PRINCIPES DES SYSTÈMES INTELLIGENTS (1989), chapitre 12 (II), réédition en librairie le 23 novembre

Je poursuis la publication des chapitres de Principes des systèmes intelligents. Comment fonctionne l’affect (dans une perspective qu’un programme informatique pourrait simuler) ? C’est la premier aspect à examiner, la première question à résoudre.

L’affect et la mémoire

Ceci dit, il ne peut être question de « faire de l’affect » pour le plaisir de faire de l’affect, comme simple réponse au sentiment vague qu’évoquent Hofstadter et Haugeland : que la chose paraît importante ou qu’il faudra bien s’en occuper un jour. L’affect n’a d’intérêt pour nous que pour une raison bien précise : parce que le mot renvoie à une dynamique, celle qui fait qu’émergent, de l’objet topologique purement statique que serait un réseau mnésique en l’absence de cette dynamique, des « effets de sens », à savoir la signification des mots et des phrases.

Il existe une discipline qui propose une énergétique de l’affect. Il s’agit bien entendu de la psychanalyse. Tout ce qu’elle a à dire sur cette énergétique n’est pas nécessairement pertinent pour ce qui touche aux systèmes intelligents. On vient d’évoquer l’hypothèse de Dreyfus selon laquelle rien de ce qui constitue l’être humain ne peut manquer à l’appel si l’on veut reconstituer artificiellement l’intelligence. Cette conception n’est pas moins absurde que celle qui imaginerait que l’on puisse à l’inverse reconstituer l’intelligence indépendamment de tout ce qui fait un être humain, comme si l’intelligence était en soi une « substance » et non une « propriété » qui nécessite un support matériel sur lequel se déposer.

Ce qui est visé avec la notion de système intelligent, c’est, rappelons-le, une simulation et non une reconstruction, et cette simulation a pour objectif pratique de produire une machine qui soit utile et non une approximation aussi réussie que possible de l’humain. Il ne s’agit donc pas de mettre sur pied une « théorie de l’affect » qui vaudrait pour hommes et robots confondus. Et il n’est donc ni nécessaire ni utile de retenir tout ce qui pourrait sembler transposable de l’homme à la machine, mais seulement ce qui apparaît indispensable à la production d’un discours « intelligent » par cette dernière. Évidemment, chaque décision qui conduit à une « stylisation » par rapport à l’humain – négliger le sexe, négliger l’anticipation de la mort, etc. – introduit une distorsion et fait courir le risque de laisser échapper ainsi un élément essentiel.

Un principe de base de la psychanalyse est celui-ci : le névrosé – le bénéficiaire par excellence de la cure psychanalytique – est une personne qui n’a plus accès à sa mémoire dans sa totalité. L’inaccessibilité partielle de certaines traces mnésiques est due à la puissance du « quantum d’affect » qui leur est associé. Laissons la parole à Freud :

« … parmi les fonctions psychiques il faut distinguer quelque chose (quantum d’affect, somme d’excitation) qui possède tous les caractères d’une quantité – bien que nous n’ayons aucun moyen de la mesurer –, quelque chose qui est capable d’augmentation, de diminution, de déplacement et de décharge, et qui se répartit sur les traces mnésiques des représentations, un peu comme une charge électrique à la surface des corps » (Freud 1973 [1894] : 14).

La puissance excessive du « quantum d’affect » associé à certaines traces mnésiques peut les rendre inaccessibles, ce que Freud appelle leur « refoulement » :

« Si l’on explore l’état dans lequel se trouve la (représentation) refoulée B, l’on s’aperçoit que celle-ci est facile à retrouver et à ramener à la conscience. C’est là une surprise ; on aurait été en droit de penser que B était réellement oubliée, et qu’aucune trace mnésique de B n’avait subsisté en Ψ. Mais non, B est une image mnésique comme une autre, elle n’est pas effacée, mais si – comme c’est le cas ordinairement – B est un complexe d’investissement, une résistance extrêmement forte et difficile à vaincre s’élève contre le travail que la pensée peut effectuer sur B. » (Freud 1956 [1895] : 362).

Ou bien :
 « Les impressions reconstituées (par la cure) n’ont en réalité jamais été oubliées, elles sont seulement restées inaccessibles, latentes, refoulées dans la région de l’inconscient. » (Freud 1949 [1917] : 220) (*).

La cure vise à permettre au patient de retrouver l’accès à l’ensemble de sa mémoire grâce aux « figures libres » qu’il exécute sur le réseau de ses traces mnésiques, et dont l’une des retombées est l’érosion des affects excessifs qui leur sont associés. Cette inaccessibilité de certains contenus de la mémoire dans la névrose explique la manière dont le névrosé semble toujours emprunter des détours dans sa demande, dans l’expression de son désir, les voies qui permettraient une expression plus directe étant coupées. À propos des enchaînements associatifs matériels examinés au chapitre 9, Freud explique leur apparition par l’inaccessibilité des associations proprement sémantiques :

« Les associations superficielles (assonance, double sens du mot, rencontre dans le temps sans rapport profond de signification) dominent à cause de la pression de la censure et non parce que les représentations font défaut. Dans la figuration, les associations superficielles remplacent les profondes quand la censure rend ces voies impraticables. C’est comme lorsqu’une inondation rend les bonnes routes de la montagne inutilisables : on continue à circuler, mais par les sentiers abrupts et incommodes que seuls les chasseurs prennent d’ordinaire. » (Freud 1967 [1900] : 451.)

L’hypothèse du psychanalyste est donc qu’un important quantum d’affect associé à un signifiant condamne non seulement son accès, mais aussi celui de ses voisins immédiats, englobés sous le même « tabou ». Pour désigner la partie du réseau ainsi touchée, Freud reprit à Jung une expression que celui-ci avait introduite et qui fera fortune : un « complexe » (°).

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(*)  Dans les termes de Lacan, « Au moment où il déclenche sa névrose, le sujet élide, scotomise comme on dit depuis, une partie de sa réalité psychique, ou, dans un autre langage de son id. Cette partie est oubliée, mais continue à se faire entendre. Comment ? D’une façon qui est celle sur laquelle tout mon enseignement met l’accent – d’une façon symbolique. » (Lacan 1981 [1955-56] : 56.)

(°) Voici comment Jung justifie l’introduction du concept de « complexe » dans un article publié en 1913 et intitulé « Sur la doctrine des complexes » :

« Ordinairement, il n’y a que quelques préoccupations personnelles aux- quelles les interférences dans l’expérience (d’association induite) renvoient. Riklin et moi-même avons introduit pour cette «préoccupation personnelle » le terme complexe, parce qu’une telle « préoccupation personnelle » est toujours une collection d’idées diverses, liées ensemble par un ton émotionnel qui leur est commun. Avec un peu de pratique et d’expérience, on acquiert facilement la faculté de collecter les mots-stimuli qui sont le plus susceptibles d’être accompagnés d’interférences, on peut ensuite combiner leur signification et en déduire les préoccupations intimes des sujets. » (Jung 1973 [1913] : 599.) Ayant donc baptisé « complexe », « les idées qui occupent l’avant-plan des intérêts d’un individu », Jung ajoute que : « le ciment qui maintient ensemble le complexe est l’affect commun à chacune des idées […] Le complexe a pour effet que le sujet ne réagit pas (dans l’association induite) par des connexions arbitraires ou dues au hasard, mais dérive la plupart de ses réactions du complexe. J’appelle l’influence du complexe sur la pensée et sur le comportement, une constellation. » (Jung 1973 [1905] : 321-322.)

En 1908, Freud reprit le mot « complexe » en déplaçant son sens : « Suivons l’exemple de l’école de Zurich (Bleuler, Jung, etc.) et appelons complexe tout groupe d’éléments représentatifs liés ensemble et chargés d’affect. » (Freud 1968 [1908] : 34.)

Le lien qui existe entre une « constellation » de traces mnésiques liées par l’affect, et l’usage qui deviendra courant du mot « complexe », comme dans le complexe d’Œdipe, se comprend bien si l’on sait que, pour Freud, « ce que nous appelons notre caractère repose sur les traces mnésiques de nos impressions ; et ce sont précisément les impressions qui ont agi le plus forte- ment sur nous, celles de notre première jeunesse, qui ne deviennent presque jamais conscientes » (Freud 1967 [1900] : 458).

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24 réflexions sur « PRINCIPES DES SYSTÈMES INTELLIGENTS (1989), chapitre 12 (II), réédition en librairie le 23 novembre »

  1. Je comprends la chose ainsi

    les parcours « calmes » du sens suivent les voies minimales, des chemins de plaine ou de vallée. Les parcours « excités » prennent les chemins plus escarpés, ainsi qu’il est dit. Névrose.

    Mais au centre du paysage, il y a un sommet que personne n’explore, qu’aucun chemin de sens, même symbolique, n’emprunte: le Nom du Père.

    M.

      1. pour moi (mais c’est mon interprétation), le Nom du Père est le groupe de signifiants qui vient le premier recouvrir la représentation originaire, fournaise affective d’un éprouver aveugle.

        M.

  2. C’est cohérent

    Le principe de réalité ouvre l’accès à un monde libre d’affect, ou plutôt, il déploie un affect neutre situé à égale distance de la jouissance et de son opposé.

    La charge affective qui correspond à la libre connaissance des chose est donc nulle, connaître, c’est éprouver paisiblement le « sum » cartésien. Le minimum d’affect correspond aux voies explicites du sens.

    Lorsqu’un affect puissant issu de la mémoire vient barrer le chemin minimal et que l’objet neutre se trouve investi d’anxiété, le sujet « fait le tour » par le symbolique.

    Une même idée me vient toujours à propos de la double topologie de l’affect et du sens. Si le sens, qu’il soit « logique » ou symbolique, se multiplie dans les régions à basse intensité affective, ne peut-on soupçonner qu’inversement une pensée rare traverse les régions à haute intensité? Est-ce le capiton de Lacan, est-ce le symbolisme inconscient de Jung? Ou rien du tout? Cette dernière hypothèse emporte peu de conviction car si l’on comprend que les chemins se raréfient vers les hauteurs, on ne voit guère pourquoi ils devraient disparaître. Ne vient-on pas régulièrement secourir des promeneurs en tennis sur les glaciers?

    M.

    1. Et si on pouvait choisir le chemin, voir les chemins possibles, les emprunter simultanément ou tour à tour? Et il y a tellement de chemins possibles, conscients ou non. Cela me semble peine perdue que de vouloir les décrire, leur complexité nous échappe.
      C’est comme vouloir décrire toutes les branches et ramifications d’un arbre touffu, et vouloir en déduire la forme de tous les arbres. Alors que ce qui nous intéresse le fruit qu’il porte, l’ombre qu’il apporte, on encore sa masse calorique, ou éventuellement de décrire ce qui le structure, comment il croit, où est la sève, ou est l’écorce et leurs rôles; on s’intéressera alors à certaines caractéristiques, qui pourront être connues avec justesse pour ce qu’on en a à faire.

      1. C’est certain, Il y a une végétation du sens.

        Peut-on être certain qu’une variété bidimensionnelle, celle qui porte à la fois les parcours sémantique et les valeurs du « compteur » suffise à la description?
        M.

  3. Je vais commencer par demander un joker, qui est de l’ordre de l’époché : Je ne sais pas.

    Ce que j’ai envie de rappeler ce soir c’est que la cure psychanalytique est essentiellement une affaire de langage, et que par conséquent le corps est laissé de côté. Essentiellement il s’agit de travailler l’anamnèse, les représentations et les affects, mais sans bouger de sa chaise. Il parait qu’il y a toujours des transgressions du cadre, passons. Personne ne contestera ce point.

    Dans le même ordre d’idée on retiendra les schémas lacanien qui sont de l’ordre du visuel, avec des dispositifs imaginaires, qui font appel à des miroirs, des vases, des fractions, etc. Il s’agit du langage, du symbolique, mais l’investigation du corps n’est pas à l’ordre du jour, il ne s’agit pas de kinésithérapie.

    Or… Deleuze à propos de Stromboli, évoque la proprioception, lorsque Ingrid Bergman grimpe sur les flancs du volcan….

    Freud à propos de l’idée parle aussi de régression comme si penser était une régression par rapport à agir.

    Je pense que… jouer un instrument de musique impose de mettre tout un tas de choses ensemble de façon hiérarchisée, et la moitié de ce qu’on fait est automatique. Parler sans agir ensuite est mutilant à la limite, c’est pourquoi la cure est un souci parce qu’elle habitue à ne pas agir, à ne pas bouger quoiqu’il arrive, à dissocier le corps du psychisme, et à se réfugier dans un roman personnel. Toute réflexion est un préambule à un acte ou à une action significative. La cure est la rémission à l’infini de l’action, c’est le contraire du marxisme. Le contraire, c’est pourquoi la maxime de Freud était de survivre, de tenir bon, et ne pas vouloir changer la réalité : C’est du stoicisme.

    Il y a toute une intelligence qui réside dans les mouvements et dans la façon dont ils s’enchainent, or la posture auto-centrée et introspective est justement la meilleur façon de figer l’univers interne. Le langage est aussi public, c’est une enveloppe publique et hystérisante qui fait fi du privé. Le corps muet est privé. Le silence à deux ne l’est pas… ma guenille m’est chère.

    Les mouvements s’organisent en couches, peut-être comme l’enfer où les couches du psychisme……..

    1. Ah! l’épochè ,mot dont j’ignorais l’existence avant que Lisztfr n’intervienne ,Lisztfr omniprésent,Lisztfr au frontispice du blog,Lisztfr dans les salles obscures.Suspendre son jugement,mettre en délibéré ,se taire ,l’épochè, ça me va.

  4. « Évidemment, chaque décision qui conduit à une « stylisation » par rapport à l’humain – introduit une distorsion et fait courir le risque de laisser échapper ainsi un élément essentiel. »

    Dans ce cas là, avez vous pensez à un mécanisme de l’oubli dans le SI?

    La dynamique d’affect que vous semblez vouloir pointer par l’utilisation d’un compteur associé au signifiant ( ou à un groupe de signifiant ) peut elle seule permettre de retrouver un contexte mnésique pertinent?
    Comment choisir entre deux « complexe » a valence équivalente? est-ce en utilisant une temporalité de la valence?
    Existe t-il un processus pour faire descendre un compteur?

    1. Le complexe semble être une région déformée du potentiel. Les discours empruntent des versants qui surplombent une région basse. mais les registres sémantiques demeurent proches, les bords pointent vers les mots du creux. Le sens caché se trouve comme serti dans le complexe. au moins est-ce ainsi que je comprends l’idée de Jorion.

      M

      1. Alfonso Caycedo à introduit le concept de Valence pour décrire de manière phénoménologique les manifestations de la conscience.
        => Valence +. – , neutre.
        L’idée c’est qu’a chaque instant s’effectue une sommation des phénomènes harmonieux, neutre ou dysharmonieux.
        La notion de tridimensionalité temporelle est présente à chaque sommation.. ( passé , présent , future)

      2. @ Pierre

        Ah?

        Peut-être faut-il compter sur un effet tunnel pour traverser en tous sens le potentiel! Affolement du compteur garanti!! 😮

        M.

    1. 96% de la population a moins d’un million d’euros de patrimoine…
      Par contre, ils étaient bien 43% à être contre l’idée d’imposer à 75% à partir d’un million… qui sont les 39% de petits farceurs qui défendent le patrimoine des autres…?…

      39%, doit pas y avoir que de l’UMP là-dedans…?
      AH, j’ai compris… c’est en prévision… pour « quand-qu’ils-gagneront » plein d’argent…

  5. @Jorion : je pense avoir trouvé une faille de taille dans votre système, c’est l’emploi des pronoms. Si vous dites à votre machine : « Je porte la barbe. », et si elle mémorise littéralement cet « enchaînement de mots », plus tard, quand vous lui demanderez si elle est barbue, elle devrait vous répondre oui ! La question est donc de savoir comment vous comptez faire pour lui apprendre à translater les « je » de ses interlocuteurs en « il » ou « elle », et leurs « tu » en « je ».

  6. « … une simulation et non une reconstruction,… »

    Ah! très bien… alors c’est promis, vous n’allez pas faire souffrir des machines dans le seul but de les rendre intelligentes…?

    Non, je vous demande ça parce que là, dans ce passage…

    « Évidemment, chaque décision qui conduit à une « stylisation » par rapport à l’humain – négliger le sexe, négliger l’anticipation de la mort, etc. – introduit une distorsion et fait courir le risque de laisser échapper ainsi un élément essentiel »

    … votre intention à long terme est ici, déjà un peu moins claire… et il semblerait qu’en dessous d’une certaine « humanité », on soit incapable de rendre la machine véritablement intelligente…

    Mais j’attends la suite… la manière de simuler la vie et donc l’affect au sein d’un système informatique… je veille au grain

  7. Peut on simuler d’autres « affects » que ceux qui sont les nôtres ?

    En quoi peut il être « utile » de simuler des affects dans un mécanisme , qu’ils ressemblent aux nôtres ou pas ?

    PS : pardon , si la réponse était dans les premiers chapitres que je n’ai pas eu le courage de parcourir après une petite disparition .

    1. J’ ai donné une « piste » sur les chapitres précédents :
      L’ affect est une combinaison de 3″mémoires » du groupe , de la civilisation , de l’ espece ….L’ affect c’est un outil culturel qui permet de contrebalancé le pouvoir ( opportuniste ) de la « Raison  » qui privilégie les interets de l’ individu au détriment des interets des 3 autres .

    2. Je me risque à répondre

      Penser ou percevoir objectivement suppose une impartialité, une neutralité affective. Or, le chaînes de mots possibles sont en elles mêmes en nombre infini. Simuler l’affect (par un compteur ou une valeur de potentiel) c’est donc se donner le moyen d’obliger le système à sélectionner les chemins associés à un faible quantum affectif parmi tous les chemins possibles. C’est comme si agissait un opérateur de pertinence. Le sens « propre » ou explicite, c’est alors le tracé d’une chaîne à faible libido. De cette façon, le système devient plus intelligent; il s’écarte autant qu’il peut des voies absurdes, il échappe aux trajectoires aléatoires.

      M.

    3. L’ampathie est une méthode qui permet de vivre par procuration l’affect d’autrui. Donc, de ressentir son monde phénoménologique. Cette méthode est par exemple utilisée pour mieux percevoir et ainsi pour mieux répondre aux besoins d’un patient lors d’un soin.
      De la même manière, l’intégration de l’affect, pourrait permettre au Si de mieux répondre au question qu’on lui poserait.

  8. Stocker/traiter/émettre et recevoir l’information. Le couplage : support / message
    « L’hypothèse du psychanalyste est donc qu’un important quantum d’affect associé à un signifiant condamne non seulement son accès, mais aussi celui de ses voisins immédiats, englobés sous le même « tabou » ».

    Peut-on envisager une forme de communication tertiaire : le numérique comme support.
    La programmation ou le langage informatique comme des nouveaux langages ? Le binaire ?
    Comment l’affect et la mémoire vont-ils se manifester à travers « le message » ?

    Histoire du couplage : Après la transmission cellulaire de l’information, le stade oral (le langage) est le support final manifesté comme une forme de communication primaire (la première socialisation, c’est le clan ?). Les peintures étaient probablement les premières représentations qui ont favorisées le passage à un autre mode de communication (le langage orale du sujet dans la transmission n’étant qu’un simple passage indirect à l’objet). La socialisation se structure (la cité) lorsque le support passe du corps humain à l’écriture comme la forme de communication secondaire.
    Du sujet à l’objet… La répétition et ses formes, ses expressions, ses manifestations, son cadre !
    C’est l’invention de la géométrie, du droit stable (écrit), de l’état, des métropoles, de la monnaie (équivalent général ou étalon), et du monothéisme (la religion du livre) qui sont tous liés à l’écriture (le nouveau support).

    L’imprimerie apporte une seconde révolution, celle de la mondialisation (le commerce et même les guerres), du traité de comptabilité (chèques, banques), de la science moderne (expérimentale), du capitalisme moderne (industriel), etc…. Notre civilisation est issue de cette évolution des supports.
    C’est la démocratie au sens moderne par la réforme (notamment avec Luther « tout homme est pape, une bible à la main ») : la liberté !

    Grâce à internet, les connexions sont multiples et les formes des savoirs sont bousculées. C’est pour le moment, une zone de « non droit » (les élites sont déconcertées). Le foisonnement des échanges et des idées vont inévitablement conduire au changement de paradigme.
    A chaque révolution, il y a une transformation de la culture et de la civilisation.
    Cette évolution est incontournable ! La guerre pour le maintien des statuts n’en est qu’à ces débuts pour le meilleur ou pour le pire (la survie de l’espèce).
    Les révolutions en rapport à l’objet se sont manifestées par l’écriture, puis l’imprimerie et enfin aujourd’hui par le web, c’est le numérique.
    Le cadre reste à définir…

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