale ! Exit les politiques néo-libérales qui créent les conditions pour créer du déficit public en réduisant les recettes fiscales !
        Les écarts de compétitivité existent et existeront toujours. Avec ou sans mutualisation des dettes, avec ou sans état fédéral européen. Ce sont des effets, non des causes, de l’absence de politiques de redistribution, dont la première d’entre elle est liée à la concentration de la richesse.

  28. Une autre option, que Sapir ne mentionne pas, SI L’ON ENTEND sauver la zone euro est celle que je propose sous la forme d’un défaut simultané et généralisé des 17, et de la restructuration de leur dette désormais à jamais mutualisée comme Eurodette. Le tout, accompagné d’une dévaluation de l’euro à la mesure de la décote qu’entérine la restructuration globale.

    Et pourquoi pas une dissolution qui déboucherait sur la création d’un Bancor comme monnaie commune à l’échelle de l’Europe?

    1. @ Michel Martin

      La monnaie commune ne tiendrait pas un an face à une bonne petite spéculation bien organisée.
      Isoler la proie du troupeau, la fatiguer, et hop, la curée.
      L’euro n’est certainement pas la panacée annoncée pour l’Europe. Mais pour les spéculateurs, c’est la cata intégrale. Un manque à piller insupportable. Rendez leur le SME ou un équivalent et ils s’en repaitront illico.

      1. @Renard,
        Comment peut-on spéculer sur l’unité de compte (ce n’est pas une devise qui circule) pour les échanges internationaux bancor? D’autant que cette unité de compte n’a aucun besoin de se rattacher à une quelconque base matérielle, n’importe quelle valeur initiale peut faire l’affaire. Les devises régionales qui y sont rattachées flottent alors vis à vis du bancor en fonction de leur bilan d’échange.

      2. @ Michel Martin,
        On ne spéculerait pas sur l’unité de compte mais sur les devises.
        Comme disait mon grand-père Albert  » Dès que ça flotte, ça peut prendre l’eau. »
        L’idée que seul le bilan d’échange déterminerait la valeur relative des monnaies date d’un âge d’or où il n’y avait pas de trilliards de liquidités prêtes à se jeter sur la moindre coquille de noix.

  29. Un bon conseil à toutes et à tous : si la situation de la zone euro vous angoisse au point de passer des nuits blanches, plutôt que de compter des moutons, comptez des ânes de Buridan ! Excellent somnifère !

  30. Un exemple de pari hollandien : l’immobilier.
    On vient déjà de savoir que le Duflot remplaçant quasi à l’identique le Scellier, le tout pour maintenir le niveau des prix dans le neuf (ie, pour les promoteurs), on apprend aussi que non content de ne pas supprimer, tel que cela l’avait été annoncé dans le programme ‘élysez-moi’, le forfait de taxation des plus-values immobilières sur les ventes de résidences secondaires et biens locatifs (19% + cotis 15,5%) pour laisser place à une taxation progressive à l’IR, le gouvernement intègre un abattement supplémentaire de 20%, afin de provoquer un … ‘sursaut de vente’.
    Laquelle taxation progressive devrait voir le jour en … 2014.
    En quelque sorte, le ‘ralliement’ du gouvernement à la ‘liquidité’, en lieu et place de la solvabilité.
    Et donner le temps au temps.
    Dans l’immobilier, comme ailleurs.

    1. L’immobilier et ses diverses subventions, ce n’est même pas un pari, c’est un passage obligé pour un gouvernement qui est incapable de s’attaquer à la racine du mal, d’autant plus à un moment où la chute des ventes est patente.
      Comme me disait récemment un employé de banque, « tant que les taux des prêts seront bas, les prix de l’immobilier resteront élevés ».

      1. Pas forcément de corrélation, Marlowe.
        On a observé une remontée des prix depuis mi 2010, parallèlement à une remontée des taux d’intérêts :
        http://www.empruntis.com/financement/actualites/barometres_regionaux.php
        De 3,60% à 4,40% en moyenne en taux fixe entre mi-2010 et début 2012.
        Soit 20% d’augmentation. Ce qui n’a pas impliqué que les prix chutent, au contraire.
        La vraie raison, c’était la fin du Scellier annoncée, soit la fin de l’effet d’aubaine pour l’investissement locatif et la fin du PTZ dans l’ancien.
        Il est vrai cependant que si l’on augmente les taux d’intérêts de nouveau, étant donné le contexte de fin d’aubaine (très relatif, on le voit), ce sera effectivement le crash, très rapidement, et non la longue décrue qui s’annonce mollement.
        Entre temps, on ‘assure’, au gouvernement : Duflot + 20% d’abattement = stabilité.
        Pour soit disant parer à une éventuelle remontée des taux, laquelle n’est pas pour demain, vu qu’elle dépend en grande partie de la politique des taux d’intérêt de la BCE.
        Bref, les taux ont bon dos.

        Ps : maintenir la stabilité des prix, c’est assurer la stabilité du rapport de force entre vendeurs et acheteurs, entre propriétaires et locataires. Les choses sont aussi plus claires politiquement quand on les exprime ainsi.

      2. à zébu,

        D’une part les taux ont baissé depuis début 2012 et d’autre part seuls les sots croient que nous avons en France aujourd’hui un gouvernement au service des plus pauvres, locataires ou accédants à la propriété.
        Mon propos est de dire que François Hollande ne fait pas un pari sur l’avenir, il essaie seulement de maintenir un rapport de force, dans l’immobilier comme ailleurs. Ou alors, son pari consiste à maintenir ce rapport de force. Y parviendra-t-il ? Nous verrons bien.
        Par ailleurs, il faut être particulièrement niais pour croir que les APL (aides personnalisées au logement) sont destinées à aider les locataires les plus pauvres alors que ce sont des subventions pour les propriétaires.
        L’actuelle organisation de la société a ceci de particulier : il n’est pas possible de changer un détail sans tout remettre en cause ou provoquer un effondrement de l’édifice. C’est cette réalité que politiques, experts et médiatiques s’évertuent à dissimuler.

      3. @ Marlowe :
        On est bien d’accord. Mais disons qu’il y a un paquet de gens pour croire ainsi.
        ‘Conservateur’, je dirais.
        Et son pari est de le conserver le plus longtemps possible, en espérant que le temps fera l’affaire ou qu’un évènement surgira pour modifier ces rapports de force.
        Quelque part, il est dépendant politiquement de sa base électorale et cette base là, a voté pour la stabilité.
        Consciemment ou non, c’est une autre question.
        On peut demander à un homme politique de prendre des risques mais d’aller contre sa base électorale, c’est autrement plus compliqué.
        L’immobilier en est une exemple : la ‘classe moyenne’ et les retraités (aux 2/3 propriétaires) accepteraient-ils un quelconque remaniement du rapport de force sur le sujet ?
        La réponse est d’évidence ‘non’.
        Cibler le politique est aisé (et en même temps légitime : il a accepté le job). Sauf que ceux qui l’ont élu (de peu) l’ont fait sur une base claire : ‘conservatisme’ et réformisme à la marge.
        Ceux-là, qui les ciblera ? Pas l’homme politique, en tout cas.
        Est-ce vraiment anormal ?
        Tant que ceux qui bénéficient du rapport de force n’en prendront pas conscience …

        Ps : les taux ont baissé, et c’est justement ce que j’étais en train de démontrer, non pas tant pour ‘desserrer’ la contrainte de l’accessibilité à la propriété, mais bien plutôt parce que ceux qui peuvent y accéder savent depuis le début 2012 qu’ils n’auront plus accès aux effets d’aubaines. Résultat ? La ruée vers les dispositifs fiscaux avant leur extinction et concommitamment, baisse des taux, pour ‘valoriser’ cette ruée. Et faire en sorte qu’une nuée de pigeons suive la ruée des grands vautours. Malheureusement pour les intermédiaires, ça eu marché mais cela ne marche plus : la plupart savent maintenant qu’il vaut mieux, financièrement pour un acquéreur, une hausse des taux et une baisse des prix plutôt que l’inverse.

      4. En France, 30 ans d’abandon d’une politique du logement et une spéculation sans limites.
        L’exemple allemand permet de mieux comprendre les dérives françaises.
        Pourquoi les Allemands payent-ils leur loyer deux fois moins cher que les Français?
        de Christophe Hordé aux éditions: Osez la République Sociale. 2012
        http://www.osez-la-republique-sociale.fr/

      5. @ Marlowe :
        Pour revenir sur l’histoire des taux d’intérêts qui ont baissé depuis début 2012.
        Contrairement à ce que certains veulent bien faire accroire, la chute des taux d’intérêt n’a pas pour objectif de faciliter l’accession à la propriété pour ceux qui sont marginalement exclus du crédit immobilier mais bien plutôt une résultante de la compétition féroce entre les banques pour s’accaparer les derniers clients ‘solvables’, à savoir : les z’investisseurs défiscalisés (en locatif) ou à tout le moins (mais beaucoup moins), dans le neuf (avec du PTZ).
        Soit, de toute façon, des clients qui ont du cash ou des moyens et du risque réduit : les banques doivent réduire leur bilan, et leurs risques.
        Sachant que le Scellier est appelé à disparaître en 2013, les banques font assaut de taux en baisse … pour les beaux yeux de ces clients là, pas pour le reste, qui n’est de toute façon pas ‘bankable’.
        On se retrouve ici en plein fonctionnement des marchés financiers décrit par Paul dans ‘Le Prix’ :
        – dans le cadre d’un marché serré depuis 3 ans, qui fonctionne à la cortisone étatique sous forme de défiscalisations massives, ce sont les clients qui correspondent à cette description qui bénéficient du rapport de force au sein de ce même marché
        – cette cortisone prenant bientôt fin, ce type de client qui reste sur ce marché devient de plus en plus rare et possède donc de plus en plus un rapport de force favorable
        – les banques se livrent donc à une concurrence féroce pour acquérir les faveurs de ces clients qui ont les moyens de faire le marché, et ce faisant, de donner l’illusion que le marché tourne toujours, même un peu (pour tous les autres)
        – les taux d’intérêts sont donc orientés à la baisse pour capter cette clientèle

        Sur un marché, seuls les acteurs qui sont proches de l’effet de bord peuvent former un prix : tous les autres et ce quelque soit leur masse n’auront aucune importance s’ils n’entrent pas dans le spread de formation du prix.
        En baissant les taux, les banquiers savent pertinemment que ce n’est pas avec 25 points de moins que l’on arrivera à resolvabiliser la majeure partie des postulants à l’immobilier, vu la hauteur des prix atteinte : cette majeure partie n’entre plus dans le ‘spread’ de l’immobilier. Si, par le plus grand hasard il s’avère que des clients lambda finissent quand même à y pénétrer, alors tant mieux.
        Pour le reste, le marché immobilier est formaté pour capter la clientèle type ‘Scellier’, qui devait disparaître, i.e. devenir de plus en plus rare (et donc bénéficiant d’un rapport de force social de plus en plus important) : les banques se sont donc livrées une compétition féroce, sur les taux, puisque pour ces clients là, c’était la seule marge d’ajustement possible en l’absence d’une baisse de prix (ce qui n’a rien d’étonnant puisque ces mêmes prix sont dopés aux défiscalisations).

        Le Duflot remplaçant le Scellier, cette compétition devrait se calmer puisque les investisseurs en défiscalisation sont préservés, mieux, dorlotés (et un abattement de 20%, un !).
        En conséquence, on devrait voir remonter les taux d’intérêt légèrement, la rareté des z’investisseurs en locatif défiscalisé se faisant ainsi moins rares, donc moins bénéficiaire d’un rapport de force social qui était en leur faveur jusqu’à récemment.
        Pas de beaucoup, mais on devrait revenir à des niveaux aux alentours de 4,40% en taux fixe.

        Ce qui finira d’achever toutes les transactions autres que d’investissement défiscalisé locatif, qui sera par ailleurs beaucoup plus réduit quantitativement que le Scellier, eu égards au fait que le Duflot imposera du -20% sur les loyers.
        Mais pour l’instant, que la fête continue : le Scellier finira au 01 janvier 2013 !!
        (et on terminera la fête avec le pâté Duflot, vu qu’il restera plus que ça à se mettre sous la dent, mon pauvre monsieur …)

        « Les banques mènent actuellement des politiques de taux très offensives pour conquérir les meilleurs clients, notamment ceux qui peuvent emprunter sur des durées inférieures à 20 ans. Elles sont aujourd’hui 75 % à proposer des taux inférieurs à 4 % sur 20 ans, quand elles n’étaient que 5 % en janvier dernier »
        « Souvent en mesure d’acheter cash et donc, sans condition suspensive d’obtention de financement, les acquéreurs « patrimoniaux » restent des profils recherchés pour les banques, qui continueront imperturbablement de financer les bons dossiers »
        « La réforme annoncée sur l’encadrement des loyers pourrait freiner l’intérêt pour les investissements locatifs. Sachant que 21% des acquisitions des parisiens sont des investissements locatifs, et qu’elles représentent 15% des investissements dans l’immobilier en France selon Meilleurtaux. »
        « La suppression des incitations pour les primo accédants avec la fin du PTZ + et pour les investisseurs locatifs avec la fin du Scellier, n’est pas non plus étrangère à la baisse de la demande. »
        http://www.latribune.fr/vos-finances/20120612trib000703411/immobilier-des-taux-au-plus-bas-mais-toujours-moins-de-candidats-a-l-achat.html

      6. Bohhh mais qu’est-ce que tu vas chercher midi à quatorze pour la baisse des taux immos cette année Zeb ? Quand tu vois un TEC10 entre 2 et 2,31% aujourd’hui depuis le second semestre tu peux présumer que les banques ont une certaine marge pour baisser leurs tarifs, point.
        Ps : mais il semblerait qu’elles ont plutôt tendance à essayer de l’encaisser, cette marge ou à tout le moins et dit très diplomatiquement à estimer que les risques réels sont un certain chouïa supérieurs sur l’immo comme sur les taux que ne l’indique le TEC10 ridiculement bas (tu remarqueras d’ailleurs qu’il a pris 15% depuis son plus bas… convergence convergence…)

      7. Vigneron, c’est justement parce qu’ils ont de la marge qu’ils peuvent se permettre de baisser les taux pour récupérer les meilleurs dossiers, i.e. l’investissement locatif.
        Ils ne l’ont pas fait pour les beaux yeux du chaland lambda dont il se contrecarrent.
        C’est tout simplement l’expression d’un rapport de force en faveur des acheteurs mais pas n’importe lesquels :
        – ceux qui peuvent acheter (qui ‘font’ le marché)
        – ceux qui sont ‘rares’ (ou qui le deviennent ou qui l’étaient de plus en plus)
        En clair, ceux qui ont du ‘surplus’ en numéraire à z’investir, les z’investisseurs défiscalisables.
        Les z’autres …
        Leur rareté étant liée à la disparition du Scellier (rush en fin 2011 car c’était l’ancienne version du Scellier, beaucoup plus intéressante ; tu remarqueras d’ailleurs que les taux avaient réaugmentés fin 2011 jusqu’à début 2012, avec la disparition du Scellier ancienne version), cette rareté sera relativisée début 2013 (et même à partir de maintenant) puisque le système est pérennisé (Duflot-de-défiscalisation).
        On devrait donc observer une augmentation légère des taux immobilier, qui ne sera pas dû à une remontée des taux à 10 ans (ou des taux directeurs de la BCE), qui devraient rester à ce niveau d’étiage, mais bien à une modification du rapport de force social au sein du marché immobilier.
        En clair, si les OAT 10 ans ne bougent pas, rien ne devrait inciter les banquiers à modifier les taux d’intérêts (le contexte étant égal voir pire), si ce n’est cette modification du rapport de force avec certains acquéreurs.

  31. si on regarde l’ensemble de ce qui alimente la discussion de ce fil
    nous ne discutons de l’Europe pratiquement que dans le cadre où l’on nous contraint à penser le problème, fixé par la constitution qu’on avait tenté de rejeter à la base: le cadre économique au sens financier
    en fait pas tellement de discussion sur l’Europe en tant qu’entité vivante composé de territoires vivant et d’humains vivants
    rien que des évaluations financières, de pouvoir et d’influence en terme de rapport de force

    à la base on avait bien noté qu’il manquait l’Europe sociale, le lien d’une Europe culturelle et humaine
    et clairement si on tente l »unité sur la seule base d’un comptage financier
    on peut discuter longtemps et continuer à faire les comptes
    il nous manque des colonnes étrangement vides dans le bilan budgétaire

    1. @ rahane 24 septembre 2012 à 12:02

      En fait pas tellement de discussion sur l’Europe en tant qu’entité vivante composé de territoires vivant et d’humains vivants

      Parler des humains vivant sur des territoires, sans vouloir offusquer personne, c’est comme parler de simples organismes vivants appartenant à la flore ou à la faune obligés de s’alimenter en énergie pour survivre dans espace donné.

      En dépit de l’idée que nous nous faisons de notre condition humaine, nous ne vivons que parce que nous nous alimentons en énergie nutritive pour maintenir notre corps en vie et le maintenir dans un environnement compatible avec ses besoins.

      Nous créons cet environnement en dépensant de l’énergie pour l’habillement, l’habitat, le chauffage, l’éducation, la santé, les transports, les télécoms et l’ensemble de tous nos esclaves motorisés qui nous procurent un certain niveau de vie en étant alimentés par un autre type d’énergie, provenant pour 70% des énergies non renouvelables (pétrole, gaz, charbon)

      Nous sommes tous en quête de cette énergie vitale et nous y parvenons en faisant usage de l’argent qui est un moyen d’accès universel.

      Ne soyez donc pas surpris que tout se ramène à des questions d’économie et d’argent, alors que chacun des territoires composant l’Europe n’a pas eu la chance de naître avec autant d’énergie sous son berceau (énergies fossiles) ou au dessus (vent, soleil, hydro électricité) qui sont autant de richesses auxquelles on peut avoir accès, mais à plus ou moins bon compte selon qu’elles se trouvent sur son sol où sur celui du voisin.

      De ce point de vue l’Europe du Nord est née sur des territoires bien plus riches que ceux d’Europe du SUD. C’est pour cela que l’Europe du Sud a été la première impactée par la crise qui est avant tout une crise de l’énergie.
      http://www.manicore.com/fichiers/transition_energetique_reflexions.pdf

  32. À Jacques Sapir à Paul et à tous les contributeurs du blog :

    Cher Paul,

    L’euro pour nous, n’existe plus. C’est presque une monnaie devenue virtuelle, et depuis sa création déjà, plus chère à acheter que le dollar (US), en tout cas pour ce qui est des sujets de la baronnie (Ex-Grèce) et de son ex-État. Les banques n’accordent plus de crédit, les entreprises restantes doivent tout régler en liquide, les maisons d’édition par exemple n’arrivent plus à importer du papier, certains médicaments font défaut, des employés n’ont pas reçu de salaire depuis plusieurs mois, notre sociabilité en meurt aussi, car nombreux sont ceux qui s’enferment chez eux : « Ma maison c’est ma cellule, nul besoin d’un autre univers concentrationnaire comme jadis durant les totalitarismes précédents, nous mourrons tous comme les rats… » m’a-t-il dit hier un ami journaliste, au chômage aussi. Puis, dresser toute cette liste des « sans-euros » nous (et vous) fatiguerait car elle est interminable. C’est ainsi que depuis Athènes, en pleine économie démonétisée nous pouvons suivre ce débat du jour avec le… scepticisme des mourants ! Europe fantôme ou alors « monstre » ?

    Panagiotis Grigoriou – greekcrisisnow.blogspot.gr

    1. Panagiotis, vos uchroniques, puisque le temps y semble suspendu, non existant, me font penser à des mémoires d’outre-tombes, au sens premier du terme : vous parlez comme d’un autre espace-temps, dont la parole nous proviendrait par bribes, votre prose se transformant par déformation en poésie mélancolique.
      D’un point de divergence du 17 juin 2012.
      Comme si, depuis ce temps là, vous étiez irré-mais-diablement … loin.
      C’est effrayant.

    2. Si c’est un monstre alors il faut exiger que le cerveau du monstre montre l’exemple et fasse défaut: Barroso et sa clique, dehors, back to your Penates où vous re-découvrirez la réalité.
      Il y a des ministères des affaires européennes dans chaque pays de l’UE, pas besoin de cette bande de super-fonctionnaires exemptés d’impôts vivant dans leur caisson insonorisé de ce petit quartier de Bruxelles qu’ils ont colonisé. L’exemple doit venir d’en haut et seul un signal fort pourra redonner confiance.
      A moins qu’on cherche à jeter les Européens dans les bras de Marine et consort? Le traitement de l’affaire Breivnick (pas seulement par Le Monde, la BBC a été « exemplaire » depuis le début, en faisant un héros, certainement bientôt à oscariser), le laisse à penser.

      1. C’est si triste… J’ai l’impression qu’il s’agit d’une agonie qu’on va prolonger sans fin pour faire croire qu’on peut sauver le malade… Mais diable, pourquoi les Grecs ne pourraient-ils pas reprendre leur avenir en mains ? Et montrer l’exemple aux autres ? On est mourant quand il n’y a plus d’espoir. Il n’y aurait plus d’espoir en Grèce, Panagiotis ? Si vous me répondez oui, alors, il n’y a plus d’espoir nul part ailleurs…

      2. à kohaagen,

        « Il faisait beau sur les corps allongés et sur le sansg » L’Espoir. Malraux.

        C’est une des caractéristiques des pires règimes totalitaires que de vouloir tuer l’espoir. Ce qui donne une bonne idée de ce qui se passe en Grèce et qui va être étendu aux autres pays mis sous tutelle.
        Les révoltés ont à faire renaître l’espoir.

    3. Bonjour Panagiotis, merci encore pour votre travail et votre engagement.
      Vous me semblez tout près bien au contraire. Assez près pour que nous sentions par vos témoignages, qu‘ici le terrain est aussi très fragile. Assez près pour que nous cherchions nos mots, confrontés que nous sommes au témoignage de la violence de ce que vous vivez,.

      Je voudrais ajouter qu’il faut nous soyons plus nombreux à soutenir votre blog.
      Pour le travail fait.
      Pour la liberté d’expression.
      Pour le principe.
      Pour partager.
      Pour toutes les raisons que chacun peut y mettre mais le soutenir concrètement et faire vivre cette économie du don.
      http://greekcrisisnow.blogspot.fr/

      Par ailleurs, plus nous sommes nombreux à donner, et plus c’est soutenable pour chacun d’entre-nous.

      Et plus nous donnons avec régularité, et plus c’est sécurisant pour Panagiotis, ne serait-ce que pour avoir l’esprit un peu tranquille.

      Sinon pour en revenir à la maison-cellule, je serai pour ma part sur le pavé ce 30 septembre. Eh oui, car il est hors de question d’abandonner l’espace du dehors aux encloseurs-privatiseurs des lieux de vie, surtout à cette sorte d’encloseur caressant dans sa poche un mètre-ruban, et marmonnant Mort Aux Faibles sur un air de requiem non sans nous avoir au préalable croqué l’orteil. Et pour ne pas laisser la rue à de gros bras mal inspirés, ni abandonner les esprits insouciants aux néons des enseignes.

      Mais songeant aussi à anticiper sur la façon dont la crise réorganise les structures du quotidien, sans attendre, pour qu’ à l’ère prochaine du retour du piéton, refoulé des centres commerciaux pour consommateurs-automobilistes, nous puissions subsister. Peut-être en réinvestissant davantage la place du village, du quartier, du hameau, d’un coin de rue, du bas de l’immeuble…

      Préparer la graine et le mulet ? Prendre davantage l’habitude de se retrouver, inscrire une présence nouvelle -et pourtant si familière- dans un espace immédiatement à portée de nous tous. Partager le repas, partager les soucis, discuter, jouer de la musique… Organiser les solidarités du quotidien. Qui existent déjà par le biais associatif mais avec de grandes difficultés et comme si c’était chose honteuse.

      Il faut étendre et banaliser le partage.

      Nous en sommes là.
      Pendant que certains détenteurs du pouvoir nous lisent, en se demandant quoi faire.

      N’attendez plus, nous en crevons déjà.

    4. Merci pour votre témoignage
      Sans Euro, oui, mais aussi sans capitalisme, sans industrialisme, sans ce système économique qui nous abandonne faute de ressources naturelles à distribuer….ou à dilapider.
      Mais comme vous le dites en pleine économie démonétisée, c’est comme je le pense la seule voie qui nous est permise si tant est qu’il en ai une volonté citoyenne d’y parvenir.
      Partout les choses bougent, des initiatives citoyennes se mettent en marche, le besoin de partage, d’échange et de tisser des liens s’agrandit et se renforce de jour en jour.
      Qu’en est-il en Grèce et comment pourrions nous collaborer à la concrétisation d’un tel partage.
      En attendant voici le lien concernant la réalisation bien modeste d’une association d’économie sociale de ma région.
      http://www.autreterre.org/fr/news/107-journal-terre-n138.aspx

  33. « l’homme est un animal religieux » a dit Aristote. Les politiciens au pouvoir en Europe…croient sauver l’Euro par leur politique économique d’austérité sur le dos des peuples… et les peuples qui votent pour ces politiciens… espèrent pour le moment que ça peut marcher. Si les hommes et les femmes au pouvoir prenaient la solution proposée par P Jorion comme un moindre mal…Ils sauraient… que la direction qu’ils ont prise n’est pas la bonne. Mais ils ne veulent pas savoir …Ils veulent croire!

  34. En réponse aux amis du blog de Paul qui ont remarqué, répondu et prolongé la réflexion issue de mon commentaire : Je confirme, d’ici (Athènes) on peut effectivement écrire depuis l’utopie, (et) y compris en signifiant : « a-topos ». Donc, il n’y a pas d’espoir en ce 24 septembre 2012, ce qui ne veut pas dire qu’à un autre tournant de notre synchronie la situation restera la même. Nous vivons un accéléré de l’histoire sans en être les acteurs principaux (pour l’instant en tout cas).

    Merci

  35. À 100% d’accord avec Jorion : le défaut simultané et généralisé est une option envisageable (ce qui revient à une remise de dette, au moins partielle). Je pense que c’est l’option la moins destructrice, la plus avantageuse pour les peuples, les États et les entreprises.
    À étendre à d’autres entités que les États (décréter par exemple qu’il y a réduction des dettes à 50% de leur valeur initiale sur toutes les dettes en cours dans au sein d’une zone économique – non seulement les dettes des États, mais aussi celles des particuliers et des entreprises) permettrait d’assainir immédiatement une partie importante de l’économie.

Les commentaires sont fermés.