Envoyez par mail 'Chaire « Stewardship of Finance », leçon inaugurale : Why Stewardship of Finance?, le 4 octobre 2012' à un ami

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22 réflexions sur « Chaire « Stewardship of Finance », leçon inaugurale : Why Stewardship of Finance?, le 4 octobre 2012 »

  1. Ah ouais, quand même, « c’est du sport ! »
    Et moi qui pensais que vous improvisiez tout le temps. Là enfin, vous nous enlevez le doute.
    « Lorsque, à l’automne de 2011 j’ai été approché par Michel Flamée au nom de la Vrije Universiteit Brussel… » Oui l’automne… est toujours une belle saison, pour faire des rencontres. C’est en automne que les oiseaux vont, se regroupant sur les fils, à des endroits précis et nous disent que l’hiver est proche. Toutes les oiseaux ne sont pas sédentaires et ceux qui partent en voyage ont de « bonnes raisons » d’écouter l’instinct de survie de leur espèce. Fuir l’hiver, plutôt que de s’adapter aux changements climatiques, telle est l’option qu’ont choisie ces oiseaux voyageurs. Ceux qui restent, en revanche, sont ceux qui ont appris à diversifier leur nourriture au fil des siècles. Car pendant que nous parlons des menaces sur notre propre survie, cette lutte a déjà commencé, touchant de nombreuses espèces d’oiseaux. Aujourd’hui, dans le monde, un oiseau sur huit est en danger d’extinction. Enfin tout comme l’abeille, l’oiseau migrateur est un excellent bio-indicateur, sur les changements et la qualité de l’air…
    Mais au fait, quelle était la question ? Ah oui !
    « Why Stewardship of Finance? »
    « Finance éthique », « Finance responsable », « Finance durable» : Autant d’autres « phases climatiques » en perspective ??!…
    Vont avoir du pain sur la planche, vos étudiants !

    1. évidemment, rêve secret, il n’est pas homme à se cacher dans sa tanière ; mais le nobéliser serait de la dynamite, Nobel d’une nouvelle noblesse, plus proche de Don Quichotte, en rupture avec la cupidité. Que ferait-il du magot ??

  2. a “socially useful” financial activity should not contribute in my view at amplifying the concentration of wealth

    Are central banks « socially useful », then?

  3. Quelques commentaires et questions :

    1. Les citations de Friedman et de Hayek me peinent, parce qu’il me semble que leur teneur polémique tient en grande partie au fait qu’elle ont été abstraites de leur contexte :
    A. Pour la phrase de Milton Friedman, le contexte générale de la guerre froide et de l’affrontement à mort de deux blocs idéologiques ne peut pas être ignoré. Par ailleurs, considérer cette phrase comme fausse en soi, suppose implicitement de cautionner sa contraposée, qui me paraît au môns aussi odieuse – qu’en pensez vous ?
    B. Pour la phrase de Hayek, le corpus philosophique libéral, qui considère qu’il existe des droits inaliénables démocratiquement, ce qui explique
    a. que les pouvoirs dont dispose un gouvernement central étant de ce fait extrêmement limité dans un système libéral, la question de savoir qui d’une démocratie ou d’un dictateur se les partage est largement indifférente – un « dictateur libéral » n’aurait de toute façon aucun pouvoir réel, s’il est libéral.
    b. qu’une démocratie peut être potentiellement dictatoriale si elle s’avise de toucher à ces droits inaliénables, comme l’a assez bien montré Tocqueville.

    Soit dit en passant, je n’aurais cautionné aucune de ces phrases (et qu’on ne m’impute pas la (2-A-a), je ne fais que retracer un cheminement intellectuel, merci ), ni même le comportement des deux nobels, mais je trouve dommage d’utiliser les mêmes procédés lorsqu’on polémique et lorsqu’on enseigne.

    2. Vos analyses appliquées sont très souvent excellentes, par la variété de vos outils – et notamment votre analyse de la méconnaissance et de la mauvaise gestion du risque de notre système financier.
    Pourtant, lorsque vous passez de l’analyse à la théorie, j’ai toujours l’impression que vous oubliez de donner à cette même notion de risque la place centrale qu’elle occupe, ce me semble à raison, dans la théorie financière actuelle.
    Deux exemples :
    1. Dans le # qui commence par « there exists however… » : il me semble que la seule notion de richesse créée est inapte à rendre compte d’un prêt court terme à un ménage. J’entends par là que s’il ne crée pas de richesse (encore qu’il satisfasse un besoin…), le prêteur prend néanmoins un risque et ne pas vouloir le rémunérer conduit logiquement à faire de l’Etat le seul acteur susceptible de vouloir lui en fournir, puisqu’on propose un placement risqué mais non rémunéré.
    2. Dans votre phrase qui sur la formation d’un prix, quoique je ne sois pas du tout contre l’idée d’y introduire une dose de rapport de force, cela me semble, pour un produit financier, également regrettable de ne pas y intégrer un élément de risque anticipé.
    D’une manière générale : pourquoi une telle mise à l’écart de la notion de risque ? Comment l’intégrez vous dans votre éthique ?

    3. Je suis curieux, au vu de votre formation, que vous vous contentiez de discuter la morale telle que les économistes la définissent. J’entends par là qu’une grande partie de vos problématiques me semblent relever de la philosophie ou de la sociologie, et notamment du passage d’une société holiste/organique, dans laquelle une Morale (liée à un Père) s’impose d’elle même à une société soudée et s’autocontrôlant, à une société libérale, que la pluralité des morales et l’exercice des libertés atomisent.
    Vous soulignez souvent, comme Durkheim, la question cruciale du lien social dans une société à solidarité mécanique. Or, j’ai parfois l’impression – mais je vous fais sans doute ici un procès d’intention, puisque je ne peux l’étayer, j’ai parfois l’impression, donc, que vous êtes nostalgiques d’une société de type holiste, sans voir le prix qu’y coûtait cette conscience du collectif, et le caractère irréversible du chemin parcouru depuis : Dieu est mort, et nous ne penserons jamais plus comme les quakers.

    C’est tout pour aujourd’hui – je vous remercie au passage pour l’ensemble de votre blog, c’est une vraie chance pour ceux qui vous lisent que d’avoir accès à une telle quantité d’information.

    Bien à vous,

    00

    1. Merci. Comme vous le savez, je ne considère pas von Hayek, Friedman, etc. comme des penseurs parmi d’autres mais comme des idéologues retors, dangereux et ayant beaucoup de sang sur les mains. Vous semblez de bonne foi dans votre admiration pour ces gredins, j’espère que les écailles vous tomberont des yeux.

      Une leçon inaugurale ne fait qu’annoncer. Une définition de l’éthique a été proposée lors de la deuxième leçon. J’en ai repris une partie de l’argumentation dans mon billet : Finance et éthique : une approche pragmatique.

      J’ai vécu dans de petites communautés, je n’ignore pas que la vie y est le plus souvent plus contrainte et plus brutale que dans les communautés plus vastes. De manière générale, je ne me fais une représentation idyllique de rien du tout 😉

      « pourquoi une telle mise à l’écart de la notion de risque ? »

      Je crains que sur ce point là, vous ne soyez pas familier de mes écrits. Vous trouverez dans mon livre Le prix (2010), un chapitre théorique – mais illustré de très nombreux exemples, sur : « Rareté, risque, statut des personnes » (pp. 207-236) où il me semble que je situe ces questions dans un cadre neuf mais mieux adapté que celui des approches traditionnelles.

    2. @ 00

      Concernant Hayek et Friedman, c’est un point aveugle de Paul Jorion. Je suis entièrement d’accord avec vous, mais pourtant je crois qu’il est futile d’essayer de réfuter des anathèmes comme « sang sur les mains » et « fascistes en col blanc ». Cette rhétorique se discrédite elle-même, et les arguments rationnels sont mieux employés ailleurs.

      Cdt,
      GSF

      1. Ce sont des ennemis déclarés du genre humain. L’une des choses que j’ai toujours regretté chez mes amis du MAUSS, c’est leur ton déférent envers von Hayek : ce personnage avait fait du mensonge, de la dissimulation, de la manipulation, sa stratégie. En le faisant, il a couru le risque d’être démasqué. Maintenant, c’est fait.

      2. Gus, Aron ça te cause? Un putain de vrai libéral, uh? Un qui connaissait bien Hayek, au moins depuis le colloque Lippman. Un qui a utilisé et diffusé très tôt la contre-idéologie néolib des « pèlerino-montois » contre l’ideologie totalitaire communiste, uh?
        Citation (ARON, R., 1997. Introduction à la philosophie politique, Paris, Le livre de poche, p127) :

        La compétition pour l’exercice du pouvoir, c’est-à-dire la démocratie politique, paraît, à la longue, incompatible avec le libéralisme économique. La plus grande erreur des libéraux, me semble-t-il, est d’avoir cru que le libéralisme politique et le libéralisme économique allaient de pair. Je pense que le libéralisme politique, si on définit ainsi le système électoral, parlementaire, de compétition pour l’exercice du pouvoir, conduit de manière presque fatale à un système d’économie partiellement dirigée et partiellement socialiste. Personnellement, je crois que si l’on voulait, à l’époque moderne, avoir un système économique libéral tel que le souhaitent M. von Hayek ou M. Jacques Rueff, il faudrait la dictature politique »

        Je répète si t’as pas bien lu : si l’on voulait, à l’époque moderne, avoir un système économique libéral tel que le souhaitent M. von Hayek ou M. Jacques Rueff, il faudrait la dictature politique.
        C’est pas d’un anthropologue plus ou moins belge, plus ou moins ex financier, plus ou moins ex quaker ou ex gaucho, pas du Jorion, pas même du Foucault ou Rawls, c’est du Aron, Raymond de son p’tit nom, Gus..
        Alors?

      3. Aron l’avait mieux lu que certains du Mauss dirait-on Paul…
        Protégez moi de mes amis, etc, c’est vrai de tous cotés….

      4. Gus,

        c’est un point aveugle de Paul Jorion

        Moralité : au pays des aveugles les Dmla, glaucomeux, cataracteux, etc, sont en quarantaine, les myopes en prison, les astigmates au goulag, les presbytes à Treblinka et les autres six pieds sous terre.

      5. Ce sont des ennemis déclarés du genre humain

        Des ennemis du genre humain, c’est exactement cela, merci Paul.
        Les idéologues anarcho-libertariens, théorisant l’individualisme le plus abouti, la haine des autres qui sont autant de limites à leur ‘liberté’.
        Les fascistes de demain bien sûr (et déjà d’aujourd’hui), où l’état totalitaire et centralisé est remplacé par l’association (temporaire) d’une multitude de petits tyrans aveugles, égoïstes et sanguinaires (pour cela pas besoin d’un couteau ou d’un crochet de boucher, la spéculation massive, l’accumulation des richesses et la confiscation de l’appareil répressif à leur profit suffit largement).
        J’espère qu’il ne faudra pas attendre une déflagration mondiale ou un méga-génocide pour coller une nouvelle définition sur leurs agissements et les démasquer, à l’image de ce qui a été fait ici. Du travail pour un anthropologue, sociologue, économiste… 🙂
        Où l’Histoire s’écrit devant nous….

      6. Suis pas un exégète de qui que soit, mais voici un passage de René Passet sur Hayek (j’ai mis en gras des passages) :

        « L’État a pour fonction d’assurer le respect et le bon fonctionnement des règles du jeu économique… sans intervenir dans le déroulement de celui-ci.
        Assurer le respect des règles générales du groupe, car : « Les gens devront […] se plier à certaines règles conventionnelles, c’est-à-dire à des règles qui ne découlent pas seulement de leurs désirs […] mais qui soient normatives et leur disent ce qu’ils doivent faire ou ne pas faire. » Ces règles s’imposeront même à ceux que leur intérêts particuliers conduiraient à s’en détourner, comme le « passager clandestin » qu’il faudra « obliger à leur obéir car, bien que l’intérêt de chacun le pousserait à les violer, l’ordre général qui conditionne l’efficacité collective des actions ne s’instaurera que si ces règles sont généralement suivies ». »
        René Passet, Les Grandes Représentations du monde et de l’économie à travers l’histoire, Arles, “Thesaurus” Actes Sud, 2012, p. 848 (Les liens qui libèrent, 2010)

        Donc voilà quelqu’un qui glorifie l’ordre spontané, mais qui veut de toute force bloquer l’évolution des sociétés, empêcher l’émergence spontanée de nouvelles structures.

        Les citations de Hayek sont tirées de Droit, législation et liberté. Et René Passet note en bas de page : « Ne retrouve-t-on pas ici, au-delà des intérêts individuels, cet intérêt général (rebaptisé « ordre général ») que Hayek a mis tant d’ardeur à récuser par ailleurs ? »

    3. La manière dont vous structurez votre pensée, et le « C’est tout pour aujourd’hui » me laissent penser que vous êtes quelqu’un qui pourrait concurrencer notre hôte sur le haut d’une chaire universitaire.

      A quoi bon se demander si Friedman ou Von Hayek,sont des penseurs dignes de considération ou pas, si Keynes offre un modèle de pensée digne de ce nom, si vous savez déjà comment nous penserons à l’avenir : »Dieu est mort, et nous ne penserons jamais plus comme des quakers »?

  4. J’aime bien la conclusion avec Jorion Ze Father qui demande à son client-plaideur s’il a,bien usé de tous les moyens plus ou moins conventionnels à sa dispositions, i.e du haussement de voix au maltraitement de table, avant de se disposer à lui verser des honoraires possiblement superfétatoires… Un peu comme si un trader de chez GS demandait à un client volontaire/pigeon spontané s’il était vraiment disposé à perdre sa mise sur de l’Abacus contre John Paulson et son interlocuteur…
    « Il est peut-être temps pour nous de taper du poing sur la table et de dire d’une voix claire : assez c’est assez! »
    « Je l’ai fait et ça a marché! Ça ne me serait jamais venu à l’esprit! »

  5. ctrl-alt-sup,
    Justement on parle de dictature politique ? Peux t-on m’expliquer les quelques interrogations légitimes ? Notamment sur le libre échange (ou « monnet » par exemple) ?
    C’est à ne plus rien n’y comprendre…..
    Les multinationales ne forment-elles pas des dictatures politiques indirectement ? Ne remplacent-elles pas les états au sens de structures décisionnelles ? Les cartels et multinationales ne sont-ils une souveraineté supra nationale économique dans la forme mais dans le fond politique ? C’est le monde marchand du libre échange par excellence ! Et il n’y a plus de contres pouvoirs qui sont capables d’imposer des échanges rationalisés, un respect de l’environnement, une justice sociale…..La politique est une continuation de l’économie. Donc, une structure (économique et politique) supranationale qui ne fera que conforter le modèle en place par l’éloignement des centres de décisions.
    La finance, l’économie et la politique ont des liens étroits, c’est évident. Ces structures n’ont pas de notion de territorialité.
    Si elles veulent alors elles disposent…….Sans respect des résidents, de l’environnement, de la démocratie,……

    Vigneron, mais pourquoi alors défendre toujours nos banques, la grande distribution, les labo, la chimie, l’agro (ogm,…) ? On ne peut pas paraitre contre un système politique d’un coté mais en faire l’apologie indirectement de l’autre côté ! C’est un enfumage ?
    exemple de questionnement : http://www.pauljorion.com/blog/?p=42969#comment-375657

    ps : « être et paraître ? »

    1. Et si t’apprenais à penser plutot que penser à apprendre (à danser le quadrille qui plus est), majorette miniature…

  6. @Paul Jorion :
    Qu’on ne se méprenne pas, je ne les soutiens pas, mais face aux accusations de fascisme qui pleuvent ici à tout va, j’ai parfois l’impression qu’on est d’un optimisme démocratique absolument béat – comme si l’on oubliait qu’Hitler avait été démocratiquement élu, et que le communisme s’était fait au nom d’un idéal démocratique. Aimons la démocratie certes, comme le moins mauvais des régimes, mais n’en oublions pas ses critiques libéraux parfois avisés. Je préfère voir un Hayek réfuté par l’argumentation plus que par l’anathème, car au jeu de « qui a fait quoi » au XXème siècle, je crois qu’il resterait peu d’intellectuels (Sartre, Heidegger, Althusser,…) là où leur système peut encore conserver de son efficace.
    D’autre part et je plaide coupable, comme je le notais plus haut, je lis souvent vos analyses appliquées sur ce même blog, dont j’apprécie les outils, mais je ne me suis jamais véritablement lancé dans l’un de vos ouvrages. Je comptais sur ces conférences pour avoir un aperçu plus systématique de votre pensée ; j’irai consulter le passage que vous mentionnez en bibliothèque.

    @ Vigneron Qu’il existe une incompatibilité entre la démocratie et le capitalisme, c’est ce me semble l’un des topos de la pensée économique au XXème siècle (voir Schumpeter, même l’argumentation de Jorion ci dessus sur le taux d’intérêt). Le capitalisme n’a pu se perpétuer qu’avec des compromis sociaux qui sont autant d’entorses démocratiques au libéralisme économique pur et dur nécessaires à sa survie– et moi même soutien de ce système hybride et boiteux par une pensée de derrière bien Pascalienne, je regrette que l’incapacité de ceux qui nous gouvernent à nouer de nouveaux compris, « suicide » ce système et nous conduise sans doute bientôt à jeter le bébé avec l’eau du bain.

    @ Antoine N’ayant pas fini d’être élève, je me vois mal donner des leçons à un professeur. A vrai dire, s’il était possible de revenir à une société holiste, le problème de la solidarité ne se poserait pas, car dans ce type de société, il n’en est pas un ; le défi, dont cette conférence, ce me semble, se fait l’écho, est de reconstruire de la solidarité dans une société dans lequel le libéralisme philosophique est un « fait » (reconnaissance de et attachement à l’existence d’une sphère privée indépendante de la sphère publique et de grande ampleur).

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