UNE CRISE PEUT EN CACHER UNE AUTRE, par Michel Leis

Billet invité

Les chiffres communiqués dans l’excellent billet de FOD illustrent bien la contradiction entre le discours porté par les instances patronales et la réalité des chiffres. Mais comme toujours, au-delà des statistiques, il y a plusieurs réalités superposées et le renvoi à l’article d’Arnaud Parienty ne peut tenir lieu de seule explication, d’où les quelques réflexions qui suivent.

Réduit à la seule dimension de la compétitivité, le débat actuel est un malentendu de plus entre le monde économique et le monde politique sur les objectifs de ces « indispensables » réformes. Le monde économique pense avant tout au retour d’une rentabilité mise à mal, alors que les attentes de profits ne se sont pas ajustées à la baisse[i] lors de la dernière crise. Pour le monde politique, les objectifs affichés ne reflètent que très partiellement les attentes réelles. Le discours sur l’emploi et la croissance retrouvée grâce à la compétitivité ne peut que laisser sceptique, surtout quand l’on cite en exemple la « vertueuse » Allemagne[ii]. Cela fait bien longtemps que la croissance peine à créer des emplois. Imaginer le retour au niveau de chômage qui prévalait il y a quarante ans semble hors de portée des pays développés. L’accumulation de cadeaux fiscaux qui ont pris le relais des baisses substantielles de l’impôt sur les sociétés[iii] ne permet pas non plus d’envisager un comblement des déficits par le retour de la croissance. La vraie préoccupation du monde politique, ce sont les déficits commerciaux et les besoins de financement extérieur qui lui sont associés dans le contexte d’une dette publique et privée de plus en plus difficile à financer.

Dans ce jeu de dupe, la position des uns et des autres est loin d’être équilibrée. Le ratio entre les dividendes distribués et les rentrées fiscales présenté dans le billet de FOD illustre parfaitement le rapport de force entre le monde politique et le monde économique que j’évoquais dans un précédent billet. Toutefois, restreindre les tensions à l’œuvre à cette seule dimension est bien insuffisant. Dans l’économie réelle, les rapports de force ont toujours caractérisé les relations entre les acteurs. Ce qui est nouveau, ce sont les changements opérés à la fin des 30 Glorieuses qui ont accentué les tensions, jusqu’à les rendre potentiellement destructrices pour les économies nationales. En ce sens, analyser les acteurs de l’économie de marché comme une seule entité donne une image faussée d’une réalité plus complexe.

Je voudrais rappeler[iv] encore une fois la nature de ces changements. À partir du milieu des années 60, pour dépasser l’épuisement de la consommation de masse, le monde économique a développé une stratégie reposant sur la création de valeur en essayant d’apporter une plus-value d’image aux objets. Recherche et développement, incorporation des nouvelles technologies, cycle de vie volontairement raccourci, la commercialisation sous une forme élargie a pris une part croissante dans la chaîne de valeur.

Les gains de productivité réalisés dans l’industrie ont servi de socle à la flexibilisation des lignes de production. L’objectif était de fabriquer des séries plus courtes (à spécification identique) de produits vendus plus chers, sans dégrader le prix de revient unitaire. Progressivement, nous avons quitté la logique Fordiste mais les grandes unités de production ne disparaissent pas totalement du paysage. L’automation croissante des processus de production a longtemps occupé le devant de la scène, occultant une nouvelle approche de la division du travail. D’un côté, une partie des tâches simples qui résistent parfois à l’automation sont confiées à des sous-traitants dont la principale qualité est de produire une pièce banale à bon marché. De l’autre côté, l’ultra-spécialisation sur un créneau technique permet à certains sous-traitants de justifier des prix élevés (les fabricants de processeurs par exemple). Les modules et composants sont livrés juste à temps, prêts à être assemblés dans le produit fini. L’organisation de la ligne de production et de la logistique est très complexe, car deux produits qui se suivent sur la ligne ne sont pas forcément identiques, ce qui implique des temps de montage parfois légèrement différents. Le takt[v] time qui régit l’organisation de la production doit prendre en compte cette spécificité. Le facteur clé de succès est celui de la planification de la production et de la chaîne logistique qui lui est associée.

Dans ces conditions, il est difficile d’appréhender la part réelle du coût du travail dans le produit. Les fonctions de recherche et commerciale sont par essence partagées, établir une clé de répartition par produit est un exercice périlleux. La main-d’œuvre qui procède à l’assemblage final ne reflète que partiellement la quantité de travail nécessaire à la production. Une part croissante de celui-ci est réalisée par la sous-traitance. L’achat se substitue au coût de la main-d’œuvre. Pour préciser cette idée, dans les grandes usines automobiles, la part de la main d’œuvre dans le coût de production est de l’ordre de 10%, mais ce chiffre est loin de refléter la masse de travail réellement incorporée dans le produit fini. L’une des fonctions dominantes de l’industrie aujourd’hui, c’est l’achat. La fixation des prix y relève avant tout d’un rapport de force, expression ultime du statut évoqué par Paul Jorion[vi] dans son essai sur le prix.

Dans son rapport sur la compétitivité, c’est quand il évoque une nécessaire solidarité de filière que Mr. Gallois est le plus pertinent. L’existence ou non de cette solidarité conditionne en partie la fixation des prix entre les acteurs. Cette solidarité ne s’exprime pas de la même manière suivant le positionnement du produit. Dans les segments du haut de gamme, les attentes de qualité sont élevées, ce qui donne un statut différent au sous-traitant et l’élasticité de la demande par rapport au prix est faible, ce qui permettait (j’y reviendrai) d’atténuer les tensions. À l’opposé, quand l’acteur dominant dans la chaîne de valeur se situe du côté de la distribution et que le produit est plus banalisé, l’achat a toujours eu une part prépondérante et les tensions y sont plus accentuées. La spécialisation relative des grands industriels français dans le « mainstream » du marché et le poids important de la grande distribution dans l’économie française explique en partie la polarisation de l’industrie française entre quelques entreprises extrêmement rentables et un tissu de petites entreprises qui sont dans le domaine de la survie. Il semble pourtant que les réflexes de solidarité patronale prennent le dessus sur une analyse objective des faiblesses de leur statut dans la chaîne de valeur. Au-delà de cette spécificité qui n’est pas uniquement franco-française, cette évolution de l’économie réelle porte en son sein un certain nombre de contradictions mises à nu par la crise. Ce sont ces contradictions qui expliquent la débandade soudaine de quelques grands groupes industriels.

Tout d’abord, l’organisation actuelle de la production est extrêmement sensible au retournement de conjoncture. Le processus de fabrication reste pour l’essentiel un cycle long, entre les fournitures de matière première, la commande et l’achat aux sous-traitants. Pour rester dans des délais de livraison raisonnables, les industriels sont obligés d’anticiper la demande et de planifier leurs productions futures, le tout en évitant le plus possible la constitution de stock puisque la logique d’ensemble est fondée sur un renouvellement constant des gammes. Le différentiel entre les prévisions de production et la demande crée lors du retournement de conjoncture un stock dont l’obsolescence est rapide, sans compter des capacités de stockage souvent limitées. L’effet d’inertie joue à plein et une variation somme toute assez faible de la demande entraîne un arrêt de la production quand on arrive au bout du cycle des approvisionnements. Cela donne lieu à ces opérations de déstockage commerciales qui pourraient faire croire à un ajustement de la demande par les prix, alors que l’objectif principal est d’abord l’élimination du stock déjà produit.

On peut ajouter à ce premier aspect purement conjoncturel la complexité du processus de production. Il est extrêmement difficile de ralentir les cadences d’une ligne de montage. Outre les implications sur la chaîne logistique, les variations du takt time se répercutent ipso facto sur la productivité et compromettent la rentabilité d’une série. Si l’utilisation des capacités détermine l’accès à la norme de profit, au-delà d’une certaine variation de l’output, il devient nécessaire de réorganiser les lignes ou d’ajuster les capacités de production à la baisse, autrement dit de créer du chômage.

La résistance relative de l’Allemagne et le positionnement spécifique de nombre de ses entreprises dans les segments premium renvoient à cette autre tarte à la crème du débat : la nécessaire montée en gamme et l’innovation technologique constante. Répétons-le, la spécialisation dans le haut de gamme ne se décrète pas. C’est une stratégie de longue haleine alors que le potentiel de clients est par nature limité. De plus l’innovation continue induit une obsolescence encore plus rapide et renforce cette logique de série courte dont je viens de décrire les effets pervers. Mais cette question en renvoie une autre, celle de l’adéquation entre l’offre et la demande.

La capacité de l’industrie à créer son propre marché a été l’une des données essentielles des périodes de prospérité économique. Dans l’entre-deux guerres apparaît le « welfare » capitalisme. L’industrie crée sa propre demande en payant mieux ses ouvriers. Lors des 30 Glorieuses, la rareté relative de la main-d’œuvre conjuguée à des syndicats puissants a contribué à la hausse continue du pouvoir d’achat. La nouvelle norme de production a aussi nourri sa propre demande. La complexité accrue des processus de production, la part croissante du marketing et de la R&D, crée d’énormes besoins en personnes qualifiées. Dans leur besoin de reconnaissance, celles-ci ont consommé massivement ces produits censés leur apporter une plus-value d’image. C’est cette capacité à créer un marché qui est mis à mal en Occident, alors que la Chine est en train de connaître le phénomène inverse, devenant le nouveau mirage des industriels.

Le premier aspect de l’épuisement de la demande est la désolvabilisation rampante des individus déjà évoquée dans un de mes précédents billets. Elle aboutit à cette révision continue de la norme de consommation, elle-même facteur de variation plus importante de la demande dans certains secteurs, avec tous les effets pervers que j’évoquais au début de ce billet.

Ensuite, l’élévation de la norme de profit[vii] détourne une partie des gains de productivité vers la distribution de dividendes. Elle oblige les entreprises à recourir au crédit pour financer les investissements nécessaires au maintien de la norme de consommation. Elle donne un caractère extrêmement violent aux rapports de force qui prévalent au sein d’une filière, en particulier quand la pression sur les prix et les profits se fait trop forte. La banalisation des savoir-faire techniques et le meilleur contrôle à distance des processus de production complexe grâce à l’informatisation permettent d’exporter une part croissante de la sous-traitance. Pour le dire abruptement, l’occident a perdu son monopole des savoir-faire techniques, pour le plus grand bénéfice des pays émergents. À la délocalisation des fabrications les plus simples s’ajoute aujourd’hui la sous-traitance des pièces et des modules les plus complexes. La « vertueuse » Allemagne, si elle est rentrée tardivement dans cette logique n’est pas la dernière à y participer. Les pays de l’Est sont devenus son arrière-cour industrielle où se produisent les modules les plus complexes. Je rappelle que l’emploi dans l’industrie manufacturière allemande a baissé de 500 000 personnes entre 2002 et 2009 alors que sa balance commerciale est chroniquement déficitaire vis-à-vis de la plupart des pays de l’ancien bloc de l’Est. Tout cela n’empêche pas une maîtrise de la qualité bien en ligne avec le positionnement de l’industrie allemande. La solidarité de filière chère au rapport Gallois ne se joue pas forcément au sein des États Nations.

La disparition du travail en Occident qu’évoquait Paul Jorion dans l’un de ces interviews continue à être une tendance de fond. Au bout de cette logique se profile un modèle où seuls le commerce et le marketing restent localisés en Occident tandis que la production disparaît du paysage industriel, sans que les profits générés ne bénéficient aux États.

Si l’une des définitions classiques de la compétitivité est la capacité d’une entreprise à vendre de manière durable un produit sur un marché concurrencé, la baisse de compétitivité peut signifier tout autant une dégradation de la position concurrentielle que l’épuisement des marchés auxquelles s’adressent les entreprises. C’est bien ce dont il est question aujourd’hui. On voudrait nous faire croire que la baisse du coût du travail est une alternative aux ajustements de capacités. Au contraire, elle ne peut que contribuer à cette baisse de la demande globale avec ces effets induits, entre autres de nouvelles réorganisations dans l’outil de travail et d’autres ajustements de capacités. Les entreprises dominantes vont vouloir restaurer leurs marges et vont accentuer les tensions dans la chaîne de valeur sous prétexte d’un coût du travail en baisse. Il n’est pas sûr que ces tensions accrues ne donnent pas lieu à une nouvelle vague de délocalisation.

Si d’un coup de baguette magique, on effaçait les dettes souveraines et l’on recapitalisait les banques, aucune des tendances évoquées dans cette longue digression ne disparaîtrait. L’économie réelle est malade, bien au-delà des dommages collatéraux de la crise actuelle. La norme de profit continue à exercer une pression potentiellement destructrice sur les entreprises. La distribution de dividendes rend nécessaire le recours au crédit pour financer les investissements nécessaires requis pour maintenir l’outil de production en phase avec la norme de consommation. Pour les individus, dans un contexte de partage de la valeur ajoutée qui leur est foncièrement défavorable, le recours au crédit reste la seule solution pour maintenir leur consommation d’image. Le chômage continue à s’accroître, accentuant les menaces sur les principaux budgets sociaux. Les déficits commerciaux se creusent dans la plupart des pays européens. Face aux besoins de financement récurrents nés de la conjonction de ces facteurs, il ne faudrait pas 10 ans pour que se recrée une nouvelle bulle financière. Une crise peut en cacher une autre.



[i] Comme le montre le graphique 6 du billet de FOD, la distribution de dividendes a repris de plus belle après la diminution qui a suivi la crise

[ii] Voir l’un de mes précédents billets sur l’illusion allemande

[iii] Dans le billet de FOD, le focus sur la période 1993 – 2011 du graphique 4 ne reflète pas l’ampleur des baisses d’impôts qui sont intervenues à partir des années 80.

[iv] Les lecteurs de mes différents billets et de mon livre savent que c’est l’un de mes sujets de prédilection

[v] Le temps passé par le produit en cours de fabrication sur chaque poste de travail

[vi] Cf l’essai de Paul Jorion, « Le prix » aux éditions du Croquant

[vii] En tant qu’attente des investisseurs sur le retour sur investissements. La norme de profit s’élève, en particulier avec la diminution de la pression fiscale sur les entreprises. Je renvoie le lecteur à un autre de mes billets, ascenseur pour l’échafaud

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91 réflexions sur « UNE CRISE PEUT EN CACHER UNE AUTRE, par Michel Leis »

  1. Une chose me semble aussi nécessaire à relever , la question de la mentalité spécifique des managers Français:
    D’une part, là où hier on parlait de se rémunérer sur la plus value attendue d’un investissement et de se couvrir du risque pris , aujourd’hui on entend partout, comme à la radio BFM Busisness, la prétention très dangereuse à afficher ouvertement que l’on cherche à faire rémunérer le risque pris (et non plus simplement le couvrir) en même temps que l’on prétend aussi se rémunérer sur la plus value obtenue; C’est là une dérive d’usurier qui tend à tuer la poule aux oeufs d’or par pure insatiable avidité.
    D’autre part, une autre étude citée à BFM sur l’évasion des brevets montre qu’en France, on vend les meilleurs pour ne garder que les moins bons en production sur place; ce qui est l’exacte posture opposée avec l’Allemagne qui fait l’inverse. Il y a donc une trahison du travail effectué, pour privilégier le profit à court terme. (le journaliste de BFM parle de court-termisme du patronat français). Et il y a donc une pression à produire plus de brevets sans que les fruits de ce travail n’en soient jamais retirés. Les élites françaises ont perdu leur sens du patriotisme industriel, ce qui n’est pas le cas des patrons allemands (pour s’en convaincre, il suffit de les voir négocier) et c’est ce qui explique que les rapports sociaux en France se tendent sur des positions irréconciliables . Les forces produisant le travail sachant pertinemment que les forces managériales chargées de l’encadrer vont jouer contre elles dans une politique d’hémorragie soigneusement entretenue.
    il y a donc une prétention abusive spécifique des managers français qui n’existe pas chez les Allemands plus nationalistes, à vouloir tirer ds richesse du propre pillage des institutions qui les nourrissent. C’est une preuve de décadence, c’est la preuve d’une trop grande proportion de “fils décadents de leurs trop riches familles” parmi eux; c’est la preuve que les droits de succession sont trop légers, car eux seuls, à l’occasion des successions, permettaient à l’état de faire pression et d’imposer à la tête des groupes des managers vertueux qui pérennisaient l’activité plutôt que la dilapider.

    1. @ dalla vecchia luigi 2 décembre 2012 à 03:06

      Les élites françaises ont perdu leur sens du patriotisme industriel, ce qui n’est pas le cas des patrons allemands (pour s’en convaincre, il suffit de les voir négocier) et c’est ce qui explique que les rapports sociaux en France se tendent sur des positions irréconciliables . Les forces produisant le travail sachant pertinemment que les forces managériales chargées de l’encadrer vont jouer contre elles dans une politique d’hémorragie soigneusement entretenue.

      Ne pensez-vous pas que ce sont les élites politiques, portées au non au pouvoir en France qui, en stigmatisant le capital, les capitalistes et donc les industriels, ont fini par les décourager, et les persuader qu’il n’y avait plus de place pour les entrepreneurs en France, ni pour y investir, ni même pour y résider une fois âgés, lorsqu’ils ont passé la main.

      Un premier signal négatif leur a été donné en 81-82 avec l’abaissement de l’âge de la retraite. Comme si le pays regorgeait de richesses au point de pouvoir plus que d’autres, vivre bien en travaillant moins. Puis à la fin des années 90 un autre signal négatif leur a été donné avec les lois Aubry, amenant à travailler encore moins pour aussi cher, avec les 35 heures payées 39, ce qui ne pouvait pas accroître la compétitivité, au contraire.

      Un troisième signal vient de leur être donné avec le chantage à la nationalisation, qui prépare l’arrivée au pouvoir de gens qui n’aspirent qu’à s’en prendre au capital, sans prendre conscience que c’est grâce à du capital que l’on peut investir pour s’adapter à l’inévitable évolution du monde.

      Le pays n’est plus du tout dans la situation où il se trouvait en 1945 où les nationalisations étaient possibles parce que :
      – l’avance industrielle du pays n’avait pas été anéantie après 5 ans de guerre, alors qu’elle l’est après 30 ans de déconsidération de ce secteur d’activité qui permettait d’équilibrer la balance commerciale.
      – la France disposait encore en 1945 d’un empire colonial amenant des débouchés et des ressources
      – le pays disposait encore à cette époque, dans son sous sol, des ressources minières et énergétiques qui sont épuisées maintenant et doivent être remplacées par des importations.
      -l’enseignement français était encore au top, on y enseignait encore la culture de l’effort, du travail, du mérite et de la morale.

      Dans ces conditions, les détenteurs de capitaux ont perdu espoir. Le pays faisant preuve de trop d’incompétence en matière économique. L’Etat est resté inconscient au fait que, lorsqu’on a perdu des ressources donc du capital (Le capitalisme à l’agonie, Paul Jorion page 30) il n’y a qu’une solution pour maintenir son niveau de vie, c’est de travailler plus pour moins cher et non l’inverse.

      De plus, il ne faut surtout pas s’endetter sans investir. C’est pourtant ce que l’Etat a fait depuis 40 ans. La faillite industrielle de la France, c’est celle de l’administration et des politiques, bien plus que celle des industriels.

      1. @ roma 2 décembre 2012 à 20:33
        Merci pour le lien. Merci aussi pour avoir montré du même coup, l’intérêt d’échanger librement sur un sujet. L’échange est d’autant plus productif que les participants sont d’origines diversifiées et peuvent développer sans gène, et de manière constructive, des points de vue, même les plus loufoques et inattendus, y compris opposés à la majorité des avis. Une majorité n’élabore pas nécessairement que de bonnes solutions aux problèmes qu’elle se pose.
        http://fr.wikipedia.org/wiki/Brainstorming

        Ce travail en coproduction est à la fois très créatif et de plus, il contribue à fiabiliser le choix de solutions aux problèmes posés. Cela évite aussi, parfois, le développement de courants trop radicaux pour être suffisamment réalistes et rassembleurs.
        Merci aussi de m’avoir permis de recoller à la file où j’évoquais la vie des abeilles. Je l’avais oubliée et vais y donner suite.
        http://www.pauljorion.com/blog/?p=44270#comment-385685

        Cela montre que nous avons tous besoin les uns des autres. Y compris des riches capitalistes qui se préoccupent bien plus du futur que les pauvres. Ces derniers sont à mon avis, bien trop exclusivement préoccupés par leur consommation présente. Les générations passées, y compris chez les pauvres, moins égoïstes que celles d’aujourd’hui, pensaient à épargner leur ressources afin d’en laisser aux suivantes pour qu’elles puissent vivre et perpétuer leur lignée.

        De ce fait, les pauvres d’aujourd’hui ne voient pas suffisamment que le présent n’est que le résultat du passé, lequel, par une épargne sur la consommation, a permis de capitaliser les réserves nécessaires aux investissements du passé. Ces investissement d’hier font notre présent d’aujourd’hui. Or sans capital, sans esprit capitaliste jusque chez les pauvres, une société n’investit plus, ou pas assez, pour assurer son avenir. Elle s’éteint inexorablement, faute d’avoir renouvelé ses ressources, laissant ainsi sa place aux plus clairvoyantes. Sur 7 milliards d’individus, il y en a qui n’attendent que cela.

        Ne pas le voir, c’est ce qu’on appelle, ne pas voir plus loin que le bout de son nez.

        @ A.D. 2 décembre 2012 à 19:51
        Cherchez à comprendre ceux qui ne pensent pas comme vous. Cela peut vous faire découvrir des aspects que vous n’aviez pas imaginés bien qu’ils fassent partie des questions à prendre en compte, lorsqu’on cherche à apporter une solution à un problème.

      2. ” Y compris des riches capitalistes qui se préoccupent bien plus du futur que les pauvres. Ces derniers sont à mon avis, bien trop exclusivement préoccupés par leur consommation présente


        Je le répète : vous n’avez rien compris.

      3. @ A.D. 3 décembre 2012 à 11:50

        Je le répète : vous n’avez rien compris.

        Puisque vous en êtes si convaincu, démontrez-le. Expliquez en quoi je suis dans l’erreur. Exposez ce que vous, vous avez compris, en en faisant une présentation logique et argumentée. Sinon, hormis une volonté d’opposition stérile, tout porterait à croire que vous n’avez rien à apporter de constructif à la réflexion et aux échanges d’idées qui font l’objet de ce blog.

  2. Article très intéressant et à méditer pour résoudre la crise cachée : mais que fait on avec la première crise, largement fondée sur ce problème de dividendes que vous évoquez ?

    L’Islande a pu résoudre le problème démocratiquement : pourquoi pas les pays de l’Union Européenne ? L’euro détruit tout : l’europe et les pays qui la composent :

    http://www.atlantico.fr/decryptage/islande-va-tres-bien-merci%E2%80%A6-mais-en-avez-entendu-parler-charles-gave-558353.html?page=0,0

    On pourrait au moins dans un premier temps stopper le cercle vicieux :de plus, une petite chose simple, mais tellement difficile à faire lorsqu’on a aucune menace à leur opposer (à part la France qui a encore la menace de la dissuasion nucléaire, menace qui a marché pendant la guerre froide il me semble), c’est dire fuck aux hedge funds et interdire le versement de dividendes aux entreprises faisant des profits en Europe (avec une définition plus claire fondée sur leur pénétration du marché de consommation des européens et non la localisation de leur siège social : ceci est délocalisable, pas la consommation) tant que les pays sources de leur profit sont en ajustement structurel imposé par la Troïka : la pression sur les entreprises baisserait rapidement… et les milliardaires de la 5e Avenue ont largement les moyens d’attendre deux ans sans avoir de dividendes : qu’ils vendent leurs actions, de toute façon ils ne savent plus où placer leur argent alors du coup comme cela ils rachèteront peut être de la dette européenne !

    mais tout ceci est impossible car l’Europe nous l’interdit : le premier problème des pays européens pour résoudre cette crise n’est il pas de facto devenu l’UE et ses réglementations qui paralysent les Etats, ne pouvant plus rien protéger sur leur sol, au cas où ils auraient l’intention de commencer à protéger leurs citoyens ? La Troïka n’est elle pas devenue non la solution, mais le principal problème de l’Europe ? Mais qui est principalement derrière la Troïka ? Le lobby des épargnants allemands, soutenu par la haute finance française, qui croit penser à court terme qu’ils ont plus d’intérêts communs avec les hedge funds américains et anglais qu’avec (ce qu’il en reste pour la France) leur base industrielle nationale ? Lorsque l’industrie allemande s’effondrera à partir de juillet 2013, je pense que Madame Merkel continuera de dire qu’elle est en train de résoudre la crise et qu’elle est un exemple à suivre, espérant ainsi se faire réélire en septembre 2013 : chronique d’un désastre annoncé et de sa répétition continue depuis un siècle pour l’Allemagne… Pendant ce temps The Economist et les collabos de journalistes français achetés (type Challenges et autres) s’acharnent sur leur propre pays, la France, qui serait la racine du problème ?

  3. Bonjour

    Merci pour ce billet éclairant!
    Il n’ y a pas seulement un épuisement des marchés mais un changement profond: l’intelligence ne se place plus sur la production d’objets ( sauf peut être en Allemagne où les meilleurs ingénieurs vont dans l’automobile) mais dans le numérique, le virtuel et l’information en réseaux. Tous domaines dans lesquels les USA sont très réactifs et innovants alors que le nations européennes s’épuisent pour des raisons plus sociopolitiques à maintenir à flot des productions matérielles obsolètes, ( je laisse de côté la question de l’autosuffisance qui n’entre pas dans votre billet), ce qui réduit d’autant le budget recherche et développement. Je suis assez effaré par le différentiel qui se creuse technologiquement entre l’europe et les usa simplement en raison de l’énormité des fonds de recherche alloués au MIT, Cal Tech et autres par le Pentagone. Toutes innovations que l’on retrouvera dans des produits manufacturés ici et là mais vendus dans le monde entier au seul profit d’entreprises US.
    Les prévisions sur le développement économiques des centres urbains placent tous ceux en croissance en Asie principalement, un peu aux US, en europe, tout est au rouge!

    Bien entendu, tout ceci ne prends pas en compte l’aspect écologique et changement climatique qui semble ne pas pouvoir être traité ni même constituer une des variables des conjectures sur l’économie et le devenir de nos sociétés.

    Il y a là une lacune fort inquiétante, comme un trou de la pensée, qui mériterait quelques apports de la part de notre hôte.

    Cordialement.

    1. Je pense que si les relations entre norme de profit, de consommation et de production ne sont pas pérennes sous leur forme actuelle, il y peu de chance de les faire évoluer naturellement vers l’écologie et le développement durable, c’est un sujet auquel je me suis intéressé dans la conclusion de mon essai. Un jour prochain, je me fendrais sûrement d’un billet expliquant pourquoi la norme de production actuelle est condamnée à relativement brève échéance.

    2. “… les USA sont très réactifs et innovants alors que les nations européennes s’épuisent pour des raisons plus sociopolitiques à maintenir à flot des productions matérielles obsolètes …”

      Les USA ont une positon très en avance pour la conception des produits où l’informatique a un rôle prépondérant, en particulier ceux qui sont destinés au grand public. Ces produits sont fabriqués en grande partie en Extrême-Orient et ils n’en retirent de larges profits que lorsqu’ils arrivent à en assurer eux-mêmes la commercialisation (cas d’Apple, Microsoft, Oracle, Google, Intel) mais ça ne marche pas à tout les coups (un grand nombre de constructeurs d’ordinateurs ont disparus ou vont disparaître, entre autres exemples.) L’importance donnée aux brevets et dépôts de modèles, les sommes énormes investies dans le marketing le reflètent bien.

      L’idée que l’avenir industriel des USA repose sur la recherche (les universités, etc) et la conception des produits alors que la production pourrait le plus souvent être déléguée à des pays où la main-d’oeuvre ne coûte presque rien y a indiscutablement eu du succès mais le désastre qui a frappé Detroit et General Motors, les sommes extraordinaires dépensées par les états et municipalités pour attirer ou conserver des usines sur leur territoire, le pari (plutôt osé à long terme) de renflouer GM, les difficultés dans lesquelles se débat la Californie montre assez les limites de cette “solution”.

      On pourrait aussi examiner le cas de “l’industrie” pharmaceutique et de tout ce qui touche à la médecine: dans beaucoup de domaines il y a d’énormes décalages, la mondialisation mettant en concurrence des pays qui ne partagent pas du tout les mêmes évolutions techniques (dans le domaine purement scientifique les différences semblent bien plus facile à rattraper.)

      Au lieu de se contenter de parler de “l’industrie” il serait préférable de constater que ce terme recouvre désormais des réalités tellement disparates qu’on finit par parler pour ne rien dire quand on l’emploie! Les choses étaient plus simples au XIXe siècle, leur complexité finit par les rendre fort peu compréhensibles quand on persiste à se baser sur ce qu’on a appris à l’école (et même plus tard…)

      1. Bonsoir GL

        Je suis bien d’accord avec vous: depuis le XVIIIème, le domaine de “l’industrie” s’est légèrement agrandi et diversifié! Il s’agit ici d’une réaction à un des nombreux billets du blog, limitée par égard pour les bloggeurs, et donc nécessairement très schématique! Tous vos apports partiels, bien documentés, sur tel ou tel secteur sont pertinents mais je ne m’intéresse absolument pas à la taxonomie des domaines industriels, juste à ses effets sur nos vies et celles de nos successeurs et ce en rapport avec le billet de M Leis.
        Bref, je résume pour vous: La tendance générale du devenir industriel (sous toutes ses formes) en Europe ne semble pas géniale aujourd’hui en comparaison des autres blocs selon les prévisions des groupes d’experts compétents des US.
        J’espère très sincèrement pour vos enfants et petits enfants qu’ils se trompent; pour moi ou vous peut être, c’est déjà trop tard!

        PS Comme je suis assez occupé dans mon domaine, je me limite pour l’économique à ce blog, à B.I., 0 Hedge et A . Evans- Pritchard comme avocat du diable !

        Cordialement.

    1. Charles Gave est un libertarien militant. Cela lui va certainement très bien de chanter aujourd’hui les mérites de l’Islande s’efforçant de sortir de la crise, alors que son idéologie a non seulement une responsabilité majeure à l’origine de la crise mais ne manifeste en général aucun respect pour la démocratie (voir von Hayek et Friedman en conseillers de Pinochet).

      Les mérites de l’Islande doivent être vantés par quelqu’un d’autre !

      1. “Les mérites de l’Islande doivent être vantés par quelqu’un d’autre !”

        Oui, c’est très bizarre et je ne comprends pas bien leur positionnement sur l’Islande. Cette victoire démocratique en Islande est essentiellement dûe aux efforts constants des forces de gauche islandaise (et je parle de la vraie gauche, pas celle des partis genre PS). Jóhanna Sigurðardóttir (c’est un copié-coller pour l’orthographe, hehe), la première ministre depuis 2009, est une syndicaliste lesbienne (sa grand-mère était déjà une syndicaliste féministe).

        C’est autre chose qu’en France, quoi… Et on est très loin du “chacun pour sa pomme” libertarien.

      2. Jorion, comme sa troupe, n’a rien compris au « miracle » islandais, authentique parangon, dans tous ses développements, de l’infernale logique ultra-libérale. « L’exemple » islandais est un pur joyau de permanence capitaliste, un rêve libertarien. Gave ne s’y est pas trompé, lui. Tout ça crève les yeux. La Grèce s’en sortira quand l’Islande replongera.

        1. Vigneron, n pus prend pas pour des buffles. Je l’ai dit ici il y a trois ans, alors que la société du Mont Pélerin, repère s’il en est des plus férus libertariens du genre de Gave, expliquait doctement dans ses attendus que l’Islande n’était pas allée assez loin dans la privatisation et le libéralisme, et que tout serait fait pour amener à plus de tout ce qui les avait fait chuter.

          Rien de neuf sous le soleil, et pas de leçon à donner sur le sujet.

      3. Pour “moi”:
        “Jóhanna Sigurðardóttir (c’est un copié-coller pour l’orthographe, hehe), la première ministre depuis 2009, est une syndicaliste lesbienne (sa grand-mère était déjà une syndicaliste féministe).”

        Non.

        Jóhanna Sigurðardóttir(l’histoire du copié-coller pour son nom ça fait penser à l’affiche rouge “à prononcer leurs noms sont difficiles”) est première ministre et syndicaliste, et on se moque de sa grand-mère, parle-t-on de la grand-mère des politiques d’habitude?

        Si j’avais à vous confier la défense de l’Islande, j’hésiterais.

      4. @Moi
        “Oui, c’est très bizarre et je ne comprends pas bien leur positionnement sur l’Islande.”

        C’est pourtant simple : dès qu’il y a quelque chose qui “marche”, il est récupéré par tout un chacun pour asseoir son point de vue alors que dans la plupart des cas cela n’a absolument rien à voir. Et inversément dès que quelque chose ne marche pas, cela va liguer tout le monde contre lui et là aussi pour asseoir chaque point de vue. On retrouve ainsi des citations identiques sur des sites diamétralement opposés politiquement.

      5. Content d’apprendre que la Grèce s’en sortira Vigneron.

        S’en sortir ? Qu’est ce que c’est ou “c’est quoi ” comme “y disent” à la ra-i-dio aujourd’hui.

      6. Selon Jean-Pierre Mon dans le dernier numéro de “La grande relève” , en Islande, pour être définitivement adopté,un texte constitutionnel doit être voté deux fois: d’abord par le parlement actuel, ensuite par le parlement issu de la prochaine élection législative, prévue en Avril 2013.
        Si comme l’annoncent aujourd’hui les sondages, les Islandais envoient alors au Parlement une majorité conservatrice, la droite aura réussi à annuler référendum et texte constitutionnel, parce que ce bel effort n’aura été soutenu que par une minorité de défenseurs de la démocratie.
        Crainte fondée ?

      7. Bonjour,

        J’ai mis en ligne cet après-midi un post où je signalais que vigneron avait annoncé son départ hier, et où en conséquence je m’étonnais de le lire aujourd’hui.

        Refusé ?

      8. @Suzanne: “parle-t-on de la grand-mère des politiques d’habitude”

        C’est un tort. On apprend souvent beaucoup des politiques à savoir quelle est leur ascendance. Et ce n’est pas spécifique aux politiques. Vous n’êtes pas vous-même sans savoir que vous trainez, comme tout le monde et parfois malgré soi, un certain atavisme socio-culturel.

        Pour le coup, et après avoir regardé leur bio, moi c’est avec Mitterand, Royal, DSK ou Hollande, que j’hésiterais…

        @Perrico: cette explication me semble très plausible. On les voit ramener leur fraise aussi sur la Chine alors que bon, c’est quand même pas spécialement libéral comme système…

      9. @Guy Leboutte :

        Etrange en effet .

        De votre part .

        Vous voilà à votre tour en mode survie .

        Où est la faille ?

      10. J’en conviens, mais le fait qu’un ultra libéral vante les mérites de la stratégie islandaise ne signifie t il pas qu’un consensu est en train de se construire de tous bords que l’euro est devenu le problème et non plus la solution ?

        La solution devenant, suspendre les paiements de la dette et dévaluer.

    2. On croit rêver. Il y en a qui raconte l’histoire comme s’il s’agissait du chemin petit Poucet. Il en manque un grand bout bouffé à partir de 1984 par les oiseaux Friedman et Oddsson.

      « Friedman eut une grande influence sur un groupe d’intellectuels du Parti de l’indépendance, en particulier Davíð Oddsson qui devint Premier ministre en 1991 et mit en place un programme radical reprenant nombre d’idées de Milton Fridman : stabilisation fiscale et monétaire, privatisations importantes, forte réduction de la pression fiscale (l’imposition sur les bénéfices des entreprises passa de 45 % à 18 %), libéralisation des marchés de capitaux et de devises. Il resta au pouvoir pendant treize ans, jusqu’en 2004. Geir Haarde, qui l’a remplacé comme premier ministre, mène des politiques situées dans la continuité de son prédécesseur »
      http://fr.wikipedia.org/wiki/Milton_Friedman#Islande

  4. “seuls le commerce et le marketing restent localisés en Occident tandis que la production disparaît du paysage industriel, sans que les profits générés ne bénéficient aux États.”

    ah oui je me rappelle, il y a quelque temps on délocalisait les ouvriers et on gardait les ingénieurs…

    ce qu’il faut retenir c’est que le dernier viré c’est le directeur du personnel.:)
    en tout cas que le dernier éteigne la lumière en sortant, c’est important pour la croissance durable.

    1. usine monde, et ses îlots de droit, paroles de paradis juridique ou le secret est liberté, à nous les confessions publique du dimanche, Rajoy bosse même le dimanche, interlude, pour que rien ne change “(©AFP / 02 décembre 2012 10h37) “Le chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy a affirmé dimanche qu’il sera très compliqué de respecter l’objectif de déficit public cette année, fixé à 6,3% du PIB en accord avec l’Union européenne, l’Espagne ayant largement dérapé en 2011, jusqu’à 8,9% du PIB.
      Il est très compliqué de réduire de 2,6 points le déficit dans un contexte de récession, avec autant de problèmes avec les recettes et un financement aussi cher, a-t-il indiqué dans un entretien accordé au journal La Razon.”

  5. On sent en effet dans ce document une volonté farouche de poursuivre le débat sur le volet “ratio dividendes versés et stagnation des cotisations versées”. De faire cette fois ci le débat économique sur le principe que la baisse des cotisations entraînerait une baisse des marges de manœuvres des entreprises.
    Vous distinguez à peine la différence de taille des entreprises et prenez plus les exemples des grosses entreprises que des petites. Les maux ne sont pas identiques et les mettre dans le même panier ne fait que poursuivre ce vieux débat des méchants entrepreneurs Picsou dont le seul objectif est les dividendes versés. Le cas Mittal n’est pas représentatif et son patron à un comportement d’un autre âge qui mérite la honte dans sa recherche a toujours plus.
    Prenez aussi comme exemple les ESS qui représentent 10% du PIB français, les entrepreneurs actuels ont bien compris que leur objectif n’était pas que les dividendes versés mais et surtout leur insertion sociale dans un paysage économique en crise.
    Certainement qu’il faut redéfinir, ajuster l’IS en fonction de la taille de l’entreprise,de son organisation internationale et du % de son chiffres d’affaire allouer à des projets sociaux, de l’écart des salaires entre le plus petit et le plus grand et du nombre d’embauches réelles effectuées dans l’année.
    Je crois au contraire qu’une baisse des cotisations sociales assorti d’une plus grande flexibilité dans l’embauche donnerait la marge nécessaire pour une relance sociale et environnementale maîtrisée de notre économie.

    1. Z’avez lu ?
      (“Vous distinguez à peine la différence de taille des entreprises et prenez plus les exemples des grosses entreprises que des petites.”) !!!

      1. Comme quoi la grosseur et la petitesse sont relatives et inversement proportionnelles à l’objet qu’elles désignent .

        Même en me relisant , je ne comprends pas ce que j’ai voulu dire .

        CQFD .

        Nessyx : “Quoi , il est pas bon mon poisson ? !”

    2. “une baisse des cotisations sociales assorti d’une plus grande flexibilité dans l’embauche donnerait la marge nécessaire pour une relance”

      Original et un gros effort de réflexion.
      J’ai déja entendu ce truc,mais je ne me souviens plus…
      N’importe, c’est bien assez rare pour en souligner la puissante originalité.
      Nul doute que ce soit un truc qui marche, équilibré et tout ça…
      L’ équilibre dans les efforts demandés est un critère important; le sens du compromis avec sacrifices également répartis est ce qui nous manque le plus.
      Ne souhaitons pas tous une Société unie et réconciliée dans toutes
      ses c…sses ? “parties” est plus consensuel, mon clavier a fourché.

      la citation compléte est :
      “Je crois au contraire qu’une baisse des cotisations sociales assorti d’une plus grande flexibilité dans l’embauche donnerait la marge nécessaire pour une relance sociale et environnementale maîtrisée de notre économie.”
      Les décorations ne changent pas le sens de l’extrait.

    3. Le cas Mittal n’est pas représentatif et son patron à un comportement d’un autre âge qui mérite la honte dans sa recherche a toujours plus.

      Ah bon… Mittal est un marginal, quoi.
      Ou, vu qu’il est indien, il n’est pas de notre époque.
      Ou, vu qu’il est encore (un peu) un industriel, et qu’il aurait mieux fait de tout vendre et de devenir un pur financier comme Albert Frère.

      Citez-moi un seul milliardaire qui ne recherche pas du “toujours plus”. Celui-là serait atypique. Tellement atypique qu’il n’existe pas. :-

      1. @ Guy Leboutte
        Monsieur Mittal à déjà choisit .il fait partie du conseil d administration de la banque d investissement Goldman sachs
        WIKI

  6. Ne peut-on pas considérer que, pour de multiples raisons (utilisation excessive du marketing, distribution excessive de dividendes, en particulier), les gains de productivité ne se reflètent pas suffisamment, non seulement certes sur les salaires versés, mais surtout sur une baisse des prix généralisée? D’où une baisse relative du pouvoir d’achat, en valeurs réelles.

  7. Si d’un coup de baguette magique, on effaçait les dettes souveraines et l’on recapitalisait les banques, aucune des tendances évoquées dans cette longue digression ne disparaîtrait. L’économie réelle est malade, bien au-delà des dommages collatéraux de la crise actuelle.
    C’est bien intuitivement le sentiment que l’on a,et les discours fumeux sur la compétitivité(martelés ad nauseam) et sur la flexibilité(enrobée de sécurité) ne font que traduire le problème récurrent du capitalisme( aujourd’hui pas plus qu’hier) =la baisse du “coût” salarial (dumping), simpiternelle variable d’ajustement,la surproduction,la course au profit,la volonté affichée de détruire l’état garant de la redistribution.
    Fin de l’histoire=obsolescence programmée de l’ère de l’homo oeconomicus ?

  8. Excellente analyse, mais pas vraiment bonne pour le moral !
    Si on ne peut plus compter sur la consommation ni la capacité de l’industrie à s’adapter à ces critères pour globalement sortir d’une crise qui, de toute manière, ne saurait être réglée par un défaut généralisé et une mise au pas de la finance, que nous reste-t-il comme espoir ?

      1. Ben oui, tout ceci démontre le fiasco d’une économie basée sur la consommation, il serait temps de passer à autre chose.

    1. Par une société ordonnancée en strates de serviteurs, offrir aux 1% les îlots paix sociale et de civilité leur permettant de jouir en paix du sentiment de leur domination , mais aussi , laisser « aux dépités » la possibilité de se refaire une vie meilleure dans la généralisation des réseaux économiques déviants ?

      1. à roma.

        Je me souviens très bien d‘une conversation, d’il y a 27 ans, dans laquelle la perspective d’un réchauffement de 4,5 degrés était « la fin » ; nous y sommes. Aussi, nous allons prendre « dans la gueule » de ces « baffes climatiques », telles que les dominants, par philia, organiseront un peu d’abris à leurs serviteurs ; tandis que le spectacle des agonisants assoira la solidarité.

      2. à Juan Nessy.

        Il y environ deux ans, un invité de Ruth Stegassy (émission « terre à terre », France Culture) est venu expliquer « comment nous allons rater notre dernière chance en nous faisant avoir par les programmes d’isolation de logements mal conçus, mal appliqués» ; pas graves, les fabricants, les artisans se rempliront les poches …

        – sous la crise, l’hypocrisie –

      3. @ Jean-Luce Morlie 2 décembre 2012 à 20:37

        Il y a une spécificité française, de ce pays à la fois méditerranéen et quasi nordique/continental, dans les questions énergétiques: l’électricité est d’origine nucléaire comme nulle part en Europe sinon au monde, les logements modestes sont, même au Nord (Boulogne-Strasbourg), chauffés à l’électricité, ce qui est d’un rendement énergétique faiblissime et une prise d’otage massive des ménages concernés au profit du lobby électricien nucléarisé, et les travaux d’isolation des immeubles se font préférentiellement par l’intérieur.

        Et, @ votre post 2 décembre 2012 à 14:49 , la perspective de la solidarité entre non-agonisants riches et pauvres, est celle du fascisme à contrainte écologique en germe dans la société actuelle, c’est une des potentialités inscrites dans le présent. Reste que la société va convulser et qu’une lutte civile ou lutte de classes, sinon une guerre civile, en décidera.

  9. @Il semble pourtant que les réflexes de solidarité patronale prennent le dessus sur une analyse objective des faiblesses de leur statut dans la chaîne de valeur

    La méthode pour régner est donc de faire croire aux PME et diverses autres petits sous- traitants qu’ils appartiennent aux même monde que leurs donneurs d’ordres.
    On fait de même avec les hiérarchies des grands groupes, même les plus proches de la “base”.
    Tout cela est bien caractéristique des méthodes du système.
    Par ailleurs, faire chuter, au nom de la diminution des coûts, les impôts qui servent à redistribuer du revenu… qui sert pour le service public…et incidemment fournit des clients pour acheter les productions de piètre qualité (du renouvelable…par obsolescence programmée) revient à scier la branche sur laquelle on est assis…. A moins de persuader ou…de forcer tout ce monde à accepter ce marché de dupes…ce qui permettrait alors à ces heureux entrepreneurs de vendre ailleurs.
    Bref on marche sur la tête.
    Bon, la crise financière n’est qu’un avatar d’un glissement de l’ensemble du système vers l’absurde.
    Mais il y a aussi les crises environnementales majeures en cours et à venir, comme la crise des limites matérielles. Les ressources gaspillées massivement ne se reproduisent pas.
    Faute d’un changement global de paradigme, ce qui peut commencer par une sortie partielle des productivismes outranciers… l’avenir n’est guère réjouissant: et pourtant des solutions existent.

    1. Bien entendu: “Sécuriser les filiaires” n’est qu’une vaste foutaise.
      Ainsi la PME devient l’esclave du donneur d’ordre, qui de plus peut lui imposer de ne pas se diversifier, ni de lui faire concurrence…Et en cas de trou d’air, la PME se prends tout dans la figure, pour rester poli! Mais Gallois veut sécuriser, dans ce cas c’est la grosse boite qui tombe…Faudrait arreter de discuter de rapports qui ne racontent que des conneries.
      C’est la stratégie du servage, pour ceux qui connaissent un peu d’Histoire…
      L’exemple tragique en est Heuliez, qui pour avoir voulu lancer sa voiture électrique, à été litteralement zigouillé par les donneurs d’ordres (PSA et Renault). Ils étaient endettés, et alors, pas les autres peut-etre? Mais too big too fail, non?
      Et Gallois veut en remettre une couche?
      Il débarque de la planete Jupiter ce gars la, ou on l’a sorti de la naphtaline?
      Quand il compare la production de PSA avec BMW (Chez Elkabach) , il plaisante….
      La production de masse d’auto de gamme moyenne est dix fois superieure…
      Et qui, grand couillon, va acheter des Peugeot de luxe? Et il croit le Gallois qu’avec une production de luxe marginale on va donner du travail?
      Les 1% de riches le sont assez pour que leur consommation de bien fasse vivre 99% de pauvres?
      Quand à augmenter la productivité au niveau des chaines de production, c’est une plaisanterie de potache ou d’aveugle, quand on sait que la finance est instable, que les variations de taux font meme crouler les états, que le rendement demandé est complètement, délirant, les PDG n’étant la que pour s’enrichir perso, en distribuant en dividendes de pseudos bénéfices retiré en avance de profits mirobolant futurs vendus aux gogos…
      Et si au contraire c’était UNIQUEMENT la finance qui a fait crouler la société industrielle?

      Et si ce billet d’Alexandre, ne visait, trés habilement, qu’ à nous faire admettre qu’au fond les banquiers n’y sont pas pour grand-chose? Mais qu’ils ont réagi à leur maniere pour soutenir le manque d’efficience du capitalisme industriel???
      Du genre: Ha! Ces pauvres qui n’arrivent pas à nous rembourser!

      1. Concernant le rôle de la finance, on est dans le problème de l’œuf et de la poule. Pour ma part, j’ai tranché et vous renvoie à l’un de mes précédents billets, ascenseur pour l’échafaud

    2. J’ai parfois le sentiment ( sans savoir le quantifier ) que les stratèges des ” grandes entreprises “ont déjà depuis pas mal de temps , une action “cohérente” vis à vis des PME ,et qu’ils se débrouillent pour que celles qui leur semblent le plus nécessaires” , “optimisées” et “porteuses” ….leur appartiennent directement ou indirectement . Il se pourrait même que ce soit fiscalement intéressant .

  10. Dans cette excellente analyse, un élément qui est très pertinent et que je n’avais pas vu démontré de façon si explicite: le lien entre innovation et obsolescence programmée :

    De plus l’innovation continue induit une obsolescence encore plus rapide et renforce cette logique de série courte dont je viens de décrire les effets pervers

    .
    Encore une fois dans la Novlangue néolibérale un concept positif comme innovation (par ex. le moteur à explosion ou un vaccin) peut être perverti …
    Je crois que ce type de déconstruction que chacun mis dans la position imbécile du consommateur peut constater (sans toujours l’analyser ni réagir car son objet tombe en rade!) aide à faire progresser les idées pour un futur ‘hors du cadre’.

    1. Le point de fonctionnement “innovation versus non innovation” est, dans l’état actuel de la société (et peut être au-delà du capitalisme ? ) lié au point de fonctionnement “héritage vs. pas d’héritage”.

      Mais le lien devient complexe : un parent ne lègue pas d’iPad à son fils directement, il lègue le réseau où cet iPad lui sert à devenir un agentn immobilier “mobile”, un avocat d’affaire crédible ou un cadre sachant rendre une activité X ou Y “bancable” .
      Il faudrait démêler les faisceaux du Pinçon-Charlot-isme de bon aloi, (ou du Saenz-Piketty-sme) d’avec ces aspects d’héritage, sans oublier en chemin) son Todd (héritage & système familiaux) . …Annonce : “On demande un dual sociologue de Leis à l’accueil.”…. (et comment s’appelle déjà le taulier qui écrit sur la guerre numérique ? Jo …Jo …Jô m’souviens plus bien)

    2. Il est normal que lorsqu’on vends de la camelote, elle soit rapidement obsolète, sans meme faire beaucoup d’efforts…
      Ne soyez pas paranoiaques: Le nombre de cons dans les bureaux d’étude dépassent votre imagination…
      Il est trés habile de déclarer qu’ils le font exprès…
      Parfois je me demande si “Abacus” n’a pas été sincèrement conçu par un crétin de Goldman Sachs…
      Il vaut mieux passer pour un Machivel plutot que pour un imbécile dans ce milieu…

      1. Je reste persuadé que c’est plus compliqué que ça….
        Par exemple les appareils très sophistiqués en hifi/ son/ vidéo ne sont pas forcément de la camelote (même si les logiciels intégrés sont souvent sujets à des bugs) mais ils sont le résultat d’innovations inutiles qui rendent les générations obsolètes les unes après les autres.
        De même pour les PC qui pourraient durer dix ans ou plus sans cette course inouïe à la puissance de calcul : en fait on me force à changer de PC car il est impossible de vraiment les booster tout ça sous le prétexte de pouvoir les utiliser avec des jeux vidéos hyper-réalistes…

  11. Pour les individus, dans un contexte de partage de la valeur ajoutée qui leur est foncièrement défavorable, le recours au crédit reste la seule solution pour maintenir leur consommation d’image

    .
    Pour quels “individus” ? Il me semble que vous faites bien des efforts (généralement sur le blog et particulièrement ici) pour éviter d’ appeler classe une classe. En effet, si pour certains et certaines il s’agit de “leur consommation d’image”, pour d’autres il s’agit de se reproduire : le minimum nécessaire à la survie.
    Survie à crédit.

    1. Je pense que la consommation est une frontière intérieure de plus en plus hermétique, de plus en plus infranchissable. Vous qui entrez dans le domaine de la survie, abandonnez tout espoir… C’est la grande peur qui fabrique encore le consentement.

      1. En lisant “Fall of the Public Man” (les tyrannies de l’intimité) de Richard Sennett, je trouve tout un couplet à la fin, qui fournirait une consolidation à votre base en terme de “norme” de consommation, notamment.

        C’est fait à l’occasion d’un grand retour sur deux mécanismes sociaux :

        (1) le jeu enfantin qui permet la distanciation et l’intégration de situations inconnues (on modifie les règles du jouer aux billes pour que les autres jouent, entre 5 et 6 ans, pour que ça dure, on fabrique de la règle malléable comme il faut) ;

        (2) le narcissisme (que Sennett relie au capitalisme, à l’impossibilité de conserver le lien du “jeu” (teatrum mundi) dans la ville où débarque l’exode rural du XIXe siècle), qui n’est pas l’égoïsme, mais qui revient à tout ramener de façon “self-absorbing” (Narcisse tombe dans l’eau) à un monde de sensations attendues et qu’on ne va pas ressentir assez fort, d’où oubli dans la recherche de leurres du même (dont la communauté), au détriment de l’action, d’où impossibilité de formuler les luttes de classe.
        Il voit davantage que Winnicott ait vu le côté “l’individu déconstruit dans la ville” de cette crise sociologique que Freud, en raison du focus sur l’objet transitionnel, tout ce qui est garant d’un codage et par cette “impersonnalité”, introducteur de liberté, mais c’est juste évoqué en filigrane.
        Passionnant, le Sennett, comme toujours.

      2. @Marlowe
        La peur est l’une des composantes de la normalisation collective, comme l’est la norme de consommation, on pourrait la décrire comme son pôle négatif. Pour le coup, je vous renvoie à mon essai.

        Nier la composante peur, c’est ne pas comprendre la montée de l’extrême droite qui exploite très bien ce créneau.

      3. à Michel Leis,

        Je précise : ce sont les histoires racontées par les menteurs qui créent et entretiennent les peurs.
        Quant aux idiots (De Gaulle aurait dit les veaux et Bernanos les imbéciles) ce sont tous ceux qui ne sont pas conscients de la force qu’ils représentent en groupant leurs colères.
        Les extrêmes droites récupèrent et alimentent les peurs mais ne les créent pas.
        C’est l’économie politique qui crée les peurs.

      4. @timiota: j’ai mis “les tyrannies de l’intimité” dans ma wish list amazon, au cas où le père noel y jeterait un coup d’oeil; votre méthode, c’est du harcelement! bon, faut dire que j’ai les mêmes auteurs favoris que vous. Sauf Latour.

  12. Excellente synthèse qui résume et explique ce que je sens encore de façon confuse.
    L’espoir ne viendra pas d’ajustements mineurs ou de vagues rééquilibrages du système,… l’avenir est à nous :).

    1. Pour votre “image” offrez le nouveau Iphone 5 à 500 euros pièce!
      Fabriqué en Chine pour 50 euros…Transport et emballage d’origine compris. En plus ils se font une bonne marge. Livré de Chine directement à la FNAC.
      Et je ne vous parle pas de la TVA à 20%!
      On ne peut que remercier Apple qui va ainsi aider au remboursement de la dette de l’Etat.
      Encore un effort! Achetez le à 1000 euros!
      Comment? Vous n’etes donc pas patriotiques?

  13. En me remémorant le tryptique Capitalisme / Marché /Libéralisme , et en vous lisant , j’aurais l’envie , après avoir écrit que d’une certaine façon la Capitalisme avait tué le Libéralisme canal historique , d’avancer que c’est le Marché qui pourrait finalement donné le coup de grâce au Capitalisme .

    Mais le Politique ( et la Démocratie !) dans tout ça ? ( BIs …sourire ) .A moins que la Démocratie soit, finalement, un marché et fonctionne comme tel .

    Schizosophie , rien à dire ?

    En tout cas , pas de marché “durable” sans remise en cause des ” propriétés” .

    1. Oui, et qui lisent aussi d’autres livres et articles.
      Allez donc voir mon commentaire et le lien vers Lewis Mumford dans les commentaires sur la survie de l’espèce (XI)

      1. @ marlowe: je vais lire ça. Je précise par rapport a votre reponse que je ne prends pas du tout les lecteurs du blog pour des incultes et je me doute bien que l’on trouve un peu toutes les sensibilités etheureusement. Il n’y avait pas de sous-entendu dans ma question et je voulais seulement avoir des avis sur ce mouvement que je ne connais pas en profondeur. D’ailleurs j’ai moi- même des connaissances très limitées en economie.

      2. à Oscar,

        Je ne pense pas aux incultes mais à ceux auxquels a été enseignée l’ignorance.

        Pour parler de la tendance “critique de la valeur”, ses partisans pensent que la financiarisation de l’économie est une tentative ultime et désespérée du capitalisme pour survivre. Je crois qu’ils ont raison mais leur critique demeure très universitaire, tout comme d’autres…
        Il manque ce qui a fondé la critique sociale moderne dans les années 50 à 70 : la critique de la société industrielle étendue à tous les aspects de la vie (“la richesse des sociétés dans lesquelles règne le mode de production capitaliste s’annonce comme une immense accumulation de marchandises” comme disait Marx en ouverture du Capital) telle qu’elle a été élaborée par des personnes aussi différentes que Lewis Mumford, Günther Anders, Jacques Ellul, Guy Debord et plus près de nous le groupe de l’Encyclopédie des Nuisances

  14. Je suis d’accord avec l’article. La question de la compétitivité est effectivemennt mal posée, c,est a dire qu’elle est posée uniquement pour répondre aux besoin du lobby du cac40. Si par exemple on double la compétitivité mais que l’on divise par deux la durée des biens et des services par obsolescence programmée, cela n’aura aucune importance pour le peuple et n’avantagera que les actionnaires du cac40. Mais dans une démocratie de type parlementaire, le peuple n’a pas son mot a dire. En plus pour que les gens soient flexibles et aient le temps de se reformer dans leur vie aux secteurs de haute compétitivité et de haute valeur ajoutée, il faudrait qu’ils puissent facilement reprendre des études et, sans revenu de base, cela semble difficile.

  15. Cela pose aussi la question de la recherche en amont de la compétitivité. Pourquoi ne pas inciter les jeunes diplômes a faire tous une thèse et, si elle a des applications, a développer une entreprise autour sachant que la durée de la vie active va s’allonger et que le chômage augmente, pourquoi ne pas en profiter pour développer er la recherche? Pourquoi ne pas aussi faciliter la possibilité de faire de la recherche aux chômeurs qui ont des projets de recherche? Il me semble que la cherche et l’entrepreneuriat sont les deux principaux piliers de la,compétitivité et qu’il faudrait encourager les deux par le revenu de base et quelques mesures d’incitations a ces deux secteurs. Sans revenu de base, ce sont chaque année des milliers d’entreprises qui ne sont pas créées parceque l’entrepreneuriat potentiel prefere trouver un boulot stable pour nourrir sa famille. Même chose pour la recherche qui nécessite souvent un investissement de recherche a long terme.

    1. Euh, et tout ce qui marche pas, ça fait fuir les investisseurs…, que je sache (d’expérience)…

      La clé est que la capacité de meilleur bien-être existe et est liée à une forme d’entrepreneuriat ou d’artisanat généralisé (j’y inclus Linux, comme Richard Sennett), mais que la mise en route doit pouvoir être faite sans quantification de l’effet de retour financier, sur la base d’un autre chose qui n’est pas non plus un retour d’un mythique âge d’or (trente glorieuses ou autres). La simple “conscience des ressources” et “conscience des cycles”, qui profiterait bien d’années de type “recherche” suivie par une grosse frange de la population, serait une des clés ce cette autre façon de faire. C’est le moins “yakafokon” que je puisse imaginer à ce stade…

      1. Je n’ai pas bien compris votre intervention. Bref, j’essaierai de répondre si je peux mais il faudrait que vous développiez vos propos.

      2. Je voulais dire que votre post suggère que N chômeurs pourraient former des projets qui débouchent sur des produits ou services, sur le mode start’up en gros. Or cela demande des investisseurs, qui ne seront pas aisément convaincus des mérites d’équipes partant mal armées, et qui retireront leur bille en faisant leur “due diligence” (~audit critique) de façon suffisamment pointilleuse.
        Ensuite, je suggère que si les investisseurs ne s’en mêlent pas, on peut encore espérer que d’autres groupes sociaux se saisissent de question de consommation et d’écologie, et convainque des gens par petits groupes (quartier ? municipalités type Porto Alegre ?) d’autotransformer leur environnement (habitat, services, …) d’une façon soucieuse des ressources, et ce sur la base d’une formation assez complète pour agir avec des synergies, et remédier à la situation actuelle (de gâchis d’énergie, d’eau, de savoir-faire). La conscience des flux de matières et d’énergie, au bon niveau, me paraitrait un moteur…
        C’est un peu au-delà de l’antienne “installons des panneaux solaires PV & solaire thermiques, ça fera 300 000 jobs,” dans mon esprit : cycle de l’azote par exemple ( agriculture …).

  16. Pour réaliser en Espagne son projet d’EuroVegas – un gigantesque complexe dédié au jeu – le milliardaire américain Sheldon Adelson a transmis aux autorités espagnoles sa liste d’exigences : exemption de la TVA, des impôts sur le jeu, des cotisations sociales, réforme du code du travail, régime légal dérogatoire durant 30 ans, subventions européennes, don des terrains, autorisation de jeu pour les mineurs, autorisation de fumer dans les bâtiments, etc … Le cynisme brutal du promoteur de cette zone de non droit – que se disputent aujourd’hui Madrid et Barcelone, donne la mesure de ce qu’ont abandonné les nations européennes en se mettant à la merci des marchés et des fortunes privées : non seulement leur souveraineté, mais aussi leur dignité.

    http://contreinfo.info/article.php3?id_article=3232

  17. Merci beaucoup pour ce billet qui complète remarquablement les données et les analyses de celui de FOD. J’ajouterais juste une petite remarque. L’élévation de la norme de profit est effectivement au cœur du problème de compétitivité, car les investisseurs attendent maintenant des retours sur investissements qui sont de fait alignés sur ceux des fonds spéculatifs : très peu de projets industriels peuvent passer sous ces fourches caudines, et certainement pas tous ceux qui concernent les investissements d’infrastructure qui sont pourtant indispensables au bon fonctionnement de la société et de l’économie à moyen et long terme.

    Les discours vertueux des politiques de tous poils sur la croissance verte sonnent particulièrement creux dans ce contexte, quand on sait que la plupart des investissements « verts » consistent à remplacer la « cueillette » de ressources épuisables (énergies, matières premières), – voire le pillage de la biosphère bien au delà de sa capacité d’auto réparation -, par la « culture » de ressources renouvelables qui implique le plus souvent des investissements en infrastructures très lourds.

    Paul Jorion propose depuis longtemps la seule solution raisonnable et durable à cette quadrature du cercle des profits à toujours plus court terme: interdire les paris sur l’économie. Il était très isolé au départ, il l’est moins. Espérons qu’il sera écouté avant que des troubles violents fassent exploser les maigres marges de manœuvre qui existent encore.

    Jean-Paul Vignal

    1. Quelles infrastructures ?
      ND des landes et le tunnel Lyon-Turin ?
      Ou des infrastructures plus distribuées et répondant à foultitudes d’autres besoins ?

      1. @ Timiota: de Stiegler, cette remarque: les fonds souverains manqueraient de perspectives d’investissement, ce serait pour cela qu’ils se tourneraient vers la spéculation…La solution: que l’Europe produisent des projets d’investissement solvabilisés.
        A écouter ici (le son est parfois interrompu, mais remplacé par un sous titre: Investir dans l’économie contributive

  18. Je pense effectivement à des infrastructures destinées à faciliter la répartition des activités de façon plus uniforme sur le territoire, telles que, par exemple, la gestion de l’eau, les télécommunications, la production et la distribution locale d’énergie (biomasse, solaire, petite hydraulique, réseaux de chaleur…) ou, dans le cas de la France, la réhabilitation de certaines voies ferrées dites secondaires stupidement fermées pour cause de “modernité”.

    JP Vignal

  19. Excellent article qui décrit bien la situation actuelle. Dès 1979, les cours donnés par les représentants de la BdF (Banque de France) à l’IHFi (Institut des hautes finances) faisaient ressortir la question de la durée de vie des investissements productifs et de la durée d’amortissement des biens de production dans la valeur des choses produites.
    L’obsolescence de plus en plus rapide des lignes de production qui résulte du choix marketing de courtes séries pour préserver le caractère premium des biens produits et donc les marges afférantes, n’est qu’en partie une option de gestion. Cette “option” entre surtout et simultanément dans la logique ricardienne des rendements décroissants appliqués aux salaires. Il serait en effet plus simple de ne pas avoir à opter pour des séries de production courtes, mais cela impliquerait des coûts salariaux au plus bas niveau du “marché” mondial. N’en déplaise à beaucoup, tout ceci est strictement indépendant de la détention du capital par tel ou tel groupe social mais bien par tel ou tel groupe national… “prolétaire, etc…” comme aurait pu le chanter Gainsbar.

  20. Excellent titre , …..article a coté de la plaque …..s ‘ il se confirme que la crise economique cache une crise energetique et lui permet de perdurer a la grande satisfaction des prédateurs .

  21. Bonsoir à tous

    L’heure des choix drastiques se dessine petit à petit:
    Soit nous restons plus ou moins dans le système et c’est la schlague: voir l’effondrement régulier des parts de marché de l’industrie française dans le monde, non du fait des mauvais travailleurs mais du fait de mauvaises stratégies industrielles ( stratégies de marques inexistantes ou plantées, mauvais placement de produits moyens à faibles marges concurrencés par tous les émergents) élaborées par nos élites patrono- étatiques. ( cf A. Evans Pritchard) et là, à l’ami blogger qui propose de réhabiliter les voies ferrées secondaires à l’abandon, je peux lui dire qu’il va bientôt être content et qu’il peut envisager
    de créer une entreprise de fabrications de draisiennes et qu’il pourra embaucher Lance Armstrong pour nous balader: lafrance tout entière est en train de se métamorphoser en voie ferrée secondaire bientôt désaffectée. Soit on la joue rupture Valmy façon ” Sans CulottesII, Le Retour” Mission : ” la rilance !? Elle roule en Rinault dis!”

    Il y a dix ans de cela environ, un des principaux cadres de Thomson me confiait que la France allait devenir un musée pour touristes et que la mondialisation aurait pour effet d’envoyer les françaises faire les nounous en Chine et que ouvriers ici fabriqueraient des jouets en bois pour les petits chinois indiens etc…
    Bismarck disait: ” Les français sont des lions gouvernés par des ânes!” les faits ne l’ont toujours pas démenti!
    Je vais monter un business plan pour reprendre l’aéroport de Notre Dame des Landes (avec bien entendu plan de sauvegarde de l’emploi à cause des subvs) et le transformer en crèche de luxe avec piste de skating pour les enfants de Mittal et ceux des dirigeant chinois . Il y aura une App pour réserver à partir de vos smartphones et de vos tablettes !

    Cordiales OAT

  22. La crise écologique que traverse la planète est si dangereuse que le cadre de vie biologique est mis en danger par le capitalisme, capitalisme qui va toujours vers plus de productivisme, avec une pression constante de vouloir faire de plus en plus de profits même si biologiquement l’espèce humaine ainsi que d’autres espèces vont vers une disparition massive ou une extinction de la vie sur Terre.

    Les projections en consommation d’énergie ou en produits dépendants des ressources naturelles sont vus sans cesse à la hausse, pas de vision autres qu’une surproduction par rapport au cadre planétaire biologique de vie (avec un temps de travail très élevé pour de faible redistribution de richesse en société). Le capitalisme se base sur un surproductivisme permanent et persistant, et sur une société énergivore (qu’il y est toujours plus d’énergies consommées), cette logique purement financière cause de lourds dégâts naturels qui deviennent irréversibles. Le problème en est arriver à un tel point, que le réchauffement climatique est en train de modifier la structure chimique de la vie sur la planète, qui alors devient incompatible pour les êtres vivants de pouvoir y vivre et de s’y épanouir.

    Aucun mouvement capitaliste ou productiviste si peu influent soit-il ne peut convaincre d’être sobre en énergie ou de mettre en place des économies d’énergies nécéssaire pour diminuer les projections et la circulation des différentes énergies sur les marchés. Ceci se heurteront aux intérêts financiers qui priment sur l’équilibre de vie dans une logique capitaliste de (sur)production.

    Les impacts du capitalisme qui poursuivra sa logique financière et productive va contribuer à une diminution progressive de la qualité de vie pour les enfants et les petits-enfants des futures générations, très clairement continuer droit dans le mur vers l’extinction de la vie avec un réchauffement climatique qui mets en péril la chimie terrestre, absence d’oxygène remplacer par du carbone et autres éléments qui ne permettent pas le développement de la vie (voir Permien notamment et les études abondantes sur le sujet). Le capitalisme avec sa vision de produire toujours plus et de faire toujours plus de profits ne mène qu’à la destruction de la vie.

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