PRINCIPES DES SYSTÈMES INTELLIGENTS (1989), chapitre 13 (I), réédition en librairie le 23 novembre

Je poursuis la publication des chapitres de Principes des systèmes intelligents. Mauvaise nouvelle cependant pour les accros du feuilleton : je ne sais pas si je vais pouvoir continuer la publication du livre sous cette forme. Il ne s’agit pas de punir les accros mais d’une question de logistique uniquement : je repars à Bruxelles et vais devoir faire le forcing sur mon enseignement, etc. Où en est-on ? Presque à la moitié du livre et les notes ont été négligées : une sur cinq à peu près a été publiée. Si je ne parvenais pas à poursuivre le feuilleton, je rappelle que le livre sera en librairie le 23, c’est-à-dire vendredi prochain (et que les cartons ont dû en réalité commencer à arriver mardi 13). Je vous tiens au courant !

13. La signification du mot

La signification

Les chercheurs et les commentateurs de l’intelligence artificielle sont d’accord pour dire que le principal problème que pose aujourd’hui la manipulation de séquences symboliques (appelées indifféremment ici « mots » selon l’usage commun de la langue, ou bien « signifiants ») est celui de la signification. Or, nous ne disposons pas d’une théorie de la signification, et une représentation de son mécanisme nous fait entièrement défaut.

La première remarque à faire est que ce qui pose un problème, ce n’est pas que nous ne comprenions pas le fonctionnement de cette chose que nous appelons la signification, c’est plutôt que nous ne savons pas ce qu’elle est. Autrement dit, nous ne savons pas ce que le mot veut dire. La signification est ce que Descartes appelait une « idée confuse ». Tant que nous ne saurons pas ce qu’est cette chose, il n’y a aucune chance que nous comprenions comment cette chose fonctionne. Socrate aborde un problème de cette manière, et lorsque Ménon lui demande comment s’acquiert la vertu, il répond :

« Quand je ne sais pas ce qu’est une chose, comment saurais-je quelles en sont les qualités? » (Platon 1 [1950] : 514).

En fait nous ne savons même pas si la chose existe : les seules indications que nous ayons de l’existence de la signification, c’est que le mot « signification » existe dans la langue et que nous avons le sentiment d’avoir compris quelque chose quand on nous a dit que « X signifie Y » (*). Malheureusement, quand on nous parle des anges nous avons aussi le sentiment d’avoir compris quelque chose même si nous sommes convaincus par ailleurs que les anges n’existent pas.

La deuxième chose que nous devons donc faire, c’est nous demander de quoi nous parlons, à quoi nous renvoyons, lorsque nous employons le mot « signification », et si nous pouvons établir que les phénomènes que nous réunissons sous cette étiquette existent et qu’il est rationnellement justifié de les maintenir rassemblés, alors nous sommes sur la voie qui mène vers une élucidation de la question.

« Signification », dit le dictionnaire, « Ce que signifie (une chose, un fait), Signifier : Avoir un sens » (Robert 1969 : 1650). Le dictionnaire ne nous est donc pas d’un grand secours et il faut aborder la question d’une manière moins directe. On peut souligner pour commencer que la signification pose une difficulté théorique, davantage que pratique : au chapitre 5 a été évoqué notre étonnement – sinon notre consternation –, devant la possibilité de faire apparaître du sens par des manipulations – parfois très grossières – de séquences de mots (voir Winston & Prendergast 1984, chapitres 11 à 13 ; Shwartz 1987).

Le fait que des programmes pionniers comme ELIZA ou PARRY reposaient essentiellement sur du savoir « mis en boîte » (canned) : réponses à l’utilisateur en écho de ce qu’il vient de dire, tirage au hasard de formules passe-partout, etc., mettait déjà en évidence la capacité du sens à émerger automatiquement d’un assemblage judicieux de mots. C’était là une raison suffisante pour évoquer les mots en tant que signifiants, en évitant toute référence explicite au sens, à la signification : pour souligner le pouvoir automatiquement significatif de suites particulières de mots – ceux-ci étant enchaînés de manière réglée mais sans souci du sens, manipulés en tant que signifiants, c’est-à-dire au titre de simples empreintes acoustiques ou graphiques.

Le fait que des mots-phrases, des clichés, puissent produire l’apparence du sens sans grand effort de programmation, pourrait suggérer que tous les problèmes que pose la signification disparaîtraient d’eux-mêmes à condition que le programmeur fasse preuve d’une astuce suffisante : la balle du sens serait renvoyée entièrement dans le camp de l’utilisateur – dont on sait qu’il a, en tant qu’être humain, la capacité d’interpréter la signification –, et jamais la machine n’aurait à s’en préoccuper. Hélas, toutes les phrases ne sont pas des clichés, tous les discours ne sont pas de la langue de bois, et les suites de mots tirés au hasard ne produisent qu’exceptionnellement du sens. Parler d’« assemblages judicieux de mots », de « suites particulières de mots enchaînés de manière réglée », c’est mettre en évidence que sous ces « judicieux » ou « manière réglée » se cache la question à élucider par priorité et qui ne partira pas d’elle-même.

Or, nous avons déjà parcouru une partie du chemin qui nous permettra à son terme de savoir exactement ce que ces expressions recouvrent. En effet, un « assemblage judicieux de mots », c’est ce que propose dans un premier temps, le modèle du réseau mnésique en tant que « matrice » des enchaînements associatifs et, dans un deuxième temps, la dynamique de l’affect en tant que manière d’établir un parcours déterministe sur un réseau mnésique.

Séparons pour commencer le problème de la signification d’un mot de celui de la signification d’une phrase, et examinons le premier. Il apparaît logique de procéder dans cet ordre : le sens d’une phrase n’est-il pas la somme du sens de ses mots ? En fait, comme on le verra, rien n’est moins sûr, et la décision de faire débuter l’examen par le sens des mots est seulement justifiée par le fait que les chapitres qui précèdent nous ont rapprochés davantage d’une compréhension du sens des mots que du sens des phrases.

Le significat ou référent

Une conception tout à fait spontanée du sens des mots est que la signification d’un mot, c’est la chose à laquelle il renvoie. Le sens d’un mot, c’est son significat, son référent comme s’exprime la linguistique contemporaine. Le sens de « cette pomme », c’est la pomme qui est là : le sens de « Ève », c’est Ève, la première femme. Jusque-là tout va bien. Malheureusement il y a si peu de mots qui ont un significat, et pour ceux qui sont susceptibles d’en avoir un, on trouve si peu d’usages linguistiques dans lesquels ils en ont un effectivement, qu’une telle définition du sens ne vaut que pour des cas-limites assez exceptionnels. Illustrons cela.

Quel est le significat de tous les mots qui ne sont pas des substantifs ? Quel est le significat de « pour », de « prestement», de « être » ou de « flou » ? Ils n’en ont pas. Si l’on passe aux substantifs, des difficultés se présentent : quel est le significat des noms abstraits, de « droiture », par exemple ? Quel est le significat de ceux que les Antiques et les Scolastiques appelaient les incorporels : quel est le significat de « temps », de « cercle », d’« accélération » ou de « spin » ? Si l’on se tourne enfin vers les noms concrets, les difficultés subsistent : « les éléphants ont une trompe », tous les éléphants passés et présents sans doute, mais quid de ceux à venir ? « L’éléphant a une trompe » : même question. « L’éléphant qui a mangé hier cent kilos de foin », a un significat pour autant qu’il y ait un éléphant et un seul qui réponde à la description, mais « l’éléphant qui renversera le chapiteau demain soir », n’aura pas de significat avant demain soir, pour autant qu’il en acquière effectivement un à ce moment-là. « Dumbo, l’éléphant volant » a un significat, mais il n’a malheureusement qu’une existence imaginaire, fictive. En fait, si l’on pouvait rassembler toutes les phrases qui ont été prononcées ou écrites à propos d’une chose pourtant aussi concrète que l’éléphant, on s’apercevrait que seule une infime proportion d’entre elles avait un significat au moment où elles furent énoncées.

Que peu de mots aient un significat, et que ceux qui peuvent en avoir un, l’ont rarement, ce n’est pas là une observation récente. La question fut traitée très complétement au XIVe siècle, entre autres par Guillaume d’Ockham. Pour celui qu’on appelait le Venerabilis inceptor – le débutant vénérable, du fait qu’il interrompit ses études universitaires – seuls ont un significat, les « noms propres », qui :

« sont soit les noms propres au sens usuel comme “Socrate” ou “Platon”, soit les démonstratifs joints à un nom commun ou isolés comme “cette pierre” ou “ceci” […] Les noms propres sont fondateurs de la signification comme référence. […] Ils exercent […] une déixis, une sorte de monstration de l’étant singulier. » (Alféri 1989 : 23-24).

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(*)  Cela reviendrait au même, bien sûr, si l’on nous disait que le mot ou la phrase X a le même usage, la même utilisation que le mot ou la phrase Y. C’est le philosophe Ludwig Wittgenstein qui introduisit l’équation « signification = usage » (Wittgenstein 1963 [1953] : § 138-139 ; cf. aussi Bouveresse 1976 : 549-552).

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73 réflexions sur « PRINCIPES DES SYSTÈMES INTELLIGENTS (1989), chapitre 13 (I), réédition en librairie le 23 novembre »

  1. J’avais un peu anticipé la notion de sens et non-sens en citant Jung .

    Sur les mots : avant même les mots il y a les lettres ( l’alphabet ) , et l’analyse combinatoire nous montre qu’avec relativement peu de lettres on peut faire rapidement des milliards de mots , et qu’ensuite , par les mêmes principes de combinaison on peut faire des phrases , des paragraphes , des chapitres , des livres , des collections , des bibliothèques .

    Ce qui me frappe de mon côté ,c’est que la construction du langage obéit aux mêmes principes que la construction de la matière , par agrégats succesifs du plus petit ( Bosons , quarks …) au plus gros ( molécules et au delà ).

    Est-ce la nature qui est structurée comme un langage , comme le disait Lacan , ou le langage qui est structuré comme la nature ?

    A l’ancienneté ( 6000 ans contre plus de 14 millaiads d’années) , j’aurais tendance à donner le label d’origine à la nature.

    Ce qui élargit le questionnement sur le sens , au delà de la « signification » des mots .

    1. Je dirais simplement qu’il y a des formes d’entropie (ou de néguentropie) reconnaissable et d’autres moins, suivant le point de vue (et l’échelle) à laquelle on se place.
      L’ADN en donne un exemple frappant. Des variations moléculaires faciles à décrire sur le papier, un résultat pas évident du tout (phénotype, pommettes saillantes, traits physiques, capacités métaboliques, nerveuses…).
      Que la matière minérale joue au même jeu me va bien aussi. L’organisation des minéraux sous les actions de la chaleur intra-terrestre (volcan) (chaleur d’origine radioactive « actuellement ») , de l’érosion et autres effets de la « machine de surface » (même avant la vie) va aussi par échelles de complexité. Avec les minéraux d’origine vivante (calcaires, schistes, marnes,…), c’est devenu encore plus le fun.

      1. Ah , oui la matière nucléaire en donne aussi un bel exemple, entre les échelles des quarks et celle des atomes (blob peut affiner/rectifier ?) . La physique des noyaux lourds, c’est le binz. En plus ils sont assez lourds pour faire des choses malhonnêtes aux électrons qui passent par là.
        D’aucun prétendent même que la batterie au plomb peut être vue comme une conséquence de la relativité générale. La position énergétique des orbitales du plomb qui fond que la batterie au plomb fiat bien 2V doit beaucoup au passage des électrons concernés pas dans le bord du noyau. L’atome équivalent juste au-dessus dans la classification, l’étain Sn, n’offre pour la même chimie (les même orbitales à une couche près) que 0,7 V de mémoire.
        (A vrai dire, ce sont des chimistes jaloux que les physiciens s’arrogent le prestige de la relativité générale en arguant qu’elle sert crucialement dans le GPS (correction d’horloge), qui ont cherché un truc un peu pareil pour attirer le jeune scientifique chaland… why not).

      1. Fort, pour un dimanche matin embrumé, non ?
        Brut de décoffrage:
        Un lien entre l’ infime et l’universel.
        des sons ordonnés au sublime: Sue Foley
        des sons qui libèrent:  » . . . – V « , la 5.ème.

        Les sons comme la lumière n’existent pas vraiment, ce sont des reconstitutions de notre cerveau. Automatisme prodigieux: découpe en éléments infimes pour la reception, puis synthèse pour une perception finale.
        Le filtrage actif du bruit ambiant par l’oreille est une merveille.

        Les autres jours, c’est pareil.

      2. On peut aussi se souvenir que nous « apprenons » à parler ( reproduire des mots-sons ) avant que d’apprendre à lire ( le même mot) , et que d’une certaine façon , comme le disait le comique avec la table de multiplication par 7 , on est d’abord plus accessible à l’air qu’aux paroles .Je suis persuadé que la force des enfants qui se comprennent sans pratiquer la même langue , c’est qu’ils ont un « musique » commune . Ce qui doit aussi expliquer pourquoi les bébés sont doués pour apprendre « d’instinct » plusieurs langues .

        Ce qui est extraordinaire c’est par ailleurs que nous arrivons à donner la même  » signification  » au mot vu , au mot entendu , au mot perçu ( braille) , au mot « rendu » ( parole), au mot « pensé » .

        J’hésite sur le mot « senti » , même s’il y a des mots évocateurs d’odeurs et des odeurs évocatrices de mots .!

    2. @ Juan Nessy
      La position de Thom est sans ambiguïté: « je suis convaincu que le langage, ce dépositaire du savoir ancestral de notre espèce, détient dans sa structure les clés de l’universelle structure de l’Etre. »

      1. C’est semble-t-il aussi ce qu’exprimait Lacan .

        Je me suis » juste » permis d’inverser l’intuition : c’est la structure ( forcément universelle ) de la matière qui détient la structure du langage .

      2. @Basic et Juan :
        Thom comme Lacan, en poetisant /mythifiant / spititualisant …. ne font que taper en touche ….et refusent d’affonter la complexité du système qu’ils tentent de modéliser .
        Si Saussure sert de socle au structuralisme, c’est qu’il a montré que le langage évolue ds le temps et ds l’espace du fait d’interaction multiples et que ces modifications ne sont pas réductibles a une modélisation directement accessible a la « Raison » ( peut etre du fait qu’une des variables est la musicalité des mots et la poétique de la deviance du signifiant ds la phrase ) ……
        Il me semble que l’ echec apparent du structuralisme tient au cas un peu spécial de cette complexité du langage (en terme math) , les equa de modélisation des boucles trophiques par ex auraient été plus accessibles a l’ étude .

      3. J’utilisais  » langage » dans son acception la plus large qui pourrait être :

        Système qui ,par tous moyens, permet la communication et l’agrégat d’informations entre éléments d’un système.

        J’ai encore un peu de mal à imaginer ce que pourrait être un langage en direction de l’extérieur du système, sauf si cet autre système répondait aux lois ( à La Loi ?) fondamentales du système  » émetteur » .

  2. j’ai toujours été frappé par le couple formé par la musique et la langue. Je pense que le language s’apparente à de la musique stylisée, les phrases étant des mélodies et les mots des notes plus élaborées.

    1. @Un lecteur

      Ou alors la musique s’apparente à du langage stylisé, ce qui me semble plus conforme à la réalité historique. Ceci dit néanmoins, les oiseaux chantent sans qu’on les comprennent, comme quoi je me trompe peut-être…

  3. Voilà sans doute un paragraphe dont nous avions besoin pour éclairer nos (=vos !) détracteurs. Et pour éclairer simplement ce que nous avions dénommé « Néolibéralisme » le 9/11 dernier avec Guy Le Boutte et que J.M. Masson dénomme à juste titre « Libéral-Totalitarisme », c’est à dire la perte voulue et entretenue de sens des mots les plus banaux de manière à priver quiconque du moindre recours. La crise n’est pas une crise mais une technique de contrôle des peuples, les clients des banques ne sont plus des clients mais des faibles ou des mauvais (et on dit toujours MAF chez Gloldman Sax p.5 de La survie de l’espèce). « Misère de la pensée économique » ? Vous êtes vraiment trop bon malgré les solutions piquantes de l’ouvrage précité ; L’obsolescence et l’usure programmées, la citoyenneté et la déchéance assurées tant que nous nous comporterons comme des pièces de Lego ! Les premiers responsables sont bien les politiques et leur armée fidèle, l’Administration, n’est pas en reste avec notre cimetière de lois et d’arrêtés non appliqués : voyez les discussions en cours sur les coutumes corses ? Tout le monde est-il vraiment au courant ? Ou alors, ni les mots, ni les morts n’ont pas le même sens car ce territoire a vécu sa propre évolution et la « Survie de l’espèce » n’y obéit pas aux mêmes lois, ni aux mêmes concepts que dans le reste d’une République bien affaiblie ? ( Par ces propres serviteurs).
    A titre personnel comme écolo, je me contentais d’une grille de lecture scientifique d’abord classique puis quantique. La quantitude du vivant est le prochain Graal de la médecine (cf. l’acupuncture). Depuis quelques années, la grille de lecture scientifique de la biologie cesse d’être classique pour devenir « systémique». Jusque-là rien de nouveau, c’est déjà ainsi que procédait déjà Claude Bernard et après lui, toute la médecine : elle compare comment fonctionnent les différents systèmes qui assurent la physiologie d’un organisme et comment ils se dérèglent en pathologie et ils tentent d’en restaurer l’homéostasie – contrairement à ce que ferait un banquier, par exemple ! Puis j’ai découvert tardivement la grille de lecture anthropologique de Paul Jorion dans « Les pêcheurs » puis la « Transmission des savoirs ». Mais il me manquait la séquence des « Principes des systèmes intelligents ». Merci donc en attendant l’ouvrage complet la semaine prochaine. J’ai encore des doutes sur l’Equation de Schrödinger mais je sais que Paul nous en dira un jour les limites de validité car il les évoque à différentes reprises. – et pauvre biologiste je n’en ai pas encore compris les sous-entendus. A bientôt donc et Merci pour l’ensemble de la promenade en attendant ! Mais je n’ai aucun doute que nous vivons en écologie une autre forme de l’escroquerie des subprimes.

    1. Si les mots perdent si facilement leur sens , c’est que nous n’avons pas suffisamment de « forces » pour leur en donner .

    2. Y a-t-il des langages ( ou des langues) plus « signifiants » que d’autres ?.

      J’aime encore imaginer que la langue française , qui fut longtemps ( et est encore , je crois) la langue de la diplomatie , avait cette qualité de « cerner » les choses sans les « enfermer ».

      Quand je veux être agréable aux dames , je raconte en général que nous le devons à toutes ces grandes intellectuelles tenant salon , juste avant qu’elles ne tournent à « précieuses ridicules » ( ça je l’ajoute s’il y a une pimbêche dans le lot ). .

  4. Générateurs de langue de bois:
    http://www.presidentielle-2007.net/generateur-de-langue-de-bois.php
    http://www.charabia.net/gen/gendisp.php?gen=1
    Exemple:

    « Quel avenir pour le subjectivisme ?

    Vers une théorie du subjectivisme primitif.

    Si d’une part on accepte l’hypothèse que Kierkegaard réfute la destructuration substantialiste du subjectivisme, et que d’autre part il en caractérise la réalité subsémiotique en tant que concept métaphysique de la connaissance, alors il caractérise la liberté sémiotique par son distributionnalisme déductif.
    Si d’une part on accepte l’hypothèse qu’il particularise la destructuration morale du subjectivisme, et que d’autre part il en systématise la réalité irrationnelle en tant que concept sémiotique de la connaissance alors même qu’il désire supposer le distributionnalisme minimaliste, c’est donc il identifie la réalité spéculative du subjectivisme.
    Néanmoins, il restructure l’expression générative du subjectivisme ; le subjectivisme ne peut alors être fondé que sur l’idée de la liberté post-initiatique.
    Le fait qu’il identifie ainsi l’expression substantialiste du subjectivisme implique qu’il s’en approprie la démystification générative dans son acception montagovienne bien qu’il se dresse contre l’expression spéculative du subjectivisme.
    En effet, il réfute la conception déductive du subjectivisme afin de la resituer dans toute sa dimension politique et sociale. C’est avec une argumentation similaire qu’il réfute la démystification post-initiatique du subjectivisme, car d’une part Sartre envisage la destructuration déductive du subjectivisme, d’autre part il en restructure l’origine substantialiste en tant que concept universel de la connaissance.
    C’est le fait même qu’il rejette la destructuration déductive du subjectivisme qui nous permet de rejetter l’hypothèse qu’il en rejette la réalité idéationnelle dans sa conceptualisation tout en essayant de la resituer dans toute sa dimension intellectuelle et sociale.
    Il faut cependant contraster cette affirmation dans le sens où il conteste l’expression phénoménologique du subjectivisme ; le subjectivisme ne se borne, par la même, pas à être une liberté synthétique en regard de la liberté.
    Premièrement il identifie, par la même, la démystification universelle du subjectivisme, deuxièmement il en examine l’expression spéculative comme concept rationnel de la connaissance. De cela, il découle qu’il interprète la conception générative du subjectivisme.
    Ainsi, on pourrait mettre en doute Kierkegaard dans son approche métaphysique de la liberté dans le but de l’opposer à son cadre intellectuel.

    Il est alors évident qu’il se dresse contre la destructuration empirique du subjectivisme. Soulignons qu’il en rejette la démystification subsémiotique sous un angle phénoménologique, et on pourrait mettre en doute Rousseau dans son analyse rationnelle de la liberté, pourtant, il restructure la démystification primitive du subjectivisme.
    C’est dans cette optique qu’il rédéfinit comme irrationnel le subjectivisme et on ne saurait écarter de notre réflexion l’influence de Chomsky sur le pointillisme originel. Mais il ne faut pas oublier pour autant qu’il restructure la passion transcendentale en tant que concept primitif de la connaissance.
    On ne peut, pour conclure, contester l’influence de Rousseau sur le pointillisme rationnel.

    C’est ainsi qu’on ne saurait reprocher à Kant son pointillisme phénoménologique, et le pointillisme empirique ou la passion rationnelle ne suffisent pas à expliquer le pointillisme génératif dans sa conceptualisation.
    Le subjectivisme ne se comprend donc qu’à la lueur du pointillisme idéationnel, et c’est avec une argumentation analogue qu’on ne peut que s’étonner de voir Leibniz critiquer la passion.
    Le paradoxe de la passion universelle illustre pourtant l’idée selon laquelle la passion minimaliste n’est ni plus ni moins qu’une passion irrationnelle.
    En effet, on ne saurait assimiler, comme le fait Montague, le pointillisme existentiel à un pointillisme sémiotique.

    Notons par ailleurs que Montague identifie l’analyse irrationnelle du subjectivisme, et comme il est manifestement difficile d’affirmer que Montague réfute l’analyse déductive du subjectivisme, de toute évidence il conteste la réalité sémiotique du subjectivisme.
    Il est alors évident qu’il réfute l’analyse déductive du subjectivisme. Notons néansmoins qu’il réfute l’expression existentielle sous un angle phénoménologique ; le pointillisme ou la passion minimaliste ne suffisent ainsi pas à expliquer le pointillisme empirique en tant que concept empirique de la connaissance.
    Premièrement il spécifie, par la même, le pointillisme génératif en tant que concept transcendental de la connaissance, deuxièmement il en spécifie la réalité sémiotique dans une perspective montagovienne. Il en découle qu’il se dresse contre la conception idéationnelle du subjectivisme.
    C’est avec une argumentation identique qu’on ne peut contester l’influence de Descartes sur la passion phénoménologique afin de la resituer dans toute sa dimension sociale.

    Vers une théorie du subjectivisme post-initiatique.

    Spinoza établit que le subjectivisme ne synthétise qu’imprécisément le pointillisme originel. Si d’une part on accepte l’hypothèse que Jean-Paul Sartre restructure donc la destructuration spéculative du subjectivisme, et qu’ensuite on accepte l’idée qu’il en particularise l’analyse transcendentale dans sa conceptualisation, dans ce cas il systématise la réalité idéationnelle du subjectivisme.
    De la même manière, il particularise l’expression primitive du subjectivisme, et on ne peut que s’étonner de la manière dont Rousseau critique le nominalisme synthétique, cependant, il réfute la démystification morale du subjectivisme.
    D’une part il conteste l’origine du subjectivisme, d’autre part il en décortique l’aspect transcendental en tant que concept transcendental de la connaissance.
    En effet, on ne saurait reprocher à Sartre sa dialectique synthétique pour la resituer dans toute sa dimension sociale et politique le nominalisme phénoménologique.
    On ne saurait, par déduction, reprocher à Kierkegaard son nominalisme rationnel. Pourtant, il caractérise le nominalisme transcendental par son nominalisme primitif, car si le subjectivisme rationnel est pensable, c’est il en conteste la destructuration circonstancielle sous un angle empirique.
    Il faut cependant mitiger ce raisonnement : s’il rejette la destructuration morale du subjectivisme, c’est aussi parce qu’il en interprète l’analyse existentielle en tant que concept sémiotique de la connaissance ; la dialectique synthétique ou le nominalisme ne suffisent alors pas à expliquer le nominalisme comme concept empirique de la connaissance.
    Nous savons qu’il spécifie en effet l’expression transcendentale du subjectivisme, et d’autre part, il en spécifie l’aspect rationnel en regard de la dialectique, c’est pourquoi il décortique la destructuration déductive du subjectivisme afin de l’opposer à son contexte politique et social.
    C’est d’ailleurs pour cela qu’on ne saurait reprocher à Hegel sa dialectique métaphysique afin de l’opposer à son contexte social et intellectuel.

    C’est dans cette optique qu’il rédéfinit comme irrationnel le subjectivisme (voir  » pour une vision subsémiotique du subjectivisme « ), car la vision cartésienne du subjectivisme est déterminée par une représentation post-initiatique de la passion minimaliste.
    « Le subjectivisme est mort », affirme, par la même, Spinoza. Nous savons que Spinoza caractérise la passion par son spinozisme moral. Or il en spécifie l’aspect universel dans son acception idéationnelle. Par conséquent, il particularise le spinozisme moral de la société bien qu’il examine la relation entre antipodisme et réalisme afin de l’opposer à son cadre politique et intellectuel.
    Pourtant, il serait inopportun d’ommettre qu’il spécifie l’analyse spéculative du subjectivisme, et le subjectivisme pose d’ailleurs la question de la passion en tant que concept originel de la connaissance.

    C’est d’ailleurs pour cela qu’on ne saurait reprocher à Descartes son spinozisme substantialiste. Nous savons que Spinoza conteste pourtant l’origine du subjectivisme, et d’autre part, il en particularise l’aspect rationnel en tant qu’objet idéationnel de la connaissance, c’est pourquoi il rejette la destructuration transcendentale du subjectivisme afin de prendre en considération le spinozisme.
    Pourtant, il particularise la démystification empirique du subjectivisme, et le subjectivisme ne peut être fondé que sur l’idée de la passion.
    Le fait qu’il s’approprie, par ce biais, la conception sémiotique du subjectivisme signifie qu’il en conteste l’origine rationnelle dans sa conceptualisation alors même qu’il désire l’opposer à son cadre intellectuel et politique.
    Par le même raisonnement, on ne peut que s’étonner de la façon dont Sartre critique le spinozisme primitif afin de le resituer dans le cadre intellectuel.

    C’est dans une finalité analogue qu’il conteste l’expression sémiotique du subjectivisme. Comme il semble difficile d’affirmer que Kierkegaard systématise pourtant l’expression substantialiste du subjectivisme, il semble évident qu’il conteste l’expression transcendentale du subjectivisme.
    C’est dans une optique identique qu’il rejette la relation entre immoralisme et science, et on pourrait mettre en doute Nietzsche dans son approche spéculative du spinozisme, néanmoins, il envisage l’expression originelle du subjectivisme.
    Si on ne saurait reprocher à Nietzsche son spinozisme substantialiste, il systématise pourtant le spinozisme comme concept originel de la connaissance bien qu’il rejette pourtant le modérantisme originel de la société et il en décortique, de ce fait, l’analyse rationnelle en tant que concept phénoménologique de la connaissance.
    Pour cela, on ne saurait, de ce fait, assimiler, comme le fait Sartre, le modérantisme à un modérantisme idéationnel et on ne peut considérer qu’il réfute alors l’origine du subjectivisme que si l’on admet qu’il en interprète la réalité phénoménologique dans une perspective spinozienne contrastée alors qu’il prétend prendre en considération l’objectivité.
    Finalement, le subjectivisme s’appuie sur un modérantisme phénoménologique dans sa conceptualisation.

    Auteur: Java le crétin.

    Je n’ai jamais cru qu’il y ai une quelconque intelligence dans la manipulation de concepts.
    Un ordi sait le faire. J’ai dit: manipulation, pas invention…
    Nuance!

    1. Je n’ai jamais cru qu’il y ait une quelconque intelligence dans la manipulation de concepts.

      Je prétends qu’il y a au contraire une perversité voulue et entretenue dans l’usage qui est fait de cette « poésie », ne serait-ce qu’en prétendant qu’elle n’aurait pas d’importance: il y a bien manipulation puis tentation fascinante, abusive et donc totalitaire dans tout discours vide de sens qui se traîne, inutilement long. Cette pathologie est probablement aussi vieille que le monde, ce qui fait du politique le plus vieux métier du monde, ce qui ne l’excuse en rien.

    2. Thom: « C’est à partir du moment où l’homme a ressenti le besoin de parler pour ne rien dire que des progrès décisifs dans l’organisation de la pensée sont devenus possibles. »

  5. Pour comprendre une idée, non-matérielle et abstraite, un concept, ou un mot inusuel, il faut qu’il soit placé dans un contexte qui possède ses propres valeurs et caractéristiques, son fonctionnement et sa cohésion (ou pas) avec le reste de la réalité. Il faut pouvoir ranger ce mot dans une famille d’idée, avec en annotation la différence avec les autres membres qui en fait la spécificité.
    Il faut se représenter une idée comme l’intersection de nombreuses dimensions, affective, intellectuelle, lié, et comment, à des souvenirs personnels ou collectifs.
    On peut dire par exemple qu’un mot-idée appartient à l’univers professionnel mais pas familial, et ne porte pas d’émotions.
    Pour l’esprit il n’y a pas de différence structurelles entre les mots les plus courants, manger, marcher, faire, et les plus complexes ou rares : ces derniers sont des cas particuliers de familles de mots d’actions ou de substantifs très basiques annotés « usage rare car définition souvent inconnue sauf de tel groupe ».

    Schtroumpher est un verbe dont on serait bien incapable d’expliciter l’action mais qu’on peut parfaitement utiliser et être compris parce qu’il est relié à un contexte précis correspondant dans notre fichier de mots à une définition, non pas de l’action elle-même mais de son utilisation pour être compris sans trop de risques d’erreur.

    Une machine n’aurait besoin de rien d’autre pour exprimer une idée que d’une définition précise et de son contexte d’utilisation sur plusieurs plans.
    Dans la mesure où une idée « spontanée » est la collision du présent avec un souvenir, je n’exclus pas du tout qu’une machine ait des idées propres, de l’inspiration ou des lubies.

    1. Autant la première partie de l’analyse construit une cohérence autant la conclusion est une provocation Bushiste ! Le Buchisme est l’exigence du droit à l’ignorance pour raconter n’importe quoi et mener ainsi son pays à la guerre et à la ruine en quelques expressions creuses, décomplexées et dirimantes.

      Dans la mesure où la rouille est le souvenir de la rencontre de l’eau par un morceau de fer, et un souvenir d’autant plus cuisant qu’il s’agissait d’eau de mer, la matière et la machine de fer comporte donc des traces et une mémoire de cette rencontre – et vous en tenez compte si vous achetez une voiture d’occasion car cette mémoire se manifeste quand la pièce casse. Pour autant, elle n’exprime pas d’idée où alors il va falloir leur donner le droit de vote !

      Idée = collision spontanée entre présent et souvenir ?

      Pourquoi pas ? cela peut aussi se formuler sous la forme: « On ne voit que ce que l’on connait déjà ». ET il faut donc plus qu’un minimum d’éducation pour voir ce qui se passe autour de nous écologiquement, économiquement et politiquement, ce qui s’est passé avant et ce qui pourrait se passer après.

  6. « La signification » a bien été traitée dans l’ouvrage d’Henri LEFEBVRE: « la vie quotidienne dans le monde moderne », particulièrement au chapitre III « phénomènes langagiers »

  7. Ce qui frappe en lisant votre texte, puis en lisant les commentaires, c’est comme vous l’avez écrit :

    « Une conception tout à fait spontanée du sens des mots est que la signification d’un mot, c’est la chose à laquelle il renvoie…. »

    Observant la grande divesité de leur contenu, on pourrait se demander s’il existe tout de même un contenant.
    Et ce dernier ne serait- il pas l’intentionalité?

      1. Quelle intentionalité lie les commentaires au texte initial?
        Comment décrire l’intentionnalité qui sous tend l’expression?

        C’est difficile à exprimer. Mais je perçois que c’est une force.

        Je dirais une force interne, qui m’oriente vers l’envie, le besoin de vous répondre, une force tentant d’harmoniser nos perceptions.

        Mais c’est aussi la rencontre avec une force externe. Une force issue d’un objet différencié, un autre interlocuteur. Un monde que je ne peux percevoir mais qui souhaite aussi rentrer dans mon monde phénoménal.

        Ces 2 forces se rencontrent dans un espace qui n’est pas tout à fait moi, mais qui n’est pas tout à fait non plus l’objet rencontré.
        Les mots, les phrases, sont au carrefour de cette rencontre. Il n’y a donc pas un seul gradient de pertinence: Mais un double gradient, une double force qui agit sur l’expression.
        Cette double force ne se perçoit QUE comme force unique: La force du signifiant.

  8. Le mot comme noeud ou arc d’un graphe (dualité), réseau mnésique, parcours sur un graphe valué (multivalué), réévaluation dynamique …très intéressant, passionnant même.

    Pour les mots, on peut s’intéresser à leurs différences comme composants très divers d’une phrase : nom, verbe, adverbe, adjectif, avant d’aborder leur aspect grammatical (sujet verbe complément …). Il devrait y avoir des co-graphes dans l’air (y compris des co-graphes communs – comme des sous-programmes).

    Très bien pour les rappels de fondements historiques (qui ne sont pas pour moi que des rappels).

    Mais au commencement était le verbe a dit « Je-suis ».

      1. L’arbre se reconnaît à ses fruits , la racine à sa profondeur

        Le mot est une interprétation de la réalité. Si la réalité est unique , son interprétation ,elle , est multiple.
        La phrase , pour sa part , permet de raisonner , de mettre en lien différentes interprétations.

        .

      2. Dans mon hypotèse , la profondeur c’est 14 milliards d’années ( à peu près , on va pas chipoter ) , mais si j’étends la « signification  » de l’arbre à celle des fruits , quelle est elle ?

      3. H et arbre font mauvais ménage .
        Évidence et sens caché , c’est tout le problème de l’interprétation.

        Confronter une interprétation à d’autres permet de rechercher des cohérences , dont celle entre passé, présent et futur .
        L’humain peut connaître ses racines sans pour autant connaître son futur , comme il peut connaître la question sans pour autant connaître la réponse .

      4. Notre espace temps fait que la réponse vient après la question , qu’elle soit bien ou mal énoncée.

        Pour exemple , Il faut avoir vécu pour répondre à la question « qui suis je ?  » , que certains pensent bien poser en l’intitulant « que suis je ? ».

      5. Il faut aussi avoir déjà vécu pour se poser la question !

        Mais en fait ce que je voulais dire, c’est que « l’information  » nécessaire tant à la formulation de la question qu’à la formulation de la réponse, est déjà là , depuis le premier plus petit espace de temps après le bigbang. »

        « Avant » , si cela peut avoir un « sens » , c’est une question de température , et d’un certain mur cher à Planck .

        Et donc ,’en « formulant « correctement la question ( c’est le plus difficile) , on se donne une chance de formuler à peu près correctement la réponse . Il suffit juste alors de bons outils et d’un minimum  » d’intelligence » pour « faire parler » la question .

      6. quand on estime que pour répondre à une question , il faut bien la formuler , on présume qu’un mode pensée qui semble avoir été opérationnel pour un exemple précis le sera pour tout autre.
        C’est logique mais c’est faire peu de cas de l’intuition, de la révélation , et du hasard .

        Vu l’infiniment petit de notre condition humaine , bien des mystères se méditent plus qu’ils ne se résolvent .
        Pour ma part, ça sera sur l’oreiller .
        Bonne nuit .

  9. « Tant que nous ne saurons pas ce qu’est cette chose, il n’y a aucune chance que nous comprenions comment cette chose fonctionne ». L’acte de comprendre est d’une certaine manière son propre référent. Certes, tout est dans « d’une certaine manière ». On peut au moins déjà observer que le « sens » est ce qui crée un lien entre au moins deux « objets » à priori distincts et que la « signification » est la somme de tous ces liens. Un objet vient à apparaître dans le réel à raison des liens qui me relient à lui. Si de manière empirique, il n’est pas possible de posséder ce qui vous possède, il n’est pas non plus possible de comprendre la signification d’un signe pris isolément puisque c’est la somme de ces liens qui vous possède et non certains choisis plus ou moins arbitrairement. Pour comprendre un objet, quelle que soit sa nature, il serait donc nécessaire de comprendre tous les liens qui le font exister, c’est-à-dire saisir la totalité qui est son arrière-plan.

    « Quel est le sens de ceci ? ». Il y a du y avoir un temps où la question signifiait « qu’est-ce que mon corps peut m’en dire ? ». Puis, le sens s’est déplacé. Désormais « qu’est-ce que c’est ? » signifie quelle est la nature de ceci ? « voire « quelle est la nature ultime de ceci ? ». D’une certaine manière, ces questions sont impossibles même si la langue est capable de les formuler. Lorsqu’il est un flux, le langage vient du corps (dont fait partie la pensée), puis il s’institutionnalise dans son rôle social, tend à se figer et à oublier superficiellement le corps pour s’abstraire dans une forme de pensée auto-référente. Pour agir sur l’environnement, l’organiser et en retirer des fruits, la pensée discursive, c’est-à-dire discriminante, ne cesse de décomposer les phénomènes en unités toujours plus petites. Plus la sécation du réel tel que le perçoit le corps intellectualisé se développe et enfle, plus le réel intellectualisé se peuple d’éléments de plus en plus fins, de plus en plus séparés, plus la question du sens devient prioritaire pour relier ces éléments. Celle-ci ne se pose pas pour un organisme pour lequel le réel est la totalité de ses perceptions immédiates. Le « sens » pour cet organisme (qui n’existe ici que pour l’observateur) est la totalité de ses perceptions. Plus l’arbre du savoir, plongeant ses racines dans la faculté discriminante, étoffe ses branches, plus le penseur ressent le besoin du sens et ce besoin croît à mesure que l’arbre se développe : plus l’on se rapproche du sens, plus il devient fuyant, insaisissable. La réponse à ce besoin devient indispensable pour que l’arbre conserve un semblant de cohérence car quel « sens » aurait une construction incohérente ?. Le penseur, constatant désespérément ce besoin, ne peut que suivre sa pente initiale : rechercher davantage de sens en discriminant toujours davantage, sans que sa soif ne soit jamais étanchée. Paradoxalement, c’est l’exercice même de la pensée logique et intellectualisée qui crée le besoin de sens, besoin qui ne peut pas être assouvi dans cette dimension-là. Dans l’appréhension intellectualisée du réel, plus celui-ci se développe et s’enrichit du fait du processus de création dont il est l’objet, plus ses limites deviennent floues et semblent tendre vers l’infini, plus l’observateur qui le scrute risque de voir son identité même d’observateur menacée de se dissoudre et se fondre avec l’objet de cette observation.

  10. Parler de la signification du concept de signification peut sembler s’apparenter à une cicularité. Il n’est de signification que de quelque chose, que ce quelque chose soit du monde empirique ou purement formel. Mais lorsque nous parlons du réel empirique, nous utilisons le langage et donc des universaux, des concepts dont, précisément, la signification ne saurait se réduire à une réalité empirique qui, pour être comprise et même simplement perçue sous tel ou tel aspect particulier, ne peut que leur être subsumée. Contrairement à ce que dit la thése néo-positiviste, même dans le cas des sciences du réel, la signification relève donc de l’aspect formel des systèmes empiriques.
    Si la signification relève de l’aspect formel, donc a fortiori du langage, sans pour autant évidemment s’y réduire en tant que tel, on peut déjà admettre, ainsi que l’écrit le mathématicien René Guitart, que « le sens serait un excès sur les procédures de codage, comme la vie est un escès sur le purement physico-chimique » (http://www.entretemps.asso.fr/maths/GuitartEmergenceCohomSens.pdf). Les significations peuvent être multiples (elles le sont dans le cas général), et surtout il peut exister des accroissements de signification, qui sont alors des « excès » sur les « procédures » qui ont déjà, préalablement, fait sens: en représentant d’une certaine façon des concepts ou des théories qui sont déjà des représentations, et qui sont donc porteurs de signification, on accroit précisément ces significations; et c’est le mode de représentation qui va déterminer la nature de cet accroissement de signification (on peut multiplier les exemples: un cas bien connu serait la représentation de Minkowski, représentation géométrique de la relativité restreinte, débouchant sur la notion d’espace-temps). Il n’y a pas en principe de limite à l’accroissement des significations (c’est du moins ce que j’ai tenté de démontrer dans Emergence et représentation, disponible au format pdf sur mon site perso: http://www.dblogos.net/er/index.php). Puisque le réel empirique lui-même ne peut être compris ou seulement perçu comme tel sans que l’on pose a priori des significations (cette thématique a été développée notamment par Karl Popper), il n’y a pas de sense data au sens de Russel, et s’il ne peut exister de significations ultimes dans la compréhension du réel, il ne saurait non plus exister de bornes (au moins en principe) dans les possibilités que nous avons d’améliorer notre compréhension du monde, précisément par les accroissements de signification qui dérivent des représentations que nous en avons.

  11. Un grand merci pour votre site, que je n’ai pas eu le temps de vous lire sur plus de 200 pages.

    Comme la vie est un excès sur le purement physico-chimique

    Bel exemple d’émergence. Pour autant afficher que les propriétés de l’eau ne se résument ni à celle de l’hydrogène, ni à celle de l’oxygène mais qu’il émerge de cette réunion des propriétés extraordinaires dont nous sommes bénéficiaires. Ignorer ces lois n’empêchent pas de travailler avec les connaissances acquises et de tenir compte de limites empiriquement observées – en espérant pouvoir les dépasser demain. Se cacher derrière une ignorance revendiquée est meurtrier au début et suicidaire par la suite; toutes les maladies émergentes n’en sont que des signatures mêmes si nous faisons au quotidien des progrès considérables en médecine.
    Je suis rassuré de l’évolution actualisée de la situation économique:. Certes le rêve du trader fonctionne encore (=détruire les faibles et les écolos autour de lui puisque ce n’est pas juridiquement interdit). Construire un aéroport inutile participe encore de ce rêve d’impunité. Mais c’est déjà un mouvement qui s’essouffle. On a le droit d’espérer que nous en voyions la fin le plus rapidement possible certes car des sociétés exsangues ne les tolérerons pas très longtemps.

  12. Le sens est un choix pratique/utile d’une hiérarchie (causalité) dans l’organisation des mots/phrases. Dans le plan, le sens s’écoule de gauche à droite, le contresens remonte le sens commun et les autres directions sont des vagabondages plaisants mais sans intérêt pour un esprit cultivé. J’ai dit une bêtise là…

  13. « Une conception tout à fait spontanée du sens des mots est que la signification d’un mot, c’est la chose à laquelle il renvoie. »

    … ça n’est pas la chose à laquelle il renvoie (sous-entendu un « objet » extérieur à nous), mais AUX choses qu’il éveille à l’INTERRIEUR de nous….

    Toutes les « choses » qui ont été mémorisées sont en connexion les unes avec les autres… ou pas!
    si j’entends « pour » ou mieux, si je lis « pour », automatiquement, toutes les autres choses qui y sont connectées « s’allument »… le son mémorisé de ma voix disant « pour », les sons de « à l’attention de… », de « cadeau », « pour tes beaux yeux », « dans l’objectif de… », etc.etc.

    On ne sait pas ce qu’est la « signification » d’un mot…? Si, moi je le sais si ça peut dépanner… c’est la totalité des choses mémorisées qui y sont attachées…
    Al nous l’a déjà très bien expliqué il y a six mois…

    Si vous rattachez au mot « président », dans le cerveau de quelqu’un, l’image d’un camembert… la signification de « président » ce sera « Camembert »… c’est le neurone « Camembert » qui s’allumera…

    Quand les publicitaires attachent à la marque d’une voiture, d’un rasoir, d’un caleçon, d’une banque en ligne, d’un yaourt…. une fille à moitié à poil en train d’onduler lascivement en ayant l’air d’avoir très envie de faire l’amour à la caméra…
    … c’est « la fille à moitié à poil en train d’onduler lascivement en ayant l’air d’avoir très envie de faire l’amour à la caméra »… qui s’allumera (passez-moi l’expression) dans votre cerveau quand vous verrez le pot de yaourt à Auchan…
    Je la veux, je l’achète… elle est dans le yaourt… le yaourt va me faire l’amour…

    Et on s’étonne après que les types soient obsédés par le yaourt!!!… ou par les activités nocturnes à effet polluant…
    … ça clignote comme un sapin de noël…

    Moi, ça fait plus de vingt ans que j’entends dans ma tête le nom de Magritte quand on me dit le mot « pipe »… ce qui a d’ailleurs considérablement compliqué ma vie sentimentale

    Et quand j’entends le mot « pomme », j’entends en boucle… « HAAA doo doo doo doo doo doo doo »
    Qui signifiait en fait A 2 2 2 2 2 2 2 2… c’est à dire Antenne 2

    Le significat, c’est le « bouquet » de choses reliées au mot entendu… Combien de fois faudra vous le dire???…
    Ceci n’est pas Paul Jorion

    1. Cher Monsieur Ju, Réponse à JU

      Ce que vous dites là est super -amusant et un brin poétique.
      On est loin par ailleurs, de la logique sémantique pure.
      Vos propos détendent du côté sérieux des systèmes intelligents.
      C’est très agréable. Celà fait partie de la vie comme le reste.
      Cordialement, Charles-Henri Batjoens

    1. Le robot peut aider à la réponse(ou plusieurs) , mais c’est l’intelligence humaine qui lui donne sa  » signification » en liaison avec la question .

      On peut  » apprendre » à un robot à poser des questions .

      1. Non, pas vraiment .
        On ne peut apprendre à un robot qu’à poser des questions dont il a déjà la solution .
        Les questions dont les réponses restent à inventer , le fait même d’inventer des questions sont l’apanage de l’humain.

      2. Même pas sûr .

        J’ai tendance à croire que les questions comme les réponses ne sont pas  » inventées » ( créées de rien), que ce soit par un homme ou un robot .

  14. L’approche « réduite » à l’homme , d’Albert Camus ::

     » Je ne sais pas si ce monde a un sens qui le dépasse .. Mais je sais que je ne connais pas ce sens , et qu’il m’est impossible pour le moment de le connaître . . Que  » signifie » pour moi une « signification » hors de ma condition ? ( Le mythe de Sisyphe ) .

  15. Là, je débarque encore en terrain pour moi à peu près inexploré, mais très intéressant.
    Ce qui crée la notion de « signifiant », me semble-t-il, c’est avant tout de pouvoir être un support d’échange entre individus (ou systèmes indépendants). C’est en l’échangeant que sa capacité de signifiant s’éprouve. C’est alors que les partenaires découvrent que ce sont des carrefours communs de leurs réseaux mnésiques spécifiques, sur lesquels ils peuvent s’accorder pour synchroniser en quelque sorte leurs constructions conceptuelles.
    Cela conduit à rechercher aussi une composante à ce concept de signifiant du côté d’une sorte de fonds commun à l’espèce, une sorte de « sub-langage ». Il faudrait alors dépasser le stade de l’individu, étendre la réflexion à « l’espèce » à laquelle appartient le « système intelligent », à l’intérieur de laquelle il s’instaure des échanges.
    Ce sub-langage pourrait alors équivaloir à une sub-culture inconsciente partagée par l’espèce et correspondre à une inoculation de réflexes mnésiques, préalable à toute réflexion.

    1. Je ne crois pas qu’il s’agisse de « réflexes » .

      Quand je suppute que la loi de formation et complexification de la matière donne son « format » à celle des langages , je note aussi cette chose extraordibnaire , voire extravagante , c’est que cette  » loi » initiale permet toutes les libertés, toutes les constructions et laisse place au hasard , à l’imprévu ( à la Lune !) .

      La liberté est en quelque sorte  » inscrite » dans la Loi .

      La liberté d’indexer à la réalité une « signification » , entre autre .

  16. Je suppose que cela : « Que peu de mots aient un significat, et que ceux qui peuvent en avoir un, l’ont rarement, (…) » n’est pas contradictoire avec ceci : « quelqu’un (le sujet parlant) dit quelque chose (un énoncé) à quelqu’un (l’interlocuteur) à propos de quelque chose (une chose dont on parle : la réalité, un dehors, une extériorité) avec les mots de la langue (le français) « 

  17. « Le chat est derrière l’arbre qui se trouve devant la voiture« .

    La compréhension de la signification de cette séquence de mots formant une phrase est à la portée d’un enfant de 3 ans. Si je lui demande « Vas prendre le chat et amènes-le moi« , il s’exécutera sans difficulté.

    Je me demande s’il en est de même pour un SI (un robot hyper-performant), tant au niveau de la compréhension que de l’action ? (N.B. : 1) de la position où le robot se trouve (idem pour l’enfant), le chat reste invisible, caché qu’il est derrière l’arbre ; 2) il ne s’agit pas de programmer dans le SI un ordre du genre :  » marches vers l’arbre qui se trouve devant la voiture, contournes-le, prends le chat et amènes-le moi« , il s’agit de le laisser « se débrouiller » tout seul en fonction des deux phrases  » : Le chat est derrière l’arbre qui se trouve devant la voiture » et « Vas prendre le chat et amènes-le moi« 

  18. « Signification », dit le dictionnaire, « Ce que signifie (une chose, un fait), Signifier : Avoir un sens » (Robert 1969 : 1650).

    Le Dictionnaire historique de la langue française de Alain Rey est plus complet.

    Signification : « Dans l’usage courant, signification équivaut à sens, mais les spécialistes lui accordent après Saussure la valeur de « rapport réciproque qui unit le signifiant et le signifié » (…) ».

    Signifiant : « Repris en même temps que signifié (1910, F. de Saussure) le nom désigne l’aspect matériel du signe linguistique, suite de phonèmes (« image acoustique ») ou de lettres, auquel correspond un ou plusieurs signifiés« .

    Signifié : « Le mot a été repris en linguistique comme adjectif et nom masculin (1910, F. de Saussure) pour désigner un aspect du signe correspondant aux effets de sa signifiance, effets considérés à part dans sens et signification mais, ici, indissolublement liés au signifiant« .

    Signifiance : « Le mot (…) a été repris assez récemment dans le vocabulaire de la sémiologie et de la sémiotique, désignant (probablement d’après l’anglais signifiance) le fait d’avoir un sens, opposé à non signifiance« 

    1. C’est mon dico préféré , et j’en use et parfois abuse .

      Les quatre citations , qui « tournent un peu en boucle » comme dans le plus mauvais des dictionnaires, montrent bien que la signifitude- signifiure – significité n’est pas facile à transcrire !!

    2. Vous n’allez pas nous lire votre dictionnaire tout de même…

      Ah, trop tard…

      Puisqu’on vous dit que…

      « Le dictionnaire ne nous est (…) pas d’un grand secours et (qu’)il faut aborder la question d’une manière moins directe… »

      « moins directe »… ça veut dire: faire marcher ses neurones… même si on ne sait pas comment ils marchent…

      Sinon, vous avez une très bonne explication… c’est JUste un peu plus haut… on ne peut pas se tromper, l’explication y est très imagée…
      La signification exacte d’un mot, c’est la totalité du faisceau que forment les autres mots, images, odeurs, contextes qui y sont rattachés…
      Ce qui implique qu’il n’y a jamais de signification universelle, valable en toute circonstance, et que tout est toujours connoté…

      Bien sûr, comme il n’y a pas moyen de dégager avec certitude un « sens premier » qui satisferait tout le monde (car les faisceaux sont personnels à chacun), on se retrouve avec l’équation suivante…
      signification = connotation
      On apprend ça quand on peint… (et en photo c’est pareil)… rien ne peut représenter totalement un objet… l’objet c’est l’objet… et encore… à un moment précis… Là, il est lui… Hop! et là, il a changé… mais il est encore lui bien sûr… lui est vaste et mouvant

      Alors imaginez un mot… On ne peut que tourner autour… l’utiliser pour ceci, pour cela… le prendre, le retourner, le malaxer… et puis Pchit!!! On en a assez et on en prend un autre…
      Paradoxalement, une phrase est beaucoup plus précise qu’un mot… Le mot est ouvert à tous les vents…
      Connaitre un mot, ça n’est pas savoir « ce qu’il veut dire »… c’est apprendre à s’en servir… tous les enfants savent ça voyons…
      – « Arrête de m’les briser », dit l’enfant à sa grand-mère qui n’arrête pas de lui pétrir la tête
      – « Ben, tu veux bien te taire… », intervient sa maman
      – « Pourquoi? ça veut dire quoi « briser »? », qu’il demande à sa mère
      – « Briser, ça veut dire casser, mais c’est pas le problème »
      – « C’est quoi le problème? », dit-il innocemment (là, il ment… il sait très bien ce qu’il à fait et pourquoi il l’a fait)
      – « Bon, tu arrêtes maintenant… On ne parle pas à grand-mère comme ça, c’est tout »
      – « Qu’est-ce qui se passe encore…? », dit la Mamie qui n’a rien entendu… « Ah, c’est dur les enfants »
      – « Rien Mamie… Demande pardon à Mamie »
      – « Pardon Mamie »
      – « Ah, c’est dur les enfants »

      Les mots, c’est comme les gestes… on apprendre juste à les lancer… et puis on r’garde comment ça r’tombe… et on r’commence… ça se mélange à des images, à des odeurs… on les travaille, on les peaufine, on les choisit pour leur impacte, pour leur musique…
      Croire qu’il existe UN sens aux choses… c’est nier le côté organique de la pensée et d’la parole…
      Et c’est ne pas comprendre pourquoi personne ne se comprend jamais…

  19. Pas trop d’accord. Aussi confuse que soit l’idée de signification, c’est quelque chose qui existe bel et bien, mais qui reste « insaisissable ». On ne peut pas vraiment connaître la signification d’un mot, au mieux parvient-on à la « décrire » par une périphrase, mais elle apparaît à chaque lecture. Il faut la considérer comme étant l’information. On dit de celle-ci qu’elle est « stockée » dans le texte, mais c’est faux : le texte ne contient que les formes des mots. D’ailleurs, le fait de voir un texte ne fournit aucune information : il faut le lire, donc savoir comment il est codé. C’est parce que l’information/signification n’apparaît que pendant la lecture que son existence semble douteuse.

    1. La suite sera en librairie aujourd’hui, le 23 novembre, il a dit M’sieur Jorion…
      Jorion bien aimé l’avoir sur le blog mais à quoi qu’ça servirait de l’éditer dans c’cas…?

      Sinon, il vous reste la bibliothèque… ou alors vous l’écrivez vous-même…
      Vous connaissez sa manière d’écrire à P.Jorion… ça ne devrait pas être trop compliqué de plagier le style (mi-encyclopédique, mi-Polar, et s’il vous reste une moitié vous y mettez la rigueur scientifique)… ça s’appelle du P-graphe (la graphie de Paul)

      …pour le fond, ben, là… y a qu’à lire tout ceux qui ont écrit sur le(s) sujet(s) depuis les Grecs jusqu’aux années 80 en passant par les chinois et les primitifs… (vous n’oubliez pas les scolastiques surtout… très important les scolastiques)… d’en faire un résumé et d’y ajouter ce qui manque… ce qui manque c’est la psychanalyse et le travail sur l’affect… une partie de rigolade… Après, on algorithme le tout (plus en rythme l’algorithme… voilà) … et ANELLA naquit…
      Mais ne vous tracassez pas… soyez heuristique et tout ira bien…

      1. @ Ju
        « La suite sera en librairie aujourd’hui, le 23 novembre, il a dit M’sieur Jorion… »

        J’avais pas vu…

        Sur le fond, je trouve fondamental le problème traité par PJ dans « Principes… ». Pas vous?

      2. Si BasicRabbit,

        Je ne comprends hélas pas tout car je n’ai pas le bagage scientifique adapté, mais… j’adore
        … ça me fascine…

        Et puis pour tout vous dire, je suis persuadé que sans une intelligence « supérieure »… on va avoir du mal à se sortir du guêpier dans lequel on barbotte…
        Trop et à la fois trop peu intelligent, l’être humain commence à tourner en rond, et ça, c’est pas bon signe…

        Mais l’intelligence artificiel est un casse-tête et ne semble pas recevoir à mon goût, toute l’attention qu’elle mériterait… ça va être long…

        J’espère qu’un jour, Paul Jorion reviendra sur ses travaux à plein temps… il a pris une route très intéressante, à fait avancer le problème de façon considérable et il serait dommage de ne pas poursuivre dans cette voie…

  20. « Quand je ne sais pas ce qu’est une chose, comment saurais-je quelles en sont les qualités? » (Platon 1 [1950] : 514).
    Phrase idéal, pour dire que la chose n’est pas quelconque, quoiqu’il en soit de la chose!
    L’unité possible n’est qu’une possibilité, en tant qu’actualité de la nature, en tant qu’individualité et attributs de chacune d’entre elle, elle reste quelconque (et si) chaque objet naturel individuel est susceptible de division et par cette division perd son unité ou cesse d’être une unité. Dans le monde de la forme, le symbolisme géométrique : les idéogrammes, les chiffres, qui a son expression dans les Pyramides, trouve en même temps , entre elles le triangle et le carré, quatre points de base et le cinquième : le sommet. Mais la Chose reste bien un mystère (°!°) . Beaucoup de choses restent des degrés d’applications de parties de connaissance et de savoir.
    … »Une matière première, toute entière,
    Douée de formes diverses, de degrés différents
    De substance. »
    « Le Paradis Perdu »,
    Milton.

  21. « nous ne disposons pas d’une théorie de la signification, et une représentation de son mécanisme nous fait entièrement défaut. »

    Thom en a esquissé une dans « Topologie et signification », Modèles mathématiques pour la morphogénèse, chap X.

    1. « Thom en a esquissé une dans « Topologie et signification », Modèles mathématiques pour la morphogénèse, chap X. »

      « Quel contrôle opposer à cette tendance toute puissance de l’esprit [du type de celle qui nous a amenés à une interprétation figurée des constellations qui a conduit à l’astrologie et ses errements]? Il n’y a guère à nos yeux qu’une seule possibilité: créer une théorie de la signification dont la nature soit telle que l’acte même de connaître soit une conséquence de la théorie. […] Et ce modèle, de nature géométrique et dynamique, nous le trouverons dans l’idée mécanique de résonance. »

  22. Dans Topologie et signification Thom écrit: « …dès qu’un mot est utilisé fréquemment avec une signification différente de sa signification initiale, il en résulte une tension sur certaines parois de la figure de régulation du concept, tension qui pourrait fort bien la briser; le concept alors se défend en suscitant la naissance d’un mot nouveau qui canalise cette nouvelle signification. La formation de néologismes est ainsi une illustration -difficilement réfutable- du principe lamarckien: la fonction crée l’organe. »

    J’ ai hâte de voir comment PJ traite la réorganisation du treillis (et de son P-dual) lors de l’apparition d’un néologisme.

    NB: Thom est lamarckien. Voir le film « René(e)s » de JL Godard (39′ 30″ – 40′), consacré à Thom « dans son antre » dispo sur le net (mots clés Jean Luc Godard René(e)s, rubrique vidéos sous Google). Les questions de Godard ne me semblent pas terribles (effet recherché?)!
    Plus sérieusement voir SSM (il y a Lamarck dans l’index) et ES pp. 127 et 128.

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