Un excellent billet de Jacques Sapir sur son site : Les paris stupides (II) (Blaise Pascal, Jacques Prévert et les choix de François Hollande).
Sa conclusion :
Face à cette perspective, François Hollande se comporte comme un enfant qui a mal aux dents mais qui a encore plus peur du dentiste. Sur le fond, il n’est pas dupe. Ce serait un grand tort de mésestimer son intelligence. Il sait que la solution de la dissolution s’imposera tôt ou tard. Mais, pour l’instant, la peur du dentiste, et donc de la dissolution de l’euro, l’emporte. Il cherche donc à gagner du temps, et il fait des paris, qui ont certes l’apparence d’être « rationnels », mais dont sait aujourd’hui qu’ils seront perdus tant les facteurs négatifs s’additionnent.
Alors, on peut aussi se demander si, peut-être il ne nourrit pas en son for intérieur l’espoir en un événement imprévu que lui sauverait la mise ? Mais ceci constitue un quatrième pari, et celui-ci parfaitement irrationnel. C’est un pari mystique ; c’est un pari stupide, au sens de Jacques Prévert, dont les funestes conséquences se feront sentir pour les Français comme pour l’ensemble des Européens. Car là se trouve l’ultime paradoxe de la situation actuelle : la poursuite dans la voie actuelle condamne les Européens à subir une crise d’une ampleur inouïe et menace, en fin de compte, les institutions mêmes de l’Union européenne.
Plus haut dans son billet, Sapir écrit ceci :
Une dissolution de la zone Euro implique un affrontement avec l’Allemagne, pays qui profite très largement de la zone Euro. Cette dissolution, avec les dévaluations qui s’appliqueraient alors, pourrait coûter la première année 3% à 4% du PIB de l’Allemagne, et probablement autour de 2% la seconde année et les années suivantes. On comprend pourquoi le gouvernement allemand tient tant à l’Euro. Mais, si l’on veut que la zone Euro soit économiquement équilibrée dans une structure fédérale, il faut considérer les pays de la zone Euro comme de simples provinces d’une entité plus vaste. Des flux de transferts budgétaires sont alors nécessaires, comme ils existent actuellement en Allemagne ou en France. La région parisienne et la basse vallée de la Seine financent les départements du centre de la France. Le problème est dans leur montant. Il faudrait que l’Allemagne consente des transferts budgétaires nets allant, suivant les calculs, de 8% à 12% de son PIB tous les ans. L’économie allemande n’y résisterait pas. En d’autres termes ce n’est pas que l’Allemagne ne veuille pas mais elle ne peut pas !
Une autre option, que Sapir ne mentionne pas, SI L’ON ENTEND sauver la zone euro est celle que je propose sous la forme d’un défaut simultané et généralisé des 17, et de la restructuration de leur dette désormais à jamais mutualisée comme Eurodette. Le tout, accompagné d’une dévaluation de l’euro à la mesure de la décote qu’entérine la restructuration globale.
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