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11 réflexions sur « PRINCIPES DES SYSTÈMES INTELLIGENTS (1989), chapitre 9 (I), réédition en librairie le 23 novembre »

  1. Cher monsieur,
    De plus en plus d’économistes tels que Andrew mcafee et Erik brynjolfsson abordent la question de l’impact de l’automatisation et de l’intelligence artificielle sur l’économie et le chômage. Lors de votre passage dans l’émission « ce soir ou jamais » vous avez déclare qu’il y aura de moins en moins de travail et de plus en plus de concentration de richesse avec le progrès technique. Pensez-vous écrire un jour un livre sur ce sujet très peu aborde étant donne vos compétences en intelligence artificielle et en economie? Pensez vous que l’obsolescence programmée est une conséquence de ce problème? Pensez-vous que la seule solution est le revenu de base? Bonne continuation dans vos travaux.

    1. Le chomage provient de differents facteurs.

      toutes choses etant egales par ailleurs il suffit de mesurer ce dit impact de la destrcution definitive du travail en observant l’evolution de la masse salariale depuis l’ere capitaliste.

      Si mr jorion a raison alors la masse salariale mondiale doit diminuer à mesure que le temps avance.
      S’il a tort alors la masse salariale mondiale apparaitra comme proche d’une constante.

      Suffit de verifier.

      Sinon le prob c’est surtout la vitesse de deploiement du capitalisme qui surpasse et de loin les capacités d’adaptations humaines. Pas le manque de travail.

      1. Effectivement vous soulevez la le coeur du débat sur la question. La question est traitée généralement dans les ouvrages anglo-saxons par le terme de luddite fallacy. Ce que pensent certains économistes et c’est aussi mon cas est qu’un état de fait historique ne constitue pas une loi fondamentale de la nature. Ainsi, s’il y a toujours eu des nouveaux boulots pour remplacer les anciens, il n’est pas écrit que cela sera toujours le cas. Si l’on prend l’exemple de l’agriculteur dans le temps qui allait travailler a l’usine, cela ne lui demandait pas beaucoup de temps de formation. Aujourd’hui les métiers automatises sont de plus en plus complexes et incluent des financiers, des avocats et demain avec Ibm Watson, probablement des médecins, c’est déjà le cas aux USA avec des radiologues. De la même manière, les Google driverless car passent actuellement la législation dans plusieurs etats américains et devraient remplacer tous les métiers lies au transport. Mais un transporteur routier, un médecin ou un avocat ne retrouveront pas comme l’agriculteur dans le temps un travail rapidement puisque beaucoup de métiers nécessitent une longue formation. Meme si nous ne sommes pas d’accord, je vous félicite d’avoir pointe le coeur de la problématique qui est celle de l’erreur luddite mais je pense comme les économistes de Harvard et du MIt Andrew mcafee et Erik brynjolfsson ou même des entrepreneurs de la silicone valley tels que Martin Ford que les choses sont différentes a notre époque et que le phénomène s’accélère. Je pense qu’il ne s’agit pas de la cause exclusive du chômage mais de la cause principale. Il me semble que Paul Jorion allait aussi dans ce sens dans son passage a ‘ce soir ou jamais’ en disant grosso modo que de plus en plus de métiers étaient automatises et qu’il y aurait de moins en moins de travail et que les richesses seraient concentrées chez les détenteurs de capitaux avec augmentation des inégalités comme on le voit. Je pense aussi que c’est sa qualité d’économiste hétérodoxe ainsi que sa connaissance de l’intelligence artificielle qui lui permettent d’être un des rares a s’intéresser a la question en France. Je crois aussi que ce problème de manque de travail par l’automatisation est étroitement lie au phénomène désastreux de l’obsolescence programmée sans lequel le taux de chômage atteindrait peut être 40 a 50 %. (sur ce point je spécule mais il faut lire le livre de Serge latouche a ce sujet et voir le documentaire sur lequel il s’appuie disponible sur internet mais ce serait très intéressant de calculer le taux de chômage qui prévaudrait sans l’obsolescence programmée). Il s’agit alors demander si pour sauvegarder a tout prix le modèle du travail salarie il nous faut détruire l’environnement par l’obsolescence programmée ou s’il faut envisager d’autres solutions comme Bernard friot, john galbraith et Maurice allais avec le revenu de base.

      2. le manque de travail…

        Faites un effort et essayez d’imaginer un pays où la terre n’aurait pas besoin d’être labourée ni le blé semé pour pousser: les paysans y manqueraient de travail ?

        Si dans ce pays les gens ne tombent plus malade, les médecins, les pharmaciens et les infirmières vont-ils manquer de travail ?

        S’il nous suffit de cliquer sur l’icone correspondant au morceau de musique que nous avons envie d’écouter, au film que nous avons envie de voir ou au texte que nous avons envie de lire, sommes nous responsables de ce que les auteurs, les musiciens, les acteurs comme les libraires, disquaires et projectionnistes manquent de travail ?

        C’est absurde.

        En se laissant emprisonner dans ce paradoxe absurde par plus puissants qu’eux les travailleurs se laissent condamner à disparaître.

        Les puissants en question (qu’ils soient riches quand ils le sont n’est qu’accessoire) c’est les industriels, y compris Henry Ford payant ses ouvriers suffisamment pour qu’ils puissent lui acheter des voitures! Au départ c’est les riches, les banquiers et les rentiers mais ce n’est possible que parce qu’ils sont parvenus à nous faire accepter « les choses telles qu’elles sont » grâce à l’idée du « péché originel » (solidement ancré en nous puisque lié à notre instinct de reproduction) qui « nous condamne à gagner notre pain à la sueur de notre front. » Notez que dans ce domaine les syndicalistes et les partisans de la dictature du prolétariat ne semblent être parvenus qu’à nous enfoncer encore un peu plus la tête sous l’eau…

        On se retrouve actuellement devant le même problème que capitalisme naissant, en Angleterre, au XVIIIe siècle: il y a tellement de pauvres qu’on ne sait plus quoi en faire!

        (A ce propos lisez Malthus et lisez-le dans le texte: ce texte est pénible mais il vaut vraiment le détour !)

        Dans ce cadre de pensée un travailleur sans travail à cause des progrès de l’industrie devient inutile pour ceux dont il dépendait, il est condamné à disparaître.

        Pour maintenir son train de vie royal Louis XIV avait absolument besoin de ses quelques millions de sujets, mais si l’habitude de raisonner « à partir des choses telles qu’elles sont » obscurcit votre jugement à ce propos prenez plutôt comme exemple les maharadjahs de l’Inde…

        Les ludistes et les canuts ont eu une réaction pleine de bon sens en cherchant à briser les machines qui affaiblissaient leur position déjà peu enviable dans le rapport de force les opposant aux patrons de l’industrie naissante. Leur attitude n’était pas tenable: c’est uniquement leur faiblesse dans le rapport de force les opposant à plus puissant qu’eux qui à été à l’origine de leurs malheurs, pas les machines.

        Dans notre cas (où les canuts sont au Bangladesh) ce qui cloche c’est qu’il y a chez nous de moins en moins de consommateurs puisque comme on nous le démontre depuis plusieurs années l’argent qui serait nécessaire pour consommer sans travailler n’y est de toute évidence pas disponible.

        C’est aussi bête que ça ! Tant que l’idée absurde de manque de travail restera le point de départ de nos raisonnements la conclusion sera forcément tout aussi absurde: il y a trop de travailleurs.

  2. Mais pourquoi typer les associations ? Le système devrait les reproduire « spontanément » quelque soit leur type, à la façon des humains. Et pourquoi ne pas classer pain/quotidien dans la catégorie « attribution essentielle » ? Bien sûr, si l’on pense au pain acheté chez le boulanger, alors la relation pain/quotidien n’est pas du même tonneau que ciel/bleu, mais, dans l’expression « donnez-nous notre pain quotidien », ce « pain quotidien » n’est pas du tout celui qui sort de chez le boulanger. C’est un pain symbolique qui signifie « avoir de quoi manger » : son caractère « quotidien » est un attribut essentiel et déterminant.

    1. Tout d’accord.

      Ce travail est intéressant par sa tentative de catalogage… qui restera incomplet ad vitam. Par exemple en français beaucoup d’homographes ne sont pas homophones et vice versa.
      Alors pour les associations je vous dis pas l’usine à gaz, ne sont que les erreurs d’écoute, de compréhension, formulation… elles-mêmes génératrices de grande créativité.

      C’est quelqu’un qui à fait de l’improvisation le centre de sa vie qui vous le dit.

  3. Espace, force, matière ont la même que les signes algébriques pour mathématiciens, c’est à dire ne sont que des symboles conventionnels, ou bien que la force, entant que force, et la matière, en tant que matière, sont aussi complètement inconnaissables que l’est le soi-disant espace vide dans lequel elles sont supposées agir. Ces symboles représentent des abstractions et sur celle-ci, le physicien bases des hypothèses raisonnés sur l’origine des choses. Il constate la nécessité de trois choses dans ce qu’il appelle la création : un emplacement pour créer, un moyen pour pouvoir créer, une matière pour servir à créer, et lorsqu’il a exprimé logiquement cette hypothèse des termes : espace/ force/ matière, il croit avoir prouvé l’existence de ce que représente chacun des mots, comme il le conçoit lui-même.
    J’écris cela à propos de « l’effet Max Müller » pour des concept comme : accélération/masse/énergie, cités par vous même en page 252 de votre livre « comment la vérité et la réalité furent inventés ». (Pas encore acheté votre livre : PRINCIPES DES SYSTÈMES INTELLIGENTS (1989), je ne suis pas certaine de pouvoir vous suivre.)

  4. Certains artistes n’aiment pas photographier ou peindre un individu qui a eu de la chirurgie plastique – ils trouvent que c’est difficile à traiter parce que ça n’a jamais l’air… juste. Cette remarque me remet en mémoire l’observation d’une astrologue qui affirmait qu’on ne peut établir le profil astrologique de quelqu’un dont l’instant de la naissance a été modifié par une césarienne.
    Qu’est-ce qui est naturel, qu’est-ce qui est artificiel ?
    Balayant ces fariboles humaines j’aurai tendance à penser qu’il y a « ce qui est ». Disons : une entité en interaction avec les autres entités et son environnement. Cette interaction étant, par effet miroir, le principe même de l’existence de qui rapporterait l’observation, quelle que soit la profondeur et l’étendue de l’univers qu’il refléterait, le contraste et la finesse du calibrage de ses examens. Comme on mesurerait les dimensions de sa prison jusqu’à l’absurde.
    Que reste-t’il alors ? L’esprit ? Comme un point infini qui ne s’arrête jamais.
    Nous sommes un principe d’action… en action. Sitôt qu’on stoppe le temps, comme par exemple lors de la mesure du lieu et de la vitesse d’un électron en physique quantique, on perd les repères. Le temps arrêté n’a aucun sens.
    Je suis un point infime de l’univers, planté au milieu de ses 800 octaves. Oui, il en contient à peu près ce nombre, considérant que la plus petite est l’électron et la plus grande l’étendue maximale du cosmos mesuré à ce jour. Alors : constat de l’observateur humain. Si je vais vers le minuscule visuel, tout s’accélère, alors que vers l’immense je m’englue dans un temps majestueux et d’apparence quasi figée.
    Comme dans la musique.
    N’est qu’en musique plus on monte en vitesse de vibrations plus ça devient lumineux, ça s’élève. Au contraire du grave, sombre, lent et profond, qui possède quelque chose du tellurique de la « roche mère ».
    Il y a là une inversion qui fait immanquablement penser à celle des couleurs lumières et des couleurs matières…. Devant nos sens ébahis.

  5. J’imagine peut-être un peu l’impasse dans laquelle Paul a pu se trouver. Il faut d’abord faire une différence entre intelligence artificielle dont le but serait de mimer le comportement humain le mieux possible et automatisation/calculs dont le but est de faire à la place et mieux que le cerveau humain. Je crois que l’idée de la première définition reviens à chercher à concevoir un programme dont on sait absoluement que ses réponses seront imprévisibles, tout cela pour essayer de prévoir les comportements humains,… ça se mort un peu la queue, non? Quand on parle de complexité, on voit bien qu’on y est déjà avec la seconde définition seule.

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